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Full text of "Journal mensuel"

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I.ACADKMIi:   NATIONA 


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CLEBMONT-OISK.  —    IIIPBIMEBIE  DAIX  FRERES,   PLACE  SAINT-ANDRÉ,   3. 


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pHE  NEW  YORK-l 

'PUBUCLIBRARY 

ASTOR.  LENOX  AND 
T'LOgN  FOUN0ATIOW8. 

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Jot  IIWI.    HIlNNtl.î. 


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11 


JOtmNAL  MKNStlKL  01  L'aCADAMU  NATIONALB. 


12 


DISTINCTIONS    HONORIFIQUES 
ACCORDÉES    AUX    MEMBRES    DE    L'ACADÉMIE    NATIONALE 


Ont  été  nommés  Chevaliers  du  Mérite 
agricole  : 

M.  Thivet-Hanctin,  fondeur  à  Saint- 
Denis,  adjoint  au  maire  de  Saint-Denis, 
délégué  cantonal,  officier  de  l'Instruction 
publique. 

M.  Simon  (Auguste-Laurent),  ingénieur- 
constructeur  à  Cherbourg  (Manche)  :  nom- 


breuses récompenses  dans  les  concours  agri- 
coles. Médailles  d'or  aux  expositions  uni- 
▼erselles  de  Paris  (1889)  et  de  Lyon  (1894]  ; 
16 ans  de  pratique. 

A  été  nommé  Chevalier  de  la  Couronne 
(Tltalie  : 

M.  LuiGi  PivETTA,  de  la  maison  de  com- 
merce Galante  et  Pivetta,  à  Naples. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION    DE  BRUXELLES   EN  1897 

Règlement  général  de  la  section 
Ir^ngalse. 

Le  gouvernement  français,  ayant  obtenu 
du  Parlement  les  crédits  nécessaires  pour 
assurer  une  brillante  participation  de  la 
France  à  la  grande  exposition  internationale 
qui  aura  lieu  cette  année  à  Bruxelles,  a  ra- 
pidement organisé  les  services  administra- 
tifs nécessaires  à  cet  effet. 

Un  commissariat  général  de  la  section 
française  a  été  créé  au  ministère  du  com- 
merce et  de  Tindustrie,  80,rue  de  Varennes, 
sous  la  direction  de  M.  Maurice  Montbiei*s, 
et  un  règlement  général  de  jcette  section 
française  a  été  arrêté  à  la  date  du  23  décem- 
bre dernier  et  porté  rapidement  à  la  con- 
naissance du  public. 

En  raison  de  la  grande  importance  qu*aura 
certainement  l'exposition  de  Bruxelles  et  de 
l'intérêt  qu'elle  offre  à  rindustrie  etaucom 
merce  de  la  France,  nous  nous  faisons  un 
devoir  de  reproduire  intégralement  le  rè- 
glement officiel  : 

TITBE  I.—  Dispositions  oiênêrales. 

Art.  !•♦.  Le  24  avril  1897,  s'ouvrira  à  Bruxel- 
les une  SxposUloa  internationale,  sous  le  haut 
patronage  de  S.  M.  le  Roi  des  Beicres,  sous  la 
nrésldence  d'honneur  de  S.  A.  H.  le  comte  de 
Flandre  et  organisée  avec  le  concours  du  Gou- 
vernement bel^e  et  de  la  Ville  de  Bruxelles. 

L'Exposition  sera  établie  au  parc  du  Cin- 
quantenaire et  au  parc  de  Tervueren.  Elle  aura 
une  durée  minimum  de  six  mois,  le  Comité 
exécutif  se  réservant  la  faculté  de  prolonger  ce 
délai  au  plus  tard  jusqu'au  15  novembre. 


Art.  2.  Les  pbjels  exposés  seront  répartis 
entre  les  quatorze  sections  prévues  dans  la 
olassiflcation  Générale  ci-apres  dénommée  : 

!'•  Section.  Beaux-arts. 

2*  Section.  Economie  sociale. 

3«  Section.  Hygiène,  arts  médicaux  et  phar- 
maceutiques. 

4*  Section.  Sauvetage. 

5*  Sfctiim.  Arts  Industriels  et  décoratif^,  arts 
libéraux,  sciences. 

ô*  Section.  Eclairage,  chauffage,  ventilation, 
etc. 

7*  Section.  Electricité,  traction. 

8-  Section,  Art  militaire. 

9*  Section.  Fabrications  industrielles,  maté- 
riel, procédés,  produits. 

10  Section.  Matériel  du  sport. 

U*  Section.  Exercices,  Jeux  populaires. 
12*  Section.  Concours  temporaires  d'agricul* 
ture  et  d'horticulture. 

13-  Section.  Enseignement  pratique,  institu- 
tions économiques  et  travail  manuel  de  la 
femme. 

14-  Section.  Commerce,  colonies. 

11  sera  institué  une  section  spéciale  de  con- 
grès et  conrérence:^.  Des  expositioDS  supplé- 
mentaires, des  expositions  temporaires,  de 
grandes  fêtes,  des  concours  de  chant  et  de  mu- 
sique, des  concerts,  etc.,  seront  organisés 
pendant  la  durée  de  l'Exposition. 

Art.  3.  L'Exposition  est  constituée  en  entre- 

f>ôt  réel.  Les  œuvres,  produits  et  travaux  des* 
inés  à  figurera  l'Exposition  pourront  être  im- 
portés en  Belgique  en  franchise  provisoire  des 
droits  d'entrée,  a  condition  d'être  exportés  de 
lielgique  après  l'Exposition. 

Le  bénéfice  des  dispositions  qui  précèdent 
ne  .s'appliquera  pas  aux  objets  importés  dans  un 
but  de  spéculation  commerciale,  tel  que  l'ex- 
ploitation d'un  restaurant,  d'un  café,  etc.,  ni 
aux  objets  et  denrées  destinés  à  être  consom- 
més, débités  ou  délivrés  au  public  à  litre  d'é- 
chantillon ou  autrement,  pendant  la  durée  de 
l'Exposition. 

Art.  4.  Les  mesures  nécessaires  seront  pri- 
ses par  le  Gouvernement  belge  pour  proléger 
Icî*  inventions  susceptibles  d*étre  brevetées, 
les  dessins  ou  modèles  industriels,  ainsi  que 
les  marques  de  fabrique  ou  de  commerce  qui 
figureront  à  l'Exposition. 

En  conséquence,  aucun  produit  ni  objet  quel 
qu'il  soit,  figurant  à  l'Exposition,  ne  pourra  être 


13 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


14 


reproduit  par  le  dessin,  la  photographie»  ou 
aaelqoe  autre  procédé  sans  1  autorisation  spé- 
ciale de  l'exposant,  visée  par  le  Commissaire 
général .  Le  Gomité  exécutif  belge  se  réserve 
tootefois  d'autoriser  la  reproduction  des  vues 
d'ensemble. 

Art.  5.  Le  Comité  exécutif  belge  prendra, 
cooformément  au  règlement  général  de  ïUx- 
positioo,  des  mesures  pouK  la  protection  des 
objets  exposés,  mais  il  ne  se  considère  en  au- 
ctioe  façon  comme  responsable  des  dommages 
oa  pertes  résultant  d'incendie  ou  autre  acci- 
dent, quelle  qu'en  soit  la  cause  ou  l'impor- 
tance. 

Il  laisse  aux  exposants  le  soin  d'assurer 
leurs  produits  directement  et  à  leurs  frais. 

Les  exposants  sont  responsables,  tant  envers 
k  Comité  exécutif  belge  qu'envers  les  autres 
participants,  de  tout  (fommage  causé  par  les 
prodoib  exposés  ou  par  les  personnes  à  leur 
lervice. 

Une  surveillance  générale  sera  exercée  par 
les  soins  du  Commissariat  général  français, 
mais  celui-ci,  de  môme  que  le  Comité  belge, 
ne  pourra  être  en  aucune  façon  responsable 
des  dommages,  vols,  pertes,  quelle  qu'en  soit 
la  cause. 

Aht.  Ô.  Aucune  œuvre,  produit  ou  travail 
exposé  ne  pourra  être  retiré  avant  la  clôture 
de  TExposition^  sans  autorisation  écrite  et 
spéciale  du  Comité  exécutif  belge,  saisi  de  cette 
demande  par  le  Commissariat  général. 

Aucun  exposant  ne  pourra  couvrir  les  ob- 
jets exposés  pendant  les  heures  durant  les- 
qnelles  le  public  sera  admis  dans  les  salles  et 
galeries. 

Abt.  7.  Aucun  exposant  de  produits  français 
n'est  admis  à  exposer  en  dehors  de  la  Section 
française. 

ÂHT.  8.  Tous  les  rapports  entre  les  expo- 
sants français  et  le  Comité  exécutif  belge  doi- 
vent avoir  lieu  par  l'intermédiaire  du  Commis- 
sariat général. 

Art.  d.  Toutes  les  annonces,  pièces,  imDri- 
Dés  ou  autres,  non  officiels,  destinés  à  être 
affichés  ou  distribués  dans  l'enceinte  de  l'Ex- 
position devront  au  préalable  être  autorisés  et 
approuvés  par  le  Comité  exécutif  belge  et  visés 
par  le  Commissariat  général  français. 

Art.  10.  Une  seule  carte  d'entrée  gratuite 
sera  délivrée  à  chaque  exposant  ou  à  son  re- 
présentant. 

Cette  carte  sera  rigoureusement  personnelle. 
Elle  sera  retirée  s'il  est  constaté  qu'elle  a  été 
cédée  ou  prêtée,  le  tout  sans  préjudice  des 
poursuites  de  droit. 

Cette  carte  devra  être  signée  par  l'exposant 
ou  son  représentant  et  porter  sa  photogra- 
phie. 

Chaque  exposant  aura  droit  en  outre  à  une 
ou  plusieurs  cartes  de  service  dans  les  condi- 
tions prévues  par  le  règlement  spécial  des  en- 
trées. 

TITRE  IK  -  ADMI88ÏON. 

Art.  11.  Tous  les  industriels  et  agriculteurs 
français  qui  désirent  prendre  part  a  l'Exposi- 
tion de  Bruxelles  devront  adresser  leur  de- 
mande d'admission  au  plus  tard  le  !•'  février 

im. 

Ces  demandes  formulées  sur  le  bulletin  ci- 
joint  devront  être  envoyées  à  M .  le  Commis- 
saire général  du  Gouvernement  français  à 
l'ExposiUon  de  Bruxelles,  au  Ministère  du 
commerce,  de  l'industrie,  des  postes  et  des  té- 
légraphes, rue  de  Varennes,  80,  à  Paris. 

Art.  12.  Les  œuvres,  produits  et  travaux  se- 
ront exposés  sous  le  nom  des  signataires  des 


demandes  d'admission.  Cette  condition  est  de 
rigueur. 

Néanmoins  les  exposants  sont  autorisés  à 
Inscrire,  à  la  suite  de  leur  nom  ou  de  leurrai- 
son  sociale,  les  noms  des  collaborateurs  qui 
ont  contribué  à  donner  aux  objets  leur  mérite 
et  leur  valeur.  Ces  noms  devront  être  mention- 
nés sur  la  demande  d'admission. 

Art.  13.  Les  exposants  sont  invités  à  indi- 
quer le  prix  marchand  des  objets  exposés, 
autant  pour  faciliter  le  Iravail  du  Jur^  que 
pour  renseigner  le  visiteur  et  la  Commission 
d'achat  de  la  tombola. 

Art.  14.  Sont  exclues  de  l'Exposition,  con- 
formément au  règlement  général  belge,  les 
matières  détonantes  ou  fulminantes  et  en  gé- 
néral toute  matière  dangereuse. 

Ne  seront  reçus  que  dans  des  vases  solides, 
appropriés  et  de  dimensions  restreintes,  les 
esprits  ou  alcools,  les  huiles  et  les  essences, 
les  matières  corrosives  et  généralement  les 
corps  qui  peuvent  altérer  les  autres  produits 
exposés  oir incommoder  le  public. 

Le  Commissaire  général  se  réserve  le  droit 
absolu  de  faire  enlever  d'office  les  objets  gui, 
par  leur  nature  ou  leur  aspect,  lui  paraîtraient 
nuisibles  ou  incompatibles  avec  le  but  ou  les 
convenances  de  l'Exposition. 

Art.  15.  Les  demandes  d'admission  devront 
indiquer  très  lisiblement  et  in  extenso  les 
nom,  prénoms,  raison  sociale  et  adresse  de 
leur  signataire. 

Elles  devront  renfermer  des  réponses  préci- 
ses à  toutes  les  indications  requises. 
Art.  16.  Les  exposants  ont  a  leur  charge  : 
1*  Les  frais   d'emplacement,  dans  lesquels 
sont  compris  la  manutention  et  le  magasinage 
des  caisses  vides  ; 

2*  Les  frais  de  transport,  à  l'aller  et  au  retour, 
de  leurs  colis  et  matériel  d'installation,  de  leur 
domicile  à  l'Exposition,  ainsi  que  remballaire 
et  le  déballage  de  ces  produits  ; 

3*  Tous  frais  spéciaux,  tels  que  :  décoration 
particulière  ;  surélévation  et  consolidation  de 
planchers  ;  charpente  des  cloisons  et  leurs 
revêtements  ;  plafonds,  vélums  ;  fourniture  de 
meubles  :  installation  ;  étalage  ;  entretien  et 
nettoyage  des  œuvres,  produits,  ou  travaux  ; 
fondations  ;  montage  ;  force  motrice,  vapeur, 
eau,  gaz,  électricité  ;  démontage  ;  plantations 
et  terrassements  spéciaux  y  relatifs  ;  taxes  de 
douanes  ou  d'accises  ;  droits  de  patente  pour 
objets  mis  en  consommation  ; 
4"  L'assurance  contre  l'incendie  ; 
5°  Le  gardiennage  particulier  de  leur  exposi- 
tion. 

En  ce  qui  concerne  les  frais  de  transport  à 
l'aller  et  au  retour,  les  exposants  bénéficieront 
de  tontes  les  réductions  qui  pourront  être  ob- 
tenues tant  des  compagnies  de  chemin  de  fer 
que  de  la  part  des  agents  de  transport. 

Art.  17.  Les  comités  d'admission  et  d'Installa- 
tion, tels  qu'ils  ont  été  constitués  par  l'arrêté 
ministériel  en  date  du  23  décembre  1896,  sta- 
tueront en  dernier  ressort  sur  l'admission  ou 
le  rejet  des  demandes  et  sur  le  mode  d'instal- 
lation des  objets  admis. 

Art.  18.  Un  certificat  d'admission  sera  en- 
voyé à  tous  les  exposants  admis  par  les  Co- 
mités. Le  certificat  portera  la  mention  exacte 
de  l'espace  et  de  l'emplacement  qui  auront  été 
définitivement  attribués,  ainsi  que  l'indication 
du  montant  de  la  redevance  pour  la  valeur 
dudit  emplacement. 

Art.  19.  L'exposant  qui  n'aura  pas  placé  ses 
œuvres,  produits  ou  travaux  avant  le  15  avril 
1897,  perdra,  par  le  fait  môme,  tout  droit  à  son 
emplacement  ;  son  certificat  d'admission  sera 


15 


JOURNAL  MBNâUKL  DK   L'A<:AOi^UL  NAtlUNiaS. 


10 


considéré  comme  noQ  avenu  et  les  taxes  d'em- 
placement perçues  resteront  acquises  au  Go- 
mité  exécutif,  le  tout  sans  aucune  formalité 
judiciaire  ou  extrajudiciaire  ;  le  Commissaire 
général  est  autorisé,  dans  ce  cas,  à  faire  enle- 
ver d'ofllce,  aux  frais  des  contrevenants,  les 
installations  non  achevées. 

TITRE  IV.  —  Installation. 

Art.  20.  Avec  le  certificat  d'admission,  les 
exposants  admis  recevront  les  pièces  néces- 
saires pour  l'expédition  de  leurs  produits  et 
de  lenr  matériel  d'installation. 

Ils  recevront,  en  môme  temps,  une  formule 
pour  la  rédaction  du  Catalogue  officiel. 

Art.  21.  Chaque  exposant  ou  son  délégué  doit 
pourvoir  à  la  réception  de  ses  colis,  ainsi  qu'à 
la  reconnaissance  de  leur  contenu.  Si  les  ex- 
posants ou  leurs  agents  ne  sont  pas  présents 
pour  recevoir  les  colis  dans  l'enceinte  de  lEx- 
position.  le  Commissariat  général  peut  pren- 
dre telle  mesure  qu'il  Jugera  ncScessaire  aux 
risques  et  périls  des  intéressés. 

Art.  22.  Les  exposants  qui  auraient  besoin 
de  vapeur,  d'eau,  de  gaz  ou  d'électricité,  décla- 
reront sur  le  bulletin  de  demande  d'admission 
la  quantité  de  vapeur,  d'eau,  de  gaz  ou  d'élec- 
tricité qui  leur  est  nécessaire  par  heure. 

Ceux  qui  auraient  besoin  de  force  motrico 
indiqueront  quelle  sera  la  vitesse  de  leurs  ap- 
pareils et  la  force  dont  ils  voudraient  dispo- 
ser. 

La  force  motrice,  l'électricité,  Teau  et  le  gaz 
seront  concédés  d'après  un  règlement  et  un 
tarif  spécial. 

Art.  23.  Les  planchers  des  salles  pourront 
supporter  un  poids  de  500  et  même  de  1,500 
kilogrammes  par  mètre  carré  dans  certaines 
parties  ;  ils  ne  pourront  être  modifiés,  dépla- 
cés ou  consolidés,  pour  le  besoin  des  installa- 
tions, que  d'accord  avec  le  Comité  exécutif  bel- 
ge et  aux  frais  des  exposants. 

Les  cloisons  qui  ne  seront  pas  données  pour 
des  expositions  exclusivement  murales  seront 
établies  aux  frais  des  exposants. 

Les  exposants  seront  responsables  des  dom- 
mages que  leurs  installations  apporteraient 
aux  planchers,  cloisons,  etc.,  dont  ils  auront 
l'usage,  ainsi  que  les  dégradations  qui  pour- 
raient être  considérées  comme  provenant  d'un 
usage  abusif. 

TITRE  V.  —  Ventes  ;  Concessions. 

Art.  24.  Les  articles  de  vente  courante,  ainsi 
que  ceux  fabriqués  ou  confectionnés  sur  place, 

J)ourront,  moyennant  une  taxe  à  convenir  et  con- 
brmément  aux  termes  d'un  règlement  spécial, 
être  vendus  ou  livrés  sur  le  champ,  mais  au- 
cune vente  de  ce  genre  ne  pourra  se  faire  à  l'in- 
térieur des  halles  sans  une  autorisation  spé- 
ciale et  écrite  du  Commissariat  général  et  du 
Comité  exécutif  belge. 

Une  autorisation  semblable  sera  nécessaire 
pour  toute  dégustation  de  boissons  ou  de  co- 
mestibles, à  l'intérieur  des  halles. 

Art.  25.  Un  cahier  des  charges  spécial  ré- 
glera le  mode  de  concession  des  théâtres,  ba- 
zars, restaurants,  buvettes,  débits  de  tabac, 
comestibles,  elc. 

Les  concessionnaires  ne  seront  pas  considé- 
rés comme  faisant  partie  de  la  section  fran- 
çaise, même  s'il  sont  Français,  et  le  Commis- 
sariat général  ne  se  chargera  qu'oflhjeuse- 
ment  de  présenter  leurs  demandes  au  Comité 
exécutif  belge. 


TITRE  VI.  —  Catalogue  :  Jury  ;  Récompenses  ; 
Concours. 

Art.  26.  Le  Comité  exécutif  belge  fera  dres- 
ser un  Catalogue  officiel,  méthodique  et  com- 
plet des  (ouvres,  produits  et  travaux  de  toutes 
les  nations. 

Le  Commissariat  général  dressera  un  cata- 
logue de  la  Section  française  dans  le  même 
esprit. 

Les  renseignements  nécessaires  seront  four- 
nis par  les  exposants  sur  la  formule  qui  leur 
sera  envoyée  avec  le  certificat  d'admission. 

Art.  2*7.  Les  récompenses,  consistant  en 
diplômes  et  médailles,  seront  décernées  par 
un  Jury  international  dont  les  opérations  com- 
menceront dans  le  courant  du  mois  de  Juillet 
1897. 

La  proclamation  solennelle  des  récompenses 
aura  lieu  avant  la  clôture  de  l'Exposition. 

Art.  28.  Outre  les  récompenses  mentionnées 
à  l'article  précédent,  les  exposants  pourront, 
dans  chaque  section,  se  faire  allouer  par  le 
Jury  international  des  primes  en  espèces  pour 
les  meilleures  réponses  à  des  questions  spé- 
ciales mises  au  concours. 

Le  règlement  concernant  ces  concours  sera 

ftorté  ultérieurement  à  la  connaissance  des  in- 
éressés. 

Art.  29.  —  Une  tombola  sera  organisée  avec 
l'autorisation  et  sous  la  surveillance  du  Grou- 
vernement  belge.  Des  lots  seront  acquis  parmi 
les  objets  exposés. 

Art.  30.  Les  exposants  français,  en  accep- 
tant la  qualité  d'exposant,  déclarent  adhérer 
aux  dispositions  du  présent  règlement  géné- 
ral, à  celles  des  règlements  spéciaux  et  aux 
mesures  d'ordre  qui  pourraient  être  ultérieu- 
rement promulguées. 

Art.  31.  Toutes  les  communications,  ainsi 
que  toutes  les  demandes  de  renseignements 
relatives  à  l'Exposition  internationale  de 
Bruxelles,  doivent  être  adressées  à  M.  le  Com- 
missaire général  du  Gouvernement  français  à 
l'Exposition  de  Bruxelles,  au  Ministère  du 
commerce,  de  Tindustrie,  des  postes  et  télé- 
graphes, 80,  rue  de  Varennes,  a  Paris. 

Tarif  des  emplacements. 

Dans  la  grande    halle  ou  les  halles  de 

l'industrie. 

Emplacements  non  isolés  : 

Le  mètre  de  façade  (si  la  profon- 
deur ne  dépasse  pas  1  mètre) 45  francs 

Le  mètre  carré  de  surface  (si  la  pro- 
fondeur dépasse  1  mètre) 45 

Surtaxe  pour  les  retours  (le  mètre 
linéaire  de  retour) 20 

Sur  cloison,  par  mètre  courant  de  fa- 
çade      45 

Emplacements  isolés  (le  mètre  carré 
de  surface  horizontale) 9j 

En  plein  air  pour  emplacement  de 
toute  hauteur,  le  mètre  courant  de 
façade  ou  le  mètre  carré  de  surface 
horizontale 30 

Toute  fraction  de  mètre  sera  soldée-  comme 
mètre  entier. 

Tous  les  prix  ci-dessus  comprennent  les 
frais  de  manutention  et  de  gardiennage  des 
caisses  vides.  Une  surtaxe  de  1  franc  par  100 
kilogrammes  indivisibles  sera  seule  appliquée 
aux  colis  dont  le  poids  dépassera  1.500  kilo- 
grammes ;  cette  taxe,  qui  ne  s'appliquera  qu'à 
partir  du  1.501"  kilogramme,  sera  recouvrée 
par  le  Comité  exécutif  pendant  la  durére  de 
TExposition.  La  manutention  comprendra  !a  dé- 


17  LISTE  GÉNÉRALE  DES  HEBfBRES  DE  LA  SOCIÉTÉ.  18 


chargement  et  la  réception  des  colis  dans  l'en- 
ceinte  de  l'Exposition  :  la  mise  à  pied  d'œu- 
vre  de  ces  colis,  l'enlèvement  des  caisses  vi- 
des et  de  remballage,  Je  magasinage  et  la  con- 
servation des  caisses  vides,  l'apport  des  cais- 
ses rides  pour  le  réemballage,  l'enlèvement  et 
le  chargement  des  caisses  réemballées.  (Les 
caisses  vides  seront  conservées  sous  des  bâ- 
ches :  elles  seront  placées  sur  des  longrines 
ou  des  bâtis,  empêchant  leur  contact  avec  le 
sol.)  —  La  Société  anonyme  de  l'Exposition 
apportera  le  plus  grand  soin  à  la  manutention 
des  colis,  mais  il  est  expressément  stipulé 
qu'elle  ne  saurait,  en  aucun  cas,  être  rendue 
responsable  des  pertes,  manquants,  domma- 
ges, avaries,  etc.,  que  les  colis  ou  leur  contenu 
pourraient  subir. 
Les  exposants  se  conformeront  aux  instruc- 


tions qui  seront  données  par  le  Commissariat 
général,  sur  l'avis  du  Comité  exécutif  belge, 
pour  faciliter  l'enlèvement  des  caisses  vides. 

Conditions  de  payement. 

Les  taxes  inférieures  ou  égales  à  1.000  francs 
seront  perçues  en  une  fois,  aussitôt  après  la 
réception  au  certificat  d'admission. 

Les  taxes  supérieures  à  l.OOO  francs  seront 
recouvrables  par  moitié  :  la  première  après  la 
réception  du  certificat  d'admission,  et  la  se- 
concie  le  15  avril  1897. 

Le  non-payement  d'une  de  ces  sommes  à 
son  terme  entraînera  la  déchéance  du  titre 
d'exposant  et  des  droits  y  afférents.  —  Les 
sommes  déjà  perçues  resteront  acquises  à 
titre  de  dommages-intérôte,  sans  aucune  for- 
malité judiciaire  ou  extrajudiciaire. 


LISTE    GENERALE  DES  MEMBRES 

DE  L'ACADÉMIE  NA1I0NALE,  AGRICOLE,  MANUFACTURIÈRE  ET  COMMERCIALE 
Inscrits  à   la  date  du   l*»-  janvier   1897 

{Publication  faite  en  exécution  de  V Article   VI  des  Statuts), 

PRÉSIDENT  DE  LA  SOCIÉTÉ 

M.  Vayson  (J.-Â.),  chevalier  delà  Légion  d'honneur,  commandeur  des  ordres  du  Christ 
de  Portugal,  de  Charles  III  d'Espagne,  de  la  Couronne  d'Italie  et  dp  Saint-Grégoire-le- 
Grand,  ancien  fabricant  de  tapis  à  Abbeville,  ancien  Président  du  Tribunal  de  com- 
merce et  de  la  Chambre  de  Commerce  de  cette  ville.  (Elu  le  23  janvier  1893  ;  réélu  le 
19  octobre  1895,  conformément  à  l'arlicle  XVI  des  statuts.) 

VICE-PRÉSIDENTS  DE  LA  SOCIÉTÉ. 

M.  Dard  (L.),  notable  commprçant,  adjoint  au  maire  du  XV**  arrondissement,  construc- 
teur-mécanicien à  Paris.  (Elu  le  23  janvier  1895). 
H.  Conza  (M.  A.),  officier  d*Académie,  négociant-commissionnaire,  à  Paris. 

MEMBRES  DU  CONSEIL  D'ADMINISTRATION 
MH. 
AuDOYNAUD  (M.),  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  ofticier  de  Tlnslruction  publique, 

expert  près  le  tribunal  civil  et  la  Cour  d'appel  pour  Vameublement  et  la  tapisserie. 
Bajac  (A.),  chevaUer  de  la  Légion  d'Honneur,  constructeur  d'instruments  agricoles . 
Caron(L.),  officier  d'Académie,  chevalier  du  Dragon  d'Annam,  fabricant  de  couleurs  et 

vernis. 
Degoix  (L.),  chevalier  de  Tordre  du  Christ  de  Portugal,  membre  du  Conseil  de  la  Société 

des  Etudes  coloniales  et  maritimes,  assureur  maritime. 
Gaumont  (Gontran),  assureur  maritime. 
Hardon  (A.),  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  officier  d'Académie,  chevalier  du  Mérite 

agricole,  ingénieur  des  arts  .et  manufactures,  agriculteur  et  viticulteur. 
Huau)T,  batteur  d'or. 
Lagache,  confiseur. 
La  JoussE  (Saint-Eilme},  agent  maritime. 


19  JOOBNAL  MeNSUEL  OB  l'aGADÉMIK  NATIONALK.  20 

Ménage  (Ch.),  commandeur  de  Tordre  du  Christ  de  Portugal,  chevalier  de  Tordre  de 

TImmacuIée-CoDceptioD,  banquier. 
Heyer  (Alfred),  chimiste. 
Pâupier(L.),  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  chevalier  de  Tordre  d'Isabelle  la  Gatho* 

lique,  notable  commerçant,  fabricant  d'instruments  de  pesage. 
Rabourdin  (H.)t  constructeur  d'installations  d'écuries. 
RicHY  (E.))  négociant  commissionnaire. 

RoDERT  d'EsHouGUEs,  chovalier  de  la  I^égion  d'Honneur,  chef  de  bataillon  en  retraite. 
SiGAUT,  fabricant  de  biscuits  et  pain  d*épices. 
Van  Hecke  (Jules),  comptable. 

DIRECTEUR 

M.E.  Thierry. 

INGÉNIEUR  CONSEIL 

M.  Maurice  Clermont. 

COMITÉS 

Comité  d'Admission  :  H.  Ménage,  président^  MM.  Degoix,  Van  Hecke  et  Maurice 

Clermont,  membres. 
Comité  d'Agriculture  :H.  lixtàon^  président  \  MM.  Bajac,  Vibert  et  Maurice  Clermont, 

membres. 

Président  honoraire  :  M .  Tancrède. 
Comité  d'Industrie  :  M,  Paupier,  président  \  MM.  Rabourdin,  Caron,  Audoynaud, 

Gouttière,    ChampigneuUe,    Wiggishoff,  Hurlot,  Bar,  Vibert  et  Maurice  Clermont, 

membres. 

Présidents  honoraires  :  MM.  Trouvé,  Egrot  et  Parfonry. 
Comité  du  Commerce  :  M.  Goïizsl,  président  ;  MM.  Richy,  Robert  d'Eshougues  et 

Vibert,  membres. 
Comité  des  produits  alimentaires  :  MM.  Conza,  président  ;  Sigaut,  Lhotelain, 

Vibert,  Maurice  Clermont  et  Lagache, 
Comité  de  Contrôle  administratif  et  financier  :  M.  Ménvige président,  MM.  Au- 
doynaud, Degoix,  Sigaut  et  La  Jousse,  membres. 
Le  Comité  des  Récompenses  est  constitué  de  la  réunion  des  Membres  du  Conseil 

d'Administration  et  des  différents  Comités. 


Rems  8t  adrot808  des  Soeiètilrit  inscrits  à  la  dato  du  1'"  Janvier  1897 


Adaml  (Antoine),  fabricant  de  balais,  exporta- 
teur de  chiendent,  grenille,  paille  de  sorgho 
et  osiers,  à  Sprésiano  (Italie). 

Aflombart  (Qls).  fabricant  de  chaux,  19,  rue 
Neuve-Saint-Martin,  Saint-Quentin  (Aisne). 

Ahles,  fcrbricant  de  machines  agricoles  et  in- 
dustrielles, 15,  paseo  de  la  Aduana,  Barcelo- 
ne (Espagne). 

Akar,  fabricant  d'appareils  d'éclairage  et  de 
chauffage  par  le  gaz,  rue  Mazarine,  42,  Paris. 

Alexandep,  ingénieur  mécanicien,  Barcelone 
(Espagne). 

Allaire,  ingénieur  des  arts  et  manufactures, 
64,  rue  (STde,  Levallois-Perret  (Seine). 

Allemand,  fabricant  de  nougat  et  connserie, 
route  d'Uzès,  Nîmes  (Gard). 


Almeida  (Constaniino  de),  négociant  en  vins 
de  Porto,  créateur  du  vin  tonl-nutrltif  Cons- 
tonlino,  avenue  Dlogo-Leite,  35,  à  Villa-No- 
va de  Gaya  ^Portugal^ 

Altan,  pharmacien,  Slrada  Ballstea,  n»  44  bis, 
Bucharest  (Roumanie). 

Amos  Tatham  et  flls,  fabricant  d'aiguilles 
pour  machines  et  botineterie.  Belper  Street 
Works,  llkeston,  near  Nottlngham  (Angle- 
terre). 

Anderson,  villa  Cybèle,  golfe  Juan  (Alpes- 
Marltlmes). 

Angeli  (le  commandeur  de),  manufacturier, 
Milan  (Italie). 

Anselml,  fabricant  de  biscuits.  Galle  Cerro, 
90,  Montevideo  (Uruguay). 

Apottolidés,  fabricant  de  chaussures.  Grande 
rue  de  Pera,  314,  Constant! nople  (Turquie). 


»l 


USTE  GÉNÉRALE  ORS  AIBHBRES  OB  UL  SOCIETE. 


23 


Artenz,  fabricant  de  rasoirs,  Jougne  (Doubs). 

Arbez  flls,  constructeur-mécanicien,  fondeur, 
à  Estravaux,  par  Fresne-Saint  Mamès  (Hau- 
te-Saône). 

Araamakov,  colonel  inspecteur  du  corps  des 
Cadets,  Polotzk  (Russie). 

Arlatto,  fabricant  de  chicorée,  Cambrai  (Nord) . 

Armandy  (GO  et  Gie,  manufacturiers  en  soies, 
2,  quai  de  Retz,  Lyon  (Rhône). 

Af>ftia«Ml-8oialMyran  (Maison),  confiserie  et  fa- 
brique de  nougats  a  Montélimar  (Drôme). 

Arnou,  négociant  en  cafés,  3,  rue  de  Lévis, 
Paris. 

Artige,  (chimiste  manufacturier,  Aubenas  (Ar- 
dèche). 

Auberjonois,  agronome,  domaine  de  Beau- 
Cèdre,  pr«^s  Lausanne  (Suisse). 

Aubart»  fabricant  de  cuirs,  Toulon  (Var). 

AMbéry,  à  Marcigny,  arrondissement  de  Gha- 
roiles    (Saône-et-Loire). 

Audoynaud,  atné,  expert  près  la  Cour  d'Appel 
et  le  Tribunal  civil  en  ameublement  et  ta- 
pisserie, boulevard  Henri  IV,  Paris. 

Auerbaoh  (de\  ingénieur  des  mines,  conseil- 
ler d'EUt,  38,  rue  MoTIca,  Saint-Pétersbourg 
(Russie). 

Aiarand-Wipth,  manufacture  de  Pianos,  place 
et  rue  de  la  République,  48,  Lyon  (Rhône). 

Aypouxa,  fabricant  de  pièges,  8,  rue  des  Hal- 
les, Paris. 

Ausanneau,  Directeur  de  la  Société  Générale 
de  renseignements  commerciaux,  12,  fau- 
l>ourg  Poissonnière,  Paris. 

Âzémmt*,  menuiserie  et  meubles,  1,  rue  d'Oran, 
Cannes  (Alpes-Maritimes). 


Biblot-ilaltra,  propriétaire,  cultivateur  et 
meunier,  à  Jonchery-Saiut-Suippe  (Marne). 

Badartaohar  (Joh),  fabricant  du  porte-faux 
universel  breveté,àLangnau,  canton  de  Ber- 
ne (Suisse). 

Bailly  (Emile),  constructeur  mécanicien,  40, 
me  du  faubourg  Stanislas,  à  Nancy  (Meur- 
the-et-Moselle). 

Bajao,  constructeur  d'instruments  aratoires, 
Liancourt  (Oise). 

Dalayauiar,  fabricant  de  serrures.  Saint- Bon- 
ne t-Ie-Chàteau  (Loire). 

Banniar,  fabricant  de  bastissages  et  cloches 
mérinos,  3,  rue  de  la  Roche,  Vienne  (Isère). 

Bar,  fabricant  de  paillons,  Rantigny  (Oise). 

Baf4Mifiaofli,  fabricantde  noir  animal  et  engrais 
chimiques,  5,  quai  du  Commerce,  Bruxelles 
(Belgique). 

Bafba,  médecin  vétérinaire,  Bazas    (Gironde). 
Barbot,  fabricant  de  biscuits,   La  Rochelle 

(Charente-Inférieure). 
Bartfié,  fabricant  de  meubles,    cours  Tourny, 

49,  à  Bfirdeaux  (Gironde). 
BardoH  (Joseph)  et  fils,  fabricants  de  papiers 

à  cigarettes,  avenue  de  la  Gare,   Perpignan 

(Pyrénées-Orientales). 
BardoH-Job  (Maison),  fabrique   de    papiers  à 

cigarettes,  13,  rue  Saint- Sauveur,  Perpignan 

(Pyrénées-Orientales). 
Bardau-Kallar,  agriculteur,  viticulteur,  Oran 

(AlgéHe). 


Baratta,  constructeur,  Romilly-s-Andelle  (Eu- 
re). 

Barlerin,  pharmacien  chimiste.  Tarare  (Rhô- 
ne). 

Barrasa,  tabacs  et  cigare,  4,  A,  Norte  n*  l\ 
(Guatemala). 

Bastard.  directeur  de  la  Bonne-Foi,  Compa- 
gnie d  assurances,  241,  rue  de  Crimée,  Paris. 

Baatard  et  Redard,  fabricants  de  verres  de 
montres,  21,  quai  des  Bergues,  Genève  (Suis- 
se). 

Baatida,  propriétaire,   Sidi-BelAbbès   (Algé- 
rie). 
Baatoa.  négociant  en  fab^icH,  Oran  (Alj^t  rit^^ 
Bayle  fils  frères,  fabricant   de    conserves   ali- 
mentaires, 26,  rue  Lacour,  Bordeaux  (Giron- 
de). 
BaaHvallet,  fabricant  de  poudre   de   rubis,  8, 

rue  Oberkarapf,  Paris. 
Baokatt,  agriculteur-éleveur,  Pretoria,    Répu- 
blique Sud-Africaine. 
Ballemar,  négociant,  6-8,    rue  du   JarJin-Pu- 

blic,  Bordeaux  (Gironde). 
Bélaouaaov    (Jean),    tailleur,    coupeur,    chez 
M.     Kovalev,   cité    de      Saint-Pétwrsbourg, 
Grande  Perspective,  n*  33,  à  Saint-Pétersbourg 
(Russie). 
Ballon,  fabricantde   savons,  16,  boulevard  de 

la  Paix,  Marseille  (Bouches-du-Rbône), 
Barendorf,  constructeur   mécanicien,  77  et  79, 

avenue  d'Italie,  Paris. 
Barg  (le  comte  de),   chambellan   de   S.   M.  le 
Tsar,  château  de  Sagnitz,  près    Riga   (Rus- 
sie). 
Barl,  fabricant  de  lits  et  meubles,  11,  rue    des 

Trois-Bornes,  Paris. 
Baroiad  et  Sadiar,  grande  verrerie  lyonnaise, 

51,  route  de  Vienne,  Lyon  (Rhône). 
Bartholet,  fabricant  de  chemises  en  gros,  82, 

rue  Hauteville,  Paris. 
Bertrand,  distillateur  liquoriste,  62,  rue  Dam- 

rémont,  Constantine  (Algérie). 
Baason,  fabricant  d'appareils  de  chauffage,  25, 

boulevard  des  Capucines,  Paris. 
Bayer,  frères,  constructeurs  mécaniciens,  18, 

rue  de  Lorraine,  Paris. 
Blabaïad,  constructeur  de  fours  pour   la  bou- 
langerie, 5,  rue  du  Roule,  Paris. 
Bibar,  fabricant  de  chocolat,  Horgen  (Suisse). 
Blaohèra.  distillateur,  14,  rue   Molière,   Avi- 
gnon (Vaucluse). 
Blaiaa  (Mlle),  fabricante  de  leurs  à    revivifier 

le  noir  animal,  Signy-le-Petit  (Ardennes). 
Blano  (Charles),  culvreries  et  appareils  pour 
eaux  et  gaz,  92,   boulevarJ  Richard-Lenoir, 
Paris. 
Blanohat  frères  et  Klébar,  papeterie  de  Rives, 

Rives-sur-Fivre  (Isère). 
Blondal  (Alphonse),  facteur  de  pianos,  53,  rue 
de  l'Echiquier  et  19,  faubourg   Poissonnière,* 
Paris. 
Bach,  directeur  gérant  des  manufactures    de 

faïences,  Kéramis  (Belgique;. 
Boohno,  géomètre,  15,  rue  (Grande- Vasslllkovs* 

kaya,  à  Kiev  (Russie). 
Bodanatain,  fabricant  de  pianos  au  Caire  et  à 

Alexandrie  (Egypte). 
Baahm,  architecte  entrepreneur,  8,  quai   d'O- 
ran,  Mulhouse  (Alsace- Lorraine), 


23 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  ACADCIIIK  NATIONALE. 


24 


Boinetto,  viticulteur  -  négrociani,  Bar -le -Duc 
Meuse). 

Bol«sal«t,  mécanicien,  5,  route  de  Rosny-Bon- 
dy  (Seine). 

Boissiére,  flis,  fabricant  de  tuiles  métalliques 
en  zinc,  rue  de  l'Hôpital,  39,  Rouen  (Seme- 
Inférieure). 

Boldoot.  fabricant  de  parfumerie,  Sinsrel  S.  S., 
92,  Amsterdam  (Hollande). 

Boilée  (Auflrus^)*  constructeur  hydraulicien, 
avenue  de  Paris,  Le  Mans  (Sartbe). 

Bon  et  v«iav«  Qaroin,  fabricant  d'articles  de 
voyage,  16,  rue  Belle-Cordière,  Lyon(Hbône). 

Bonnard,  propriétaire,  15,  rue  de  la  Planche, 
Paris. 

Boni  (de),  fabricant  de  chocolats  et  liqueurs, 
quai  de  Singel,  Amsterdam  (Hollande). 

Bony,  fabricant  de  cartes  à  jouer,  LunéviUe 
(Meurthe-et-Moselle) . 

Borgey  (Philibert),  marchand  de  cuirs  et  cou- 
peur en  chaussures,  rue  de  Gènes,  16,  à 
Oran  (Algérie). 

Borgnis,  fabricant  de  soieries,  8,  rue  du  Grif- 
fon, Lyon  (Rhône). 

Bomibus,  flls,  fabricant  de  moutarde,  60,  bou- 
levard de  la  VlUette,  PaHs. 

Borrani,  librairie,  9,  rue  des  Saints-Pères,  Pa- 
ris. 

BoMfiiJianz,  fabricant  de  tabacs,  Tiflis  (Rus^ 
sie). 

Bossard-Lamaire,  fabricant  de  parfums,  3, 
rue  Cochin,  Paris. 

Bouoliar-Brisdet,  constructeur  de  pompes,  18, 
rue  de  l'Hôtel-de-Vllle,  à  Troyes  (Aube). 

Boude  flis,  rafflneur  de  soufre,  52,  rue  Saint- 
Ferréol,  Marseille (Bouches-du- Rhône). 

Boialenger,  fabricant  d'orfèvrerie,  4,  rue  du 
Verlbols,  Paris. 

Boialesqua,  régisseur,  Saint-Lys  (Haute-Ga- 
ronne). 

BoMPoler  (Louis),  constructeur  d'appareils  de 
chauffage,  rue  de  la  Trésorerie,  87  et  89, 
Bordeaux. 

Bourdin,  propriétaire,  13,  avenue  de  la  Répu- 
blique, Paris. 

Boiaraau,  piqueur,  46,  avenue  de  VUliers,  Pa- 
ris. 

Bourgaois  fVères,  fabricants  de  ferronnerie, 
Nouzon  (Ardennes). 

Bourguet,  constructeur  mécanicien,  19,  rue 
des  Envierges,  Paris. 

BoupIco,  tanneur,  Borditchev  (Russie). 

Bo2onVerdupaz.  fabricant  de  pâtes  alimen- 
taires, Saint-Etienne-de-Cuines  (Savoie). 

Braby,  Bushey-Lodge,  à  Teddington  (Angle- 
terre). 

Bretei  frères,  négociants,  exportation  de  beur- 
res, Valognes  (Man<:he). 

Briasard,  mécanicien  constructeur,  29,  avenue 
Dauinesnil,  Saiiit-Mande (Seine). 

Brocard,  fabricant  de  parfumerie,  rue  Illncka, 
Moscou  (Russie). 

Brooard-Qulliet,  produits  alimentaires,  16, 
place  du  Dtx-huil-Octobre,  Châteaudun  (Eu- 
re-et-Loir). 

Brodure,  céramiste,  Spa  (Belgique). 

Broquat,  constructeur  de  pompes  et  machines 
hydrauliques,  121,  rue  Oberkampf,  Paris. 


Broiahot  at  Ola,  constructeurs  mécaniciens, 
route  de  Paris,  Vierzon  (Cher). 

Bruëi,  père  et  fils,  Souillac  (Lot). 

Bruguièraa,  viticulteur  à  Coustèges-Montbar- 
la,  parLauzerte(Tam-et-Garonne). 

Biairatta-Qaiaiard,  peignage,  filature,  teinture 
et  blanchissage  de  laine,  Suippes  (Marne). 

Bialaaon,  négociant  en  vins,  au  Buisson  de 
Cabans  (Dordogne). 

Biirdiii,  imprimeur-éditeur,  me  Garnier,  An- 
gers (Maine-et-Loire). 

Buraa  atné,  distillateur  liquoriste,  33,  rue  de  la 
Geôle,  Gaen  (Calvados). 


Oaamaiio  at  Ola,  fabricants  de  conserves  ali- 
mentaires, Noya,  province  de  Goruna  (Es- 
pagne). 

Cabran,  distillateur,    la  Crau-d'Hyères  (Var). 

Caiilard  frères,  mécaniciens-constructeurs,  63, 
quai  d'Orléans,  Le  Havre  (Seine-Inférieure). 

Camua  Vlévilia,  agriculteur-éleveur,  Pontruet, 
par  Vernand  (Aisne). 

Caneilopouloa  (Jean),  chimiste,  118,  quaiJem- 
mapes,  Paris. 

Capaiia,  graveur  de  plaques  pour  estampes, 
52,  ruie  Mouffetard,  Paris. 

Cardon,  12,  rue  des  Pyramides,  Lille  (Nord). 

Cariaaimo,  fabricant  de  tissus,  19,  rue  Nain, 
Roubaix  (Nord). 

Carof  at  Cia,  fabricant  de  produits  chimiques, 
Ploudalmezeau  (Finistère). 

Capon,  fabricant  de  couleurs  et  produits  hy- 
drofuges,  58,  rue  du  Cherche-Midi,  Paris. 

Caron  flls.  teinture  et  blanchiment  de  coton, 
46,  rue  de  Lyons-la-Forôt,  Rouen  (Selne-ln- 
férleure). 

Carré  flls  aîné,  fabricant  d'articles  de  voyage, 
5  et  7,  rue  de  la  Préfecture,  Tours  (Indre-et- 
Loire). 

Carré  flls  aîné.  Ingénieur-constructeur,  127, 
quai  d'Orsay,  Pans. 

Carré  (Théophile),  directeur  gérant  de  la  Cris- 
tallerie de  Lyon,  à  Oulllns  (Rhône). 

Caaaionga,  ingénieur-conseil,  lô,  rue  des  Hal- 
les, Paris. 

Caaaia,  fabricant  de  linge  de  table  damassé, 
3(5,  rue  des  Fontanella.  Barcelone  (Espagne). 

Caaiaz-Bourgaoia,  fabricant  de  chicorée.  Cam- 
brai (Nord). 

Caapari,  pharmacien,  Vevey  (Suisse). 

Caatalianoa  (Prudenclo),  fabricant  de  produits 
chimiques,  16a,  Galle  O,  N*  45  bis,  ville  de 
Guatemala. 

Catala,  représentant  de  commerce,  Castelsar- 
razln  (Tarn-et-Garonne). 

Catz  van  Pakala,  liqueurs,  Gronlngen  (Hol- 
lande). 

CauoaNLavrand  (Yve),  distillateur  liquoriste, 
Saint-Germain-du  Bois  (Saône-et-Loire). 

Cauiilaz  at  Daiaoutra,  fllateurs  de  laine,  Tour- 
coing (Nord). 

Cauvin,  fabricant  de  bâches,  55,  rue  de  Lyon, 
Paris. 

Cavèna,  pépiniériste,   Bagnol-St-Cèze  (Gard). 

Caxaubon,  fabricant  d'appareils  pour  eaux  ga- 


?5 


LISTK  GÉNÉRALE  DES  MEUBRKS  DE  LA  SOCIÉTÉ. 


26 


feuses,    43,    rue   Notre-Dame-de-Nazarelh, 
Paris. 

CerolMl,  fabricaut  de  couleurs  d'aniline  et  de 
produits  chimiques,  26,  rue   Bergrère,  Paris. 

CiMllly,  huiles  et  graisses  pour  Tindustrie, 
usine  des  Ursulines  de  Saint-Denis  (Seine). 

Chaise  atné,  manufacturier,  Believue-la-Di- 
^nntère,  près  Saint-Etienne  (Loiret). 

OfMilc»t,  fobricant  de  meubles,  chaises  et  fau- 
teuils, rue  aux  Sieurs,  21,  Alençon  (Orne). 

ClMlift-Voiry,  négociant  en  vins,  62,  rue  des 
Halles,  Tours  (Indre-et-Loire). 

Ctombofi,  distillateur,  Saint-Géré  (Lot). 

Ckambr^tte-Bellon,  constructeur,  Bèze  (Gôte- 
d'Or. 

Ohampenois-Rambeaiix,  fondeur-constructeur, 
Gousaiice:»-aux-Porges  (Meuse). 

ClHimpigneulU  fils,  de  Paris,  peintre-verrier, 
96,  rae  Notre-Dame-des-Ghamps,  Paris. 

CtiMidora,  entrepreneur  de  travaux  de  dessè- 
chement, Moissy-Gramayel  (Sêine-et-Marne). 

Chanée  et  Gie.  fabricants  de  velours  d'Utrecht, 
25,  rae  de  Gléry,  Paris. 

Chantaud,  pharmacien,  54,  rue  des  Francs- 
Bourgeois,  Paris. 

OlMipel  (Louis),  distillateur,  17,  rue  de  Belfort, 
Lyon  (Rhône). 

CharHonenko,  fabricant  de  sucre,  Soumy, 
gouvernement  de  Kharicow  (Russie). 

Charfant  (Isidore),  négociant  en  produits  pour 
le  blanchissage  et  la  teinture,  9,  avenue  du 
Préau,  Ëtterbeek,  Bruxelles  (Belgique). 

Chamoz,  carrelages  céramiques,  Paray-le- 
Monial  (Sadne-et-Loire). 

Chatolard,  industriel,  Goncarneau  (Finistère). 

Cfcatilov,  propriétaire,  domaine  de  Moktiovoié 
district  de  Novossil,  gouvernement  de  Toula 
(Russie). 

Cbatwood,  fabricant  de  coffres-forts,  76,  New- 
gate  Street,   Londres  (Angleterre). 

Chaumall.  fabricant  de  terres  cuites,  172,  ave- 
nue de  Ghoisy,  Paris. 

Chauvin,  fabricant  d^équipements  militaires, 
24  et  26.  rue  Gharlot,  Paris. 

Chefdabian  (le  baron  de),  propriétaire,  Perpi- 
gnan (Pyrénées-Orientales). 

Ctiairar  (Vladimir),  ingénieur,  directeur  tech- 
nique delà  maison  A.  Eg^ers  et  G',  fabri- 
Sue  de  plomb  et  étaiu  laminés,  Sadovaïa,  49, 
alnt-Pétersbourg  (Russie). 

Chéraau  (Gustave),  propriétaire -viticulteur  à 
8idi-Bei-Abbès,  province  d'Oran,  Algérie. 

CharpH  (Louis),  serrurier,  fabricant  de  ferron- 
nerie artistique,  Grand*  Rue  et  rue  Nicole 
Nyon  (Suisse). 

Ctiavailar,  fapricant  de  conserves  alimentai- 
res, 22,  rue  derOasis,  Puteaux  (Seine). 

Cliloot,  fabricant  de  roues  de  voitures,  78,  rue 
des  Arts,  Levaiiois-Perret. 

ChHfèmann  (Eusèbe),  négociant  en  fromages, 
rae  d'Alençon,  à  Lisieux  (Galvados). 

Choliat,  manufacture  de  chaussures,  13,  rue 
Duplessis,  Versailles  (Seine-et-Oise). 

Choquart  at  Oia,  malterie  et  brasserie,  Por- 
rentruy  (Suisse). 

Choral  Eaoorbia,  fabricant  de  rubans  et  ve- 
lours, 5,  place  Marengo,  Saint-Etienne  (Loi- 
re). 

Chuta  at  Brooica,   photographes.    Galle  Flori- 


da,  74,  Buenos-Âyres  (République-Argenti- 
ne). 

Olaavaa,  Parkgate,  directeur  de  houillères, 
Rotherham  (Yorkshire)  (Angleterre). 

Clépy  (le  docteur  Hugues),  chimiste,  Marseil- 
le. 

Colman,  fabricant  de  moutarde,  Norwich,  Nor- 
folk (Angleterre). 

Comaballa  y  Quimet,  docteur  à  la  Faculté  de 
pharmacie,  23,  Galle  del  Garmen,  Barcelone 
(Espagne). 

Comendador  Lauion,  docteur  en  médecine  et 
chirurgie,  13,  Rambla  de  Gannaletas  princi- 
pal, Barcelone  (Espagne). 

Cornet,  fabricant  de  châles,  Bagnères*de-Bi- 
gorre  (Hautes-Pyrénées). 

Compagnie  Franoo-Ailemande,  Distillerie,  à 
Munich  (Allemagne). 

Constant,  mécanicien,  11,  rue  de  Neuilly,  Gll- 
chy-la-Garenne  (Seine). 

Conti  et  fils,  fabricants  de  savons,  Livourne 
(Italie). 

Conza,  négociant,  59,  rue  Meslay,  Paris. 

Corhumel  et  Gie,  rafflneurs,  Nantes  (Loire- 
re-Inférieure). 

Cornu  at  Warin,  fabricants  de  capsules  médi« 
camenteuses,  41,  rue  de  Vanves,  Paris 

Connut  (Raymond),  distillateur,  La  Roche- 
Beaucourt  (Dordogne). 

Cossé-Duvalet  Gie,  fabricants  de  sucres  can- 
dis, Nantes  (Loire- Inférieure). 

Costa,  fabricant  tanneur,  et  propriétaire  ex- 
ploitant de  forêts  de  chênes-lièges,  Géret 
(Pyrénées- Orientales). 

Coate-Folohar  (Jean-Baptiste),  propriétaire- 
négociant  en  vins  a  Montpellier. 

Cothanat-Tardy  (Francis),  fabricant  de  pro- 
duits chimiques  pour  le  blanchissage  et  la 
teinture,  15.  rue  Louis-Blanc,  Rouen  (Soine- 
Inférieure). 

Cottanoe,  Bagotat  Cia,  parfumeurs,  35,  rue 
Turbigo,  Paris. 

Coulaud  at  Cla,  mécaniciens,  99,  rue  d*Angou- 
lôme,  Paris. 

CoHPeau,  fabricant  de  produits  réfractaires, 
Glialon-sur-Saône  (Saône-et-Loire). 

Cousin  frères,  manufacturiers,  Gomines  (Nord). 

Cros,  horloger,  39,  rue  de  Palestre,  Paris. 

Cuenod  Sauttar  et  Gie,  constructeurs  électri- 
ciens, 10,  rue  Voltaire,  Genève  (Suisse). 

Curai  (le  vicomte  de),  propriétaire,  93,  rue 
Grenelle-Saint-Germain,  Paris. 

Cuaeniar  (Elysée),  distillateur,  226,  boulevard 

.    Voltaire,  Paris. 

Cuveliar,  Thomery  (Seine-et-Marne). 

Cuviar  fils,  fondeur,  Seloncourt  (Doubs). 


Daix  frères,  imprimeurs,  Glermont  (Oise). 

Damapval  frères,  constructeurs  de  fours  etd*ins- 
tallationsde  boulanfferies,  53,  rue  Jean-Jac- 
ques Rousseau,  Paris. 

Danguin,  agriculteur,  Theizé,  par  le  Bois 
d'Uingl(Rhône). 

Danto  Rogeatat  Cia,  fabricants  d^articles  en 
fonte  émaillée  et  d'appareils  de  chauffage, 
25,  rue  des  Culottes,  Lyon  (Rhône). 


27 


KNmNAL  MOVftUU  M  L'aGALÉM»  NATIONALI. 


28 


Dard,  constructeur  mécanicien,  34,  rue  Péri- 
gnon,  Paris. 

Dartout,  fabricant  de  produits  céramiques, 
28,  rue  Paradis,  Paris. 

Daverlo,  constructeurs  de  moulins  à  cylindres, 
Zurich  (Suisse). 

Davidov  (Dimltrl),  marchand  tailleur  à  Kos* 
troma  (Russie). 

Debargue,  constructeur  mécanicien,  Pourmies 

(Nord). 

Deoauvllle  (Paul),  sénateur,  8,  place  d*Iéna,  à 
Paris. 

Déohambenoit,  manufacture  de  clouterie  mé- 
canique pour  chaussures.  Usine  de  la  Pipée, 
par  Fontenoy-le-Ghèteau  (Vosges). 

Deoroix-Donau,  tanneur,  Givet(Ardenne«). 

Defranoe,  fabricant  de  carrelages  céramiques, 
Pont-dainte-Maxenoe  (Oise). 

Dôooix,  assureur  maritime,  rue  Yivlonne,  33 
Paris. 

Dégroux,  constructeur  mécanicien,  Saint- 
Quentin  (Aisne). 

Deiss  flls,  fabricant  de  produits  chimiques,  15, 
rue  Volta,  Paris. 

Delamarre,  fabricant  de  bitter,  4,  rue  de  Bou- 
logne, Sanvic,  par  le  Havre  (Seine-Inférieu- 
re). 

Delataille,  entrepreneur  de  charpentes,  30,  rue 
d'Ambroise,  Tours  (Indre-et-Loire). 

Delaunay  et  Lefèvre,  fabricants  de  meubles 
d'art,  53,  faubourg  Saint- Antoine,  Pariy. 

Delauzun,  mécanicien  perceur  et  construc- 
teur, 1,  rue  Dumont-d*Urville,  Lyon  (Rhône), 

Delavierre,  fabricant  d'articles  pour  sucreries, 
Souppes  (Seine-et-Marne). 

Delettrez,  fabricant  huiles  et  graisses,  7,  rue 
Gide,  Levallois-Perret  (Seine). 

Delisleet  Gie,  fabricant  de  produits  de  phar- 
macie, Lausanne  (Suisse). 

Daipuy,  constructeur  hydraulicien   à  Gollon- 

ges  au  Mont-d'Or  (Rhône). 
Demapoo  et  Mlret,  conflseurs,  321,  Galle  18   de 

Julio,  Montevideo  (Uruguay). 

Demoyenoourt,  fabricant  de  sommiers  élasti- 
ques, Sully,  par  Songeons  (Oise). 

Denie-Benoist  (A.)  et  Gie,  teinturiers  appré- 
teurs.  boulevard  de  la  République,  Roubaix 
(Nord). 

Desaymard  (frères),  négociants.  17,  rue  Neuve, 
Glermont-Ferrand  (Puy-de-Dôme). 

Desnos,  fabricant  de  briques,  tuUes  et  car- 
reaux, Bcommoy  (Sarlhe). 

Desprès,  Joaillier,   62,  rue  Haulcville,    Paris. 

Deutsoh  (les  flls  de),  manufacturiers  en  huiles 
minérales,  50,  rue  de  Ghâteaudun,  Paris. 

Deviliiers,  distillateur,  42,  route  d'Orléans, 
Grand  Montrouge  (Seine). 

Dewar  (John)  et  Als,  distillateurs  de  TOld  Hig- 
hland  Whisky,  h  Perth  (Ecosse)  et  48,  Luna 
Slret,    London,  E.  G. 

Deydiep,  Galle  San  Martin,  159,  Mendoza  (Ré- 
publique Argentine). 

DiedeHohs,  constructeur  de  métiers  à   tisser, 

Bourgoin  (Isère). 
Diégo-Pons,  propriétaire,   viticulteur.  Prési- 


dent de  r Association  rurale  de  rUmflruay, 
406,  calle  Uruguay,  Montevideo  (Uruguay). 

Oiem,  fabricant  d'articles  de  ménage  repous- 
sés, 31,  rue  GhabroU  Paris. 

Oienst  et  flls,  ameublements,  86,  faubourg 
Saint-Antoine,  Paris. 

Oikaneky  (Hlrsch),  fabricant  de  vernis  pour 
meubles,    Kharkov,  (Russie). 

Dolixy,  mécanicien,  41,  rue  des  TroU-Boroes, 
Paris. 

Domère,  artiste  graveur,  Rio-de-Janelro  (Bré> 
sil). 

Doré,  peintre  décorateur,  25  boulevard  Saint- 
Michel,  Paris. 

Dornier-Tullep,  distillateur.  Fieurier  (Suisse). 

Ooesche  (frères),  fabricants  de  peignes  en  mé- 
tal, 84  a  IK),  rue  de  la  Plaine.  Lille  (Nord). 

Doulllard,  constructeur  de  chaudières  à  va- 
peur, rue  de  la  République,  Pontenay-le- 
Comte  (Vendée). 

Drueile,  fabricant  de  savons  et  lessives,  Sé- 
raucourt  (Aisne). 

Dubail,  Monnin,  Froeeard  et  Oie,  manufactu- 
riers en  horlogerie»  Porrentruy  (Suisse). 

Oubiez,  distillateur,  Ornans  (Doubs) 

Dubois,  chimiste,  9,  rue  de  la  République 
Marseille  (Bouches-du-Rhône). 

Dubois  (Gemille),  distillateur,  10,  rue  des  Qua- 
tre-Roues,  Le  Mans. 

Dubois-Oudin,  fabricants  de  coffre-forts,  bou- 
levard Pommery,  Reims  (Marne). 

Ducourneau.  fabricant  de  machines  à  boucher 
les  bouteilles.  Le  Bouscat  (Gironde). 

Dufouro,  négociant  armateur,  61,  rue  de  Rivo- 
li, Paris. 

Duhotoy  (Vve),  fabricant  de  voitures  d'enfants, 
115,  rue  Saint-Maur,  Paris. 

Dumont  et  Gie,  manufactures  d'orgues.  Les 
Andelys  (Eure). 

Dunaud,  propriétaire,  viticulteur,  RIozat  (Al- 
lier). 

Duperrat  (flls),  entrepreneur,  8,  rue  Gharles 
Roy,  Nevers  (Nièvre). 

Dupont,  fabricant  de  fauteuils  mécaniques 
pour  malades  et  blessés,  10,  rue  HautefeulUe, 
Paris. 

Duprat  et  Cle   (Georges),  négociants,  commis- 
sionnaires,  exportateurs  en  vins  et  liqueurs, 
102,  boulevard  de  Gauderan,   Bordeaux  (Gi-   | 
ronde). 

Dutilh  (Pierre),  propriétaire  viticulteur, 
Puyoo  (Basses-Pyrénées). 

Dye.  constructeur  de  machines  pour  tissus 
métalliques,  Issoire  (Puy-de-Dôme). 


Edeibero,  fabricant  d'instruments  de  physi- 
que, Knarkofl*  (Russie). 

Eqpot,  constructeur  de  chaudronnerie,  23,  rue 
Mathis,  Paris. 

Ehrenspepger.  fabricant  d'articles  de  voyage, 
23,  cours  de  l'intendance,  Bordeaux  (Giron- 
de). 

Eliaers,  fabricant  de  fauteuils  et  voitures  mé- 
caniques, 96,  boulevard  Beaumarchais,  Pa- 
ris. 


» 


USTE  GÉNÉRALE  DES  «EttBRES  DE   IX  SOCIÉTÉ. 


30 


BHott,  fabricant  de  grfllQffes  mécaniques, 
Borael  (Oise). 

EnglUh,  fabricant  d'aiguilles,  Reddltcli  (An- 
o'ielerre). 

EtpTbé^,  distillateur,  43,  rue  Bayard,  Tou- 
louse (Haute-Garonne). 

CsMitl  yils),  distillateur,  24,  rue  Gliarles  Mon- 
selet,  Nantes  (Loire-Infôrieure;. 

Estevay  Oliiv«r,  fabricant  de  conserves  alimen- 
taires, 8ocorro,  46,  Palma-Mallorca,  Iles  Ba- 
léares (Espagne). 

Estignard,  fabricant  de  beurres,  Jonzac  (Gha- 
rente-lDfèrieure).  , 

EtBhél>enry,  constructeur  d'instruments  de  pe- 
lage, 23,  rue  Serviez, Pftu  (Basses-Pyrénées). 

EjrHaiid  des  Vergnes,  inspecteur  général  des 
PoQts  et  Chaussées,  102,  boulevard  Hauss- 
man,  Paris. 


Fabre,     minotier,     Saint-Satuiin-lès-Avignon 

(Vaucluse). 
PaTnsteYn,  professeur  de  mnémotechnle,  Eka- 

terininskala  oulitsa  n*  28.  Kb.  n*  22,  maison 

Aktarow,  Odessa  (Russie). 
Fallet,  lieutenant-colonel  en   retraite,  viticul- 
teur, Médéah  (Algérie). 
Fercot,   constructeur  mécanicien,    Port-Sainl- 

ûiien   (Seine). 
Faecio,   constructeur  d'appareils  de  chauffage, 

&i,  rue  Paradis,  Marseille  (Bouches-du-Hhô- 

ne). 

Fauoonnier  (François),  directeur  de  la  fabri- 
Que  de  produits  céramiques,  Maubeuge 
(Nord). 

Wmur^  (Edouard),  propriétaire,  négociant  en 
nachines  agricoles  et  engrais,  8  cours  d'Al- 
sace- Lorraine,  Bordeaux. 

Fmfrmmu  (Ernest),  distillateur  à  Ghatellerault, 
(Vienne). 

Fajraud,  propriétaire,  agriculteur,  Sidi-Bel- 
Abbès  (Algérie). 

Femandez-Oomaz  (Luis),  propriétaire,  viticul- 
teur Santa  Domingo,  23,  San-Lucas  de  Bar- 
rameda,  province  de  Cadix  (Espagne). 


(Henri),  propriétaire-viticulteur,  61, 
quai  des  Gharirons,  61,  Bordeaux. 

Fei>ry,  pharmacien,  6,  rue  de  la  Gare,  Vesoul 
vHaute-Saône). 

Ferry,  entrepreneur  de  travaux  publics,  19, 
place  de  la  Banque,  Dijon  (Gôte-a'Or). 

rWmt,  mécanicien^rthopédiste,  1, 3,  rue  Ghau- 
rain,  Nice  (Alpes- Maritimes)» 

Flamiwiier,  mécanicien,  directeur  des  usines 
de  H.  £.  Méric,  Pinto,  près  Madrid  (Espa- 
gne). 

Fleary,  négociant  en  vins,  Tours  (Indre-et- 
Loire). 

Florenoe.  peintre  verrier,  35,  rue  de»  Ursuli- 
nes,  à  Tours  (Indre-et-Loire). 

FMitefia,  imprimeur,  27,  rue  d'Orléans,  Alger 
Algérie). 

Forestier,  fabricant  de  serrurerie,  Yalines 
Somme). 

Femet,  fabricant  de  bijouterie-Joaillerie,  Bourg- 
en-Bresse  (Ain). 

Fertiii,  manufacture  de  papiers  et  toile  à  polir, 
34,  rue  Sedaine,  Paris. 


Fortin,  fabricant  de  feutres,  usines  de  la  Ma- 
rotte, Giermont(Oi8e). 

Fougeron,  fabricant  de  pâtes  et  terrines  d'a- 
louettes, Pithiviers  (Loiret). 

Fournier,  fabricant  de  coflfres-forts,  6,  rue  Lul- 
ly,  Marseille  (Bouches-du-Bhône). 

Fraisée,  Bruogeret  Ole,  teinturerie  et  lavage 
chimique,  Morat,  Fribourg  (Suisse). 

Fraitoq,  ingénieur,  constructeur  de  locomoti- 
ves sans  foyer,  92,  avenue  dléna,  Paris. 

Frank,  reliure  électrique,  13,  rue  des  Petlts- 
Garreaux,  Paris. 

Frère  (Georges),  fabricant  d'enveloppes  de 
bouteilles,  Pessac  (Gironde). 

Fretin,  manufacture  de  chaussures,  64,  rue  de 
Rennes,  Paris. 

Fritsch  (Jean-Préderlo),  négociant  en  vins  et 
spiritueux,  15,  avenue  du  Parc,  Le  Bouscat 
(Gironde). 

Fryet  fils,  fabricant  de  chocolats,  12,  Union 
Street,  Bristol  (Angleterre). 


Qabory  fils,  architecte  diplômé,  membre  de  la 
Société  nationale  des  architectes  de  France, 
16,  rue  d'Orléans,  Nantes  (Loire-Inférieure). 

Qaday,  négociant  en  ganterie,  5,  rue  Vauban, 
Grenoble  (Isère). 

Qadeaude  Kervllle,  fabricant  de  plaques  et 
rubans  de  cardes,  rue  Dupont,  5, 7,  Rouen 
(Seine-Inférieure). 

Qalllao,  négociant  en  vins  et  spiritueux,  161  et 
163,  rue  du  Jardin  public,  Bordeaux  (Gi- 
ronde). 

Qailly,   tanneur  corroyeur,  Romans  (Drôme). 

Qalante,  ancien  fabricant  d^instrnments  de 
chirurgie,  142,  boulevard  Saint-Germain,  Pa- 
ris. 

Oallet,  fabricant  de  coflTres-forls,  66,  boulevard 
Magenta,  Paris. 

Qaroia-Royo  (José),  société  hygiénique  phar- 
maceutique, Valence  (Espagne). 

Garcia  Pèrex  et  fils,  propriétaires  récoltants 
et  exportateurs  dé  vins,  à  Xeres-de-Ia-Fron- 
tera,  Andalousie  (Espagne). 

Qariel,  constructeur  d'instruments  d^apicul- 
ture,2  ter,  quai  de  la  Mégisserie,  Paris. 

Oarric,  négociant  ec  vins,  Layrac  (Lot-et-Ga- 
ronne). 

Qarriga,  négociant,  Galle  de  la  Heina,  45,  Ma- 
drid (Espagne). 
Qaumont,  assureur  maritime,  32,  rue  Belle- 
fond,  Paris. 

Gauthier  Lestlenne  et  Oie,  carrières  et  scie- 
ries de  pierres,  Soignies  (Belgique). 

Qautreau,  constructeur  de  machines  agricoles, 
Dourdan  (Seine-et-Oise). 

Qetsier,  fabricant  de  papiers,  aux  Ghatelles 
par  Raon-l'Ëtape  (Vosges). 

Qélin,  fabricant  d'horlogerie,  Montbéliard 
(Doubs). 

Qéiineau  (le  docteur),  15,  rue  d'Aumale,  Paris. 

Qennadius,  inspecteur  d'agriculture,  Athènes 
(Grèce). 

Qérard  (le  docteur),  14,  rue  d'Amsterdam, 
Paris. 

Qéraudel,  pharmacien,  Ste-Menehould  (Marne). 

Qianaclls,  fabricant  de  cigarettes,  rue  de 
Mousici,  le  Caire  (Egypte). 


31 


JOURNAL  MSN8UKL  DR  L'ACADÉMIE  NAÎlOriALB. 


32 


Qilbept,  mécanicien,  Loudun  (V^®^^^)- 

Oillet  «t  fils,  teintureries,  9,  quai  de  Serin, 
Lyon  (Rhône). 

Qiilet,  fabricant  de  cires  et  cierges,  Grand- 
Lucé  (Sarthe). 

Qimaux-Saoohsttl,  propriétaire-directeur  des 
Sources  d'Eaux  minérales,  Bully-les-Bains 
(Rhône). 

Qirard-Psrregaux.  fabricant  d'horlogerie, 
Cbaux-de-Fonds  (Suisse). 

Oiraïad,  parfumeur  distillateur,  avenue  Sainte- 
Lorette,  Grasse  (Alpes-Maritimes). 

Qiron  frères,  rubans  et  velours,  11,  me  Royale 
Sainte-£tienne  (Loire). 

Qlafsy,  fabricant  de  veilleuses,  Nurnberg  (Al- 
lemagne). 

Oobort,  directeur  de  la  pharmacie  centrale, 
26,  rue  Esquermoise,  Line  (Nord). 

Qodard,  fabricant  de  Icirsch,  Aillevillers 
(Haute-Saône). 

Qodard-Vasseup,  négociant  en  vins«  proprié- 
taire, 87,  rue  du  Bardâtre,  Reims  (Marne). 

Qodefroy,  fabricant  de  beurre,  Orbiquet  (Cal- 
vados). 

CkMlet,  serrurier-constructeur,  269,  rue  Salnt- 
Honoré,  Paris. 

Qoldfein  (John),  photographe.  Kinechma,  gou- 
vernement de  Kostroma  (Russie). 

Qolliaz,  pharmacien,  Morat  (Suisse). 

Oolly,  constructeur  fondeur,  Saint-Dié  (Vos- 
ges). 

Qofidy,  fabricant  d'horlogerie,  Bes?nçon 
(Doubs). 

QoppsUpcBdep  (docteur),  professeur  de  scien- 
ces chimiques,  Mulhouse  (Alsace). 

Ooras#,  (frères),  manufacture  de  broderies. 
Cordes  (Tarn). 

Ooaohier,  et  Cie,  fabricants  d'horlogerie, 
Bienne  (Suisse). 

Oosteau,  fabricant  de  grils,  28,  rue  de  l'Entre- 
pôt, Paris. 

Qoupdè,  fabricant  de  boutons  en  papier,  30 
rue  Moret,  Paris. 

Qourdon  (Vve).  manufacture  de  lainages,  3, 
rue  de  Sainte-Marie-des-Terreaux,  Lyon 
(Rhône). 

Oourdot,  gérant  de  la  Société  den  usines  de 
Vlllars  (Vosges). 

Ooussard  ûls,  fabricantde  couleurs  et  vernis, 
5^  rue  delà  République,  Montreuil (Seine). 

Gouttière,  facteur  de  pianos,  47,  rue  de  Baby- 
lone,  Paris. 

Ooyard.  fabricant  de  creusets  réfractaires,  42, 
rue  Alexandre  Dumas,  Paris. 

Qranddemange.  (G),  Ingénieur,  constructeur, 
83,  rue  Saint-Maur,  Paris. 

Qrandalre.  fils  fabricant  de  bourrelets  métal- 
liques, 37,  rue  Jacques -Fauquet,  Boibec  (Sei- 
ne-Inférieure). 

Qreaves,  ingénieur,  fabricant  de  machines 
agricoles,  Berdiansk  (Russie). 

Qreffler  fils,  fabricant  de  produits  chimiques, 
avenue  de  la  Moite-Piquet,  58  bis,  Paris. 

Grenier,  fabricant  d'appareils  pour  Téclai- 
rage  au  gaz,  15,  faubourg  Montmartre,  Paris. 

Grillot,  fondeur-constructeur,  62,  rue  Ober- 
Icampf,  Paris. 

Qrebet,  fabricant  de  limes,  Vallorbes  (Suisse). 


Qrose,  négociant  en  vins  et  spiritueux,  Goa- 
henans  (Haute-Saône). 

Qroeeelln  (père  et  fils),  constructeurs-mécani- 
ciens, Sedan  (Ardennes). 

Groeeot,  fabricant  d'appareils  de  chauffage, 
45,  faubourg  du  Temple,  Paris. 

Groeepletsoh,  fabricant  de  pianos,  Konig- 
Strnsse  11  (passage),  Breslau (Allemagne). 

Qrual,  relieur,  418,  rue  Saint-Honoré,  Paris. 

Qriînberg,  fabricant  de  meubles,  Vassili  Os- 
tror,  17-  ligne,  n*  54,  Saint-Pétersbourg  (Rus- 
sie). 

Quénot,  fabricant  de  produits  chimiques,  au 
Creuset  (Saône-el- Loire). 

Quérault-Qodard,  cultivateur,  Père-Champe- 
noise (Marne). 

Quéret  frères,  fabricants  d'appareils  pour  eaux 
gazeuses,  72,  boulevard  de  la  Gare,   Paris. 

Quartin  père  et  flls,  liquoristes.  Sablé  (Sar- 
the). 

Giallbert-Martln,  chimiste  verrier,  20,  rue  Ge- 
nin,  Saint-Denis  (Seine). 

Quillabert  frères,  fabricants  de  bouchous  et 
spécialités  en  liège,  Seillans  (Var). 

Gylllard,  entrepreneur  d'installations  d*écu- 
ries  et  de  selleries,  avenue  Mac-Mahon,  Pa- 
ris. 

Gulllon  (Claude),  directeur  de  la  société  des 
huiles  immuables.  Salon  (Bouches-du-Rhô- 
ne). 

Gulllon  fila,  professeur  de  trait,  Romanèche- 
Thorins  (Saône-et-Loire). 

Quyanat.  ingénieur  constructeur,  83,  boulevard 
Magenta,  Paris. 

Quyet,  propriétaire,  15,  boulevard  du  Temple. 
Paris. 

Guyot,  NInares  et  Ole,  négociants  en  cafés, 
13,  rue  de  la  Faïencerie,  Nancy  (Meurthe-et- 
Moselle). 

Qwynne  (John  et  Henrv),  constructeurs  de 
pompes,  Hammersmith  Iron  Works,  Lon- 
dres w.  (Angleterre). 


H 


Haae  (et  flls),  fabricant  de  tapis.  Vienne  (Au- 
triche). 

Haf ner,  médecin-dentiste,  Agram  (Autriche). 

Haggipavvlu  et  File  (Crist),  propriétaires  et 
négociants  en  vins,  Limassol  (île  de  Chy- 
pre). 

Hallalre,  33,  rue  Saint-Jacques,  Paris. 

Heller  flls,  distillateur,  NeufchAtel  (Suisse). 

Haquet,  fabricant  de  chicorée,  101,  rue  d'Arras 
Lille  (Nord). 

Hardon,  ingénieur  des  arts  et  manufactures, 
agriculteur,  viticulteur,  122,  avenue  des 
Champs-Elysées,  Paris. 

Haiaton,  fabricant  du  Brillant  Oriental,  Saint- 
Nazaire-sur-Loire  (Loire-Inférieure). 

Henricet  (Henri),  pharmacien-chimiste  prépa- 
rateur du  papier  Pruneau  contre  Tasthme, 
Nantes  (Loire-Inférieure). 

HeinHohe,  mécanicien,  Hodimont,  Vorviers 
(Belgique). 

Henry,  constructeur  d'instruments  agricoles, 
Béziers  (Hérault. 

Henry,  constructeur  mécanicien,  Rosnay- 
Lhôpital  (Auiie). 


33 


LISTE  GHINICUALK  Dfô  MRMBRKS  DE  LA  SOCIKTK. 


34 


K,  fabricant  de  briques,  Santa-Tecla 
'.Salvador). 


i,  fabricant  d'étoffes  pour  ameublement, 
^l,per8DecUvede  Newskl,  Saint-Pétersbourg 
(Russie). 

HeMelink  frères,  exportateurs  de  vins,  Marie- 
straal  P.  20,  Anahem  (Pays-Bas). 

Hkrt,  fabricant  de  pompes  rotatives,  120,  fau- 
bourg Saiot-Martin,  Paris. 

Hisinper  (le  baron  de),  propriétaire  des  forges 
de  billnaes  (Russie). 

Honig,  constructeur  do  pompes,  Cologne  (Al- 
lemagne). 

HÊ0Br  et  KUntzel,  fabricants  d'appareils  collec- 
teurs de  poussières,  11,  Âlemengasse,  Bâle 
(Suisse). 

Nsteult,  fabricant  de  velours,  président  du 
Tribunal  de  Commerce,  Amiens  (Somme). 

Hiokel,  pharmacien,  Héricourt  (Haute-Sa6ne). 

H»ë,  facricanl  de  baromètres  métalliques,  79, 
rue  des  Gravilliers,  Paris. 

Haguenin,  négociant  en  liqueurs,  12,  rue  Oli- 
vettes, Nantes  (Loire-Inférieure). 

Hummelinok,  fabricant  de  lait  conservé,  à 
Vlaardiugen  (Hollande). 

Htfntknf  et  Palmers,  fabricants  de  biscuits  9, 
Road  Lane  Reading  (Angleterre). 

Hirlimenn,  brasseur,  £nge  (Suisse). 

Harlot  (Gustave),  fabricant  d*or  en  feuilles,  10, 
rue  Cbàteau-L^andon,  Paris. 

Ketiffiet,  imprimeur,  13,  avenue  Parmentier, 
Paris. 

I 

Imbert,  ex-vice-président  de  la  République 
dominicaine  a  Puerto-Plata,  République  do- 
minicaine (Antilles) . 


Jaoquemin,  chimiste-microbiologiste,  39,  pla- 
ce Carrière,  Nancy  (Meurthe-et-Moselle). 

Jacques,  Saiaoa  at  Cia,  fabricants  de  produits 
pour  la  fabrication  des  papiers  peints,  123, 
boulevard  de  Charoiine,  Paris. 

Jaa«(owalci,  professeur  de  tenue  de  livres,  Ri- 
ga (Russie). 

iannel  (Ulysse),  ingénieur  constructeur,  Mar- 
tin velle  (Vosges). 

Jarry  (Jean),  distillateur,  à  La  Chapelle-Bas- 
se-Mer  (Loire-Inférieure) . 

Jeatpzebski,  16,  rue  Saint-Jean,  Cracovie  (Au- 
triche) . 

Jaen  (Jules),  directeur  du  Comptoir  agricole 
des  Alpes,  rue  Carnot,  à  Gap  (Hautes-Al- 
pes). 

Jaanneret.  fabricant  de  chapeaux  de  paille, 
NeufchAtel  (Suisse). 

Jaaudonfieno,  fabricant  d'ouvrages  et  bijoux 
en  cheveux,  passage  du  Havre,  39,  41,  -13, 
Paris. 

Jeaner,  industriel,  76,  faubourg  Saint-Martin, 
Paris. 

Jahel  fila  atné,  négociant  propriétaire,  2,  rue 
Arago,  Alger  (Algérie). 

Joeffine,  fabricant  de  liqueurs,  55,  57,  Quai  de 
laTournelle,  Paris. 

JabradeaiiK,  maréchal-ferrant,  10,  rue  de  la 
Mairie.  Ivry  (Seine). 


Jordan  (Fritz),  pharmacien,  Neufchàtel  (Suis- 
se). 

Jouanin,  dentiste,  3,  rue  Girodeau,  Moulins 

(Allier). 
Joué  (ûls),  distillateur,  Saint-Laurent-de-la-Sa- 

lanque  (Pyrénées-Orientales). 
Joya,  constructeur-mécanicien,  cours  Berriat, 

Grenoble  (Isère). 
Julien,  négociant  en  liqueurs,  Lavaur  (Tarn), 
Julien,  fabricant  de  matériel  d'imprimerie,  30, 

rue  de  Launoy,  Porte  de  Ninove,   Bruxelles 

(Belgique). 
Jua,  ingénieur.   Bat na  (Algérie). 


Kahn  frèraa  et  Blooh,  fabricants  de  limes, 
l'>2,  rue  de  Strasbourg,  Nancy  (Meurthe-et- 
Moselle). 

Kaps  (Eugène),  facteur  de  pianos,  Seminars- 
lresse,U,  15, 16,  Dresde  (Allemagne),' 

Kapa  (William-Ernest),  facteur  de  pianos,  Sé- 
minarstrasse,  Dresde  (Saxe). 

Karpace  fMoïse),  fabricant  de  terre  réfractai- 
re  épurée,  Ëkaterinoslav  (Russie). 

Karpov  (Madame),  modes  et  confections  pour 
dames,  larosiav  (Russie). 

Kinaman  at  Cla,  fabricants  de  mèches  de  sû- 
reté, Seyssei  (Ain). 

Klalber,  (llateur  de  laines,  Obwodni  canal  128, 
Saint-Pétersbourg  (Russie). 

Kooh,  f!Of:flseur  glacier,  au  Pont-du-Rhin,  Bâ- 
le (Suisse). 

KodJoYantz,  fabricant,  d.orfèvrerie,  négociant 
de  2*  guilde.  Vladikavlcaz  (Russie). 

Koerting  frères,  ingénieurs-constructeurs,  20, 
rue  delà  Chapelle,  Paris. 

Kohlap  (les  fils  d'Amédée),  fabricants  de  cho- 
colats, Lausanne  (Suisse). 

Konohine  (de  ),  de  la  Société  des  manufactu- 
res N.  N.  Konchineà  Serpoukhow,  gouver- 
nement de  Moscou  (Russie). 

Kopiowaki,  fabricant  d'objets  en  marbre,  Ra- 
vel (Russie). 

Kratz-Bouaaao,  négociant,  3,  rue  Saint-Lau- 
rent, Paris. 

Krouming,  fabricant  d*engrais,  Liban,  gouver- 
nement de  Courlande  (Russie). 


Laaa.  imprimeur-lithographe,  16,  rue  Pierre- 
Levée,  Paris. 

Lao  (DoiUeur  du),  propriétaire  agriculteur, 
Château-de-la-Gauphlne.  par  Casouls-les- 
Béziers  (Hérault;. 

Laohanai  (Charles),  fabricant  d'instruments 
de  précision,  5,  rue  Fontenelle,  le  Havre 
(Beioe-Inférieure). 

Laoou  (.lean),  publiciste  et  inv^^nteur-mécani- 
cieii,  rours  d'Aquitaine,  21,  à  Bordeaux. 

Laoroix,  ariiflcier,  3'^,  rue  Rempart-Mantabiau» 
Toulouse  (Haute-Garonne). 

Laopoix,  chimiste,  fabricant  de  couleurs  vitri- 
flables,  186.  avenue  Parmentier,  Paris. 

Lafnte  at  Cia,  fabricants  de  plaques  et  pou- 
dre à  souder  le  fer,  102,  avenue  Parmentier, 
Paris. 

Lafnte  et  Cia,  négociants  en  eau-de-vie,  Cou- 
tras  (Gironde). 


35 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L  ACADÉMIE  NATIONALE. 


36 


l-aforg«  (Lôon-Maisoadieu),  dIsUUaieur  à 
Mouzaïaville,  département  d'Alger. 

L«g«ohe,  conQseur,  1,  rue  des  Petits- Champs, 
Paris. 

La  J9MM#  (Saint-Blme),  agent  maritime,  88 
bis,  boulevard  de  Latour-Maubourg,  Paris. 

UiMUr.  fabricant  de  chocolats,  85,  rue  de  Ri- 
voli, Paris. 

Lanotlot  «t  Ole,  pharmaciens  chimistes,  11 
bii,  rue  du  Conservatoire,  Paris. 

Landry  Jeune,  négociant  en  vins  et  vinaigres, 
Barvllfe  (Loiret). 

Langlols,  entrepreneur  de  travaux  publics, 
Acquigny  (Eure). 

Laniel  père  et  flls,  manufacture  de  toiles,  Vi- 
moutiers  (Orne). 

Lanine,  fabricant  de  vins  mousseux  et  de  li« 
monades,  près  du  pont  Moskvoretslc,  Mos- 
cou (Russie). 

Lapaasat,  fabricant  de  papiers  à  cigarettes, 
rue  du  Four-Saint-Jacques,  35,  Perpignan 
(Pyrénées-Orientales). 

Laporta  (Jean-Romain),  fabricant  de  biscuits 
de  luxe,  à  Règles,  Bordeaux  (Gironde). 

Lapp,  fabricant  de  farine  lactée  et  de  lait  con- 
centré, Fribourg  (Suisse). 

Larooha  Baiaohet,  papetier,  64,  place  du  Théâ- 
tre, Lille  (Nord). 

Laatio  (comte  de),  propriétaire  de  vignobles, 
Meillard,  par  Châtel-de-Neuvre  (Allier). 

Latour-Daury  (Armand),  imprimeur,  éditeur, 
0,  place  du    Progrès,  Ciney  (Belgique). 

Lauglap,  distillateur,  place  Grenette,  Grenoble 
(Isère). 

Laupent-Calaa,fabrioant  de  ferrures  pour  voi- 
tures, Bogny-sur-Meuse  (Ardennes). 

Laupéoux,  fabricant  de  robinets,  84,  rue  d'An- 
goulème,  Paris. 

Lauvin,  distillateur,  118,  boulevard  de  Stras- 
bourg, Le  Havre  (Sein«-Inlérieure). 

Lavion,  fabricant  de  cadenas  de  sûreté,  38, 
rue  Rébeval,  Paris. 

Law  (Samuel)  and  Sons,  Limited,  fabricants 
de  cardes  montées  sur  plaques  et  rubans 
Moorland  Mills  Cleckheaton  (Angleterre). 

Leblano-Winokler,  marchand  de  fers,  cons- 
tructeur, Altkirch  (Allemagne). 

Laborgne,  fabricant  de  tapis  et  étoffes  pour 
ameublement,  Lannoy  (Nord). 

Le  Calianneo,  constructeur-mécanicien,  Lan- 

derneau  (Finistère). 
Leoat,  fabricant  de  savon  minéral,  Maisons- 

Alfort  (Seine). 

Leoiaira,  exploitant  de  carrières,  Montrenil- 
sous-Bois  (Seine). 

Leoornii,  constructeur-mécanicien,  114,  rue 
Oberkampf,  Paris, 

Lefebvpe  (Isidore),  propriétaire,  producteur, 
spécialité  de  fromages  de  Neufchatel,  Nesle- 
Hodeng,  par  Neurchûtel-en-Bray  (Seine- 
Inférieure). 

Lefebvpe,  fabricant  de  céruse,  4,  rue  Alain - 
de-Lille,  3.  Lille  (Nord). 

Lego,  constructeur,  mécanicien  fondeur,  ave- 
nue de  Paris,  Le  Mans  (Sarthe). 

Legrand-Baboye,  fabricant  de  chicorée  et 
glands  doux,  Fresne  (Nord). 

Legria,  négociant,  89,  rue  des  Chantiers,  Ver- 
sailles (Selne-et-Oise). 


Lahut,  constructeur  de  freins  à  pression  auto- 
matique, 46,  rue  Billancourt,  Auteuil,  Paris. 

Laleii  et  Liévana,  gravures  sur  verre,  114, 
boulevard  de  la  Liberté,  Lille  (Nord). 

Lemaltre,  fabricant  de  voitures,  rue  de  la  Ga- 
re, Alençon  (Orne). 

Léonardt  et  Ole,  fabricant  de  plumes  métalli- 
ques, 100,  Charlotte  Street,  Birmingham 
(Angleterre). 

Lapage,  fabricant  de  draps,  4,  faubourg  de  la 
Cassine,  Sedan  (Ardennes). 

Lépreux,  fabricant  de  plumes  métalliques,  38. 
rue  de  la  Gare,  Boulogne -sur-Mer  (Pas-de- 
Calais). 

Leriohe,  fabricant  de  coffres-forts  et  serrures, 
62,  boulevard  de  Strasbourg,  Paris. 

Leapine,  propriétaire,  Saint-Bstèphe  (Girou- 
de). 

Laaiaut  flls,  fabricant  de  produits  résineux, 
place  Belcier,  Bordeaux  (Gironde). 

Leatrade,  10,  rue  de  la  Neva.  Paris. 

Leaueup,  entrepreneur  de  travaux  publics, 
Djebel-Stora  (Algérie). 

Levainvllle  et  Rambaud,  fabricants  de  cou- 
leurs et  vernis,  14  et  16,  rue  du  Parc- Royal, 
Paris. 

Levy,  imprimeur  lithographe,  Epernay  (Mar- 
ne). 

L*tiéHtiep-QMyot.  négociant,  Dijon  (Gôte-d'Or). 

Lhotelain,  négociant  en  produits  alimentaires 
97,  rue  Saint- Lazare,  Paris. 

Liiienthal,  professeur  de  sciences  commercia- 
les, rue  Dolgoroukov,  maison  Finoguenov, 
Moscou  (Russie). 

Lippmann,  ingénieur,  36,  rue  Chabrol,  Paris. 

Lobin  flls,  constructeur-mécanicien,  à  Aix 
(Bouches-du-Rhône). 

Loohet  atné  et  De  Bertrand,  fabricants  de  col- 
liers pour  chiens,  19?,  rue  Saint-Maur,  Paris. 

Loir,  fabricant  de  ouates  et  cotons  cardés, 
Coëroont  (Sarthe). 

Luoet-Fleury,  négociant,  Orléans  (Loiret), 

Liiglian- Leroy,  propriétaire,  au  château  de 
Roubers-sur-Canches,  par  Frévent  (Pas-de- 
Calais). 

Lueoan  (Alexandre),  manufacturier,  fabricant 
de  gazes  en  soie  pour  blutage,  à  Blajan 
(Haute-Garonne). 


M 


Magnier  atné,  fabricant  de  laines  à  tricoter, 
Rosoy  (Haute-Marne). 

Magot,  fabricant  de  limes  et  scies,  Vesoul 
(Haute-SaAne). 

Maître,  Fonclauae  et  Cle,  fabricants  d'instru- 
ments de  musique,  81,  rue  Saint-Maur,  Pa- 
ris. 

Majeaté,  imprimeur  lithographe,  Châteauroux 
(Indre). 

Makarov,  marchand  tailleur,  laraslav  (Russie). 
Maquaire,  31,  boulevard  de  Montmorency,  Pa- 
ris. 

Marc  et  Colouble,  exploitants  de  scieries  mé- 
caniques, Prechac  (Gironde). 

Marchand,  fabricant  de  produits  réfractaires,et 
de  machines  à  içraver  au  Jet  de  sable,  12t>. 
route  de  la  Révolte,  Saint-Denis  (Seine). 


87 


USTE  GÊNKRâLB  DBS  MEMBRES  DE  L\  SÛClèrÊ. 


88 


■arohand  frères,    fabrioant   d'huiles,    Dun- 
kerque  (Nord). 

■apoMar,  pharmacien  chimiste,  Pouzin  (Ar- 
dèche). 

■aplat  fils,  fabricant  de  cirages  et  de  peintu- 
res, Entrains  (Nièvre). 

■arqaiaa,  fabricant  de   crayons,  Saint-Paul- 

en-Jarret  (Loire). 
■arraii,  fabricant  de  serrurerie  artistique,  59, 

rue  Saint-Nicolas,  Rouen  (Seine-Inférieure). 
■arti     (Fritx),     constructeur-mécanicien,     et 

fiégociant  en   machines   agricoles,  Winter- 

thur  (Suisse). 

■jptin   carrossier  sellier,  fô,  Port-Saint-Jean, 
Biois  (Loir-et-Gher). 

■■Pthi,  négrociant  en  liqueurs,  Pont-dc-Vaux 
lAiQ). 

■ai-tiR,  Maitia  et  HabeHand,  fabricants  d'es- 

sieax,  Pont-sur-Sambre  (Nord). 
■ai^net,  fabricant  d'huiles,  52,  boulevard  des 

Dames,  Marseille  (Bouches-du-Rhône). 
■aptiiiovaky,  propriétaire,  Wosnessenak,  ffou- 

vernemant  de  Kherson  (Russie). 


^.  J^T.W,'*^™^)  fils,  fabricant  de  faïences 
dart,  VaUauris  (Alpes-Maritimes). 

■atignoa,  banquier,  négociant.  Cognac  (Cha- 
rente). ^ 

Vatfla  frères,   fabricants    d'horlogerie,  9,  rue 

Saint- Pierre,  Besançon  (Doubs). 
■atila  (Paul- Ali),   propriétaire,  éleveur  à  la 

ferme  modèle  et  grande  laiterie  de  Montfa- 

vct,  près  Avignon  (Vaucluse). 

■^^     constructeur-mécanicien,     JoinviUe 
(rlaute-Marne). 

"J?**^^**^    (de),  agriculteur,  propriétaire 

dasines,  Evora  (Portugal). 
■aagin^  ingénieur-constructeur,  30,  rue  Bas- 


«V  SettTelilSrn'e').'''  ''""'''^  ''  ''''  ^'^ 

■^'SÏbeT^d^'^ïô^^^^^   ^'   '^'"^^'^  ^«^^^'1^« 

^•nlf  ^Pnn?  r  Ifi*  ®^^^"%  ^«^  *a  Palme,  9. 
Ga^onne)^  "^^  Toulouse  (Haute- 

"!^"'  viticulteur  à  8ainl-Philippe-d' Aiguil- 
le (Gironde),  par  CastiUon  (Dordogne). 

"ffr??**  •*  ^'^  fabricants  de  sacs  en  papiers 
thl^l-XseUer^^     ^^^"*"''"^^^ 

"^l!l*ÎV^^'^5'*f  "**  ®*  minoUer,  161,  Preteria 
(République  Sud- Africaine).  ''^«'^«r»» 

"^mVSf f'^'in^R/"  ^^^'^^Pi  P^«c«  du  Gouver- 
nement s.  la  Régence,  Alger  (Algérie). 

■éoa^a,  banquier,  4,  rue  de  Naples,  Paris. 

"K  si?tte\itiSir*'*^'''''  ''  '"'  ''*'• 

"(OuST  **  ^'*'    ^a*>rtcant  de   sucre,  Bresles 

"SSÎt**  tt?'*^"^^^^*^Sî^  ®»  v»n8»  château  de 
Pékin,  près  Epernay  (Marne). 

'^s,%r&Sw^tï''^"^^^      ^'  ^^  ^'"- 

"lîlîdri'ffls'^Sin^^^^^^^^  ''^  ^'  ^"^^^y^'' 

^^^^}r^[V'  oarossier,41,  rue  d'isle.  Saint- 
ynentin  (Aisne). 


Metaxa  (Spiridon.  A),  chef  de  delà  Maison  S* 
et  E.  Metaxa,  distillerie  d'eau-de-vie  de  vin, 
place  Carayscaky,  Le  Pirée  (Grèce). 

Métayer,  négociant,  usine  de  Saint-Gyr,  Ren- 
nes (Ule-et- Vilaine). 

Maylan,  fabricant  d'horlogerie,  au  Sentier 
(Suisse). 

Michaud,  distillateur,  rue  de  Piffoux,  à  Cha- 
tellerault  (Vienne). 

Mikaïlov  fabricant  d'appareils  de  ventilation, 
coin  de  la  perspective  Kiinsky  et  de  la  Ve- 
reiskaya,  Saint-Pétersbourg  (Russie). 

Mikaïiofr,  et  fils,  tissus  de  laine,  Moscou  (Rus- 
sie). 

Minières,  château  de  Frinestes,  Nérac  (Lot-et- 
Garonne). 

Moaganet.  fabricant  de  vermouth,  Yenne  (Sa- 
voie). 

Moniar  (Victor),  négociant  en  cuirs.  Juge  au 
tribunal  de  commerce  d'Oran,  6  et  8,  rue  de 
Gênes,   à  Oran  (Algérie). 

Monin  (docteur),  40,  rue  de  Luxembourg  (Pa- 
ris). 

Monlotte,  fondeur  mécanicien,  Dôle  (.Fura). 

Monna  statuaire,  23,  rue  Saint-Etienne,  Tou- 
louse (Haute-Garonne). 

Monnet,  (Jean -Gabriel),  propriétaire,  négo- 
ciant en  eau-de-vie,  (Jognac  (Charente). 

Montandon,  constructeur  de  machines  agrico- 
les, Vernon  (Eure). 

Moquet-Leaage,  conflturerie  de  Saint-James, 

7,  rue  Saint-Gilles,  Paris. 

Moraléa,  directeur  de  l'usine  de  la  Gie  Colo- 
niale, Pinto  (Espagne). 

Moreau,  docteur  médecin  à  Saint-Jean-d'An- 
gle,  par  Saint-Agnant-en-Maris  (Charente- 
Inférieure),  f 

Moral,  vice-consul  de  Perse,  84,  rue  Dauben- 
ton,  Roubaix(Nord). 

MoMgeotte  aîné,  construoteur'*mécanicien,Me- 
lay  (Haute-Marne). 

Moulchine  (Stéphane),  tailleur  à  Ekaterinlwurg 
(Russie). 

Moussaau,  ingénieur  civil,  constructeur  de 
fours  perfectionnés  pour  la  boulangerie,  103, 
rue   Porte-Dijeaux,  Bordeaux  (Gironde). 

Mouaaet(Pierre),di8tinateur,  24,rue  Saint-Roch, 
Angouiéme  (Charente). 

Munler  (les  Fils  de  Ch.),  constructeurs,  25,  rue 
Grégoire,  Nancy  (Meurthe-et-Moselle). 

Marat  fabricant  de  bijoMX,  6,  rue  des  Archi- 
ves, Paris. 


Naayeret  Oie  (de),  manufacturiers,  Wille- 
broeck  (Belgique). 

Nasa  et  Haokmann,  distillateurs,  Belfort. 

Navarro  (Pedro),  propriétaire  agriculteur,  à 
Bel-Abbès  (Algérie): 

Naohiloh,  parfumeur,  Inventeur  de  divers  pro- 
duits chimiques,  17,  rue  Assaut,  Nice  (Al- 
pes-Maritimes). 

Nègre,  fabricant  de  fruits  confits.  Grasse  (Al- 
pes-Maritimes). 

Nahar  (Oscar)  et  Cia,  fabricants  d'amidons  et 
produits  dérivés,  Mels,  canton  de  Saint-Gall 

(Suisse). 

Nier,  négociant  (aux  Caves  de  France),  119, 
120,  Leipzigerstrass,  Berlin  W.  (Allema- 
gne). 


JOURNAL  MSN8UKL  DR  L'ACAOéMIB   NATIONALE. 


43 


Nieuwenhuys  Junior  et  Gie,  fabricants  de 
cons(frves  alimentaires,  Amsterdam  (Hollan- 
de). 

Noilly,  Prat  «t  Cie,  négociants,  boulevard  du 
Rhône,  Marseille  (Bouches-du-Rhône). 

Nordenfeit  (Thorsten  de)  .directeur  de  la  Socié- 
té Nordenrelt  pour  constructions  mécaniques 
î<,  rue  Auber,  Paris. 

Noiilet,  constructeur  mécanicien,  Hracque- 
génies  (Bel^que). 


Olivari  fils,  fabricant  de  pâtes  alimentaires, 
Aî,  quai  de  la  Place  d'armes,  Nice  (Alpes- 
Maritimes). 

Oor,  facteur  do  pianos,  50,  A,  rue  Neuve,  Bru- 
xelles (Belgique). 

Oudot-Arban,  aitiûcier.  boulevard  Pommerol, 
Lyon,  Brotteaux  (Rbône). 


Paooard  frères,  tourneurs  en  cuivre,  182,  bon* 
levard  de  la  Villette,  Paris. 

Panariou  fils,  labricants  de  poteries  et  de 
tuyaux  de  grès,  La  Borne  (Cher). 

Panchaud,  pharmacien,  Vevoy  (Suisse). 

Paquignon,  pharmacien, 15,  rue  de  Provence 
et  19,  rue  Drouol,  Paris. 

Paratidier,  ancien  inspecteur  générale  des 
ponts  et  chaussées,  38,  rue  des  Ecuries 
d'Artois,   Paris. 

Parénteau  atné  et  Lagrolet,  négociants  en 
vins  et  spiritueux,  15,  rue  Camille-Godard, 
Bordeaux  (Gironde). 

Parfonry,  sculpteur-marbrier,  62,  rue  Salnt- 
Sabin,  Paris. 

Paris  (Octave),  négociant  en  vins,  Dijon  (Côte- 
DOr). 

Passy,  fournitures  pour  horlogerie,  Thones 
(Haute-Savoie). 

Paul,  ingénieur  vlnicole,  constructeur  méca- 
nicien, route  de  Montpellier,  Cette  (Hérault). 

-Peupler  (Léonard),  fabricant  d'instruments  de 
pesage,  I  et  3,  rue  Stendhal,  Paris. 

Peupy  frères,  fabricants  de  carreaux. en  plâ- 
tre, 65,  67,  boulevard  de  la  Gare,  Paris. 

Pavlov,  fabricant  de  tissus,  Pereslavl-Zalcsky, 
gouvernement  de  Vladimir  (Russie). 

Pavy  frères,  fabricant  de  masques,  144,  rue 
Saint-Denis,  Paris. 

Pèoheux,  sculpteur,  fabricant  de  meubles  d*art 
61,  avenue  de  Wagram,  Paris. 

PelohI  (Chevalier  de),  directeur  général  de  la 
société  du  Lloyd  Autrichien,  l'rieste  (Au- 
triche). 

Peliti,  conûseur,  Calcutta  (Indes). 

Pelle,  ingénieur   chimiste,   Buffet  de  la  Gare, 

Le  Mans  (Sarlhe). 
Pelleouer,  fabricant  de  biscuits  chinois,  route 

d'Uzès,  Ntmes  (Gard). 
Pelletier,  fabricant  de  toiles  métalliques,  Con- 

nerré  (Sarthe). 


Pellisson  père  et  Cie,  distillateurs,  boulevard 
de  la  Gare,  Cognac  (Charente). 

Pérès,  négociant  en  vins,  11,  rue  d'Enghicn 
Bordeaux  (Gironde). 

Perin  frères,  constructeurs  de  clôtures  métal- 
liques et  de  béton,  Charleville  (Ardennes). 

Petit  et  Aroenoam,  fabricants  de  machines  à 
coudre,  104.  boi levard  Sébastopol,  Paris. 

Pfaendier,  fabricant  de  dentelles  et  de  linge- 
rie fine,  Rheineck  (Russie). 

Philippe,  aviculteur,  Houdan  (Seine-eUOise). 

Phlippon-Degois,  fabricant  de  bonneterie,  Ro* 
mllly-sur-Selne  (Aube). 

Picard  (les  fils  de  R.),  fabricants  d'horlogerie, 
24,  rue  Léopold-Robert,  à  Chaux-de-Fonds. 
(Suisse). 

Picard  (les  fils  de  Lèopold),  fabricants  de  cha- 

g  eaux  de  paille  et  de   feutre,  45,  47,  rue  d'A- 
ouklr,  Paris. 

Plerotti  fils,  fabrlcantde  chapeaux,  15,  Coun 
Belzunce,  Marseille  (Boucnes-du-Hhône). 

Plerscffi,  sculpteur  statuaire,  Vaucouleurs 
(Meuse). 

Pllion,  fabricant  de  cierges  et  bouges,  Cler- 
mont  (Oise). 

Pinchart-Deny,  Ingénieur  constructeur,  58, 
rue  Saint-Sabln,  Paris. 

PIrou,  photographe,  5,  boulevard  Saint-Ger- 
main, Paris. 

PIvetta,  2,  StradaSan  Glacomo,  Naples  (Italie). 

Planas-Macaya,  Ingénieur-mécanicien,  92,  Saa 
Pablo,  Barcelone  (Espagne). 

Platard,  marbrerie  artistique,  26,  me  Chariot, 
Paris. 

Piènaaud  atnè  (Jean-Albert),  exploitants  de 
carrières  et  fabricant  do  briques  et  toiles 
mécaniques,  chemin  de  la  Sauve,  à  Bor- 
deaux-Bastide. 

PloJoMx  (Marc),  fabricant  d'horlogerie  et  bi- 
jouterie, 30,  rue  du  Rhône,  Genève    (Suisse). 

Pogojev,  horticulteur-pépiniériste,  Godirrlews- 
ka)a  oulitsa,  propre  maison  à  Toulft< Russie). 

PohI.  fabricant  d'instruments  de  chirurgie, 
S'Gravenhage  (Hollande). 

Pcllard,  fabricant  de  produits  réfractaircs, 
59,  rue  du  Poteau,  Paris. 

Pcilet,  fabricant  de  tissus  de  genres  anglais, 
rue  de  Bradfort,  Tourcoing  (Nord). 

Popov  (Société  des  sur.cesseurs  de  Madame 
Veuve),  distillerie,  près  du  Grand-Pool-de 
Pierre,  Moscou  (Russie). 

Porcar  y  Tic.  fabricants  d'huiles  d'olive,  Bar- 
celone (Espagne). 

Portier  (Jean-Baptiste),  luthier,  21,  rue  Val- 
benoîte,  à  Saint-Etienne  (Loire). 

PcMchain  (Victor),  filature  et  tissage  de  lin, 
Armentleres  (Nord). 

Pcugeols,  sellier,  78,Ayenue  de  Villlers,  Paris. 

Pcugcunlas,  négociant  en  éponges,  Grande 
Sadovaïa.  maison  de  la  Bibliothèque  Impé- 
riale, n-  20,  Saint-Pétersbourg  (Russie). 

Pcvalyaev,  (V.),  professeur  de  Calligraphie, 
rue   Dolgoroukov,  90,  Simféropol  (Russie). 

Pradon,  fabricant  de  papiers  à  cigarettes,  45, 
rue  de  Maubeuge,   Paris. 

Prast,  confiseur,  8,  Arénal,  Madrid  (Espagne). 

Preux  (Etienne),  pâtissier,  18,  rue  de   l'Hôtel- 


41 


USTE  GÊNÉnALK  DES  MBMBRICS  DK  LA  SOCIÈTK. 


^•-VIDe,    Saint-Jeaa-dAngely    (Charente- 


nr^«»n,  pharmacien,  3,  nie  de  la  Républi- 
que, Lyon  (Rhône). 

Prunel  m»,  constructeur  d'instruments  agri- 
coles.  Bresilley  (Haute-Saône). 

Ppuvoat  fabricant  de  pianos,  77,  rue  Saint- 
Maur.  Paris. 

^•[TfV»^!  (de),  Calligraphe,  Kazanskala  ou- 
litsa,  n»  «6,  Kb.,  43,  Saint-Pétersbourg  (Rus- 
sie). 

P«e4  teinture  et  nettoyage,  Allées  Paul  Rl- 
quet,  Beziers  (Hérault). 


Qwévlllon,  lieutenant-colonel  d'Elat-major,  17, 

me  da  Champ-de-Mars,  Paris. 
QMrtiM»  (Emile),  fabricant  de   montres,  Les 

Brenets,  (Suisse). 


lUboupdIn  (Henry),  constructeur  d'installa- 
tions d  écuries,  39,  rue  d*Anglas,  Paris. 

fMoupdin  frères,  constructeurs  d'installations 
d  écuries,  selleries,  élables,  chenils,  39.  rue 
Boissy-d'Anglas,  Paris. 

RaiMM,  dlstlUateur,  Revel   (Haute-Garojine). 

Ramognlno,  docteur  en  médecine,  26,  rue  Saint- 
Sépulcre,  Marseille  (Bouches-du-Rhône). 

Rapifi,  pharmacien,  Montreux  (Suisse). 

fWval,  préparateur  de  coraux,  La  Galle  (Algé- 
rie). 

Rttout  (de),  fabricant  de  pains  d'éplces  et  de 
biscuits»  Avallon  (Yonne). 

'^■^•îîy.*?  5'*'  entrepreneurs  de  peinture,  IL 
me  Saint-Georges,  Paris. 

Hegat,  pharmacien.  13,  place  de  la  Motte,  Li- 
moges (Haute-Vienne). 


Tf£j?yiP''?R?^^H'®"y*"c"ï^eur,  à   Banyuls 
(Pyrénées-Orientales). 

''^•'  ^°jrénleur  civil,  38,  rue  Ommegance,  An- 
vers (Belgique). 

nMilifi0«r  et  Vinet,  fabricants  de  miroiteries, 
26,  rue  de  Gharonne,  Paris. 

Rémofid  (Salnt-Edme),  fabricant  de  limes  et 
râpes,  138,  me  Salnt-Maur,  Paris. 

Renard, horloger  mécanicien,  Ferrières  (Oise). 

RefMHMPd  «t  Cla.  fabricants  de  Teau  de  mé- 
lisse des  Garmes,  14,  me  de  l'Abbaye,  Paris. 

Rçtlf,  febrlçant  de  ûltres,  56,  me  des  Gulattes, 
Lyon  (Rhône;. 

Ba^ner  (de),  membre  correspondant,  Saint- 
Pétersbourg  (Russie). 

Riehard  (Jules),  ingénieur-constructeur.  8,  im- 
passe Pessard,  Paris. 

RMiard,  fabricant  de  conserves  alimentaires. 

42,  rue  de  Ghanzy,  Rochefort-sur^Mer(Gha- 

rente-lnférieure). 

Rfoliar,  fabricant  de  toiles,  Alençon  (Orne). 

Rioliy,  commissionnaire  exportateur,  50.  rue 
Paradis,  Parls- 

Rlooy  (Henri),  fabricant  de  produits  insectici- 
des et  raUcides,  61,  rue  Jeanne-dArc,  Rouen 
(Seine-Inférieure). 


42 
"»b&le?S%^^^^  '^  ^^"--^ 

"wnVthu^Suis"^^^^^^^^ 

"Ï5î^»"?i^'''  '^5'*^??J"'  ^^  lampes  et  suspen- 
sions, 27,  rue  du  Ghemln-Verl.  Paris. 

"hmîî  (ïï^^®'"?!»? "eL  professeur  de  compta- 
bilité, 18.  rue  Pults-(iaillot,  Lyon  (Rhône) 

'^^tÇ^^^*'  ^'^^^^'-^'^  retraite,  4.  me 
Robert  Dutertra,  propriétaire.  Ernée  (Mayen- 

Roblfiat,  conûseur,  Odessa  (Russie). 

Rocher  (Adolphe),  chlrurglen-dentlste,  14  rue 
Carnot,  Ghâlons-sur-Marne  (Marne). 

Rodeok  fabrlcaTit  d'articles  de  maroquinerie, 
1,  Kolmarkt,  Vienne  (Autriche). 

Rojas-Sanguiffietti  (Enrigudde),  ingénieur-cé- 
ramiste, Calle-de-la-Fforida,  3,  Madrid  (Es- 
pa(?ne).  ^ 

Romet,  négociant  en  draperies  et  nouveautés, 
Alençon  (Orne). 

''®"î•*o'^«^^  architecte  de  l'Ecole  des  arts  et 
métiers,  Gzernowltz,  Bukowine  (Autriche). 

Ronael  et  Singer,  conûseurs,  Plazza  Colonna, 
Rome  (Italie). 

Roqualaura.  conserves  alimentaires,  Gapde- 
nac  (Aveyron).  ^ 

"(sSfs'^e)^*   ^'*'  facteurs  de  pianos.  Zurich 

''?î*^""îîy?'\^  Ole.  tissage  mécanique  de  co- 
ton et  teinture,  Oftringen  (Suisse). 
Rougié  atné,    confiseur    distillateur,  Gramat 

(  Lot) . 

Rouiller  fils  ot  Meonard,  manufacturiers  en 

cuirs,  228,  boulevard  Voltaire,  Paris. 
Roura-Bartrand  fils,  fabricant  d'essences  et 

de  parfumerie.  Grasse  (Alpes-Maritimes). 
Rousseau-BripoMt  (Vve),  vins  et  eaux-de-vle, 

41.  rue  Royale,  Saint-Quentin  (Aisne). 
Wouaaeiat,   fabricant  d'Instruments  agricoles, 

Villemeneux,  commune  de  Tancron,  narLl- 

zy-sur-Ourq  (Seine-et-Marne  ). 
Rouaaet,  manufacturier,  fabricant  d'échalas  et 

piquets  en  acier.  Saint- Vlctor-sur-Lolre  oar 

Firminy  (Loire). 

''^Xf  r^-îS*"?"*'  négociant  en  vins,  Beaune 
(Gôte-Dor). 

Roa,  fabricant  de  bouteilles  de  chasse  et  de 
voyage,  205,  rue  du  Faubourg  Saint-Martin. 
Paris.  * 

Rosière,  chimiste  aux  Lllas  (Seine). 

Ruoh  (Edmond)  manufacturier,  gérant  de  la 
Société  française  de  couleurs  d^anlline,  49, 
rue  Hoche,  Pantin  (Seine). 

Ruflier  des  Aimes,  fabricant  de  meubles  chi- 
nois et  japonais,  11,  rue  Basfroi,  Paris. 

Rumpf,  négociant,  directeur  du  Progrès  Indus- 
triel. 26,  rue  de  l'Echiquier,  Paris. 

Russ-Suohard,  fabricant  de  chocolats.  Neu- 
chàtel  (Suisse). 

S 

Saint-Denis  (de),  négociant,  à  Longuevllle 
(Manche). 

Saint-Mars  (le  marquis  de).  122,  avenue  de 
Versailles,  villa  de  la  Réunion,  Paris. 

Salies,  fabricant  d'engrais,  4,  rue  Béranger 
Paris . 


43 


JOURNAL    JIKN8URL  M  L*ACA0ÉII1B  NaTIOMALB. 


44 


Salvat  fabricant  de  produits  résineux,  Mor- 

cenx  (Landes). 

Samgyin^,  fabricant  de   clocbet,  54,  Pianitz- 

kaYa,  Moscou  (Russie). 
Samioe,  pharmacien,  4S,  rue   Marcilio-Dias, 

Pernamouco  (Brésil). 

Sancy,  fabricant  de   couleurs  et  vernis,  89, 

boulevard  Richard-Lenoir,  Paris. 
S«në«M  «t  OI«,  manufacture  de  savons^Leyde 

(Hollande). 
Saaa,  fabricant  de  broderies,  Pereslavl-Zales- 
sky,  gouvernement  de  Vladimir  (Russie). 

Savelli  (Paul-François),  directeur  de  la  So- 
ciété des  petits  gralneurs  de  la  Balagne  pour 
la  production  des  graines  de  vers  à  soie,  sys- 
tème Pasteur,  12,  rue  Napoléon,  Ile  Rousse 
(Corse). 

SAvigny  fila,  néffociant  en  caféi,  place  Gbat«- 

let,  Gnartres  (Eure-et-Loir). 
8oaiabpe-Deioour,  fllateur,  Tourcoing  (Nord). 
8«halolifrèras,fabricants  de  cloua  et  boucles, 

17,  rue  de  Magdalena,  Lisbonne  (Portugal). 

SolinM4its  (Charles},  fabricant  de  rouleaux  et 
cylindres  pour  imprimerie  lithographique, 
3l,  rue  de  Sèvres,  Paris. 

Sohmidt,  fabricant  de  meubles.  Porte  de  TAr- 
bate,  Moscou  (Russie). 

Sohoofffis,  pharmacien  chimiste,  rue  de  la  Mon- 
tagne, 15,  Bruxelles  (Belgique). 

Schouteeten,  liquoristc,  17,  rue  d'Esquermes, 
Lille  (Nord). 

Sohudel  et  Oi«,  négociants  en  vins  et  liqueurs, 
Leiden  (Hollande). 

Sohweingrubep,  fabricant  de  ressorts,  rue  du 
Stand,  n*  258,  A.,  Saint-Imler  (Suisse). 

Ségaust,  fabricant  d'amidon,  90,  rue  de  la 
Brèche,  Saint-l>#nis  (Seine). 

SéoaiMl  at  Fattlar,  phannaclens  chimistes, 
Uhâteau-RegnauU-Bogay  (Ardeanes). 

Seguin  (Louis),  ingénieur  des  arts  et  manu- 
factures, constructeur  méeanicieLn«  14,  quai 
du  Petit-Gennevikliers,  Genneviiliers  (Seine). 

Séguin,  parfumeur.  10^  me  Crolx-de-Seguey, 
Bordeaux  (Gironoe). 


ai,  confiseur,  Kiew  (Russie). 

Siore  de  Fontbpune.  propriétaire.  2,  avenue 
du  Calvaire,  Saint-Ùloud  (Semé). 

Sigaut  fils,  fabricant  de  pain^  d'éplces,  8,  ave- 
nue de  Paris,  Gentiliy  (Seine). 

Sélvaaira  Obrlot,  fabricant  de  (tirage,  Mont- 
bard  (Gôte-d'Or). 

Simlrenko,  fabricant  de  sucre,  Bogouslaw 
(Hussie). 

Sliiimamla  (Peter  Lund),  The  charter  House, 
14,  E.  C,  Londres  (Angleterre). 

Slmmamla  (L.  V.),  agents  de  publicité  et  de  re- 
présentation aux  expositions,  ^d,  Strand, 
W.C., Londres  (Angleterre). 

Simon,  constructeur  de  machines  agricoles, 
70,  72,  74.  rue  Helain,  Cherbourg  (MaBcha). 

Simon  fila,  pharmacien,  4,  faubourg  de  Fran- 
ce, Beliort  (territoire  de  Bélfort). 

Simon  (L.),  négociant  en  engrais  et  produits 
chimiques  agricoles,  23,  rue  des  Fflles-du- 
Galvaire,  Pans. 

SImafia,  fabricant  de  carrelages  mosaïques^  au 
Cateau  (Nord). 

(Paul),  v*tic»Heur,  Athènes  (Grèce). 


Skvortaov,  fabricant  de  cuirs,  Kojevniki,  Mos- 
cou (Russie). 

Smat  (de),  fabricant  de  carrelages  céramkiues. 
Canteleu,  Lille  (Nord). 

Smiliié,  photographe  du  Muséum  national. 
Washington  (BUts-Unis). 

Smolina(Dimitri),fabricaot  de  suifs,  Kour^nne, 
gouvernement  de  Toboisk  (Sibérie). 

Framlèi^  aaaiété  anonyma  da  Koublofi»,  4B, 
Ekaterinoslavskaia  Ouiltsa,  Kharkov  (Rus- 
sie). 

Saoiété  Riiaao<Am4rioaliia  daa  aroilylts  du 
naphte,  fabrique  d'huile  d'éclairage  et  de 
graissage,  Kouskovo,  près  Moscou  (Russie  . 

Société  de  Tualne  Marlnakypourladistillatioo 
et  la  rectification  de  Talcool,  à  Lipetzk,  gou- 
vernement deTambov  (Russie). 

Sakolaloki  (Joseph  de),  propriétaire  viticul- 
teur, château  de  Ghinchon -la- Bataille,  par 
Gaslillon  (Gironde). 

Solèraa,  négociant,  11,  rue  Monge,  Paris. 

Solon  at  Cie,  négociants  en  vins,  Athènes 
(Grèce). 

Sotelo  y  Eaoobado  (Diego  de  Léon),  avocat  et 
fabricant  d'eau  de  fleurs  d'oranger,  fabrique 
de  la  Gruz  una  del  Campo,  26,  Galle  Gonnpas 
de  la  Laguna,  à  Séville  (Espagne). 

Sotum,  propriétaire,  Masseube  (Gers). 

Souaa  Saaréa  (de),  établissement  industriel 
pharmaceutique,  Pelotas  (Brésil). 

Spaoht,  fabricant  de  liqueurs,  Pernau-ea-Li- 
vonie  (Russie). 

•plnadl  ft^éres,  fabricants  de  carrelages  moaaT- 
ques,  600,  Callé  Callao,  Buenos-Ayres  (Répu- 
blique Argentine). 

SpiUayna  (Alaxandre),  électricien  taohniQue, 
station  électrique  du  Petit  théâtre,  Moscou 
(Russie}. 

Stadiar  et  Pattinota,  lithographe,  Uj  Ligowka 
Saint-Pétersbourg  (Russie). 

Stolle,  chef  de  la  maison  Dencker  et  Cie,  né- 
gociant (le  !"•  guilde,  Wassiiy-Ostrov,  Vol- 
kooskypéreoulok,  Saint-Pétersbourg  (Rus  - 
sie). 

Stoilwerok  frères,  fabricants  de  chocolats»  12, 
Brttkenstrasse,  Cologne  (Allemagne). 

Sturm.  directeur  de  la  Société  française  du 
Carbonyle,  18â,  190,  faubourg  Saiut-Deoi», 
Paris. 

Stutsmann  (Edouard- Jules),  fabricant  d'arti- 
cles en  cuivre  et  constructeur  de  pompes  à 
incendie  et  accessoires,  3,  Chantepoulet,  Ge- 
nève (Suisse). 

Siibai^iaWa,  membre  de  la  Société  d'acclima- 
tation, 30,  rue  de  Colysée,  Paris. 

Saailialm  at  Ooataafi,  propriétaires-viticut- 
leurs,  à  Huelva  (Espagne). 

•wanit,  pharmacien,  12,  rue  Castiglione,  Pa- 
ris. 

Swatak,  febricant  de  draps  do  laine  peignée, 
Zglerz  (Russie). 

•ylvaatra  fUa,  négociant  en  vins  Ans,  Montpel 
lier  (Hérault), 


Tabard  al  Oia.   fabricants    de   soieries.  3,  roc 
Garet,  Lyon  (Rhéne). 


45 


LISTB  O^NÊRALB  DE8  MEMBRES  DK  LA  SÛCIÊTB 


46 


TtboaH^^et  Bisson,  fabricants  de  broderies, 

6,  rue  d'AboukIr,  Paris. 
Tsjan,  fabricant  dUastruments  pour  l'apricul- 

lure,  tt,  rue  d'Espagne,  Bayonne  (îfasses- 

I*yrénees). 
TsiiorM^,  fabricant  d'engrais,  32  bis,  rue  Pas- 

quier,  Paris. 
TanMif,  négociant  en  vins,  Funflvirehen  (Au- 

trich?,. 


.  négociant  en  fers,  Marquise  (Pas-de- 
Calais), 
Ttttitr.  constructeur  de   serrurerie   d'art,  17, 

me  Léon  fîambetta,  Lille  (Nord). 
ÎMtisa,  constructeur  mécanicien,  40,  rue  Gu- 

Hil,  Paris. 
TvftMx,  fabricant  de  robinets,  7,  rue  Rameau, 

Paris. 
TMi«r  flis  jMine,   constructeur   de   machines 

agricole».  Vitré  (nie-et-YUaine). 
Tkétdofttky.  agronome,  17,  Strada  Teilor-Bu- 

rarest  ^Hollande), 
nuéksiit.  directeur  des  caves  impériales  pour 

la  fabrication  des  vins  de   Champagne,    à 

.Soudak,  gouvernement  de  Tauride  (Russie). 
ThMIay,  cliimiste  parfumeur,  Amersham  Park 

New  Cross,  Londres  S.  E.  (Angleterre). 
Thivtt-Hanctin,  fondeur  constructeur,  19,  rue 

«lu  Chemin  de  fer,  Saint-Denis  (Seine). 
ThoiiiM,  constructeur  d'instruments  agricoles, 

Pineaux  Saint-Ouen  (Vendée). 
Thomas  (Georges),    constructeur-mécanicien, 

'2,  Deansgate  Manchester  (Angleterre). 

Tbo««p«t  frères  et  Crensvaux-Proutat,  fa- 
bricants de  limes,  Arnay-le-Duc,  par  Beau- 
ûe  (Côte-d'Or). 

TlMpy  et  Amey,  constructeurs  mécaniciens, 
U,  Chemin  des  Sources,  Genève  (Suisse). 

îfcy  [le  comte  de),  propriétaire,  Autun  (Saône" 
*A-Loire). 

TWoe.  constructeur  de  machines,  IB,  passage 
tiapont,  Rouen  (Seine-Inférieure). 

Tiertot.  fabricant  d'outillages,  15,  rue  des  Gra- 
^iUiers,  Paris. 

Tinc,  pharmacien,  rue  Trajan,  Galatz  (Rouma- 

nie,. 

Titon,  ingénieur  architecte,  77,  rue  Colbert, 
LiUe  (Nord). 

TitMraiiddit  JiMohue  atné,  fabricant  d'instru- 
menls  de  pesage.  Port -sur-Saône  (Haute- 
î^aône). 

Tîvoller,  propriétaire,  rue  Alsace-Lorraine, 
Toulouse  (Haute-Garonne). 

Ttfllln  et  Cie,  fabricants  de  dentelles,  Caudry 
Xord). 

Tojray.  fabricant  d'encres,  4  et  6,  rue  des  Hau- 
driettes,  Paris. 

^•fok  (de),  pharmacien,  12,  Kéraly-utcza,  Bu- 
dapest (Autriche-Hongrie). 

Tttbowbaiine,  à  Tchourouk-sou,  gare  de  Kabou- 
iptx.  Chemin  de  fer  Transcaucasien  (Russie). 

Toiiblanc  fils,  distillateur, U,  rue  Basse, au  Mans 

I      Sarthe}. 

I  Trtficart  fabricant  de  chaussures  cousues  et 
«ie  littes  piquées,  15,  rue  Pont-au-Brouettes, 
a  AbbevUle  (Somme). 

Tféëwoien,  négociant  en  cafés,  25^  Cours  de 
»mcennes,  Paris. 


Tremault  constructeur  mécanicien,  146,  rue 
d'Allemagne,  Paris. 

Tressa  di  Hueaelbi  (le  commandeur),  proprié* 

taire,  23,  rue  Beaujon,  Paris. 

Troolet«Le4uo,  distillateur  Uquoriate,  Benais 

(Indre-et-Loire). 
Trouvé,  ingénieur  électricien,  14,  rue  Vivienne, 
Paris. 

Tsapline,  photographe  à  Morchansk,  propre 
maison,  gouvernement  à  Tambov  (Russie). 

Tuai,  fabricant  de  conserves  alimentaires,  6  bis, 
quai  Duguay-Trouin,  Nantes  (Loire-Inférieu- 
re). 

Tyeskiewios  (Comte  Alexandre  N.),  proprié- 
taire foncier,  fabricant  d'alcools,  chevalier  du 
Mérite  agricole,  à  Novaïa-Ouchilaa,  gouver- 
nement ae  Podolie  (Russie). 


U 


Ucke,  noble  Russe,  Directeur  de  la  Société 
pour  la  fabrication  des  briques  réfractaires  et 
autres  produits  de  terre  glaise,  Borovltchl 
(Russie),  gouvernement  de  Novgorod. 


Vaooeaaint,  inventeur  de  divers  systèmes  de 

tissage,  Merelessart  (Somme). 
Vagné,     éditeur     d'images,    Pont-à-Mousson 

(Meurthe-et-Moselle) . 
Vaieeier,  parfomeur,  2,  rue  de  Mouveaux,  Hou- 

baix  (Nord). 

Vais  frèrea,  ingénieurs  constructeurs,  29,  Galle 
de  Campo  Sadraga,  Barcelone  (Espagne). 

Valtat,  négociant  en  bois  et  charbons,  7,  rue 
d'Edimbourg,  Paris. 

Van  Heçke,  comptable»  43,  rue   Rlcher,  Paris. 
Van  Hoof,  chimiste  inventeur,  33,  rue  Fessart, 
Paris . 

Van  HoutenetZoon,  fabricants  de  cacao,  Weesp 
(Hollande). 

Varnali,  viticulteur,  à  Reni,  district  d'Ismaïl 
(Russie). 

Vasoonoelloa  (A.  de),  propriétaire  viticulteur, 
fabricant  d'huile  d  olive,  à  Gollega,  district 
de  Santarem  (Portugal). 

Vasael,  constructeur  mécanicien,  50,  chemin  de 
la  Vial)ert,  à  Lyon  (Rhône). 

Vauzelles  (Baron  Antoine  de),  propriétaire 
des  Usines  d'engrais  chimiques,  à  Ceneviè- 
res  (Loi). 

Vayaon,  ancien  fabricant  de  tapis,  Abbeville 
(Somme). 

Vazon,  propriétaire,  Airvault    (Deux-Sèvres). 

Venè(|ue  (Les  flls),  fabricants  de  bougies  per- 
fectionnées, 50,  rue  du  Milieu,  Ixry  (Seine). 

Venet  (Eugène),  constructeur  d'appareils  de 
chauffage,  21(5  route  de  Bayonne,  Bordeaux 
(Gironde). 

Vernette  Jeune,  fabricant  d'instruments  ara- 
toires, 49,  route  d'Agde,  Béziers  (Hérault). 

Verweegen  et  Kok,  selliers,  86,  Kalverstraat, 
Amsterdam  (Hollande). 

Veaaelovski,  archlprôtre  de  TEgUsede  la  Sain- 
te-Trinité, Viaznil^i,  gouvernement  de  Vladi- 
mir (Russie). 


47 


JOURNAL  MENSUEL  l>B  L'ACAD^IE  NATIONALE. 


48 


Viaud  (Pierre),  constructeur  dUnslniments  agri- 
coles, à  Barbézieux  (Charente). 

VIbert  frères,  parfumeurs,  28,  boulevard  Sébas- 
topol,  Paris. 

VIohy  (Le  marquis  de),  distillateur,  40,  rue  du 
Parc,  Ivry  (Seine). 

Vleillemapd  et  ses  fils,  imprimeurs  lithogra- 
phes, 16,  rue  de  la  Glacière,  Paris. 

Vienne,  fabricant  de  marbreries  artistiques, 
Cousolre  (Nord). 

Vignati,  directeur  de  la  distillerie  de  laliaueur 
«  l'Orpheline  »,  47,  Grande  rue,  Saint-Mau- 
rice (Seine). 

Vlgneral  (le  comte  de),  propriétaire  au  ChA- 
teau-de-Ri,  par  PuUinges  (Orne). 

Vigoureux  fils,  constructeur  d'Instruments  agri- 
les  et  vltlcoles,  Nîmes  (Gard). 

Viile-Cliabroile  (de),  distillateur  liquorlste,  La 
Châtre  (Indre). 

Visser  et  fils,  distillateurs,  Schiedam  (Hollan- 
de). 

Vladoianu,  propriétaire,  député  au  Parlement 
roumain,  Carjoaca,  par  Fargul-F rumos  (Rou- 
manie). 

Voeloker-Coumes,  fabricant  de  chicorée,  Hayon 
(Meurthe-et-Moselle) . 

Voisin-Mignon,  distillateur,  Marseillan  (Hé- 
rault). 

Voland  et  Cle,  Gaufrage  et  Impressions  de  tis- 
sus de  sole,  38,  rue  Montbernard,  Lyon 
(Rhône). 

Vouteau  fila,  fabricant  de  chaussures,  17,  rue 
Inkermann  (Indre-et-Loire). 


W 


Waag  et  fils,  fabricants  de  moutarde  et  d'huile 
de  moutarde,  Doubovka,  gouvernement  de 
Saratov  (Russie). 


Wacicernie  etCie.  ingénieurs,.  19,  rue  Farcoi. 
Saint-Ouen  (Seine),  et  au  Vesinet,  74,  ave- 
nue du  Chemin  de  fer. 

Wailaoh,  directeur  d'une  société  Franco-Amé- 
ricaine pour  la  fabrication  de  la  brosserie  de 
luxe,  yi,  rue  Lafayette,  Paris. 

Wallon,  fabricant  de  tissus,  49,.  rue  du  Val- 
d'Eauplet,  Rouen  iSeine-Inferieure). 

Waterlot-Qhesquière,  torréfacteur  de  cafés. 
150,  rue  de  Paris,  Lille  (Nord). 

Wegner,  fabricant  de  courroies  mécaniaues, 
14;  Ulica  Ar.  Kotzebue,  Varsovie  (Russie). 

Weiby,  corroyeur.  5,  rue  Jeanne  d'Arc,  Rouen 
(Seine-Inférieure). 

Welti-Heer  et  Cîe,  fabricants  d'ameublements. 
3,  place  Saint-Francols,  Lausanne   (Suisse). 

Wiggishofr,  fabricant  de  parfumerie,  153,  rue 
>iarcadet,  Paris. 

Wiiiiot,  négociant  en  bières,  houblons  et  chicj>- 
rées,  Poix-du-Nord,  par  Englefontalne  (Nord,. 

Wodzioki  (le  comte),  propriétaire  agriculteur, 
fabricant  de  sucre,  Czarnoniin,  POSte  Popie- 
luchy,  gouvernement  de  Podolle,  par  Odessa 
(Russie). 


Ygouf.  fabricant  de  poteries  de  grès,  au  Tron- 

quay  (Calvados),  par  Balleroy. 
Yvon,  propriétaire,  (Jlmeux  (Charente). 


Zambon  (Vincent),  entrepreneur  mosaïste,  oO, 
rue  Emeriau,  Paris. 

Zambon  (Dominique),  mosaïste,  60,  rue  Eme- 
riau, Paris. 

Zampironi,  pharmacien  chimiste,  Mestre-Ve- 
nezia  (Italie).  .     «     i     „ 

Zentler  frères,  fabricants  d'horlogerie,  2,  place 
de  Longemale, Genève  (Suisse). 


Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Cft^, 

Eugène  THIÉRY. 


-♦>♦<♦ 


I..BMONT  (OISK).    -  1MPRIMBB!B  OMX    FRKRBS,   PLACK   8AIN1-ANDRB     -<. 


JOURNAL     MENSUEL 


DB 


L'ACADÉMIE    NATJ.ONALE 

l^m\l\ 


AfiRICOlE,  MANDFACTDRIEftK  ET  «IlIMEmp^^ 


67-  Année.—  FÉVRIER  lffg7.s 


SOMMAIRE 

RÉUMION  ANNUELLE  DU  COMITÉ  DES  RÉCOMPENSES. 
ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE  ANNUELLE  DES  SOCIÉTAIRES. 
RÉCOMPENSES  DÉCERNÉES  PAR  L'AOADÉMIE  NATIONALE. 
DISTINCTIONS  acoordé^s  aux  Mambras  da  l' Aoadémla  Nationale . 

AGRICULTURE.  —  Concour»  agricole  de  Paris.  —  Le&  concours  régionaux  agricoles  en  1897.  —  Concours  de   la 

Société  d'Apiculture  de  la  Meuse.  —  Incubateur  automatique  de  haute  précision,  système  de  M.  J.  d»  Sokolnloki. 

—  Influence  de  la  lumière  violette  sur  la  croissance  de  certains  jeunes  animaux,  communication  de  M.  J.  da  Sokol- 

nlekl.  a  Castillon  (Gironde). 
EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  —  Exposition  industrielle  à  Vasoul  (Haute-Saône).  —  Exposition  régionale  i 

Gap  (Hautes-Alpes).  —  Une  exposition  dans  l'Amérique  centrale,  à  Guatamala,  en  iSqy. 
inoUSTRIE.  —  Bijoux  et  ouvrages  artistiques  en  cheveux,  de  M .  Jaaudonnano.  à  Paris.  —  Terres  cuites  et  faïences 

a  décors  héraldiques.  deM.Chaumall,  à  Paris.  —  Vernis  pour  meubles,  de  M.  Dikanaky,  à  Kharkov  (Russie). 
PRODUITS  ALIMENTAIRES.  —  Les   huiles  immuables,  de    M.  Gulllon.  à    Salon  (Bouches-du-Rhône).  —  Le 

WkUkey,  de  MM.  John  Dawar  atflla.  à  Perth  (Ecosse).  —  Le  rhum  Joptonn,  de  M.  Bpoohapd-Qulllat,  à  Cba- 

teandun. 
COMMERCE.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France.  —  Le  commerce  de  l'Angleterre  et  la  concurrence  étrangère. 


Rénnîon  aunnelle  dn  Comité  des  récompenses. 


Sur  convocation  de  M.  Vayson,  Président 
de  la  Société,  le  Comité  des  Récompenses, 
tormé  de  la  réunion  des  membres  du  Con- 
seil d'Administration  et  des  autres  différents 
Comités,  s'est  réuni  au  siège  de  la  Société, 
le  lundi  'J2  février  1897. 

Il  a  examiné  en  détail  les  différentes  pro- 
positions de  récompenses  faites  parle  Direc- 


teur, en  a  apprécié  les  motifs  et  les  Justifi- 
cations, et  a  arrêté  dé^nitivementla  liste  des 
distinctions  à  décerner  par  TAcadémie  Na- 
tionale pour  Texercice  1896,  distinctions 
devant  être  proclamées  à  rassemblée  géné- 
rale annuelle  du  25  février,  conformément 
aux  stalutsl 


ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE  ANNUELLE  DES  SOCIÉTAIRES 


du  25  Février  1897 


En  conformité  de  l'avis  de  convocation 
publié  dans  le  précédent  numéro  de  notre 
journal  mensuel,  l'Assemblée  générale  an- 
Duelle  des  Membres  de  l'Académie  iNatio- 
oale,  Agricole,  Manufacturière,  a  eu  lieu  au 
siège  social,  le  jeudi  25  février  1897. 

La  séance  a  été  ouverte  à  1  heure  3/4, 
pir  M.  V'ayson,  Président  de  la  Société. 


M.  le  Président  prononce  l'allocution  suc^ 
vante  : 

«  Messieurs, 

Conformément  aux  statuts  de  l'Académie 
Nationale,  Agricole  et  Manufacturière,  vous 
avez  été  convoqués  par  un  avis  inséré  dans 
le  Journal  de  Janvier  dernier  en  Assem- 
blée générale. 


51  JOURNAL  MENSUEL  DE 

Je  déclare  la  séance  ouverte.  Permeltez- 
raoi  d'exprimer  le  regret  de  ne  pas  nous 
trouver  plus  nombreux  à  cette  réunion. 

C'est  une  de  nos  séances  les  plus  intéres- 
santes qui  rappelle  les  travaux  importants  et 
utiles  de  notre  œuvre.  L'assemblée  générale 
est  un  jour  de  fôte  pour  l'Académie,  qui  est 
heureuse  de  marquer  par  ses  diplômes  et 
ses  médailles  les  progrès  pratiques  appor- 
tés par  ses  membres  dans  les  diverses  bran- 
ches de  l'agriculture  et  de  l'industrie. 

Si  l'Académie  n'a  pas  la  prétention  de 
marquer  les  premiers  pas  que  chaque  jour 
fait  la  science  et  qui  sont  pour  ainsi  dire 
comme  une  étape  nouvelle  dans  le  progrès 
et  la  marche  de  l'esprit  humain,  elle  a  la 
prétention  de  faire  connaître  et  de  vulga- 
riser les  applications  résultant  des  décou- 
vertes de  la  science  pure. 

Tel  a  été  son  but  et  son  rôle  depuis  sa 
fondation,  cest-à-dire  depuis  environ  07 
années,  et,  disons-le  do  suite,  dès  sa  fon- 
dation, l'Académie  répondait  aux  besoins 
de  l'époque  :  les  anciennes  pratiques  com- 
merciales et  industrielles  se  transformaient, 
la  vapeur  allait  bientôt  par  de  nombreuses 
applications  rapprocher  les  dislances  et  mo- 
difier les  conditions  économiques  du  travail. 

En  môme  temps,  des  expositions  natio- 
nales à  Paris  et  dans  les  départements,  dé- 
montraient à  tous  les  perfectionnements  de 
toute  sorte  et  les  progrès  réalisés. 

Mais  bientôt  ces  arènes  industrielles  furent 
trouvées  trop  étroites,  et  les  expositions  de- 
venues universelles  nous  firent  connaître 
non  seulement  les  produits  nationaux,  mais 
aussi  les  produits  similaires  étrangers  avec 
Wquels  il  fallait  compter  à  l'avenir. 

L'Académie  eut  donc  un  champ  beaucoup 
plus  vaste  à  explorer,  tout  en  restant  dans 
son  rôle  modeste  qui  a  une  portée  directe, 
immédiate  et  utile  sur  les  résultats  de  notre 
industrie,  de  notre  agriculture,  de  notre 
commerce. 

Mais  là  ne  se  borne  pas  son  action.  Ses 
investigations  vont  plus  loin,  elle  va  cher- 
cher le  modeste  collaborateur  qui  a  aidé  par 
son  travaildechaque  jour,  et  par  son  apph- 
cation  Technique,  à  une  réussite  plus  com- 
plète du  travail  ;  qui  a  su  parfois,  par  une 


L^AGAbEMIB  NATIONALE.  o:^ 

réflexion  continue,  améliorer  et  simplitier 
les  moyen  s  de  production.  L'Académie  se  fait 
un  devoir  d'encourager  et  de  récompenser 
les  efforts  de  ces  modestes  collaborateurs. 

Le  propre  de  notre  génie  national  est  d^ 
créer,  non  pas  en  nous  jetant  à  l'aventure 
et  sans  réflexion  vers  l'inconnu,  mais  au 
contraire  en  arrivant  au  progrès  par  une 
voie  d'examen  et  précise  et  claire,  tout  en 
donnant  à  tous  nos  travaux  un  cachet  d'élé- 
gance que  nos  concurrents  peuvent  envier. 
Conservons  précieusement,  Messieurs, 
cette  gracieuse  branche  de  laurier. 

Nous  exprimons  donc  notre  satisfaction 
de  voir  acclamer,  dans  notre  assemblée  de 
ce  jour,  nos  laborieux  Collègues  de  l'Aca- 
déraie  et  leurs  collaborateurs. 

Nos  récompenses,  Messieurs,  ne  sont  pas 
seulement  une  marque  personnelle  du  mé- 
rite de  vos  travaux.  Ces  récompenses  ne 
sont  pas  exclusivement  votre  propriété, 
elles  font  partie  du  patrimoine  national. 
Ce  sont  autant  de  joyaux  enchâssés  dan»  la 
couronne  industrielle,  agricole,  commer- 
ciale de  la  Patrie. 

Nous  nous  approchons  à  grands  pas  de 
l'Exposition  universelle  de  1900.  L'Acadé- 
mie y  puisera  des  forces  nouvelles  ;  tous 
ses  Membres  y  sont  conviés,  et  y  figureront 
dignement,  j'en  suis  persuadé.  Mais  nous  ne 
devons  pas  oublierque  nous  avons  àTétran- 
ger  des  rivaux  dangereux,  dont  Tindustrie  ^ 
grandi  sans  relAche,  dont  la  production, 
moins  chère  que  la  nôtre,  est  encore  facili- 
tée par  la  présence  à  l'étranger  de  leurs  com- 
palriotesqui  s'expatrient  plus  facilementque 
nous,  et  que  nous  avons  des  efforts  sérieux 
à  faire  pour  maintenir  notre  industrie  et 
notre  agriculture  au  rang  qu'elles  occupent, 
et  c'est  notre  devoir  à  tous,  mes  chers  Col- 
lègues, d'arriver  à  ce  résultat. 

Je  m'arrête  Messieurs.  Par  nos  statuts, 
mes  fonctions  de  président  s'achèvent  cette 
année  ;  c'est  donc  la  dernière  fois  que  J'ai 
l'honneur  de  présider  votre  assemblée  géné- 
rale. Mais,  en  vous  adressant  mes  adieux, 
j'ajoute  que  je  continuerai  à  apporter  à 
l'Académie  et  aux  nouveaux  Membres  du 
Bureau  tout  leconcours  dont  je  serai  capaWe. 

Je  vais  donner  la   parole  à  Monsiew   le 


53 


ASSEMBLéE  GÉNÉRALE  ANNUELLE  DES  SOOltTAI&SS  DU  25  rÊVRlER  1897. 


54 


Directeur  ;  mais  avant,  je  dois  lui  adresser 
tous  mes  remerciements  pour  le  zèle  et  le 
dévouement  qu'il  a  toujours  montré  pour 
le  bon  fonctionnement  de  l'Académie. 

Il  va  ¥ous  rendre  compte  des  travaux  du 
dernier  exercice,  et  proclamer  les  récom- 
penses obtenues,  afin  de  nous  permettre  de 
joindre  noa  applaudissements  en  Thonneur 
des  hommes  utiles  dont  nous  sommes  heu- 
reux d'acclamer  les  travaux.  »  [Applaudis^ 
stments.) 

Le  Directeur  remercie  M.  le  Président  des 
appréciations  trop  flatteuses  qu'il  a  formu- 
té» à  son  endroit, et  fait  observer  que  M. 
Vayson  doit  encore  exercer  les  fonctions  de 
Président  jusqu'au  19  octobre  prochain,  et 
que,  par  conséquent,  la  plus  grande  partie 
de  l'exercice  1897  s'écoulera  encore,  pour 
TAcadémie  Nationale,  sous  l'égide  tutélairo 
de  M.  Vayson,  qui  fait  partie  de  l'Association 
depuis  l'année  1859,  et  qui  en  occupe  si  di- 
Toement  la  Présidence  depuis  le  13  mai  1891. 

Le  Directeur  donne  ensuite  lecture  du 
rapport  suivant,  qui  est  présenté  à  l'assem- 
blée au  nom  du  Conseil  d'administration  : 

«  Messieurs, 

L'Académie  Nationale  vient  d'entrer  dans 
sa  soixante-septième  année  d'existence, 
avant  déjà  dépassé  de  beaucoup  le  terme 
moven  de  la  durée  des  générations  et  même 
des  institutions  humaines.  Bien  peu  des  So- 
ciétés existantes  à  l'heure  actuelle  lui  sont 
antérieures,  et  s'il  fallait  compter  le  nombre 
de  celles  qui  ont  disparu  depuis  sa  propre 
création,  on  aurait  certainement  à  enregis- 
trer un  chiffre  assez  élevé. 
Pour  avoir  fourni  une  carrière  aussi  Ion- 
I  gue,  au  bout  de  laquelle  elle  se  trouve 
I  aussi  vivante  que  jamais,  notre  Association 
adà  constamment  remplir  les  conditions 
d'activité  et  de  dévouement  au  progrès  qui 
forment  ses  raisons  d'être  et  qui  concourent 
au  perfectionnement  général  de  l'agricul- 
tore,  de  l'industrie  et  du  commerce,  perfec- 
tionnement qui  est  la  base  du  but  social. 

Dorant  Tannée  qui  vient  de  s'écouler, 
notre  Société  a  poursuivi  l'accomplissement 
de  sa  tâche  avec  la  même  régularité  que  par 


le  passé.  Elle  a  accueilli  avec  le  même  em- 
pressement et  la  même  faveur  toutes  les 
idées  et  tous  les  projets,  systèmes,  appareils 
ou  produits  qui  lui  ont  été  présentés  comme 
marquant  une  étape  nouvelle  dans  la  voie 
du  progrès  agricole,  industriel  ou  commer- 
cial, et  c'est  avec  le  même  esprit  de  bien- 
veillant intérêt  et  de  sympathique  encoura-^ 
gement  qu'elle  a  examiné  toutes  les  innova- 
tions qui  lui  ont  été  soumises. 

Non  seulement,  la  Société  a  fait  bon  ac-^ 
cueil  à  toutes  les  manifestations  de  progrès 
qui  se  sont  adressées  directement  à  elle, 
mais  encore  elle  a  recherché  activement, 
conformément  d'ailleurs  à  un  paragraphe 
de  ses  statuts,  toutes  celles  de  ces  manifes- 
tations qui  se  sont  produites  dans  les  expo- 
sitions et  concours  d'une  réelle  importance 
tenus  durant  l'année  écoulée. 

C'est  ainsi  que  les  belles  expositions  de 
Rouen  et  de  Genève  onl  été  l'objet  d'exa- 
mens attentifs  en  vue  de  rechercher,  d'abord 
d'une  façon  générale,  quels  étaient  les  ré- 
sultats tangibles  de  la  marche  du  progrès^ 
et,  ensuite,  d'une  façon  plus  particulière, 
quelle  était  la  part  des  membres  de  notre 
Association  dans  l'avancement  incessant  de 
l'industrie. 

C'est  avec  une  légitime  fierté  que  nous 
avons  pu  reconnaître  un  grand  nombre  de 
membres  de  la  Société  parmi  les  principaux 
triomphateurs  de  ces  deux  Expositions,  et 
que  nous  avons  constaté  que  les  décisions 
des  Jurys  de  ces  deux  importants  concours 
avaient  simplement  sanctionné  ou  consacré 
des  jugements  prononcés  antérieurement 
par  l'Académie  Nationale.  Mais  si  ce  fait 
nous  a  causé  une  satisfaction  bien  natu- 
relle, il  nous  a  occasionné  cependant  quel- 
que embarras.  Car,  en  même  temps  que 
nous  applaudissions  aux  succès  de  nos  So- 
ciétaires, nous  éprouvions  un  vif  regret  à 
reconnaître  qu'il  ne  nous  était  plus  possible 
de  leur  décerner  de  nouvelles  palmes,  par 
la  simple  raison  que  nous  leur  avons  accor- 
dé précédemment  toutes  celles  qu'il  était  en 
notre  pouvoir  de  leur  décerner. 

Certes,  après  avoir  attribué  un  Diplôme 
d'Honneur  à  un  de  nos  adhérents,  nous 
pouvons   encore^  à    la  constatation   d'uii 


55  JOURNAL  MENSUEL  DB 

nouveau  progrès  ou  d'un  nouveau  dé- 
veloppement de  son  industrie,  lui  dé- 
cerner un  Rappel  de  Diplôme  d'Hon^ 
neur.  Mais,  on  comprend  aisément  qu'il 
n'est  pas  possible  de  répéter  indéfiniment 
cette  forme  de  récompense  sans  courir  le 
risque  de  lui  donner  un  caractère  vain  et 
futile.  Nous  devons  donc  considérer  ceux 
de  nos  Sociétaires  qui  se  trouvent  dans  ce 
cas  particulier  comme  étant  virtuellement 
Hors  Concours  en  ce  qui  concerne  les  dis- 
tinctions de  noire  Société,  attendu  qu*ilB 
sont  parvenus  à  l'extrême  sommet  de  la 
hiérarchie  de  ces  distinctions. 

11  parait  qu'un  général  du  premier  Em- 
pire avait  émis  cet  aphorisme  qui  est  à  la 
fois  très  vrai  et  judicieusement  observé,  en 
même  temps  que  profondément  absurde  : 
tt  A  la  guerre,  ce  sont  toujours  les  mêmes 
(I  qui  se  font  tuer.  »  Si  nous  voulons  appli- 
quer la  même  pensée  à  la  lutte  commer- 
ciale et  industrielle  pour  le  progrès  écono- 
mique, noud  dirons  avec  plus  de  justesse  : 
«  Dans  les  expositions  et  concours,  ce  sont 
toujours  les  m^mes  qui  se  distinguent  et 
({ui  ti*iomphent.  » 

Certes,  à  chaque  exposition  nouvelle,  les 
groupes  de  tête  du  Palmarès  renferment 
quelques  noms  nouveaux,  venant  compen- 
ser la  disparition  de  quelques  noms  an- 
ciens. Mais  il  est  facile  de  constater  que  ces 
groupes  resteut  cotnposés,  dans  leur  partie 
principale,  de;  mômes  noms  de  grands  in- 
dustriels qui  l  cnnent  à  honneur  de  main- 
tenir leur  rang  parmi  les  vainqueurs  de  ces 
tournois  pacifiques  qu'on  appelle  des  Expo- 
sitions. 

C'est  ainsi  que,  dans  la  liste  des  récom- 
pensesde  l'Exposition  de  Rouen,  nous  avons 
pu  relever  soit  parmi  les  exposants  classés 
Hors  Cotîcours jso'ii  parmi  les  titulaires  des 
récompenses  les  plus  élevées  : 

MM.  Gadeau  de  Kerville,  Marrou,  Wal- 
lon et  Welby,  de  Rouen  ; 

Béréndorf,  Cauvin-Yvose,  Cornu,  Des- 
pRÈs  (Félix),  Egrot,  les  Fils  de  Deutsch, 
Gouttière.  Gruel,  Guyenet,  Joanne,  Mo- 
quet-Lesage,  Rabourdin,  Redouly  et  Cie, 
Richard  (Jules),  de  Paris  ; 


LACADEMIB  NATIONALE. 


56 


De  Ricqles  et  Cie,  Voland  et  Cie,  de 
Lyon  ; 

Casiez-Bourgeois,  de  Cambrai  ;  Diede- 
richs,  de  Bourgoin  (Isère)  ;  Dumont  et  Cie. 
desAndelys;  Fontana,  d'Alger;  Grosseun 
père  et  fils,  de  Sedan  ;  Guilbert-Martin, 
de  Saint-Denis  ;  Schouteeten,  de  Lille  ; 
Simon  frères,  de  Cherbourg  ;  Savigny,  de 
Chartres,  et  Yaissier,  de  Roubaix. 

Or,  tous  ces  notables  industriels  sont  de- 
puis longtemps  titulaires  du  DipIômed*Hon- 
neur  de  TAcadémie  Nationale,  et  noos  ne 
disposons  plus  de  distinctions  nouvelles,  à 
leur  accorder,  leur  ayant  déjà  décerné  notre 
suprême  récompense. 

Il  en  est  de  même  en  ce  qui  concerne  les 
notabilités  suivantes  que  les  jurys  de  TEx- 
position  de  Genève  ont  particulièrement 
distingues  : 

MM.  Russ-SucHARD  et  Cie,  à  Neucbatel  ; 
MM.  Amédée  Kohler  et  fils,  à  Lausanne  ; 
Cuenod,  Sautter  et  Cie  (Compagnie  de  Fln- 
dustrie  électrique)  et  Zentler  frères,  à 
Genève;  la  Société  anonyme  J.  J,  Rieter 
ET  Cie,  a  Winterthur  ;  Dubail,  Monnin, 
Frossard  et  Cie,  à  Porrentruy  ;  Les  Fils  de 
R.  Picard  à  U-Chaux-de-Fonds;  Rordorf 
ET  Cie,  à  Zurich. 

Tous  ces  industriels  sont  également  titu- 
laires de  notre  Diplôme  d'Honneur,  et,  pour 
deux  d'entre  eux,  rariribution  de  cette  ré- 
compense remonie'à  Tannée  I8G8  î 

A  TExposition  dite  du  Théâtre  et  de  la 
Musique  tenue  l'année  dernière  au  Palais  de 
rioduslrie  à  Paris,  nous  avons  rt:ncontré 
dans  les  mêmes  conditions  :  MM.  Corni', 
Geisler,  Gouttière,  Lacroix,  Lagache, 
Richard  et  Wiggishoff. 

Au  Concours  agricole  de  Paris,  du  com- 
mencement de  1890,  nous  avons  retrouvé 
également  MM .  Bajac,  Broquet,  Brouhot, 
Gazauûon,  Champenois-Rambeaux,  Egrot, 
Gautreau,  Grillot,  Guyenet,  Hirt,Jannel, 
Lagache,  Montandon,  Mercier,  Paupier, 
Philippe,  Simon  frères  et  Texier  fils  jeune, 
qui  ont  déjà  recueilli  toute  la  moisson  des 
lauriers  dont  nous  pouvions  disposer  en 
leur  faveur. 


Ô7  ASSEMBLKK  GÉNÉRALE  ANNUKLCËT  DES 

Eotio,  bien  que  n'attendant  plus  de  nous 
de  nouvelles  distinctions,  MM.  Boulenger  et 
Ge,  de  Paris,  ont  tenu  quand  même  à  nous 
présenter  un  nouveau  spécimen  de  leur 
orfêfrerie  artistique,  afin  de  montrer  qu'ils 
restaient  dignes  des  encouragements  d  or- 
dre supérieur  que  nous  leur  avons  accordés 
dans  le  passé. 

Nous  sommes  heureux  de  rendre  hom- 
mage encore  une  fois  aux  mérites  éminents 
de  ces  chefs  de  diverses  branches  de  Tin- 
diotrie.  et  nous  pensons  que  la  proclama- 
uoo  de  leurs  noms  à  la  présente  Assemblée 
générale  leur  semblera  aussi  honorable  que 
lattribution  d'un  nouveau  diplôme,  lequel 
oe pourrait  être  qu'un  Rappel  pur  et  simple 
du  Diplôme  d  Honneur  qu'ils  possèdent  de- 
puis longtemps. 

Mais,  ainsi  qu'on  peut  aisément  le  suppo- 
ser, les  Comités  et  spécialement  le  Comité 
des  Récompenses  ont  eu  à  s'occuper  de  nom- 
breux Sociétaires  qui  n'ont  pas  encore  épuisé 
complètement  la  série  hiérarchique  de  nos 
distinctions  honorifiques,  et  envers  lesquels 
il  est  possible  de  graduer  les  témoignages  de 
satisfaction  et  d'encouragement.  Ces  Socié- 
taires constituent  les  lauréats  de  l'Académie 
Nationale  pour  l'exercice  1896,  et,  confor- 
nément  à  l'ordre  du  jour  de  la  présente 
usemblée,  je  vais  avoir  l'honneur  de  vous 
proclamer  leurs  noms  en  vous  donnant  lec- 
ture de  la  liste  officielle  des  récompenses 
que  décerne  cette  année  notre  Société.  » 

Le  Directeur  donne  lecture  de. la  Liste 
générale  des  Récompenses  qui  est  publiée 
plus  loin . 

Q  reprend  ensuite  la  parole  : 

«  Si  nous  faisons  le  compte  détaillé  des 
récompensesqui  viennent  d'être  proclamées. 
Dons  constatons  qu'elles  se  décomposent 
comme  suit  : 

Diplômes  d'Honneur 2G 

Diplômes  de  Médailles  d'Or 22 

»  »  de  Vermeil 21 

I»  »  d'Argent 17 

Total 80 

Les  Médailles  attribuées  aux  Coopéra- 
teurs  de  Membres  de  la  Société,  en  confor- 


SOCIKTAIRES   Dt   25  FÉVIIIKR   J807.  58 

mité  du  paragraphe  3  de  Tarlicle  U  des 
Statuts,  sont  au  nombre  «le  treize,  dont  trois 
de  vermeil,  cinq  d'argent  et  cinq  de  bronze. 

Tous  ces  chiffres  accusent  de  sensibles  di- 
minutions sur  les  nombres  correspondants 
des  années  antérieures,  etindiquentassez(|ue 
l'Association  traverse  une  phase  de  moin- 
dre activité  qui  ne  saurait  être  d'ailleurs 
que  momentanée.  Les  ressourcessocia  les  s'en 
trouvent  naturellement  réduites,  et  il  ré.'^ulte 
des  comptes  minutieusement  vérifiés  et  exa- 
minés par  le  Comité  de  Contrôle  adminis- 
tratif et  financier  que  les  recettes  de  l'exer- 
cice écoulé  n'ont  été  que  de  2C.234  fr.  suffi- 
sant juste  à  assurer  le  fonctionnement  so- 
cial. Mais,  enfin,  grâce  à  une  gestion  pru- 
dente et  économique,  la  situation  de  la  So- 
ciété est  demeurée  parfaitement  équilibrée 
et  la  marche  de  tous  les  services  adminis- 
tratifs s'est  accomplie  dans  des  conditions 
normales. 

L'année  1897,  dans  laquelle  nous  sommes 
entrés,  verra  s'ouvrir  à  Bruxelles  une  bril- 
lante exposition  internationale  qui  s'annonce 
comme  devant  être  d'une  importance  consi- 
dérable. En  France  même,  sans  parler  des 
expositions  plus  ou  moins  fictives  et  illusoi- 
res qu'organisent  un  peu  partout  certains 
spéculateurs  spéciaux,  quelques  concours 
industriels  sérieux,  tels  que  celui  de  Vesoul, 
sont  en  bonne  voie  de  préparation.  Enfin, 
les  travaux  de  l'Exposition  universelle  de 
1900  qui  vont  être  entrepris  et  poursuivis 
sur  une  grande  échelle  sont  de  nature  à 
provoquer  un  vif  réveil  de  l'activité  indus- 
trielle et  commerciale  dans  notre  pays. 

Il  y  aura  pour  notre  Société,  dans  toutes 
ces  manifestations  de  l'esprit  de  travail  et 
de  progrès,  des  éléments  de  vie  et  d'action 
qui  nous  permettent  d'augurer  favorable- 
ment de  l'exercice  en  cours. 

Ainsi  que  l'indiquait  le  compte-rendu  de 
la  dernière  séance  du  Conseil  d'Administra- 
tion publié  dans  notre  journal  de  janvier,  le 
Conseil  a  choisi  comme  nouveaux  Membres, 
pour  combler  les  vacances  existant  dans  son 
sein  du  fait  de  décès  ou  de  démissions, 
MM.  Lagache,  Gaumont  et  Meyer. 

En  témoignage  d'approbation  de  la  mar- 
che de  la  Société  durant  l'exercice  écoulé, 


59 


JOURNAL  MENSUEL  DK  l'aCADÉIIIE  NAttONALt.  00 

nime  qu'elle  ralifie  la  nomination  des  trois 
nouveaux  Membres  du  Conseil  d'adminis- 
tration. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé,  la  séance  a 
été  levée  à  2  heures  1/2. 


le  Conseil  d'Administration  demande  à  l'as- 
semblée générale  de  ratifier  les  trois  nomi- 
nations ainsi  faites  en  conformité  du  para- 
graphe 4  de  l'article  XII  des  Statuts.  » 

A  la  demande  de  M.  le  Président,  l'as- 
semblée manifeste  par  un  assentiment  una- 


RÉCOMPENSES 

DÉCERiNÉES  PAR  L'ACADÉMIE  NATIONALE,  AGRICOLE, 
MANUFACTURIÈRE  ET  COMMERCIALE 

A  CEUX  DE  SES  MEMBRES  QUI  ONT  SOUMIS  DES  TRAVAUX  OU  DES  PRODUITS  AUX  JUGE- 
MENTS DES  COMITÉS,  ET  A  CEUX  DONT  L*ACTlvri  É  s'kSY  PLUS  PARTICULIEREMENT 
SIGNALÉE  DURANT  l' ANNÉE   1896. 


Diplômes  d'Honneur. 


A  MM. 


Bar,  à  Rantigny  (Oise).  —  Paillons  métal- 
liques. 

Blanc  (Ch.),  à  Paris.— Nouveaux  appareils 
pour  installations  de  bains. 

Blondel  (Alphonse),  à  Paris.  -  Pianos  à 
pupitre  mobile. 

Caron  fila,  à  Rouen.  —  Teintures  et  blan- 
chiments de  coton,  de  lin  et  de  ramie. 

Chicot,  à  Levallois-Perret.  —  Roues  pneu- 
matiques pour  voitures. 

Dewar  (John)  et  flls,  à  Londres.—  Whisky. 

Fauconnier  (François),  directeur  de  la 
fabrique  de  produits  céramiques,  à  Mau- 
beu^e.  —  Carrelages  et  produits  cérami- 
ques divers. 

Fortin  (Paul),  à  Paris.— Emeris  et  produits 
à  polir. 

Grobet  frères,  à  Vallorbes  (Suisse).  —  Li- 
mes et  burins. 

Guillabert  frères,  à  Seillans  (Var).  —  Fabri- 
cation perfectionnée  de  bouchons  et  arti- 
cles en  liège. 

Huriimann,  à  Ënge  (Suisse).  — -  Bières 
brunes  et  blondes. 

Jeaudonneno,  à  Paris.  —  Bijoux  et  ouvra- 
ges artistiques  en  cheveux. 

Julien  (Victor), à Lavaur  (Tarn).—  Liqueurs 
et  spiritueux. 

Le  Coultre  et  Cie,  au  Sentier  (Suisse).  — 
Fabrication  de  mouvements  de  montres. 


Marti  i Fritz),  à  Winterthur.  —  Commerce 
et  construction  de  machines  agricoles 
perfectionnées. 

Martin.  Maitte  et  Huberiand,  à  Pont- 
sur- Sambre.—  Fabrication  d'essieux  pour 
voitures  et  spécialement  d'essienx  à 
billes. 

Nordenfeit  (de),  à  Paris.  —  Appareil  dé- 
nommé Radiateur  Salénius^  permettant 
l'extraction  du  beurre  directement  du 
lait  pasteurisé. 

Pfândier  (Jean),  à  Rheineck  (Suisse).  — 
Broderies  mécaniques  et  imitations  de 
dentelles. 

Plojoux,  à  Genève.  —  Horlogerie  de  pré- 
cision. 

Vve  Rogée  et  Monnet,  à  Cognac—  Eaux- 
de-vie. 

Ruch  (Edmond),  gérant  de  la  Société  fran- 
çaise des  couleurs  d'aniline,  à  Pantin 
(Seine).  —  Fabrication  de  matières  colo- 
rantes artificielles  pour  la  teinture. 

Thomas  (Geo.)  et  Cie,  à  Manchester.  — 
Machines,  appareils  et  instruments  pour 

la  filature  et  le  tissage. 

Thury  et  Amey,  à  Genève.  —  Instruments 
de  précision  et  appareils  photographi- 
ques. 

Vibert  frères,  à  Paris.  —  Produits  divers 
de  parfumerie. 

Wallon,  à  Rouen.  —  Teinture,  impression 
et  gaufrage  de  tissus. 

Welti-Heer  et  Cie,  à  Lausanne.  —  Ameu- 
blements de  luxe. 


01 


LISTE  (iKNKUALK   hVJ»    RKCOMPK.NSES. 


02 


Diplômes  de  Médailles  d'Or/ 


A  MM. 


Almeida  (Constantino  de),  à  Villa  Nova  de 
Gaya.  —  Vin  vieux  de  Porto,  dénommé 
Constantino. 

Bertrand,  à  Conslantine.  —  Vermouth  et 
amer  au  quinquina. 

Boehm,  à  Mulhouse.  —  Carreaux  agglo- 
mères à  base  de  cuir  pour  parquetage. 

Canellopouios,  à  Paris.  —  Appareil  Sri/-- 
Atttmifttv  pour  Tallumage  automatique 
des  becs  de  gaz. 

Caspari  (Auguste),  à  Vevey  (Suisse).  -• 
I*n>*luits  et  spécialités  pharmaceutiques. 

Chaumeil,  à  Paris.  —  Créations  de  céra- 
mique artistique. 

Chiffemann,  à  Lisieux.  —  Préparation 
perfectionnée  des  fromages. 

3ornier-Tuller,  à  Fleurier  (Suisse).  — 
Absinthe. 

Ouperrat  Pauh  fils,  à  Nevers.  —  Travaux 
en  riment  à  armature  métallique  rivée  et 
Ireillagée. 

Frltsch  du  Val  et  Cle,  à  Bordeaux.  — 
Liqueurs   fines  de  la  Martinique. 

Garcia  Royo  (José),  à  Valence  (Espagne). 


—  Préparation   tonique   et   stomachique 
dénommée  Caféina, 

Haggipavlu  et  fils,  à  Limassol  (Ile  de 
Chypre).  —  Eaudevie  de  Chypre. 

Kratz-Boussac  et  de  Changy,  à  Paris.  — 
Lampe  portative  à  acétylène. 

tefettvre  (Isidore),  à  Nesle-Hodeng  (Sei- 
ne-Inférieure). —  Fromages  de  Neufchâ- 
tel. 

Meylan-Truan,  au  Sentier  (Suisse).  — 
lioilogerie  soignée  et  compliquée. 

Neher  (Oscar)  et  Cie,  à  Mets  (Suisse).  — 
Amidons  et  produits  dérivés  des  céréales 
et  des  farineux. 

Périn  frères,  à  Charleville.  -—  Clôtures 
agricoles  métalliques,  à  bnse  de  béton. 

Pint  (A.),  à  Saint-Pétersbourg.  —  Travaux 
de  calligraphie. 

Puel  père  et  fils,  à  Béziers.  —  Teintures 
de  soieries  usagées  et  en  pièces  neuves. 

Quartier  (Hmilo)  fils,  aux  Brenets  (Suisse). 

—  Montres  Génie, 

Roth  Meyer  et  Cie,  à  Oftringen  (Suisse). 

—  Tissus  de  coton  teints  et  imprimés. 
Seguin,  à  Paris.  —  Moteur  à  pétrole  et  à 

gaz  Le  Gnome, 


Diplômes  de   Médailies  de  Vermeil. 


A  MM. 

Allaire  (Octave),    à    Levallois- Perret.    — 
Graisse  industrielle  infusible. 

Apostolidés,  à  Constantinople.  —  Chaus- 
sures Unes. 

Baatard  et  Redard,  à  Genève.  —  Verres 
de  montres. 

Boissiére,  à  Reuen.  —  Tuiles  métalliques 
en  zinc. 

Bourguet,  à  Paris.  —Poulies  de  transmis- 
sion en  fer  forgé. 

Brochard-Quiiiet,  à  Chàteaudun.  —  Rhum 
Joplonn. 

Chailly,  à  Saint-Denis  (Seine).  —  Huiles  et 
graisses  pour  Pindustrie. 

Cher pit  (Louis),  à  Nyon  (Suisse).  —  Tra- 
vaux de  ferronnerie  artistique. 

Delisle  et  Cie,  à  Lau^^anne.   —  Produits 
de  pharmacie  et  d'hygiène  vétérinaire. 

Oemarco  et  Miret,  à  Montevideo.  —  Con- 
serves de  fruits. 


Dikansl^y  (Ilirsch),  à  Kharkov  (Russie).  — 
Vernis  à  l'alcool  pour  meubles. 

Ouprat  (Georges)  et  Cie,  à  Bordeaux.  -^ 
Vins  et  spiritueux  pour  l'exportation. 

Golliez  (Frédéric),  à  Morat.  —  Spécialités 
pharmaceutiques. 

Gui  Mon,  directeur  de  la  Société  des  Huiles 
immuables,  à  Salon  (Bouches  du-Rhône). 

—  Huiles,  végétales  inaltérables. 

Jean  (Jules),  à  Gap.  —  Services  rendus  au 
commerce,  à  rindustrie  et  à  l'agriculture 
de  la  région. 

Jordan    (Fritz),    à  Neuchatel    (Suisse).  — 

Produits  pharmaceutiques. 
Legrand-Baboye,  à  Fresnes    (Nord).    -- 

Chicorées  torréfiées. 
Pruszynski  (E.  de),  à  Saint-Pétersbourg. 

—  Résultats  de  son  cours  de  calligraphie. 
Rapin,  à  Montreux  (Suisse).    —  Produits 

pharmaceutiques. 
Schweingruber,  a  Saint-Imier  (Suisse).— 
Ressorts  pour  horlogerie. 

Stutzmann,  à  Genève.  —  Cuivreries  di- 
verses et  pompes  à  incendie. 


63 


JOURNAL  IIBN8CJKL  Dft  L^ ACADÉMIE    NATION ALB. 


04 


Diplômes  de  Médailles  d'Argent. 


A  MM. 

Bailiy  et  Cie, 

Phénix, 


à  Nancy.    —  Broyeur  le 


Charlent  (Isidore),  àGembloux  (Belgiqire). 
—  La  Charlentinr,  produit  pour  laver  le 
lin^e  et  les  étoffes,  et  faire  disparaître 
les  taches. 

Chéreau,  à  Bel-Abbès.—  Vins  d'Algérie. 

Coste-Folchar,  à  Montpellier.  —  Vins  de 
table. 

Cothenet-Tardy,  à  Uouen .  —  Produits  chi 
miquespourie  blanchissage  et  la  teinture. 

Putllh,  à  Puyoo  (Pyrénées-Orientales).  — 
Vin  blanc. 

FaYn8tein,à  Odessa.— Méthode  de  mnémo- 
'^  technie. 


Favreau  (lîlrnest)  fils, 
Liqueurs  diverses. 


à  Chatellerault. 


Fraisae,  Bruggar  et  Cie,  à  Morat  (Suis- 
se).— Travaux  de  teinturerie  et  de  lavage 
rhimique. 

Giger  frèraa,  à  Saint-Gall  (Suissel.  — 
Broderies  et  dentelles. 

Henricet  lîïenrl',  à  Nantes.  -—  Papier  Pru- 
neau contre  l'asthme. 

Hofer  et  Kuntzel,  à  Bâle  (Suisse).  —  Ap- 
pareils collecteurs  de  poussières. 

MIousaet  (Pierre),  à  Angoulôme.—  Liqueur 
la  Présidente. 

Navarre  (Pedro),  à  Bel-Abbès.  —  Farines 
et  vins. 

Povalyaev.  à  Simferopol.  —  Travaux  calli- 
graphiques. 

Rioou  (Henri),  à  Rouen.  —  Produits  insec- 
ticides et  raticides. 

Rocher,  à  Chàlons-sur-Marne.  —  Nouveau 
métiil   pour  pièces  de  prothèse  dentaire. 


COOPÉRATEURS 


Récompenses  décernées  aux  Coopérateurs  de  Membres  de  la  Société  en  conformité  du 
paragraphe  3  de  Tarticle  II  des  Statuts . 

Médailles  de  Vermeil. 


A  MM. 

Moreau  (lîlugêne).  chef  d'équipe  de  la 
fabrication  des  cuirs  de  chasse  pour  tis- 
sage, chez  M.  A.  Welby,  à  Rouen.  — 
18  années  de  services 

Négro  (Camille),  ouvrier  vermicellier,  chez 
iM.  Antoine  01  i  va  ri  lils,  fabricant  de  pAtcs 


alimentaires,  à  Niro  i Alpes- Varilimes).— 
18  années  de  services. 

A.  ytd^n  Osch,  employé  chez  MM.  Hesselink 
frères,  négociants  en  vins  d'Espagne,  à 
Arnhem  (Hollande).  —  18  années  de  ser- 
vices. 


Médailles  d'Argent. 


A  MM 

Dassigny  (Eugène),  contremaître  mode- 
leur, chez  MM.  Chambrette-Belion  et  Cie, 
constructeurs-mécaniciens,  à  Bèze  (Côte- 
d'Or).  —  25  années  de  services. 

Demalzlère  (Pierre),  ouvrier-ajusteur,  chc/. 
M.    Dard,  constructeur-mécanicien,  à  Pa 
ris.  —  22  années  de  services. 

Castelain  (Louis),  ouvrier  tisseur,  inven- 
teur de  divers  tissus   nouveaux,   ayant 


travaillé  pendant  23  ans  à  la  manufactura 
de  tapis  de  M.  Vayson,  à  Abbeville. 

Gamard  (Alfred-Gustave),  principal  jardi- 
nier pendant  lU  ans  à  la  manufacture  de 
M.  J.  Vayson,  à  Abbeville. 

Melano  (François),  ouvrier  vermicellier, 
chez  M.  Antoine  Olivari  flls,  fabricant  de 
pâtes  alimentaires,  à  Nice.  —  17  années 
de  services. 


(>.• 


AGRICCLTtBE. 


m 


Médailles  de  Bronze. 


A  MM. 


Ballon  (Anselme),  ouvrier  tourneur,  chez 
MM.  Chambrette-Belion  et  Cie,  cons- 
tructeurs-mécaniciens, àBéze  (Côte-d'Or). 
—  14  années  de  services. 

Campion  (Luifin),  ouvrier  de  l'atelier  de 
préparation  du  chiendent  pour  Texporta- 
tion.  chez  M.  Antoine  Adami,  à  Spreslano 
iltalie).  —  26  années  de  services. 

Frantz  (Félix),  ouvrier  ajusteur-monteur, 


chez  MM.  Chambrette-Bellon  et  Cie,  cons- 
tructeurs-mécaniciens, àBéze  (Côte-d'Or). 
—  15  années  de  services. 

Hagemann  (G.-P.),  contre  maître  de  la  fa- 
brique d'instruments  de  chirurgie  de 
M.  J.  Pohl,  à  La  Haye  (Hollande). -^5  an- 
nées de  services. 

Lorenzon  (Pietro),  chef  de  Tatelier  de  la 
préparation  du  chiendent  pour  Texporta- 
tion,  chez  M.  Antoine  Adami,  à  Sprcsiano 
(Italie).—  25  années  de  services. 


DISTINCTIONS  ACCORDÉES  AUX  MEMBRES  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE 


A  été  nommé  Chevalier  de  la  Légion 
d'Honneur  : 

.\f.  H.  SoiPTEiR,  viticuUeuV,  conseiller 
général  à  Tlemcen  (Algérie). 


A  «Hé  nommé  Officier  d'Académie  : 

M.    Antoine    Olivari  fils,    fabricant    de 
pûtes  alimentaires  à  Nice. 


AGRICULTURE 


CONCOURS  AGRICOLE  DE  PARIS 

Ainsi  que  nous  Tavons  précédemment 
aanoncé,  le  concours  général  agricole  de 
Paris  aura  lieu  au  Champ-de-Mars,  dans  la 
Galerie  des  iMacl^ines,  du  lundi  5  au  mer- 
credi 14  avril. 

II  comprendra  des  animaux  de  Ijouclierie 
des  espèces  bovine,  ovine  et  porcine  ;  des 
animaux  reproducteurs  des  mêmes  espèces  ; 
desYolailles  vivantes  et  des  volailles  mortes  ; 
des  produits  et  semences.  Une  exposition 
d'instruments,  de  machines  et  d'appareils 
agricoles  sera  annexée  à  ce  concours, 
comme  à  Thabitude. 

En  voici  le  programme  ofticiel  : 

Du  lundi  5  au  vendredi  0  avril  inclusive- 
ment, réception  et  installation  des  produits, 
opération  des  jurys. 

Du  mercredi  7  au  mercredi  14  avril 
Onclus),  exposition  des  machines. 

Samedi  10.  —  A  8  heures  et  demie  du 
matin  :  Opérations  du  jury  des  animaux. 

De  10  heures  du   matin  à  5  heures   du 


soir.  Exposition  publique   de  tout  le  con- 
cours. —  Prix  d'entrée  :  5  francs. 

Dimanche  11.  — De  9  heures  du  malin 
à  5*  heures  du  soir  :  Exposition  publique 
générale.  Prix  d'entrée  :.  1  franc. 

Lundi  12.  —  De  9  heures  du  matin  à  5 
heures  du  soir  :  Exposition  publique  géné- 
rale. —  Prix  d'entrée  :  1  franc. 

Mardi  13.  —  De  9  heures  du  matin  à  5 
heures  du  soir  :  Exposition  publique  géné- 
rale. —  Prix  d'entrée  :  1  franc. 

Mercredi  14.  —  De  9  heures  du  matin  à 
5  heures  du  soir  .  Exposition  ptiblique  gé- 
nérale. —  Prix  d'entrée:  1  franc. 

A  partir  de  1  heure  de  l'aprôs-mlii,  vepte 
aux  enchères  des  produits  et  vo*ailles 
mortes. 


LES  CONCOURS  RÉGIONAUX  AGRICOLES 
EN  1897 

Par  arrêtés  en  date  du  30  décembre  189(i, 
le  président  du  Conseil,  Ministre  de  l'agri- 
culture, adécidéqueles  concours  régionaux 


(57 


JO(;li^AL   HklNStlO.   UE 


agricoles  se  tiendront,  en  1897,  dans  lesvil- 
leset  aux  époques  suivantes  : 

Valence,  du  8  au  10  mai.  —  Bourges,  du 
]5au  23  mai.—  Bordeaux,  du22  au  30 
mai.  —  Rennes,  du  29  mai  au  G  juin.—  Ve- 
soul  du  2(>  juin  au  4  juillet. 

Pour  ôlre  admis  ù  exposer  dans  ces  divers 
concours,  on  doit  en  faire  la  déclaration  au 
Ministère  de  l'agriculture.  Cette  déclaration 
devra  être  parvenue  au  Ministère,  à  Paris, 
aux  dates  désignées  ci-après  :  Valence,  le 
25  mars  ;  —  Bourges,  le  5  avril  ;  —  Bor- 
deaux, le  10  avril  ;  —  Rennes,  le  15  avril  ;  — 
Vesoul,  le  15  mai. 

On  peut  se  procurer  les  programmes  de 
ces  divers  concours  et  les  formules  de 
déclaration  au  Ministère  de  Tagriculture  et 
dans  toutes  les  préfectures  et  sous-préfec- 
tures. 

Dans  les  dispositions  générales,  un  chan- 
gement important  a  été  apporté.  Tous  les 
agriculteurs,  constructeurs,  etc.,  résidant 
en  France,  en  Algérie,  dans  les  colonies  ou 
pays  de  protectorat,  pourront  prendre  part 
au;^  concours,  sans  distinction  de  région  ou 
quel  que  soit  leur  domicile.  Seuls,  les  agricul- 
teurs exploitants  seront  admis  à  concourir 
pour  les  récompenses  prévues  pour  les  ani- 
maux reproducteurs  des  races  bovine,  ovine 
et  porcine;  mais  i!s  ?ie pourront  prendre 
part  qu'à  un  seul  concours  régional  de  Van- 
née, C'est  là  que  se  trouve  le  changement 
que  nous  devons  indiquer.  Dans  les  derniè- 
res années,  les  éleveurs  pouvaient  envoyer 
leurs  animaux  à  plusieurs  concours  ;  les 
animaux  étaient  toujours  classés,  mais  il 
ne  pouvait  leur  être  attribué  de  primes  en 
argent  et  des  prix  d'ensemble  que  dans  un 
seul  concours  ;  désormais,  chaque  agricul- 
teur ne  pourra  prendre  part  qu*à  un  seul 
concours. 

CONCOURS  DE   LA 

SOCIÉTÉ  D'APICULTURE 

DE  LA  MIEUSE 

La  Société  départementale  d'Apiculture 
du  départemental  de  la  Meuse^  présidée 
par  notre  Sociétaire,  M.  Alfred  Boinette, 
ouvre  trois  concours,  en  1897  : 


l'academiu  nationale.  <>8 

P""  Entre  tous  les  auteurs,  français  et 
étrangers,  d'ouvrages  apicoles  écrits  en  lan- 
gue française. 

2^  Entre  les  Instituteurs  de  la  Meuse  qui 
donnent  l'enseignement  apicole  à  leurs  élè- 
ves. 

3*  Entre  les  Apiculteurs,  praticiens  ou 
amateurs,  qui  possèdent  dans  la  Meuse,  des 
ruchers  fixisteA  ou  mobilisles.' 

Les  Bécompenses  à  décerner  consisteront 
en  :  Diplômes  d'honneur  et  médailles  d'or, 
en  médailles  de  vermeil,  d'argent,  de  bron- 
ze, en  diplômes  de  médailles,  en  ouvrages 
apicoles  ou  en  instruments  d'apiculture. 

Les  auteurs  devront  adresser  au  Prési- 
dent de  la  Société,  à  Bar-!eDuc,  avant  le 
P' juin,  au  moins  un  exemplaire  de  leurs 
ouvrages.  Les  ouvrages  admis  au  Concours 
ne  seront  pas  rendus. 

Les  instituteurs  enverront  un  ou  plusieurs 
cahiers  de  leurs  élèves  comme  preuves  de 
leur  enseignement.  Ces  cahiers  seront  re- 
tournés après  le  Concours. 

Les  Commissions  d'examens  seront  ainsi 
composées  : 

Pour  la  visite  des  ruchers,  le  Bureau  de 
la  Section,  où  se  trouvera  un  concurrent, 
choisira  lui-même  deux  examinateurs  men- 
bres  de  la  Société  et  habitant  le  canton, 
auxquels  il  sera  adjoint  un  membre  du  Bu- 
reau central  qui  présidera  la  Commission. 
—  Le  Jury  chargé  d  examiner  les  ouvrages 
et  cahiers  d'apiculture  ssra  nommé  en 
Assemblée  générale. 

Ces  Commissions  seront  tenues  de  faire 
un  rapport  qui  sera  adressé  au  Président 
de  la  Société.  Les  membres  du  Bureau  se 
réuniront  ensuite  pour  prendre  connais- 
sance des  divers  rapports  et  dresser  la  liste 
définitive  des  récompenses. 

Les  membres  des  Commissions  d'examen 
ne  pourront  pas  prendre  part  auxConcours. 

Les  personnes  qui  ont  l'intention  de  con- 
courir doivent  adresser  leur  demande  au 
Secrétaire-Général,  M.  Maujan,  à  Longe- 
ville,  avant  le  1"  juin. 


W  AGRICULTURE. 

IMCUBATEUR  AUTOMATIQUE 

de  haute  précision. 

Sjslèmode  M.  J.  de  Sokolmcki,  àChinchon, 
parCastillon  (Gironde). 

M.  ddSokolnicki  nous  aadressé  la  photo- 
graphie, un  dessin  schématique  en  coupe, 
et  une  description  détaillée  d'un  appareil 
qa'il  dénomme  incubateur  automatique^  et 
qui  est  une  couveuse  artificielle  joignant 
Dne  très  grande  précision  de  fonctionne- 
raent  à  une  réelle  élégance  d'aspect. 

Voici  comment  M.  de  Sokolnicki  décrit 
lui-même  son  appareil  : 

«  C'est  une  cloche  double  en  zinc,  à  pans 

•  coupés,  reposant  sur  un  socle  en  bois  qui 

•  comporte  un  tiroir  pour  recevoir  les  œufs 

•  è  faire  éclore. 
«  Le  régulateur  de  chaleur,  qui,  en  fait, 

■  est  Tàme  de  l'appareil, est  tout  simplement 
t  une  bande  métallique  formée  de  deux  mé- 

<  tans  à  dilatations  différentes.  Cette  ban- 

•  de  est  enroulée  en  hélice,  Tune  des  extré- 

•  mités  étant  fixée  à  un  bouton  de  réglage, 

<  et  Tautre  agissant  sur  une  manivelle  qui 
«  commande,  par  transmission  axiale,  un 
«  disque  obturateur  placé  dans  une  chemi- 
«  née  centrale  qui  réalise  la  communication 
t  de  la  chambre  chaude  d'incubation  avec 
-Tair  extérieur. 

tUn  récipient  à  eau  chaude  de  dimen- 

•  sions  relativement  vastes  occupe  la  plus 

<  grande  place  dans  l'intérieur  de  l'appareil 

■  et  se  trouve  surmonté  et  entouré  d'une 
«  enveloppe  que  j'appelle  thermanisante  et 
«  qui  est  remplie  d*une  pâte  semi-fluide 
-  formé  de  poudre  de  charbon  et  d'huile  de 

<  lin.  Le  récipient  à  eau  chaude  communi- 

•  que  par  deux  tubes,  placés  l'un  à  sa  par- 
t  tie  supérieure  l'autre  à  sa  partie  inférieure, 

<  avec  un  bouilleur  fermé,  placé  à  Texté- 
<riear  derappareil  et  qui  peut  être  chauffé 
«  par  une  petite  lampe  à  alcool  ou  à  essence 

•  minérale,  de  façon  à  entretenir  la  chaleur 
«delà  masse  d'eau.  » 

Tel  qu'il  est  décrit  par  M.  de  Sokolnicki 
et  tel  qu'il  est  figuré  parle  dessin  et  la  pho- 
tographie, l'appareil  semble  aussi  bien  con- 
çu que  bien  exécuté. 


7e 

11  s'est  montré  d'une  très  grande  sensibi« 
lité  de  fonctionnement,  la  température  in- 
térieure s'y  maintient  absolument  constante 
au  degré  déterminé  par  le  bouton  de  régla- 
ge de  l'hélice  régulatrice.  11  paraît  môme 
que,  grâce  aux  propriétés  calorifuges  de  la 
pâte  qui  constitue  Ven voloppe  appelée /Aer- 
manisante  par  M.  do  Sokolnicki,  Téclosion 
des  œufs  est  toujours  assurée,  même  en  cas 
d  extinction  de  la  lampe  extérieure,  la  tem- 
pérature intérieure  de  Tappareil  ne  s*abais- 
sant,  dans  ce  cas,  que  de  un  degré  en  six 
jours. 

Dans  ces  conditions,  il  y  a  lieu  de  re- 
connaître que  l'Incubateur  automatique 
construit  par  M.  de  Sokolnicki  présente 
réellement  une  plus  grande  précision  et 
une  plus  grande  sécurité  do  fonctionne- 
ment que  les  couveuses  artificielles  créées 
jusqu'à  présent  par  divers  constructeurs, 
lesquelles  sont  cepeniiantassez  satisfaisantes 
dans  la  pratique. 


INFLUENCE  DE   LA  LUMIÈRE  VIOLETTE 

sur    la  croissance    do  certains 
jeunes  animaux. 

Communication  de  M.  J.  ns  SoKoi.NtoKi, 
à  Chinchon-1a>Buraille,  par  Castillon 
(Gironde) . 

Dans  notre  journal  de  février  1893,  nous 
avons  publié  une  note  sur  les  résultats  sur- 
prenants qu'avait  obtenus  notre  sociétaire, 
M.  J.  de  Sokolnicki,  en  plantant  des  bou- 
tures de  vigne  dans  une  serre  à  vitrage  vio- 
let. Dans  notre  journal  de  mars  1898,  rêve 
liant  sur  la  même  question,  nous  avons  re- 
produit l'analyse  d'une  note  communiquée 
à  l'Académie  des  sciences  et  relatant  les 
curieux  effets  obtenus  par  M.  Camille  Flam- 
marion, dans  les  serres  de  la  station  de  cli- 
matologie agricole  de  Juvisy,  à  la  suite 
d'expériences  variées  faites  sur  plusieurs 
végétaux  soumis  aux  influences  de  la  lu- 
mière colorée  en  diverses  teintes. 

A  la  suite  de  cette  dernière  publication, 
M.  J.  de  Sokolnicki  a  renoncé  à  poursuivre 
ses  expériences    personnelles    concernant 


n 


JOURNAL  MENSCBL  DB 


rinfluence  de  la  lumière  colorée  sur  la 
végélation,  ne  doutant  pas  que  M.  Camille 
Flammarion  et  ses  collaborateurs  de  la  sta- 
tion de  climatologie  de  Juvisy  ne  dussent 
continuer  leurs  essais  particuliers  dans  cette 
voie  si  intéressante. 

Mais  notre  Sociétaire  résolut  d'entrepren- 
dre des  recherches  de  même  nature  en  fai- 
sant porter  ses  expériences  sur  la  croissance 
des  jeunes  animaux,  et  voici  l'intéressante 
communication  qu'il  vient  de  nous  adres- 
ser, touchant  les  résultats  de  ses  nouvelles 
expériences  : 

«  En  voulant  continuer  à  étudier  plus 
u  particulièrement  Tinfluence  de  la  lumière 
a  violette,  j'ai  éprouvé  les  mômes  difficul- 
«  tés  que  M.  Camille  Flammarion  à  me  pro- 
«  curer  dans  le  commerce  des  verres  fran- 
«  chementv/o/ef5,  et  j'ai  dû  me  contenter  de 
u  ceux  dont  la  réfrangibilité  égalait  à  peu 
u  près  celle  des  verres  rouges,  les  tenant 
«  alors  pour  sufGsamment  bons. 

«  Dans  une  portée  de  dix  petits  porcelets, 
(1  aprèssevrage,  je  choisis  quatre  animaux  à 
«  peu  près  semblables,  et  je  les  divisai  en 
«  deux  groupes  de  même  poids.  L'un  des 
»  groupes  a  été  soumis  à  la  lumière  violette, 
«  c'est-à-dire  placé  dans  une  case  de  por- 
«  chérie  ne  recevant  la  lumière  qu'au  tra- 
a  vers  de  vitres  violettes,  tandis  que  l'autre 
u  groupe  restait  dans  une  case  éclairée  à  la 
u  simple  lumière  du  jour. 

«  Il  va  sans  dire  que  pour  les  deux  grou- 
«  pes  la  nourriture  et  les  soins  furent  de 
«  nature  identique. 

«  Or,  au  bout  de  quatre  mois,  les  porce- 
«  lets  soumis  à  Tinfluence  de  la  lumière 
«  violette,  pesaient  un  tiers  en  plus  que  les 
«  porcelets  de  l'autre  groupe.  Leur  peau 
«  était  d'une  fines.se  excessive  et  leurs  soies 
«  absolument  blanches  et  argentées.  Ces 
u  porcelets  furent    vendus  au  marclié   un 


L'ACAD^lB  NATIONALE.  T2 

:  «  tiers  plus  cher  que  leurs   similaires    de 

I  <(  même  âge. 

«  Les  deux  porcelets  soumis  à  la  lumière 
c  blanche  ont  été  de  très  bonne  venue,  grâ- 
'<  ce  aux  soins  spéciaux  et  réguliers  dont  ils 
«  avaient  été  l'objet  ;  mais  ils  n'ont  accusé 
»  ni  la  finesse,  ni  le  volume  de  ceux  du 
f  premier  groupe.  Leur  peau  était  rousse, 
€  ainsi  que  l'extrémité  de  leurs  soies,  qui 
«  étaient  entièrement  d'une  nuance  roux 
«  sale, à  la  queue. 

a  J'ai  constaté  aussi  qu'un  jeune  chat  se 
«  développait  extraordinairement  sous  Tin- 
«  fluence  de  la  lumière  violette,  mais  que 
a  cependant  le  développement  démesuré 
«  s'arrêtait  aussitôt  que  lé  jeune  animal 
«  commençait  à  gambader,  ce  qui  semble- 
«  rait  indiquer  que  Vinaction  est  nécessaire 
«  au  succès. 

«  Parmi  les  volatiles,  le  pigeonneau  est  des 
«  plus  sensibles  à  l'influence  de  la  lumière 
«  violette  et  devient  énorme  en  vingt  jours. 
tf  Parmi  les  insectes  le  grillon  noir  des 
0  champs  devient  tellement  gros  et  gras 
«  qu'il  ne  peut  bientôt  plus  bouger  et  qu'il 
«  en  crève  parfois. 

«  De  toutes  mes  expériences,  j'ai  retiré 
«  cette  conviction  que  l'influence  de  la 
«  lumière  violette  pourrait  être  appliquée 
«  avec  succès  aux  couveuses  d'enfants^  ce 
c  qui  serait  peut-être  un  bienfait  pour  les 
«  frêles  êtres  qu'on  leur  confie.  Dans  tous 
«  les  cas,  l'expérience  vaudrait  la  peine 
«  d'être  tentée,  et  j'avoue  que  je  serais  heu- 
«  veux  si  ces  lignes  tombaient  sous  les  yeux 
«  de  quelqu'un  qui  veuille  s'occuper  de  la 
«  question.  » 

Nous  enregistrons  textuellement,  sans 
commentaires,  la  communication  de  M.  de 
Sokolnicki  et  nous  ferons  en  sorte  que  le 
dernier  paragraphe  de  cette  communica- 
tion soit  porté  à  la  connaissance  de  qui  de 
droit. 


KXI»0SITI0.N8   KT  CONCOURS. 

EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


74 


EXPOSITION  INDUSTRIELLE 
à  VESOUL  (Haute-Saône). 

A  Toccasion  du  concours  régional  et  hip- 
pique, une  exposition  industrielle  se  tiendra 
à  Vesoul  du  20  juin  au  l^août  1897.  Cette 
eiposition  pouvant  intéresser  nos  sociétai- 
res, nous  les  informons  que  leur  demande 
d'admission  doit  être  envoyée  avant  le 
10  mars  au  secrétaire  du  comité,  M.  Lassus, 
14,  place  du  Palais,  à  Vesoul. 

Les  Industriels  qui  voudront  bien  partici- 
per à  cette  Exposition,  sont  assurés  de  trou- 
ver à  Vesoul  un  excellent  accueil.  La  com- 
mission spéciale  se  tiendra  à  leur  disposition 
pour  fournir  tous  renseignements  qu'ils 
jugeront  utile  de  demander. 

La  municipalité  ne  négligera  rien  pour 
donner  à  ces  fêtes  agricoles  et  industrielles 
le  plus  de  relief  possible,  notamment  par 
Torganisation,  tous  les  dimanches,  de  difié- 
rents  concours  de  sociétés  :  musique,  gym- 
nastique, cycles,  pompes. 

Agréablement  située  au  centre  d'un  pays 
de  production  et  à  l'intersection  de  plusieurs 
lirandes  lignes,  la  ville  de  Vesoul  sera  cer- 
tainement visitée,  pendant  la  période  des 
fêtes,  par  une  nombreuse  affluence  d'agri- 
culteurs, de  négociants  et  d*amateurs.  De 
sorte  que  les  exposants,  outre  la  perspective 
d'obtenir  des  récompenses  honorifiques, 
auront  l'avantage  de  faire  apprécier  leurs 
produits  et  d'étendre  leurs  relations  com- 
merciales. 

Notre  Sociétaire,  M.  Magot,  fabricant  de 
limes  et  scies,  à  Vesoul,  fait  partie  du  Co- 
mité d'initiative  de  cette  exposition,  et  se 
met  à  la  disposition  de  ses  collègues  pour 
leur  fournir  tous  les  renseignements  parti- 
culiers qu'il  pourraient  désirer  au  sujet  de 
l'exposition. 


EXPOSITION   RÉGIONALE 

à  QAP  (Hautes- Alpes). 

Du  10  au  25  septembre  dernier  s'est  tenue 
à  Gap,  chef-lieu  du  département  des  Hau- 


tes-Alpes, dans  la  cour  du  lycée  de  la  ville, 
une  exposition  régionale,  à  la  fois  artisti- 
que, industrielle  et  agricole,  dont  le  succès, 
quoique  modeste,  a  été  très  réel. 

Visitée  avec  beaucoup  d'intérêt  par  un 
grand  nombre  d'habitants  de  Gap  et  des 
environs,  cette  exposition  régionale  a  mis 
en  relief  les  ressources  agricoles  et  indus- 
trielles de  la  contrée  et  a  répandu  dans  le 
public  la  connaissance  de  progrès  nouveaux 
dans  les  différentes  '  branches  de  l'activité 
humaine.  Elle  a  ainsi  produit  tous  les  ré- 
sultats utilitaires  à  attendre  des  expositions 
sérieuses  et  bien  ordonnées. 

L'initiateur  de  cette  intéressante  exposi- 
tion a  été  notre  Sociétaire,  M.  Jules  Jban, 
directeur  de  la  société  commerciale  dé- 
nommée Comptoir  agricole  des  Alpes^  qui 
a  conçu  le  projet  d'organisation  et  qui  a  tra- 
vaillé à  son  exécution  en  qualité  de  Com- 
missaire général  de  l'Exposition  et  de  Prési- 
dent du  Jury  de  la  section  agi'icolê. 

Tous  les  organes  de  la  presse  locale  ont 
été  unanimes  à  reconnaître  que  le  mérite  de 
la  plus  grande  part  du  succès  obtenu  par 
l'Exposition  de  Gap,  devait  revenir  à  H.  Ju- 
les Jean,  qui  a  prodigué  ses  efforts  et  son 
travail  pendant  les  périodes  de  préparation, 
d'organisation  et  de  liquidation  de  cet  in- 
téressant concours. 

Il  va  sans  dire  que  le  Comptoir  agricole 
des  Alpes  avait  participé  d'une  façon .  très 
complète  à  l'Exposition  de  Gap  en  y  pré- 
sentant, parfaitement  ordonnés  et  arrangés 
avec  goût,  tous  les  produits  et  appareils  si 
divers,  la  plupart  pour,  usages  agricoles, 
dont  ce  Comptoir  assure  la  vente  dans  la  ré- 
gion des  Hautes-Alpes. 

En  sa  qualité  de  Président  du  Jury  de 
la  section  agricole,  H.  Jules  Jean  se  trou- 
vait naturellement  placé  hors  concours  à 
cette  exposition  de  Gap,  mais  sa  collection 
de  récompenses  honorifiques  ne  s'en  trou- 
vera pas  moins  enrichie  cette  année  d'une 
médaille  d'argent  obtenue  à  l'Exposition 
d'horticulture  de  Bayonne  et  d'un  diplôme 


75  JOURNAL  MENSUEL  DE  L'ACADéXIE  NATIONALE 

de  grand-prix  remporté  à  une  exposition  de 
Tours. 

Nous  avons  pris  connaissance  avec  beau- 
coup d'intérêt  des  renseignements  qui  nous 
ont  été  transmis  sur  Tintelligente  activité 
déployée  par  M.  Jules  Jean  dans  la  concep- 
tion et  dans  Torganisation  de  TExposiiion 
de  Gap,  et  nous  avons  lu  avec  plaisir  les 
discours  judicieux  et  môme  éloquents  qu'il  ^ 
a  prononcés,  tant  au  jour  de  l'inauguration 
de  l'Exposition  qu'à  celui  de  la  proclama- 
lion  des  récompenses. 

Notre  sympathique  Sociétaire  a  donné  là 
de  nouveaux  gages  de  son  dévouement 
éclairé  à  la  cause  du  progrès  et  a  rendu 
ainsi  de  nouveaux  services  à  l'agriculture  de 
son  département. 


UNE 


EXPOSITION  DANS 
CENTRALE 


L'AMÉRIQUE 


à  Guatemala,  en  1897. 
Règlement  général. 

C'est  à  la  jeune  République  du  Guatemala 
que  l'Amérique  centrale  est  redevable  de 
cette  initiative  hardie,  car,  c'est,  en  effet, 
son  assemblée  législative  qui  a  décrété,  le 
8  mai  1894,  qu'une  exposition  des  cinq 
Républiques  de  l'Amérique  centrale  ouvri- 
rait dans  la  capitale  du  Guatemala  le  15 
mars  1897,  et  y  tiendrait  ses  assises  jusqu^au 
l'^'^juillet  de  la  môme  année,  jour  de  sa  fer- 
meture. 

Si  Ton  pense  que  la  petite  République, 
initiatrice  de  cette  idée  qui  peut  et  doit 
être  féconde,  couvre  une  superficie  de  plus 
de  125.000  kilomètres  carrés  et  renferme 
plus  de  1.500.000  habitants,  qu'elle  touche 
au  Mexique  auquel  elle  est  reliée  par  des 
voies  ferrées  et  qu'elle  s'étend  à  l'entrée  de 
l'Isthme  de  Panama,  dans  la  partie  la  plus 
fertile,  sur  les  deux  Océans  où  elle  possède 
d'excellents  ports,  on  se  rendra  compte 
tout  de  suite  du  grand  effort  qu'elle  est 
capable  de  réaliser  en  vue  du  succès  final. 

Les  cinq  républiques  pourront  exposer 
des  cafés,  des  cacaos,  des  tabacs  de  premier 
ordre,  des  bois  d*ébénisterie  et  de  teinture, 
des  vanilles,  des  cotons,  des  cuirs,  des  échan- 


76 

(liions  de  produits  miniers  de  tous  ordres, 
depuis  la  houille,  jusqu'à  l'or,  en  passant 
par  le  fer,  le  .cuivre,  l'argent  et  toutes  les 
pierres  précieuses. 

Nou<î  pourrions  allonger  cette  nomencla- 
ture des  produits  naturels  du  sol  pendant 
deux  colonnes,  parler  des  fruits  incompara- 
bles de  ces  pays,  etc.,  mais  la  nomenclature 
pourrait  en  devenir  fastidieuse  et  nos  lec- 
teurs savent  tous  quelle  est  la  fertilité, 
quelles  sont  les  richesses  naturelles  de  ces 
admirables  contrées . 


Ce  qu'il  importe,  c'est  que  nos  commer- 
çants connaissent  la  date  de  cette  exposition, 
que  nos  industriels  sachent  quelles  sont 
les  matières  premières  qu'ils  peuvent  y 
rencontrer,  tandis  qu'ils  y  trouveront  des 
débouchés  certains  pour  leurs  objets  ma- 
nufacturés :  colons  filés  et  tissés,  merceries, 
chaussures,  chapeaux,  soieries  de  Lyon, 
quincailleries,  drogueries,  vins  et  liqueurs, 
etc. 

C'eîît  en  obéissant  à  ces  diverses  préoccu- 
pations ou  plutôt  pour  satisfaire  à  ces  di- 
vers et  légitimes  besoins  d'information 
que  le  gouvernement  de  la  République  du 
Guatemala  vient  de  faire  publier  en  fran- 
çais  et  distribuer /(?  Règlement  général  de 
r  Exposition  Centre  -Américaine . 

Cette  petite  brochure  de  soixante  et  quel- 
ques pages  est  trô>  complète,  très  claire  et 
très  suffisante  et  Ton  ne  peut  que  rendre 
un  juste  hommage  au  sens  pratique  et  à  la 
ij.hode  si  simple  qui  ont  présidé  à  sa  ré- 
daction. 

Celte  traduction  de  l'espagnol  n'est  peut- 
être  pas  toujours  d'une  pureté  irréprocha- 
ble et  l'on  pourrait  peut-être  se  prendre  à 
regretter  qu'un  homme  plus  familiarisé  avec 
notre  langue  n'ait  point  présidé  à  sa  cor- 
rection, mais  ce  n'est  là  qu'une  critique  de 
détail  de  peu  d'importance. 

On  pourrait  aussi  trouver  un  peu  exagéré 
lo  ton  même  de  l'avant-propos  aux  expo- 
sants, mais  il  ne  faut  pas  oublier  que  nous 
sommes  là  en  pays  interlropical  ;  le  soleil 
et  la  noble  langue  espagnole  sont  donc  les 
seuls  coupables,  et  l'on  aurait,  en  quelque 
sorte,  mauvaise  grâce  à  sourire  d'un  bel  en- 
thousiasme, qui,  en  définitive,  n'est  qu'un 


INDUSTRIE. 


78 


excès  bien   excusable   de  patriotisme  chez 
It^  peuples  jeunes. 

Ces  jeunes  Républiques  américaines  mon- 
trent, en  effet,  une  ardeur  et  des  enthou- 
siasmes qui  paraissent  presque  sonner  faux 
dans  notre  vieille  Europe.  C*est  cependant 
mù  par  de  tels  sentiments  que  Ton  arrive  à 
faire  de  grandes   choses   et  à  réaliser  des 


œuvres  qui   paraissent  supérieures  à    ses 
forces  et  à  ses  ressources. 

Tel  sera  certainement  le  cas  de  la  Répu- 
blique du  Guatemala,  lorsqu'elle  sera  prête 
à  recevoir  les  visiteurs  de  son  exposition 
Centre-Américaine  au  mois  de  mars  de 
cette  année. 

P.  V. 


INDUSTRIE 


BUOUX  ET  OUVRAGES  ARTISTIQUES 
EN  CHEVEUX 

de  M.  Jeaudonneng,  bijoutier, 

fabricant-dessinateur  en  cheveux, 

passage    du   Havre,  39  à  43,  à  Paris. 

Il  en  est  de  cette  si  curieuse  et  si  spéciale 
industrie  des  cheveux  ou,  si  Ton  aime 
mieux,  de  cet  art  de  travailler  les  cheveux, 
comme  de  beaucoup  d'autres  depuis  vingt- 
rîoq  ans,  comme  de  la  photographie  par 
exemple  :  on  s'en  va  répétant  que  Vart  de 
travailler  les  cheveux  n*est  plus  à  la  mode, 
pifce  que  les  boutiques  ou  Ton  voyait  les 
objets  ingénieusement  édifiés  avec  nos  poils 
^  font  rares.  C'est  absolument  comme  si 
Ton  disait  que  la  photographie  disparait 
parce  qu'il  n'y  a  plus  une  photographiée 
chaque  coin  de  rue,  au-dessus  du  marchand 
df  vin,  comme  cela  avait  lieu,  il  y  a  quel- 
que trente  ans,  avant  la  guerre. 

Eh  bien,  c'est  là  une  grave  erreur  dans 
laquelle  il  importe  de  ne  pas  tomber  ; 
jamais  Part  de  travailler  les  cheveux  aussi 
bien  que  la  photographie  n'ont  été  autant  à 
h  mode,  n'ont  eu  une  clientèle  plus  sûre, 
plus  régulière,  plus  fidèle. 

Ce  qui  est  la  vérité,  c'est  que  toutes  les 
petites  maisons,  où  l'on  ne  faisait  que  de  la 
camelote,  qu'on  me  passe  le  mot  parce  qu'il 
rend  bien  ma  pensée,  ont  disparu  une  à  une, 
et  qu*il  ne  reste  debout,  à  l'heure  actuelle, 
qae  les  maisons  de  confiance  où  l'on  exé- 
cute des  travaux  vraiment  finis,  vraiment 
mistiqnes. 

Si  cette  constatation  a  jamais  été  &sa  pla- 


ce, c'est  bien  lorsque  Ton  a  à  parler  de 
cel  art  de  transformer  les  cheveux  en  mille 
objets  divers,  simples  souvenirs  ou  véri- 
table œuvre  d'art  delà  bijouterie  contem- 
poraine où  les  cheveux  ne  semblent  plus 
que  Pingénieux  et  touchant  prétexte. 

A  l'heure  présente  on  peut  dire  que  dans 
cet  ordre  d'idées  notre  collègue,  M.  Jeau- 
donnenc,  expert  près  le  gouvernement, 
tient  la  tète  et  crée  chaque  jour,  avec  de 
simples  cheveux,  une  multitude  infinie  de 
bimbelots,  de  menus  objets,  qui  touchent  à 
une  foule  d'industries  et  sont  de  véritables 
œuvres  d'art,  dans  l'acception  la  plus  rigou- 
reuse du  mot. 

Cela  tient  à  ce  qu'il  fabrique  ou  plutôt 
dirige  la  fabrication  chez  lui,  sous  ses  yeux, 
car  il  emploie  dans  ses  ateliers  —  qui  l'eût 
cru  ?  —  une  quarantaine  d'ouvriers  des 
deux  sexes,  ce  qui  prouve  que  les  comman- 
des ne  chôment  pas.  Cela  tient  à  ce  qu'il 
est  tout  à  la  fois  dessinateur  et  bijoutier,  et 
peut,  par  conséquent,  donnera  ces  objets  le 
cachet  de  distinction  artistique  et  de  bon 
goût,  si  l'on  ne  veut  pas  tomber  précisé- 
ment dans  la  trivialité  des  tableaux  en  che- 
veux, tels  qu'on  les  comprenait  il  y  a  qua- 
rante ans  et  tels  qu'on  ne  les  retrouve  plus 
aujourd'hui  que  dans  quelques  loges  de 
concierges  attardés  du  Marais. 

Encore  une  fois,  donner  un  aperçu,  mê- 
me succinct,  des  objets  sortant  des  ateliers 
de  M.  Jeaudonnenc,  serait  chose  impossible 
par  cette  excellente  raison  qu'il  met  à  con- 
tribution toutes  les  industries,  pour  créer 
tous  les  objets  que  Ton  peut  imaginer,   en 


79 


JOURNAL  MKNSDbL  DB 


employant  toujours  le  cheveu,  rien  que  le 
che?eu.  Ses  matières  précieuses,  Tor,  le 
bois,  Targent,  les  cuirs,  etc.,  ne  forment  ja- 
mais que  le  cadre  et  rien  de  plus,  et  à  ce 
point  de  vue,  il  est  bon  dinsisteret  de  pré- 
ciser. Vous  voyez  à  la  devanturede  son  ma- 
gasin, dans  ce  passage  du  Havre,  si  connu 
de  tous  les  Parisiens,  des  paysages  entiers, 
de  véritables  tableaux,  des  fleurs,  des  per- 
sonnages, des  oiseaux.  Tout  cela  est  en  che- 
veux, intégralement  en  cheveux  tassés,  lis- 
sés, coupés,  liquéfiés,  réduits  en  poussière, 
etc.,  mais  ce  sont  toujours  des  cheveux  et 
uniquement  des  cheveux. 

Cependant,  essayons  de  citer  au  hasard 
ceux  qui  ont  le  plus  vivement  sollicité  et 
retenu  notre  attention. 

Voici  d  abord  un  cadre  carré  sculpté,  con* 
tenant  la  reproduction  d'un  portrait  de 
M.  Caruot,  surmonté  d*un  écusson  portant 
son  chifTre  et  entouré  d'une  draperie  t'uné- 
raire,avec  motifs  allégoriques  d'un  excellent 
effet. 

Voici  un  véritable  tableau  ;  dans  un  ca- 
dre Louis  XVI  eu  palissandre  et  bronze 
ciselé,  une  photographie  en  relief  représen- 
tant M"**  deX.  dans  sa  maison  de  campagne, 
et  dire  que  tout  cela  est  en  cheveux,  c'est, 
en  vérité,  à  n'y  pas  croire. 

Dans  un  cadre  en  bronze  sur  peluche 
bleu  de  ciel  nous  remarquons  une  disposi- 
tion charmante  de  boucles  de  cheveux 
blancs  agrémentées  de  fleurs  fines,  telles 
que  pensées,  myosotis,  lierre,  etc.  ;  faut-il 
faire  remarquer  encore  une  fois  que  toutes 
ces  fleurs  sont  aussi  bien  en  cheveux  que  le 
motif  principal  qu'ils  accompagnent  dans 
une  très  harmonieuse  tonalité. 

Du  reste,  notre  collègue  réalise  de  vérita- 
bles merveilles  dans  cet  ordre  d'idées  : 
regardez  dans  ce  cadre  de  bronze  et  velours 
grenat  aux  tons  plus  chauds  cette  gerbe  de 
roses  en  boutons,  de  feuillage  et  de  myoso- 
tis accompagnés  d'une  palme  enroulée  de 
lierre,  avec  un  chiffre  au  centre,  et  dites- 
moi  si  vraiment  l'artiste  ne  semble  pas  a  voir 
fait  concurrence  à  la  nature  elle-même,  et 
cependant  tout  cela  est  fait  et  créé  de  tou- 
tes pièces  avec  une  poignée  de  cheveux  ; 
cela  tient  tout  à  fait  du  miracle  ! 


L'aCAOÉMIK  NATIONALB.  80 

Sous  un  cadre  en  bronze  doré,  voici  une 
corne  d'abondance  formée  de  fleurs  diver- 
ses représentant  la  réunion  d'une  famille 
avec  son  chiffre.  Au  milieu  de  ces  fleurs  se 
trouve  une  mouche  tout  en  cheveux^  que 
Ion  dirait  prête  à  s'envoler,  tellement  elle 
est  bien  imitée. 

Citerons-npus  encore  la  longue  fille  des 
écrins  élégants  renfermant  des  plumes^  des 
portes-crayons,  des  coupe-papier,  des  sous- 
mains,  des  fournitures  de  bureau,  en  un 
mot,  sous  leur  forme,  les  plus  multiples  et 
les  plus  variés. 

Ces  écrins  renfermant  les  bijoux,  chaînes, 
broches,  bagues,  épingles  de  cravate,  reli- 
quaires, châtelaines,  bracelets,  boulons  de 
manchettes,  breloques,  etc.,  etc.,  toujours 
tout  en  cheveux  et  montés  sur  argent,  or, 
perles  fines,  diamants,  etc.,  suivant  la  fan- 
taisie ou  la  fortune  des  clients,  sont  là  pour 
séduire  et  émerveiller  les  visiteurs. 

Pour  nous  résumer  d'un  mot,  H.  Jeau- 
donnenc  a  su  faire  de  son  industrie  si  spé- 
ciale un  art  véritable,  et  certes  ceux  de  nos 
collègues  qui  passeront  une  heure  dans  ses 
magasins  et  dans  ses  ateliers  en  ressortiront 
convaincus  que  Ton  peut  véritablement  faire 
des  choses  charmantes,  en  sachant  em- 
ployer les  cheveux. 

Un  dernier  point  qui  a  bien  son  Impor- 
tance et  que  nous  allions  omettre  :  tous  les 
cheveux  confiés  à  la  maison  sont  toujours 
rigoureusement  classés,  étiquetés  et  travail- 
lés sous  les  yeux  mêmes  des  clients,  s'ils 
le  désirent,  de  manière  à  ce  que  Ton  soit 
toujours  bien  certain  de  posséder  le  souve- 
nir des  chers  disparus ou  mémo  des  vi- 
vants ! 


TERRES  CUITES  ET  FAÏENCES 
A  DÉCCRS  HÉRALDIQUES 

de  M.   A.  Chaumeil,  97,  avenue  d'Italie. 

Nous  avons,  à  diverses  reprises,  eu  Tocca- 
sion  d'attirer  l'attention  de  nos  lecteurs  sur 
les  terres  cuites  et  les  faïences  si  artistiques 
de  notre  collègue,  notamment  dans  les  nu- 
méros de  septembre  1891  et  juin  1895. 

Dans  ce  .dernier  nous  nous  étions  arrêté 
plus  particulièrement  à  sa  nouvelle  créa- 


.SI 


INDUSTRIE. 


82 


tioB,  désignée  par  lui-roéme  sous  le  nom 
defaîences  héraldiques,  et  nous  lui  avions 
prétIiKungmnd  succès. 

SaDSTOuloir  revenir  sur  tout  ce  que  nous 
iTODS  dit^  à  reUe  occasion,  sur  le  cûté  très 
artistique  de  ses  pièces  qui  restent  cepen- 
dant abordables  pour  toutes  les  bourses  et 
sor  riogénîosité  même  de  cette  véritable, 
siocèreet  fidèle  reconstitution,  il  nous  sera 
bien  permis  de  constater  que  nos  prévisions 
se  font  pleinement  réalisées.  A  l'heure  pré- 
«eote  ce  n'est  plus  seulement  en  Bretagne  et 
dans  les  deux  Amériques  que  M.  Chaumeil 
eoToieses  produits,  c'estdans  le  monde  en- 
tier et  il  faut  bien  que  nous  constations  de 
Doaveaa  que  c'est  tout  naturel,  puisqu'il  s'a- 
dresse à  la  vanité  humaine. 

Pouvoir  mettre  sur  ses  assiettes,  sur  des 
senrices  complets,  sur  des  grands  plats  dé- 
eontifs  les  armes  de  ses  aïeux  authentiques 
ou  même  de  date  récente,  est  toujours  chose 
séduisante,  même  pour  les  parvenus  de  la 
veille  et  peut-être  surtout  pour  eux. 

Aussi  peut-on  dire  hardiment  que  notre 
collègue,  avec  ses  faïences  héraldiques,  :i 
m  la  main  sur  une  veine  inépuisable. 

Maintenant  il  faut  dire  qu'avec  ses  pro- 
cédés de  fabrication  qui  lui  permettent  do 
donner  au  craquelé  de  ses  émaux  un  cachet 
d'antiquité  et  de  vétusté  plein  d'authenti- 
filé,  il  parvient  à  produire  un  degré  d'il 
iosion  telle  que  ses  clients  en  arrivent  à  sa 
figurer  sans  efforts  qu'ils  descendent  en 
ligne  droite  —  ou  bâtarde  —  des  croi- 
sés! 

A  ce  propos  on  racontait  dernièrement 
Dnebirn  bonne  histoire;  M. Chaumeil  avait 
▼endu  en  gros,  en  Bretagne,  des  plats  héral  • 
diques  à  8fr.  75  pièce  à  un  brave  marchand 
qui  les  revendit  12  francs  aux  acheteurs  ; 
or,  il  parait  que  dernièrement,  un  de  cei^ 
derniers,  peut-être  peu  scrupuleux  sur  le.^ 
œrtjticats  d'origine,  avait  vendu  un  de  ces 
plats  la  jolie  somme  de  70  francs  à  un  ama- 
teur qui  s'était  cru,  de  bonne  foi,  en  pos- 
«aion  d*uije  pièce  du  siècle  dernier. 

CeUe  anecdote  ne  prouve-t-elle  pas  h 
luel  degré  de  perfection,  dans  la  reconsti- 
totioD  historique  des  vieux  modèles,  en  est 
«rivé  notre  collègue,  désolé  et  flatté,  tout  à 


la  fois,  quand  on  lui  a  conté  cette  amusante 
histoire. 

Aujourd'hui  les  faïences  héraldiques  de 
M.  A.  Chaumeil  sont  entrain  de  devenir  po- 
pulaires, un  peu  dans  tous  les  mondes,  et 
c'est  justice,  car  elles  représentent  un  grand 
effort  artistique,  obtenu  avec  le  minimum 
possible  du  prix  de  vente,  ce  qui  est  bien 
fait  pour  séduire  doublement  le  client,  de 
plus  en  plus  amoureux  de  faïences  décora* 
tives. 


VERNIS  POUR    MEUBLES 

de  M.   H.   DiKANSKY,  à   Kharkov  (Russie). 

L'industrie  russe  se  développe  dans  des 
proportions. vrai  ment  surprenantes  et  admi- 
rables, et  cette  constatation  s'applique  par- 
faitement à  toutes  ses  branches,  dans  leurs 
différents  degrés  d'importance,  c'est-à-dire 
à  la  grande,  comme  à  la  moyenne  et  à  l.i 
petite  industrie.  Grâce  aux  encouragements 
éclairés  des  autorités  politiques  et  adminis- 
tratives, les  usines,  les  manufactures  et  les 
simples  ateliers  vont  se  multipliant  sur 
tous  les  points  de  l'immense  territoire  de 
l'empire  des  Tsars. 

Un  puissant  effort  se  fait  dans  tous  les 
rangs  du  monde  du  travail  pour  arriver  a 
fabriquer  en  Russie  même  tous  les  objels 
ou  produits  nécessaires,  ou  simplement 
utiles,à  la  pratique  de  la  civilisation  la  plus  . 
raffinée. 

Il  est  d  ailleurs  à  remarquer  que  toutes 
les  fondations  industrielles  ainsi  créées  dé- 
butent en  s'installant  d'abord  conformé- 
ment aux  données  les  plus  nouvelles  de 
l'art  de  l'ingénieur,  en  semunissant  de  Tou- 
tillage  le  plus  moderne,  et  en  appliquant 
les  procédés  les  plus  perfectionnées  au  trai- 
tement des  matières  premières  reconnues 
les  meilleures. 

Si,  avec  de  tels  éléments  de  production, 
les  articles  fabriqués  ne  se  trouvent  pas 
d'emblée  au  même  degré  de  perfection  que 
les  produits  similaires  d'Angleterre,  de 
France,  d'Allemagne  ou  d'Autriche-Hongrie, 
cela  tient  au  manque  d'expérience  profes- 
sionnelle du  personnel   appelé  à  fournir  la 


83  JOURNAL  MENSLF.L  DE 

main-d'œuvre  des  industries  nouvelles. 
Mais  on  conçoit  aisément  que  cette  cause 
d'infériorité  est,  par  sa  nature  même,  loule 
passagère,  et  qu'il  suffit  de  quelques  mois 
pour  que,  sous  la  direction  d'habiles  contre- 
maitres  étrangers,  Touvrier  russe  devienne 
aussi  adroit  et  aussi  expert  que  les  autres 
ouvriers  européens. 

Nous  venons  d'avoir  l'occasion  de  faire 
une  constatation  nouvelle  de  cet  état  de 
choses  en  examinant  les  vernis  pour  meu- 
bles que  fabrique  depuis  relativement  peu 
de  temps  notre  Sociétaire  M.  Dikansky,  à 
Kharkov. 

Ces  vernis  sont  mis  dans  le  commerce 
sous  la  désignation  russe  correspondant  lin- 
guistiqucroent  à  lu  désignation  française  do 
laques.  Mais  nous  les  dénommons  vernis 
pour  n^us  conformer  à  la  technologie  cou- 
rante dans  notre  pays. 

Il  s'agit,  en  eflet,  de  vernis  à  t alcool, 
sous  leurs  deux  formes  couramment  usitées 
de  vernis  au  pinceau  et  de  vernis  au 
tampon. 

Nous  avons  soumis  à  quelques  essais  les 
échantillons  qui  nous  ont  été  adressés,  et 
nous  leur  avons  reconnu  toutes  les  qualités 
des  produits  similaires  fabriqués  en  France. 

Au  reste,  il  semble  bien  qu'en  créant,  il 


L  ACADEMIE  NATIONALE. 


84 


y  a  environ  vingl  mois  seulement,  sa  fabri- 
(|ue  de  vernis  à  Kharkov,  M.  Dikansky  avait 
une  parfaite  connaissance  des  produits  à 
mettre  en  œuvre  et  des  procédés  à  appli- 
quer. Il  s'était  d'ailleurs  assuré  les  services 
d'un  ingénieur  -  chimiste  spécialiste,  M . 
Coëeman,  qui  était  au  courant  de  toutes  les 
pratiques  de  cette  industrie  particulière,  et 
qui  a  travaillé,  avec  un  zèle  auquel  son 
son  patron  rend  un  lM)mmage  mérité,  à  or- 
ganiser une  fabrication  de  tout  premier 
ordre.  Aussi,  malgré  que  les  débuts  de  la 
manufacture  Dikansky  aient  fâcheusement 
coïncidé  avec  une  période  de  crise  et  de  dé- 
pression des  prix  de  Tarticle  fabriqué,  les 
vernis  de  cette  marque  n  ont-ils  pas  tardé  ù 
conquérir  la  préférence  des  consommateurs 
par  leur  supériorité  de  qualité,  en  sorte  que 
leur  vente  n'a  cessé  de  se  développer  cons- 
tamment. Pendant  la  dernière  année,  la 
vente  a  porté  sur  environ  49.000  kilogram- 
mes de  vernis,  pour  une  valeur  d'environ 
J  24.000  fr.  Il  n'y  a  pas  de  douté  que  ces 
chiffres  subissent  de  fortes  augmentations 
durant  les  années  qui  vont  suivre,  car  l'ex- 
cellente qualité  des  vernis  ou  laques  de 
M.  Dikansky  doit  leur  assurer  une  vogue 
grandissante,  dans  toutes  les  industries  sus- 
ceptiblesde  les  employer. 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


LES  HUILES  IMMUABLES 

de  M.  C.  GuiLLON,  propriétaire, 
à  Salon  (Bouches-du-Rhône). 

Tous  ceux  qui  sont  au  courant  de  la  fa- 
brication des  huiles  végétales  savent  parfai- 
tement que  la  plus  grande  difficulté  git 
dans  leur  conservation  même,  car  il  ne  suf- 
fit pas  de  fabriquer  des  produits  irréprocha- 
bles, s'ils  sont  destinés  à  s'altérer  au  bout 
d'un  court  espace  de  temps. 

C'est  cette  constatation  qui  avait  frappé  de- 
puis longtemps  M.  G.  Guillon  ;  aussi  résolut- 
il  de  porter  tous  ses  efforts  sur  ce  point, 
pour  arriver  à  trouver  une  solution  prati- 


que que  l'on  avait  vainement  cherchée 
avant  lui. 

C'est  ainsi  qu'après  de  longs  essais,  des 
tâtonnements  et  des  expériences  plus  ou 
moins  concluantes,  il  est  arrivé  enfin  à 
rendre  les  huiles  immuables^  c'est-à-dire  à 
les  débarrasser  do  tous  les  ferments  et  aci- 
dité qui  représentaient  les  matières  nuisi- 
bles du  liquide. 

Les  huiles  ainsi  préparées  restent  toujours 
neutres,  inaltérables,  immuables,  quelle 
que  soit  la  température  à  laquelle  elles  sont 
soumises  et  le  nombre  des  années  accumu- 
lées est  impuissant  à  en  modilier  la  pureté 
et  la  limpidité  absolues,  aussi  bien  que  les 
qualités   essentielles,   suivant  Tanirmation 


N5 


PROUITS  ALIMKNTAIRKS. 


très  nelle  et   très  précise  de  noire  collè- 
gue. 

Sans  [>0Q voir  être  aussi  affirmatif,  nous 
devons  cependant  reconnaître  que  notre 
comité  spécial  en  a  mis  en  observation  de- 
puis le  commencement  du  mois  de  septem- 
bre et  qu*il  n'a,  en  effet,  remarqué  aucune 
altération,  soit  dans  la  qualité,  soit  dans  la 
constitution  même  des  échantillons  qui  nous 
étaient  soumis. 

Ajoutons,  pour  être  complet,  que  nos  ob- 
servations ont  du  porter  sur  un  certain 
nombre  d'échantillons  d'huiles  immuables, 
préparées  suivant  les  procédés  nouveaux  de 
Qoire  collègue  et  sur  un  certain  nombre 
d'échantillons  des  mêmes  huiles  nature, 
f'cst-à-dire  non  préparées  et  qui  ont  été 
loin  de  se  comporter  de  la  même  manière. 
l)u  reste,  c'était  en  quelque  sorte  la  contre- 
épreuve  nécessaire  et,  dansTespèce,  les  hui- 
les naturelles  jouent  le  rôle  tout  indiqué 
de  remom5,  en  vous  fournissant  les  points 
de  comparaison  indispensables. 

Primitivementjpar  des  filtrages  successifs, 
on  était  arrivé  h  retarder  un  peu  la  for- 
mation et  par  cela  même  l'altération  mo- 
mentanée des  huiles,  mais  on  ne  pouvait 
jamais  l'empêcher  complètement.  Le  pro- 
cédé de  M.  C.  Guillon  a  le  grand  avantage, 
!0Qt  en  assurant  la  conservation  indéfinie  de 
toutes  sortes  d'huiles,  de  ne  pas  détruire 
leurs  propriétés  respectives,  ni  d'en  altérer 
le  goût  et  l'arôme,  s'il  est  permis  de  s'expri- 
mer ainsi  à  propos  d*huiles. 

Et,  sans  aller  plus  loin,  il  doit  nous  être 
permis  de  constater,  dès  maintenant,  les 
nombreux  avantages  que  les  huiles  immua- 
Ues  sont  appelées  à  rendre  au  commerce 
et  aux  nombreuses  industries  qui  les  em- 
ploient constamment  et  dont  elles  sont  tout 
à  la  fois  souvent  la  base  et  le  plus  précieux 
des  adjuvants. 

Maintenant,  pour  mieux  faire  comprendre 
toute  Timportance  qu'il  convient  d'accorder 
aoxnouveaux  procédés  employés  par  M.Guil- 
lon,  nous  pensons  que  le  meilleur  moyen 
est  encore  de  mettre  sous  les  yeux  de  nos 
lecteurs  quelques  chiffres  qui  nous  sont 
iborois  par  notre  collègue  lui-même  dont  la 
vieille  expérience  et  la   haute  compétence 


86 

nous  semblent   le  meilleur  garant  de  sin- 
cérité et  d'exactitude. 

A  tout  seigneur,  tout  honneur;  commen- 
çons donc  par  l'huile  d'olive,  qui  est,  com- 
me l'on  sait  une  des  gloires  et  une  des  sour- 
ces de  fortune  de  notre  Provence  : 

•    1**  Huiles  douve  : 

Densité  à  12o:  0.912,  à  25«  0.9109 
Se  compose  : 

Oléine 72 

Stéarine 28 

Cette  huile  a  la  priorité  sur  toutes  les  au- 
tres non  siccatives,  à  cause  de  ses  propriétés 
naturelles  qui  lui  permettent  de  se  conser- 
ver davantage.  Une  fabrication  très  soi- 
gnée, le  terroir  font  que  parfois  on  obtient 
une  huile  qui  se  conserve  assez  bien  pen- 
dant un  certain  temps  ;  telles  sont,  par 
exemple,  les  huiles  d'olive  de  Bari,  en 
Italie,  qui  sont  choisies  de  préférence  par 
les  fabricants  de  sardines  de  tout  le  littoral 
de  l'Atlantique,  de  la  pointe  de  la  péninsu- 
le armoricaine  à  Bordeaux. 

Maintenant,  voici  un  tableau  bien  ins- 
tructif qui  nous  montre  les  résultats  obte- 
nus par  les  huiles  d'olive  immuables  com- 
parées aux  huiles  d'ohve  nature  : 

ÀûiiU  p.  •/* 

Huile  d'olive  type 1.23 

—  après  trois  mois. .     2.88 

Aeidité  p.  «/• 

Huile  immuable 0.01 

—  après  trois  mois..    0.02 

(Dernier  point,  môme  après  plus  long  délai). 

Ce  sont  là  des  différences  considérables 
qu'il  est  bonde  retenir,  sansqu'il  soit  néces- 
saire d'y  insister  autrement. 

2^  Huiles  D'ARAcmoEs;  densité  à  15* ,0.9163, 
se  solidifie  à  3*^. 

Cette  huile,  dont  l'emploi  est  plus  consi- 
dérable chaque  jour,  rancit  très  facilement, 
et  c'est  là  justement  où  intervient  à  point  la 
préparation  de  M.  Guillon,  qui  fait  dispa- 
raître cet  inconvénient  et  la  rend  propre  à 
tous  les  services  quelle  est  appelée  à  rendre 
dans  un  nombre  infini  d'industries. 

Voici,  d'ailleurs,  les  résultats  comparatifs 


87 


JOURNAL  MBNSUKL  DB   L'aCAOÉIIIB  NAUONALB. 


88 


obtenus  par  mitre  collègue,  en  traitant 
Thuile  d'arachide  suivant  ses  procédées  : 

Huilé  type  nature 2.55 

—  après  trois  mois.     4.80 

ÂoidiUy  *'• 

Huile  immuable 0.01    . 

—  après  trois  mois..    0.02 
(Maximum  et  dernier  point). 

3*  HUILK  VKliÉTALE  A  GHAISSER  !    LaCOmpO- 

sitition  ordinaire  de  toutes  les  huiles  de 
graines  et  les  résultats  obtenus  sont  idrnti-^ 
ques  à  ceux  des  huiles  d'arachides.  Les  dit*- 
ticultés  ou  plutôt  les  inconvénients  qu'elles 
offraient  dans  leur  emploi  les  ont  fait  un  peu 
abandonner  par  certains  industriels  pour 
les  remplacer  par  les  huiles  minérales  qui 
offrent  égalementde  graves  inconvénients  ; 
si  elles  luttent  souvent  avantageusement 
au  point  de  vue  du  prix,  les  consomma* 
teurs  ne  se  rendent  pas  toujours  sufiisam« 
ment  compte  de  Tusuredu  matériel  quelles 
provoquent. 

H  faut  alors  procéder  au  remplacement 
d'un  grand  nombre  de  pièces  dans  une  es- 
pace de  temps  assez  restreint,  et  l'économie 
devient  plus  apparente  que  réelle,  quand 
elle  ne  se  transforme  pas  en  perte  sèche. 

En  eifet,  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que 
ces  huiles  sont  toutes  acidulées  et  provo" 
quent  ainsi  rapidement  une  grande  oxyda- 
tion du  fer.  Aussi,  à  l'heure  actuelle,  un 
nombre  considérable  de  grandes  usines  se 
sont  enfm  rendues  à  l'évidence  et,  faute  de 
mieux,  en  sont  revenues  tout  uniment  aux 
huiles  végétales  ordinaires. 

Notre  collègue  a  également  rendu  aussi 
immuables  et  d'une  fluidité  parfaite  toutes 
ces  huiles  végétales  de  graines,  sorties  de 
son  usine  ;  elles  sont  d'une  fluidité  parfai- 
te et  il  n'est  point  douteux  quelles  ne  soient 
appelées  à  rendre  de  grands  services  dans 
l'industrie  au  même  titre  que  les  huiles 
d'olive  et  d'arachides,  dont  nous  parlions 
plus  haut. 

En  employant  ces  huiles  végétales  à  grais- 
ser, le  cambouis  n'existe  plus  et  les  résul*- 
tats  en  sont  très  appréciables,  si  l'on  pense 
que  1  kilog.  d'huile  végétale  ordinaire  en- 


lève de  0.20  à  0.25  grammes  d'oxyde  de 
fer,  tandis  que  les  huiles  végétales  immua- 
bles préparées  par  M.  C.  Guillon  et  em- 
ployées dans  les  mêmes  proportions  n'enlè- 
vent plus  que  0,01  à  0.02  grammes  d'oxy- 
de de  fer,  c'est-à-dire  une  quantité  tout  à 
fait  négligeable  dans  la  pratique. 

Et  puis,  point  capital,  le  cambouis,  ipso 
/ac/o,  a  presqu'entièrement  disparu,  nalu- 
rellement. 

4^  HuiLu:  DE  Ricin  ;  se  compose  de  : 

Acide  ricinoléique 70 

Acide  ricinique 12 

Acide  oléique 12 

Acide  margarique 06 

densité  à  12?  0,9699,  se  sodifie  à  —  18. 

Cette  huile  a  le  grave  inconvénient  de 
devenir  rauce  presque  de  suite,  visqueuse, 
et  de  se  dessécher  promptemeni.  Lorsqu'elle 
n'est  pas  employée  presque  au  lendemain  de 
sa  fabrication,  elle  devient  irritante  et  dras- 
tique. 

Ces  inconvénients,  toujours  graves  pour 
l'organisme,  disparaissent  maintenant  avec 
les  nouveaux  procédés. 

Les  huiles  immuables,  comme  TafArmo 
très  nettement  notre  collègue,  ne  rancis- 
sant jamais,  restent  neutres,  et  de  la  sorte, 
sont  appelées  à  trouver  rapidement  leur  em- 
ploi partout,  dans  une  foule  d'industries,  à 
travers  la  France  entière. 

Jusqu'ici  nous  étions,  bien  à  tort  et  par 
notre  négligence,  restés  tributaires  de  cer- 
taines huiles  étrangères.  C'est  un  état  d'infé- 
riorité  qui  va  certainement  disparaître,  si  les 
nouveaux  procédés  de  notre  collègue  tien- 
nent tout  ce  qu'ils  semblent  promettre, 
comme  nous  en  sommes  convaincus.  Et 
bientôt,  espérons-le,  ce  seront  les  étrangers 
qui  viendront,  à  leur  tour,  chercher  chez 
nous  les  derniers  perfectionnements  que 
comporte  la  fabrication  des  liuiles  végétales, 
si  curieuse,  si  intéressante  à  plus  d'un  titre 
et  si  nécessaire  à  la  prospérité  et  au  déve- 
loppement d'un  grand  nombre  de  nos  in- 
dustries nationales. 

Voilà  pourquoi,  sans  vouloir  préjuger 
autrement  de  la  question,  nous  pensons 
très  sérieusement  que  les  efforts,  les  tra- 


su  PRODUITS  Al 

Taux  elles  résultats  obtenus  par  M.  C.  GuiU 
loD^elqui  paraissent  si  concluants  et  si  déci- 
sifs à  tous  les  points  de  vue,  méritent  de  re- 
tenir rattention  bienveillante  de  toutes  les 
personnes  compétentes  aussi  bien  que  de 
lûQtes  celles  qi  i  sont  intéressées  à  leur 
prompte  vulgarisation. 


L.E  WHI8KEY 

BE  MM.  John  Uewar  et  fils,  distillateurs 
à  Perth  (Ecosse). 

Dans  ces  dernières  années  le  Whiskey  a 
remplacé  le  gin  comme  liqueur  ou  com- 
me boisson  additionnée  d'eau  dans  presque 
toutes  les  parties  du  Royaume- Uni  où  céder- 
oier  était  en  usage. 

A  la  réflexion  cela  se  comprend  assez  ;  le 
Whiskey  comme  le  gin  est  bien  une  eau- 
de-vie  de  graiin,  mais  le  gin  est  parfumé 
avec  des  graines  degenévi'ier,  c'est  ce  que 
Tonappelle  le  genièvre  en  Hollande— et  pe- 
tit à  petit  la  Soilsification  était  intervenue  dans 
la  fabricaiion  de  ces  eaux-de-vie,  comme 
partout  ailleurs,  de  sorte  que  le  parfum 
n'était  plus  obtenu  que  grâce  à  des  extraits 
chimiques  de  thérébenthine  qui  pouvaient 
être  nuisibles  à  la  santé  ou  tout  au  moins 
n'avaient  plus  les  qualités  carminatives  des 
graines  du  genévrier. 

C'est  là  Texplication  toute  naturelle  du 
goût  de  plus  en  plus  prononcé  Je  nos  voi- 
^ospour  le  Wbiskey  qui  leur  offre  au  moins 
les  garanties  d*une  eau-de-vie  naturelle,  ce 
que  Desaurait  plus  faire  le  gin,  trop  frelaté 
depuis  les  progrès  de  la  chimie  moderne. 

La  quantité  de  spiritueux  distillés  dans  le 
Royaume- Uni  en  1895  a  été  : 

Angleterre 9 .  954 .  934  gallons 

E«»se 22.235.958      » 

Waode 12.679.453      » 

Le  calcul  étant  fait  sur  le  gallon  anglais, 
communément  employé  et  qui  représente 
4  litres 54,  soit  un  peu  plus  de  quatre  litres 
€t  demi. 

Depuis  le  !•'  juillet  1894  l'impôt  sur  les 
«pirilueux  a  été  porté  à  10  shillings  6  pen- 
ce par  gallon,  ce  qui  représente  à  peu  prés 
13francs  de  notre  monnaie. 


IMENTAIRES.  QO 

Pendant  l'année  se  terminant  le  31  mars 
1896,  la  quantité  de  spiritueux  distillés  a 
été: 

Angleterre 10.999.545  gallons 

Ecosse 24.712.790      » 

Irlande... 13.612.540      » 

Ce  qui  indique  une  progression  déjà  fort 
sensible  sur  l'année  précédente. 

Naturellement  cette  augmentation  se  re- 
trouve en  partie  à  Texportation  ;  c'est  ainsi 
que  la  quantité  en  dépôt  pour  remise  des 
droits  h  la  douane  pour  l'exportation  était 
on  1895  de  742.218  gallons,  tandis  qu'ell  î 
devait  s'élever,  pour  une  période  correspon- 
dante, avec  1896  à  817.632  gallons. 

Oe&  chiffres  préliminaires  demandaient  à 
être  mis  sous  les  yeux  de  nos  lecteurs  pour 
bien  leur  faire  comprendre  toute  l'impor- 
tance de  la  grande  distillerie  de  nos  collè- 
gues, MM.  John  Déwar  et  fils,  établie  dans 
la  jolie  et  industrieuse  petite  ville  de  Perth, 
en  Ecosse. 

Leur  maison  possède  déjà  bien  exacte- 
ment un  demi-siècle  d'existence,  puisque  sa 
fondation  remonte  à  1846  et  dans  ces  der- 
nières années  seulement,  elle  a  remporté» 
pour  ses  produits,  plus  de  50  médailles  d'or, 
un  peu  partout  à  travers  le  monde,  depuis 
Paris,  à  l'exposition  universelle  en  1889  Jus- 
qu'à Melbourne,  depuis  Londres  ju8i|u*à 
Tasmania,  jusqu  aux  antipodes,  pour  son 
Old  Highland  Whiskey^  c'est-à-dire  pour 
son  vieux  Whiskey  des  hautes  terres  de 
l'Ecosse. 

Parmi  toutes  ces  récompenses  que  nous 
n'avons  pas  la  loisir  d'énumérer  ici,  il  y  en 
a  deux  cependant  que  nous  voulons  retenir 
plus  particulièrement  ;  ce  sont  le  diplôme 
d'honneur  et  la  médaille  d'or  remportés  à 
l'exposition  d'Edimbourg  en  1890.  En  effet, 
ces  récompenses  sont  très  caractéristiques 
(^  acquièrent  une  importance  toute  particu- 
lière,si  l'on  pense  qu'elles  ontété  méritées  au 
milieu  même  du  pays  de  fabrication  du 
Whiskey  oiiles  membres  du  jury  étaient  tous 
des  connaisseurs  compétents,  parfaitement 
capables  de  distinguer  la  meilleure  marque 
parmi  toutes  les  distilleries  de  Whiskey  du 
pays  qui  avaient  presque  toutes  exposé. 


Ul  iOURNAL    llKN9t]KL  DK 

MM.  John  Devvaretûls  sont  les  fournis- 
seurs attitrés  de  tou^leapalaiA  royaux  et,  de 
plus,  sont  les  titulaires  du  brevet  de  fourniS'- 
seursde  Whiskey  de  Sa  Majesté  la  Reine  Vic- 
torra  ;de  plus,  ils  possèdent  des  succursales 
et  dépôts  importants  à  Londres,  Manchester, 
Bristol,  Dublin,  New- York,  Sydney,  Mel- 
bourne et  Bombay. 

Maintenant  MM.  John  Dewar'ont  égale- 
ment une  agence  à  Paris  ;  aussi  aujourd'hui 
un  peut  affirmer  que  la  marque  de  nos  col- 
lègues est  la  plus  demandée  et  la  plus  con- 
nue à  Paris. 

C  est  ainsi  que  la  quantité  de  Whiskey  ven- 
due chaque  année  par  la  maison  est  d'envi- 
ron 1.500. 00  J  gallons  et  comme,  naturel- 
lement,elle  ne  peut  pas  distiller  elle-même 
une  aussi  grande  quantité,  elle  est  obligée 
d'aller  ch^cher  ce  qui  lui  manque  dans 
les  meilleures  distilleries  en  Ecosse. 

Mais  tous  les  Whiskeys  sortant  de  la  mai- 
son sont  rigoureusement  de  première  qua- 
lité, ayant  une  force  alcoolique  de  50  de- 
grés environ  obtenus  de  la  distillation  des 
grains  ;  ils  possèdent  une  verdeur,  un  goût 
de  grain  cru  qui  peuvent  surprendre  les 
palais  français,  habitués  aux  Ans  arômes  de 
nos  eaux-de-vie  de  vin  ;  cependant  on  sent 
que  Ton  se  trouve  là  en  face  d'une  eau -de- 
vie  fabriquée  avec  le  plus  grand  soin  et  nous 
devons  à  la  vérité  de  constater  que  le  goût 
du  bon  Whiskey  et  particulièrement  de  ce 
Oid  Highland  Whiskey  de  MM.  John  De- 
war  et  fils  se  répand  de  plus  en  plus  en 
France  et  surtout  à  Paris. 

En  terminant,  donnons  encore  ces  quel- 
ques chiffres.  Tout  à  l'heure  nous  citions  les 
chiffres  des  spiritueux  distillés  dans  le 
Royaume-Uni  pendant  Tannée  1895  ;  voici 
maintenant  la  quantité  de  spiritueux  de  tou- 
tes sortes  consommés  dans  le  Royaume-Uni 
pendant  Tannée  se  terminant  le  31  mars 
1895; 

Par  tôte 

Angleterre 20 .  376 .  084        0  670 

Ecosse 6.490.043        1.501 

Irlande 4.2^2.3^1        0.9^1 

Total 31.088.448        0.794 

Enfin  il  a  été  envoyé  en  France  du  Royau- 


té agabmiui  NATIONALE.  W 

me-Uni  pendant  cette  ménoe  année  linisatot 
au  31  mars  1895  la  chiffre  déjÀ  respecta*- 
ble  de  35.770  gallons  et  pendant  rannée 
finis^nt  le  31  mars  1896  1^  quantité  s'est 
élevée  à  40.316  gallons. 

Ces  chiffres  montrent  combien  le  Whiskey 
deMM.  John  Dewar  etfilsest  apprécié  dans 
son  pays  d'origine  et  même  à  l'étranger. 


LE  RHUM  JOPTONN  (OUD  JAMAYCA  RUM) 

de  M.  Brocuard-Qillet,  è  Chateaudun, 
dépositaire  pour  la  France  et  les  Colonies. 

Nous  avons  eu,  à  maintes  reprises,  Toc- 
casion  de  parler  des  excellents  produits  en 
vins  et  liqueurs  qui  sortaient  de  la  maison 
Brochard-Quillet  et  dont  notre  collègue 
s'était  fait  le  parrain  éclairé  ou  le  garant 
compétent. 

C'est  toujours  pour  obéir  à  ce  souci  de 
grouper  les  meilleures  marques  connues  afin 
de  pouvoir  répondre  aux  goûts  divers  de 
sa  clientèle,  que  M.  Brochard-Quillet  lui 
offre  aujourd'hui  le  Rhum  Joptonn,  qui  est 
une  marque  fort  estimée  parmi  les  vieux 
rhums  de  la  Jamaïque. 

On  sait,  en  effet,  combien  la  grande  An- 
tille  anglaise  est  renommée  depuis  long- 
temps par  le  soin  apporté  par  ses  produc- 
teurs à  la  fabrication  de  leurs  rh^ms  et 
tafias,  et  la  vérilé  nous  oblige  à  reconnaître 
qu'ils  ne  le  cèdent  en  rien  aux  produits  les 
plus  recherchés  de  la  Guadeloupe  et  de  la 
Martinique. 

Du  reste,  avec  un  éclecisme  des  plus  avi- 
sés et  précisément  pour  répondre  à  ces 
goûts  divers  dont  nous  venons  de  parler, 
aussi  bien  que  pour  permettre  la  compa- 
raison, notre  collègue  possède  dans  ses  caves 
la  gamme  la  plus  complète  et  la  plus  variée 
des  rhums  de  la  Martinique,  de  la  Guade- 
loupe, de  la  Réunion,  de  Sainte-Lucie  et  de 
la  Jamaïque  dont  nous  devons  nous  occu- 
per particulièrement  aujourd'hui. 

Donc,  pour  nous  en  tenir  seulement  au 
Rhum  Joptonn,  à  cet  old  Jama^ca  rum, 
comme  disent  les  Anglais  avec  une  sorte  de 
respect  gourmand  qui  vous  renseigne  de 
suite  sur  sa  valeur,  nous  devons  dire  que 


y3 


COMMERCE. 


94 


oouslui  avQ»9  reconnu,  à  h  dégustation, 
toutes  les  qualités  si  diverses  et  de  premier 
ordre  qui  doivent  distinguer  les  grandes 
marques  antiiiennes  et  surtout  les  vieux 
rbums  de  ces  contrées  bénies  où  le  soleil 
recbauSe,  mûrit  et  prépare  tout  à  point 
pour  le  plus  grand  plaisir  du  palais  de^ 
gourmets. 

£q  effet,  tout  comme  nos  vieux  cognacs, 
tout  comme  nos  fines  cbampagnes  les  plus 
exquises,  le  bon  rbum  —  qui  n'est  lui^ 
céiue  qu*une  eau- de-vie  de  canne  à  sucre 
-doitétre  limpide,  coloré  à  point,  mais 
d'ooe  main  adroite  et  experte,  de  façon  à 
ne  pas  être  empâté|  d'un  arôme  très  lin  et 
très  délicat  et  titrer  de  50  à  55  degrés  envi- 
ron. 

Si  ToQ  a  trop  souvent  en  France  le  pré*- 
jugé  que  le  rbum  doit  être  fort  en  couleur 
et  plus  fort  encore  en  arôme  sui  ggneris, 
c^tqueTon  ne  boitquetrop  souvent  des 
eaux-de*vi6  de  cannes  frelatées^  mal  pré- 
parées, mal  faites,  nous  allions  presque 
dira  artificielles,  et  qui  ne  rappellent  le 
pajs  d*origiQe  que  par  labelle  quaiHeronne 
qui  sourit  et  montre  ses  dents  blanches  sur 


l'étiquette,  avec  son  madras  provocateur. 

Tel  n'est  point  le  cas  du  rhum  Joptonn, 
de  la,  Jamaïque,  que  nous  présente  aujour* 
d'hui  }i.  Brochard-Qujllel  ;  coloré  à  point, 
limpide,  possédant  le  parfum  discret,  Taro- 
me  très  personnel  des  rhums  naturels,  tout 
en  lui  révèle  la  franchise  de  ses  originas  : 
c'est  un  double  profit  pour  Tamateur  du 
vieux  rhum,  car  en  même  tenips  qu'il  éprou- 
ve une  réelle  satisfaction,  à  le  déguster,  il  est 
certain  de  n'absorber  qu'une  liqueur  toni- 
que, stomachique,  extrêmement  saine  et 
qui  ne  peut  que  lui  faire  du  bien,à  condi* 
tion  de  n'en  point  abuser,  bien  entendu  ; 
car  ilenest  du  rhum  commodes  meilleures 
liqueurs,  Tabus  en  est  toujours  mauvais. 
Cependant,  étefidu  d'eau,  le  rhum  constitue 
le  iameux  grog  colonial  et,  certes,  en  été, 
dans  les  pays  chauds,  on  ne  saurait  imagi-* 
ner  une  boisson  plus  hygiénique  et  plus 
agréable. 

Ce  sont  toutes  ces  qualités  que  nous  pen- 
sons avoir  trouvé  dans  la  nouvelle  marque 
offerte  au  public  par  notre  collègue  et  nous 
sommes  convaincu  que  son  assentiment  ne 
tardera  pas  à  confirmer  notre  jugement. 


COMMERCE 


Le  COMMERCe  EXTÉRIEUR  DE  LA 
fRANOE 

Voici  les  chiffres  officiels  de  la  statistique 
du  Commerce  extérieur  de  la  France  pen- 
dant les  onze  premiei*s  mois  de  Tannés 

1896: 

iHPoaTATWKS  189S  18&5 

O^Mi  d'iûisieDtstiMi     9^.oE.OOO     9lS.t00.0CO 
Hitières  nécessaires 

à  Hndustple I.Oiî».eU.SOO  I.88S.771.000 

(^m  fabriqua 5<ft.393.000     523.953.000 

Total,....,..  3,4«8.037.000  3.385.224.000 

O^ilB  4^m#otaUoa      &19.)I43.000     ^«9.833  ÛOÛ 
M^u^ret  péceasaires 

àUndaslPie 7M.Wf.000     7«3.238.00o 

Obiets  fabriqués 1.659.3(^.000  1. «19.727.000 

CoIîB  posUux W.147.000      101.7i4.OOo 

Total 8. M«. 547. 000"a.043  512.000 

Enfio,  voifi  les  réuiltats  des  douze  mois 
de  Tannée  : 


IMPORTATIONS  1896                          1895 

Objets  d'alimentation  1.C59.549  000  1.035.499.000 
Matières   nécessaires 

à  l'industrie 2.154.758.000  2.100.920.000 

Objets  fabriqués 622.843.000      583.480.000 

Total 3.837.147.000  3.719.899.000 

EXPORTATIONS 

Objets  d'alimentation  639.503.000    591.001.000 
Matières  nécessaires 

à  l'industrie 829.566.000    87d.&9e.000 

Objets  fabriqués 1.789.420.000  1.792.578.000 

Colis  postaux 146.154.000    116  615.000 

Total 3.404.643.000  3.373.796.00 


LE  COMMEROE   DE  ^ANGLETERRE   ET 
LA  CONCURRENCE    ÉTRANGÈRE. 

Le  Ministère  du  Commerce  de  Londres 
[Board  oftradé]  vient  de  livrera  la  publi- 
cité un  Mémorandum  rédigé  par  sir  Courte- 
ney  Boyle  sur  la  commerce  de  l'Angleterre 
et  la  concurrence  étrangère. 


95 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L* ACADÉMIE  NATIONALE. 


9(5 


O  Mémorandum,  traitant  tout  particu- 
lièrement de  la  Grande-Bretagne  et  de  la 
France,  de  l'Allemagne  et  des  EtaU-Unis, 
débute  par  un  aperçu  sur  l'augmentation 
de  la  population  de  ces  quatre  pays  dans  les 
yingt-cinq  dernières  années. 

Dans  cette  période,  Taugmentatiou  a  été, 
dans  le  Royaume-Uni,  dé  8  millions  ;  en 
France,  de  2  millions  ;  en  Allemagne,  de 
11  millions  ;  aux  Etats-Unis,  de  31  millions. 
Partout,  même  aux  Elats-Unis,  la  popula- 
tion urbaine  augmente  plus  que  la  popu- 
lation rurale  et,  en  Allemagne  elaux  Etats- 
Unis,  cette  population  urbaine  sera  plus 
considérable  que  celle  du  Royaume-Uni. 

Il  résulte  de  ces  faits  t  que  les  conditions 
de  la  suprématie  manufacturière  et  indus- 
trielle du  Royaume-Uni  et  cette  suprématie 
elle-même  deviennent  différentes  de  ce 
qu'elles  étaient,  alors  que  la  population 
urbaine  de  tous  les  pays  du  monde  étaient 
moindre  qu'en  Angleterre  ». 

Quant  aux  statistiques  commerciales  des 
quatre  pays  dans  les  seize  dernières  années, 
les  exportatisons  y  ont  atteint  les  chiffres 
suivants  :  1880  :  Royaume-Uni,  223  millions 
de  livres  sterling;  France,  139  millions  ; 
Allemagne,  145  millions  ;  Etats-Unis,  172 
millions.  En  1895,  les  résultats  ont  été  ceux- 
ci  :  Royaume-Uui,  226  millions  ;  France, 
135  millions  ;  Allemagne,  166  millions  ; 
Etals-Unis,  165  millions. 

Ces  chiffres  démontrent  que  les  exporta- 
tions demeurent  stationnaires  ou  à  peu 
près^  et  le  Mémorandum  attribue  ce  fait  à 
la  baisse  des  prix. 

Une  lettre  assez  intéressante  est  celle  qui 
donne  le  relevé  des  importations  dans  le 
Ropume-Uni  des  produits  français  et  les 
exportations  en  France  des  produits  an- 
glais de  1880  à  1895. 

Les  importations  des  produits  français 
ont  augmenté,  dans  cette  période,  de  42 
millions  de  livres  sterling  à  47  millions  1/5, 
tandis  que  les  exportations  anglo-irlandaises 
en  France  sont  descendues  de  15  mil- 
ice Directeur^ 


lions  1/2  en  1880  à  14   millions  en  1895. 

En  ce  qui  concerne  le  commerce  anglo- 
allemand,  les  importations  d'Allemagne  en 
Angleterre  ont  passé  de  24  millions  1/2 
à  27  millions  et  les  exportations  d'Angle- 
terre en  Allemagne  de  17  raillions  à  20  mil- 
lions 1/2. 

Les  Etats-Unis,  qui,  en  1880,  ont  importé 
en  Angleterre  pour  107  millions  de  mar- 
chandises, n*en  ont  exporté  que  86  millions 
1/2  en  1805;  et  les  exportations  d'Angle- 
terre en  Amérique  sont  tombées  de  31 
millions  en  1880  à  28  millions  en  1895. 

Le  Mémorandum,  en  commentant  les 
chiffres  qui  occupent  50  pages  environ,  dit 
que,  si  les  manufactures  des  pays  étrangers 
sont  en  progrès,  on  ne  peut  en  conclure 
que  l'industrie  anglaise  décline.  Au  con- 
traire, comme  pays  manufacturier  exporta- 
teur, la  Grande-Bretagne  tient  encore  la 
première  place. 

Les  conclusions  du  rapport  sont  que 
l'accroissement  de  la  population  de  l'Alle- 
magne et  des  Etats-Unis  a  donné  un  vigou- 
reux essor  au  développement  de  l'industrie 
de  ces  pays  et  que,  si  la  paix  continue  à 
régner,  l'Allemagne,  les  Etats-Unis  et  môme 
la  France  auront  un  développement  indus- 
triel qui  ira  de  plus  en  plus  rapidement. 

Le  commerce  de  ces  pays  dans  les  mar- 
chés neutres  deviendra  donc  plus  sérieux 
encore  avec  le  temps  et  il  importe  que  le 
Royaume-Uni  développe  son  industrie  d'ex- 
portation. Il  faut  que  les  Anglais  recon- 
naissent le  changement  qui  s'est  produit 
dans  le  monde  et  soient  convaincus  qu'ils 
ne  pourront  maintenir  leur  ancienne  su- 
prématie commerciale  qu'au  prix  de  vigou- 
reux efforts  et  d'une  sérieuse  amélioration 
de  leurs  méthodes  commerciales. 

C'est  au  zèle,  à  l'énergie  des  industriels 
qu'il  faut  s'en  rapporter  pour  mettre  l'An- 
gleterre à  même  de  lutter  avec  succès  con- 
tre ses  rivaux  étrangers,  et  l'Etat  ne  peut 
que  les  encourager  et  les  aider.  Il  ne  peut 
prendre  d'initiative. 

Gérant,  Rédacteur  en  Chtf, 

Eugène  THlftRY. 


CIBBMOMT  (OISB).    -  IMPRIMBBIB  DAIX   FRBRB8,  PLACB  SAINT -ANDRÉ    3. 


JOURNAL    MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  MANOFACTORIÈRE  ET  COMS™  ^'^^^"^^^ 


67-  Anné9.  -  MARS  1807. 


SOMMAIRE 


AfifMCULTURC—  LaSidératioD  ou  fumure  verte,  communication  de  M.  A.  Hersog. 

noUSTRIE.  —  Un  moteur  rotatif  idéal.  —Essieux  de  voitures  à  roulements  sur  billes,  de  MM.  MaHlA  Mâltt«  et 
<tH«b«Hand,  à  Poot-sur'-Sanibre  (Nord).  —  Carreaux  agglomérés  à  base  de  cuir  comprimé,  de  M.  Kugénc 
■ocImii.  à  Mulhouse.  —  Poulies  de  transmission  en  fer  forge  à  brai^  olive,  de  M.  Bourguet,  à  Paris.  —  Produits 
^  parfumerie  de  la  fabrique  de  La  Cru^  del  Campo^  à  M.  Dl«go  Léon  Sotelo,  à  Sévillc  (Espagne). 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  —  Exposition  industrielle  de  Vesoul. 

PSOburrS  AMMENT aires.  ~  Ligueurs  fines  de  la  Martinique,  de  MM.  FHtooh  Du  Val  «t  CI»,  à  Bordeaux. 
—  La  Présidente,  liqueur  ionique  et  digestive.  de  M.  Mousset,  à  Angouléme.  —  La  confiserie  américaine  et  les 
Loa»«rvc»de  fruits,  de  I«IM.  Damarco  et  Mirât,  à  Montevideo. 

CONHERCE.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  Suisse.  —  Les  exportations 
looparées  de  l'Angleterre,  de  l'Allemagne  et  de  la  France 


AGRICULTURE 


U  SIDÉRATION  OU  FUMURE  VERTE 

Communication   de    M.   Auguste   Herzog, 
docteur  ès-sciences 

i  la  Société  des  Sciences,  agriculture  et  arts 
de  la  Basse-Alsace  à  Strasbourg. 

I 

lUen  peu  de  questions  ont  autant  occupé 
les  praticiens,  les  hommes  de  science  et 
de  laboratoire  que  cet  important  phénomè- 
ne de  la  nutrition  des  légumineuses  et  de 
leQrichissementdu  sol  par  la  culture  de  ces 
plantes.  C*est  par  l'introduction  de  la  cul- 
ture du  trèfle  au  siècle  dernier,  en  Angleter- 
re, dans  les  Flandres  et  dans  notre  propre 
pays,  que  les  agriculteurs  ont  découvert 
que  chaque  fois  après  une  sole  de  trèfle,  la 
rtcolte  suivante  n'avait  plus  besoin  de  fu- 
mure directe.  C'était  dans  le  vignoble  de 
ma  commune  natale,  Gueberschwihr,  un 
principe  admis  dès  la  On  du  siècle  dernier 
et  depuis  longtemps  c'est  de  tradition,  que 
pour  faire  avec  un  succès  une  jeune  vigne 
à  la  place  d'une  vigne  extirpée,  il  fallait 
t^asemencer  le  champ  d*un  trèfle  quelcon- 
*iue,de  luzerne  de  préférence,  pour  y  voir 
prospérer  les  jeunes  replants. 


Toutes  les  légumineuses  offrent  celte  par- 
ticularité commune,  que  leurs  semences» 
leurs  tiges  et  leurs  feuilles  révèlent  à  l'ana- 
lyse chimique,  une  grande  richesse  en  azo- 
te. On  en  pourrait  inférer  de  prime  abord, 
que  toutes  ces  plantes  exigent  de  fortes  do- 
ses d'azote  dans  la  fumure  ou  d'azote  na- 
turel dans  le  sol.  Et  pourtant  il  n'en  est 
"rien.  Une  pratique  de  plusieurs  siècles  a 
démontré  que  le  lupin,  par  exemple,  a  la 
faculté  de  végéter  vigoureusement  et  pen- 
dant toute  une  série  d'années,  sur  le  sol  le 
plus  pauvre  en  matières  nutritives  azotées, 
sans  demander  de  fumure. 

Voilà  aussi  pourquoi  Albert  Thaer,  le  pè* 
reet  le  fondateur  de  l'agriculture  scientifi- 
que et  rationnelle,  se  basant  sur  son  ex- 
périence, ainsi  que  l'agronome  distingué 
Schwerz,  d'accord  avec  tous  les  praticiens 
do  leur  époque,  désignèrent  les  légumineu- 
ses à  rencontre  des  autres  plantes  cultura- 
les  comme  plantes  enrichissantes  du  sol. 
La  pratique  avait  démontré  que  dans  l'as- 
solement en  usage,  les  céréales  et  les  pom- 
mes de  terre  venaient  bien  mieux  après 
une  légumlneuse  que  quand  on  les  culti- 
vait après  d'autres  céréales,  ou  même  après 
la  jachère,  à  tel  point  que  pour  cette  raison 


JOURNAL  MENSUEL  OV  L'aGADÉMIE  NATIONALE. 


10 


la  jachère  nue  fut  bientôt  abandonnée  dans 
tous  les  pays  favorisés  par  le  climat,  par 
des  conditions  économiques  prospères  et 
doués  d'une  population  agricole  sagace  et 
laborieuse,  comme  notre  province  d'Alsa- 
ce, qui  à  cette  époque  marchait  déjà  à  la 
tête  du  progrès  agricole.  L'on  expliquait 
alors  cet  inléresssant  phénomène  par  le 
fait  que  le  trèfle,  les  fèves  ou  les  pois  bien 
développés,  amélioraientla  structure  méca- 
nique et  Tagencement  physique  des  terres 
par  leur  ombrage,  enrichissaient  le  sol  en 
humus  (auquel  à  cette  époque  on  attribuait 
encore  le  principal  nMe  dans  la  nutrition 
des  plantes  culturales)  par  les  feuilles  dont 
ils  jonchaient  la  terre  et  par  leurs  résidus 
racines  après  leur  récolte. 

Mais  si  les  praticiens  d'alors  avaient  par- 
faitement observé  ce  fait  si  étrange,  l'expli- 
cation qu'ils  donnaient  du  phénomène  ob- 
servé dans  la  nutrition  des  légumineuses, 
ne  pouvait  être  tout  à  fait  exacte,  pour  la 
seule  raison  que  ces  hommes  ne  se  ren- 
daient pas  suffisamment  compte  des  phé- 
nomènes chimiques  qui  se  produisaient  pen- 
dant la  croissance  dans  les  cellules  de  ces 
plantes.  Par  contre,  des  hommes  de  labora- 
toire, des  sommités  dans  la  chimie,  s'occu- 
pèrent déjà  au  dernier  siècle  du  grand  et 
important  problème  de  la  nourriture  des 
plantes  et  de  la  manière  dont  celles-ci  s'as- 
similent cet  élément  nutritif  si  important 
et  précieux,  qu'est  ïazotr.  Considérant  que 
les  composés  azotiques  de  Tair  atmosphé- 
rique s'y  trouvent  seulement  en  minimes 
quantités,  que  même  ces  combinaisons  sont 
peu  abondantes  dans  les  condensations  aé- 
riennes et  dans  les  terrains  pauvres,  il  fallait 
en  conclure  forcément  que  l'azote  libre  qui 
se  trouve  à  raison  de  prèsde  75  %  dans  1  at- 
mosphère, doit  former  une  source  excessi-- 
vement  riche,  où  les  végétaux  puisent  en 
abondance  l'azote  nécessaire  à  la  structu- 
re de  leurs  tissus.  Et  en  effet,  dès  les  années 
70  du  siècle  dernier,  deux  chimistes  distin- 
gués Priestlpy  et  Im/en'Housz  constatèrent 
que  certaines  plantes  avaient  la  propriété 
d'assimiler  l'azote  libre  de  l'air  atmosphé- 
rique. Cette  première  expérience  ne  fut  point 
encore  concluante  ;  pendant  une  grande 
partie  de  notre  siècle,  les  opinions  scienti- 
fiques sur  ce  sujet  durent  encore  rester  in- 
décises, et  souvent  diamétralementopposécs 
les  unes  aux  autres.  Ce  que  Priestlcjj  et  In- 
t/en-Hoiisz  crurent  avoir  observé,  (U'  Saussu- 
ir  vint  l'infirmer  par  ses  expériences  de  l'an 
1804.  Brrzélius  et  Lirhiff  se  sont  occupés  de 
la  question  de  la  nutrition  des  légumineu- 
ses et  crurent  avoir  trouvé  que  ces  plantes 
pouvaient  assimiler  les  combinaisons  ammo- 
niacale s  contenues  dans  l'air  atmosphéri- 


que par  l'entremise  de  leurs  fortes  touffe^ 
de  feuilles.  Mais  cette  idée  était  non  moiD< 
erronée  ;  car  les  combinaisons  azotées  «i-^ 
l'air  sont  si  minimes  qu'elles  ne  sauraieci 
suffire  aux  besoins  des  plantes  pour  lanour 
riture  azotée.  Boussiiigauft  qui  a  rendu  ce* 
lèbre  par  ses  recherches  le  nom  de  Pechel- 
bronn,  s'étant  attaqué  à  la  solution  de  et 
ardu  problème  de  chimie  physiologique,  h 
le  premier  des  expériences  pour  constatK 
le  mode  d'assimilation  de  l'azote  libre  d 
l'atmosphère  par  nosplantes  culturales.  L#^ 
expériences  de  lioussingault  furent  fai(^- 
sur  la  féverole,  le  lupin,  sur  Tavoine  et . 
cresson  de  fontaine  {nasturtinm}  dans  m 
atmosphère  ne  révélant  pas  trace  de  coin- 
binaisons  azotées,  et  qui  ne  contenait  par 
conséquent  que  de  l'azote  libre.  On  aval: 
établi  au  préalable  par  des  analyses  et  de« 
pesées  minutieuses  la  teneur  en  azote  tan 
de  la  semence  du  sol  de  rex|)érience  qut 
de  la  récolte.  Ces  essais  ont  prouvé  que  m 
plantes  ne  pouvaient  nullement  prendn 
Tazote  libre  dans  l'air  pour  satisfaire  leu. 
faim  d'aliment  azotés. 

Par  contre,  M.  GeonjfS  Ville  arriva  à  un  re 
sultat  contraire  ;  mais  sa  théorie  ne  fui 
point  admise.  Et,  pourtant,  elle  paraissait 
démontrée  par  la-  pratique  agricole,  qu 
retrouvait  dans  ses  récoltes  des  quantité 
d^azole  que  les  plantes  n'eussent  jamais  p^ 
tirer  uniquement  des  engrais  et  des  com- 
binaisons azotées  pénétrant  dans  le  se! 
avec  les  eaux  atmosphériques.  Les  résiii- 
tats  des  expériences  de  Boussingault  furetî 
confirmés  par  les  célèbres  expériences  dt^ 
Anglais  Lawes,  Gilhcrt  et  Bufjh,  travaux  q: 
par  leur  exactitude  et  leur  étendue  resteror' 
à  jamais  des  modèles  pour  les  expérimcD 
tateursà  venir.  Vous  savez,  Messieurs,  q\h 
les  expériences  de  Hothamsted  en  Angle 
terre  se  font  depuis  plus  de  quarante  ans  sar 
de  grandes  surfaces  et  qu'elles  ont  fourn 
à  la  pratique  et  à  la  science  agricoles  de* 
données  d'une  rare  exactitude  et  d'une  cer 
titude  à  toute  épreuve.  Grâce  à  leurs  cul- 
tures eu  grand,  ces  savants  ont  prouvé  qnt 
la  question  de  l'assimilation  de  l'azote  libw 
par  les  plantes  n'était  point  encore  milw 
pour  recevoir  une  solution  définitive.  Êi 
constatant  dans  chaque  récolte  la  quantiti| 
des  matières  azotées  qui  y  étaient  conter 
nues,  ils  arrivèrent  à  la  conviction  que  les 
sources  ordinaires  auxquelles  puisent  c« 
plantes,  ne  suffisent  point  à  fournir  lei 
quantités  d'azote  que  contiennent  les  plan- 
tes à  leur  récolte,  que  nécessairement  H 
devait  exister  une  source  d'azote  encore  in- 
connue capable  de  couvrir  le  déficit  cens* 
taté.  Lawes  et  (Ulberlont  démontré  que  jw 
l'on  cultivait  pendant   une  série   d*année* 


'/4t 


lOI 


AGRICULTURE. 


102 


des  céréales  Fane  après  Taulre  sur  le  mft- 
me  champ,  la  quantité  de  matière  azotée 
acciimulée  dans  les  plantes,  allait  en  dimi- 
oaaot  137  kg. à  l'hectare)  pour  finir  par  res- 
ter stationnaire  ;  que  si  on  intercalait  dans 
lassolement  une  légumineuse  quelconque, 
du  Irèfle  ou  des  pois,  on  obtenait  de  nouveau 
dans  les  récoltes  suivantes  de  blé  ou  d'or- 
^,  de  bien  pins  fortes  doses  de  matières 
aidées,  quoique  le  trèfle  et  les  pois  en  eus- 
sent fourni  de  leur  côté  de  grandes  quan- 
tités. 

Il  fallait  donc  attribuer  à  la  légumineuse 
inlFrcalée  un  rôle  dune  importance  toute 
ptrliculièro.  Sur  ces  données  vinrent  se 
j^flér  de  nouvelles  expériences  entrepri- 
se par  Lavç-es  et  Gilbert  sur  6  légumineu- 
ses et  19  graminées  avec  toutes  les  mesu- 
res de  précaution  susceptibles  d'éviter  des 
pirenrSjdans  lobut  de  sassurersi  réellement 
les  plantes  supérieures  à  chlorophylle  étaient 
capables  découvrir  leur  besoin  d'azote  en 
paisant  directement  aux  ressources  d'azote 
libre  contenues  dans  l'air.  Et  ces  expérien- 
cesont  brillamment  confirmé  l'opinion  émise 
dps  les  années  50  par  Boussingault  :  qite 
lazote  libre  de  l'air  atmosphérique  ne  pou- 
mit  être  assimilé  par  les  plantes  supérieures, 

8eraicnl-ce  les  organes  aériens  des  plan- 
tes, et  particulièrement  ceux  des  légumi- 
oenses,  qui  auraient  la  faculté  de  soutirer 
à  l'air  atmosphérique  l'azote  à  l'état  gazeux, 
mais  combiné  avec  un  autre  élément  sous 
la  forme  d'ammoniaque  ?  Tel  est  le  pro- 
WéfDe  que  s'étaient  posé  les  chimistes 
i  SaehSj  AfMphf  Maxjer  et  Schlôsing.  Leurs 
expériences  ont  prouvé  que  les  légumineuses 
^comportaient  tout  comme  les  graminées 
quant  à  l'assimilation  de  l'ammoniaque 
dans  l'atmosphère. 

Il  restait  un  autre  facteur  à  déterminer  : 
la  quantité  d'ammoniaque  et  d'acide  nitri- 
qne  introduite  dans  le  sol  par  les  conden- 
sations aériennes  dans  un  temps  donné. 
Qttoique  les  chiffres  trouvés  varient  for- 
U*fnent  entre  eux,  et  même  en  admettant 
Iw  chiffres  les  plus  élevés,  l'on  ne  peut  ar- 
ri?er  raisonnablement  à  la  conclusion  que 
ces  quantités  de  combinaisons  azotées,  in- 
troduites par  les  eaux  aériennes  dans  un 
mH  dépourvu  de  toute  matière  organique, 
poissent  suffire  à  elles  seules  à  faire  pros- 
pérer une  plante. 

Noos  voici  arrivé  dans  notre  développe- 
I  ment  historique  des  recherches  et  des  thé- 
ories scientifiques  sur  la  nutrition  azotée 
'  des  légumineuses  et  des  plantes  supérieu- 
fes  en  général,  jusqu'à  l'année  1876.  Comme 
vote  voyez,  Messieurs,  l'on  ignorait  encore 
^  cette  époque  la  cause  do  l'intéressant 
pliéiioniène  observé,  tant  dans  la  pratique 


agricole  que  par  l'expérimentation  scien- 
tifique, je  veux  dire  de  l'augmentation  des 
produits  azotés  d'une  récolte  en  suite  de  la 
culture  d'une  légumieuse. 

Mais  entre  la  science  et  les  praticiens  l'ac- 
cord ne  se  fait  pas  si  vite  sur  cet  objet.  Le 
procès  est  encore  en  suspens,  et  la  question 
toujours  ouverte.  Pendant  que  la  pratique 
prouvait  l'enrichissement  réel  en  azote  des 
terres  et  des  récoltes  par  la  culture  des  lé- 
gumineuses, des  publications  théoriques  de 
cette  époque  en  cherchaient  la  raison  dans 
le  fait  que  ces  végétaux  dont  les  fortes  ra- 
cines pivotantes  pénétraient  plus  profondé- 
ment dans  la  terre,  y  exploitaient,  pour  ain- 
si dire  les  riches  dépôts  de  combinaisons 
azotées  que  retenait  le  sous-sol.  D'autre 
part  l'on  expliquait  que  les  racines  fortes  et 
profondes  des  légumineuses  ameublissaient, 
aéraient  la  terre  et  l'amélioraient  par  consé- 
quent en  la  rendant  accessible  aux  agents 
atmosphériques  :  la  structure  chimique  et 
physique  du  sol  en  profitait  et  sous  leur  om- 
brage touffu  les  mauvaises  herbes  ne  crois- 
saient plus.  Toutes  ces  explications  devaient 
bientôt  ôtre  complétées  ou  infirmées  par  l'a- 
griculture pratique.  L'on  avait  commencée 
cultiver  des  légumineuses  sur  des  terres  lé- 
gères d'Allemagne,  sans  plus  leur  donner 
d'engrais  de  ferme,  mais  en  amendant  les 
champs  d'abord  avec  des  phosphates  seuls 
et  enfin  avec  des  sels  potassiques.  Les  ré- 
sultats de  cette  pratique  étaient  probants. 
Uon  vit  que  dans  certaines  conditions  les  légu- 
mineuses n'avaient  pas  besoin  d'engrais  azotés 
pour  donner  de  plus  grands  rendements. 
Ici  encore  ce  turent  La ives  et  Gilbert  qui,  dans 
leurs  cultures  d'essai  à  Rothamsted,  où  ils 
n'apportaient  aux  prairies  que  des  phospha- 
tes et  de  la  potasse,  constatèrent  que  les  lé- 
gumineuses dominaient  dans  le  fourrage, 
tandis  qu'avec  une  fumure  azotée  les  grami; 
nées  y  étaient  en  majorité.  A  Brt^me  on  fit 
l'intéressante  découverte  que  des  légumi- 
neuses semées  en  des  terrains  qui  n'avaient 
pas  encore  porté  de  ces  plantes,  ne  venaient 
que  faiblement  en  première  année,  malgré 
la  fumure  au  phosphate  et  à  la  potasse,  que 
seulement  après  deux  années  de  pareille  fu- 
mure les  trèfles  ou  autres  légumineuses  de- 
venaient progressivement  plus  forts  et  plus 
drus,  jusqu'au  parfait  épanouissement  au 
bout  de  quelques  années.  Ces  résultats 
étaient  donc  dus  aux  engrais  à  base  de  phos- 
phate et  de  potasse.  Mais  comment  expli- 
quer ce  curieux  phénomène  ?  Evidemment 
les  papilionacées  différaientdes  autres  plan- 
tes par  rapport  à  la  fumure  azotée. 

La  réponse  dut  être  donnée  peu  d'années 
après  par  le  savant  Hellriegel  que  la  science 
agronomique  vient  de  perdre  récemment  et 


103 


JOURNAL  MBN8UKL  DR  L  ACia>EMIE   NATIONALE. 


104 


dont  les  découvertes  forment  à  côté  de  cel- 
les de  Pasteur  et  de  Koch  la  gloire  de  notre 
fin  de  siècle. 

L'enrichissement  du  sol  en  azote  par  la 
culture  des  légumineuses  était  encore  un 
point  bien  controversé  parmi  les  hommes  de 
science  ainsique  parmi  les  praticiens,  quand 
les  vastes  expérimentations  culturales  d'un 
de  nos  plus  éminents  praticiens  d'Allema- 
gne, d'un  grand  propriétaire  de  l'Altmark, 
Schultz-Lupitz  vinrent  apporter  la  preuve 
évidente  de  Tamélioration  des  récoltes  par 
la  culture  des  légumineuses,  amélioration 
qui  devait  être  réellement  attribuée  à  l'ap- 
port de  matières  nutritives  azotées  au  sol 
par  ces  plantes  mômes. 

DansunbrillantrapportpubliéparSchultz 
Lupilz  en  1881,  sous  le  titre  de  :  «  Reiner- 
tràqe  auf  lekhtem  Boden  und  Wirkinvj  ver- 
srhicdenci^  Pfwsphateauf  troelienen  und  feuch- 
ten  Sandboden  «,  rapport  qui  constitue  un 
vrai  monument  de  progrès  dans  la  pratique 
et  comme  un  lumineux  point  de  départ  pour 
rétablissement  d'une  nouvelle  théorie,  l'a- 
gronome sus-nommé  établit  d'une  façon  in- 
déniable, en  se  basant  sur  ses  observations 
exactes  et  minutieuses  faites  pendant  de 
longues  années  dans  l'exploitation  d'une 
grande  propriété  nobiliaire  (Rittergut)  située 
en  terre  légère,  le  fait  de  l'enrichissement 
du  sol  en  azote  ;  et  pour  bien  Insister  sur 
cette  précieuse  qualité,  il  a  baptisé  les  légu- 
mineuses du  nom  significatif  d'accumula- 
trices  d'azote  (StickUoffsammler), 

Les  faits  qui  ont  amené  la  découverte  de 
Schultz-Lupitz  me  paraissent  si  intéressants, 
que  je  ne  crois  pas  pouvoir  les  passer  sous 
silence  dans  cette  partie  démon  rapport  que 
je  ne  voulais  consacrer  en  principe  qu'à  l'ex- 
posé historique  de  mon  sujet. 

En  1855,  Schultz  devint  acquéreur  de  la 
propriété  de  Lupitz.  Celle-ci  se  compose  en- 
tièrement de  terrain  très  léger,  d'un  sable 
diluvial,  qui  ne  laissait  guère  espérer  une. 
exploitation  rémunératrice.  Mais  tout  ceci 
n'était  point  pour  rebuter  cet  homme  aussi 
savant  qu'entreprenant.  Immédiatement  le 
nouveau  propriétaire  emboîte  le  pas  du  pro- 
grès en  faisant  largement  emploi  d'engrais 
chimiques  qui  alors  commençaient  seule- 
ment H  faire  leur  apparition  dans  Tagricul- 
ture.  Les  bons  résultats  ne  firent  point  dé- 
faut, mais  la  comptabilité  prouva  que  l'em- 
ploi de  ces  engrais  n'était  pas  assez  profi- 
table. Un  essai  de  chantage  sur  ces  terres 
si  légères  ne  réussit  pas  ;  la  chaux  brûlait 
le  sol  et  les  plantes.  Le  drainage  tenté  après 
le  chaulage  fut  d'un  meilleur  effet,  surtout 
avec  addition  de  phosphates.  Malgré  tout, 
le  rendement  général  de  la  culture  restait 
peu  satisfaisant.  Mais  par  l'emploi  des  en- 


grais potassiques,  qui  dans  les  années  1860 
firent  leur  apparition  sur  le  marché  des  en- 
grais chimiques  ou  artificiels,  les  rende- 
ments de  Lupitz  augmentèrent  subitement, 
d'une  manière  tout  imprévue  et  inattendue. 
Les  plus  étonnants  résultats,  Schultz  les  ob- 
tint dans  la  culture  du  lupin.  Cultivée  d  a  - 
bord  sans  aucune  fumure  en  alternance 
avec  des  pâturages  pour  bêtes  ovines,  cette 
plante  diminuait  d'année  en  année  dans  son 
rendement,  à  tel  point  que  le  sol  ne  souf- 
frait plus  du  tout  cette  légumineuse  de  ter- 
res légères.  Une  fumure  de  3  quintaux  de 
kaînite  au  quart  d'hectare,  suffit  pour  vain- 
cre cette  répugnance  du  sol  pour  le  lupin. 
Pendant  15  années  consécutives  Schultz-Lu- 
pitz  put  continuer  de  semer  cette  papiliona- 
cée  dans  le  même  champ  qu'il  avait  soin  de 
fumer  chaque  année  avec  3  quintaux  de  ce 
sel  potassique  qui  venait  de  faire  merveille. 
Se  basant  sur  celle  expérience  de  15  an- 
nées, M.  Schultz  put  émettre  l'axiome  que 
pendant  tout  ce  temps  son  terrain  ne  s'était 
point  appauvri,  mais  bel  et  bien  enrichi  d'a- 
zote. La  preuve  ne  pouvait  naturellement 
guère  en  être  faite  ;  mais  comment  s'expli- 
quer la  manière  dont  les  lupins  trouvaient 
quand  même  l'azote  nécessaire  qu'ils  emma- 
gasinaient dans  leur  tissu?  Encouragé  par 
ces  résultats  dans  la  culture  du  lupin, 
Schultz  se  décida  à  employer  concurrem- 
ment avec  la  kaînite  le  phosphate  pour  fu- 
mer aussi  les  céréales,  ces  consommateurs 
d'azote  par  excellence.  I^s  récoltes  des  cé- 
réales réussirent  mieux,  lorsqu'elles  succé- 
dèrent à  une  culture  de  légumineuses  qu'en 
venant  sur  terres  fumées  exclusivement 
avec  les  engrais  minéraux.  On  en  pouvait 
inférer  que  les  céréales  avaient  reçu  l'azote 
nécessaire  à  leur  développement  normal 
par  le  trèfie  ouïes  pois  intercalés  dans  l'as- 
solement. Schultz-Lupitz  réduisit  alors  for- 
tement son  cheptel  de  bétail,  puisqu'il  pré- 
tendait obtenir  par  la  culture  de  légumineu- 
ses l'azote  nécessaire  à  ses  champs  à  bien 
meilleur  marché  que  ne  le  lui  fournissait 
rétable  de  sa  ferme.  La  pratique  de  Schultz- 
Lupitz  était  probante  :  elle  a  prouvé  qu'en 
rendant  au  sol  ses  éléments  nutritifs  miné- 
raux tels  que  potasse  et  phosphate,  et  en  in- 
tercalant entre  les  céréales  des  légumineu- 
ses, les  récoltes  redevenaient  plus  fortes  et 
que  le  champ  ne  perdait  rien  de  sa  fertilité. 
C'est  Schultz-Lupitz  qui  remit  sur  le  tapis 
la  grande  question  de  la  nutrition  des  légu- 
mineuses, et  autour  de  ses  publications  qui 
ont  fait  époque,  il  s'éleva  parmi  les  hommes 
de  science  une  controverse  très  vive,  qui  no 
fut  même  pas  toujours  des  plus  polies.  Des 
savants  distingués,  tels  que  H,  Settegast^ 
Drechsler,  Blomeyerei  Màrker.  prirent  part  à 


105 


AGRICULTURE. 


106 


la  discnssioD.  Marker  fut  le  seul  dans  cette 
bataille  d'articles  et  de  rapports  qui  se  dé- 
clara pour  l'expérience  de  Schultz-Lupitz, 
et  loD^mps  encore  la  science  nia  la  pos- 
sibilité d'obtenir  des  résultats  durables  par 
le  système  d'exploitation  de  Schultz  et  pré- 
dit le  naufrage  de  ses  théories. 

Mais  Schultz-Lupitz  ne  se  souciant  guère 
des  controverses  provoquées  par  sa  prati- 
que, continua  d'exploiter  son  bien  d'après 
le  s}'stème  auquel  il  a  donné  son  nooi)  jus- 
qu'à ce  que  la  bactériologie  fût  venue  don- 
ner l'explication  du  phénomène  qui  parais- 
sait si  obscur  et  si  mal  observé. 

En  1886,  UU.Hellrieffd  et  WiUfarth  publiè- 
rent pour  la  première  fois  les  résultats  de 
lairs  recherches  communes  sur  Tassimila- 
liondes  matières  azotées.  Un  pur  hasard  leur 
ât  enfin  découvrir  la  clef  de  Ténigme  qui 
intrigaait  depuis  près  d'un  siècle  les  agro- 
nomes et  les  expérimentateurs  les  plusdis- 
tin^és.  Ces  deux  savants  faisaient  des  es- 
sais de  culture  en  pots  de  différentes  plan- 
tes, de  légumineuses  et  de  céréales  ou  gra- 
minées, de  plantes  enrichissantes  et  ap- 
prauTrissantes,  dans  des  terres  préalable- 
ment stérilisées  et  complètement  libres  de 
combinaisons  azotiques.  Pour  les  céréales 
h  purent  constater  que  leur  rendement  dé- 
pendait strictement  de  la  quantité  d'azote 
donnée  à  la  terre  d'essai  par  les  mélanges 
Qulritifs  ;  les  rendements  diminuaient  et 
ao^mentaientavec  l'augmentation  ou  la  di- 
iBînation  de  l'azote  dans  le  sol.  Au  contraire, 
ûHte  relation  n'existait  plus  pour  les  légu- 
luaeases  ;  certaines  de  ces  plantes  possé- 
<^nt  la  capacité  de  prospérer,  même  dans 
a  terrain  complètement  libre  d'azote  et 
»&s  aucune  addition  de  cet  élément  nutri- 
^rà  l'engrais  donné.  Mais  une  autre  année 
r»  mêmes  plantes,  dans  lesi  mêmes  terres 
dessaietdans  les  mêmes  conditions  ali- 
mentaires, ne  parvenaient  pas  à  se  dévelop- 
^r  normalement.  Quelleétait  donc  la  cause 
^  ce  curieux  phénomène  ?  La  réponse  fut 
'lonnée  par  le  hasard.  Hellriegel  constata 
déplus  que  même  après  l'addition  des  me- 
nées quantités  d'azote  nutritif,  les  mêmes 
plantes  d'essai  de  la  famille  des  légumineu- 
^s  ne  donnaient  pas  un  rendement  égal. 
Ne  trouvant  aucune  cause  chimique  ou  phy- 
^que  de  cette  particularité  dans  la  nutri- 
^on  azotique  des  trèfles  et  des  pois  cultivés, 
y^Uriegel  se  mit  à  déterrer  quelques  piau- 
las d'essai  et  il  constata  que  les  plantes 
ÎHen  développées  avaient  à  leurs  racines  de 
Nies  nodosités  qui  manquaient  aux  plan- 
és de  même  espèce  restées  en  arrière.  Et 
^nodosités  contenaient  de  grandes  quan^ 
lités  d'un  infiniment  petit,  d'une  bactérie. 

Quel   était  le  rôle  de   ces    nodosités  ? 


Etaient-ce  réellement  les  bactéries  de  ces 
formations  végétatives  qui  en  symbiose 
avec  la  plante  mère  lui  fournissaient  le  sur- 
plus d'azote  constaté  dans  les  récoltes  ?  De 
nouveaux  essais  basés  sur  l'hypothèse 
qu'une  terre  dans  laquelle  les  légumineuses 
avaient  pris  beaucoup  de  ces  tubercules, 
devait  contenir  aussi  beaucoup  de  germes 
de  la  bactérie  en  question,  furent  tentés 
par  Hellriegel  et  Willfahrt  Sur  laserradelle, 
le  lupin  et  les  pois,  dans  des  terres  parfai- 
tement stérilisées,  dont  quelques  pots 
avaient  été  préalablement  ensemencés  de 
bactéries  par  une  eau  dans  laquelle  était 
délayée  une  terre  qui  avait  porté  de  vi- 
goureuses plantes  des  papilionacées  en 
question,  et  confirmèrent  la  supposition  que 
ces  bactéries  étaient  les  vrais  accumula* 
teurs  de  l'azote  libre  dans  l'air  atmosphéri* 
que.  Toutes  les  plantes  qui  avaient  eu  de 
la  terre  de  légumineuses  délayée  dans  de 
l'eau,  devinrent  très  vigoureuses  et  donnè- 
rent un  fort  rendement,  tandis  que  celles 
qui  n'avaient  pas  été  arrosées  de  cette  ma- 
nière restèrent  faibles  et  moururent  d'ina- 
nition. 

L'importante  question  de  l'assimilation 
de  l'azote  libre  de  l'air  par  les  légumineun 
ses  était  dorénavant  résolue.  De  ce  moment 
date  une  ère  vraiment  nouvelle  dans  la 
pratique  agricole,  par  suite  de  l'application 
économique  qu'ont  trouvée  ces  nouvelles 
acquisitions  de  la  science  expérimentale. 

C'était  en  effet  la  découverte  d'une  nou- 
velle et  intarissable  source  d'azote,  qu'il 
s'agissait  dorénavant  de  rendre  utile  dans 
la  pratique  agricole,  tant  par  l'intercalation 
de  légumineuses  dans  les  cycles  d'assole- 
ment, que  par  l'emploi  des  plantes  en  ques- 
tion comme  engrais  verts^  en  les  enfouis- 
sant, pour  fixer  ainsi  dans  le  sol  le  surplus 
d'azote  accumulé  par  elles.  Le  système  éco- 
nomique de  Schultz-Lupitz  avait  obtenu  la 
plus  brillante  justification  par  la  science. 

Des  expériences  subséquentes  de  Praz-- 
mowskl,  Frank^Nobbeet  7///mer  confirmèrent 
que  par  la  symbiose  de  ces  bactéries,  les 
légumineuses  devenaient  capables  d'em- 
prunter l'azote  libre  à  l'air,  comme  d'ailleurs 
il  avait  été  démontré  par  Frank  que  d'au- 
tres plantes  supérieures,  des  arbres  de  la 
forêt,  avaient  sur  leurs  racines  des  infini- 
ment petits  parasitaires,  qui  leur  procu- 
raient l'avantage  de  rendre  assimilable 
l'azote  de  l'air  à  leur  organisme.  La  fixa- 
tion de  l'azote  libre  de  l'air  par  ces  bacté" 
ries  fut  encore  prouvée  par  les  expériences 
de  Lawes  et  Gilbert  dans  les  années  1888  et 
1889.  M.  E.  Bredel  arriva  à  des  résultats 
identiques  en  inoculant  directement,  les 
bactéries  accumulatrices  d'azote  à  de  jeu- 

6 


107 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L^AfiADllMIE  NATIONALE. 


lOS 


nés  plants  de  cytise  ;  les  plants  inoculés  se 
développèrent  vigoureusement,  et  montrè- 
rent à  leur  récolte  les  nodosités  à  bactéries, 
que  n'avaient  pas  les  plants  non  inoculés. 
Des  inoculations  faites  par  Hellriegel  lui- 
même  produisirent  de  ces  mêmes  nodosités 
sur  les  racines,  tandis  que  les  plantes  non 
traitées  n*en  eurent  point  et  n'atteignirent 
pas  à  leur  développement  normal. 

Si  par  les  expériences  précitées  l'assimi- 
lation de  Tazote  par  les  légumineuses  a  été 
prouvée  d'une  manière  indirecte,  MM. 
Scfilœsing  fils  et  Laurent  entreprirent  de  la 
constater  directement  en  mesurant  les 
quantités  d'azote  gazeux  que  leurs  plantes 
d'expérimentation  enlevaient  à  l'air  qui  leur 
était  amené  par  des  procédés  spéciaux.  Les 
expériences  sont  donc  venues  confirmer 
d'une  manière  éclatante  les  pratiques  de 
l'agriculture  et  les  théories  de  la  science  : 
ScKuttZ'Lupitz  et  HellriefffL 

Nous  allons  voir  maintenant  dans  la  se- 
conde partie  de  mon  étude  le  parti  écono- 
mique à  tirer  des  importantes  découvertes 
dont  je  viens  de  retracer  l'histoire. 

II 

Depuis  longtemps  nos  agriculteurs  se 
plaignaient  de  la  pénurie  des  engrais  de 
ferme  ;  depuis  longtemps  des  expériences 
pratiques  avaient  démontré,  que  môme  là 
où  le  fumier  de  ferme  ne  faisait  pas  défaut, 
l'élément  azoté  dominait  par  trop,  et  que, 
par  le  défaut  des  aliments  minéraux,  nos 
plantes  culturales  ne  donnaient  plus  de  ren- 
dement satisfaisant.  Il  a  fallu  ajouter  les 
phosphates  et  la  potasse  à  la  fumure  d*éta- 
ble,  pour  obtenir  de  nouveau  des  récoltes 
comme  on  était  habitué  à  en  avoir,  voire 
même  des  rendements  doublés.  C'était  par- 
ticulièrement les  terres  de  haute  culture 
intensive,  les  terrains  riches  en  humus  et 
très  actifs  qui  se  montraient  les  plus  recon- 
naissants envers  l'emploi  (l'engrais  artifi- 
ciels, et  donnaient  pendant  toute  une  série 
d'années  des  récoltes  très  abondantes,  mé-. 
me  sans  l'emploi  d'aucun  engrais  d'étable. 

De  pareils  résultats  augmentèrent  consi- 
dérablement Tengouement  pour  les  engrais 
chimiques,  à  tel  point  que  Ton  pensait  déjà 
à  faire  de  l'agriculture  sans  bestiaux,  qu'on 
avait  fini  par  considérer  comme  un  mal 
nécessaire.  Il  y  eut  pourtant  un  recul  dans 
le  développement  de  remploi  de  ces  engrais  ; 
et  maintenant  encore  dans  certaines  par- 
ties de  notre  pays  la  faveur  pour  ceux-ci 
n'est  pas  revenue.  Le  paysan  avait  fait  de 
mauvaises  expériences  en  employant  uni- 
quement tel  et  tel  engrais,  sans  considérer 
que,  pour  se  développer,  la  plante  avait  be- 
soin de  plusieurs  éléments  nutritif)^,  et  que 


pour  avoir  une  récolte  assurée  il  fallait 
rendre  au  champ  toutes  les  matières  fertili 
santés  qui  lui  enlève  la  récolte.  En  enr 
ployant  l'un  ou  l'autre  engrais  chimique  i 
lui  seul,  les  récoltes  peuvent  être  satisfai- 
santes tant  que  les  autres  aliments  dt* 
plantes  se  trouvent  encore  en  quantité 
suffisantes  dans  la  terre  ;  que  l'un  d'er 
vienne  à  manquer,  et  il  manquera  d'antas 
plus  vite  que  par  la  fumure  précédente  L 
récolte  aura  été  plus  abondante.  Aussitôt k 
rendement  diminuera,  et  cela  jusqu'à  r. 
que  le  champ  ait  reçu  l'élément  nutritif  q 
lui  manque  le  plus.  C'est  Tignorance  6 
cette  loi  naturelle,  qui  permit  longtemps 
l'emploi  d'un  seul  engrais  chimique,  en^ 
ployé  à  l'exclusion  des  autres,  et  fit  accroirr 
ainsi  aux  cultivateurs  trompés  dans  lec 
attente,  que  l'engrais  chimique  employé  ps 
eux  ne  valait  rien,  qu'il  appauvrissait  \* 
sol  au  lieu  de  l'enrichir  ;  ils  ne  pensaiefl 
déjà  plus  aux  récoltes  renforcées  en  swi 
de  son  emploi.  L'erreur  était  qu'on  pcnsi.^ 
avoir  trouvé  dans  les  engrais  artificiels  àe 
engrais  completSfCe  qu'ils  ne  sont  en  au0an 
façon  ;  le  sol  a  besoin  d'humus  et  sans  lïi^ 
mus  il  perd  son  agencement,  sa  structar 
favorable  aux  plantes  de  culture. 

De  là  aussi  le  désappointement  des  ca 
tivateurs  qui  avaient  essayé  la  ferme  saa 
cheptel. 

Il  a  fallu  retourner  au  fumier  organiqur 
ne  veut-on  pas  le  faire  dans  l'étable,  onpe^ 
le  faire,  il  est  vrai,  dehors  sur  les  champs 
en  cultivant  des  légumineuses,  en  intercaij 
tiondans  l'assolement,  en  culture  dérob.^ 
ou  principale,  pour  enfouir  dans  le  sol,  si 
leurs  racines  seulement,  comme  pourl^ 
plantes  fourragères  dune  certaine  valeu. 
soit  leurs  fanes  entières,  comme  pour  le 
légumineuses  de  moindre  valeur  fourr? 
gère,  lupin  ou  vosce,  fèves  ou  serratlell^ 
C'est  ce  système  de  fumure  verte  qui  a  pe 
mis  à  Schultz-Lupitz  de  restreindre  réel k 
ment  son  cheptel,  sans,  pour  cela,  diminua 
les  réserves  d'azote  et  d'humus  par  les  r 
coites  rentrées.  Après  15  années  déco  sysf 
me,  son  terrain  n'avait  rien  perdu  ;  bien  a 
contraire,  il  s'était  enrichi  en  azote. 

La  sidération  ou  fumure  verte  signifia 
par  le  fait  qu'elle  fournit  presque  pour  riei 
l'azote  si  cher  dans  le  commerce,  une  vra- 
révolution  dans  la  pratique  autant  que  da^ 
l'économie  agricole. 

De  plus,  la  fumure  verte  se  prêle  aux  tcf 
res  fortes  comme  aux  terres  légères.  Eï\i 
ameublit  les  premières  et  rend  plus  con$i$H 
tantes,  moins  perméables  ces  dernièrt-<{ 
elle  perfectionne  la  structure  mécanique  f^ 
chimique  des  difiTérents  sols  ;  elle  prépara 
aux  racines  des  plantes  cultivées  leur  gfk 


109 


AGRICCLTCRE. 


ho 


propice  el  leur  facilite  l'accès  dans  les  prô-  . 
tondeurs.  Les  terres  froides  sont  réchauffées, 
les  sols  trop  chauds  sont  tempérés,  ce  qui 
rend  les  engrais  artificiels  plus  actifs  et 
assure  leur  effet.  Faisons  donc  du  fumier 
sur  nos  champs.  Si  après  la  récolte  d'une 
céréale  d'hiver  nous  retournons  les  chaumes, 
si  nous  ensemençons  aussitôt  le  champ 
avec  une  légumineuse  quelconque,  et  que 
pour  Temblavure  suivante  nous  enfouis- 
sions ces  plantes  tout  entières  dans  le  sol, 
nous  remplaçons  ainsi  avantageusement  le 
famier  de  ferme  et  nous  enrichissions  no- 
tre sol  de  matières  fertilisantes.Nous faisons 
delà  fumure  verte. 

La  fumure  verte  a  sur  le  fumier  de  ferme 
de  grands  avantages.  Çlle  est  d'abord  moins 
chère  et  ensuite  les  plantes  enfouies  se  dé- 
composent beaucoup  plus  vite  que  les  en- 
trais animaux.  La  sidération  peut  se  faire 
presque  choque  année,  tandis  que  Tengrais 
de  ferme  ne  peut  se  répéter  qu'à  de  grands 
intervalles  et  ne  suffît  plus  nulle  part  ;  Ta- 
lole  des  plantes  vertes  enfouies  comme  fu- 
mure est  plus  assimilable  que  l'azote  de 
l'engrais  animal  ;  Thumus  fourni  par  la  si- 
dération est  beaucoup  meilleur  que  celui 
duftimicr  de  ferme. 

La  sidération  est  dès  à  présent  un  puis- 
sant facteur  de  production  agricole  ;  de  nos 
jours,  où  nos  produits  sont  si  dépréciés, 
i  essentiel  pour  nos  cultivateurs  est  de  pro- 
duire plus  à  l'hectare  et  de  produire  aussi  à 
moindres  frais.  Mais  l'emploi  d'engrais  vert 
offre  encore  d'autres  grands  avantages  pu- 
rement culturaux  ;  il  favorise  la  formation 
des  rosées,  tient  le  sol  humide  et  chaud, 
détruit  et  empêche  de  croître  les  mauvaises 
herbes  ;  il  ameublît  le  sol,  l'enrichit  de 
Tazote  si  précieux,  accélère  dans  la  terre 
la  décomposition  des  aliments  minéraux  et 
augmente  Thumus. 

Ce  sont  tout  particulièrement  les  champs 
ou  les  soles  éloignés  du  centre  de  culture, 
de  la  ferme  ou  du  village  qui  profitent  de 
la  fumure  verte,  puisque  celle-ci  épargne 
de  grand  frais  de  transport  ;  de  plus,  la  si- 
dération permet  une  meilleure  adaptation 
de  l'assolement  aux  conditions  climatéri- 
ques  et  économiques  de  la  région.  Rien  que 
par  la  culture  intercalaire  d'une  légumi- 
neusc  après  la  récolte,  l'assolement  est 
avantageusement  modifié,  la  culture  des 
plantes  sarclées  à  Teffet  d^améliorer  la  con- 
sistance du  terrain  et  de  détruire  les  mau- 
vaises herbes  devient  moins  nécessaire,  ce 
but  étant  atteint  parfaitement  à  l'aide  des 
légumineuses  intercalées. 

En  un  mot,  la  sidération  ou  fumure  verte 
s'impose  de  nos  jours  comme  une  des  plus 
pressantes  nécessités  économiques  parmi 


celles  qui,  dans  ces  derniers  temps,  ont 
profondément  modifié  l'agriculture.  Elle 
est  une  mesure  très  économique  ;  car  en 
l'appliquant,  loin  de  courir  les  risques  de 
perdre  des  matières  nutritives  comme  avec 
le  fumier  de  ferme,  nous  les  consolidons 
pour  ainsi  dire  dans  le  sol  et  les  y  conser- 
vons facilement  assimilables,  quoique  non 
solubles  dans  l'eau. 

Les  résultats  de  la  fumure  verte  seront 
d'ailleurs  d'autant  plus  sûrs  que  le  sol  de 
culture  aura  lui-môme  des  réserves  plus  pe- 
tites en  azote  disponible  pour  les  plantes, 
et  que  par  nos  soins  les  légumineuses  se 
développeront  plus  vigoureusement  ;  car  ce 
ne  sont  que  les  plantes  vigoureuses  qui  ac- 
cumulentbeaucoup  d'azote  libre  et  augmen- 
tent ainsi  le  rendement  de  la  récolte  sui- 
vante. 

Les  semailles  des  légumineuses  pour  fu- 
mure verte  se  font,  soit  immédiatement 
après  la  moisson  dans  les  chaumes  renver- 
sés, soit  aussi  en  culture  dérobée.  Daps  le 
premier  cas,  il  faut  renverser  la  motte  pen- 
dant que  les  gerbes  se  trouvent  encore  sur 
le  champ,  herser  et  rouler,  puis  enfouir  la 
semence.  Si  nous  voulons  avoir  des  résul- 
tats assurés  des  semis  dans  les  chaumes 
renversés,  il  est  essentiel  que  nous  ne  nous 
mettions  pas  en  retard  pour  entreprendre 
ces  travaux,  afin  de  permettre  aux  plantes 
d'atteindre  leur  parfait  développement  avant 
de  les  enfouir  et  d'incorporer,  au  sol,  par 
cette  opération,  les  plus  grandes  quantités 
d'azote  possibles.  Le  petit  tableau  que  nous 
donnons  ci-après  peut  suffisamment  nous 
édifier  sur  l'importance  des  emblavures 
précoces  ;  nous  voyons  par  là  que  des  ves- 
ces  semées  à  différentes  dates  ont  fourni 
d'autant  plus  d'azote  et  ^e  substances  orga- 
niques qu'elles  ont  été  semées  plus  tôt  : 


Date 

des 

semailles 

19  juillet 
5  août. 
ÎO      » 
31      » 


Date 

de  Tenfouis- 

sement 

86  octobre 
26        » 
26        » 
26       » 


Poids 

produit 

et  enfoui 

3380  kg. 

1866    w 

1164    » 

6(54    V 


Azote 
obtenu. 

128  kg. 
SO    » 
54    0 
31     » 


En  culture  dérobée  on  répand  la  semence 
des  légumineuses  dès  le  printemps,  par  ex- 
emple, dans  une  céréale  d'hiver  qu'on  herse 
légèrement  ensuite  ;  la  légumineuse  semée 
dans  une  céréale  trouve  en  celle-ci  un  sou- 
tien, une  protection  favorables  à  son  déve- 
loppement, et  ce  n'est  qu'après  l'enlèvement 
de  la  récolte  principale  que  la  légumineuse 
se  développe  le  mieux.  La  culture  dérobée 
d'une  plante  à  fumure  verte  ne  se  recom- 
mande pourtant  point  dans  un  sol  aride, 
perméable  et  sec,  puisque  ces  semailles  en 
dessous  enlèvent  au  so]  une  humidité  (|ui 


111 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'aCADÉMIE  NATIONALE. 


112 


doit  principalement  servir  à  la  plante  recou- 
vrante, et  que  la  récolte  principale  peut  en 
être  compromise.  La  serradelle  est  la  plante 
à  fumure  verte  qui  se  prête  le  mieux  aux 
semailles  en  dessous  ou  à  la  culture  déro- 
bée. En  général,  on  peut  donc  dire  qu'une 
semaille  faite  dans  les  chaumes  renversés 
et  sans  autre  fumure  préalable,  donne  le 
plus  de  garantie  de  réussite,  à  condition 
toutefois  que  la  récolte  principale  ait  obtenu 
suffisamment  de  phosphate,  de  potasse  et 
de  chaux. 

J'ai  déjà  dit  que  par  la  fumure  verte  les 
engrais  minéraux  gagnaient  en  importance, 
et  en  effet,  l'adjonction  d'une  légumineuse 
à  une  culture  principale,  devra  être  pour- 
vue, pour  se  bien  développer,  d'une  assez 
grande  quantité  d'acide  phosphorique  et  de 
potasse,  tandis  qu'il  vaut  mieux,  pour  ce 
qui  est  de  Tazote,  que  cet  élément  nutritif 
n'y  abonde  pas  :  car  l'azote  produit  la  verse 
de  la  céréale  et  diminue  ainsi  la  croissance 
de  la  légumineuse  adventice  et  en  môme 
temt)s  la  quantité  d'engrais  vert  à  obtenir. 
Quant  à  l'époque  à  laquelle  l'engrais  vert 
doit  être  enfoui,  il  est  tout  à  fait  impossi- 
ble d  énoncer  une  règle  générale  et  abso- 
lue sur  cette  importante  question.  Si  après 
une  emblavure  de  légumineuses  le  champ 
doit  recevoir  une  semaille  ou  une  plante 
printanière,  il  est  bon  de  laisser  debout  sur 
le  champ  la  légumineuse  pendant  tout  Thi- 
ver,  afin  qu'en  recouvrant  le  sol  elle  le  rende 
plus  meuble  et  plus  friable,  et  lui  donne  en 
général  une  structure  plus  favorable  à  la 
plante  qu'il  devra  recevoir. 

Schultz-Lupitz  recommande  d'ajouter  en- 
core un  peu  de  fumier  de  ferme  à  l'engrais 
vert  pour  accélérer  le  décomposition  de  ce 
dernier.  Le  fumier  de  ferme  héberge  quan- 
tité de  bactéries  qui  favorisent  la  pourri- 
ture ;  l'addition  du  fumier  de  ferme  n'a  donc 
d'autre  but  que  de  faire  pourrir  plus  vite 
les  plantes  vertes  enfouies,  afin  de  rendre 
leurs  éléments  nutritifs  plus  rapidement 
assimilables  et  profitables  aux  plantes.  Pour 
augmenter  encore  l'effet  salutaire  de  la  fu- 
mure verte,  on  fait  bien  d'apporter  au  sol 
du  superphosphate  ou  des  scories  Thomas, 
de  la  potasse  sous  forme  de  sels  potassiques 
ou  aussi  de  la  chaux  ;  tous  ces  engrais 
réunis  rendent  la  fumure  plus  active  et  d'un 
effet  plus  sûr.  Dans  une  terre  légère,  nous 
donnerons,  par  exemple,  avantageusement 
à  une  céréale  suivant  les  légumineuses 
plantées  pour  engrais  vert,  une  fumure  ad- 
ditionnelle de  ka'inite  et  de  scories  Thomas. 
Ce  sont  les  plantes  sarclées  qui  profitent  le 
plus  et  le  plus  facilement  des  matières  nu- 
tritives de  l'engrais  vert,  tandis  que  les  cé- 
réales sont  beaucoup  moins  capables  d'as- 


similer l'azote  renfermé  dans  les  légumi- 
'  neuses  enfouies.  Celles-ci  n'entrent  en  fer- 
mentation que  vers  la  belle  et  chaude  sai- 
son, la  nitriflcation  ne  peut  donc  plus  pro- 
fiter aux  céréales,  dont  la  végétation  est 
déjà  très  avancée  à  cette  époque. 

Après  ces  données  générales  sur  la  portée 
économique  de  la  sidératîon,il  me  reste  en- 
core à  vous  exposer,  Messieurs,  les  princi 
pes  spéciaux  qui  doivent  guider  nos  agri 
culteurs  dans  l'exploitation  de  terres  légè 
res  ou  de  terres  fortes.  Gomme  nous  l'avons 
déjà  dit,  l'engrais  vert  est  d'un  effet  supé- 
rieur particulièrement  sur  les  sols  légers, 
et  je  puis  hardiment  affirmer  que  c'est  la 
sidération  qui  seule  pourra  faire  donner  les 
plus  forts  rendements  possibles  à  ces  ter- 
rains qui  avant  cette  importante  découverte 
restaient  pour  ainsi  dire  arides  et  stériles 
ou  du  moins  ne  donnaient  des  récoltes  sa- 
tisfaisantes qu'avec  beaucoup  de  peine  et 
par  suite  d'immenses  frais  de  culture  oa 
d'amélioration.  11  en  est.  Dieu  merci,  tout 
autrement  aujourd'hui,  et  si  l'on  prenQ 
particulièrement  en  considération  la  règic 
du  choix  des  légumineuses  qui  accumulenl 
le  plus  d'azote  dans  leurs  racines  et  résidus, 
l'on  peut  être  certain  d'un  résultat  et  d'un 
succès  complets.  Avec  la  sidération  il  n'y  a 
plus  de  terres  stériles,  il  n'y  a  plus  de  pro- 
priété qui  ne  paye  ses  frais  et  n'entretienne 
son  propriétaire  ou  son  fermier. 

Mais  là  où  l'on  cultive  beaucoup  de  sob 
légers,  il  faut  avant  tout  s'assurer  que  les 
plantes  y  trouvent  la  quantité  d'eau  néces- 
saire à  leur  croissance  normale  et  à  leur 
parfait  développement.  C'est  eu  effet  dans  les 
terres  légères  à  sous-sol  très  perméable, 
que  les  eaux  souterraines  font  souvent  ei 
le  plus  défaut.  Par  bonheur  il  y  a  parmi  les 
légumineuses  des  plantes  dont  les  racines 
vigoureuses  et  pivotantes  pénètrent  bien 
avant  dans  le  sous- sol,  y  trouvent  facile- 
ment l'eau  nécessaire  et  réussissent  ainsi 
à  emmagasiner  de  fortes  quantités  d'azote 
dans  leurs  racines. 

C'est  encore  aux  célèbres  expériences  de 
Schultz-Lupitz  que  nous  devons  les  plus  mi- 
nutieux éclaircissements  sur  le  rôle  impor- 
tant des  légumineuses  à  racines  profondes. 
Toutes  les  plantes  à  engrais  vert  ne  pénè- 
trent pas  dans  la  terre  à  une  égale  profon- 
deur, et  il  est  avéré  que  par  une  année  de  sé- 
cheresse ou  dans  un  champ  à  sous-sol  très 
perméable,  les  plantes  qui  auront  le  plus 
de  chance  de  végéter  régulièrement  seront 
celles  qui  enverront  plusprofondémcnt  leurs 
racines  dans  le  sous-sol.  Si  le  lupin  atteint 
avec  sa  racine  pivotante  la  profondeur  d'un 
mètre,  le  pois  ne  pénètre,  par  exemple,  dans 
les  mêmes  conditions  de  terrain  et  de    cli- 


113 


AGRICULTURE. 


114 


mai,  pas  à  plas  de  30  centimètres,  et  résiste 
poar  cette  raison  beaucoup  plus  difOcile* 
ment  à  la  sécheresse. 

U  s*ag1ra  donc  pour  tout  agronome  pru- 
dent de  bien  connaître,  de  bien  étudier  les 
conditions  géologiques  et  hydrologiques  de 
ses  champs,  et  pour  courir  moins  de  risque 
par  la  sécheresse,  le  cultivateur  avisé  aura 
soin  de  semer  de  préférence  un  mélange 
de  différentes  plantes,  pénétrant  dans  le 
sous- sol  à  dea  profondeurs  variées.  Plutôt 
que  de  semer  des  légumineuses  à  égale 
puissance  pénétrante,  il  sèmera  un  assor- 
timent de  plantes  profondes  et  déplantes 
superficielles.  De  cette  manière  le  terrain 
sera  partout  également  traversé  parles  ra- 
does,  tandis  qu'avec  des  plantes  superficiel- 
les seules  les  couches  plus  profondes  ne 
profiteraient  point  de  Teffet  salutaire  de  la 
pénétration  par  les  racines.  Les  plantes  à 
racines  profondes  exercent  même  une  in^ 
fiuence  favorable  sur  la  plante  de  Tannée 
suivante. 

SchultZ'Lupitz observa  un  champ  de  pom- 
mes de  terre  dont  une  partie  avait  reçu  dans 
l'assolement  précédent  du  fumier  de  ferme, 
et  une  autre  partie  avait  été  fumée  à  Ten- 
jrrais  vert  de  lupin  ;  le  tout  reçut,  de  plus, 
ane  légère  addition  de  poudrette  et  d'os 
pulvérisés.  L'année  avait  été  sèche  et  quoi- 
que nulle  part  sur  le  champ  il  n'y  eût 
I  manque  d'éléments  nutritifs,  les  pommes 
I  de  terre  de  la  parcelle  qui  avait  été  fumée 
au  lupin  vert,  montraient  une  croissance 
beaucoup  plus  vigoureuse  que  celles  de  la 
parcelle  qui  n'avait  reçu  que  du  fumier  de 
ferme.  Comment  s'expliquer  cette  différen- 
MÎSchultz-Lupilz  fit  sortir  des  pieds  de 
pommes  de  terre  sur  les  deux  parcelles,  et 
Il  constata  que  sur  le  champ,  fumé  par  le 
lupin  vert,  les  racines  de  la  pomme  de  ter- 
re avaient  suivi  les  traces  et  les  conduits 
formés  par  les  fortes  racines  du  lupin,  et 
avaient  par  conséquent  pénétré  plus  profon- 
dément dans  le  sol  que  les  racines  des  pieds 
qui  avaient  grandi  syr  le  champ  engraissé 
au  fumier  de  ferme  et  qui  avaient  souffert 
de  la  sécheresse. 

Sur  la  parcelle  au  lupin,  Schultz-Lupitz 
récolta  23,360  kilogr.  de  pommes  de  terre  à 
î  hectare,  tandis  que  le  champ  au  fumier  de 
ferme  n'en  rendit  que  14,600  kilogr.  Si  nous 
«aminons  encore  les  frais  des  deux  fumu- 
res, nous  trouvons  dans  les  notes  de  Schultz- 
Lupitz  que  la  fumure  verte  avait  coûté  11 
°\^s.  et  la  fumure  à  l'engrais  de  ferme 
^.50  marcs  (t)  ;  le  prix  de  revient  despom- 

\*]  Le  marc  ou  mark,  unité  monétaire  nlle- 
inaDde  vaut  exactement  1  fp.  25  ;  sa  subdivi- 
sion centésimale,  le  pfennig,  équivaut,  par  con- 
«%ent,aX  centime  1/4.  ^ 


mes  de  terre  produites  sur  le  champ  à  en- 
grais vert,  comportait  84  Pfennigs  les,  50 
kilogr.  et  1,68  marcs  sur  le  champ  fumé  à 
l'engrais  d'étable. 

Cet  exemple  prouve  d'une  manière  écla- 
tante combien  il  est  utile  que  les  plantes 
culturales  de  nos  terres   légères  pénètrent 
profondément  dans  le   sol,    pour  y  trouver 
facilement   dans   le   sous-sol,   et  l'eau  né- 
cessaire, et  les  éléments    nutritifs   enfer- 
més dans  les  couches  inférieures  de  ces  ter- 
res si  perméables.  En  plantant  des  légumi- 
neuses qui  envoient  leurs  racines  très  pro- 
fondément dans  la  terre,  nous  obtenons  ce 
résultat  ;  il   sera  donc   bon   de   connaître 
tout  d'abord  les  habitudes  des   différentes 
légumineuses  sous  ce  rapport.  Le  docteur 
Stutzer,  de  Bonn,  dans  son  excellent  traité 
sur  la  fumure  pratique,   range  ces  plantes 
comme  suit  par  rapport  à  la  plus  ou  moins 
grande  pénétration  de  leurs  racines  :   en 
premier  lieu,  le   lupin  bleu,  puis  le  lupin  à 
fleurs  blanches  et  à  fleurs  jaunes  ;  les  diffé- 
rentes variétés  de  Lathyrus  ;  puis,  comme 
légumineuses  peu  profondes,  ce  même  a^i- 
teur  cite  les  pois  et  les  différentes  espèces 
de  vesces,  ainsi  que  la  serradelle. 

Les  avantages  économiques  de  la  fumure 
verte  sur  les  terres  légères  ne  pourront  plus 
être  mis  en  doute  quand  on  saura  que  par 
les  semailles  de  lupin  il  est  possible  d'ac- 
cumuler dans  les  tiges,  feuilles  et  racines 
de  ces  plantes  de  50—60  kilogr.  d'azote  pris 
dans  l'air  atmosphérique.  Dans  des  condi- 
tions de  culture  exceptionnellement  bon- 
nes, il  arrive  même  qu'en  semant  cette  pa- 
pilionacée  dans  des  terres  sablonneuses, 
vers  la  fin  du  mois  de  juillet,  on  obtienne, 
en  récoltant  et  enfouissant  au  mois  de  no- 
vembre, plus  de  100  kilogr.  d'azote  produits 
ainsi  à  bon  marché  par  l'assimilation  de 
l'azote  libre  dans  l'air.  Et  que  coûte  le  kilo- 
gramme de  cet  aliment  si  précieux  pour  nos 
cultures  ?  En  comptant  les  frais  de  produc- 
tion du  lupin,  le  kilogramme  d^azote  accu- 
mulé ainsi  dans  la  plante  revient  à  envi- 
ron 40  pfennigs,  tandis  que  dans  les  en- 
grais commerciaux  nous  payons  le  kilo- 
gramme d'azote,  à  raison  de  90—100  pfen- 
nigs. De  plus,  il  y  aurait  à  porter  en  compte 
dans  la  sidération  la  valeur  des  matières 
humiques  apportées  au  sol  par  l'enfouisse- 
ment, et  encore  la  dissolution  plus  rapide 
des  engrais  phosphatés  sous  l'influence  des 
acides  végétaux  contenus  dans  les  plantes 
à  fumure  verte.  Tout  cela  se  traduirait  par 
des  chiffres  très  importants  et  certes  très 
concluants. 

Quant  à  la  serradelle,  qui  ne  réussit  que 
dans  les  sols  sablonneux  et  de  lehm,  mais 
non  dans  les  terres  compactes  et  argileu- 


115 


lOORNAL  MKN8UBL  DB  I/aCADRMIE  NATIONALB. 


llô 


ses,  les  avantagei  économiques  n'en  sont 
pas  moins  (grands  ;  car  en  semant  cette 
plante  vers  la  fin  d'avril  ou  au  commence* 
ment  de  mai  en  culture  dérobée  dans  un 
champ  de  céréales,  on  peut^  récolter,  si  la 
température  e^i  tant  soit  peu  favorable,  et 
ni  trop  sèche  ni  trop  chaude,  pour  le  moins 
lOOkilogr.  d'azote  à  l'hectare.  Les  100  Icilo- 
gr.  de  semences  employées  à  cet  effet  coû- 
tant 24  marcs,  et  les  autres  frais  de  culture 
n'étant  point  très  élevés,  les  frais  de  pro- 
duction ne  comporteraient  pas  plus  de  30 
pfennigs  par  kilogramme. 

D'après  Schultz*Lupitz  la  gesse  {Lathyrus 
Clymnenum)^  que  cet  éminent  praticien  a 
ouHivée  avec  succès,  la  petite  luzerne  jaune 
ou  lupuline  {Medicago  hipulina),  ainsi  que  le 
trèfle  hybride   {TrifoUum  hybridum)    sont 
d'excellentes  légumineuses  à  fumure  verte 
pour  terres  légères.  En  ces  derniers  temps 
Schultz-Lupitz  emploie  pour  emblaver   les 
chaumes  renversés  un   mélange  de  lupin 
jaune,  blanc  et  bleu,  de  pois,  de  gesse  et 
de  fèves,  qui  lui  donna,  en  1894,  moyenne- 
ment et  par  hectare  environ   140  kilogr. 
d'azote.  Le  kilogramme  ne  lui  coûta  guère 
plus  de  31  pfennigs,  ce  qui  représente  une 
somme  bien  inférieure  à  ce  que  coûterait 
le  kilogramme  d'azote  pris  dans  le  com- 
merce ou  contenu  dans  le  fumier  de  ferme. 
Ajoutez  encore  à  ces  avantages  qui  peuvent 
se  traduire  arithmétiquement  et  en  chiffres 
sensibles,  celui  de  l'accumulation  de  gran- 
des quantités  d'humus  dans  le  sol,  humus 
qui  est  ainsi  produit  sans  aucun  frais.  De 
plus  les  plantes  qui  suivent  ces  légumineu- 
ses à  racines  fortes  et  profondes,  trouvent 
dans  le  sous-sol  de  vraies  sources  d'eau 
qui,  en  leur  étant  plus  accessibles,  les  pro- 
tègent efficacement  en  temps  de  sécheresse. 
Si  la  sidération  se  prête  bien  à  l'amélio- 
ration des  terres  légères,  l'on  ne  peut  pas 
en  dire  autant  des  terres  fortes  ;  Ips  frais  de 
culture  de  ces  dernières  étant  généralement 
très  élevés,  la  fumure  verte  cesse  naturel- 
lement d'être  rationnelle  et  profitable,  dès 
que  la  valeur  de  l'azote  produit  ne  com- 
pense pas  entièrement  les  frais  de  la  fu- 
mure verte. 

Ici  eacore  il  s'agit  de  trouver  les  légumi- 
neuses qui  conviennent  le  mieux  au  terrain 
qu'on  a  sous  la  charrue. 

Pour  les  terres  moyennes,  telles  que  noua 
les  trouvons  dans  notre  campagne  d'Alsace, 
dans  les  vastes  dépôts  de  lehm  qui  la  re- 
couvrent et  lui  donnent  sa  grande  fertilité, 
ce  sont  les  différentes  variétés  de  pois  et  de 
vesces  qui  rendent  les  meilleurs  services. 
D'après  un  rapport  de  Dehiinger,  reproduit 
par  M.  Stutzer  dans  son  opuscule  sur  les 
engrais,  on  a  obtenu,  dans  la  plaine  des 


environs  de  Darmstadt,  à  l'hectare,  les 
quantités  ci-dessous  relatées  d'humus  et 
d'azote. 

Matières 

humiqaet    Axote. 
kg.  kg. 

Mélange  de  pois  et  de  vesces.  7d;)0  2S0 

Luzeroe 6500  230 

Trène 4800  1 27 

Trèfle  hybride 3500  117 

La  fumure  verte  ainsi  produite  par  le 
mélange  de  pois  et  de  vesces  équivaut,  d'a- 
près les  évaluations  du  professeur  Stutzer, 
à  au  moins  50,000  kil.  de  fumier  de  ferme 
ou  aussi  à  1000  kil.  de  salpêtre  du  Chili.  Ce 
sont  là  des  résultats  qui  ne  sont  possi- 
bles, naturellement,  que  par  une  tempéra- 
ture très  favorable  à  la  végétation.  En  temps 
de  sécheresse,  de  pareilles  masses  ne  s'ob- 
tiennent point  et  les  résultats  sont  moin- 
dres ;  mais  ces  chiffres  peuvent  toujours 
édifier  les  plus  sceptiques  sur  la  valeur  de 
la  fumure  verte.  Le  compte  de  l'agronome 
Dehlinger,  qui  fit  ces  essais,  vient  confir- 
mer la  haute  valeur  économique  d'une  sidé- 
ration bien  appliquée  et  réussie  :  à  l'hec- 
tare il  employa  100  kil.  de  vesces,  100  kil. 
de  pois,  auxquels  il  £^outa  quelques  kilos 
de  fèves  pour  prêter  un  appui  aux  deux  au- 
tres plantes  grimpantes  pendant  leur  végé- 
tation. 

La  semence  a  coûté  36  M.,  l'ensemence- 
ment à  la  main  1,20  M.,  augmentation  des 
frais  de  labour  2  M.  (le  labour  eût  été  fait 
quand  même),  soit  39,20  M.,  ou  en  chiffres 
ronds  40  M. 

Vis-à-vis  de  ces  frais,  nous  trouvons  en 
recette  : 

7600  kg.  de  matière  organique   (matières 
humogènos), 
250  kg.  d'azote. 

L'azote  considéré  à  lui  seul,  en  négligeant 
la  valeur  de  la  matière  organique  (humus}, 
coûta  par  conséquent,  dans  les  expériences 
de  Dehlinger,  la  petite  somme  de  16  pf.  le 
kilo.  Mais  que  nous  coûterait  un  kilo  d'azote 
dans  le  nitrate  de  soude  du  Chili  ?  Nous 
Tachetons  ordinairement  à  100  et  120  pfen- 
nigs. La  différence  est  bien  grande,  et  dus- 
sent même  une  fois  les  résultats  n'atteindre 
pas  entièrement  les  chiffres  précités,  je 
suis  convaincu  que  la  sidération  de  nos  ter- 
res moyennes  du  lehm  rhénan  se  payerait 
encore  largement. 

Parmi  les  vesces,  c'est  particulièrement 
la  vesce  velue  qui  mérite  toute  notre  atten- 
tion comme  plante  à  fumure  verte,  d'autant 
plus  qu'elle  peut  encore  rendre  de  grands 
services  en  temps  de  sécheresse,  de  pénu- 
rie de  foins  et  de  fourrages  secs.  La  vesce 
velue  résiste,  comme  tout  praticien  le  sait, 


117 


AGRICULTOEE. 


118 


à  tontes  les  intempéries  et  est  très  précoce. 
L'on  en  sème  tOO  kil.  mêlés  à  50  kil.  de  sei- 
gle de  la  Saint-Jean  à  Fhectare,  et  on  Ten- 
fonlt  au  printemps,  si  l'on  ne  préfère  en 
pratiquer  une  coupe  de  fourrage  vert  en 
cas  de  besoin.  La  vesce  ordinaire  se  prête 
paiement  très  bien  à  la  sidération  des  ter- 
res fortes  ;  on  la  sème  à  la  fin  de  juillet  ou 
au  commencement  du  mois  d'août,  à  raison 
de  100-150  kil.  à  Thectare,  et  on  l'enterre  à 
la  charrue  au  printemps  suivant.  Je  citerai 
encore  spécialement  la  fève  Vicia  faba 
comnae  une  légumineuse  des  terres  fortes. 
C'est  elle  qui  fournit  les  plus  grandes 
quantités  de  matières  humiques  et  d'azote, 
mais  malheureusement  les  frais  de  culture 
en  sont  fortement  augmentés  par  les  hauts 
pris  de  sa  semence.  La  luzerne  jaune  {Médi- 
rago  lupulina)  est  aussi,  d'après  les  expé- 
riences de  grande  culture,  une  plante  émi- 
nemment azotîfère.  Elle  se  sème  au  prin- 
temps en  culture  dérobée  dans  de  Tavoine, 
dans  le  blé  ou  une  autre  céréale^  à  raison 
de  25  kil.  de  semence  à  Thectare  ;  elle  ne  se 
développe  bien  qu'après  la  récolte  des  cé- 
réales, de  sorte  qu'on  peut  Tenfouir  au  mois 
de  novembre.  Elle  a  fourni,  dans  les  expé- 
riences de  l'agronome  Vibrans,  en  matière 
verte  et  racinée,  13,500  kil.  à  Thectare,  ^olt 
M  kil.  d*azote  enlevé  à  Tair  ambiant. 

Le  trèfle  hybride  réussit,  pour  la  fumure 
verte,  dans  les  terres  légères  comme  dans 
les  terres  fortes.  On  en  sème  environ  20  kil. 
à  rhectare,  en  culture  dérobée,  dans  le  sei- 
^e  au  printemps,  et  il  a  fourni,  d'après  les 
rapports  de  Schultz-Lupitz,  rien  qu'en  rési- 
dus de  racines,  après  la  coupe  du  fourrage 
tert,pour  le  moins  8.000  kil.  de  matières  or- 
ganiques dans  lesquelles  se  trouvaient  en- 
Tiron  24  kil.  d'azote. 

Je  citerai  encore  une  plante,  le  mélilot  ou 
trèfle  de  Bokhara,  qui  croît  très  vite  et  ac- 
camule  une  grande  quantité  d'azote.  Mais 
(Jette  légamineuse  a  le  grand  inconvénient 
d^étre  très  vivace,  de  repousser  encore  long- 
temps après  son  enfouissement  et  de  former 
une  vraie  mauvaise  herbe.  Cette  plante  se 
prête  tout  particulièrement  à  enrichir  les 
terres  nouvellement  défrichées,  tant  par  ses 
résidus  que  par  les  grandes  quantités  d'a- 
zote qu'elle  emprunte  à  l'atmosphère.  Au 


printemps,  dès  la  fonte  des  neiges,  on  sème 
le  mélilot  dans  les  seigles  d'hiver  à  raison  de 
30  kil.  de  semence  décortiquée  à  l'hectare. 

L'expérience  et  la  pratique  agricole  mon- 
trent donc  qu'il  y  a  des  légumineuses  à  fu- 
mure verte  pour  toutes  les  terres,  et  la  si- 
dération reste  profitable  tant  que  la  natu- 
re des  terres  ne  rend  pas  trop  coûteuse  leur 
culture  et  trop  précaire  leur  rendement.  Il 
n'est  donc  pas  possible  d'établir  une  règle 
fixe  et  immuable  sur  l'emploi  de  telle  ou 
telle  autre  plante  pour  en  faire  du  fumier 
vert. 

Avant  d'ensemencer  ses  champs  de  plan- 
tes à  fumure  verte,  l'agriculteur  pratique  et 
avisé  se  renseignera  chez  ses  voisins  qui 
auraient  déjà  pratiqué  la  sidération  avec 
succès,  ou  à  quelque  station  d'essai,  pour 
savoir  laquelle  des  nombreuses  légumi- 
neuses conviendra  le  mieux  aux  terrains 
qu'il  veut  ensemencer.  SI  l'occasion  lui 
manque  de  se  renseigner  de  la  sorte,  il  fe- 
ra bien  d'essayer  lui-même  en  petit  la  Cul- 
ture des  différentes  plantes  accumulatrices 
d'azote  sur  ses  propres  champs,  jusqu'à  ce 
qu'il  ait  ainsi  lui-même  reconnu  l'espèce 
la  plus  reconynandable.  Et  surtout  qu'il 
n'omette  jamais  de  fumer  les  emblavures  de 
légumineuses  à  l'engrais  de  potasse  et  au 
phosphate  de  chaux,  ce  dernier  s'employant 
le  mieux  sous  forme  des  scories  Thomas. 
De  plus,  dans  les  terres  sablonneuses 
manquant  complètement  de  chaux,  il  fera 
bien  d'employer  préalablement  le  cbaulage, 
car  il  est  avéré  que  l'assimilation  d'azote 
est  la  plus  vive  dans  les  terres  qui  contien* 
nent  de  la  chaux. 

Je  ne  crois  pas  avoir  exagéré  quand,  dans 
le  cours  de  la  présente  étude,  j'ai  émis  l'o- 
pinion et  la  ferme  conviction  que  dans  la 
fumure  verte  nous  possédions  un  des  puis- 
sants moyens  d'augmenter  les  rendements 
de  notre  agriculture  et  un  réel  facteur  d'a- 
mélioration de  l'état  économique  de  nos 
campagnes.  Je  serais  trop  heureux  si,  par 
ces  quelques  pages  sur  cet  intéressant  su- 
jet, j'o»ais,  nourrir  l'espoir  de  railler  à  mes 
idées  lespraticiens  agricoles  et  aussi  d'a- 
mener à  tenter  des  essais,  quelques-uns  des- 
cultivateurs  n'ayant  pas  encore  pratiqué  la 
sidération. 


119 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'aCàDKMIB  NATIONALE. 

INDUSTRIE 


120 


UN  MOTEUR  ROTATIF  IDÉAL 

Toutes  les  personnes  au  courant  desques- 
lions  de  mécanique  savent  que  la  recher- 
che d'un  moteur  rotatif  parfait  est  un  pro- 
blème qui  hante  le  cerveau  des  inventeurs 
depuis  la  création  même  de  la  machine  à 
vapeur.  Le  grand  Watt  lui-même,  après  la 
création  de  sa  fameuse  machine  à  balancier, 
d*une  conception  si  proche  de  la  perfection, 
se  mit  à  Tétude  du  problème  du  moteur 
rotatif,  sans  d'ailleurs  obtenir  un  résultat 
satisfaisant.  Depuis  Watt,  c'est  par  centaines 
qu'il  faut  compter  les  inventeurs  de  mo- 
teurs rotatifs,  sans  que  jamais  les  moteurs 
construits  aient  répondu  à  l'attente  générale, 
en  fonctionnant  d'une  manière  régulière  et 
économique.  Toujours  les  moteurs  rotatifs 
accusaient  un  rendement  considérablement 
inférieur  à  celui  des  moteurs  alternatifs  or- 
dinaires, c'est-à-dire  que  leur  consommation 
de  vapeur  pour  la  production  d'une  quan- 
tité de  force  déterminée  dépassait  constam- 
ment dans  des  proportions  énormes  la  con- 
sommation des  machines  à  pistons. 

Cependant,  tels  sont  les  avantages  pro- 
pres du  mouvement  rotatif  que,  dans  ces 
dernières  années,  quelques  moteurs  dont  la 
consommation  de  vapeur  est  cependant  su- 
périeure à  celle  des  moteurs  alternatifs,  ont 
pris  une  place  honorable  dans  l'industrie. 
Ce  sont  le  moteur  Fiitz,  le  turbo-moieur 
Parsons,  et  surtout  la  turbine  de  Laval,  dont 
les  applications  se  sont  largement  multi- 
pliées depuis  trois  ans  et  qui  semble  four- 
nir réellement  de  très  bons  résultats. 

Mais  voici  qu'il  nous  arrive  d'Amérique 
la  nouvelle  que  le  moteur  rotatif  idéal  a  été 
enHn  inventé  par  un  mécanicien  américain 
du  nom  de  Bambel. 

Tels  seraient  les  grands  mérites  et  avan- 
tages de  ce  moteur  que  les  brevets  pour  les 
Etats-Unis,  pour  l'Angleterre,  pour  la  Fran- 
ce et  pour  l'Allemagne  auraient  éié  ven- 
dus à  iiOndres  au  nois  de  janvier  dernier, 
à  un  syndicat  dénommé   Syndicat  Allen, 


pour  la  somme  énorme  et  presque  fabuleu- 
se de  6.700.000  dollars,  soit  environ  trente^ 
trois  millions  et  cinq  cent  mille  francs  ! 

Il  parait  qu'un  moteur  Bambel  de  la 
force  de  cinquante  chevaux  peut  ne  pas 
peser  plus  de  45  kilogrammes,  et  qu'un  mo- 
teur de  250  chevaux  peut  n'avoir  qu'une 
hauteur  de  0  m.  46,  et  ne  pas  mesurer  plus 
de  0  m.  30  en  largeur  ou  longueur  à  la  base. 

Il  parait  aussi  que  quelques  moteurs  de 
ce  système  ont  fonctionné  depuis  près  d'un 
an  à  Trenton,aux  Etats-Unis,  donnant  plei- 
ne et  entière  satisfaction  pour  la  produc- 
tion de  la  force  motrice. 

Bien  entendu,  en  publiant  ces  indica- 
tions, nous  ne  faisons  que  répéter  ce  que 
nous  avons  lu,  et  non  pas  ce  que  nous  avons 
vu,  sans  nous  porter  garants  de  l'exactitu- 
de de  tous  ces  renseignements. 

Cependant,  nous  devons  avouer  que  les 
croquis  suivants  dont  notre  excellent  con- 


Croquis  d'ensemble  du  moteur  rotatif  Bambel. 

frère  la  Locomotion  automobile  aih'ien  vou- 
lu nous  fournir  les  clicbés  établis  d'après 
des  figures  publiées  par  le  New-Yorke  He^ 
raid  et  par  le  Scientific  American,  pré- 
viennent beaucoup  en  faveur  du  nouveau 
moteur,' et  semblent  démontrer  qu'il  pos- 
sède bien  tous  les  avantages  qu'on  lui  attri- 


ISl  INDUSTRIE. 

boe.  Dans  tous  lescas,OD  voit  que  le  moteur 
Rambel  est  d'une  simplicité  de  mécanisme 
réellement  merveilleuse. 

La  figure  l  représente  la  vue  d'ensemble 
du  moteur.  La  figure  2  est  une  coupe  trans- 
versale par  rapporta.  Tarbre.  La  figure  3 
est  la  coupe  longitudinale  par  rapport  à 
Tarbre,  etla  figure  4  fournit  un  détail  du 
piston  rotateur. 


122 


Nous  ne  possédons  pas  les  indications  dé« 
taillées  correspondant  aux  différents  numé« 
ros  des  figures.  Mais  au  premier  coup  d'œil 
on  se  rend  parfaitement  compte  du  fonc- 
tionnement général  du  moteur.  On  voit 
qu'il  suffit  de  manœuvrer  le  levier  com- 
mandant un  cône  de  robinet,  pour  mettre 
en  marche  le  moteur  dans  un  sens  ou  dans 
l'autre,  graduer  l'introduction  delà  vapeur, 


Coupe  longitudinale  et  transversale.  -—  Détail  du  piston. 


arrêter  ou  renverser  instantanément  le 
mouvement. 

Si  la  consommation  de  vapeur  du  moteur 
Bimbel  ne  dépasse  pas  la  consommation 
moyenne  ordinairedes  moteursalternalifs  — 
et  le  fait  nous  semble  vraisemblable  étant 
donné  que  le  mécanisme  comporte  le  tra- 
vail de  la  vapeur  en  détente,  après  ferme- 
ture de  Tadmission  —  il  n'y  a  pas  do  doute 
qoe  riiivention  de  ce  moteur  ne  marque  le 
(ommeocement  d'une  révolution  complète 
dans  la  construction  mécanique. 

Dans  ce  cas,  lestrente-quatre  millions  de 
francs  consacrés  à  l'achat  des  brevets  amé- 
ricains, anglais,  français  et  allemands  se- 
raient assurés  d'une  large  récupération,  et 


cet  achat  n'aurait  pas  été  une  opération 
aussi  aventureuse  qu*on  pouvait  la  juger 
de  prime  abord. 


E88IEUX  DE  VOITURES 
à  roulements  sur   billes, 

de  MM.  Martin,  Maitte  et  Huberland, 
à  Pont-sur-Sambre  (Nord). 

Depuis  que  le  développement  immense  de 
la  vélonpédie  a  rendu  justement  populaires 
les  roulements  sur  billes,  de  nombreux  in- 
venteurs ont  cherché  à  multiplier  les  appli- 
cations du  principe  de  ces  roulements  à  u.n 
grand  nombre  de  rotations  mécaniques.  On 


123  lOURNAL  MENSUEL  DE  L'ACiDÙflB  NATIONALE, 

a  d'abord  songé  tout  naturellement  aux 
roues  des  voitures  de  luxe  et  Ton  a  ensuite 
réalisé  le  montage  sur  billes  des  arbres  de 
certaines  machines-outils  et  même  de  ma- 
chines agricoles. 

I/application  aux  roues  des  voitures  lé- 
gères est  certainement  celle  qui  a  le  plus 
d'avenir.  En  ce*  qui  concerne  les  voitures 
appelées  ù  supporter  de  grosses  charges,  le 
système  ne  saurait  avoir  ce  succès;  car, 
somme  toute,  la  résistance  des  billes  à  l'é- 
crasement ou  à  la  déformation  reste  limitée 
à  des  proportions  assez  restreintes,  et  il 
faudra  toujours  s^en  tenir  aux  boites  et  fu- 
sées d'essieux  formant  coussinets  à  larges 
portées  pour  les  véhicules  destinés  aux 
transports  lourds. 

Il  résulte  d'expériences  sérieuses  faites 
par  un  des  grands  carrossiers  de  Paris  que 
l'application  des  roulements  sur  billes  à 
une  voiture  de  luxe  peut  diminuer  d'envi- 
ron 25  %  les  efforts  de  traction  que  doit 
fournir  l'attelage.  L'adaptation  des  roule- 
ments sur  billes  constitue  donc  un  réel  pro- 
grès, dan«  tous  les  cas  où  elle  est  pratique- 
ment possible. 

Nos  Sociétaires,  MM.  Martin,  Maitle  et  Hu- 
berland,  fabricants  d'essieux,  à  Pont-sur- 
Sambre  (Nord),  se  sont  préoccupés  sérieuse- 
ment de  la  question,  et  ont  imaginé  un  dis- 
positif d'application  des  roulements  sur  bil- 
les qui  semble  parfaitement  bien  approprié 
aux  essieux  de  voitures  et  pour  lequel  il  a  été 
pris  un  brevet  d'invention  en  France. 

Au  point  011  les  ont  amenés  leurs  perfec- 
tionnements successifs,  les  roulements  sur 
billes  sont  toujours  constitués  par  le  dépla* 
cernent  d'une  couronne  de  billes  d'acier 
trempé,  roulant  entre  les  deux  gorges  de 
deux  pièces  également  d'acier  trempé  et 
désignées  communément,  Tune  sous  le  nom 
de  cône^  l'autre  sous  le  nom  de  cuvette. 

On  comprend  d'ailleurs  aisément  que, 
quelle  que  soit  la  dureté  de  Tacier  trempé 
qui  constitue  les  trois  pièces  :  billes,  cône 
et  cuvette,  l'usure  tend  à  diminuer  leurs 
dimensions  respectives  et  à  produire  un  jeu 
qu'il  y  a  lieu  de  rattraper  pour  assurer  un 
bon  réglage  des  mouvements. 

Il  faut  d'ailleurs  observer  que  la  posai" 


124 

billté  du  rattrapage  du  Jeu  dans  toutes  les 
articulations  est  Tune  des  qualités  propres 
des  mouvements  à  billes. 

Le  rattrapage  de  jeu  dans  ces  mouve- 
ments s'opère  par  le  rapprochement  mutuel 
de  la  cuvette  et  du  cône,  de  manière  à  res- 
serrer l'espace  dans  lequel  évoluent  les  billes, 
en  évitant  toutefois  de  les  bloquer. 

Des  deux  pièces  :  cuvette  et  cône,  l'une 
doit  être  fixe  et  l'autre  mobile. 

Dans  le  système  d'essieu  à  billes,  de  MM . 
Martin,  Maitte  et  Huberland,  la  boite  d'es- 
sieu destinée  à  faire  corps  avec  le  moyeu  de 
la  roue  est  un  cylindre  en  acier  trempé  dont 
les  deux  extrémités  sont  terminées  par  un 
chanfrein  extérieur  formant  cône.  Le  cône 
restant  ainsi  à  poste  fixe,  le  réglage  doit 
s'etfectuer  par  avancement  de  la  cuvette 
se  déplaçant  sur  la  fusée  de  l'essieu,  et 
cet  avancement  s'obtient  par  vissage  de 
l'écrou  massif,  formant  cuvette  sur  une 
partie  filetée  de  la  fusée.  Pour  mainte- 
nir récrou-cuvette  en  position  fixe  sur  la 
fusée  filetée,  il  s'agit  de  Tempôcher  de  tour- 
ner. Ce  résultat  est  obtenu  parles  dispositifs 
suivants  :  la  tôte  de  la  fuséeest  limée  en  bout 
carré,  et  sur  ce  bout  carré  s'emmanche  une 
douille  munie  d'un  ergot  saillant  qui  vient 
se  fixer  dans  une  des  encoches  qui  sont  pra- 
tiquées à  cet  effet,  en  nombre  impair,  sur  le 
pourtour  extérieur  de  l'écrou-cuvette  ;  la 
douille  est  maintenue  elle-même  sur  l'ex- 
trémité de  la  fusée  par  une  goupille  traver- 
sant les  deux  pièces.  On  comprend  aisé* 
meut  que,  de  cette  façon,  récrou-cuvetle  se 
trouve  parfaitement  maintenu  à  poste  fixe. 

Il  faut  remarquer  d'ailleurs  que  l'ensem- 
ble de  ces  dispositions  constitue  l'une  des 
so  lutiuns  de  ce  problème  mécanique  quW 
Yécrou  indeswrable. 

Observons  aussi  que  MM.  Martin,  Maitte  et 
Huberland  ont  imaginé  une  heureuse  dispo- 
sition pour  assurer  le  placement  facile  des 
billes  dans  la  gorge  de  la  cuvette  qui  constitue 
leur  logement.  A  cet  effet,  cette  gorge  se 
trouve  largement  ouverte  dn  côté  opposé  à 
celui  sur  lequel  s'exerce  la  pression  du  rou- 
lement, de  manière  à  ce  que  les  billes  puis- 
sent  y  être  introduites  librement*  Pour  las 
empêcher  de  sortir  ensuite  de  leur  logement, 


IS5  iNousraïc 

oM  rondelle  plate  s'applique  au  moyen  de 
vis  à  métaux  sur  Touvenure  libre,  de  ma- 
uière  i  la  fermer  d'une  façon  suffisante 
pour  empêcher  la  sortie  des  billes. 

Tel  est  l'ensemble  des  dispositions  inven- 
tées par  MM.  Martin,  Maitte  et  Huberland 
poorappliquer  d'une  façon  réellement  pra- 
liqoe  le  principe  des  roulements  sur  billes 
lox  essieux  de  voitures.  Ces  dispositions 
MDtefidem ment  des  mieux  comprises,  et  il 
s'y  a  pas  de  doute  qu'elles  ne  deviennent 
(hos  l'avenir  Tobjet  d'applications  nom- 
ïteuses  qui  donneront  encore  une  nouvelle 
impalsion  à  la  fabrication  d'essieux  de 
MV.HartiD,  Maitte  et  Huberland.  Constatons 
d'iillears,  avec  plaisir,  que  cette  fabrication 
na  sa  réputation  grandir  de  telle  façon  que 
DOS  Socif^taires  ont  dû  tripler  l:i  superficie 
de  leurs  ateliers  depuis  moins  de  deux  ans. 
Ce  sont  ces  succès  industriels  que  notre  Co- 
niiiédes  récompenses  a  voulu  consacrer  en 
aitribuant  cette  année  notre  Diplôme  d'Hon- 
oeur  à  MH.  Martin,  Maitte  et  Huberland. 


126 


CARREAUX  AGGLOMÉRÉS 

à  base  de  cuir  comprimé, 

de  M.  Eugène  Boeiim, 

à  Mulhouse  (Alsace-Lorraine). 

Notre  Sociétaire,  M.  Eugène  Boehm,  fa- 
iTJcaotde  menuiserie  artistique  et  entre- 
preneur de  parquets,  à  Mulhouse,  bien  que 
possédant  à  fond  la  connaissance  de  toutes 
les  ressources  décoratives  que  peut  fournir 
remploi  des  bois  de  diverses  essences  pour 
U  constitution  de  parquetages  de  luxe,  s'est 
attaché  depuis  plusieurs  années  à  consti* 
toer  des  carreaux  artificiels  aptes  à  rempla- 
cer le  bois  pour  l'installation  de  parquets 
<f  appartements. 

On  sait  que  le  bois  offre  Tioconvénient 
wijeur  de  travailler  constamment,  c'est-à- 
dire  d*étre  perpétuellement  influencé  par 
les  alternatives  de  sécheresse  et  d^humidité 
qui  résultent  des  variations  de  la  tempéra- 
tare  ambiante.  Il  en  résulte  que  les  par- 
l^etages  en  bois  ne  tardent  pas,  quelle 
laVuéléla  perfection  d  exécution  de  leurs 
usemblages  lors  de  la  pose,  à  présenter  des 


écarts  de  joints  plus  ou  moins  développés, 
dans  lesquels  se  logent  les  poussières  et  dé- 
bris du  balayage.  Les  dislocations  de  joints 
sont  d'autant  plus  à  redouter  que  le  par* 
quet  qui  en  souffre  a  coûté  plus  cher  à  éta- 
blir, soit  qu'il  s'agisse  d'un  parquet  en  une 
seule  espèce  de  bois,  mais  à  dispositions 
compliquées,  soit  qu'il  s'agisse  d'un  par- 
quet dit  mosaïque^  en  bois  de  diverses  na« 
tures  et  de  diverses  couleurs. 

La  rapide  détérioration  des  parquets  or* 
nementés.  par  suite  des  défauts  propres  du 
bois,  a  été  un  grand  obstacle  au  développe- 
ment des  parquetages  de  luxe. 

Observons  aussi  que  les  parquets  en  bois 
se  prêtent  mal  aux  lavages  que  prescrit 
rhygiène,  et  que,  dans  le  cas  le  plus  fré- 
quent de  mise  en  cire  des  parquets,  leuj* 
entretien  en  belle  apparence  devient,  avec 
l'obligation  du  frottage  périodique,  une 
servitude  gênante  et  onéreuse.  Ne  parlons 
même  pas  des  dangers  de  graves  chutes 
que  font  courir  aux  personnes  les  parquets 
trop  consciencieusement  cirés. 

Toutes  ces  raisons  sont  la  cause  du  grand 
succès  qui  est  assuré  dans  les  appartements 
modernes  aux  recouvrements  des  parquets, 
soit  en  tapis-moquettes,  soit  en  linoléum, 
soit  en  toiles  cirées. 

Le  recouvrement  en  tapis-moquette  est 
certes  très  confortable  et  très  luxueux. 
Mais  est-il  hygiénique  ?  Il  n'est  pas  besoin 
de  réfléchir  beaucoup  pour  se  convaincre 
que  le  tapis  posé  à  demeure  sur  le  parquet 
d'un  appartement  est  le  plus  funeste  ré- 
ceptable  de  germes  et  de  microbes  nocifs 
qui  se  puisse  imaginer. 

Le  linoléum^  formé  de  poudre  de  liège 
agglomérée  au  moyen  d'huile  de  lin,réjouit 
la  vue  par  les  dessins  dont  on  peut  l'orner, 
se  comporte  moelleusement  sous  le  pied, 
amortit  le  bruit  de  la  marche,  et  se  prête 
excellemment  aux  lavages  hygiéniques.  Il 
conserve  malheureusement,  malgré  les 
perfectionnements  successifs  de  sa  fabrica- 
tion, une  odeur  huileuse  persistante,  qui 
n'est  rien  moins  qu'agréable,  et,  lorsqu'il 
est  posé  à  demeure  sur  parquet,  il  concentre 
au-dessous  de  lui  une  humidité  qui  déve- 
loppe une  pourriture  rapide  de  ce  parquet, 


187 


K)URNAL  MENSUEL  DB  L'AGADBMIB  NATIONALK. 


128 


La  toile  cirée  ne  présente  les  inconvé- 
nients du  linoléum  qu'à  un  degré  moins 
accentué,  mais  elle  est  infiniment  moins 
durable.  Elle  est  sujette,  en  outre,  à  des 
gondolages  peu  satisfaisants. 

Nous  ne  parlerons  pas  pour  le  revêle- 
ment du  sol  de  rintérieur  des  habitations 
des  dallages  en  pierre,  en  marbre,  en  ci- 
ment,  en  bitume,  ou  des  carrelages  céra- 
miques ou  mosaïques  qui  constituent  ce- 
pendant la  perfection  pour  la  formation  du 
sol  des  cours,  vestibules,  buanderies,  salles 
de  bains  ou  cuisines.  Ces  dallages  ou  carre- 
lages ne  sont  admissibles  que  dans  certai- 
nes, contrées  chaudes.  Mais  on  ne  saurait 
les  tolérer  dans\es  régions  aux  climats  froids 
ou  tempérés.    * 

On  voit  donc  que,  jusqu'à  présent,  le 
problème  do  la  constitution  de  l'aire  de  nos 
habitations  n'avait  pas  encore  reçu  une  so- 
lution pleinement  satisfaisante. 
'  Or^  nous  ne  serions  pas  éloignés  de  croire 
que  cette  solution  pleinement  satisfaisante 
est  fournie  par  les  carreaux  a^rglomérésà 
base  de  cuir  comprimé  dont  la  fabrication 
a  été  imaginée  et  constituée  de  toutes  piè- 
ces par  M*  Eugène  Boehm. 

Notre  Sociétaire  est  arrivé  à  composer, 
en  utilisant  certains  déchets  de  cuirs  tan- 
nés, convenablement  réduits  en  poudre  et 
agglomérés  sous  pression  au  moyen  de 
substances  agglutinantes,  une  matière  très 
homogène  et  très  résistante,  pouvant  être 
teintée  de  diverses  nuances  et  recevoir  les 
empreintes  de  dessins  variés  en  plusieurs 
couleurs.  Il  arrive  ainsi  à  en  constituer 
descarreaux  ornés,  d'une  épaisseur  conve- 
nable, qui,  posés  par  clonage  sur  traverses 
ou  solives  de  bois,  ou  fixés  par  adhérence 
sur  ht  de  mortier,  peuvent  former  des  par- 
quetages  très  sédul^nts  d'aspect,  moelleux 
à  la  marche,  insonores,  insensibles  à  l'hu- 
midité, se  prêtant  merveilleusement  aux 
lavages  qui  seuls  permettent  le  maintien 
d'un  bon  état  de  propreté  réellement  hy- 
giénique, et  pouvant  être  considérés  com- 
me pratiquement  incombustibles. 

L'énoncé  de  toutes  ces  qualités  montre 
qu'on  se  trouve  en  présence  d'un  système 
de  parquelage  réup^issaut  toutes  les  perfec- 


tions désirables.  Si  donc,  comme  l'assure 
M.  Eugène  Boehm,  la  fabrication  de  ce^ 
carreaux,  fabrication  pour  laquelle  des 
brevets  ont  été  obtenus  et  pris  en  Allema- 
gne et  en  France,  peut  être  opérée  sur  une 
vaste  échelle,  dans  des  conditions  de  prix 
ne  dépassant  pas  le  coût  des  parquets  en 
bois  de  chêne,  nous  avons  pleine  confiance 
dans  l'avenir  de  cette  création,  qui  nous 
semble  devoir  donner  lieu  à  la  fondation 
d'une  industrie  nouvelle  de  très  grande 
importance. 


POULIES  DE     TRANSMISSION 
en  fer  forgé  à  bras  olive 

de  M.  Martial  Bourgcet 
19,  rue  des  Envierges,  à  Paris. 

On  a  presque  complètement  renoncé  dans 
l'industrie  aux  poulies  de  transmission  en 
fonte  ou  en  acier  coulé,  surtout  pour  les 
grandes  dimensions.  En  effet,  le  métal  cou- 
lé n*offre  aucune  sécurité  contre  l'éclat  e- 
mentdûaux  effets  de  la  force  centrifuge, 
par  suite  des  soufflures  ou  criques  qui  peu- 
vent toujours  constituer  une  tare  dans  la 
structure  interne  des  bras  ou  des  limbes  de 
poulies. 

Aussi  notre  Sociétaire,  M.  Martial  Bour- 
guet,qui  s'est  fait  une  spécialité  de  la  cons- 
truction des  poulies  de  transmission  en  fer 
forgé  a-t-il  vu  rechercher  constamment  les 
articles  de  sa  fabrication,  qui  non  seulement 
sont  adoptés  pour  l'installation  de  trans- 
missions nouvelles,  mais  qui  encore  tendent 
déplus  en  plus  à  prendre  la  place  des  pou- 
lies en  métal  fondu  dans  toutes  les  trans- 
missions d'ancienne  origine. 

M.  Bourguet,  qui  avait  commencé  sa  fa- 
brication en  n'établissant  d'abord  qu'un 
seul  type  de  poulies,  a  déjà  dû,  pour  satis- 
faire aux  besoins  de  diverses  industries  et 
peur  répondre  aux  demandes  qui  lui  étaient 
faites,  constituer  trois  autres  types.  A  Theu- 
re  actuelle,  cette  fabrication  comprend, dans 
les  quatre  types  établis  tous  les  diamètres 
de  poulies  jusqu'à  5  mètres,  et  toutes  les  for- 
ces jusqu'à  1.000  chevaux. 

Notre  Sociétaire  ne  compte  pas  d  ailleurs. 


129 


INDUSTRIE. 


130 


m  rester  là,  v  car,  nous  dit-il,  encouragé 
^  |)ar  le  reoom  que  Tindustrie  a  bien  voulu 
'Sàireàmes  poulies,  dont  plus  de  55.000 
(soot  en  usage,  et  par  l'importance  des 

<  demandes  qui  augoienle  d'année  en  an- 

<  née,  je  poursuis  toujours  le  perfectionne- 
«  meDt  de  cet  organe  de  transmission,  dans 
«  le  but  de  répondre  à  tous  les  besoins  in- 
«  iriels.  » 

Observons  que  toutes  les  poulies  de 
M.Rourguet  sont  calculées  et  établies  de  fa- 
çon à  donner  une  sécurité  absolue  dans  la 
(laute  des  forces  pour  lesquelles  elles  sont 
demandées. 

On  Toit  que  la  médaille  de  vermeil  accor- 
4)ée  cette  année  à  M.  Bourguet  par  notre 
'^ité  des  Récompenses,  était  pleinement 
jastifiée  par  les  mérites  et  les  développe* 
iDCDls  de  cette  fabrication  toute  spéciale. 


PRODUITS  DE  PARFUMERIE 

de  ia  fabrique 
ie  n  La  Cru\  del  Campo  », 

à  M .  Diego  Léon  Sotelo, 
à  Séville  (Kspagne). 

la  Cru\  del  Campo.  —  La  croix  du 
camp—  qui  est  comme  la  continuation  de 
braeCrientale  à  Séville— sert  tout  à  la  fois 
^liésignation  et  de  marque  de  fabrique  à 
rosine  de  notre  collègue  à  Séville.  Dans 
ces  dernières  années  son  installation  s'est 
^Q^iièrement  développée  et,en  dehors  des 
"ûêrites  très  réels  de  ses  procédés  de  fabri- 
cation, il  n  y  a  rien  là  qui  soit  de  nature  à 
WQs  surprendre^  car  au  fur  et  à  mesure 
«lue  Ton  avance  dans  les  pays  chauds,  on  sait 
«lœ  bi  consommation  de  la  parfumerie  de- 
vient de  plus  en  plus  importante,  car  il 
^^le  que  les  soins  d'hygiène  y  soient  plus 
oéoefisaires  et  que  Ton  trouve  comme  un 
tonique  dans  l'usage  intelligent  de  la 
tK>cne  parfumerie. 

Cest  ainsi  que  M.  Léon  Sotelo  est  arrivé  à 
Uiriquer  sur  une  assez  grande  échelle  les 
^*iences  de  tous  genres,  les  eaux  de  fleurs 
^^'oranger,  de  niélisse,de  menthe  et  deColo- 
^,  l'eau  tonique  de  quinine  et  toute   la 


série  possible  des  savons  fins  de  toilette, 
avQc  les  divers  parfums  qui  peuvent  corres- 
pondre aux  goûts  ordinaires  de  la  clientèle. 

Nous  avons  particulièrement  remarqué 
parmi  les  échantillons  que  nous  avons  été  à 
même  d'analyser  l'agua  florida,  qui  est 
comme  une  concurrence  à  une  eau  simi- 
laire très  populaire  aux  Etats-Unis  et  qui 
n'a  point  tardé  elle-même  à  y  conquérir  le 
droit  de  cité,  étant  donné  ses  qualités  toni- 
ques très  réelles.Fabriquée  à  basedelavande, 
elle  est  saine  et  d'un  usage  tout  indiqué 
pour  les  soins  ordinaires  de  la  toilette. 

La  série  des  savons  que  notre  confrère  a 
bien  voulu  soumettre  à  notre  appréciation, 
tout  en  possédant  de  très  sérieuses  qualités, 
nous  a  paru  d'un  usage  plus  ordinaire,  ce 
qui  ne  veut  pas  dire  que  parmi  ces  savons 
il  n'y  en  ait  point  qui  soient  précisément 
appelés,  à  cause  de  cela,  à  rendre  des  ser- 
vices journaliers  dans  la  consommation  cou- 
rante. 

M.  D.  Diego  liéon  Sotelo  a  remporté 
une  médaille  d'or  à  TËxposition  de  Bor- 
deaux de  1895  et  une  médaille  de  ver- 
meil de  l'Académie  Nationale  en  1896  pour 
son  eau  de  fleurs  d'oranger.  Il  a  remporté 
aussi  un  certain  nombre  de  diplômes  d'hon- 
neur et  de  médailles  d  or*  ou  a  même  été 
nommé  membre  du  jury  et  déclaré  hors 
concours  dans  un  certain  nombre  d'exposi- 
tions de  second  ordre  et  de  moindre  impor- 
tance que  nous  ne  voulons  rappeler  ici  que 
pour  mémoire,  telles,  par  exemple,  celles 
d'Angers  et  de  Marseille. 

Ce  sont  là  des  distinctions  sans  consé- 
quence obtenues  dans  certaines  exhibitions 
qui  semblent  parfois  manquer  un  peu  de  la 
gravité  Qt  du  poids  nécessaires,  en  pareille 
occurrence. 

Notre  collègue  Ta  bien  compris,  et  voilà 
pourquoi  il  multiplie  ses  efforts  et  perfec- 
tionne sans  ce»se  ses  procédés  de  fabrica- 
tion pour  arrivera  obtenir  une  consécration 
définitive,  des  récompenses  devant  lesquel- 
les, en  un  mot,  tout  le  monde  doit  s'incliner. 
■  Mais  d*ores  et  déjà  nous  sommes  heureux 
de  constater  que  tous  les  produits  qui  sor- 
tent de  la  fabrique  de  la  Cru{  del  Campo, 
qu'il  s'agisse  des  essences,  des  eaux  diverses 


131 


JOURNAL  MENSUEL  DB  l\caDÉMIB  NATIONALE. 


J32 


ou  des  savons,soDt  tous  exécutés  et  surreil- 
lés  avec  un  soin  minutieux;  c'est  ainsi  que 
Ton  arrive  petit  à  petit  à  asseoir  solidement 
la  réputation  d'une  maison  et,  pour  notre 
part,nous  sommes  convaincu  que  notre  col- 


lègue de  Sévill^  a  tout  ce  qu'il  iaut  en 
mains —  la  pratique  et  le  souci  de  satis- 
faire la  clientèle  —  pour  arriver  rapide- 
ment à  obtenir  cet  heureux  résultat. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION  INDUSTRIELLE  DE  VESOUL 

La  Commission  d'organisation  de  TExpo- 
sition  industrielle  de  Vesoul,  en  préseiice 
des  nombreuses  adhésions  reçues  et  de  cel- 
les promises,  a  pris  les  décisions  suivantes  : 

1°  Donner  une  plus  grande  extension  aux 
bâtiments  annexes  et  proroger  jusqu'au  31 
mars  prochain  la  limite  d'admission  des  de- 
mandes ; 


2*  Remettre  àchaque  exposant,  en  dehors 
de  la  récompense  attribuée  par  le  jury,  une 
médaille  artistique  bronze  vieil  argent,  spé- 
cialement frappée  à  cet  effet. 

Pour  tous  autres  renseignements,  s'adres- 
ser au  secrétaire,  M.  J.  Lassus,  avoué,  pla- 
ce du  Palais,  à  Vesoul. 

L'exposition  aura  lieu  du  20  juin  au 
î^'août  1S07. 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


LIQUEURS  FINES   DE  LA  MARTINIQUE 

de  M. M.  Fritsch  du  Val  et  Cie, 
seuls  dépositaires  à  Bordeaux, 

Dites  aux  Français  que  Ton  fait  dans  ce 
que  Ton  appelle  nos  vieilles  colonies,  c'est- 
à-dire  à  la  Martinique,  à  la  Guadeloupe  et 
à  la  Réunion  des  conserves,  des  achards  et 
des  liqueurs  de  premier  choix  ;  neuf  fois 
sur  dix  ils  vous  regarderont  d'un  air  éton- 
né, convaincus  que  Ton  ne  tire  rien  de  ces 
îles  privilégiées,  à  ce  point  do  vue  spécial, 
en  dehors  des  conserves  d'ananas. 

Cest  là  cependant  une  grave  erreur  ;  cha- 
que jour,  en  effet,  elles  perfectionnent  leurs 
produits  et  elles  se  mettent  en  frais  de  co- 
quetterie pour  flatter  le  goût  des  gourmets. 

Naturellement  elles  devraient  trouver 
dans  la  Métropole  des  débouchés  assurés, 
comme  nous  en  trouvons  chez  elles  pour 
nos  produits  manufacturés.  Mais,  en  géné- 
ral, on  ignore  tout  à  fait  ce  qu'elles  peuvent 
nous  offrir  de  bon  et  c^est  précisément  cette 
acone  que  notre  collègue  de  Bordeaux  a 


voulu  combler, avec  beaucoup  d'à  propos  et 
déraison. 

Aussi,  répondant  à  cette  préoccupation,  il 
offre  aujourd'hui  aux  consommateurs  la 
crème  d'unis  des  Indes  et  la  crème  de 
noyaux  venant  de  la  Martinique. 

La  première  parait  fabriquée  à  base  d*a- 
nis  étoile  ou  badiane,  et  la  seconde  avec 
des  noyaux  du  pays. 

La  crème  d'anis  est  d'un  goût  très  fin, 
très  parfumé  et  supporte  certainement  la 
comparaison  avec  les  meilleures  marques 
d'anisette  ;  la  crème  de  noyaux  possède  les 
mêmes  qualités  d'arôme  délicat  et  à  cela,  il 
n'y  a  rien  qui  soit  de  nature  à  surprendre 
ceux  qui  out  vécu  dans  ces  pays  du  soleil 
oii  les  fruits  ont  une  saveur  et  renferme  un 
suc  que  Ton  ne  connaît  pas  sous  les  zones 
plus  froides.  Il  en  résulte  que  ce  goût  d'em- 
pyreume  un  peu  âpre  qui  est  comme  la  ca- 
ractéristique de  tous  les  kirschs  et  de  toutes 
les  liqueurs  de  noyaux  en  Europe,  se  troure 
singulièrement  atténué  aux  Antilles. 

Cette  qualité  toute  particulière  nous  a 


ISS 


PRODUITS  ALfHENTAraSS. 


134 


sortoat  frappé,  nous  allions  dire  charmé, 
dans  11  crème  de  noyaux  venant  de  la  Har- 
linique  et  dont  M.  Friischriu  Val  s'est  cons- 
titué rheureux  et  très  compétent  parrain. 

Il  est  évident  que  ces  liqueurs  des  Iles 
distillées  sous  le  soleil  des  tropiques  ont 
un  velouté  et  une  saveur  sut  generis  bien 
digne  de  flatter  le  palais  du  gourmet  le 
plus  délicat. 

Mats  ce  n*est  point  tout  :à  un  autre  point 
devue  plus  général,  il  nous  semble  que  notre 
commerce  a  tout  à  gagner  à  savoir  ce 
que  l'on  peut  se  procurer  de  bon  et  d'ex- 
cellent dans  nos  propres  colonies,  et  c'est 
pourquoi  nous  ne  saurions  trop  engager 
iolre  collègue  à  persévérer  dans  cette  œu- 
vre de  vulgarisation  de  nos  meilleurs  pro- 
duits coloniaux  à  laquelle  il  s'est  consacré 
Fésolument  et,  disons-le  tout  de  suite,  fort 
heureusement. 

A  coup  sûr  ses  efforts  méritent  le  succès 
et  nous  sommes  convaincus  qu'il  ne  saurait 
lai  faire  défaut. 


Uk  PRÉSIDENTE 
Uqueur  tonique  et  digeative 

de  H.  MoossKT, 

19,  rue  des  Boissières, 

à  Angouléme. 

Tout  le  monde  sait  qu'Angouléme  est  Tun 
des  principaux  marchés  des  eaux-de^vie  et 
oognace  des  Gharentes,  et  c'est  déjà  une  re- 
commandation pour  une  liqueur  d'y  être 
fabriquée,  car  on  est  certain  que,  se  trou- 
vant au  cœur  même  des  centres  de  produc* 
tion,  le  distillateur  aura  la  faculté  de  se  pro- 
curer la  matière  première,  la  base  même  de 
161  liqaeursy  de  première  qualité  et  tout  à 
bit  naturelles. 

Du  reste,  à  ce  point  de  vue,  l'éloge  des 
produiu  qui  sortent  de  la  distillerie  à  va- 
peur de  M.  Mousset  n'est  plus  à  faire  et  c'est 
précisément  le  soin  avec  lequel  il  choisit  ses 
eaux-de-vie  qui  lui  a  valu  la  légitime  répu- 
tation dont  jouissent  toutes  les  liqueurs  qui 
•ont  fabriquées  dans  sa  maison. 

Depuis  quelque  temps  il  vient  de  créer 


et  de  lancer  dans  la  consommation  une 
nouvelle  liqueur,  sous  le  nom  de  La  Prési- 
dente. 

C'est  une  liqueur  tonique  et  digestive, 
d'un  goût  très  fin,  d*un  arôme  très  délicat, 
ni  trop  forte,  ni  trop  douce,  capable  de 
plaire  à  tous  les  palais  et  qui  est  assez  alcoo* 
lisée  pour  ne  pas  avoir  précisément  Faspect 
trop  liquoreux  de  certaines  liqueurs. 

Comme  ledit  fort  judicieusement  M.  Mous- 
set  lui-même,  il  s'est  surtout  appliqué  à 
créer  une  liqueur  qui  n'ait  aucune  simili- 
tude avec  la  chartreuse,  ni  avec  aucune  au- 
tre liqueur  connue. 

Il  s'est  donc  gardé,  avec  un  soin  jaloux, 
d'une  imitation  servile  quelconque  et  nous 
pouvons  constater  qu'il  a  parfaitement  at- 
teint son  but. 

Ce  n'est  point  qu'il  soit  dans  notre  pensée^ 
d'établirun  point  de  comparaison,  qui  serait 
d'ailleurs  impossible,  ou  que  nous  voulions 
critiquer  les  nombreuses  liqueurs  qui  rap- 
pellent plus  ou  moins  la  chartreuse  et  qui 
ont  souvent  elles-mêmes  de  très  réel  les  qua- 
lités ;  mais,  encore  une  fois,  notre  collègue  a 
voulu  faire  autre  chose,  créer  du  nouveau, 
inventer  un  type  qui  n'ait  pas  de  similaire, 
et  c^est  là  ce  qui  en  constitue  le  mérite  et 
l'originalité. 

La  Présidente  est  à  base  de  fVaises  et  de 
fine-champagne  et  pèse  42  degrés  d'alcool 
pur.  Ces  fraises  donnent  à  la  liqueur  un  arô- 
me très  fin  et  très  discret  qui  précisément 
n'a  aucun  rapport  avec  les  parfums  connus 
des  plantes  aromatiques  ordinairement  em- 
ployées pour  la  fabrication  des  liqueurs  or- 
dinaires. 

Ensuite,  ces  42  degrés  d'alcool  donnent 
une  bonne  force  moyenne  &  la  liqueur  qui 
peut  être  dégustée  à  la  fin  d'un  repas  aussi 
bien  par  les  dames  que  par  les  représentants 
du  sexe  fort. 

C'est  là  encore  tout  à  la  fois  une  innova- 
tion et  une  simplification  dont  nous  ne  sau- 
rions trop  louer  M.  Mousset,  car,  en  effet, 
si  la  chartreuse  jaune  est  excellente,  on  est 
en  droit  de  trouver  la  blanche  bien  fade  et  la 
verte  beaucoup  trop  alcoolisée,  de  sorte  que 
l'on  ne  s'explique  pas  bien  la  nécessité  de 
ces  trois  degrés  et  de  ces  trois  couleurs. 


135 


JOtRNAL    IIRN8URL  DR  L'aCADÉMIB  NATIONALE. 


136 


Eo  créant  une  liqueur  qui  représente  une 
bonne  force  moyenne  et  qui  ne  soit  pas  trop 
sucrée,  notre  collègue  nous  parait  donc  avoir 
répondu  à  l'avance  à  tous  les  desiderata  de 
la  consommation  courante. 

Exposée  pour  la  première  fois,  Tannée 
dernière,  à  Bordeaux,  La  Présidente  y  a 
remporté  une  médaille  d'argent,  et  tout  der- 
nièrement elle  obtenait  à  Marseille,  dans 
une» exposition  de  moindre  importance,  il 
est  vrai,  un  diplôme  d'honneur  avec  mé- 
daille d'or. 

A  Theure  présente,  la  liqueur  tonique  et 
digestive  que  notre  collègue  a  baptisée  du 
joli  nom  de  La  Présidente  est  connue  et 
recherchée  dans  les  principales  villes  de 
France  et  comme,  en  somme,  il  s'agit  là 
d'une  liqueur  exquise  et  nouvelle,  nous  som- 
mes convaincu  que  son  succès  ira  toujours 
grandissant,  au  fur  et  à  mesure  que  la  mar- 
que en  sera  plus  connue  et  par  conséquent 
plus  demandée. 


LA  CONFISERIE  AMÉRICAINE 
Qt  les  Conserves  de  Fruits 

de  MM.  Dkmarco  et  Mirkt, 
à  Montevideo  (Uruguay). 

Avant  de  donner  quelques  détails  à  nos 
lecteurs  sur  l'importante  maison  de  notre 
collègue  de  Montevideo,  il  est  nécessaire  de 
rappeler  qu'une  confiserie  dans  ces  jeunes 
républiques  de  l'Amérique  du  Sud  est  tout 
à  la  fois  un  café  et  une  pâtisserie,  et  souvent 
un  restaurant  ou  tout  au  moins  un  établis- 
sement où  on  lunche. 

On  y  trouvera  des  liqueurs,  des  rafraî- 
chissements, des  gâteaux,  des  bonbons,  des 
glaces,  du  chocolat  sous  toutes  ses  formes, 
des  cigares  et  mille  autres  objets  capables 
de  rendre  j^gréable  \e/arnieniej  si  choraux 
habitants  de  ces  contrées  privilégiées. 
.  La  confiserie  là-bas  est  comme  qui  dirait 
le  ba:{ar  de  l'alimentation  et  de  dégustation, 
le  lieu  de  réunion  où  l'on  vient  boire  une 
tasse  de  thé  ou  de  chocolat  crémeux  ou  sou- 
vent un  simple  verre  d'eau  glacée,  en  fu- 
mant un  cigare  de  la  Havane.  Et  le  mot 
ba^ar  doit  être  pris  là  dans  le   sens  très 


large  qu'on  lui  donne  en  Amérique  et  qui 
s'applique  souvent  aux  plus  grands  établis- 
sen^ents  dans  tous  les  genres  —  ce  qui 
n'empêche  pas  souvent  de  mettre  en  grosses 
lettres,  au-dessus  de  l'entrée  :  d  Cinstar  de 
Paris  ! 

Ceci  dit  pour  éclairer  la  religion  de  nos 
lecteurs,  l'établissement  de  MH.  Demarco  y 
Miret  passe  pour  un  modèle  du  genre,  pour 
le  Boissier,  si  l'on  veut,  de  Montevideo  ; 
que  l'on  en  juge  par  les  courtes  notes  sui- 
vantes. 

La  maison  de  nos  collègues,  fondée  en 
1870,  débite  chaque  jour  un  grand  choix  de 
bonbons  pour  tous  les  goûts,  des  confitures 
de  toutes  sortes,  des  cigares  de  la  Havane, 
du  thé,  du  café,  du  chocolat,  des  vins  fins 
et  liqueurs  portant  les  meilleures  marques 
de  France  :  Cusenieret  fils,  Marie  Brizard  et 
Roger,  etc.,  car  il  est  à  remarquer  que  de 
l'autre  coté  de  l'Atlantique  on  ne  fait  venir 
que  des  produits  de  premier  ordre,  ce  qui 
s'explique  de  soi-môme,  et  s'îlarrivece  que 
l'on  appelle  des  vins  et  des  liqueurs  d'ex- 
portation, de  qualité  inférieure,  ce  n'est  que 
pour  le  peuple  et  pour  les  bai*s  de  dernier 
ordre. 

De  plus  on  trouve,  à  peine  est-il  besoin 
de  le  dire,  dans  la  maison,  les  nombreuses 
spécialités  qu'elle  fabrique  elle-même. 

Parmi  les  consommations  tes  plusdeman- 
déos,citons  au  hasard  le  rhum  extra-fin  et  le 
cognac  royal,  fine  Champagne,  tous  deux 
sortant  de  la  maison  a nglo  -  française 
A.  Guillaume  et  Cie,  de  la  Gironde,  et  pour 
donner  un  détail  bien  typique  de  la, maniè- 
re dont  on  prend  soin  de  la  santé  de  la 
clientèle  dans  ces  pays-là,  M  M.  Demarco  y  Mi- 
retontfait  analyser  le  produit  parle  chimiste 
municipal,  le  docteur  J.  Arechavoleta  et  par 
les  professeurs  de  chimie  de  l'Université, 
Don  Antonio,  P.  Carlosena,  qui  ont  déclaré 
qu'il  était  apte  à  V alimentation. 

Citons  encore,  parmi  les  spécialités  les 
plus  demandées  de  la  confiserie  américaine 
de  Montevideo,  Le  Corfinio  et  l'amer  Mar* 
cilla,  le  premier  supérieur  à  toutes  les 
liqueurs  de  son  espèce  et  le  second  à  tous 
les  apéritifs,  dit  le  prospectus  de  la  maison 
à  qui  nous  laissons  la  responsabilité  de  ses 


137  PRODUITS  ALIMENTAIRES 

aiserlioDS  ;   de  plus,  ils  ont  été  présentés 


13S 


iQx  dernières  expositions  par  leur  fabricant 
Joies Barottucci  de  Pescara,  en  Italie. 

Ilyalà  une  indication  pour  nos  fabri- 
eants  français  qui  devraient  chercher  à 
faire  connaître  leurs  produits  dans  TAmé- 
riqaedu  Sud,  oii  les  Italiens  jouissent,  en 
effets  d'une  influence  prépondérante  et  con- 
sidérable. 

Ces  boissons  qui  étaient  complètement 
iocooDues  en  Amérique,  y  sont  expédiées  et 
reçues  aujourd'hui  directement  et  toujours 
approuvées  par  les  analyses  officielles  dont 
QOQs  parlions  plus  haut. 

LeCenterra^  boisson  stomacale  et  anti- 
cholérique,  est  également  dans  ce  cas.  Enfin, 
le  Champagne,  qui  est  d'une  consommation 
«Miranle  à  Montevideo,  vient  bien  souvent 
d'Epemay  et  de  Reims,  de  nos  premières 
maisons,  mais  il  en  vient  aussi  d'Italie  qui 
commence  à  nous  faire,  sur  ce  terrain,  une 
concurrence  de  plus  en  plus  inquiétante 
pour  nos  propres  maisons. 

Ce  qui  prouve  bien  que  ces  confiseries 
américaines  sont  les  grands  bazars  de  con- 
sommation dont  nous  parlions  plus  haut, 
c'est  que  notre  collègue  prévient  le  public 
daos  ses  prospectus  qu'il  tient  également  à 
sa  disposition  des  pastilles  nutritives  de 
tiiodes  phosphatées  et  la  chair  lactée  de 
l  Genta,  toujours  analysées,  acceptées  et 
éprouvées  par  le  conseil  d*hygiène  publi- 
blique  de  la  ville. 

Après  ces  explications  préliminaires  pour 
irriver  à  donner  la  physionomie  de  ce  com- 
merce si  intéressant  de  consommation  dans 
^'Amérique  du  Sud,  arrêtons-nous  un  ins- 
tant dans  la  confiserie  de  nos  collègues  qui 
P^^,  ajuste  titre,  là-bas,  pour  un  établis- 
sement modèle. 

U  confiserie  américaine  de  la  nouvelle 
Ville  peut  passer,  à  juste  titre,  pour  une 
'les  principales  maisons  de  ce  genre.  Un  ex- 
<^ent  magasin  renfermant  toutes  les  sortes 
imaginables  de  confitures  et  un  vaste  salon 
àfintérieur  forment  la  partie  principale  de 
^'établissement.  Pour  donner  une  idée  de  la 
grandeur  de  ce  salon  intérieur,  disons 
1Q*il  renferme  dix  billards  et  quarante  ta- 
bles de  marbres  numérotées^  pour  la  com- 


modité des  consommateurs,  où  Ton  sert  le 
thé.  le  café,  le  chocolat,  les  liqueurs,  etc. 

Dès  l'entrée  du  salon  il  y  a  quinze  gar- 
çons toujours  à  la  disposition  du  public  et 
comme  chaque  table  est  munie  d*un  bouton 
électrique  indiquant  son  numéro  d*ordre,  il 
sufBt  d'appuyer  dessus  pour  avoir  de  suite 
un  garçon  à  ses  ordres. 

Ce  salon  est  éclairé  par  plus  de  cent  becs 
de  gaz  et  nous  rappelle  les  cafés  les  plus 
gais  de  nos  grands  boulevards,  s'il  ne  les 
éclipse  pas. 

Le  service  de  la  confiserie  se  fait  dans 
trois  gl'andes  salles  attenantes  au  salon'; 
elles  ne  désemplissent  pas,  et  le  nombreux 
public  y  est  servi  par  des  jeunes  filles  accor- 
tes  et  pleines  de  prévenances  pour  la  clien- 
tèle. 

MM.  Demarco  y  Miret  possèdent  encore 
dans  un  autre  quartier  de  Montevideo  un  éta- 
blissement de  même  genre  qui  nelecède  en 
rien  à  celui  que  nous  venons  de  décrire 
rapidement  et  sur  lequel  il  est  inutile  de 
nous  arrêter,  voulant  éviter  d'inévitables 
redites. 

Et  puis,  il  nous  semble  que  ce  que  nous 
venons  dédire  suffit  à  bien  démontrer  toute 
l'importance  de  la  confiserie  américaine  de 
notre  collègue  qui  a  su,  par  son  activité  et 
soi)  travail,  en  faire  un  des  établissements 
les  plus  prospères,  les  plus  vivants  et  les 
plus  curieux,  en  même  temps,  de  toute  l'A- 
mérique du  Sud. 

L'une  des  plus  importantes  spécialités  de 
sa  maison  est  maintenant  la  fabrication  en 
bottes  des  fruits  au  sirop,  qu'il  expédie  dans 
toute  l'Amérique  du  Sud. 

Nous  avons  dégusté  une  partie  de  ces 
fruits  ainsi  conservés  dans  le  sirop  :  bana- 
nes, patates,  ananas,  mandarines,  poires, 
tomates,  abricots,  brugnons,  fraises,  etc., 
qui  nous  sont  arrivés  dans  un  état  parfait 
de  conservation. 

Les  fruits,  surtout  ceux  d'Europe  dont  les 
arbres  producteurs  ont  été  importés  en 
Amérique,  ne  valent  pas  les  nôtres  et  l'on 
pourrait  peut-être  reprocher  au  sirop  d'être 
trop  liquoreux  et  trop  concentré,  -mais 
néanmoins  il  s'agit  là  d'une  industrie  nou- 
velle, fort  intéressante  pour  ces  pays  neufs 


139 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L*AGADÉIUK  NATIONALE. 


140 


et  ileatcertainque  ces  cons^ves  variées  que 
Ton  peut  expédier  et  conserver  maintenaot 
dans  tout  l'intérieur  ducontinent  Sud-Amé- 
ricain sont  appelés  à  y  rendre  de  grands 
services  et  à  y  jouir  d'une  Juste  faveur. 
L'Académie  Nationale,  en  reconnaissant 


les  mérites  industriels  de  MH.  Demarco  et 
Miret  par  l'attribution  d'une  de  ses  distinc- 
tions honorifiques,  ne  fera  donc  que  consa- 
crer une  notoriété  commerciale  déjà  parfai- 
tement établie. 


COMMERCE 


LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA 
FRANCE 

Voici  les  résultais  offlcielsdu  commerce 
extérieur  de  la  France  pendant  le  mois  de 
janvier  1867. 

Les  importations  se  sont  élevées,  du  l^*" 
au  31  janvier  1897.  à  344,415,000  Ir.,  et  les 
exportations  à  244,^10,000  fr. 

Ces  chiffres  se  décomposent  comme  suit  : 

IMPORTATIONS  1897  \B{Cy 

Objets  d  Alimentation  70.4%.000  91.935.0C0 
Matières  nécessaires 

à  nndustrie !?31. 453.000  190.271.000 

Objets  fabriqués 4g. 527. 000  44.1.53.000 

Total 344,415.000  326.359.000 

BSPORTATIONS 

Objets  d^alimentation  38.494.000  41.541.000 
Matières  nécessaires 

à  nndustrie 60.9*7.000  63.913.000 

Objets  fabriqués 130.738.000  U3. 387. 000 

Colis  posUux 14.051.000  10  706.000 

Total 244.210.000  259  547.000 

A  la  fin  du  mois  de  février,  les  cliiifres 
officiels  afférents  aux  opérations  efTectuées 
depuis  le  commencement  de  Tannée  étaient 
les  suivants  : 

IMPORTATIONS  1896  1895 

Objets  d'alimenUtion  152.778.000  187.709.000 
Matières  nécessaires 

à  l'industrie 434.979.000  373.814.000 

Obtets  fabriqués »l. 493.000  98.354.000 

Totaux f)H2. 250.000  659.877.000 

EXPORTATIONS 

Objets  d'alimentation  78 .  484 .  000  86 . 283 .  000 
Matières  nécessaires 

à  nndn»tfîe 127.616.000  131.647.000 

Ob^  fabriqués 1267. 372.000  284.300.000 

Colis  postaux 28.784.000  23  204.000 

Totaux 502.2o6.000    5^.434.000 


LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA 
8UI88E 

Le  commerce  extérieur  de  la  Suisse    a 

atteint  les  chiffres  suivants  pour  l'année 

1896: 

ExporUtions 688.289.779  fr. 

Importations 992.996.110  fr. 

Total 1.68Î  .2^5.919  fr. 

Il  y  a  lieu  de  remarquer  que  ces  résultats 
commerciaux  s'appliquent  ù  une  population 
de2.95>. 300  habitants. 

Pour  un  chiffre  de  population  qurest  treize 
fois  plus  élevé,  le  commerce  extérieur  de  la 
France  durant  la  même  année,  n'a  atteint 
que  7.241.790  fr.,  soit  un  peu  moins  de 
4  fois  1/2  l'importance  du  commerce  suisse. 


LES    EXPORTATIONS    COMPARÉES 
d«  l*Angl«tepre,  d«  l'Allemagne  «tde  la  Franca. 

La  Ga\ette  de  Magdebourg  met  en  parai- 
lèle  les  chiffres  du  commerce  d'exportation 
de  TAllemagne,  de  l'Angleterre  et  de  la 
France,  pendant  les  trois  dernières  années. 
ÂprèsaToirfait  remarquer  que  Tannée  1891 
a  été  faible  pour  l'exportation  des  trois  pays, 
le  journal  allemand  donne  les  chiffres  sui« 
vanta,  pour  l'exportation,  en  raillkHis  île 
marks  : 

Allemagno     Angleterre       Franee 

1«M 2.961.5  4.316.5  2.460.3 

1895 3.317.9  4.517.8  2.«)».t 

1896 3.403.8  4.798.4  2.723.7 

Il  y  a  donc  progrès  dans  ces  trots  paj9  ; 
mais  le  progrès  est  plus  ou  moins  accentué. 
D'une  façon  absolue,  cW  TAngleterre  qui 
occupe  toujours  le  premier  rang,  mais  rela^* 
tivement  c'est  l'Allemagne  qui  a  le  plaa 
avancé,  ainsi  que  cela  ressort  du  tableau 
suivant  : 


141  BIBLIOGRAPflIE 

Augmentation  de  iSpôsur  i8g4 

Allema^e.    442.3  millionci de  marks  =  14.9  0/0 
Ao^eterre.    481.9  —  =11.2  0,0 

France 263.2  —  =  10.7  0/0 

Ainsi,  en  deux  ans,  rAIIemagne  a  vu  son 
exportation  croître,  de  près  de  15  %,  pen- 
dant que  l'exportation  française  ne  gagnait 
que  10.7  %  ;  l'Angleterre  ne  nous  était  que 
de  peu  supérieure,  avec  11.2  %.  Ce  qu'il 
importe  de  si;?nalcr,  c'est  la  marche  en 
avant  rapide  de  rAIIemagne,  laquelle  cons- 
itioe  le  véritable  danger  pour  les  nations 
concurrentes  ;  TAngleterre  aussi  voit  le 
danger  et  cherche  à  le  conjurer.  Mais  pen- 


143 

dantque  chez  nous  on  s'efforce  de  galvani-' 
ser  un  peu  notre  exportation,  et  que  de 
tous  cotés  on  écrit  de  fort  belles  choses  sur 
notre  indifférence,  TAllemagne  n'écrit  pas, 
elle  agit,  et  le  résultat  est  une  augmenta- 
tion de  550  millions  de  francs  en  deux  ans, 
tandis  que  nous  demeurons  en  arrière  avec 
328  millions  soit  222  millions  de  francs  de 
moins  que  nos  voisins  ;  encore  faut~il  consta- 
ter que  le  mouveraentascensionnel,quis'était 
manifesté  chez  nousdepuis  octobre  1894.  s'est 
arrêté  au  mois  de  novembre  de  Tan  dernier, 
landis  qu'il  se  maintenait  en  Allemagne  et 
en  Angleterre.  Le  danger  est  donc  bien  réel. 


BIBLIOGRAPHIE 


Les  transports  par  terre  et  par  mer, 
tome  1,  par  M.  Paul  Vibert.  —  Edité  par 
MM.  Berger-Levrault  et  Cie,  à  Paris, 
5,  rue  des  Beaux- Arts,  et  à  Nancy.  Prix  : 
10  fr. 

Notre  sympathique  collaborateur,  M.  Paul 
Vibert,  vient  de  réunir  et  de  faire  paraître 
en  an  fort  volume  de  près  de  500  pages,  de 
nombreuses  éludes  serrées  ou  chroniques 
Tiuotes  qu'il  a  publiées  depuis  une  dou- 
laine  d'années  dans  divers  organes  de  la 
presse  périodique,  touchant  les  questions  si 
complexes  des  moyens  de  transport  par 
terre  et  par  mer. 

Les  aperçus  ingénieux,  les  idées  neuves, 
les  comparaisons  instructives  abondent  dans 
ces  pages  colorées  et  vibrantes,  dont  beau- 
coup n'ont  rien  perdu  de  leur  grande  va- 
leur, en  dépit  du  temps  écoulé  depuis  leur 
apparition,  et  dont  celles  mêmes  qui  n'ont 
plus  une  raison  d'actualité  se  lisent  avec  un 
nf  plaisir  et  un  intérêt  persistant. 

L'ouvrage  de  M.  Paul  Vibert  vulgarise  de 
très  utiles  et  très  précieuses  connaissances 
en  oaatière  de  questions  de  transports.  11 
D'est  pas  consacré  à  la  défense  ou  à  l'apolo- 
giede  tel  ou  tel  système  déterminé,  mais  il 
a  pour  objet  constant  la  recherche  des  pro- 
grès et  des  perfectionnements  qui  peuvent 


être  apportés,  aux  moyens  et  aux  procédés 
usités  dans  notre  pays  et  à  Tétranger  pour 
assurer  le  déplacement  des  personnes  et 
les  marchandises. 

Transporteurs  et  transportés  gagneraient 
beaucoup  à  la  lectur«;  de  l'ouvrage  de 
M.  Paul  Vibert  et  y  puiseraient  une  connais- 
sance exacte  de  leurs  devoirs  et  droits  res- 
pectifs^ de  telle  manière  que  leurs  relations 
réciproques  s'en  trouveraient  sensiblement 
améliorées.  Les  uns  et  les  autres  connaî- 
traient avec  précision  ce  qui  peut  être  rai- 
sonnablement demandé,  et  il  n'y  a  pas  de 
doute  que  les  satisfactions  légitimes  accor* 
déesaux  transportés  n^dA^wi  pour  effet  cer* 
tain  d'accroître  les  affaires  et  les  bénéfices 
des  transporteurs. 

C'est  pourquoi  Ton  peut  dire  que  le  nou- 
veau livre  de  M.  Paul  Vibert  présente  un 
intérêt  véritablement  général  et  qu'il  s'a- 
dresse réellement  à  tout  le  monde,  offrant 
les  caractères  si  rarement  réunis  d'être  à  la 
fois  fort  instructif  et  très  captivant  à  lire. 


Le  diabète  sugbk,  ses  causes,  ses  effets,  sa 
ouÉBisoN,  par  le  D'  H.  Henri.  —  Edité 
par  M.  Mendel,  118,  rue  d'Assas,  à  Paris. 
1  volume  broché,  Ofr.  75. 

Cet  excellent  ouvrage,  écrit  surtout  pour 


143  JOURNAL  MENSUEL  DE 

le  malade  lui-même,  résume  tout  ce  qui 
peut  intéresser  le  diabétique  sur  son  affec- 
tion. 

Il  prend  le  diabète  à  son  origine,  le  suit 
dans  toutes  ses  phases,  recherche  sa  gravilé 
et  étudie  ses  complications. 

Il  indique,  en  outre,  dans  tous  sesdétails, 


L  ACADEMIE  NATIONALE. 


144 


le  célèbre  Traitement  successifs  avec  les 
prescriptions  magistrales  qui  le  concernent 
et  qui,  publiées  par  toute  la  presse  médi- 
cale et  adoptées  par  la  majeure  partie  des 
praticiens,  font  disparaître  entièrement  le 
sucre,  et  amènent  la  guérison  complète  du 
diabète  jusque  dans  des  cas  désespérés. 


Le  Directeur-Oérant,  Rédacteur  en  Ch^, 


EuGèNE  THlftRY. 


GLKIMOMT  (oMB).    ^  IMPRIMBRIB  DAIZ  VaàRBS,  PLACK   «AUfT-^ANDRÉ,  8, 


JOURNAL    MENSUEL 


DB 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  lANDFACTliaiKftE  ET  COIMBRCIALE 


67*  Année.  -  AVRIL  1897. 


SOMMAIRE 

AAIIIOULTUflS.  —  Culture  de  vignes  chinoises  et  japonaises  à  Damigoy  (Orne).  —Instruments  et  appaccils  d'avi- 
calture.  de  M.  Philippe,  à  Houdan  (Seine-et-Oise).  —  La  production  des  vins  en  Italie.  —  La  sériciculture  en  1893. 

MtnilOTIONS  aooopdéM  aux  HlainbrM  d«  l*Ao«déini«  National*. 

EXPOSITIONS  KT  CONCOURS.  —  Concours  agricole  de  Paris.  —  LExposition  de  Genève  en  1896.  —  Ciposi- 
(km  internationale  dî  Bruxelles. 

imniSTRIE.  —  Le  moteur  rotatif  Brambel.  —  Travaux  en  ciment  A  armature  métallique  rivée  et  treillagée  de  M.  Paul 
0«p«rrat.  à  Nevers.  —  Travaux  de  fumisterie  sur  bases  scientifiques  et  raisonne'es  de  M.  Eugina  Vanat,  à  Bor- 
deaux. —  La  fabrication  de  la  bière  dans  le  monde. 

COMHKRCK.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France. 

NÉOnOLOQIK.  —  M.  Paul  Olirard. 

BIBLIOGRAPHIE.  —  Album  national  et  Dictionnaire  de  l'Industrie. 


AGRICULTURE 


CULTURE  DE  VIGNES  CHINOISES  ET 
JAPONAISES 

à  Damigny  (Orne). 

Communicalion  de  M.  L.  Lindet,  u  TAca- 
démie  des  Sciences.  (Séance  du  13  mars 
1897.) 

Le  département  de  l'Orne  est  situé  au  delà 
de  la  limite  extrême  de  notre  temtoire  vi- 
tioole,  et  son  climat  a  été  considéré  jusqu'i- 
ci comme  impropre  à  la  culture  de  la  vigne 
et  à  la  maturation  du  raisin .  Depuis  un  cer- 
taio  nombre  d'années,  cependant,  M.  Gaplat 
a  réussi  à  acclimater  à  Damigny,  près  d'Â- 
leoçon,  quelques  variétés  de  vignes,  prove- 
nant des  régions  froides,  humides  et  monta- 
goeases  de  la  Chine  et  du  Japon. 

Ces  vignes  ont  été  découvertes  par  le  R.  P. 
David,  et  les  graines  en  ont  été  importées 
eo France  par  M.  Henri  Degron.  Semées 
pour  la  première  fois  par  M.  Caplat,enl882, 
elles  ont  été  depuis  multipliées  à  ce  point 
qae  celui-ci  a  pu  envoyer  les  boutures  de 


ces  vignes  dans  la  plupart  de  nos  départe- 
ments. L*étude  anlpélogi*aphique  en  a  été 
faite  par  Carrière  et  par  V.  Pulliat. 

Les  vignes  japonaises  et  chinoises,  cul- 
tivées à  Damigny,  sont  d'une  végétation  vi» 
goureuse  et  puissante  ;  les  sarments  en  sont 
allongés  ;  les  pétioles,  en  général  colorés 
en  rouge  vineux  ou  violet,  sont  longségale- 
ment,  quelquefois  recouverts  de  poils  d'une 
coloration  variant  du  rouge  au  Jaune  (foN 
mes  du  V,  Romane ti) y  quelquefois  recou-^ 
verts  d'épines  {5/>//iov///5  Davicli);les  feuil* 
les  sont  tantôt  cordiformes  {Précoce  Ca*» 
plat),  tantôt  bi,  tri  et  pentalobées  et  quel*» 
quefois  même  lascinées  (V.  Romaneti  et 
K.  Pagnucci)  ;  les  grappes,  longues  de  20  à 
30  centimètres,  sont  formées  de  grains  arron- 
dis et  espacés  ;  ces  grains  sont  recouverte» 
en  général,  d*une  peaufine,  mais  ferme,  lui- 
sante, pruinée,  au-dessous  de  laquelle  oit 
trouve  une  pulpe  presque  toujours  colorée 
en  rouge  foncé,  rarement  en  rose. 

Un  des  caractères  les  plus  intéressants  de 


146  JOCBNAL  MElNSUfiL  OR 

certaines  de  ces  vignes  est  leur  précocité  ; 
c'est  ainsi  qu'une  vigne  japonaise,  serais  de 
V.  Coignetiœ  {Précoce  Caplat),  donne  du 
15  au  20  septembre  des  raisins  mûrs  à  Da- 
naigny.  Cette  maturité  ne  précède  que  de 
quelques  jours  celle  d'autres  vignes  cultivées 
dans  cette  localité  (F. /^om^we//,  V.  Pa- 
gnucci)  ;  les  Spinovitis  ne  mûrissent  que 
plus  tard,  du  l^aulS  octobre  ;  les  Car;/e- 
r/ sont  des  vignes  encore  plus  tardives. 

Les  essais  de  plantation  du  Précoce  Ca^ 
plat,  faits  en  Bourgogne,  dans  le  Cher,  dans 
la  Haute-Garonne  etdans  d'autres  départc- 
roents,  semblent  prouver  que  celte  variété 
résiste  bien  aux  maladies  ordinaires  de  la 
vigne. 

En  décembre  1895,  M.  Caplat  adressait  à 
M.  Tisserand,  directeur  deragriculture,dc8 
échantillons  de  vins,  obtenusàDamigny,  et 
demandait  que  le  Ministère  de  Tagriculture 
fitanalyser  ces  vins  et  déterminer  lesavan- 
tages  qu'ils  peuvent  présenter  pour  le  com- 
merce. L'analyse  de  ces  vins  m'a  été  confiée 
par  M.  Tisserand,  et  m'a  conduit  aux  résul- 
tats suivants  : 

Priooeo  OipUt 

An&lyié  Bemiiitti 

•nl895      «111890     cerdifolU 

Alcool  pour  100 7*0         7-5         O'O 

q>f  Extrait  à  ICO  (leîxrés  42.5  3y.'l  40. i) 

is  \  Acidité  en SO*m..  13.7  12.6  11.0 

i=3;Tartro 4.8  3.4  5  5 

aJTaimiii 4.0  4.2  3.7 

»*\  Cendres 2.7  2.1  4.1 

mm  mm  mm 
Intensité   colorimétri- 

que  (1) 0.15  0.)^  0.25 

Romintti  Pagnnesi  SpinoTitii 
trilobé*    pcnUlobée    Davidi 

Alcool  pour  100 6-9  n*5  .5-4 

«  /  Extrait  à  100  degrés  45.9  43.0  45.7 

i  \  Acidité  en  SOW..  13.0  10.8  13.2  . 

''==^Tartro b.4  5.3         5.1 

S /Tannin 5.3  4.4         3.9 

ft^lCendres 4.6  4.2        4.0 

mm.  mm.  mm. 
Intensité    colorimétri- 

que ...  0  25  0.20  0.18 

A  la  simple  inspection  de  ces  cliilTres,  on 
voit  que  la  ((uantité  d'alcool  équivaut  à  celle 
denosvinsfaibleSf  mais  que  la  quantité  dex- 

'  (1)  Epaisseur  à  donner  au  vin  dans  le  vino- 
colorimètre  Salleron,  pour  reproduire  l'inten- 
sité  du  7*  ton  de  la  jçamme  violet-roujçe  ;  l'é- 
paisseur correspondante  pour  un  vin  ordinaire 
est  d'environ  1  millimètre. 


LACAOEIIIE    NATIONALE. 


147 


trait,  d'acidité,  détartre,  de  tannin  et  de  cen- 
dres^ est  deux  fois  plus  grande  que  dans  les 
vinsordinaires;quant  à  la  couleur,  très  fran- 
che et  d'un  très  bel  éclat,  elle  présente  une 
intensité  quatre  ou  cinq  fois  plus  forte  que 
celle  admise  gt^néraleraentpar  le  commerce 
des  vins.  L'analyse  faite  en  1896  du  vin  de 
Précoce  Caplat^  récolté  en  1895,  montre 
en  outre  (|uo  ces  vins  se  dépouillent  peu  par 
le  vieillissement  ;  la  différence  de  composi- 
tion tient  presque  uniquement  au  dépôt  d'une 
certaine  quantité  détartre. 

Les  vins  de  lvS9(>  ont  été  fabriqués  dans 
des  conditions  un  peu  différentes  de  celles 
où  M.  Caplat  s'était  placé  en  1895.  Dans  le 
but  de  les  rendro  plus  lé^^rers  et  plus  agréa- 
bles à  boire,  M.  Caplat  n'a  fait  cuver  les  vins 
de  1890  que  vingt-quatre  heuresen  présence 
des  marcs  ;  au  bout  de  ce  temps,  les  vins 
ont  été  soutirés  et  ont  achevé  leur  fermenta- 
tion à  la  facondes  vins  blancs  ou  des  cidres. 
Aussi  la  quantité  d'extrait  et  de  tartre  est-elle 
un  peu  plus  faible  qu'en  1895  ;  mais  les 
éléments  de  la  pulpe  restent  sensiblement 
les  mêmes. 

Sis    II     ^^    .si 

|t  si    l'S   «i 
£«  Il    5«  «>j 

A'cool  pour  lO:; 9-0      7-0  6-1      4*5 

gr.        ç,r.  gr.  jir. 

c  /Extrait à  100  deijrés.    :iii.2  28  9  38. ^  17.8 

i  l  Acidité  en  SO^Ii...     12. .M  10.3  15.0      4. S 

^<  Tartre 3.1      4.5  4.7      2.3 

Si  Tannin 5.3      3.9  Nondwé    2.3 

c-lCeudres 2.2      3.4  rl.l      2.1 

nvn.      mm.     mm.  mm. 

lutenbltécoloriinétrique    0.23  0.25  0.24  0.50 

Il  est  facile  de  déduire  de  l'analyse  de 
ces  vins  les  avantages  qu'ils  peuvent  pré- 
senter pour  le  commerce  et  pour  la  prépa- 
ration des  vins  de  coupage,  dits  de  compo^ 
sition,  où  ils  semblent  appelés  à  remplacer 
les  vins  teinturiers  de  l'Espagne  et  du  Cen- 
tre. Mais  j'ai  tenu,avantde  me  prononcer 
sur  ces  avantages,  à  avoir  l'avis  de  person- 
nes compétentes,  et  j'ai  fait  appel  à  l'expé- 
rience de  dégustateurs  et  de  négociants  en 
vins,  parmi  lesquels  je  me  fais  un  plaisir 
de  remercier  M.  Poulain,  qui  a  bien  voulu, 
en  1895  et  en  1896,  faire  de  ces  vins  une 
étude  attentive. 

Celui-ci  a  reconnu,  à  tous  ces  vins,  des 
qualités  supérieures  à  celles  des  vins  simi- 


148 

liires,  des  vinà  de  gros  /io:>5  du  Centre,  par 
ciemple,  en  ce  sens  qu'ils  présentent  une 
plus  grande  proportion  de  principes  utilisa 
Mes  dans  la  préparation  des  vins  de  coupa- 
(^, qu'ilssont  plus  frais  à  la  bouche,  et  ne 
laissent  aucun  arrière-goù  t. Il  a  donné,  au 
point  de  vue  commercial,  la  préférence  aux 
Tins  de  1805,  fabriqués  avec  la  vendange  en- 
tière, et  parmi  ceux-ci  aux  vins  de  Précoce 
Caplatei  Spinovitis  Davidi  ;  les  premiers 
étaient  plus  fins,  se  goûtaient  mieux^  et 
avaient  une  couleur  plus  tranche  que  les 
seconds,  mais  ceux-ci  avaient  plus  de  corps. 
M.  Poulain,  en  dégustant  cette  année  le  vin 
k  Précoce  Capîat  de  1895,  a  constaté  dans 
sesqualités  une  amélioration  sensible. 

Les  vignes  japonaises  et  chinoises  pour- 
rocl»  cultivées  dans  d'autres  régions  plus 
tempérées  que  la  région  normande,  et  sur- 
tout si  ces  régions  sont  toujours  fraîches, 
donner  des  résultats  plus  in  té  ressauts  enco- 
re; mais,  dès  à  présent,  il  reste  acquis  que, 
sons  des  climats  relativement  froids,  où  la 
production  du  vin  était  inconnue,  elles  peu- 
vent, en  raison  de  leur  précocité  et  des  qua- 
lité particulières  de  leurs  vins,  rendre  de 
sérieux  services  à  la  viticulture. 


INSTRUMENTS  ET  APPAREIUS 
D'AVICULTURE 

de  M.  Philippe,  à  Houdan  (Seine-et-Oise), 

Communication  de  M.  L.  Fontaine, 

Professeur  à  l'Ecole  pratique 

des  Faurelles  (Charente). 

La  couveuse  artificielle  est  un  appareil 
indispensable  à  toute  bonne  fermière  sou- 
cieuse de  faire  à  son  poulailler  le  maximum 
^  produits.  Plusieurs  fois  déjà,  dans  ce 
hurr.alj  il  a  été  exposé  ce  que  Ton  pou- 
^t  obtenir  d*un  élevage  de  volailles  bien 
conduit.  Un  point  des  plus  difficiles  à  ré- 
soudre dans  la  pratique  de  Taviculture  est 
^  coQvée  ouTincubation  des  œufs.  La  cou- 
reuse artificielle  vient  heureusement  rem- 
placer, à  toutes  les  saisons,  ce  que  Toiseau 
R6  peut  donner.  Bien  des  systèmes  de  cou- 
reuses artificielles  ont  paru  ;  la  plupart  ont 
M  décrits  ici  ;  nous  parlerons  aujourd'hui 


AGRICULTURE.  140 

de  la  couveuse  construite  par  M.  Philippe, 
de  Houdan  (Seino-et-Oise). 

La  Houdanaise  se  compose  en  principe 
[({[x,  1)  :  V  d'une  caisse  BB  ;  2*  d'une  chau- 
'dière  A  ;  3°  d'un  appareil  de  chaufl*age  D  ; 
4°  d'un  tiroir  à  œufs  C. 

La  caisse  delà  couveuse  est  en  bois  ;  l'in- 
lérieur  est  feutré  d'un  corps  mauvais  con- 
ducteur de  la  chaleur,  afin  d'en  éviter  la 
déperdition.  L'ensemble  est  peu  encom- 
brant ;  voici  quelques  chiffres  à  ce  sujet  : 
la  hauteur  varie  de  0  m.  49  à  0  m.  56  ;  la 
largeur  deO  m.  44  à  1  m.  40  ;  la  profon- 
deur deO  m.  44  à  0  m.  80. 

La  chaudière  A  est  une  caisse  métallique 
remplie  d'eau,  que  l'on  chauffe  pour  don- 
ner la  température  nécessaire  à  l'évolution 
(le  l'embryon  ;  elle  est  traversée  par  deux 
cheminées,  dont  nous  verrons  plus  loin  le 
rôle  dans  la  régulation  de  la  température. 
L'emplissage  se  fait  par  une  ouverture  pra- 
tiquée à  cet  effet. 

L'appareil  de  chauffage  se  compose  d'une 
lampe  à  pétrole  D,  logée  dans  une  cavité 
antérieure  ;  les  gaz  chauds  montent  par  un 
tube  E,  lequel  est  entouré  d'eau.  Cette  dis- 
position forme  thermo-siphon  intérieur  : 
l'eau  située  autour  du  tube  s'échauffe,  sa 
densité  diminue,  elle  est  remplacée  par  de 
l'eau  froide  voisine.  Il  s'en  suit  un  déplace* 
ment  constant  eniretenant  dans  le  liquide 
une  température  voisine  de  40*^  C. 

Par  une  heureuse  disposition,  M.  Philtp.-t 
pe  est  parvenu  à  maintenir  côtte  tenipéra- 
ture  de  40**  constante,  en  employant  un  ré- 
gulateur automatique,  dont  voici  la  descrip- 
tion. Dans  la  cheminée  centrale  de  la 
couveuse,  se  trouve  une  tige  métallique  é, 
munie  inférieurement d'une  capsuler,  con- 
tenant un  liquide  spécial  se  réduisant  en 
vapeur  à  40^  ;  sa  partie  supérieure  vient  bu- 
ter contre  un  levier  horizontal  /,  articulé  à 
une  pièce  d,  portant  un  curseur  e,  et  ter- 
miné par  un  couvercle  g^  qui,  à  la  tempé- 
rature de  40°,  ferme  la  cheminée  F.  On  voit 
immédiatement  le  rôle  de  ce  régulateur.  Si, 
par  exemple,  la  température  à  l'intérieur 
de  la  couveuse  dépasse  40*,  le  liquide  con- 
tenu dans  la  capsule  a  se  réduit  en  vapeur, 
ce  qui  augmente  son  volume  ;  de  ce  fait,  la 


ISO 


-lOURNAL  MENSUEL  DE  L'AGADÉMIB  NATIONALE. 


tige  b  se  soulève,  entraînant  le  levier  /,  et 
la  calotte  g^  qui  débouche  la  cheminée 
F.  Iminédiatement,  celle-ci  fait  appel  d'air 
frais  par  les  petites  ouvertures  iii,  emprun- 
tant de  la  chaleur  à  Tinlérieur  ;  et  ceci  jus- 


qu'au moment  ou  la  température  estdesca 
due  à  40*.  Le  liquide  se  condense  et  le$lj 
viers  s'abaissent  à  leur  position  primitii< 
Le  curseur  c  sert  à  régler  la  longueur  dcl 
et  le  curseur  e  sert  à  donner  la  résistai 


Fig.  1.  —  Coupe  de  la  couveuse  La  Houdanaise. 


au  soulèvement.  Par  un  peu  de  pratique  on 
arrive  très  vite  à  obtenir  un  bon  réglage 
qui,  fait  une  fois  pour  toutes,  suffit  pendant 
la  durée  de  l'incubation. 
Le  tiroir  à  oeufs  C  est  en  bois,  muni  d'un 


faux-fond  métallique  perforé',  sur  lef 
on  range  les  œufs.  En  dessous,  se  M 
une  ou  plusieurs  bassines,  contenant  deP^ 
tiède  destinée  à  donner  l'humidité  à  lad 
quille  des  œufs.  On  retire  facilement  ce 


Fig.  2.  —  Tourne-œufs. 

roir  pour  eiTectuer  les  soins  que  nécessitent 
les  œufs.  Un  thermomètre  h  complète  l'ap- 
pareil et  sert  à  en  vérifier  la  marche. 


Fit,'.  3.  —  Marque-œufs. 

Signalons  aussi  une'particularité.des 
roirs  Pli  illippe.  Ceux-ci  sont  munis  i 
tourne-œufs  (fig.  2).  Il  consiste,  enpri 


152  AGRicuLTUne 

cipe,  en  deux  rouleaux  sur  lesquels  est  ten- 
du un  Tond  en  drap  où  sont  rangés  les  œufs 
en  lignes,  entre  des  baguettes  de  bois  mo- 
biles. En  tournant  à  la  main  l'un  des  rou- 


153 


leaux, comme  Tindiquela  figure,  on  met  les 
œufs  en  mouvement,  ce  qui  détermine  leur 
retournement. 
Comme  les  œufs  doivent  être  changés  deux 


Fig.  4.  —  Mire-œufs. 


Fig.  5.  —  Mirage  des  œufs. 


Fig.  6.  —  Couvoir  avec  appareils  d'incubation. 


154 


JOURNAL  MENSUEL   DB   L  ACADEMIE  NATIONALE. 


155 


fois  par  jour,  pour  les  chauffer  régulière- 
ment, on  doitles  marquer  surles  deux  sens. 
Le  marque-œufs  (fig.  3)  donne  deux  trails 
de  différentes  couleurs,  permettant  à  pre- 
mière vue  de  s'assurer  si  le  retournement  est 
bien  effectué. 

Si  nous  passons  à  d'autres  outils  néces- 
saires à  l'incubation, nous  trouvons  le  miVe- 
œufs.  Le  système  Philippe  (lig.  4)  se  com- 
pose de  deux  écrans,  montés  sur  une  poi- 
gn(fe,  et  entre  lesquels  est  emprisonné 
Tœuf  à  examiner.  Pour  se  servir  de  cet  ap- 
pareil, on  opère  dans  une  chambre  obscu- 
re (lig.  5)  ;  l'opérateur  se  place  devant  une 
lumière  en  tenant  verticalement  le  mîre- 
œufs.  Si  Tœul  est  bon,  on  doit,  après  le  cin- 
quième jour  de  l'incubation,  apercevoir 
l'embryon.  Si,  au  contraire,  l'œuf  est  clair 
il  reste  opaque. 

L'installation  d'une  couveuse  ne  deman- 
de rien  de  spécial,  il  suffit  de  la  placer  dans 
un  local  propre,  dans  une  chambre  chauf- 
fée par  exemple.  Dans  les  grandes  fermes, 
où  l'élevage  des  oiseaux  de  basse-cour  fera 
l'objet  d'un  commerce  considérable,  on 
construira  un  bâtiment  spécial  pour  les 
couveuses  appelé  couvoir  (fig.  6),  où  les 
appareils  sont  rangés  comme  l'indique  la 
figure. 

Quanta  la  conduite  des  couveuses  que 
nous  venons  de  décrire,  elle  est  très  simple 
et  avec  un  peu  de  pratique,  on  arrive  rapi- 
dement à  se  mettre  au  courant  des  petits 
soins  qu'elles  nécessitent. 


LA  SÉRICICULTURE   EN   1895 


LA  PRODUCTICN  DES  VINS    EN    ITALIE 

D'après  une  note  publiée  récemment  par 
le  Ministère  de  l'Agriculture  d'Italie,  la 
production  des  vins  a  été,  en  1890,  do  2 1.573 
mille  hectolitres.  La  récolte  serait  inférieure 
à  celle  de  1805,  qui  avait  été  de  24.245.000 
liectolitres.  Il  y  a,  d'ailleurs,  lieu  d'ajouter 
que«  depuis  quelques  années,  la  production 
des  fins  italiens  diminue  progressivement, 
d'après  les  documents  officiels.  La  princi- 
pale cause  de  cette  diminution  parait  être 
dans  lextension  des  ravages  du  phylloxéra. 


L'année  1895  s'est  caractérisée  par  une 
activité  extrême  pour  le  ox>mmerce  et  le 
travail  des  suies.  Une  hausse  s'est  manifes- 
tée dans  les  cours. 

Le  nombre  des  éducateurs  qui,  en  France, 
avait  atteint  155.000  en  1891,  avec  241.000 
onces  de  graines,  à  Véclosion,  est  descen* 
cendu  à  140.000  en  1895,  avec  212.000 
onces  seulement. 

Dans  l'ensemble  la  sériciculture  française 
est  en  bonne  voie.  L*excellonce  de  nos 
graines  est  bien  établie;  l'importation  dimi- 
nue de  plus  en  plus  et  l'exportation  reste 
active.  Cependant  il  est  de  toute  nécessi- 
té de  multiplier  les  plantations  de  mûriers 
si  l'on  veut  réaliser  de  nouveaux  progrès. 

La  Chine  occupe  toujours  la  première 
place  dans  le  classement  des  pays  exporta- 
teurs ;  cependant  le  Japon  progresse  rapide- 
ment et  ne  paraît  pas  près  de  s'arrêter. 

Déjà  ce  dernier  pays  produit  à  hiî  seul 
autant  de  soies  que  tous  les  pays  d'Europe 
réunis,  et  il  n'eu  continue  pas  moins  à 
étendre  ses  cultures  de  mûrier  et  à  créer  des 
institutions  dontlo  but  est  le  développement 
de  l'industrie  de  la  soie. 

La  France  semble  avoir  perdu  le  premier 
rang  de  la  consommation  de  la  soie  au 
bénéfice  des  Etats-Unis,  tout  en  conservant 
la  suprématie  pour  la  quantité  de  soies  con- 
ditionnées. 

En  ce  qui  concerne  le  conditionnement 
des  soies,  la  part  de  la  France  semble  décli- 
ner, et  déjà  lesopérationsdelavillede  Milnn 
dépassent  sensiblement  celles  de  la  ville  de 
Lyon.  Il  est  vrai  que  beaucoup  de  soies 
conditionnées  à  M i  lan  l'ont  été  pour  le  com  p- 
te  de  maisons  françaises  dont  le  siège  princi- 
pal est  à  Lyon. 

Enfin,  quoique  la  récolte  de  cocons  n*ait 
été  que  de  9.300.C09  kilogrammes  en  1895, 
chiffre  inférieur  à  celui  de  1894,  l'exporta- 
tion des  soies  ouvrées  a  été  de  plus  du  dou-^ 
ble  de  celle  de  l'année  précédente. 


156 


EXPOSITIONS  BT  CONCOURS. 


VA 


DISTINCTIONS  HONORIFIQUES 
ACCORDÉES  AUX  MEMBRES  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE 


Par  décret  en  date  du  16  avril  1890,  a  été  nominé  Chevalier  de  la  Légion  d'honneur  : 
M.  Frlix  Dbsprès,  fabricant  joaillier,  à  Paris.  Vice-président  de  la  chambre  syndicale 
delà  bijouterie,  de  la  joaillerie  et  de  rorfèvrerie.  Médaille  d'or  à  TExposilion  universelle 
de  1889.  Diplôme  d'honneur  à  l'exposition  d*Anvers.  Hors  concours  à  l'exposition  de  Chi- 
cago. Grand  prix  à  l'exposition  de  Rouen. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


CONCOURS  AGRICOLE  DE  PARIS 

Par  suite  de  la  disparition  du  Palais  de 
rindustrie^dernier  vestige  de  l'Exposition  de 
1855,  le  Concours  général  agricole  de  Paris 
s'est  tenu  cette  année  pour  la  première  fois 
dans  le  Palais  des  Machines  et  dans  la  gale- 
rie dite  de  trente  mètres  qui  ont  survécu 
jusqu'à  présent  à  l'Exposition  universelle  de 
1^9. 

Disons  de  suite  quel'aspectgénéral  du  con- 
cours a  considérablement  gagné  au  change- 
ment d^emplacement.  Du  haut  de  la  galerie 
supérieure  du  Palais  des  Machines,  on  pou- 
vait embrasser  d'un  seul  coupd'œil  un  vaste 
ensemble  du  concours,  et,  bien  que  les  avis 
dîRèrent  à  ce  sujet,  nous  avons  trouvé  le 
spectacle  plus  grandiose  et  plus  impression- 
nant qu'au  Palais  de  l'Industrie. 

Grâce  à  l'étendue  du  Palais  des  Machines, 
l'exposition  des  instruments  et  machines 
agricoles  a  pu  trouver  place  presque  tout  en- 
tière dans  les  espaces  abrités.  Les  visiteurs 
et  les  exposants  n'ont  pu  que  s'en  féliciter, 
car,  bien  que  reculé  de  plusieurs  semaines 
sur  les  dates  des  années  antérieures,  le  con- 
cours agricole  s'est  encore  tenu  en  pleine 
période  de  mauvais  temps. 

Les  divers  catalogues  du  concours  nous 
apprennent  que  les  déclarations  des  expo- 
sants ont  porté  : 

V  Pour  les  animaux  graSj  sur  212  têtes 
de  l'espèce  bovine,  sur  84  lots  de  l'espèce 
ovine  et  sur  88  lots  de  Tespèce  porcine. 

2*  Pour  les  animaux  reproducteurs^  sur 
1.200  tètes  do  l'espèce  bovine  ;  sur  470  lots 


de  l'espèce  ovine  ;  sur  157  lots  de  l'espèce 
porcine,  et  sur  2.530  lots  des  animaux  de 
basse-cour. 

S""  Pour  les  produits  agricoles,  sur  11.600 
lots  de  produits,  dont  4.800  pour  les  bois- 
sons :  vins,  cidre  et  poirés. 

4""  Enfin  pour  les  instruments  et  machi* 
nés  agricoles,  sur  7.476  objets  différents.  (Il 
n'y  en  avait  eu  que 6.732  l'année  dernière.) 
Il  résulte  de  tous  ces  chiffres  que  le  Con« 
cours  général  agricole  de  Paris  conserve  tou-* 
jours  une  très  grande  importance  et  que, 
bien  loin  de  présenter  des  symptômes  de 
déclin,  il  accuse  chaque  année  des  tendan- 
ces manifestes  de  développement  continu. 
L'ensemble  du  Concours  démontre  le  per* 
fectionnement  croissant  des  méthodes  et  des 
résultats  de  ragi*icultureetde  l'éievagC)  per- 
fectionnement qui  est  un  corollaire  direct 
des  progrès  que  réalisent  sans  cesse  les  diver- 
ses branches  de  l'industrie  des  machines, 
instruments  et  constructions  agricoles. 

Les  constructeurs  de  moteurs  à  pétrole 
s'efforcent  de  plus  en  plus  d'adapter  ces 
moteurs  aux  besoins  des  exploitations  agri- 
coles.llsy  réussissent  parfaitementd'ailleurS) 
et  Ton  peut  conslater aisément  que  ragricul-* 
ture  recourt  de  plus  en  plus  àcesauxiliaires 
si  commodes  pour  la  production  économie» 
que  et  instantanée  de  la  forcemotrice.il 
existe  maintenant  plusieurs  types  de  bat- 
teuses de  céréales  à  grand  travail,  com- 
mandées par  un  moteur  à  pétrole  qui  fait 
corps  avec  la  machine  elle-même,  de  ma- 
nière à  constituer  un  ensemble  parfaite- 
ment autonome.  Cet  ensemble    est    trè? 


158 


JOUnNAL    IIKNSUKL  DB  L'aCADÉMIB  NATIONALE. 


150 


apprécié  par  les  enlrcpreneurs  de  hallages, 
dont  les  déplacements  sont  ainsi  considéra- 
blement facilités^et  simplifiés. 

Les  développemen  i  sd'applications  et  d'em- 
plois des  moteurs  à  pétrole  semblent  faire 
un  tort  considérable  aux  machines  à  vapeur 
locomobiles.  Par  suite  même  desconditions 
du  concours  de  cette  année,où  la  plu  part  des 
machines  a  Tapeur  fixes  ou  locomobiles  se 
trouvaient  à  Tintérieur  du  P<ilais  des  Machi- 
nes en  interdiction  de  fonctionnement,  par 
crainte  de  la  production  d'une  fumée  désa- 
gréable ou  même  de  flammèches  incen- 
diaires, tandis  que  les  moteurs  à  pétrole 
déployaient  partout  leur  action  assez  bru- 
yante, on  aurait  pu  croire  que  les  moteurs 
à  vapeur  renonçaient  définitivement  h  la 
lutte  contre  les  moteurs  à  pétrole,  et  que 
leur  inertie  était  la  marque  d*un  effacement 
complet,  symptôme  d*une  disparition  future 
plus  ou  moins  prochaine.  Nous  ne  croyons 
pas  cependant  que  le  moteur  à  pétrole,  en 
dépit  de  se?  récents  progrès,  en  soit  arrivé 
au  degré  de  perfection  qui  lui  permette 
de  supplanter  définitivement  la  vapeur,  si 
docile  et  si  régulière. 

Voici  déjà,  d'ailleurs,  quepourla  produc- 
tion des  petites  forces,  le  moteur  a  pétrole 
rencontre  un  rival  dangereux  dansle  moteur 
à  air  chaud  dont  un  type  très  satisfaisant 
fonctionnait  cotte  année  dans  le  Palais  des 
Machines.  De  la  lutte  de  ces  divers  mo- 
teurs, il  résultera  certainement  la  plus 
vive  émulation  parmi  les  inventeurs-méca- 
ciens,  ce  qui  nous  promet,  pour  une  date 
peu  éloignée,  de  nouveaux  et  importants 
progrès  dans  la  production  économique  de 
la  force  motrice  pour  usages  agricoles. 

Après  avoir  présenté  à  nos  lecteurs  ces 
rapides  considérations  générales,  il  nous 
reste  à  rendre  compte  en  détail  des  expo- 
sitions particulières  des  Membres  de  notre 
Société,  et,  pour  Tordonnance  de  notre 
travail  nous  suivrons ,  comme  ùThabitude, 
Tordre  alphabétique  des  noms. 

M.  AuuouzE,  à  Paris,  s'est  fait  une  spé- 
cialité intéressante  de  la  construction  et  de 
rinvention  des  divers  pièges  capables  d'as- 
surer la  capture  ou  la  destruction  des  ani* 


maux  nuisibles.  On  sait  que  la  question  est 
d'une  grande  importance  |>our  l'agriculture 
dont  tous  les  travaux  et  tous  les  efforts  pour- 
raient demeurer  frappés  de  stérilité  s'il  n'y 
avaitaucunobstacleau  pullulement  des  bêies 
malfaisantes.  M.  Aurouze  fabrique  et  vend 
tous  les  appareils  et  systèmes  connus  pour 
se  débarrasser  des  animaux  nuisibles:  in- 
sectes, rongeurs,  fauves  ou  oiseaux  rapaces, 
depuis  les  pièges  à  cancrelats  jusqu'aux 
puissantes  mâchoires  d'acier  capables  d'é- 
trangler un  renard  ou  un  loup  et  d'assurer 
la  capture  d'un  sanglier. 

D'ailleurs,  s'il  est  l'ennemi  des  animaux 
nuisibles,  M.  Aurouze  est,  par  contre  l'ami 
des  animaux  utiles,  et  c'est  afin  de  travailler 
en  leur  faveur  qu'il  construit  des  boîtes 
d'élevage  et  des  mues  en  grillage  galvanisé 
destinées  à  protéger  l'existence  des  jeunes 
volatiles  de  la  basse-cour.  Les  agriculteurs 
ont  donc  un  double  intérêt  à  connaître  les 
appareils  de  M.  Aurouze  et  à  les  utiliser 
occasionnellement. 

H.  Bajac,  à  Liancourt  Oise)  est,  comme 
à  l'habitude,  le  principal  exposant  et  le 
plus  grand  triomphateur  du  Concours  agri- 
cole. L'ënumération  des  objets  exposés  ne 
comprend  pas  moins  de  238  articles  du  ca- 
talogue, se  référant  tous  à  des  appareils  ou 
instruments  de  modèles  différents. 

Les  opérations  du  labourage  et  du  travail 
agricole  des  terres  constituent  spécialement 
les  problèmes  en  vue  desquels  M.  Bajac 
construit  des  appareils  et  instruments  de 
toutes  puissances,  depuis  les  simples  scari- 
ficateurs qui  n'égratignent  les  champs  que 
sur  une  épaisseur  do  quatre  à  cinq  centimè- 
tres, jusqu'aux  gigantesques  charrues  bas- 
cules défonceuses  à  huit  socs,  construites 
pour  pratiquer  des  labours  de  70  centimètres 
de  profondeur  et  qui  exigent  une  traction 
par  treuils,  avec  emploi  d'une  force  motrice 
mécanique:  vapeur  ou  électricité. 

Au  reste,  la  réputation  des  charrues-bra- 
bants  de  M.  Bajac  est  absolument  univer- 
selle, et,  dansle  monde  entier,  la  construc- 
tion de  notre  éminent  Sociétaire  est  considé- 
rée comme  devant  servir  de  modèle  dans  la 
fabrication  des  instruments  de  labour. 


160 


EXPOSITIONS  KT  CONCOURS. 


161 


Nous  avons  déjà  décrit  maintes  fois  en 
détail  dans  noire  journal  la  plupart  des 
appareils  de  la  fabrication  courante  de  M. 
Bajac  et  nous  n'insisterons  aujourd'hui  que 
sur  les  plus  récentes  nouveautés  créées  par 
riDgénieux  constructeur. 

À  ce  titre,  il  convient  de  citer  la  cliarruo 
brtbantdoublearméed*un  appareil  fouilleur 
invaillant  latéralement  au  corps  de  char- 
rue. Cet  instrument,  qui  est  à  traction  ani- 
male directe,  attaqueet  disloque énergique- 
meot  le  sous-so!  sans  que  le  fouillage  puisse 
être  foulé  par  le  pied  des  bétes  ;  le  change- 
ment de  raie  à  l'extrémité  de  chaque  sillon 
se  Tait  avec  une  extrême  facilité  par  un  sim- 
ple mouvement  de  balance  comme  pour  les 
grosses  charrues  défonceuses  qui  figurent 
dans  la  même  collection.  Outre  que  cette 
disposition  bien  comprise  procure  un  ré- 
sultat parfait  sous  tous  les  rapports^  elle 
supprime  tous  les  obstacles  qui  jusqu'à  ce 
jour  s'opposaient  ù  l'adoption  de  ce  système 
rationnel  de  sous-solage;  cette  nouvelle 
machine  trouvera  un  emploi  très  avanta- 
[(eax  pour  les  labours  à  betteraves. 

Dans  le  môme  ordre  d'idée:;,  M.  Bajac 
produit  un  brabant  double  de  forme  ordi- 
naire, muni  de  griffes  fouilleuses  montées 
3ussi  latéralement  au  corps  de  charrue  et 
dûonant  comme  travail  les  mêmes  bons  ré- 
Miltals  que  le  précédent  ;  dans  ce  modèle, 
l'appareil  porte-griffes  articule  dans  le  sens 
transversal  ;  il  devient  libre  par  déclique- 
îage  de  manière  qu'en  retournant  le  bra- 
bant, Tappareil  suit  le  mouvement  et  se 
trouve  remis  en  place  sans  avoir  occasionné 
aucun  effort  supplémentaire  à  Thomme  qui 
bit  la  manœuvre  :  le  mécanisme  est  très  in- 
gcnieux  et  mérite  d'être  examiné  de  près. 

Nous  citerons  encore  comme  instruments 
Qouteaux sollicitant  l'attention  du  visiteur: 

U  piocheur-vibrateur  ou  cultivateur  à 
<ienu  flexibles.  C'est  l'outil  solide  et  éner- 
gique par  excellence  qui,  par  le  seul  fait  de 
wn  raontago  normal,  pénètre  dans  tous  les 
terrains,  quelque  durs  qu'ils  puissent  être, 
fait  ofUce  de  piochour,  do  scarificateur,  de 
dêcbauraeuse,  etc.,  et  remplacera  bientôt 
tous  les  systèmes  d'extirpatcurs  ; 

La  fouilleuse  simple  à  avant-train  tour- 


nant, disposée  pour  ?narcher  derrière  tout 
brabant  simple  ou  double,  avec  deux  roues 
très  écartées,  ce  qui  assure  la  stabilité  de 
l'outil  et  la  régularité  du  travail; 

L'arracheuse  de  betteraves  sur  trois  lignes 
à  bâtis  mobiles,  qui  compte  déjà  à  son  actif 
un  brillant  succès  (concours  de  Laon,  cam- 
pagne do  1896]  et  sera  certainement  appré- 
ciée dans  les  cultures  betteravières  de  quel- 
que importance  ; 

L'application  sur  rouleau  du  tombereau 
débardeur,  appelée  à  rendre  de  sérieux  s  e 
vices  lorsque  la  terre  détrempée  par  les 
pluies  d'automne  entrave  l'enlèvement  des 
betteraves  comme  cela  s'est  produit  au  cours 
de  la  dernière  campagne. 

Toutes  ces  créations,  remarquables  par 
leurs  applications  pratiques,  révèlent  des 
études  incessantes  de  la  part  du  construc- 
teur, ainsi  que  des  expériences  répétées  sur 
le  terrain. 

Signalons  aussi  un  nouveau  semoir  pour 
haricots,  pois,  maïs,  betteraves,  etc.,  qui  se 
construit  sur  un,  deux  ou  trois  rangs  qui 
est  d'une  grande  simplicité  et,  par  suite, 
d'une  grande  sûreté  de  fonctionnement,  et 
enfin  une  houe  triangulaire  dite  extensible, 
dont  les  rasettes  peuvent  subir  des  varia- 
tions d'écartement.  tout  en  demeurant  orien  • 
tées  dans  une  position  normale. 

La  longue  liste  des  objets  exposés  par  M. 
Bajac  se  termine  par  une  série  de  huit  mou- 
lins dits  agricoles,  dont  le  plus  faible  mo- 
dèlene  débite  que  15kilogrammes  à  l'heure 
et  dont  le  plus  puissant  atteint  un  débit  de 
120  kilogrammes  à  l'heure,  lui  permettant 
(le  prendre  place  parmi  les  appareils  de 
l'industrie  minotière.  Ces  moulins  peuvent 
rendre  de  grands  services  aux  agriculteurs 
en  leur  permettant  d'utiliser  leurs  grains 
directement  et  de  se  réserver  ainsi  tous  les 
profits  de  la  mouture. 

M.  Jean  Bernus  dirige,  dans  la  seconde 
ville  de  France,  à  Lyon,  une  importante 
manufacture  de  ferblanterie  et  de  petite 
chaudronnerie  qui  fabrique  toutes  sortes 
d'ustensiles  en  fer-blanc,  tôle,  zinc  ou  cui- 
vre poli  à  l'usage  de  l'agriculture,  de  l'hor- 
ticulture, delà  viticulture  cl  de  l'industrie 


162 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L^ACADÉMIE  NATIONALE. 


163 


C'est,  croyons-nous,  a  preraière  fois  que 
M  Bernus  présente  les  articles  de  sa  fabri- 
cation au  concours  général  de  Paris.  Ils  y 
ont  été  très  remarqués  et  très  favorable- 
ment appréciés  comme  des  spécimens  d'une 
construction  habile,  consciencieuse  et  soi- 
gnée. M.  Bernus  a  présenté  trois  modèles 
différents  de  pulvérisateurs  désignés  sous 
les  noms  de  Parfait^  Express  et  Nord, 

Le  pulvérisateur  Le  Parfait  est  très  in- 
génieusement conçu  et  très  solidement  cons- 
truit. Toutes  les  pièces  en  sont  facilement  dé- 
montables et  absolument  interchangeables, 
pouvant  être  remplacées  sans  le  concours 
d'ouvriers  spécialistes.  La  pression  d'air  est 
fournie  par  unepompesans  frottement,  d'un 
fonctionnement  très  doux  et  très  sûr  qui 
reçoit  son  mouveiùent  par  un  arbre  en  vil* 
brequin  dont  la  demi-rotation  alternative 
est  commandée  facilement  par  Tune  des 
mains  de  l'opérateur. 

Le  pu\\ér\s9iieuT  Express  est  une  simple 
réduction  du  pulvérisateur  Parfait. 
•  Le  pulvérisateur  ie  Nord  comporte  une 
pompe  à  piston  de  l'ancien  système  qui  est 
encore  réclamée  dans  certaines  régions  vini- 
coles.  Cette  pompe  a  d'ailleurs  été  spécia- 
lement perfectionnée.  Enfin,  M.  Bernus 
établit  encore  un  petit  pulvérisateur  à  main 
se  manœuvrant  comme  un  soufflet,  et  dont 
l'action  peut  d'ailleurs  être  complétée  par 
sa  mise  en  communication  avec  une  hotte. 

Pour  l'épandage  du  soufre  en  poudre  sur 
la  vigne,  M.  Bernus  fàbriquedifférents  mo- 
dèles desoufflets  et  un  appareil  à  grand  tra- 
vail appelé  :  Soufreuse  perfectionnée  la 
Rapide. 

Cette  Soufreuse  est  construite  dans  les 
mêmes  conditions  que  les  pulvérisateurs, 
avec  toutes  pièces  interchangeables.  Son 
fonctionnement  est  très  doux  ;  il  permet 
de  projeter  rapidement  et  régulièrement, 
toutes  les  poudres  utiles  aux  traitements 
préservatifs  et  curatifs  des  maladies  de  la 
végétation. 

Pour  la  lutte  contre  les  ennemis  souter- 
rains de  la  culture,  M.  Bernus  fabrique  un 
pal-injecteur  très  solidement  construit.  Le 
corps  de  cet  appareil  est  en  cuivre  fondu 
renforcé,  à  extérieur  cannelé  ;   la  tige  est 


en  acier  forgé  ;  la  soupape  est  en  bronze  ;  le 
réglage  des  injections  esta  la  fois  très  sim- 
ple, très  juste  et  très  facile. 

Un  autre  appareil  très  intéressant  créé 
par  M .  Bernus  est  la  baratte  universelle 
métallique,  brevetée,  qui  permet  de  réali- 
ser aisément  les  conditions  de  température 
les  plus  favorables  à  la  prompte  formation 
du  beurre, gi*âce à  ce  que  la  partie  inférieu- 
re de  la  baratte  est  munie  d'une  enveloppe 
pouvant  recevoir  de  l'eau  froide  ou  de  l'eau 
chaude,  suivant  les  cas.  L'expérience ayaut 
démontré  que  c'est  aux  environs  de  la  tem- 
pérature de  15"*  ceritigrades  que  l'opération 
du  barattage  s'effectue  dans  les  meilleures 
conditions  de  succès,  l'opérateur  n*a  qu'à 
consulter  un  thermomètre  fixé  sur  1ecor{)s 
de  la.  baratte  et  qui  lui  indique  la  tempé- 
rature de  la  crème,  pour  savoir  s'il  y  a  lieu 
à  réchauffage  ou  à  refroidissement  par  in- 
troduction d'eau  chaude  ou  froide  dans 
l'enveloppe  inférieure. 

Cette  baratte  est  en  fer  battu,  étamé  in*-* 
térieurement.  I^  barattage  s'y  fait  au  moyen 
de  palettes  rotatives  en  bois  dur,  d'un  dé- 
montage facile.  Elle  se  nettoie  aisément  et 
offre  d'incontestables  avantages  de  fonction- 
nement pratique. 

M.  Bernus  exposait  encore  des  pompes  et 
des  seringues  pour  arrosage,  des  ustensiles 
de  jardinage,  des  alambics  d'un  modèle 
spécial  et  un  grand  nombre  d'instruments 
du  domaine  de  l'économie  domestique. 
Tous  ces  objets  étaient  d'une  confection 
soignée,  dans  les  formes  généralement  cou- 
rantes ou  dans  des  modèles  spéciaux  en 
usage  dans  certaines  contrées.  Nous  ne 
pouvons  en  entreprendre  la  description,  ni 
même  la  simple  énumération.  Observons, 
d'ailleurs,  que  M.  Bernus  a  édité  des  cata- 
logues, des  tarifs-albums  et  des  prospectus 
spéciaux  donnant  le  détail  des  articles  si 
variés  de  sa  fabrication,  et  que  l'on  peut  re- 
courir à  ces  documents  pour  plus  amples 
renseignements.  Terminons  en  reconnais- 
sant d'une  façon  générale  que  tous  les  ob- 
jets fabriqués  par  M.  Bernus,  ressortissant 
des  industries  diverses  de  la  ferblanterie, 
de  la  tôlerie,  de  la  cuivrerie,  de  la  poterie 
d'étain,  de  la  plomberie,  de  la  zinguerie. 


164 


EXPOSITIONS    ET  CONCOUnS. 


I  de  la  petite  chaudronnerie,  et  générale- 
ment de  la  quincaillerie  domestique,  sont 
d  une  confection  très  soignée  et  très  recom- 
mandable. 

I         H.  Broquet,  à  Paris,  présente  comme  les 
années  précédentes  ses  différents   modèles 
'      de  pompes  de  toutes  puissances,  dans  la  fa- 
I      l>rication  desquels   il  a  acquis  une  renom- 
mée si  étendue  et  si  justifiée.  Dans  leurs  di- 
I      Ters  genres,  les  pompes  Broquet  constituent 
la  perfection    même.  On  peut  faire  aussi 
bien,  aiais  l'on  ne  peut  faire  mieux.   Les 
pompes  combinées  avec  manèges,  à  deux  ou 
trois  corps  horizontaux,  à  retour  rapide  des 
pistons,  se  sont  encore  imposées  àVattention 
dfô  propriétaires  ou   fermiers  de  grandes 
exploitations   agricoles   comme   répoudant 
le  mieux  aux  besoins  courants  de  la  prati- 
que journalière. 
I         Ayant  déjà  décrit  en  détail  dans   notre 
journal,  à  plusieurs  reprises  différentes,  les 
i     diverses   pompes    de  la  maison    Broquet, 
I      nous  nous  contenterons  de  les  mentionner 
'      simplement  aujourd'hui.  Les  pompes   Bro- 
quet sont  d'ailleurs  si  universellement  con- 
Duesdu  public  intéressé  qu'il  n'y  a    plus 
rien  à  apprendre  à  nos  lecteurs  à  leur  égard. 

MM.  Brouhotet  Cie,  à  Vierzon  (Cher), 
exposent  des  batteuses  dites  roulant  le 
grain  montées  sur  4  roues,  de  différentes 
puissances,  des  pompes  à  trois  corps  à  pis- 
tons plongeurs,  des  locomobiles  à  vapeur  et 
des  moteurs  à  pétrole  fixes  ou  sur  chariot. 
Tous  ces  divers  appareils  sont  d'un  mérite 
en  rapport  avec  la  grande  réputation  que  se 
sont  acquise  MM.  Brouhotet  Cie,  dans  la 
construction  mécanique,  c'est  dire  que  mo- 
teurs à  pétrole,  locomobiles,  pompes  et  bat- 
teuses sont  des  instruments  de  tout  pre- 
mier ordre. 

MM.  Carré  fils  aîné  et  Cie,  à  Paris,  pré- 
sentent leur  système  breveté  d  installation 
et  d'application  du  réservoir-élévateurd'eau, 
qui  s'installe  dans  les  caves  ou  sous-sols  et 
qui  permet  la  distribution  de  l'eau  aux  éta- 
ges élevés  par  la  pression  de  l'air  compri- 
mé. Ce  système  est  assez  généralement 
connu  maintenant  pour  que  nous  nous  dis- 
pensions de  le  décrire  à  nouveau. 


165 

Il  en  est  de  même  du  filtre  à  pressioi^ 
système  Carré  qui  est  d'un  nettoyage  si  faci-» 
le  et  si  rationnel.  Rappelons  aussi  que  MM.. 
Carré  ont  acquis  une  expérience  spéciale 
dans  l'établissement  des  travaux  en  ciment^ 
avec  ou  sans  ossature  métallique^  pour  cana- 
lisations, dallages,  réservoirs,  citernes,  etc.^ 
et  que  l'on  peut  recourir  à  eux  en  toute 
confiance  pour  l'entreprise  de  travaux  de 
cette  nature. 

MM.  Cazaubon  et  fils,  à  Paris,  présen- 
tent leurs  divers  modèles  de  pulvérisateurs 
portatifs  et  plus  particulièrement  les  pulvé- 
risateurs à  bât  dénommés  Passe-Partout 
que  nous  avons  décrits  en  détail  les  années 
précédentes,  et  qui  sont  souvent  d'une  ap-» 
plication  plus  commode  que  les  appareils 
à  traction  sur  roues. 

M.  Champenois-Rambeaux,  à  Cousances*- 
aux-Forges  (Meuse),  expose  comme  à  Thar 
bitude  des  faucheuses,  des  moissonneuses, 
des  faneuses,  des  râteaux  mécaniques,  des 
coupes  racines,  des  hache-paille,  des  con- 
casseurs  de  grains,  des  moulins  à  pommes, 
des  fouloirs  à  vendange,  des  roues  dites 
Impérissables  pour  voitures,  etc.  Tous  ces 
objets  sont  semblables  à  ceux  qui  ont  été 
présentés  dans  les  concours  précédents  par 
le  même  constructeur.  Ils  ne  comportent 
plus  de  modifications  sensibles,  par  la  simple 
raison  qu'ils  sont  arrivés  aux  dernières  li- 
mites des  perfectionnements  possibles. 

M.  Chandora,  h  Moissy-Cramayel  (Seine- 
et-Marne),  expose  des  produitsagricoles  d'un 
domaine  du  Finistère  qui  était  autrefois  in- 
culte et  improductif  et  qui  a  été  rendu  fer- 
tile par  les  travaux  de  dessèchement,  de 
drainage  et  d'aménagement  qui  y  ont  été 
exécutés.  Fondée  en  1849,  la  maison  Chan- 
dora s'est  consacrée  à  l'entreprise  de  tous 
travaux  d'assainissementdes  terresau  moyen 
du  drainage.  Elle  a  acquis  dans  ces  travaux 
une  expérience  spéciale  qui  lui  permet  d'o- 
pérer avec  certitude  et  économie  et  de  ga- 
rantir en  quelque  sorte  les  résultats  à  obte^ 
nir. 

A  l'heure  actuelle,  la  maison  Chandora  a 


166 


pose  plus  de  3.000  kilomètres  de  tuyaux  de 
drainage  et  assaini  plus  <lc  ?0.000  hectares 
de  terres,  qui  n  avaient  que  peu  ou  pas  de 
valeur  et  qui  aujourd'hui  comptent  au  nom- 
bre des  terres  les  plus  fertiles. 

I^s  propriétaires  de  terrains  impioductifs 
ont  donc  tout  avantage  à  s'adresser  à  H. 
Chandora  pour  Ift  charger  d'étudier  les 
moyens  de  donner  une  valeur  productive  a 
ces  terrains,  soit  par  le  défrichement,  soit 
par  le  dessèchement,  soit  par  le  drainage, 
soit  par  Virrigaiion.  Après  une  rnpideétude 
préalable,  M.  Chandora  est  toujours  en  si- 
tuation de  se  prononcer  formellement  sur 
la  nature  et  sur  le  coût  des  travaux  à  entre- 
prendre pour  obtenir  des  résultats  fruc- 
tueux. 

M.  Dadd,  à  Paris,  a  fuit  figurer  au  con- 
cours une  balayeuse  mécanique  à  rouleau, 
du  système  Person,  une  machine  à  cintrer 
4es  cercles  en  bois  pour  tonneliers,  des  ma- 
chines à  travailler  les  fers  feu  illards  ou  en 
barres,  une  machine  à  percer,  divers  appa- 
reils et  chariots  de  tuyaux  d*arrosage  des 
modèles  adoptés  par  la  ville  de  Paris  et  des 
patins  pour  enfoncer  les  échalas  de  vigne, 
instruments  très  commodes  et  très  em- 
ployés. Tous  ces  objets  ne  constituent  d'ail- 
leurs qu'une  simple  part  de  la  fabrication 
générale  de  M.  Dard,  fabrication  qui  s'étend 
à  toutes  les  machines  et  à  tous  les  outils 
d'un  grand  nombre  de  corps  de  métiers,  et 
qui  se  distingue  par  une  grande  ingéniosité 
de  conception,en  même  temps  que  par  une 
solidité  exceptionnelle  de  construction. 

MM.  ËGROT  ET  Grange,  à  Paris,  exposent, 
comme  a  l'habitude,  un  magnifique  ensem- 
ble d'appareils  pour  la  distillation  des  alcools 
la  cuisine  à  la  vapeur  de  tous  les  aliments, 
la  pasteurisation  des  vins,  l'étuvage  des  fu- 
tailles, la  cuisson  des  sucres  dans  le  vide, 
etc..  Les  appareils  de  distillation  sont  de 
toutes  capacités,  depuis  les  petits  alambics 
d'essai  construits  pour  l'analyse  du  titre 
alcoolique  des  vins,  dont  la  contenance  peut 
n'être  que  d'un  décilitre  jusqu'aux  puis- 
sants appareils  de  distillation  continue 
montés  sur  chariot  dont  la  valeur  atteint 


JOCILXAL  MENSOEL   DC   L'ACADÉMIK  ffAtlONALK.  107 

I  une  dizaine  de  mille  francs.  Comme  éche- 


lons intermédiaires  se  trouvent  les  alambics 
brûleurs  du  système  Egrot,  à  rectificateurs 
sphériques,  en  sept  modèles  de  grandeurs 
différentes  pour  les  contenances  de  50,  75, 
100,  200,  300,  400,  et  500  litres. 

I^  construction  de  la  maison  Egrot  et 
Grange  a  acquis  une  réputation  universelle 
qui  ne  fait  que  grandir  d  année  en  année. 

M.  EiJjOTr,  à  Bornel  (Oise),  présente  des 
spécimens  intéressants  de  fils  d'acier,  de 
ronces  artificielles  et  de  grillages  mécaiii- 
quesgalvanisés.  Ces  articles  ont  des  emplois 
fréquents  à  la  campagne  pour  Téfablisse- 
mcnt  do  clôtures  provisoires  ou  définitives. 
Les  produits  de  la  fabrication  toute  spéciale 
de  M.  Elliot  sont  de  la  meilleure  qualité  dé- 
sirable. 

M.Gariel,  à  Paris,  expose  les  meilleurs 
modèles  do  tous  les  instruments  d'apicul- 
ture et  des  ruches  de  différents  systèmes, 
appelées,  d'après  les  noms  de  leurs  inven- 
teurs ruches  Gariely  Dadant,  Layens^ 
Sagot,  Saille,  Toutes  ces  ruches  5ont  de 
construction  perfectionnée,  ayant  chacune 
des  avantages  propres,  suivant  la  multipli- 
cité de  leurs  cas  d'applications.  M.  Gariel 
expose  aussi  des  barrières  et  clôtures  agri- 
coles en  grillages  galvanisés,  avec  montants 
et  supports  en  fer  et  un  poulailler  démon- 
table, tout  en  grillage,  avec  porte. 

M.  Gautreau,  à  Dourdan  (Seine-et-Oise), 
présente 4 belles  locomobiles  à  vapeur,  dans 
les  forces  de  4, 6, 7, et  8  chevaux,  d'un  fini 
parfait  de  construction,  ainsi  que  des  bat- 
teuses mobiles  et  fixes.  Les  batteuses  mobi- 
les sont  au  nombre  de  trois:  l'une  pouvant 
être  commandée  par  un  manège  indépen- 
dant, l'autre  dite  à  manège  direct,  et  la  troi- 
sième à  commande  par  plan  incliné  mobile, 
dite  trépigneuse.  Ce  n'est  que  récemment 
que  la  maison  Gautreau,  qui  est  universelle- 
ment réputée  pour  n'établir  que  de  bonnes 
et  solides  machines  agricoles,  s'est  décidée 
à  donner  satisfaction  aux  demandes  qui  lui 
étaient  faites  depuis  plusieurs  années  et 
s'est  mise  à  construire  des  batteuses  trépi- 
gneitses.  Et  fidèle  à  ses  principes  de  progrès. 


168 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


169 


elle  a  étudié  et  construit  une  machine  plus 
simple^  plus  solide,  et  devant  produire  beau- 
coup  moins  d'usure  que  toutes  les  machi- 
nes du  même  genre  construites  jusqu'à  ce 
jour.  Le  tablier  mobile  du  plan  incliné,  au 
lieu  d'entraîner  avec  lui  tous  ses  galets,  au 
nombre  d'une  soixantaine  dont  le  graissage 
est  à  la  fois  difficile  et  défectueux,  glisse  sur 
Hgrands  galets  fixes  reliés  deux  à  deux  par 
Qoarbrequi  repose  sur  deux  tourillons  tour- 
oanl  très  lentement,  de  sorte  que  non  seu- 
lement on  n'a  que  14  tourillons  à  graisser 
au  lieu  d'une  soixantaine  de  galets,  mais 
encore  que  le  graissage  de  ces  14  organes 
est  beaucoup  plus  durable  et  peut  se  faire 
en  pleine  marche.  Il  y  a  là  un  important 
perfectionnement  apporté  aus  moteurs  à 
plan  incliné. 

La  nouvelle  batteuse  fixe  au  moteur  se 
recommande  par  de  nombreux  avantages 
particuliers.  Elle  peut  être  montée  sur 
plancher  comme  les  anciennes  batteuses  ou 
tout  simplement  sur  le  sol  au  moyeu  de 
quatre  pieds  en  fonte.  Dans  cette  batteuse, 
lesecouagede  la  paille  est  combiné  de  ia- 
con  à  présenter  l'ensemble  des  '  avantages 
offerts  par  les  secoueurs  articulés  et  par  les 
secoueursrectilignes,  c  est-à-dire  de  rendre 
une  paille  droite  avec  très  peu  de  déchets. 
Le  grain  est  rendu  complètement  nettoyé, 
prêt  à  livrer  au  commerce. 

On  doit  reconnaître,  en  vérité,  que  les 
batteuses  Gautreau  sont  au  nombre  des 
plus  perfectionnées. 

M.  Gbillot,  a  Paris,  expose  des  rouleaux 
compresseurs  pour  chaussées  macadami- 
sées, des  rouleaux  plombeurs  pour  champs 
cultivés,  des  rouleaux  pour  jardins,  un 
chariot  basculeur,  des  poteaux  indicateurs 
pour  routes  ou  limites  de  territoires  et  des 
plaques  pour  voitures.  Les  plaques  indica- 
trices en  zinc  fondu,  avec  lettres  en  relief» 
constituent  certainement  le  meilleur  systè- 
me d'indications,  car  les  inscriptions  qu'elles 
comportent  durent  indéfiniment,  se  remet- 
tent à  neuf  très  aisément  et  sont  toujours 
parfaitement  lisibles. 

MM.  GoYENET  et  C'%  à  Paris,  présentent 
nne  collection   variée  d'appareils  à  Jet  de 


vapeur,  tels  que  :  injecteurs  pour  alimen- 
tation de  chaudières,  élévateurs,  éjecleurs 
de  circulation,  aspirateurs  pour  amorçage 
dé  pompes  centrifuges  et  aspirateurs- com- 
presseurs d*air  et  de  gaz.  Ces  appareils  sont 
d'une  grande  commodité  d'emploi  et  préfé- 
rables dans  beaucoup  de  cas  aux  pompes 
de  divers  systèmes  quMls  ont  pour  objet  de 
remplacer. 

M.  Albert  HiRT,  à  Paris,  construit  une 
série  complète  de  pompes  aspirantes  et 
foulantes  pour  usages  agricoles,  horticoles 
et  industriels,  dans  les  divers  genres  de 
pompes  à  chapelet,  pompes  à  pistons  sim- 
ples et  plongeurs  et  pompes  rotatives.  Tou- 
tes ces  pompes  sont  de  la  meilleure  cons- 
truction possible  et  soutiennent  favorable- 
ment la  comparaison  avec  les  appareils  de 
même  genre  des  plus  renommés  fabricants 
français  ou  étrangers.  Nous  remarquons 
plus  spécialement  une  pompe  à  piston  à 
2  bielles  enveloppantes  en  étrier,  comman- 
dée par  un  volant  à  manivelle  placé  du  coté 
du  fond  du  cylindre.  Cette  disposition  in- 
génieuse réduit  Tespace  total  occupé,  tout  en 
assurant  une  grande  longueur  de  bielle,  ce 
qui  a  pour  effet  de  réduire  la  fatigue  de  la 
tige  du  piston. 

Il  y  a  lieu  de  noter  aussi  Tingénieuse 
combinaison  (fune  pompe  rotative  et  d*uno 
pompe  à  chapelet  calées  sur  le  même  arbre, 
ce  qui  permet,  d*un  même  mouvement,  de 
refouler  à  une  certaine  hauteur  une  portion 
de  Teau  élevée  d'un  puits  par  une  pompe 
à  chapelet. 

DansTexposition  de  M.  Hirt  se  trouve 
aussi  un  pulvérisateur  breveté  dénommé 
justement  monocycle,  et  formé  de  doux 
récipients  quadrangulaires  disposés  de  cha- 
que côté  d*une  seule  roue  en  fer  à  large 
empattement.  Cette  disposition  originale 
otfre  des  avantages  marqués  pour  le  travail 
dans  certains  vignobles. 

Enfin  rappelons  que  M.  Hirt  est  le  con- 
cessionnaire pour  le  montage  des  moteurs 
à  pétrole  5i/ccé5  de  la  maison  Japy,  dans  la 
région  de  Paris. 

MM.  jANNiiiL  frères,  à  Martinvelle  (Vosges). 
exposent  deux  fauclieuses  à  deux  chevaux. 


170 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L  ACADEMIB  NATIONALB. 


171 


dénommées  l'une  f  Universelle,  Tautre  la 
Reine  des  Prés  ;  une  faucheuse  à  un  cheval 
appelée  V Eclair  ;  une  moisonneuse  à  un 
cheval  dénommée  la  Dériveuse  ;  une  série  de 
concasseurs  de  grains  et  une  série  de  cou- 
pe-racines de  différentes  puissances. 

La  faucheuse  V Universelle  coupe  à  l'ar- 
rière de  l'essieu,  et  la  Reine  des  Prés  cou- 
pe à  l'avant  de  Tessieu.  V Eclair  coupe  aussi 
ù  l'avant.  Ces  modèles  de  iaucheuses  offrent 
des  avantages  marqués  sur  les  machines 
américaines  de  même  genre.  Certaines  de 
leurs  pièces  sont  en  acier  forgé,  au  lieu 
d'être  en  acier  coulé  ou  en  simple  fonte. 
Les  réglages  de  coupes  comportent  davan- 
tage de  divisions  de  hauteurs  et  les  roule- 
ments des  essieux  principaux  se  font  sur 
rouleaux  cylindriques  ou  billes-galets.  Les 
leviers  ou  les  pédales  de  mises  en  mouve- 
ments ou  de  relevage  de  la  barre  coupante, 
sont  combinés  de  façon  à  être  facilement  à 
la  portée  du  conducteur  et  à  être  manœu- 
vrés  très  rapidement. 

Nous  ne  reviendrons  pas  sur  la  Dériveuse 
que  nous  avons  décrite  en  détail  Tannée  der- 
nière, non  plus  que  sur  les  coupe-racines 
et  sur  les  concasseurs  de  grains.  Rappelons 
seulement  que  Tun  des  cylindres  des  con- 
casseurs est  monté  sur  un  cadre  rigide,  dont 
le  déplacement  pour  réglage,  ne  modifie 
en  rien  le  parallélisme  des  cylindres  et  ne 
laisse  prendre  aucun  jeu  au  cylindre  mo- 
bile. 

MM.  Jannel  frères  construisent  encore 
nombre  d'autres  instruments  agricoles,  dans 
le  détail  desquels  nous  ne  pouvons  entrer 
pour  le  moment.  Observons  seulement  que 
toutes  les  constructions  de  nos  collègues  sont 
calculées,  combinées  et  exécutées  de  ma- 
nière à  offrir  les  meilleures  garanties  de  so- 
lidité et  à  présenter  un  fini  de  travail  qui 
se  rencontre  rarement  dans  les  fabrications 
d'instruments  agricoles. 

M.  Mercier,  à  Paris,  expose  des  cuit- 
légumes  fixes  ou  à  bascule,  de  diverses  gran- 
deurs, utilisant  pour  la  cuisson  l'action  delà 
vapeur  d'eau  produite,  soit  par  un  généra- 
teur indépendant,  soit  par  le  fond  de  la  bas- 
sine. Nous  remarquons  aussi  un  chauffe- 


vin  en  fer  galvanisé  et  cuivre,  pouvant 
être  employés  pour  la  pasteurisation  des 
vins  ;  des  bacs  rectangulaires  en  tôle  galva- 
nisée ;  des  mangeoires  et  abreuvoirs  ;  des 
fosses  mobiles  ;  d'autres  objets  de  tôlerie 
galvanisée  utiles  en  économie  domestique 
et  en  horticulture  ;  des  barattes  en  verre  ; 
des  clôtures  en  grillage  mécanique  ;  des 
meubles  de  jardin,  etc.  Au  reste,  la  maison 
Mercier  fabrique  ou  vend  une  grande  quan- 
tité d'articles  dont  on  se  sert  dans  les  exploi- 
tations agricoles  ou  dans  les  maisons  de 
campagne,  et  Ton  peut  s'adresser  à  elle  en 
toute  confiance  pour  se  procurer  les  articles 
de  cette  nature. 

M.  MoNTANDON,  à  Vemou  (Eure),  expose 
une  locomotive  à  vapeur  de  la  force  de 
4  chevaux,  d'une  construction  simple  et 
robuste  ;  des  machines  à  battre  dites  Ver^ 
nonnaises  de  différentes  forces,  dont  une  est 
combinée  avec  un  plan  incliné  moteur  ;  des 
manèges  mobiles  montés  sur  quatre  roues; 
des  concasseurs  à  tous  grains  ;  des  hache- 
paille  combinés  avec  concasseurs  ;  des  mou- 
lins agricoles,  dits  Moulins  de  Vernon^  et 
un  broyeur  de  pommes. 

Tous  les  appareils  construits  par  M.  Mon- 
landon  sont  établis  d'une  façon  très  ration- 
nelle qui  combine  heureusement  la  simpli- 
cité et  la  solidité  de  la  construction.  Rappe- 
lons que  certains  mouvements  des  machines 
à  battre  sont  montés  sur  roulements  à  billes, 
ce  qui  diminuesensiblement  la  force  motrice 
absorbée  par  les  rouages  mécaniques. 

M.  Léonard  Paupier,  à  Paris,  a  installé, 
comme  à  Thabitude,  une  très  belle  exposi- 
tionqui  ne  comprend  pas  moins  de  103  arti- 
cles du  catalogue.  Cette  exposition  groupe 
de  nombreux  articles  de  mesurage  et  de 
pesage,  depuis  les  simples  trébuchets  sensi- 
bles au  dixième  de  gramme  Jusqu'aux  ponts- 
bascules  pour  charrettes  d'une  force  de 
lO.OOO  kilogrammes,  en  passant  parde  nom- 
breux instruments  intermédiaires. 

Les  appareils  de  portage  et  de  roulage, 
lelsque  :  diables,  tricycles,  brouettes  variées, 
le  matériel  de  chemins  de  fer  portatifs,  voies 
et  wagonnets  constituent  aussi  des  articles 
de  la  fabrication  de  M.  Paupier,  fabrication 


172 


exposiTions  bt  concours. 


173 


kossi  Yarîée  qu'intéressante  et  qui  porte  sur 
un  girand  nombre  d'objets  utiles  à  TagricuN 
lore,  à  rindustrie  et  au  commerce. 

MM.  PÊRiN  FRÈRES,  àCbarloville  (  Arden- 
oes)  montrent  des  spécimens  de  leurs  clô- 
lares  agricoles  constituées  par  de  gros  fils 
métalliques  traversant  des  pieux  en  fers  à 
Tdont  les  pieds  sont  noyés  dans  des  mas* 
ses  de  béton.  Ces  clôtures  sont  à  la  fois  très 
faciles  à  installer,  très  aisées  à  enlever,  très 
(iaiables,  très  économiques  et  très  eflicaces. 

MM.  Périn  frères  ont  également  constitué 
00  système  de  murs  économiques,  formés 
démontants  en  fers  à  poutrelles,  et  de  car- 
reanx  de  bétons,  qui  peuvent  être  édifiés 
très  rapidement  et  très  économiquement,  en 
quelque  sorte  sans  le  secours  d'hommes  du 
métier.  Ce  système  de  murs  économiques 
pet3t  être  avantageusement  utilisé  dans  un 
grand  nombre  de  cas,  et  notamment  dans 
liostallation  de  plantations  en  espaliers. 

M.  PuiuppE (Jules),  à  Houdan,  expose  une 
collection  aussi  complète  que  variée  d'ins- 
truments et  d'appareils  d'aviculture.  Gomme 
nous  traitons,  en  détail,  dans  une  autre 
partie  du  journal,  de  la  pratique  de  Tincu- 
batioo  artificielle  au  moyen  des  appareils 
de  M.  Philippe,  nous  n'en  ferons  pas  un 
DoaTel  examen  à  cette  place,  et  nous  ren- 
fû;ons  nos  lecteurs  àTarticle  spécial.  Disons 
seulement  que  M.  Philippe  exposait  non 
seulement  les  objets  de  sa  fabrication  in- 
dostrielle,  mais  encore  de  nombreux  pro- 
duits de  son  élevage  de  volailles  et  qu'il  a 
obtenu  de  nombreuses  récompenses  pour 
les  sujets  vivants  qu'il  a  présentés. 

M.  RoDSSET,  à  Saint- Victor-sur-Loire  (Loi- 
re), continue  avec  succès  Tintéressanie  fa- 
brication d'écbalas  et  de  pieux  métalliques 
en  feuillards  d'acier,  fabrication  créée  par 
lOD  prédécesseur  M.  Micolon.  La  variété  des 
objets  confectionnés  en  feuillards  d'acier 
diQs  les  ateliers  de  Saint  Victor-sur-Loire 
lugmente  même  constamment.  M.  Rousset 
a  présenté  cette  année  au  Concours  de  Paris 
des  barrières,  une  tonnelle,  des  portillons, 
une  volière  démontable,  des  piquets  raidis- 


seurs,  des  arceaux,  des  entourages  d'ar« 
bres,  des  gradins  pour  pots  de  fleurs  et  les 
éléments  d'un  parc  à  mouton  démontable. 

M.  Seguin,  à  Paris,  présente  des  moteurs 
à  pétrole  fixes  du  système  Gnome  en  cinq 
types  de  différentes  forces  et  unelocomobile 
formée  d'un  moteur  de  4  chevaux  monté 
sur  chariot  spécial.  Le  moteur  Gnome  a  été 
l'objet  d'une  description  complète,  dans  un 
précédent  numéro  do  notre  Journal.  Nous 
ne  reviendrons  pas  à  nouveau  sur  cette 
description.  Répétons  seulement  que  les 
moteurs  Gnome,  dont  le  nom  est  celui  des 
petits  génies  actifs  et  laborieux  des  légen- 
des, sont  au  nombre  des  moteurs  de  pétrole 
les  plus  dignes  d'élre  appréciés  comme 
soliditéde  construction, régularité  de  fonc- 
tionnement et  production  économique  de 
la  force  motrice.  On  sait  qu'ils  fonctionnent 
au  moyen  du  pétrole  ordinaire. 

MM.  Simon  frères,  de  Cherbourg,  dont 
les  établissements  paraissent  suivre  un  dé- 
veloppement constant,  exposent  cette  année, 
en  outre  de  la  belle  collection  d'appareils 
de  cidrerie  et  de  laiterie  des  années  précé- 
dentes, un  certain  nombre  d'appareils  en- 
tièrement inédits  qui  prouvent  que  non 
seulement  on  fabrique  bien  dans  l'usine 
Simon,  mais  encore  que  l'on  étudie,  que 
l'on  cherche  constamment  à  créer  des  appa- 
reils répondant  aux  besoins  nouveaux  de 
notre  agriculture  et  en  outre  que  l'on  per- 
fectionne chaque  jour  les  appareils  en  usage. 

Au  nombre  des  nouveautés  présentées  par 
cette  maison  au  concours,  citons  : 

1*  La  nouvelle  Presse  à  charge  continue 
pour  cidres  et  vins.  Cet  appareil  fonction- 
nant au  moteur  est  basé  sur  un  principe 
tout  différent  de  ceux  des  presses  continues 
actuellement  en  usage  ;  il  permet,  avec  de 
très  beaux  rendements,  d'obtenir  des  jus 
réellement  limpides,  leur  contenance  en 
lies  ne  dépasse  pas  2  ou  3  % ,  tandis  que 
les  presses  continues  actuelles  donnent  de 
12  à  16  %  de  lies. 

Cette  presse  dite  à  charge  continue  est 
certainement  l'un  des  appareils  nouveaux 
les  plus  intéressants. 

Le  principe  sur  lequel  il  repose  est  celui- 


174 


JOL'ItNAL  MENSUEL  DR  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


175 


ci  :  si  l'on  entraîne  avec  force  un  système 
(Je  deux  plateaux  correspondants  dans  les 
branches  d'un  solide  bâti  dirigées  en  angle 
aigu,  les  deux  plateaux  tendent  naturelle- 
ment à  se  rapprocher  en  produisant  une 
compression  progressive  des  matières  pla- 
cées entre  les  plateaux.  Arrivés  afin  de  cour- 
se, au  point  où  Técarlement  est  le  moin- 
dre entre  les  branches  d'un  bâti,  les  pla- 
teaux, qui  sont  montés  sur  une  sorte  de 
plancherroulant  analogue  à  celui  des  tré- 
pigneuses  ou  moteurs  à  plan  incliné,  tour- 
nent chacun  autourd'un  tambour,  laissant 
se  dégager  la  masse  pressée,  et  poursuivent 
une  course  en  sens  inverse  qui,  après  une 
seconde  rotation  autour  d'un  autre  tam- 
bour, les  ramène  au  point  de  départ. 

Comme  on  le  voit,  cette  nouvelle  presse 
est  basée  sur  un  principe  nouveau  qui  peut 
être  fertile  en  applications  variées. 

2^  Le  pulpomètre  Simon,  appareil  qui 
vient  d'être  créé  et  qui  permet  de  mesurer 
exactement  le  degré  de  broyage  des  fruits 
pour  comparer  les  différents  broyages  entre 
eux. 

3*  Le  broyeur-presse  de  laboratoire^ 
appareil  spécial  pour  l'analyse  des  fruits. 

4*  Une  belle  collection  de  la  nouvelle 
baratte,  désignée  sous  le  nom  de  baratte 
mor.o  batteur  Simon,  Cet  appareil  ne  man- 
que pas  d'attirer  l'attention  de  tous  ceux  qui 
s'intéressent  à  la  fabrication  du  beurre. 

La  baratte  mono-batteur  est  désignée  parce 
qu'elle  ne  comporte  qu'un  seul  batteur, 
lequel  est  une  simple  cloison  à  ouvertures 
divisant  en  deux  parties  l'intérieur  de  la  ba- 
ratte. Ce  batteur  n'est  d'ailleurs  animéd'au- 
cun  mouvement  propre,  et  c'est  la  seule 
rotation  de  la  baratte  qui  lui  fait  jouer  son 
rôle  en  précipitant  alternativement  la  mas- 
se de  la  crème  sur  les  parois  do  la  cloison 
séparatrice. 

Celte  baratteest  munie  d'une  grande  ouver- 
ture fermée  par  un  tampon  en  fonte  garni  de 
caoutchouc,  d'une  manœuvre  aussi  aisée  que 
sûre.  La  grande  ouverture  facilite,  à  la  fois 
le  remplissage,  la  vidange  et  le  nettoyage 
delà  baratte.  Ces  barattes  nous  semblent 
justement  appelées  à  jouir  de  la  plus  grande 
vogue  dans  toutes  les  beurreries. 


Mentionnons  aussi  de  petits  malaxeurs 
pour  ménages  et  une  nouvelle  série  de  moii- 
lins  concasseurs  de  grains  y  ainsi  que  des 
manèges  à  un  ou  plusieurs   chevaux. 

Rappelons  à  nos  lecteurs  que,  dans  le 
dernier  concours  de  Tannée  18Q6,  MM.  Si- 
mon frères,  ont  obtenu  le  Grand  Prix  Agro- 
nomique, objetd'art,  de  la  Société  des  Agri- 
culteurs de  France,  pour  les  broyeurs  et 
pressoirs. 

La  Société  de  Nordenfelt,  à  Paris,  expose 
quatre  modèles  du  Radiateur  Salénius, 
appareil  qui  a  pour  but  la  production  immé 
diate du  beurre  extrait  directement  du  lait 
pasteurisé,  cest-à-dire  porté  à  une  tempé- 
rature de  70  degrés  centigrades.  Ces  quatre 
modèles  permettent  de  traiter  respective- 
ment 200,  500,  8G0  et  1200  litres  de  lait  à 
l'heure.  Deux  installations  complètes  fonc- 
tionnant sur  l'emplacement  occupé  par  la 
Société  montrent  au  public  la  marche  des 
Radiateurs  qui,  recevant  du  lait  chauffé  à 
70°,  rendent,  par  deux  ouvertures  différen- 
tes, d'une  part,  le  petit  lait,  ou  lait  écrémé, 
et.  d'autre  part,  une  m.isse  de  globules  bu- 
lyreux  convenablement  refroidi.  Il  ne  reste 
plus  qu'à  agglomérer,  malaxer  et  délaîter 
ces  globules,  pour  obtenir  un  bcuire  doux, 
de  très  bon  goût,  d'un  arôme  délicat,  de 
qualité  bien  uniforme  et  d'une  conserva- 
lion  supérieure  à  celle  de  tous  les  beurres 
d'autres  origines. 

Nous  avons  d'ailleurs  décrit  en  détail, 
l'année  dernière,  le  Radiateur  Salénius^ei 
nous  pouvons,  par  conséquent,  renvoyer 
nos  lecteurs  pour  détails  complets  à  notre 
journal  de  mars  1806.  Nous  pouvons  toute- 
fois ajouter  que,  dans  les  nouveaux  types  de 
radiateurs,le  refroidissement  peut  ôtreopéré 
par  un  simple  courant  d'eau  froide,  sans 
qu'il  y  ait  nécessité  de  faire  emploi  de  glace. 

Quelques  grandes  exploitations  agricoles 
de  France  ont  déjà  installé  des  Radiateurs. 
Les  résultats  fournis  par  ces  appareils  ont 
été  partout  des  plus  satisfaisants,  au  triple 
point  de  vue  de  l'excellente  qualité  des  pro- 
duits obtenus,  du  haut  rendement  en  beurre 
des  laits  traités  et  de  réconomic  réalisée 
dans  les  frais  de  main-d'œuvre. 


176 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


177 


U.  Tenting,  à  Paris,  a  iustatlé  un  moteur 
a  gaz  de  son  syslème  qui  commande  lout 
un  agencement  mécanique  pour  le  rinçage 
des  boateilies.  Le  moteur  élait  alimenté  par 
Qo  système  de  production  du  gaz  artificiel 
qui  semble  tout  particulièrement  recom- 
modable  pour  los  exploitations  agricoles 
eoceqa'il  fournit  un  gaz  propre  à  la  fois  à 
récbirage  et  ù  la  force  motrice,  et  revenant 
i  meilleur  marché  que  le  gaz  de  houille 
lirré  par  les  compagnies  gazièrcs. 

M.  Tenting  construit  d'ailleurs  des  types 
modifiés  de  son  moteur  à  gaz  qui  deviennent 
dâ  moteurs  à  pétrole  léger,  ou  essence, 
og  des  moteurs  à  pétrole  lourd,  suivant  les 
désirs  des  acheteurs.  Tous  ces  moteurs  sont 
àvoloDtéà  inflammation  électrique  ou  par 
tabe  incandescent.  Ils  sont  applicables  à 
loaslescas  de  production  de  la  force  mo- 
mce,  ù  l'éclairape  électrique  et  à  la  locomo- 
boQ  automobile.  Leur  mécanisme  de distri- 
bation  ne  comprend  que  des  soupapes  ;  il 
est  un  des  plus  simples  existants,  et,  par 
suite,  Tua  des  plus  robustes  et  Tun  de  ceux 
qui  fonctionnent  le  plus  régulièrement, 
sans  risques  de  dérangement. 

Le  catalogue  mentionnait  que  M.  Tenting 
limit  pi*ésenler  une  voiture  à  pétrole  pour 
ie  transport  de  la  betterave,  mais  nous  n'a- 
vons pu  constater  la  présence  de  ce  nou- 
veau véhicule  automobile. 

M.  Texier  fils  jeune,  à  Vitré,  a  été  victi- 
me d'une  erreur  du  catalogue  qui  n'a  pas 
mentionné  son  nom  et  qui  a  fait  figurer  Ténu- 
aération  des  objets  qu'il  exposait  à  la  suite 
d'une  liste  se  référant  à  M.  Texier  fils  aine, 
«ieljnderneau.  C'est  ainsi  que  les  articles 
namérotés  de  6838  à  0867  dans  la  partie  du 
cialoguc  consacrée  à  cettedornière  maison, 
^^aieat  effectivement  présentés  par  notre 
î^ciaire  de  Vitré. 

Aq  reste,  quoique  contiguës,  les  exposi- 
^tots  respectives  des  deux  concurrents 
«  iient  bien  distinctes. 

V.  Texier  fils  jeune  présentait  des  broyeurs 
^«ioncs,  des  fouloirs  à  vendange,  des  pres- 
''J»ri,  des  moulins  agricoles,  des  manèges 
^.  particulièrement,  toute  la  série  de  ses 
Voyeurs  de  pommes  à  cyhndres  divisés  en  j 


sections  dont  les  dentures  sont  disposées  en 
hélice.  Ces  broyeurs  de  pommes,  munis  de 
ressorts  à  partir  d'une  certaine  puissance, 
ont  remporté  de  nombreux  succès  dans  les 
concours  pratiques  qui  ont  été  organisés  de- 
puis environ  un  an  par  diverses  Sociétés 
pomologiques  et  agricoles.  Les  broyeurs 
Texier  ont  été  classés  dans  les  premiers 
rangs  de  ceux  qui  fournissent  les  meilleurs 
rendements  pour  une  dépense  de  force  dé- 
terminée. 

Nous  remarquons  aussi  dans  l'exposition 
de  M.  Texier  une  collection  de  vis  de  pres- 
soirs en  acier,  dont  la  fabrication  est  une 
spécialité  de  notre  Sociétaire  et  qu'il  livre 
au  prix  étonnamment  réduit  de  35  fr.  les 
lÔO  kilogrammes. 

M.  ViAUD,  à  Barbezieux  (Charente),  expo- 
se des  charrues  araires,  des  charrues  vigne- 
ronnes, des  brabants  doubles,  des  houes 
ordinaires,  des  houe-semoirs,  des  semoirs 
pour  moyenne  et  grande  culture,des  râteaux 
à  cheval,  des  paroirs  à  allées,  des  hei^ses, 
des  déchaumeuses  et  des  pressoirs.  Tous  ces 
instruments  sont  d'une  fabrication  soignée, 
avec  la  plupart  de  leurs  pièces  constitutives 
en  acier  de  qualité  supérieure,  ce  qui  per- 
met, en  réduisant  l'échantillon  des  pièces 
sans  nuire  à  leur  solidité,  de  leur  assurer  un 
certain  caractère  d'élégance. 

Les  brabants  doubles  de  M.  Viaud  ont 
une  tête  basculante  à  ressort  amortisseur 
incassable  et  leur  traction  s'opère  par  une 
tringle  de  tirage  dont  le  point  d'attache  est 
fixé  à  l'arrière  de  l'ancre.  La  marche  de  l'ins- 
trument est  ainsi  rendue  plus  régulière  et 
1  âge  est  garanti  contre  toute  torsion  ou  rup- 
ture. D'un  autre  côté. grâceau  ressortamortis- 
seur  de  la  tôle  basculante,  l'effet  des  à-coups 
brusques  ne  se  fait  pas  sentir  directement 
sur  la  tringle  de  tirage,  ainsi  mise  à  l'abri 
des  causes  de  rupture. 

La  houe-semoir  est  un  appareil  qui,  ainsi 
que  son  nom  l'indique,  peut  fonctionner 
tantôt  comme  semoir,  et  tantôt  comme  houe 
ou  bineuse,  grâce  à  d'ingénieuses  combi- 
naisons d'organes  qui  permettent  aisément 
des  transformations  variées.  Cet  appareil  a 
été  fort  bien  accueilli   par  la  petite  et  la 


178 


JOURNAL  MENSUEL  Dl 


moyenne  culture  dans  toutes  les  régions 
agricoles  oii  il  a  été  présenté,  et  c'est  par 
centaines  ifue  depuis  quatre  ans  seulement 
il  a  été  livré  à  de  nombreux  agriculteurs 
qui  se  sont  tous  déclarés  satisfaits  de  ses  di- 
vers emplois. 

M.  ViGounoux  fils,  de  Nimes  (Gard),  ex- 
posait des  pulvérisateurs  à  grand  travail, 
soit  à  bat,  soit  à  chariot,  pour  vignes  bas- 
ses, ou  pour  vignes  échalassées,  ou  même 
pour  plantations  de  betteraves. 

La  construction  des  pulvérisateurs  à  grand 
travail  est  la  principale  spécialité  de  notre 
Sociétaire  de  Mmes,  dont  les  efforts  ont 
abouti  à  la  création  d'appareils  vraiment 
puissants  et  vraiment  pratiques. 

Pour  terminer  cette  revue  du  Concours 
agricole  de  Paris,  il  nous  reste  à  mention- 
ner ceux  de  nos  Sociétaires  qui  exposaient 
des  produits  agricoles,  des  dérivés  de  ces 
produits  ou  des  matières  utiles  à  Tagricul- 
ture.  G*est  ainsi  que  nous  derons  signaler  : 

M.  Bures,  àCaen,  présentant  une  liqueur 
à  base  d'eau-de  vie  de  cidre,  dénommée  la 
Pomme  ; 

M.  Lagache,  à  Paris,  avec  des  pastilles, 
des  nougats  et  des  produits  de  confiserie 
dérivés  du  miel  ; 

M.  GoDEPROY,  à  Orbiquet  (Calvados),  ex- 
posant des  beurres  fins,  et  des  fromages 
genre  Camembert  et  Livarot  ; 

M.  Jacql'emln,  à  Malzéville  (Meurthe-et- 
Moselle),  rappelant  l'attention  sur  ses  prépa- 
rations de  levures  pures  cultivées,  dont  on 
peut  tirer  un  si  bon  parti  en  vinification  ; 

M.  Stlrm,  directeur  de  la  Société  fran- 
çaise du  Carbonyle,  exposant  des  spécimens 
d'applications  de  l'huile  de  gouflron,  dé- 
nommée Carbonyle^  qui  constitue  un  excel- 
lent produitd'imprégnatlon  assurant  la  con- 
servation des  bois; 

M.  Marlot,  à  Entrains  (Nièvre),  présen- 
tant des  boites  d'une  Graisse  russe  appli- 
cable au  graissage  des  essieux  des  voitures, 
chariots  et  autres  véhicules  agricoles. 

En  finissant  notre  compte-rendu  du  Con- 
cours agricole,  nous  nous  posons  la  ques- 


l'académie  j^ATJONALE.  179 

tion  de  savoir  si,  par  la  force  des  choses,  le 
Concours  général  de  Paris  ne  se  trouvera 
pas  avoir  atteint,  en  1897,  l'apogée  de  sa 
splendeur.  Il  ne  pourra  plus  disposer,  en 
effet,  Tannée  prochaine,  de  la  Galerie  dite 
do  trente  mètres,  et  du  Dûme  central  voués 
dès  maintenant  à  la  démolition,  et  même  si 
la  Galerie  des  Machines  est  conservée  à  sa 
disposition  en  1898,  elle  ne  constituera  plus, 
privée  de  ses  annexes,  q^'un  cadre  relati- 
vement restreint,  dans  lequel  le  Concours, 
resserré  et  étriqué,  perdra  beaucoup  du 
caractère  brillant  et  grandiose  qu'il  a  revêtu 
cette  année. 


L'EXPOSITION  DE  GENEVE  EN  18^6. 

D'après  un  rapport  du  consul  d'Angle- 
terre à  Genève,  l'Exposition  nationale  qui 
s'est  tenue  dans  cette  ville  en  1896,  du  1*^' 
mai  au  18  octobre,  et  qui  a  été  cependant 
si  brillante,  s'est  soldée  par  une  grande  perte 
financière.  La  C<mfédéralion  helvétique 
avait  souscrit  un  million  de  francs  ;  la  ville 
et  le  canton  de  Genève  ont  fourni  un  fonds 
de  garantie  de  500.000  francs,  et  la  Compa- 
pagnie  de  l'Exposition  avait  réalisé  une 
somme  de  500.000  francs  en  actions  qui 
ont  été  souscrites  par  des  patriotes  genevois. 
Toutes  ces  sommes  ont  été  englouties,  et  il 
restera  en  outre  un  déficit  de  100.000  à 
300.000  francs  qui,  espère-t-on,  sera  cou- 
vert par  les  profits  d'une  loterie  nationale. 

Suivant  le  consul  anglais,  cet  insuccès 
financier  de  l'Exposition  de  Genève  est  dû 
entièrement  au  mauvais  temps  exceptionnel. 
L'Exposition  a  été  inaugurée  le  l^'  mai  au 
milieu  d'une  tempête  de  vent  et  de  pluie  et 
elle  a  été  close  le  18  octobre  dans  des  cir- 
constances atmosphériques  aussi  défavora- 
bles. Durant  la  saison  entière,  il  n\v  a  eu  que 
peu  de  jours  de  beau  temps,  ce  qui  a  dé- 
couragé le  public  des  visiteurs. 

Le  rapport  du  consul  d'Angleterre  cons- 
tate que  si  Ton  met  à  part  le  résultat  finan- 
cier de  l'entreprise,  l'exposition  de  Genève 
a  été,  sous  tous  les  autres  rapports,  unsplen- 
dide  succès,  qu'elle  a  mis  en  évidence  Tin- 

Idustrie  mécanique,  l'agriculture  et  les  arts 
de  la  Suisse  et  qu'elle  a  été  réalisée  sur  un« 


180 


INOUSTBIE. 


181 


échelle  de  proportions  grandioses  qui  aurait 
honoré  même  de  beaucoup  plus  grandes  et 
plus  riches  nations. 


EXPOSITION  INTERNATIONALE  DE 
BRUXELLES 

L*Expositioo  internationale  de  Bruxelles 
devait  être  ouverte  officiellement  et  inau- 
gurée par  le  roi  des  Belges  le  24  avril  der- 
nier. 

Mais,  les  travaux  de  construction  et  d'ins- 


tallation de  cette  Exposition  se  trouvaient 
tellement  en  retarda  la  date  prévue,  que Ti- 
nauguration  a  été  remise  à  une  époque  ulté- 
rieure. 

Cependant-  TadminisU'ation  de  TExpo- 
sition,  pour  éviter  que  des  réclamations 
ne  soient  soulevées  par  certains  exposants, 
a  décidé  que  TExposilicn  serait  bien  ouverte 
au  public  à  la  date  indiquée,  quoique  les 
visiteurs  niaient  encore  à  examiner  que  des 
chantiers  en  plein  travail  eten  plein  encom- 
brement. 


INDUSTRIE 


LE  MOTEUR   ROTATIF  BRAMBEL 

Dans  le  précédent  numéro  de  notre  Jour- 
nal, nous  avons  publié,  avec  croquis  à  Vap- 
l'appui,  sous  le  titre:  Un  moteur  rotatif 
idéale  une  notice  relative  à  un  moteur  qui 
aurait  été  inventé  par  un  mécanicien  amé- 
ricain du  nom  deBi*ambel. 

Nous  avions  puisé  nos  renseignements  à 
ce  sujet  dans  le  journal  parisien  La  Loco- 
motion automobile. 

Notre  confrère  semblait  bien  suspecter 
la  réalité  etia  véracité  de  toutes  lesdounées 
'lontil  se  Taisait  Técho.  Mais  son  article  était 
rédigé  de  telle  façon  qu'il  semblait  que  les 
mérites  et  avantages  du  moteur  en  question 
fussent  proclamés  et  aftirmés  par  la  très 
importante  et  trèssérieuse  publication  qui  a 
pour  titre:  iSciefif//îc  American. 

Or,  nous  lavouons  franchement,  telle 
est  notre  admiration  pour  le  génie  inventif 
desÂméricains  et  telle  est  notre  foi  dans 
fautorité  que  Ton  doit  reconnaître  au 
Scientific  American^  que  nous  n'avons  pas 
hésité  dans  notre  choix  entre  les  doutes  et 
tes  réserves  du  journal  parisien,  et  entre  ce 
que  nous  croyions  être  les  affirmations  de  la 
^■de  et  sérieuse  publication  scientifiquede 
Xew-York. 

Certes,  il  est  toujours  fî\chenx  d'être  plus 
ou  moins  dupe  d'une  mystification  ;  mais 
nous  aimons  mieux  pécher  par  excès  de 
confiance    dans   la   grande   valeur  d'une 


nouveauté  scientifique  que  par  excès  de 
défiance  envers  une  manifestation  de  pro- 
grès. Nous  n'avons  jamais  considéré  comme 
particulièrement  honorable  pour  la  science 
française,  l'action  de  ce  membre  de  l'Aca- 
démie des  Sciences,  d'ailleurs  physicien 
d'un  mérite  reconnu,  qui  crut  devoir  pincer 
le  nez  d'un  présentateur  du  phonographe 
Edison,  afin  de  s*assurer  que  ce  présenta- 
teur n'était  pas  un  ventriloque  émérite  I 

Cependant,  un  examen  plus  approfondi 
des  dispositions  du  moteur  dont  nous  avions 
reproduit  les  croquis,  nous  a  convaincus 
que,  contrairement  ù  ce  que  nous  avions 
pensé  de  prime  abord,  la  vapeur  ne  pou- 
vait travailler  en  détente  dans  le  mouve- 
ment du  moteur  en  question,  et  que  ce 
mouvement  ne  pouvait  être  que  le  résultat 
de  la  f  force  vive  »  de  la  vapeur  s^échap- 
pant  du  générateur.  On  sait  que  cette  c/orce 
vive  delà  vapeur  »  est  la  source  du  mouve- 
vement  de  la  turbine  do  Laval.  On  peut 
donc  supposer  qu'elle  constitue  une  source 
d'impulsion  pour  le  moteur  dont  les  dispo- 
sitions étaient  figurées.  Mais,  il  est  alors 
certain  que  ce  moteur  ne  peut  avoir  tous  les 
avantages  qu'on  lui  prétait  et  que  ses  bre- 
vets n'ont  pu  être  négociés  pour  les  sommes 
fantastiques  qui  avaient  élé  annoncées. 

Désireux  de  nous  éclairer  complètement 
àcesujet,  nous  avons  fait  venir  do  New- York 
le  numéro  du  Scientific  American  traitant 


182 


JOURNAL  MENSUEL  01   L*ACADiMlB  NATIONALB. 


183 


de  la  question,  pt  nous  avons  constaté  que 
cet  inoportant organe scicntifiquesemouti-ait 
sceptique  à  l'endroit  des  avantages  et  des 
mérites  du  moteur  en  question,  et  complè- 
tement incrédule  au  sujet  des  prix  de  vente 
de  ses  brevets. 

Le  journal  américain  nous  a  appris  que 
Tinventeur  du  moteur  de  «  sept  millions  de 
dollars»  étaitM.  GrantBrambel(etnonBam* 
bel),  manipulateur  télégraphiste,  à  Sleepy 
Eye,  localité  de  Tétat  de  Minnesoiah. 

Comme  le  dit  notre  confrère  :  «  Il  est 
évident  que  le  monsieur  de  Sleepy  Eye  (en 
français  :  œil  endormi) est  un  jeune  homme 
très  éveillé  »  et  que  «  sa  vocation  de  mani- 
pulateur télégraphiste  (telegraph  operator) 
est  pour  quelque  chose  dans  la  large  publi- 
cité que  son  histoire  a  atteinte.  » 

\.e  Scient ific  American  parle  bien  des 
bruits  propagés  par  la  presse  américaine 
depuis  novembre  dernier,  où  Ton  parlait 
déj*^  d*uu  prix  de  320.000  livres  sterling,  ou 
1.030.000  dollars  ou  8  millions  de  francs 
oiïert  par  un  syndicat  anglais  pour  l'inven- 
tion de  la  machine  rotative  de  M.  Brambel. 
11  cite  un  extrait  du  journal  The  Daily 
Chicago  Tribune  indiquant  les  mérites  et 
qualités  de  ce  moteur,  tels  que  nous  les 
avons  mentionnés  dans  notre  précédent 
numéro,  avec  celte  addition  «  qu'une  ma- 
«  chine  Brambel,  pas  plus  grande  qu'une 
«  soucoupe  ordinaire,  peut  être  montée  sur 
a  écrémeuse  centrifuge  et  l'entraîner  à  la 
«  vitesse  de  6.500  tours  par  minute.  » 

Enfin,  le  Scientific  American  reproduit 
le  télégi'amme  suivant  publié  par  le  New- 
York  Herald,  et  daté  du  16  janvier  1897  : 

«  La  vente  de  la  machine  rotative  do 
<c  Grand  Brambel  au  Syndicat  Allen,  de 
«  Londres,  a  été  conclue,  et  l'inventeur 
«  de  Sleepy  Eye  a  des  lettres  de  crédit  sur  la 
«  Banque  d'Angleterre  pour  6.700.000  dol- 
«  lars.  Les  sommes  payées  ont  été  :  pour  le 
«  brevet  anglais,  1.600.000  dollai-s  ;  pour  la 
«  France  et  TAllemagne,  2.000.000  dollars, 
«  et  pour  les  Etats-Unis  3.000.000  dollars. 

«  Ces  chiffres  et  le  fait  de  la  réception 
«  des  lettres  de  crédit  avaient  été  vérifiés 
«  par  l'inventeur  quand  j'ai  passéchezlui.  » 

Comme  on  le  voit,  l'assertion  d'un  cor- 


respondant du  NeW'York  Herald  est  ab- 
solument formelle.  G'estce  quia  déterminé 
le  Scientific  American  a  rechercher  et  à 
publier  les  spicificatious  et  revendications 
du  brevet  Brambel.  Or,  après  avoir  repro- 
duit ces  spécifications  d'ailleurs  fortcoofa- 
ses  et  les  croquis  des  dessins  à  Tappai  du 
brevet,  le  Scientific  American  n'hésite  pas 
à  déclarer  que  a  l'histoire  ne  peat  pas  être 
regardée  autrement  que  comme  une  rorsti- 
ficalion  ». 

Si  le  journal  parisien,  qui  a  emprunté  le 
sujet  de  son  article  au  Scientific  American^ 
avait  eu  le  soin  de  reproduire  cette  conclu- 
sion de  l'organe  autorisé  qui  fournissait  le 
sujet,  nous  aurions  complètement  laissé 
dans  l'ombre  la  question  du  nouveau  oio- 
teur  rotatif. 


TRAVAUX  EN  CIMENT 

ù  armature  métallique  rivée   et   Ireillagée 

de  M.  Paul  DuPEnnAT  fils, 

à  Nevers 

L'idée  première  du  revêtement  de  carcas- 
ses de  llls  de  fer  entre  croisés  par  un  mor- 
tier de  ciment  Portiand,  de  manière  à  cons- 
tituer des  surfaces  continues  de  toutes  for- 
mes sous  une  épaisseur  relativement  faible, 
est  due  à  un  inventeur  français,  M.  Monter, 
et  date  à  peine  d'un  quart  de  siècle. 

Comme  cela  arrive  toujoui*s  dans  notre 
pays,  qui  se  vante  de  bonne  foi  d*étre  ani- 
mé plus  qu'aucun  autre  d'un  véritable  es- 
prit de  progrès,  le  système  Monier  adû  mul- 
tiplier ses  succès  à  l'étranger  avant  de  ren- 
contrer chez  nous  la  faveur  correspondante 
à  ses  réels  mérites.  Aujourd'hui,  d'ailleurs, 
les  constructions,  les  éditications  ou  lessim- 
pies  fabrications  en  ciment  armé  vont  tou- 
jours en  se  multipliant  de  plus  en  plus.  En 
révélant  de  mortier  déciment  des  armatu- 
res métalliques  de  formes  appropriées,  on  fa- 
brique ou  on  construit  des  cuves,  des  tuyaux, 
des  égouts,  des  abreuvoirs,  des  réservoirs, 
des  baignoires,  des  citernes,  des  passerelles, 
des  voûtes,  des  planchers,  des  murs,  des  ter- 
rasses, etc.  Bientôt  on  construira  des  mai- 
sous  entières  à  carcasse  ou  ossature  métal- 
lique revêtue  de  ciment. 


184 


INDUSTHIB. 


185 


L'idée-maitresse  du  ciment  armé  étant 
roaJDteoant  dans  ledomaine  public,  lesdif- 
réreDts  constroctenrs  onl  surtout  cherché  à 
perfectionner  le  système  de  construction  des 
carcasses  métalliques  et  à  se  réserver  la 
propriété  de  diverses  combinaisons  déna- 
ture à  accroître  la  solidité  et  h  rigidité  des 
camsses.  C'est  ainsi  que  notre  Sociétaire, 
M.  Daperrat  fils,  de  Nevers,  a  imaginé  de 
renforcer  les  treillis  de  fils  de  ierentro-croi- 
sés  qui  sont  ordinairement  employés,  par 
i'idjooctton  de  bandes  de  fer  feuillardqui 
sont  reliées  entre  elles  au  moyen  de  rivets, 
eiqii  eonsittoent  une  sorte  de  charpente 
principale,  soutenant  la  carcasse  en  treillis 
de  fib  ordinaires. 

Celte  disposition  consolide  beaucoup  l'en- 
semble de  l'ossature  métallique.  Elle  cons- 
titue donc  un  perfectionnement  appréciable 
pour  lequel  M.  Paul  Duperrat  fils  a  obtenu 
on  brevet  d'invention  à  la  date  du  28  sep- 
tembre 1896.  C'est  ce  perfectionnement  qui 
anln  à  notre  Sociétaire  le  diplôme  de  mé- 
daille d'or  que  lui  a  attribué  tout  récem- 
ment notre  Comité  des  Récompenses. 


TRAVAUX  DE  FUMISTERIE 

•up  baaea  solantlfiquaa  et  ralaonnéas 

de  M.  Eugène  Venet, 
216,  route  de  Bayonne,  à  Bordeaux. 

Notre  Sociétaire,  M.  Eugène  Venet,  de 
Bordeaux,  nous  a  adressé  un  long  mémoire 
exposant  les  principes  théoriques  et  prati- 
ques qui  guident  ses  entreprises  de  travaux 
de  fumisterie,  et  lui  permettent  de  garantir 
les  bons  résultats  de  toutes  les  installations 
qu'il  réalise,  au  double  point  de  vue  de  l'ac- 
tivité normale  du  tirage  des  foyers  et  de  la 
production  économique  d'un  chauffage 
puissant. 

Le  texte  du  mémoire  de  M.  Venet  nous  a 
prouvé  que  l'auteur  était  parfaitement  au 
courant  des  théories  scientifiques  qui  sont 
applicables  au  fonctionnement  de  tous  les 
ipparrils  de  combustion  et  spécialement 
des  cheminées  appropriées  au  chaufîage  des 
appartements.  Il  est  évident,  en  outre,  que 
I&  grande  expérience  de  M.  Venet  lui  vaut 


des  connaissances  pratiques  d'une  réelle 
valeur,  lui  permettant  de  discerner  av  pre- 
mier examen  les  causes  réelles  du  mauvais 
fonctionnement  de  telle  ou  telle  cheminée, 
de  remédier  sûrement  aux  défauts  ainsi 
reconnus,  et  d'éviter  toute  défectuosité  dans 
ses  constructions  personnelles. 

C'est  ainsi  que  M.  Venet  s'est  rendu 
compte  des  proportions  raisonnables  à  éta« 
blir  entre  Touverture  du  cadre  d'une  che- 
minée dans  un  appartement  et  la  section  du 
conduit  de  fumée  appelé  à  desservir  cette 
cheminée.  Ces  proportions  doivent  évidem- 
ment être  maintenues  dans  certaines  limi- 
tes, car  il  est  bien  certain  que,  l'activité  de 
la  combustion  étant  dépendante  desdimen- 
sions d'un  foyer,  il  y  a  corrélation  directe 
entre  ces  dimensions  et  colles  des  conduits 
destinés  à  l'évacuation  des  gaz  et  fumées  de 
la  combustion. 

Beaucoup  de  cheminées  d'appartements 
laissent  à  désirer  comme  fonctionnement, 
uniquement  parce  que  le  conduit  d'évacua- 
tion n'est  pas  en  rapport  avec  la  grande 
étendue  du  foyer.  Dans  une  semblable 
situation,  comme  il  est  le  plus  souvent  im- 
possible d'augmenter  les  dimensions  du 
conduit  d'évacuation, il  y  a  lieu  de  restrein- 
dre les  proportions  du  foyer.  C'est  ce  dont 
beaucoup  de  fumistes  ne  se  rendent  pas 
compte,  mais  ce  que  M.  Venet  a  parfaite- 
ment observé  et  compris. 

L'expérience  professionnelle  de  H.  Venet 
l'a  convaincu  qu'il  fallait  proscrire  les  con« 
doits  de  cheminées  en  fonte  de  fer>  et  que 
^dans  le  montage  des  conduitsen  terre  cuite^ 
briques  ou  maçonnerie,  il  était  de  la  plus 
grande  importance  de  supprimer  toutes  les 
bavures  de  mortiers  formant  des  aspérités 
qui  servent  de  noyaux  et  de  supports  au.t 
amas  de  suie. 

Les  conduits  en  fonte  de  for  donnent 
d'abord  de  bons  résultats,  mais  comme  ils 
s'oxydent  toujours  intérieurementet  comme 
la  suie  adhère  fortement  à  la  rouille  du  fer, 
il  se  forme  rapidement,  à  Tintérieur  des 
conduits,  une  croûte  d'épaisseur  croissante^ 
qui  réduit  progressivement  la  section  du 
conduit  et  qui  est  d'une  telle  solidité  que 
l'on  ne  peut  la  détacher  à  l'aide  du  hétis- 


186 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L  ACAUËXUL  NATIONALE. 


187 


sotiy  que  Ton  emploie  dans  les  bpëralions 
ordinaires  du  mnaonage. 

A  juste  titre,  M.  Venet  proteste  contre 
les  rétrécissements  exagérés  que  !es  maçons 
ou  architectes  font  subir  aux  sections  des 
conduits  de  fumée  à  la  sortie  de  i'ôpaisse:ir 
des  murs  ou  deè  souches.  Il  y  a  encore  là 
une  cause  de  mauvais  fonctionnement  dont 
on  ne  se  rend  pas  sufUsamment  compte. 

Enfin,  M.  Venet  recommande  de  monter 
au  moins  à  la  hauteur  des  constructions 
avoisinantes  les  débouchés  définitifs  dans 
l'atmosphère  de  tous  les  conduits  de  fumée. 

Pour  la  constitution  des  foyers  propre- 
ment dits  des  cheminées  d*appartetnents, 
M.  Venet  applique  les  principes  du  système 
Debret  et  dispose  des  plaques  de  fonte  de 
fer  convenablement  inclinées,  derrière  les- 
quelles circule  un  courant  d'air  qui  s'é- 
chauffe au  contact  des  plaques  et  peut 
déboucher  dans  la  pièce,  suivant  les  cas, 
soit  à  la  hauteur  do  l'entablement  de  la 
cheminée,  soit  à  un  niveau  plus  élevé  à 
faible  distance  du  plafond. 

L'application  des  principes  exposés  par 
M.  Venet  dans  le  mémoire  qu*n  nous  a  sou- 
rais,  conduit  certainement  à  la  construction 
de  cheminées  d*appartement  d'un  parfait 
fonctionnement  et  d*uii  rendement  en 
chauffage  aussi  bon  que  peut  le  comporter 
remploi  du  système  dit  du  «  feu  à  lu  chemi- 
née ». 

A  ce  point  de  vue,  nous  rendrons  hom- 
mage à  la  grande  compétence  dontM.  Venet 
a  tait  preuve  dans  la  rédaction  de  son  mé- 
moire et  à  la  sagesse  de  la  plupart  des  vues 
qu^il  expose. 

Nous  savons  que  le  nombre  des  partisans 
du  chauffage  par  le  feu  à  la  cheminée  est 
considérable,  et  nous  nous  expliquons  par- 
faitement que  notre  Sociétaire  ait  commen- 
cé son  mémoire  par  un  éloge  enthousiaste 
de  ce  mode  de  chauffage. 

Mais  nous  devons  dire,  à  titre  purement 
personnel  d  ailleurs,  que  cet  éloge  ne  nous 
a  pas  convaincu,  et  que,  si  les  cheminées 
établies  par  H.  Venet  sont  véritablement  et 
sérieusement  perfectionnées,  nous  ne  pou- 
vons oublier  que, suivant  Franklin,  u  Tusage 
%  de  la  cheminée  d'appartement  est  le  meil- 


€  leur  moyen  de  brûler  beaucoup  de  com- 
tt  bustible  pour  n*en  obtenir  que  la  moindre 
a  quantité  possible  de  chaleur  utile  ». 


LA    FABRICATION  DE  LA   EUÈRE    DANS 
LE  MONDE 

La  consommation  de  la  bière  en  Europe 
a  pris,  depuis  quelques  années,  une  exten- 
sion considérable.  L'Allemagne,  TAutricbe, 
VAngleterre  sont  toujours  les  pays  où  cette 
boisson  est  absorbée  en  plus  grande  quan- 
tité ;  mais  la  bière  cesse  d*étre  une  boisson 
de  luxe  et  devient  un  élément  important 
d'alimentation. 

La  production  annuelle  de  la  bière  en 
Europe  est  estimée,  d'après  la  Revue  cThy- 
giènCy  à  138  millions  d'hectolitres.  C'est 
TAIlemagne  qui  en  fabrique  la  quantité  la 
plus  considérable  :  47.802.937  hectolitres 
dont  28  millions  G55.'775  pour  l'Allemagne 
du  Nord  ;  15.325.79 1  pour  la  Bavière; 
3.153.511  pour  le  Wurtemberg  ;  2  millions 
508.704  pour  le  duché  de  Bade  et  759.258 
pour  l'Alsace-Lorraine. 

C'est  la  Grande-Bretagne  qui  vient  après 
l'Allemagne  dans  la  production  générale  de 
la  bière:  38.852.991  hectolitres. 

Puis  vient  TAutriche  :  13.7:28.431  hecto- 
litres. La  Bohème  à  elle  seule  est  représen- 
tée dans  ce  chiffre  pour  cinq  millions  d'hec- 
tolitres, et  la  basse  Autriche,  où  se  trouve 
Vienne,  par  plus  de  deux  millions. 

La  France  occupe  le  quatrième  rang  avec 
10  millions  d'hectolitres,  chiffre  absolument 
identique  à  celui  de  la  Belgique.  C'est  na- 
turellement dans  le  Nord  que  se  consom- 
me la  plus  forte  quantité  de  bière.  Lille  ar- 
rive en  tète  avec  486.000  hectolitres  par 
an  ;  puis  arrive  dans  l'ordre  :  Paris  avec 
263.000  hectolitres  ;  Roubaix,  199,000  hec- 
tolitres ;  Saint-Quentin,  lOâ.OOO:  Tour- 
coing, 97.000  ;  Calais  Saint-Pierre,  74. 800  ; 
Amiens,  65.000  ;  Dunkerque,  60.000  ;  cha- 
cune des  autres  villes  boit  moins  de  60.000 
hectolitres   par  an. 

Quant  à  la  consommation  annuelle  par 
tête,  elle  peut  être  dressée  comme  suit  :  Lille, 
3.30  hectolitres  ;  Saint-Quentin,  2,40  hec- 
tolitres ;Saint'Pierre-lez-Galai«,  1.4lheclo- 


m 


NKCROLOGIE. 


isd 


litres.  Toutes  les  autres  villes  consomment 
moins  d'un  hectolitre  de  bière  par  an  et 
par  tête.  Si  nous  recherchons  les  villes  où 
lise  consomme  le  moiiisde  bière,  nous  trou- 
TODS  :  Nimes,  six  litres  ;  Toulouse  et  Lyon,  5 
litres  ;  Nantes  et  Angers,  4  litres. 

Après  la  France  et  la  Belgique,  viennent 
(i»pays  où  la  quantité  de  bière  fabriquée 
est  considérable,  relativement  à  la  popula- 
tion, mais  où  les  chiffres  prennent  une 
place  moins  importante  dans  la  production 
générale  :  le  Danemark,  dont  la  fabrication 
est  estimée,  à  2.186.000  hectolitres,  et  la 
Norvège,  1.712.445. 

Notons  ensuite,  parmi  les  contres  d'Euro- 


pe :  la  Russie  (2.928.513  hectolitres),  la 
Suisse  (1.187.423  hectolitres),  TEspagne 
(1.025.000  hectolitres^  Tltalie  (137.715),  la 
Turquie  (140.000),  la  Roumanie  (100.000», 
le  Luxembourg (93.254),  la  Serbie  (93.000), 
la  Grèce  1^6.68:3),  etc. 

Il  est  curieux  de  constater  que,  en  dehors 
de  l'Europe,  la  boisson  dérivée  du  houblon 
n'est  guère  produite  qu'aux  Etats-Unis  dont 
la  fabrication  est  estiméeà  36.918.614 hec- 
tolitres pour  1892  ;  au  Japon,  où  elle  se 
chiffre  par  220.718  hectolitres;  on  Austra- 
lie, où  Ton  en  produit  1 .611 .745  hectolitres 
et  en  Algérie,  où  il  s'en  fabrique  une  moyen- 
ne de  25.000  hectolitres. 


COMMERCE 


L.e  COMMERCE  EXTÉRIEUR 
DE  LA  FRANCE 

Voici  la  statistique  olllcielle  des  résultats 
du  commerce  extérieur  de  la  France  pen- 
<iant  les  trois  premiers  mois  des  années  1897 
et  1890: 


mpORTATlONS 


18^7 


1S06 


ObJeU  d'aUmentatioQ     2^.217.000     2J9.272.0CO 
Matières  ûécessaires 

a  llndustrie 649.392.000     009.243.000 

objets  fabriqués 150.014. OQO      159.798. OJO 

ToUl 1.031.t)53.000  1.033.313.000 


EXHORTATIONS 

Objets    d'alîmeatatloQ  1:^5.784.000  14^.826.000 
Matières  nécessaires 

à  rindustrie 212.761.000  212.390.000 

Objets  fabriqués 43I..134.00D  443.838.000 

Colis  postaux 43.505.000  36  797.000 

Total 82Î. 384.000'^  ^«35. 851. 000 

Ainsi  qu'on  peut  le  constater,  ces  tableaux 
comparatifs  font  ressortir  de  légères  dimi- 
nutions dans  le  mouvement  de  nos  échan- 
ges  avec  les  pays  étrangers,  tant  à  l'impor-^ 
tation  qu'à  l'exportation . 


NÉCROLOGIE 


M.  PAUL  QIFFARD 

M.  Paul  Giffard,  frère  et  collaborateur  du 
célèbre  inventeur  Henry  Giffard,  vient  de 
mcorir  à  Nice  à  l'âge  de  60  ans.  Il  a  fait 
patrtie  de  notre  Société  pendant  vingt-deux 
ans,  depuis  Tannée  1875. 

No  en  1837,  M.  Paul  Giffard  était  de 
douze  années  plus  jeune  que  son  frère  et 
possédait,  comme  lui,  de  grandes  aptitudes 
pour  les  sciences,  en  général,  et  pour  la 
mécanique  en  particulier.  Il  prit  une  part 


considérable  à  ses  recherches  aéronautiques 
et  à  l'invention  de  Tinjecteur  connu  sous 
le  nom  d'injecteur  Giffard^  qui  a  été  une 
véritable  révolution  dans  Talimentation  des 
chaudières  à  vapeur,  ainsi  que  Toriginc 
d'une  faute  d'applications  reposant  sur  son 
curieux  principe  d*entrnînement  mécanique 
et  de  succion. 

M.  Paul  Giffard  a  pris,  pour  son  compte 
personnel,  en  dehors  de  la  collaboration 
fraternelle,  une  centaine  de  brevets  tou- 
chant aux  applications  des  propriétés  phy* 


190 


lOOIUfAL   MBNBUKL  Dl 


siques  des  gaz,  appareils  frigorifiques  à  air 
comprimé,  télégraphe  pneumatique,  etc. 
On  lui  doit  aussi  vers  la  fin  de  sa  carrière 
les  armes  à  gaz  liquéfiés,  qui  ne  répondirent 
pas  aux  espérances  de  leur  auteur,  tout  en 
constituant  une  application  pratique  inté- 
ressante. En  1875,  M.  Paul  GiSard  a  publié 
un  livre  intitulé:  Solution  du  froid  induS' 


l'acadbmii  nationali.  101 

triei,  qui  a  contribué  à  faire  connaître  les 
principes  rationnels  des  méthodes  frigorifi- 
ques et  leur  vaste  champ  d^applications  pra- 
tiques. On  peut  donc  dire  que  H.  Paul  Gif- 
fard  soutenait  dignement  la  grande  réputa- 
tion industrielle  de  son  nom  de  famille.  Sa 
mort  est  une  perte  réelle  pour  l'esprit  de 
progrès  et  d'invention. 


BIBLIOGRAPHIE 


ALBUM     NATIONAL    ET    DICTIONNAIRE 
DE    L'INDUSTRIE 

La  maison  Arnaud  et  Cie,  20  et  22,  rue 
Richer,  à  Paris,  publie  cette  année  un  ou- 
vrage très  précieux  et  indispensable  à  tous 
par  les  nombreux  renseignements  qu'il  ren- 
ferme. 

Tiré  en  un  format  in-4*,  avec  riche  cou- 
verture en  plusieurs  couleurs  ornée  de  mo- 
tifs or  et  argent,  l'Album  national  et  dic^ 
tionnaire  de  Vindustrie  est  appelé  à  se 
trouver  entre  les  mains  de  toute  |>ersonne 
s*intéressant  à  notre  industrie. 

Chaque  article  contenu  dans  le  diction*^ 
naire  a  été  traité  très  au  long  par  les  spé- 
cialistes, au  double  point  de  vue  historique 
et  technique;  et,  tout  en  demeurant  dans 


le  domaine  de  Texactitude,  les  auteurs  se 
sont  surtout  appliqués  à  se  servir  dans  leur 
travail  de  formules  simples  et  précises,  et 
d'un  langage  scientifique  à  la  portée  de 
tous. 

Nous  ne  croyons  pas  être  téméraires  en 
prédisant  à  cet  ouvrage  de  longs  jours  et  de 
grands  succès.  D*un  autre  côté  nous  ne  sau- 
rions trop  conseiller  aux  Industriels»  Corn- 
merçantsjngénieurs,  Architectes,  Ck>ainiis- 
sionnaires,  et  à  tous  ceux  en  un  mot,  qui 
s'intéressent  à  Vindustrie  Française  d*en- 
voyerleur  adhésion  avant  le  1"  juin  1897, 
époque  de  Tapparition  du  volume. 

En  présence  des  nombreuses  souscrip- 
tions déjà  recueillies,  MH.  Arnaud  et  Cie 
ont  abaissé  le  prix  de  ce  magnifique  ouvrage 
à  Dix  francs  payables  après  sa  réception. 


Le  Directeur-^Gérant^  Rédacteur  en  Chef^ 

EuoàNB  THlfiRY. 


♦>♦«♦- 


eilRIIOMT  (Olts).    •  IMPRIMBRII  DAIS  rRiCRBI,  PLACK  SAIKT-ANDRÉ,  3« 


JOURNAL    MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

iciuoiB,  uimricriiittii  et  cohgicuie 


ASTOR,    LENOX    anp 
TILDEN  FOUNOATinisiQ 

AORtCULTURe.  —  La  latte  contre  les  maladies  de  la  vigne,  communication  de  M.  J.  de  Sokolnlokl,  k  Cliù 

tGiroBde).  —  CoDsîdératioDS  sur  la  nécessité  de  régénérer  l'agriculture,  par  M.  Parandier,  à  Arbois  (Jura).  —   La 
^oduction  des  vins  et  cidres  en  1896. 

*WI«TRIB.  —  Le  développement  industriel  de  la  Russie.  —  Machines  à  vapeur  et  matériel  électrique  de  îa  Maison 
'»«••.  *  Saint-Ouen  (Seine).  —  La  traction  mécanique  des  tramways:  avantages  du  système  des  locomotives  sans 
foyer,  de  M.  Léon  Franoq.  à  Paris.  —  Caractères  d'imprimerie  en  terre  cuite  pour  impression  d'affiches,  de 
■.  Oteaumall,  à  Paris.  —  Catalogue  de  la  Société  des  Invention»  brevetées,  dirigée  par  M.  Krats-Bouaaaoi  à 
Paris.  —  Propulsion  des  navires  au  moyen  de  turbines  à  vapeur. 

iXPOSrriONS  et  concours.  -  Exposition  de  Bruxelles. 

VARIÉTÉS.  —  L'expédition  de  M.  Andrée  au  Pôle  Nord.  

OOMMCRCK.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France.  —  L'exportation  des  vins  français.lTHE  NEW  YOR  FT 


AGRICULTURE 


ASTOR,    LENOX   AMD 
_I'LD£N  FOUNDATtOKio 


LA  LUTTE  CONTRE  LES  MALADIES 
LAVIQNE. 


DE 


Communication  de  M.  J.  de  SokolnickI) 
à  Clinchon,  par  Castillon  (Gironde) 

H  n^y  a  plus  à  dénier  aujourd'hui  refiica- 
cité  des  sels  de  cuivre  à  l'égard  du  mildew, 
enneiDi  bien  plus  perfide  et  plus  redoutable 
sous  nos  latitudes  que  le  black-rot,  mais  ils 
smt  absolument  insuffisants,  pour  ne  pas 
dire  nuls,  à  Tégard  de  ce  dernier  ;  et  comme 
les  succès  portés  à  leur  actif  sont,  sauf 
quelques  cas  encore  indéterminés,  presque 
toujours  en  raison  directe  de  la  multiplicité 
des  traitements,  il  n*y  faut  voir  qu'un  eflet 
d'enrobage  plus  ou  moins  complet,  eifet 
qae  Ton  obtiendrait  toutaussi  bien  avec  des 
produits  moins  nocifs,  pourvu  qu'ils  fussent 
très  adhérents,  témoin  les  ceps  qui  bordent 
les  grandes  routes,  et  que  préserve  le  plus 
souvent  la  simple  poussière  que  leur  porte 
le  vent. 

Ce  qui  est  plus  grave,  c'est  que  leur  em- 


ploi surabondant  compromet  à  tel  point 
l'avenir  des  vins,  qu'au  bout  de  quatre  à 
cinq  ans  au  maximum,  ils  sont  pour  la  plu- 
part absolument  maigris  et  finis,  comme  on 
dit  dans  le  métier,  heureux  lorsqu'ils  ne 
tournent  pas  en  bouteille,  ce  que  nombre  de 
négociants  n'ont,  aujourd'hui,  que  trop  sou- 
vent à  déplorer. 

Nombreux  doivent  être  les  propriétaires 
qui,  comme  moi,  ont  observé  ce  fait.  Si 
vous  cherchez  à  engendrer  l'acescence  dans 
un  vin  provenant  d'une  vigne  fortement 
sulfatée,  le  micoderma  aceti  semble  s'y 
développer  d'abord  vigoureusement,  puis 
s'étiole  et  meurt  au  bout  de  peu  de  temps, 
ep  ne  vous  abandonnant  qu'un  liquide  à 
peu  près  tourné  au  lieu  de  l'exf^ellent  vinai- 
gre de  ménage  que  vous  en  attendiez. 

Il  ne  suffit  donc  pas  de  se  préoccuper 
seulement  de  la  préservation  du  fruit,  mais 
aussi  du  produit  qui  devra  résulter  de  sa 
fermentation.  Or,  du  troisième  au  cinquième 
jour,  suivant  la  température,  le  cuivre  ap- 


195 


JOURNAL  MENSUEL  DE  lVcaLÉMIB  NATIONALE. 


196 


porté  à  la  cuve  se  combine  tout  d^abord 
avec  Tacide  acétique  naissant,  pour  lequel 
il  a  une  très  grande  affinité.  Ce  n'est  que 
plus  tard  qu'il  se  précipite  dans  les  lies, 
qu'il  neutralise  absolument;  mais  avant, 
il  a  fait  œuvre  néfaste  en  anéantissant  à 
tout  jamais  les  germes  mystérieux  qui  con- 
couraient à  la  conservation  de  oe  moelleux, 
de  ce  velouté  qu'après  plus  de  vingt  ans 
même  l'on  retrouvait  encore  dans  nos  vins. 

J'ai  le  regret  de  classer  dans  cette  même 
catégorie,  c'est-à-dire  comme  funestes  à 
l'avenir  des  vins,  les  sels  de  plomb,  zinc, 
nickel,  oobalt,  cadmium  et  lithium,  bien 
que  ce  dernier  m'ait  donné,  sous  forme  de 
sel  double  de  lithium  ei  de  magnésium 
(dans  de  modestes  expériences,  il  est  vrai), 
des  résultats  extrêmement  remarquables, 
mais  qui,  néanmoins,  pour  moi,  ne  consti- 
tuent que  do  l'enrobage. 

Les  sels  de  strontium,  qui  sont  moins  no- 
cifs, m  ont  donné  également  des  résultats 
très  encoulrageants,  mais,  à  mon  avis,  c'est 
toujours  de  l'enrobage  ;  tandis  que  les  sels 
ou  persels  de  fer  exerceraient  une  action  cu- 
rativo,  sans  nuire  en  rien  tant  à  la  plante 
qu'à  Vavenir  du  vin.  De  plus  (et  c'est  pré- 
cieux)^ ils  ont  plutôt  tendance  à  augmen* 
ter  le  volume  des  grains,  au  lieu  de  les  atro* 
phier.  Les  sels  de  nickel,  bien  que  non 
vénéneux,  provoquent  de  ti*ès  violents  vo- 
missements. Il  en  est  de  même  de  ceux  de 
cobalt,  qui,  industriellement,  renferment 
toujours  du  nickel  en  très  {rrande  quantité. 

Est-ce  à  dire  que  nous  devions  renoncer 
(Fores  et  déjà  aux  sels  de  cuivre  ?  Certaine- 
ment non,  mais  jusqu'à  ce  que  la  scienco 
nous  ait  trouvé  mieux,  il  importe  d'en  ré^ 
duire  l'emploi  au  strict  nécessaire  et  de  com- 
pléter les  traitements  avec  des  poudres  neu<- 
très  (mémedessilicatesinsolublesau  besoin), 
pourvu  qu'elles  soient  impalpables  et  adhé« 
sives. 

Et  c'est  en  m'inspirant  de  ces  considéra** 
lions  que  j'ai  été  conduit  à  préparer  celle 
dont,  tout  à  l'heure,  je  vais  vous  donner  la 
formule,  et  à  laquelle  je  dois  cette  année 
de  si  surprenants  résultats. 

J'avais  à  dessein  choisi  pour  expérience 
des  treilles  de  Malaga,  parce  que  chez  moi. 


comme  un  peu  partout,  je  crois,  c'est  une 
variété  sur  laquelle  toutes  les  maladies  font 
rage.  J'ai  attendu,  avant  tout  traitement, 
qu*elles  y  soient  nettement  accusées  ;  c'est 
par  l'anthracnose  qu'elles  ont  débuté,  Suivie 
de  près  par  l'oïdium,  le  coniothyriuro,  et 
enfin  leblack-rot.  Alors  seulement  j'ai  pou- 
dré le  matin,  à  la  rosée,  puis  après  le  cou- 
cher du  soleil.  La  persistance  des  pluies 
m'a  imposé  bien  souvent  l'obligation  de 
recommencer  ;  néanmoins,  non  seulement 
les  maladies  ont  cédé  au  traitement,  mais 
les  grains  fendus  par  l'oïdium,  déformés 
parTanthrachnose^so  sout  cautérisés  et  ont 
atteint  leur  maturité  sans  flétrir^  ni  pourrir. 

Quant  au  black-rot,  j'ai  vu,  sur  la  même 
branche,  deux  grappes  obsolumenl  «a  con- 
tact: l'une  avait  la  majorité  de  ses  graios 
mortellement  atteints  au  moment  du  pou- 
drage, l'autre  paraissait  indemne  et  s'y  est 
mainteuue  jusqu'à  maturité,  6*est-à-dire 
jusqu'au  moment  où  j'en  ai  fait  l'expédition. 

Poussant  plus  loin  l'expérience,  j'ai  avec 
un  couteau-greffoir,  et  sur  diverses  grappes, 
amputé  un  grand  nombre  de  grains,  enle- 
vant aux  uns  le  quart,  aux  autres  le  tiers  de 
leur  volume,  puis  j'ai  poudré  ;  non  seule- 
ment ces  énormes  plaiesse  sont  rapidement 
cautérisées,  mais  les  grains  sont  arrivés  à 
parfaite  maturité  sans  se  ramollir  ni  pour- 
rir. 

Voici  la  formule  de  la  poudre  qui  ma 
donné  les  faits  que  je  viens  d'énoncer,  et 
que  bon  nombre  de  personnes  ont  pu  cons- 
tater de  visuj  et  qui  en  ont  été  sur  prises  et 
s'y  sont  grandement  intéressées  : 

FOBMULE 

Plâtre  aluné 20  kilos 

Bisuinie  de  chaux 10     — 

Ciment  de  Porlland 15     — 

Chaux  hydraulique. 35     •— 

100  kilos 

J'ai  esss^yé  de  substituer  5  kilos  de  sulfate 
de  cuivre  à  autant  de  sulfate  de  fer  ;  le  ré- 
sultat n'a  pas  été  appréciable.  A  vrai  dire, 
le  mildew  ne  s'est  pas  montré  chez  moi 
cette  année. 

Comparativement,  et  au  même  moment 
(j'observe  à  nouveau  que  les  maladies  étaient 


m 


4QRlGIILTfmS. 


190 


nr  les  témoiM,  au  moment  du  traitement, 
an  même  degré  d'intensité  qqesnr  les  treil- 
Im  traitées  à  ma  poudre]  J'ai  traité  trois  té- 
BMiaSflepremier  avec  soufre  sublimé  à  10 
pour  IQO  enivre  ;  le  second  avec  un  mé* 
laoge  de  partie  égale  de  chaux  hydraulique 
Kda  soufre  sublimé  ii  ^  pour  100  (ils  en 
ont  été  littéralement  couverts)  ;  enfin,  j'ai 
ploQlé  les  grappes  du  troisième  dans  la 
Bouillie  bordelaise  h  5  pour  100  cuivre  et  3 
kiloi  de  chaux  ;  pas  une  grappe  ne  s'est 
aoiée. 

Cestdonc  le  fer  qui  constitue  en  quelque 
iorte  le  principe  actif  de  ma  poudre.  A  mon 
irii,  le  reste  agit  plutôt  hygrométrique^ 
aantel  mécaniquement,  sauf  le  bisulfite 
dedumx,  dont,  malgré  le  faible  dosage,  le 
ràle  semble  très  actif.  Or,  on  sait  que  le 
iarestun  des  puissants  régénérateurs  des 
pilotes,  et  qu'on  l'y  retrouve  dans  un  très 
ptad  nombre  en  quantité  notable.  Oq  n> 
gnorepas  non  plus  que  cest  lui  qui,  sous 
btme  de  sel  double  (tartrate  de  fer  et  de 
potisse),  produit  ce  rèche  qui  est  la  caracté* 
riitique  des  vins  de  la  Gironde,  et  particu- 
lièrement du  Bordelais  ;  malheureusement, 
psr  suite  de  remploi  exagéré  des  sels  de 
cuivre,  ce  caohetde  noblesse  a  dû  céder  la 
phceè  TamerUime,  lorsque  ce  n'est  pas 
Il  sapidité. 

Je  termine  en  disant  également  de  se 
Méfier  de  remploi  tardif  et  exagéré  de  la 
chiQi;  car,  outre  qu'il  suffit  d'en  introduire  à 
bmvede  très  petites  quantités  pour  alanguir 
biarmeotation,8on  pouvoir  décolorant  croU 
a  raison  de  la  durée  de  cette  dernière. 

Quelques  propriétaires,  ignorant  ces  faits, 
Ht  cette  année,  et  presque  au  moment  de 
Il  cueillette,  couvert  leurs  raisins  de  chau3( 
kfdrsuliquei  dans  l'espérance  d'atténuer  la 
psarriture  ;  non  seulement  la  iSermenla^ 
^  9'a  pu  s'achever,  mais  la  couleur  était 
avenue  ocreuse. 
U  préparatioii  de  cette  poudre  sera  faite 
H  triturant  ensemble  toutes  les  matières 
<N  1^  composent,  et  en  passant  ensuite  au 
iiaiis  de  crins,  afin  qu'elle  soit  homogène  et 
ti^lpable,  condition  primordiale  ;  tous  les 
Uriaats  d'engrais  sont,  du  reste,  outillés 


C'est  aussi,  je  le  crois,  un  excellent  prot 
cédé  que  les  fumigations.  A  mou  avis,  l'en- 
fumage au  moyen  de  foyers  allumés  de  dis* 
tance  en  distance  ne  conviept  que  pour  1^ 
formation  de  nuages  contre  la  gelée  ;  tandis 
que  pour  le  cas  qui  nous  occupe,  il  fai^drait 
projeter  la  fumée  sur  les  grappes  au  moyen 
d'un  enfumoir  à  soufflet,  du  genre  de  cpu^ 
employés  k  l'enfumage  des  ruches,  mais 
construit  ac(  hoc. 

Il  est  certain  que,  seloq  la  composition 
de  la  matière,  Ton  arriverait  à  combattre 
en  même  temps  loïdium,  parce  que  la  fu-* 
mée  réalise  Tenrobage  le  plusi  parfait;  mais 
sous  prétexte  d'obtenir  des  fumées  lourdes 
et  épaisses,  il  faut  bien  se  garder  d*employer 
des  matières  empyreumatiques,  sous^  peine 
de  voir  le  vin  en  contracter  le  goût,  que 
rien  absolument  ne  saurait  lui  enlever.  C'est 
ce  qui  résulte  d'une  de  mes  expériences. 


CONSIDERATIONS 

sur  la 

NÉCESSITÉ  DE  RÉGÉNÉRER 
L'AGRICULTURE, 

Brochure  par 

M.  A.  N.  Parandier,  Inspecteur  général  de 
1^  classe  des  Ponis-et^Chaussées  en  rat 
traite,  commandeur  de  la  Légiop  d'hon- 
neur, mem})re  de  la  Société  national^ 
d'agriculture  de  France,  etc. 

aux  Tourillons  par  Arbois  (Jura). 

Notre  excellent  et  vénérable  collègue  ai 
pendant  la  plus  grande  partie  de  sa  longue 
carrière  administrative,  appartenu  au  corps 
des  ingénieurs  hydrographes  ;  c'est  donc 
constater  d'un  mot,  en  même  temps,  sa 
haute  compétence  toutes  les  fois  qu'il  traite 
des  questions  si  intéressantes  pour  l'agricul- 
ture de  l'aménagement  des  eaux,  de  leurs 
distributions,  des  irrigations,  du  dessèche- 
ment des  marais,  etc.,  et  à  ce  point  de  vue 
spécial  —  éternellement  jeune,  puiscju'il 
ne  iait  que  remettre  en  honneur  et  en 
pleine  lumière  les  travaux  qui  avaient 
illustré  les  Romains  sur  la  côte  d'Afrique, 
en  Algérie  et  en  Tunisie  —  nou$  sommes 
heureux  de  constater  la  sûreté  d'information 


199  KKOttNÀL  MBNSUeL  *I* 

la  science  très  réelle  qui  distinguent  en  gé- 
néral les  travaux  techniques  de  M.  Paran- 
dier. 

Sa  brochure  est  virtuellement  divisée  en 
trois  parties  ;  dans  la  première,  il  réclame, 
mû  certainement  par  les  plus  louables 
intentions,  la  paix  et  la  tranquillité  publi- 
ques ;  c'est  là,  il  nous  semble,  un  terrain  un 
peu  spécial  sur  lequel  nous  n*avons  pas  à  le 
suivre  ici.  Dans  la  seconde,  il  s'étend  lon- 
guement sur  tout  ce  que  Ton  devrait  faire 
en  France  au  point  de  vue  de  Thydraulique 
agricole  :  bassins  et  réservoirs  supérieurs 
pour  capter  Feau^des  rivières  et  des  fleuves, 
en  régulariser  le  cours  et  éviter,  autant  que 
possible,  les  inondations,  services  des  irri- 
gations, assainissement  des  étangs  et  des- 
sèchement des  marais,  etc. 

Nous  le  répétons,  on  ^ent  là,  sans  jeu  de 
mot,  que  notre  savant  collègue  est  absolu- 
ment dans  son  élément,  et  il  donne  au  cours 
de  ces  chapitres  d'excellents  conseils  que 
nos  cultivateurs  et  la  plupart  des  commu- 
nes, surtout  en  pays  accidentés,  feraient 
bien  de  mettre  en  pratique,  toutes  les  fois 
que  la  chose  estrénlisable  bien  entendu, soit 
matériellement,  soit  comme  capitaux. 

Et  même  nous  pensons  que,  poursuivant 
le  développement  logique  de  sa  pensée,  it 
était  impossible  d'exposer  la  grosse  ques- 
tion de  1  assainissement  des  villes  en  meil* 
leurs  termes  et  d'une  manière  plus  claire  et 
plus  précise  que  ne  le  fait  M.  A.  N.  Paran^ 
dier  dans  les  lignes  suivantes,  que  nous 
sommes  heureux  de  reproduire  ici  : 

a  Les  réservoirs  sont  aussi  nécessaires 
pour  l'assainissement  des  villes  lorsque 
celles-ci  auront  construit  des  égouts  avec 
l'application  du  principe:  toutù  i'égout, on 
y  introduit  les  eaux  nécessaires  d'où  elles 
.sortent  pour  leur  utilisation  culturale  qui 
accroît  le  produit  des  terres  sur  lesquelles 
on  les  répand  ;  il  en  existe  un  bel  exemple 
dans  la  plaine  de  Gennevilliers,  près  Paris  ; 
on  a  récemment  inauguré  à  Parisunnouveah 
canal  d'utilisation  des  eaux  de  ses  égouts; 
il  en  existe  d'autres  en  France,  à  Reims, 
par  exemple,  où  les  eaux  d'ëgouts  qui  em- 
poisonnaient les  rivières  dans  lesquelles  oh 
les  laissait  couler  librement,  servent  au- 


L'^UUDfSllfK  TIATIONALC.  200 

jourd'bui  à  la  fertilisation  dTun  terrain  de 
530  hectares,  où  elles  sont  aménagées  par 
un  collecteur  de  6,643  mètres  de  longueur 
qui  fournit  par  24  heures  40.000  m.  c.  d'eau 
fertilisante;  ce  système  est  très  employé 
dans  les  pays  étrangers.  » 

On  ne  saurait  mieux  dire  et  constater  la 
vérité  en  termes  plus  précis;  M.  Parandier 
aurait  même  pu  ajouter  que  ce  système  du 
tout  à  I'égout,  très  répandu  à  l'étranger, 
y  fournit  partout  les  meilleurs  résultats,  en 
enrichissant  et  fertilisant  les  terres  et  en 
assainissant  les  villes. 

Si  nous  n'avions  craint  de  trop  éteùdre 
cette  courte  note,  nous  eussions  cité  volon- 
tiers aussi  toute  la  partie  qui  a  trait  à  l'as- 
sainissement des  étangs  et  au  dessèchement 
des  marais.  Notre  collègue  donne  là  une 
série  de  conseils  pratiques,ex/?ro/i?^50,  que 
l'état,  les  départements,  les  communes  et 
les  particuliers  dans  les  campagnes,  feraient 
bien  de  suivre  immédiatement,  chacun 
dans  la  mesure  des  moyens  qui  lui  incom-' 
bent. 

La  fortune,  la  prospérité  générale  et  Thy^ 
giène  publique  ne  pourraient  qu'y  gagner 
en  France. 

La  troisième  partie  ou  plutôt  la  troisième 
idée  principale  de  la  brochure  de  M.  Paran- 
dier se  rapporte  plus  particulièrement  aux 
projets  d'organisation  de  sociétés  par  actions 
en  nature  et  actions  en  numéraire,  ayant 
pour  but  de  fournir  les  capitaux  nécessahres 
à  l'exploitation  en  grand  de  la  terre,  autre- 
ment dit  le  rêve  de  l'auteur  serait  d'indus* 
trialiserh  culture. 

Il  y  a  là  tout  un  plan  fort  ingénieuse- 
ment conçu,  onnesauniitle  nier,  et  qui 
témoigne  des  préoccupations  généreuses  et 
de  Tardent  amour  de  son  pays  qui  animent 
notre  vénérable  collègue;  mais  cependant  il 
convient,  en  si  grave  occurrence,de  ne  point 
se  laisser  aller  à  des  enthousiasmes  irréflé- 
chis, pas  plus  qu'ù  des  espérances  trop  hâ- 
tivement conçues.  Il  faut  tenir  compte  de 
la  répugnance  souvent  ombrageuse  des  ca- 
pitaux à  s'engager  dans  de  nouvelles  affai- 
res, il  faut  tenir  compte  aussi  et  surtout  de 
Pesprit  routinier  de  nos  paysans  qui  n'ad- 
mettront jamais  l'ombre  d'une  atteinte  por- 


1 


AGRICULTURE. 


202 


téc  à  la  plénitude  de  leurs  droits  de  pro- 
priétaires, modestes  sans  doute,  mais  enliè- 
renient    indépendants. 

Ce  sont  là  autant  de  gros  problèmes  que 
Toc  ne  saurait  résoudre  au  pied  levé;  néan- 
moins, quelle  que  soi t  Topinion  de  chacun  de 
nous  sur  ces  questions  éternellement  jeunes, 
puisque  les  diverses  solutions  qu^elles  com- 
portent sont  si  longues  à  trouver,  il  est 
certain  que  M.  A.  N.  Parandier,  dans  cette 
brochure  sur  la  nécessité  de  régénérer  Va- 
gricolture,  aussi  bien  que  dans  toules  les 
notes  qu'il  a  publiéessurTaciduction  d'eaux 
potables  dans  les  communes  ou  sur  tous 
iQtres  sujets  similaires  se  rapportant  à  ses 
ésndes  spéciales  et  à  ses  travaux  d'ingénieur 
bîdrographe,  a  su  mettre  en  lumière  quan- 
tité d  idées  pratiques  que  Ton  aurait  tout  in- 
térêt à  réaliser  promptement. 

Aussi  nous  ne  voulons  pas  terminer  cette 
DOtice  sans  dire  encore  une  fois  combien 
ooos  sommes  heureux  de  constater  la  fé- 
conde et  jamais  lasse  activité  de  notre  ex- 
cellent collègue,  Tun  de  nos  doyens  à  coup 
fur  et  presque  l'un  de  nos  fondateurs,  puis- 
qoc  Y  Académie  nationale  a  Thonneur  de  le 
compter  parmi  ses  membres  depuis  1833. 

Voilà,  certes,  toute  une  vie  de  labeur  in- 
œssant  et  de  travail  jamais  interrompu  que 
BOUS  croyons  de  notre  devoir  de  saluer  au 
lassage,  à  propos  de  la  récente  brochure  de 
lolre  e::cellent  collègue. 


LA  PRODUCTION    DES  VINS  ET  CIDRES 
EN  1896. 

On  connaît  maintenant  les  chiffres  défini- 
tifs de  la  récolte  des  vins  et  des  cidres  en 

Il  ressort  deschiffres  publiés,  qu'au  total, 
ia  superficie  del'ensembledu  vignoblefran- 
çais  est  aujourd'hui  de  1.728.493  hectares, 
en  diminution  de  18.509  hectares  sur  ran- 
gée 1895,  lesarrachages  ayant  encore  dépas- 
sé les  nouvelles  plantations. 

La  production  totale  des  vins  s'étant  éle- 
«ceà  44.650.153  hectolitres,  le  rendement 
Bïojen  à  rheclare,  pour  Tannée  1890,  res- 
sort à  2Ù  hectolitres,  soit  une  augmentation 
•le  11  hectolitres  par  rapport  à  la  quotité  de 
rendement  moyen  de  1895.  En  1893,  année 


considérée  comme  très  favorisée,  le  rende- 
ment moyen  à  Thectare  n'avait  dépassé  que 
de  2  hectolitres  celui  de  1896. 

La  production  des  vins,  Tannée  dernière, 
a  été  de  beaucoup  supérieure  à  la  moyenne 
des  dix  dernières  années,  qui  est  do 
30.517.000  hectolitres.  Le  mouvement  delà 
production  a  été,  depuis  1886,  le  suivant  : 

Années  Hectolitres  Annëes  Hectolitres 


1886.. 
1887.. 
1888.. 
1889.. 
1890.. 
1891.. 


25.063.000 
24.333.000 
30.102.000 
23.824.000 
27.416.000 
30.140.000 


1892. . 
1893.. 
1894.. 
1895.. 
1896.. 


29.082.000 
50.070.000 
39.053.000 
26.688.000 
44.656.000 


La  récolte  de  Tannée  dernière  est  donc, 
après  celle  de  1893,  la  plus  belle  de  ces  dix 
dernières  années. 

C'est  THérault  qui  tient  la  tête  âans  le 
tableau  delà  production  des  vins:  7.623.059 
hectoUtres.  Viennent  ensuite  :  l'Aude^  avec 
3.608 .058  hectolitres,  la  Gironde,  3.354.552  ; 
les  Pyrénées-Orientales,  2.03S.079  ;  le  Rhône, 
1.967.722  ;  le  Gard,  1.718.547  ;  la  Saône- 
et-Loire,  1.530.095  ;  la  Loire-Inférieure, 
l  million  300.000  ;  le  Puyrde-Dôme, 
1.290.527  ;  TYonne,  1.076.359. 

A  la  récolte  des  vins  vient  s'ajouter  la 
fabrication  :  celles  des  vjns  de  raisins  secs  a 
été  de  888.010  hectolitres,  contre  758.114 
en  1895  ;  celle  des  vins  de  sucre  s'est  élevée 
il  1.423.521  hectolitres,  au  lieu  de  1.425.960 
en  1895. 

En  outre,  7. 378. 76i  hectolitres  de  vins 
ont  été  importés  en  France  pendant  les  dix 
premiers  mois  de  1893.  Les  vins  d'Espagne 
figurent  dans  ce  chiffre  pour  4.030.031  hec- 
tolitres ;  les  vins  d'Italie  pour  9.923  ;  les 
vins  lie  Portugal  pour  160  ;  les  vins  d'Algé- 
rie pour  2.389.517  et  les  vins  de  Tunisie 
pour  79.013  hectolitres. 

£n  ce  qui  concerne  l'Algérie,  les  chiffres 

déûnitirs  de  la  récolte  s'élèvent  à  4.346. c32 

hoctolilros  pour  une  superficie  de  118.118 

hectares,    savoir   :    département    d'Alger, 

42.887  hectares  et  2.076.756  hectolitres   ; 

Oran,   55.769  et  1.532.204  ;  Constanline, 

19.462  et  737,572. 

10 


203 


JOURNAL  MENSUEL  DE 


Enfin,  voici  les  résultats  de  la  production 
des  cidres  : 

La  récoUedes  cidres  s'est  élevée,  en  18^)0, 
à  8.074.392 hectolitres  ;  ellea  étéinrérieurc 
de  17.512. 122 hectolitres  à  la  production  do 
1895  et  de  6.271.456  hectolitres  à  colle  des 
dix  années  antérieures. 


L*ACADiMlE  NATIONALE.  204 

Alors  qu'en  1805  trois  déparlements  (Man- 
che, Calvados,  Ille-el-Vilaine),  avaient  pro- 
duit plus  d'un  million, les  seulsdépartements 
où  la  production,  en  1806,  ait  dépassé  1  mil- 
lion d'hectolitres,  sont  :  rille-et-Vilaine, 
1  million  138. 103 hectolitres  ;  la  Seine-Infé- 
rieure,  1.121.744   ;   l'Eure,    1.057.120. 


INDUSTRIE 


LE     DÉVELOPPEMENT   INDUSTRIEL 
DE    LA   RUSSIE 

Il  n'a  pas  été  donné  ù  tout  le  monde  d'al- 
ler à  Nijni-Novgorod  pendant  l'Exposition  ; 
mais  tout  le  monde  peut  lire  la  très  ins- 
tructive étude  que  M.  Maurice  Verslraete, 
consul  de  France  à  Moscou,  vient  de  publier 
sur  cette  Exposition,  ou  plutôt  à  propos  de 
l'Exposition  de  Nijni-Novgorod.  L'étude  de 
M.  Verstraete  n'est  pas,  en  effet,  une  œuvre 
de  circonstance  :  c'est  le  fruit  de  patientes 
investigations  entreprises  sur  place,  depuis 
plusieurs  années,  par  un  observateur  qui 
connaît  bien  le  sujet  dont  il  parle  et  qui 
sait  présenter  les  faits  avec  ordre  et  mé- 
thode. 

Le  développement  industriel  do  la  Russie 
est  sans  contredit  un  des  phénomènes  les 
plus  intéressants  de  la  fin  de  ce  siècle.  En- 
tré tard  dans  l'arène  économique,  l'empire 
des  tsars  y  a  fait  de  brillantes  étapes.  Nous 
n'avons  pas  laprétentionde  passer  en  revue, 
même  sommairement,  les  progrès  réalisés 
depuis  moins  de  quinze  ans  par  l'industrie 
russe.  Il  nous  suffira  de  citer  quelques  chif- 
fres qui  ne  manquent  pas  d'éloquence.  En 
1880,  la  Russie  ne  produisait  que  201  mil- 
lions de  pouds  (le  poud  —  lo  kilogr.SSO)  de 
houille  ;  en  1894,  l'extraction  a  dépassé  528 
millions.  De  28  millions  de  pouds  la  fabri- 
cation de  la  fonte  a  passé  à  82 millions, celle 
du  fer  a  passé  de  17  millions  à  30  millions 
et  celle  de  l'acier  de  18  à  41  millions  de  pouds, 
en  1880,  la  production  de  l'or  était  de 2,0  11 
pouds  ;  en  1894,  elle  a  été  de  2,759  ;  le  pla- 
tine s'est  élevé  de  160  pouds  à  310  pouds. 


Mais  c'est  surtout  dans  les  objets  fabriqués 
que  s'affirme  l'extraordinaire  développe- 
ment industriel  de  la  Russie.  En  1850, l'in- 
dustrie cotoonière  était  absolument  dans 
l'enfance  ;  aujourd'hui,  elle  est  une  des  plus 
puissantes  d'Europe.  Sa  consommation  ac- 
tuelle s'élève  à  12  millions  de  pouds  ;  son 
outillage  comprend  4,500,000  broches  et 
plus  de  100,000  métiers  ;  sa  production  est 
évaluée  à  350  millions  de  roubles.  La  fila- 
ture Vikoul-Marosof  occupe  en  permanence 
11,500  ouvriers,  — sans  compter  les  périodes 
d'activité  exceptionnelle;  —  la  Société  de 
Tver  emploie  0,000  ouvriers  ;à  Moscou,  à 
l'usine  Zûndel,  l'effectif  des  ouvriers  dépasse 
2,300,  etc.  El  ces  gigantesques  usines  s'ac- 
croissent constamment,  parce  qu'elles  ne 
peuvent  pas  suffire  aux  besoins  pressants 
delà  consommation.  Quelque  perfectionnés 
que  soient  les  procédés  de  fabrication,  la 
filature  reste  au-dessous  des  demandes  du 
tissage.  Et  tout  fait  prévoir  que  le  mouve- 
ment ira  en  s'accentuant,  la  Russie  ayant 
l'avanlagede  trouver  sur  sou  sol  une  parie 
d3  la  matière  première  dont  elle  a  besoin, 
grâce  au  Turkcslan  qui  prend  rapidement 
place  parmi  les  principaux  pays  producteurs 
de  colon . 

L'industrie  de  la  laine  n'a  pas  suivi  la 
même  progression.  Néanmoins,  on  estime  à 
125  millions  de  roubles  par  an  la  valeur  de 
la  production  ;  l'outillage  comprend  580.000 
broches  et  35.000  métiers.  Mais  c'est  sur- 
tout l'industrie  de  la  soierie  qui  a  pris  un 
développement  considérable.  La  fabrication 
des  tissus  de  soie  et  de  brocart  est  de  date 
très  aticicnne  en  Russie,  mais  celle  inrius- 


2C'n 


INDUSTRIE. 


206 


trie  très  restreinle  n'est  devenue  une  grande 
industrie  que  depuis  quelques  années  à 
peine.  En  1880,  la  production  russe  en 
soieries  n'était  que  de  9  millions  de  roubles  ; 
en  1S95,  elle  dépassait  30  millions  et  on  est 
fondé  à  croire  que  les  résultats  de  Tannée 
1896  seront  supérieurs.  C'est  à  Moscou 
même  quo  des  Lyonnais  ont  établi  la  fabri- 
cation mécanique  des  soieries.  Certaines 
maisons  ont  pris  un  développement  inouï  : 
ainsi  aujourd'hui,  l'usine  Giraud,  fondée  en 
1875,  est  devenue  la  manufacture  de  soie- 
ries la  plus  importante  qu'il  y  ait  en  Eu- 
rope et  peut-être  dans  le  monde.  Elle  dis- 
pose de  2,000  métiers  mécaniques  et  de  80 
métiers  à  la  main.  Le  personnel  se  compose 
(le  15  contremaîtres  et  chefs  d'ateliers,  tous 
Français,  et  de  2,200  ouvriers  logés  et  nour- 
ris à  l'usine  suivant  la  coutume  russe. 

Nous  pourrions  multiplier  ces  exemples 
et  montrer  que  dans  toutes  les  branches  de 
[industrie  la  production  de  la  Russie  est  en 
plein  développement;  mais  nous  avons  hâte 
d'abordi^r  une  question  plus  intéressante. 
Quel  profit  la  France  a-t-elle  retiré  de  ce 
développement  industriel  auquel  elle  a  si 
puissamnaent  contribué  par  son  c«)ncours 
financier  donné  aux  nombreux  emprunts 
rosses?  Sur  ce  point,  la  réponse  est  mal- 
heureusement facile  à  faire.  La  Russie  s'est 
outillée  sans  avoir  recours  à  nos  industriels, 
et  DOS  produits  fabriqués  continuent  de  se 
heurter  aux  barrières  que  la  politique  pro- 
bibittonniste  a  dressées  à  rentrée  des  fron- 
tières russes.  Nous  vivons  sous  le  régime 
des  taxes  exorbitantes  inscrites  dans  le  ta- 
rif russe  de  1891.  Sans  doute  une  conven- 
tion est  intervenue  en  1893  entre  la  France 
et  la  Russie,  mais  elle  n'a  porté  que  sur  une 
insignifiante  détaxe  de  10  ^jo  sur  les  vins. 
Quant  au  traité  de  commerce  conclu  Tan- 
née suivante,  en  1894,  entre  la  Russie  et 
rAllemagne,  il  ne  porte  guère  que  sur  les 
produits  que  nous  n'importons  pas,  tels  que 
le  fer,  la  fonte,  le  coke.  Il  en  résulte  que 
la  fameuse  clause  delà  nation  la  plus  favo- 
risée est  à  peu  près  pour  nous  lettre  morte. 
Cependant  la  Russie  n'a  pas  complètement 
atteint  le  but  qu'elle  visait  en  édictant 
une  politique    ultra^protectionniste.    Elle 


n'avait  pas  dissimulé  qu'elle  tendait  avant 
tout  à  se  passer  de  l'Europe  au  point  de  vue 
industriel,  et  les  industriels  russes,  réunis 
en  Congrès  à  Nijni-Novgorod,  se  sont  van- 
tés d'être  arrivés  à  ce  résultat.  Cette  espé- 
rance est  au  moins  prématurée.  La  Russie 
ne  se  suffit  pas  encore  à  elle-même,  comme 
le  prouvent  les  statistiques  douanières.  En 
1891,  la  Russie  importait  pour  380  millions 
de  roubles;  en  1893,  nous  constatons  un 
chiffre  de  463  millions  et  le  total  s'élève  à 
571  millions  en  1891. 

Malheureusement  les  marchandises  fran-» 
çaises  ne  figu  ren  l  sur  les  relevés  douaniers  q  ue 
pour  des  chiffres  dérisoires  :  ainsi,  en  1894^ 
TAllemagne  a  envoyé  en  Russie  pour  20  mil- 
lions de  roubles  de  machines  à  vapeur  ou 
parties  de  machine,  l'Angleterre  en  a  expé- 
dié pour  17  millions  1/2,  et  c'est  à  peine  si 
notre  importation  atteint  820,519  roubles  ! 
L'Allemagne  vend  à  la  Russie  pour  11  mil-" 
lions  de  roubles  de  produits  chimiques  et 
TAngleterre  pour  plus  de  6  millions,  tandis 
que  la  part  de  la  France  dans  cette  impor-» 
tation  atteint  au  maximum  1  million.  Il 
n'est  pas  jusqu'è  nos  vins  qui  ne  soient 
menacés  par  la  concurrence  indigène.  A 
TExposition  de  Nijni,  les  vignobles  russes 
étaient  représentés  par  plus  de  100  expo* 
sants. 

M.  Maurice  Verstraete  attribue  la  défa- 
veur qui  frappe  les  objets  français,en  Russie, 
à  la  méthode  défectueuse  de  nos  commer- 
çantsquine  voyagent  pas  assez  et  ne  savent 
pas  faire   manœuvrer  leurs  commis-voya- 
geurs, tandis  que  les  Allemands  excellent 
dans  cette  stratégie.    Il  est  possible,  il   est 
même  certain  que  nos  industriels  et  nos 
commerçants  pourraient  être  plus  experts 
pour  écouler  leurs  produits.  Mais   il  faut 
bien  reconnaître  aussi,  à   leur  décharge, 
que    les  efforts    qu'ils   ont    faits    jusqu'à 
présent    n'ont    pas  été  très  encourageants  : 
ainsi,  à  Nijni-Novgorod  même,  nous  pour 
rions    citer    tels    groupes  de    négociantt 
français    qui     s'étaient    formés    en    Syn- 
dicat pour  la  vente  des  produits   exposés. 
Nos  compatriotes  n'ont  économisé  ni  leur 
temps  ni  leur  peine  ;  mais  ils  en  ont  élé 
pour  leurs  sacrifices,  et  ces  sacrifices  ont  clé 


207  JOURNAL  MENSUEL  DE 

très  lourds.  Evidemment  on  aurait  mau- 
vaise gi-âce,  dans  cette  circonstance,  d'ac- 
cuser nos  industriels  d'apathie  :  ce  n'est 
pas  leur  faute  si  lesacheleurs  russes  donnent 
la  préférence  aux  Allemands.  Leur  échec 
tient  à  d'autres  causes.  11  ne  serait  pas  sans 
intérêt  de  rechercher  ces  causes  ;  mais  le 
sujet  nous  entraînerait  trop  loin. 

Gkorges  Michel. 
{Journal  des  Débats.) 


•   f  MACHINES  A  VAPEUR 
ET  MATÉRIEL  ÉLECTRIQUE 

de  la  maison  Farcot, 
à  Saint-Ouen  (Seine). 

Les  constructions  mécaniques  de  la  mai- 
son Farcot,  de  Sainl-Ouen  (Seine), ont  acquis 
depuis  près  d'un  demi-siècle  une  renommée 
qui  s'est  véritablement  étendue  à  l'univers 
entier.  La  fondation  de  la  maison  remonte 
d'ailleurs  à  Tannée  1823,  et,  dès  l'Exposi- 
tion universelle  de  Paris,  en  1855,  les  grands 
succès  et  les  plus  hautes  récompenses  sont 
venus  consacrer  la  réputation  de  cette  mai- 
son, à  la  suite  de  tous  les  concours  auxquels 
elle  a  pris  part. 

La  plus  grosse  branche  d'affaires  des  éta- 
blissements Farcot,  estcertainement  consti- 
tuée, à  rheure  actuelle,  par  les  fournitures 
aux  services  de  Tartillerie  et  delà  marine  de 
différents  États,  ainsi  qu'aux  grandes  entre- 
prises d  intérêt  public. 

Mais  la  maison  pourvoitaussi  aux  besoins 
des  entreprises  privées,  lorsque  ces  besoins 
sont  d'une  réelle  importance.  C'est  ainsi 
qu'elle  a  réalisé  Tinslallation  complète  du 
matériel  mécanique  et  électrique  de  Tusine 
possédée  à  Levallois  (Seine),  parla  Compa- 
gnie d'éclairage  électrique  du  secteur  des 
Champs-Elysées. 

Au  sujet  de  celte  installation,  nous  avons 
trouvé  dans  la  Revue  technique  des  détails 
intéressants  concernant  les  avantages  et  les 
mérites  des  appareils  construits  et  installés 
par  la  maison  Farcot,  et  nous  avons  jugé  à 
propos  de  reproduire  une  grande  partie  des 
explications  ainsi  publiées,  afin  de  faire 
essortir  une  fois  de  plus  dans  notre  Jour- 


lVcadAmie  nationale.  ^8 

nal,  qui  a  eu  à  s'occuper  des  travaux  de 
M.  Joseph  Farcot  depuis  1»5T,  la  haute 
valeur  des  conceptions  et  constructions  mé- 
caniques des  établissements  de  Saint-Ouen. 

La  Compagnie  d'Eclairage  électrique  du 
secteur  des  Champs-Elysées,  à  Paris,  possède 
sur  les  bords  de  la  Seine,  quai  Micbelet, 
'  à  Levallois,  entre  le  pont  de  la  Jatte etcelui 
d'Asnières^une  usine  dont  l'emplacement  est 
particulièrement  bien  choisi  :  le  charbon 
lui  arrive,  en  effet,  directement  par  bateaux, 
dans  des  conditions  économiques  très  favo- 
rables, puisque  les  transbordements  et  en- 
trées sont  évités.  L'eau  d'alimentation  des 
chaudières  et  celle  de  condensation  sont  à 
sa  portée  immédiate,  et  elle  a  l'avantage  de 
n'être  même  pas  à  deux  kilomètres  de  Paris, 
tout  en  échappant  ainsi  aux  réclamations 
des  voisins  pour  trépidations,  fumées  et  au- 
tres inconvénients  de  ville  inhérents  aux 
usines  intra-muros. 

C'est  en  1892  que  fut  créée  et  mise  en 
marche  cette  usine.  Depuis  le  début  de  son 
installation,  le  réseau  a  vu  chaque  jour  le 
nombre  de  ses  abonnés  croître,  et  cela  à  un 
tel  point;  qu  aujourd'hui  il  compte  cent  dix 
mille  lampes. 

H  convient,  en  outre,  d'ajouter  que  ces 
lampes  sont  réparties  chez  une  clientèle 
toute  spéciale,  qui  est  composée,  en  effet, 
presque  exclusivement  par  des  quartiers 
riches  et  compte  beaucoup  d'hôtels  particu- 
liers inhabités  pendant  les  beaux  mois  de 
Tannée. 

Dans  ces  hôtels,  la  consommation  ordi* 
naire  du  courant  est  faible,  mais  en  revan- 
che, les  jours  de  réception  et  de  soirée,  elle 
est  très  élevée. 

L'électricité  est  produite  à  l'aide  de  mo- 
teurs à  vapeur  actionnant  directement  des 
volants  qui  portent  extérieurement  à  leur 
jante  des  bobines  dont  l'enâemble  forme 
l'inducteur  de  la  dynamo,  l'induit  est  fixe 
et  repose  sur  le  sol.  Le  courant  est  alter- 
natif. 

Jusqu'au  commencement  de  l'année  der- 
nière, la  production  d'électricité  nécessaire 
au  réseau  était  assurée  par  trois  grouper 
éleclrogènes  A,  B,  C  ;  l'un  deux  constituait 
le  matériel  de  réserve.  Chaque  dynamo  était 


200 


INDUSTRIE. 


210 


d'one  puissance  de  400  kilowatts  apparents  ; 
deux  groupes  fonctionnaient  jour  et  nuit, 
sauf  deux  arrêts  de  deux  heures  par  semai- 
ne, et  le  troisième  servait  soit  de  rechange, 
soit  de  secours  aux  heures  de  la  journée  où 
la  consommation  des  abonnés  devient  plus 
considérable. 

Une  semblable  marche  surmenait  les  uni- 
tés en  jeu,  et  si  la  constitution  robuste  des 
flLotenrs  à  vapeur  leur  permettait  de  résis- 
ter à  un  tel  travail  sans  que  leurs  divers  or- 
ganes en  eussent  ù  souffrir,  il  n*en  était  pas 
de  même  du  matériel  électrique,  beaucoup 
plus  fragile.  Aussi,  pour  remédier  à  cet  état 
de  choses,  la  Compagnie  d'éclairage  électri- 
que du  Secteur  des  Champs-Elysées  prit- 
elle  la  résolution  dinstaller  un  nouvel  en- 
semble électrogène,  accroissant  ainsi  la  ca- 
pacité de  Tusine,  en  déchargeant  les  ancien- 
nes unités. 

Les  machines  à  vapeur  déjà  installées 
étaient  .sorties  des  ateliers  de  la  maison 
Farcot,  à  Saint-Ouen  (Seine),  et  avait  don- 
Bé  toute  satisfaction  ;  le  nouveau  moteur 
loi  fut  donc  confié.  De  plus,  comme  depuis 
plo^iears  années  cette  Maison  a  ajouté  à  sa 
construction  habituelle  de  machines,  chau- 
dières, pompes,  etc.,  celle  du  matériel  élec- 
trique, elle  fut  chargée  d'établir  le  nouvel 
alternateur,  suivant  les  procédés  Hutin  Le- 
blanc, dont  elle  s'est  rendue  acquéreur. 
Cest  ce  nouveau  groupe  électrogène,  sorti 
complètement  des  ateliers  de  Saint-Ouen, 
qoe  nous  allons  examiner  dans  ses  divers 
détails. 

Moteur.  —  Le  moteur  est  mono-cylindri- 
que à  quatre  tiroirs  du  type  Corliss.  systè- 
me Farcot,  à  condensation  ;  le  diamètre  du 
cjlindre  est  de  827  millimètres,  et  la  course 
da piston  de  1.400  millimètres.  Le  volant 
toarne  à  raison  de  60  tours  par  minute. 

L'installation  de  ce  moteur  porte  à  cinq 
le  nombre  de  ceux  installés  dans  l'usine  du 
secteur  ;  deux  machines  à  vapeur  du  même 
système  et  de  mêmes  dimensions  que  la  nou- 
velle unité,  commandent  respectivement 
on  alternateur  ;  deux  autres  moteurs  sem- 
bibles,  mais  de  650  millimètres  de  diamè- 
tre de  cylindre  et  de  i"*30  de  course  de 


piston  ;  conjugués  sur  le  même  arbre  de  vo- 
lant, actionnaient  un  troisième  alternateur 
qui  vient  lui-même  d'être  remplacé  par  un 
alternateur  Hutin-Leblanc-Farcot,  identi-4 
que  à  celui  que  nous  décrirons  plus  loin. 

Ces  machines  sont  d'un  type  unique  et^ 
comme  toutes  celles  qui  sortent  de  ces  ate- 
liers, leur  construction  générale  est  particu-* 
lièrement  soignée  en  vue  de  la  parfaite  se-* 
curité  d'un  bon  fonctionnement  industriel 
ininterrompu  ;  aucun  organe,si  minime  qu'il 
soit  et  quelque  peu  important  qu'il  paraisse, 
n'est  négligé,  même  dans  ses  détails  ;  c'est 
ce  qui  a  permis  à  ces  moteurs  de  si  bien  se 
comporter  depuis  leur  mise  en  marche,  alors 
que  leservice  imposé  était  si  pénible. 

En  dehors  de  la  qualité  exceptionnelle  de 
leurs  matières  premières  et  de  la  précision 
d'ajustage  des  divers  organes,  il  est  bon 
de  remarquer  que  toute  chance  de  rup- 
ture, due  aux  dilatations  inégales,est  évitée 
par  la  précaution  qu'ont  eue  les  construc* 
teurs  de  rapporter  la  chemise  intérieure  du 
cylindre  au  lieu  de  la  faire  venir  de  fonte 
avec  le  cylindre  proprement  dit. 

Dans  ce  même  but,  le  cylindre  est  relié 
d'une  façon  toute  spéciale  au  bâti;  il  est 
ceintré  et  relié  avec  ce  dernier,  qui,  lui,  est 
fixé  très  solidement  au  massif  de  maçonne- 
rie à  l'aide  du  palier  de  bâti  et  de  ses  bou- 
lons, tandis  que  le  cylindre  ne  fait  que  re- 
poser sur  un  support  ou  tabouret  fixe  qui 
lui  permet  de  se  déplacer  longitudinalemcnt 
sous  les  efforts  des  dilatations. 

Les  paliers  sont  à  graissage  automatique, 
des  anneaux  de  grand  diamètre  baignent 
dans  l'huile  et  entourent  l'arbre  ;  la  rota- 
tion de  ce  dernier  les  entraine  et  en  même 
temps  l'huile,  qui  est  ainsi  élevée  pour  re- 
tomber sur  les  surfaces  en  frottement,  assure 
leur  lavage  complet  et  très  abondant,  ce 
qui  garantit  l'impossibilité  de  tout  échauF- 
femcnt. 

I^s  coussinets  du  palier  principal  sont  en 
fonte,  à  grande  masse,  et  garnis  d'antifric- 
tion  phosphorique  spécial  ;  il  sont  disposés 
de  telle  sorte  que  leur  surface  est  complè- 
tement utilisée,  les  coussinets  latéraux 
pouvant  oscillier  ;  cet  avantage  est  capital. 
Les  articulations  principales,   manetons, 


311 


JOUaNAL  MENSUEL  J»  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


212 


a>es  de  inouveraent  de  distribution,  arbres 
des  tiroirs,  etc.,  ne  sont  pas  simplement  en 
acier  qui,  quelle  que  soit  sa  qualité,  a  Tiu- 
convénient.tout  en  étant  dur,  d'être  cassant, 
mais  bien  on  fer  de  première  qualité,  cémen- 
té, trempé  et  ensuite  rectifié  h  la  meule  à 
éraeri,  ce  qui  le  rend  bien  supérieur  à  Ta- 
cier  pour  ce  genre  d'organes  et  permet  d*ob. 
tenir  des  pièces  ajustées  avec  une  précision 
remarquable  et  d'une  durée  assurée. 

Un  graissage  bien  compris  s'ajoute  aux 
précautions  de  construction  indiquées  plus 
haut  et  permet  d'assurer  des  marches  inin- 
terrompues, sans  usures  anormales  ou  au- 
tres incidents.  Toutes  les  parties  frottantes 
du  cylindre  à  vapeur  sont  lubrifiées  à  Vaide 
d'un  unique  graisseur  h  pompe  sur  le  piston 
duquel  agit  la  pression  de  la  vapeur  pour 
envoyer  aux  points  intéressés  l'huile  néces- 
saire à  Taide  de  divers  tuyaux  appliqués  sur 
le  cylindre  ;  chacun  est  terminé  par  un 
bouton  permettant  de  régler  le  débit  de 
rhuile  d'autant  plus  facilement  que  cette 
dernière  traverse  des  tut)esde  verre  à  comp- 
te-gouttes, où  la  rapidité  de  Técoule  nent 
peut  se  vérifier. 

Le  graissage  des  coulisseaux  d(3  la  crosse 
de  piston  est  assuré  par  des  graisseurs  à  la 
graisse  ordinaire  et  celui  de  la  tète  de  bielle 
par  de  Thuile  distribuée  à  laide  de  Iccheurs  ; 
celui  du  maneton  est  obtenu  à  l'aide  d'un 
dispositif  spécial. 

Le  mode  de  distribution  du  moteur  est 
dérivé  du  système  Corliss,  mais  il  a  été  mo- 
difié et  amélioré  à  la  suite  de  longues  et 
patientes  recherches  du  service  des  études 
de  la  maison  Farcot . 

Nous  ne  pouvons,  sans  le  secours  du  des- 
sin, entrer  dans  le  détail  de  ce  mécanisme 
de  distribution  qui  est  forcément  un  peu 
compliqué,  mais  nous  pouvons  en  indiquer 
sommairement  les  mérites. 

Un  des  principaux  avantages  de  celte  dis- 
tribution résulte  de  ce  que  l'organe  de 
déclanchement  qui  agit  pour  les  grandes 
introductions  ne  fonctionne  pas  constam- 
ment, de  sorte  que  dans  la  marche  ordinaire 
et  habituelle,  cet  organe  se  transporte  libre- 
ment dans  l'espace  sans  subir  ni  produire 


aucun  frottement  sur  la  bosse  et  sur  le  flanc 
de  la  came  correspondante. 

Un  autre  avantage  résulte  de  ce  fait  que 
les  efforts  perturbateurs  transmis  sur  le  pen- 
dule par  le  déclic  sontréduitsaa  minimum, 
les  bosses  des  cames  étant  constituées  à  très 
faible  pente,  de  façon  à.  neutraliser,  au 
moins  en  grande  partie,  ces  efforts  par  le 
simple  frottement  des  cames  autour  du  sup- 
port sur  lequel  elles  jouent. 

Dans  tous  les  systèmes  de  machines 
sans  exception,  les  emportements  sont  à 
craindre.  Il  suffit  en  effet  que,  par  suite  d'an 
incident  quelconque,  le  régulateur  tombe 
au  bas  de  sa  course  ;  il  n'agit  plus  alors  sur 
les  organes  de  la  distribution,  l'admission 
de  vapeur  n'est  plus  régulière,  et  l'allure 
de  la  machine  augmente  de  plus  en  plus  : 
au  bout  de  très  peu  d'instants,  les  ruptures 
de  volants  ou  de  grosses  pièces  de  trans- 
mission de  mouvement  surviennent  avec 
tous  les  accidents  qu'elles  entraînent. 

La  maison  Farcot  a  pris  les  précautions 
nécessaires  pour  mettre  son  moteur  à  l'abri 
de  cet  accident;  en.  effet,  une  disposition 
spéciale  des  cames  empoche  tout  emporte- 
ment de  la  machine  en  cas  d'accident  au 
régulateur. 

Si  ce  dernier  s'arrête  et  tombe  au  bas  de 
sa  course,  les  cames  agissent,  suppriment 
l'introduction  de  vapeur,  et  la  machine, 
au  lieu  de  s'emporter,  s^arréte  et  prévient 
ainsi  son  conducteur  que  quelque  chose 
d'anormal  est  arrivé. 

Il  ne  suffit  pas  pour  rendre  un  moteur 
très  économique  de  le  doter  d'une  distribu- 
tion irréprochable,  il  faut  encore  compléter 
l'action  de  celle-ci  en  éliminant  une  à  une 
les  causes  secondaires  qui  peuvent  contri- 
buer à  la  dépense  de  vapeur. 

En  première  ligne,  ce  sont  les  espaces 
nuisibles  qui  grossissent  les  chiffres  de  con- 
sommation. Ils  existent  dans  toutes  les  ma- 
chines et  dans  les  meilleures  occupent  en- 
core 2  à  3  pour  100  du  volume  du  cylindre. 
On  ne  peutévidemment  songer  à  les  suppri- 
mer, puisque  leur  existence  est  intimement 
liée  à  celle  du  piston  et  des  tiroirs,  ainsi 
qu'à  leur  fonctionnement.  Il  faut  en  consé- 
quence chercher  à  les  réduire  à  leur  mini- 


Î13 


INDUSTniB. 


214 


mum  ;  et  le  cylindre  Farcot,  dont  les  espa- 
ces nuisibles  occupent  à  peine  1  pour  100 
de  son  Yolume  total,  est  sans  aucun  doute 
la  meilleure  solution  de  ce  problème  difU- 
cile. 

Uu  second  élément  qui  joue  un  rôle  im- 
portant dans  la  réduction  deconsommation 
de  Tapeur  est  lo  mode  de  réchauffement  de 
cette  dernière. 

Les  constructeurs,  pour  Tobienir  avec  son 
maximumd'inlensité,  onteusoin,  dans  leur 
cDochine,  non  seulement  de  créer  autour  du 
cylindre  une  enveloppe  de  vapeur,  mais 
eocore  de  prendre  les  dispositions  néces- 
saires pour  que,  constamment  et  énergique- 
meot,  ce  fluide  soit  renouvelé.  Dans  ce  but, 
lis  ont  employé  au  réchauffement  du  cylin- 
dre la  Tapeur  même  du  travail,  lui  faisant 
parcourir  Tenveloppeavant  de  pénétrer  dans 
les  fond$  où  sont  placés  les  tiroirs  de  dis- 
iribotîoo. 

Les  dépôts  de  buée  empêchant  leréchauf- 
fement,  si  inévitables  quand  la  vapeur  sta- 
tionne, sont  donc  écartés  d'une  façon  cer- 
taioe,  et  cela  d'autant  mieux  que  pour  com- 
pléter l'action  de  l'enveloppe,  une  pompe 
ée  purge  spéciale  lassèche  constamment  et 
fait  disparaître  toute  trace  d'humidité. 

D'autres  causes  viennent  souvent  s'ajou- 
ter aux  précédentes  pour  élever  les  chiffres 
de  consommation  de  vapeur  des  machines. 
Elles  ont  été  soigneusement  éliminées  dans 
celle-ci. 

O'est  ainsi  que  les  tiroirs  d'admission  et 
d'échappement  sont  absolument  indépen- 
dants les  uns  des  autres,  en  vue  d'éviter 
les  condensations  produites  par  le  passage 
successif  de  la  vapeur  de  travail  et  de  celle 
d'échappement  dans  une  même  conduite. 

La  forme  des  tiroirs  et  leur  mouvement 
ont  été  déterminés  avec  soin  ;  ils  sont  cir- 
culaires et  animés  d'unevitesse  de  rotation 
très  grande  qui  en  permet  louverture  et  la 
fermeture  rapide  et  évite  le  laminage  de  la 
vapeur,  si  pernicieux  lui  aussi. 

Nous  compléterons  l'étude  rapide  de  ce 
moteur  en  ajoutantquesa régularité  de  mar- 
che est  absolue,  tout  en  assurant  la  plus 
grande  élasticité  possible  de  puissance^  ce 
qui  est  capital   dans  une  exploitation   de 


secteur  d'éclairage  électrique.  Le  nombre 
de  chevaux  effectifs  obtenus  à  l'introduc* 
tion  de  I/IO  peut,  en  effet,  être  doublé  sans 
que  coUc-ci  dépasse  3/10  do  la  course  du 
piston.  Ces  variations  de  puissance  sont 
d'ailleurs  obtenues  sans  que  les  chiffres 
minimum  de  consommation  soient  de  beau* 
coup  surélevés. 

Alternateur.  —  La  dynamo-volant  est 
un  alternateur  étudié  et  construit  par  la 
maison  Farcot,  suivant  les  brevets  de  MM. 
Hutin  et  Leblanc,  dont  elle  est  concession- 
naire. 

Ce  dynamo,  du  type  dit  à  circuits  amor- 
tisseurs, peut  donner  une  puissance  nor- 
male de  600  kilowatts  sous  3.000  volts  sur 
résistances  non  inductives,  soit  400  kilo- 
watts avec  un  facteur  de  puissance  (rap- 
port entre  la  puissance  vraie  mesurée 
au  wattmètre  et  la  puissance  apparente, 
produit  des  ampères  par  les  volts)  de 
0,8,  la  fréquence  adoptée  étant  de  quaran- 
te périodes  ou  oscillations  complètes  du 
courant  par  seconde,  l'inducteur  à  80  pôles. 
En  voici  la  description  succincte  : 

Inducteur.  —  L'inducteur  constitue  la 
partie  mobile  et  sert  en  même  temps  de 
volant  à  la  machine.  Il  comporte  80  pôles 
retenus  sur  le  volant,  d'un  côté  à  l'aide 
d'une  couronne  veaue  de  fondeiûe,  avec  le 
volant  de  Tautrepar  20  segnienis  mobiles 
fixés  eux-mêmes  sur  le  volant. 

Chaque  pôle  est  forme?  d'une  pile  de 
tôles  de  2  millimètres  d'épaisseur,  sur 
laquelle  est  enroulée  une  bobine  inductrice 
formée  de  fils  de  13"»"4  carrés  de  section. 

Les80  bobines  ainsi  obtenues  constituent 
l'enroulement  inducteur  proprement  dit  et 
sont  disposées  en  quatre  séries  en  parallèle, 
aboutissante  des  bagues  de  prise  de  cou- 
rant. 

Outre  cet  enroulement,  les  pôles  induc- 
teurs sont  également  munis  de  circuits  fer- 
mes  sur  eux-mêmes,  dits  circuits  amortis- 
seurs, et  formés  de  6  boulons  en  cuivre  de 
530  millimètres  carrés  de  section,  réunis 
entre  eux  par  des  atîgments  en  cuivre. 

Le  diamètre  extérieur  de  cet  inducteur 
est  de  5"*970.  Une  excitatrice   Farcol  de 


215 


JOURNAL  MENSUEL  PB  L' ACADÉMIE  NATIONALE. 


40,000  watts,  actionnée  par  le  moteur  lui- 
même  à  Taide  d'une  courroie,  fournit  le 
courant  d'excitation  ;  elle  est  d'ailleurs  sus- 
ceptible d'alimenter  plusieurs  alternateurs 
en  même  temps. 

Induit.  —  L'induit  comprend  80  bobines 
montées  en  deux  circuits  en  parallèle  et 
enroulées  à  plat  dans  des  encoches  ména- 
gées à  cet  effet.  Ces  bobines  sont  disposées 
deux  par  deux  sur  un  paquet  de  tôles  de 
l'induit.  Chacun  de  ces  paquets  est  fixé  aux 
voussoirsen  fonte  d'une  façon  analogue  à 
celle  employée  pour  fixer  les  bobines  induc- 
trices sur  le  volant. 

L'isolation  des  bobines  est  faite  à  la  mé- 
canique et  les  paquets  de  l'induit  sont  isolés 
de  la  masse  par  des  cylindres  en  ébonite,  et 
entre  eux  à  Taide  de  plaques  également  en 
ébonite  et  de  2  à  3  millimètres  d'épaisseur. 

Le  diamètre  extérieur  de  l'induit  est  de 

Comme  nous  avons  eu  l'occasion  de  le 
dire  plus  haut,  un  second  alternateur  de  la 
même  construction  a  été  récemment  ins- 
tallé à  la  même  usine.  Des  essais  de  couplage 
en  parallèle  ont  été  faits  avec  les  deux  unités 
Farcot,  ils  ont  pleinement  réussi  ;  les  essais 
de  rendement  n'ont  pas  été  moins  satisfai- 
sants, et  l'ensemble  des  opérations  a  permis 
de  constater  un  rendement  de  92  pour  100 
pour  chacune  des  unités. 

Générateurs.  —  La  vapeur  nécessaire  à 
la  consommation  des  machines  est  fournie 
par  une  batterie  de  7  générateurs  du  type 
Galloway  de  100  mètres  carrés  de  surface 
de  chauffe.  Les  gaz  provenant  de  la  combus- 
tion de  la  houille  traversent,  avant  de  se 
rendre  dans  la  cheminée,  haute  de  40  mètres, 
un  économiseur  Green  de  340  tubes  qui  per- 
met de  réchauffer  l'eau  d'alimentation  à 
près  de  100  degrés. 

Cette  eau  est  puisée  dans  la  Seine  même, 
par  des  pompes  centrifuges  Farcot  qui  l'as* 
pirent  à  l'aide  d'une  luyauteriede  70  mètres 
de  longueur  et  la  déversent  dans  un  vaste 
réservoir,  où  elle  est  épurée  avant  d'être 
envoyée  aux  générateurs. 

Il  ressort  de  tous  ces  détails  que  les  ins- 
tallations ainsi  réalisées  par  la  maison  Far- 


cot forment  un  ensemble  des  mieax  cu> 
pris,  digne  en  tous  points  de  la  grande  I^ 
nommée  industrielle  de  cette  niaison. 


LA  TRACTION  MÉCANIQUE  DES 
TRAMWAYS  : 

Avantages  du  syatème  des   locomotives  sa» 
foyer 

de  M.  Léon  Francq,  à  Paris. 

Il  est  bien  certain  que  Tapplication  •£ 
l'électricité  ù.  la  traction  mécanique  à^ 
tramways  a  constamment  donné  de  bo: 
résultats,  tant  au  point  de  vue  de  Técoifi^ 
mie  d'exploitation  par  rapport  aux  dépen- 
ses que  nécessite  la  traction  aninxale,qau 
point  de  vue  de  la  grande  amélioration  dts 
moyens  de  transport  mis  à  la  dispositioa 
du  public. 

Les  différents  systèmes  de  traction  élêC' 
trique  par  accumulateurs,  par  trolley  av» 
fil  aérien,  par  trolley  avec  fil  en  canive» 
souterrain,  ou  pfiv  plots  ou  rail  central  ave 
mise  en  circuit  intermittente  des  seaie 
parties  de  la  voie  couvertes  par  les  voiture, 
ont  généralement  fourni  une  solution  ao^l 
élégante  que  commode  du  problème  de  j 
traction  mécanique  des  tramways. 

Ajoutons  que  la  traction  électrique,  sacf 
peut-être  dans  le  cas  de  l'emploi  des  acci^ 
mulateurs,  s'est  généralement  montrée  plu^ 
économique  que  la  traction  par  Valr  com^ 
primé.  Mais,  il  serait  néanmoins  téméraire 
de  conclure  que  la  traction  électrique  Teci 
porte  en  avantages,  à  l'heure  actuelle,  su' 
tous  les  autres  systèmes  de  traction  mécv 
nique.  Cette  conclusion  a  cependant  èi 
formulée  avecassurance  par  plusieurs  él^ 
triciens  dans  des  rapports  scientifiques  li- 
vrés à  la  publicité. 

A  titre  de  protestation  et  pour  fixer  coro^ 
plètementles  éléments  de  la  question,  no* 
tre  Sociétaire,  M.  Léon  Francq,  l'ingénieur 
bien  connu  qui  a  introduit  en  France  1« 
système  des  locomotives  sans  foyer  el  qui 
l'a  si  notablement  perfectionné,  a  adresse  J 
la  Société  internationale  des  électriciens  è 
Paris,  une  importante  communication  sur 
l'opportunité  d'étendre    partout  l'applica^ 


217 


INDUSTtllB. 


218 


tioii  de  la  traction  mécanique  des  tram- 
ways prëtërablement  à  la  traction  aniraale. 

Après  avoir  démontré  tous  les  avantages 
de  ce  mode  de  traction  (resté  si  longtemps 
dans  l'enfance,  à  Paris  tout  particulière- 
meot)  ;  après  avoir  passé  longuement  en 
revue  toutes  les  particularités,  tant  écono- 
miques que  techniques,  des  divers  systèmes 
de  moteurs  employés,  des  formes  des  voi- 
tures, de  leurs  genres  d'attelage,  etc.,  sans 
se  livrer  aux  moindres  considérations  de 
parti  pris  en  faveur  ou  en  défaveur  de  tel 
ou  tel  système  (électricité,  air  comprimé, 
eao  chaude  ou  vapeur,  pétrole),  M.  Francq 
fait  connaître  les  résultats  obtenus  par 
l'application  de  ses  machines  à  eau  chaude, 
ou  à  vapeur  sans  feu,  sur  quelques  lignes. 

Dans  le  but  d'intéresser  nos  lecteurs,  et 
de  les  renseigner  avec  toute  l'exactitude 
désirable,  nous  nous  bornerons  à  reproduire 
in  extenso  le  fragment  qui  suit,  du  rapport 
de  N.  Léon  Francq,  que  nous  empruntons 
au  Bulletin  de  la  Société  internationale  des 
électriciens  de  mars  1897  : 

)Ccs  résultats  comprendront  à  la  t'ois 
les  frais  de  traction,  les  frais  totaux  d'ex* 
ploitation  par  kilomètre-train  et  par  kilo- 
mètre-voiture, le  coelticient  d'exploitation. 
Ils  s'appuient  sur  des  documents  qui  ne 
laissent  place  au  moindre  doute. 

>  Les  frais  de  traction  comprennent  :  le 
combustible,  les  huiles  et  graisses,  l'eau,  le 
ttbie,  les  chiffons  et  matières  diverses,  les 
pièces  de  rechange,  d'entretien  et  de  renou- 
vellement du  matériel  ;  l'éclairage  du  dépôt 
^ des  machines,  le  chef  de  dépôt,  les  ma- 
chinistes, les  chauffeurs,  les  chargeurs,  les 
manœuvres,  les  ouvriers  et  le  chef  d'ate- 
lier Jes  redevances  d'invention,  les  avaries 
accidentelles,  les  assurances,  les  primes  et 
gratifications  (1). 

»En  dehors  des  frais  de  traction,  les  dé- 
penses d'exploitation  comprennent  :  les  dé- 

(t)  En  généraL  les  frais  de  traction  méca- 
nique se  subdivisent,  savoir  :  un  tiers  environ 
pour  le  combustible,  graissage  et  matières  di- 
verses ;  un  tiers  pour  le  personnel  de  conduite 
«Ide  surveillance  et  d'entretien  ;  un  tiers 
Poor le  renouvellement  du  matériel. 


penses  générales  (administration,  direction, 
comptabilité,  imprimés,  tickets,  fournitures, 
impôts,  assurances,  contrôle,  téléphonie, 
affichage,  publicité,  loyers,  etc.)  ;  les  dépen- 
ses du  trafic  (contrôleur,  chefs  de  station, 
conducteurs,  etc.)  ;  les  dépenses  du  maté- 
riel roulant  voitures  (éclairage,  graissage, 
nettoyage,  entretien  et  réparations)  ;  les  dé<- 
penscs  de  la  voie  (garde,  surveillance,  net- 
toyage, entretien,  enlèvement  des  neiges» 
arrosages,  etc.). 

»  Ligne  de  Rueil  à  Marly.  —  Longueur 
de  la  ligne  9250  m.  dont  7300  m.  environ 
presque  en  palier,  avec  des  rampes  acci- 
dentelles et  de  peu  d'étendue  ;  le  reste  en 
déclivité  variant  jusqu'à  59/1000'.  Total  des 
montées  93  m.  Deux  voitures  au  train  sur  la 
forte  rampe;  quatre  à  six  voitures  sur  l'autre 
partie.  Service  ininterrompu  depuis  1877 
jusqu'en  1890,  malgré  le  rigoureux  hiver  de 
1879-1880  (  —  24'»  C.  ).  Départ  d'heure  en 
heure  seulement. 

»  L'exercice  1889  a  produit  une  recette 
brute  totale  de  163,205  fr.,  pour  une  dé- 
pense de  109,980  fr.  Le  nombre  de  kilo- 
mètres-trains a  été  de  124,619,  les  kilomè- 
tres-voilures se  sont  élevés  à  462,366. 

»  La  dépense  totale  d'exploitation  par 
kilomètre- train  a  été  de  0  fr.  8825,  et  par  ki- 
lomètre-voiture de  0  fr.2373. 

»  La  traction  a  coulé  0  fr.  41  par  kilomè» 
tre-train  (2),  etO  fr.  11  par  kilomètre-voi- 
ture. 

)>  Le  coefficient  d'exploitation  étaitdonc  de 
66%. 

«  Quant  à  la  consommation  de  charbon, 
elle  était  de  5  kg.  environ,  malgré  la  condi- 
tion défavorable  d'un  seul  chargement  par 
heure. 

»  Ligne  de  Paris  {Etoile  à  Courbevoie], 
—  Beaucoup  d'éléments  nous  font  défaut. 
On  y  emploie  des  machines  à  foyer,  en  mau- 
vais état,  qu'on  a  transformées,  comme  on  a 
pu,  en  machines  à  eau  chaude. 

(2)  La  Compagnie  du  tramway  à  vapeur  de 
Paris  à  Saint-Germain  annonçait,  en  1S91,  un 
prix  de  revient  de  0  fr.  46  pour  un  service  fait 
sur  les  rampe»  de  Courbevoie,  Nanterre»  Mar- 
ly  et  Saint'Oermain. 


219 


JOURNAL  MENSUEL  DB  l'aCADÊMIE  NATIONALE.  220 


9  En  1894,  la  Compagnie  exploitante  an- 
nonçait à  ses  actionnaires  une  dépense  de 
traction  par  kilomètre  parcouru,  qui  était 
de  0  fr.  352,  alors  qu'elle  dépensait  ailleurs 
0  fr.  557  avec  les  clievaui  et  0  fr.  542  avec 
la  traction  électrique. 

»  Le  bénéfice  d'exploitation,  par  kilomè- 
tre parcouru,  était  de  0  fr.0776en moyenne 
sur  Tensemble  du  réseau,  de  0  fr.  0184 
avec  la  traction  animale,  deO  fr.  0617  avec 
la  traction  électrique,  et  enfin  de  0  fr.  3043 
avec  la  traction  à  eau  chaude. 

»  Ligne  de  la  Compagnie  lyonnaise  de 
Tramways,  —  Trente-sept  machines  sont 
en  usage  sur  trois  lignes. 

»  D'après  le  rapport  présenté  à  la  der- 
nière assemblée,  la  dépense  totale  d'exploi- 
tation a  été,  en  1895,  de  0  fr.  835  par 
kilomètre-train,  avec  un  coefficient  d'exploi- 
tation de  66  %. 

»  La  traction  a  coûté  Ofr.  504  par  kilo- 
mètre-train et  0  fr  232  par  kilomètre-voi- 
ture. 

»  Chaque  train  est  composé  de  la  machine 
et  de  deux  longues  voitures  à  boggies  com- 
prenant chacune  soixante  places. 

»  Les  rampes  sont  assez  nombreuses  ;  les 
déclivités  atteignent  45  millièmes. 

»  Ligne  de  Lille  à  iîot/ftai.r.— Longueur 
de  11,666m.  ;  rampes  nombreuses  ;  décli* 
vite  maxima53  millièmes  ;  trains  à  la  demi, 
heure  entre  Lille  et  Roubaix,  et  à  10  m.  en- 
tre Lille  et  le  Lion-d'Or  ;  une  ou  deux  voi- 
tures à  chaque  train  ;  voie  en  mauvaiséiat; 
installation  défectueuse  des  chaudières. 

»  Pendant  plusieurs  années  on  a  constaté 
en  moyenne  une  recette  brute  totale  de 
390,010  fr.  par  an,  pour  une  dépense  totale 
d'exploitation  de  243,090  francs.  D'où  coef- 
ficient d'exploitation  :  65  %.  Dépense 
totale  d'exploitation  :  par  kilomôlre-train 
Ofr.OiO,  par  kilomètre- voiture  0  fr.  441.  Dé- 
pensede  traction:  par  kilomètre-lrainOfr.  335 
et  par  kilomètre  voiture  0  fr.  227. 

»  Combustible  brùlé  par  kilomètre-train, 
en  moyenne  5  kg. 

»  Ligne  de  Batavia  à  Kramat  et  Mester 
Cornelis.  —  Le  rapport   présenté  à  l'as- 


semblée en  1890  annonce  une  recette  brute 
totale  de 312,1^03  florins  pour  une  dépense 
toialed'exploitation  de  151,271  florins.  Coef- 
ficient d'exploitation  :  69  0/0. 

>  L'exploitation  totale  a  coûté  0  fl.  25par 
kilomètre-train,  y  compris  les  frais  d  admi- 
nistration en  Hollande. 

»  La  traction  a  coûté  0  H.  13  par  kilo- 
mètre-train. 

»  La  ligne  a  une  longueur  de  12,615  m.  ; 
on  y  relève  des  courbes  de  25  m.  derayonet 
des  déclivités  de  33  millièmes. 

»  Le  combustible  consommé  par  kilo- 
mètre-train est  de  4  kg.  ;  on  le  paye  très  cher, 
ainsi  que  les  mécaniciens  et  les  pièces  de 
rechange,  mais  la  main-d'œuvre  ordinaire 
est  à  bon  marché. 

»  Le  parcours  annuel  des  machines  est  de 
798,968  km.,  celui  dos  voitures  de  2,251,883 
km. 

»  Ligne  de  Marseille  à  Saint-Pierre. 
—  Nombreuses  rampes,  fortes  déclivités 
(54  mm.  en  courbe  de  30  m.)  et  en  tunnel  ; 
trains  comprenant  2  voitures  à  boggies  de 
60  voyageurs  chacune. 

»  D'après  un  rapport  officiel,  les  recettes 
brutes  totales  dans  un  exercice  ont  été  de 
264,683  fr.  60  ;  les  dépenses  d'exploitation 
de  toute  nature  de  143,115  fr.  34  ;  le  coef- 
ficient d'exploitation  de  45  %. 

»  D'autre  part,  on  indique,  comme  dé- 
pense totale  d'exploitation  par  kilomètre- 
train,  0  fr.  80;  par  kilomètre- voilure, 
0  fr.  40. 

»  La  dépense  de  traction  par  kilomètre- 
train  est  de  0  fr.  40  environ,  et  par  kilo- 
mètre-voiture de  0  fr.  20. 

»  Ligne  de  Saint- Germain  à  Poissy.  — 
La  dernière  application  des  moteurs  à  eau 
chaude,  modifiés  par  l'adjonction  d'un  sur- 
chauffeur de  vapeur,  vient  d'être  faite  au 
mois  d'août  1896  sur  cette  ligne. 

)>  Le  parcours  de  Poissy  à  Saint-Germain 
est  de  près  de  6  km. 

>  Le  train  est  composé  de  la  machine,  de 
deux  longues  voitures  à  boggies  de  50  et  60 
places  et  d'un  fourgon.  Le  poids  total  brut 
du  train  complètement  chargé  atteint  au 
maximum  46  tonnes. 


221 


INDUSTRIE. 


222 


•  La  plus  forte  dëclivîtë  «st  de  52  rail- 
lièffles,  avec  un  arrêt  en  rampe  ;  iacote  à 
Poiisy  est  de  20  m.  au-dessus  du  niveau  de 
Il  mer,  celle  de  Saint-Germain  est  de  60  m. 

»  Les  machines  partent  seulement  une 
lois  par  heure  ;  elles  réalisent  le  voyage 
d'aller  et  retour,  en  dépensant  juste  la  moi- 
lié  de  la  vapeur  accumulée  utilisable. 

B  Le  combustible  brûlé  (grains  lavés)  est 
de  5kg.  500  environ  par  kilomètre-train 
pour  le  service  d'hiver  et  y  compris  Tan- 
(bracitedu  surchauffeur  ;  il  sera ,  en  moyenne, 
pour  l'année  de  5  kg.  vraisemblablement. 

>  Les  résultats  de  l'exploitation  depuis 
TouTerture  de  la  ligne  permettent  d'indi- 
qaer  que  la  recette  brute  totale  sera  pro- 
bablement de  110.000  fr.  pour  une  année 
de  début,  et  que  la  dépense  totale  d'exploi- 
tation ne  dépassera  pas  70.000  fr.,  d'où 
coetBcient  de  63  %. 

>  On  estime  que  la  dépense  moyenne  to- 
ute par  kilomètre-train  sera  de  0  fr.  80 
toutau  plus,  et  que  la  traction  coûtera,  par 
kilomètre-train,  de  0  fr.  40  à  0  fir.  45,  y 
compris  l'entretien  du  frein  continu  auto- 
matique par  le  vide. 

B  La  traction  se  fait  ici,  en  toute  évidence, 
dans  les  conditions  les  plus  défavorables, 
car  il  est  bien  certain  qu'un  service  qu 
justifierait  quatre  départs  à  l'heure  dansi 
cliaquesens,  par  exemple,  donnerait  lieu  à 
une  dépense  bien  moindre  en  charbon  et 
dans  les  frais  divers  qui  sont  comptés  à  la 
charge  de  la  traction. 

>  En  résumé,  comme  vous  le  voyez,  Mes- 
sieurs, les  moteurs  à  eau  chaude  qui  opèrent 
la  traction  mécanique,  sur  des  lignes  à  fai- 
bletraAc,  concourent  à  faire  une  exploita- 
tion au  coefticient  variant  de  45  à  (56  %, 
aTecun  prix  total  d'exploitation  par  kilo- 
mètre-train variant  entre  0  fr.  8835  etOfr.  50, 
ce  qui  correspond  à  une  dépense  de  traction 
variant  de  0  fr .  504  à  0  fr.  20  par  kilomètre- 
train,  et  de  Ofr.  232  à  0  fr.  11  par  kilo- 
mètre-voiture de  50  places  environ. 

>  Dans  ees  conditions,  on  ne  pourra  af- 
firmer que  la  traction  électrique  peut  défier 
u>as  les  autres  systèmes  que  lorsqu'on  ap- 
portera des  résultats  plus  avantageux. 

•  Je  répète  volontiers  que  je  conserve 


Tespolr  qu*on  y  arrivera  un  jour,  grâce  à 
des  découvertes  nouvelles  et  aux  amélio- 
rations mécaniques  dans  la  traction  élec- 
trique. On  y  arrivera  d'autant  mieux  que 
l'on  écartera  de  soi  la  pensée  que,  à  l'heure 
présente^  l'emploi  de  l'électricité  est  supé- 
rieur à  tout. 

»  Au  point  de  vue  de  la  dépense,  il  ré- 
sulte, des  communications  faites  par  les  in- 
téressés eux-mêmes,  que  la  traction  élec- 
trique a  coûté  :  à  Chillon-Yevey  (Suisse) 
(par  l'utilisation  des  chutes  d'eau) Ofr.  33, 
à  Berne  0  fr.  57,  à  Genève  0  fr.  48,  à  Zu- 
rich 0  fr.  40,  à  Gènes  0  fr.  586,  à  Florence 
0  fr.  582,  à  Montferrand-RoyatO  fr.  477  par 
kilomètre-voiture. 

»  On  m'affirme  qu'à  Marseille,  y  compris 
le  renouvellement  du  matériel,  le  coût 
n'est  pas  éloigné  de  0  fr.  45.  Aux  Etats- 
Unis,  les  communications  qui  m'ont  été 
faites  signalent  un  prix  minimum  de  0  fr.  41 . 

»  Si  Ton  admet  même  que  les  prix  ci- 
dessus  comprennent  tous  les  éléments  de 
dépense  de  la  traction,  ainsi  que  les  char- 
ges de  renouvellement  du  matériel,  on  peut 
douter  qu'ils  permettent,  à  voiture  isolée, 
sans  grande  extension  possible  de  la  re- 
cette, de  donner  un  coefficient  d'exploita- 
tion et  un  bénéfice  qu'exigent  les  capitalistes 
qui  veulent  créerdes  tramways  mécaniques. 

»  Je  conserve  donc  mon  opinion  quant 
aux  divers  systèmes  de  traction.  Les  uns  et 
les  autres  ont  leur  place  marquée  selon 
les  lieux  et  les  circonstances.  L'étude  de 
chacun  d'eux  doit  être  faite,  pour  choisir, 
selon  la  i*ecette  maxima  qu'il  devra  pro- 
duire, en  raison  de  la  dépense  minime  qu'il 
devi*a  occasionner,  pour  la  meilleure  rému- 
nérationdes  capitaux,  pour  les  plus  grandes 
satisfactions  à  donner  au  public  par  le  bas 
prix,  la  vitesse  et  le  confortable,  en  suppri- 
mant ti^ut  danger,  l'odeur,  le  bruit  et  les 
causes  d'insalubrité. 

»  Je  serais  heureux  de  voir  admettre  cette 
conclusion,  en  ramenant  l'union  sur  la 
question  de  principe  du  développement  de 
la  traction  mécanique  que  nous  appelons 
tous  de  nos  vœux  pour  le  bien  de  l'huma- 
nité, y» 


223 


JOURNAL  MBNSDEL  DK  L*AGAOÙnS  NATIONALK. 


224 


CARACTERES  D'IMPRIMERIE 
EN  TERRE  CUITE 

pour  impression  d*afflohes. 

de  M.  Chaumeil,   céramiste^ 
avenue  dltaiie,  97,  à  Parb. 

^invention  si  ingénieuse  de  notre  collè- 
gue remonte  déjà  à  plusieurs  années,  ce  qui 
ne  veut  pas  dire  qu*elle  ne  soit  pas  pratique, 
mais  simplement  qu'il  est  fort  ditlicile 
de  faire  prendre  une  innovation  quelcon- 
que, surtout  quand  elle  exige  quelques  ca- 
pitaux pour  être  lancée  convenablement. 

Donc,  lorsqu'il  s'agit  d'employer  des  ca- 
ractères de  grande  dimension  pour  affiches, 
ou  il  faut  s'en  tenir  aux  caractères  d'im- 
primerie en  métal  qui  pèsent  lourd  et  sont 
coûteux, ou  il  faut  se  servir  de  caractères  en 
bois  qui  sous  l'action  de  l'humidité  ou  de  la 
sécheresse  peuvent  se  fendre  ou  modifier 
la  forme  et  les  dimensions  même  des  carac- 
tères. 

M.  Chaumeil,avec  ses  caractères  en  terre 
cuite,  on  plutôt  en  faïence  mate  à  grains 
très  fins,  très  durs,  d*un  poli  blanc,  obtient 
80  %  d'économie  sur  les  caractères  en  mé- 
tal, avec  une  durée  presque  indéfinie  et 
une  grande  légèreté.  Ses  caractères  ne  sont 
point  cassants,  affirme-l-il,  et  coûteraient 
plutôt  meilleur  marché  que  ceux  en  bois. 

Maintenant,  il  faudrait  des  capitaux  assez 
considérables  pour  mettre  sur  pieds  une 
grande  entreprise  de  fabrication, capable  de 
fournir  toutes  les  séries  de  caractères,  si 
nombreuses  et  si  variées,  que  la  clientèle 
pourrait  lui  demander. 

A  ce  sujet, M.  Chaumeil  possède  les  attes- 
tations les  plus  encourageantes  de  grandes 
imprimeries  spéciales,  telles  que  la  Maison 
Morris  qui  déclare  s'être  servi  de  ses  carac- 
tères en  faïence  et  s'en  être  très  bien  trouvée. 

Dans  de  semblables  conditions,  il  semble 
que  la  question  était  simple  à  résoudre  et 
que  notre  collègue,  dont  l'esprit  chercheur 
et  la  ténacité  sont  indiscutables,  n'avaitqu'à 
se  mettre  à  Tœuvre  modestement  pour 
tâcher  de  fournir  aux  premières  comman- 
des qui  ne  pouvaient  manquer  d'arriver. 

Malheureusement,  quand  il  s'agit  de  ré- 


soudre un  problème  de  cette  sorte,  quand 
il  s'agit  de  remplacer  un  matériel  aiicien 
par  un  nouveau,  fût-il  cent  fois  meilleur, 
il  convient  de  tenir  compte  dune  foule  de 
contingences,  qu'on  nous  pardonne  ccoiot, 
qui  rendent  la  réahsation  des  espérances 
primitivement  conçues  plus  malaisée  que 
ion  ne  se  Tétait  imaginé  tout  d abord. 

Nous  faisions  plus  haut  remarquer  qu'il 
faudrait  tout  d'abord  procéder  à  une  instal- 
lation assez  coûteuse,  si  l'on  voulait  se 
mettre  de  suite  en  mesure  de  fournir  à  tou- 
tes les  demandes,  ou  du  moins  à  peu  près  ; 
mais  ce  n'est  point  là  la  seule  objection 
que  les  gens  versés  dans  l'art  typographique 
permettent  de  formuler  très  nettement, 
et  sans  vouloir  se  prononcer  dans  un  sens 
ou  dans  l'autre,  parce  que  les  moyens  d'in- 
formation vous  font  en  partie  défaut,  il 
convient  néanmoins  de  tenir  compte  des 
objections  qui  se  présentent  à  l'esprit  des 
hommes  de  la  partie^  comme  l'on  dit. 

«  Mes  lettres  en  faïence  coûtent  80  ^; 
moins  cher  que  celles  en  métal,  résistent 
parfaitement  à  la  casse,  quoi  que  Ton  puisse 
dire,  et  ont  une  durée  considérable.  » 

Voilà  ce  que  ditl'inventeur,  et  ce  qui  pa- 
rait en  effet  très  logique  ;  mais  ceux  qui 
sont  habitués  à  se  servir  des  caractères 
métalliques  répondent  avec  non  moinsd'ap- 
parence  de  raison  : 

«  Lorsque  votre  matériel  est  usé,  il  ne 
vaut  plus  rien  et  il  n'en  est  pasde  même  du 
notre  ;  nousachetons  100  kilos  de  caractères 
neufs  pour  300  francs,  mais  on  nous  re- 
prend cent  kilos  de  vieux  caractères   pour 
cent  francs,  ce  qui  fait  que  nous  n'avons 
plus  que  deux  cents  francs  à  verser.   Et 
quand  bien  même  nous  voudrions  vendre 
nos  vieux  caractères,  sans  en  acheter  des 
neufs,  en  même  temps,  nous  pourrions  en- 
core les  revendre  de  50  à  60  francs  les  100 
kilos,  c'est-à-dire  au  sixième  au  moins  de 
leur  valeur,  ce  que  l'on  ne  saurait  faire 
avec  des    caractères    en   terre   cuite,  en 
faïence  qui,  une  fois  usés,  ne  présentent 
plus  aucune  valeur  intrinsèque.  » 

Maintenant  il  est  bien  évident  qu'à  prix  à 
peu  près  égal,onaurait  à  lutter  contre  les  ca- 
ractères en  bois  ;  mais  là  n'est  pas  l'objec- 


225 


INDUSTRIE. 


tion  la  plus  grave  opposée,  en  ce  moment, 
parles  typograpbes  eux-mêmes  qui  s'expri- 
ment à  peu  près  en  ces  termes  : 

«  Oui,  Totre  invention  est  fort  inléressan- 
te;  mais  nalhearensementelle  arrive  trente 
los  trop  tard  ;  aujourd'hui  on  ne  veut  plus 
que  des  affiches  avec  dessins,  sujets,  paysa- 
ges. Tout  cela  est  ex<^.cuté  par  les  procédés 
lithographiques,  les  lettres  sont  gravées  du 
némecoup  sur  la  pierre,  et  précisément,  en 
dehors  des  affiches  de  théâtre  proprement 
dites,  il  ne  reste  plus  place  pour  des  carac- 
tères quelconques  dans  les  affiches  com- 
merciales, qu'ils  soient  en  régule,  en  bois 
ooen  taleoce. 

«  Jetez  un  coup  d'œil  sur  les  murs  oii  les 
afliches  provocatrices,  aux  mille  couleurs 
chatoyantes  accrochent  et  retiennent  vos 
yeux  malgré  vous,  et  voyez  si  nous  exagé- 
rons, si  nous  n'avons  pas  cent  fols  rai- 
son. » 

Et  maintenant  que  nous  avons  exposé  les 
pièces  du  procès,  comme  Ton  dit,  il  nous 
sera  bien  permis  de  rendre  ici  un  public 
bommage  non  seulement  aux  travaux,  aux 
patientes  recherches,  au  labeur  obstiné  de 
notre  collègue  dont  les  céramiques  héraldi- 
ques et  artistiques  ont  un  succès  chaque 
jour  grandissant,  mais  encore  à  son  désin- 
téressement complet. 

Eu  effet,  M.  Chaumeil  est  prêt  à  diriger 
toutes  les  recherches,  tous  les  travaux  pré- 
paratoires, à  donner  tous  les  conseils  que 
pf^orraii  lui  suggérer  sa  vieille  expérience, 
>i  cette  curieuse  application  pouvait  tenter 
on  esprit  entreprenant. 

L'inventeur  pense  que  les  débouchés 
soient  immenses.  Les  typographes,  pour 
les  raisons  que  nous  avons  énumérées  plus 
^ut,  sont  d*un  avis  contraire  ou  font  des 

réserves. 

En  tout  cas  la  question  mérite  que  l'on 
s'y  arrête,  et  c'est  pourquoi  nous  avons  tenu 
^l'exposer  succinctement  à  nos  lecteurs. 


CATALOGUE     DE 
INVENTIONS 


LA    I  SOCIÉTÉ 
BREVETÉES 


226 
DES 


(Nouveautés  pratiques,   utiles  ou   agréables). 

Directeur  :  M,  Kratz-Bou.sac, 
Ingénieur   civil, 

13,  rue  Saint-Laurent, 
et  17,  rue  des  Récollets,  Paris. 

Dans  une  courte  préface  qui  ouvre  ce 
nouveau  catalogue  général  illustré,  M. 
Kratz-Boussac  déUnit  lui-même  très  nette- 
ment le  but  poursuivi  par  la  Société  qu'il 
dirige  depuis  près  de  quinze  années  avec 
une  compétence  et  une  activité  qui  n'ont 
pas  tardé  à  porter  leurs  fruits,  en  assurant 
son  prompt  développement  : 

Exploiter  toute  nouvelle  invention  pra- 
tique, sans  distinction  de  nature  ; 

Rendre  accessible  au  public  une  foule 
d'objets  nouveaux,  utiles,  agréables,  prati- 
ques ou  curieux  ; 

Tenir  à  la  disposition  des  inventeurs  une 
organisation  spéciale  et  puissante,pour faire 
connaître  rapidement  les  produits  de  leur 
intelligence  et  de  leur  imagination. 

Voilà»  en  effet, tout  un  programme  simple 
et  qui  semble  avoir  été  admirablement  tenu 
et  réalisé,  si  nous  nous  en  rapportons  au 
très  curieux  catalogue  général  illustré  que 
nous  avons  sous  les  yeux  et  qui  vient  d'être 
publié  par  la  Société  des  Inventions  Bre- 
vetées . 

En  effet,  ce  volume  de  grand  format,  il- 
lustré encouleur  etnecomprenant  pas  moins 
de  182  pages,  renferme,  expliquée  par  le 
texte  et  par  l'image,  la  description  de  tout 
pe  que  Ton  peut  iniaginer  de  nouveau  en 
fait  d'inventions  dans  l'industrie  parisienne 
et  Ton  peut  ajouter:  dans  toutes  les  bran- 
ches de  cette  industrie. 

Les  tirs  de  salons,  les  jeux  de  Sociétés,  les 
Jouets  articulés,  pneumatiques,  à  vapeur, 
mécaniques,  etc.,  toutes  les  nouvelles  in- 
ventions se  rapportant  de  près  ou  de  loin  à 
la  photographie  et  à  toutes  les  découvertes 
et  inventionsd'Rdison  ;  tout  ce  qui  peut  ser- 
vir utilement  comme  trousse  de  voyage,  toi- 
lette, fumeurs,  fournitures  de  bureaux,  etc., 


2'/7 


JOCRNAL    MRNSUEL  DK   L'ACADibUB  NATIONALE. 


228 


dont  les  Anglais  et  '  les  Américains,  avec 
leur  sens  pratique,  sont  si  triands,  à  juste 
titre  ;  puis,  tous  les  petits  instruments  ou  ap- 
pareiîssi  ingénieux  et  si  nombreux  en  même 
temps  que  la  momcnclature  en  devient  im- 
possible etqui,cependant,répondan(,onpeut 
dire,  à^tous  les  besoins,  à  toutes  les  circons- 
tances,à  tous  les  goûts  les  plus  divers  ;  mar- 
teau universel, chalnettede  sûreté  pourclefs, 
outil  multiple,  la  canne  pour  fumeur  et  sur- 
tout la  canne  qui  boit,  qui  vide  mystérieu- 
sement le  verre  du  commis-voyageur  en 
liquidesqui  veut  ménager  son  estomac.etc, 
etc.,  forment  vraiment  Texposition  la  plus 
séduisante  et  presque  toujours  la  plus  utile 
des  dernières  inventions  de  l'esprit  pari- 
sien, si  ingénieux  quand  il  s*agit  de  cette 
étonnante  fabrication  de  bimbelots  à  la- 
quelle il  a  pour  toujoursdonné  son  nom. 

Rien  que  la  description  des  cannes  dont 
la  gravure  est  reproduite  dans  ce  catalogue 
demanderait  plusieurs  pages;  mais  il  faut 
savoir  se  limiter. 

Les  ménagères  trouveront  là  également 
tout  ce  qui  peut  les  intéresser  en  fait  d*us- 
tensilesde  ménage,  de  cuisine  de  campagne, 
d'éclairage,  de  vaisselle,  de  servicede  table, 
de  lessivage*  et  buanderie,  de  lingerie,  de 
jardinage,  etc.,  etc.  Mais  à  quoi  bon  cher- 
cher à  donner  une  idée,  même  incomplète 
de  ce  catalogue  d'autant  plus  captivant  que 
chaque  objet  est  très  exactement  représenté 
par  une  gravure  et  qu'il  y  en  a  des  centai* 
nés  qui  se  suivent  sans  interruption  do  la 
première  à  la  dernière  page. 

Autant  vaudrait  écrire  toute  l'histoire 
présente  des  multiples  et  sans  cesse  chan- 
geantes industries  parisiennes  qui  sont 
comme  la  gloire  et  le  patrimoine  de  la 
cité  et  concourent  si  puissamment  à  sa  pros- 
périté. Ce  nouveau  catalogue  illustré  de  la 
Société  des  inventions  brevetées,  dirigée 
d'une  main  sûre  et  si  compétente  par  notre 
collègue,  M.  Kratz-Boussac  ,est  comme  le 
kaléidoscope  le  plus  vivant,  le  plus  complet 
et  le  plus  fidèle  du  mouvement  industriel 
dans  ce  qu'il  a  de  plusintéressant,  puisqu'il 
met  surtout  en  lumière  l'esprit  inventif, 
l'imagination  sans  cesse  en  éveil  et  les  trou- 
vailles les  plus  récentes  des  inventeurs  et 


des  ouvriers  français,  qui  sont  presque  tou- 
jours doublés  de  véritables  artistes. 

Tout  le  monde  passera  une  heure  agréable 
en  feuilletantcecata1ogue,uniqueen  son  gen- 
re,quiest  comme  lelivre  d'or  du  génie  inven- 
tif des  Français  —car  M.  Kratz-Boussac  tient 
a  honneur  de  ne  lancer  que  des  inventions 
bien  françaises  — et,  de  plus,  nous  sommes 
i  convaincu  qu'il  ne  se  trouvera  pas  un  hom- 
j  me  du  caractère  le  plus  grave,  pas  une 
maîtresse  de  maison  qui  ne  trouve  à  la  lec- 
ture de  ce  volume  la  description  et  l'image 
de  dix  objets  dont  on  ne  peut  se  passer  et 
que  Ton  commandera  le  jour  même. 

Quant  aux  enfants,  n'en  parlons  pas,  ce 
catalogue  fera  naître  chez  eux  beaucoup 
de  désirs  insatiables  et  leur  fera  construire 
beaucoup  de  châteaux  en  Espagne,en  atten- 
dant la  prochaine  fête  mémorable  où  l'on 
peut  espérer  décemment  des  cadeaux,  beau- 
coup de  cadeaux. 

Et,  ma  foi,  pourquoi  ne  pas  le  dire  fran- 
chement, ce  catalogue  nous  semble  destiné 
à  faire  la  joie  des  grandes  personnes  aussi 
bien  que  celle  des  enfants  et  bien  plus,  il 
nous  semble  encore  appelé  à  plaire  égale- 
ment et  à  rendre  d'égals  services  à  toutes 
les  classes  de  la  Société,  tant  sont  variées  et 
nombreux  les  objets  qu'il  renferme  et  qui 
sont  capables  d'exciter  notre  convoitise  ou 
de  tenter  notre  imagination. 


PROPULSION  DES   NAVIRES  AU  MOYEN 
DE  TURBINES  A  VAPEUR 

L*emploi  des  turbines  à  vapeur  a  pris 
depuis  trois  ou  quatre  ans  une  extension 
considérable,  et  cette  vogue  s'explique  tout 
naturellement  quand  on  envisage  la  simpli- 
fication que  leur  usage  apporte  à  la  com- 
mande des  appareils,  tels  que  les  dynamos, 
les  essoreuses,  les  turbines  des  sucreries, 
etc.,  qui  doiventtourneràdes  vitesses  énor- 
mes. 

Le  principe  du  fonctionnement  de  ces 
moteurs  est  d  ailleurs  trop  connu  de  nos 
lecteurs  pour  qu'il  soit  nécessaire  d'y  reve- 
nir ici. 

Non  contents  du  champ  pourtant  déjà  si 
vaste  des  applications  dont  nous  venons  de 


239  INDUSTRIE 

parler,  les  constructeurs  ont  cherché  à  re- 
tendre en  appliquant  ces  moteurs  à  la  com- 
mande  directe  des  hélices  de  navires.  Mais 
là  ils  se  sont  trouvés  arrêtés  tout  d*abord 
par  une  difficulté  des  plus  sérieuses.  La  trop 
grande  vitesse  imprimée  à  Thélice  a  pour 
effet  de  créer  tout  autour  de  celle-ei  un 
cylindre  de  vide,  et,  au  lieu  d'obtenir  l'aug- 
mentation de  vitesse  attendue,  il  so  trouve. 
60  réalité  que  la  vapeur  est  dépensée  en 
pure  perte  pour  faire  tourner  les  palettes 
de  riiélice  dans  cette  sorte  de  cavité,  Tex- 
trémité  seule  de  riiélice  agissant  sur  l'eau. 
Ce  phénomène,  signalé  pour  la  première 
fois  en  1892,  lorsdes  essais  d'un  petit  navire 
muni  de  turbines  à  vapeur  construites  par 
an  syndicat  anglais,  a  été  mis  en  évidence 
par  desexpériences  fort  intéressantes  effec- 
tuées en  1894  parM.  £.  Fraude  et  qui  ont  été 
décrites  dans  un  mémoire  présenté  par  M. 
Charles  Parsons  à  la  trente-huitième  réunion 
de  VInstitution  of  Naval  Architects,  le  8 
avril  dernier. 

S'inspirantde  ces  résultats,  M.  Parsons  a 
cherché  à  remédier  à  cet  inconvénient  en 
diminuant  la  quantité  de  travail  exigée  de 
chaque  centimètre  carré  de  la  surface  des 
palettes.  A  cet  effet,  il  remplace  l'arbre  à 
hélice  unique  par  deux  ou  plusieurs  arbres 
commandés  chacun  par  une  turbine  qui 
peut  fonctionner  isolément  en  utilisant 
tonte  la  détente  nécessaire,  ou  bien  être 
mise  en  communication  par  des  tupux  et 
soupapes  avec  les  aulre3  de  façon  à  faire 
passer  la  vapeur  de  turbine  en  turbine  et 
opérer  ainsi  sa  détente  complète.  La  tota- 
lité de  la  force  utilisable  se  trouve  ainsi 
divisée  entre  deux  ou  plusieurs  arbres  pro- 
pulseurs ;  le  moteur  unique  nécessairement 
volumineux  se  trouve  remplacé  par  plu- 
sieurs petits  moteurs  d'uneconstructionplus 
facile  et  dont  on  peut  sans  inconvénient 


230 

diminuer  la  vitesse  angulaire  sans  affecter 
leur  rendement  économique. 

Se  basant  sur  ce  principe  et  sur  les  résul- 
tats des  expériences  rappelées  plus  haut, 
M.  Parsons  a  fait  contruire  un  petit  navire, 
la  Turbinia^  de  30  mètres  de  longueur, 
2°70  de  largeur  au  maître-couple  et  jau- 
geant 441/2  tonneaux  et  actionné,  comme 
il  vient  d'être  dit,  par  trois  turbines  dispo- 
sées en  série .  ^ 

Les  premiers  essais  faits  au  mois  de  dé- 
cembre dernier  ont  permis  d'atteindre  la 
vitesse  déjà  bien  remarquablede  29,0  nœuds 
à  l'heure,  pour  un  nombre  de  tours  de  2.550 
par  minute.  Depuis,  on  a  modifié  quelque 
peu  le  pas  des  hélices  et  de  nouveaux  essais 
faits  dans  les  premiers  jours  d'avril*  ont 
donné  successivement  comme  vitesse31,0l 
nœuds  et  323/4  nœuds.  C'est  la  plus  grande 
vitesse  obtenue  jusqu'à  présent  sur  un  na- 
vire à  vapeur.  La  puissance  développée  par 
les  turbines  à  la  prenaière  de  ces  vitesses  est 
de940chevaux  pour  2.100  tours  à  la   mi- 
nute. Si  l'on  admet  pour  le  rapport  entre  le 
nombre  de  chevaux  eHectifs  et  celui  des 
chevaux  indiqués  le  chiffre  00  qui  est  celui 
admis  pour  les  torpilleurs  de  bonne  cons- 
truction, on  trouve  que  le  nombre  de  che- 
vaux indiqués,  parla  marche à3I, 01  nœuds 
est  de  1.576.  La  consommation   de  vapeur 
est  approximativement  de  11.400  kilogram- 
mes  à  l'heure,   soit  7,2  kilogrammes  par 
cheval  et    par  heure.   La  pression  de  la 
vapeurauxchaudières  était  de  lOkilogram- 
mes  par  centimètre   carré  et  aux  turbines 
de  9,6  kilogrammes. 

Ces  premiers  essais,  interrompus  par  suite 
du  mauvais  temps,  sont  des  plus  encoura- 
geants et  permettent  de  présager  un  grand 
avenir  à  ce  nouveau  mode  de  propulsion, 
tout  au  moins  pour  les  navires  de  petites  et 
moyennes  dimensions. 


231 


lOURTIAL  MENSUEL  DE  L^ACADfalE  NATIONALE. 

EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


232 


EXPOSITION  DE  BRUXELLES 

L*exposition  UDiverselle  de  Bruxelles  a 
élé  officiellement  inaugurée  le  10  mai  der- 
nier, et  a  reçu  ce  Jour  la  visite  du  Roi  des 
Belges. 

Il  en  a  été  de  celte  Exposition  comme 
de  toutes  les  autres  :  après  avoir  été  inau* 
gurée,  il  ne  lui  restait  plus  qu*à  être  ache- 
vée. Mais  les  inaugurationsofficiellesont  au 
moins  cette  heureuse  conséquence  d'être  le . 


signal  définitif  de  la  mise  en  train  des  der- 
niers travaux  d'installation.  L*ardeur  avec 
laquelle  ces  travaux  ont  été  immédiate- 
ment poursuivis  fait  prévoir  qu'ils  seront 
probablement  terminés  dans  la  première 
quinzaine  du  mois  de  juin. 

Dans  notre  prochain  numéro,  nous  com- 
mencerons à  rendre  compte  de  cette  nou- 
velle et  importante  manifestation  des  pro- 
grès de  la  science  et  de  l'industrie. 


VARIÉTÉ 


L'EXPÉDITION  DE  M.   ANDRÉE 
AU   POLE  NORD 

Dans  notre  journal  de  mai  1896,  nous 
avons  rendu  compte  en  détail  du  projet 
conçu  par  un  ingénieur  Suédois,  M.  An- 
drée, à  Telfet  d'atteindre  le  pôle  nord  par  le 
moyen  de  l'aérostation .  Nous  avons  décrit 
en  détail  le  ballon  dénommé /ePo/e  Nord^ 
que  M.  Andrée  avait  fait  construire  à  Paris 
pour  Texécution  de  son  audacieuse  entre- 
prise. 

On  sait  d'ailleurs  que  M.  Andrée  n'a  pas 
eu  Voccasion,  en  1890,  de  tenter  l'accom- 
plissement de  son  expédition. 

Accompagné  de  ses  deux  compatriotes, 
MM.  Strindberg,  astronome,  et  Ëkholm, 
météorologiste,  il  devait  essayer  d'atteindre 
le  pôle,  en  partant  de  la  pointe  la  plus  bo- 
réale du  Spitzberg. 

Ces  explorateurs  quittèrent  Golhembourg 
dans  ce  but,  le  7  juin  1890,  sur  le  vapeur 
Virgo  avec  leur  aérostat  le  Pôle  Nord  et 
son  constructeur,  M.  Lachambre,  l'aéro- 
naute-constructeur  parisien.  Ils  se  rendi* 
rent  en  premier  lieu  à  Tromsoë  (Norvège), 
pour  compléter  leur  équipement,  prendre 
le  pilote  des  glaces  et  embarquer  des  pi-* 
geons  voyageurs  destinés  à  donner  de  leurs 
nouvelles  au  cours  de  leur  périlleux  voyage. 
Puis  ils  mirent  le  cap  sur  le  Spitzberg,  où 


ils  arrivèrent  vers  la  mi-juin.  Là,  ils  s'ins- 
Ullèrentà  Vile  des  Danois,  qu'ils  jugèrent 
être  le  point  le  plus  favorable  pour  le  gon- 
flement et  l'enlèvement  du  ballon. 

Tout  sembla  d*abord  marcher  au  gré  de 
leur  désir.  La  température  était  normale,  le 
vend  du  Sud,  prévu,  qui  devait  les  porter 
au  pôle,  soufflait  avec  régularité.  Pleins 
d'espoir  dans  le  succès  définitif,  ils  se  mi- 
rent à  Tœuvre  avec  ardeur  pour  activer  le 
départ.  Malheureusement,  leurs  préparatifs 
durèrent  beaucoup  plus  longtemps  qu^ilsne 
l'avaient  pensé.  Il  fallut  perdre  des  jours 
précieux  à  la  coiislruclion  du  hangar  desti- 
né à  protéger  l'aérostat  pendant  les  opéra- 
tions du  gonflement,  installer  les  appareils 
à  gaz  hydrogène,  les  générateurs,  etc.  Si 
bien  que,  lorsque  tout  fut  prêt  et  qu'il  ne 
restait  plus  qu'à  démarrer,  le  vent  soufflait 
du  Nord  ;  il  était  devenu  tout  à  fait  con- 
traire et  rendait  le  départ  impossible. 

M.  Andrée  résolut  d'attendre,  croyant  à 
un  revirement  momentané  des  courants  aé- 
riens. Pourquoi  la  brise  Sud-Nord  qui  les 
avait  si  malencontreusement  abandonnés 
ne  reviendrait-elle  pas? 

Ce  fut  au  cours  de  cette  expectative  que 
le  Fram,  un  beau  matin  de  la  mi  août,  ap- 
parut soudain  à  Tiiorizon,  à  la  pointe  Est  de 
l'île  d'Amsterdam,  et  qu'eut  lieu  larencon- 


23J 


VARIÉrÉ. 


234 


des 


tre,  aussi  émouvante   qu'inattendue 
deax  expéditions. 

Cependant,  le  temps  s'écoulait  à  File  des 
DsDois  dans  une  attente  vaine  du  retour  de 
la  brise  Sud.  L'automne,  autant  vaut  dire 
l'hiver  polaire,  approchait  à  grands  pas. 
Ceùt  été  pure  folie,  désormais,  de  s'obstiner 
àteoteran  voyage,  déjà  très  hasardeux  par 
lui-mêaié  et,  en  tout  cas,  absolument  irréa- 
lisable eo  dehors  do  la  pleine  saison  d'été. 
H.  Aadrée  le  comprit  et  dut,  bien  qu'à  regret, 
se  résigner  à  reprendre  le  chemin  de  la 
Suède.  Mais  il  annonça,  dès  son  retour,  que 
soo  expédition  n'était  que  partie  remise  à 
Tannée  suivante.  Le  voilà  qui  tient  parole, 
car  il  s  apprête  à  repartir  pour  le  Spitzberg, 
d'où  il  compte  bien,  cette  fois,  pouvoir 
s  élancer  vers  la  région  encore  inexplorée. 

Cette  année,  l'expédition  se  présente  dans 
des  conditions  meilleures.  M.  Andrée  et 
ses  compagnons,  en  effet,  partiront  de  Go- 
tbembourg  dans  la  deuxième  quinzaine  de 
oui,  soit  une  première  avance  de  trois  se- 
niaines  environ  sur  l'année  dernière.  En- 
suite, ils  trouveront  tout  en  place,  ou  peu 
s'en  faut,  quand  ils  arriveront  à  l'île  des 
Danois. 

La  charpente  du  hangar  est  restée  ;  il 
Dvaura  plus  qu'à  la  revêtir  de  son  enve- 
loppe de  panneaux  de  bois,  opération  qui 
lécessitera  seulement  quelques  jours.  Une 
semaine  environ  suffira  pour  remettre  en 
étal  les  appareils  à  gaz.  Bref,  tout  sera  prêt 
dès  la  première  quinzaine  de  juin.  Or,  les 
vents  du  sud  régnent  dans  cette  région  d'une 
E^on  constante  en  juin  et  juillet.  M.  Andrée 
aura  donc  largement  le  temps  d'en  profiter 
pour  son  départ. 

Ensuite,  la  préparation  matérielle  de  cette 
seconde  expédition  sera  considérablement 
facilitée  par  ce  fait  que  le  gouvernement 
Scandinave,  la  considérant  comme  une  mis- 
sion scientifique  ofliciëlle,  met  deux  bâti- 
ments à  son  service.  D*a  bord  une  canonnière 
de  trois  cents  tonneaux,  le  Swensksund^ 
destinée  à  transporter  les  explorateurs,  le 
matériel  aérostatique,  et  dont  les  cinquante 
hommes  d'équipage  seront  à  la  disposition 
des  aéronautes  pour  toutes  les  manœuvres 
do  gonflement  et  du  départ  de  l'aérostat  ; 


en  second  lieu,  un  bâtiment  à  vapeuriqui 
sera  spécialement  affecté  au  transport  deS' 
produits  chimiques  nécessaires  à  la  produc- 
tion de  l'hydrogène.  Quant  au  matériel  aéros- 
tatique, absolument  rien  n*y  a  été  changé, 
M.  Andrée  estimant  que  Texpérience  faite 
Tannée  dernière  a  vérifié  ses  calculs.  On 
s'est  borné  à  vernir  à  nouveau  l'enveloppe 
du  ballon. 

Cet  aérostat,  dont  il  est  utile  de  rappeler 
les  principales  dispositions,  a  été  construit 
à  Paris,  dans  les  ateliers  aérostatiques  de 
M.Lachambre.  A  double  enveloppe,  on  pense 
lui  avoir  donné  une  telle  imperméabilité 
qu'il  doive  pouvoir  rester  trente  jours  en 
l'air  sans  déperdition  notable.  Sa  force  as- 
censionnelle, de  3,000  kilos,  lui  permet 
de  porter  une  nacelle  de  deux  mètres  de 
diamètre,  assez  grande  pour  contenir  trois 
personnes,  des  sacs-lits  en  laine,  des  vivres 
pour  quatre  mois,  des  armes,  tous  les  ins- 
truments scientifiques  requis^  deux  canots 
pliants,  deux  traîneaux,  etc.  Cette  nacelle 
est  couverte  d'une  toiture  métallique,  com- 
portant une  passerelle  sur  laquelle  lesexplo- 
rateurs  doivent  se  livrer  à  leurs  travaux  et 
à  leurs  observations.  Elle  est  munie  de 
bouées  de  sauvetage,  avec  un  système  de 
suspension  permettant  de  la  détacher  du 
ballon  en  quelque  sorte  instantanément, 
dans  le  cas  d'une  chute  à  la  mer. 

Enfin  —  et  c'est  là  la  base  de  l'expédition 
—  le  ballon  est  dirigeable,  dans  une  certai- 
ne mesure,grâce  à  un  appareil  consistant  en 
plusieurs  voiles  et  en  plusieurs  guide^ropes 
ou  gros  câbles  traînant  sur  le  sol.  Avec  ces 
guideropes,— pratiques  surtoutdansun  pays 
comme  les  régions  polaires,  dépourvu  de 
maisons  et  de  fils  télégraphiques  —  l'aéros- 
tat,  retardé  dans  sa  marche,  ne  suivant  pas 
le  vent,  reste  en  arrière  et,  au  moyen  des 
voiles  qu'on  oriente  à  volonté,  on  peut 
le  faire  dévier  suffisamment  et  disposer,  jus- 
qu'à un  certain  point,  du  lieu  d*arrivée, 
même  avec  un  vent  à  moitié  favorable. 

Les  guide-ropes  du  Pole^Nord  pèsent 
environ  1,000  kilos.  Ilssont  formésdefils 
decoco  imprégnés  de  vaseline,  de  façon  à 
conserver  toute  flexibilité  et  à  fonctionner 
indifl*éremmentsur  les  aspérités  delà  ban-* 


JOURNAL  MENSUEL  DK  1.'aGADÉMI£   NATIONALE. 


996 


quise  el  sur  mer,  sans  augmenter  de  poids 
en  absorbant  de  Teau . 

L'équipago  de  raérostal  sera  quelque  peu 
modifié  cette  année  ;  M.  Strindberg  repar-^ 
tira,  mais  M.  Ekbolm  s'est  retiré  de  Texpé- 
dîtion.  L'année  dernière,  il  était  marié  de- 
puis quelques  mois  au  moment  du  départ, 
el  sa  jeune  femme,  après  avoir  inutilement 


sollicité,  avec  une  or&narte  remarquable, 
de  le  suivre  dans  les  septentrions  HHMif^ 
triers  ^  les  dimensions  du  balkm  déTen- 
dent,  d'ailleurs,  d'être  plus  de  trois  dans 
la  nacelle  ^  ne  consentit  h  la  aéparmikui 
qu*à  cause  de  l'engagement  formel  qu'elle 
avait  dû  prendre,  au  moment  de  sesfiaoçail- 
les,  de  laisser  partir  son  mari  avec  eelte 


Ballon  avec  ses  voiles  déployées  et  les  guide-ropes  à  la  irainet 


première  expédiiioq,  Mais  i'atiente  lui  fut 
trop  cruelle,  et  pour  celte  deuxième  édi- 
tion, elle  a  refusé  son  consentement. 

r/eat  de  l'extrémité  de  Tile  des  Danois, 
dans  le  couwnt  de  juin  ou  de  juillet  pro- 
chain, par  une  journée  claire  et  une  brise 
du  Sud,  que  l'aérostat  s'élèvera  et  que  les 
bardis  explorateurs,  MM,  Andrée,  Strind- 
berg^t  Fr^nl^l  j  sei'Qut  emportés  vers  le  pôle 


situé  à  environ  1,200  kilométrée  dp  Ik,  Ils 
espèrent,  suivant  toutes  les  probabilité 
résultant  de  la  vitesse  moyenne  dei  veuts 
dans  ces  parages,  à  cette  époque  de  l'annéei 
y  arriver  à  peu  près  dans  43  heures  avec 
une  vitesse  de  27  kilomètres  à  l'heure*  Au 
moyen  des  guide-ropes,  le  ballon  ser^ipain* 
tenu  à  une  distance  à  peu  près  ÛX^  d§  170 
à  200  mètres  du  sol  Les  travaux  auxquels 


«3T 


TABièré. 


2B9 


se  lÎTreroDt  les  explorateurs  pendant  leur 
voyage  consisteront  dans  Tobservation  des 
différents  ^ndroils  dans  lesquels  ils  se  trou- 
T€roDt,  en  croquis  et  vues  photographiques, 
eq  ot^servations  météorologiques,  magnéti- 
ques et  géographiques.  Ils  prendront  des 
éthtoU lions  de  l'air  pour  faire  des  analyses 
fli,  s'il  lear  est  possible,  de  descendre  sur 
Jabaaquise  —  éventualité  peu  probable, 
car  il  est  difficile  à  trois  hommes  de  manœu- 
?rer  un  ballon  lorsqu'il  n'est  plus  en  l'air 
<-  ib  prendront  des  pierres,  des  minéraux, 
lOQt  ce  qui  pourra,  en  résumé,  avoir  un  in- 
térèi  scientifique.  Quant  à  la  fameuse  mer 
libre,  ils  n*espèrent  plus  la  rencontrer. 
L'année  dernière  encore,  on  pouvait  consi- 
dérer son  existence  comme  probable,  tant 
à  cause  de  certains  calculs  mathématiques, 
qM  des  observations  de  H.  Blanchard,  de 
riaalîiot,  relatives  à  la  migration  régulière 
vers  le  pâle  de  certains  palmipèdes,  incapa- 
Uas  d'y  vivre  sans  eau.  Hais  l'hypothèse  de 
W  flMr  libre  ne  lient  plus  debout  depuis  le 
retour  de  Nansen  qui,  sans  avoir  atteint  le 
pôle,ra  approchée  distance  deParis  àMâcon 
et  a  ainsi  résolu  pratiquement  le  problème 
géographique  de  cette  région  de  la  terre, 

11  est  avéré  aujourd'hui  que  la  mer  po- 
laire n*est  qu'une  immense  étendue  glac^, 
i  la  surface  de  laquelle  se  iorment  sous 
raetiM  des  vents  eu  des  courants,  des  cre* 
vaaaes,  des  portions  libres  suffisantes  peut- 
être  pour  faire  vivre  certains  palmipèdes, 
mats  essentiellement  momentanées  et  qui 
n'ont  rien  de  commun  avec  la  mer  cons- 
taouueat  libre,  liquide,  dont  on  a  tant 
parlé. 

Ajoutons  qu'en  été,  les  conditions  météo- 
rol<^qnes  paraissent  particulièrement  favo- 
rables à  un  voyage  aéronautique  dans  les 
parages  poUirea.  Tout  d'abord,  dans  cette 
laiaoD,  le  soleil  se  tenant  constamment  au- 
dessns  de  Thorison,  la  nuit  n'y  existe  pas 
et  ne  vient  jamais  refroidir  l'atmosphère, 


dont  ta  température  est  toujours  à  zéro  ou  à 
quelques  degrés  au-dessus. 

Ensuite,  à  cette  époque  de  l'année,  il  y  a 
absence  totale  d'orages  et  môme  de  tempê- 
tes. Quant  aux  chutes  de  neige,  elles  sept 
rares  et  peu  abondantes  pendant  les  mois 
de  juin.  Juillet  et  août. 

Aussi  tous  les  hommes  compétents,  sa- 
vants,  explorateurs  polaires,  y  compris  Nor« 
denskiold  et  NanseOi  s'accordent-ils  à  dire 
que  H.  Andrée  parviendra  au  pale  ou  dans 
ses  environs. 

Seulement,  quesepassera^-il  alors,  com- 
ment s*e(rectuera  la  descente  de  Taréos- 
tat  ?  Voilà  ou  commence  le  mystère  et  l'in- 
connu decc  voyage»  surtout  dans  l'ignorance 
où  l'on  est  des  vents  qui  régnent  autour  du 
pôle  même. 

Si  l'aérostat  est  poussé  vers  la  Sibérie  ou 
une  autre  oùte,  les  explorateurs  auront  des 
chances  de  rencontrer  des  bateaux  qui  les 
recueilleront.  Mais  si  leballon»  une  fois  ar- 
rivé au  pôle,  s'arrête,  tourne  sur  place,  si 
les  courants  aériens  ne  sont  pas  assez  forts 
pour  Tentralner  loin  de  ces  déserts  glaoéset 
mortels,  si,  pour  une  cause  quelconque,  les 
voyageurs  sont  acculés  au  naufrage  sur  la 
banquise,  à  des  milliers  de  kilomètres  de 
toute  terre  habitée,  comment  en  sortiront- 
ils  sans  chiens,  réduits  à  s'attacher  eux- 
mêmes  à  leurs  tratnaux  ?  On  se  le  demande 
avec  effroi,  quand  on  songe  qu'un  homme 
de  la  trempe  de  Nansen  a  failli  y  rester, 
avec  des  chiens  nombreux  et  qu*il  s'écriait 
à  son  retour  :  «  —  A  aucun  prix,  je  ne  vou« 
drais  revivre  de  pareils  jo«rs  !  » 

Aussi,  rhérmsme  de  M.  Andrée  et  de  ses 
compagnons  est-il  Tobjet  de  l'admiration  de 
tous  les  hommes  de  progrès,  qui  font  les 
vœux  les  plus  ardents  pour  que  la  Tie  des 
hardis  explorateurs  soit  en  tout  cas  sauve- 
gardée, dût  leur  entreprise  demeurer  sans 
résultats  appréciables,  ou  même  tout  à  f^it 
stérile. 


930 


JOURNAL  MENSORL  DK  L'ACADfalE  FIATIOFIALB. 


24Ô 


COMMERCE 


LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR 
DE  LA  FRANCE 

La  statistique  ofHcielle  accuse  les  chiffres 
suivants  pour  les  résultats  du  commerce 
extérieur  de  la  France  pendant  les  quatre 
premiers  mois  de  Tannée  courante  et  de 
Tannée  précédente  : 


lUPORrATIONS 


1897 


1896 


ObJeU  d'Alimeotatioa  2.a.359.000  350.561.000 
Matières  Décessaires 

à  l'Industrie 862.358.000  807.184.000 

Objets  fabriqués 2j9.848.000  212.694.000 

Total.... 

•   EXPORTATIONS 


1.363.565.000  1.3:0.442.000 


Objets  d*alimeaUtioQ  199.076.000  207.113.000 
Matières  nécessaires 

à  rindustrie 303.553.000  279.071 .000 

Objets  fabriqués 614.029.000  619.453.000 

Cofis  posUux 56.534.000  52  002.000 

ToUl 1.173.192.000  1.157.639.000  | 

En  comparant  ces  chiffres  avec  ceux  qui 
exprimaient  les  résultats  du  commerce  esté* , 
rieur  pendant  les  trois  premiers  mois  de 
Tannée,  nous  constatons  que  les  résultats  ' 
particuliers  du  mois  d*avril  sont  les  sui-  î 
vants  :  > 

ImporUtious .^1.912.000  fr.  . 

Exportations 349.808.000  fr. 

Comme  on  le  voit,  le  chiffre  des  expor-^ 
talions  a  dépassé  sensiblement  celui  des  im- . 
portations  durant  le  mois  d*avril  1897.  Le, 
fait  est  assez  rare  pour  mériter  d'être  spé- 
cialement signalé. 

—     '  '  '  / 

L'EXPORTATION  DES  VINS  FRANÇAIS    - 

L'exportation    des  vins    français  a   lé- 
gèrement progressé  en  1896  :  elle  s'est  élevée 
à  1.739.000  hectolitres,  contre  1.654.000. 
en  1895. 

La  Gironde  a  perdu  quelque  peu  sur 
ses  expéditions  en  f&ts,  mais  elle  a  sen- 
siblement gagné  avec  ses  expéditions  en 
bouteilles.  C'est  la  Champagne  surtout  qui 
a  vu  accroître  ses  demandes  de  l'étranger.  Le 
tableau  suivant  permet  de  se  rendre  compte 
facilement  de  ces  modifications  commercia- 
les, peu  considérables  au  fond  : 


Exportation    des   vins   de  1893  à  1896. 
En  hectolitres 

1893         1391        1»6         1896 

Vins  60  fûts  et 
eu  outres  : 

de  laOiroQdo.    687.234    87^.027    651.760    637.813 

d^aiUeurs 574. 46t    562.6^    731.656    782.225 

Vins  eu  bouteilles  : 

delaOiroQde.      Tf2.riii     47.566     46.783     56.735 

d'ailleurs 219.958     5>.393     6?.725     58.956 

Vins  de  Cham- 
pagne ou 
mousseux...  15;.405    161.331    2)8.402 

Nos  débouchés  tendent  à  se  modifier  avec 
le  temps.  C'est  toujours  d'Angleterre  que 
nous  viennent  les  demandes  les  plussuivie.s  ; 
TAUemagne,  qui  nous  avait  transmis  des 
ordres  importants  en  1894,  après  la  récolte 
exceptionnelle  de  1893,  a  notablement  res- 
treint ses  commandes.  L'élévation  du  chif- 
fre de  nos  exportations  en  Belgique  s'ex- 
plique, en  partie,  par  les  approvisionne- 
ments qui  ont  été  faits  depuis  quelques 
mois  seulement,  alors  qu'on  craignait  un 
relèvement  des  tarifs  douaniers  de  ce  pays. 
Nous  retrouvons  peu  à  peu  la  clientèle  que 
nous  avions  perdue  en  Suisse,  pendant  la 
période  d*interruption  de  nos  relations 
commerciales  ;  mais  il  nous  reste  beaucoup 
à  faire  pour  revenir  à  la  situation  anté- 
rieure. 

Enfin,  en  Amérique,  oii  nous  avons  à 
nous  défendre  contre  l'accroissement  de  la 
production  sur  place  et  la  concurrence  des 
vins  italiens,  Texportation  va  en  se  restrei-' 
gnant  constamment. 

Le  tableau  suivant  résume  la  situation 
actuelle  : 

Exportation  des  vins  par  pays  de  destina- 
tion de  1891  à  1896  (en  milliers  éChec^ 

tolitres). 

1891  1892  18^3  1894  1895  1896 

Angleterre 339  323  314  297  307  337 

Allemagae 254  249  246  392  244  216 

Belgique 285  231  214  295  224  251 

Suisse 307  251  26  18  79  131 

Espagne 9  76  7  4  5        2.8 

Etats-Unis 56  59  44  47  45  3*$ 

Brésil 41  28  26  34  32  27 

République     Ar- 
gentine....... 109  154  125  108  97  90 


Le  Direeteur^érant,  Rédacteur  en  Chef, 

Eugène  THIÉRY. 

GlBSIfOMT  (Olts).     -  IMPEIM BRIB  PAIX  rSBEBt,  PLAGR  tAlMT-ANDRé,  ^. 


JOURNAL    MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  NANDFACTORIËRE  ET  COMMERCIALE 


67*  Annéd.  -  JUIN  1897. 


SOMMAIRE 

AttlllOUI.TUfie.  —  L'agriculture  et  le  biméulUsme.  —  Traite  mécanique  des  vaciies. 

DCPOSITIOM8  ET  CONCOURS.  —  Exposition  d  horticulture  à  Paris.  —  Exposition  de  Rc.in:s.  ^  E<p'jVition  dt 

Bruxelles.  —  Exposition  d'Arcachon.  —  Exposition  universelle  de  1900. 
INDUSTRIE.  —  Ferronnerie  d'art  de  M.  Louis  Tellier  afné,  à  Lille. 
COMMERCE.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France.  —  Les  exportations  de  France  eu  Russie. 


AGRICULTURE 


UAQRICULTURE  ET  LE  BIMETALLISME 

Dans  notre  Journal  de  novembre  1895, 
Boas  avons  consacré  un  long  article  intitulé: 
Leprix  du  Blé  et  la  Question  monétairCy 
û  iâ  réfutation  de  la  thèse  saugrenue  d'â- 
pre laquelle  lavilissement  du  prix  du  blé, 
tombé  à  18  fr.  le  quintal,  était  la  consé- 
quence directe  de  la  baisse  du  prix  de  Tar- 
geot-métal  qui  avait  perdu  50  %  de  la  va- 
leur nominale  que  lui  assignent  les  bases 
d'établissement  du  sy^ème  monétaire  de  la 
France.  Depuis  cette  époque,  le  blé  a  vu 
son  prix  se  relever  sensiblement  et  remonter 
auHiessus  de  22  fr.  le  quintal,  progressant 
ainsi  de  plus  de  20  %,  pendant  que  Targent- 
métal  Subissait  une  nouvelle  baisse  de  4  ?i , 
qui  porte  sa  dépréciation  officielle  à  environ 
^  % .  à  l'heure  actuelle. 

Ainsi  les  faitsont  donné  le  démenti  le  plus 
catégorique  à  la  théorie  de  la  corrélation  in- 
time entre  le  malaise  de  Tagricultureet  les 
questions  monétaires.  Gela  n'empêche  pas 
qae quelques  Sociétés  d'Agriculture  ne  con- 
tinuent à  disserter  sur  les  questions  de  mo- 


nométallisme et  de  bimétallisme.^  avec  une 
persistance  véritablement  incompréhensible. 

Cependant  la  lumière  commence  à  se  faire 
dans  les  esprits  les  plus  troublés  par  les 
grands  mots  et  les  grandes  phrases  des  cham- 
pions de  cette  thèse  absurde,  dont  la  mise 
en  circulation  est  Tun  des  plus  beaux  fruits 
connus  du  pédantisme  doctrinal. 

On  n'accepte  plus  aussi  bénévolement 
qu  autrefois  les  assertions  diaprés  lesquelles  : 

Vpar  suite  de  la  baisse  de  fargent-mé" 
tal,  les  achats  de  blés  dans  les  Indes  consti- 
tuent desopérations  productives  de  50  %  de 
bénéfice  ; 

2<»  par  suite  des  fluctuations  des  cours 
du  change^  l'achat  de  300  fr.  de  blé  à  Bue- 
nos-Ayres  se  règle  au  moyen  d'un  simple 
billet  de  cent  francs  de  la  Banque  de  Fran- 
ce. 

Ce  sont  pourtant  de  telles  absurdités  qui 
forment  la  base  des  doctrines  de  toute  une 
école  nouvelle  de  prétendus  économistes, 
dont  la  suffisance  n*a  d'égale  que  la  plus 
parfaite  ignorance  des  questions  pratiques. 

Cette  école  n'est  d'ailleurs  pas  absolu- 


243 


JOUBNAL  MENSUEL  DE  L* ACADÉMIE  NATIONALE. 


244 


ment  déconcevlée  par  le  démenliquelesfails 
infligent  à  ses  doctrines,  et  ses  principaux 
représentants,  qui  forment  le  noyau  de  l'as- 
sociation constituée  sous  le  titre  de  Ligue 
bimétallique  française^  ont  célébré  en  un 
banquet,  à  la  fin  du  mois  de  mai,  un  anni- 
versaire de  la  fondation  de  cette  association. 

Dans  les  discours  prononcés  à  la  fin  de  ce 
banquet,  on  s'est  mutuellement  félicité  sur 
l'étendue  des  résultats  obtenus  (!).  Mais  le 
public  n'est  plus  dupe   de  ces  manifesta 
lions  de  feinte  satisfaction. 

Voici,  d'ailleurs,  comment  le  Journal  des 
Débats  a  apprécié  et  commenté  cette  céré- 
monie : 

«  La  Lif^iK*  himétalliquo  françaiso  a  rélrlu'ô 
n  par  un  baïKiuo!  son  troisième  anniversaire. 
«  On  sait  que  eette  Lij^ue  avait  été  «réée  sous 
«  les  auspices  des  syndicats  aj^ricoli's,  alors 
«  (ju'il  était  de  mode  de  dire  aux  cultivateurs 
n  que  toutes  leurs  .soufTrances  provenaient  du 
«  monométallisme,  et  (jue  la  prospérité  renaî- 
«  trait  comme  par  enchantement  du  jour  où  les 
«  nations  s'entendraient  entre  elles  pour  ado|>- 
«  1er  le  bimétallisme  ;  ce  fui  un  enthousiasme» 
«  g^énéral.  Nous  serions  bien  étonnés  si  le 
«  b.'aufeudu  début  durait  encore.  Les  hommes 
«  qui  dirij^enl  les  syndicats  doivent  être  au- 
«  jourd'hui  convaincus  que  le  binu'tallisme 
«  n'est  pas  précisément  la  i)anacée  (ju'on  leur 
«  avait  |)romi»e  et  que,d'ailleurs,  celte  entente 
«  entre  les  nations  est  au  moins  cliiméritpie. 
«  D'abord,  il  est  (certain  que  jamais  l'An^^^leterre 
«  n'entrera  sur  ce  point  en  composition.  Or, 
«  con^me  sans  le  consentement  de  l'Anjflelerre 
«  toute  entente  est  impossible,  il  est  inutile  de 
«  se  bercer  d'illusions.  Quant  aux  Ktnts-l'nis 
«  qui  viennent  d'envoyer  à  Paris  trois  déléj^ués 
«  pour  nétço<Mer  une  entente  bimélalliste  inler- 
«  nationale,  M.  Mac  Kinley,  (pii  a  été  nommé 
«  contre  le  représentant  de  la  frappe  illimitée 
«  de  l'argent  sans  entente  internationale,  est 
«  oblij?é  de  faire  semblant  de  croire  à  une  pos- 
â  sibilité  d'entente  internationale.  Ainsi  les  bi- 
«  métallistes  français  ont  une  lon^^ue  série  de 
«  banquets  en  ])erspective  avant  de  fêler  le 
«  triomphe  de  leur  cause.  » 

Ces  banquets  auront  au  moins  l'avantage 
de  poussera  une  plus  grande  consommation 
des  produits  de  Tagricultui^e  en  général  et 
de  ceux  de  la  viticulture  en  particulier  ; 
cela  ne  peut  manquer  détre  plus  favorable 
aux  populations  agricoles  que  toutes  les 
théories  monétaires  débitées  par  des  gens 
qui  ne  connaissent  pas  grand'chose  du  sys- 
tème des  monnaies  de  leur  propre  pays,  et 
qui  ne  comprennent  rien  du  tout  aux  bases 


sur  le.*^queUes  sont  constituées  les  monnaies 
des  pays  étrangers. 


TRAITE  MÉCANIQUE  DES  VACHES 

Les  différents  essais  pour  constraire  une 
machine  qui  puisse  traire  les  vaches  avec 
succès,  ont  tous  échoué,  non  tant  à  cause 
de  rimperfeclion  de  l'appareil  à  tirer  le 
lait,  que  parce  qu'il  y  manquait  cette  sorte 
de  sympathie  qui  doit  exister  entre  l'animal 
et  son  vacher.  Aussi  U  sécrétion  diminuait- 
elle  vite  et  la  vache  devenait  sèche. 

La  différence  existe  même  suivant  la 
main  qui  trait,  et  tel  homme  obtiendra  de 
la  même  vache  plus  de  lait  que  tel  autre  : 
il  peut  être  plus  doux,  avoir  un  toucher 
plus  habile  et  mieux  comprendre  l'animal. 

En  tout  cas,  jusqu'à  ces  dernières  années, 
aucune  machine  n'avait  donné  une  satis- 
faction de  quelque  durée. 

Récemment,  cependant,  ont  paru  sur  le 
marché,  en  Angleterre  et  aux  Etals-Unis, 
deux  machines  à  traire  qui  peuvent  encou- 
rager ceux  qui  ne  veulent  pas  de  la  traite  à 
la  main. 

L'une  est  fabriquée  dans  une  ferme  de 
l'Iowa  (Etats-Unis)  ;  l'autre  en  Ecosse. 

La  première  fut  inventée  par  la  Cushmao 
Covv  Milker  Cy,  et  le  lait  est  extrait  par 
succion.  Un  jeu  de  tasses  en  verre  munies 
d'embouchures  de  caoutchouc  s'adaptent 
hermétiquement  aux  létines  ;  elles  sont  re- 
liées par  un  tube  également  en  caoutchouc 
à  un  tuyau  do  métal  qui  se  rend  dans  les 
pots  à  lait,  et,  de  là,  à  la  chambre  où  Von 
fait  îe  vide. 

Pour  opérer,  l'air  est  pompé  à  la  main 
hors  du  réservoir.  Les  tasses  sont  attachée8 
àla  mamelle  des  vaches,  la  succion  com^ 
mence,  et,  le  lait  coulant  successivement 
dans  les  tasses,  les  tuyaux  de  caoutchouc 
et  de  métal,  arrive  au  récipient.  L'opération 
se  continue  jusqu'à  ce  que  tout  le  lait  soit 
extrait  des  tétines. 

L'opération,  pour  se  faire  facilement,  doit 
prendre  les  vaches  rangées  dans  leur  éta- 
ble.  L'opérateur  commence  h  un  bout  de  la 
ligne,  plaçant  les  appareils  aux  vaches  jus- 
qu'à ce  qu'il  ait  atteint  la  fin  de  la  rangée, 


243 


EXPOSITIONS  ET  GUPICOUnS. 


540 


eteolevaot  les  tass^  à  mesure  que  les  pre« 
mières  soot  traites. 

U  machine  peut  traire  10  à  15  vaches 
arant  qu'il  soit  nécessaire  de  faire  ie  vide  k 
DOQTeau,  le  nombre  dépendant  nécessaire- 
ment de  la  qaanlilé  de  lait  qu'elles  donnent. 
(hi  peut  traire  de  suite  75  à  100  bâtes,  et 
an  Tacher  eipérimenté  en  fait  35  â  Theure. 

Les  vaches  ne  ressentent  aucun  malaise, 
elles  donnent  volontiers  leur  lait,  et  celles 
qaiont  la  mauvaise  habitude  de  donner  des 
coaps  de  pied  deviennent  ordinairement 
tranquilles  après  quelques  traites. 

Pour  nettoyer  Tappareil,  il  suffit  de  ver- 
ser de  Teau  à  rextrémité  des  réceptacles  et 
diDs  chaque  tasse,  qui  reste  suspendue  après 
qo'oa  s'en  est  servi . 

Des  centaines  de  vaches  ont  été  trailes 
par  cette  machine  et  durant  plusieurs  mois. 

L'autre  appareil,  le  Thistle  (Chardon), 
ttt  fait  en  Ecosse  etopère  aussi  par  succion. 
Il  consiste  en  une  machine  à  vapeur,  pom* 
peàair,  avec  tuyaulage  approprié,  des  can- 
oës à  couvercle  àair  comprimé  qui  contien- 
nent les  tuyaux  à  vide  et  les  tasses  à  tétines. 

Le  caractère  spécial  de  cet  engin  est  l'ac- 
tion de  succion  intermittente  qui  est  ana-- 
bgueà  l'action  produite  par  la  bouche  du 
'eau.  Tout  est  en  caoutchouc  et,  une  fois 
h  machine  en  mouvement,  les  tétines  s'a- 
BioHissent  et  les  tasses  sont  fixées. 

La  force  nécessaire  pour  opérer  sur  10  va- 
ches est  estimée  à  1/8*»  de  cheval  et  peut 
ftre fournie  par  une  machine  à  gazoline. 

Knfin,  un  certain  avenh*  peut  être  réservé 
*  on  troisième  appareil  patenté  par  le  D'  de 


Laval,  de  Suède.  Il  travaille  sur  un  prin-- 
cipe  tout  différent  et  est  actionné  soit  par 
la  main,  soit  même  maintenant  par  Télec^ 
tricité. 

On  le  suspend  sous  la  vache,  et  un  sys* 
tèmo  de  rouleaux  étreint  la  tétine.  En  ma- 
nipulante machine,  ces  rouleaux  s'ouvrent 
en  remontant  vers  la  base  de  la  tétine,  se 
rapprochent  de  nouveau  et  descendent  jus- 
qu'à la  pointe  en  extrayant  le  lait. 

Le  tout  est  disposé  de  façon  à  s'ajuster 
aux  mamelles  des  différentes  vaches,  à  leur 
rétraction  au  cours  de  la  traite  et  à  tous  les 
mouvements  qu'elles  peuvent  faireenchan* 
géant  déposition. 

Une  sangle  munie  d'une  tringle  et  fixée 
au  milieu  entoure  la  vache,  et  sur  la  tringle 
est  suspeudu  l'appareil  à  traire.  Il  est  très 
léger,  étant  fait  en  aluminum.  Il  est  brève- 
té  en  tous  pays  et  l'on  fonde  sur  lui  beau-» 
coup  d'espoir,  comme  il  en  a  été  pour  l'écré- 
meuse  du  même  inventeur. 

Le  lait  extrait  par  ces  divers  procédés  esta 
l'abri  du  contact  de  l'air,  depuis  le  moment 
où  il  quitte  la  mamelle  jusqu'à  eetui  où  il 
arrive  au  réservoir.  Par  conséquent,  aucune 
poussière,  aucun  germe  malfaisant  ne  Tat-* 
teint.  Il  est  donc  plus  sain  et  moins  svjet  à 
s'aigrir. 

De  nouveaux  perfectionnements  viendront 
bientôt  sans  doute  rendre  réellement  pra-* 
tique  la  solution  du  problème  de  la  traité 
mécanique  des  vaches,  problème  qui  aune 
réelle  importance  pour  les  grandes  expkn- 
tanslioagri  coles. 


EXPOSITIONS   ET   CONCOURS 


EXPOSITION   D'HOfinCULTURC, 
A  PARIS 

Dans  les  premiers  Jours  du  moisdejuin,la 
Wllante  exposition  annuelle  de  la  Société 
ûitionale  d'Horticulture  de  France  s'est  te- 
nue à  Paris,  sur  son  emplacement  habituel 
^^  iardin  des  Tuileries. 


Parmi  lesexposants  industriels  participant 
à  celte  Exposition  se  trouvaient  nos  Socié- 
taires MM.  AuRouzE,  BnotiUET,  C.vRaÉ,  Hirt, 
et  Mercier,  qui  présentaient  leurs  difTéren^ 
les  spécialités  bien  connues,  remarquées 
quelques  semaines  auparavant  au  Concours 
général  agricole  de  Paris*    Il  suffira  donc 


247 


ïOUliNAL  IKNSUEL  DV  t*AGADtalK  NATIONAliB. 


348 


de  se  reporter  à  notre  Journal  d*ÂvriI 
pour  avoir  la  description  résumée  des  diffé- 
rents articles  exposés  par  nos  Sociétaires. 

Il  eût  été  oiseux  de  répéter  cette  descrip- 
tion dans  des  termes  forcément  identiques 
à  deux  mois  d'intervalle. 


EXPOSITION    RÉGIONALE    DE    RENNES 
EN  1S07. 

Cette  exposition  fort  intéressante  et  fort 
coquette  de  la  grande  cité  bretonne  justifie 
parfaitement  son  nom,  car  elle  est  en  effet 
surtout  régionale,  et  Ton  pourrait  dire  seu- 
lement régionale,  à  quelques  exceptions 
près,  au  point  de  vue  industriel  et  com* 
mercial. 

Seule  la  section  des  Beaux- Arts  qui  forme 
une  véritable  etimportanteexposition  à  part 
dans  un  palais  central,  au  milieu  des  jar- 
dins de  l'Exposition,  renferme  desexposants 
de  toute  la  France  et  plus  particulièrement 
de  Paris,  car  les  peintres  de  la  capitale 
avaient  répondu  à  Tappel  qui  leur  était  fait 
dans  une  très  large  mesure. 

Avec  ses  deux  corps  de  bâtiments  paral- 
lèles qui  renferment  tous  les  produits  des 
exposants  du  commerce  et  de  l'industrie, 
son  pavillon  central  qui  renferme  la  salle 
obligatoire  des  fêtes  et  des  galeries  annexes 
consacrées  aux  beaux-arts,  son  grand  jar- 
din central  animé  parun  bassin  pittoresque, 
sa  terrasse  oii  se  trouvent  tous  les  campe- 
ments et  tentes  des  Dames  Françaises,  des 
ambulances,  etc.,  et  qui  domine  l'exposi- 
tion, avec  ses  hangars  consacrés  à  lexposi- 
tion  florale  et  horticole,  on  peut  dire  que 
l'exposition  de  Rennes  charme  les  yeux  et 
rappelle  vaguement  ces  coquets  villages  ja- 
ponais que  l'on  est  habituée  retrouver  dans 
toutes  les  exhibitions  internationales. 

En  somme,  c'est  petit —  beaucoup  plus 
petit  que  l'exposition  similaire  de  Rouen, 
Tannée  dernière,—  mais  l'impression  géné- 
rale en  est  charmante  et  Ton  ne  regrette  pas 
son  voyage. 

Du  reste,  il  était  diiïïcile  que  Rennes,  par 
sa  situation  même,  loin  de  tous  centres  in- 
dustriels de  premier  ordre,  puisse  réaliser 
Un  effort  plus  important,  au  double  point 


de  vue  industriel  et  commercial,  et  l'on  doit 
lui  savoir  gré  des  résultats  obtenus. 

Elle  a  intitulé  elle-même  son  exposition  : 
Exposition  régionale^  et  elle  a  bien  fait. 

Ville  essentiellement  savante  et  littéraire, 
importante  de  70.000  habitants  sans  doute, 
mais  ne  nmfermant  que  peu  d'usines,  en  vé- 
rité, elle  ne  pouvait  pas  faire  plus. 

Mais  comme  elle  s'en  rendait  un  compte 
très  exact,  elle  a  voulu,  du  moins,  lui  don- 
ner tout  l'éclat  possible  au  point  de  vue  de 
la  culture,  des  productions  et  des  richesses 
matérielles  qui  l'entourent,  et  sur  ce  terrain 
nous  sommes  heureux  de  constater  que  ses 
efforts  ont  été  couronnés  d'un  plein  succès. 

C'est  ainsi  qu'en  réalité  dans  ce  vaste 
Champ  de  Mars  qui  s'étend  aux  portes  de  la 
ville,  en  descendant  de  la  gare  et  avant  d'ar- 
river à  ce  beau  canal  qui  relie  l'Ule  à  la 
Vilaine  etqui  rend  à  si  juste  titre  les  Ren- 
nois  fiers  de  leurs  quais,  l'exposition  est  en- 
tourée et  comme  triplée  parle  cimcours  hip- 
pique et  par  le  concours  agricole. 

Nous  avons  tenu  à  nous  rendre  à  Ren- 
nes pendant  latenuede  cesdivers  concours, 
nous  avons  pu  constater  de  visu  toute  l'im- 
portance du  concours  agricole  et  comme 
c'est  le  seul  qui  nous  intéresse  ici  avec  Tex- 
position  proprement  dite,  nous  allons  donc 
nous  efforcer  de  rendre  un  compte  aussi 
fidèle  que  possible  de  l'un  et  de  l'autre,  en 
examinant  les  diverses  expositions  de  nos 
membres. 

MM.  PelissonpérertCie,  négociants,  bou- 
levard de  laGare,  à  Cognac,  bien  connus  pour 
leurs  spécialités  de  vieilleseaux-de-vie,  ex- 
posent  trois  pyramides  de  superlies  fûts  de 
cognac  en  chêne  poli  et  soigné,  comme 
s'il  s'agissait  de  bois  destiné  à  un  mobilier 
de  salle  à  manger  ;  pour  notre  compte  nous 
ne  saurions  trop  approuver  cette  façon  de 
procéder,  que  d'aucuns  considèrent  comme 
une  mise  en  scène  inutile  et  superflue. 

Nous  pensons,  au  contraire,  que  le  meil- 
leur moyen  de  conserver  intacts,  purs 
et  fins  d'arôme,  des  cognacs  et  des  eaux- 
de-vie  de  prix,  est  enct»re  de  ]es  loger ^  sui- 
vant l'expression  consacrée,  dans  des  ton- 
neauxde  choix,  méticuleusement  construits 
et  vérifiés. 


249 


EXPOSITIONS 


Le  long  de  la  muraille,  derrière  les  pyra- 
mides dont  nous  venons  de  parler  sont  ac- 
crochées au  raur  de  nombreuses  cartes  de 
la  production  des  alc(»oI$  et  eaux-de-vie  et 
des  photographies,  coïjuettement  encadrées 
quireproduisent  les  usines,  la  distillerie,  les 
appareils,  etc.,  de  la  maison  dont  on  peut 
ainsi  juger,  non  seulement  de  Vimporlance, 
mais  de  la  parfaite  et  pratique  installa- 
tion. 

Une  vue  d'ensemble  de  Cognac  complète 
et  donQÎne  fort  heureusement  ces  intéres- 
sants documents  et  nous  ne  pouvons  que 
rendre  hommage  au  goût  avec  lequel  MM. 
PeilissoD  père  et  Cie  ont  su  présenter  leurs 
productions  au  public. 

Dans  le  vingt  et  unième  groupe  consa- 
cré aux  Ij<]u^de5,  la   collectivité  nantaise  b. 
réuni  tous  les  produits  de  ses  membres  ex- 
posants dans   une  grande  vitrine  centrale 
du  plus  heureux  effet  et   d'une  disposition 
très  pratique  qui  permet  de  retrouver  im- 
médiatement les  produits  de  chacun   des 
membres  participants;  parmi  eux  nous ci- 
int)nstout  particulièrement  M.  Gh.  Hugue- 
:«x,  négociant  en  liqueurs,  12,  rue  des  Oli- 
vettes, h  Nantes,  qui  expose  dans  une  série 
de  bouteilles  une  nombreuse  collection  de 
vinaigres  de  vin,  de  vin  apéritif  et  enfm  de 
liqueurs, telles  (|ue  VElexir  breton,  qui  m*a 
paru  très  populaire  dans  les  cafés  de  Rennes, 
les  crèmes  de  menthe,  de  Moka,   etc.,   le 
^ignolet,  les  prunes  à  Teau-de-vie,  lequin- 
qoina  Saint-Charles,  également  très  répan- 
du dans  toutela  Bretagne,  etc.    L'éloge  des 
iiqoeuri  de  notre  collègue  n*est  plus  à  faire 
et  il  y  a  longtemps  qu'il  a  su  conquérir   et 
SI  garder  une  clientèle  lidèle  dans  toute  la 
Bretagne  et  même  en  dehors  des  limites  de 
celte  ancienne  province  ;  mais  ce  qui    nous 
a  le  plus  frappé  dans  son  exposition  de  Ren- 
nes, c'est  lo  choix  judicieux  de  ses  produits 
ei  la  variété  capable  de  répondre  à  tous  les 
goûts,  à  toutes  les  exigences,  à  tous  les  pa- 
lais. 

En  effet,  on  n'a  que  l'embarras  du  choix 
devant  cette  vitrine  si  bien  garnie,  et  le 
gourmet  le  plus  délicat  ne  saurait  y  consta- 
ter une  lacune^  un  oubli,  ce  qui  me  semble 
le  plus  bel  éloge  que  l'on  en  puisse  faire. 


ET  CONCOURS.^  25(J 

M.  Texier  fils  jeune, ingénieur- construc- 
teurs de  machines  agricoles,  à  Vitré  (Ille-et- 
Vilaine),  expose  une  série  de  broyeurs  de 
pommes,  malaxeurs,  hache-paille  et  à  lé- 
gumes ou  racines  pour  bestiaux,  pressoirs, 
arbre  de  couche,  vis  centrales,  etc.;  tous 
ces  appareils  sont  très  soignés,  d'un  travail 
très  fm  et  d'un  fort  joli  aspect  dans  leur 
couleur  rouge. 

Nous  avons  tenu  à  visiter  les  ateliers  de 
construction  de  machines  agricoles  et  la  fon- 
derie de  notre  collègue  à  Vitré,  en  sortant 
de  l'Exposition  de  Rennes,  et  nous  avons  pu 
nous  rendre  compte  par  nous-môme  de 
l'importance  et  de  la  perfection  de  ses  ins- 
tallations. 

Nous  avons  retrouvé  là  ses  broyeurs  d'a- 
joncs et  de  sarments,  ses  machines  à  battre 
les  grains,  ses  égréneuses,  ses  vis  de 
pressoirs  à  double  vitesse  avec  manège  uni- 
versel, etc.,  dont  nous  avons  eu  souvent  à 
entretenir  nos  lecteurs  et  qui  constituent 
véritablemement  ce  qui  a  été  fait  de  mieux 
et  de  plus  pratique  dans  cet  ordre  d'idées. 

Du  reste,  M.  Texiera  fort  justement  tenu 
à  avoir  deux  expositions  importantes  de  ses 
instruments,  une  dans  l'exposition  propre- 
ment dite  et  une  autre  au  concours  agricole 
régional  de  Rennes  qui  se  trouve  à  côté  de 
l'exposition  et  dont  nous  aurons  un  mot  à 
dire  tout  à  l'heure,  à  propos  d'autres  expo- 
sants. 

Tout  ce  qui  se  rapporte  à  la  fabrication  du 
cidre,  à  ce  que  l'on  pourrait  appeler  la  vais- 
selle du  cidre  et  qui  sort  de  sa  maison  est 
établi  avec  un  soin  et  une  précision  remar- 
quables, et  il  suffit  d'examiner  rapidement 
ces  divers  appareils  pour  se  crmvaincre 
bien  vite  de  leur  supériorité.  C'est  ce  qui 
explique  pourquoi  ils  se  sont  répandus  si 
vite  dans  toute  la  Bretagne  et  même  dans 
une  partie  de  la  Basse-Normandie,  et  com- 
ment, en  même  temps,  notre  collègue  a 
remporté  partout  les  plus  hautes  récom- 
penses ;  c'est  ainsi  qu'il  a  remporté  à  Paris, 
à  Rouen,  ù  Segré,  etc., la  médaille  d'or,  c'est- 
à-dire  lepremier  prix  pour  toussesappareils 
concourant  à  la  fabrication  du  cidre  et,  pour 
nous,  qui  suivons  depuis  longtemps  ses 
efforts  persévérants,  Il  nous  semble  que  sa 

12 


251 


JOURNAL  MENSUEL  DE  l'aGADBMIB  NATIONALE. 


252 


double  exposition  de  celle  année  à  Rennes, 
à  TExposition  même  et  an  concours  agri- 
cole régional,  est  comme  le  conronneraent 
d'une  longue  et  laborieuse  carrière  où  cha- 
que effort  do  Tingénicur  conslrucleur  a  été 
couronné  par  un  nouveau  perfectionne- 
ment, par  une  amélioration  et  par  consé- 
quent par  un  nouveau  succès  auprès  d'une 
clientèle  chaque  jour  plus  importante. 

M.  Albert  L£MAiTRE,rabricantdevoiture8et 
harnachements,  14,  rue  delà  Gareà  Alençon, 
Ri  dans  l'un  des  deux  grands  pavillons  de 
ctiiéy  une  exposition  des  plus  complètes  et 
des  plus  intéressantes  ;  ses  huit  voitures  de 
maître,  vis-à-vis,  dog-carts,  paniers,  voi- 
tures de  chasse,  etc.,  sont  tous  ravissants 
de  formes,  élégants  et  parfaitement  soignés, 
mais  ce  qui  nous  parait  devoir  le  recom- 
mander le  plus  particulièrement  à  Tatten- 
tioD  des  visiteurs,  en  dehors  de  ces  qualités 
géoérales,  qui  ne  sont  pas  pour  nous  sur- 
prendre dans  la  fabrication  même  des  voi- 
tures de  notre  collègue,  nous  dirons  que 
cest  leur  variété  même. 

11  semble  que  l'on  se  soit  efforcé  d*expo- 
ser  des  modèles  qui  répondent  à  tous  les 
goûts,  à  toutes  les  bourses  et  à  tous  les  be- 
soins de  la  vie,  à  la  campagne  et,  certes,  à 
ce  point  de  vue  spécial  nous  sommes  per- 
suadés que  Texpositlon  de  notre  collègue 
est  appelée  à  avoir  un  grand  succès  à  Rennes, 
dans  un  centre  on  ne  peut  mieux  disposé 
pour  trouver  une  clientèle  nombreuse,  ri- 
che et  toujours  à  Faffùt  des  véhicules 
vraiment  confortables  et  pratiques. 

Comme  M.  Texier,  M.  Albert  Lemailre  a 
tenu  à  exposer  aussi  au  concours  régional 
de  Rennes,  et  comme  lui,  il  a  su  diviser  et 
approprier,  on  peut  dire  ses  deux  exposi- 
tions, suivant  les  besoins  et  les  goûts  des 
clientèles  et  du  public  différents  auxquels 
il  s'adonnait  ;  c'est  ainsi  qu'à  côté  de  tou- 
tes ses  voitures  de  luxe  ou  tout  ou  moins  de 
promenade,  dont  nous  venons  de  parler, 
il  a  su  se  restreindre  au  concours  agricole  à 
n'exposer  que  des  voitures  et  harnache- 
ments pour  les  besoins  de  l'agriculture  et  le 
transport  des  denrées.  Je  cite  les  termes 
mêmes  du  catalogue  et  il  faut  reconnaître 


que  le  programme  a  été  largement  tenu  = 
toutes  les  charrettes,  tombereaux,  voitures 
maraîchères  et  de  ferme,  etc.,  sont  là,  expo- 
sées dans  leur  simple  et  cependant  ingé- 
nieuse variété  et,  pour  notre  compte,  nous 
ne  pouvons  qu'applaudir  à  une  si  utile  exhi- 
bition destinée  à  faire  pénétrer  les  progrès 
les  plus  pratiques  et,  nous  dirons  volontiers, 
les  plus  indispensables,  jusqu'au  fond  de  la 
Bretagne. 

MM.  DumontetCie,  les  grands  facteurs 
d'orgues-harmoniums  des  Andelys,  dans 
TEure,  ont,  comme  toujours,  une  exposi- 
tion des  plus  complètes  et  des  plus  intéres- 
santes.D'ailleurs,  admirablement  située  dans 
la  grande  salle  d'entrée,  elle  esi  bien  faite 
par  elle-même,  pour  attirer  et  retenir  l'at- 
tention des  visiteurs.  Voici  d^abord  un  or- 
gue à  tuyau  pour  chapelle  aux  proportions 
élégantes  et  Gnes,  peu  encombrant,  avec  no- 
tes puissantes  cependant  et  qui  conviendrait 
certainement  à  la  plupart  des  églises  de 
France  de  moyenne  importance,  puis  à  côté 
se  trouvent  cinq  petits  modèles  pour  des 
églises  de  campagne,  puis  des  harmoniums 
pour  chapelles  de  catéchisme  et  même  pour 
salons  où  beaucoup  de  personnes  cultivent 
aujourd'hui,  pour  leur  plaisir  personnel, 
l'harmonium,  qui  tient  mieux  les  sons  que 
le  piano,  qui  offre  plus  de  ressources  à  cer- 
tains points  de  vue  et  qui  en  tout  cas  l'ac- 
compagne toujours  agréablement,  aussi  bien 
que  le  chant. 

Tous  les  bois,  les  coffres  sont  en  chêne 
verni  d'un  joli  travail  ;  certaines  personnes 
préfèrent  simplement  le  chêne  sous  sa  cou- 
leur primitive  ou  seulement  ciré,  laissant  au 
temps  le  soin  de  lui  donner  cette  teinte  som- 
bre, cette  admirable  patine  qu'aucun  vernis, 
qu'aucune  préparation  ne  saurait  imiter. 
Pour  notre  compte  personnel  [nous  sommes 
assez  de  cet  avis.  Mais,  cependant,  ce  n'est  là 
qu'une  question  de  goût  et  l'on  ne  saurait 
nier  combien  est  soignée  la  fabrication  des 
or^'ues  qui  sortent  de  la  maison  Dumont. 

Mais  ils  sont  surtout  soignés  au  point  de 
vue  de  la  fabrication  technique,  du  son,  des 
effets  obtenus  et  c'est  principalement  sur  ce 
point  -—  le  plus  important  —  qu'il  nous  pa- 


BXPOftlTIONi  BT  GONGOUAS. 


254 


ralt  intéressant  d'insister  tout  particulière- 
meol. 

Il  est  évident  que  les  harmoniums  et  or- 
goes  médiophones  pour  églises,  sociétés 
de  chants  et  salons  qui  sortent  de  Timpor- 
tante  manufacture  des  Andelys  sont  tous 
d*une  exécution  irréprochable  ;  quand  nous 
aurons  ajouté  qu'ilssont,  en  même  temps  et 
suivant  leur  imp(»rtance,  bien  entendu, 
d'un  prix  très  abordable,  on  comprend 
pourquoi  ils  se  sontrépandus  si  rapidement 
an  peu  partout  en  France. 

La  maison  Dumont  a  su  construire  des 
iostruments  tout  à  fait  réfractaires  à  l'hu- 
midité, qui  n*en  souffrent  pas  et  Ton  ne  sau- 
rait croire  combien  ce  résultat  est  impor- 
tant, capital  nous  dirons,  pour  les  églises 
de  province  plus  ou  moins  mal  chauffées  en 
hiver  et  même  pour  les  châteaux,  les  mai- 
sons de  campagne  souvent  fermées  et  dé- 
laissées pendant  la  même  rude  saison  : 
être  sûr  de  retrouver  sa  soufflerie  intacte 
constitue  un  avantage  inappréciable  pour 
tous  ceux  qui  savent  ce  que  c'est  qu*un  har- 
monium etqui  aiment  la  musique. 

X.  Dumont  a  depuis  longtemps  obtenu  ce  s 
excellents  résultats  et  nous  sommes  heureux 
de  pouvoir  le  constater  ici  une  fois  de  plus. 

M.  E.  Cauvin-Yvose,  dont  la  grande  mai- 
son centrale  de  la  rue  de  Lyon,  à  Paris,  est 
ooonu  dans  le  monde  entier,  possède  aussi 
des  usines,  des  filatures,  tissages  et  corde- 
ries,  ainsi  que  des  succursales  dans  un  grand 
nombre  de  villes  de  France  et  d'Algérie,  et 
c'est  ainsi  que  nous  avons  été  charmé,  si- 
non étonné,  de  retrouver  une  de  ses  mai- 
sons, fort  bien  installée,  ma  foi,  à  Rennes, 
sur  le  boulevard  Magenta,  en  descendant 
de  la  gare. 

Celte  constatation  doit  suffire  pour  indi- 
quer tout  de  suitequeson  exposition  doit  être 
importante.  En  effet,  il  a  exposé  tout  une 
série,  toutes  les  gammes,  on  pourrait  pres- 
que dire,  des  toiles  écrues  imperméables  et 
peintes,  des  prélarts,  des  bâches  et  des  sacs 
qui  sont  vendus  aux  quatre  coins  du  monde, 
siDS  exagération.  On  est  vraiment  étonné  de 
voir  comment  ces  prélarts  et  ces  bâches  de 
toutes  couleurSjdepuis  le  vert  jusqu'au  rou- 


ge, en  passant  par  le  havane  et  le  bleu  foncé, 
sont  d'un  joli  effet  et  parfois  de  nuances 
vraiment  très  distinguées. 

Notre  collègue  fabrique  aussi  des  stores, 
des  bannes,  des  tentes  de  toutes  dimensions 
pour  campement,pour  bais,fétes  ofticielles, 
expositions,  etc.,  et  en  parcourant  le  joli  ca- 
talogue illustré  que  ses  employés  distribuent 
devant  son  exposition,  on  en  arrive  à  se 
demander,  non  pas  ce  qu'il  fait,  mais  bien 
ce  qu'il  ne  fait  pas  avec  ses  toiles  si  diver*» 
ses  et  si  propres  à  tous  les  usages.  Cette  in* 
dustrie  a  certainement  pris  une  très  grande 
extension  dans  ces  dernières  années  et, 
étant  donné,  d'un  côté  la  puissante  instal- 
lation de  la  maison  Cauvin-Yvose^son  souci 
de  faire  sans  cesse  du  nouveau  et  ses  moyens 
de  fabrication  et,  d'un  autre  côté,  le  déve* 
loppement  incessant  de  nos  colonies  en 
pays  intertropicaux,  on  peut  être  assuré 
que  cette  curieuse  industrie  des  toiles  écrues 
imperméables  n'a  pas  dit  encore  son  der-* 
nier  mot.  Partout  où  l'on  aura  besoin  d'une 
tente,  d'un  abri  instantané,  d'une  salle  im-* 
provisée,  d'un  camp,  d'une  ville  se  dressant 
de  suite  en  attendant  le  maçon,  on  fera 
appel  aux  produits  si  pratiques  et  si  solides 
de  notre  collègue.  Autant  dire  que  le  cas 
peut  se  présenter  tous  Les  jours,  sur  tous  les 
points  de  la  terre,  partout  où  nous  sommes 
établis,  où  nous  avons  des  intérêts.  A  ce 
point  de  vue  de  l'exportation  coloniale,  l'in- 
dustrie déjà  si  prospère  de  M.  E.  Cauvin* 
Yvose  nous  a  paru  appelée  à  prendre  rapi-» 
dément  un  développement  peut-être  in<* 
connu  jusqu'à  ce  jour,  et  voiU  pourquoi 
nous  avtînstenu  à  en  direun  mot  en  passant* 

Nous  avons  dit  plus  haut  comment  TEx-* 
position  proprement  dite,  étant  régionale, 
était  forcément  resti^inte  ;  il  est  donc  juste 
d'ajouter  que  les  organisateurs  ont  [su 
grouper  autour  d'elle  une  série  de  concours 
des  plus  importants  etqui  ont  véritablement 
donné  un  éclat  particulier  aux  fêtes  qui  se 
sont  succédées  à  Rennes  pendant  le  mois  de 
juin  :  concours  musical  ayant  su  grouper 
3.500  exécutants,  concours  hippique^  con- 
cours agricole,  concours  de  gymnastique, 
etc.,  etc.  Parmi  ces  dei'oiers,  les  concours 


^5  JOURNAL  MENSUEL  Dl 

hippiques  et  agricole  occupaient  deux  vastes 
emplacements  sur  le  Champ  de  Mars,  de 
chaque  coté  de  Texposition,  et  comme  i-l  n'y 
a  que  le  dernier  qui  puisse  intéresser  plus 
particulièrement  nos  lecteurs,  c'est  donc 
le  seul  dont  nous  voulons  nous  occuper, 
ici,  en  dehors  de  Texposition  dont  nous  ve- 
nons de  faire  un  rapide  compte-rendu. 
Cependant, avant  d'aller  plus  loin,  il  nous 
«  sera  bien  permis  de  formuler,  en   passant, 
une  modeste  critique.  En  faisant  pay^r  un 
franc  pour  visiter  l'Exposition,  ce  qui  est, 
je  crois,  en  dehors  des  abonnements,  le  prix 
consacré  partout,  on    faisait  payer  égale- 
ment 25  centimes  pour  entrer  au  concours 
hippique  et  autant  pour  entrer  au  concours 
agricole,  ce  qui  était  bien  modéré,   mais  il 
fallait  sortir  de  l'exposition  pour  aller   visi- 
ter ces  divers  concours  et  il  semble  que  si 
les  trois  champs  d'Exposition  ou  de  con- 
cours avaient  communiqué  ensemble  et  si 
ceux  qui  avaient  payé  leur  franc  avaient  eu 
le  droit  d'entrée  directement  dans  les  deux 
concours,  par  des  portes  de  communication, 
sans  être  obligés  de  sortir,  on  aurait  pu  atti- 
rer beaucoup  plus  de  monde,   surtout  pen- 
dant cette  longue  série  de  fêtes  qui   a  duré 
toute  la  première  semaine  de  juin  et  qui,  il 
convient  de  le  reconnaître,  en  dehors  de  la 
Bretagne  tout  entière,  avait  attiré  énormé- 
ment de  monde  de  partout  et  plus  particu- 
lièrement de  Paris,  dont  la  population   est 
toujours  prête    à  courir  les  réjouissances 
oflicielles  et  à  profiter  des  billets  de  fa- 
veur de  tarif  réduit,  des  trains  de   plaisir 
que  l'on  met  à  sa  disposition. 
'    Mais.en  vérité,ce  ne  sont  là  que  des  criti- 
ques de  détail  et  que  nous  ne  nous  permet- 
tons que  pour  démontrer  une  lois  de  plus 
tout  le  plaisir  que  nous  avons  pris  à  Tinté- 
ressante  exhibition  de  Rennes. 

Ceci  dit  en  passant,  examinons  les  exposi- 
tions les  plus  importantes  du  concours  régio- 
nal agricole  de  Rennes  qui  s'est  tenu  du  29 
mai  ou7  juin  1897  et  qui, toutes  proportions 
gardées,  en  définitive,  apparaissait,  par 
certains  côtés,  comme  beaucoup  plus  impor- 
tant que  l'exposition  elle-même. 

Du  reste,  en  faisant  cette  constatation, 
nous  croyons  n'être  que  les  traducteurs  (idè- 


VACAJbiMlE  NATIONALK.  256 

les  des  sentiments  mêmes  des  population^ 
agricoles  et  rurales  de  ces  contrées  qui  ne 
représentent  pas  encore  la  vraie  Breta- 
gne, qui  sont  établies  sur  plusieurs  ancien- 
nes provinces  et  dont  l'esprit  devient  plus 
ouvertchaque  jour  aux  progrès  delà  science 
et  à  ses  incontestables  bienfaits. 

Aujourd'hui  il  n'est  plus  besoin  de  faire 
de  longues  conférences  pour  faire  compren- 
dre aux  paysans  tous  les  bienfaits,  toutes 
les  économies  de  temps  €t  d'argent  à  réali- 
ser avec  l'emploi  raisonné  et  judicieux  des 
instruments,  de  la  machinerie  agricole  et 
et  voilà  pourquoi,  chaque année,et  fort  heu- 
reusement, nous  avons  à  constater  l'admira- 
ble développement  de  nos  concours  agrico- 
les jusqu'au  fond  desdépartements,réputés 
comme  étant  les  plus  récalcitrants  jusqu'à 
ce  jour. 

Parmi  les  exposants  qui  ont  installé  l'en- 
semble le  plus  complet  des  instruments 
agricoles  de  toute  espèce,  il  convient  certai- 
nement de  citer,  en  première  ligne,  M.  A. 
Bajac,  de  Liancourt  (Oisej.  L'exposition  de 
noire  collègue  occupe  une  vaste  partie  du 
centre  du  concours  agricole  et  toute  la  sé- 
rie do  ses  charrues  et  brabanls  est  surtout 
fort  remarquable. 

Quand  nous  aurons  dit  que  M.  Bajac  ex- 
pose 115  pièces  représentant    tout  ce  que 
l'on  peut  appeler  la  machinerie  agricole,ou, 
suivant  une  vieille  expression  consacrée  par 
l'usage,  le  mobilier  de  ferme:  charrues,  ra- 
settes,    herses,   piocheurs,   semoirs,   arra- 
cheuses,    traîneaux,    harnais,    fouilleuses, 
moulins  à  bras,  etc.,  il  nous   semble  que 
nous  n'aurons  plus  rien  à  ajouter  pour  don- 
ner une  idée  de    l'iinporlance  de   premier 
ordre  de  l'exposition  de   notre  collègue    à 
Rennes,  et  il  ne  nous  restera  plus  qu'à  le  re- 
mercier de   poursuivre  avec  tant  de  persé- 
vérance  et,   disons    le  bien  vite,   tant  de 
succès,  son  œuvre  si  utile  de  vulgarisation 
de  la  machinerie  agricole  pratique  à   tra- 
vers la   France  entière. 

Rennes  est  entourée  de  contrées  fertiles, 
souvent  encore  un  peu  arriérés  à  ce  point 
de  vue  spécial  et  certes,  M.  Bajac  ne  pou- 
vait pas  trouver  ua  terrain  plus  utile  pour 
faire  connaître  et  pour  faire  adopter  la  série 


257 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


258 


siingënieufte  et  surtoutsi  indispensable  pour 
l'igricullure,  de  ses  admirables  instruments 
aratoires. 

M.  Jean  Bernus,  rue  de  Penthièvre,n*  4, 
k  Lyon,  cipose  une  série  d'objets  d'un  or- 
dre plus  restreint,  intéressant  plus  particu- 
lièrement le  jardinage  et  qui  néanmoins 
semblai'^nt,  pour  la  plupart,  retenir  très  vi- 
rement l'attention  des  visiteurs.  Citons  au 
hasard  ses  pulvérisateurs,  son  pal  injecleur, 
ses  pompes  à  purin  ou  pour  jardin,  ses  ou- 
tils de  jardinage,  ses  divers  ustensiles  de 
caves,  ses  barattes,  etc.,  etc.,  qui,  tous,  sont 
d'uDe  exécution  très  soignée  et  d*un  usnge 
jouroalier  à  la  campagne. 

MM.  Brouhot  et  Cie,  à  Vierzon,  dans  le 
Cher»  expose  quatre  machines,  une  à  va- 
peur, locomobile  de  6  chevaux,  une  à  pé- 
trole de  4  chevaux,  une  machine  à  battre 
de6 chevaux  et  une  de  3  chevaux,  qui  sont 
positivement  des  merveilles  d'exécution  et 
de  précision,  d'un  mouvement,  et  d'une 
conduite  relativement  très  faciles,  après  un 
court  apprentissage. 

Le  seul  reproche  que  Ton  pourrait  peut- 
èlre  leur  adresser,  surtout  pour  les  deux 
premières,  c'est  leur  prix  encore  relative- 
ment trop  élevé.  On  pourra  nous  objecter 
qu'il  est  diflicile  qu'il  en  soit  autrement, 
que  même  à  ce  prix,  on  réalise  encore  une 
?i»S5e  économie  dans  les  fermes  par  l'em- 
ploi de  ces  excellentes  machines.  Tout  cela 
eslclair,  c'est  entendu,  mais  cela  n'empê- 
ciie  pas  que  nous  voudrions  les  voir  aborda- 
Wes  pour  toutes  les  bourses  à  la  campa^ 
^e,  où  souvent  Ton  n'est  pas  riche,  ou 
tout  au  moins  pour  tous  les  petits  groupes 
<ie  deux  ou  trois  cultivateurs  qui  se  cotisè- 
rent pour  en  faire  l'acquisition. 

Si  l'on  pouvait  ainsi  arrivera  mettre  ces 
«cellentes  machines  relativement  à  la  por- 
tée de  tout  le  monde  dans  nos  campagnes, 
ce  serait  certes  un  gi*and  progrès  accompli 
ctroilà  pourquoi  il  nous  semble  intéres- 
«nt  d'y  insister  tout  particulièrement,  en 
Passant. 

Dans  un  autre  ordre  d'idée.>,  plus  modes- 
^au  premier  abord,  mais  non  moins  inté- 


ressant, à  la  réflexion,  M.J.  Philippe,  avi- 
culteur à  Houdan  en  Seine-et  Oise,  nous 
montre  une  série  de  22  numéros  compre- 
nant des  couveuses  artificielles,  deséleveu- 
ses,des  gaveuses  avec  tous  les  accessoires  qui 
sont  vraiment  très  dignes  de  retenir  Tatten- 
tion  des  fermières  et  même  des  simples 
maltresses  de  ntaison  à  la  campagne. 

Tout  le  monde  sait  combien  on  a  de  mal 
à  obtenir  des  couvées  régulières  sur  une 
grande  échelle  dans  les  fermes  et  combien 
il  est  difficile  de  les  mener  à  bien.  Et  en  di- 
sant cela  nous  parlons  simplement  des  œufs 
de  poules,  couvés  par  des  poules  ;  mais  s'il 
s'agit  d'œufs  de  dindes  ou  môme  de  cannes, 
les  difficultés  deviennent  presque  insurmon- 
tables, il  faut  avoir  toujours  des  poules  cou- 
veuses sons  la  main  ou  se  résoudre  à  per- 
dre ses  œjfs  aux  quatre  coins  des  haies  qui 
entourent  les  enclos,  les  vergers  et  les  pâ- 
turages de  la  ferme. 

Avec  ces  couveuses  artificielles,  rien  de 
semblable  à  relouter,  indistinctement  les 
œufs  de  poules,  de  cannes,  de  dindes,  de 
pintades,etc.,  arriventau  monde  et s*élèvent 
lo'.u  seuls,  c'est  bion  le  cas  de  dire,  avec 
la  môme  ponctualité,  la  môme  régularité. 

Voilà  pourquoi  nous  signalons  tout  parti- 
culièrement les  appareils  si  simples  et  si 
pratiques  de  notre  collègue  de  Houdan  à  la 
sollicitude  des  fermières  et  des  ménagères 
de  nos  campagnes,  certains  que  nous  som- 
mes, à  l'avance,  de  leur  rendre  une  vérita- 
ble service. 

C'est  de  la  maternité  artificielle,  soit,  je  le 
veux  bien,  mais  c'est  de  la  maternité  intel- 
ligente et  scientifique,  guidée  par  la  main 

de  rhomme   et  un thermomètre   et, 

voyez-vous,  pour  élever  des  poulets,  de  pe- 
tits canards  ou  déjeunes  dindes,  c'est  en- 
core ce  qu'il  y  a  de  meilleur,  de  plus  sûr 
et  de  plus  pratique.  Du  reste,  on  le  com- 
prend si  bien,  même  au  fond  de  nos  cam- 
pagnes les  plus  reculées,  que  chaque  jour 
l'usage  en  devient  de  plus  en  plus  général, 
et  c'est  justice. 

MM.  Simon  kreres,  constructeurs  de  ma- 
chines agricole, 70  à  74,  rue  Helain,  à  Cher- 
bourg, ont  une  des  plus' importantes  expo- 


259 


JOURNAL  1UN8IIEL  OB   lVjU)^»  NATIONALB. 


260 


gitioDS,  qui  ne  comprend  pas  moins  de  76 
numéros  ;  la  série  de  leurs  broyeurs  à  bras, 
k  manège  et  marchant  à  laide  d'un  mo- 
teur, de  leurs  manèges  et  de  leurs  malaxeurs 
borizontaux  ou  verticaux.constitue  certaine- 
ment un  des  ensembles  des  plus  complets 
et  des  plus  intéressants  du  concours  agri- 
cole. Nous  en  dirons  autant  de  leurs  barat- 
tes dite  monobatteur  Simon  qu'ils  ont  su 
rendre  aussi  pratiques  et  aussi  simples  que 
possible. 

Puis  viennent  tous  les  accessoires, fort  in- 
génieux sans  doute,  mais  de  moindre  im- 
portance, comme  les  moules  à  beurre,  les 
tables  à  beurre,  le  pulpomètre  Simon,  etc. , 
sur  lesquels  il  nous  paraîtrait  superflu  de 
nous  arrêter,  après  Ténumération  qui  pré- 
cède. 

En  somme,  MH.  Simon  frères  ont  su  réu- 
nir là  les  spécimens  les  plus  variés  de  leur 
industrie  et  Ton  ne  peut  que  (U)nstater  le 
soin  qu'ils  apportent  dans  la  construction 
des  machines  agricoles. 

f^a  partie  du  concours  consacrée  aux  ex- 
posants producteurs  n'était  pas  moins  com- 
plète et  offrait  aussi  un  réel  intérêt,  non 
seulement  pour  les  acheteurs,  mais  encore 
pour  tous  ceux  qui  tiennent  à  se  tenir  au 
courant  des  progrès  très  réels  réalisés  dans 
ces  dernières  années  par  ce  que  nous  serions 
tenté  d'appeler  notre  agriculture  indus- 
trielle et  marchande  au  point  de  vue  de  la 
production  livrée  directement  au  commerce. 

C'est  ainsi  que  nous  devrons  citer  les  fro- 
magesdeNeufchâteldeM.IsiDORELEFEBVRE, 
propriétaire-producteur  à  Nesle-Hodeng,  par 
Neufchûtel-en-Bray,  dans  la  Seinelnférieu- 
ro  ;  en  plein  centre  de  production,  notre 
collègue  a  su,  depuis  de  longues  années,  se 
créer  une  spécialité,  en  se  consacrantexclu- 
sivement  à  la  fabrication  des  fromages  con- 
nus sous  le  nom  de  Neufchdtel  et  si  jus- 
tement appréciés.  Aujourd'hui  on  peut 
dire  que  sa  marque  est  universellement 
connue  et  a  franchi  depuis  longtemps  les 
deux  anciennes  provinces  de  Normandie  et 
de  Bretagne,  et  nous  ajouterons,  après  avoir 
dégusté  ses  produits,  que  c'est  toute  justice. 


M.  Hyacinthe  Godbproy,  à  Orbec  (Calva- 
dos), se  consacre  plus  spécialement  à  la  fa- 
brication des  beurres  frais  et  beurres  demi- 
sel  si  appréciés  en  Normandie  et  qui  ont  le 
grand  avantage  de  se  conserver  et  de  voya- 
ger sans  se  détériorer.  Ils  ne  se  conserve 
pas  aussi  longtemps  que  les  beurres  fondus, 
bien  entendu,  mais  il  se  conserve  assez 
pour  supporter  de  longs  voyages  et  être  en- 
core fort  agréable  à  manger  comme  le  beur- 
re de  table.  Du  reste,  rien  n'est  plus  simple 
que  de  les  faire  dessaler  au  moment  de  les 
servir  dans  la  ravière,si  on  le  désire.  Ceux  de 
notre  collègue  nous  ont  paru  préparés  avec 
un  soin  tout  particulier  et  surtout  admira- 
blement lavés,  entièrement  débarrassés  du 
petit  lait  qui  les  t'ait  surir  si  vite,  inconvé- 
nient que  toutes  les  ménagères  connaissent 
bien.  Les  paysannes  ont  été  souvent  trop 
rebelles  aux  nécessités  de  ce  lavage  minu- 
tieux, et  c'est  ce  qui  explique,  en  partie,  le 
succès  des  entreprises  de  fabrication  en 
grand  des  beurres,  avec  les  derniers  perfec- 
tionnements de  l'outillage  le  plus  complet, 
comme  celui  de  notre  confrère. 

Nous  avons  aussi  remarqué  dans  son  ex- 
position des  fromages,  façon  Camembert  et 
façon  Livarot,  excellents,  parce  qu'ils  sont 
faits  avec  des  laits  non  écrémés.  C'est  là  en- 
core un  point  fort  important,  car  malheu- 
reusement en  Normandie,  comme  ailleurs, 
on  est  trop  porté  à  faire  des  contrefaçons 
à  bon  marché  de  fromages,  avec  des  petits 
laits  écrémés  qui  n'ont  pas  plus  de  saveur 
que  de  la  colle  de  pûte  prise  à  point.  Tels 
ne  sont  pas  les  excellents  produits  de  M . 
Godefroy  et  nous  sommes  les  premiers  ù 
l'en  féliciter;  sa  crème  fraîche  était  égale- 
ment excellente  et  ne  le  cédait  en  rien, 
comme  finesse  et  comme  saveur,aux  fameu- 
ses crèmes  de  Blois,  expédiées  tous  les  ma- 
tins dans  des  petits  pots  de  grès,  recouverts 
de  feuilles  de  vigne,  et  qui  fait  les  délices 
des  gourmets  de  la  capitale. 

M.  Eusèbo  Chiffemann,  u  Lisieux  (Calva- 
dosj,est  l'un  des  plus  importants  négociants 
en  fromages  de  la  Basse-Normandie,  et  nos 
lecteurs  n'ont  certainement  pas  oublié  les 
articles  que  nous  avons  consacrés  ici-méme 


261 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


262 


à  ses  excellents  produits,  et  plus  particuliè- 
rement dans  notre  numéro  du  mois  d'octo- 
bre de  Tannée  dernière,  à  la  page  481,  à 
propos  de  son  Camembert  phosphaté. 

La  série  des  fromages  exposée  par  notre 
collègue  au  concours  agricole  de  Rennes 
ne  le  cède  en  rien  à  celles  (|uo  nous  avions 
pu  déjà  examiner  dans  des  exhibitions  pré- 
cédentes,et  comme  nous  Tavions  déjà  cons- 
lilê,  on  peut  dire  qu'il  a  su  pousser  cette 
si  intéressante  industrie  qui  trouve  des  dé- 
bouché maintenant  un  peu  partout,  dans 
DOS  colonies  aussi  bien  qu'en  Angleterre  et 
dans  les  pays  d*outre*mer,  à  une  rjre  de- 
gré de  perfection.  C'est  là  d'ailleurs  ce  qui 
explique  son  succès  et  contribue  chaque 
jour  à  l'augmenter  et  à  l'accroître  sur  des 
bases  durables. 

M.  Georges  Jacquemin,  de  Malzéville 
Mearthe  et  Moselle),  chimiste-microbiolo- 
gisle  bien  connu,  qui  possède  aussi  un  la- 
boratoire à  Nancy  et  sur  les  remarquables 
Invaax  duquel  nous  avons  eu,  à  maintes 
reprises,  l'occasion  d'attirer  l'attention  de 
DOS  lecteurs,  s'est  adonné  depuis  longtemps 
à  la  chimie  biologique  et  a  toujours  dirigé 
ses  recherches  vers  les  solutions  pratiques. 

Cest  ainsi  qu'il  est  arrivé  à  produire  ses 
levures  sélectionnées  qui  rendent  tant  de 
services  dans  les  opérations  de  vinification, 
etc.,  et  dont  nous  retrouvons  une  intéres- 
sante série  d'échantillons  à  Rennes. 

Ce  sont  là  d'excellents  produits,  qui  de- 
mandent à  être  connus  et  on  ne  saurait  trop 
en  répandre  Tusage. 

Etinaintenaut  que  nous  sommes  arrivé  au 
bout  de  ce  compte  rendu  sommaire,  nous 
DeToalons  pas  le  terminer,  sans  constater 
encore  une  fois  de  plus  l'eiïort  vraiment 
très  honorable  réalisé  par  la  ville  de  Ren- 
nes pour  offrir  une  exposition  intéressante 
^  ses  nombreux  visiteurs  et  si  elle  n'a  point, 
<bns  certaines  de  ses  parties,  toute  Tam- 
pleor  que  l'on  aurait  désiré,  il  faut  du 
moins  reconnaître  qu'elle  est  fort  coquette 
et  que  le  concours  régional  agricole  qui 
«1  venu  la  doubler  pendant  quelques  jours, 
ao  commencement  de  juin,  a  été,  lui,  très 
réussi  et  très  important. 


Nous  sommes  d'autant  plus  heureux  de 
faire  celte  constatation  que  ce  grand  effort 
ne  sera  pas  perdu  et  que  la  vieille  cité  bre- 
tone,  aussi  bien  que  la  campagne  environ- 
nante, ne  tarderont  pas  à  en  ressentir  les 
bien  heureux  effets. 

Les  concours  et  les  expositions  forment 
pour  nos  cultivateurs  comme  la  plus  utile 
des  leçons  do  choses  ;  c'est  là  où  ils  savent 
découvrir  de  nouveaux  débouchés  pour 
leurs  produits  et  qu'ils  apprennent  la  né- 
cessité de  se  procurer  l'outillage  agricole 
qui  leur  fait  encore  trop  souvent  défaut. 

A  ce  point  de  vue  spécial  ces  expositions 
régionales  rendent  chaque  Jour  des  servi- 
ces de  plus  en  plus  appréciées,  de  plus  en 
plus  tangibles  et  nous  sommes  convaincu 
que  celle  de  Rennes  pourra  compter  cette 
année  parmi  les  plus  fructueuse*)  et  les  plus 
utiles  pour  ces  départements  de  l'Ouest  aux 
productions  si  diverses  et  si  intéressantes 
pour  la  prospérité  générale  de  la  France  f 


EXPOSITION   DE  BRUXEULES. 

L'Exposition  internationale  ouverte  à 
Bruxelles,  dans  le  Parc  du  Cinquantenaire, 
depuis  le  24  avril  dernier,  n'était  pas  encore 
complètement  installée  aux  dates  des  10  et 
11  juin,  soit  cinquante  jours  après  son  ou- 
verture officielle,  et  trente  et  un  jours  après 
la  visite  d'inauguration  de  S.  M.  le  Roi  des 
Belges  qui  avait  eu  lieu  le  10  mai.  Jusqu'à 
présent,  c'est  cette  Exposition  de  Bruxelles 
qui,  suivant  le  langage  à  la  mode,  détient 
le  record  des  retards  dans  l'achèvement.  I^ 
fait  est  d'autant  plus  fâcheux  que  cette 
Exposition  est  véritablement  très  brillante, 
et  qu'elle  est  digne  de  la  réputation  de  ri- 
chesse et  de  civilisation  qui  s'attache  au 
nom  de  la  très  industrieuse  nation  qu'est  la 
Belgique. 

Au  point  de  vue  national,  l'Exposition  de 
Bruxelles  est  tout  à  fait  satisfaisante.  Elle 
manque  peut-être  de  certains  concours  qui 
avaient  été  assurés  ù  l'Exposition  d* Anvers 
de  1891,  et,  pour  qui  a  conservé  le  souve- 
nir vivace  de  cette  Exposition  d'Anvers,  il 
semble  bien  que  la  comparaison  des  deux 


S63  lOORNAL    MRNSUEL  DR 

grandes  expositions  belges  ferait  ressortir 
certaines  rivalités  assez  vives  entre  la  capi- 
tale politique  et  la  métropole  commerciale 
du  royaume.  Mais  enfin,  si  quelques-uns  des 
attraits  de  TRxposition  d*Aiivers  manquent 
à  l'Exposition  de  Bruxelles,  il  faut  recon- 
naître que  celle-ci  présente  des  avantages  et 
des  mérites  propres  qui  manquaient  a  celle- 
là. 

.  Au  point  de  vue  international^  Bruxelles 
1897  ne  vaut  certainement  pas  Anvers  1894. 
Aucune  des  sections  anglaise,  allemande, 
autrichienne,  italienne,  suisse,  hollandaise, 
espagnole,  russe  ou  américaine  de  rex|)osi- 
tion  de  Bruxelles  n*est  aussi  belle  et  aussi 
importante  que  l'était  la  section  corres- 
pondante d'Anvers,  trois  années  aupara- 
vant. Mais,  il  faut  reconnaître  que,  par 
compensation,  la  section  française,  déjà  si 
remarquable  à  Anvers,  présente  celte  année 
à  Bruxelles  un  éclat  qui,  suivant  l'expression 
même  d'un  ministre  belge,  en  fait  le  <<  joyau  » 
de  l'Exposition. 

A  vrai  dire,  il  semble  que  cette  Exposition 
de  Bruxelles  soit  surtout  une  Exposition 
franco-belge,  plutôt  qu'uneExposition  inler 
nationale,  et,  tout  sentiment  de  chauvinis- 
me mis  à  part,  un  Français  peut  se  montrer 
légitimement  fier  de  constater  que,  dans  ce 
concours,  la  France  paraît  éclipser  complè- 
tement les  autres  nations.  Mais  il  ne  faudrait 
pas  oublier  cependant  que  les  industries  de 
grand  luxe,  ai  brillantes  et  toujours  si  pros- 
pères en  France,  ne  sont  pas  les  plus  impor- 
tantes pour  la  vitalité,  pour  la  force  et  pour 
la  vraie  richesse  d*une  nation. 

Ce  sont  ces  industries  de  grand  luxe  qui, 
assurées  de  trouver  une  clientèle  dans  Taris- 
tocratie  et  dans  la  riche  bourgeoisie  belg(^s, 
ont  contribué  à  donner  à  la  section  fran- 
çaise, si  grandiosement  décorée  et  si  luxueu- 
sement garnie,  un  éclat  véritablement  in- 
comparable. Il  n'en  peut  résulter,  dans  tous 
les  cas,  qu'un  accroissement  légitime  de  la 
réputation  de  suprématie  de  la  France  dans 
les  industries  d*art  et  de  haut  goût. 

Une  autre  branche  de  la  production  hu- 
maine dans  laquelle  la  supériorité  de  la 
France  est  peut-être  encore  plus  indiscuta- 
ble est  celle  des  produits  alimentaires.  Ati^- 


l'agademie  nationale. 


264 


si  la  section  franç^ïise  devait-elle  compren- 
dre un  superbe  Palais  de  r Alimentation^ 
consacré  au  logement  et  à  la  présentation 
de  tous  les  produits  naturels  ou  préparés, 
envoyés  par  les  exposants  de  France.  Mais 
ce  Palais  de  TAlimentation  était,  de  tous 
les  bâtiments,  celui  dont  l'achèvement  était 
le  plus  en  relard,  et  malgré  qu'il  ait  été 
inauguré  le  16 juin  parles  ministres  fran- 
çais du  commerce  et  des  colonies,  on  ne 
saurait  espérer  qu'il  puisse  être  entièrement 
terminé  et  complètement  aménagé  avant  la 
fin  du  mois  de  juin. 

Au  milieu  de  tous  ces  retards  dans  les 
installations,  i!  va  sans  dire  que  la  publica- 
tion du  catalogue  général  des  exposants  a 
été  le  moindre  souci  des  organisateurs. 
Dans  les  bureaux  du  Comiié  directeur  de 
l'Exposition,  on  n'avait  pas  la  moindre  idée 
de  l'époque  à  laquelle  celte  publication  se- 
rait faite,  et  nul  employé  n'osait  être  assez 
altirmalif  pour  dire  si  le  catalogue  serait 
édité  avant  ou  après  la  clcUure  de  l'Expo- 
sition elle-même. 

Dans  ces  conditions,  en  l'absence  d'an 
catalogue  ofliciel  qui  seul  peut  fournir  une 
base  sérieuse  de  travail  ordonné,  il  n'y 
avait  pas  à  songer  à  lentreprise  de  l'exa- 
men méthodique  des  participations  de  nos 
Sociétaires  à  l'Exposition  de  Bruxelles.  Ce 
n'est  donc  qu'au  hasard  de  pérégrinations 
plus  ou  moins  aventureuses  dans  des  gale- 
ries encore  livrées  aux  opérations  d'ouvriers 
charpentiers,  menuisiers,  tapissiers,  pein- 
tres ou  vitriers,  que  nous  avons  pu  remar- 
quer les  expositions  do  quelques-uns  de 
nos  Sociétaires,  expositions  dont  nous  allons 
rendre  compte  en  suivant  l'ordre  alphabé- 
tique des  noms,  sans  distinction  de  natio- 
nalité. 

Bien  entendu,  ces  premiers  comples-r*n- 
dus  ne  formeront  qu'une  série  forcément 
incomplète,  qui  devra  être  suivie  d'une 
autre  série  se  référant  à  tous  ceux  de  nos 
Sociétaires  exposants  qui  n'auraient  pas  été 
mentionnés  en  premier  lieu. 

Suivant  toutes  probabilités,  laseconde  sé- 
rie de  nos  comptes-rendus  sera  plus  impor- 
tante que  la  première.  Il  va  sans  dire  que 
nous  recevrons  avec  empressement  toutes 


265 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


206 


i     communications  directes   de  ceux  de  nos 
I     Sociétaires  qui  tiendraient  à   nous  signaler 

certaines  particularitésdeleurs  participations 

i  rRxposilion  bruxelloise. 

M.  BuAc,  le  constructeur  universelle- 
ment connu  d'instruments  aratoires,  de 
Liancourt  (Oise),  a  tenu  à  faire  figurer  à 
Broxellei  quelque>  spécimens  de  sa  fabri- 
cation. Nous  remarquons  une  puissante 
charrue  défonceuse  à  bascule,dontles  deux 
âges  sont  munis  chacun  de  4  socs,  et  les 
nouvelles  charrues -brabants  rauniesdegrif- 
fns  fouilleuses  sur  les  côtés. 
I  La  renomraéede  la  construction  Bajacest 
i  d*aJHeurs  aussi  grande  en  Belgique  qu'en 
France,  car  notre  Sociétaire  a  pris  part  avec 
succès  à  différents  concours  agricoles  prati* 
qoes  organisés  chez  nos  voisinsdu  Nord. 

M\f.  Joseph  Bardou  et  fils,  à  Perpignan, 
exposent  dans  une  vitrine  particulière  les 
différents  échantillons  de  leur  production 
de  papiers  à  cigarettes,  dans  tous  les  genres 
admis  par  la  consommation  et  sous  les  di- 
verses formes  usitées  dans  le  commerce  : 
rouleaux,  bobines,  feuilles  séparéeset  cahiers 
brochés.  Nous  remarquons  les  marques  et 
désignations  suivantes  :le  Premier,  le  Nil^ 
Rosita^  Corcovita,  papier  au  goudron  de 
Norvège^  papier  à  laigUy  papier  ri:{^  pa- 
pier à  la  cuve,  pur  fil,  etc. 

Les  étiquettes  adoptées  pour  certains  de 
ces  papiers  sont  en  différentes  langues  sui  - 
Tant  les  pays  de  destination. 

On  sait  que  la  fabrication  délicate  des 
papiers  à  cigarettes  n*est  nulle  part  plus  per- 
fectionnéequedanslesusineset  manufactures 
de  UM.  Joseph  Bardou  et  fils,  dont  les 
produits  sont  classés  au  nombre  des  meil- 
leurs. 

MM.  BocH  frères,  les  grands  céramistes  de 
la  Louvière  (Belgique),  ont  naturellement 
l'one  des  plus  belles  et  des  plus  attrayantes 
iostallations  de  l'exposition.  Leur  fabrica- 
tion s'étend  des  objets  les  plus  ordinaires 
en  faïence  pour  usages  domestiques,  jus- 
qu'aux pièces  artistiques  les  plus  délicates  et 
des  plus  grandes  dimensions  pour  ornemen- 


tation décorative.  Nous  voyons  celle  année, 
pour  la  première  fois  dans  les  expositions 
MM.  Boch  frères,  des  plats,  vases  et  coupes 
en  faïences  de  couleurs  sombres  et  à  reflets 
métalliques  du  genre  de  celles  si  admira- 
bles qui  ont  assuré  la  notoriété  du  nom 
de  Massier,  et  qui  sont  fabritfuées  en  France 
ù  Vallauris  et  au  golfe  Juan  dans  le  dépar- 
tement des  Alpes-Maritimes.  Sans  pouvoir 
encore  être  comparées  aux  productions  des 
créateurs  de  ces  faïences  spéciales,  les  pro- 
duits de  ce  genre  exposés  par  MM.  Boch 
frères  témoignaient  du  persistant  effort  de 
ces  industriels  pour  améliorer  et  grandir 
constamment  leur  fabrication  déjà  si  déve- 
loppée et  si  perfectionnée.  La  manufacture 
de  MM.  Boch  est  titulaire  de  notre  médaille 
de  V"  classe  depuis  1857  et  du  Diplôme 
d'Honneur  de  notre  Société  depuis  1868. 

MM.  BouLENGER  et  Cie,  de  Paris, exposent 
de  superbes  spécimens  de  leur  fabrication 
d'orfèvrerie  en  argent  massif  ou  en  métal 
argenté  ou  doré  par  voie  galvanique.  En 
outre  des  services  de tableconsistant  en  cuil- 
lers, fourchettes,  couteaux,  tasses,  timbales, 
assiettes,  soucoupes,  théières,  cafetières, 
etc.,  des  modèles  les  plus  élégants  et  les 
plus  variés,  MM.  Boulenger  présentent  de 
magnifiques  surtouts  de  table,  de^  services 
à  thé  complets,  des  candélabres,  des  bou- 
geoirs, des  corbeilles  ajourées,  une  splendi- 
de  garniture  de  table  de  toilette  en  métal 
doré,  style  Louis  XV,  et  plusieurs  objets 
d'art  en  argent  et  en  vermeil  choisis  par  le 
ministère  de  Tagriculture  pour  constituer 
ses  grands  prix  cuUuraux.  En  1891  la  maison 
Boulanger  a  obtenu  le  diplôme  d'honneur 
de  notre  Société,  témoignage  du  rang  élevé 
auquel  est  parvenu  le  mérite  de  sa  fabrica- 
tion. 

M.  BrussoN  jeune,  à  Villemur  (Haute- 
Garonne)  a  envoyé  à  Bruxelles  une  belle 
vitrine  renfermant  des  échantillons  soignés 
de  sa  triple  industrie  de  la  fabrication  des 
pûtes  alimentaires,  de  la  fabrication  des 
boitesdecartonnagesetdel'impression  litho- 
graphique. Nous  avons  expliquéen  1805,dans 
notre  compte-rendu  de  Texpositionde  Bor- 


267 


deux  renchatnement  des  circonstances  qui 
ont  amené  M.  Brusson  jeune,  d'abord  simple 
fabricant  de  pâtes  alimentaires:  macaronis, 
nouilles  et  pâtes  découpées  pour  potages,  à 
confectionner  lui-môme  ses  paquets  et  boî- 
tes d'emballage  et  ensuite  ses  étiquettes,  ce 
qui  Ta  conduit  à  devenir  fabricant  de  car- 
tonnages et  imprimeur  lithographe  pour  le 
compte d'autrui.  Dans  leurs  trois  genres  di- 
vers, les  productions  des  établissements  de 
M.  Brusson  manifestent  une  supériorité  de 
qualité  et  de  confection  qui  témoigne  de  la 
vigilance  avec  laquelle  «  l'œil  du  maître  » 
surveille  le  travail  dans  tous  les  ateliers. 

M,  LÉOM  Ghandora,  de  Moissy-Gramayel 
(Seine-et-Oise),  expose  des  tableaux  repré- 
sentant  des  plans  et  vues  de  travaux  entre- 
pris par  ses  soins  pour  opérer  le  drainage  et 
la  mise  enbonne  condition  d'exploitation  de 
terrains  marécageux  et  improductils.  Dans 
ce  genre  de  travaux,  M.  Ghandora  a  acquis 
une  très  grande  expérience  personnelle  qui 
est  la  meilleure  garantie  du  succès  de  ses 
entreprises. 

MM.  Léon  Chanée  et  Gie,  fabricants  d'é- 
toffes d'ameublements  et  de  velours,  à  Pa« 
ris,  exposent  des  pièces  et  bandes  de  leurs 
tissus,  dans  les  compositions  et  les  dessins 
des  genres  les  plus  nouveaux,  en  velours 
en  tapisserie,  en  satin,  en  étoffes  brodées, 
pQur  tentures,  rideaux  et  garnitures  de 
meubles.  Les  velours  du  genre  Utrecbt  fa- 
briqués par  la  maison  sont  toujours  parti- 
culièrement remarquables  par  le  bon  goût 
de  leurs  dessins  et  la  solidité  de  leur  con- 
texture. 

La  maison  Ghanéc  possède  des  succursa- 
les dans  les  principales  villes  de  France  et 
tient  une  des  premières  places  dans  l'indus- 
trie des  étoffes  d'ameublements. 

M.  GoLMAN,  de  Norwich  (Angleterre),  ex- 
pose en  une  vitrine  isolée  des  échantillons 
des  produits,  poudre  et  huile,  qu'il  ex- 
trait delà  graine  de  moutarde.  La  poudre 
jaune,  désignée  sous  l'appellation  de  Cole^ 
man's  Mustard,  est  assez  connue  du  monde 
entiei*,  grâce  aux  prodigalités  de  publicité 


JOURNAL  MENSUEL  DE   l' ACADÉMIE  NATIONALE.  26S 

auxquelles  elle  a  donné  lieu,  pour  que  nous 
nous  dispensions  d'en  parler  à  nouveau 
dans  nos  colonnes. 


M.  CoNZA,  à  Paris,  s'est  réservé  une  vi- 
trine dans  la  collectivité  des  industries  du 
papier  (section  française)  à  l'effet  d'y  pré- 
senter un  ensemble  remarquable  de  bottes 
en  cartonnages  pour  confiseurs,  dans  les 
genres  les  plus  riches  et  les  plus  coquets. 
Ces  boîtes,  dans  des  formes  diverses  et  dans 
différentes  dimensions,  sont  recouvertes,  ou 
de  papiersdécorés  et  imprimés  de  gracieuses 
images,  ou  d'étoffes  de  satins,  enrichies  de 
broderies  ou  ornées  de  peintures  fines. 

Cette  présentation  d'articles  de  choix 
montre  avec  quels  soins  et  avec  quel  bon 
goût  M.  Gonza  satisfait  aux  ordres  qui  sont 
transmis  à  sa  maison  de  commission  par 
les  principaux  confiseurs  des  cinq  parties 
du  monde. 

M.  Cornu,  à  Paris,  présente  des  spéci- 
mens irréprochablesde  ses  capsules  médica- 
menteuses à  base  de  gluten  dont  il  réussit 
la  fabrication  mieux  qu'aucun  de  ses  con- 
currents. Les  capsules  à  base^de gélatine  que 
prépare  également  notre  Sociétaire,  sont 
d'une  fabrication  beaucoup  plus  courante 
et  n'offrent  pas  les  mêmes  garanties  que  les 
capsules  à  base  de  gluten  dont  M.  Cornu 
s'est  fait  une  spécialité. 

MM.  John  Oewar  et  fils,  distillateui's  de 
whisky,  à  Perth  (Ecosse),  ont  installé,  dans 
la  section  anglaise,  une  jolie  vitrine  garnie 
de  bouteilles  du  whisky  qu'ils  livrent  à  la 
consommation  à  différents  prix,  correspon- 
dant aux  différences  d'âges  et  de  qualités. 
Le  whisky  de  la  marque  John  Dewar  est 
l'un  des  plus  appréciés  par  les  amateurs  de 
cette  eau-de«vie  de  grains,  et  il  y  a  lieu  de 
constater  que,  par  son  chiffre  d'affaires,  la 
maison  John  Dewar  et  fils,  dont  le  siège 
commercial  est  à  Londres,  occupe  une  des 
premières  places  dans  le  commerce  des  spi- 
ritueux en  Angleterre. 

MM.  Dt'BAiL,  MoNNiN, Frossard  etCie,  de 
Porrenlrug(Suisse), exposent  quelques  échan- 


S69 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


270 


tilloDS  de  leur  iabrication  de  montres  en 
acier,  en  nickel,  en  argent  et  en  or.  Cette 
maison  est  titulaire  de  noire  Diplôme  d'hon- 
neur depuis  l'année  1890.  L'année  der- 
nière, elle  remportait  à  l'exposition  de 
Genève  la  plus  haute  récompense  repré- 
âenlée  par  une  médaille  d'or.  C'est  assez 
dira  que  MM.  Dubail,  Monnin,  Frossard  et 
Cie  sont  au  nombre  des  fabricants  de 
montres  les  plus  justement  réputés  dans 
le  monde  entier. 

M.  FoRTiM,  de  Paris,  a  fait  installer  à  lEx- 
posjlion  de  Bruxelles,  la  grande  Titrinesi 
bien  arrangée  et  divisée,  dans  laquelle  il  a 
coutume  de  présenter  les  échantillons  des 
produits  divers  qu'il  prépare  ou  fabrique 
dans  son  usine  de  broyage  de  la  rue  Sedai- 
ne.  On  voit,  dans  cette  vitrine,  toutes  les 
matières  brutes  ou  préparées  qui  servent  à 
liiguisage  et  au  polissage,  tels  que  meules 
dpicrres  en  grès  ou  en  agglomérés  d'émeri, 
émeri  en  poudre  de  Naxos  ou  de  Smyrne, 
papiers  et  toiles  d'émeri  et  de  verre,  pou- 
dres de  verre  et  de  silex,  brosses  en  iil  d'a- 
cier ou  de  laiton,  rouge  à  polir,  agates  em- 
iTianchées,  etc. 

Au  reste,  la  maison  Fortin  est  bien  con- 
ooe  de  tous  les  industriels  qui  ont  à  faire 
usage  de  tous  corps  durs,  et  c'est  à  elle 
qu'on  a  recours  pour  obtenir  l'assortiment 
le  plus  complet  des  produits  employés  au 
polissage. 

MM.  Fry  et  fils,  de  Bristol  (Angleterre), 
présentent  naturellement  les  échantillons 
divers  de  cacaos  et  chocolats  qui  sont  con- 
nus de  la  consommation  du  monde  entier 
et  qui  sont  particulièrement  appréciés  en 


M.  GAUTREAUjà  Dourdan  (Seine-et-Oise), 
renvoyé  une  locomobile  et  une  batteuse 
qui,  eertainement,  donneront  aux  agricul  - 
teors  belges  une  très  haute  idée  de  la  cons- 
truction française  des  machines  agricoles. 

MM.  Giron  frères,  de  Saint  Etienne,  ont 
faitHgarer,  dans  les  vitrines  collectives  des 
tissus  et  des  soieries,  divers  échantillons  de 
robans,  de  peluches  et  de  velours,  dans  les 


dispositions  et  les  teintes  les  plus  riches  et 
les  plus  élégantes.  Pour  ces  produits,  l'in- 
dustrie française  tient  incontestablement  le 
premier  rang,  grâce  à  l'habileté  et  au  bon 
goût  de  manufacturiers  tels  que  MM.  Giron 
frères  qui,  depuislSOO, possèdent  le  diplôme 
d'honneur  de  notre  Société. 

M.  Gouttière,  à  Paris,  toujours  sur  la 
brèche  lorsqu'il  s^agit  de  faire  connaître  et 
apprécier  les  excellentes  qualités  des  pianos 
Elcké,  a  envoyé  à  Bruxelles  six  de  ces  ins- 
truments, dont  cinq  droits  et  un  à  queue. 
Les  caisses  de  ces  pianos  sont  très  soignées, 
mais  d'un  style  sévère,  qui  prouve  que  le 
fabricant  tient  surtout  à  faire  estimer  les 
seuls  mérites  musicaux  de  ses  instruments, 
c'est-à-dire  !a  haute  qualité  de  leur  son  et 
la  bonne  tenue  de  leurs  accords. 

MM. Grobet  frères,  de  Vallorbes  (Suisse), 
exposent  des  limes  en  toutes  tailles  et  di- 
mensions, dopais  les  plus  petites  et  les  plus 
flnes  pour  ^horlogerie,  jusqu'aux  plus  for- 
tes à  larges  traits  pour  la  serrurerie,  la 
charpente  et  la  grosse  mécanique.  La  vitri- 
ne de  ces  fabricants  renferme  aussi  des  bu- 
rins et  grattoirs  pour  l'horlogerie  et  la  gra- 
vure sur  métaux.  Les  limes  et  burins  sont 
d'une  belle  fabrication  régulière  et  d'une 
qualité  excellente,  grâce  aux  procédés  de 
trempe  employés  pour  les  durcir.  Il  y  a  déjà 
longtemps  que  nous  avons  pu  apprécier  la 
grande  valeur  de  ces  outils,  pour  lesquels 
notre  Société  a  décerné  à  MM.  Grobet  frères 
un  diplôme  d'honneur  l'année  dernière. 

MM.  Grosselin  père  et  fils,  mécaniciens, 
à  Sedan  (Ardennesj,  construisent  spéciale- 
ment les  machines  pour  la  fabrication,  le 
travail  et  l'apprêt  des  tissus  de  laine  et  de 
coton.  Ils  présentent  plusieurs  de  ces  ma- 
chines^ parmi  lesquelles  la  plus  intéressante 
était  une  machine  à  lainer  à  24  travailleurs 
prismatiques  d'un  nouveau  modèle,  machine 
destinée  au  travail  des  tissus  de  coton. 

Les  machines  de  MM.  Grosselin  père  et  fils 
sont  d'une  construction  robuste  et  soignée 
et  d'un  agencement  ingénieux,  qui  les  font 
hautement  estimer  par  tous  les  praticiens. 


271  JOURNAL  MENSUEL  DE 

Depuis  1805,  notre  Diplôme  d*lionneur  a 
sanctionné  les  mérites  de  la  fabrication  de 
MM.  Grosselin  père  el  fils. 

M .  Won  GRUEL,de  Paris,  montre  que  l'art 
do  la  reliure  est  toujours  pratiqué  dans  ses 
ateliers  avec  une  habileté  et  un  bon  goût 
qui  ne  sauraient  être  surpassés.  En  outre  des 
livres  superbement  reliés,  nous  remarquons 
dans  la  vitrine  de  M.  Gruel  des  coffrets  recou- 
verts de  maroquin  gaufré  et  doré,  avec 
ornements  variés  et  élégants.  On  ne  saurait 
tirer  meilleur  parti  des  simples  peaux  de 
maroquin  qui,  ainsi  employées,  deviennent 
une  matière  de  grande  valeur  artistique. 

M .  GoiLBEftT-M  AUTiN,  de  Saint-Denis  (Sei- 
ne), présente  des  pièces  de  mosaïque  sur 
fond  or  et  sur  fonds  blancs  ou  colorés  de  la 
plus  parfaite  exécution.  Parmi  ces  pièces 
figurent  plusieurs  fragments  destinés  au  tom- 
beau de  l'illustre  Pasteur.  On  sait  que  la 
réputation  de  mosaïste  de  M.  Guilbert-Mar- 
tin  est  universelle. 

M.  Hauton,  à  Saint-Nazaire,  présente  des 
litres  de  son  Brillant-oriental  et  des  boîtes 
de  son  Encaustique  oriental^  produits  qui 
servent  à  la  mise  en  couleur  et  à  Tentrelien 
des  parquets  et  des  meubles.  Les  produits 
de  M.  Hauton  seront  particulièrement  ap- 
préciés en  Belgique  où  le  souci  de  la  pro- 
preté et  du  bon  entretien  des  parquets  et 
des  meubles  est  Tune  des  vertus  nationales. 

M.  HïciNRiCHs,  à  Hodimont-Verviers,  a 
installé  Tune  des  machines  à  vapeur  qui 
fournissent  la  force  motrice  dans  le  Palais  des 
Machines.  C'est  une  machine  à  un  seul  cy- 
lyndre,  d'une  force  de  150  chevaux,  à  qua- 
tre tiroirs  semi-rotatifs  commandés  par  grou- 
pes de  deux,  au  moyen  de  deux  excentriques 
de  calages  différents.  La  marche  de  cette  ma* 
chine  était  des  plus  régulières  et  des  plus 
silencieuses,  ce  qui  est  la  garantie  d'un  fonc- 
tionnement parfait  aussi  économique  que 
possible. 

M.  Heinrichs,  qui  a  obtenu  notre  médaille 
d'or  en  1895,  acquiert,  par  sa  participation  à 


l'agalémib  nationale.  272 

l'Exposition  de  Bruxelles,  un  nouveau  titre 
à  nos  récompenses. 

M.  Henbicet,  à  Nantes,  a  tenu  à  faire  con- 
naître aux  poptUations  belges  le  papier  Fru  • 
neau  contre  l'asthme,  dont  il  est  le  prépa* 
parateur.  et  qui  trouverait  certainement  de 
fréquentes  occasions  d'emploi  au  milieu  du 
climat  humide  des  Flandres. 

M.  HuRLOT,  à  Paris,  est  l'un  des  plus  im- 
portants batteurs  d'or  de  France.  Il  présente 
en  une  grande  vitrine  isolée  des  cahiers  d'é- 
chantillons de  feuilles  d  or  dans  les  diverses 
teintes  jaunes,  rouges  et  vertes  demandées 
par  les  diverses  branches  de  la  dorure. 

Un  tableau  graphique  placé  au  milieu  de 
la  vitrine  énumèie  les  principaux  ouvrages 
de  dorure,  remarquables  par  leurs  dimen- 
sions et  leur  destination,  qui  ont  été  exécu- 
tés dans  l'univers  entier  en  employant  les 
feuilles  d  or  de  la  maison  Hurlot.  Obser- 
vons que  des  échantillons  de  ces  feuilles 
figurent  au  Conservatoin  des  Arts  etMétiei^s 
de  Paris  et  au  Musée  royal  technologique  de 
Buda-Pesth,  comme  les  spécimens  les  plus 
parfaits  des  produits  de  Tiridustriedu  batta- 
ge d'or. 

Dans  le  battage  du  platine,  qui  est  beau- 
coup moins  malléable  que  l'or,  M.  Hurlot  a 
obtenu  des  résultats  supérieurs  à  ceux  d«s 
maisons  concurrentes,  et  il  présente  égale- 
ment dans  sa  vitrine  des  feuilles  de  platine 
mesurant  22  )  millimètres  de  largeur  qui 
sont  les  plus  grandes  exécutées  jusqu'à  ce 
jour.  Le  médaillierde  la  maisonHurlot  com- 
prend une  médaille  d'argent  obtenueà  l'ex- 
position de  Paris  en  1889.  Il  est  à  espérer 
que  la  récompense  de  l'exposition  de 
Bruxelles  sera  d'un  ordre  supérieur. 

Dans  la  classe  de  l'économie  sociale, 
M.  Hurlot  expose  en  un  tableau  très  claire- 
ment disposé  les  résultats  produits  par  la 
caisse  d'assurances  en  cas  de  maladie  qu'ila 
organisée  en  faveur  de  son  personnel.  Cette 
caisse  assure  des  indemnités  journalières 
très  raisonnables  aux  ouvriers  atteints  de 
maladies  les  retenant  à  la  chambre.  £lle 
est  alimentée  par  de  légères  retenues  sur  le 
salaire  du  personnel  et  surtout  par  les  libéra* 


273  EXPOSITIONS 

lités  du  patron  qui  couvre  toujours  les  défi- 
cits de  la  caisse  lorsque  les  indemnités  ver- 
sées aux  ouvriers  ou  ouvrières  malades  dé- 
passent le  montant  des  retenues  réalisées. 
Il  Y  là  une  institution  philanthropique 
qai  est  digue  de  servir  d'exemple  à  tous  les 
palronset  qui  honore  grandement  M.  Hur- 
lot. 

M.  JiLENER,  à  Paris  expose  des  albums 
photographiques,  des  paroissiens  et  des  li- 
vres d'apparat  dont  les  couvertures  sont  ri- 
chement garnies  et  ornementées  en  toutes 
matières:  cuir,  bois,  ivoire,  nacre,  argent, 
etc  La  sculpture,  la  dorure,  la  ciselure,  le 
repoussage,  la  gravure,  etc.,  sont  les  arts 
mis  à  contribution  par  M.  Jeener  pour 
constituer  les  revêtements  de  livres  les  plus 
luxueux  qui  se  puissent  imaginer.  C'est  de 
la  belle  reliure,  complétée  par  de  Vorfèvrc- 
rieet  toutes  autres  industries  artistiques. 
L'exposition  de  M.  Jeener  est  au  nombre  de 
celles  qui  témoignent  le  plus  hautement  de 
la  supériorité  de  Tinduslrie  parisienne. 

MM.  Amédée  KoHLEnet  fils,  de  Lausanne, 
Dot  installé  dans  la  section  suisse  une  su- 
perbe \itrine  en  menuiserie  artistique  dé- 
corée d'ornements  en  fer  forgé,  renfermant 
les  divers  échantillons  deleur  chocolaterie, 
parmi  lesquels  le  chocolat  dit  à  la  noisette 
jouit  d'une  réputation  véritablement  uni- 
Terselle.  L'excellente  fabrication  de  MM. 
Kohlerest  assez  généralement  connue  pour 
que  nous  n'ayons  pas  besom  d'en  renouve- 
ler les  éloges. 

M.  Ferdinand  Leborgne,  fabricant  de  ta- 
pis et  d'étoffes  d'amenblements  à  Lannoy 
Nord),  présente  de  magnifiques  spécimensde 
ses  diverses  fabrications.  Les  dessins  en 
sontiins  et  élégants  et  les  teintes  aussi  va- 
riées que  bien  choisies.  Quanta  la  contex- 
toredes  tissus,  de  laine  ou  en  soie,  elle  est 
absolument  parfaite.  Au  reste,  la  manufac- 
ture de  M.  Leborgne  est  classée  au  premier 
•^Dg  pour  la  perfection  de  ses  produits,  et 
«supériorité est  consacrée  par  les  plus  hau- 
!♦«  récompenses  remportées  dans  toutes  les 
«positions. 


ET  CONCOURS. 


274 


M.  Maugin,  de  Paris,  a  envoyé  à  Bruxel- 
les une  supeibe  collection  de  panneaux 
décoratifs  en  tôle  émnillée.  Ces  panneaux 
sont  bien  moins  coûteux  que  la  faïence 
ornée,  se  posent  plus  facilement  et  n'ont 
pas  la  même  fragilité  ;  ils  offrent  en  outre 
l'avantage  de  la  mobilité,  pouvant  être 
déplacés  et  transportés  facilement,  ce  que 
ne  permettent  pas  les  revêtements  de 
faïence.  Ils  forment  une  nouvelle  classe 
intéressante  de  motifs  de  décoration,  soit 
pour  l'intérieur,  soit  pour  l'extérieur  des 
maisons  d'habitation.  L'exposition  de  M. 
Maugin  comprend  aussi  des  pots  à  lait, 
agencés  d'un  système  de  fermeture  herméti- 
que rapide,  qui  est  fort  ingénieux. 

MM.  DE  Naeyer  et  Cie,  (le  Willebroek 
(Belgique),  ont  réalisé  l'installation  particu- 
lière la  plus  considérable  de  toute  l'Exposi- 
tion de  Bruxelles.  Cette  installation  est 
d'ailleurs  en  rapport  avec  la  grande  impor- 
tance industrielle  de  cette  maison  qui 
compte  de  si  intéressantes  branches  de  fa- 
brication, telles  que  la  grosse  chaudronne- 
rie, la  construction  mécanique  et  la  confec- 
tion des  papiers  bruts  ou  apprêtés  pour 
tous  usages. 

Les  chaudières  dites  multitubulaires  et 
inexplosibles,  dont  nous  publions  la  gra- 
vure dans  nos  feuilles  d'annonces,  offrent 
de  telles  qualités  qu'elles  ont  été  choisies 
par  les  services  d'organisation  de  l'Exposi- 
tion pour  la  production  de  la  vapeur  de- 
vant être  fournie  aux  machines  motrices. 
Les  géoéiateurs  ainsi  fournis  et  installés 
pour  MM.  de  Naeyer  et  Cie  représentent 
une  force  totale  de  4000  chevaux.  Il  va  sans 
dire  que  le  fonctionnement  régulier  et  éco- 
nomique de  ces  générateurs  ne  laisse  abso- 
lument rien  à  désirer. 

Dans  la  Galerie  desMachines,  un  puissant 
moteur  à  vapeur,  construit  par  MM.  de 
Naeyer  et  Cie  eux-mêmes,  met  en  mouve- 
ment de  gigantesques  mécanismes  qui,  trai- 
tant de  simples  bûches  de  bois,  leur  font 
subir,  sous  les  yeux  du  public  des  transfor- 
mations successives  aboutissant  a  la  confec- 
tion de  bobines  de  papier  pour  journaux. 

Il  faut  voir  Témerveillement  et  Tadmira- 


275 

tlon  de  la  foule  devant  la  marche  régulière 
de  tous  ces  mécanismes,  et  particulièrement 
devant  la  pi*odigieuse  machine  qui  recevant 
la  pâte  liquide  à  l'une  de  ses  extrémités 
enroule  une  feuille  continue  de  papier  sec 
sur  une  bobine  géante  à  l'autre  extrémité  ! 
La  machinerie  préparant  la  pâte  de  papier 
est  représentée  par  une  meule  écorceuse, 
enlevant  rapidement  Técorce  des  bûches  de 
bois  qui  lui  sont  présentées  ;  par  une 
meule  défibreuse  ou  déchiqueteuse  qui  ré- 
duit ensuite  les  bûches  écorcées  en  des 
fragments  dont  la  plus  grande  dimension 
n'atteint  pas  deux  centimètres,  et  en  des 
chaînes  élévatoires  à  godets  qui,  ramassant 
les  fragments  déchiquetés,  les  versent  dans 
des  cylindres  digesteurs^  où  la  trituration 
avec  des  produits  chimiques  appropriés  les 
transforme  en  la  pâte  de  bois,  qui  sert  de 
matière  première  à  la  machine  consacrée  à 
la  fabrication  directe  du  papier. 

D'autres  machines  fonctionnent  encore 
dans  l'installation  deMM.de  Naeyer  ser- 
vant à  faire  subir  au  papier  toutes  les  pré- 
parations: glaçage,  découpage,  pliage,  ré- 
glage, etc.,  qui  le  présente  sous  la  forme  dé- 
finitive où  il  entre  en  usage. 

Enfin  mentionnons  une  installation  con- 
sidérable pour  la  fabrication  de  la  glace  en 
longs  prismes  quadrangulaires.  Bien 
qu'ayant  cessé  d'être  les  concessionnaires 
de  la  Cie  des  procédés  Raoul  Pictet,  MM.  de 
Naeyer  et  Cie  continuent  la  construction  de 
puissantes  machines  à  glace,  d'après  un 
système  particulier,  machines  dont  le  ren- 
dement est  très  économique. 

L'ensemble  de  toutes  ces  installations  iait 
ressortir,  pour  la  société  de  Naeyer  et  Cie 
une  puissance  industrielle  des  plus  impor- 
tantes, dont  il  est  peu  d'exemples  en  £u  * 
rope. 

Dans  l'un  des  plus  élégants  salons  instal- 
lés par  un  groupe  d'industriels  parisiens, 
nous  remarquons  et  admirons  un  grand 
▼ase  décoratif  en  marbre  rouge,  orné  de 
serpents  et  d'une  bordure  en  bronze,  qui 
est  préseaté  par  la  maison  Parfonry  et 
HuvÉ  FKÈREs,  de  Paris.  Cette  superbe  pièce 
semble  destinée  à  l'ornementation  de  quel- 


JOURNAL  MENSUEL  DK  !l'aCAOÉIIU   NATIONALE, 


276 


que  salon  de  château  royal  ou  impérial.  Elle 
témoigne  en  faveur  de  la  bonne  organisa- 
tion artistique  de  la  maison  qui  raexéculée. 

MM.  Paupv  frères,  de  Paris,  exposent 
des  spécimens  de  leurs  carreaux  de  plâtre 
en  différentes  formes  et  dimensions,  pour 
constructions  d'intérieur  rapides,  économi- 
ques et  légères.  Les  formes  de  carreaux 
remplaçant  le  hourdis  ordinaire  pour 
planchers  et  plafonds,  nous  semblent  parti- 
culièrement  intéressantes  ;  elles  sont  plus 
économiques  que  les  pièces  semblables  en 
terre  cuite.  L'installation  de  MM.  Paupy 
frères  est  agencée  de  façon  à  montrer  l'em- 
ploi et  la  disposition  de  ces  formes  sur  les 
poutrelles  ordinaires.  Des  photographies 
encadrées  reproduisent  des  vues  intéres- 
santes des  établissements  du  MM.  Paupy 
frétées,  dans  la  rue  du  Dessous-des  Berges. 

M.  Jules  Richard,  de  Paris,  expose  un 
certain  nombre  des  instruments  de  mesure 
et  de  contrôle  pour  les  sciences  et  l'indus- 
trie, dans  la  construction  desquels  il  a  ac- 
quis une  réputation  universelle.  La  plupart 
de  ces  instruments  peuvent  être,  à  volonté, 
dotés  de  mécanismes  enregistreurs  de  la 
plus  grande  utilité.  L'emploi  des  enregis- 
treurs Richard  est  de  la  plus  haute  impor- 
tance pour  toutes  les  branches  d'industrie, 
car  ils  permettentauxchefsd'établissements 
de  contrôler  ce  qui  s'est  fait  pendant  luur 
absence  et  d'en  tirer  des  indications  pou- 
vant servir  à  l'abaissement  de  certains  frais 
généraux.  La  maison  Richard,  qui  est  titu- 
laire de  quatre  grands-prix  aux  expositions 
universelles  et  de  dil-huit  diplômes  d'hon- 
neur, sans  parler  des  médailles,  fournit  les 
grandes  administrations,  les  grandes  usines 
et  les  principales  compagnies  d*électricité. 

MM.  RicQLics  ET  Cie:,  de  Lyon,  ne  pou- 
vaient manquer  de  faire  figurer,  en  bonne 
place,  à  TExpositioii  de  Bruxelles  l'élégante 
vitrine  qu'ils  savent  si  bien  garnir  des  tU'» 
cens  de  différente^grandeursremplisdeleur 
alcool  de  menthe^  si  connu  et  si  apprécié.  Il 
n'en  peut  résulter  qu'un  accroissement  de 
la  vogue  de  cet  excellent  produit. 


277 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


278 


M.  RucH,  directeur  de  la  Société  fran- 
çaise des  couleurs  d'aniline,  à  Pantin,  ex- 
pose des  matières  colorantes  de  sa  fabrica- 
tion, renfermées  dans  des  bocaux,  et  dos 
écheveaux  de  fils  de  laine  et  de  coton  teints 
ea  différentes  nuances  à  Taide  de  ces  pro- 
duits. Il  y  a  là  une  exposition  un  peu  spé- 
ciale, mais  qui  offre  un  grand  intérêt  à  Tin- 
duslrie  de  la  teinture,  car  les  matières  colo- 
rantes exposées  par  M.  Ruch  offrent  des 
avantages  marqués  sur  les  produits  similai- 
res rois  en  vente  par  d'autres  manufac- 
ture. 

M.Seguin,  de  Bordeaux,  présente  les  pro- 
duits dentifrices  :  eai^  pâte  et  poudre,  pla- 
rés  80QS  régide  des  Bénédictins  de  Tabbaye 
de  Soolac  et  dont  la  vogue  ne  cesse  de  s'é- 
tendre grâce  à  leurs  excellentes  qualités. 

MM.  Simon  frères,  de  Cherbourg,  ont 
eoToyéquelques  pressoirs,  moulins  broyeurs 
de  pommes,  malaxeurs  de  beurre  et  barattes 
ioionobatteur.  Les  appareils  de  beurrerie 
et  notamment  les  barattes  à  monobatteur, 
rotte  création  récente  de  MM.  Simon  frères, 
seront  sûrement  appréciés  par  les  agricul- 
teurs des  riches  campagnes  des  Flandres  où 
ia  production  laitière  a  une  si  grande  im- 
portance. 

MM.  SucHARo  et  C'^ydeNeuchatel  ^Suisse), 
ont  fait  édifier  dans  les  jardins  de  l'exposi- 
lion  uu  pavillon  pour  la  dégustation  de 
leurs  excellents  produits  :  cacaos  et  choco* 
iats,  et  ont  installé,  à  Tintérieur  des  galeries, 
dans  la  section  suisse»  en  même  temps 
qu'un  comptoir  de  vente,  assorti  des  échan- 
tillons Taries  de  leur  production,  un  kios- 
que superbe  renfermant  des  photographies 
de  leurs  usines,  ainsi  que  les  intéressantes 
figurations  en  relief,  de  leurs  établisse- 
ments et  de  leurs  plantations.  Nous  avions 
ni  et  remarqué  tout  c^la  l'année  dernière  à 
l'exposition  de  Genève,  mais  l'intérêt  est 
forcément  nouveau  pour  la  plupart  des 
visiteurs  de  l'exposition  de  Bruxelles. 

De  Tensemble  de  l'exposition  de  MM.  Su- 
chard  et  C  et  de  la  dégustation  de  leurs 
produits,  il  se  dégage  l'impression  que  cette 


importante  maison  tient  une  des  premières 
places  dans  l'industrie  de  la  chocolaterie 
qui  compte  tant  d'industriels  puissants. 

M.  Charles  Schmautz,  de  Paris,  expose 
des  rouleaux  garnis  de  cuir  employés  dans 
l'impression  lithographique,  f^  confection 
soignée  et  régulière  de  ces  instruments  et 
l'excellent  choix  des  matières  premières  qui 
les  composent  ont  valu  à  la  fabrication  de 
M.  Schmautz  une  réfutation  étendue  qui 
fait  que  sa  clientèle  n'est  pas  limitée  aux 
seuls  imprimeurs  lithographes  français. 

M.  F.  Tison,  architecte-ingénieur,  à  Lille, 
se  préoccupe,  dans  tous  ses  travaux,  des 
considérations  d'hygiène  qui  sont  trop  sou- 
vent négligées  par  ses  confrères.  Tous  ses 
projets,  toutes  ses  conceptions  sont  domi- 
nés en  première  ligne  par  la  question  hy- 
giénique. Aussi  a-t-il  remporté  une  médaille 
d'or  à  une  exposition  d'hygiène  qui  sest 
tenue  à  Lilie  il  y  a  quelques  semaines. 
A  l'exposition  de  Bruxelles,  M.  Tison  tait 
figurer  quatre  tableaux  représentant,  en 
plan  et  en  coupe,  avec  tous  les  détails  utiles 
propres  à  Tex^ution  : 

l"*  une  maison  pour  habitation  ouvrière  ; 

2^  une  fenêtre  de  mansarde  avec  appui  et 
jet  d'eau  à  l'extérieur,  de  façon  à  rendre 
les  infiltrations  d'eaux  de  pluio,  par  vents 
fouettants,  absolument  impossibles  ; 

3"*  un  calorifère  à  combustion  lente  avec 
double  fermeture  à  Teau  et  au  sable,  assu- 
rent l'herméticité  absolue  ; 

4**  un  filtre  à  eau  à  pression,  dans  lequel 
l'eau  entre  par  le  bas,  et  sort  par  le  hau  t 
d'un  cylindre,  après  avoir  traversé  des  cou- 
ches successives,  séparées  par  des  toiles  en 
crin,  de  brique  concassée,  de  pierre  ponce, 
de  charbon  de  bois,  de  noir  animal  et  de 
gravier  gros  et  petit.  Ce  filtre  est  à  la  fois 
décx)lorant  et  désodorant,  et  assure  une 
purification  complète  de  Veau  traitée.  L'eau 
entrant  par  le  bas  du  filtre,  le  nettoyage 
s'opère  aisément,  sans  démontage,  par  sim- 
ple renversement  du  coui'ant d'eau. 

Il  serait  vraiment  à  désirer  que  les  idées 
pratiques  de  M.  Tison  fussent  plus  souvent 
appliquées  dans  les  constructions  publiques 


279 


lOORNAL  HKN8UBL  ÙE 


et  privées,  au  grand  profil  de  l'hygiène  des 
populations. 

M.  ViAUD,  constructeur  d'instruments  ara- 
toires, à  Barbezieux,  a  envoyé  à  Bruxelles 
quelques  charrues-brabants  de  sa  construc- 
tion, dont  la  tête  basculante  à  ressort 
amortisseur  incassable  sera  certainement 
remarquée  parles  agiMCulteurs  belges. 

MM.  ViBERT  Fnfc:ni£s,  de  Paris,  dont  les  mul- 
tiples produits  do  parfumerie  fine  conquiè- 
rent une  place  chaque  jour  grandissante 
dans  la  faveur  du  public,  ont  fait  installer 
à  l'exposition  de  Bruxelles  une  très  jolie  vi- 
trine garnie  de  tous  les  échantillons  divers 
de  leur  fabrication.  La  façon  élégante  dont 
ces  produits  sont  présentés  au  public  est 
une  garantie  des  soins  qui  président  à  leur 
préparation  et  qui  leur  «issurent  des  quali- 
tés réellement  supérieures. 

Nous  terminons  ici  notre  premier  compte 
rendu  de  l'Exposition  de  Bruxelles,  compte 
rendu  qui  est  nécessairement  fort  incom- 
plet, en  raison  des  retards  subis  par  Taché- 
vement  des  installations  de  l'Exposition  et 
par  la  publication  du  catalogue.  Lorsque 
nous  serons  en  possession  de  ce  document 
officiel,  nous  reprendrons  notre  examen  de 
la  brillante  Exposition  belge  et  nous  com- 
blerons les  lacunes  nombreuses  que  pré* 
sente  fatalement  ce  premier  compte  rendu. 


l'agademib  nationalb.  280 

lité  est  le  rendez-vous  de  nombreux  bai- 
gneurs et  touristes  qui  y  trouvent  en  même 
temps  qu'un  climat  salutaire,  des  distrac- 
tions de  toules  sortes  : 

Les  demandes  de  renseignements  doivent 
être  adressées  sans  retard  à  la  Direction  de 
TExposition  à  Arcachoii-les-Bains  (Gironde). 


EXPOSITION  INTERNATIONALE 
D*ARCACHON 

Une  Exposition  internationale,  sous  le  Pa- 
tronage de  la  Municipalité,  s'ouvrira  le  15 
juillet  prochain,  à  Arcachon-les-Bains  ^Gi- 
ronde) . 

Elle  comprendra  tous  les  produits  du 
commerce,  industrie,  hygiène,  alimentation 
et  beaux-arts.  Les  demandes  d'admission 
seront  reçues  jusque  fin  juillet. 

Cette  exposition  aura  un  grand  succès, 
Arcachon  étant  une  de  nos  stations  balnéai- 
res les  pins  fréquentées,  ainsi  que  le  cons- 
tate la  statistique  officielle  qui  établit  un 
mouvement  de  plus  de  500.000  voyageurs. 
Située  à  une  heure  de  Br»rdeaux,  cette  loca- 


EXPOSITION  UNIVERSELLE  DE  1000 

Les  travaux  préparatoires  des  construc- 
tions ù  édifier  pour  TExposition  universelle 
de  Paris  en  1900  se  poursuivent  avec  une 
activité  normale. 

La  démolition  du  Pavillon  de  la  ville  de 
Paris  est  complètement  achevée.  Celle  du 
Palais  de  Tlndustrie,  momentanément  en- 
travée par  l'existence  du  Salon  de  peinture 
et  sculpture,  est  poursuivie  avec  unegrande 
activité  depuis  la  clôture  de  ce  Salon. 

La  démolition  du  Dôme  central  du 
Champs-de  Mars  et  de  la  galerie  dite  de 
trente  mètres  est  en  cours  d'exécution. 

On  a  procédé  méthodiquement  à  Penlè- 
vement  des  terres  végétales  sur  l'emplace- 
ment des  fouilles  pratiquées  pour  la  conit- 
truction  du  grand  Palais  des  Champs-Elysées. 
Ces  terres  n'ont  point  été  envoyées  à  une 
décharge  publique  comme  cela  se  fait  dVi  r- 
dinaire,  mais  transportées  au  Ghamp-de- 
Mars,  où,  exposées  à  Tair  et  à  lu  lumière, 
elles  subiront  une  sorte  de  revivification 
par  absorption  d'azote,  ce  qui  leur  permettra 
d  être  employées  utilement  pour  l'établisse- 
ment des  jardins  de  l'Exposition  autour  des 
Palais. 

On  travaille  activement  à  la  démolition 
des  bâtiments  situés  à  l'angle  du  quai  d'Or- 
say, près  du  pont  de  l'Aima,  où  seront  ins- 
tallés au  mois  d'octobre  prochain  les  servi- 
ces administratifs  de  l'Exposition.  Ces  divers 
services  se  trouveront  ainsi  placésà  distance 
intermédiaire  entre  les  Champs-Elysées,  le 
Champ-de-Mars  et  l'Esplanade  des  Invali- 
des, ce  qui  facilitera  la  surveillance  des 
divers  chantiers,  et  ce  qui  ménagera  au 
public  un  accès  plus  aisé  aux  bureaux  du 
commissariat  général  et  des  services  d'ar- 
chitecture et  de  construction . 

Tous  les  Comités  départementaux  nom- 


281 


INDOSTRIK. 


282 


mes  par  arrêté  ministériel  en  date  du  30 
octobre  1896  ont  élu  leurs  bureaux  et  ont 
commencé  à  fonctionner.  M.  Alfred  Picard, 
commissaire  général,  a  appelé  particulière- 
meot  l'attention  des  Comités  sur  la  néces- 
sité d*opérer  une  sélection  sévère  des  pro- 
duits présentés  pour  élre  exposés  ;  cette 
sélection  doit  être  le  véritable  moyen  de 
rendre  l'Exposition  tout  à  la  fois  intéres- 
sante et  instructive  dans  toutes  ses  branches. 

Le  Directeur  général  adjoint  de  Texploi- 
latioD  de  la  section  française,  H .  Dervillé, 
n  adressé  aux  présidents  des  chambres  de 
commerce  des  exemplaires  du  règlement 
général  et  de  la  classification,  et  des  for- 
moles  dedemandes  d'admission.  Lesdeman- 
des  d'admission  des  exposants  des  départe- 
ments doivent  être  établies  sur  ces  formules 
et  transmises  par  l'intermédiaire  des  Comi- 
tés départementaux . 

Le  ministère  du  commerce  a  publié  l'ar- 
rêté fixant  les  clauses  et  conditions  généra- 
les imposées  aux  concessionnaires  d'expo- 
sitions payantes ,  cT établissements  de  spec- 
tacles  et  de  consommations  et  d'établisse- 
ments similaires. 

Cet  arrêté  renferme  les  dispositions  rela- 


tives aux  adjudications  et  actes  de  conces- 
sions de  gré  à  gré,  aux  projets,  exécution  et 
entretien  des  ouvrages,  à  l'exploitation,  etc. 
Il  spécifie  que  les  concessionnaires  doivent 
justifier  des  qualités  et  ressources  nécessai- 
res au  succès  des  entreprises,  qu'ils  sont 
tenus  déverser  des  cautionnements  et  qu'ils 
doivent  élire  domicile  à  Paris. 

En  outre,  les  concessionnaires  sont  invités 
à  présenter,  à  l'appui  de  leurs  demandes, 
les  projets  d'ensemble  des  constructions  ; 
les  projets  du  détail  doivent  être  soumis, 
dans  les  deux  mois  qui  suivent  l'approba- 
tion des  premières  études,  au  commissaire 
général  qui  se  réserve  le  droit  de  les  modifier. 

Les  intéressés  pourront  se  procurer  un 
exemplaire  de  cet  arrêté  au  (Jlommissariat 
général  de  l'Kxposition,  avenue  delà  Bour- 
donnais, 26. 

Enfin,  signalons  que,  dans  tous  les  pays 
étrangers,  l'idée  de  la  participation  à  l'Ex- 
position de  Paris  rencontre  le  plus  sympa- 
thique accueil,  et  que  la  plupart  des  gouver* 
nements  semblent  disposés  à  favoriser  tous 
les  efforts  tendant  à  assurer  le  plus  d'éclat 
possible  aux  sections  respectives  de  leurs 
nations. 


INDUSTRIE 


I^RRONNERIE    D'ART 

de  M.  Louis Tellier aine. 
177,  rue  Léon  Gambetta,  àLille. 

Notre  Sociétaire,  M.  Louis  Tellier  aine, 
entrepreneur  de  serrurerie  à  Lille,  complète 
^es  travaux  purement  industriels  pour  des 
travaux  artistiquesen  fer  forgé  pour  lesquels 
ilsesent  une  inclination  personnelle  irré- 
sistible. 

Déjà  en  1892,  des  travaux  de  ferronnerie 
rf'art  exécutés  par  M.  Louis  Tellier  aine, 
avaient  été  examinés  par  notre  collègue, 
^'  Tison,  ingénieur  architecte  de  la  même 
vide,  et  avaient  fait  l'objet  d'une  apprécia- 
tion des  plus  favorables  qui  fut  sanctionnée 


par  l^attribuation   ultérieure  de  la  médaille 
d'or  de  notre  Société. 

Depuis  cette  époque,  M.  Louis  Tellier  s'est 
encore  perfectionné  dans  cet  art  du  fer  for- 
gé si  difficile,  mais  si  souple  et  si  attrayant 
et,  considérant  qu'il  était  arrivé  à  la  pleine 
maîtrise  de  sa  production,  il  a  présenté  à 
une  exposition  qui  s'est  tenue  cette  année  à 
Lille  un  ensemble  de  travaux  variés  duplus 
grand  mérite. 

Voici  comment  un  journal  spécial  a  rendu 
compte  des  objets  exposés  par  M.  Louis  Tel- 
lier aine  : 

«  Il  y  a  là  toute  une  sériede  travaut  en  fer 
forgé,  sans  rivets  ni  adjonctions  de  parties 
en  cuivre  ou  en  fonte,  qui  méritent  toute 
Taltention  des  artistes. 


2^3  K)UIINAL  MENSURL  OC 

«  Ces  travaux  ont  élé  exécutés  soit  par 
M.  Louis  Tellier  lui-même,  soit  par  ses 
ouvriers,  sous  sa  direction.  Ce  sont  des  créa- 
tions personnelles  de  cet  habile  ferronnier 
ou  des  compositions  de  MM.  Cordonnier, 
Newnam,  Beitaut,  etc.,  architectes. 

«  On  admire  surtout  une  magnifique 
grille,  entièrement  en  fer  forgé,  dont  toutes 
les  pièces  principales  ont  été  faites  par 
M.  re///er/w2-m^me.Nous  signalerons  parti- 
culièi^ment,  dans  cette  grille,  une  grappe 
de  raisin  placée  au  centre,  et  dont  chaque 
grain  est  soudé  à  part  ;  puis  les  deux  tteurs 
de  ta  partie  supérieure,  ne  présentant  m  vis 
ni  rivets  ;  la  poignée  de  la  porte,  et  le  cor- 
don formé  d^unhomme  sortantde  la  gueule 
d'un  monstre  marin,  etc. 

«  Ces  travaux  font  grand  honneur  à  M. 
Louis  Tellier  aiué,  qui  a  fondé  sa  saison  en 
1888,  et  qui,  «Is  de  ses  œuvres,  est  arnve 
à  une  belle  situation  par  son  seul  mérite. 
Ce  véritable  artiste  mérite  d'autant  plusd  é- 
loges  qu'avant  lui,  la  serrurerie  d'art  péri- 


l'académie  nationale.  2S4 

datait  à  Lille,  et  qu'on  n  y  exécutait  plus  ces 
ornements  si  décoratifs,  en  fer  forgé,  en  tôle 
repoussée,  etc.,  dont  les  architectes  français 
aiment  avec  tant  déraison  à  tirer  parti. 

«  Il  a  obtenu  aussi  un  grand  succès  à  Duo- 
kerque,  en  exécutant  les  grilles  très  remar^ 
quées  du  Crédit  lyonnais  de  oette  ville.  Ces 
grilles  sont  la  reproduction  exacte  de  celles 
de  THâlel  de  Ville  de  Paris,  qu'il  avait  co- 
piées  lui-mêmos  avec  le  plus  grand  soin.  » 

Ayant  fait  appel  une  seconde  fois  à  Tobli- 
geance  de  notre  collègue  M.  Tison  pour  en 
obtenir  une  nouvelle  appréciation  des  tra- 
vaux de  M.  Louis  Tellier  atné,  nous  en 
avons  reçu  un  rapport  des  plus  élogieux 
pour  Tartiste  ferronnier,  dont  les  travaux 
sont  estimés  par  ce  juge  compétent  comme 
arrivés  au  combledela  perfection  et  comme 
méritant  la  plus  haute  de  nos  distinctions. 
Cette  conclusion  sera  soumise  en  temps  vou- 
lu à  la  ratification  de  notre  Comité  des  Ré- 
compenses. 


COMMERCE 


LE     COMMERCE     EXTÉRIEUR     DE     LA 
FRANCE 

L'administration  des  douanes  a  fait  pu- 
blier la  statistique  suivante  des  résultats  du 
commerce  extérieure  de  la  France  pendant 
les  cinq  premiers  mois  des  années  1897  et 
1^96: 

IMPORTATIONS  l^  1^ 

Objets  d^ïiimentatioa     363.704.000     430.264.000 
^f  &stHr*!?!  1.052.261.000  l.o20.116.000 

Total 1.679.152.000  1.:13.337.000 

EXPORTATIONS 

Objets  alimentation      274.056.000  264.854.000 

''fiastdr'!'''      305.811.000  342.815.000 

Colis  postaux 71.19:5.000  61. 385.000 

Total 1.530.657.000  1.428.585.000 

Les  indications  qui  se  dégagent  de  ces  dif- 
férents chiffres  sont  entièrement  satistaisan- 
tes  à  tous  points  de  vue. 

La  diminution  de  34.185.000  fr.  dans  les 


importations  s'ajoute  à  Taugmenlation  de 
102.102.000  fr.  dans  les  exportations  pour 
constituer,  dans  la  balance  du  commerce, 
un  solde  en  notre  faveur  de  136.287.000  fr. 

Il  importe  aussi  de  remarquer  que  si  les 
importations  totales  sont  en  diminution  de 
34  millions,  par  suite  d'une  réduction  de 
plus  de  66  millions  dans  les  objets  d  ali- 
mentation, il  y  H  eu  cependant  accroisse- 
ment de  32  millions  dans  Tentrée  des  ma- 
tières premières  nécessaires  à  l'industrie. 
Or,  Taccroissement  de  ce  chapitre  spécial 
des  importations  doit  être  considéré  comme 
plutôt  satisfaisant  que  fâcheux,  attendu 
qu'il  est  le  symptôme  d'un  redoublement 
d'activité  dans  les  industries  nationales  qui 
mettent  en  œuvre  les  matières  premières 
provenant  de  Tétranger. 

Si  nous  comparons  les  chiffres  afférents 
aux  cinq  premiers  mois  de  Tannée  à  ceux 
qui  concernaient  les  quatre  premiers  mois, 
nous  obtenons  les  résultats  suivants  pour 
les  deux  mois  de  mai  1890  et  1897. 


2fô 


Mai  1896 

3te.  895.000  fr. 
270.916.000  fr. 


Mai  1807 

315.587.000  fr. 
357.495  000  fr. 


Inportatioiis.. 
ExporUtioDS.. 

Ensemble 613  Sll.OuOfr.    673.082.000  fr. 

Il  ressort  de  ces  chiifres  que  le  mois  de 
oii  1807  a  présenté  un  ensemble  de  tran- 
sadkms  supérieur  d'environ  60  millions  à 
celoidu  mois  de  mai  1897.  Mais  ce  qui  est 
plus  satisfaisant  encore,  c'est  que  le  solde 
6t  h  balance  du  commerce  qui  ressortait 
po8f  environ  72  millions  d  notre  détriment 
en  mai  1896,  s'élève,  en  notre  faveur,  à 
39.908.000  fr.  en  mai  1897.  On  peut  donc 
dire  que  les  échanges  commerciaux  de  no- 
tre pays  durant  le  mois  de  mai  dernier  ont 
prudoit  des  résultats  se  chiffrant  par  près 
de  110  millions  à  notre  avantage,  compa- 
mivement  aux  résultats  du  mois  correspon- 
dant de  Tannée  dernière. 

EqGd,  constatons  que  le  phénomène  de 
la  supériorité  de  nos  exportations  sur  nos 
importations,  phénomène  qui  s'était  mani- 
f«téau  mois  d'avril  dernier  pour  la  pre- 
mière fois  deppis  peut-être  quarante  ans, 
s'est  oon-seulement  reproduit,  mais  même 
icoeotué  durant  le  mois  de  mai .  En  etiet, 
Uodisque  l'excédent  des  exportations  sur 
la  importations  en  avril  ne  s'était  élevé 
qu'à  17.896.000  fr.,  il  a  atteint  pour  mai  le 
djiffre  de  39.903.000  fr. 

Les  résultats  commerciaux  du  mois  de 
osai,  au  point  de  vue  de  nos  échanges  exté- 
riears.  doivent  donc  être  considérés  comme 
toot  à  fait  satisfaisants.  Il  ne  reste  plus  qu'à 
wohaiter  le  maintien  du  même  courant  de 
prospérité  dans  le  développement  futur  de 
DOS  échanges  avec  les  pays  étrangers. 


LES  EXPORTATIONS  DE  LA  FRANCE  EN 
RUSSIE. 

Dans  notre  Journal  du  mois  de  mai  dernier, 
nous  avons  publié  sur  le  développement 
industriel  de  la  Russie,  un  article  de  M. 
Tieorges  Michel  que  nos  lecteurs  n'ont  cer- 
tainement pas  oublié,  et  qui  nous  a  valu 
une  fort  intéressante  communication  de 
M.  V.  Thiébaut,  un  de  nos  collègues  établi 
depuis  longues  annnées,à  Soudak,  dans  le 
gouvernement  de  la  Tauride. 


GOMMiiiacE.  286 

Comme  M.  Maurice  Verslraete,  Consul  de 
France  à  Moscou,  dont  le  récent  travail  a 
été  si  remarqué,  M.  Thiébant  possède  éga- 
lement une  vieille  expérience  des  choses 
russes,  et  c'est  pourquoi  nous  pensons  qu'il 
est  intéressant  de  tenir  compte  ici  de  la  plus 
grande  partie  des  observations  si  pratiques 
qu'il  a  bien  voulu  prendre  la  peine  de  nous 
soumettre. 

D^ailleurs  elles  concordent  trop  avec  nos 
idées  personnelles  pour  que  nous  leur  mar« 
chaadions  la  place. 

Gomme  il  nous  le  rappelle  lui-même,  ce 
sont  celles  qu'il  a  déjà  exposées  devant  les 
membres  de  l'Académie,  il  y  a  six  ans,  et 
depuis  elles  n'ont  point  changé.  On  pourrait 
môme  dire  que  depuis  cette  époque  la  trans- 
formation régulière  et  l'origine  de  la  Russie, 
son  développement  normal  dans  Tordre 
économique  n'ont  fait  que  leur  donner  une 
autorité  et  une  actualité  nouvelles. 

C'est  ainsi  que  suivant  notre  collègue,  il 
faudrait  d'abord  commencer  par  étudier  les 
besoins,  les  goûts  et  les  moyens  du  peuple 
russe,  et  ne  lui  présenter  que  des  objets  en 
rapport  avec  ces  élénoients^et  non  pas  des  ar- 
ticles dont  il  ignore,  quelquefois,  jusqu'à 
l'usage  que  l'on  en  fait  et  dont  il  n'a  que  l'aire. 

C'est  dans  un  autre  ordre  idées,  ce  que 
nous  avons  toujours  soutenu  nous-méme, 
lorsqu'il  s'agit  de  faire  du  commerce  d'ex- 
portation sur  la  cote  occidentale  d'Afrique 
par  exemple. 

Si  un  peuple  porte  des  babouches,  pour- 
quoi s'obstenir  à  lui  offrir  des  bottines  à 
talons  Louis  XIV  sous  prétexte  que  c'est 
plus  élégant  ;  et  qu'on  ne  se  méprenne  pas 
ici  sur  le  sens  exact  de  notre  pensée  :  il  est 
bien  évident  que  lorsqu'il  s'agit  d'objets  fa- 
briqués en  Russie,  comme  le  fait  si  juste- 
ment observer,  M.  Georges  Michel  tonte  ten- 
tative deconccurrence  deviendrait  inutie  ; 
mais  il  ne  faut  pas  oublier  qu'en  1894  les 
importations  dans  l'empire  russe  s'élevaient 
encore  à  la  somme  de  cinq  soixante  et  onxe 
millions  de  roubles  représentées  pour  la  ma- 
jeure partie  par  des  produits  on  des  objet 
manufacturés  venant  d'Angleterre  et  d'Al- 
lemagne. 

C'est  donc  sur  ce  terrain  restreint  et  net* 


287 


lOUBNAL  MENSUEL  DB  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


288 


teroent  défini,  des  importations  venant  de 
rextérieur,  que  nous  devons  chercher  à  lut- 
ier  pratiquement  contre  nos  deux  redouta- 
bles rivaux. 

M.  Thiébaut  insiste  avec  non  moins  de 
raison  sur  la  nécessité  de  présenter  nos  pro- 
duits directement  sur  le  marché  russe,  et  de 
les  vendre  en  roubles  et  au  comptant  afin  (le 
ne  pas  en  laisser  doubler  le  prix  pardeno^i- 
breux  commissionnaires  et  intermédiaires. 

Nous  ajouterons  qu'en  effet  il  est  plus 
prudent  de  vendre  au  comptant  toutes  les 
fois  que  la  chose  est  possible,  ou  que  Ton 
ne  se  trouve  pas  en  face  d'acheteurs,  de 
clients,  dont  on  connaît  bien  la  solvabilité; 
car  il  est  toujours  fort  ditïicile  de  se  rensei- 
gner exactement  sur  la  valeur  des  crédits 
dans  des  pays  aussi  lointains. 

On  ne  saurait  trop  conseiller  à  nos  fa- 
bricants des'efforcer  d'arriver  à  produire  des 
objets  à  aussi  bon  marché  que  les  Anglais. 

Il  est  vrai  que  cette  idée  est  difficile  à 
faire  entrer  dans  la  tête  de  la  plupart  de 
nos  industriels. 

lisse  refusent  à  faire  delà  camelote  et 
prétendent  conserver  le  monopole  de  Télé- 
gance  et  du  luxe.  C'est  là  une  grave  erreur  ; 
toutes  les  fois  qu'il  s'agit  de  mobiliers  artis- 
tiques et  des  applications  si  intéressantes 
des  arts  à  l'industrie,  il  est  bien  évident  que 
nous  sommes  la  première  nation,  et  que 
nous  devons  chercher  à  conserver  ce  mono- 
pole indiscutable  du  bon  goût. 

Mais  au  point  de  vue  des  affaires,  c'est 
là  un  ordre  relativement  restreint  qui  ne 
constitue  pas  un  chiffre  d'exportation  con- 
sidérable, et  qui  ne  doit  pas  nous  détour- 
ner de  luttes  plus  modestes,  sans  doute, 
mais  à  coup  sur  plus  rénumératrices.  A 
force  de  s'enlélerdansde  pareils  eiTements, 
nous  finirions  par  jouer  le  rôle  de  la  cigale 
vis-à-vis  des  fourmis  nos  voisines,  ce  qui 
ne  saurait  être  Tobjet  raisonnable  d'une 
grandenation  industrielle  comme  la  France. 
Et  nous  sommes  d'autant  plus  autorisés  à 
raisonner  de  la  sorte,  que  même  dans  le 


bon  marché  nous  pouvons  toujours  conser- 
ver une  élégance  de  formes,  une  finesse  et 
une  coquetterie  que  les  imitateurs  ne  font 
qu'enlaidir  quand  ils  veulent  les  reproduire. 

Si  nos  commerçants  et  nos  industriels 
voulaient  bien  se  pénétrer  de  ces  vérités, 
nous  avons  la  conviction  qu'ils  pourraient 
facilement  faire  une  concurrence  sérieuse 
à  nos  voisins. 

Il  est  bon  d'ajouter,  qu'ils  attendraient 
d'autant  plus  aisément  ce  but,  qu'ils  ren- 
contreraient un  peu  de  bonne  volonté,  de  la 
part  de  nos  hommes  d'Etat,  à  demander 
quelques  facilités  au  gouvernement  russe  à 
propos  des  tarifs  douaniers. 

Dans  cet  ordre  d'idées  il  est  bien  certain 
que  la  Russie  ne  demanderait  pas  mieux 
que  de  chercher  à  nous  être  agréable  dans 
la  mesure  du  possible,  puisqu'elle  serait  la 
première  à  y  trouver  son  avantage. 

Si  l'on  arrivait  à  réaliser  promptementces 
desiderata  de  notre  collègue,  il  est  plus  que 
probable  que  nos  négociants  arriveraient 
bien  vite  à  supplanter  complètement  sur  le 
marché  russe,  les  rivaux  qui  ne  sontdange-* 
reux  que  par  ce  que  nous  les  laissons  maî- 
tre du  champ  de  bataille  économique.  La 
plupart  du  temps  nos  amis  ne  leur  donnent 
la  préférence  qu'à  regret  et  parce  qu'ils  ne 
trouvent  pas  devant  eux  des  représentants 
de  notre  industrie  et  de  notre  commerce. 

Pour  nous,  ces  courtes  observations  nous 
paraissent  l'expression  même  delà  vérité  et 
du  bon  sens,  et  s'il  nous  était  permis  d*en 
tirer  une  conclusion,  ne  pourrait-on  pas  la 
formuler  dans  ce  simple  aphorisme  :  l'infé- 
riorité des  Français  provient  de  ce  qu'ils  sont 
trop  casaniers. 

Que  nos  industriels  et  nos  commerçants 
ne  se  rebutent  pas  devant  un  premier  in- 
succès, qu'ils  visitent  la  Russie,  qu'ils  y  en- 
voient régulièrement  des  représentants  ;  ils 
seront  assurés  d'y  trouver  bon  accueil,  et 
les  résultats  rémunérateurs  ne  se  feront  pas 
attendre  longtemps.  P.  V. 


Le  Directeur'Gérant,  Rédacteur  en  Chtf, 

EuoÈNB  THiftRY. 

OLUmOMT  (OISB).    -  IMPIIMBRIB  DAIX  FKBMBt,  PLACK  lAlMT-AMDRB,  9. 


JOURNAL     MENSUEL 

DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AfiRlCOLE,  lANOFAirrORlKaE  £T  COHIERCULE 


67*  Année.  —  JUILLET  1897. 


SOMMAIRE 

AAHICULTURC.  —  Emploi  rationnel  en  vinification  des  levures  pures  sélectionnéi:s,  de  UN.  Ooorget  laoquemln. 
a  Maizérille,  près  Nancy.  ~  Paiile  coupée  pour  litière.  —  Broyeurs  de  pommes  à  cylindres  divisés,  de  UN.  Toxler 
ils  i«uno,  à  Vitré  (Ule-et-Vilaine).  —  Chambre  syndicale  des  constructeurs  de  macliines  et  d'instruments  d'agricul- 
ture et  d'honiculturc.  —  La  production  du  tabac  en  Russie. 

DISTINCTIONS  HONORIFIQUES  accordées  aux  Mambres  derAcadémU  Nationale. 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  —  Concours  agricole  et  exposition  industrielle  de  Vesoul.  —  Exposition  régie- 
ojle  de  Bourges. 

INDUSTRIE.  —  Projet  de  création  d'un  chemin  de  fer  à  voie  étroite  entre  Alpnach,  Stans  et  Altorf,  par  Ml.  Luaty. 
tD^ieur,  à  Brienz  (Suisse).  —  La  houille.  —  Les  Emaux  Bressans.  —  Moteur  à  ammoniaque  pour  tramways.  — 
l'oîds  en  verre.  —  La  production  du  cuivre  en  1896. 

COMMERCE.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France.  —  Le  port  de  Dunkerque  et- les  importations  de  la  RcpubU" 

.  que  Argentine.  —  Les  progrès  des  exportations  de  l'Allemagne  en  iHgb.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  République 
Argentine. 

NéCROLOQIE.  —  M.  Amédée  Fornet. 

VARIÉTÉS.  —  Un  musée  municipal  d'histoire  naturelle. 


THE  NEW  YORkI 
Pm.lC  LIBRARY 


AGRICULTURE 


ASTOR,    LENOX    ANO 
TILDEN  FOUN0ATir».c 


EMPLOI  RATIONNEL  EN  VINIFICATION 
DES  LEVURES  PURES  SÉLECTION- 
NÉES 

de  M.  Georges  Jacquemin, 

à  Maizéville,  près  Nancy. 

Noire  cininent  sociétaire  M.  Georges  Jac- 
quemin,qui  a  conçu  l'idée  du  perfectionne- 
mentdes  procédés  et  résultats  de  la  vinifi- 
ctlion  par  remploi  des  levures  pures  sélec- 
liooDées,  vient  de  publier  une  nouvelle  bro- 
chure sur  la  question.  Cette  brochure  rap- 
pelle et  résunae  toutes  les  considérations 
théoriques  et  pratiques  qui  se  rattachent  à 
remploi  des  levures  spéciales  préparées 
90QS  h  haute  direction  scientifique  do 
M.  Jacquemin,  dans  les  laboratoires  de  Tins- 
titut  La  Claire,  à  Mo)*teau  (Doubs),et  contient 
de  nombreuses  attestations  relatives  aux 
résaliats  obtenus  lors  des  vendanges  de 
1896,  ainsi  que  des  conseils  des  plus  judi- 
cieux sur  la  propreté  du  matériel  vinaire, 
le  traitement  général  des  vins,  leur  collage 
etla  guérison  de  leurs  différentes  maladies. 

Tous  les  viticulteurs  et  toutes  le.*)  person- 


nes s*occupant  du  commerce  des  vins  ont 
le  plus  grand  intérêt  à  connaître  cette  nou- 
velle publication  de  M.  Jacquemin.  En  la 
lisant  avec  soin  et  attention,  on  y  puisera 
une  foule  de  notions  utiles,  dont  l'applica- 
tion ouvrira  certainement  de  nouveaux  hori- 
zons à  la  pratique  de  la  vinification  et  contri- 
buera efficacement  à  relever  sensiblement 
la  valeur  moyenne  de  la  production  vinîcole 
générale. 

Nous  aurons  sans  doute  Tocc^ision  de 
publier  ultérieurement  quelques  extraits 
de  la  brochure  de  M.  Jacquemin  ;  mais,  en 
attendant,  nous  avons  tenu  à  signaler  l'ap- 
parition de  cette  nouvelle  brochure  que  de^ 
vraient  connaître  et  posséder  tous  les  viti- 
culteurs de  France,  en  raison  des  profits 
certains  qui  doivent  résulter  de  l'emploi 
raditionnel  des  levures  pures  sélectionnées, 
dont  la  théorie  a  été  si  heureusement  con- 
çue et  établie  par  le  distingué  microbiolo-* 
giste  de  Nancy. 


291 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  AGADEMIK  NATIONALE. 


292 


PAILLE  OOUPÉE  POUR  LITIÈRE 

Le  moyen  très  simple  d'économiser  la 
paille  des  litières  consiste  dans  l'emploi  de 
paille  coupée  à  la  place  de  la  paille  longue  : 
ce^moyen  est  en  vogue  en  Angleterre  et 
nous  ne  saurions  trop  eu  recommander 
l'emploi. 

Nous  ne  parlerons  pas  des  machines  pro- 
pres à  couper  la  paille;  on  peut  se  servir 
d'un  hache-paille  quelconque  ;  par  un 
changement  de  roues  dentées,  on  obtiendra 
des  morceaux  d'environ  12  centimètres  de 
long. 

L'économie  résultant  de  l'emploi  de  pail- 
le coupée^  au  lieu  de  paille  longue,  est  de 
35  %  ;  de  sorte  que  là  oii  il  fallait  4  kilo- 
grammes environ  de  paille  pour  la  litière 
d'un  bœuf,  il  suffit  de  2  kilog.  500  de  paille 
courte. 

Cette  économie  s'explique  par  ce  fait  que 
Ton  ne  peut  jamais  répandre  d'une  façon 
bien  régulière,  la  paille  longue,  dont  les 
longs  filaments  s'enchevêtrent  et  forment 
des  pelotes  que  Ton  ne  peut  égaliser. 

Dans  ces  conditions,  la  litière  a,  par  pla- 
ces, plus  d'épaisseur  qu'il  n'en  conviendrait. 
.  Avec  la  paille  courte,  au  contraire,  on 
peut  facilement  former  une  couche  de  litière 
d'une  égale  épaisseur.  Avec  la  paille  lon- 
gue, les  pelotes  de  fumier  isolées,  les  par- 
ties fortement  mouillées  peuvent  être  enle- 
vées difficilement,  et,  à  côlé,  sont  d'autres 
parties  oii  la  paille  n*a  subi  aucune  atteinte. 

Au  contraire,  avec  la  paille  coupée,  on 
enlève  facilement  tous  les  excréments  et 
les  parties  trop  humides,  et  on  lesrempiace 
par  de  la  paille  neuve. 


BROYEUR8  DE  POiMMES    A  CYLINDRES 
DIVISÉS 

de  M.  Texier  fils  jeune,  à  Vitré 
(Ille-et-Vilaine). 

Nous  sommes  heureux  d'apprendre  que 
le  broyeur  do  pommes  à  cylindres  divisés, 
inventé  et  construit  par  notre  sociétaire 
M.  Texier  fils  jeune,  à  Vitré  (Ille-et-Vilaine). 
vient  d'être  favorisé  des  récompenses  sui- 
vantes, obtenues  en  un  délai  de  quelques 
semaines: 


l""  Une  médaille  d*or  de  la  Société  des 
Agriculteurs  de  France  ; 

â^'Lne  médaille  d*or  à  TExposilion  indus- 
trielle de  Rennes  ; 

3*  Un  premier  prix  représenté  par  .une 
médaille  d'or  au  concours  du  Comice  agri- 
cole de  Meulan  (Seine-et-Oise). 

C'est  avec  plaisir  que  nous  enregistrons 
ces  nouvelles  récompenses  qui  s'ajoutent  à 
de  sérieuses  distinctions  antérieures  pour 
témoigner  des  mérites  pratiques  de  l'ap- 
pareil en  question. 


CHAMBRE    SYNDICALE 

DES  CONSTRUCTEURS    DE   MACHINES 

ET  D'INSTRUMENTS  D'AGRICULTURE 

ET  D'HORTICULTURE 

La  Chambre  syndicale  des  Constructeurs 
de  machines  et  d'instruments  d  agriculture 
et  d'horticulture  de  France  a  ainsi  consti- 
tué son  bureau  pour  l'année  1897  : 

Président  :  M.  Egrot. 

Vice-présidents  :  MM.  Léonard  Paupier  et 
Senet. 

Secrétaire  :  M.  Bariat. 

Trésorier  :  M.  Lelebvre-Albaret. 

Le  nouveau  président,  M.  Ëgrot,  et  l'un 
des  vice-présidents,  M.  Léonard  Paupier, 
appartiennent  à  notre  Société,  de  même 
que  le  président  sortant,  M.  Gautreau.  Ce 
deinier  a  présenté  le  nouveau  bureau,  le 
23 juin  dernier,  à  M.  Méline,  ministre  de 
l'agriculture,  qui  a  promis  son  appui  dans 
les  questions  relatives  au  concours  général 
agricole  et  au  transport  des  machines,  ques- 
tions intéressant  particulièrement  la  Cham- 
bre svndicale. 


LA  PRODUCTION  DU  TABAC  EN  RUSSIE 

La  Nature  signale  le  deuxième  *  cente- 
naire de  l'introduction  légale  du  tabac  en 
Russie.  Ce  fut  Pierre  le  Grand  qui,  par  un 
oukase  célèbre,  leva  les  mesures  prohibitives 
édictées  par  ses  prédécesseurs.  Le  tabac  avait 
été  importé  pour  la  première  fois  en  Russie 
par  des  commerçants  anglais  allant  d'Ar- 
khangel  à  Moscou. L'usage  de  lapipeet  do  la 
rApe,  d'abord  considéré  comme  une  simple 
extravagance,  se  répandit  si  vite  que  l'em- 
pereur Michel  Fedorovitch  fut  obligé  de  le 


2« 


GXPOSITKMSS  BT  CONGOUES. 


294 


défendre  dans  leséglis6s  et  que  le  tzar  Âleiis 
Micbaîlowitob  dut  punir  les  réfractaires  du 
kooQt  et  de  remprisonuement.  Ces  mesu- 
res restant  i  no  puissantes,  Pierre  le  Grand 
résolut  d  autoriser  un  vice  qu'on  ne  pouvait 
réprimer  et  d'en  tirer  profit.  Il  concéda  le 
noDOpoIe  du  tabac  à  une  maison  de  Moscou 
•]Qi  le  revendit  à  un  amiral  anglais.  A  partir 
de  1716,  le  commerce  devint  libre  et  les 


tzars,  de  tout  leur  pouvoir,  favorisèrent  les 
plantations,  se  bornant  à  percevoir  une  taxe 
sur  les  produits.  Depuis  1838,  cette  taxe  est 
de  20  %s  La  Russie  occupe  aujourd'hui  le 
premier  rang  parmi  les  producteurs  de  ta- 
bac. Sa  récolte  de  1895  a  été  de  62,693,584 
kilogrammes  et  les  32  manufactures  impé- 
riales ont  fabriqué,  cette  année-là,  5  mil- 
liards de  cigarettes. 


DISTINCTIONS  HONORIFIQUES  ACCORDÉES  AUX  MEMBRES 
DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE. 


Par  décret  en  date  du  13  juillet  1897,  la  décoration  de  Chevalier  du  Mérite  agricole  a 
étécoDférée  à  : 

M.DiRo  (Louis-Denis),  ingénieur-mécanicien,  constructeur  de  machines-outils  et  machines 
dirricoles,  à  Paris  ;  vice-président  de  notre  Société. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


CONCOURS    AGRICOLE 
ET  EXPOSITION  INDUSTRIELLE 
DE  VESOUL  (Haute-Saône). 

AFoccasion  du  concours  région  al  agrico- 
le, qui  devait  se  tenir  àVesoul  du  26  juin  au 
Uoillet,  un  Comité  d'initiative  formé  des 
principaux  commerçants  et  industriels  de 
il  rille,  parmi  lesquels  se  trouvait  notre  So- 
ciéuire  M.  Adrien  Magot,  Tabricant  de 
iiœt,  a  organisé,  ainsi  d'ailleurs  que  nous 
eotTons  parlé  en  temps  utile  dans  notre 
Joomal,  une  exposition  industrielle  spécia- 
le dennt  être  ouverte  du  20  juin  au  1" 
aoûL 

Le  concours  agricole  a  eu  l'importance  et 
Téclat  qu*on  pouvait  en  espérer  au  milieu 
<ie  k  riche  région  de  l'Est  directement  in- 
^^recsëe,  région  comprenant  toute  la  Fran- 
cbe-Comté,  le  territoire  de  Belfoi*t,  et  des 
pvties  de  la  Bourgogne,  de  la  Lorraine  et 
(felt  Champagne. 

Quant  àTexpositioD  industrielle,  si  elle 
Dt  pas  offert  l'ampleur  des  grandes  ex- 
positions provinciales  qui  se  tiennent  dans 
^  Tilles  de  plus  de  cent  mille  habitants  et 
qoi  dorent  de  cinq  à  six    mois,  on  doit   la 


considérer  commerelativement  très  brillan- 
te pour  une  localité  de  dix  mille  habitants, 
étant  donné  qu'elle  ne  devait  pas  durer  plus 
de  cinq  semaines. 

La  grande  industrie  proprement  dite  n*é- 
tait  pas  représentée  à  l'exposition  indus* 
trielle  de  Vesoul.  Mais  cette  exposition  n'en 
était  pas  moins  aussi  intéressante  qu'at- 
trayante, par  la  variété  des  installations  réa-^ 
lisées  et  par  le  mérite  réel  des  objets  pré- 
sentés. 

Ayant  visité  en  même  temps  le  concoure 
agricoleet l'exposition  industrielle,  installés 
tous  deux  sur  des  emplacements  contigus^ 
nous  les  confondrons  dans  les  comptes  ren- 
dus que  nous  allons  consacrer  à  ceux  de 
nos  Sociétaires  qui  avaient  tenu  k  honneur 
d'y  figurer. 

Comme  à  l'habitude,  l'ordre  alphabétique 
des  noms  déterminera  l'ordre  dans  lequel 
nous  passerons  en  vue  les  différentes  instal- 
lations. 

M.  Bajac,  de  Liancourl,  n*a  pas  présenté 
au  concours  régional  de  Vesoul  la  masse 
imposante  des  instruments  aratoires  qu'il 


1 


2&5 


lOURNAL  MENSUEL  DE  L^ACADÛllE  NATIONALE. 


296 


sait  si  bien  grouper  au  concours  général 
agricole  de  Paris.  Mais  son  exposition,  plus 
spécialement  composée  d^instrumenls  ré- 
servés à  la  petite  et  à  la  moyenne  culture, 
n'en  était  pas  moins  très  intéressante,  et 
elle  a  certainement  donné  aux  agriculteurs 
Tranc^comtois  l'impression  qu'ils  se  trou- 
vaient en  présence  de  la  fabrication  la  plus 
perfectionnée  qui  soit  en  matière  de  bra- 
dants, de  charrues,  de  scarificateurs,  de 
herses,  etc. 

M.  Bernus,  de  Lyon,  a  présenté  au  con- 
cours agricole  do  Vesoul  les  mêmes  instru- 
ments que  nous  avons  vus  aux  concours 
précéilcnls  de  Paris  et  de  Rennes  :  pulvéri- 
sateurs, soufreuses,  pals-injecleurs,  pompes 
seringues,  barattes  métalliques  et  ustensiles 
divers  d'économie  domestique  en  fer-blanc, 
en  cuivre,  en  zinc,  elQ.  Ayant  décrit  en  dé- 
tail les  divers  objets  fabriqués  par  M.  Ber- 
nus, dans  notre  compte  rendu  du  dernier 
concours  agricole  de  Paris,  nos  lecteurs 
pourront  se  reporter  à  notre  journal  d'avril. 

MM.  Brolhot  et  C*«,àVierzon,ontenvoyé 
à  Vesoul  une  locomobile  à  pétrole,  c'est- 
à-dire  un  fort  moteur  à  pétrole  monté  sur 
chariot,  lequel  actionnait  par  courroie  une 
puissante  pompe  à  trois  corps  et  à  pistons 
plongeurs.  Citons  aussi  une  batteuse  dite 
roulant  le  grain. 

M.  Chambon,  distillateur,  à  Saint-Céré 
(Lot),  a  envoyé  des  échantillons  d'une  ftau 
de  noix,  et  de  la  liqueur  spéciale  qu'il  fabri- 
que sous  la  dénomination  d^Elixir  quercy- 
nois. 

Ces  produits,  quiont  valu  à  M.  Chambon 
notre  médaille  d'or,  ne  saurait  manquer  d'ê- 
tre favorablement  appréciés  par  le  jury  de 
l'exposition  de  Vesoul . 

M.  Chambrette-Bellon,  de  Bèze  (Côte- 
d'Or),  avait  voulu  faire  figurera  l'exposition 
industrielle  de  Vesoul  une  machine  pour 
rindustrie  de  la  briqueterie.  Mais,  dans  la 
confusion  produite  par  la  manutention  des 
nombreuses  machines  du  concours  agricole, 
la  machine  de  M.  Chambrette-Bellon   n'est 


pas  arrivée  à  l'exposition  industrielle,  et  s'est 
trouvée  réexpédiée  à  l'envoyeur  après  la 
clôture  du  concours  agricole.  Ce  (îlcheux 
contretemps  n'a  donc  pas  permis  à  M. 
Chambrette-Bellon  de  participer  effective- 
ment à  l'exposition  de  Veseul . 

M.  Isidore Charlent,  à  Gembloux  [Belgi- 
que, a  ex  posé  des  paquets  delà  Charlentine^ 
poudre  qui  sert  au  lavage  à  froid  et  à  l'en- 
lèvement des  taches  de  toutes  étoffes  de  lai- 
nes,de  coton  et  de  soie.  Nous  avons  expéri- 
menté Tannée  dernière  cet  excellent  pro- 
duit pour  lequel  notre  Société  a  décerné  une 
médaille  d'argent 

M.  Chiffemann,  de  Lisieux,  a  présenté 
dans  la  section  des  produits  du  concours 
agricole  les  divers  fromages  de  sa  prépara- 
tion, appartenant  aux  genres  Camembert, 
Pont-l'Evôque  et  Livarot,  sous  diverses  dési- 
gnations et  marques  caractéristiques.  Les 
soins  apportés  par  H.  Chiffemann  à  la 
préparation  et  à  la  présentation  de  ses 
fromages  en  font  des  produits  de  premier 
ordre  dans  leurs  différents  genres. 

M .  DECHAMBeNoiT,directeur  de  l'usine  de  la 
Pipée,  fabrique  mécanique  de  clous  pour 
chaussures,  par  Fontenoy-le- Château  (Vos- 
ges), expose  en  une  vitrine  comportant  une 
multitude  de  compartiments,  les  échantil- 
lons si  variés  de  la  clouterie  pour  chau  ssu- 
res,  en  fer,  en  cuivre,  en  laiton  et  même  en 
aluminium.  Il  y  a  là  une  variété  de  formes 
et  de  dimensions  qui  est  quelque  peu  sur- 
pi*enante  pour  les  profanes, mais  qui  corres- 
pond simplement  aux  divers  besoins  de  la 
fabrication  des  chaussures  à  semelles  douées 
ou  garnies  de  clous.  La  fabrication  de  l'usi- 
ne de  la  Pipée  est  dite  mécanique,  parceque 
ce  sont  des  machines  spéciales  qui  façonnent 
les  diverses  formes  de  clous,  avec  le  mini- 
num  possible  de  main-d'œuvre.  Aussi  les 
produits  de  cette  fabrication  mécanique 
sont-ils  plus  réguliers  et  plus  uniformes 
que  les  produits  de  la  fabrication  à  la  main. 
C'est  par  une  combinaison  ingénieuse  des 
procédés  de  la  tréQlerie  et  de  l'estampage 
que  la  fabrication  mécanique  de  la  cloute- 


2»7 


KlPOSmONS  ET  COTiQOtBÉ, 


298 


rie  est  réalisée  daDsTusinede  la  Pipée,  dont 
la  production  dépasse  par  jour  2.000  kilo- 
pmmes  de  produits  finis.  Depuis  1881, 
il.  Decliambenoit  est  titulaire  de  notre  mé- 
dâillo  de  2*  classe  qui  ne  semble  plus  en 
npport  avec  la  valeur  industrielle  de  sa 
fibrication.  Ajoutons  que  M.  Dechambenolt 
mot  accepté  les  fonctions  de  Membre  du 
Jury,  s*e8t  trouvé  placé  Hors  concours. 

M,  DoRNiER-TuLLER,  distillatour,  à  Fieu- 
rier (Suisse)  et  à  Pontarlier  (France),  expose 
le  spiritueux  dénommé  i4^5/n^/2e  qu'il  pré- 
pare dans  son  établissement  de  Pontarlier, 
et  qui  est  très  favorablement  apprécié  des 
coDsommateurs  si  nombreux  de  ce  produit. 

MM.  Egrot  et  Grange,  de  Paris,  ont  pré- 
senté au  Concours  agricole  quelques  spé- 
cimeos  de  leurs  cuiseurs  à  vapeur,  généra- 
raieorspouréluvage  de  futailles,  pasteuri- 
sateurs  pour  vins,  alambics  à  sphère  de 
rectification  et  appareils  de  distillation  con- 
lione.  L'ensemble  des  installations  de  MM. 
E^ot  et  Grange  était  certes  moins  impor- 
tant qu*au  Concours  général  agricole  de 
I^is;  mais  tel  quel,  il  n'en  donnait  pas 
nmios  la  plus  haute  idée  de  l'importance  et 
<ie  la  perfection  de  la  fabrication  de  cette 
importante  uiaison,  dont  la  réputation  est 
bailleurs  universelle. 

M.  Ferry,  pharmacien,  à  Vesoul,  expo- 
uii  une  collection  complète  de  bandages 
herniaires  et  de  ceintures  hypogabtriques  ou 
veoirières.  Notre  Sociétaire  s'est  fait  une 
spécialité  de  Vapplication  de  ces  appareils 
qui  exigent  beaucoup  de  tact  et  de  soins  dans 
'  leur  appropriation  aux  maux  qu'ils  doivent 
guérir  ou  soulager,  et  ce  n'est  pas  trop  de 
leipërience  d'un  spécialiste  consciencieux 
comme  M.  Ferry  pour  en  tirer  tous  les  bons 
effets qa*on  peut  en  attendre. 

Dans  lexposition  collective  du  Syndicat 
I  <lesdistillateurs  de  Kirsch  de  la  Haute-Saône, 

oous  avons  remarqué  des  produits  de  nos 
'  Sociétaires,  H.  Godard,  à  Aillevillers  et  M. 
'   ^«oss,  à  Gouhenans,  qui  ont  déjà  obtenu 

iHAre  médaille  d'or  pour  leurs  excellents 

Kirschs. 


MM.  Gui tLABERT FRÈRES, de, Seillans(Var), 
ont  exposé  un  assortiment  complet  des  pro- 
duits finis  de  leur  fabrique  de  bouchons. 
Depuis  les  bouchons  de  grand  diamètre,  eu 
un  seul  morceau  de  liège  ou  en  plusieurs 
morceaux  collés,  pour  bocaux  de  confiseurs 
et  de  pharmaciens,  jusqu'aux  bouchons  mi- 
nusculesde  cinq  millimètres  à  peine  de  dia- 
mètre pour  petits  flacons  des  parfumeurs,  il 
y  a  là  toutes  les  variétés  de  bouchons  con- 
venant aux  divers  besoins  du  commerce. 
Les  produits  de  la  fabrication  mécanique 
de  MM.  Guillabert  frères,  produits  qui  ont 
déjà  fait  l'objet  de  plusieurs  rapports  précé- 
demment publiés  dans  notre  journal,se  dis- 
tinguent par  une  absolue  régularité  de  con- 
fection et  par  l'excellente  qualité  de  Técorce 
de  chéne-liège  dont  ils  sont  constitués. 

MM.  Jannel  FRÈRES,  les  constructeurs 
d'instruments  agricoles  de  Martinvelle(Vos- 
ges),  ne  pouvaient  manquer  de  prendre 
une  part  importante  au  concours  régio- 
nal de  Vesoul  qui  était  le  plus  à  proximité 
de  leurs  établissements.  Nous  revoyons  là 
leurs  faucheuses  et  leurs  moissonneuses, 
notamment /^jDenveti^e,  tant  de  fois  décri- 
te ou  mentionnée  dans  notre  Journal, 
leurs  râteaux  et  faneuses  à  cheval,  leurs 
concasseurs  de  grains  à  réglage  parallèle 
des  cylindres,  leurs  coupe-racines,  hache- 
pailles,  tarares  et  rouleaux  unis  ou  brise- 
mottes.  Une  batteuse  de  leur  construction 
est  mise  en  mouvement  par  un  moteur  à 
pétrole  du  système  Benz  construit  par  une 
maison  de  Paris  dont  MM.  Jannel  frères  ont 
la  représentation  pour  la  région.  A  Vesoul 
comme  ailleurs,  les  machines  et  instru- 
ments de  MM.  Jannel  frères  se  faisaient 
remarquer  par  une  construction  soignée, 
aussi  robuste  qu'élégante. 

M.  Lapasset,  fabricant  de  papiers  à 
cigarettes,  à  Perpignan,  expose  des  cahiers 
de  son  papier  pur  fil  qui,  sous  la  marque 
Au  raisin  de  Pia^  est  fort  apprécié  pour 
sa  finesse  et  sa  solidité  de  tous  les  fumeurs 
délicats.  Nous  connaissons  des  iumeurs  qui 
ont  adopté  à  perpétuité  le  papier  lapasset 
dans  la  persuasion  qu'on  ne  saurait  en 
fabriquer  de  meilleur. 

12 


JOURNAL  MBNSyfCli  W  L  AGkWtm  19AT10NALB. 


9» 

Mf  Maqhisb  aiqé,  à  Rosoy,  par  Hortes 
(Hautç«Marne)t  expose  des  laines  cardées 
à  triooter,  des  articles  de  bonueterie  ea 
laine  et  en  cotoq,  des  coutils,  dits  de  ména- 
ge, et  des  droguets  ou  draps  communs,  for- 
més d'une  solide  trame  en  coton  et  d*une 
cl)alne  en  laine. 

Voici  en  quels  termes  M.  Magnier  pré* 
aente  lui*méme  les  articles  de  sa  fabrica- 
lion: 

«  J*ai  rhouneurde  soumettre  à  Messieurs 
a  les  visiteurs  quelques  types  seulement 
«des  produits  det  ma  fabrication  qui  ne  bril- 
ù  lent  pas  par  leur  nouveauté,  mais  dont 
c  lô  mérite  consiste  à  présenter  la  plusgran- 
n  de  résistance  possible  à  Tusage. 

<K  Je  suis  le  seul  fabricant  produisant  le 
«  droguet  indéchirable,  fabriqué  exclusive- 
«  ment  avec  (es  laines  de  tonte  du  pays,  et 
c  si  justement  apprécié  par  les  con.«omma- 
^  teurs. 

M  Mes  coutils  constituent  également  le 
«  meilleur  article  dans  le  genre  à  l'usage 
a  des  travailleurs,  en  rais(m  de  leurcontex- 
a  ture  spéciale,  qui  permet  d*y  faire  entrer 
c  une  énorme  quantité  de  chaîne  d'une 
«  grande  force,  ce  qui  les  met  dans  l'im* 
<^  possibilité  de  se  rompre. 

tt  Toutes  les  personnes  qui  connaissent 
«  mes  laines  cardées  à  tricoter,  sont  unani- 
<K  mes  à  constater  qu'elles  sont  supérieures 
a  à  toutes  autres,  tant  sous  le  rapport  de  la 
V,  résistance  que  sous  celui  de  la  solidité  des 
a  teintes. 

«  Mes  chaussons,  bas  et  chaussettes,  façon 
«  tricot  sont  aussi  Tobjet  d'une  surveillance 
a  très  active  dans  la  fabrication.  Ils  peu- 
a  vent  donc  être  vendus  en  toute  confiance, 
«car ils  ne  laissent  rien  à  désirer  pour  la 
(C  force,  la  bonne  exécution  et  le  fini  du 
«  travail. 

«  Bien  que  ne  fabriquant  pas  les  laines  pei- 
«  gnées,  je  suis  à  même  de  livrer  en  toutes 
a  nuances  unies  ou  mélangées,  et  à  des  prix 
a  avantageux,  la  qualité  extra-supérieure 
«  quej^emploie  pour  la  fabrication  de  ma 
«  Bonneterie.  » 

Nous  ne  saurions  mieux  caractériser  nous- 
même  les  produits  exposés  par  M.  Magnier. 


300 


Notre  Sociétaire  laisse  à  d'autres  le  soin  de 
varier  la  composition  et  les  dessins  des  tis- 
sus à  reiïet  de  leur  donner  des  aspects  nou- 
veaux et  agréables  àlayue,  au  détriment 
souvent  de  leur  qualité  même. 

Il  ne  s'applique,  pour  sa  part,  qu'à  fabri- 
quer des  articles  solides  et  résistants  h 
Tusage,  les  seuls  qui  conviennent  aux  habi- 
tants des  campagnes  et  qui  ménagent  leur 
bourse,  touten  leur  rendant  pleinement  les 
services  attendus.  Une  telle  fabrication  doit 
se  juger,  non  pas  d'après  l'apparence  rao- 
deste  de  ses  produits,  mais  bien  d'après  la 
réalité  des  qualités  de  durabilitéque  recher^ 
che  avant  tout  la  clientèle  rurale.  A  ce 
point  de  vue,  las  articles  fabriqués  par  M . 
Magnier  se  classent  absolument  en  première 
ligne 

M.  Adrien  Magot,   l'un  des  patrons  et 
l'un  des  organisateurs  les  plus  zélés  de   l'ex- 
position de  Vesoul,  présente  une  collection 
complète  des  limes  de  sa  fabrication ^   limes 
dont  rexcellente  qualité  constante  a   placé 
leur  marque  caractéristique,  formée  du  des- 
sin d'une  colombe,  au  premier  rang  parmi 
les  marques  les  plus  appréciées.  Dans  Tusine 
do  Pont  Archer,    près    Vesoul,    M.  Adrien 
Magot  fabrique  tous  les  genres  de  limes  et 
rApes,  en  toutes  formes  usuelles,  en  toutes 
tailles  et  toutes  dimensions  pour  toutes  in- 
dustries. En  dehors  des  limes  et  râpes  en 
acier  ordinaire,  H.  Magot  produit  les  mêmes 
articles  en  acier  anglais  marque  Conjweror, 
qui  est  d'une  qualité  tout  à  fait  supérieure. 
Ajoutons  que,  sur  demande,  les  limes  sont 
aflfùtées  au  jet  de  sable  sans  plus-value,  cet 
affûtage  ayant  pour  effet  de  donner  plus  de 
mordant  aux  limes,  condition  fort  appréciée 
par  beaucoup  d'industriels.  Nous  n'insiste- 
rons pas  sur  cette  fabrication  de  limes  et  râ- 
pes qui  a  été  maintes  fois  mentionnée  avec 
éloges  dans  notre  Journal,  mais  nous  appel- 
lerons spécialement  l'attention  de  nos  lec- 
teurs intéressés  aux  questions  d'outillage 
pour  le  travail  des  métaux,  sur  les  outils, 
tels  que  burins,  bédanes,  alésoirs,  tranches, 
tarauds,  équarissoirs,  tamponnoi)*^,  crochets 
de  tour  et  mèches  hélicoïdales,  que  M.  Adrien 
Magot  prépare  en  employant  les  aciers  pro- 


^l  EXP081TI0MS 

lilésdela   maison  John   BearJsliavv  et  fils 
deSbeflield. 

HM.  John  Beardshaw  et  fils  ont  très  heu- 
reusement iaiaginé  de  constituer  les  barres 
d'ader  fondu  pour  outils  en  de  certains 
profils  approprié:»  aux  divers  besoins  du 
travail  des  métaux.  L'adoption  de  ces  pro- 
mis permet  de  fabriquer  la  plupart  des  ou- 
tils usuel»,  par  simple  limage  ou  meulage, 
sans  avoir  à  recourir  au  forgeage  qui  trop 
souvent  dénature  les  aciers  travaillés. 
H.  Adrien  Magot  étant  le  concessionnaire  de 
la  vente  des  aciei*s  profilés  de  MM  John 
Beardshaw  et  fils  pour  une  grande  partie  de 
la  France  en  dehors  de  la  région  de  Paris,  a 
complété  l'idée-mère  de  la  création  de  ces 
aciers,  en  s'en  servant  pour  fabriquer  lui- 
méoie  des  outils  préparés  qui  sont  livrés, 
prêts  à  l'usage,  aux  industriels  appelés  à 
s'en  servir. 

Parmi  ces  outils,  les  mèches  hélicoïdales, 
formées  d'une  barre  profilée  en  croix  tor- 
dae  à  chaud,  nous  semblent  appelées  parti- 
calièreroent  au  plus  grand  avenir,  en  rai- 
son de  ce  qu'elles  produisent  autant  de  tra- 
vail que  les  mèches  américaines^  tout  en 
coulant  40  <»/o  meilleur  marché.  M.  Magol 
s'est  mis  en  mesure  de  fournir  les  mèches 
liêliçoldales  en  acier  profilé,  toutes  taillées 
et  trempées,  avec  bout  d'emmanchement 
carré,  dans  les  dimensions  les  plus  usitées 
aa-dessus  de  10  millimètres  de  diamètre.  Il 
n'y  a  pas  de  doute  que  ces  mèches  ne  soient 
appelées  à  remplacer  toutes  autres  dans  les 
ateliers  métallurgiques  lorsqu'elles  auront 
été  essayés  et  appréciées. 

Les  outils  et  mèches  en  acier  profilé  de 
M.  Magot  constituent  un  heureux  complé- 
ment de  sa  fabrication  de  limes  et  râpes  et 
doivent  étendre  sensiblement  le  champ  des 
opérations  industrielles  et  commerciales  de 
notre  Sociétaire. 

Ajoutons  que  la  fabrication  de  M.  Magot 
comprend  aussi  les  scies  plates  et  circulaires 
pt^ur  bois  et  métaux,  les  marteaux  de  diffé- 
rentes formes  pour  diverses  industries,  et 
les  supports  d'outils  de  tours  pour  l'emploi 
<]es  aciers  profilés.  Nous  remarquons  aussi 
^n  modèle  spécial  de  manche  à  pince  en  fer 
l^rni  de  caoutchouc  pour  tenir  une  tranche. 


ET  CONCOURS. 


808 


faite  d'un  simple  morceau  d'une  barre  d'a- 
cier profilé.  L'emploi  de  ce  système  de  tran- 
che est  finalement  plus  économique  que  ce- 
lui du  système  courant  de  tranche  à  oeil 
pour  le  passage  du  manche. 

La  maison  Magot  est  titulaire  de  notre 
médaille  de  T®  classe  depuis  1885.  En  ^a 
qualité  de  Membre  du  Comité  d'organisation 
de  I  Exposition  et  de  Membre  du  Jury, 
M.  Adrien  Magot  se  trouvait  naturellement 
placé  hors  concours  à  Vesoul.  Mais  les  nou- 
veaux développements  de  son  activité  indus- 
trielle doivent  appeler  une  nouvelle  sanc- 
tion de  notre  Comité  des  Récompenses. 

M.  Armand  Mathez,  à  Fontenoy-le-Ghâ- 
teau  (Vosges),  expose  les  diff'érents  types  de 
cuillers  et  fourchettes  de  différentes  formes 
et  dans  des  dimensions  variées,  qu'il  pro- 
duit dans  ujie  manufacture  consacrée  spé- 
cialement à  cette  fabrication.  Le  gros  de 
cette  fabrication  est  constitué  par  des  cou'* 
verts,  cuillers  et  fourchettes,  en  acier  étamé. 
Mais  les  couverts  d'acier  peuvent  être  livrés 
également  nickelés,  argentés  ou  dorés.  De 
même,  la  manufacture  produit  des  couverts 
en  un  métal  blanc,  recouvert  d'argenture 
ou  de  dorure. 

Les  couverts  d'acier  étamés  ont  de  formes 
si  élégantes  et  d'un  fini  d'exécution  si  par^ 
fait  que,  non  seulement  la  France,  mais 
même  l'Angleterre,  la  Belgique,  la  Suisse, 
la  Turquie,  les  pays  d'Orient  et  l'Amérique 
du  Sud  sont  devenus  tributaires  de  la  fabri- 
cation de  M.  Mathez.  Ajoutons  que  l'un  des 
modèles  établis  par  la  maison  a  été  adopté 
comme  modèle-type  par  le  ministère  de  la 
guerre,  et  que  M.  Mathez  a  déjà  dû  fournir 
plus  de  100.000  pièces  de  ce  modèle. 

Remarquons  que  si  la  plus  grande  partie 
des  divers  modèles  sont  unis,  les  modèles 
spéciaux  destinés  aux  pays  musulmans  et 
aux  pays  d'Extréme-Orieut  portent  en  relief 
des  dessins  obtenus  par  estampage,  confor- 
mes aux  modèles  transmis  par  les  commis- 
sionnaires acheteurs. 

Dans  les  conditions  où  elle  est  pratiquée, 
l'industrie  de  M.  Mathez  nous  semble  dou- 
blement inléressanteenceque  non  seulement 
elle  donne  satisfaction  aux  besoins  de  la  cou- 


303 


sommation  intérieure,  mais  encore  qu'elle 
satisfait  aux  demandes  du  dehors,  etqu'ain- 
si  elle  constitue  une  de  ces  industries 
d*exportation  qui  contribuent  directement  à 
Tenrichissement  du  pays. 

H.  Mathez  ayant  été  désigné  pour  faire 
partie  du  Jury  se  trouvait  naturellement 
placé  hors  concours. 

MM.  Mercier  et  C*%  d*Epernay,  les  négo- 
ciants en  vins  de  Champagne  si  connus  du 
monde  entier,  ont  installé  une  estrade 
garnie  des  bouteilles  àétiquettes  différentes, 
dans  lesquelles  leurs  vins  sont  livrés  aux 
consoAimateurs.  Des  vues  photographiques 
des  établissements  et  caves  de  M.  Mercier 
et  Cf^  font  connaître  la  grande  importance 
de  l^ur  commerce  et  la  bonne  installation, 
de  leurs  divers  services  de  manutention  et 
de  traitement  des  vins.  Cette  exposition 
particulière deMM.  Mercier  et  C**suftit  adon- 
ner une  haute  idée  de  retendue  de  leurs  af- 
faires. 

M.  Léon  Parisse,  directeur  d'une  impor- 
tante manufacture  de  tôlerie  à  Larrière, 
près  Val  d'Ajol  (Vosges),  a  installé  un  édi- 
fice original  formé  de  pièces  variées  de  sa 
fabrication,  qui  en  abritaient  d'autres  non 
susceptibles  d'être  incorporées  à  la  cons- 
truction. Nous  voyons  là  quantité  d'articles 
courants  de  tôlerie  et  de  ferblanterie,  tels 
que  :  ustensiles  de  ménage,  mesures  de  ca- 
pacité, godets  de  moulins,  cartons  métalli- 
ques de  bureaux,  seaux,  etc.,  d'une  excel- 
lente confection  et  d'un  fini  parfait.  Mais  il 
y  a  surtout  lieu  de  remarquer  à  titre  de  créa- 
lions  propres  à  la  manufacture  de  M .  Pa- 
risse, différentes  pièces,  telles  que  caisses 
métalliques  pour  bouteilles  de  brasseries  ; 
pots  de  cardes  pour  filatures  avec  fonds 
emboutis  et  fonds  de  bois  à  ressorts  démon- 
tables ;  poulies  pleines  en  tôle  d'acier  pour 
ensouples  de  métiers  à  tisser  et  pour  toutes 
transmissions  de  moyennes  forces  ;  caisses 
à  vaporiser  en  tôle  perforée,  soil  noires, 
soit  étamées  suivant  un  procédé  garantissant 
contre  l'oxydation,  etc.  Tous  ces  articles  dé- 
notent une  fabrication  perfectionnée,  digne 
d'être  considérée  comme  étant  de  tout  pre- 
mier ordre. 


JOURNAL  MBNSDkL  Dl  L^AGADÉMIS  NATIONALB.    <  304 

MM.   Përin  frères,   de  Charleville  (Ar- 


dennesj,  ont  envoyé  divers  spécimens  de 
leurs  produits  en  béton  comprimé,  tels  que 
tuyaux,  conduits  d'aqueducs,  auges,  man- 
geoires, abreuvoirs,  caniveaux, bacs,  carreaux 
pour  murs  économiques,  tablettes  pour 
couvertures  de  murs,  pieux  en  fer  sur  bornes 
en  t>éton  pour  clôtures  ou  construction  de 
murs  minces,  bornes,  dalles  et  pièces  de  re- 
vêtement pour  puits. 

Tous  ces  objets  sont  fabriqués  par 
MM.  Péri n  frères  en  employant  las  chaux 
hydrauliques  et  ciments  de  leurs  propres 
carrières,  dont  les  bonnes  qualités  ont  été 
reconnues  par  les  services  officiels  des  Ponts 
et  Chaussées  et  du  Génie  militaire. 

Les  objets  en  béton  de  MM .  Périn  frères 
sont  insensiblesà l'action  de  la  gelée  et  of- 
frent les  meilleures  garanties  de  durée  et  de 
solidité,  tout  en  étant  d'un  emploi  très  éco- 
nomique. 

Les  pièces  de  revêtement  pourpuitssont 
ingénieusement  combinées  de  manière  à 
permettre  le  creusement  des  puits  dans  des 
terrains  sans  consistance,  en  supprimant 
tout  danger  pour  les  ouvriers.  Parleur  em- 
ploi, on  obtient  dans  des  conditions  très 
économiques  des  puits  à  parois  lisses  pou- 
vant être  entourés  de  matières  filtrantes,  et 
se  trouvant  munis  à  l'intérieur  d'une  échelle 
en  fer  facilitant  la  visite  dès  puits,  le  pla- 
cement des  tuyaux  de  pompes  et  les  répara- 
lions  éventuelles. 

La  création  de  ces  revêtements  de  puits 
est  vraiment  très  ingénieuse  et  très  utile. 

La  maison  Vve  Rogée  et  Monnet, de  Co- 
gnac, est  représentée  à  Vesoul  par  des 
bouteilles  de  l'excellente  eau-de-vie  des 
Cliarentes,  à  différents  degrés  d'ancienneté. 
L'une  de  ces  bouteilles  porte  la  marque  : 
Fine  Champagne  1835.  C'est  dire  que  tous 
les  visiteurs  la  contemplent  avec  un  certain 
respect,  mêlé  pourtant  d'une  soupirante 
concupiscence. 

M.  Tisserand,  i'd  Jacobns  aîné,  à  Port- 
surSaône  (Haute-Saône),  occupe  Tun  des 
emplacements  individuels  les  plus  vastes  de 
l'exposition  de  Ve>oul.  Sur  cet  emplace- 


906 


EXPOSITIONS  ST  CONCOURS, 


306 


toent  se  trouvenl  groupés  et  arrangés  avec 
méthode  et  bon  goût  des  balances,  des  ro- 
maines, des  bascules,  des  poids  en  cuivre  et 
fn  fonte,  des  mesures  de  capacité  en  fer- 
blanc,  des  cabrouets,  des  diables,  des 
brooelles,  des  crics,  des  presse-jus,  des  voi- 
tures pour  enfants,  des  presses  à  copier  et 
des  meuies  à  auges  de  bois  et  de  fonte.  Dans 
bjtrdins,  se  trouve  installé  un  pont-bas- 
cule puissant,  pour  la  pesée  des  lourdes 
voitures  toutes  chargées  et  toutes  attelées. 

On  voit  que  la  fabrication  de  M.  Tisse- 
nnd  est  aussi  variée  qu'étendue,  et  qu'elle 
embrasse  la  préparation  d'objets  qui,  d*ha- 
bitode,ront  l'objet  d'industries  spéciales  dif- 
férentes. Mais,  malgré  son  caractère  géné- 
ral, cette  fabrication  n'en  est  pas  moins  fort 
soignée  dans  tous  ses  détails,  et,  qu'il  s'a- 
gisse des  instruments  de  pesage  ou  du  petit 
matériel  de  transport,  des  presses  à  copier 
00  des  meules  à  aiguiser,  tous  les  objets  sor- 
tant des  ateliers  de  M.  Tisserand  peuvent 
aisément  soutenir  la  comparaison  avec  ceux 
•joi  portent  la  marque  des  meilleurs  fabri- 
cants spéciaux. 

Depuis  1886,  M.  Tisserand  est  titulaire  de 
h  médaille  de  2*  classe  de  notre  Société.  En 
présence  du  témoignage  d^activité  et  de  dé- 
veloppement industriel  que  fournit  sa  belle 
participation  à  Texposition  de  Vesoul,  il  y  a 
l'en  d'estimer  qu'une  plus  haute  récom- 
pense est  largement  méritée. 

M.WiLLiOT  FILS,  à  Poix  du  Nord  (Nord),  a 
eiposé  des  paquets  des  différentes  qualités 
de  chicorée  qu'il  prépare  et  met  en  vente 
soQs  différentes  marques,  correspondant  à 
différentes  qualités.  La  mai.son  Villiot  est 
l'une  des  plus  anciennes  fabriques  de  chi- 
corée delà  région  du  nord,  et  elle  a  succès- 
sifement  gagné  les  plus  hautes  récompenses 
honoriflques  par  son  importance  industrielle. 

Récompenses  obtenues  par  nos  Socié- 
taires à  l'Exposition  industrielle  de 
Vetoul. 

Noire  compte-rendu  de  l'Exposition  de 
Vesool  était  achevé  quand  nous  avons  eu 
connaissance  du  Palmarès  officiel  de  cette 
eiposition. 


La  consultation  de  ce  Palmarès  nous  a 
fait  reconnaître  les  récompenses  suivantes 
accordées  aux  membres  de  notre  Société.     . 

Diplômes  d'honneur  avec  mention 
Hors  Concours. 

MM.  Dechambknoit  et  Cie,  à  lia  Pipée  (Vos- 
ges). 

Magot  (Adrien),  à  Vesoul. 

Mathez,  à  Fonlenoy-le-Chateau  (Vos- 
ges). 

Gun.LABEBT  frères,  à  Seillans  (Var).. 

Lapasset,  à  Perpignan. 

Mercier  et  Cie,  à  Epernay. 

Parisse  (Léon), à  Larrière  (Vosges). 

Veuve  Rogée  et  Monnet,  à  Cognac. 

Charlent(J.),  à  Gembloux  (Belgique). 

Williot  fils,  à  Poix  (Nord). 

Nous  avouons  ne  pas  très  bien  compren* 
dre  comment  le  jury  a  pu  concilier  le  fait 
de  l'attribution  d'un  Diplôme  d'Honneur 
avec  la  concession  antérieure  de  la  mention 
Hors  Concours,  Mais  nous  avons  transcrit 
purement  et  simplement  les  indications  du 
Palmarès  officiel. 

Diplôme  d'Honneur. 

.M.  Tisserand,  dit  Jagobos  aîné,  à  Port-sur- 
Saôno. 

Médailles  d'Or. 

MM.  DoRNiER-TuLLBR,  à  Pofltarlier. 
Ferry  (Ch.),  à  Veioul. 
Magnier  aîné,  à  Rosoy  (Haute-Marne)* 
Périn  frères,  à  Charleville. 

Médaille  de  Vermeil. 

M.  Chambon,  à  Saint-Céré  (Lot). 


EXPOSITION   RÉGIONALE    DE  BOURGES 

I/Exposition  régionale  que  la  municipa- 
lité de  Bourges  a  ouverte  à  la  date  du  15 
Mai,  a,  somme  toute,  été  très  réussie.  L'in- 
dustrie, le  commerce,  renseignement,  et  les 
beaux-arts,  y  ont  été  représentés.  D'ailleurs, 
le  coquet  agencement  du  Palais  de  TExposi- 
tion  dans  les  nouveaux  bâtiments  de  laHalle 


307 


JOURNAL  MENSUEL  DB  î/ûCADimiE  NATIONALE. 


308 


était  bien  fait  pour  flatter  les  yetixdu  visiteur. 
Ces  vastes  bâtiments,  divisés  en  3  grandes 
galeries  parallèle  cou  vertesde  drapeaux,  leur 
grande  entrée  donnant  sur  une  des  plus 
belles  places  de  la  ville,  les  massifs  de  fleurs 
qui  les  entoure,  puis,  derrière  les  galeries, 
le  parc  où  Ton  peut  librement  respirer  le 
frais,  tout  cela  a  un  air  de  fête  chatoyant 
et  grandiose  qui  dès  l'abord  gagne  tous  les 
suffrages.  Pourtant  Texposition  de  Bourges 
n'a  pas  entièrement  répondu,  au  point  de 
vue  du  mouvement  et  de  Timportance,  à 
Tattente  générale.  Faut-il  s'en  prendre  à  un 
manque  de  diligence  ou  d*habileté  de  la 
part  des  organisateurs  ?  Nous  ne  le  croyons 
pas,  la  véritable  cause  semble  être  la  crise 
malheureuse  que  traverse  depuis  trop  long- 
temps le  petit  commerce  et  la  petite  indus- 
trie. 

.  Quoi  qu'il  en  soit,  nous  devons  constater 
qu'exposants  aussi  bien  qu'organisateurs, 
tous  ont  rivalisé  d'eflbrts  pour  offrir  aux 
regards  des  visiteurs  une  exposition  aussi 
intéressante  que  possible.  Malheureuse- 
n^ent,  de  nos  nombreux  Sociétaires  établis 
duns  la  région,  très  peu  avaient  répondu  à 
rappel  du  Comité  d'organisation. 

Nous  avons  du  moins  retrouvé,  avec  plai- 
sir, parmi  les  groupes  industriels,  la  magni- 
fique exposition  de  MM.  Brouhot  et  Cie,  de 
Vierzon.  La  grande  renommée  des  moteurs 
de  cette  maison  et  de  ses  machines  s'expli- 
que par  la  grande  activité  de  ses  adminis- 
trateurs et  leur  recherche  constante  de  tout 
ce  qui  peut  être  un  progrès,  une  améliora- 
tion, soit  dans  la  marche  générale  des  ma- 
chines ou  dans  un  détail  quelconque  de 
leur  construction.  Aussi  cette  maison  ne 
recule- t-el le  devant  aucun  sacriflce  et  la 
retrouvons-nous  dans  toutes  les  expositions 
et  toujours  en  tête  de  la  liste  des  lauréats. 

  l'Exposition  industrielle  de  Bourges, 
MM.  Brouhot  et  Cie  exposaient  : 

1°  Un  moteur  de  5  chevaux  à  l'huile  de 
schiste,  ne  consommant  pas  plus  de  1/2 
litre  par  cheval  et  par  heure.  Sa  construc- 
tion est  simple  et  robuste.  Il  ne  craint  pas 
la  poussière,  marche  sans  feu,  ni  chalu- 
luroeau,  par  suite  sans  aucun  risque  d'in- 


cendie :  ce  qui  le  recommande  spécia- 
lement pour  la  conduite  des  batteuses, 
instruments  d'intérieur  de  ferme,  scierie, 
etc.  Sa  grande  régularité  le  fait  rechercher 
pour  la  production  de  la  lumière  électri- 
que, une  autre  qualité  très  appréciable  pour 
les  exploitations  agricoles,  c'est  que  ce  mo- 
teur, comme  la  plupart  de  ceux  de  la  mai- 
son Brouhot  et  Cie,  se  construit  également 
fixe  et  monté  sur  socle  et  constitue  alors 
une  excellente  machina  locomobile,  qui 
forcément  rencontre  la  plus  grande  faveur 
parmi  les  agriculteurs. 

2^  Un  moteur  à  l'huile  de  pétrole  ordi- 
naire. 

30  Un  moteur  à  gaz  de  1  cheval,  qui,  par 
sa  construction  simple^  sa  grande  facilité 
de  conduite,  s'applique  à  toutes  les  indus- 
tries en  général,  ainsi  qu'à  l'éclairage  élec- 
trique, sa  granderëgularité  de  marche  don- 
nant une  intensité  constante.  Â  ce  sujet,  je 
rappellerai,  en  passant,  que  les  plus  graii- 
des  maisons  qui  exposaient  à  Bourges 
s'étaient  adressées  à  la  maison  Brouhot  et 
Cie  pour  la  production  de  leur  éclairage  à 
la  lumière  électrique. 

40  Une  pompe  horizontale  à  2  corps. 

Dans  la  Galerie  des  Beaux-Arts  nous 
avons  retrouvé,  de  M.  Florence,  peintre- 
verrier,  à  Tours,  un  beau  vitrail  que  nous 
avions  déjà  admiré  il  y  a3  ans,  à  Texposi- 
sition  de  Lyon. 

Nous  rapportons  ici  ce  que  nous  en  avous 
dit  alors  : 

€  M.  Florence,  à  Tours,  nous  montre 
«  un  vitrail  religieux  d'une  belle  composi- 
tf  tion,  d'une  grande  richesse  de  coloris  et 
«  d'une  parfaite  exécution  de  mise  en  plomb. 
a  La  pièce  exposée  par  notre  collègue  dé- 
«  montre  que  l'art  du  peintre  verrier  peut^ 
ft  fleurir  aussi  brillamment  en  province  qu'à 
«  Paris,  et  que  même,  dans  ses  manifesta- 
«  tions  de  caractère  religieux,  cet  art  ren- 
«  contre  dans  certaines  villes  des  départe- 
«  ments,  des  sources  d'aspirations  plus  vivi- 
«  fiantes  que  cellesque  peutoffrir la  capitale, 
«  par  suite,  sans  doute,  d'une  plus  grande 
«  intensité  de  foi  ambiante. Cette  pièce  cons- 
«lituele  vitrage  d'une  grande  fenêtre    à 


309  mousTtiiB. 

sommet  ogival.  Elle  représente  Jeanne 
d'Arc,rhumbie  bergère  de  Domrémy  écou- 
tant ses  voix,  Tarchange  saint  Michel, 
sainte  Catherine  et  sainte  Marguerite. 
Lune  des  saintes  lui  présente  un  étendard 
fledrdelisé,  et  l'autre  une  épée.  Les  mou- 
lons et  le  chien  de  la  bergère  sont  au 
premier  clan  du  tableau.  Dans  le  fond, 
lineendie  d'une  ville  en  flammes  évoque 
l'image  de  la  guerre  qui  désole  la  plus 
grande  partie  du  pays,  pendant  que  le 
groupe  d*un  laboureur  et  de  son  attelage 
placé  plus  près  de  Jeanne,  démontre 
qu'elle  se  trouve  elle-même  duns  un 
milieu  plus  paisible,  et  qu'il  faut  Tardent 
encouragement  de  ses  voix  pour  Turra- 
ch<!r  à  ses  occupations  tranquilles.  Ce 
vitrage,  si  véritablement  émouvant  dans 
sa  conception  et  son  ordonnance,  est  une 
œuvre  artistique  du  plus  grand  mérite.  » 
Nfms  avons  revu  ce  vitrail,  qui  a  valu    à 


310 


son  auteur  la  médaille  d  orde  notre  Société^ 
avec  une  grande  satisfaction  ;  mais  nous 
demeurons  étonnés  qu'il  n'ait  pas  eneore 
trouvé  une  destination  délinitlve. 

Quoique  n'ayant  pas  pris  une  part  directe 
à  l'Exposition  de  Bourges,  nos  sociétaires 
MM.  ViEiLLEMARD  ET  FiLs^imprimeurs-  litho- 
graphes, ont  trouvé  dans  cette  exposition 
l'occasion  de  mettre  en  relief  la  perfection 
de  leurs  travaux  d'impression  lithographi- 
que, car  la  couverture  en  couleurs  du  cata* 
logue  de  l'exposition, couverturequi  montre 
en  première  ligne  une  avenante  moisson- 
neuse berrichonne,  se  détachant  au  milieu 
de  vues  de  la  ville  de  Bourges,  du  palais  de 
l'Exposition  et  du  palais  de  Jacques  Cœur, 
est  sortie  des  presses  de  la  maison  Vieille- 
mard.  L'éditeur  du  catalogue  n'aurait  certes 
pu  trouver  ailleurs  une  impression  plus 
soignée  et  une  composition  plus  réussie. 


INDUSTRIE 


PROJET  DE  CREATION 

d'un  chemin  de  fer  à  Vole  étroite 

reliant  les  villes  d'AtPNACH,  Stans  et  Altorf 
et  longeant  la  rive  méridionale  du  lac 
des  Quatre-Cantons 

Par  M.  LtissY,  ingénieur 
à  Brienz  (Suisse). 

Inde  nos  nouveaux  membres,  M.  Emile 
Lussv,  ingénieur  des  arts  et  manufactures, 
^depuis  quelque  temps  établi  en  Suisse, 
où  il  s'est  créé  une  sorte  de  spécialité  com- 
Die  ingénieur  civil  et  constructeur  de  voies 
lerrée^à  voie  normale,  ou  étroite,  à  cré- 
maillère, etc.  Les  travaux  qui  sont  déjà 
^soD  actif  sont,  entre  autres,  la  ligne  à 
^ie  normale  de  Spiez-Erienbach,  la  ligne 
î  crémaillère  de  Glion-Rochers  de  Naye. 

Actoellement  M.  Lussy  a  étudié  et  va 
if^  prochainement  exécuter,  nous  Tespé- 
^8,  une  ligne  à  voie  étroite  (1  m.)  de 
Alpnach-Stans-Altorf.  M.  Lussy   nous  fait 


parvenir  un  mémoire  sur  Texposé  général 
de  la  marche  de  la  question  depuis  le  dépôt 
de  la  demande  de  concession  auprès  des 
autorités  fédérales,  jusqu'à  ce  Jour,  avec  ud 
résumé  complet  de  toutes  les  études  laites 
en  vue  de  l'exécution  de  cette  ligne,  étu- 
des de  rendement,  études  techniques  et 
élaboration  d'un  projet  financier. 

Nous  ne  saurions,  on  le  conçoit,  faire 
uue  étude  absolument  détaillée  de  ce  mé- 
moire. Il  est  en  effet  à  la  fois  si  judicieuse- 
ment et  si  sommairement  établi  que  l'ana* 
lyser  serait  l'insérer  en  entier.  B'ailleurs, 
pour  le  cadre  de  notre  publication  il  nous 
semble  que  les  parties  générales  sont  sur- 
tout intéressantes,  savoir  ce  qui  a  trait  di- 
rectement à  l'utilité  du  tronçon  à  construire 
et,  indirectement,  par  ce  temps  de  tourisme 
au  charme  pittoresque  que  la  ligne  elle- 
même  peut  présenter.  Quant  au  bon  choix 
du  tracé,  il  faut  s'en  rapporter^  à  cet  égard, 
à  M.  Lussy  qui,  n'en  étant  pas  à  son  coup 


311 


JODENAL    mOfSDKL  Dl  L'aCADÉMIB  NATIONALB. 


312 


d'essai,  a  très  certainement  étudié  la  ques- 
tion d'assez  près  pour  que  nous  n'ayons 
aucune  critique  à  présenter.  Quelques  dé- 
tails techniques  et  financiers  ne  seront 
néanmoins  pas  sans  intérêt  ;  nous  en  don- 
nerons quelques-unes. 
,  Et  d'abord  M.  Lussy  présente  la  ques- 
tion d'utilité  comme  suit  : 

•  Depuis  des  annnées  déjà,  Tidée  de  relier 
LucerDe  à  Altdorf,  en  suivant  la  rive  (gauche 
du  lac  des  IV  Gantons»  avait  été  caressée  par 
des  grens  nombreux  et  compétents,  et  princi- 
palement par  des  Nindaldiens  et  des  Obna- 
diens,  désireux  de  voir  leur  patrie  en  commu< 
nication  directe  avec  les    (^rrands  centres . 

Le  pays,  en  effet,  est  riche  en  carrières  four- 
nissant une  excellente  pierre  pour  la  fabrica- 
tion de  la  cbaux  et  du  ciment  ;  les  montaf^nes, 
peuplées  d'arbres  à  bois  dur  d'une  inflnie  va- 
riété, se  prêtent  excellemment  à  l'établisse- 
ment de  centres  industriels  ayant  ces  bois  pour 
matière  première  ;  les  vallées,  sillonnées  cha- 
que été  par  des  touristes  toujours  plus  nom- 
breux à  mesure  que  les  voies  de  communica- 
tion s'améliorent,  possèdent  comme  force  mo- 
trice puissante  et  facilement  utilisable  l'eau 
de  torrents  rapides  et  nombreux. 

Enfln,  l'industrie  laitière,  la  véritable  ri- 
chesse du  pays,  laquelle  donne  lieu  à  une  ex- 
portation considérable  de  beurre  et  de  froma- 
ge, n'attend  que  des  moyens  de  communication 
nouveaux  pour  prendre  un  nouvel  essor. 

11  en  est  de  môme  pour  la  meunerie  et  Tin - 
dustrieetla  soie,  particulièrement  développée 
à  Buochs. 

Bref  le  canton  de  Nidwald  renferme  tous 
les  éléments  nécessaires  a  faire  vivre  une  ligne 
de  chemin  de  fer  aujourd'hui  plus  que  Jamais, 
depuis  que  le  tunnel  du  Saint-Gothard  est  venu 
faire  de  la  gare  de  Lucerne  un  centre  de  pre- 
mier ordre  pour  le  transit  international,  et 
que  le  Brûnig  ajoute  encore  un  élément  d'ac- 
tivité à  ce  pays  si  fréquenté. 

Aussi,  ridée  logique  nous  est>elle  venue  de 
raccorder  d'abord  le  Brûnig  au  Gotha rd  en 
réalisant  le  vœu  si  ardemment  désiré  des  po- 
pulations Nidwaldienneset  Lucernoises,  c'est- 
à-dire  de  construire  la  ligne  AIpnach-AItorf  ; 
ensuite  de  voir  s'établir  ce  grand  courant  d'é- 
trangers qui^  partis  du  lac  Léman,  de  Thoune  et 
dé  tout  VOberland,  viendront  peupler  la  riche 
vallée  de  Stans. 

Il  résulte  de  ce  qui  précède,  que,  logique- 
ment, s'est  présentée  l'Idée  de  relier  la  ligne 
directement  au  chemin  de  fer  du  Brûnig  par 
Alpnachstad  ;  de  se  faire  un  auxiliaire  de  cette 
ligne  si  fréquentée  ;  de  cette  façon,  les  deux 
demi-cantons,  dont  les  intérêts  mitoyens  sont 
nombreux,  auront  entre  eux  un  lien  facile,  et, 
tous  deux  se  trouveront  dans  des  conditions 
de  communications  exceptionnelles  avec  le 
canton  de  Lucerne  et  celui  d'Uri  et  avec  l'O- 
berland  bernois. 

Il  faut,  en  eflet,  attirer  son  attention  sur  ce 


taiiqu*aucune  route  ne  permet  de  communiquer  de 
Nidwald  en  Uri  ;  la  route  de  Stansstad-Stans 
s'arrête  à  Beckenried.ei  Je  là,  aucune  voie  car- 
rossable ne  permet  d'atteindre  Fluelen  ;  il  y  a 
bien  un  excellent  chemin  de  montagne  par 
Schoenegg  et  Eunnetten  ûéhoncXidJiikSeelisberg  ; 
mais  là  s'arrête  ce  chemin  ;  ce  qui  précède 
montre  clairement  l'importance  qu'il  y  a  d'éta- 
blir une  communication  directe  entre  Becken- 
rled  et  Fluelen.  qui  puisse  être  utilisée  en 
toute  saison  ;  et  aujourd'hui  que  les  chemins 
de  fer  à  voie  étroite  ont  fait  leurs  preuves. 
non  seulement  en  Suisse,  mais  un  peu  par- 
tout en  Enrope,  11  ne  saurait  y  avoir  d*hésita- 
tlons  dans  le  cas  qui  nous  occupe  :  an  lieu  de 
construire  un»  route  coûteuse  et  peu  indis- 
pensable entre  Beckenried  et  Islelen,  bien 
mieux  vaut  établir,  do  suite,  une  vole  ferrée 
économique  reliant,  non  seulement  les  extré- 
mité desdeux  cantons  de  Nidwald  et  d'Ob>vald 
entre  elles,  mais  encore  les  mettant  en  com- 
munication directe,  par  contact  avec  le  Gothard 
etle  BrOnlg,  avec  tout  le  réseau  des  chennins 
de  fer  suisses. 

Ainsi  se  trouveront  en  communication  direc- 
te avec  les  grands  centres  industriels  de  Suis- 
se et  d'Europe  des  pays  Jeunes,  pleines  de  bon- 
ne volonté  et  ayant  tout  en  mains  pour  devenir 
encore  plus  prospères. 

Et  pour  cela  un  chemin  de  fer  est  nécessaire, 
à  condition  qu'il  soit  économique. 

Au  point  de  vue  stratégique  militaire,  cette 
ligne,  Alpnachstad-Stam-Altorf  aurait  une 
grande  Importance. 

En  elTet,  chacun  sait  que  les  chemins  de  fer 
à  vole  étroite  (de  mètre)  ont  pris  un  grand  dé- 
veloppement en  France,  particulièrement  dans 
le  Nord  etle  centre  vers  l'Ouest. 

Pourtant,  ces  réglons  ne  comprennent  ni 
hautes  collines,  ni  vallées  étroites,  mais  cons- 
tituent, au  contraire,  d'immenses  plateaux  où 
les  grandes  lignes  ferrées  ont  des  alig^ne- 
ments  droits  atteignant  plusieurs  kilomètres  de 
longueur. 

Eh  bien,  dans  ces  pays  plats,  on  a  trouvé  que 
le  rêle  à  Jouer,  au  point  de  vue  économique 
général,  par  les  chemins  de  fer  à  voie  étroite, 
était  Immense  et  grandement  utile  ;  et  le  grand 
Etat-major  général  lui-même  les  utilise  abso- 
lument en  vue  de  la  mobilisation  des  troupes, 
en  temps  de  guerre. 

Hommes,  chevaux,  matériel  d'Intendance, 
matériel  de  guerre,  tout  est  transportable  par 
chemins  de  fer  à  vole  étroite,  absolument  dans 
les  mêmes  conditions  que  par  chemin  de  fer  à 
vole  normale. 

Ce  qui  est  admis  en  France  peut  l'être  ii  for- 
tiori en  Sut.>se,  et  la  ligne  Alpnachstad-Stans- 
Altorf  prendra  un  caractère  Important  au  point 
de  vue  stratégique,  car  elle  permettrait  de 
transporter  rapidement  et  sûrement,  par  gros 
paquets,  troupes  et  matériel  de  combat  du 
fond  de  TOberland  bernois  au  pied  du  Gothard . 

C'est  un  point  de  vue  qui  a  son  importance . 

Dans  un  autre  ordre  d'idées,  la  ligne  Al- 
torf  met  en  communication  entre  elles  plu- 
sieurs lignes  de  montagnes  en  pleine  activité 
d'exploitation  ;  sans  parler  de  la  ligne  Stans- 


313 


INDUSTRIE. 


314 


Engelherg,  concédée,  qui  se  fera  ppochainement, 
DOQS avons  :  le  chemin  de  fer  du  Stanserhorn^le 
chemin  de  fer  du  Pilaie,  connu  universellement  ; 
celai  du  Burgenstock,  entre  lesquels  la  ligne 
Alpnach-Âltorf  jouera  le  rôle  de  trait  d'union. 

Qnand  on  ajoute  que  la  ligne  Alpnach-Altorf 
relie,  sur  ses  40  km.  de  parcours,  et  dans  les 
trois  cantons  intéressés,  des  populations  attei- 
gnant 50,000  âmes  et  que  40  %  de  cette  popula- 
tion sont  desservis  directement,  on  voit  immé- 
diatement Tintért^t  puissant  qui  se  rattache  à 
l'exécution  de  cette  ligne. 

La  ligne  Alpnach-Altorf,  telle  qu'elle  est  pré- 
Tue,  forme  l'un  des  bouts  du  grand  réseau  Cen- 
tral Suisse. 

La  ligne  Spiez-Erlenbach  (premier  tronçon 
de  la  ligne  projetée  du  Simmenthal,de  la  Gru- 
yère et  delaVeveyse),  financée  complètement, 
et  dont  les  travaux  sont  commencés,  la  ligne 
Ûrienz-Interlaken,  dont  l'exécution  est  assurée» 
formeront  avec  la  ligne  Alpnach-Altorf  un 
mojren  de  grande  communication  entre  le  lac- 
Léman  et  les  riches  contrées  de  l'Oberland,  le 
lac  de  Lucerne  et  le  pays  d'Uri. 

Celte  ligne  Alpnach-Altorf,  tout  en  rendant 
d'énormes  services  aux  populations  des  con- 
trées traversées,  deviendra  une  ligne  de  tou- 
ristes de  premier  ordre. 

Elle  est  donc  destinée  à  un  avenir  prospère. 

La  rive  gauche  du  lac  des  IV  Gantons,  aussi 
pitoresque,  sinon  plus  que  la  rive  droite,  esi 
appelée  à  bénéficier  largement  de  rétablisse- 
ment de  cette  ligne. 

La  rive  vallée  de  Stans,  en  particulier,  l'un 
des  plus  beaux  vergors  qu'il  soit  possible  d'i- 
maginer, avec  ses  belles  montagnes,  ses  val- 
lées latérales  si  pitoresques,  sa  végétation 
luxuriante,  verra  certainement  s'accroître  dans 
des  proportions  énormes  le  nombre  des  touris- 
tes venant  se  retremper  au  sein  de  sa  belle 
nature. 

On  peut  dire  de  cette  région  qu'elle  est  quasi 
nerge. 

Aussi  une  vole  ferrée  ne  peut-elle  que  profi- 
ter largement  de  l'accroissement  certain  que 
prendra  la  région  desservie. 

A  lire  ces  lignes  il  est  bien  facile  de  con- 
clore  que  le  projet  présenté  par  M.  Lussy 
rendra  de  sérieux  services  à  une  région 
intéressante  pour  ses  industries  multiples. 
Lec6té  pittoresque  n*était  pas  à  négliger 
complètement,  en  Suisse  surtout  :  M.  Lus- 
sy s'en  est  aussi  préoccupé,  comme  il  le 
«lit  lui-même  : 

Mais  nous  nous  sommes  encore  préoccupé 
du  côté  pittoresque,  qui  a,  à  nos  yeux,  et  très 
Jastement,  croyons-nous,une  importance  nota- 
ble. 

Notre  ligne  sera  surtout  alimentée  par  des 
▼oyageurs  étrangers  aux  cantons  traversés  ; 
>assi,  sommes*nous  tenus  à  faire  en  sorte  que 
^  panorama  offert  à  leurs  yeux  soit  le  plus 
pandiose  possible,  sans  pour  cela  contrarier 


les  lois  de  la  technique  rigoureuse  ou  de  l'éco- 
nomie intelligente  et  productive. 

Pour  en  faire  juges  les  autorités  compéten- 
tes auxquelles  nous  avons  eu  l'honneur  de 
soumettre  notre  demande  de  concession,  nous 
avons  lait  défiler  devant  leurs  yeux  tous  les 
points  de  vues  admirables  que  l'on  rencontre 
en  suivant  notre  tracé. 

Partant  d'Alpnach,  le  voyageur  verra  la  val- 
lée d'Obwald,  en  enfilade,  avec  ses  riants  villa- 
lages  ;  une  partie  de$  Alpes  Bernoises^  le  Wet- 
terhorn,  la  Jungjrau,  h  Pilate  s'offrent  à  sa  vue  ; 
depuis  Alpnach  on  volt  aussi  le  Righi  ;  puis, 
longeant  la  côte  escarpée  du  Rot:(ber^,  en  en- 
trant dans  la  riante  vallée  de  Stans,  échappée 
sur  le  lac  des  IV  Gantons  ;  vue  du  Stanserhàm, 
du  Burgenstôckf  du  Bnsen,  derrière  lequel  S'a- 
perçoivent les  Wallenstilcke  ;  échappée  sur  la 
célèbre  vallée  d'Engelberg,  la  Reissend  Nollen,  par- 
tie du  majestueux  Tillis,  les  Wendestôcke  dont 
les  pics  sont  presque  inaccessibles  ;  on  passe 
ensuite  au  pied  du  Buochserhom  et  on  atteint 
Buochs, 

Là  le  lac  offre  au  voyageur  un  panorama 
grandiose.  Les  Mythen,  le  Righi,  la  Hochfluth, 
la  Frohnalp^  le  Dieppen^  le  Rophagen,  le  Rosstock, 
le  Katserstock,  etc.,  etc.,  c'est-à-dire  toute  la 
chaîne  des  Alpes  Schwysoises  et  une  partie  des 
Alpes  du  Canton  d'Uri  défilent  sous  ses  yeux. 

On  aperçoit  môme  la  croupe  blanche  du  Glàr- 
nisch,  cime  dominant  Glarus. 

A  partir  de  Beckenried,  la  rive  droite  du  lac 
se  présente  sous  des  aspects  superbes,  et  ce 
panorama  se  soutient  jusqu'à  l'entrée  du  tunnel 
de  Seelisberg  ;  alors  vient  la  côte  pittoresque 
du  lac  d'Uri  avec  VAxenstrasse,  VAxenstein^ 
l  AxenfelSy  plus  bas  la  Tellsplatte,  etc.,  etc. 

A  l'extrémité  du  lac,on  a  une  vue  splendlde 
sur  le  Reussthal,  sur  le  Faulen,  les  Wingàllen, 
le  Bristentock,  etc.,  etc. 

Ce  résumé  rapide  montre  que  nous  nous 
sommes  attaché  à  rendre  le  trajet  Alpanach- 
Altorf  intéressant  à  tous  égards. 

Voici  donc  la  ligne  posée.  —  Le  tracé  gé- 
néral  en  a  été  établi  en  tenant  compte  des 
données  de  rexpérience  au  point  de  vue 
des  pentes,  rampes  et  courbes  à  admettre, 
tant  au  point  de  vue  aussi  du  minimonii  de 
dépenses  tout  en  ouvrages  d'art  (tunnels 
ponts,  raiirs,  etc.)  qu'au  point  de  vue  des  in- 
demnités à  payer  plus  ou  moins  fortes  sui- 
vant la  valeur    des  terrains  (  prairies,  et 
champs  traversés),  et  même  pour  satisfaire 
au  mieux  cette  dernière  condition,  M.  Lussy 
a-t-il  modifié  (et  modifiera-t-il  si  besoin  est} 
dans  la  limite  du  possible  un  tracé,  simple 
à  vrai  dire,  mais  dont  l'étude  dans  ses  dé- 
tails   n'est  pas   sans  offrir  des  difficultés 
réelles.  Malgré  toutes  les  conditions  diver- 
ses   imposées  par  la  région   traversée,  les 
courbes  de  rayons  inférieur  à  200"  n'attei- 


315  JOOHNAL  MENSUEL  DE 

gncnt  que  les  17%  de  la  longueur  de  la  ligne 
et  en  même  temps  les  déclivités  entre 
15Vooei20Voo  ne  dépassent  pas,  propor- 
tionnellement à  la  longueur  totale,  les  26%. 
»  Il  est  bon  de  remarquer  qu^avec  la  voie 
étroite,  les  courbes  de  500"  équivalent,  au 
point  de  vue  de  la  résistance  à  la  traction, 
aux  alignements  droits  dans  la  voie  norma- 
le et  que  les  déclivités  les  plus  fortes  sont 
presque  toujours  combinées  avec  des  aligne- 
ments droits  ou  des  courbes  de  500™  et 
plus. 

La  voie  doit  être  constituée  par  des  rails 
Vignole  soigneusement  eclissés,  posés  sur 
traverses  métalliques,  assurées  dans  un 
ballast  excellent,  trouvé  sur  les  lieux  mêmes 
au  cours  des  travaux  mômes  de  la  construc- 
tion. 

Neuf  stations  sont  réparties  sur  la  lon- 
gueur totale  de  la  ligue  :  chaque  gare  est 
construite  sur  un  type  unique,  simple,  peu 
coûteux,  d'un  modèle  courant  dans  la  ré- 
gion. Le  service  y  est  assuré  par  le  minimum 
de  voies  nécessaire  et  protégé  parun  ensem- 
ble de  signaux  judicieusement  choisi  et  dis- 
posé. 

Le  matériel  roulant  se  composera  de  : 

3  machines  ; 

3  fourgons  ; 
15  voitures  de  voyageurs. 

30  fourgons  divers  à  marchandises^  sufli* 
sant  à  assurer  le  service  de  8  à  10  trains 
par  jour  dans  chaque  sens,  mettant  environ 
de  1  h.  34  à  1  h.  25  pour  faire  le  trajet  to- 
tal (de 42  kilom.). 

M.  Lussy  estime  que  celte  ligne  de  42 
kilom.  coûtera  7.425. COOfr.  de  construc- 
tion. 

Les  dépenses  d'exploitation  sont  évaluées 
à  5.200  fr.  par  kilom.  Les  recettes  d'ex- 
ploitation i^oni  évaluées,  d'autre  part,  ù 
14.000fr.  par  kilomètre. 

11  en  résulte  un  excédent  de  recettes  par 
kilomètre  de  ligne  de  8.800  Ir.  et  pour  la 
ligne  entière  de  :  8.800X  42  =  309. 000  fr. 

Les  prévisions  de  recettes  semblent  éta- 
blies d'une  façon  très  prudente  et  Ton  ne  peut 
que  souhaiter  prompte  exécution,  bon  et 
plein  de  succès  à  la  ligne  dont  M .  Lussy  a 
établi  le  tracé  et  les  conditions  générales 


t^ACADBIIIB  NATIONALE. 


316 


d'exécution.  —  Un  rapport  de  M.  John  E. 
Brustlein,  ingénieur^  ancien  directeur  de  la 
Birsig  Thalbahn,  directeur  de  laThemersee- 
bahn,  rapport  joint  au  dossier  qui  nous  a  été 
envoyé,  conclut  ainsi,  après  avoir  approuvé , 
d'autre  part,  les  différentes  parties  techni- 
ques du  projet: 

«Nous  pouvons  constater  que  l'excédent  des 
recettes  sur  les  dépenses  permettra,  comme 
l'indique  le  rapport,  un  rendement  qu'on  est 
en  droit  d'attendre  d'uneentreprise  industrielle, 
établie,  comme  celle  qui  nous  occupe,  en  de 
bonnes  conditions  flnancières.  » 

Nous  ne  saurions  finir  sur  de  meilleures 
paroles. 


LA  HOUILLE 


Un  journal  belge  propose  que  Ton  célè- 
bre, celte  année,  le  sept  centième  anniver- 
saire de  la  houille.  C'est  en  effet,  en  1197, 
il  y  a  actuellement  sept  centi  ans,  qu*un 
forgeron  habitant  rue  de  Choque,  ù  Liège, 
trouva,  vers  Publémont,  une  sorte  déterre 
noire  dont  il  eut  l'idée  de  se  servir  comme 
combustible,  le  bois  et  le  charbon  étant  très 
chers  h  ce  moment.  Cette  terre  noire  était 
delà  houille.  «  Mais, lapporle  Jean  de  Preis, 
Tauteur  du  Myreur  des  Histors,  la  décou- 
verte de  la  noire  veine  s'étant  ébruitée, 
chacun  prit  de  cette  terre  pendant  deux  ou 
trois  ans,  jusqu'à  ce  que  les  bourgeois  à  qui 
appartenait  le  champ  le  défendissent.  Ceux- 
ci  commencèrent  alors  des  travaux  pour 
Texploitation  du  nouveau  combustible,  le 
vendirent,  et  ainsi  s'étendit  cette  indus- 
trie. » 

Le  forgeron  qui  avait  découvert  le  nou- 
veau combustible  se  nommait  Hullio^^  de 
Plainevaux.  De  là  le  nom  de  ce  charbon 
houille  et  des  fosses   houillères. 

C'est  donc  à  la  Belgique  que  revient  Thon- 
neur  d'avoir  découvert  le  combustible  uni- 
versellement employé  par  l'industrie  mo- 
derne ;  et  il  est  certain  que  c'est  en  Belgi- 
que que  l'on  commença  à  utiliser  la  houille. 
Des  documentsauthentiques  nous  montrent 
les  mines  de  houille  en  pleine  exploitation 
dans  la  principauté  de  Liège  en  1228,  dans 
le  Hainaut  en  1229.  L'emploi  de  la  houille 
ne  fut  introduit  en  Angleterre  qu'au  début 


317  INDOS'fRlfc. 

da  quatorzième  siècle  :  ce  n'est  qu*en  1340 
que  quelques  fabricants  privilégiés  obtin- 
rentrautorisation  de  brûler  du  charbon  de 
terre  (on  regardait  alors  ce  combustible 
comme  dangereux  pour  la  santé  publique)  : 
et  un  siècle  devait  s'écouler  avant  que  Ton 
emplovât  couramment  la  houille  pour  le 
chauffage  domestique. 

En  France,  il  n'y  eut  aucune  exploita- 
tion antérieure  au  quatorzième  siècle  ;  les 
houillières  de  Roche- la-Molière,  dans  le 
Forez,  furent  ouvertes  vers  1320.  Au  quin- 
zième siècle,  on  découvrit  quelques  gise- 
ments dans  le  Charolais,  grâce  aux  indica- 
tions d'ouvriers  hennuyers  employés  par 
les  ducs  de  Bourgogne,  nos  souverains 
d'alors.  Et  ce  furent  des  Belges  encore  qui 
eurent  la  plus  grande  part  à  la  mise  en  pro- 
duction du  riche  bassin  du  Nord  ;  la  célè- 
bre veine  d'Anzin  fut  découverte  le  24 
Juin  173-1  par  Pierre  Mathieu,  de  Ix)deliu- 
sart,  ainsi  que  l'atteste  une  pien*e  tombale 
de  l'église  du  bourg  français.  Le  premier 
édit  sur  les  mines  qui  parle  de  la  houille 
en  France  est  de  juin  1(301. 

Parmi  les  autres  pays  de  l'Europe,  T Au- 
triche et  la  Bohême  ont  méconnu  jusqu'au 
«iècle  dernier  les  richesses  houillères  qu'el- 
les possédaient  en  leurs  montagnes  :  sur 
les  conseils  du  prince  Charles  de  Lorraine, 
gouverneur  général  des  Pays-Bas  autri- 
ànens  pour  l'impératrice  Marie-Thérèse, 
des  Belges  furent  enfin  appelés  à  Vienne 
en  1757  pour  faire  les  premières  recher- 
chessérieuses  dans  ce  pays.  Kircher,  en  son 
Mondus  ubterraeus^  rapporte  qu'en  Hon- 
grie, de  son  temps  (1665),  on  ne  faisait  au- 
cun cas  de  la  houille,  parce  que  a  sa  force 
toit  si  véhémente  qu'elle  consumait  le  fer 
et  tons  les  métaux  ». 

L'Allemagne  du  Nord,  au  contraire,  sem- 
ble avoir  commencé  l'exploitation  de  ses 
différents  massifs  houillers  vers  Tan  1500. 
Sais  seules  les  mines  de  la  Saxe,  do 
^  Silésie,  des  bords  de  la  Ruhr  et  du  bassin 
<*e  la  Rurh  prirent  une  certaine  extension 
3^nt  notre  siècle. 

C'est  dans  ce  siècle  et  surtout  dans  la  der- 
nière moitié  du  siècle  que  l'extraction   de 


âl8 

combustible  est  devenu,  comme  on  l'a  dit, 
le  pain  de  l'industrie. 

Voici  les  chiffres  de  la  production  houil- 
lère dans  les  principaux  pays  du  monde' 
durant  les  deux  dernières  années  ! 


En  1895 

Tonnes 
HelgiqUe 20.535.000 


France 

Allemagne.... 
Angleterre. . . . 
Etats-Unis.... 


27.714.000 

99.100.000 

191.300.000 

151.000.000 


En  1896 

Tonnes 

20.458.000 

28.320.000. 

104.000.000 

192.7QQ.000, 

172.000,000 


Totaux...     489.649.900    517.178.000; 

Le  tableau,  ci-dessus,  établit  qu'en  Belgi-> 
que,  seulement,  la  production  adiminuéen 
1890  (et  ce,  à  cause  d'tiu  commencement 
d  épuisement)  de  77.000  tonnes,  soit  0,39  % 
environ. 

Dans  tous  les  autres  pays  la  production  de 
combustible  minéi*al  s'est  accrue  sensible-* 
ment  : 


L'Angleterre  a  atteint    1     % 
La  Ffance  —         2,2  % 

L'Allemagne       —         4,7  % 
Les  Etats-Unis     —       12     % 


d'augment. 


Enfin,  pour  les  cinq  grandes  nations  ci- 
tées plus  haut,  il  y  a  donc  augmentation 
totale  sur  1895  de  21  millions  1/2  de  tonnes 
de  houille. 


LES   ÉMAUX   BRESSANS 

(Extrait    du  Journal  Lyon^Républicain,) 

La  mort  ,de  M.  Amédée  Fornel,  le  distin- 
gué fabricant,  décédé  à  Bourg  le  mois  der- 
nier, a  rappelé  l'attention  sur  6e  genre  de 
bijoux,  généralOiHent  désignés  soUs  le  nom 
de  bijoux  bressans. 

On  sait  que  ces  joyaux  tirent  leur  carac- 
tère spécial  de  Temploi  d'émaux  aux  Cou- 
leurs vives  ;  mais  ce  que  l'on  cotinatl 
peu,  c'est  l'origine  de  celte  fabrication  lo- 
cale. Voici  comment  j'ai  entendu  raconter, 
il  y  a  quelque  vingt  ans.la  genèse  du  bijou 
bi*essan. 


^^^  ^ ^..   „^         Rappelons-nous  d'abord  que  la  bijou te- 

ï*  honille  s'est  développée,   parce  que  ce  'rie  décorée  d'émail—  avec  <i  maillures  « 


310  JOURNAL  MENSUEL  DB 

—  est  resiée  en  honneur,  jusqu'au  milieu 
de  ce  siècle,  dans  la  région  du  Lyonnais,  de 
la  Bresse  et  de  la  partie  du  Dauphiné  rive- 
raine du  Rhône. 

C'était  le  plus  souvent  d'une  exécution 
grossière  ;  des  bouquets  blanc,  noir  et  ocre, 
sur  des  boucles  d*oreiIles  ou  des  cadenas  de 
chaînes.  Il  s'en  faisait  même  des  applica- 
tions tout  à  (ait  barbares.  Ainsi  les  bagues 
d'alliance  étaient  entaillées  à  coups  de  lime, 
et  l'ouvrier  remplissait  ces  coches  d'un 
émail  bleu  ou  noir.  Les  sœurs  de  l'Hôtel- 
Dieu,  qui  reçoivent  une  alliapce,  de  leur 
marraine,  le  jour  de  leur  «  croisure  »,  avaient, 
les  dernières,  gardé  la  tradition  des  bagues 
a  maillées  ». 

Remarquons,  en  passant,  que  cette  façon 
de  parler  ne  provenait  pas  précisément  d*u ne 
altération  du  mot  émaillé.On  disait  :  maillé, 
maillure;  on  ne  disait  jamais:  mail  pour 
émail.  Maillé  est  un  vieux  mot  français  qui 
signifie  tacheté,  moucheté.  Il  s'en  était  suivi 
une  confusion  entre  la  cause  et  refl'et,  entre 
émaillé  et  maillé. 

Mais,  à  côté  de  ces  emplois  primitifs  de 
l'émail,  il  s'en  faisait  de  plus  délicats.  Ce 
n'étaient  plus  des  incrustations  dans  l'or 
même  du  bijou  ;  c'étaient  des  plaquettes, 
préparées  à  part  et  serties  ensuite,  au  moyen 
dégriffés —  parfois  même,  simplement  col- 
lées à  la  gomme  laque.  Les  larges  fermoirs 
des  jaserons,  à  quatre,  six  et  même  dix  ou 
douze  rangs,  étaient  souvent  ornés  d'un  de 
ces  émaux. 

Ces  pièces  n'étaient  point  charoplevées. 
Sur  un  fond  noir,  gros,  bleu  ou  quelque- 
fois vert,  l'émailleur  disposait  rie  légers 
motifs,  des  pointillés  en  jaune  d'or,  des  ara- 
besques ou  fleurettes  en  tons  vifs  :  c'était 
le  procédé  employé  jadis  par  les  peintres  en 
émail  de  Limoges.  Ce  genre  de  travail  a 
pour  nom  technique  :  émaux  des  orfèvres. 
Quand  les  bijoutiers  rencontraient  de  ces 
plaquettes  dans  le  vieil  or  qu'ils  achetaient, 
il  les  mettaient  décote  pour  des  remplace- 
ments éventuels.  Il  y  a,  comme  cela,  dans 
tout  atelier,  des  boites  de  pierrailles  et  me- 
nus objets  destinés  aux  raccommodages, 
surtout  pour  les  genres  passés  de  mode  et 
qui  seraient  coûteux  à  réassortir. 


l'académib  nationalb.  330 

Op —  c'est  ici  que  commence  l'historique 
du  bijou  bressan  —  un  bijoutier  de  Boui^, 
celui-là  même  dont  M.  Fornet  devait  être 
plus  tard  le  successeur,  possédait  une  aai- 
ple  provision  de  ces  matériaux,  les  uns 
provenant  de  plaques  de  cou,  les  autres  de 
bagues,  croix  ou  boucles  d'oreilles. 

Vers  le  commencement  du  second  em- 
pire, un  jeune  substitut,  familier  de  la 
maison,  et  qui  avait  ses  entrées  dans  l'ate- 
lier, se  plaisait,  à  la  veillée,  à  suivre  fout 
en  causant  le  travail  des  ouvriers. 

Un  soir  que  la  botte  aux  émaux  se  trou- 
vait renversée  sur  l'établi,  il  avise  une  mi- 
gnonne plaquette,  de  couleurs  éclatantes  et 
bien  harmonisées. 

<  Eh  !  dit-il  cela  ferait  une  charmante  tête 
d'épingle  de  cravate.. .  C'est  une  idée.  Mon- 
tez-moi ce  bibelot  en  épingle.  » 

L'épingle  du  substitut  fit  sensation.  Pres- 
sé de  questions,  il  avoua  d'où  il  tirait  ce 
bijou  original,  et  tous  les  habitués  des  sa- 
lons de  la  préfecture  en  eurent  bientôt  de 
semblables  à  leurs  cravates. 

Mais,  en  ce  monde,  rien  ne  va  bien  loin, 
si  les  femmes  ne  s'en  mêlent.  I^ar  chance, 
les  dames,  en  revenant  aux  coiffures  en 
cheveux  relevés,  avaient  repris  la  mode  des 
pendants  d'oreilles.  Mme  la  comtesse  1^ 
Hon  ayant  eu,  à  son  tour,  l'idée  de  se  faire 
monter  des  émaux  en  pendeloques,  la  for- 
tune du  nouveau  bijou  fut  dès  lors  établie 
et  gagna  jusqu'à  la  cour. 


Le  bijoutier  se  nommait  Bonnet,  mais 
l'histoire  ingrate  ne  nous  a  pas  conservé  le 
nom  du  premier  auteur  d'une  mode  qui 
eut  une  certaine  vogue.  En  tout  cas.  un  ob- 
jet de  parure,  écloset  lancé  ailleurs  qu'à 
Paris,  le  fait  n'est  pas  commun. 

Les  vieux  émaux  manquant  bientôt,  on 
en  fit  de  neufs  —  de  véritables  émaux 
bressans,  cette  fois,  car  les  anciens  étaient 
plutôt  de  fabrication  lyonnaise  ou  gene- 
voise. Il  fallait,  du  reste,  en  approprier  les 
formes  aux  exigences  de  leur  nouvel  em- 
ploi :  il  y  en  eut  de  ronds  et  de  carrés,  en 
manière  de  pointes   et  de  croissants.  On 


321 


INDUSTRIE. 


323 


épuisa  la  gamme  des  couleurs  et  les  jeux  de 
combinaisons. 

Ces  créations  visaient  à  Toriginalité  et 
n'étaient  pas  toujours  d'un  goût  parfait.  Les 
montures,  en  argent  doré,  manquaient  sou- 
vent de  légèreté.  Comme  dans  tous  les  gen- 
res lancés  par  la  mode,  il  y  eut  des  copies, 
pois  des  sous-copies  et  des  imitations  de 
copies. 

Entre  tous  les  fabricants,  Fornet  se  fit 
reaiarquer  par  son  goût  sûr  et  par  la  va- 
riété de  ses  productions.  Aux  expositions 
de  Lyon,  1872,  de  Vienne,  1873,  de  Paris, 
1^8,  il  recueillait  ses  premières  récom- 
penses et  remportait  la  médaille  d'argent. 

Mais  le  genre  ainsi  créé  était  limité  dans 
ses  applications  et  toute  mode  est  chose 
éphémère.  Fornet  fut,  je  crois,  seul  à  le 
comprendre  et  à  comprendre  aussi  quel 
brillant  parti  l'artiste  pouvait  tirer  des 
étoaux,  en  sortant  de  Tornière  commune. 

Ils  agissait  de  ne  plus  faire  des  plaquet- 
tciémaillces,  le  thème  principal  et  néces- 
saire des  objets,  mais  d'emprunter  a  Témail 
S)  puissance  décorative  pour  les  motifs  ac- 
œssoires.  £n  associant  des  cabochons  mul- 
ticolores aux  arabesques  du  filigrane,  For- 
oetobtintdes  effets  saisissants. 

Il  est  assez  curieux  dn  voir  ces  deux  pro- 
cédés de  Tart  industriel  —  émail  et  fiîi- 
i?ane  —  tous  deux  venus  de  l'Orient,  se 
rencontrer  et  s'accoupler  sous  la  main  de 
i  artiste  bressan.  Fornet  ne  se  confina  point 
<iias  le  bijou,  mais  produisit  de  charmantes 
pièces  d'orfèvrerie,  bougeoirs,  cadres,  béni- 
tiers, plateaux. 

Il  conquit  les  plus  hautes  récompenses, 
Doo  seulement  à  l'exposition  de  Paris  1889, 
liais  aux  expositions  étrangères:  Amster- 
<i«nB,  Anvers,  Melbourne,  Philadelphie, 
Chicago,  Moscou.  Ce  n'est  pas  peu  de  chose, 
<^e  la  part  d'un  modeste  fabricant  de  pro- 
vince, que  d'avoir  affronté  avec  succès  la 
lollesur  les  points  les  plus  divers  du  monde 
industriel  et  des'y  être  fait  une  clientèle. 

Tous  les  visiteurs  delà  dernière  exposi- 
tion de  Lyon  ont  admiré  sa  vitrine  ;  il  reçut 
*néme  les  compliments  du  président  Carnot. 
î^^  amis  avaient  espéré  que  la  croix  de  la 
^'^n  d'honneur  couronnerait  alors,  pour  , 


Fornet,  la  série  des  récompenses,  et  Ton 
pensait  que  Texposition  de  Bruxelles  serait, 
au  moins,  une  occasion  de  réparer  cette 
omission. 

La  croix  n'eût  rien  ajouté  à  ses  mérites. 
Si  un  homme  peut,  à  bon  droit,  être  fier 
des  récompenses  que  lui  ont  décernées  les 
suffrages  de  ses  pairs  et  quelquefois  de  ses 
rivaux,  il  y  a  quelque  grandeur  pour  lui  à 
se  voir  refuser  une  décoration  qui,  trop 
souvent,  témoigne  plus  encore  d'efforts  ac- 
complis dans  les  antichambres  qne  sur  le 
véritable  terrain  de  la  lutte. 

IjBs  émaux  bressans  ont,  d'ailleurs,  reçu 
un  brevet  plus  éclatant  et  un  titre  plus  du- 
rable, de  la  main  d'un  poète,  Gabriel 
Vicaire,  qui  a  chanté  dans  ses  vers  «  cet 
humble  bijou  »,  auquel  le  nom  de  Fornet 
restera  attaché  : 

Certes,  ce  n*estpas  grrand'chose. 
Un  peu  d'or,  et,  tout  autour, 
Du  bleu,  du  vert  et  du  rose. 


La  matière  en  est  commune, 
Mais  quel  charme  sans  pareil 
Il  a  réclat  du  soleil, 
La  douceur  du  clair  de  lune. 


M.J. 


MOTEUR  A  AMMONIAQUE  POUR 
TRAMWAYS. 

Un  moteur  à  ammoniaque  imaginé  par 
M.  Mac-Mahon,  ancien  ingénieur  de  la  ma- 
rine américaine,  a  été  soumis  tout  récem- 
ment aux  Etats  Unis  à  des  essais  qui  ont 
donné  des  résultats  assez  concluants. 

On  sait  que  l'ammoniaque  anhydre  a  la 
propriété  J'entrerenébullitiouà  la  pression 
atmosphérique  et  à  la  température  de  — 
33*6,  et  qu'il  suffit  de  chauffer  modérément 
ce  liquide  pour  obtenir  une  augmentation 
de  pression  très  rapide. 

C'est  sur  ces  propriétés  que  M.  Mac-.Ma- 
hon  s'est  basé  pour  établir  son  moteur. 

Enchauffantrammoniaqueliquideà+2T' 
on  obtient  delà  vapeur  ayant  une  pression 
de  10,5  atmosphères,  laquelle  vapeur  agit 
dansles  cylindres  de  la  même  façon  que  celle 
de  l'eau.  Seulement  au  lieu  de  s'échapper 
dans  Tair  après  son  action,  comme  cela  a 
lieu  dans  les  locomotives,  çu  de  se  rendra 


JOURNAL  MENSUEL   DS   |.V«AD^IK  NATIONALB. 


«4 


dalàs  un  condenseur  analogue  i  ceux  des 
nlacbines  marinesetautres,  la  vapeur  dam- 
moniaqueestioutsimplementrecueilliedans 
un  réservoir  contenant  de  l'eau  qui  la  dis- 
sout et  l'absorbe  dans  une  proportion  égale 
à  1 .700  fois  son  volume. 
.  Le  réservoir  qui  reçoit  la  vapeur  d'éva- 
cuation entoure  le  rés^ervoir  u  ammouique  de 
iélle  sorte  qu'il  n^y  a  pas,  ou  presque  pas,  de 
chaleur  perdue. 

Si,  comme  on  l'affirme,  la  perte  d'ammo- 
(|ue  par  les  fuites  n'atteint  que  10  %  ,  en 
toute  une  année,  tandis  que  les  frais  de  va- 
porisation et  de  dissolution  ne  s'élèveraient 
qu'à  0  ff.  19  par  voiture-kilomètre,  il  sera 
facile  de  prévoir  les  chances  d'avenir  offer- 
tes par  le  nouveau  moteur,  en  admettant, 
toutefois,  que  l'emploi  de  Tammoniaque 
ne  soit  pas  accompagné  des  multiples  diffi- 
cultés qui  ont  fait  rejeter  Téther  et  le  chlo- 
roforme ver^  1865,  le  sulfure  de  carbone 
vers  1884,  voire  l'ammoniaque,  lui-même, 
vers  1866. 


POIDS  EN  t VERRE 

M.  Stilfnid,  à  Bulach  (Suisse],  vient  de 
prendre  des  brevets  d'invention  pour  un 
nouveau  systèmede  poids  en  verre  dont  le 
Conseil  fédéral  a  cru  devoir  autoriser 
l'emploi. 

Le  verre  employé  pour  la  fabrication 
cjesdits  poids  est  d'un  genre  spécial,  soi- 
{jneusement  ailiné  et  refroidi,  ce  qui  le  rend 
presque  incassable. 

Les  différents  types  de  poids  en  verre  sont 


de  10,  20,  50,  100,  200,  500  grammes  et  1,2 
et  3  kilogr.  Ils  sont  de  forme  conique  termi- 
née par  un  bouton  permettant  de  les  saisir 
facilement. 

L'indication  du  poids  est  gravée  sur  la 
partie  supérieure  du  bout<m. 

Ces  poids  qui,  paraît-il,  ont  donne  jus- 
qu'à ce  jour  entière  salisfaction,  vont  pro- 
bablement entrer  très  prochai nemeut  dans 
Tusage  courant  d'une  façon  définitive.  Ils 
ne  nécessitent  pas  les  mêmes  soins  d'entre- 
tien que  les  poids  en  cuivre  et  ne  subissent 
pas  les  mêmes  déperditions  par  usure  nor- 
male. 


LA  PRODUCTION  DU    CUIVRE   EN    1896 

Durant  l'année  1896,  la  production  totale 
du  cuivre  a  atteint  son  chiffre  le  plus  élevé; 
elle  a  été  de  378,258  tonnes.  En  1887,  clk 
n^était  encore  que  de  223,798  tonnes,  f^ 
suivant  une  progression  régulière,  elle  s*élai: 
élevée  jusqu'à  310,472  en  1892.  Enfin,  en 
1895,  la  production  du  monde  entier  avait 
été  de  334,335  tonnes. 

Dans  le  total  de  Tannée  1895,  les  Euis- 
Unis  entrent  pour  208,893  tonnes,  c'est-à- 
dire  pour  plus  de  la  moitié.  L'Espagne  et  le 
Portugal,  qui  en  Europe  sont  les produclenrs 
les  plus  importants,  y  entrent  pour  53,375 
tonnes,  l'Allemagne  pour  20,065  tonnes,  le 
Chili  pour  23,500  tonnes,  le  Japon  pour 
21,000  tonnes,  le  Mexique  pour  11, 150  ton- 
nes, l'Australie  pour  11,000  tonnes  et  la 
colonie  du  Cap  pour  7,4.50  tonnes. 


COMMERCE 


LE    COMMERCE    EXTÉRIEUR  DE    LA 
FRANCE 

La  statistique  officielle  accuse  les  résul- 
tats suivants  pour  le  commerce  extérieur 
delà  France  durant  les  six  premiers  mois 
de  Tannée  courante  et  de  la  précédente  : 

IMPORTATIONS  1897  1896 

Objets  d'alimenlatioD      44l.756.C0O     507.691.000 
Matières  oéceseaires 

à  rindustrie 1.220.337.000  1.1Ô5.162.000 

Objets  fabriqués 300.897.000      312.659.000 

Total 1.974.990.000  8.ulG.552.000 


2?  EXPORTATIONS 

Objets  d'alimentatiou.  334.013.000  314.968  00*? 
Matières  nécessaires 

à  rindustrie 370.862.000  41I.476.0(ft' 

Objets  fabriqués 945.691.000  903.6l9.OiX' 

Colis  postaux 82.427.000  77  334. ôiM 

Total 1.832.994.000  1.707  417.UÙ6 


L'examen  de  ces  chitfres  fournit  encore 
l'occasion  de  constatations  toujours  très  sa- 
tisfaisantes. On  voit  d'abord  que  l'ensemble 
des  opérations  du  premier  semestre  de  1801 


323 


COMMERCE. 


226 


lUeinl  3.807.984.000  fr.,  dépassant  de  plus 
de  85  millions  les  opérations  du  premier 
semeslre  de  1896. 

I.^exccdent  des  importations  sur  les  ex- 
ponaiions,  qui  alleignait  308.135.000  fr. 
pour  les  six  premiers  mois  de  1890,  ne  s*é- 
lè?e  plus  qu'à  141.096.000  fr.  pour  les  six 
premiers  mois  de  1897.  C'est  une  différence 
de  107.039.000  fr.  à  Tavantage  de  noire 
pays. 

En  recherchant  les  résultats  particuliers 
aux  mois  de  juin  1897  et  de  1896,  par  la 
comparaison  des  chiffres  afférents  aux  six 
et  aux  cinq  premiers  mois  des  deux  années, 
00  obtient  les  indications  suivantes  : 


Juin  1897 

295.838.000  rr. 
302.307.000  fr. 


Jain  1S96 

302.115.000  fr. 
2:8.832.000  fr. 


Importât!  ODS. 
Bs|>oftalioQ59. 

Ensemble 593. 145'. 000  fr.    581.047.000  fr. 

Comme OQ  le  voit,  l'ensemble  des  tran- 
saclions  de  juin  1897  dépasse  de  plus  de- 
17  millions  Tensemble  'les  transactions  de 
juin  1896. 

Il  faut  remarquer,  en  outre,  que  si  la  ba- 
lance du  commerce  accusait  environ  23 
millions  1/2  îi  noire  détriment  en  juin  1893, 
clîefait  ressortir  un  solde  de  6  millions  l/2en 
Dotre  faveur  en  juin  1897.  C'est  un  gain  netde 
près  do  30  millions.  Ce  gain  est  inférieur  à 
celui  du  mois  de  mai  précédemment  qui, 
ainsi  que  nous  Tavons  fait  ressortir  dans 
notre  journal  du  mois  dernier,  atteignait 
environ  110  millions.  Mais,  précisément 
en  raison  de  l'élévation  exceptionnelle  de 
ce  dernier  chiffre,  on  doit  être  pleinement 
satisfait  que  le  courant  iavorable  de  nos 
Changes  se  soit  maintenu  au  point  de  lais* 

I  ^r  encore  un  nouvel  excédent  favorable 

I  aussi  important  en  juin. 

Le  mouvement  général  de  nos  échanges 
exlériears  qui  se  présente  comme  nette- 
tnent  avantageux  pour  notre  pays  depuis  le 
mois  d'avril  derniier,  semble  donc  devoir 
conserver  le  même  aspect  satisfaisant  pen- 
dant quelque  temps  encore.  Si  le  troisiè- 
aie trimestre  de  Tannée  1897 était  aussi  fa- 
vorable que  la  deuxième,  enverrait  enfin, 
<bn8  les  résultats  globaux,  le  chiffre  des 
^iportations  devenir  supérieur  à  celui  des 


importations,  fait  qui  ne  s*étdit  pas  produit 
depuis  la  mise  en  vigueur  du  régime  des 
traités  de  commei*ce  internationaux,  c'est- 
à-dire  depuis  1800. 


LE  PORT  DE  DUNKERQUE 

et  les  Importations  de  la  République 
Argentine. 

Le  consul  de  la  République  Argentine  à 
Dunkerque,  M.  Albert  Mine,  a  exposé  dans 
la  classe  1891  de  TExposition  de  Bruxelles, 
deux  ouvrages  reliés  en  maroquin  tricolore, 
nux  couleurs  nationales  françaises  et  argen- 
tines, dont  le  contenu  mérite  d'être  mis  en 
lumière.  Ces  deux  ouvrages  sont  : 

P  Un  Album  statistique  du  Commerce 
entre  la  République  Argentine  et  le  Nord 
de  la  France  par  le  port  de  Dunkerque.dotïi 
le  texte  illustré  et  renforcé  de  diagrammes 
est  imprimé  en  français  et  en  espagnol  ; 

2^  Un  volume  intitulé:  Le  IraficduPort 
de  Dunkerque,  avec  texte  en  quatre  lan« 
gués  :  français,  anglais,  espagnol  et  italien, 
ce  qui  a  permis  à  l'auteur,  en  le  répandant 
à  profusion  de  ses  deniers  personnels,  de 
faire  connaître,  dans  tous  les  pays  du  globe, 
rimportance  du  port  de  Dunkeri|uo  à  la- 
quelle il  a  si  largement  et  patriotiquement 
contribué  depuis  plus  de  vingt  ans. 

Les  statistiques  de  1896  publiées  par 
M.Albert  Mine  mentionnent,  entre  la  Répu- 
blique Argentine  et  le  port  de  Dunkerque, 
un  mouvement  commercial  de 

173.191.239  kilogrammes, 
ce  qui  équivaut  à  11  1/16  %  ,  autrement  dit 
à  la  neuvième  partie  des  importations  dudit 
port  en  provenance  de  l'étranger. 

Non  seulement  ce  chiffre  laisse  loin  der- 
rière lui  celui  leplus  élevé  obtenu,  en  1890, 
par  ce  trafic  qui  avait  été  de  I35.:330.814 
kilogrammes,  mais  il  est  supérieur  de  : 

plus  de  47  %  à  celui  de  Vannée  1895  ; 

plus  de  9080%  par  rapport  à  Torigipede 
ces  relations  en  1881,  c'est-à-dire  seulement 
quinze  ans  auparavant. 

Une  semblable  progression  est  sans  pré- 
cédent dans  les  Annales  c^ommerciales  de') 
ports  franç-iis  ou  étrangers  les  plus  pros^ 
pères. 


d3T  JOURNAL  MENSUEL  DB 

Pour  montrer  la  part  qu'a  prise  M.  Albert 
Mine  dans  le  développement  de  ce  irafic,qui 
contribue  si  puissamment  à  maintenir  le 
port  de  Dunkerque  au  troisième  rang  d'im- 
portance parmi  nos  ports  français,  puisque 
le  sixième  du  tonnage  d'entrée  des  navires 
y  est  de  provenance  argentine,  il  nous  suf- 
fira de  reproduire  ci-après  quelques  extraits 
de  nos  principaux  journaux  : 

Dans  un  article  intitulé/e^  Grands  Ports, 
le  journal  le  «  Phare  de  Dunkerque  y»,  du 
22  mars  1891,  s*exprimait  ainsi  :  «  Certains 
«  x^onsuls,  et  nous  pourrions  faire  figurer  en 
«  tête  M.Albert  Mine, Consul  delà  Képubli- 
«  que  Argentine,  ont  compris  toute  Timpor- 
tt  tance  qu'il  y  avait  pour  notre  port  à  être 
«  connu  tant  à  l'intérieur  de  la  France  qu'à 
«  l'étranger.  » 

Le  journal  le  «  Siècle  »  du  12  octobre 
1893  termine  comme  suit  un  article  que, 
sous  la  rubrique:  «  Faits  économiques  »,  il 
consacre  au  commerce  de  la  France  et  de  la 
République  Argentine  :  «  C'est  en  grande 
«  partie  au  zèle  ininterrompu  depuis  1881 
«  du  Consul  à  Dunkerque  de  la  République 
tt  Argentine  que  nous  devons  de. constater 
a  ces  heureux  résultats  ;  la  stratégie  corn- 
a  merciale  qu'il  a  appliquée  sous  toutes  ses 
«  formes,  avec  de  louables  et  persévérants 
«  efforts,  pour  atteindre  ce  but,  est  devenue 
«  pour  la  France  une  question  nationale.  » 

Sous  la  signature  de  Téminent  publiciste 
M.  Hector  Dépasse,  le  «  Progrès  du  Nord^^^ 
de  Lille,  a  publié,  à  la  date  du  12  août  1896, 
ces  lignes  que  nous  extrayons  de  son  article 
intitulé  :  le  Port  de  Dunkerque  :  #  Nous 
a  avons  feuilleté  avec  le  plus  vif  intérêt  le 
«  rapport  que  l'honorable  député  de  Douai, 
tt  M.  Emile  Dubois,  nous  faisait  parvenir 
«  dernièrement  sur  le  projet  d'organisation 
«  de  nouveaux  magasins  publies  dans  les 
«  terre*pleinâ  desquais,  et  aussi  les  Statisti* 
<  ques  de  l'un  de  nos  plus  dévoués  con-- 
«  citoyens,  M.  Albert  Mjne,qui  ne  connaît  ni 
«  trêve,  ni  repos,  quand  il  s'agit  de  lapros- 
tt  périté  et  de  la  gloire  de  Dunkerque.  » 

Rendant  compte  des  têtes  qui  ont  eu  lieu 
à  Dunkerque  à  l'occasion  de  l'inauguration 
de  la  grande  Eclnse  Trystram,  le  «  Journal 
des  Débats  »,  dans  son  numéro  du  14  sep- 


l'académib  nationale. 


2S» 


tembre  1896,  s'exprime  ainsi  :  «  Ce  qui  a 
«  contribué  le  plus  à  la  prospérité  de  la 
tt  placé  de  Dunkerque,  c'est  qu'elle  est  de- 
tt  venue,  grâce  au  concours  de  M.  Mine, 
t  Consul  de  la  République  Argentine,  le 
a  principal  marché  continental  des  laines.  » 

En  1881,  lorsque  les  relations  du  port  de 
Dunkerque  avec  la  Plata  n'étaient  encore 
qu'à  l'état  embryonnaire,  les  droits  de  toute 
nature  perçus  par  l'Administration  des 
Douanes  au  profit  du  Trésor  ne  s'élevaient 
qu'à  6.315.974  francs  ;  en  1896,  ils  ont  at- 
teint 16.875.567  francs. 

Enfin,  dans  le  remarquable  rapport  fait  à 
la  Chambre  des  Députés,  au  nom  de  la  Com- 
mission des  Ports,  à  la  séance  du  6  juillet 
1896,  le  rapporteur  M.  le  député  Emile  Du- 
bois, de  Douai,  après  avoir  constaté  que  «  les 
tt  Importations  de  la  Plata  se  sont  dévelop- 
tt  pées,  depuis  une  quinzaine  d'années,  d'une 
tt  façon  vraiment  prodigieuse  ;  que  l'imper- 
«  tation  des  laines,  presque  nulle  encore  à 
«  Dunkerqueeu  1881,  avait  dépassé  de  52  %  , 
tt  en  1895,  le  chitfre  des  importations  de 
tt  même  origine  faites  par  Anvers,  considéré 
((  Jusqu'alors  comme  le  grand  marché  des 
tt  laines  de  l'Europe  Occidentale  ;  qu'An- 
tt  vers  était  alors  le  rendez-vous  de  tous  les 
«  industriels  du  Nord  et  de  la  Champagne  ; 
«  qu'il  bénéficiait àce  titredes  commissions, 
«  courtages,  frets,  transports,  escomptes  de 
tt  négociations  de  traites,  etc.,  auxquels  don- 
tt  nait  lieu  ce  trafic  considérable  et  que 
tt  nos  fabricants  payaient  à  l'étranger;  M.  le 
tt  député  Dubois,  disons-nous,  ajoute  judi- 
tt  cieusement  :  t  Grâce  aux  améliorations 
tt  réalisées  dans  le  port  de  Dunkerque  et, 
tt  peut-être  plus  encore^  aux  persévérants 
tt  et  courageux  eftbrts  de  Tintelligent  et  dé- 
«  voué  Consul  de  la  République  Argentine, 
t  M.  Albert  Mine,  la  situation  est  aujour- 
«  d'hui  complètement  renversée  :  elle  jus- 
'  «  tifie  l'heureuse  dénomination  de  Port  des 
>  «  Laines  appliquée  par  M.  Mine  au  port  de 
tt  Dunkerque.  » 

Ce  qui  ajoute  encore  du  mérite  à  ces  im- 
portants résultats,  c'est  le  désintéressement 
absolu  avec  lequel  M.  Mine  s'est  et  a  dépensé 
pour  le  produire,  car,  pour  conserver  son 
entière  liberté  d action,    il  s'est  abstenu 


^ryf^' 


3S9 


OOMMERéB: 


quoique  négociant  et  nifilgrë  les  occasions 
qoi  lai  enr  étaient  chaque  jour  offertes,  de 
toates  affaires  avec  la  République  Argen- 
tine, trouTant  ailleurs  un  champ  suffisam- 
lofni  faste  pour  ses  opérations  personnel- 
les. 

Eo  relatant  une  convér^tion  que  M.  Jules 
Chrctie,  actueHement  en  voyage  à  l'étran- 
ger, a  eu  récemment  avec  un  citoyen  danois, 
et  en  montrant  le  péril  de  la  concurrence 
cBrénée  de  «  V Allemagne  industrielle  », 
M.  Arthur  Binet  termine  ainsi  son  article 
empreint  du  plus  pur  patriotisme  : 

t  Partant  sur  nos  frontières,  pour  la  dé- 
f  feose  nationale,  on  trouve  des  soldats 
'  Tarme  au  bras,  prêts  à  répondre  par  une 
«  balle  bien  dirigée  aux  menaces  de  l'enne- 
cmi. 

«  Où  senties  sentinelles  prêtes  à  répoudre 
«  au  cri  d'alarme  que  poussent  de  toutes 
«paris,  dans  Tordre  industriel  et  commer- 
«cial,  des  patriotes  et  des  écrivains  clair- 
■  voyants  !  » 

Duokerquois  d'avant-garde,  bien  connu 
par  son  énergique  labeur,  doué  d'une  rare 
éoergieetd'unepersévéranceàtouleépreuve, 
M.  Albert  Mine  est  certes  l'une  de  ces  sen- 
tioelles  dont  la  vie  et  l'œuvre  peuvent  être 
citées  comme  exemple  à  tous  ceux  qui  ont 
î  cœur  la  grandeur  de  la  Patrie  et  soc  déve- 
loppement commercial. 

Fils  de  ses  œuvres,  M.  Albert  Mine  est 
ofticierd'Académiedepuis  le  P' janvier  1881; 
tia  été  promu  officier  de  l'Instruction  Pu- 
blique le  30  mars  1894  ;  notre  Société  lui  a 
rfécerné,  le  29  octobre  1891,  sa  médaille  de 
1^ classe.  Le 6  mai  1894,  il  recevait,  delà 
Société  de  Géographie  de  Lille,  une  médaille 
<l'argent  grand  module.  Il  est  certain  que 
d'autres  distinctions  honorifiques  viendront 
encore  dans  l'avenir  récompenser  l'intelli- 
geut  labeur  de  H.  Albert  Mine. 


U8   PROGRÈS    DES    EXPORTATIONS 
DE  L*ALL£MAQNE  EN   1895 

Les  chiffres  définitifs  relatifs  au  com- 
nierre  de  l'Allemagne  viennent  d'être  pu- 
bliés, et  ils  font  ressortir,  pour  1895,  une 
2  ogmeniation  de  l'exportation  des  princi- 


paux articles  industrie,  à  Texcéplioii  du 
sucre. 

La  comparaison  avec  Tannée  1904   four- 
nit les  indications  suivantes  :  ' 

VMeor.en 
millioits 
de  m&rks 

1895       1894 


Industrie  cotonnière îoo.6 

—  de  la  soie 151. É 

—  de  laine ies.V 

Confection  et  lingrerie  fabriquée.  101.1 

Industrie  du  fer 301 .» 

Autres  industries  métalliques...  IH.5 

Machines  ci  imitrumenis jse.g 

Charbons  et  cokes 1^5.8 

Industrie  des  produil.H  chimiques  299!o 

—  du  cuir Î65.3 

—  du  papier 104.4 

Objets  d'art  et  de  littérature. . . . .  107.8 


157.5 
122.9 
229.5 

95.4 
256.4. 
100.2 
133.5 
139.7 
270.9 
Î32.0 

91.9 
100.4 

L'augmentation,  en  1805,  est  des  plus  sen- 
sibles en  ce  qu'elle  atteint:  pour  l'industrie 
du  coton,  27  %  ;  pour  celle  du  cuir,  20  %  ; 
pour  celle  de  la  soie,  23  %  ;  piour  celle 
des  machines,  19  %  ;  pour  celle  du  fer, 
18  % ,  et  pour  celle  delà  laine,  V7  %. 


LE   COMMERCE   E?CTÉRIEUR  OE  LA 
RÉPUBLIQUE  ARGENTINE. 

Le  bureau  officiel  de  statistique  de  la 
Bépublique  Argentine  vient  de  publier  les 
résultats  du  commerce  extérieur  de  ce  pays 
pendant  Tannée  1896. 

Nous  en  détachons  les  renseignements 
suivants  : 

Le  mouvement  général  da.  eoMmerce  a 
atteint  la  somme  totale  de  227.728.966  ps. 
or,  au  lieu  de  213.792.570  ps.  or  en  1895, 
soit  une  augmentation  de  13.933.393  ps.  or« 

Exportation,  —  L'exportation  accuse 
sur  l'ensemble  une  diminution  de  3,612.952 
piastres.  Les  chapitres  en  diminution  sont 
les  suivants  :  Animaux  vivants  417,650  ps.  ; 
dépouilles  animales  3,402,376  ps.  ;  résidus 
animaux  381,764  ps.  ;  produits  agricoles 
bruts  2,121,784  p*«.  ;  produits  forestiers 
934,325 ps.  ;  articles  divers  8,732. 

Ces  diminutions  ont  été  surtout  sensibles 
sur  Vexportation  des  bétes  à  cornes,  des 
cuirs  (plus  de  4  millions  de  piastres),  des 
suifs,  de  la  graine  de  lin,  du  blé  (plus  de  6 


an: 


lOUHNAL  MENSUKl  M  i»'A€ADâllB  NATIONALB. 


302 


miUi«né  etdottii)  et  Ai)  bote  de  qu^racho 
près  d'un  millionV 

' Ity  aeu,  aQ  Goatraifo,  tugmentaiion  de 
106.759  ps.  sur  les  matières  animales  mado* 
Clôturées;  de  3.848.381  ps.  sur  les  produits 
végétaux  manufacturés  ;  de  13,858  ps.  sur 
les  produits  miniers,  et  de  31.515  ps.  sur  les 
produits  dé  la  chasse.  Les  matières  ayant 
fourni  tes  principales  augmentations  sont  : 
la  laines  en  suint  (près  de  deux  millions  et 
demi),  le  maïs  (près  de  six  millions)  et  le 
sbcre  (3.300.000  ps.) 

.  L'exportation  a  eu  les  destinations  sui* 
vantes,  comparativement  avec  Tannée  1805  : 


l^rance.. ..' — 

Aogleterre.. 

Allemagne 

Belj^kiue 

BrôsU 

ËtaU-Unis 

rialie.... 

Aulrss  nations  (moios 
de  3  millions  chacune) 
Totaux ' 


1895 

ps.  or 

20.357.169 

14.674.783 

13.aW.324 

15.417.711 

8.096.105 

8.947.165 

3.5)8.087 


1896 

ps.  or 

23.654.979 

14.388.761 

13.332.-85 

12.0d2  348 

6.401.362 

6.401.362 

3.8:7.059 


34.582.494      32.092.213 
118.936.838    115.670.961 


€omme  on  le  voit  par  ce  qui  précède, 
c'ek^'la  France  qui  tient  toujours  la  tête 
comme  acheteur  des  produits  argentins. 
iZ/mpor/d/ioff.— A rimportation,  on  cons- 
tate une  augmentation  de  17.202/^70  pias- 
tres, or  sur  1895  (112  millions  au  lieu  de  95 
millions)» 


Parmi  les  principales  augmentations,  nous 
noterons  celle  de  1,117,000  ps.  sur  les  subs- 
tances animales  ;  de  1,776,000  ps.  sur  les  ta- 
bacs ;  de  591,496  ps.  sur  les  substances  vé- 
gétales ;  de  900,454  ps.  sur  les  matières  tex- 
tiles; de 2,358,679  ps.  sur  les  produits  chi- 
miques ;  de  3  millions  sur  le  bois  et  ses  ap- 
plications ;  de  6  millions  sur  les  métaux  et 
leurs  applications  ;  d'un  million  sur  la  céra- 
mique, et  de  plus  de  deux  millions  et  demi 
sur  les  produits  manufacturés  divers. 

Il  y  a  eu,  au  contraii-e,  diminution  de 
655,006  ps,  sur  les  sucres  ;  de  256,000  ps. 
sur  les  fruits  secs  ;  de  664.000  ps.  sur  la 
yerba;  de  635.000  ps.  sur  les  vins  en  fûts  ;  de 
près  de  5  millions  de  ps.  sur  les  tissus  de 
coton  en  général  ;  de  280,000  ps.  sur  la 
cristallerie,  et  de  366,000  ps,  sur  les  machi- 
nes agricoles. 

Au  point  de  vue  de  la  provenance,  Timpor- 
tation  s'est  divisée  comme  il  suit  : 


Angleterre 

Allemagne 

France 

Italie 

Etas-Unis 

Belgique 

Brésil 

Autres  nations  (moins 
de 5  millions  chacune) 

Totaux 


ps.  of 

39.524.270 

11.162.549 

9.116.870 

10.363.129 

6.686.999 

7.441.356 

4.095,665 

6.464.894 


i^g6 
ps.  or 

44.729.966 
13.895.0^ 
12.028.514 
11  394.910 
11.210.475 
8.453.200 
.5.152.621 

0.193.251 


94.S85.732    112  058.002 


NÉCROLOÛIE 


.  U^  An^ée  Fornet,  Téminent  bijoutier 
de  Bourg  (Ain),  qui  fut,  sinon  absolument 
le  créateur  des  Émaux  bressans^  au  moins 
Tartiste  ingénieux  et  fécond  qui  a  su  élever 
Qonsidérablement  les  mérites  de  ce  genre 
de  bgoux  et  en  propager  la  réputation  dans 
tout  le  monde  civilisé,  est  mort  prématuré- 
ment le  23  juin  dernier^  dans  sa  cinquante*- 
sixiè»ie  année. 

M.  Fornet  a  été  emporté  par  la  maladie, 
au  moment  où,  après  avoir  préparé  une  des 
parlicipatioas  à   TEx position  de  Bruxelles 


qui  font  le  plus  d'honneur  à  la  section 
fi*ançaise,  il  pouvait  légitimement  espérer 
qu'une  suprême  distinction  accordée  par 
le  gouvernement  français  viendrait  enfin 
récompenser  dignement  une  des  plus  hono- 
rables carrière?  de  l'art  industriel. 

On  sait  que  les  Emaux  bressans^  ainsi 
nommés  parce  qu'ils  tirent  leur  origine 
du  pays  de  Bresse,  sont  des  pièces  de  bijou- 
terie constituées  par  l'arrangement  d'émaux 
d'une  ou  de  plusieurs  couleurs  enchâssés 
dans  des  contours  en  or  de  formes  variéeSf 


3» 


YARIICTK. 


394 


éaïaux  qui  jouent  ainsi  un  rôle  analogue  à 
celui  des  perles  ou  pierres  précieuses  jd^ns 
les  pièceside  joaillerie. 

Âo  naste,  nous  publions  dans  une  aulrè 
partie  du  journal  un  article  emprunté  à 
l'iiD  de  nos  confrères,  qui  décrit  l'origine  eC 
k  natare  des  émaux  bf^s^ans^  ainsi  que  la' 
part  prépondérante  prise  par  M^  Fornet 
dans  le  perfectionnement  de  cette  intéres^ 
sinie  bijouterie  et  dans  la  propagation  de 
ia  connaissance  à  travers  le  monde. 

Parmi  les  grandes  expositions  auxquelles 
M.  Fornet  avait  pris  part  et  qui  lui  ont 
toutes  valu  des  récompenses  d*un  ordre 
élevé,  nous  citerons  :  Lyon  1872,  Vienne 
1873,  Philadelphie  1876,  Paris  1878,  Mel- 
bourne 1881,  Amsterdam  1883,  Nice  1884, 
Barcelone  1888,  Paris  1889,  Moscou  18dl, 
Chicago  1893,  Anvers  1894,  Lyon  1894, 
Innsbrack  1896. 

Depuis  1889,  M.   Fornet  était    titulaire 


du  D;pIofn^  d*Hoone|ir  de  n9tre  £ioci9të>,  ^ 
laquelle  il  appartenait  depuis  1873v  ;  i 

-  L'œuvre  de  notr^  e^^Uègue  m   périt  pa$> 
d'ailleurs  avec  lui.  Lei^  ateliers  qu'il  a  si  bien» 
Qrganiséset  qu'il  a»dot^  d'une  tr^djtioi^'; 
artistique    impérissable    continueront    la, 
fiibrication  des  Emmx  bfres^ansj  sous  la^ 
direction  de  Mme  Veuve  Fornet,  qui  trouvent 
dans  cette  contin^iation  des. travaux  si  cherS: 
à  son  mari,  la  meilleure  source  de .  CQnsQlar» 
tion  au  milieu  du  n^lbeur  qui  Ta. frappée 
si  cruellement. 
I      M.  Fornet  n'était  pas  seulement  on  arr, 
tiste  et  un  industriel  de  mérite.  :  ses  qqa^ 
iilés  de  cœur  lui  avaient  valu  d*universelles 
sympathies  dans  sa  région,  où  sa  perte  a 
été  très  vivement  res3entie,  ainsi  qu'en  ont . 
témoigné  tous  les  journaux  de   la  localité. 
;  Nous  nous  associons  sincèrement  aux  regreto 
'  que   laisse  cet  énergique  travailleur,  qui 
I  fut  à  la  fois  un  homme  dégoût  et  un  hom-, 
me  de  bien.  '     ' 


VARIÉTÉ 


UN  MUSÉE  MUNICIPAL 
D*HI8TOIRE    NATURELLE. 

Un  savant  modeste  et  dévoué,  M.  A.  Bou- 
Mer.  que  notre  Société  a  récompensé  ep 
1^11  pour  son  ouvrage  intéressant  intitulé: 
les  Mammifères  de  la  France,  a  constitué 
Qo  ensemble  de  collections  de  géologie,  de 
minéralogie,  de  zoologie  et  de  botanique, 
qui,  sous  le  nom  de  Musée  municipal  d'his- 
toire naturelle^  avait  trouvé  place  dans  le 
Palais  des  Arts  libéraux  de  TExposition  de 
1889.  Malheureusement,  la  démolition  im- 
minente de  ce  Palais  va  nécessiter  le  dépla- 
cement de  cet  intéressant  musée  conçu 
dans  UD  ordre  d'idées  essentiellement  pra- 
tique, et  Ton  ne  sait  encore  dans  quelles 
conditions, ni  même  dans  quel  local  il  pour- 
ra être  reconstitué. 

Nous  faisons  des  vœux  pour  que  Tadmi- 
jiistration  municipale,  à  qui  Mé  A.  Bouvier 
1  généreusement  offert  toutes  ses  collec- 
tions, à  la  seule  condition  que  la  visite  en 


tût  gratuite,  se  préoccupe  sérieusement  i^e* 
procéder  à  une  réinst^llation  définitive  4^ 
ce  musée  qui,  suivant  le  mot  d'un  rédac- 
teur du  Figaro^  M.  Charles  ChinchoUe,  est. 
le  plus  utile  peut-être  de  tous  ceux  qu'il y^ 
a  chei  nous,  ^ 

Voici,  d'ailleurs,  comment  M.  ChinchoHer 
a  rendu  compte,  dans  le  Figaro  du  10  juil? 
let  1807,  d'une;  visite  qu'il  a  faite  au  nausée 
des  savants  collectionneurs  :  ,. 

a  Là  (au  Palais  des  Arts-Libéraux),  fires- 
que  seul,  M.  Bouvier  a  tout  apfiorté,  mé- 
thodiquement classé  en  des  vitrines  con- 
fortables. 11  2l  consacré  six  ans  à  ce  long 
travail  qui  vient  seulement  d'être  terminé 
et  qui  allait  être  inauguré  quand  on  a  déci- 
dé la  démolition  du  palais.  A  peine  amé- 
nagé, il  va  falloir  déménager.  » 

«  Je  ne  veux  point  parler  des  curiosités 
diverses  que  M.  Bouvier  a  rapportées  de 
ses  excursions  au  GoogOf  en  Océanie,  etc^, 


â35 


JOUHNAL  MfiPISUKL  DR  L  ACÀDeMIB   NATIONALE. 


sae 


eela  s'^Bt  déjà  vu.  Mais  ce  qu'on  fie  verra 
nulle  pari,  c'est  la  collection  méthodique 
des  marbres -pi^ venant  des  carrières  fran- 
çaises, des  carrières  étrangères  appartenant 
à  des  étrangers,  des  carrières  étrangères 
appartenant  à  des  Français.  Tous  les  mar- 
bres sont  ici,  non  seulement  en  blocs,  mais 
encore  en  plaques  mesurant  25  centimètres 
sur  50.  On  peut  donc  Juger  admirablement 
de  leur  eff^  décoratif.  » 

a  Pour  les  onyx,  M.  A.  Bouvier  a  imaginé 
un  moyen  d'exposition  qui  est  toute  une 
révolution  dans  Fart  décoratif.  Il  en  a  fait 
des  carreaux  que  la  transparence  a  trans- 
forages  en  autant  de  merveilles.  Quel  joli 
boudoir  on  lerait  avec  ces  onyx  verts,  rou- 
ges, jaunes,  blancs,  soit  uniformes,  soit  mé- 
lés  !  La  disposition  imaginée  par  le  savant 
explorateur  constitue  une  réelle  invention 
qu*il  donne  u  tous  et  dont  doivent  s'inspirer 
propriétaires,  architectes,  décorateurs.  » 

<c  D'autres  salles  sont .  réservées  aux  oi- 
seaux, aux  poissons,  et  la  plupart  des  nu- 
méros ont,  à  côté  d'eux,  le  témoignage  du 
parti  qu'on  en  peut  tirer. 

(c  Â  côté  d*un  dindon  sont  toutes  les 
<(  fourrures  »  qu'on  a  trouvé  le  moyen  de 
tirer  de  sa  plume.  Jai  dit  :  toutes. 

«  A  côté  du  plus  vulgaire  de  nos  pois- 
sons, Tablette,  est  l'essence  d'Orient  que 
les  Allemands  tirent  de  ses  écailles  et  nous 
vendent  très  cher  quand  nous  pourrions 
l^avoir  pour  presque  rien  chez  nous.  — C'est 
avec  elle  qu'on  fabrique  les  fausses  perles. 

a  Ces  exemples  suffisent  à  démontrer 
rimportanced'ùn  tel  musée  où  tout  le  mon- 


de, de  tout  âge  et  de  toute  profession,  peut 
trouver  son  compte.  » 

Nous  avons  visité  nous-méme  le  musée 
de  M.  Bouvier,  et  nous  avons  été  également 
émerveillé  parla  transparence  des  carreaux 
d'onyx,  par  les  mérites  scientifiques  des 
collections  et  par  le  bon  sens  pratique  avec 
lequel  M.  Bouvier  s'est  attaché  &  mettre  en 
relief  les  avantages  matériels  et  les  profits 
qui  pourraient  être  retirés  d'une  utilisation 
intelligente  de  toutes  les  ressources  oflertes 
par  la  nature. 

Lorsque  ce  Musée  aura  trouvé  l'asile  dé- 
finitif auquel  il  a  droit,  nous  Tannoncerons 
avec  plaisir  à  no>  lecteurs,  en  leur  recom- 
mandant d'y  faire  une  visite  qu'aucun  ne 
pourra  regretter. 

P.-S. —  Au  dernier  moment,  uousappre- 
nons  que  le  Conseil  municipal  de  Paris  a 
voté  un  crédit  de  4. 000  francs,  pour  le  trans- 
fert des  collections  du  Musée  municipal 
d'histoire  naturelle  dans  les  salles  du  Palais 
d'Hiver,  du  Jardin  d'Acclimatation,  offertes 
à  cet  effet  par  la  Société  propriétaire  de 
l'établissement.  Cette  solutionne  satisfait 
qu'à  moitié  M.  Bouvier,  qui  aurait  désiré 
que  l'accès  du  musée  fût  absolument  gra- 
tuit pour  le  public.  Mais  enfin,  puisque  la 
Ville  Je  Paris  n'est  pas^  paraît-il,  assez  riche, 
pour  otfrir  elle-même  un  abri  aux  si  inté- 
ressantes collections  qui  lui  ont  été  si  géné- 
reusement offertes,  il  faut  encorese  féliciter 
qu^elle  ait  bien  voulu  supporter  les  frais  du 
déménagement,  et  que  la  Société  du  Jardin 
d'Acclimatation  ait  consenti  à  donner  Thos- 
pitalité  au  musée  de  M.  Bouvier  qui,  san^ 
cela,  eût  été  menacé  de  dispersion  et  dedes* 
truction. 


Le  Directeur^Gérant,  Rédacteur  en  Chef, 

Eugène  THlftRY. 


OIBBMONT  (OMB).   —  IMPSIMBaHIDAlX   FEMBI,  PLACR  SAtNT-AKDRB,  S. 


JOURNAL  , MENSU 


AS 


L'ACADEMIE    NA 

AGRICOLE,  lANDFAerORiKRE  ET  COMIERCIALE 

67*  Année.  -^  AOUT  1897. 


SOMMAIRB 

A8RIOUI.TURB  —  Le  prix  àubU  et  la  valeur  de  l'argeat-métal.  —  Nouvelles  études  sur  la  vinification  et  sur  la  ré^ 
fni^^ratioD  des  moûts,  par  MM.  Muntz  et  Rouss«aux.  ~  Le  carbure  de  calcium  et  le  phylloxéra.  —  Les  récoltes 
d'orge  et  d'avoine  en  1896. 

■XPOSrriONS  et  concours.  -Exposition  de  Bruxelles.  {Suite.) 

INOUSTRIB.  — Manufacture  de  tôlerie,  de  M*  Léon  Parisseï  à  Larrière  (Vosges).  —  Clouterie  mécanique  pour 
chaussures,  de  M.  D«ohambenolt  «te**,  à  La  Pipée  (Vosges).  —  Appareil  de  sauvetage  en  cas  d'incendie,  de 
■.  PalQux,  à  Oran.  —  Produits  spéciaux  pour  beurreriesetfromaçeries,  de  M.  Charles  JeaiHi«au,  âJanzé  (dle-et- 
Viliune>.  —  La  conservation  du  beurre  frais.  —  La  production  de  Vor  et  de  l'argent  en  Russie. 

OOMMERCe.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France. 


AGRICULTURE 


UE  PRIX  DU  BLÉ 
et  la  Valeur  de  l'Argent-iMétal. 

On  se  souvient  que  dans  noire  journal  de 
Novembre  1896,  nous  avons  publié  un  arti- 
cle sous  le  titre  :  Le  prix  du  blé  et  la  ques- 
tion monétaire^  dans  lequel  nous  démon- 
irioDsTabsurdilédu  raisonnement  qui  don- 
nait comme  cause  à  Tavilissemenl  du  prix 
du  blé,  tombé  à  18  fr.  les  100  kilos,  le  fait 
de  rabaissement  du  prix  de  l'argent- métal, 
qui  avait  perdu  50  %  de  sa  valeur  nomina- 
le. 

Bien  plus  efficacement  c[ue  notre  propre 
réfutation,  la  réalité  des  faits  vient  de  prou- 
ver la  fausseté  absolue  de  la  thèse  qui,  pen- 
dant trop  longtemps,  a  fait  Torgueil  d'une 
certaine  école  d'économistes,  et  qui,  il  faut 
bien  le  reconnaître,  avait  trouvé  une  créan- 
ce imméritée  auprès  d*un  grand  nombre  de 
notabilités  du  monde  agricole. 

Déji,  dans  notre  journal  de  juin,  nous 
constations  que  le  prix  du  blé  venait  de  se 


relever  au-dessus  de  22  fr.  le  quintal,  pen- 
dant que  la  baisse  de  rargent-métal  s'était 
continuée,  amenant  une  nouvelle  perte  de 
4  %. 

Aujourd'hui,  dans  celte  seconde  quinzai- 
ne d'août,  le  quintal  de  blé  a  dépassé  le 
cours  de  30  fr.,  pendant  que  la  perte  de  l'ar- 
gent métal  atteignait  60  %. 

L'absurdité  de  la  thèse  d'une  corrélation 
intime  entre  les  mouvements  du  prix  du  blé 
et  ceux  du  prix  de  l'argent-métal,  est  donc 
surabondamment  démontrée  par  la  marche 
des  choses.  Les  inventeursou  les  champions 
de  la  thèse  en  question  y  perdront  peut-être 
un  peu  de  leur  créditet  de  leur  réputation 
de  profonds  économistes  ;  mais  ils  ue  ren- 
dront pas  les  décorations  que  des  gouver- 
nants naifs  ou  crédules  à  l'excès  ont  cru 
devoir  accorder  à  des  mérites  qui  ont  été 
fâcheusement  considérés  comme  transcen- 
dants pendant  plusieurs  années. 


339 


JOURNAL  MBNSOEL  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE. 


340 


NOUVELLES  ETUDES 
SUR  LA  VINIFICATION 
ET  SUR    LA   RÉFRIGÉRATION    DES 
mOUTS 

Par  MM.  A.  MuNTzet  E.  Rousseaux. 

MM.  A.  Mûntzet  E.  Rousseauxont  pour- 
suivi aux  vendanges  de  1896,  dans  le  Rous- 
sillon,  leurs  recherches  sur  la  vinification  et 
sur  la  réfrigération  des  rooûts. 

Leurs  études  antérieures  avaient  montré 
quelle  influence  fâcheuse  est  exercée  sur 
les  vins  par  réchauffement  qui  se  produit 
dans  le  cours  delà  fermentation. 

Le  refroidissement  des  moûts  destinés  à 
empêcher  leur  température  de  s'élever  au 
delà  du  point  où  la  levure  alcoolique  est 
détruite,  avait  paru  être  la  solution  prati- 
que du  problème  d'une  bonne  vinification. 

Celte  conclusion  se  trouve  confirmée 
avec  la  plus  grande  netteté  par  les  essais 
faits  aux  vendanges  de  1896,  dans  des  con~ 
ditionsd'installation  remarquables. 

L'automne  de  1896  ayant  été  relativement 
frais,  on  eût  pu  croire  que  la  fermentation, 
même  abandonnée  à  elle-même,  pût  se  ter- 
miner sans  accidents.  Cela  est  vrai  dans 
une  certaine  mesure  pour  les  cépages  d'une 
teneur  peu  élevée  en  sucre,  tels  que  Tali- 
cante-boùschet  et  l'aramon.  Mais  il  résulte 
des  considérations  et  des  résultats  qu'expo* 
sent  MM .  Mûntz  et  Rousseaux,  que,  dans 
les  cas  de  vins  qui  ne  sont  pas  faibles  eu 
alcool,  tels  que  ceux  du  Roussi  lion,  de  l'Al- 
gérie et  de  la  Tunisie,  réchauffement  ex- 
cessif des  moûts  est  toujours  à  craindre  et 
qu*il  se  produit  même  quand  la  cueillette 
se  fait  par  un  temps  frais.  11  y  a  donc  le  plus 
grand  intérêt  à  recourir  d'une  façon  géné- 
ral à  la  réfrigération  des  moûts. 

MM.  Mûntzet  Rousseaux  ont  fait  porter 
leurs  essais  de  189G  sur  les  points  princi- 
paux suivants  :  sur  le  degréde  température 
auquel  il  est  préférable  d'opérer  le  refroi- 
dissement du  moût  ;  sur  le  degré  de  tem- 
pérature auquel  on  peut  amener  le  moût  et 
son  influence  sur  la  marche  ultérieure  de 
la  termentatiou.  Voici  quelques-uns  des 
principaux  résultats  de  ces  recherches  : 

1<*  Il  existe  une  différence  très  grande,  au 
point  do  vue  de  leur  richesse  alcoolique  et 


de  leur  aptitude  à  la  conservation,  entre 
les  vins  provenant  de  moûts  non  réfrigérés 
ou  refroidis  après  avoir  atteint  un  échauffe- 
ment  excessif  ; 

2^  Pour  être  efficace,  la  réfrigération  doit 
être  faiteavant  quele  moûtait  atteint  le  point 
critique  auquel  la  levure  commencée  souf- 
frir, et  qui  est  un  peu  supérieur  à  37  degrés  : 

3*  C'est  aux  environs  de  33  degrés  qu'on 
a  le  plus  d'avantage  à  commencer  la  réfri- 
gération. 

4''  Il  n'y  a  aucun  inconvénient  à  abaisser 
la  température  du  moût  jusqu'à  18  degrés 
environ  ;  la  fermentation  n'en  continue  pas 
moins  sa  marche  régulière  et  les  vins  attei- 
gnent la  teneur  alcoolique  maxima  corres- 
pondant à  la  richesse  saccharine  du  moût  ; 

5^  Dans  les  régions  méridionales,  la  ré- 
frigération a  son  utilité  très  réelle,  même 
pendant  les  automnes  relativement  frais, 
qui  sont  rares  d'ailleurs  dans  ces  régions; 

6"^  Avec  une  installation  convenable,  la 
réfrigération  s'opère  avec  fucilité  sur  les 
quantités  de  vendange  qu'on  peut  avoir  à 
traiter  dans  les  grandes  propriétés,  et  elle 
n'occasionne  que  des    frais  insignifiants. 

On  voit  que  la  réfrigération  des  moûts 
devrait  être  adoptée  par  la  viticulture  méri- 
dionale comme  pratique  courante.  Elle  per- 
met, en  effet ,  d'améliorer  notablement  la 
quantité  des  vins  au  double  point  de  vue  de 
leur  richesse  alcoolique  et  de  leur  aptitude 
à  la  conservation.  Ces  considérations  ont 
la  plus  grande  importance,la  vinification 
s*opérant presque  toujours,  dans  ces  régions, 
d'une  façon  défectueuse,  les  vins  restant 
longtemps  troubles  et  douceâtres,  exposés 
à  des  maladies  qui  font  souvent  perdre  des 
récoltes  entières. 

La  formation  dk  l'ammoniaque  dans  les 
VINS.  —  Lorsque  la  fermentation  alcooli- 
que s'accomplit  normalement,  la  levure 
seule  —  ou  presque  seule  —  est  maîtresse 
du  ten'ain,  et  on  obtient  alors  des  fermen- 
tations franches,  caractérisées  par  la  trans- 
formation complète  du  sucre  en  alcool  et 
en  quelques  produits  secondaires. 

Mais  lorsque  l'action  de  la  levure  est  en- 
travée, principalement  par  l'érfhauffemeïit 
excessif  des  moûts,  d'autres    organismes. 


341 


AGBlCtJLTORE. 


342 


qui  eiisteot  même  dans  la  vendange  la  plus 
saine  et  qoi  avaient  été  annihilés  par  l'acti- 
Tilé  prépondérante  de  la  Termentation  al- 
coolique, manifestent  alors  leur  présence 
et  envahissent  le  moût,  victorieux  d'un  or- 
ganisme affaibli,  par  un  de  ces  retours  que 
produit  la  latte  pour  la  vie. 

Toutes  les  réactions  chimiques  produites 
sGosTinfluence  des  ferments  de  maladies 
D6  paraissent  pas  avoir  été  étudiées.  Des 
ooDsidérations  théoriques  ont  fait  penser  à 
MM.  Mùntz  et  Roussoaux  qu*il  y  avait  lieu 
(fexaminer  la  production  de  Tammoniàque. 
La  plupart  des  bactéries  sont,  en  effet,  des 
ferments  des  matières  albuminoldes,  qu'ils 
décomposent  en  produits  plus  simples,  par- 
mi lesquels  apparaît  presque  toujours  Tam- 
iQoniaque,  dernier  terme  de  leur  action. 

En  examinant,  au  point  de  vue  de  leur 
teneur  en  ammoniaque,  des  vins  de  diverses 
origines  et  des  vins  de  même  origine,  mai- 
oUenusdans  des  conditions  variées,  MM. 
Mûntz  et  Rousseaux  ont  pu  mettre  en  res 
Itefun  certain  nombre  de  faits  qui  parais- 
sent intéressants  au  point  de  vue  de  la  cons- 
titolion  du  vin  : 

1^  Ce  sont  les  températures  de  fermen- 
tation les  plus  élevées,  surtout  celles  ayant 
lUeint  ou  dépassé  40  degrés,  qui  ont  donné 
ksplus grandes  quantités  d'ammoniaque; 
œ  qui  rend  la  présence  de  Tammoniaque 
eo  forte  quantité  digne  d'attention,  c'est 
b révélation  d'une  lermentation  défectueu- 
se du  début,  qui  peut  avoir  quelquefois  des 
conséquences  graves  pour  la  conservation 
ultérieure  du  vin. 

2*  Il  existe  une  corrélation  étroite  entre 
b  présence  des  microorganisroes  qui  se 
tronvcnt  dans  les  vins,  la  proportion  de 
l'ammoniaque  dans  ces  mêmes  vins  et  Tap- 
lilode  des  lies  correspondantes  à  détermi- 
ner les  fermentations  albuminofdes.  MM. 
Vonlz  et  Rousseaux  ont,  en  effet,  donné  la 
^UmoDStration  que  ce  sont  les  microorganis- 
nes  qui  constituent  la  cause  de  production 
<fe  l'ammoniaque  dans  le  moût,  lorsque  la 
températurede  celui-ci  s'élève  outre  mesu- 
re. 

3'Uy  a  une  relation  entre  Tétat  maladif 
<iebvins  (vins  douceâtres,  mannités,  cassés, 


etc.)  et  la  proportion  d'ammoniaque  qu'ils 
renferment  ; 

4"*  La  détermination  deTammoniaquepré- 
sente  un  réel  intérêt,  surtout  dans  les  vins 
qu'on  veut  laisser  vieillir.  En  effet,  les  vins 
qui  semblent  devoir  se  comporter  le  mieux 
sont  ceux  dans  lesquels  la  proportion  d'am- 
moniaque est  peu  élevée. 

Comme,  d'autre  part,  la  température  à 
laquelle  montent  les  moûts  favorise  la  pro- 
duction de  l'ammoniaque,  il  y  a  intérêt,  à  ce 
point  de  vue  encore^  à  empêcher  les  moûts 
d'atteindre  un  échauffement  excessif  par  la 
pratique  de  la  réfrigération  judicieusement 
appliquée. 


LE  CARBURE  DE  CALCIUM 
ET  LE  PHYLLOXÉRA. 

il  paraît  que  le  carbure  de  calcium,  ce 
nouveau  produit  du  four  électrique,  ne 
jouirait  pas  seulement  de  la  propriété  de 
produire  facilement  le  merveilleux  gaz  acé- 
tylène, mais  qu'il  offrirait  encore  le  pré- 
cieux avantage  de  constituer  le  remède  in- 
faillible tant  cherché  contre  le  phylloxéra. 
C'est  du  moins  ce  qui  semble  résulter  d'ex- 
périences sérieuses  faites  en  Espagne  et 
dont  un  journal  de  Barcelone,  El  Terru-^ 
no^  a  rendu  compte  en  une  longue  notice 
que  nous  allons  résumer. 

Cet  organe  étudie  l'application  du  carbure 
de  calcium,  sous  la  forme  de  question- 
naire, et  successivement  se  pose  neuf 
questions,  qu'il  s'empresse  de  résoudre  pé- 
remptoirement. 

l^  Le  carbure  de  calcium  est-il  à  la  fois 
un  insecticide  et  un  engrais  ? 

t  II  ne  peut  être  mis  en  doute  par  per- 
sonne qu'il  soit  un  insecticide;  toutes  les 
expériences  qui  ont  été  faites  ont  constaté 
qu'il  tue  effectivement  le  phylloxéra.  L'ex- 
plication en  est  donnée  par  la  science  d'une 
façon  très  complète,  mais  tout  ce  que 
peut  dire  la  science  nous  est  indifférent, 
ainsi  qu'aux  agriculteurs,  car  nous  savons 
que  ses  théories  sont  souvent  fausses  et  elle 
l'a  fréquemment  prouvé.  Tout  ce  que 
nous  demandons  est  de  voir  périr  sous  nos 
yeux  le  phylloxéra,  sous  l'action  du  carbure 


343 


JODH!<AL  MEINSDI-X  DR  L  ACADÊIIIE    flATlONALB. 


344 


de  calcium   ;  or^  nous  n'en  pouvons  plus 
douter^  car  nous  Pavons  vu. 

Ses  qualités  comme  engrais  sonl  égale- 
meol  indéniables,  en  raison  même  de  la 
nalure  du  produit  et  de  son  action  sur  le 
terrain. 

Nous  avons,  du  reste,  des  preuves  qui  le 
démontrent  d'une  façon  tangible,  comme 
la  vivacité  et  la  vigueur  promptement  ac- 
quises'par  les  ceps  traités  par  le  carbure  de 
calcium  ;  son  action  détermine  aussi  la 
croissance  des  petites  racines,  et  cela  à  l'é- 
poque où  la  sève  végétale  se  concentre  et 
se  retire,  c'est-à-dire  dans  les  premiers 
mois  de    Thiver. 

2<»  Le  carbure  de  calcium  est-il  applica- 
ble, îi  ces  fins,  sur  tous  les  terrains  ? 

Il  Test  réellement,  car  la  nature  et  la 
composition  du  terrain  ne  peuvent  modi- 
fier, en  aucune  façon,  Tefficacité  absolue 
du  carbure  de  calcium,  comme  insecticide  ; 
cela  est  si  vrai,  que  nous  avons  obtenu  les 
mêmes  résultats  satisfaisants,  aussi  bien 
sur  les  terrains  forts  que  sur  ceux  très  lé- 
gers ;  la  seule  précaution  à  prendre,  pour 
les  uns  comme  pour  les  autres,  est  d'avoir 
soin  de  bien  tasser  la  terre,  après  l'appli- 
cation du  c^rl.iîre.  » 

S""  Quel  est.  le  meilleur  mode  d'emploi  du 
carbure  de  calcium  ? 

«  La  manière  de  procéder  est  des  plus 
simples  :  il  suffit  de  déchausser  le  cep 
qu'on  veut  traiter  jusqu'à  une  profondeur 
de  40  à  50centiraètres,  et  d'y  placer  la  quan- 
tité de  carbure  nécessaire,  en  suivant,  pour 
le  reste,  les  indications  ci-après  : 

«  Le  long  de  la  rangée  de  ceps  que  Von 
voudra  traiter,  on  creusera,  à  l'aide  d'une 
charrue  à  oreilles,  un  sillon  de  chaque  cô- 
té d'une  profondeur  de  15  à  20  centimè- 
tres et  séparé  des  troncs  de  ceps  d'environ 
25  centimètres.  Aussitôt  après  on  prend 
une  barre  de  fer  ou  de  bois,  selon  la  nature 
du  terrain,  terminée  en  pointe  et  ayant 
un  diamètre  de  10  centimètres,  et  on  creuse 
ans  chaque  sillon,  près  du  pied  de  la  vi- 
gne, trois  ou  quatre  trous  d'une  profondeur 
de  30à  40  centimètres.  On  y  jette  le  carbure 
de  calcium  en  petits  fragments,  d'après 
les  doses  suivantes  :  si  on  exerce  le    traite- 


ment sur  une  grande  étendue  de  vignobles 
à  la  fois,  100  grammes  pour  chaque  cep  ; 
si  on  traite  des  ceps  isolés,  250  à  400  gram 
mes  suivant  l'intensité  de  l'invasion  phyl- 
loxérique.  Ensuite,  on  doit  recouvrir  ces 
trous  et  les  sillons  primitivement  creusés 
à  l'aide  d'un  autre  soc  donné  par  la  même 
charrue,  puis  on  entasse,  après,  la  terre 
autour  du  cep  avec  un  rouleau  en  bois. 

4""  Quelle  est  la  meilleure  saison  pour  l'ap- 
plication du  carbure  de  calcium  ? 

«  C'est  incontestablement  le  printemps, 
soit  ^n  Mars,  Avril  ou  Mai,  car  c'est  à  cette 
époque  que  l'invasion  phylloxérique  atteint 
son  maximum  de  développement.  Cepen- 
dant, les  expériences  que  nous  avons  pra- 
tiquées pendant  les  mois  d'été  et  d^autom^ 
me  nous  ont  donné,  à  plusieurs  reprises, 
des   résultats  satisfaisants.  » 

h""  Une  seule  application  sera-t-elle  suffi- 
sante, ou  faudra- 1- il  la  renouveler? 

«  Celte  question  est  étroitement  liée  à 
la  précédente,  car  si  l'application  est  faite 
au  moment  précis  oii  éclosent  les  œufs 
d'hiver,  il  est  incontestable  qu'on  aura  ex- 
terminé totalement,  et  cela  avec  un  seul 
traitement,  tout  le  phylloxéra  qu'il  y  a  dans 
la  vigne.  Mais  si  le  traitement  s'effectue  à 
d'autres  époques  de  l'année,  quelques  œufs 
peuvent  ne  pas  être  détruits  et  déterminer 
aux  premières  chaleurs,  une  nouvelle  in- 
vasion provenant  d'un  foyer  voisin,  sur 
lequel  il  n'aura  pas  été  appliqué  du  carbure 
de  calcium  ;  de  sorte  que,  abstraction 
faite  de  ces  deux  cas,  essentiellement  for- 
tuits, on  peut  affirmer  qu'une  seule  appli- 
cation suffit  pour  l'extinction  du  phylloxé- 
ra. » 

6**  L'application  du  carbure  de  calcium 
ne  peut- elle  causer  de  dommage  ou  préju- 
dice au  développement  et  à  la  fructification 
de  la  vigne  ? 

«  En  aucune  façon.  Bien  au  contraire, 
son  action  favorise  particulièrement  la  végé- 
tation des  plantes  en  général,  et  non  pas 
exslusivement  de  la  vigne,  grâce  à  ses  in- 
contestables qualités  comme  engrais  et,  à 
l'action  salutaire  qu'il  exerce  sur  le  sol,  car, 
décomposant  ou  modifiant  ses  éléments, 
il  rend  utilisables  pour  le  végétal  les  princi- 


3e 


AGRiCttLTURE. 


346 


pes  nutritifs  que  le  sol  reDfermait  à  Vétat 
inerte.  Tout  ce  qui  précède  a  été  entière- 
ment  constaté  dans  tous  les  essais  et  expé' 
riences  effectués  jusqu'à  présent,  » 

?  Yaurait'îl  utilité  à  mélanger  le  carbure 
de  calcium  avec  des  engrais  animaux  ou 
chimiques  ? 

c  Nous  pouvons  répondre  à  cela  que  nous 
TavoDS  employé,  combiné  ou  mélangé  avec 
d'aaties  produits  divers,  et  qu'il  i;ous  a  tou- 
jours donné  le  mémo  résultat  satisfaisant. 
<  C'est  pourquoi  nous  ne  voyons  aucun 
inconvénient  à  ce  que  Ton  iasse  ainsi.  Pour- 
tant, nous  ferons  remarquer  que  quand  il 
sagit  d'obtenir  directement  et  exclusivement 
VeitiDction  du  phylloxéra  parle  carbure 
de  calcium,  mieux  vaut  l'employer  seul. 
Nous  avons  fait  ainsi  dans  les  dernières  ex- 
périences, et  le  succès  a  été  complet. 

8*  Faudra- t-il  appliquer  le  carbure  de 
calcium  comme  moyen  préventif  et  prophy- 
lactique? 

«  Quant  à  cela,  il  ne  faut  pas  oublier  que 
si  laction  insecticide  du  carbure  de  calcium 
est  1res  rapide,  et,  comme  l'expérience  Ta 
démontré,  très  durable,  elle  ne  peut  Télre 
)u  point  d'empêcher,  étant  appliqué  au* 
joard'hui,  l'invasion  une  ou  deux  années 
après.  Nous  dirons  simplement  que,  ulili- 
saol  les  qualités  d'engrais  et  de  stimulant 
des  fonctions  chimiques  du  sol  que  possède 
ie  carbure,  il  sera  toujours  avantageux 
demeure  en  terre  une  certaine  quantité  do 
ce  produit,  soit  à  l'époque  de  la  planta- 
lion,  soit  à  toute  autre  époque  qu'on  juge- 
ra convenable.  » 
î^  Comment  agit  le  carbure  de  calcium  ? 
"  Le  carbure  de  calcium  est  le  résultat 
d'une  combinaison  intime  de  charbon  en 
poudre  et  de  chaux  vive,  mélange  qui  s'ob- 
tient ghkce  aux  hautes  températures  des 
fours  électriques. 

<  11  ne  se  décompose  qu'au  contact  de 
l'bumidité,  et  le  carbure  de  calcium  se 
transforme  alors  en  chaux  vive  d'abord, 
puis,  à  mesure  que  l'action  de  l'eau  iievient 
plus  active,  en  chaux  éteinte;  l'acétylène 
^la  chaux  sont  les  principaux  produits  ré- 
sultant de  la  décomposition  du  carbure  de 
calcium,  mais  ce  ne  sont  pas  les  seuls,  car, 


à  une  certaine  époque  de  la  décomposition, 
il  dégage  de  Tammoniaque  en  quantités 
considérables.  Il  élève  aussi  sensiblement 
la  température  du  sol,  favorisant  ainsi  la 
végétation.  C'est  ainsi  que  M.  Chuard,  le 
savant  chimiste  suisse,  décrit  Faction  du 
carbure  de  calcium  sur  le  sol.  » 

On  voit  que  le  journal  espagnol  est  des  plus 
aflirmatifs,  et  que,  d'après  ses  indications, 
il  faudrait  attribuer  la  destruction  du  phyl- 
loxéra à  l'action  lente  de  l'ammoniaque  dé- 
gagé par  la  décomposition  du  carbure  de 
calcium. 

Ce  dégagement  d'ammoniaque  est  d'ail- 
leurs expliqué  de  la  manière  suivante  par 
M .  Raoul  Pictet  : 

tt  De  nombreuses  expériences  et  des  ana- 
«  lyses  plus  ou  moins  fréquentes  nous  ont 
(c  démontré  que  le  carbure  de  calcium  pré- 
«  sente  une  aflinité  très  particulière  pour 
«  l'azote  atmosphérique.  Il  retient  ce  gaz 
tt  par  éclusion,sans  se  combiner  avec  lui.. .. 
tt  L'azote  ainsi  fixé,  au  moyen  d'actions 
tt  physico-chimiques  dans  les profondeursdu 
«  carbure,  se  rencontre  avec  l'hydrogène 
a  qui  se  dégage  pendant  la  décomposition  de 
«  Teau....  De  sorte  que  l'ammoniaque  doit 
«  être  forcément  en  proportion  directe  de 
<c  l'azote  emmagasiné  dans  les  pores  du  car- 
«  bure  de  calcium....  et  comme  ce  dernier 
«  a  la  propriété  de  retenir  de  grandes  quan- 
tt  ti  lés  d'azote  atmosphérique,  delà  découle 
c  la  production  lente,  aussi  lente  que  la  dé- 
tt  composition  du  carbure,  d'importantes 
<4  quantités  d'ammoniaque.  » 

La  production  d'ammoniaque  par  l'effet 
de  la  décomposition  lente  du  carbure  de 
calcium  semble  donc  un  phénomène  cer- 
tain ;  mais  il  reste  à  savoir  si  l'ammonia- 
que ainsi  produit  possède  bien  le  puis- 
sant pouvoir  destructeur  du  phylloxéra  qui 
semble  résulter  des  expériences  faites  en 
Espagne.  Il  est  donc  à  souhaiter  que  des 
expériences  de  même  nature  soient  pro- 
chainement entreprises  en  Franco,  dans  des 
conditions  de  nature  à  leur  assurer  une 
valeur    réellement    probante. 

Il  va  sans  dire  que  nous  désirerions  sin- 
cèrement que  les  expériences  françaises 
aboutissent  à  la  confirmation  pleine  et  en- 

16 


347 


tière  des  importants  résultais  obieims  par 
les  viticulteurs  espagnols  qui  ont  eu  au  nnoins 
le  mérile  d'essayer  l'emploi  du  carbure  de 
calcium. 


JOURNAL  MENSUEL^  l«  C4M;4DÉII1B  NATIONALB.  348 

La  récolte  des  qualité  dei'nières    anoées 
avait  été,  pour  l'orge  : 

Hectolitres  Quintaux 


LES  RÉCOLTES  D*OROE  ET  0*AVOINE 

•Hissa 

D*après  le  ministère  de  Tagrioulture,  la 
récolle  d*orge  pour  18V6  est  évaluée  à 
17.405.060  hectolitres,  correspondant  à 
11.211.630  quintaux,  et  celle  de  Pavoine  à 
92.07 l.aSO  hectolitres,  correspondant  à 
43.304.4^0  quintaux. 


1885 

19.014.73G 

10.845.907 

1894 

17.074.408 

10.838.526 

18as 

12.240.999 

7.796.008 

1892 

16.248.516 

10.450.001 

Pour  ravoine 

: 

1895 

91.877.753 

44.378.784 

1804 

01.878.731 
02.501.524 

42  724.304 

1893 

28.546.218 

1802 

83.001.354 

38.934.037 

EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION  DB  BRUXELLES 

{Suite.) 
(Voir  le  journal  de  juin.) 

Notre  seconde  série  de  visites  à  TEi posi- 
tion universelle  de  Bruxelles,  qui  a  pris  pla- 
ce dans  la  première  quinzaine  d'août,  nous 
a  enfin  mis  en  présence  d'une  œuvre  com- 
plètement achevée  dans  son  ensemble  et 
dans  la  plus  grande  partie  de  ses  détails. 
Ainsi  terminée  et  complétée,  avec  sa  déco- 
ration splendide,  la  variété  et  la  richesse  de 
ses  installations,  l'animation  de  la  foule 
émerveillée  qui  emplissait  ses  galeries,  l'ex- 
position bruxelloise  offrait  toutes  les  appa- 
rences du  succès,  —  disons  même  du  triom- 
phe. 

Nous  sommes  d'autant  plus  heureux  de 
constater  cette  réussite  de  Texposilion  belge 
que,  de  Tavis  général,  la  section  française, 
par  son  éclat  particulier,  constitue  l'un  des 
principaux  attraits  de  l'ensemble,  et  qu'elle 
recueille  une  large  part  des  témoignages 
d'admiration  que  prodiguent  les  visiteurs. 
Même  au  milieu  des  splendeurs  incontesta- 
bles de  la  section  belge  et  de  quelques  autres 
sections  étrangères,  les  magnificences  de  la 
section  française  attestent  encore  une  supé- 


riorité manifeste  du  goût  français  et  spécia- 
lement parisien.  Cènes,  même  dans  les  in- 
dustries de  haut  luxe,  il  est  certaines  pro- 
ductions belges,  anglaises,  autrichiennes  ou 
allemandes  qui  soutiendraient  fort  bien  la 
comparaison  avec  les  productions  similaires 
de  France  ;  mais  aucune  nation  ne  peut  en- 
core offrir  un  ensemble  de  productions  élé- 
gantes, luxueuses  et  artistiques,  comparable 
à  l'ensemble  que  présente  la  section  fran- 
çaise, qui  est  tout  à  la  fois  riche  et  somp- 
tueuse, sans  cesser  d'être  harmonieuse  et 
délicate. 

Au  reste,  tous  les  visiteurs  éclairés,  même 
les  moins  francophiles  ou  les  plus  franco- 
phobes, se  déclarent  obligés  de  rendre  hom- 
mage à  la  supériorité  d'éclat  de  l'exposition 
française  qui,  cependant,  ne  montre  pas 
encore  à  Bruxelles  toutes  les  ressources 
dont  il  lui  sera  loisible  de  disposer  à  Paris 
en  1000.  On  doit  donc  considérer  la  section 
française  comme  une  superbe  préface  de 
l'œuvre  plus  grandiose  et  plus  magnifique 
encore  qui  se  développera  en  1900  sur  les 
bords  de  la  Seine. 

Après  la  section  française,  Texposition 
nationale  ta  mieux  groupée,  la  mieux  orga- 
nisée et  la  plus  intéressante  est  celle  de 
l'Autriche -Hongrie,  qui  englobe  une  origi- 


MO 


Exptmrriofts  rr  concours. 


350 


Mie  et  a  lira  vante  installatkm  cmisaerée  spé- 
eialementaux  profinces  de  Bosnie  et  d'Her- 

aégOTÎM. 

La  section  allemande  est  bien  moins  brit- 
lante  à  BrutelTes  qa'elle  ne  Tétait  k  Anvers 
en  18M.  A  part  qnetques  installations  re- 
fnanfoables  dans  la  galerie  des  machines, 
dasse  des  constrtretions  mécaniqaes,  elle 
s'offre  aoeane  osposition  privée  capable  de 
d4MiDer  orne  hante  idée  de  Tindustrie  aile- 
ottnde,  qai  est  cependant  si  prospère  et  si 
paissante  dauscertaines  branches.  II  semble 
bien  (failleors  que  le  gouvernement  de 
HBmrpfre  d'Allemagne  s'est  comptèlement 
^rntëresséde  la  partie! patron  de  ses  natio- 
naux à  fexpositton  de  KruxeTles. 

La  section  anglaise  comporte  naturelle- 
ment des  installations  particulières  fort  bel- 
les et  fort  remarquables  ;  mais  elle  manque 
d'une  eoordinatioa  capable  d'en  faire  res- 
sortir Tensemble,  et  m'est  nullemeni  à  la 
hauteur  de  ta  grande  reiMMnmée  industrielle 
de  r ADglpelerre.  La  même  observation  s'a)>- 
l^ique  à  la  seetioft  des  Etats-Unis. 

Les  seeliom  des  Pays-Bas,  de  la  Simse  el 
de  l'Italie  smM  assez  intéressantes  et  réunie» 
sent  des  produits  manufacturés  d'un  réel 
mérite.  Comme  àl'habitude les  œuvres  d'art 
en  marbre  blanc  et  les  meubles  sculptés  en 
plein  bois  brillent  dans  la  section  italienne 
d'un  éclat  incomparable. 

En  dehors  de  ses  produits  naturels,  vins, 
mioerais  et  huiles,  l'Espagne  ne  présente 
comme  réellement  intéressants  que  des  ou- 
vrages d'orfèvrerie  en  acier  incrusté  d*or. 

La  Russie  n'est  représentée  que  d'une  la* 
çon  tout  à  fait  insignifiante. 

Certains  pays  lointains,  comme  le  Para- 
{^y,fei  République  Dominicaine  et  la  Répu- 
blique de  Libéria,  ont  agencé  des  installa- 
6ens  convenables,  où  se  trouvent  mis  en 
reKef  le»  matières  premières,  Dbr  denrée» 
sgriceie»  ou  les  produits  industriels  de  ces 
contrées. 

Qtant  au«  sections  de  la  Turquie,  d\9  la 
Perse,  de  la  Chine  et  du  Japon,  elles  ne  sont 
autre  cbose  que  des  bazars  plus  ou  moins 
ornementés,  servant  à-  la  vente  de  quelques 
articles  originaux  dto  ces  pays.  Ce  sont  plu'' 


tût  des  galeries  de  caravansérail  que  de» 
sections  d'exposition. 

Après  ces  eonsidérattotis  générales,  nous 
reprenorfs  la  soite  des  comptes-rendas  con- 
sacrés aux  expositions  part^euDères  de  nm 
Socrétaîres.  La  première  série  de  ces  comp' 
tes-rendus  a  paru  dans  notre  jetifnal  de 
Juin.  Ces!  donc  o»e  seconde  série  qtfr  t« 
suivre.  Cette  seconde  série  eompreedra  la 
plus  grande  partie  de  ceux  de  nos  Membres 
qai  n'avaient  pas  été  mentionnés  en  juin  ; 
mais,  conlrarrement  *  nos  intentions,  celle 
seconde  série  ne  potfrra  être  absolnmeitl 
complète,  en  raison  des  drfftecfleés  excep-^ 
tionnelles  que  présentarf  la  recherche  des 
participations  de  nos  Sociétaires  au  milieu 
des  galeries  multiples  de  Texposilion  de 
Bruxelles.  Car,  il  faut  bien  te  dire,  Fun  des 
éléments  de  l'éclat  qu'ofire  Texpositjon  de 
Bruxelles  est  ïa  grande  diversité  des  objets 
présentés  ù  la  fois  à  Fobservation  des  visi*^ 
teurs.  Mais  cette  diversité,  qui  n'est  que  Te 
résultat  de  Tincohérence  de  la  répartition 
des  emplacements  alloués,  est  un  grand  obs^ 
tacle  aux  recherches  et  études  méthodiques, 
et  si  le  public  est  ravi  de  îa  grande  variété 
des  objets  qui  s'offrent  en  môme  temps  à  sa 
vue,  l'homme  d^études    est    promptement 
épwsé  par  des  recherches  multiples  souvent 
iûirueUieuses  au  mlieir  dur  labyrinthe  des 
installations.  Il  faudra  dooie  une  troisième^ 
et  j^nt-élre  une  quatrième  série  de  eornp*^ 
tes-'Pettdue  pour  en  finir  avec  notre  Vravait 
dTexamencto  l'exposition  de  Bruxelles.  Que 
ceux  de  nos  Sociétaires  ^li  n'ayant  pas  été 
,  cités  eo   |uin,   ne  se  verraient  pas>  eaeore 
mentionnés  dans  le  présent  numéro,  nese^ 
considèrent  cependant   pas  comme  oubliés 
ou  laissés  de  côté.  Nous  ne  les  a^fon^pas 
perdus  de  vue  et  nous  ferons  en  sort»  de 
réparer  ultérieurement  les  omissions^  dont 
ils  auraient  été  Fobjet. 

C'est  encore  en  suivant  Tordre  alphabéti- 
que des  noms  que  nous  déveio]»perons  not^e 
secondé  série  de  comptes  rendus. 

WP.  Bar,  à  Rantigny  (Oise), expose  une  col- 
lection riche  et  variée  de  paillons  métalli- 
ques, en  bandes  ou  en  rondelles*,   unis  ou 
'  estampés  d'ornements  eu  relief,  en  argent 


351 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L^AGA&ÉIUB  NATIONALE. 


352 


fin,  en  argent  faux,  en  similior,  en  cuivre, 
en  lailon  coloré,  en  roaillechorl  ou  en  alu- 
minium. Ces  paillons,  qui  servent  k  orner 
soit  seulement  les  costumes  de  théâtre  dans 
nos  contrées,  soit  toutes  les  toilettes  fémi- 
nines  indigènes  en  Orient  et  dans  les  Indes, 
jouissent  d'une  vogue  constamment  grandis- 
sante, qui  alimente  toujours  de  commandes 
pressées  les  établitvsements  de  H.  Bar.  Cette 
vogue  a  d'ailleurs  pour  cause  principale  la 
perfection  de  la  fabrication  de  notre  Socié- 
taire, qui  est  arrivé  à  produire  dans  des  con- 
ditions exceptionnelles  de  bon  marché  des 
articles  dont  le  clinquant  séduit  toutes  les 
coquetteries  féminines. 

M.  Barbanson,  fabricant  d*engrais  chimi- 
ques, à  Bruxelles,  était  inscrit  comme  Mem- 
bre de  la  Société  générale  des  fabricants 
d'engrais  chimiques  de  Belgique,  qui  a  édi- 
iié  une  splendide  installation  dans  le  voisi- 
nage de  Ventrée  principale  de  Tex position, 
et  qui  a  fort  bien  réussi,  par  le  bon  agence- 
ment de  ses  produits  et  la  bonne  disposi- 
tion des  tableaux  indicatifs  présentés  aux 
visiteurs,  à  attirer  l'attention  du  public  sur 
Tiinportance  de  son  industrie  et  sur  les 
avantages  que  peut  en  retirer  Tagriculture. 

Sur  les  gradins  de  la  collectivité  de  la  Gi- 
ronde, nous  avons  remarqué  des  bouteilles 
de  vin  rouge  de  Macau-M^oc  de  1881,  1888, 
1890  et  1893,  sortant  des  caves  du  Ctiâ- 
Leau  Priban  qui  appartient  à  notre  Socié- 
taire, M.  Th.  Bellemer,  de  Bordeaux.  Ce  vin 
ne  saurait  manquer  d'être  apprécié  aussi 
favorablement  à  Bruxelles  que  partout  ail- 
leurs. 

MM.  DE  BoNT  ET  Leijten,  à  Amsterdam, 
exposent  des  bonbons,  des  liqueurs,  des 
chocolats  et  autres  produits  de  confiserie 
Une  qui  leur  ont  valu  une  légitime  réputa- 
ion  dans  toute  la  Hollande.  Préparés  d'une 
manière  irréprochable,  en  n'employant  que 
des  matières  premières  de  choix,  tous  les 
produits  de  la  marque  de  Bont  et  Leijten 
sont  d'un  bon  goût  parfait  et  dignes  de  flat- 
ter les  palais  les  plus  délicats.  Cette  maison 
est  maintenant  dans  sa  cinquante-quatriè- 
me année  d'existence. 


M.  Bossard-Lemaire,  à  Paris,  qui  ne  s'est 
décidé  que  tardivement  à  prendre  part  à 
l'exposition  de  Bruxelles,  ne  se  trouve  pas, 
pour  cause,  avantageusement  placé.  On  doit 
chercher  sa  vitrine  au  premier  étage,  bien 
loin  de  remplacement  consacré  aux  autres 
parfumeurs  parisiens.  Cependant  les  pro- 
duits renfermés  dans  cette  vitrine  .'extraits 
de  fleurs,  parfums  et  cosmétiques  divers 
sont  dignes  de  soutenir  la  comparaison 
avec  les  produits  similaires  des  plus  renom- 
més parfumeurs. 

Au  reste,  c'est  à  juste  titre  que  M.  Bros- 
sard-Lemaire  désigne  sa  maison  dans  l'ap- 
pellation de  Parfumerie  des  Patriciennes^ 
et  Ton  sait  que  sa  Reine  des  Crèmes  et  sa 
Reine  des  Poudres  de  Ri\  sont  au  nombre 
des  produits  les  plus  recherchés  par  les  da- 
mes du  monde  élégant. 

M.  Brochard-Quillet,  à  Cbâteaudun, 
expose  son  excellente  liqueur  la  Danoise, 
le  c(»gnac  de  la  marque  W.  Marchand  et 
Cie,  et  l'eau-de-vie  dite  grande  Champagne 
extra  de  la  marque  Brochard  et  Cie.  Le 
jury  ne  peut  manquer  d'apprécier  haute- 
ment ces  produits  de  premier  ordre. 

M.  Bruelfils,  à  Souillac  (Lot),  présente 
des  cuirs  tannés  et  corroyés  au  suif  en  noir, 
en  iauve  foucé  et  en  fauve  clair.  Les  spéci- 
mens présentés  sont  peu  nombreux,  mais 
ils  sont  de  toute  première  qualité,  tant 
comme  contexture  et  dimension  des  Grou- 
pons, que  comme  parfaite  réussite  du  tan- 
nage et  du  corroyage.  Aucune  autre  tan- 
nerie, dans  le  monde  entier,  ne  pourrait 
présenter  des  cuirs  d'une  qualité  supé- 
rieure et  d'une  meilleure  préparation. 

M.  Bures  aîné,  à  Caen,  a  fait  figurer  dans 
la  vitrine  de  la  collectivité  normande  des 
bouteilles  de  sa  liqueur  la  Pomme,  de 
grands  cidres  de  Normandie,  et  d'eaux-de- 
vie  de  cidre  sous  les  désignations  de  Calva- 
dos et  de  Fi  ne  Calvados. 

On  sait  que  les  produits  portant  la  mar- 
que de  M.  Bures  aîné,  jouissent  d'une  fa- 
veur marquée  dans  toute  la  Normandie  et 
qu'ils  sont  comptés  au  nombre  des  produc- 
tions les  plus  fines  du  terroir. 


353 


RXK)S1TI0NS  ET  CONCOURS. 


354 


M.  Catz  van  Pekela,  de  Groningen  (Hol- 
linde),  présente  dans  une  belle  vitrine  de 
chêne  scalpté  des  flacons  de  difiBérenles 
tailles  dans  lesquels  est  mis  en  vente  l'ex- 
cellenle  liqueur  qui,  sous  la  dénomination 
de  Cat:[Elixer,  a  conquis  dans  les  Pays-Bas 
les  suffrages  de  tous  les  gens  de  goût.  Cet 
éliiir  tient  dignement  son  rang  au  milieu 
des  grandes  liqueurs  fines  dont  la  Hollande 
est  la  patrie  d*origi ne. 

M.  Chaize  aine,  àBellevue-la-Digonnière, 
près  Saint-Etienne  (ï/)ire),  expose  une  im- 
portante collection  de  lisses  pour  tissage 
au  métier  Jacquard,  soit  en  fil  de  lin,  soit 
en  til  d'acier.  Les  lisses  en  fil  de  lin  sont 
dites  sans  nœud  et  sans  coudage  au  mail- 
lon. Quelques  sortes  sont  constitués  avec 
emprisonnement  d*œillets  métalliques. 

Les  lisses  de  la  manuracture  de  M.  Chaize 
sont  d'une  fabrication  soignée  qui  les  a 
fait  adopter  exclusivement  par  un  grand 
nombre  d'établissements  de  tissage.  Aussi 
la  production  de  la  manufacture  dépasse- 
t-elle  maintenant  1.500.000  lisses  par  jour. 

En  dehors  de.^  perfectionnements  qu*il  a 
apportés  à  la  fabrication  des  lisses,  M. 
Chaize  aîné  peut  aussi  revendiquer  le  mé- 
rite d'avoir  été  l'innovateur  de  Tapplica- 
tion  du  moteur  électrique  aux  métiers  à 
lisser. 

M.  Chalut  Voiry,  à  Tours,  présente  des 
Tins  de  Vouvray  vieux,  dans  la  forme  na- 
turelle, et  des  vins  de  la  môme  origine  sous 
la  Torme  mousseuse.  On  sait  que  les  vins  de 
Vouvray  ont  la  même  aptitude  que  les  vins 
de  Champagne  à  prendre  la  mousse  et  à  dé- 
tenir ce  breuvage  délicieux  et  pétillant  dont 
le  monde  entier  a  le  goût  et  Tappétit. 

M.  Chaumeil  (Amédée),  pharmacien,  à 
Annonay  (Ardèche),  expose  des  flacons  de 
différentes  grandeurs  de  V Alcool  de  Men- 
the des  Cévennes  qu'il  prépare  par  distil- 
lation d*un  alcool  parfaitement  rectifié  sur 
de  la  menthe  poivrée  fraîche,  récoltée  dans 
les  montagnes  de  la  chaîne  des  Cévennes. 
Par  son  arôme  fin  et  parfumé,  par  les  soins 
apportés  à  sa  préparation  et  par  ses  vertus 


balsamiques  et  thérapeutiques,  cet  Alcool 
de  menthe  des  Cévennes  mérite  d'être 
classé  au  même  rang  que  d'autres  produits 
du  même  genre  qui  jouissent  depuis  long- 
temps, fort  légitimement  d'ailleurs,  de  la 
faveur  du  public.  On  sait  que  Talcool  de 
menthe  est  susceptible  d'une  infinité  d'em- 
plois, et  que  son  usage  rend  les  plus  grands 
services  dans  les  cas  de  migraines,  diges- 
tions difficiles  ou  troublées,  dérangements 
intestinaux.  C*est  Tune  des  préparations 
cordiales  les  plus  justement  en  vogue. 
Quand  il  sera  mieux  connu  du  public,  l'al- 
cool de  menthe  des  Cévennes  préparé  par 
M.  Chaumeil  ne  saurait  manquer  de  trou- 
ver une  clientèle  aussi  fidèle  que  nom- 
breuse. 

M.  Chevalier, à  Puleaux,  l'un  des  doyens 
etTun  des  maîtres  de  Tindustrie  des  con- 
serves alimentaires,  expose  dans  des  bo- 
caux de  verre  toutes  sortes  de  conserves 
animales  ou  végétales,  parmi  lesquelles  il 
nous  suffira  de  citer  des  poulets  entiers  rôtis, 
des  canards,  des  crêtes  de  coq,  des  langous- 
tes, des  écrevisses,  des  tomates,  des  ha- 
ricots, des  champignons,  des  truffes,  des 
pois,  des  asperges,  des  artichauts,  des  cèle- 
leris,  etc. 

Grâce  à  la  transparence  du  verre,  on  se 
rend  compte  aisément  de  Texcellent  état  de 
conservation  dans  lequel  se  maintiennent 
les  aliments  ainsi  préparés. 

Bien  entendu,  pour  la  vente  courante, 
les  mêmes  produits  sont  placés  dans  des 
boites  de  fer-blanc  moins  fragiles  que  les 
bocaux  de  verre.  Mais  ces  derniers  ont  au 
moins  l'avantage  de  montrer  aux  contem- 
plateurs de  la  vitrine  de  M.  Chevalier  que 
les  produits  mis  en  conserve  par  la  maison 
sont  de  tout  premier  choix,  et  que  leur 
préparation  soignée  et  experte  ne  saurait 
laisser  rien  à  désirer. 

Au  centre  de  la  vitrine,un  médaillier  gar- 
ni témoigne  des  récompenses  de  premier 
ordre  déjà  remportées  par  M.  Chevallier. 

M.  CHiFFEMANN,à  Lisioux,  présente  dans 
une  vitrine  particulière,  les  boîtes  de  diffé- 
rentes grandeurs  et  de  différentes  étiquet- 


355 


JOCBNAL    HliNfttia  Dl    L  ACADCHIH  NATIONALF. 


'xe 


te»  dans  lesquelles  se  pré&enient  aus  con-* 
£ûiiicoMteurt  les  divers  fromages  de  5a  pré- 
paration :  camemberts,  Pont-rE^éque,  li- 
varots, Saiot-Jacquei ,  Calvados.etc.L  excel- 
lente qualité  de  tous  ces  fromages  de  genres 
variés  assure  a  H .  Cbiffemann  une  clientèle 
d'acheteurs  qui  va   en  s'augmentant  sans 

2JM.  Chorel  et  Escorbu,  à  Saint-Etien^ 
ne,  esposent  une  splendide  collection  de  ru- 
bans de  soie,  brodés,  brochés,  moirés,  im* 
primés  ou  unis,  en  toutes  couleurs  et  tou* 
tes  largeurs.  L'industrie  rubannièrestépha- 
noise  est  ainsi  représentée  avec  un  éclat  di- 
gue de  son  importance. 

MM.  CossÉ-DtvALet  Cie,  à  Nantes,  ont 
envoyé  do  superbos  calottes  de  sucre  candi 
cristallisé,  blanc  et  blond,  obtenu  par  le 
traitement  exclusif  du  sucre  do  canne  des 
colonies,  el  destiné  essentiellement  à  la  pré- 
paration dos  vins  mousseux  de  la  Cbampa* 
gne,  de  la  Touraine  et  du  Saumuix>ts.  Pour 
cet  usage  spécial,  les  sucres  candis  de 
MH.  Cossé^Duval  et  Cie  sont  reconnus 
depuis  longtemps  comme  supérieurs  aux 
cristaux  tirés  du  sucre  de  betterave. 

MM.  CoTTANCE,  Bagot  ot  Cic,  de  .Paris, 
ont  groupé  sur  une  élégante  étagère  Pom- 
padour,  enfermée  dans  une  superbe  vitrine 
blanche  et  or,  la  collection  variée  de  leurs 
produitsde  parfumerie  :  savons, cosmétiques 
parfums,  eaux  de  toilette,  pommades, 
huiles,  brillantines,  vaselines,  alcool  de 
menthe,  etc. 

Non  seulement  ces  produits  ont  le  béné* 
fice  d'une  présentation  soignée  et  élégante, 
mais  encore  ils  jouissent  de  qualités  intrin-^ 
sèqoes excellentes,  qui  leur  ont  valu  une 
juste  réputation  dans  le  monde  élégant. 
Aussi  la  consommation  éclairée  estime-t-elle 
la  marque  de  MM.  (:k>ttanoe  Bagot  et  Cie  à 
régal  des  marques  les  plus  réputées  dans 
le  commerce  de  la  parfumerie. 

Le  nom  de  Cusenibr  évoque  Pidée  d*une 
supériorité  marquée  dès  qu'il  s  agit  de  breu- 
vages ou  de  liqueurs.  Aussi  ce  nom,  inscrit 


sur  les  bouteilles  de  Xère»* Vermouth,  de 
Rubis  Cofnae,de Cognac  du  Château  de  Solan- 
çoo,et  de  toutes  les  liqueurs  de  compoiiikHi 
courante,  est-il  regardé  comme  le  meilleur 
certificat  de  q*.ialité  pour  les  produits  rea  « 
fermés  dans  ces  bouteilles.  L'important  ëu« 
lage  do  fûts  et  de  foudres  avec  hi  marque 
Cogn^,  installé  &  Bruxelles  par  la  Société 
anonjme  de  la  Distillerie  Cusenier,  ne  peut 
d  ailleursque  frapper  vivement  Traiagination 
des  visiteurs  et  leurdonnerla  meilleure  idée 
des  produits  d'uneentreprise  dont  le  maidriel 
do  cave  est  si  perfectionné  el  si  soigné. 

MM.  Denis,  Bënoist  kt  C,  do  Roubaix, 
oxp9seni,  en  môme  temps  qu'une  vue  de 
leurs  importants  établissements,  un  assorti^ 
ment  varié  de  tissus  de  ooton,  de  lin,  de 
Jute,  de  laine  et  de  soie,  teints,  apprêtés  et 
imprimés  dans  leurs  atelicra.  Nous  voyons 
dans  leur  intéressante  vitrine  du  velours  du 
jute  blanchi  ;  des  impressions  à  simple  el 
double  face  sur  satin,  sur  soie,  sur  ooioD, 
sur  velours  de  jute,  sur  velours  de  lin,  sur 
velours  do  coton,  sur  peluche  de  lin  ;  des 
enlevages  sur  velours  de  coton  ^  des  pelu- 
ches de  lin  teintes  en  des  couleurs  solides  ; 
des  peluches  de  mohair  et  des  imitations 
d'astrakhan  teintes  par  traitement  spécial, 
et  des  draperies  teintes  en  noir  inaltérable 
et  brillant.  Par  la  variété,  l'importance  el 
la  perfection  de  leurs  travaux,  MM.  Denis, 
Benoist  et  C"  se  classent  au  premier  rang 
do  l'industrie  des  teintures  et  apprêts  dans 
la  région  du  Nord. 

MM.  Georges  Duprat  et  C'%  de  Borduaux, 
présentent  des  bouteilles  de  liqueur  Stella^ 
devin  Solis,  d'apéritif  Univtrsal  et  de  vins 
mousseux  Borboleta,  tous  produits  que 
nous  avons  en  l'occasion  d'apprécier  et  dont 
noua  avons  rendu  compte  il  y  a  quelque 
temps.  Observons,  d'ailleurs,  que  leur  col*- 
leotion  est  complétée  par  une  anisette 
et  par  un  autre  vin  mousseux  placé  sous 
l'égide  de  la  marque  Triomphe, 

D;ins  la  collectivité  des  fabricants  pari- 
siens de  chap'^aux  pour  dames,  MM.  Les 
Fils  de  Léopold  Picauo,  à  Paris,  exposent 


357 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


358 


qttdqaefl  formes  en  paille,  dans  les  couleurs 
fivês  et  les  contours  tourmentés  qui  sont 
présMiteroeut  de  mode.  Ces  formes  suffisent 
Adonner  une  idée  du  cachet  spécial  de 
toutes  les  créations  do  la  maison. 

MM.  Lbs  Fils  de  L.  Salles,  ù  Paris,  ont 
installé  dans  la  section  agricole  une  élégante 
étagère  garnie  de  velours  rouge  et  surmon- 
tée d'une  médaillier  fort  bien  garni,  sur  les 
gradins  de  laquelle  se  trouvent  des  bocaux 
de  cristal  remplis  des  produits  chimiques, 
engrais  eX  matières  résiduairesqui  font  l'ob- 
jet, soit  de  leur  commerce,  soit  de  leur  in- 
dostrie exercée  à  Tusine  d'Ivry.  Voici  Té- 
Dumération  aussi  complète  que  possible  des 
produits  exposés:  sulfate  de  fer,  superphos- 
phate d'os,  superphosphate  minéral,  nitrate 
de  soude,  nitrate  de  potasse,  chlorure  de 
potassium,  phosphate  de  la  Somme,  phos- 
phate de  l'Oise,  sulfate  de  chaux,  scories  de 
déphosphoratiou,  engrais  complet,  coques 
de  cacao,  poudre  d'os,  viande  desséchéee, 
marc  de  colle,  déchets  de  laine  en  poudre, 
iDoellcde  plume,corne  torréfiée,  cuir  torré- 
fié, sang  desséché,  naphtate  de  chaux, 
sulfate  d'ammoniaque,  phospho-guano, 
phosphate  précipité,  sulfate  de  soude,  sul- 
fate de  potasse,  engrais  normal  animalisé, 
cuir  désagrégé,  pyrite  verte,  etc. 

On  voit  que  MM.  Les  fils  de  L.  Salles  trai- 
tent et  vendent  des  marchandises  de  natures 
fartées,  qui  toutes  ont  une  utilité  réelle  Jus- 
tifiant les  soins  mis  à  les  recueillir  et  à  les 
mettre  à  la  disposition  de  l'agriculture. 

H.  Octave  Flinois,  négociant  en  vins  et 
spiritueux,  à  Fluvy*le-Marlel  (Aisne),  a  fait 
iostailer  une  grande  vitrine  garnie  d'étoffe 
rooge  et  décorée  d'imitations  de  sarments 
de  vignes  et  de  grappes  de  raisins,  dans  la- 
quelle une  étagère,  reposant  sur  des  modè- 
les réduits  de  foudres  et  de  tonneaux,  sup- 
porte desl)OUteillesd'eaux-de-vie  et  de  vins 
de  Champagne  et  des  flacons  de  kirsch. 

Les  t>outeilles  d'eaux-de-vie  indiquent  des 
titres  alcooliques  de  48%  50-,  51%60*et  04^ 
Elles  figurent  à  titre  d'échantillons  des  pro- 
Tisioos  que  renferment  les  caves  de  M.  Octave 
Flinois.  Par  le  groupement  et  la  présenta- 


tion de  ces  pi^oduits,  M.  Flinois  a  tenu  à  don- 
ner une  idée  des  soins  apportés  à  la  consti- 
tution de  ses  approvisionnements.  Malheu-* 
reusement,  sa  vitrine  placée  dans  les  sous- 
sols  du  Palais  de  TAIimentation  est  un  peu 
en  dehors  des  courants  de  la  foule  des  visi- 
teurs. 

Dans  la  partie  de  la  section  française  con- 
sacrée à  la  bijouterie,  une  belle  vitrine  de 
chêne  ciré,  garnie  d'un  voile  de  crêpe,  pré- 
sente  aux  visiteurs  à  la  fois  émerveillés  et 
attristés,  la  splendide  collection  de  bijoux 
dits  Emaux  bressans  que  notre  regretté 
Sociétaire,  M.  Fornet,  de  Bourg(Ain),  avait 
si  soigneusement  préparée  pour  l'exposition 
de  Bruxelles.  Dans  notre  numéro  de  Juillet, 
nous  avons  parlé  en  détail  de  ce  genre  de 
bijoux.  Nous  ne  reviendrons  pas  sur  les  des- 
criptions déjà  faites,  mais  nous  dirons  que 
les  objets  contenus  dans  la  vitrine  de  M. 
Fornet  et  consistant  en  bracelets,  boucles 
de  ceintures,  colliers,  broches,  bagues,  ca- 
dres, miroirs,  épingles  de  cravates,  médail- 
lons, reliquaires,  bénitiers,  etc.,  objets 
constitués  en  filigrane  ou  en  massif  et  dé- 
corés d'émaux  cloisonnés  rouges,  blancs  ou 
bleus,  étaient  vivement  admirés  par  les  vi** 
siteurs.  Une  image  religieuse  disposée  en 
triptyque  et  montée  sur  le  fond  de  satin 
d'un  riche  écrin,  constituait  la  pièce  capi* 
taie  de  cette  exposition,  attestant  les  ten- 
dances artistiques  du  maître  ès-bijouterie 
que  la  mort  a  emporté  à  la  veille  d'un  nou- 
veau triomphe. 

M.  Fortin,  ù  Clermont  (Oise),  expose 
des  feutres  blancs  et  gris  de  toutes  les  épais* 
seurs  usuelles,  des  qualités  communes,  fines 
et  extra-flnes,  pour  tous  usages  industriels 
ou  domestiques,  pour  l'ameublement,  pour 
la  sellerie,  pour  l'impression  des  gravures, 
pour  la  préparation  des  papiers  peints,  etc. 

La  manufacture  de  M.  Fortin  livre  aussi, 
en  dehors  dei  feutres  en  pièces,  des  objets 
en  feutres  établis  sous  leur  forme  défini- 
tive, tels  que  tapis  detableavec  impressions 
en  couleurs,  tapis  de  selle  ordinaires  et 
extra-fin  forts,  plaques  de  feutres  absor- 
bants pour  vieillards  et  enfants,  disques  à 


359  JOURNAL  MENSUEL  DR  L' ACADÉMIE  NATIONALE 

polir,  et  généralement  tous  les  articles  des- 
tinés à  des  usages  spéciaux  et  parfaitement 
définis.  Les  échantillons  exposés  à  Bru* 
xelles  étaient  d'une  contcxture  et  d'une 
homogénéité  parfaites,  dénotant  une  fabri- 
cation aussi  méticuleusement  soignée  que 
sérieusement  organisée. 


360 


La  manufacture  de  bonneterie  Gour- 
DON,  à  Lyon  présente  un  choix  ravissant 
d  articles  de  fantaisie  pour  enfants  et  pour 
dames,  en  laine  et  en  chenilles  de  soie^ 
consistant  en  châles,  collets,  mantelets, 
coiffures  et  chaussures  de  bébés.  Tous  les 
modèles  présentés  sont  exécutés  au  crochet 
et  ont  été  créés  dans  les  ateliers  mêmes  de 
la  manufacture.  Ils  sont  à  la  fois  d'une  char- 
mante fantaisie  et  d'une  parfaite  constitu- 
tion, répondant  en  même  temps  aux  exi- 
gences de  la  coquetterie  et  aux  besoins  de 
rhygiène,  et  offrant  aussi  les  meilleures  ga« 
ranties  de  durée  à  l'usage. 

M.  GuÉRET,  à  Paris,  ex  pose  un  appareil  pour 
la  fabrication  des  eaux  gazeuses,  une  col- 
lection de  siphons  pour  le  débit  de  ces  eaux, 
un  appareil  pour  le  remplissage,  des  siphons 
et  un  appareil  pour  le  tirage  des  bières 
sous  pression.  Dans  sa  fabrication  spéciale, 
la  maison  Guéret  a  acquis  une  expérience 
étendue  qui  est  la  meilleure  garantie  du 
bon  fonctionnement  de  tous  les  appareils 
portant  sa  marque. 

MM.HESSELiNKFRÈRES,d*Arnhem(Hollande) 
présentent,  dans  un  meuble  spécial  consti- 
tué sous  la  forme  d'un  baril  ouvert,  des 
flacons  cachetés  renfermant  les  échantil- 
lons de  quelques-uns  des  vins  d'Espagne, 
de  toute  première  qualité,  dont  ils  sont  les 
détenteurs,  soit  à  titre  de  récoltants,  soit  à 
titre  d'acheteurs.  On  saitque  MM.  Hesselink 
frères  ont  organisé  le  commerce  des  vins 
d'Espagne  et  du  Portugal  sur  des  bases  lar- 
ges et  bien  comprises,  et  que  les  acheteurs 
en  gros  peuvent  s'adresser  en  toute  con- 
fiance aux  caves  d'Ârnhem  pour  s'approvi- 
sionner de  vins  authentiques,  parfaitement 
soignés  et  d'une  qualilé  excellente. 

A  titre  d'observation  caractéristique  de 


l'esprit  d'ordre  et  de  méthode  qui  a  présidé 
à  la  répartition  des  emplacements  c<incé- 
dés  aux  exposants,  nous  constaterons  que 
MM.  Hesselink  frères  d'Arnhem,  (Hollande) 
figuraient  au  catalogue  de  la  section  espa- 
gnole, en  i*aison  il  est  vrai  de  leur  comptoir 
de  Jerez  delà  Frontera,  et  que  leur  instal- 
lation était  placée  dans  la  galerie  centrale, 
en  plein  cœur  de  la  section  belge. 

M.  JoANNE,  de  Paris,  présente  dans  une 
grande  vitrine  quadrangulaire,  des  bouteil- 
les de  spiritueux  et  liqueurs  préparés  dans 
ses  établissements  et  caves,  soit  dû  quai  de 
laTournelle,  soit  d'Ivry-sur-Seine.  Nous 
remarquons  l'absinthe  et  l'amer  qui  sont 
désignés  commercialement  par  le  nom  de 
leur  fabricant  ;  puis  des  crèmes  d'abricot, 
de  vanille,  de  fraises,  de  cacao,  de  menthe  ; 
une  liqueur  dite  du  couvent,  une  liqueur 
javanaise,  une  liqueur  au  brou  de  noix,  du 
curaçao,  de  l'anisette,  du  kummel,  du  ma- 
rasquin, etc.  On  voit  que  les  produits  de  la 
distillerie  Joannesont  des  plus  variés.  Inu- 
tile d'ajouter  que  les  soins  apportés  à  leur 
préparation  les  classent  comme  étant  de 
tout  premier  ordre. 

Les  établissements  H.  Jullien  ,de  Bruxel- 
les, bien  connusnonseulementen  Belgique, 
mais  encore  dans  le  monde  entier,  pour 
leur  fabrication  soignée  d'un  matériel 
d'imprimerie  des  plus  perfectionnés,  ex- 
posent quelques  types  de  leurs  presses  et 
autres  instruments  et  appareils  pour  impri- 
meurs typographes  ou  lithographes.  Nous 
trouvons  également  dans  leur  installation 
une  machine  à  composer  dite  Linotype, 
laquelle  livre  fraîchement  fondue  la  ligne 
typographique  dont  l'oiiérateur  forme  la 
composition  en  manipulant  un  clavier.  On 
conçoit  qu'il  y  a  des  merveilles  de  mécanis- 
me dans  cette  machine  dont  les  établisse- 
ments Jullien  ont  le  monopole  de  construc- 
tion pour  laBelgique.  L'adjonction  de  cette 
machine  à  Tensemble  des  fabrications  de 
ces  établissements  montre,  d'ailleurs,  que 
tous  les  progrès  de  l'art  de  l'imprimeur  sont 
connus  et  appliqués  de  telle  manière  que 
le  matériel  construit  réunit  toujours  les 
derniers  perfectionnements  connus. 


961 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


363 


M.Laurent-Colas,  de  Bogny-sur-Meuse 
(Ardeniies),  expose  en  une  grande  vitrine 
bien  agencée  un  assorliment  complet  de  sa 
fibrication  de  ferrures  perfectionnées  pour 
voilures  de  carrosserie  ou  de  charronnage. 
Les  pièces  exposées  sont  polies  ou  vernies,  et 
sont  de  forces  et  de  dimensions  variées,  sui- 
lant  leur  destination  pour  voitures  puissan- 
tes ou  voitures  élégantes.  Nous  voyons  là  des 
brides  pour  ressorts,  des  mains  de  ressorts, 
(les  oieDOttes,  des  jumelles,  des  charnières 
de  portières,  des  compas  de  capotas,  et  des 
Tis  de  freins  mécaniques  en  divers  modèles. 
Toutes  ces  pièces,  parfaitement  finies,  sont 
des  formes  les  plus  élégantes  pour  leurs 
Dsages  divers.  Elles  sont  généralement  fa- 
briquées en  deux  qualités:  la  première  dési- 
gnée par  la  marque  d*une  enclume  entourée 
des  deui  lettres  L  G,  et  la  seconde  marquée 
simplement  de  Venclume.  La  première  qua- 
lité est  garantie  ;  la  seconde  manque  de  cette 
assurance  de  la  garantie,  mais  quoique 
eooslituée  d'une  matière  première  légère- 
ibeot  inférieure  à  celle  qui  est  employée 
pour  la  confection  de  la  première  qualité, 
elle  présente  encore  les  meilleurs  avan- 
tages de  solidité  et  de  bonne  construction. 

MM.  Martin,  Maittr  et  Huberlano,  à 
f^Gt-sur-Sambre  (Nord),  exposent  des  étaux 
de  grande  taille  et  des  essieux  de  différentes 
Ibrces  pour  voitures  ordinaires  et  pour  gros 
camionnage.  Nous  remarquons  aussi  les  es- 
sieux à  billes  pour  voitures  de  luxe,  dont 
ces  Messieurs  ont  créé  un  système  breveté 
qui  a  été  décrit  en  détail  dans  notre  Journal, 
il  y  a  quelques  mois.  Au  centre  du  panneau 
S&roi  des  essieux  neufs  exposés,  se  trouve 
on  essieu  rompu  à  force  en  son  milieu,  qui 
prouve,  par  le  caractère  des  déchirures  de  la 
section  brisée,  que  le  métal  employé  était  de 
la  meilleure  nature  fibreuse  et  qu'il  oAre 
toutes  les  garanties  de  résistance  les  plus  dé* 
»nbles. 

MM.  Mercier  et  Cie,  d*Epernay,  ont  fait 
Initier  dans  le  Palais  de  TÂlimentation  leur 
■ustallation  habituelle  composée  d*une  éta- 
^  surmontée  de  la  statue  d'une  bac« 
chante,  agrémentée  d'un  portique  orné  de 


pampres  de  vigne,  et  dont  les  gradins  sup- 
portent les  modèles  des  différentes  bouteil- 
les dans  lesquelles  le  vin  de  Champagne  sor- 
tant des  caves  du  château  de  Pékin  est  livré  à 
la  consommation.  Des  modèles  de  fûts  et  de 
paniers  complètent  Tensemble,  qui  offre 
encore  à  Tatlention  du  public  un  médail- 
lier  surabondamment  garni,  et  des  tableaux 
représentant  les  caves  et  établissements  de 
la  maison,  ainsi  que  l'image  populaire  du 
fameux  tonneau  monstre  de  l'Exposition  de 
Paris  1889. 

M.  Méré  DE  Chantilly,  à  Orléans,  expose 
Tensemble  des  produits  de  médecine  et 
d'hygiène  vétérinaire,  spécialement  destinés 
aux  chevaux,  dont  il  est  le  créateur  et  qui 
sont  si  favorablement  appréciés  dans  toutes 
les  écuries  bien  ordonnées.  Parmi  ces  pro- 
duits, citons  l'onguent  de  pieds  au  goudron. 
Tonguent  rouge,  la  black  mixture,  l'embro- 
cation  anglaise,  et  toute  la  série  des  bols, 
purgatifs,  toniques,  diurétiques,  contre  la 
toux,  contre  la  fièvre,  etc. 

La  vitrine  de  M.  Méré  renferme  égale- 
ment des  modèles  anatomiques  des  jambes 
du  cheval,  et  la  présence  de  ces  modèles 
indique  assez  que  notre  Sociétaire  base 
ses  préparations  de  médicaments  sur  une 
connaissance  approfondie  de  la  physiologie 
chevaline. 

M.  MiNE(Albert),  consul  de  la  République 
Argentine  à  Dunkerque,p«articipe  à  l'Exposi- 
tion de  Bruxelles  en  y  présentant  deux  volu- 
mes de  renseignements  statistiques  dont 
nousa vous  parlé  en  détail  dans  notre  dernier 
numéro. 

M.  Moqdet-Lesage,  directeur  de  la  con- 
fiturerie  de  Saint-James,  à  Paris,  expose 
des  confitures  de  toutes  sortes  de  fruits,  en 
pots  de  verre,  en  pots  de  grès,  en  boites  de 
fer  blanc  et  même  en  sceaux  de  tôle  éta- 
mée.  Sa  vitrine  contienten  outredes  modèles 
de  caisses  d'emballage  pour  l'exportation 
dans  les  pays  lointains,  et  notamment  une 
caisse  destinée  au  Congo,  pays  auquel  s'in- 
téresse si  vivement  la  Belgique. 

Nous  n'avons  plus  à  faire  l'éloge  des  pro- 


363 


JOORNAL  ME^flVCL  Dl  L'ACADKim  NATIONALE. 


3C4 


avec 


duiUde  la  confltureriedeSaÎDt-James,pro-  j  idée,  A  la  fois  des  soins  méticuleux 
duits  qui,  préparés  soigneusement  et  consti-     lesquels  MM.  Pellisson  pèreet  fils  praliqnent 

leur  industrie  de  la  distillation,  et  de  Tim- 


tuées  de  matières  premières  de  toute  pre- 
mière qualité,  jouissent  maintenant  de  la 
plue  haute  réputation  dans  le  monde  entier. 

M .  DE  NoRDENFELT,  directeur  de  la  société 
créée  sous  son  nom  à  Paris,  ne  prenait  pas 
une  part  directe  à  Texposition  de  Bruxelles. 
Mais  son  nom  était  rappelé  par  les  canons 
de  son  système  exposés  par  la  maison  C>)c- 
kerill  et  par  les  radiateurs  Salenius,  appa- 
reils pour  la  production  du  beurre  extrait 
directement  du  lait  pasteurisé,  dont  la 
Société  de  Nordenfelt  à  la  concession  pour 
divers  pays  d'Europe. 

M.  Olivari,  de  Nice,  expose  en  une  vitri- 
ne fort  bien  arrangée  les  pâtes  alimentaires 
de  formes  variées  qui  font  Tobjet  de  sa  fa- 
brication. Grâce  aux  soins  dont  elle  est  en* 
tourée,  cette  fabrication  voit  grandir  peu  à 
peu  sa  renommée  et  prend  chaque  jour  une 
nouvelle  extension.  M.  Olivari  prépare  tous 
les  genres  de  pâtes  qui  sont  en  vogue  en 
Italie,  patrie  d'origine  de  cette  variété  d'alir 
ments« 

MM,  Pellisson  père  et  fils,  à  Cognac, 
ont  exposé  des  bouteilles  de  diverses  sortes 
d*eau-de-vic  de  cognac  dans  les  vitrines  de 
la  collectivité  des  distillateurs  charentais. 
Comme  exposants  particuliers,  MM.  Pellis- 
son père  et  lils  présentent  des  bouteilles  de 
line  Champagne  de  10  et  20  ans  d'âge,  revê- 
tues d'étiquettes  anglaises,  indiquant  qu*il 
s'agit  là  de  produits  d'une  grande  valeur, 
destinés  spécialement  à  la  riche  consomma- 
tion britannique.  Un  tableau  des  agences 
de  MM.  Pellisson  père  et  lils  indique  que 
cette  maison  est  largement  représentée  en 
France,  eu  Europe  et  dans  tout  le  monde 
entier.  Des  vues  photographiques  font  con- 
naître quelques-uns  des  vignobles  et  des 
établissements  de  cette  puissante  maison. 
Enfin,  des  bocaux  de  tartrate  de  chaux,  pro- 
duit retiré  des  vins  après  distillation,  sous 
la  iorme  brute  et  raftinée,  et  un  avis  indi- 
quant que  la  production  de  ce  résidu  atteint 
20.000  kilos  par  an,  donnent  une  haute 


portance  des  quantités  de  vins  qui  doivent 
éire  traitées  pour  qu'il  soit  possible  d'en  ti- 
rer une  telle  masse  de  produits  résiduaàres. 

M.  \lbert  Pollet,  à  Tourcoing,  expose 
des  fils  de  laines  cardées  de  diff'érenles  cou- 
leurs, disposés  adroitement  en  des  panneaux 
graduellement  nuancés  qui  occupent  le  fond 
d'une  vitrine.  Des  écheveaux  et  des  bobines 
en  fils  de  couleurs  unies  ou  en  fils  formées 
de  brins  diversement  colorés  complètent  la 
vitrine  et  montrent  que  la  filature  de  M.  Al- 
bert Pollet  produit,  dans  d*excellentes  con- 
ditions de  fabrication,  toutes  les  variétés  de 
fils  de  laine  susceptibles  d'être  demandées 
parles  industries  du  tissage  et  de  la  confec- 
tion des  tricots. 

M.  Alphonse  Pollet,  à  Tourcoing,  est, 
comme  on  le  sait,  l'un  des  principaux  ini- 
tiateurs en  France  de  l'industrie  de  la  con- 
fection de  draperies  neuves  au  moyen  des 
laines  effilochées,  retirées  des  vieux  draps 
et  tissus.  De  déchets  qui  étaient  autretois 
sans  autre  valeur  que  celle  de  matières  à 
engrais,  les  vastes  usines  de  M.  Alphonse 
Pollet  retirent  aujourd'hui  les  éléments  ser- 
vant à  préparer  des  draps  dont  divers  échan- 
tillons sont  exposés  dans  une  vitrine  spécia- 
le, sous  les  désignations  de  mêlions,  twiUs, 
armures  y  présidents,  cheviottes.  Certes,  ces 
étoffes  n'ont  pas  la  brillante  apparence  des 
draperies  de  laines  peignées  ;  elles  sont  for- 
cément d'aspect  commun  et  ne  sauraient 
servir  à  la  confection  de  vêtements  de  luxe. 
Mais,  à  défaut  de  la  belle  apparence,  elles 
offrent  l'avantage  d'un  bon  marché  extra- 
ordinaire, et  c'est  à  leur  concurrence  qu'on 
doit  faire  remonter  les  causes  de  l'abaisse- 
ment général  du  prix  des  draperies  et  des 
vêlements  confectionnés.  Au  reste  l'indus- 
trie de  M.  Alphonse  Pollet  prend  chaque 
jour  une  nouvelle  extension  qui  prouve 
combien  elle  répond  justement  aux  néces- 
sités économiques  de  notre  époque. 

M.  Pruvost,  de  Paris,  présente  six  pianos 


3fi5 


EKPOsmoMft  er  congodiis. 


306 


dBstfabrieatioQ  dont  un  en  noyer,  deui 
eo  piluMndre,  un  en  sycomore  et  un  laqué 
t«rtafêcrehau«ement8d*or.  L'élégance  et 
lefiai  dei  meubles  préfiennent  beaucoup  en 
hreor  de  la  qualité  des  instruments.  Il  est 
iacofltestable  que  la  fabrication  de  M.  Pru- 
KHt  est  allée  en  s'améliorant  constamment 
éepois  Tépoque  oh  notre  Société  lui  accor* 
itiit  sa  médaille  de  2*  classe. 

)l)i  Rabourdin,  à  Paris,  exposent  sous 
litrioeun  modèle  réduit  des  installations 
d'écuries  qu'ils  ont  exécutées  pour  le  comp- 
te du  Sultan,  installations  qui  offrent  le 
immum  du  luxe  et  du  confortable  pou- 
vant ôlre  appliqués  à  la  plus  noble  conquô- 
le  de  l'homme.  Il  y  a  là  de  quoi  rendre  rô- 
reur  les  malheureux  Arméniens  qui  pour- 
nlenl contempler  l'exposition  de  MM.  Ra- 
bourdin  ! 

Cen*est  d'ailleurs  pas  seulement  à  Cens- 
Uotinople  que  MM.  Rabourdin  ont  eu  Toc- 
osion  d'installer  des  écuries  de  grand  luxe  ; 
ik  ont  opéré  de  semblables  installations  en 
htcc,  en  Belgique,  en  Espagne,  en  Italie, 
M  Russie  et  Jusqu'à  Buenos- Aires  et  dans 
iîuircspays  de  l'Amérique  du  Sud.  Partout, 
Iniostallations  exécutées  par  MM.  Rabour* 
'in  oDt  été  considérées  comme  des  modèles 
'QS^nreet  ont  valu  à  leurs  auteurs  des  té- 
Boisages  unanimes  de  satisfaction. 

MM.  Raynal  et  Roquclaure,  de  Capde^ 
i^lATeyron),  ont  fait  figurera  l'exposition 
^  Bruxelles,  non  pas  la  totalité  de  leurs 
^Qservas  alimentaires,  mais  seulement ceU 
vide  cas  conserves  qui  ne  sont  pas  de  pré- 
pntioa  courante  en  Belgique.  Nous  re* 
li^IuoDs,  dans  la  vitrine  de  cette  maison 
^lerrioeset  boites  de  pâtés  de  foie  gras 
ècioards  ;dea  truffes  on  flacons  et  en  bel- 
^'lasgroupements  de  conserves  diverses 
^hourausemeot  créés  souslesdénominations 
*  iijiuner  champêtre  et  de  déjeuner  du 
^^^ifte,  et  enfin  les  préparations  de  gi-* 
K  tallesque  galantines  de  chevreuil,  de 
fites,  de  pluvier,  de  cailles,  etc. 
I  *^p  sait,  d  ailleurs,  que  la  marque  Ray- 
M  «t  Roqoelaare  a  prix  place  au  rang  des 
punières  dans  le  commerce  des  conserves 
^Iwieniaires. 


La  maison  Veuve  Roofe  et  Moi^nict,  de 
Cognac,  expose  des  eaux«de»vie  portant  bien 
légitimement  la  marque  Cognac  si  ni  pie  ou 
la  marque  Co^n«cjii/r  vin.  Ces  eaux-de* 
vie  proviennent  exclusivement  de  la  dis- 
tillation de  vins  récoltés  dans  la  Charente 
ou  la  Charente-Inférieure,  et  sont  donc  ri- 
goureusement authentiques.  Les  bouteilles 
exposées  sont  revêtues  d'étiquettes  portant 
des  marques  différentes,  suivant  Tâge  ou 
les  crus  des  oaux-de-vie  renfermées.  Quel* 
ques-unes  de  ces  eaux-de-vie  sont  d'un 
mérite  et  d'une  valeur  qui  les  mettent  hors 
de  la  portée  de  la  consommation  courante. 

M.  RuMPF,  directeur  de  la  Société  Le  Pro- 
grès  industriel f  qui  possède  des  maisons  à 
Bruxelles  etù  Paris,  a  installé  un  ensemble 
de  machines-outils  qui  est  certainement 
l'un  des  plus  remarquables  de  toute  l'expo- 
sition belge.  Sur  le  vaste  emplacement  du 
Progrès  Industriel^  nous  voyons  des  ma- 
chines b  percer,  à  fraiser,  à  aléser,  a  affaler 
les  mèches  et  autres  outils,  à  tailler  les 
fraises,  à  tailler  les  engrenages,  à  raboter, 
à  tourner  horizontalement  les  bandages  de 
roues  de  wagons  ou  de  locomotives  ;  des 
tours  universels  pour  charioter,  fileter  et 
fraiser  ;  des  tours  h  décolleter,  dits  univer- 
sels, à  revolver,  avec  tourelle  horizontale 
ou  verticale  ;  des  étaux  limeurs,  et  géné- 
ralement tous  les  genres  de  machines-outils 
pour  le  travail  des  métaux. 

Les  machines  du  Progrès  Industriel  80i\i 
établies  sur  des  données  originales,  diffé- 
rentes des  données  habituelles  de  la  cous^ 
truction  classique.  Mais  elles  sout  toutes 
fabriquées  avec  les  soins  et  la  précision  qui 
ont  fait  la  réputation  des  machines  améri- 
caines. Certes,  s'il  est  des  machines  de  cons- 
truction européenne  qui  puissent  soutenir  la 
comparaison  avec  les  machines-outils  cons- 
truites aux  Etats-Unis,  ce  sont  bien  les  ma- 
chines du  Progrès  Industriel.  Ajoulonsiiae 
la  maison  fabrique  aussi  les  instruments  de 
mesure  et  de  vérification,  tels  que  compas, 
calibres,  jauges,  etc,  ainsi  que  les  pièces 
d'outillage,  telles  que  mèches  hélicoïdales, 
alésoirs,  tarauds,  coussinets,  fraises  de  for- 
mes, etc,  avec  la  même  précision   minu  - 


367 


lOUENAL  MENSDBL  DK  L  ACADEMIB  NATIOffALI. 


3e 


tieuseque  les  établissements  les  plus  reoûm- 
mes  des  Etats-Uois. 

L'exposition  de  machines-outils  est  com- 
plétée par  la  machine  à  broder  à  pédales  et 
les  métiers  mécaniques  à  broder  à  plusieurs 
exemplaires  dont  M.Rumpfestlecréateuret, 
qui  ont,  sur  tous  les  métiers  suisses  anté- 
rieurs, Tavantage  d'un  travail  plus  parfait  et 
d'une  production  bien  plus  considérable, 
par  suite  de  la  possibilité  de  battre  un  plus 
grand  nombre  de  points  dans  un  temps 
donné.  Au  reste  notre  Société  a  décerné 
depuis  plusieurs  années  deux  diplômes 
d'honneur  au  Progrès  industriel  pour  ses 
machines-outils  et  ses  métiers  mécaniques  à 
broder. 

M.  Segaust,  à  Saint-Denis,  expose  des 
sachets  de  fleur  d'amidon  de  froment,  des 
paquets  d'amidon  en  aiguilles,  des  sachets 
de  tapioca  au  gluten  pour  diabétiques  et 
anémiques  et  des  échaudés^  ces  sortes  de 
pièces  de  pâtisserie  légère  qui  sont  généra- 
roent  consacrées  à  la  nourriture  des  oiseaux 
de  cages  ou  de  volières,  mais  qui  convien- 
nent bien  à  Talimentation  des  diabétiques, 
par  le  fait  qu'elles  sont  privées  d'amidon. 

La  façon  habile  dont  M.  Sagaust  sait  tirer 
parti  des  deux  principaux  éléments  consti- 
tutifs du  froment  :  amidon  et  gluten, témoi- 
gne de  la  bonne  organisation  de  son  indt^s- 
tutifs  et  de  la  supériorité  dequalité  des  pro- 
duits de  sa  fabrication, 

MM.  Tabourier  et  Cie,  de  Paris,  présentent 
une  ravissante  collection  d'étoffes  de  haute 
nouveauté  pour  toilettes  féminines  en  soie, 
en  satin,  en  mousseline,  en  crêpe,  etc.  Ces 
étoffes  sont  unies  ou  imprimées,  ou  brodées 
ou  gaufrées.  Elles  sont  d'une  grande  (inesse 
de  contexture  et  d'une  grande  élégance  de 
dessin  et  d'ornementation.  Ce  sont  là  de 
véritables  productions  d'artistes,  où  se  ma- 
nifeste d'une  façon  éclatante  la  supério- 
rité du  goût  français  et  spécialement  du 
goût  parisien.  Ou  peut  faire  plus  somptueux 
à  l'étranger,  mais  l'on  ne  pourrait  faire  aussi 
délicat  et  aussi  plaisant  à  la  coquetterie  raf- 
fi  née  de  nos  mondaines. 

MM .  Valentin  Roussel  et  fils,  à  Uou- 


baix  exposent  des  filés,  en  bobines  et  éch* 
veaux,  de  laines  cardées  et  de  laines  pe 
gnées,  dans  les  genres  anglais  et  fraoça 
pour  le  tissage  d'articles  de  fantaisies.  Cei 
tains  sont  formés  de  brins  de  différent! 
couleurs  pour  servir  à  la  fabrication  d*élo 
fes  mouchetées  ou  pointillées.  Il  y  a  là  u 
excellent  ensemble  de  matières  préparée 
dont  l'emploi  par  de  bonnes  manufactun 
de  tissage  ne  peut  aboutir  qu'à  la  fabria 
tion  d'étoffes  de  très  bonne  qualité. 

M.  VALTAT,à  Paris,a  installé  coquettemei 
une  fausse  cheminée  drapée,  garnie  < 
chenets,  et  surmontée  d'une  glace,  au-de 
sus  de  laquelle  se  trouve  un  médaillier.Ceti 
coquette  installation  a  pour  but  de  préseï 
ter  des  paquets  d' allumettes-landaises  o 
allume-feux  formés  de  rafles  des  épis  à 
maïs,  copieusement  enduites  de  résine 
Ces  allume- feux  sont  d'un  emploi  ausj 
commode  qu'économique. 

MM.  Verweegen  ET  KoK,  selliers-harni 
cheurs,  à  Amsterdam,  exposent  en  vitrin 
deux  harnais  de  cabriolet,  à  bouderie  d 
cuivre  de  formes  carrées,  garniture  à  pas 
sauts.  Ces  harnais  sont  de  formes  élégante 
dans  les  pièces  contournées,  d'un  excellen 
choix  des  cuirs  employés,  d'une  piqûre  bie 
régulière  et  d'un  fini  parfaitement  soigne 
On  fait,  certes,  des  harnais  d'un  façonnage 
plus  compliqué  et  d'une  ornementation  pli 
riche  ;  mais  ces  harnais,  qui  ne  sontsouver 
que  le  résultat  de  commandes  spéciales,  n 
peuvent  être  d'une  confection  meilleure  < 
plus  experte  que  les  travaux  exposés  pa 
MM.  Werweegen  et  Kok. 

MM.  Daniel  Visser  et  fils,  distillateurs,  i 
Schiedam  (Hollande)  préparent  un  genièvr 
de  Hollande,  dont  la  marque  a  conqul 
une  réputation  universelle.  Ces  messieui 
ont  édifié  dans  la  section  néerlandaise  uni 
pyramide  formée  de  caisses  d'exportatio  r 
aux  côtés  desquelles  se  trouvent  des  boa 
teilles,  des  flacons  et  des  cruchons  cont^ 
nant  le  genièvre  Visser.  Les  inscriptioie 
des  caisses  montrent  que  les  expédition 
de  la  maison  se  fout  principalement  su 


BaUvia,  sur  Porl-Rlizabeth,  sur  la  Havane, 
tar  Manille,  elc.  II  va  sans  dire  que  le 
geDièvre  deMH.  Daniel  Visser  et  fils,  pour 
être  favorablement  apprécié  dans  des  pays 


INDUSTRIE.  370 

si  lointains,  n'en  est  pas  moins  fort  goûté 
dans  sa  patrie  même,  en  Belgique,  en  Angle- 
terre et  dans  toute  l'Europe. 

(A  suivre.) 


INDUSTRIE 


MANUFACTURE  DE  TOLERIE 

de  H.  Léon  Parisse. 
ï  Larrière,  près  Val-d'Ajol  (Vosges). 

Dtns  le  compte-rendu  de  Texposition  de 
^esouK  que  publiait  notre  journal  de  juillet, 
Boas  avions  écrit  : 

iH.  Léou  Parisse,  directeur  d'une  impor- 
«  tante  manufacture  de  tôlerie  à  Larrière, 
«etc.  » 

Ayant  attribué  à  la  qualification  de  a  di- 
n^eur  •  une  signification  limitative  qui 
l'était  nullement  dans  notre  esprit,  M .  Pa- 
nase  s>st  empressé  de  nous  informer  qu'il 
léuitpas  «  directeur»,  mais  bien  «  proprié- 
uire  et  patron  »  de  la  manufacture  en 
question. 

Bien  volontiers,  nous  donnons  acte  à 
H.  Parisse  de  sa  rectification,  en  lui  affir- 
oant  qu*en  employant  Texpression  qui  ne 
lemble  pas  lui  avoir  plu,  nous  ne  voulions 
que  lui  être  agréable  en  indiquant  que  tous 
ks  travaux  de  la  manufacture  étaient  exé- 
cutés sous  sa  direction. 

Noos  ajouterons  que,  suivant  notre  juge- 
aient, le  fait  de  diriger  les  travaux  d'une 
naoufacture  est  certainement  plus  méritoire 
^celui  d'en  être  le  propriétaire  pur  et  sim- 
ple. Ce  n  était  donc  pas  diminuer  M.  Léon 
fvtsie  que  de  le  qualifier  de  directeur. 

Oooi  qu'il  en  soit,  rectification  étant  ainsi 
Uie  pour  éviter  toute  confusion,  nous 
pouvons  ajouter  quelques  détails  au  comp- 
le-reodu  sommaire,  précédemment  publié, 
delà  participation  de  M.  Parisse  à  l'expo- 
fition  de  Vesoul. 


Observons  d'abord  que  Tinsertion  du  nom 
de  M.  Parisse  parmi  les  lauréats  de  cette 
exposition  auxquels  il  a  été  décerné  un 
Diplôme  d'Honneur  avec  mention  Hors 
concours^  signifiait  que  M.  Parisse  avait  été 
appelée  faire  partie  du  Jury  d'un  autre 
groupe  que  celui  dans  lequel  il  exposait. 

En  se  reportant  à  la  liste  que  nous  avons 
publiée,  on  verra  que  le  même  fait  s'est 
produit  pour  plusieurs  de  nos  Sociétaires. 
Il  y  a  un  mois,  nous  avons  déclaré  ne  pas 
très  bien  comprendre  comment  on  pouvait 
concilier  l'attribution  d'un  Diplôme  d'Hon- 
neur avec  la  concession  de  la  mention  Hors 
concours.  Nous  persistons  à  penser  que 
cette  manière  de  procéder  n'était  pas  d'une 
logique  indiscutable. 

Revenant  à  l'ensemble  des  objets  expo- 
sés par  M.  Parisse,  nous  devons  proclamer 
que,  vrdimont,  cet  ensemble  était  des  plus 
complets  et  des  plus  méritants,  et  qu'il  in- 
diquait, en  même  temps  qu'une  connais- 
sance parfaite  du  travail  delà  tùle  de  fer 
ou  d'acier,  noire,  étamée  ou  zinguée,  une 
ingénieuse  prescience  des  partis  ù  en  tirer 
et  des  applications  nouvelles  à  en  faire. 
Travaillée  comme  elle  l'est  dans  les  ateliers 
de  M.  Parisse,  la  tôle  doit,  non  seulement 
rendre  de  bons  services  dans  les  ustensiles 
où  son  application  est  d'usage  courant,  mais 
encore  se  prêter  avantageusement  au  rem- 
placement d'autres  matières:  bois,  cuir, 
carton,  etc.,  dans  la  confection  d'une  foule 
d'objets,  de  création  ancienne  ou  nou- 
velle. 

C'est  ainsi  que  M.Léon  Parisse  a  joint 
progressivement  à  la  fabrication  des  usten- 
siles de  ménage,   pratiquée  primitivement 


371  JOURNAL  MKN8UBL  »i 

daos  l'usine  de  Larri^,  )a  fabrication 
(farliclea  de  filatures,  de  tissages,  de.  mou- 
lins, de  brasseries,  de  transmissions,  etc., 
étendaBt  coosidérablement,  de  cette  façon, 
son  champ  d'affaires.  Citons,  par  exemple, 
les  godets  en  tôle  étamée  pour  appareils 
élévatoires  de  moulins,  dont  M.  Parisse  a 
réussi  si  bien  la  confection  que  son  modèle 
a  été  adopté  en  remplacement  des  godets  en 
cuir  parcheminé  ou  en  bois  par  nombre  de 
constructeurs,  et  notamment  par  notre  So- 
ciétaire, M.  Daverio,  à  qui  M.  Parisse  a  livré 
plus  de  200.000  godets  en  trois  années.  Ob- 
servons aussi  que  la  vente  d'articles  com- 
me les  poêles  à  frire,  les  mesures  à  grains 
et  à  liquides,  les  seaux  et  brocs  en  fer- 
blanc,  etc..  s'étend  non  seulement  à  toute 
la  consommation  intérieure  de  la  France, 
mais  encore  à  l'exportation  pour  la  Tunisie, 
la  Turquie  et  les  Etats  de  l'Amérique  du 
Sud. 

Les  caisses  à  bouteilles  pour  brasseries, 
en  fers  feuilkrds,  établies  suivant  un  mo* 
dèles  breveté^  ont  été  appréciées  par  les 
spécialistes  comme  devant  être  d'un  emploi 
si  commode  et  si  avantageux  dans  le  travail 
des  caves  de  brasseries,  que  tous  les  inté* 
ressés  qui  les  ont  vues  à  l'exposition  de 
Yeso«il,  OAt  immédiatement  passé  de  fortes 
commandes  à  M.  Parisse. 

Il  en  a  été  deméiae  en  ce  qui  concernait 
les  po4s  à  cardes  pouf  filatures  et  les  pou- 
lies et  disques  en  tôle  embeuiie  pour  lissa- 
ges. Tous  ces  articles  constituaient  un  nou- 
veau matériel  à  la  fois  plus  léger,  plus  ré- 
sistant et  plus  durable  à  l'usage  qiie  l'aB- 
cien,  réalisant  ainsi  un  sérieux  et  iecoAleS'- 
table  progvès. 

Il  ressort,  en  résumé,  des  constatations 
que  nous  avons  pu  faire  à  l'exposition  de 
YesoulqueM.  Léon  Parisse  est  un  indus- 
triel vraiment  progressiste,  et  qu'il  dirige  la 
manufacture  qu'il  possède  avec  une  com- 
pétence remarquable,  un  constant  souci  de 
la  perfection  et  un  esprit  d'innovation  aussi 
pratique  qu'ingénieux. 


t'à£Â»ÈmZ  NATIONALE. 


37: 


CLOUTERIES  HÉCANIQUES  POUR 
CHAUSSURES 

de  MM.  DcGUAUiCNorr,  et  C^ 
à  La  Pipée,par  Foutenoy-le-Ohâteau  (  Vosges) 

A  la  suite  de  la  publication  dans  notre 
dernier  numéro  d'un  paragraphe  concernanl 
les  écbaetillons  variés  de  clous  pour  chaus- 
sures présentés  par  M.  Dechambenoit  et  C' 
à  l'exposition  de  Yesoul,  ces  Messieurs^  noui 
ont  adressé  une  note,  à  la  fois  rectificative 
et  complécneotaire,  de  laquelle  il  résulte  : 

P  que  MM.  Dechambenoit  et  Cie  appar- 
tiennent à  noire  Société  defMiis  1876  ; 

2^  qu'ils  ont  remporté  les  récompense 
suivantes  : 

Médaille  de  I'*  classe  de  l'Académie  Na- 
tionale en  1882; 

Médaille  de  2''  classe  de  l'Académie  Natio- 
nale en  1887. 

Médaille  d'argent  à  l'Ëxpoeiliicw  indus- 
trielle d'Epinal  en  1881  ; 

Diplôme  d'honneur  avec  nominakîofi  de 
membre  du  juiyà  l'exposition  de  VoassI  de 
la  présente  année. 

3^  Que  leur  fabrieatiea  n'a  cessé  d* aller  en 
augmeiilant  depuis  plusieurs  années  et 
qu'elle  dépasse  aujourd'hui  2.700 kilograiS' 
mes  (au  lieu  duchiRrede  2.000 kilegramuMs 
que  nous  avions  cité),  par  journée  €to  tra- 
vail. 

Ces  renseignements  précisi,  qui  corrigent 
quelques-unes  de  nos  indicalions  précédenr- 
tes,  ne  peuvent  manquer  d  être  pris  ea  sé- 
rieuse considération  par  notre  Comité  des 


AFPAREI1.     DE     SAUVETASC    BM       CM 


de  M.  Paloux,  garde  d'artillerie,  chef-arti- 
ficier à  Oraa  (Algérie). 

Comme  dans  tous  les  pays  chauds,  les  iw* 
cendîes  sont  fréquents  et  souvent  terri blei 
en  Algérie,  et  dernièrement  ne  voyone-nou^ 
pas  encore  le  théâtre  de-  Maseara,  dans  W 
province  d^Oran  préoisément,  brûler  poud 
la  troisième  fois  en  moins  de  quelquei 
années. 


a73 


LNmJSTHIK. 


a74 


I)tfS  lors  oo  coinpretid  comment  M.  Pa- 
toux,  avec  ses  cooDaissances  spéciales,  ait 
éié  amené  tout  naturellement  à  trouver, 
sinon  un  préservatif  absolu,  du  moins,  des 
mojens  de  secours  plus  prompts  el  plus  effi- 
caces en  cas  d'incendie. 

U  a  donné  le  nom  de  chariot  d  co^ 
Imne  de  sauvetage  et  d'incendie  à  l'appa- 
reil qu'il  a  imaginé,  et  ce  nom  lui-même 
$etut>le  tout  d'abord  le  résumer  et  en  donner 
une  idée  exacte,  avant  même  que  Ton  en 
ait  fait  la  démonstration. 

Les  journaux  de  l'Algérie  en  ont  parlé 
dès  le  commencement  de  1895,  voilà  plus  de 
deux  anset  demi,  et  Ton  ne  peut  que  s'éton- 
ner deue  pas  voir  plus  répandu  un  appareil 
en  somme  fort  simple,  d'un  mécanisme  peu 
compliqué  et  facile  à  manier  et  qui  semble 
appelé  à  rendre  de  réels  services  dans  les 
grandes  villes  ou  les  maisons  sont  générale* 
ment  Tort  élevées. 

Du  reste,  en  voici,  d'après  les  indications 
par  l'inventeur  lui-même,  une  courte  des- 
(Tîption  qui  suffira  amplement  à  faire  saisir 
fapparcil  dans  ses  grandes  lignes,  aussi 
bien  qu'à  faire  comprendre  tous  les  services 
(]o'il  serait  appelé  à  rendre  dans  les  villes  de 
quelque  importance: 

•  Un  chariot  métallique  monté  sur  ressorts 
annula  blés  pour  un  besoin  ultérieur,  por- 
tant à  son  centre  de  gravité  une  pompe 
pneumatique  à  tirages  formée  de  8  à  10  tu- 
bes concentriques  en  acier,  de  2  mètres  20 
de  hauteur  chacun,  dont  une  partie  pour 
les  raccords,  et  pouvant  ensemble  donner  un 
illonfçement  vertical  de  20  mètres  environ, 
banteuf  bien  suffisante. 

«  Le  diamèlredu  tube  enveloppant  serait 
ëe50  centimètres,  et  celui  du  tube  central 
OQ  du  faîte  de  18  seulement. 

«  Avec  une  épaisseur  nécessaire  de  2  "/" 
pour  la  paroi  de  chacun,  le  poids  total  des 
luttes  avec  organes  intérieurs  atteindrait  380 
kilos  environ. 

1  De  ces  tubes  les  deux  opposés  seraient 
fermés  à  leur  partie  extrême,  et  celui  cen- 
tral serait  surmonté  d'une  cage  ou  corbeille 
métallique  à  deux  entrées,  pouvant  recevoir 
de  trois  à  quatre  personnes. 

«  Eo  prévision  des  cas  où  Fintensilé  du  feu, 


c^lledola  fumée,  comme  certains  obstacles, 
interdiraient  Tabord  du  rei*de-chausaée  ou 
celui  de  quelque  étage,  un  petit  pont  vo- 
lant à  longueur  réglable  (pouvant  atteindre 
5  mètres  au  maximum)  serait  iixé  à  la  par- 
tie supérieure  de  la  colonne  et  à  l'un  des 
flancs  de  la  corbeille. 

«  Occupant  une  position  verticale  en  temps 
oixlinaire,  ilse  rabattrait  au  moment  oppor- 
tun pour  prendre  appui  sur  le  garde-fou  des 
balcons  ou  l'embrase  des  fenêtres,  ouvrant 
ainsi  un  chemin  de  fuite  aux  personnes  me- 
nacées. 

«  La  pompe  serait  complétée  par  deux  pis- 
taD9  et  un  balancier  qu'actionneraient  alors 
six  pompiers  (otirant  une  force  suflisante) 
pour  le  refoulement  de  l'air  nécessaire  au 
tirage,  c'est-à-dire  à  l'élévation  de  la  co- 
lonne de  fer  constituée.  Ces  hommes  pren* 
draient  place  sur  le  tablier  de  la  toiture. 

«  Un  réservoir  d'air  occupant  le  dessous  et 
le  centre  du  chariot  assurerait  le  fonction-' 
nement  automatique  et  rapide  de  la  pompe, 
en  temps  voulu. 

€  De  plus,  un  tubage  intérieur,  coAcentri- 
que  au  grand  et  formé  de  petits  tubes  assem- 
blés et  maintenus  par  des  disques,  serait 
rempli  de  glycérine  pour  empèeber  VaSaîs* 
sèment  anormal  de  la  colonne^  mue  par  un 
gaz  compressible  (l'air),  lors  delà  réeeption 
des  personnes  seeourues. 

a  Les  extrémités  du  chariot  porteraieat 
chacune  2  leviers  en  acier  emboîtés  Tuo 
dans  l'autre  en  temps  ordinaire  et  pouvant 
se  tirer  pour  donner  appui  au  public  qui 
par  son  poids  assurerait  la  stabilité  de  la  voi- 
ture afin  de  combattre  le  balaeceioeat  éven- 
tuel de  la  colonne  dressée. 

«  Deux  plates- formes  articulées  se  rabat- 
tant sur  les  cAtés  du  réservoir  donneraient 
place  à  un  ou  deux  pompiers  pour  la  récep- 
tion rapide  des  secourus . 

a  Deux  anneaux  disposés  sur  les  côtés  du 
tube  principal  permettraient  de  fixer  parfois 
rensemble  à  une  colonne  ou  autre  partie  du 
bâtiment. 

«  Une  timonière  ou  un  limon  d*attelage, 
ainsi  qu'un  siège  démontable  compléteraient 
le  dit  chariot.  » 

Pas  plus  que  notre  honorable  collègue^ 


375 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L*AGADÉIUE  NATIONALB. 


376 


nous  ne  voulons  nous  arrêter  à  des  ques- 
tions de  détail  qui  nous  paraissent  inutiles 
ici,ni  nous  étendre  longuement  sur  le  fonc- 
tionnement qui  est  fort  simple.  Tout  le 
monde  comprendra  combien  il  est  facile  et 
simple  de  placer  le  chariot  le  long  de  la 
maison  et  de  le  mettre  de  suite  en  action. 

Mais,  comme  le  fait  si  judicieusement  ob- 
server M.  Paloux,  en  cas  dincendie  dans  les 
théâtres,  malheureusement  si  fréquents  et 
si  terribles,  il  est  évident  que  son  apparol 
paraît  appelé  à  rendre  de  très  réels  et  sur- 
tout de  très  prompts  services,  ce  qui  est  la 
première  des  conditions,  dans  ces  sinistres 
d'autant  plus  redoutables  qu'ils  sont  fou- 
droyants et  que  la  panique  de  la  foule  en 
augmente  encore  Thorreur. 

Enfin,  dans  tous  les  cas,  qu'il  sagisse 
d'arracher  des  vies  humaines  à  la  plus 
horrible  des  morU,ou  qu'il  s'agisse  simple- 
ment de  sauver  des  bâtiments  et  de  circon- 
scrire le  fléau,  il  est  à  peine  besoin  d'ajouter 
que  cet  appareil  permet  Télévation  rapide 
d'un  pompier  armé  d'une  lance  pour  com- 
battre le  feu  au  point  voulu,  ce  qui  est  pres- 
que toujours  impossible  avec  les  moyens 
actuels,  etcequi  expose  souvent  les  malheu- 
reux pompiers  aux  plus  graves  périls,  lors- 
qu'ils s'aventurent  sur  des  pans  de  murail- 
les ou  des  toits  plus  ou  moins  solides  et  où 
ils  ne  sont  que  trop  souvent  eux-mêmes  vic- 
times de  leur  dévoûmenl  et  de  leur  lié- 
i*oïsme. 

Et  maintenant  notre  conclusion  sera  sim- 
ple ;  c'est  qu'il  est  à  souhaiter  que  les  corps 
compétents  et  techniques  veuillent  bien  prê- 
ter à  l'intéressante  invention  de  M.  Paloux 
toute  la  bienveillante  attention  que,  pour 
notre  compte,  elle  semble  mériter  à  tous 
égards. 


PRODUITS  SPÉCIAUX 

pour 

BEURRERIES    ET   FROMAGERIES 

de  M.  Charles  Jeanneau,  à  Janié 
(Ille-et-Vilaine). 

On  peut  dire  que  les  moyens  de  transport 
modernes,  si  rapides  aujourd'hui,  ont  pro- 


voqué de  nouvelles  découvertes  dans  la  plu- 
part des  industries,  de  nouveaux  perfection- 
nements, de  nouveaux  procédés,  en  créant 
des  besoins  aussi  multiples  que  variés. 

Autrefois  on  n*avait  ni  le  désir,  ni  la  pos- 
sibilité de  fabri(|uer  en  grand  et  d'expédier 
les  beurres  et  les  fromages  des  pays  de  pro- 
duction aux  quatre  coins  du  monde. 

Aujourd'hui  ces  expéditions  sontcouran  - 
tes  et  il  s'est  fondé  en  Normandie  et  en  Bre- 
tagne, tout  aussi  bien  qu'en  Canada,  de 
véritables  usines ^  c'est  bien  le  mot,  pour 
expédier  ainsi  les  diverses  transformations 
de  la  laiterie  jusqu'au  fond  du  Japon  et  de 
la  Corée,  par  exemple. 

Cela  tient  à  deux  causes  :  c'est  qu'il  fallait, 
avant  tout,  trouver  des  moyens  scientifiques, 
pratiques  et  certains  de  pouvoir  fabriquer 
sur  une  vaste  échelle  les  divers  produits, 
beurres  et  fromages,  et  trouver,  en  même 
temps,  des  moyens  de  conservation  faciles, 
sains  et  presque  indéflnis. 

C'est  alors  que,  pour  répondre  au  pre- 
mier besoin  de  fabrication  en  grand,  on  a 
eu  recours  aux  présures,  et  Ton  peut  affir- 
mer que,  dans  cet  ordre  d'idées,  les  meil- 
leurs produits  connus  sont  ceux  que  Ton 
obtient  d'après  les  procédés  Rich.  Ëilersen 
et  C*%  universellement  connus  sous  le  nom 
de  présures  et  colorants  danois. 

C'est  ainsi  que  Ton  peut  coaguler  3,000 
litres  de  lait  avec  un  litre  de  présure  de  pre- 
mière qualité  et  qu'avec  la  présure  supé- 
rieure (extrait  concentré)  on  coagule 
10,000  litres  de  lait  avec  un  seul  litre  em- 
ployé à  cet  effet  de  la  précieuse  comiosi- 
tion. 

liC  colorant  gras  est  employé  pour  les 
beurres  et  le  colorant  aqueux  pour  les  fro- 
mages. Les  cultures  pures  de  ferments  lac- 
tiques, autrement  dit  :  acidiAcateur  normal 
de  la  crème,  sont  également  aujourd'hui 
d'un  emploi  courant  pour  l'amélioration  des 
beurres,  aussi  bien  que  pour  la  régularisa- 
tion de  l'acidification  de  la  crème,  comme 
le  nom  même  l'indique. 

Dans  ces  dernières  années  M.  Charles 
Jeanneau,  agent  général  pour  la  France,  la 
Suisse  et  la  Belgique,  établi  à  Janzé  (lUe-et- 
Vilaine),  a  puissamment  contribué   à  ré- 


377 


p^odre  et  à  faire  connailre  ses  produits  si 
précieux  pour  tous  ceux  qui  fabriquent  les 
beurres  et  les  fromages  sur  une  grande 
échelle. 

Son  installation  et  la  réunion  de  tous  ses 
produits  avaient  été  été  très  remarquées 
cet  été  à  Texposition  de  Rennes,  et  d'ailleurs 
ils  ont  emporté  les  plus  hautes  récompen- 
sesdans  les  diverses  expositions  et  concoui*s 
agricoles  où  il  nous  a  été  donné  de  les  exa- 
miner. 

Le  Sal  prœservare,  sel  conservateur  et  le 
sterilitaSj  liqueur  conservatrice,  sont  des 
antiseptiques  très  puissants  et  complètement 
inoffensifs,  dont  Tintervention  souveraine 
est  reconnue  efUcace  depuis  longtemps  pour 
1.1  conservation  des  beurres,  crèmes,  laits  et 
toos  aliments  en  général  ;  et  ils  semblent  for- 
mer comme  le  complément  naturel  des  cul- 
tares  pures  de  ferments  lactiques  dont  nous 
Tenons  de  parler  plus  haut. 

H  n'est  pas  sans  intérêt  d*ajouter  que  tous 
ces  produits  sont  très  bon  marché,  et  n'aug- 
mentent le  prix  des  marchandises  traitées  que 
done  quantité  tout  è  fait  insignifiante. 

A  côté  de  cet  ensemble  si  important  pour 
les  spécialistes,  M.  Charles  Jeanneau  avait 
ëiposé  à  Rennes  des  papiers  paraffinés,  du 
parchemin  végétal,  des  éprouvettes  et  verres 
gradués  d'une  disposition  très  pratique. 

Du  reste,  placé  dans  l'Ille-et-Vilaine,  en 
Bretagne,  proche  la  Normandie,  au  milieu 
des  grands  centres  de  production,  M.  Char- 
les Jeanneau,  avec  ses  connaissances  spécia* 
les,  était  plus  à  même  que  quiconque  de 
populariser  rapidement  chez  nos  produc- 
leor»  les  célèbres  procédés  danois.  C'est  à 
coup  sûr  un  moyen  très  pratique  dans  cette 
industrie  spéciale,  qui  grandit  chaque  jour, 
de  pouvoir  lutter  sur  le  terrain  de  Texpor- 
lation  contre  les  produits  similaires  des 
éuingers,  et  plus  particulièrement  des 
Américains  du  Nord. 

Des  échantillons  sont  envoyés  par  retour 
da  courrier  sur  unesimple  demande,  etdes 
dépôts,  en  dehors  de  Janzé,  sont  installés  au 
Havre,  à  Rouen,  à  Bàleet  à  Anvers. 

X'avions-nous  pas  raison  de  dire,  en  com- 
mençant, que  c'est  grâce  à  la  vulgarisation 
de  ces  produits  que  rantii|ue  et  familiale 


INDVSTAIE.  378 

fabrication  des  beurres  et  des  fromagess'est 
tout  à  coup  transformée  en  une  véritable 
industrie,  grâce  aux  moyens  de  fabricatioa 
et  de  presque  illimitée  découverts  par  la 
conservation  science  moderne  ? 


LA  CONSERVATION  DU  BEURRE  FRAIS. 

La  conservation  du  beurre  frais  est  un 
des  problèmes  les  plus  intéressants  qui  se 
posent  à  nos  chimistes  et  à  nos  agronomes. 
Le  résoudre  pour  quelquessemaines,  quel- 
ques mois  au  plus,  ce  serait  réaliser  un  véri- 
table et  très  profitable  progrès.  Ou  n'a  pas 
manqué  d'en  chercher  les  moyens.  M .  R . 
Lezé,  le  savant  professeur  de  Técole  de 
Grignon,  les  a  relatés  récemment  dans  une 
excellente  étude  publiée  par  le  Journal 
d'agriculture  pratique. 

Trois  procédés  sont  en  présence  :  1^  la 
pasteurisation  ou  stérilisation  par  la  chaleur  ; 
2"*  la  conservation  par  le  froid  ;  3"^  l'emploi 
des  antiseptiques. 

La  pasteurisation,  d'après  M.  Lezé,  donne 
une  conservation  insuffisante  parce  que 
Toxygène  de  l'air  contenu  d^ns  les  vases  où 
se  conserve  le  beurre  pasteurisé  agit  sur  la 
matière  grasse  et  tend  à  la  transformer  en 
produits  à  odeur  de  suif. 

La  conservation  par  le  froid  est  excel- 
lente. C'est  ainsi  que  Londres  reçoit  des 
beurres  de  la  République  Argentine,  d'Aus- 
tralie, de  Nouvelle-Zélande.  Mais  ce  pro- 
cédé exige  l'emploi  d'un  outillage  frigori- 
fique cotkteux  et  compliqué. 

Restent  les  antiseptiques,  sel  commun, 
poudres  à  base  d'acide  borique  et  de  borax, 
sels  alcalins  de  soude,  carbonate  ou  phos- 
phate, acide  salicylique.  Ces  modes  de  con- 
servation chimiques  sont  scabreux,  sauf 
pour  le  sel  marin,  la  plupart  des  spécialis- 
tes en  cette  matière  les  accueillentavec  une 
grande  réserve. 

M.  R.  Lezé  fait  cependant  exception  en 
faveur  d'un  nouveau  produit  conservateur, 
qui  donne  de  très  bons  résultats  d'après  les 
expériences  qu'il  a  faites  à  son  sujet  :  c'est 
la  crysoléine^  ou  fluorure  de  sodium,  pré- 
conisée par  le  regretté  A.-M.  Villon,  et 
dont  H.  Iribarnégaray,  de  Rayonne,  vient 


S7Q 


JOURNAL  MENSUEL  Dl  L*AflAI>tlllK  NATIONALE. 


380 


de  faire  breveter  les  applications.  Grâce  à 
ce  produit»  des  beurres  de  la  République 
Argeutine,  amenésà  Paris,outpu  élredégus- 
iës,  d'après  ce  que  rapporte  M.  Lezé,  et 
trouvés  très  boDS  au  goftt  en  même  temps 
que  très  bien  conservés. 

Le  liquide  employé,  la  crysoléine,  est  in« 
colore,  inodore,  et  constitue  un  puissant 
antiseptique. 

Pour  assurer  la  conservation  du  beurre 
en  particulier,  on  opère  comme  il  suit, 
d'après  ce  que  déclare  M.  Iribamégaray  : 

On  forme  une  solution  contenant  5 gram- 
mes de  crysoléine  pour  1.000  grammes 
d'eau  ;on  place  le  beurre  frais  dans  cette 
solution,  et  le  tout  dans  un  malaxeur 
broyeur.  On  procède  alors  à  un  broyage 
complet  du  beurre  au  sein  du  liquide  anti- 
septique, de  façon  à  forcer  celui-ci  à  péné- 
trer les  diverses  parties  de  la  masse  &  con- 
server. 

Lorsque  cette  préparatioa  est  terminée, 
les  blocs  de  beurre  sont  disposés  dans  un 
cylindre  ou  récipient  étanche  quelconque, 
quelconque,  imperméable  à  Tair  et  à  Teau 
et  avec  couvercle  à  fermeture  hermétique. 
Si  le  beurre  ne  remplit  pas  entièrement  le 
récipient,  on  verse  sur  sa  surface  supérieu- 
re une  certaine  quantité  de  solution  à  5 
grammes  de  crysoléine  pour  1.000  gram- 
mes d'eau  de  manière  i  former  au-dessus 
du  couvercle  une  nappe  liquide  protectrice 
qui  servira  à  chasser  Tair  du  récipient  au 
moment  de  la  pose  de  ce  couvercle  et  àem- 
pôcheri  par  la  suite,  tout  contact  entre  le 
beurre  et  l'atmosphère. 

Le  beurre  peut  alors  se  conserver  pen- 
dant des  mois,  même  des  années,  disent  les 
pariisansde  la  crysoléine,  sans  altération. 
On  peuiaussi,  sans  crainte,  Texpédier  dans 
les  pays  lointains  et  chauds. 

Au  moment  do  le  livrer  à  la  clientèle  qui 
doit  le  consommer,  on  procède  à  une  der- 
nière manipulation  :  la  solution  de  cryso* 
léine  ayant  la  propriété  de  s'enlever  totale- 
ment du  beurre  par  simple  lavage,  il  suffit 
de  retirer  le  beurre  du  récipient  et  de  le 
laver  en  le  broyant  à  l'eau  fraîche  et  de  le 
mouler  en  pains  ou  molettes  pour  lui  re« 


donner  le  même  aspect  qu'au  moment  de 
sa  fabrication. 


LA  PRODUCTION  DE  L*OR    ET  DE 
L*ARQENT  EN  RUSSIE. 

La  production  de  l'or  en  Russie  offre  une 
grande  importance,  puisqu'elle  représente 
environ  15  %  de  la  production  totale  du 
monde  entier.  Elle  excède,  d'ailleurs,  celle 
de  tous  les  autres  pays,  à  Texception  des 
Etats-Unis,  de  TAustralie  et  du  Transvaal. 

Il  a  été,  jusqu'ici,  assez  difficile  d*établir 
d'exactes  statistiques.  Nous  devons,  cepen- 
dant, à  l'obligeance  de  notre  correspon- 
dant à  Saint-Pétersbourg  de  pouvoir  don- 
ner les  chiffres  officiels  enregistrés   à  la 
Monnaie   impériale.    Théoriquement,    ces 
chiffres  devraient  représenter  la  produc- 
tion totale,   puisque,  d'après  la  loi,  tout 
Tor  extrait  du  territoire  russe  doit  être  dé- 
posé soit  à  la  Monnaie,  soit  à  une  de  ses 
succursales.  Eu  fait,  les  infractions  à  cette 
loi  sont  nombreuses.  Dans  les  placers  de 
Trans-Baîkal,  ei  principalement  dans  ceux 
qui  avoisinent  la  frontière  de  la  Mandchou- 
rie,  la  proportion  d'or  détenue  par  les  ex- 
ploitants, et  ne  subissant  de  ce  fait  aucun 
contrôle,  s  élève  à  20  %  du  total.  Dans  les 
autres  districts,  le  commerce  clandestin  de 
l'or  est  de  moindre  importance.  On  peut, 
cependant,  évaluer  à  10  %  la  proportion  de 
métal  précieux  qui  n'est  pas  soumis  au  con- 
trôle de  la  Monnaie  impériale.  Encore,  ce 
chiflre  peut-il  être  considéré  comme  un 
minimum» 

Pour  l'année  1896,  la  production  légale 
de  l'or,  enregistrée  à  la  Monnaie,  a  été  de 
46.653  kilogrammes. 

Voici,  d'ailleurs,  la  production  pour  les 
six  dernières  années. 


Année 


Kilos 


1891 39.183 

1892 39.161 

1893 33.619 

1894 39.913 

1895 47.825 

1896 46.053 


SI 


iNDUftTaie. 


38$ 


Ces  chiffres  accusent  un  très  notable 
accroissement  de  production  pour  l'année 
It^  ;  et  si  cette  avance  n  a  pas  été  main- 
teoQe  Tannée  suivante,  c'est  uniquement 
grâce  à  la  fermeture  d'un  des  placers  les 
{dos  considérables  de  Sibérie. 

A  rinverse  de  ce  qui  se  passe  dans  la 
iplopart  des  pays  producteurs  d'or,  on  n'ex- 
jkite  en  Russie  que  Tor  des  placers  et  des 
tables  d*alluvions.  L'exploitation  du  quartz 
lariAre  o'existe  que  dans  la  région  de 
f Oural  ;  encore  est-elle  assez  restreinte. 
IkiDS  tons  les  districts  du  Trans-Baïkal  et 
fcrAnK>t]r  —  c'est-à-dire  les  plus  riches 
^  tout  l'empire  —  il  n'eiiste  qu'une  seule 
ssiae  possédant  une  batterie  de  vingt  bo- 
^ds.  Elle  est  établie  à  la  mine  de  Baian- 
2oarga.  Par  contre,  la  proportion  d'or  ex- 
trait des  placers  dans  cette  région  s'élève 
ta  moins  à  90  5i  du  total .  On  sait,  qu'au 
coQtraire,  aux  Etats-Unis  et  en  Australie, 
b  majeure  partie  de  l'or  est  extrait  de  mi- 
«es  sooterraines.  Quant  au  Transvaal,  il  ne 
KiDble  pas  qu'on  y  ait  jamais  exploité  un 
»q1  placer. 

Ces  conditions  présentent  un  intérêt  con- 
«idérable  si  l'on  observe  que  la  Sibérie,  où 
fe  trouvent  les  gisements  les  plus  riches, 
ae possède  pas  de  moyens  de  communica- 
lUon,  et  qu'il  serait,  dès  lors,  impossible  d'y 
introduire  des  procédés  d  exploitation  exi 
jctat  on  transport  de  matériel. 
I  La  Sibérie  est,  dans  toute  son  étendue, 
00  terrain  plus  ou  moins  aurifère.  Dans 
les  provinces  de  l'ouest,  la  production  a 
lensiblement  baissé  en  ces  derniers  temps 
ytr  suite  de  l'émigration  des  exploitants 
ters  les  régions  du  Trans-Baîkal  et  de  l'A- 
Bioar  qui  sont  beaucoup  plus  riches.  A 
rbcure  actuelle,  le  véritable  centre  d'acti* 
filé  se  trouve  dans  les  pays  tributaires  de  la 
région  de  l'Amour  :  Onon,  Amgoun  et  Bie- 
b^a.  Mais  les  exploitations  s'étendent  en 
ftvant  de  ces  points,  et  jusqu'à  Khabarovsk 
«  Oussouri.  Les  gisements  de  la  vallée 
npérieure  de  la  Lena  sont  ouverts  à  Tex- 
pb^tation  depuis  quelques  années  seule- 
nent. 

La  production  de  l'or  en  Russie  se  trouve 
limitée  par  l'insuffisance  des  méthodes  de 


traitement  aussi  bien  que  par  le  manque  dé 
main-d'œuvre.  Aussi,  à  l'heure  actuelle, 
se  borne-t-on  à  n'exploiter  que  les  placers 
les  plus  riches.  On  estime  que  la  quantité 
de  métal  précieux  abandonnée  est  à  peu 
près  égale  à  celle  que  Ton  extrait. 

Une  autre  condition  qui  limite  la  pro- 
duction de  l'or  en  Sibérie  est  le  climat  ri- 
goureux de  cette  région,  où  le  travail  de- 
vient impossible  pendant  plusieurs  mois  de 
l'année.  Dans  le  Trans-Baîkal,  le  terrain 
d'alluvions  exploitable  est  perpétuellement 
gelé.  Les  tiédeurs  de  Tété  n'ont  pour  effet 
que  de  le  ramollir  sur  une  épaisseur  de 
quelques  pieds  à  peine.  Au-dessous,  le  sol 
doit  être  attaqué  comme  de  la  roche. 

L'extension  rapide  du  chemin  de  fer 
transsibérien  permettra  sous  peu  un  déve- 
loppement plus  rationnel  de  ces  exploita- 
tions, en  même  temps  qu'elle  facilitera 
l'importation  de  la  main-d'œuvre  qui  man- 
que totalement. 

L'or  extrait  sur  le  territoire  russe  y  de- 
meure en  presque  totalité.  A  l'heure  ac- 
tuelle, la  monnaie  d'or  ne  circule  pas  dans 
le  pays  ;  mais  le  gouvernement  en  a  accu- 
mulé un  stock  énorme— le  plus  considéra- 
ble du  monde  entier  —  destiné,  d'une  part, 
à  faciliter  peu  à  peu  le  retrait  du  papier* 
monnaie,  et,  d'autre  part,  à  constituer  une 
réserve  de  guerre. 

La  production  de  l'argent  en  Russie  va^ 
rie  fort  peu.  D'après  les  chiffres  oflicieist 
fournis  par  la  Monnaie  impériale,  elle  au- 
rait été  de  8,578  kilogrammes  en  1894,  de 
12,108  kilogrammes  en  1896  et  de  10,455 
kilogrammes  en  1896.  Ces  chiffres  repré- 
sentent bien  la  production  réelle,  les  pro- 
ducteurs n'ayant  pas  intérêt,  comme  dans  le 
cas  de  Tor,  à  trafiquer  clandestinement  de 
leur  métal.  La  majeure  partie  de  l'argent 
est,  d'ailleurs,  extraite  de  mines  apparte- 
nant au  gouvernement  russe.  Il  en  vient  un 
peu  d'Alagyr  dans  le  Caucase,  mais  la  ré- 
gion la  plus  productrice  est  encore  la  Sibé- 
rie, et,  principalement,  les  districts  de  Mert- 
chinsk,  Verkhno-Oudmsket  Semepalatinsk. 
On  sait  qu'il  existe  d'autres  gisements.  Mais 
les  mines  de  plomb  argentifère  de  TAltaï 
ne  pourront  être  exploitées  avantageuse-» 


383 


ment  que  le  jour  où  le  combustible  pourra 
y  être  amené  par  chemin  de  fer.  Â  l'heure 


lOURNAL  MENSURL  DE  L-ACADÉIIIK  NATIONALE.  3J 

actuelle  la   production  de  ce  district  est 
peu  près  nulle. 


COMMERCE 


LÉ    OOMMERCE  EXTÉRIEUR  DE    L.A 
FRANCE 

•  L'administration  des  douanes  vient  de  pu- 
blier les  documents  statistiques  sur  1a  coml 
merce  général  de  la  France  pendant  les  sept 
premiers  moi?  de  Tannée  1897. 

Les  importations  se  sont  élevées,  dU(  !•' 
janvier  au  31  juillet  1897,  à  2.295.298.000 
fr.,  et  les  exportations  à  2.125.397.000  fr. 

Ces  chiffres  se  décomposent  comme  suit  : 

IMPORTATIONS  1897  1S&6 

""  fr7  fr. 

Objets  d'ulimeotatioû  519.639.000  5«8.66l.000 
Matiôres  nécessaires 

à  l'Industrie 1.414/132.000  1.36a. 57^.000 

Objets  fabriqués 360.927.000      362.079.0:0 

Total 3.i95.298.000  2  313.315.000 

BXPORTATI0N8 

—  fr.  fr. 

Objets  d'alimentation.  389.638.030  359.67^.000 
Matières  nécessaires 

à  rindustrie 552.193.000     471.619.000 

Objets  fabriqués 1.092.682.000  1.029.169.000 

Colis  postaux 90.828.000       87.299.000 

Total 2.125.397.000  1.947.760:000 

En  examinant  attentivement  les  chiffi'es 
qui  précèdent,  on  est  tout  d'abord  frappé 
d'une  importante  diminution  de  plus  ^e  69 
millions,  exactement  69.025.000  sur  les 
objets  d'alimentation  à  l'importation  ;  mais 
tout  porte  à  croire  que  cette  diminution  de- 
vra se  trouver  perdue,  tout  au  moins  en  par- 
tie, d*ici  la  fin  de  Tannée,  si  Ton  est  contraint 
de  laisser  entrer  temporairement  en  frln- 
cbise  les  blés  étrangers  pour  parer  à  la  pé- 
nurie de  notre  propre  récolte,  comme  tout 
semble  l'indiquer. 

Toujours  h  Timportation,  les  matières  né- 
cessaires à  rindustrie  sont  en  augmentation 
de  52 .  160 .  000  f r.  ce  qui ,  en  somme,  ne  sem- 

Le  Directeur- 


ble  qu^indiquer  une  reprise  d'activité  d'ass^ 
bon  augure  chez  nous  ;  nous  serions  aién 
tenté  d'ajouter  qu'il  y  aurait  là  un  excellei 
symptôme,  si  nous  arrivions  à  tirer  la  m^ 
jeure  partie  de  ces  matières  premières  (! 
nos  propres  colonies;  Vimportat'ion  des  ol 
jets  fabriqués  est  en  légère  diminution  i 
1. 152.000  francs,  il  n'y  a  donc  pas  lieu  i 
s'y  arrêter. 

Passons  maintenant  à  Texporlat  ion  i 
constatons  bien  vite  que  là  toutes  les  rubri 
ques  sont  excellentes  pour  notre  commer< 
général  à  l'extérieur  ;  en  effet,  nous  trou 
vons  une  augmentation  sur  les  objets  d'ali 
mentations:  de30.015.000  fr.  ;  sur  les  mati^ 
res  nécessaires  à  l'industrie,  de  80. 580.00! 
fr.;sur  les  objets  fabriqués,  de 63.513.000  fi 
et  enfin  sur  les  colis-postaux  eux-mêmes  d 
3.529.000  francs. 

Maintenant  si  nous  voulons  recherche 
quelle  doit  être  la  comparaison  entre  I^ 
mois  de  juillet  des  années  1896  et  1897,  nou 
trouvons  les  chiffres  suivants  : 


Juillet  1897 


Juillet  1896 


Imporiations..    320.308.000  fr.       297.768.000  ft 
Exportations..    292  403.000  »         240.343.000  » 

Si  donc  les  importations  sont  en  légèri 
augmentation  de  22  millions,  les  exporta 
tiens  sont-elles  en  sensible  augmentation  di 
52  millions,  et  si,  nous  le  répétons,  cett 
avance  se  maintient  régulièrement  d'ici  1 
fin  de  l'année  et  n'est  pas  en  partie  perdu 
du  lait  de  l'entrée  sur  une  grande  échell 
des  blés  étrangers,  on  peut  espérer  voir  1 
balance  du  commerce  s'établir  enfin  dan 
des  conditions  plus  avantageuses  pour  ) 
commerce  gén»^ral  de  la  France. 

Gérant,  Rédacteur  en  Chef, 

EuGÈNB  THlftRY. 


OLUMOMT  (oI8B]«    ^  IMPRIMBRIB  OAIX  rRBRU,  PLACR   SAiKt-ANDRB,  à. 


JOURNAL     MENSUEL 


DB 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 


AliRlGOLE,  lANUFACTORiËRE  ET  COMIEBGIALE 


67*  Ann«e.  -  SEPTEMBRE  1897. 


THE  NEW  YORK 

PUBLIC  LIBRARy 


AfiTHR.   LCUnYjihin^^ 


TILDEN  FOUNDATIQNS' 


SOMMAIRE  — 

*î«~  ^"""V"^'  7  Les  récoltes  de  blés. -Emploi  de  la  litière  de  tourbe  paur  le  bétail.  -  Les  fourmis  et  leurs 
«▼«es.  —  L«  récolte  d'orge  et  d'avoine  en  1807.  twurrai»  ec  leurs 

2S2ÏÏIÎÏ**w^^  CONCOURS.  -Exposition  de  Bruxelles.  {Suite.) 

^^^l%Tk\lZ':A^^  ^"  ^""^^'^  ---"»  ^^  »"  «^"--rs  aux  Etats. 

^më???a^a7oi^!  *^°""'""  extérieur  de  la  France.-  Etude  de  la  situation  économique,  par  IN.  Jules   Rooh«, 


AGRICULTURE 


LES    RÉCOLTES    DE  BLÉS 

Le  miDistère  de  1  agriculture  a  officielle- 
ment évalué  la  récolte  du  blé  en  Franco 
poar  1897  à  88.556.870  hectolitres. 

Les  chiffres  officiels  pour  les  récoltes  des 
innées  précédentes  étaient  les  suivants  : 

18?6 119.742  416  hectolitres 

18î^ 119.967.745  — 

11»* 122.469.207  — 

1893 97.792.080  — 

1«92 109.537.907     — 

1801 77.637.560     — 

Comme  on  le  voit,  la  recolle  de  1897,  tout 
en  étant  supérieure  a  celle  de  1891,  serait 
véritablement  des  plus  médiocres,  et  pré- 
senterait un  déficit  de  plus  de  31  millions 
«or  la  récolte  de  Tannée  précédente. 

11  va  eu,  en  1897,  une  surface  ensemen- 
cée de  6,544,860  hectares  contre  6,870,352 
î*ectares  en  1898. 

La  récolte  de  méteil  a  été,  cette  année, 
<ie  3,219,350  hectolitres  contre  4,130,481 
bectolitres  en  1890. 

^La  récolte  de  seigle  a  été,  cette  année,  de 
n.o64,050  hectolitres  contre  24,464,730 
hectolitres  en  1896. 

Toutes  ces  récoltes  seront  notoirement  in- 
suffisantes pour  répondre  aux  besoins  de  la 
consommation,  en  sorte  qu'il  faudra  recou- 
nr  sur  une  large  échelle  aux  importations 
lie  céréales  étrangères. 


De  .son  côté,  le  Ministère  de  l'agriculture 
de  Hongrie  vient  de  publier,  comme  il  le  fait 
chaque  année,  une  évaluation  sur  la  récolle 
du  blé  dans  les  divers  pays.  D'après  ce  docu- 
ment, le  rendement  total  du  blé  est  estimé 
à  573.760.000  quintaux  métriques.  Les 
besoins  de  la  consommation  durant  une  an- 
née étant  évalués  à  655. 150.000  quintaux, 
on  prévoit,  qu'il  y  aura  un  déficit  pendant 
cette  campagne,  de  50.800.000  quintaux. 
Les  stocks  de  1893,  existant  encore,  sont 
estimés  de  36  h  45  millions.  L'approvision- 
nement total  pour  Tannée  serait  donc  deOlO 
à  èl5  millions. 

Enfin, publions,  a  titre  de  renseignements, 
lerelevé suivant (Jesrécoitesdeblédu  monde 
entier  en  181)7  et  en  1896,  établi  par  un 
statisticien  anglais,  M.  Dornbusch,  dont  les 

évaluations  sont  toujours  considérées  comme 
très  sérieuses  : 

1S97. 
Hectolitres. 

Europe •.  456.95^.0)0 

Amérique 25.i.75i>  (  00 

A?*.e 86.130.000 

Afrique 13.:^40.000 

Australie 14.500.000 

Totau.\ ^24.073.000         8.0.3-8.60J 

Dans  sa  statistique  delà  production  euro- 
péenne M.  Dornbusch  compte  la  part  de  la 
France  pour  95.700.000  hectolitres. 
Le  journal  le  Bulletin  des  Halles  nV 


189^. 
Hectolitres. 

557.594.000 

191.429.000 

IUO.050.000 

13.340.000 

7.975.000 


387  lOUBNAL  MENSUEL  DE 

vait  estimé  la  production  française  qu'à 
82.787.70)  hectolitres,  et  l'Association  de 
la  Meunerie  française  avait  fixé  son  évalua- 
tion à  88.120.840  hectolitres.  Cest  ce  der- 
nier chiffre  qui,  comme  on  Ta  vu  plus  haut, 
se  rapproche  le  plus  près  de  l'évaluation 
oflicielle  de  notre  ministère  deragricullure. 


L'ACADéMIB  NATIONALE. 


388 


EMPLOI    DE    LA 
LITIÈRE  DE  TOURBE  POUR    LE  BÉTAIL 

Article  de  M.  leprofesseur  docteur  Vogel, 
publié  dans  leLandbote,  de  Winlerlliur, 
traduit  et  communiqué  par  M.  FniTZ 
Marti,  à  Winterthur. 

Il  y  a  longtemps  que  Ton  sait  que  la  tourbe 
peut  fournir  une  excellente  Utière  pour  les 
étables,  qui  peut  remplacer  la  paille  ou 
s'employer  concurremment  avec  elle.  La 
litière  do  tourbe  fournit  au  bétail  une 
couche  molle  et  commode,  qui  absorbe 
beaucoup  d'urine  et  améliore  à  un  haut  de- 
gré l'air  dans  les  étables.  Par  ces  motifs, 
on  emploie  de  préférence  la  litière  de  tour- 
be pour  les  écuries  de  chevaux  et  les  laite- 
ries dans  les  grandes  villes,  et  les  avantages 
ci-dessus  indiqués  sont  déjà  si  grands  qu'ils 
suffisent  pour  recommander  la  litière  de 
tourbe  dans  tous  les  cas  ou  Ton  est  obligé 
d'acheter  de  la  paille  et  de  la  payer  à  un 
prix  très  élevé,  ou  lorsque,  dans  uneexploi- 
tation  agricole,  on  peut  employer  avanta- 
geusement la  paille  à  un  autre  usage.  Tout 
agriculteur  qui  peut  tirer  d'un  quintal 
de  paille  le  prix  d'un  quintal  de  bonne  li- 
tière de  tourbe  devrait  par  conséquent  em- 
ployer cette  dernière.  Il  augmentera  ainsi 
la  quantité  de  substances  fertilisantes  dans 
le  fumier  qu'il  répandra  sur  ses  champs  et 
sur  ses  prairies. 

Les  avantages  dont  il  vient  d'être  ques- 
tion ne  sont  toutefois  pas  les  plus  essentiels. 
II  y  en  a  un  beaucoup  plus  important, 
c'est  que  l'emploi  de  la  litière  de  tourbe 
est  un  excellent  moyen  de  conservation  du 
fumier  d'écurie.  Sans  doute  la  litière  de 
tourbe  ne  sera  jamais  une  panacée  univer- 
selle, un  moyen  infaillible  d'éviter  toute 
déperdition  d'azote  dans  le  flimier,  mais, 
grâce  à  son  emploi,  on  préviendra  la  dispa- 


rition d'une  grande  partie  de  cet  azote  qui 
se  serait  perdu  si  l'on  avait  employé  de  la 
paille,  même  en  quantité  abondante.  On  a 
publié  ces  derniers  temps,  précisément  sur 
cette  question,  le  résultat  de  toute  une  série 
d'expériences  qui,  pour  l'essentiel,  arrÎTent 
à  la  même  conclusion. 

Le  professeur  Pfeffer,  à  léna,  a  constaté 
ce  qui  suit  dans  son  travail  sur  les  réactions 
qui  se  produisent  lors  delà  putréfaction: 
On  préleva  sur  le  fumier  qui  provenait  de 
34  kgr.  de  litière  de  tourbe  sur  laquelle 
0  vaches  avaient  passé  la  journée,  des  doses 
pesées  qu*on  mit  dans  de  grandes  bouteilles 
oii  elles  furent  conservées  longtemps  dans 
les  conditions  les  plus  diverses.  Ainsi,  le 
contenu  de  quelques-unes  de  ces  bouteilles 
fut  soumis  à  l'action  d'un  courant  d'air  qui 
les  traversait  entièrement;  dans  d'autres 
on  se  bornait  à  aspirer  l'air  en  contact 
avec  la  surface,  etc.  Nous  renvoyons  pour 
le  détail  de  cette  intéressante  étude  au  mé- 
moire lui-même,  qui  a  paru  dans  la  revue 
«  Landwirthschafiliche  Versuchsstalionen  », 
et  nous  bornons  à  indiquer  sommairement 
le  principal  résultat,  savoir  que  pendant  un 
espace  de  5  mois  il  ne  s'est  dégagé  de  ce 
mélange  que  très  peu  d*azote,et  que  l'asote 
entraîné  n'était  pas  essentiellement  sous  la 
forme  d  ammoniaque,  de  sorte  qu'il  ne  s'é- 
tait guère  perdu  d^ammoniaque.  Les  per- 
tes en  substances  organiques  étaient  de 
même  faibles,  lorsque  l'air  n'avait  qu'un 
accès  limité  au  fumier  (qu'on  perçait  deux 
fois  par  semaine).  Les  pertes  n'acquirent 
plus  d'importance  que  longtemps  après, 
lorsque  l'air  fut  mis  en  contact  continuel 
et  intime  avec  le  fumier. 

Ces  essais  montrent  que  le  fumier  de 
litière  de  tourbe,  lorsqu'il  est  bon,  c'est-à- 
dire  serré  et  humide,  peut  rester  longtemps 
sans  qu'il  y  ait  à  craindre  une  dépei*ditîon 
notable  d'azote  ammoniacal.  Tout  récem- 
ment les  résultats  de  ces  expériences  ont 
été  confirmés  et  complétés  par  le  D^  Scbuei- 
dewind  dani  un  travail  «  sur  la  conserva- 
tion de  l'azote  et  sur  les  principales  trans- 
formations dos  divers  composés  d'azote  dans 
le  fumier  d'écurie  ».  Le  D'  Schneidewind 
fit  agir  une  solution  diluée  de   carbonate 


889 


d'ammoniaque  d'une  part  sur  de  la  paiUe, 
d'autre  part  sur  de  la  litière  de  tourbe,  en 
employant  les  mêmes  quantités  dans  les 
deux  expériences  ;  il  enleva  les  gaz  qui  se 
dégageaient  au  moyen  d'un  courant  d'air 
et  les  analysa  au  point  de  vue  de  leur  te- 
neur en  ammoniaque.  Il  constata  que  dans 
l'espace  do  24  heures  la  paille  avait  déjà 
perdu  30,1  pour  cent  d'ammoniaque,  tan- 
disque  la  litière  de  tourbe  n'avait  rien  per- 
de. Même  au  bout  de  quatre  jours,  il  n'y 
ivail  pas  trace  d'une  perte  d'ammoniaque 
par  la  litière  de  tourbe. 

Les  résultats  de  ces  expériences  ajoutées 
i  celles  de  Pfeiffer  méritent  à  un  haut  de- 
gré Tatlention  de  nos  agriculteurs.  Il  est 
hors  de  doute  que,  pour  un  grand  nombre 
et  nos  exploitations,  il  serait  utile  et  profita- 
ble d'employer  la  litière  de  tourbe  au  lieu 
de  paille,  ou  du  moins  de  les  employer  si- 
multanément, abstraction  faite  même  des 
avantages  indiqués  quant  à  la  conservation 
de  Tammoniaque .  Si  Ton  fait  encore  entrer 
dans  la  balance  cet  important  avantage  de 
la  litière  de  tourbe,  on  ne  saurait  se  refu- 
ser à  reconnaître  que  dans  nombre  de  cas 
Tagriculteur  fera  bien  de  se  décider  pour 
h  litière  de  tourbe.  Il  pourra  ainsi  conduire 
sur  ses  champs  un  fumier  plus  riche  en 
ammoniaque  que  s'il  s*en  tient  à  la  litière 
de  paille.  Sans  doute,  dans  les  endroits 
écartés  où  Von  ne  peut  se  procurer  qu'à 
grand  frais  de  la  litière  de  tonrbô  et  oîi 
Ton  ne  peut  pas  vendre  la  paille  que  Ton 
récolte,  àmoins  de  n'en  tirer  qu'un  prix  dé- 
risoire, on  peut  se  demander  s'il  y  a  réelle- 
ment avantagea  employer  la  litière  de  tour- 
be sur  une  grande  échelle. 

On  reconnaîtra  dans  bien  des  cas  que  le 
coUivateur  doit  songer  d'abord  à  utiliser 
sa  provision  de  paille.  Mais,  même  dans  ces 
cas-là,  on  ne  devrait  pas  renoncer  à  un 
emploi  au  moins  partiel  do  la  litière  de 
tourbe.  On  peut  le  faire  utilement  etdune 
manière  pratique  au  moyen  de  rigoles  tra- 
cées derrière  l'emplacement  oii  se  tiennent 
let  animaux,  avec  couvercle  percé,  ou  cons- 
tmites  en  platelage  de  bois  de  façon  à  em- 
pêcher les  animaux  d'y  entrer.  Ces  rigoles 
&ont  remplies  de  litière  de  tourbe  dans  la- 


AGRI€0LTURB«  390 

quelle  s'écoule  l'urine  et  ou  elle  est  aussitôt 
absorbée.  Seulement  il  faut  avoir  soin  d'en- 
lever la  tourbe  aussitôt  qu'elle  est  complè- 
tement imprégnée.  Pour  nettoyer  l'écurie, 
il  convient  de  sortir  la  première,  la  tourbe 
imbibée  de  purin,  de  la  conduire  et  de 
l'étendre  sur  le  las  de  fumier  et  de  la  recou* 
vrir  immédiatement  avec  le  fumier  produit 
par  la  paille.  De  cette  façon  on  évite  que 
lalitièrede  tourbe  se  dessèche,  ce  qui  est  ab- 
solument nécessaire,  parce  que  sans  cela  il 
se  perdrait  facilement  de  l'ammoniaque  en- 
traîné avec  l'eau  qui  s'évapore. 


En  publiant  l'article  ci-dessus,  leL^n^fro- 
tCy  de  Winterthur,  l'a  fait  suivre  des  indi- 
cations suivantes  : 

tt  La  Rédaction  a  appris  avec  plaisir  qu'en 
a  Suisse  aussi,  dans  le  voisinage  immédiat 
«  du  canton  de  Zurich,  l'on  peut  se  procu- 
«  rer  en  abondance  une  excellente  litière 
«  de  tourbe,  la  maison  Bachmann,  Réel 
tt  et  Cie,  à  Wœdensweil,ayant  installé  une 
tt  fabrique  dans  le  but  d'exploiter  dans  cette 
«  région  lesvastestourbièresdeRotenthurm. 
tt  Cette  entreprise  a  trouvé  un  si  bon  ac* 
tt  cueil  qu'elle  peut  à  peioe  sufQre  aux 
tt  commandes  avec  ses  installations  actuel- 
tt  les.  Les  tourbières  situées  sur  une  ligne 
<r  de  partage  d'eaux  fournissent  une  tourbe 
tt  bien  meilleure  pour  la  fabrication  de  la 
«  litière  que  les  tourbières  situées  dans  les 
tt  bas-fonds,  de  sorte  que  l'on  peut  bien 
«  augurer  de  l'avenir  de  cette  nouvelle  en- 
9  treprise,  et  espérer  que  notre  agriculture 
tt  dont  la  position  est  si  difficile  tirera  un 
«  avantage  de  la  nouvelle  ressource  natu* 
«  relie  qui  vient  de  s'ouvrir.  » 

Nous  croyons  devoir  ajouter,  pour  com* 
pléter  ces  renseignements,  que  les  machinée 
spéciales  employées  pour  la  préparation  de 
la  tourbe  en  vue  du  service  de  litière  ont 
été  fournies  à  la  fabrique  de  Rothenthurm 
par  notre  Sociétaire  M.  Fritz  Marti,  de 
Winterthur,  qui  a  ainsi  contribué  à  mettre 
en  train  une  exploitation  des  plus  utiles  à 
l'agriculture. 


391  JOURNAL  MENSUKL  DR 

LES  FOURMIS  ET  LEUffM  RAVAGES 

MoyeiM  de  t'en  préserver. 

Communication  de  M.  Paul  Noël, 

Directeur  du  Laboratoire  régional 

d'entomologie  agricole, 

à  Rouen  (Seine-Inférieure). 

Parmi  les  différentes  variétés  de  fourmis 
existantes,  on  doit  citer  en  premier  lieu  la 
fourmi  jaune,  que  Ton  rencontre  le  plus 
souvent  dans  les  jardins.  Elle  fréquente  les 
pots  à  fleurs  et  s'établit  entre  les  racines  des 
plantes,  où  elle  forme  de  petites  taupiniè- 
res. Cette  fourmi  monte  sur  les  arbres  frui- 
tiers pour  ronger  au  printemps  les  bour- 
geons gonflés  de  sève.  La  fourmi  brune 
recherche  de  préférence  les  jardins  maraî- 
chers, on  la  trouve  dans  les  couches  où  elle 
nuit  au  semis.  î-a  fourmi  mineuse  se  trouve 
en  abondancedans  les  jardins.  Elle  s'établit 
sous  les  pierres,  au  pied  des  espaliers,  des 
murs  et  des  serres,  où  elle  creuse  de  pro- 
fondes galeries.  On  rencontre  souvent  cette 
espèce  dans  les  appartements,  dans  les  buf- 
fets, à  la  recherche  de  matières  sucrées.  La 
fourmi  rouge,  assez  rare  dans  les  jardins, se 
trouve  plus  communément  dans  les  parcs, 
où  elle  forme  des  fourmilières  au  milieu  des 
gazons  ;  la  piqûre  qu'elle  fait  est  cuisante  et 
assez  douloureuse. 

Les  fourmis  vivent  en  sociétés  nombreuses 
dans  des  habitations  qu'elles  construisentét 
que  Ton  nomme  fourmilières.  Ces  habita- 
tions présentent  des  formes  différentes, 
selon  les  espèces  ;  quelques-uns,  comme  la 
Formica  rw/a,  ramassent  une  grande  quan- 
tité de  matériaux,  tels  que  des  morceaux  de 
paille,  des  aiguilles  de  pin,  etc.,  qu'elles 
entassent  en  masses  coniques  ;  d'autres  l'é- 
tablissent en  creusant  assez  profondément 
dans  la  terre  ;ou  en  trouve  sous  les  pierres, 
dans  les  vieux  troncs  d'arbres,  dans  les  feu- 
les des  vieux  murs,  etc.  Ces  habitations  sont 
sillonnées  de  galeries,  et  renferment  deâ 
cellules  distinctes  pour  les  mâles,  les  femel- 
les, les  ouvrières,  les  larves,  les  chrysalides 
et  les  œuls. 

Les  métamorphoses  des  fourmis  s'opèrent 
de  la  même  façon  que  celles  d'un   grand 


l'académie  NATIONâLB. 


392 


nombre  d'insectes.  Leur  vie  se  partage  en 
quatre  périodes  bien  distinctes  :  celle  d'oeuf, 
celle  de  larve,  celle  de  chrysalide  et  celle 
d'insecte  parfait.  Les  œuls  sont  blancs  ou 
jaunâtres,  quelque  peu  allongés,  et  donnent 
naissance  à  des  sortes  de  petits  vers  sans 
pattes,  de  couleur  blanche,  légèrement  co- 
niques, lesquels  sont  l'objet  des  soins  les  plus 
assidus  de  la  part  des  ouvrières,qui  les  trans- 
portent de  chambre  en  chambre,  bien  pro- 
bablement dans  le  but  de  les  placer  dans 
les  meilleures  conditions  d'humidité  et  de 
chaleur.  Quand  ces  vers  ou  larves  ont  ter- 
miné leur  croissance,  ils  se  changent  en 
chysalides,  tantôt  nues,  le  plus  souvent  en- 
veloppées dans  un  cocon  de  soie  de  forme 
ovalaire  et  que  Ton  nomme  vulgairement 
œufs  de  fourmis,  lesquels  sont  rechercha 
des  aviculteurspour  la  nourriture  des  jeunes 
faisans.  Au  moment  de  leur  éclosion  en  in- 
sectes parfaits,  les  jeunes  fourmisse  trouvent 
trop  faibles  pour  déchirer  le  tissu  soyeux  de 
leur  coque,  et  périraient  dans  leur  berceau 
si  les  ouvrières,  dont  la  surveillance  est  très 
active,  Yie  s'empressaient  de  les  délivrer  eu 
ouvrant  la  coque  avec  leurs  mandibules. 

Les  mœurs  curieuses  des  fourmis  ont  été 
étudiées  avec  attention  par  des  naturalistes 
qui  en  ont  fait  Tobjet  de  publications  inté- 
ressantes. Chacun  connaît  la  soHicitudedes 
ouvrières  pour  les  larves,  la  façon  dont  elles 
les  nettoient  et  les  nourrissent  et  le  soinavec 
lequel  elles  les  transportent,  ainsi  que  les 
nymphes,  pour  les  mettre  en  sûreté  quand 
un  danger  les  menace,  ou  que  la  fourmilière 
est  attaquée  ou  détruite.  Qui  n'a  suivi  avec 
intérêt  les  combats  que  se  Hvrent  certaines 
espèces  ?  Combats  dans  lesquels  sont  dé- 
ployées une  bravoure  et  une  stratégie  qui 
étonnentchez  de  si  petits  insectes  ;  de  même 
que  chez  les  peuples  des  temps  anciens,  les 
prisonniers  sont  amenés  dans  la  demeure 
des  vainqueurs  et  réduits  en  esclavage,  et  là 
sont  employés  aux  travaux  les  plus  dui's  ; 
d'autres  variétés  font  Télevagodes  pucerons, 
dont  elles  recueillent  la  matière  sucrée  qu'ils 
sécrètent  ;  ellesactivent  même,  en  caressant 
les  pucerons  avec  leurs  antennes,  la  sécré- 
tion du  liquide  sucré  qu'elles  avalent  dès 
.^ju'il  paraît. 


m 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


a94 


Engéoéral,  sauf  quelques  exceptioDS,  les 
foonoissoDt  nuisibles,  la  plupart  vivent  de 
rapines  et  presque  toujours  à  nos  dépens  ; 
elles  s'introduisent  dans  nos  maisons,  dans 
les  buffets,  pour  s'emparer  du  sucre,  du 
fciel,  des  confitures,  etc.,  elles  s*attaqucnt 
aux  fruits  mûrs  concurremment  avec  les 
guêpes.  Dans  les  jardins,  elles  causent  la 
mort  des  plantes  et  des  fleurs  en  s'élablis- 
saot  au  pied  ;  elles  montent  sur  les  arbres 
fraitiers,  coupent  les  étamines  et  les  pistils 
des  fleurs  pour  se  procurer  le  sucde  la  sève, 
etc.  ;  de  plus,  en  allant  à  la  recherche  des 
pucerons  sur  les  feuilles  des  arbres,  elles 
bisseot  échapper  sur  celles-ci  un  certain 
acide,  acide  formique,  qui  brûle  ces  feuilles, 
les  recroqueville  et  fuit  naître  la  maladie 
appelée  la  cloque. 

Il  y  a  donc  utilité  à  détruire  les  fourmis 
dtns  les  maisons  ;  on  s'-en  débarrasse  assez 
Ucilement,  en  plaçant  dans  les  endroits 
quelles  fréquentent  des  tampons  de  ouate 
imbibés  d'acide  phénique,  ou  mieux  encore 
(ie  la  naphtaline,  dont  l'odeur  forte  les  éloi- 
;;ne.  Dans  les  jardins,  quand  on  connaltTem- 
piacement  de  la  fourmilière,  oc  fait  péné- 
irer  dans  son  intérieur  de  Teau  bouillante 
cKi  une  solution  de  p(Hrole,  de  bpnzine,  ou 
une  émulsion  de  savon  noir  à  forte  dose . 
Uuand,  au  contraire,  on  ne  connaît  pas  cet 
emplacement,  il  faut  attirer  les  fourmis  en 
HD  endroit  déterminé  afin  de  les  détruire  en 
Qttsse  ;  à  cet  effet,  on  place  sous  une  tuile, 
pareiemple^un  mélange  de  cassonade  et  de 
nùel,  très  recherché  de  ces  insectes  ;  cet  ap- 
pât, auquel  elles  ne  résisteront  pas,  ne  tar- 
<to  pasà  être  couvert  de  fourmis,  qu'il  sera 
alors  facile  de  détruire. 

Le  goudron,  à  cause  de  Todeur  qu'il  dégage 
^  probablement  aussi  de  ses  propriétés  ag- 


glutinantes, éloigne  les  fourmis  ;  on  se  ser 
de  ce  produit  pour  garantir  les  arbres  de  ces 
insectes.  En  plaçant  un  anneau  de  goudron 
autour  du  pied  de  chaque  arbre,  ou  une 
corde  goudronnéeenrouléeà  10  centimètres 
de  distance  du  sol,  on  peut  être  certain 
qu'aucune  fourmi  n'envahira  Tarbre  ainsi 
préparé. 

LA   RÉCOUTE  D'ORQE   ET   D*AVOINE 
EN  1897. 

Le  ministère  de  l'agriculture  publie  les 
résultats  de  la  récolte  d'orge  et  d'avoine 
d'après  les  relevés  des  rapports  transmis 
parles  préfets  dans  les  six  semaines  qui  ont 
suivi  la  moisson. 

La  récolte  en  orge  s'est  élevée  à  15,542,210 
hectolitres  correspondant  à  9,699,890  quin- 
taux et  à  une  surface  en  semence  de  883,993 
hectares. 

La  récolte  des  six  années  précédentes 
avait  été  : 


16.241.431 
17.014.736 
17.074.408 
12.240.999 
12.248.516 
25.420.447 


hectolitres  en  1806 

—  en  1895 

—  en  1894 

—  en  1893 

—  en  1892 

—  en  1891 


La  récolte  en  avoine  s'est  élevée  à  87  mil- 
lions 016,990  hectolitres  correspondant  à 
40,636,816  quintaux  et  à  une  surface  ense- 
mencée de  4,043,260  hectares. 

La  récolte  des  six  années  antérieures  avait 

été  : 

92.003.398  hectolitres  en  1896 
94.877.753  —         en  1895 


91.878.734 

02.561.524 

83.991.354 

106.145.172 


en  1894 
en  1893 
en  1892 
en  1891 


EXPOSITIONS   ET   CONCOURS 


EXPOSITION    DE  BRUXELLES 

(Suite.) 

[Voir  les   numéros  du  Journal  de  Juin   et 
d'Août] 

U  succès  incontestable  de  l'exposition  de 


Bruxelles  s'est  vigoureusement  dessiné  et 
affirmé  durant  les  mois  d'août  et  de  septem* 
bre.  L'affluencedesvisiteursa  pris  des  déve- 
loppements  considérables  au  cours  de  ces 
deux  mois  et  a  pleinement  assuré  l'équilibre 

18 


305  JOURNAL  lUWftWi  |« 

ii saucier <ie  Vi-nlrepriae.  CeM  \kun  réaullat 
d'aulaBt  plu9  6atisfaisa<)t  qu'il  n*a  élé  atteint 
par  aucune  dea  expositions  tenues  depuis 
oelte  de  Paris  en  1889.  En  outre,  un  grand 
nombre  d'exposants  paraissent  avoir  retiré 
de  leur  participation  des  bénéfices  fort  ap- 
préciables, tant  sous  le  rapport  des  ventes 
réalisées  ou  des  commandes  reçues,  que 
sous  celui  de  l'extension  de  leur  notoriété 
couimçrciale  au  industrielle. 

Il  y  a  eu,  certes^  quetqMCs  déceptions  et 
quelques  déboires.  Mais  il  semble  bien  que, 
dans  son  ensemble,  l'exposition  de  Bruxel- 
les aura  été  aussi  féconde  en  résultats  moraux 
et  matériels  que  véritablement  splendide  et 
réellement  intéressante.Le brillant  succès  de 
la  grande  manifestation  belge  est  d'un  l>on 
augure  pour  Texposition  de  Paris  en  1900, 
car  il  est  peu  des  visiteurs  des  magnifiques 
galeries  de  l'exposition  de  Bruxelles  qui  ne 
se  promettent  de  se  rendre  aux  Palais  pari- 
siens de  1900,  espérant  y  trouver  encore 
davantage  de  merveilles  artistiques  et  in  - 
dustrielles. 

Une  quantité  assez  importante  de  nos 
Sociétaires  participant  à  l'exposition  bruxel- 
loise n'avaient  pas  été  mentionnés  dans  nos 
précédents  comptes-rendus.  Nous  allons 
réparer  aussi  complètement  que  possible 
les  omissions  commises  à  leur  égard,  ayant 
pu,  au  cours  du  mois  de  septembre,  nous 
livrer  à  des  investigations  méthodiques  qui* 
n'avaient  pas  pu  être  entreprises  plus  tôt,  par 
suite  de  la  publication  tardive  des  catalogues. 

Suivant  l'habitude  adoptée,  nos  nouveaux 
comptes-rendus  seront  classés  dans  l'ordre 
alphabétique  des  noms. 

M.  Bah  (Ferdinand),  àCharleroi  (Belgique], 
fabricant  de  poudre  insecticide,  expose  son 
produit  dans  des  bocaux   de  verre  et  dans' 
des  bottes  de  carton,  ainsi  que  les  soufflets' 
en  carton  ou  en  étain  propres  à.  projeter  ta 
poudre  dansles  endroits  infectés  par  la  ver-  " 
mine.  Ayant  acquis  une  expérience  spéciale 
dans  la  lutte  contre  les  insecte-^  gênants  ou 
nuisibles,  M.  Bar  se  met  à  la  disposition 
du  public,  soii  pour  fournir  toud  produits 
destructeurs,  soit  pour  opérer  lui-même  sur 
ptace  rexterninalioa  ds  Wutes  le&  bestioles 


l*A04iitell  fUTIONALB. 


a96 


désagréables  qui  peuvent  envahir  les  lieux 
ek>s,  et  s'attaquer  à  noire  épiderme,  à  nos 
vêtements,  aux  objets  mobiliers,  aux  fleurs, 
aux  plantes  ornementâtes,  etc.  M.  Bar  g«r»n  - 
tit  toujours  la  pleine  efficacité  de  son  iater- 
ventioB. 

M.  Bastos,  d'Oran,  a  tkit  figurer  dans  le 
pavillon  de  l'Algérie  une  petite  vitrine  déco- 
rée d*aral)esques  peintes  et  renfermant  I  es 
types  divers  des  paquets  de  cigarettes  con- 
fectionnées et  mises  en  vente  par  sa  maison. 
On  sait  que  les  cigarettes  Bastos  jouissent 
d'une  grande  vogue  auprès  des  consomma- 
leurs  et  qu'elles  sont  très  demandées,  non 
seulement  en  Algérie,  mats  même  dans  toute 
VEhirope. 

M.  le  D'  Edward  Berchten,  à  Londres,  est 
l'organisateur  de  l'une  des  exposition  d'en- 
semble tes  plus  attrayantes  et  les  phjs  ins- 
tr u  cl  i  ves  :  celle  de  The  European  Petro* 
leum  Company,  Celte  exposition  comprend 
un  étalage  étendu  de  plans  en  relief,  de  vues 
photographiques,  de  dessins,  de  modèles, 
de  maquettes,  d'échantillons,  de  prodtiits, 
d'instruments,  d'outils,  etc..  se  rëASrant  d 
l'industrie  «si  importante  de  I^dxtraction  du 
pétrole  ou  naphte,  de  son  transport  et  de 
sa  transformation  en  produits  multiples  qui 
jouent  maintenant  un  si  grand  rôle  dans 
l'économie  de  ta  vie  civilisée. 

Dans  cette  exposition,  on  voit  une  collec- 
tion complète  de  produits  solides  et  liquides 
—  et  parmi  ces  derniers  depuis  tes  plus  hui- 
leux ou  visqueux  jusqu'aux  plus  volatils  — 
qui  sont  obtenus  parle  traitement  de  Fliuile 
minérale  naturelle. 

Ce  traitement  de  t'huile  minérale  aatu- 
relle,  pour  en  obtenir,  en  outre  du  simple 
pétrole  d'éclairage,  une  infinité  de  matiè- 
res ayant  chacune  une  utilité  propre,  consti- 
tue une  scieBce  complexe,  difficile  et 
délicate,  dans  laquelle  notre  Sociétaire 
M.  Edward  Berchten,  docteur  de  l'Univer- 
sité de  Philadelphie,  est  passé  maître. 
Aussi  est-ce  lui  qui  dirige  le  labora- 
toire d'essais  d'analyses  de  th€  European 
Petroleum  Company^  et  qui  préside  à  l'or- 
ganisatioa  des  traitements  chimiqjUQs  etdes 


dislillalion?)  diverses  au  moyen  desquels  le 
Diphie  brut  provenant  du  Cancan,  de  la 
RoumaDje  ou  de  la  Galicie»  donne  une  si 
gMgnifique  collection  de  produits  variés, 
parmi  lesquels  nous  citerons  :  le  goudron 
de  pétrole,  le  coke  de  pétrole^  les  vaselines 
bnineâ,  jaones  et  blanches^  les  onguents 
géhtîoeas,  les  graisses  et  huiles  minérales 
pour  Isbrificaiion,  la  cire  minéraleou/'ara/- 
fin  max^  les  pétroles  lampants^  les  gazolines 
oe  esMiiees  minérales  à  différenis  degrés  de 
(knsitë  el  de  volatilité^  etc. 

Par  suite  de  sa  profonde  connaissance  de 
la  cbtiaie  spéciale  des  pétroles^  M.  Bereh- 
tn  a  été  l'innovateur  d'un  certain  nombre 
de  produits  spéciaux  «foi  ont  trouvé  des 
enplois  particuliers  dans  on  grand  nombre 
d  iodostries^  Des  échantillons  de  ces  divers 
prodoits  sont  présentés  avec  ordre  et  mé- 
thoie  àaam  Vdipoaitton  de  ihe  Europgan 
Petr&imêm  Cofnpany.  Ajoutofls  que  l'orne* 
ment  principal  de  cette  exposition  est  cons* 
tiliié  par  wn  bosie  en  cire  minérale  (para/' 
fim  wax)  do  la  reine  Victoria,  buste  qoi  est 
ffona  néctttkm  artistique  merveilleiwe,  et 
4|«i,  d'après  les  indications  d  une  étiquette^ 
aarait  îié  eiéc»té  par  if.  fierchten  lui^-mé- 
■e.  Noire  Sociétaire  joindrait  ainsi  le 
talettt  d*iin  senlpieur-^Kiodeleur  de  premier 
ordre  à  la  science  d'un  ingénieur-chimiste 
hors  de  pair. 

Dans  la  seule  expositionde  the  European 
Petroleum  Company^  si  bien  agencée  et 
préparée  par  M.  Edward  fierchten,  il  y  au- 
féi  matàèm  à  une  élade  si  coiûplète  et  si 
éieMhie  i|w  noue  ne  potfrvofie  songera  Fen- 
trapreodre,  et  que  nous  devons^  noue  bor- 
ner àreadre  u»  homnage  profond  et  sincè- 
re el  rhabflleté  et  à  la  seieaee  d«  Témineni 
orgaaieateiM  de  eette  exposition. 

M.  BcRTRANDy  distiliaieur-liquoriste,  à 
CoQStaaiine^exposecdaas  le  pavillon  algérien 
les  spécialités  de  vermouth-quinquina  et 
d'amer-quinquina^quisont  si  favorablement 
appréciés  par  les  consommateurs  dans  tout 
ie  midi  de  Ik  France  et  dans  nos  colonies. 

MtBioNOBti  (Alphonse) y  à  Paris,  s'est  asso- 
cié i  la  colleetivité  des   facteurs   dinstru- 


BXH)smor«s  er  coNCOuas. 


ments  de  musique  de  Paris  pour  participer 
à  Texposition  d'ensemble  de  cette  i^llecti' 
vite.  Mais  il  ne  s'y  est  fait  représenter  que 
par  un  seul  piano  à  caisse  d'acajou  ornée 
de  baguettes  de  cuivre.  Ce  piano  n'était  pas 
muni  du  systômede  pupitre  ouvrant  dont 
M.  Bloodelestle  créateur  et  qui  offre  un 
avantage  marqué  dans  certaines  conditions 
d'asage.  Il  est  certain  que,  pour  une  cause 
ou  pour  une  auti-e,  M.  Blondel  n'a  pas  tenu 
à  figurer  k  l'exposition  de  Bruxelles  avec 
BB  éclat  digne  de  l'importance  de  sa  maison. 

M.  r.AUviN-YvosK,   à  Paris,  n'a  envoyé  à 
l'expoflfition  qu'une  tente  militaire  d'an  type 
spécial,  dresaée  sur  une  carcasse  en  bois 
d'un  système  aisément  démontable,  et  abri- 
tant un  bâti  en  fer,  ponvant  servir  de  sttp^ 
port  à  des  lits  superposés.  Placée  dans  un 
eodroit  écarté  des  jardins  de  l'exposition) 
et  n'étant  revètoe  d'aucune  étiquette  pou'^ 
vawt  renseigner  lepnblie  sur  sa  destination, 
sescommodités  et  ses  avantages^  cette  tente 
*n  a  pt»  e^tcitei'  bien  vivement   la   curiosité 
des  visitetir»,  ni  donner  une  idée  juste  de 
l'importance iiydcfstrielle  de  la  rmison  Cau*' 
vin-Yvose,qui  est  cependant  une  entreprise 
de  premier  ordre. 

M.  Samiïel  CffATKNAY,  propriétaire  viti-» 
cu4teur  i  Neufchâtel  (Suisse),  a  envoyé  à 
Bruxelles  des  vins  blanc»  et  roug^  de  sa 
production,  tirés  des  vignoMes  qn'rl  possè-* 
deàNetifehâftelmémeet  àJ^uvernier,  et  don't 
q«elques-^ns  étaieM  d'une  an«Mnno  ori- 
gine remontant  jiMqftf'à  1864. 

M.  Ghatenay  est  un  viticulteur  animé 
dan  tetwble  esprit  de  progrès,  qui  joint  à 
des  connfHssaneespi^ofondes  ett  matière  de 
ctillure  de  laf  tig'ne,  une  science  parfaite  de 
te  pratique  de  het  vinification  et  des  vues 
très  nettes  enc«  qui  concerne  les  traitements 
à  donmr  %m  pfbd^t  de  la  vigne,  depuis  la 
ntîs9  en  C9ve  d^  raisins  josqu^à  la  mise  en 
en  bouteille  des  vins  faits. 

C'est  ainsi  que  notre  Soeiétaire  proscrit 
absolument  la  présence  des  rafles  dans  l'o- 
pération de  la  fermentation,  et  qu'il  a  créé 
un  système  spécial  de  cuves  à  cloisons,  dans 
lesquelles  ne  sont  introduitaque  des  grains 


390  JOUBNAL    MRNSURL  DB 

de  raisins  égrnppés,  dont  le  marc  ne  peut 
remonter  à  la  surface  du  liquide.  Ces  cuves 
Hont  recouvertes  de  façon  à  préserver  le  con- 
tenu du  contact  avec  Tair  extérieur,  tout  en 
laissant  libre  dégagement  à  l'acide  carboni- 
que engendré  parla  fermentation  tumul- 
iueuse. 

M.  Cbatenay se  tient  au  courant  de  tous 
les  progrès  et  de  tous  les  perfectionnements 
introduits,  soit  dans  la  pratique  des  opéra- 
tions vilicoles,  soit  dans  le  matériel  viuaire, 
et  s'attache  à  appliquer  les  meilleurs 
systèmes,  en  faisant  usage  des  meilleurs 
instruments. 

Ainsi  sorgnés  dans  leur  préparation  et 
dans  leur  traitement,  les  vins  de  Neucbâtel 
de  M.  Samuel  Cbatenay  acquièrent  une  va- 
leur intrinsèque  de  premier  ordre.  Aussi  la 
réputation  des  caves  de  M.  Cbatenay,  caVes 
dont  l'exploitation  remonte  à  Tannée  1796, 
va-t- elle  en  s'augmentant  sans  cesse  dans 
toute  la  Suisse,  dans  TAIIemagne  du  Sud  et 
même  en  France.  Au  reste,  M.  Cbatenay 
ne  cacbe  pas  qu'il  s'inspire  beaucoup  dé 
l'exemple  des  viticulteurs  de  Bourgogne,  et 
que,  en  adoptant  leur  principal  cépage,  le 
fameux  pinot  on  pineau^  en  imitant  leurs 
façons  do  culture  et  en  suivant  leurs  meil- 
leures pratiques  de  vinification,  il  s'efforce 
de  produire  des  vins  capables  do  rivaliser 
avec  ceux  des  meilleurs  crus  bourguignons. 
Le  terroir  de  Neucbâtel,  léger  et  calcaire, 
étaotéminemment  fuvorableà  la  culture  delà 
vigne,  Texcellence  des  résultats  obtenus  ne 
dépend  plus  que  d'un  seul  facteur  :  le  ca- 
ractère favorable  ou  non  des  phases  clima- 
tériques. 

Le  voisinage  du  lac  tend  malheureuse- 
ment à  produire  un  excès  d'humidité  sou- 
vent peu  favorable  à  la  maturation  des  rai- 
sins sur  les  coteaux  neuchàtelois  ;  mais 
quand  le  mois  de  septembre  est  sec  et 
chaud,  la  production  decescoteauxestd'uhe 
qualité  excellente,  et  les  vins  qu'en  retire 
M.  Cbatenay,  par  la  pratique  d'une  viniBcà- 
lion  perfectionnée,  sont  d'un  mérite  réelle- 
ment remarquable. 

M.  Chauvin,  à  Paris,  exerce  une  indus- 
trie compliquée  qui  a  pour  but  de  satisfaire 


l'acadùiib  nationale. 


400 


aux  goûts  et  aux  fantaisies  du  petit  monde 
où  l'on  s'amuse  tantôt  à  jouer  au  cheval, 
tantôt  à  jouer  au  soldai,  au  musicien,  au 
jardinier,  au  pâtissier,  au  postillon,  etc. 
Aussi  la  vitrine  de  H.  Chauvin  est-elle  am- 
plement garnie  de  fusils,  de  canons,  de  pis- 
tolets, de  sabres,  de  casques,  d'uniformes, 
de  képis,  d'épaulettes,  de  gibernes,  de  clai- 
rons, de  trompettes,  de  cornets  à  piston,  de 
cymbales,  de  toupies  ronflantes,  de  guides 
avec  brassards  pour  attelages  simulés,  de 
grelottières,  de  pelles,  de  seaux,  de  râ- 
teaux, etc. ,  le  tout  pour  bambins  de  3  à  10 
ans.  Si  tout  cela  n'assure  pas  toujours  la 
tranquillité  des  parents,  cela  fait  certaine- 
ment la  joie  des  enfants,  et  rien  n'est  amu- 
sant comme  d'entendre  les  exclamations  de 
plaisir  des  gamins  qui  se  trouvent  tout  à 
coup  en  présence  de  la  vitrine  de  M.  Chau- 
vin. Pour  eux,  c'est  là  certainement  la  plus 
belle  et  la  plus  intéressante  vitrine  de  toute 
l'exposition,  et  ce  n'est  pas  sans  lutte  que  les 
parents  parviennent  à  les  arracher  à  la  con- 
templation de  toutes  ces  merveilles  pour 
les  emmener  voir  de  superbes  étoffes,  de 
magnifiques  meubles  ou  d'ingénieuses  naa- 
chines,  dont  tout  l'ensemble  ne  vaut  pas 
à  leurs  yeux  la  panoplie  composée  d'un 
casque,  d'une  cuirasse  etd'un  sabre,  le  tout 
en  fer-blanc,  qui  impressionne  leur  esprit 
comme  étant  Tobjet  le  plus  mémorable  de 
toute  l'exposition  ! 

M.  FoNTANA,  imprimour-éditeur,  à  Alger, 
expose  dan'$  le  pavillon  de  l'Algérie  des 
ouvrages  concernant  notre  colonie  africai- 
ne, composés,  imprimés  et  reliés  avec  le  soin 
et  la  compétence  qui  mettent  les  travaux  de 
notre  Sociétaire  à  la  hauteur  des  plus  parfai- 
tes éditions  établies  dans  la  mère-patrie. 

M.  Geisler,  aux  Cbatelles,  par  Raon-l'Ë- 
tape  (Vosges),  présente  des  types  différents 
des  papiers  fabriqués  dans  ses  usines,  à 
base  de  pâte  de  bois,  et  une  collection  nom- 
breuse et  variée  de  gravures  imprimées  en 
noir  et  en  couleur,  dites  photocollogravu^ 
res.  La  désignation  spéciale  donnée  par 
M.  Geisler  à  ces  impressions  indique  assez 
qu'il  s'agit  de  reproductions  de  dessins obte- 


401 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


403 


nues  par  des  procédés  particuliers,  dans 
lesquels  I*emploi  de  la  photographie  et  de 
la  gélaUne  insolubilisée  joue  un  grand  rôle. 

La  maison  Geislera  édité  des  albums 
pittoresques  et  des  séries  de  cahiers  d*éco- 
liers  ayec  couvertures  illustrées  de  scènes 
historiques  Instructives.  Ces  cahiers  se  ré- 
pandent déplus  en  plus  dans  les  écoles  pri- 
maires, où  les  élèves  les  apprécient  autant 
par  les  attraits  de  leurs  couvertures,  que  par 
la  qualité  du  papier  dont  ils  sont  formés. 

Les  papiers  ù  lettres  et  enveloppes  de  la 
labrication  Geisler,  en  blanc  et  en  cou- 
leurs, sont  aussi  bien  préparés  que  bien  pré- 
sentés, et  se  recommandent  au  choix  du 
public.  L*ensemble  des  objets  présentés  est 
complété  par  des  vues  photographiques  de 
Tosinedes  Chatelles  et  de  l'usine  delà  Cha- 
pelle, qui  constituent  deux  établissements 
modèles. 

M.  Gross,  àGouhenans  (Haute-Saône),  a 
envoyé  des  vins  et  liqueurs,  qui  lui  vaudront 
sans  nul  doute  une  nouvelle   récompense. 

M.  Heinrichs,  constructeur-mécanicien, 
à  Hodimont-Verviers,  en  outre  de  la  ma- 
chine à  vapeur  à  valves,  du  système  Hertay, 
qae  nous  avons  mentionnée  dans  notre  pre- 
mier compte  rendu  deVexposition  de  Bruxel- 
les, a  aussi  exposé  une  puissante  pompe 
centriruge  pour  travaux  d'assèchement,  qui 
se  trouvait  d'ailleurs  placée  fort  loin  du  mo- 
teur présenté  par  le  même  constructeur. 

M.  SegundoiMBERT,  de Puerto-Plata  (Ré- 
publique Dominicaine),  a  fait  figurer  dans 
le  pavillon  spécial  installé  par  le  gouverne- 
ment de  son  pays,  des  échantillons  du  Rhum 
produit  dans  ses  plantations  de  Las  Flores, 
Ce  rhum  est  l'un  des  meilleurs  que  nous 
connaissions. 

M.leD'  Krûsi,  do  Gais,  prèi  Saint-Gall 
Suisse),  présente,  dans  une  modeste  vitrine 
delà  section  suisse  des  bandages  herniaires, 
des  ceintures  hypogastriques  et  quelques 
médicaments  spécifiques  de  sa  création. 
Dans  le  traitement  des  hernies  et  des 
complications  qui  en  découlent,  U.  Krûsi 
a  obtenu  de   nombreux  succès,  qui  lui  ont 


fait  une  gi*ande  réputation  dans  les  cantons 
de  Saint-Gall  et  d'Appenzell  et  dans  les 
pays  voisins, 

M.  Mélia,  d'Alger,  expose,  dans  le  paviK 
Ion  de  l'Algérie,  une  collection  complète 
des  paquets  de  tabacs,  de  cigares  et  de  ci^ 
garetlesqui  sont  mis  en  vente  avec  sa  mar- 
que de  fabrique,  laquelle  est  des  plus  esti^ 
mées  dans  tout  le  nord  de  T Afrique. 

M.  Navarro,  de  Sidi-bel-Abbès,  est  un 
fidèle  participant  des  sections  algériennes 
dans  toutes  les  expositions  et  n'a  pas  maur 
que  d'envoyer  a  Bruxelles  des  échantillons 
de  vins  rouges,  de  vins  blancs,  de  vins  de 
liqueur,  et  de  céréales  de  ses  récoltes. 

MM.  Georges  Iv.  Popofp  et  Cie,  de  Sofia 
(Bulgarie),  ont,  dans  la  section  internationa- 
le, une  exposition  qui  est  bien  modeste*  mais 
qui  nen  est  pas  moins  aussi  intérressante 
que  fort  importante  par  ses  conséquences. 

L'exposition  ne  consiste  qu'en  quelques 
spécimens  de  pierres  lithographiques,  dont 
deux  sont  revêtues  de  dessins  représentant, 
l'un,  une  villageoise  bulgare,  et  Tautre,  une 
laveuse.  Des  épreuves  tirées  sur  ces  pierres, 
•accusent  une  finesse  d'impression  égale  à 
celle  qui  s'obtient  par  l'emploi  des  meil- 
leures pierres  de  Bavière. 
,  Jusqu'à  ce  jour,  les  quelques  carrières  de 
pierres  propresà  Timpression  lithographique 
qui  ont  été  trouvées  en  diflérents  points  du 
monde  en  dehors  de  la  Bavière,  n'avaient 
pu  fournir  que  des  pierres  d'une  qualité 
bien  inférieure  à  celle  des  pierres  tirées 
des  fameuses  carrières  de  Solenhofen,  et  il 
y  avait  presque  lieu  de  douter  de  l'avenir  de 
Ja  lithographie  par  le  fait  que  le  gisement 
;bavarois  de  pierres  fines  était  menacé  d'un 
épuisement  prochain.  En  effet,  les  pierres 
d'autres  provenances  ne  permettant  que  des 
impressions  grossières  et  imparfaites,  on 
pouvait  croire  que,  faute  de  pouvoir  désor- 
mais disposer  de  pierres  convenables,  l'ar' 
^e  la  lithographie  devrait  s'effacer  et  dispa- 
raître, l'imperfection  de  ses  résultats  ne  lui 
permettant  plus  de  lutter  efficacement  con- 
tre les  autres  procédés  de  reproduction  des 
dessins. 


L 


403 


lOORNAL  USHBVÉL  DB  L*AGADElfIl  NATIONALE. 


404 


Or,  il  y  a  environ  deui  ans,  on  découvrit 
à  32  kilomètres  dans  l'est  de  Sofia,  aux 
pieds  des  monts  Balkans,  près  du  village  de 
Negouschevo,  d'importants  gisements,  d'ex- 
cellentes pierres  lithographiques  s'étendam 
sur  une  superficie  de  20  kilomètres  carrés. 
Pour  l'exploitation  de  ces  carrières,  il  se  for- 
ma une  société  en  nom  collectif  sous  la 
raison  sociale  Georges  Iv.  Popoff  et  Cie, 
qui  appliqua  immédiatement  les  procédés 
les  plus  perfectionnés  d'extraction  et  de 
préparation  des  pierres. 

Dans  les  deux  couleurs:  jaunes  et  grise- 
bleue,  les  pierres  de  Negouschevo  sont  au 
moins  égales  en  finesse  de  grain  et  en  qua- 
lité générale  aux  pierres  de  Solenhofen. 
Les  carrières  bulgares  fournissent  même  des 
pierres  bleues  d'une  qualité  fx/ra,  qui  sont 
nettement  supérieures  aux  plus  betax  pro« 
duits  des  carrières  de  Solenhofen  par  Tho- 
mogénéité  parfaite  de  leurcontexture.  Tou- 
tes les  pierres  de  Negouschevo  peuvent  être 
fournies  en  de  fortes  épaisseurs,  sans  qu'il 
y  ait  lieu  de  recourir  à  Tarlifioe  du  collage 
qui  semblait  devoir  devenir  d'emploi  cou- 
rant dans  la  préparation  des  pierres  de 
Solenhofen,  et  sont  susceptibles,  pour  la 
plupart,  de  recevoir  le  même  poli  des  deux 
côtés.  Ajoutons  qu'on  a  réussi  cette  année 
à  retirer  des  carrières,  des  dalles  parfaites 
ne  mesurant  pas  moins  de  quatre  mètres 
carrés  de  surface,  résultat  qui  n'avait 
jamais  été  atteint  nulle  part  jusqu'à  présent. 

Comme  on  le  voit,  la  découverte  et  l'ex- 
ploitation des  carrières  de  Negouschevo,  qui 
peuvent  éti*e  considérées  pratiquement 
comme  inépuisables,  sont  des  faits  d'une 
grande  importance,  qui  intéressent  tous  les 
imprimeurs  lithographes  du  monde  entier*. 

Nous  avons  reçu  de  iMM.  G.  I.  Popoff  é^ 
C'^  des  échantillons  de  leurs  pierres  litho** 
graphiques,  dont  l'examen  n'a  pu  que  con* 
iînner  la  bonne  impression  que  nous  avaient 
causée  les  pierres  présentées  à  l'expositiort 
de  Bruxelles. 

M .  PoppE  Beutels,  fabricant  de  chicorée, 
à  Lokeren  (Belgique),  a  adopté  comme  mar- 
que distinctive  la  désignation  de  La  Ména- 
gère économe.  Dans  une  vitrine  quadran- 


gulaire  en  pitch-pif),  placée  dans  la  grande 
nef  de  la  section  belge,  M.  Poppe-Beatels 
expose  des  flacons  de  cossettes  et  de  poudre 
de  racines  de  chicorée  à  différents  degrés 
de  préparation,  et  des  paquets  de  la  chico- 
rée-tapioca qu'il  livre  à  la  consommation. 
De  Texaroen  de  la  vitrine  de  Poppe-Beu- 
tels,  il  ressort  la  meilleure  impression  con- 
cernant les  soins  donnés  ù  sa  fabrication, 
dont  les  produits  ne  peuvent  être  que  de  la 
plus  excellente  qualité. 

MM.  Manuel  Porc4r  y  Tio,  à  Barcelone 
(Fispagne),  ont  Tait  figurer  dans  la  section 
espagnole  des  échantillons  d'huiles  d'olive, 
de  vins  rouges  et  des  eaux  minérales  médi- 
cinales de  Notre-Dame  de  l'Espérance  de 
Tortosa.  Ce  sont  là  des  produits  dont  le 
mérite  a  été  reconnu  dans  nombre  d*expo- 
sitions  précédentes. 

M.  RocHAT,  au  Pont,  vallée  de  Joux 
(Suisse),  expose  des  pierres  pour  pivots  de 
montres  et  de  mouvements  d'horlogerie; 
des  contrepivots  en  tous  genres,  sertis  et 
non  sertis;  des  éouelles  polies  ;  des  ellipses 
et  des  rondelles.  Toutes  ces  menues  fourni- 
tures d'horlogerie  sont  exécutées  avec  une 
grande  précision  et  un  fini  parfait,  qui  font 
apprécier  très  favorablement  les  travaux 
de  M.  Rochat  par  tous  les  fabricants  de 
montresde  la  Suis^eetdelaFrancbe^Comté. 

MM.  Trespalacios  et  Aldabo,  distilla - 
teurs-liquoristes,à  La  Havane  (Ile de  Cuba), 
ont  envoyé  à  l'exposition  de  Bruxelles  des 
échantillons  de  leur^  produits  spiritueux  : 
rhums,  cognacs  et  liqueurs  divei*ses,  telles 
que  :  vermouth,  punch,  crème  de  cacao, 
aniselte  et  crème  havanaise.  Cgis  produits 
ont  remporté,  entre  autres  récompenses, 
un  diplôme  de  premier  prix  à  l'exposition 
de  Chicago,  oii  leur  examen  consciencieux, 
fait  par  un  jury  compétent,  a  abouti  à  leur 
faire  attribuer  un  ensemble  de  points  va- 
riant de  85  à  90  sur  la  quantité  de  100 
points  considérée  comme  Texpression  de  la 
plus  haute  perfection  possible.  I^e  jury  de 
l*exposition  de  Bruxelles  ne  pourra  que 
sanctionner  les  appréciations  flâvorables  du 
jury  de  Chicago. 


4» 


WïPWffïWrtS 


M.  Vaissier,  le  grand  parfumeur-savou- 
oier  de  Roubaix,  si  conuu  par  sa  ^néHion 
do  fameax  Savon  des  Princes  du  Congo , 
qui  a  fait  tant  de  bruit  dans  le  monde  de 
la  réclame,  a  cru  ne  devoir  participer  à 
l'upottiion  de  firiixelles  i(^'^n  mstallant 
dans  le  ptvilkm  officiel  do  l'Algérie  «ne 
origiBale  vkrîDe  de  style  mauresque^  qui 
renferme  les  échantillons  des  savons,  par- 
fums, eaux  de  toilette  et  cosmétiques  divers 
préparés (lar  la  iQaaufacture  de  Roubaix. 
L*éloge  de  tous  ces  produits  n'est  plus  à 
&ire,  et  ils  sont  maintenant  appréciés  par 
le  monde  élégant  à  Tégal  des  produits  des 
meilleures  marques  parisiennes.  En  Belgi- 
que, notamment,  ils  jonissetit  d*une  vogue 
si  complètement  acquise  que  c*esl  peut-être 
là  l'explication  du  fait  que  M .  Vaissior  n'a 
pas jagé utile  d'exposer  autre  part  que  dans 
U  section  algérienne. 

Hli.  Yan  Duyse  frères,  fabricants  de  bon- 
chonS|  à  Lokeren,  ont  édifié,  sur  un  em- 
placement voisin  du  centre  même  de  Tex- 
position,  un  kiosque  octogonal  fort  élégant, 
dont  les  oolonnes  revêtues  d'écorces  de 
chéoe-liège  eneadraient  de  belles  tentures 
en  velours  bleu.  A  Tintérieur  du  kiosque, 
dei  ouvriers  et  ouvrières  taillaient  des  bou- 
cikOQi,  k  Taide  des  machines  à  main  bien 
cooDoes.  Autour  du  kiosque,  des  vitrines 
vraugées  méthodiquement  avec  beaucoup 
dordre  renfermaient  les  spécimens  des  dif- 
férents types  de  bouchons  préparés  par 
UM.  Yan  Duyse  frères,  et  des  vues  photo- 
^phiqoes  des  différents  ateliers  montraient 
ttveequel  esprit  supérieur  d'organisation,  le 
tnuil  est  r^arti  et  administré  dans  la  ma- 
Dubeture  de  ces  messieurs. 

Cest  avec  le  souci  constant  de  Timpor- 
iasot  réelle  de  Varticle  qu*ils  vendent,  que 
MM.  Van  Duyse  frères  conduisent  leur  in- 
AiaCrie,  ne  se  procurant  que  des  matières 
premières  de  la  meilleure  qualité,  en  assu- 
rant la  manipulation  avec  les  soins  les  plus 
niétieuleui,  et  contrôlant  rigoureusement  la 
ternie  nature  et  le   calibrage  régulier  de 


ler  'ceNC*»!^.  406 

tous  les  bouchons  livrés  au  commerce. 
G^i*ttirtnsi  que  MM.  Van  Duyse  s'assurent  la 
fidélité  d'une  clientèle  qui  devient  de  plus 
en  plus  nombreuse,  et  qui  se  félicite  de  ce 
que  rexcellente  qualité  des  bouchons  four- 
nis par  la  fabrique  de  Lokeren  évite  toutes 
les  pertes  de  liquides  occasionnées  par  rem- 
ploi de  bouchons  défectueux  d*autres  pro- 
venances. 

Mlld.  Francisque  Voland  et  C'%  à  Lyon, 
exercent  une  très  curieuse,  très  importante 
et  très  délicate  industrie  ayant  pour  objet 
la  transformation  de  tous  tissus  de  sole,  dé 
laine,  de  coton  ou  de  Rbres  mélangées', 
transformalioù  s'obtenant  pàtr  les  moyens 
mécaniques  du  gaufrage,  dû  trappage  et  de 
VirUpressiori.  Pour  faire  con'àailre  la  va- 
riété des  résultats  qu'ils  obtiennent,  gricè 
à  un  outillage  considérable  et  à  une  ingé- 
nieuse ot*gahisation  du  travail  dans  leurs 
ateliers,  MM.  Francisque  Voland  etC"  ont 
garni  une  vaste  vitrine  d'un  ensemble  de 
tissus  en  couleurs  et  nuances  diverses  d'un 
etfet  charmant,  tissus  qui,  absolument  unis 
en  entrant  dans  leur  manufacture,  en  sont 
sortis  moirés^  crêpés,  gaufrés  ou  revêtus  de 
couleurs  variées,  en  un  mot  complètement 
modifiés  ou  transformés. 

MM.  Francisque  Voland  et  G*  traitent  tous 
les  tissus,  depuis  les  plus  vaporeux  jus- 
qu'aux plus  compacts,  depuis  les  gazes  et  les 
mousselines  jusqu'aux  velours  et  étoffes 
d'ameublement.  En  particulier,  ils  étublis- 
senl  les  rubans  de  Lyon^  ou  rubans  qui, 
formés  primitivement  d'une  seule  bande 
unie  d'une  couleur  uniforme,  présentent, 
après  frappage  et  impression,  sans  addition 
de  fils  ou  de  tissus^  des  ornements  en  relief 
de  différentes  couleurs,  imitant  les  rubans 
(fe  Saint-Etienne  recouverts  de  broderies 
brochées.  Il  y  a  évidemment  là  une  indus- 
trie de  tout  premier  ordre,  tant  par  les  diffi- 
cultés de  son  exécution  que  par  les  mérites 
de  ses  résultats. 

(A  suivre,) 


407 


JOUllUL  nNSUIL  M  L'ACAIMtMn  NATIONALI. 


408 


INDUSTRIE 


LA  PRODUCTION    INDUSTRIELLE 
DES  PRINOIPALES  NATIONS 

Le  Département  du  travail  des  Etats-Unis 
a  publié  dernièrement  des  données  statisti- 
ques sur  la  valeur  de  la  production  indus- 
trielle dans  les  principaux  pays  du  monde 
et  sur  diverses  questions  se  rapportant  à 
rindustrie  en  général. 

D*après  la  statistique  eu  question,  la  va- 
leur totale  annuelle  de  la  production  indus- 
trielle des  principaux  pays  serait  à  peu  près 
comme  suit  : 

Voleur  de  la  production 
industrielle. 
PAYS  DOLLARS 

Etats-Unis 7.000.000.000 

Grande-Bretagne. . .  4 .  100 .  000 .  000 

Allemagne 2.915.000.000 

France 2.245.000.000 

Russie 1.815.000.000   ' 

Autriche-Hongrie. .  1.625.000.000 

Italie 605.000.000   ' 

Belgique 510.000.000  ^ 

.    Espagne 425.000.000 

Suisse 160.000.000 

Le  rapport  cherche  à  expliquer  le  cbiffce 
élevé  indiqué  pour  les  Etats-Unis,  parle  ren- 
dement considérable  des  ouvriers  améri- 
cains, qu'il  attribue  à  la  supériorité  de  la 
méthode  de  travail  américaine  et  à  remploi 
de  machines  perfectionnées.  Une  autne 
cause  de  cette  énorme  production  serait  te 
prix  peu  élevé  des  matières  premières  et 
l'impulsion  qui  en  résulte  pour  la  fabrica- 
tion. .  ' 

La  valeur  moyenne  de  la  production  d'un 
ouvrier  américain  est  donnée  comme  étant 
de  1.888  dollars,  contre  990  dollai-s  seule- 
ment pour  l'Angleterre,  590  dollars  poAr 
r Allemagne,  la  France  et  la  Belgique,  433 
dollars  pour  la  Suisse,  381  dollars  pour  la 
Russie  et  265  dollars  pour  Tltalie. 

Il  se  comprend,  dans  ces  conditions,  que 


le  taux  élevé  des  salaires  payés  au2  Etats- 
Unis  ne  porte  aucun  préjudice  à  la  pois- 
sance  compétitive  de  l'industrie  améri- 
caine. 

Voici,  au  surplus,  le  salaire  annuel  moyen 
que  reçoivent  les  ouvriers  industriels  dans 
les  divers  pays  : 

DOLLARS 

Etats-Unis 

Grande  Bjrpfe^rt^i  i£.  W  .Y.QR^ 
France. .  IpG-BLlC .  UBBARY^S 

Belgique.! 165 

Allemagne  -xéfcW.CENox^Ho  l^ 
Suisse . . .  l .  TH-Dtii .fDUWPèT    " 

Autriche-Hongrie 150 

Espagne 120 

Russie 120 

La  force  de  compétition  del'industrie  de» 
Etats-Unis  ne  réside  pas  seulement  dans  la 
capacité  de  production  des  ouvriers  qu'elle 
emploie,  mais  provient  également  de  la 
quantité  de  force  motrice  dont  elle  dispose 
pour  faire  fonctionner  ses  machines.  Le  ta- 
bleau suivant  indique  la  situation  respective 
des  divers  pays  sous  ce  rapport  ^ 

Chevaux -vapear. 

EtaU-Unis 18.000.00.1 

Grande-Bretagne 12.000.003 

Allemagne 9.000.000 

France 5.000.000 

Autriche-Hongrie 2.500.000 

Russie 2. 500. 000 

Belgique 1.000. 000 

Bien  que  les  chiffres  ci-dessus  soient  né- 
cessairement très  approximatifs,  ils  aiéri- 
tent  néanmoins  de  iixer  l'attention,  car  ils 
caractérisent  une  situation  dont  pourrait 
bien  dépendre  en  partie  la  répartition  future 
de  la  puissance  dans  le  monde. 


4)9 


LES  HAUTES  MAISONS   ET  LES  ASCEN- 
SEURS   AUX  ETATS-UNIS 

(Extrait  du  Bulletin  de  la  Société'  des 
Ingénieurs   Civils) 

Une  des  cbo<«es  qui  frappent  le  plus  Té- 
inoger  auT  Etats-Unis  est  i'éléyation  con- 
sidérable des  constructions.  Non  seulement 
on  rencontre  à  New- York  et  à  Chicago  ces 
bâtiments  extraordinaires  ayant  16  étages 
et  plus  dont  les  journaux  américains  nous 
doQoeotdes  dessins,  mais,  encore,  lescons- 
tractions  de  8,  10  et  12  étages  sont  très  ré- 
pandues dans  les  grandes  villes  de  l'Union, 
tellesque Philadelphie,  Boston,  Saint-Louis, 
etc.,  et  ont  commencé  à  s'introduire  dans 
d'autres  beaucoup  moins  importantes  com- 
me Pittsburg  et  Buflalo. 

Nous  croyons  devoir  résumer  un  article 
très  intéressant  donné  par  V Engineering 
Nem  relativement  à  la  raison  d'être  de 
ces  constructions  et  au  moyen  de  les  uti- 
liser. 

Lo  journal  américain  constate  que  l'em- 
ploi des  bâtiments  d'une  grande  élévation 
amène  des  avantages  très  sérieux  au  point 
de  vue  économique  et  social  et  qu'il  répond 
à  ane  véritable  nécessité. 

Il  y  a  une  utilité  réelle  pour  la  conduite 
des  affaires  à  ce  que  ceux  qui  s'en  occupent 
«trouvent  concentrés  sur  une  étendue  rela- 
tiTcment  restreinte  où  ils  trouvent  de  l'air, 
de  la  lumière  et  de  Tespace.  Si  on  considère 
par  exemple,  le  quartier  central  des  afTaires 
à  Chicago,  pour  réaliser  le  même  résultat 
avec  des  bâtiments  ordinaires  n'ayant  pas 
piosde  cinq  étages,  il  faudrait  un  emplace- 
ment beaucoup  plus  considérable,  ce  qui 
entraînerait  des  difticultés  de  diverses  na- 
tures et  des  dépenses  importantes. 

Pour  prendre  un  exemple  de  Tautre  côté 
de  l'Atlantique,on  sait  qu'à  Londres,  la  Cité 
est  i  peu  près  absolument  consacrée  aux 
affaires.  Or,  l'immense  quantité  de  transac- 
tions qui  s'opèrent  dans  cet  espace  limité 
dan^  lequel  les  constructions  ont  un  très 
petit  nombre  d'étages  par  suite  des  habitu- 
desanglaises  et  des  restrictions  administra- 
tives^ amèneun  encombrement  et  une  gène 

à  laquelle  les  Américains  ne  voudraient  pas 


INDUSTIUB.  410 

se  soumettre.  Le  contraste  entre  les  vastes 


et  clairs  locaux  occupés  par  une  maison  de 
commerce  de  New -York  ou  de  Chicago  et 
les  bureaux  sombres  et  étroits  d'une  maison 
de  la  Cité,  les  deux  faisant  le  même  chiffre 
d'affaires,  est  d'un  effet  caractéristique  qui 
a,  d'ailleurs,  été  souvent  signalé. 

S'il  estexact  que  l'ab^^ence, dans  lesgran- 
des  villes  d'Europe, de  ces  bâtiments  élevés, 
est  amenée  par  des  règlements  de  voirie 
très  étroits,  il  faut  dire,  d'autre  part,  que 
l'emploi  de  ce  genre  de  construction  n'a  été 
rendu  possible  en  Amérique  que  par  celui 
des  ascenseurs  à  grande  vitesse.  Le  dévelop- 
pement des  deux  a  été  parallèle  et,  s*il  en 
eût  été  autrement,  nous  ne  verrions  pas 
aujourd'hui  tant  de  bâtiments  de  grande 
élévation.  II  est  certain  que  l'édifice  de  30 
étages  actuellement  en  cours  de  construc- 
tion à  New-York  n'aurait  point  été  entre- 
pris si  on  ne' disposait  que  des  ascenseurs  à 
marclie  lente  dont  on  se  servait,  il  y  a  15 
ans.  Mais  la  question  de  la  vitesse  à  obtenir 
des  ascenseurs  pour  franchir  dans  un  temps 
raisonnablement  réduit  ces  grandes  hau- 
teurs n'est  pas  la  seule  en  cau%,  il  y  a  éga- 
lement la  question  de  sécurité.  C'est  seule- 
ment parce  que  ces  appareils  peuvent  trans- 
porter journellement  à  la  montéeet  àla  des- 
cente des  quantités  de  personnes,  avec 
aussi  peu  de  chances  d'accidents  que  sur 
les  chemins  de  fer,  queces  appareils  et,  par 
suite,  les  bâtiments  élevés  sont  devenus 
aussi  rapidement  populaires.  11  y  a  certain 
nement  une  réelle  appréhension  et  la  cons- 
dience  d'un  danger  à  se  sentir  enlevé  à  une 
vitesse  considérable  dans  un  puits  vertical, 
et  l'habitude  seule  et  le  sentimentde  la  sé- 
curité peuvent  les  faire  disparaître.  Mais,  si 
un  accident  grave  arrive  à  un  ascenseur, 
tout  est  remis  en  question  ;  on  revient  à 
trouver  que  les  escaliers  ont  du  bon  et  qu'il 
est  plus  sûr  de  ne  pas  se  loger  si  haut. 
•:  A  ce  point  de  vue,  l'accident  survenu  le 
14  novembre  dernier  à  un  ascenseur  d'un 
bâtiment  à  22  étages,  en  construction  à 
New-York,  à  l'angle  de  Nassau  Street  et  de 
Spruce  Street,  a  une  grande  importance  ;  il 
n'en  faudrait  pas  beaucoup  de  ce  genre 
pour  ébranler  sérieusement  la  confiance  du 


411 


lOURNAL  MENSUEL  DK  L  ACA  DEMIE  NATIONALE. 


public  dans  les  appareils  de  celte  nature  et 
pour  jeter  dans  un  discrédit  complet  la 
construclion  des  bâtiments  élevés.  Si  on  $o 
reporte  aux  circonstances  dans  lesquelles 
s'est  produit  l'accident  auquel  nous  veuQus 
de  faireallusion,  on  trouve  qu'il  s'agit  d'un 
élévateur  hydraulique  fonctionnant  avec  de 
l'eau  sous  une  pression  de  60  kg.  par  cen- 
timètre carré,  alors  qu'on  n'emploie  généra- 
lement que  des  pressions  de  10  à  1^  kg. 

Le  but  de  ces  pressions  considérables 
parait  avoir  été  de  réduire  autant  que  possi- 
ble les  dimensions  du  cylindre  hydraulique 
et  la  place  occupée  par  l'appareil,  considé- 
ration d'une  réelle  importance  pour  une 
installation  aussi  considérable.  Mais  il  ne 
parait  pas  que  l'emploi  seul  d'une  pres- 
sion élevée  de  l'eau  soit  la  cause  des  dif« 
ticultés  qu'on  a  éprouvées  à  la  mise  en 
marche  de  ces  ascenseurs  et  de  l'accident 
qui  est  survenu  à  l'un  deux.  L'origine  ep 
vient  uniquement  de  ce  que  ces  ascen- 
seurs doivent  fonctionner  à  des  vites- 
ses excessives.  Ou  ne  craint  pas  aujourd'hui 
d'arriver  à  une  vitesse  de  700  pieds  par  mi^ 
nute,  soit  3,55  m.  par  seconde  et  1:^,80  kn^. 
à  l'heure,  la  vitesse  des  tramways  à  câble  de 
Broadway.  La  cabine  de  l'ascenseur  avec  s^ 
charge  normale  de  voyageurs  et  son  contrer 
poids  ne  pèsent  pas  loin  de  2  u  et,  ce  poids 
doit  passer,  de  l'arrât  à  la  vitesse  normal^ 
indiquée  plus  haut  et  in  versement  de  cette 
vitesse  à  l'arrêt,  dans  un  espacede  moins  dQ 
3  m.  ;  de  plus,  l'appareil  doit  être  sous  1q 
contrôle  du  gamin  qui  en  est  chargé  et  doit 
s'arrêter  au  niveau  du  plancher  à  un  ou  deux 
centimètres  près.  En  outre,  le  mouvement 
d'accélération  et  de  ralentissement  doit  étr^ 
graduel  sous  peine  de  voir  les  voyageur^ 
soumis  à  des  sensations  dont  un  trajet  sur 
les  montagnes  russes  peut  donner  une  idée^ 

Mais  une  difficulté  encore  plussérieusq 
réside  dans  la  question  des  appareils  de 
sûreté.  Tout  ascenseur  pour  service  de  per- 
sonnes doit  être  muni  d'un  dispositif  par 
ler{uel,  dès  que  la  vitesse  normale  est  dépas- 
sée, soit  par  suite  de  la  Rupture  du  câble, 
soit  par  un  dérangement  du  mécanisme, 
soit  pour  toute  autre  cause,  des  griffes  sont 
mises  en  contact  avec  les  guides  et  la  cabine 


est  amenée  à  l'arrêt.  Il  n'y  tTmit  mmcoMt 
difficulté  lorsque  les  ascenseurs  marchaiea: 
à  des  vitesses  de  1  à  1  m.  50  par  secoade. 
mais  lorsque  ces  vitesses  ontatteint  3  m.  10 
il  en  a  été  tout  autrement.  Il  doit  nécessai- 
rement exister  une  marge  entre  la  vile^ 
normale  de  la  cabine  et  celle  à  laquelle  U 
dispositif  de  siSireté  doit  fonctionner,  laargi 
nécessaire  pour  parer  aux  inégaUtes  àt 
vitesse  provenant  des  variations  dans  b 
charge  de  la  cabine  et  dans  la  pression  à 
l'eau  motrice.  Si,  par  exemple,' la  Titessed^ 
marche  doitêtre  de  dm.  50  par  seconde,  os 
peut  admettre  que  le  parachute  agira  èuM 
vitesse  de  5  à  5  m.  50  par  seconde,  soit  18à 
20  km.  à  l'heure.  Mais,  à  ces  vitesses,  un  tr* 
rêtsans  danger  est  assez  difficile  à  réaliser  ; 
pour  amener  un  passage  de  5  m.  parseeond€ 
zéro  dans  une  longueur  très  limitée 
on  risque  d'arracher  les  guides  de  Tasceo- 
seur  ou  d'amener  quelque  rupture  qui, 
loin  d'améliorer  les  choses,  ne  ferait  qu'ag- 
graver  les  conséquences  de  l'accident. 

Dans  l'accident  auquel  il  a  été  fait  alla* 
sion,  la  cabine  n'est  pas  tombée  ;  elle  ^ 
simplement  descendue  dans  le  puits  à  uoe 
vitesse  insuffisante  pour  faire  agir  le  dispo- 
sitif de  sûreté,  mais  toutefois  assez  forte  pour 
avoir  frappé  les  heurtoirs  inférieurs  av^ 
une  violence  qui  n'a  pas  été  sans  amener 
des  conséquences  fâcheuses,  caruneper- 
sonne  a  été  grièvement  blessée  et  dis  autres 
ont  été  plus  ou  moins  fortement  contu- 
sionnées. 

La  descente  intempestive  de  la  cage  a  été 
amenée  par  une  circonstance  insignifiante 
en  elle-même,  la  rupture  d'un  bou  Ion  qo: 
a  déterminé  une  ouverture  permanente  dêm 
la  conduite,  de  sorte  que  le  plongeur  e^ 
descendu  comme  si  on  avait  ouvert  le  cli« 
pet  de  décharge.  Seulement,  cetteouvertore 
n'a  pas  été  close  automatiquement  comme 
l'eût  été  l'ouverture  du  clapet  lorsque  la 
cabine  est  arrivée  au  bas  desa  course,  et  cel- 
le-ci a  frappé  violemment  les  heurtoirs. 
On  conçoit  que  toute  avarie  amenant  noe 
fuite  un  peu  considérable  au  cylindre  hy- 
draulique ou  aux  tuyaux  qui  sont  en  com- 
munication avec  lui,  peut  amener  des  eoo* 
séquences  du  même  genre. 


413 


moosTRie. 


414 


Lesjoaroaux  ont  cité  rëcemment  un  aoci* 

deot  toalogoe  dû  à  cequ'aueiresse  formant 

I  joint  avait  été  chassée  par  la  pression  hors 

I  de  son  logement.   Il  est  permis  de  trouver 

qoe  remploi  de  joints  de  cette  nature  pour 

I  QD  ascenseur  hydraulique  constitue  une  sin- 

^lière  négligence  de  la  part  du  construc- 

teor,  i  une  époque  ou  les  méthodes  de  tra- 

rail  sont  assez  perfectionnées  pour  qu*on 

faim  taire  des  joints  plus  précis  et  plus 

SÙfS. 

Il  n'est  pasinutilede  faireobserver  ici  que 
si  h  rupture  du  boulon  qui  a  déterminé  la 
nniedereau  s'était  produite  un  moment 
ptQitot,  lorsque  la  cage  était  arrêtée  à  un 
^e  et  que  les  voyageurs  entraient  ou  sor- 
nient,  il  y  avait  de  grandes  chances  pour 
qu'un  ou  deux  eussent  pu  être  pris  dans  la 
porta  et  broyés, 

D  va  là  un  danger  auquelles  construc* 
temrs  d'ascenseurs  ne  paraissent  pas  avoir 
bit  assez  attention.  Si,  lorsque  la  cabine  est 
trrétée  à  un  étage, elle  n'est  maintenue  im« 
mobile  que  par  le  mécanisme  môme  qui  la 
fiil  monter,  il  y  a  undangerpermanentpour 
les  voyageurs. 

Dira-t-on  que  les  chances  d'un  semblable 
iddeot  sont  tellement  faibles  qu'il  n*y  a 
pas  à  en  tenir  compte  ?  On  estime  générale- 
nient  que  l'ascenseur  est  une  machine  si 
«impleet  si  sûre  qu'elle  ne  court, pi»ur  ain- 
si dire,  aucun  risquede  dérangement.  Il  est 
intéressant  de  consulter  à  ce  sujet  les  rap* 
ports  U'imestriels  du  chef  du  département 
te  constructions  de  la  ville  de  New-York 
qoi  a  la  surveillance  des  ascenseurs  dans  ses 
attributions.  On  trouve  les  chiffres  suivants 
pour  les  trois  premiers  trimestres  des  deux 
innées  1895  et  1896. 

jAiifiirà8«|tomte« 

iMft     im 

îïombre  d'ascenccurs  Inspectés..  S.63E  4.257 

Ascensenrs  trouvé»  défectueux..  6î.  956 
ascenseurs  remis  en  bon  état  sur 

nnvllallon  du  département 41  912 

ascenseurs  ayant   donné  lieu  à 

«l^spoursultes 16  182 

Ces  chiffres  se.-nblent  indiquer  soit  que 
nospecliou  actuelle  est  trop  sévère,  «oit  que 
la  précédente  ne  Tétait  pas  assez.  Le  iait 


que  les  inspecteurs  du  département  de  la 
construction  ont  pu  trouver  en  moyenne  95 
ascenseurs  défectueux  par  mois  est  surpre- 
nant et  quelque  peu  inquiéuint,  d'autant 
plus  qu'il  B*agit  d'appareils  ordinairement 
placés  entre  les  mains  d'hommes  compétents 
et  tenus  dans  le  qui-vive  par  crainte  d*ins- 
pectionsimprévues.Enoutre, beaucoup  d'as- 
censeurs sont  surveillés  par  des  associations 
qui  s'en  t'ont  une  spécialité.  Si  on  admet  que 
inspection  de  1890  a  été  particulièrement 
sévèreet  minutieuse,  qui  nous  garantit  qu'on 
n'en  reviendra  pas  plus  tard  aux  errements 
de  1805  ? 

De  ce  qu*on  est  porté  à  attribuer  la  cause 
réelle  des  difRcultés  qu'on  éprouve  avec  les 
ascenseurs  pour  personnes  aux  vitesses  con- 
sidérables de  ionctionnement  qu*on  emploie 
actuellement,  8*ensuit-il  que  ces  considéra- 
tions doivent  amener  une  réduction  de  ces 
vitesses  ?  Nous  ne  le  croyons  pas.  Des  vites- 
ses de  3  m. 50.  par  seconde  sont  indispen- 
sables pour  desservir  dans  de  bonnes  con- 
ditions des  bâtiments  de  14  étages  et  plus. 
Mais  il  est  absolument  nécessaire  que  les 
constructeurs  d'ascenseurs  et  les  architec- 
tes qui  établissent  les  programmes  auxquels 
ces  appareils  doivent  satisfaire,  apportent  la 
plus  sérieuse  attention  aux  questions  de  sé- 
curité qu'implique  Tusage  de  vitesses  aussi 
considérables. 

Nous  no  voyons  aucune  raison  pour  que 
les  cabines  ne  soient  pas  munies  de  freins 
sous  le  contrôle  du  conducteur,  freins  par 
lesquels  celui-ci  pourrait  arrêter  la  cabine  à 
uù  point  quelconque  de  son  parcours,  indé- 
pendamment du  mécanisme  moteur.  Si  ce 
fi^in  était  mis  en  relation  avec  quelque  mé- 
canisme solidaire  des  portes  kchaque étage, 
on  aurait  une  sécurité  absolue  contre  une 
mise  en  mouvement  intempestive  de  la  ca- 
bine pendant  l'entrée  ou  la  sortie  des  voya- 
geurs, dqeà  une  cause  accidentelle  ou  à  un 
défaut  d'attention  du  surveillant. 

On  doit  dire  un  mot  ici  de  l'emploi  dé 
buttoirs  à  air  comprimé  au  bas  des  puits 
d'ascenseurs.Ces  appareilsétalent  d'un  usage 
général  il  y  a  une  douzaine  d'années,  et  ils 
étaient  très  eflicaces,  car  ils  amortissaient 
parfaitement, et  sans  inconvénient  pour  les 


415 


lOURNAL  MBHSOBL  Dl  VàÇADiUlM  NATIONALB. 


416 


voyageurs,  le  choc  d'une  cabine  tombant  de 
la  hauteur  de  plusieurs  étages.  Maison  y  a 
renoncé  à  peu  près  complètement  pour  les 
ascenseurs  desservant  12  étages  et  plus. 
Nouscroyons  qu'on  a  eu  tort;  un  heurtoir  à 
air  ne  sufQra  pas,  il  est  vrai,  pour  amortir 
le  choc  d'une  cage  tombant  librement  d'une 
grande  hauteur,  mais,  s'il  y  a  sur  la  ca- 
bine même  des  dispositifs  pour  retarder  la 
descente,  le  buttoir  pneumatique  sera  très 
utile  pour  amortir  l'arrivée  à  fond  d'une 
cabine  descendant  à  une  vitesse  insuffi- 
sante pour  mettre  en  jeu  les  dispositifs  de 
sûreté,  comme  cela  s'est  produit  dans  l'acci- 
dent qui  a  amené  l'étude  dont  nous  nous 
occupons  en  ce  moment. 

Les  dispositifs  de  sûreté  à  arrêt  automati- 
que ne  sont  pas  suffisants  à  eux  seuls.  On 
se  rappelle  qu'à  la  galerie  des  produits  ma- 
nufacturés à  l'Kx position  de  Chicago,  il  y 
avait  des  ascenseurs  hydrauliques  montant 
les  personnes  jusqu'au  toit  de  la  f,^1erie  à 
une  hauteur  vertigineuse.  Un  jour,  un  de 
ces  ascenseurs,  plein  de  monde,  tomba  p9it 
suite  de  la  rupture  d'un  câble  ;  après  quel- 
ques mètres  de  descente,  le  parachute  auto- 
matique arrêta  la  cabine,  mais  après  l'arrêt, 
il  cessa  de  fonctionner  et  la  cabine  repi^it 
son  mouvement  de  descente  pour  être  enco- 
re arrêtée  et  ainsi  de  suite  jusqu'en  bas, 
sans  qu'il  en  résultât  d*accident,  mais  en 
faisant  passer  les  malheureux  voyageurs  par 
une  série  d*impressions  dont  on  peut  se  faire 
une  idée. 

Il  est  bien  connu  que  les  dispositifs  au- 
tomatiques sont  exposés  à  ne  pas  fonction- 
ner lorsqu'on  en  a  besoin.  C'est  particuliè- 
rement le  cas  des  parachutes  d'ascenseurs; 
dans  la  vie  normale  d'un  ascenseur,  ils  n'eu- 
ront  peut-être  jamais  occasion  de  fonction- 
ner et  on  n'est  jamais  certain  qu'ils  opére- 
raient d'une  manière  eflicace  en  cas  de  né- 
cessité. C'est  une  raison  de  plus  de  leur  ad- 
joindre des  dispositifs  d'arrêt  mis  entre  lès 
mains  du  conducteur  de  l'ascenseur. 

On  peut  dire,  en  résumé,  que  la  question 
de  l'avenir  des  bâtiments  élevés  est  intime- 
ment liée  à  celle  de  la  sécurité  des  ascer)- 
seurs  et  que,  pour  les  grandes  villes  des 


Etats-Unis,  cette  dernière  acquiert  une  im- 
portance de  premier  ordre. 


PROJET  D'EXPLORATION  DU  POLE  NORD 

au  moyen  d'aéroetaU  libres,  pourvus  d'appa- 
reils photographiques  et  solentifiquea  enre- 
gistreurs, 

Par  M.  Paloux,  garde  d'artillerie,  chef  arti- 
ficier à  Oran. 

Un  de  nos  Sociélaires,  M.  Paloux,  garde 
d'artillerie,  chef  artificier  à  Oran, nous  com- 
munique une  note  très  intéressante  sur  les 
moyensqu'ila  imaginés  pour  parvenir  scien- 
tifiquement à  la  connaissance  du  pôle  nord. 

Sans  partager  complètement  les  espéran- 
ces et  l'opinion  de  notre  colIègue,et  tout  en 
ne  nous  dissimulant  pas  les  nombreuses  dit- 
ficultés  que  ne  manquera  pas  de  rencontrer 
la  réalisation  de  son  pmjet,  nous  sommes 
heureux  de  rendre  hommage  à  son  ingénio- 
sité, et  nous  nous  empressons  d*en  mettre  les 
parties  les  plus  essentielles  sous  les  yeux  de 
nos  lecteurs. 

(Note  de  la  Rédaction). 

A  cet  effet  il  serait  créé  de  10  à  12  petits 
aérostats  cubant  environ  60'"^  gonflés  à 
l'hydrogène  pur  et  munis,  s'il  était  néces- 
saire et  pratique,  d'un  appareil  producteur 
de  gaz.  En  vue  de  certains  avantages,  ces 
ballons  pri^senteraient  une  forme  allongée 
dans  le  sens  vertical  (1). 

Après  cela,  pour  le  lâcher  en  temps  utile 
du  lest  emporté,  ils  seraient  pourvus  d*un 
sablier  dont  la  vanne  s'ouvrirait  sous  l'ac- 
tion d'un  courant  électrique  qui  s*établjrait 
par  Vinterraédiaire  de  2  câbles  flottant  iso- 
lés Tun  de  l'autre  et  dont  les  extrémités  ter- 
minées par  un  gros  fil  d'acier  assez  long  et 
dénudé  viendraient  en  temps  opportun  se 
mettreen  contact  avec  le  sol  qui  fermerait 
lui-même  lecircuit  par  sa  nature,étant  donné 
qu'il  ne  peutétre composé  aux  approchesdu 
pôle  que  de  neige,  glace  ou  eau,  voire  terre, 
corps  éminemment  conducteurs. 

L'appareil  électrique    actionné   par  une 

(l)  Disposition  qui  permettrait  de  restreindre 
l'envergure  du  système  de  suspension  des  ap- 
pareils emportés  et  éviterait  tout  amas  de  neige 
sur  la  surface  supérieure  de  l'enveloppe  au  cas 
d'une  chute  de  celle-là. 


417 


INDUSTRIE. 


418 


pilesèebe  porterait  un  électro-aimant  qui 
ordonDcrait  la  vanne  du  sablier. 

Les  cables,  tenus  écartés  à  leur  base, 
deTraieot  avoir  une  longueur  suTfisantepour 
éviter  au  ballon  la  rencontre  de  quelques 
icebergs  on  écueils  élevés.  Un  de  ces  câbles 
aorait  une  longueur  supérieure  au  second 
tt  devrait  traîner  légèrement  sur  le  sol  en 
Tued'y  trouver  un  point  d'appui  devant 
maioteoir  chaque  point  du  ballon  parallèle- 
aieuiàla  direction  suivie,  par  conséquent 
d  empêcher  à  ce  dernier  un  mouvement  de 
rotation  sur  lui-même,  ce  qui  serait  néces- 
saire pour  Tenregistrement  de  la  route  par- 
courue,  comme  on  !e  verra  plus  loin. 

Tenir  compte  qu'aucun  autre  point  d'ap- 
pui que  celui. désigné  ne  peut  être  puisse 
daos  l'élément  fluide,  si  ce  n'est  la  faible 
énergie  d'une  aiguille  aimantée  s'orieotant 
vers  le  nord. 

U  situation  du  ballon  à  la  hauteur  voulue 
pour  le  contact  du  câbled'orienlation  serait 
issez  facile  à  obtenir  ;  toutefois,  les  appa- 
reik  enregistreurs  qu'emporterait  Taréoslat 
se  devraient  pouvoir  fonctionner  qu'à  cette 
(t)nditioo,  afin  d'obtenir  des  relevés  orientés 
joints  à  uno  échelle  uniforme. 

Ces  appareils  enregistreurs,  dont  il  nous 
reste  à  parler,  comprendraient  2  chambres 
noires  pour  la  photographie  pourvues  cha- 
cune d'une  boussole.  Ensuite,  pour  leur 
kmctionnement,  il  leur  serait  adjoint  un 
mécanisme  d'horlogerie  à  mouvement  cer- 
taio(lj. 

Les  instruments  de  photographie,  sans 
être  volumineux  et  pesants, seraient  munis 
d'une  longue  pellicule  pouvant  se  dévelop- 
per automatiquement  et  permettre  la  prise 
d'un  bon  nombre  d'images. 

Ces  appareils  seraient  placés  en  équilibre 
stable  de  chaque  côté  du  ballon,  rendus 
fixes  par  rapport  à  celui-ci  daos  le  plan  d'o- 
rientation et  devraient  persister  dans  une 
position    horizontale  qu'on    obtiendrait  à 


'})  Ce  mécanisme  serait  lubrillô  à  l'aide  <le 
glycérine  au  lieu  d'tiuile  végétale,  celle-ci 
pouvant  subir  Taction  de  la  gelée.  De  môme, 
pour  mettre  tous  les  appareils  à  Tabri  d*an  froid 
trop  excessif,  ils  pourraient  être  dans  les  limi- 
tes du  possible,  recouverts  de  laine. 


l'aide  de  pendules.  Ils  fonctionneraient  en 
commun  sous  l'action  du  mécanisme  d'hor- 
logerie. 

Le  premier  serait  orienté  vers  le  ciel  ailn 
de  relever  à  des  heures  différentes  la  hau- 
teur du  soleil  el  celle  des  étoiles  (étoile  po- 
laire de  préférence)  pour  le  calcul  ultérieur 
des  angles  en  un  temps  déterminé  du  par- 
cours. 

Le  second  appareil  serait  tourné  face  en 
bas  pour  le  sol  à  photographier,  et  devrait 
fonctionner  simultanémentavec  le  précédent 
pour  les  comparaisons  à  établir. 

Devant  ou  dans  le  champ  de  l'objectif  do 
chaque  appareil  serait  disposée  une  bous- 
sole légère  et  sensible  renfermée  dans  le 
dernier  cas  entre  deux  verres  relativement 
niinces  pour  leur  transparence. 

Ces  boussoles  auraient  pour  but,  en  figu- 
rant dans  le  champ  de  photographie,  d'indi- 
quer la  direction  droite  ou  bifurquée  par 
rapport  au  pôle  qu'aura  suivie  chaque  bal- 
lon et  d'établir  la  liaison  des  clichés  entre 
eux. 

Un  thermomètre  centigrade  à  l'alcool  teinté, 
disposé  dans  des  conditions  analogues,  indi- 
querait sur  l'image  parla  hauteur  du  liquide 
inscrite,  la  température  des  lieux  traver- 
sés. 

I  Le  système  d'horlogerie  qui  devrait  offrir 
uxie  durée  de  march 9  proportionnelle  aux 
espaces  à  parcourir  et  à  relever,  ordonnerait 
par  un  déclanchement  rentrée  en  fonction 
dès  chambres  noires  dans  un  rayon  voisin 
du  pôle,  pour  continuer  ensuite  le  mouve- 
inent  des  organes  (^obturateurs  et  déroule- 
ment de  la  pellicule)  par  intermittence.  A 
cet  effet  il  serait  tenu  compte  de  la  distance 
k  parcourir  et  de  la  vitesse  du  vent  dans  1  e 
réglage  du  moteur, 

11  reste  entendu  que  les  appareils  devront 
fonctionner  le  jour  et  la  nuit:  le  jour  pour 
les  relevés  terrestres  et  la  hauteur  du  soleil 
sur  le  niéridien  du  lieu,  qui  serait  prise^ 
soit  par  l'appareil  des  vues  du  ciel,  l'imago 
du  soleil  lui  étant  transmise  par  la  simple 
k*éflexion  d'un  miroir  orienté  vers  le  sud, 
soit  encore  par  une  chambre  noire  d'horizon 
expliquée  plus  loin  ;  la  nuit  pour  la  hau- 
teur des  étoiles,  en   espérant  un  ciel  pur 


410  lOURNAL  MENSUEL 

ainsi  qoe  pour  la  photographie  vague  do 
8oU  éiani  doDD^  qoe  pendant  les  nuits  d'été 
les  ténèbres  n'envahissent  pas  absolument 
les  régions  polaires  et  que  même  uu  jour 
permanent  règne  au  pôle  aux  époques  de 
Tannée  où  seraient  faites  ces  expériences. 

£b  vue  d'assurer  la  photographie  de 
nuit,  il  pourrait  éire  fiiit  usage  d*nn  petit 
projecteur  parabolique  en  métal,  acttooné 
en  temps  opportun  par  un  accumulateur  de 
faible  puissance. 

Disons  qu'il  existerait  un  seeesd  moyen, 
moins  compliqué  même  que  celui  décrit, 
pour  arriver  à  l'orientation  des  appareils 
(moyen  déjà  prévu),  maïs  peat-*étre  serait-il 
raotns  sûr.  Eo  substance  le  voici  : 

Le  b^Uonnet  serait  dépourvu  des  câbles 
traineurs  et  sérail  maintenu  à  une  haoleur 
ptos  grande,  celte^  étant  réglée  par  un 
appareil  sensible  aux  différentes  pressions 
atmosphériques  qui  ii  cet  effet  commanderait 
le  sablier.  Celui-là  serait  «n  genrede  baro- 
nàtre  formé  d'un  eylrndre  creux  obturé  à  la 
base  dans  lequel  jouerait  assez  librement 
«n  tube  fermé  au  éomroetou  cloche  remplie 
d^air  9î  fkitant  dans  un  bain  d'alcool.  Cette 
clecbe,(tttî  s'evfoiiçeraiten  raison  de  la  près- 
sios  almosphérique^formerait  commutateur 
pour  les  fonctions  de  la  pile  sur  la  vannedu 

sablier. 

Les  attires  appareils,  restant  eom{K>8és 
el  éiapoeés  coeume  il  a  été  dit,  seraient  sus- 
pendus en  équilibre  pariai&  sur  on  pivot 
sensible  (1)  et  seraient  rattachés  à  une  Ion* 
gute  aiguille  aimantée  déjà  désignée  qui 
les  ma^ Jitiendrait  dansla direction  voulue [21, 
Les  autres  boussoles  décrites  et  conservées 
ne  foraient  que  eonirûler  les  résultats  dJe 
«elle  «ajeuce. 

Le  bon  fonctionnement  de  cette  dernière 
pourrait  ^tve  contrôlé  facilement  par  anti- 
oipatîofi.  Uen  serait  de  même  pour  l'en* 
semble  de  Paérostat  et  des  appareils  enre*- 

(l)  DisposUioQ  prine,  ou  liea  de  rattacher  tous 
les  appapiiils  au  ballon,  dans  le  buLde  sous- 
traire ces  appareils  aux  oscillations  diverses 
que  pourrait  subir  raérostï»!. 

tt)  Cette  direction  Sud-Nord  Jusqu'au  P^le 
deviendrait  forcément  Nord;-Sud  après  avoi^ 
ft^noM  ce  dernier.  . 


M  L'ACâbEMIE  NAUONALS. 


420 


gistreurs,  qu'on  pourrait  soumettre  k  «n 
froid  d'environ  OÔ"^  température  approxi- 
mative de  certaines  régions  polaires* 

Dans  rhypotbèae,  de  la  réussite  ce  aeeoDd 
moyen  serait  préfiéfftble,  mais  il  est  à  crain- 
dre que  le  déclanchemeot  des  appareiis 
n'empêche  k  subiUté  de  raiguille  ma  jeore 
aimantée.  Sans  cela,  le  baUoo  mainteDU  à 
500  ou  80O  mètres  du  sol,  la  chambre  iK>tre 
destinée  à  relever  celui*ci  pourrait  embraa* 
ser  un  grand  horizon. 

Dans  les  deux  cas,  une  chambre  notre 
rotative  (l)  et  construite  pour  les  grandes  dis* 
tances  pourrait  être  ajoutée  aux  deux  ao^ 
très  pour  le  relevé  de  l'horizon  limite.  Cette 
chambre  serait  disposée  dans  Taxe  vertical 
du  ballon,  en  dessous  (ou  en  dessus  dans  le 
2*  type)  du  moteur  et  du  plan  des  deux  au- 
tres chambres. 

Ces  trois  chambres  noires  devraient  être 
parfaitement  closes  pour  empêcher  toute 
pénétration  du  liquide  au  cas  d'aa  chuls  de 
l'ensemble  à  la  mer,  et  de  plus  cet  easeasble 
devrait  pouvo'rr  flotter  aftn  d'être  nu  et 
recueiMi  par  an  navire  de  passage. 

f.es  belloiis  seraient  transportés  à  la  der^ 
nière  latitude(Terre  de  François-Joseph  par 
exemple)  pour  y  étregooflés  easviteetéqpui- 
pé9  comme  it  est  dil  plus  haut. 

Leur  lancement  devrait  s'eflEéetuer  aox 
temps  propices  et  par  les  vents  les  plus  fiavo- 
râbles  en  espaçant  leur  départ  d'aaou  ptu-^ 
sieurs  JOU79I  pcwr  les  chaaees  d'aae  bonne 
direction  au  moins  sur  plusieurs  expérieaees 
tentées. 

l!  serait  rare  ensuke  que  sur  10  eu  12 
aérostats  lan«és>  un  au  moias  ne  rappordt 
la  deseripUec»  idèle  de  la  aeae  poèaire, 
recueilli  qu'il  pourra  être  sur  nMTousur  Tes 
continents. 

Peut-être,  est-ce  par  ces  nayena  o«  de 
semblables  que  les  rasystères  des  deus.  pôhn 
MOUS  seront  révélés^  c  est«à-dir&  ea  mettant 
à  conaribution  Ut  vivante  et  paissante  ménn^ 
mque,  et  la  merveille  que  nous  ont   léguée 

(1)  Cette  disposition  oITrir ait  plus  de  probabi- 
lité pour  le  relevé  d'une  vue  du  pôle,  soit  que 
le  ballon  passât  à  droite  ou  à  gauche  de  celui- 
ci. 


421 


Niepce  el  Daguerre,  car  rien  n^afOrme  que 
k  hërot  dea  régiona  glacées  (le  docteur  Nau- 
m)  le  reate  encore  longtemps  le  champion 
des  voyageurs  du  pôle  nord,  arec  la  eerli- 


GOMHmCK.  ^W 

lude  que  lui*mdme  ne  pourrait  de  nouveau 
renouveler  sa  tentative  audacieuse. 

Paloux. 


COMMERCE 


VH2  NEW  YORK 

PUBLIC  LIBRARyI 


ASTOR,    LENOX    ANC 
TILDEN  FOUNDATIONS. 


LC  COiaiWflOB   KXTÊRIKUII  DK   LA 
FRANOE. 

B*après  lee  publications  officielles  deFad- 
ministration  des  douanes,  pendant  les  huit 
pr«iHers  mois  de  l*annëe  1897,  les  impor- 
tukms  se  sont  élevées  à  :?.000.7e6.000  fhincs 
«t  les  eipoHatione  à  9. 40B. 899.000  fraecs. 

Ces  chiffres  se  décomposent  comme 
t«ii: 


mpoftrATicKs 


uk!)«U  d'alia^eataiion 
Matières  oéceaeaires 

à  tlndustrie 1 

OhiMs  (AM^aéa 


1897 

fp. 

605.118.000 


1896 

fr. 
<i67. 288.010 


592.309.00e  1.521.866.000 
411.139.000      #8.587.000 


TolaL.... 

nPMTATIOMS 


2.009. 78e.000  2.597.74(^.000 


^%  d'alimenUUoo* 
Matières  nécessaires 

âllUiisIvie 

<%ts  fabriqués 1 

Coiîspostaox 

ToUl "T 


fr. 
44i6. 189.000 


fr. 
403.762.000 


685.390.000     543.115.000 

229.6o2.000  1.163.340.000 
97.118.000        %. 754.000 


408.899  000  2.204  971.000 


L'analyse  de  ces  chifiVes  et  leur  rappro*- 
cbementavec  Tes  résultats  des  sept  premiers 
i&oisde  Tannée,  font  voir  que  le  mois  d'août 
s  été  moins  fovorable  que  les  troi.s  mois 
précédents  à  h  situation  fi^nérale  de  la 
f^raoce  vis-à-vis  des  pavs  étrangers,  au  point 
dcTue  commercial. 

Ed  eiïet,  durant  le  mois  d'août,  le  solde 
débiteur  de  la  balance  générale  du  commerce 
a  pissé  de  169.901 .000  ft.  à  200.867.000  fr. 
f^nt  ressortir  pour  ce  mois  une  perle  pro- 
pre de  30.906.009  fr. 

C^est  ainsi  qu'en  août  1897  les  importa- 
lioBssetoot  élevées  à  314.468.000  fr.  et 
^  «porlaifons  à  283 . 5(».000  fr. 

En  aofti  1896,  tes  importations  n'avaient 


été  que  de  264.425.000  et  tes  exportations 
de  257.211.000  fr. 

L'augmentation  ctes  eipartatioas  SRt 
Sftkielaisaiile  ;  nais  elle  est  malhourense* 
ment  eontre-^balancée  par  un  accroisseoient 
des  importations,  portant  sortont  sur  le^ 
objels  d'alimenlationt  ee  cfm  est  la  eonsé* 
qnenee  naturelle  des  mauvaises  récoltes  de 
l'année  en  cours. 

A  la  ftn  du  mois  de  juillet,  nos  importa- 
tions étaient  encore  inférienres.  d'environ 
18  millions  aux  importations  de  hinnée 
précédente  ;  mais  i  la  Hn  d'aoât,  c'est  une 
augmentation  de  plus  de  l:^  millions  que 
nous  avons  à  enregistrer,  formée  ^squ'à 
concurrence  d'environ  8  mitUons  par  les 
entrées  d^objets  d*a1imentation. 

Les  exportations  présentent,  dansleur  en- 
semble, pour  les  huit  premiers  mors  de- 
Tannée  1897,  une  augnïentation  de  près  do 
204  millions,  comparativement  aux  chiffres 
correspondants  de  1896.  11  y  a  là  an  résul- 
tat entièrement  fitrorable  qui  atténue  heu- 
reusement les  mauvais  effets  du  progrès 
des  importations,  progrès  qui  vont  atler  en 
se  développant,  du  fait  des  entrées  impor- 
tantes de  blés  étrangers  venant  combler  le 
déficit  de  notre  récolte. 


CTUtNE  DJÊ  LA  StTUATIOM  ÉCONOMIQUE 

Par  11.  Jules&oGHSt 
député  de  la  Savoie. 

Les  gouvernements^  les  économistes  de 
tous  les  pays  ont  cherché  le  ressort  du  pro« 
grès  économique,  industriel  et  commercial, 
et  attachent,  à  juste  titre,  à  la  découverte 
de  ce  secret  la  plus  grande  importance. 


423 


lOURNAL  MENSUEL  DB  L'aCADAvIE  NATIONALE.  424 


On  Ta  cherché  dans  la  législation,  puis  dans 
des  systèmes  :  protection,  libre-échange, 
combinaisons  douanières.  Ces  efforts  ont 
été  faits  avec  des  vues  préconçues,  avec 
ridée  d'établir  a  priori  un  système  de  tonte 
pièce,  et  de  l'appliquer. 

M.  Jules  Roche  estime  que  ce  n'est  pas  là 
le  chemin  rationnel  qu'il  faut  suivre.  Il 
voudrait  que  les  économistes  appliquassent 
dans  ce  domaine  la  méthode,  Timparlialité 
qui  servent  de  base  aux  recherches  scienti- 
liques.  Pourquoi  ne  pas  rechercher  les  lois 
résultant  de  l'observation  rigoureuse  des 
phénomènes  ?  Le  chimiste,  dans  ses  études, 
n'y  met  aucune  passion  lorsqu'il  regarde, 
note  et  compulse  les  faits  qui  se  passent 
sous  ses  yeuï.  Si  l'économie  poUtique  est 
une  science,  l'économiste  doit  se  placei*, 
dans  l'étude  des  lois  qu'il  recherche,  au 
môme  point  de  vue  que  ce  chimiste.  Ce 
qui  a  empêché,  jusqu'ici,  l'économie  de 
devenir  une  science,  c'est  qu'elle  touche, 
de  plus  près  que  toute  autre,  aux  intérêts 
des  hommes,  à  leurs  intérêts  immédiats. 

M.  Roche  a  voulu  examiner,  dans  ses 
lignes  générales,  l'évolution  du  mouvement 
économique  depuis  une  cinquantaine  d'an- 
nées. Tout  dabord,  voyons  ce  qui  s'est 
passé.  On  examinera  ensuite  si  l'on  peut 
y  trouver  les  éléments  d'une  loi  générale. 

Le  développement  des  échanges  interna- 
tionaux a  été  considérable  depuis  une  cin- 
quantaine d'années,  grâce  aux  grandes 
transformations  dues  aux  applications  de 
la  science  :  chemins  de  fer,  bateaux  à  va- 
peur, perfectionnement  de  l'outillage,  etc.  ; 
il  eu  est  résulté  un  bouleversement  du 
monde,  une  nouvelle  planète. 

Si  Ton  considère  les  dix  grands  peuples 
commerciaux,  on  trouve  que  le  total  (le 
leurs  exportations  était,  eu  1850,  Je  8  mil- 
liards ;^91  millions.  A  la  télé  se  trouve  l'An- 
gleterre avec  2.:200  millions,  puis  la  France 
avec  1.068  millions,  les  Etats-Unis  avec 
71i>  millions  ;  en  quatrième  ligne  vient 
l'Allemagne,  ou  plutôt  l'ensemble  des  £iats 
qui  constituent  maintenant  l'empire  alle- 
mand, sauf  l'Alsace-Lcrraine,  avec  648  mil- 
lions (chiffrequ'il  aété  difticile  derasseip* 
bler,  mais  qui  est  fort  près  de  la  vérité). 


Puis  viennent  l'Inde,  la  Russie,  etc.  ;  VEs- 
pagne  occupe  le  neuvième  rang,  elle  ex* 
portait  alors  pour  122  millions  et  le  Canada 
le  dixième,  pour  67  millions. 

Dix  ans  plus  tard,  en  1860,  nous  trou- 
vons un  total  d'exportations  de  12  milliards 
95  millions  qui  se  répartissent  ainsi  : 

Angleterre, 3.400  millions,  France,  2.277 
millions,  puis  au  troisième  rang,  les  Ktats 
de  l'Allemagne  qui,  avec  1.748  millions, 
ont  pris  le  rang  des  Etats-Unis  ;  ceux-ci 
viennent  en  quatrième  ligne  :  1,^7  mil- 
lions; puis  l'Inde,  700  millions,  la  Russie, 
660  millions,  etc. 

En  1869 — et  nous  prenons  celte  année-là 
parce  que  l'année  J  870  ne  saurait  servira  éta- 
blir une  comparaison  —  les  chiffres  sont  les 
suivants  :  Exportations  totales  :  17  milliards 
915  millions;  Angleterre  4.750,  France 
3.075,  Allemagne  2.897,  Etats-Unis  1 .433 
millions.  Puis,  en  1880  :  Exportations  tota- 
les :  25  millliards  ;  Angleterre  5.575, Etats- 
Unis  4.291,  Allemagne,  c'est-à-dire  tout 
l'Empire  Allemand  actuel,  3.019  millions  ; 
la  France,  tout  en  voyant  son  exportation 
augmentée  de  près  de  400  millions  compa- 
rativement à  1869,  ne  vient  qu'au  quatrième 
rang  avec 3.468  millions. 

1885  :  25  milliards  175  millions  serépar-* 
tissant  ainsi  pour  les  dix  premiers  pays. 


1 .  Angleterre. . . 

.     5.374  m 

illions 

2.  P^lals-Unis.    . 

.     3.765 

» 

3.  Allemagne.. . 

.     3.531 

a 

4.  France 

.     3.088 

t 

5.  Russie 

.     2.155 

D 

6.  Inde 

.     2.148 

» 

7.  Pays-Bas 

.     1.933 

» 

8.  Autriche 

.     1.600 

» 

9.  Australie 

.     1.301 

» 

10.  Belgique 

.     1.200 

» 

Nous  voyons  la  France,  toujours  au  qua- 
trième rang  avec  une  diminution  de  près 
de  400  millions,  comparativement  à  1880 
(Krach  de  1881,  crise  de  1882).  La  Russie 
vient  immédiatement  après;  l'Espagne,  le 
Canada  ont  disparu,  de  même  l'Italie.  En 
1850,  un  pays  comptait  avec  les  dix  premiè- 
res nations  s'il  exportait  pour  67  millions; 


4i5 


COMMERCE. 


426 


aujourd'hui,  le  dernier  des  dix  pays  accuse 
pour  1,200  millions  d'exportations.  L'Italie 
n'occupe  que  le  onzième  rang  avec  950  mil- 
lioos,  puis  l'Espagne  avec  698,  la  Suisse 
633,  le  Canada  421,  la  République  Argentine 
420  millions. 

18^  :  31.262  millions  pour  les  dix  pre- 
miers pays. 

1.  Angleterre.. . .  6.645  millions 

2.  Etats-Unis. .. .  4.380  » 

3.  Allemagne 4.108  » 

4.  France 3.753  » 

5.  Russie 2.815  » 

6.  Inde 2.658  » 

7.  Pays-Bas J.925 

8.  Autriche 1.905  » 

9.  Australie 1.634  » 

10.  Belgique 1.437  » 

Enfin,  en  1805  :  30  milliards  d'exporla- 
tioQs  pour  les  dix  premiers  pays. 

1.  Angleterre 5.655  millions 

2.  Allemagne....  4.^^80  » 

3.  Etals-Unis 4.037  » 

4.  France 4.374  » 

5.  Inde 2.956  » 

6.  Russie 2.764  » 

7.  Pays-Bas 2. 322  »  en  1894 

S.Autriche 1.834  »    , 

9 .  Australie 1 .  584       »  en  1894 

10.  Belgique 1.153        » 

Puis  viennent  Tltalie  avec  1.038,  le  Ja- 
pon avec  728,  la  Chine  avec  703,  l'Espagne 
avec661,  la  Suisse  avec  621  millions. 

M.  Jules  Roche  a  eu  Toccasion  de  visiter 
un  certain  nombre  d'expositions,  l'année 
«iernière  à  Nuremberg,  Berlin,  Genève  et 
surtout   Nijni-Novgorod. 

Cette  dernière  exposition  lui  a  permis  de 
constater  la  puissance  grandissante  de  l'in- 
dustrie russe,  dont  le  progrès  ressort  des  ta- 
bleaux précédents.  Cette  industrie  est  sans 
doute  appelée  à  prendre  un  développement 
considérable,  car  c'est  un  pays  presque  en- 
tièrement neuf  encore  ;  lorsque  les  riches- 
s^agricoles  et  minières  de  ce  vaste  empire 
seront  mises  à  jour  par  la  science  moderne, 
lorsque  les  moyens  de  transport  permet- 


tront de  les  exploiter  fructueusement,  il  se 
produira  un  mouvement  économique  aussi 
grand,  toutes  proportions  gardées,  que  ce- 
lui qui  a  marqué  la  découverte  de  l'Amé- 
rique. 

Les  chiffres  de  1895  accusent  aussi  une 
augmentation  pour  la  Chine  elle  Japon, 
dont  le  commerce  intérieur  n'entrait  guère 
en  ligne  de  compte  autrefois.  A  ce  propos, 
M.  Roche  cite  un  fait  qui  s*est  passé  tout 
récemment  au  cours  de  la  période  précé- 
dant Télection  du  Président  des  Etats-Unis. 
Ali  début  de  la  campagne  électorale,  les 
fermiers  de  Touest  ont  pris  parti  pour 
Bryan.  Bryan  était  non  seulement  le  candi- 
dat argentisle,  mais  aussi  celui  du  parti  ré- 
volutionnaire, et  il  était  même  piquant 
d'observer  que  c'est  ce  candidat,  professant 
des  opinions  socialistes,  qu'avaient  choisi 
les  fermiers-propriétaires.  Le  fait  s'expli- 
que aisément  :  le  blé  avait  subi  une  baisse 
considérable  ;  Bryan,  laissant  soigneuse- 
ment de  côté  ses  idées  communistes,  décla- 
ra que  la  valeur  du  blé  serait  rétablieavec 
celle  de  l'argent.  Mais,  au  printemps  de 
1896,  il  arriva  que  la  Chine  et  le  Japon  se 
mirent  à  acheter  du  blé  aux  Etats-Unis, 
spontanément,  sans  aucune  influence  poli- 
tique, douanière  ou  autre  ;  il  s'est  trouvé 
que  les  Japonais  et  les  Chinois  voulurent 
manger  du  pain  de  blé  à  la  place  du  riz  ha- 
bituel. 11  s'en  est  suivi  une  hausse  des  blés  ; 
les  Américains,  avec  cette  rapidité  dans  la 
décision  qui  les  caractérise,  se  mirent  immé- 
diatement à  organiser  plusieurs  compagnies 
de  paquebots  transportant  le  blé  en  Chine 
et,  au  Japon  et  les  fermiers,  rendus  atten- 
tifs à  ce  revirement  par  le  parti  opposé,  et 
convaincus  qu'il  suffit  de  trouver,  des  dé- 
bouchés pour  vendre  sa  marchandise,  se 
rallièrent  au  candidat  de  Tordre. 

Ce  détail  qui,  peut-être,  a  changé  le  cours 
des  événements  en  appelant  Mac-Kinley  à 
la  Présidence  des  Etats-Unis,  montre  com- 
bien sont  complexes  les  phénomènes  écono- 
miques et  quelle  circonspection  il  faut  appli- 
quer lorsqu'on  veut  trouver  dans  un  systè- 
me établi  a  priori  une  solution  générale  ré- 
pondant à  tous  les  cas  qui  peuvent  se  pro- 
duire. 


427 


lOURNAL  MENSUEL  DE  L'AGADÉIIIE  NATIONALE. 


428 


Si  Ton  veol  serrer  de  plus  près  encore  le 
détreloppement  du  commerce  pendant  les 
dernières  années,  il  faut  con? idérer  la  som- 
me totale  des  échanges,  c'esuà-dire  l'en- 
semble des  imp(»riations  et  des  exportations. 

Les  seize  premiers  pays  commerciaux 
ont  eu,  en  1885,  un  échange  toul  de  61  mil- 
liards 500  millions,  et,  en  1805,  de  76  mil- 
liards 458  millions. 

Les  quatre  grands  pays  participaient  dans 
1h  proportion  suivante  à  ces  échanges: 
18SS     im 


Xillioni  MiUioni 


XiUitmi 


Angleterre.  13.000  14.579  nitMtMcmntdt  1  bit 

France 7.176    7.194              —  18 

Allemagne.    7.159    9.r,88             —  2.427 

Etats-Unis.    6.125   7.697             -  1  572 

Ont  encore  gagné  : 

L'Inde  anglaise l .  100  millions 

Les  Pays-Bas 1 .100  — 

LeJapôn 1.000  — 

La  Chine 700  — 

La  Russie 800  — 

L  Autriche-Hongrie 600  — 

LEspagne  et  l'Italie  ont  perdu.  Ce  sont 
des  pays  nouveaux  qui  apparaissent.  La  pré- 
dominance absolue  de  l'Angleterre  s'affai- 
blit. Et  si  Ton  ne  considère  que  les  exporta- 
tions seules,  et  qu'on  prenne  les  premiers 
vingt-cinq  pays  commerciaux,  on  trouve  : 

1686       1895 
MilÛtni  XmtoM 


Exporta- 
tions tota- 
les des  25 
principaux 

pays 31.000  37.000  Mftfc  ium  aigmoit. 4t  6.000 

Angleterre.  5.374    5.655             —                2«1 

France 5 .765    3 .374  Mit  ium  «imintt.  4t      591 

Etats-Unis.  3.531     4.037  ■•Itttniaaginent.di       306 

Allemagne-  3.08S    4.280             —             1.192 

Ont  ensuite  gagné  : 

La  Russie 600  millions 

Llnd© 800      — 

Les  Pays-Bas 400      — 

L'Autriche-Hongrie.  200      — 

Le  Japon 530      — 

La  Chine 350      — 


Ainsi,  sur  cette  augmentation  totale  de  6 
milliards,  l'Angleterre  n*a  pris  que  280  mil- 
lions :  donc,  Taugmentation  susdite  de 
1500  millions  provenait  surtout  de  ses  impor- 
tations. La  France  a  perdu  301  millioas.  Le 
gros  bénéfice  revient  à  TAllemagne  qui  a 
gagné  1.192  millions,  chiffre  énorme,  quoi- 
qu'il comprenne  pour  250  millions  environ 
de  métaux  précieux. 

Si  Ton  considère  plus  particulièrement 
l'Allemagne,  on  trouve  la  situation  suivante  : 

Commerce  extérieur  de  TAllemagne,  en 
millions  de  francs  : 

Importations        Exportations 


1892 5.283J 

1893 5.107,6 

1894 5.356,9 

1895 5.307,6 

1S95  (les  neuf  pre- 
miers mois). . . .  3.901,6 
1896  (les  neuf  pre- 
miers mois) 4 .  201 ,6 


3.937,6 
4.055,7 
3.814,3 
4.280,1 

3.095,0 


3.360,5 

(3.170,^  sans 
les  métaux 
précieux.) 


Les  pays  avec  lesquels  TAllemagne  aug- 
mente le  plus  ses  exportations  sont  : 

1894  tSpS        Augmentât, 

millions       miinons       millions 

L'Angleterre.  .  793  845  52 

La  Russie 243  276  33 

^Autriche....  502  544  42 

Les  Etats-Unis.  339  460  121 

La  France 235  253  18 

La  Belgique...  187  199  12 

La  Suisse 235  274  39 

Celte  situation  a  provoqué  une  vive  émo- 
tion en  Angleterre,  d'autant  plus  que  sa 
puissance  de  production  n'a  pas  diminué, 
ainsi  qu'il  résulte  des  chiffres  suivants  se 
rapportant  à  des  branches  d'industrie  essen- 
tiellement anglaises. 

Exportation  de  fils  de  coton  : 


1854  ... 
1855-59... 
1860-64... 


Poids  en  millloitt    Vale«retiiiiilllioiiii4e 

de  livres  anglaises  livres  sterling 

Moyennes  annuelUt  Moyenott  ■nnuiitlcf 

147.13  6.600 


183.21 
123.70 


8.680 
8.500 


420 


COttHËHGB. 


430 


1870-74... 
1875-79... 
1880-84... 
1885-89... 
1^0-94,.. 


13.540 
15.370 
12.650 
13.050 
11.620 
11).  310 


150.90 
205.51 
232.41 
248.88 
251.98 
235.98 

Ainsi,  la  période  de  1890-94  accuse  sur 
celle  de  1865^69  un  accroissement  d'expor- 
tation en  poids  de  84,98  millions  de  livres 
togitises,  eoît  56,8  %  ;  et  une  diminution 
i  exportation  en  valeur  de  3.230.000  livres 
sterling,  soit  23,9  %. 

Exportation  de  cotonnades  unies  : 

QoMtité  en  millions 

de  yirds 
Moyennes  annuelles 

1.458 
1.338 
1.769 
2.409 
2.621 
3.122 
3.439 
3.410 


1855-50. . 
1860-64.. 

1865-69.. 
1870-74.. 
1875-79. . 
1880-84.. 
lSfô-89.. 
1890-94. . 


Valeur  en  millions  de 

livres  sterling 
Moyennes  annuelles 

18.17 


21.74 
31.46 
34.22 
30.99 
34.28 
32.43 
30.91 

Ainsi,  la  périodede  1890-94  accuse,  sur  cel- 
lede  1865-69,  une  augmentation  d'exporta- 
tion en  quantité  de  1.641  raillions  de  yards, 
soit  92.8  %  ;  et  une  diminution  d exporta- 
tion en  valeur  de  550.000  livres  sterling  (1 
yard  =  914  millimètres). 

Exportation  de  cotonnades  imprimées  : 


1H55-50. 

Quantité  en  millions 

de  yards 
Moyennes  annuelles 

827 

Valeur  en  millions  de 

livres  sterling 
Moyennes  annuelles 

14.340 

1860-64. 

740 

15.000 

1865-69.. 

874 

19.370 

1870-74.. 

1.037 

20.640 

1875-79. . 

1.048 

18.890 

l>«0-84.. 

1.371 

21.050 

1885-89. . 

1.395 

18.390 

1890-94.. 

1.595 

19.660 

Ainsi,  la  périodede  1890  94 accuse,  sur  cel- 
le de  1865-69,  un  accroissement  d'exporta- 
tion en  poids  de  691  millions  de  yards,  soit 
7'M  %  et  un  accroissement  d'exportation 
en  valeur  de  290.000  livres  sterling,  soit 
1,5  %  seulement. 

Ces  chiffres  montrent  combien  sont  com- 
préhensibles les  cris  d'alarme  de  l'Angle- 
terre et   expliquent  les  efforts  qu'elle  fait 


pour  s'opposera  l'expansion  de  plus  en  plus 
redoutable  du  marché  d'exportation  alle- 
mand, qui  importe  en  Angleterre  même  des 
cotonnades  imprimées  en  quantité  de  plus 
en  pluâgranie. 

Si  Ton  cherche  à  se  fendre  compte  de 
l'ensemble  du  mouvement  économique  des 
pays  commerciaux,  il  fkut  se  placer  i  un 
autre  point  de  vue  encore  :  c'est  de  consi- 
dérer, en  même  temps  que  la  puissance 
d'exportation  d'un  pays,  le  chiffre  de  sa  po- 
pulation. C'est  ce  qu'on  appelle  coefficient 
individuel  d'exportation  qui  s'obtient  en  di» 
visant  le  chiffre  total  de  Texporlation  par 
celui  de  la  population.  A  ce  point  de  vue 
la  classification  susdite  se  modifie  complète- 
ment. Voici  le  classement  des  pays  d'après 
leur  coefficient  industriel  d'exportation  en 
1895: 

1 .  Pays-Bas 463  francs 

2.  Australie 368      » 

^'  Suisse 207      » 

4  Uruguay 186      » 

5.  Belgique 183  » 

6.  Danemark 141  » 

7.  Angleterre 149  » 

8.  Chili 124  » 

9'.  République  Argentine 119  » 

10.  Canada 122  » 

11.  Suède 95  ), 

12.  Norwège 88  » 

13.  France 88  » 

1,4.  Allemagne 82  » 

15.  Roumanie 74  » 

10.  Etats-Unis 60  » 

17.  Autriche-Hongrie 48  » 

18.  Egypte 46  » 

19.  Grèce 40  » 

20.  Mexique 37  » 

21 .  Espagne 35  » 

22.  Italie 33  » 

23.  Bolivie 33  » 

24.  Portugal 29  » 

25.  Brésil 22  » 

20.  Russie 19  » 

27.  Japon 14      » 

28.  Pérou 14      » 

29.  Inde  Anglaise 10      » 

30.  Chine 1  fr.  70 


431 


JOURNAL  MENSUEL  DE 


Parce  coupd*œil  rapide  sur  la  situation 
économique  des  peuples  commerciaux, 
M .  Roche  montre  qu'on  se  trompe,  lorsqu*on 
attribue  à  la  politique,  à  la  législation,  une 
influence  déterminante  sur  les  lois  qui  rè- 
glent les  échanges  internationaux. 

Parmi  les  pays  mentionnés  plus  haut,  il 
en  est  «fui,  au  point  de  vue  politique,  sont 
fort  dissemblables  et  qui,  néanmoins,  accu- 
sent le  même  mouvement  ascensionnel 
dans  le  domaine  économique,  d'autres  qui 
sont  à  un  même  état  social  et  législatif  et 
qui  sont  dissemblables  par  leur  développe- 
ment industriel  et  commercial. 

C'est  que  la  situation  économique  dépend, 
en  première  ligne,  de  Téta t  de /^ro^ré^  ou 
de  décadence  du  pays. 


l'académie  nationale.  432 

Au  moyen  dec-ombinaisons  douanières  ou 
administratives,  on  arrive  bien  à  modifler, 
pour  un  temps,  la  marche  des  événements  ; 
mais  les  choses  sont  plus  fortes  que  le  légis- 
lateur ;  la  politique  peut  tout  au  plus  trou- 
bler les  lois  économiques,  maïs  elle  n'a  pas 
la  force  de  s'y  opposer. 

Les  hommes  ont  eu  trop  longtemps  la  su* 
perstition  i!es  lois.  La  persévérance,  le  tra- 
vail, la  volonté  de  chacun  sont  avec  les 
dons  de  la  natuœ,  les  sources  principales 
où  une  nation  puise  les  qualités  qui  la  font 
progresser.  Telle  est  la  conclusion  pratique 
qui  se  dégage  nettement  de  Tétude  d'en- 
semble que  M.  Jules  Roche  a  si  remarqua 
blement  menée  à  bonne  fin. 


Le  Directeur-Oéranty  Rédacteur  en  Cheff 


Eugène  THIÉRY. 


♦>♦<♦- 


CLBBMOMT  (OUB).   ^•IMPRIMBBIB  DAIX  PBÈRB8,  PLACB  SAINT-ANDRÔ,  3. 


JOURNAL     MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

A6R1C0LE,  lANDFACTDRIÈRE  ET  COIIERCIALE 


67*  Année.  -  OCTOBRE  1897. 


SOMMAIRE   . 

SÉANCE  OU  CONSEIL  O'ADMINISTRATION. 

AQUICULTURE.  —  Instruments  agricoles  et  arracheuses  de  betteraves,  de  M.  Bajac»  à  Liaacourt  iOise).  —  La 
triite  mécanique  des  vaches.  —  L'agriculture  en  Angleterre. 

muSTRIE.  —  La  métallurgie  du  fer  aux  Etats-Unis. 

PRODUITS  PHARMACEUTIQUES.  —  Le  vin  Mâujean.  de  M.  Maujean,  à  Sermaize  (Marne). 

VARIÉTÉS.  —  Intubmersibilité  des  navires,  projets  et  considérations,  par  M.  Paloux,  à  Oran.  —  Paris  port  de  mer. 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  —  Exposition  de  Bruxelles.  {Suite.)  —  Exposition  internationale  à  Bordeaux.  ^ 

U«  Comités  d'admission  à  l'Exposition  de  1900. 
COmERCE.  —  Le  commerce   extérieur  de  la  France  pendant  les  neuf  premiers  mois  de  1897.  —  Le  commerce 

géoéral  de  la  France  en  1896. 


SÉANCE  DU  CONSEIL  D'ADMINISTRATION 

du  20  octobre  1897. 


Par  suite  de  respiration  des  pouvoirs  de  M.  Vayson,  arrivé  au  terme  d'une  seconde 
période  de  deux  années  dans  l'occupation  des  fonctions  de  Président  de  la  Société,  le  Con- 
seil d'Administration  s'est  réuni  au  siège  social  le  mercredi  20  octobre,  à  l'eHet  de  procéder 
au  choix  d*un  nouveau  Président. 

Les  termes  de  l'article  XVI  des  Statuts  interdisant  la  réélection  immédiate  deiM.  Vayson, 
le  choix  du  Conseil  d'administration,  à  l'unanimité  des  suffrages  exprimés,  s*est  porté  sur 
M.  Dabd,  vice-président  de  la  Société,  officier  d'Académie,  chevalier  du  Mérite  agricole, 
^joint  au  maire  du  XV'  arrondissement,  constructeur-mécanicien,  à  Paris,  qui  a  été  élu 
l^ident  de  l'Académie  Nationale  pour  deux  ans. 

L'élévation  de  M.  Dard  à  la  présidence  rendant  nécessaire  la  nomination  d'un  nouveau 
^ce-président,  il  a  été  procédé  immédiatement  à  cette  nomination,  et,  par  treize  voix, 
fepré^ntant  l'unanimité  des  suffrages  exprimés,  M.  J.  Sigaut,  fabricant  de  biscuits,  à  Paris, 
3  été  élu  Vice-Président  de  l'Académie  Nationale  pour  deux  ans. 

Ed  outre,  le  Conseil  d'administration,  mettant  à  profit  Tolfre  de  continuation  d'un  con- 
cours actif  qu'a  bien  voulu  faire  M.  Vayson,  Ta  nommé  membre  titulaire  des  Comités  de 
l'Agriculture,  de  l'Industrie  et  des  Produits  alimentaires. 

Eofin,  il  a  été  procédé,  en  exécution  du  2«  paragraphe  de  l'article  XII  des  Statuts,  à  la 
<i>nsion  du  Conseil  d'Administration,  par  tirage  au  sort,  en  quatre  fractions  qui  devront 
être  soumises  successivement  à  la  réélection  par  l'Assembiëe  générale  annuelle.  En  consé* 


435 


lOVRNAL  MENSUEL  DE  L*ACADéllIB  NATIONALE. 


431 


querce  de  celte  opération,  les  vingt  membres  du  Conseil  d'administration  se  trouvent 
répartis  en  séries  ainsi  qu*il  suit  : 

Première  série  :  HH.  Degoix,  Hardon,  Meyer,  Richy,  Vayson. 

Deuxième  série  :  MM.  Bajac,  Conza,  Hurlot,  Ménage,  Sigaut. 

Troisième  série  :  MM.  Andoynaud,  Dard,  Lagache,  Paupier,  Saint-Elme  La  Jousse. 

Quatrième  série  :  MM.  Gaumont,  Rabourdin,  Robert  d'Eshongues,  Van  Hecke,  X 


La  première  série  devra  être  soumise  à  la  réélection  par  l'Assemblée  générale  annuelle 
du  mois  de  février  1898,  et,  dans  i*avenîr,  la  même  obligation  existera  successivement  les 
années  suivantes  pour  les  autres  séries,  dans  un  ordre  de  roulement  établi  par  le  rang  de 
chaque  série. 


AGRICULTURE 


INSTRUMENTS  AQfNCOLES 

ET 

ARRACHEUSES   DE   BETTERAVES 

de  H.  A.Bajac, 

à    Liancourt  (Oise). 

Nous  apprenons  avec  piaisir  que  les  éta- 
blissements Bajac,  de  Liancourt,  ont  rempor- 
té des  succès  notables  dans  les  concours 
d'applications  pratiques  pour  instruments 
agricoles,  organisés  à  Toccasion  de  l'Expo- 
sition de  Bruxelles. 

Aux  expériences  spéciales  qui  ont  eu  lieu 
à  tervueren-Bruxelles,  le  23  septembre  der- 
nier, ils  ont  obtenu  le  Premier  Prix  Inter- 
national rej)résenté  par  une  prime  de  400 
francs. 

Le  Jury  Belge  leur  a  en  outre  accordé  un 
prix  spécial,  représenté  par  une  médaille 
de  vermeil  grand  module,  pour  arracheuse 
multiple. 

Ajoutons  qu'à  l'Exposition  Internationale 
agricole  organisé  è  la  Haye  du  16  au  26  sep- 
tembre dernier  à  l'occasion  du  cinquante- 
naire de  la  Société  Royale  Hollandaise,  les 
instruments  d'agriculture  de  la  maison  Bajac 
ont  été  honorés  de  l'attention  particulière  des 
deux  reines  de  Hollande. 

Le  Jury  leur  a  accordé /^  Grande  Médaille 
d'Or^  la  plus  haute  récompense  décernée. 


LA  TRAITE  MÉCANIQUE  DES  VACHES 

Dans  notre  Journal  de  juin  1807,  nous 
avons  parlé  de  quelques  systèmes  ayant 
pour  objet  d'opérer  mécaniquement  la  traite 
des  vaches.  En  voici  un  nouveau  quia  fait 
quelque  bruit  en  Allemagne  depuis  un  cer- 
tain temps  et  qui  paraît  fonctionner  avec 
un  réel  succès  :  c'est  la  machine  à  traire 
Murehiand,  qui  est  décrite,  avec  figure  à 
Tappui,  dans  le  Journal  de  l'Agriculture 
du  9 octobre,  et  dont  nous  allons  expliquer 
la  disposition  générale  : 

Un  tuyau  en  fer  de  25  millimètres  de  dia- 
mètre, fait  le  tour  de  l'étable,  placé  à  une 
certaine  hauteur  au-dessus  des  vaches.  Ce 
tuyau  communique,  d'une  part,  avec  une 
pompe  à  vide,  et  d'autre  part  avec  un  réser* 
voir  d'air  placé  dans  les  combles,  duquel 
descend  un  autre  tuyau  plongeant  dans  une 
bâche  remplie* d'eau,  placée  sur  le  sol.  Le 
réservoir  d'air  et  la  bâche  remplie  d'eau 
servent  à  la  fois  de  dispositif  accumulateur 
et  régulateur. 

Voilà  une  première  partie  de  l'appareil. 
La  seconde  partie  est  constituée  par  des 
seaux  en  cuivre  étamé,  hermétiquement 
fermés,  dont  chacun  se  suspend  sous  le  ven- 
tre d*une  vache  au  moyen  d'une  sangle  en 
cuir  passée  sur  le  dos  de  l'animal.  De  cfaa- 
que  têtu  partent  deux  conduits  en  tabe 


437 


decaoutchouc,  allant  l'un  au  tuyau  en  fer 
supérieur  qui  fait  le  tour  de  Vétable,  et 
Faotre  aboutis  ant  à  un  système  de  quatre 
raccords  embrassant  les  quatre  tétines  de 
la  vache  è  traire. 

Le  fonctionnement  de  Tensemble  est  aisé 
i  comprendre.  Parla  manœuvre  de  la 
pompe,  on  aspire  l'air  contenu  dans  la  ca- 
nalisation et  dans  les  seaux,  produisant 
oDe  dépression  qui  appelle  le  lait  des  ma- 
melles. Le  dispositif  formé  du  réservoir 
d'air  placé  dans  les  comliles  et  de  la  bâche 
à  eau  placée  sur  le  sol  sert  à  régler  et  à 
amortir  la  succion  pratiquée  par  la  manœu- 
vre de  la  pompe,  de  telle  manière  que  la 
force  de  cette  succion  ne  puisse  dépasser 
certaines  limites. 

Les  seaux  étant  munis  de  couvercles  en 
verre,  on  voit  le  lait  y  arriver  régulière- 
ment dès  que  la  pompe  est  mise  en  fonc- 
tioDoement.  Ainsi  pratiquée,  la  traite  peut 
sopérer  simultanément  sur  un  nombre  de 
saches  qui  est  théoriquement  illimité. 

Eq  vérité,  cet  appareil  nous  semble  de- 
voir constituer  une  bonne  solution  du  pro- 
bièmedela  traite  mécanique  des  vaches, 
et  nous  ne  voyons  pas  quelles  objections 
peuvent  être  élevées  contre  son  emploi, 
étant  donné  qu'une  installation  bien  éta- 
blie doit  fonctionner  avec  une  parfaite  ré- 
gularité. 


AGRICULTURE.  43g 

Si  Ton  examine  ensuite  la  proportion 
entre  les  terres  arables  et  les  pâturages 


L'AGRICULTURE  EN  ANGLETERRE 

Le  ministère  de  l'agriculture  du  Royaume- 
Uni  Tient  de  publier  la  statistique  agricole 
pendant  l'année  1896. 

Il  ressort  de  l'examen  de  ce  document 
«lœ  les  bois  et  les  terres  en  friche  de  la 
^irande-Bretagne  s'étendaient,  en  1896,  sur 
15  millions  d'acres  (1),  soit  21  0/0  de  la 
>^oe  totale  du  pays,  tandis  que  la  sur- 
^ice  des  terres  cultivées  était  de  33.562.005 
icres. 


\l)  Valeur  de  Tacre,  4.016  mètres  carrés. 


pendant  les  vingt  dernières  années,  on  re- 
marque que  la  surface  des  terres  arables  a 
diminué  d'un  million  d'acres  de  1876  à  1898 
et  do  1.220.000  acres  de  1886  à  1896. 

Comparés  avec  les  chiffres  de  1895,  ceux 
de  1896  accusent  une  diminution  de  15.000 
acres  dans  la  surface  des  terres  en  culture. 
Cette  diminution  porte  principalement  sur 
les  terrains  figurant  dans  la  statistique  de 
1895  .sous  la  rubique  «  trèfle  ou  terres  ea 
assolement  »,  et  qu'on  a  renoncé  définiti- 
vement à  mettre  en  culture. 

I^s  autres  transformations  de  culture 
dans  le  pays  entier  se  compensent  à  peu 
près  ;  une  légère  augmentation  dans  la  sur* 
face  du  blé,  des  légumes  et  des  fruits  con- 
tre-balance une  réduction  du  houblon  et  des 
terres  en  jachère. 

Les  chiffres  relatifs  à  l'élevage  en  1896 
indiquent  un  accroissement  du  nombre  des 
chevaux,  bœufs,  moutons  et  porcs,  par  rap- 
port à  Tannée  1895. 

Au  cours  de  Tannée  dernière,  le  prix 
moyen  du  blé  indigène  a  été  de  6  doll.  36 
cents  (1)  par  quarter  (2),  en  augmentation 
de  75  et  81  cents  sur  les  prix  de  1895  et  de 
1894. 

Le  prix  de  Torge  a  haussé  de  25  cents  et  le 
prix  de  l'avoine  de  6  cents  seulement. 

11  est  à  noter  que  les  variations  les  plus 
importantes  se  sont  produites  surtout  pen- 
dant  le  dernier  trimestre  de  1896. 

En  ce  qui  comporte  l'importation  des 
produits  agricoles,  on  remarque  une  aug- 
mentation dans  les  chiffres  relatifs  aux 
animaux  vivants,  à  la  viande,  à  la  laiterie, 
aux  œufs  et  à  la  volaille. 

Dans  leur  ensemble,  les  importations  de 
cérérales  ont  aussi  augmenté,  une  réduction 
dans  celles  du  blé  se  trouvant  plusque com- 
pensée par  des  arrivages  plus  considérables 
de  maïs,  d'avoine  et  de  pois. 


(1)  Valeur  du  cent,  0  fr.  053. 

(2)  —     du  quarter,  2  hectol. 


819. 


439 


'idURNAX  MENSLIiL  DR  l'ACADÉXIR  NATIONACK 


440 


INDUSTRIE 


LA  MÉTALLURGIE  DE  FER  AUX 
ETATS-UNIS. 


L'Europe  industrielle  aura-t-elle  avant 
peu  d'années  à  compter  sérieusement  avec 
la  concurrence  de  Tindustrie  sidérurgique 
des  Etats-Unis  ?  Les  fontes,  fers  et  aciers  de 
l'Amérique  vont-ils  abaisser  les  prix  des 
produits  similaires  fabriqués  sur  le  Conti- 
nent et  en  Angleterre,  de  la  même  façon 
que  les  céréales  américaines  ont  avili  la 
valeur  marchande  des  récoltes  européen- 
nes ? 

A  première  vue,  dît  le  journal  canadien: 
Le  Prix  Courant,  cela  semble  impossible, 
puisque  les  Etats-Unis  défendent  leurs  fron- 
tières par  des  droits  d'entrée  de  4  dol- 
lars (1)  par  tonne  anglaise  de  fonte,  7,84  dol- 
lars par  tonne  de  rails,  13,34  dollars  par 
tonne  de  fer  en  barres,  que  les  prix  de  la 
main-d'œuvre  sont  très  élevés,  et  qu'enfin 
les  produits  fabriqués  ont  à  parcourir  des 
distances  par  voies  tentées  et  par  eau,  pour 
arriver  aux  ports  d'Europe. 

Mais  il  faut  se  rendre  à  l'évidence  des 
faits  et  tenir  le  plus  grand  compte  des  sé- 
rieux avertissements  donnés,  dans  ces  der- 
niers temps,  par  des  ventes  qui  n'étaient 
peut-être  pas  faites  à  des  prix  normaux, 
qui  n'étaient  sans  doute  consenties  à  des 
prix  défiant  toute  concurrence  que  pour 
écouler  des  stocks,  ou  bien  étudier  et  prépa- 
rer le  terrain  «n  vue  de  prochaines  campa- 
gnes d'exportation. 

Ce  qui  est  constant,  c'est  l'abaissement 
considérable  des  prix  do  revient  des  pro- 
duits sidérurgiques  des  Etats-Unis,  résul- 
tant de  la  mise  en  œuvre  de  nouvelles  mi- 
nes de  fer  d'une  richesse  incomparable, 
aussi  bien  que  de  l'entente  entre  les  pro- 
ducteurs de  minerais,  de  coke  et  de  fer,  ce 
qui  permet  de  concentrer   les  efforts  de 

(1)  Valeu    du  dollar  (100  cents),  5  fp.  18. 


puissances  industrielles  et  financières  consi- 
dérables, pour  arriver  à  la  créatioa  de  gi- 
gantesques établissements  sidérurgiques  où 
les  matières  premières  arrivent  à  des  prix 
très  bas,  où  la  main-d'œuvre  est  réduite  au 
minimum  par  l'emploi  d'engins  mécaniques 
de  grande  puissance,  où  enfin  les  prix  de 
revient  se  trouvent  abaissés  dans  une  pro- 
portion qui  dépasse  toute  prévision. 

M.  Paul  Trasenster,  le  savant  professeur 
de  l'Ecole  des  mines  de  Liège,  a  tracé  dans 
la  Revue  universelle  des  mines  Téchelle 
décroissante  de  ces  prix. 

A  la  suite  d'un  voyage  aux  Etats-Unis  en 
1884,  il  estimait  à  17  dollars  le  prix  de  re- 
vient de  la  fonte  Bessemer  à  Pittsburg  à  11 
dollars  celui  des  fontes  de  moulage  dans  le 
Sud  et  à  27  dollars  celui  des  rails  d'aciers 
de  Pensylvanie. 

Sept  ans  plus  tard,  en  1891,  un  docu aient 
officiel  portait  à  15,30  dollars  le  prix  de 
revient  moyen  de  la  fonte  Bessemer  dans 
24  usines  du  nord  des  Etats-Unis,  à  10,83 
dollars  le  prix  de  revient  moyen  de  la  fonte 
ordinaire  dans  24  usines  du  Sud  et  à  25  dol- 
lars celui  des  rails  d'acier. 

Jusque-là,  la  décroissance  des  prix  ne 
présente  rien  de  bien  exceptionnel,  mais 
depuis  lors,  la  fonte  Bessemer  est  descen- 
due à  Pittsburg,  à  10  dollars  et  plus  bas  ; 
les  fontes  del'Âlabama  au-dessous  de  6  dol- 
lars, au  fourneau  ;  les  billettes  d'acier,  à  15 
dollars  et,  tout  récemment,  les  rails  ont  été 
cotés  15  à  16  dollars. 

Ce  sont  là  des  prix  inconnus  en  Europe 
et  qui  dénotent  une  véritable  révolution  in- 
dustrielle.  Il  reste  à  savoir  si  ces  prix  résul- 
tent d'une  cause  passagère  telle  qu'une 
crise  ou  bien  s'ils  sont  la  résultante  de 
progrès  industriels  définitivement  acquis. 

D'après  M.  Trasenster,  la  baisse  des  prix 

de  revient  .américains  s'explique  d'une  part, 

par  la  baisse  de  la  main-d'œuvre  résultant 

!  non  seulement  d'une  réduction  de  salaires, 


u\ 


INDUSTRIE, 


441» 


mais  aussi  de  l'emploi  de  machines  et  d'ap- 
pareils destinés  à  économiser  le  travail  de 
l'homme,  d'autre  part,  par  la  fusion  dos 
intérêts  des  divers  producteurs,  par  la  sup- 
pression des  intermédiaires  et  par  la  réduc- 
tion des  profits. 

Maîtres  du  marché  intérieur,  garantis 
contre  la  concurrence  étrangère  par  des 
droits  élevés,  il  semble  que  les  producteurs 
iméricains  ne  devaient  pas  être  tenus  à 
serrer  aussi  étroitement  leurs  prix  derevient 
et  leurs  bénéfices  unitaires. 

C'est  la  concurrence  intérieure  qui  les 
tobligésà  se  défendre,  alors  surtout  qu'une 
nouvelle  venue,  la  métallurgie  de  la  ré- 
gion du  Sud,  s'est  installée  avec  des  élé- 
ments merveilleux,  capables  d'élever  sa  pro- 
duftion  à  la  hauteur  de  celle  du  Nord,  si 
elle  trouvait  des  débouchés  suffisants  ;  jus- 
qu'alors, le  développement  des  industries 
de  transformation  y  a  été  beaucoup  moins 
rapide  que  celui  de  la  fabrication  de  la 
fonte.  Les  Etats  du  Sud  sont  obligés  de  cher- 
cher au  loin  des  clients  et  de  s'implanter 
w  le  terrain  jusque  là  réservé  aux  usines 
du  Nord. 

Dans  ce  groupe  méridional,  quicomprend 
les  hauts-fourneaux  de  TAlabama.  du  Ten- 
nesse  et  de  la  Virginie,  on  rencontre,  côte 
i  côte,  le  charbon  à  coke  et  les  minerais  de 
Ter.  Aux  environs  de  Birmingham,  qui  est  le 
principal  centre  sidérurgique  de  TAlabama, 
Qoe  coupe  transversale  longue  de  15  mil- 
lw(l)  rencontre  trois  bassins  houillers  sépa- 
rés par  deux  bandes  siluriennes  avec  cinq 
ilileurements  de  minerais  de  fer  presque 
tons  en  hématites  rouges,  contenant  de  35 
^^  %  de  fer,  transformées  en  fontes  sans 
addition  de  fondant,  grâce  au  calcaire  mé- 
langé au  minerai. 

Avec  de  pareils  éléments,  les  hauts-four- 
neaux du  Midi  peuvent  fabriquer  des  fontes 
«a  prix  de  6  dollars  à  6,72  dollars  la  ton- 
ne; c'est  jusqu'à  présent,  faute  de  forges  et 
dadéries  suffisantes,  principalement  sous 
forme  de  fontes  et  notamment  de  fontes  de 
"^l^e,  que  les  usines  du  Midi  écoulent 
teur  production  dans  les  Etats  du  Nord,  et, 


II)  2'>  kilomètres  environ. 


depuis  peu,  en  Europe,  pir  les  ports  de 
Mobile,  Nouvelle  Orléans,  {Pensacola,  Sa- 
vannah  et  Brunswick  sur  l'Atlantique,  avec 
un  prix  uniforme  de  transport  de  2,50  dol- 
lars pour  tous  les  ports.  Le  prix  de  la  fonte 
estdonc,  rendue  aux  ports  du  Sud,  de  8,50 
dollars  à  9,25  dollars,  ce  qui  lui  permet- 
trait d'arriver  aux  ports  d'Angleterre  moyen- 
nant de  bonnes  occasions  de  Tret,  comme 
complément  d'un  chargement  de  coton, 
à  des  prix  capables  de  concurrencer  les 
fontes  anglaises. 

Mais  les  débouchés  naturels  de  ces  fontes 
sont  les  Etats  du  Nord,  où  elles  peuvent 
arriver  grâce  à  la  modicité  des  tarifs  de  che- 
mins de  fer,  qui  ne  représente  guère  pour 
ces  transports  que  1,0  centime  par  tonne- 
kilomètre. 

Ce  n'est  qu'au  cas  où  les  fonles  du  Midi 
seraient  refoulées  du  Nord  qu'il  y  aurait 
peut-éiro  à  compter  avec  leur  exportation 
en  Europe. 

Il  y  a  lieu  déconsidérer,  à  cette  occasion, 
que  les  usines  du  Nord,  loin  de  se  laisser 
entamer,  se  trouvent  dans  1a  meilleure  si- 
tuation pour  accroître  leur  production  et 
en  améliorer  les  conditions. 

Dans  le  groupe  du  Nord,  il  y  a  deux  di- 
visions bien  tranchées,  celle  de  TEst  ou  du 
versant  Atlantique,  comprenant  des  bassin,s 
d'anthracite,  des  mineraisdefor  et  des  acié- 
ries puissamment  outillées  ;  ce  groupe  fai- 
blit en  face  des  pro;;rès  du  groupe  de 
l'Ouest,  dont  Pittsburg  est  le  centre. 

La  fabrication  de  la  fonte  et  de  l'acier  a 
fait  de  tels  progrès  dans  cette  dernière  ré- 
gion, qu'elle  menace  l'industrie  de  TEst  et 
qu'elle  pourrait  atteindre,  un  jour  donné, 
celle  de  l'Europe. 

Les  facteurs  de  cette  colossale  expansion 
sonl,  d'un  côté,  le  coke  de  Connelsville, 
près  de  Pittsburg,  et,  de  l'autre,  les  mine- 
rais de  fer  du  Lac  Supérieur  ;  ajoutons  que 
ces  éléments  sont  mis  en  œuvre  par  l'esprit 
d'initiative  et  la  puissance  financière  de 
quelques  personnalités  marquantes  du  mon- 
de industriel,  les  Carneggie,  Frick  et  Rock* 
feller. 

Le  gisement  exploité  à  Connelsville  est 
une  grande  couche  en   plat^ure  de  5  à  G 

20 


443 


JOURNAL  MENSUKL  DR  L  ACADEMIR   NATIONALR. 


444 


pieds  (1)  de  puissance,  afDeurant  à  flanc  de 
coteau  sur  plus  de  70  kilomètres  ;  les  facili- 
tés d'extraction  et  d'abatage  sont  telles,  que 
le  coke  produit  dans  des  l'ours  assez  primi- 
tifs avec  les  charbons,  ne  revient  pas  à  plus 
de  1,15  à  2  dollars  la  tonne  ;  les  18.000  fours 
du  district  ont  fourni,  en  1895,  environ 
7.400.000  tonnes  dé  coke. 

Cette  colossale  industrie  se  trouve  placée 
entre  les  mains  de  la  Compagnie  H.-C. 
Frick,  dont  le  chef  est  associé  à  H.  Carneg- 
gie.  On  estime  qu'il  reste  à  extraire  450 
millions  de  tonnes  de  houille  de  la  seule 
grande  couche  de  Connelsville  ;  le  coke 
qu'elle  produit  est  employé  à  fondre  le  mi- 
nerai du  Lac  Supérieur  constituant  un  gi- 
sement incomparable  comme  étendue,  ri- 
chesse et  surtout  comme  facilité  d'exploita- 

(1)  Environ  1-80. 


tion  à  ciel  ouvert,  par  dérocheuses  mécani- 
ques; ce  qui  explique  que  sur  place  les 
frais  d'extraction  et  de  redevance,  tout  com- 
pris, ne  dépassent  pas  2  dollars  la  tonne 
pour  des  minerais  contenant  plus  de  60  et 
jusqu'à  67%  de  fer. 

Les  usines  Carneggie  se  sont  assuré  pour 
nombre  d'années  un  approvisionnement 
presque  illimité  de  ce  minerai  à  un  prix  qui 
ne  dépasserait  pas  2  dollars,  franco  Cleve- 
land. 

C'est  avec  de  pareils  éléments  mis  en  œu- 
vre par  des  industriels  actifs,  hardiset  asso- 
ciés, disposant  de  tous  les  capitaux  néces- 
saires, que  la  concurrence  se  poursuit  en 
Amérique  ;  pour  le  vieux  monde,  c'est  dire 
;  à  quel  point  elle  est  sévère  et  jusqu'à  un 
certain  point  menaçante. 

{Chronique  industrielle.) 


PRODUITS    PHARMACEUTIQUES 


Le  VIN  MAUJEAN 

de  M.    L.  Maujean,    pharmacien-chimiste 
de  1"  classe,  à  Sermaize  (Marne). 


Ce  qui  distingue  le  vin  Haujean  de  tous 
les  produits  sim.ilaires  et  de  toutes  les  spé- 
cialités à  peu  près  équivalentes,  c'est  qu'il 
est,  en  quelque  sorte,  comme  le  résumé  et 
la  synthèse  de  toutes  les  découvertes  fécon- 
des et  bienfaisantes  de  la  thérapeutique  mo- 
derne. 

Ce  vin  n'est  pas  seulement  bonparcequ'il 
renferme  de  la  viande,  de  la  kola,  du  cacao, 
de  la  coca,  des  écorces  d'oranges  amères  et 
des  phosphates  organiques,  mais  surtout 
parce  qu'il  les  renferme  tous  ensemble  dans 
les  proportions  nécessaires  pour  en  faire  l'un 
des  plus  puissants  reconstituants  connus  jus- 
qu'à ce  jour. 

Notre  savant  et  distingué  collègue,  sor- 
tant de  l'Ecole  supérieure  de  pharmacie  de 


Paris,  était,  en  effet,  mieux  armé  que  qui- 
conque pour  arriver  à  la  formule  définitive 
de  ce  produit  tonique  et  reconstituant  en- 
tre tous.  M.  Maujean  ajoute  qu'il  est  aussi 
analeptique,  antineura^thénique,  apéritif 
et  digestif,  et,  étant  donné  sa  composition, 
nous  ne  faisons  nulle  difficulté  pour  le  re- 
connaître ;  c'est  tout  à  la  fois  un  aliment  et 
un  médicament  précieux,  dit  son  inventeur, 
et  il  cite  une  longue  suite  de  maladies  dans 
lesquelles,  ou  plutôt  contre  lesquelles  il  est 
absolument  souverain. , 

Sans  vouloir  donner  ici  cette  longue 
nomenclature,  disons  seulement  que  dans 
tous  les  cas  d'anémie  et  d'épuisement,  de 
surmenage  et  de  fatigue  générale  il  doit  être 
d'un  effet  excellent. 

Pour  nous,  qui  en  avons  bu,  dégusté  et 
usé  avec  plaisir,  il  nous  parait,  encore  une 
fois,  le  résumé  le  plus  judicieux  et  le  plus 
puissant  de  tous  les  reconstituants  connus  à 
l'heure  présente. 


H5 


FnOûinTS  PHARMAClOITIQUItS. 


448 


H  n'est  point  nécessaire  d*appuyersurles 
qualités  nutritives  des  extraits  de  viande  ; 
tout  le  monde  les  connaît;  or  chaque  cuillerée 
devin  Maujean  renferoie  le  volume  absolu 
fc25grammesde  viande  de  première  qualité. 
Il  en  est  de  mémo  de  la  valeur  nutritive 
et  reconstituante  du  cacao,  et  c*est  avec 
hesacoup  de  justesse  et  d*â  propos  que  notre 
eollègae  rappelle  le  mot  célè))re  du  gi*and 
LiQoé,  qui  appelait  le  cacao  l'aliment  des 
Dieux. 

Tout  le  moade  sait  quel  pouvoir  merveil^ 
leox  possèdent  véritablement  sur  notre  or- 
poisme  fatigué  la  kola  et  la  coca,  ces  ré- 
centes et  précieuses  conquêtes  africaines  ;  il 
est  certain  que  ces  végétaux  l'emportent  de 
beaucoup  sur  le  quinquina  comme  efficacité 
immédiate,  sans  offrir  les  dangers  de  fièvre, 
si  l'on  accentue  un  peu  trop  la  médicamen- 
Ulion. 

Nous  n'insisterons  pas  davantage  sur  les 
propriétés  de  Fécorce  d'oranges  amères,  qui 
eâ  connue  de  tous  comme  un  antispasmo- 
dique et  un  excitant  de  premier  ordre. 

Reste  remploi  des  phosphates  organiques 
<]Qt  jouent  un  si  grand  rôle  dans  la  théra- 
penliqae  moderne  ;  on  a  trop  employé  jus- 
<{u'i  présent  les  phosphates  minéraux  qui 
fatiguent  l'estomac,  sans,  pour  ainsi  dire, 
pouvoir  s'assimiler,  et  certes  l'emploi  des 
phosphates  organiques,  dont  l'assimilation 
ttlcomplète,  constitue  une  des  indications 
•«  plus  précieuses  en  faveur  du  vin  Mau- 
iean. 

Du  reste,  le  professeur  Robin  s'exprimait 
^n  ces  termes,  à  son  sujet,  devant  l'Acadé- 
ïniede  Médecine,  et  il  nous  semble  que  l'on 
^  peut  pas  mettre  ses  vertus  en  relief  avec 
pktt  de  compétence  et  d'une  manière  plus 
t^isissante,  en  même  temps  : 


•  L'action  de  ces  médicaments  sur  la  nu- 
taiioQ  est  extrêmement  importante.  Ils 
instituent  un  puissant  stimulant.  Ils.agis- 
*«ni  efficacement  dans  toutes  les  maladies  à 
^' fessions  nerveuses,  car  ils  activent  les 
F**'nge8,  comme  le  prouve  l'augmentation 
«*nsVurine  des  déchets  organiques,  d'où 
•inesiimulation  particulière  du  système  ner- 
''^lî  une  suractivité  cérébrale  et  physique, 


et  mieux,  une  augmentation  rapide  do  poids. 
Nous  pouvons  citer  un  sujet  atteint  d'une 
maladie  d'Addison  qui  engraisse  de  trois 
kilos  en  vingt  jours  ;  un  autre, atteint  d'hy- 
perténie  gastrique,  augmentant  du  même 
poids  en  quarante  et  un  jours  ;  les  n'ixi- 
ques  récupèrent  en  moyenne  cfnquantë 
grammes  par  jour. 

C'est  doiic  le  médicament  spéciRque  dé 
tous  les  états  asthéniques,  que  cette  asthénie 
soit  primitive,  telles  les  neurasthénies  & 
formes  dépressives,  les  albuminuries  phos- 
phaturiques  et  les  chloroses  torpides  :  oii 
bien  qu'elle  soit  consécutive  à  une  maladie 
infectieuse,  telle  que  la  convalescence  de  la 
grippe  et  de  rinfluenza,  etc. 

On  en  obtiendra  aussi  d'excellents  effets 
dans  ces  phtisies  torpides  avec  dépression  si 
fréquentes  chez  les  jeunes  gens  et  qui  sont 
accompagnées  d'une  abondante  phospha- 
turie.  » 

Et  c*est  autorisé  par  la  haute  approbation 
de  cet  illustre  praticien  que  M.  Maujean  a  pu 
dire  fort  à  propos  lui-même,en  résumant,en 
quelque  sorte,  les  qualités  de  son  vin  : 

a  Sa  saveur  est  agréable;  lesadultes^  les 
enfants  même  le  prennent  avec  plaisir.  Son 
action  est  pour  ainsi  dire  immédiate  ;  dès  les 
premiers  jours  de  son  emploi,  il  provoque 
une  réaction  vi  laie  très  prononcée  ;  il  abrège 
ainsi  la  durée  des  convalescences  parfois  si 
longues. 

Stimulant,  mais  non  pertubateurjl  forti- 
fie l'estomac,  ouvre  l'appétit,  active  la  nutri- 
tion languissante  des  constitutions  molles  et 
lymphatiques,  il  ranime  les  forces  des  vieil- 
lards, régularise  les  fonctions  du  cœur,  fa« 
cilite  la  croissance  des  enfants,  leur  donne 
une  charpente  osseuse  solide  et  leur  évite, 
par  cela  même,  les  déformations  si  fréquen- 
tes des  membres  et  de  la  taille.  Son  utilité 
est  incontestable  pendant  la  grossesse  :  il 
arrête  les  vomissements,  fortifie  la  mère, four* 
nit  à  l'enfant  la  matière  osseuse  nécessaire  à 
sa  formation  et  lui  assure  une  constitution 
robuste. 

Il  donne  k  la  jeune  mère  un  lait  riche  et 
abondant  et  lui  fait  supporter  sans  fatigue 
les  longs  mois  de  l'allaitement. 

Il  est  indispensable dansTanémie,  la  chlO" 


447 


JOURNAL  MENSUEL  Dl 


rose,  les  paies  couleurs,  les  maladies  des  os 
en  général  et  dans  tous  les  cas  où  l'organisme 
est  débilité.  On  ne  saurait  trop  le  recom- 
mander aux  personnes  prédisposées  aux 
maladies  de  poitrine.  » 

Hest  évident  qui!  existe  depuis  longtemps 
des  quantités  de  spécialité  de  peptones,  de 
kola,  de  coca,  do  glycérophosphatos,  etc., 
etc.  ;  mais,  comme  nous  le  disions  au  com- 
mencement de  cette  note,  le  grand  mérite 
de  M.  Maujean  consiste  à  avoir  su,  le  pre- 
mier,  grouper,  réunir  et  synthéthiser  toutes 
ces  vertus  éparses,  toutes  ces  qualités  cura- 
Utcs  séparées,  et  l'on  peut  ajouter  qu'il  n'y 
est  arrivé  qu'après  de  longs  et  minutieux 
travaux  de  laboratoire. 


ifAGADiMlB  NATIONALE.  448 

En  un  mot,  notre  savant  collègue  a  voulu 
avant  tout  :  nourrir  l'estomac  sans  le  fati- 
guer, fortifier  les  dilTérents  tissus  de  Torga- 
nisme,  ranimer  l'appétit,  et  Ton  peut  dire 
qu'il  a  dépassé  le  but  qu'il  s'était  assigné 
lui-même,  en  arrivant  à  la  formule  définitive 
de  son  vin. 

Chaque  cuillerée  à  soupe  représente  25 
grammes  de  viandes  et  contient,  en  même 
temps,  0,25  de  phosphates  organiques 
(chaux,  soude,  potasse)  ;  cette  dernière  cons- 
tatation suffit  pour  en  démontrer  Teflicacité 
souveraine  dans  une  foule  de  maladies,  et  il 
nous  semble  que  toute  autre  considération 
serait  superflue. 


VARIÉTÉS 


IN8UBMER8IBIUTÉ  DE8  NAVIRE8 

Réduction  du   tirage  et   facilité  d'évolution. 

Projets  et  considérations,  par  M.  Paloux, 
garde  d'artillerie,  chef  artificier  à  Oran 
(Algérie). 


Nous  sommes  heureux  de  mettre  sous 
lesyeux  de  nos  lecteurs  la  note  suivante 
qui  émane  d'un  homme  dont  Tesprlt  est 
sans  cesse  en  éveil  pour  arriver  à  trouver 
une  amélioration  qui  puisse  servir  à  tout  le 
monde. 

En  tout  cas,  elle  soulève  un  problème 
fort  intéressant,  non  encore  résolu  et  qui, 
aunom  de  rhumanité  même,  est  bien  di- 
gne de  retenir  l'attention  des  spécialistes, 
et  de  ceux  qui  s^occupent  plus  particulière- 
ment des  questions  maritimes. 

(Note  de  la  Rédaction.) 

Bien  que  nos  propositions  soient  spécia- 
lement scientifiques,  éi  Tappui  de  la  pre- 
mière nous  évoquerons  le  souvenir  de  la 
longue  série  des  naufrages  enregistrés  ou 
constatés  depuis  tant  de  siècles,  et  particu- 
lièrement de  ceux  qui  sont  survenus  à  no- 
tre époque,  c*est-à-dire  le  naufrage  des 
navires    de   guerre   anglais  et   espagnol  : 


«  Victoria  »,  «  I^a  Reine  Régente  »,  et  celui 
du  navire  do  la  marine  marchande  française, 
«  La  Ville  de  Saint-Nazaire  »  ;  naufrages 
qu'il  eût  été  facile  de  conjurer  par  des  dis- 
positions presque  simples,  dirons-nous,  et 
dont  l'application  sera  faite  un  jour,  nous 
en  avons  Tassurance,  quel  que  soit  l'esprit 
d'opposition  qui  puisse  fatalement  surgir^ 
comme  i!  en  a  été  à  toute  époque.  D^ail- 
leurs,  n'est-ce  pas  là  le  prélude  de  toutes 
les  améliorations  rapportées  dans  l'histoire^ 
Cela  dit  sans  autre  commentaire,  noua 
entrerons  immédiatement  dans  le  corps  dif 
sujet  que  nous  nous  proposons  de  traiter. 

Le  premier  des  trois  problèmes  posésJ 
qui  est  d'une  importance  capitale,  serai^ 
résolu  par  les  moyens  suivants  : 

Contrairement  à  la  distribution  actuelle 
des  navires,  même  de  ceux  dits  à  cloison^ 
étanches,  lesquels  comportent  de  larges 
couloirs  ouverts  à  tous  les  étages  et  par- 
courant toute  rétendue  de  ces  navires,  ce 
qui  constitue  des  canaux  d'envahissementi 
ceux-là  seraient  flanqués  dans  leur  lon- 
gueur et  selon  leur  importance  de  7àd 


440 


VAMlirrES. 


48) 


enlreloiscs  ou  cloisons  transversales  faites 
en  inélal  et  assez  solides  chacune  pour  sup- 
porter une  pression  d'eau  égale  à  celle  qui 
igitoa  peut  agir  sur  les  flancs  du  bâtiment, 
cequ'il  est  faciled'obleniren  consolidant  ces 
cloisons  par  deux  lignes  de  tirants  enfer  qui 
relieraient  longitudinalement  celles-ci  en- 
tre elles  et  seraient  dissimulées  dans  l'épais- 
«eor  des  ponts  ou  planchers. 

Cette  disposition  diviserait  alors  le  navi- 
reen  8oulO  travées  ou  compartiments  bien 
disliocts  et  indépendants  les  uns  des  au- 
tres (1)  avec  rampe  d'accès  sur  le  pont  pour 
chacun  de  ceux  dounant  asile  aux  passagers. 

La  chambre  élagée des  machines  et  chau- 
dières pour  les  navires  à  vapeur  (bientôt  à 
pétrole  (2)  ou  essence  analogue)  pourrait 
ne  pas  être  indivisible,  mais  comprendre  au 
contraire  deux  demi-chambres  ayant  chacu- 
ne an  moteur  indépendant  qui  concourrait 
an  fonctionnement  du  même  propulseur. 

Ensuite,  les  cloisons  précitées  seraient  ù 
chaque  étage  ainsi  qu'à  la  cale  percées  d'une 
seule  porte  de  communication  ayant  une 
largenr  moyenne  et  commune  à  toutes.  Ces 
portes  seraient  disposées  suivant  Taxe  du 
navire  et  dans  un  plan  vertical  entre  elles. 

Dans  l'épaisseur  donnée  à  la  partie  mé- 
diane des  cloisons  et  sur  un  peu  plus  de  la 
•argeur  des  couvertures  inscrites  serait  mé- 
nagée une  glissière  à  mi- fer  destinée  à  rece- 
voir une  espèce  de  vanne  métallique  à  effet 
malliple.  Cette  vanne,  de  la  hauteur  de  la 
cloison,  serait  percée  elle-même  de  portes 
correspondant  en  temps  ordinaire  à  celles 
qu'on  aumit  pratiquées  dans  chacune  des 
^otretoises. 

Ces  vannes,  retenues  en  place  par  un  dis- 
positif à  ce  destiné,  devraient,  lors  d'une 
^^rte,  sous  le  commandement  de  Tofficier 
i^  quart  agissant    sur  un  mécanisme   à 

0)  Autrement  dit,  cet  état  de  choses  consti- 
perait le  type  du  navire  alvéolaire  dont  les 
^ricaios  ont  fait  mention  a  pris  une  com- 
onnlcation  donnée  de  ce  premier  chapitre. 

W  11  est  bon  de  reconnaître  la  supériorité 
^ce  nouvel  élément  sur  la  vapeur  môme, 
*ntàcause  de  son  double  rôle  de  combusti- 
°^6  et  d'action  dynamique,  duquel  ressort  le 
^  de  volume  de  son  moteur,  que  de  ses  fa- 

cttllés  d'ofumisrasineent. 


portée  de  sa  main  (commutateur  électri- 
que par  exemple)  et  sous  leur  propre 
poids,  pouvoir  s'abaisser  et  venir  obstruer 
à  l'heure  voulue,  et  dans  un  temps  calculé 
aliu  do  ne  blesser  personne^  chacune  des 
ouvertures  sises  dans  les  cloisons,  et  cela  en 
dépit  de  toute  pression  venant  à  s*exercer  sur 
les  dites  vannes  à  la  suite  d*une  avarie.  — 
En  cette  circonstance,  les  personnes  qui 
viendraient  à  être  emprisonnées  dans  le 
compartiment  envahi  évacueraient  ce  der- 
nier par  la  rampe  dont  il  a  été  parlé. 

Des  matières  plastiques,  disposées  sur  le 
pourtour  des  portes  et  de  chaque  côté  de  la 
coulisse,  assureraient  Tétanchéité. 

Par  le  moyen  énoncé,  d*une  simplicité 
absolue  comme  principe,  on  a  compris  le 
fonctionnement  général. 

Au  cas  d'une  rencontre  entre  deux  navi« 
res  (run  pouvant  être  une  épave)  ayant 
pour  conséquence  le  défoncement  inférieur 
ou  latéral  d'une  travée,  Teau  ne  pourrait 
alors  envahir  que  cette  division  du  bâtiment 
sans  atteindre  les  autres  aussitôt  fermées  par 
les  moyens  indiqués. 

De  cette  manière,  le  dégât  consisterait- il 
dans  réventrement  d'une  des  demi-cham« 
bres  des  machines,  ce  qui  serait  Tun  des 
cas  les  plus  graves.  L*eau  remplissant  cette 
travée  ne  pourrait  ni  détruire  complètement 
la  force  motrice,  ni  Jaire  sombrer  le  navire 
qui  resterait  soutenu  par  ses  deux  extrémi- 
tés, lesquelles  représenleraientencoredeîà 
9  divisions  non  envahies,  soit  au  moins  les 
7/8  de  la  capacité  normale. 

Pour  toute  avarie  de  ce  genre,  cet  état  de 
choses  permettrait,  en  outre,  une  réparation 
tout  au  moins  rustique  de  la  brèche  pro* 
duite,  capable  de  maintenir  suffisamment  le 
navire  à  flots  pour  lui  faire  affronter  la  mer, 
en  même  temps  que  l'eau  embarquée  pour- 
rait être  extraite  à  l'aide  de  pompes  exis- 
tant à  bord. 

En  allant  à  l'extrême,  le  navire  fût-il 
coupé  radicalement  en  deux  parties  ou  tron- 
çons, que  chacun  d'eux  serait  susceptible 
de  flotter,  et  l'ensemble,  dépourvu  de  l'ac- 
tion des  machines  qu'on  peut  supposer  ne 
plus  pouvoir  fonctionner  à  cette  heure, 
pourrait  tenir  la  mer  assez  longtemps  pour 


451  lOORNAL  MENSUEL  DE 

être  recueilli  et  remorqué  par  un  navire  de 
passage. 

D'autre  part,  ces  fragments  du  navire  di- 
visé, aidés  d'une  voile  de  circonstance,  au- 
raient des  chances  de  pouvoir  continuer 
leur  route,  plus  lentement  il  est  vrai,  et 
d*aborder  à  quelque  rivage. 

Ce  qui  vient  d*être  expliqué  pour  les 
écueils  mouvants  existerait  au  même  titre 
pour  l66  écueils  fixes,  tels  qu Ilots  ou  ro- 
chers cachés,  sans  omettre  Texplosion  pos- 
sible d'une  chaudière  à  bord  dont  le  mal 
produit  se  trouverait  ainsi  localisé.  Par  sui- 
te, aucun  bâtiment  soumis  à  ces  règles  de 
construction  ne  saurait  désormais  disparaî- 
tre. 

Cela  dit,  qu'on  n'oublie  pas  que  les  dis- 
positions prises  assureraient  en  outre  par 
les  charpentes  créées  la  solidité  du  navire 
et,  de  plus,  mettrait  celui-ci  à  l'abri  d'un  in- 
cendie général,  événement  plus  encore  re- 
doutable  en  mer  qu'un  naufrage. 

•Nous  ajouterons  que  les  résultats  précités 
ne  sauraient  être  obtenus  par  le  principe  des 
cloisons  étanches  actuelles,  lesquelles  ont 
été  appliquées  différemment  de  ce  qu'elles 
devaient  être,  c'est-à-dire  inutilement  dans 
le  sens  de  la  longueur  et  sans  la  résistance 
suffisante  en  divers  points,  en  même  temps 
que  les  coursives  qui  les  traversent  en  bâ- 
bord et  tribord  ne  peuvent  être  automati- 
quement et  sûrement  fermées  à  l'heure  cri- 
tique d'une  collision. 

Maintenant,  on  pourra  nous  objecter  que 
Tadoption  de  cette  division  du  navire  ré- 
duirait les  coitimodités  d'embarquement  des 
marchandises  ou  pourrait  empêcher  le  pla- 
cement de  certaines  longues  pièces  à  trans- 
porter, à  quoi  nous  répondrons  que  la  sé- 
curité pubUque  domine  tout  autre  intérêt, 
comme  aussi  il  est  des  accommodements  en 
maintes  circonstances  (1). 

Voici  donc,  en  quelque  sorte,  une  entrée 
en  lutte  contre  tout  naufrage  possible,  si  ce 

(1)  Ainsi,  les  longrues  pièces  visées,  qui  com- 
prennent surtout  les  bois  de  construction,  ne 
sont  déjà  transportées  que  sur  des  navires 
spéciaux  dépourvus  généialcinonl  de  passa- 
gers, et  qui  ne  peuvent  guère  faire  naufrage  à 
cause  de  la  nature  de  leur  ctiarge. 


L  ▲CADEMUE  NATIONALE. 


402. 


n'est  peut-être  une  base  fondamentale  éta^ 
blie. 

A  d'autres,  aux  armateurs  et  aux  cons- 
tructeurs de  bâtiments  de  continuer  le  dé- 
veloppement de  cette  modeste  ébauche  en 
mettant  le  principe  émis  en  vigueur. 

Qu'ils  sachent  qu'en  s'y  conformant  ils 
assureront  du  môme  coup  fleurs  intérêts  et, 
ce  qui  est  au-dessus,  les  existences  humai* 
nés  (|ui  leur  sont  confiées  et  dont  la  valeur 
n'appartient  à  aucun  tarif. 

Réduction  du  tirage. 

Ce  résultat  serait  atteint  en  copiant  sim- 
plement l'œuvre  de  la  nature,  c'est-à-dire 
en  donnant  aux  navires  de  guerre  ou  mar- 
chands la  forme  rationnelle  des  poissoas  à 
marche  rapide. 

Celte  forme  est  celle  d'un  ovale  fortement 
allongé  et  terminé  à  chaque  extrémité  par 
des  ogives  dont  celle  de  l'arrière  (petite  ba- 
se) est  à  fermeture  lente. 

De  mémo,  la  partie  antérieure  (grand  dia- 
mètre), représentant  la  proue  du  bâtiment, 
aurait  une  profondeur  d'immersion  plus 
grande  que  celle  de  Tarrière  (1),  les  deux 
parties  se  raccordant  par  unedroite  oblique. 

Ces  formes  et  cette  disposition  auraient 
pour  effet  de  diminuer  considérablement  la 
nature  du  frottement,  car  dès  que  les  eaux 
divisés  seraient  à  leur  maximum  d'écarté- 
ment,  ces  mômes  eaux  ou  leurs  molécules, 
pour  se  rendre  ensuite  de  ce  point  à  la 
poupe  du  navire,  ne  feraient  qu'actionner 
ce  dernier  en  se  resserrant  sur  lui,  resti- 
tuant ainsi  une  grande  partie  des  forces  uti- 
lisées pour  leur  division  ou  déplacement. 

Contrairement  H  cela,  les  bâtiments  ac- 
tuels, de  largeur  constante  sur  la  majeure 
partie  de  leur  longueur,  éprouvent  de  la 
part  du  liquide  ambiant  une  résistance  per- 
manente due  en  partie  à  son  irottement  sur 
les  flancs  du  navire. 

De  même,  étant  appliqué  suivant  certai- 
nes données,  le  mode  de  construction  pro- 
posé ne  saurait  porter  sensiblement  at- 
teinte au  tonnage  des  navires,   et  d'autre 

(l}Soit  entre  les  deux  parties  une  dilTùrence 
de  niveau  éffale  à  l'anjçlode  feinieture  d*uu  des 
côtés  du  navire. 


4SS 


VARIÉTÉS. 


454 


pirt  celui-là  serait  amplement  racheté  par 
les  avantages  exposés. 

Après  cela,  pour  la  stabilité  du  bâtiment, 
celui-ci  serait  pourvu  d*une  quille  ou  arê- 
te longitudinale  de  fond  Taisant  saillie  d'au 
moins  un  mètre,  principalement  en  se  rap- 
prochant de  la  partie  antérieure  de  la  ca- 
rène. 

Cette  arête,  totalement  métallique,  au- 
rait pour  rôle  d'empêcher  les  déplacements 
latànux  et  brusques  du  navire  (1),  soit  de 
combattre  tout  chavirement  en  atténuant 
du  même  coup  le  roulis,  assez  redoutable 
pour  les  passagers. 

En  dehors  de  ses  fonctions,  cet  organe  ne 
saurait  nuire  par  le  tirant  d'eau  qu'il  aug- 
(oeota^it,  car  généralement  les  ports  ont 
une  profondeur  qui  répond  au  delà  des  be- 
soins pour  les  navires  marchands. 

Les  cuirassés,  auxquels  cette  application 
pourrait  être  également  faite^  ne  sauraient 
eux-mêmes  en  souffrir,  car  les  ports  fermés 
leur  donnent  déjà  rarement  accès. 

n  est  même  à  supposer  que  cette  arête 
serait  une  ligne  de  force,  et  qu'en  offrant 
00  plan  convenablement  incliné  à  Pavant 
die  ne  ferait  que  ramper  sur  un  corps  ren- 
contré et  prévenir  un  accident  plus  grave. 

Cet  organe,  engagé  même  dans  le  sable 
ou  au  milieu  des  galets,  ne  saurait,  à  notre 
ivis,  enliser  le  navire. 

Enfin,  pour  parfaire  Tassiette  de  ce  der- 
nier, sa  section  transversale  se  rapproche- 
rait de  la  forme  elliptique,  sauf  pour  la 
partie  supérieure  du  bâtiment  où  elle  ne 
peut  être  admise.  Cette  forme,  empruntée 
de  même  au  poisson,  aurait  pour  effet  d'à- 
mortir  l'action  des  lames  en  leur  offrant, 
ptr  les  courbes  données,  un  glacis  de  re- 
U)ur  à  la  mer  au  lieu  d'une  surface  perpen- 
diculaire de  résistance,  ce  qui,  en  outre,  les 
torterait  du  pont  du  navire. 

Facilité  d'évolution. 

Ce  troisième  résultat  serait  obtenu  par 
l'&ppiication  des  formes  précédentes  don- 
nées aux    b&timents,   résultat  qui    serait 

^]  Résultat  dû  à  la  surface  de  celle  arôte  ou 
^e  et  au  lest  qu'elle  constituerait  par  son 
Krand  bras  de  levier. 


d'une  indéniable  utilité,  surtout  pour  ceux 
du  service  de  guerre. 

Tandis  que  théoriquement  pour  un  navire 
à  flancs  parallèles  le  cercle  d'évolution 
n'existe  pas,  puisque  la  ligne  de  marche 
est  subordonnée  à  celle  des  points  d'appui 
constitués  (côtés  de  ce  navire)  formant 
plans  de  direction,  il  en  sera  tout  autrement 
avec  un  vaisseau  dont  les  flancs  offriront 
un  angle  de  fermeture  calculé. 

Ainsi,  pour  un  navire  de  ce  modèle,  la 
courbe  normale  d'évolution  sera  en  principe 
proportionnelle  à  l'angle  de  fermeture  du 
bâtiment,  courbe  dont  Taxe  (pour  le  rayon 
à  déterminer]  sera  située  au  point  de  croise- 
ment d'une  droite  prolongée  suivant  la 
grande  base  du  navire  et  d'une  perpendicu- 
laire élevée  sur  le  milieu  de  la  corde  figu- 
rée qui  reliera  les  extrémités  de  la  partie 
extérieure  et  décroissante  de  ce  même  na- 
vire. 

Par  suite  de  cette  définition,  la  valeur  du 
rayon  cherché  pourra  être  exprimée  par  la 
formule  suivante  : 

R  =  H 

H  représentant  l'hypothénuse  du  triangle 
rectangle  obtenu  dans  la  figure  ainsi  for- 
mée. 

D*après  cette  dernière,  on  peut  voir  de 
même  que  la  diminution  de  résistance  sera 
proportionnelle  à  la  surface  d'action  du 
liquide  comprise  entre  les  points  représen- 
tant la  courbe  d'un  navire  actuel. 

Il  reste  de  toute  évidence  que  la  meilleure 
forme  à  donner  à  un  vaisseau  de  guerre 
pour  ces  sortes  de  manœuvres  serait,  s'il 
était  pratique,  une  courbe  circonstancielle 
correspondante  h  celle  d'évolution. 

Maintenant,  pour  le  cas  où  les  navires 
non  pourvus  de  deux  hélices  auraient  à 
évoluer  sur  place  avec  rapidité,  nous  pro- 
posons un  appareil  spécial  (1),  d'une  grande 
simplicité,  qui  serait  relié  au  gouvernail, 
par  conséquent  placé  à  l'arrière  du  bâti- 
ment, en  dessus  du  niveau  de  l'hélice,  et 
dont  voici  la  description  : 

(1)  Qu'on  nous  permette  de  croire  que  le 
«  Victoria  »>,  muni  d'un  appareil  analogue,  au- 
rait pu  fermer  à  temps  son  cercle  d'évolution 
et  éviter,  par  là,  la  collision. 


455  JOURNAL  MENSUEL  DE  L*. 

II  se  composerait  d'un  corps  de  propul- 
seur ou  a  dévialeur  »  en  bronze  à  coupe 
transversale  ellipliquc,  évidéd*un  canal  in- 
térieur à  section  semblable,  et  formant 
dans  son  ensemble  et  plan  un  demi -cercle 
d'épaisseur  réduite,  avec  axe  et  prise  de 
courant  vers  sa  partie  médiane.  Cet  organe, 
monté  sur  Tarbre-pivot  du  gouvernail,  s'ar- 
ticulerait avec  Texlrémité  circulaire  d*un 
canal  qui  serait  relié  lui-même  à  un  réser- 
voir d'eau  actionné  par  un  corps  de  pompe 
à  haute  pression. 

Pour  son  fonctionnement,  cet  appareil 
aurait  sesdeux  bouches  d'écoulement  orien- 
tées du  côté  opposé  à  celui  du  mouvement 
à  produire,  après  quoi  l'eau  du  réservoir 
précité  étant  refoulée,  cette  eau,  par  sa  vi- 
tesse et  sa  pression,  agirait  sur  les  deux 
branches  à  plans  inclinés  du  propulseur  et 
sur  leau  extérieure  oii  elle  trouverait  un 
point  d'appui  pour  refouler  le  navire  en 
sens  inverse. 

Disons  que,  pour  les  effets  de  déviation, 
l'orientation  de  cet  organe  resterait  con- 
forme à  celle  du  gouvernail,  et,  par  consé- 
quent, ne  saurait  nuire  aux  fonctions  de  oe 
dernier.  Contrairement  à  cela,  les  forces  de 
ces  deux  organes  poun*aient  se  combiner 
pour  agir  dans  le  même  sens. 

Cet  appareil  pourrait  de  même,  en  cer- 
taines circonstances,  remplacer  l'hélice  pour 
une  propulsion  lente  du  bâtiment. 

Paloux. 


PARIS  PORT   DE   MER 

Au  point  de  vue  du  tonnage  total  des 
marchandises  qui,  venues  par  eau,  se  dé- 
versent sur  ses  quais,  Paris  est  déjà  le  pre- 
mier port  de  France.  Que  sera*  ce  quand 
l'accès  de  la  capitale  aura  été  rendu  aisé 
aux  bâtiments  de  haute  mer  par  un  canal 
maritime  la  reliant  à  Rouen. 

Alors  la  possibilité  donnée  aux  marchan- 
dises venant  de  l'Océan  d'atteindre  sans 
transbordements  le  cœur  de  la  France,  et 
en  même  temps  l'un  des  nœuds  de  voies 
ferrées  les  plus  importants  du  monde,  dé- 
tournera des  ports  belges  tout  le  trafic  des 


ACADÉMIE  NATIONALE .  4 56 

départements  de  l'Est  et  d'une  grande  por- 
tion de  l'Europe  centrale;  alors  les  navires 
se  presseront  innombrables  le  long  des 
quais  du  grand  Port  maritime  de  Paris,  et 
non  seulement  ce  trafic,  ravi  depuis  peu  à 
nos  côtes  par  la  Belgique,  nous  fera  retour, 
mais  encore  nos  industries  trouveront  dans 
cet  état  de  choses  une  nouvelle  aisauce  pour 
lutter  contre  la  concurrence  étrangère  par 
rabaissement  du  prix  des  transports  qui  en 
résultera,  après  avoir  reçu  un  nouvel  essor 
des  travaux  de  construction  du  canal 
auxquels  elles  auront  eu  à  coopérer. 

La  création  d'un  canal  destiné  à  faire  de 
Paris  un  port  de  mer  accessible  aux  navires 
tirant  jusqu'à  5  m.  80  est  depuis  plusieurs 
années  l'objectif  d'un  groupe  d'ingénieurs 
et  de  savants,  à  la  tête  desquels  se  trouve 
un  des  membres  les  plus  distingués  de 
rinstitut,  M.  Bouquet  de  la  Grye. 

Le  projet  actuel  de  ce  canal,  étudié, 
cela  va  sans  dire,  jusque  dans  ses  moindres 
détails  et  avec  une  compétence  absolue,  a 
pris  le  nom  de  son  auteur  principal  :  il  est 
connu  sous  le  nom  de  projet  Bouquet  de  la 
Grye,  et  sera  sans  doute  exécuté  intégrale- 
ment, si,  ce  qui  est  à  peu  près  certain  main- 
tenant, le  principe  de  Paris  port  de  mer 
est  admis  définitivement. 

D*après  ce  projet,  le  canal  partirait  de 
Rouen,  où  cesse  la  navigation  de  la  Seine 
pour  les  bâtiments  de  haute  mer.  De  Rouen 
à  Oissel  il  suivrait  la  Seine,  puis  il  coape- 
rait  en  ligne  droite  la  boucle  très  accusée 
que  fait  le  fleuve  entre  Oissel  et  Pont-de- 
TArche.  A  Pont-de-l' Arche  il  emprunterait 
à  nouveau  le  cours  de  la  rivière  jusqu'à 
Sartrouville  ;  là  il  s'enfoncerait  une  seconde 
fois  à  travers  les  terres,  franchissant  en 
ligne  droite  la  racine  de  la  presqu'île  formée 
par  la  Seine  entre  cette  dernière  localité  et 
Bezons.  Enfin,  de  Bezons  à  Paris  la  future 
voie  d'eau  ne  s'écarterait  plus  du  fleuve  dont 
elle  épouserait  les  derniers  méandres  en 
aval  de  la  capitale. 

A  Paris,  le  canal  aboutirait  à  un  grand 
port  à  créer  dit  de  Clichy-Paris.  Sa  lon- 
gueur totale  serait  ainsi  d'environ  185  kilo- 
mètres. 

Pour  livrer  passage  aux  navires  de  moins 


i07 


VARfETICS. 


458 


de  3.000  lonuenux  et  tirant  par  conséquent 
)u  plus  5  m.  80,  la  profondeur  du  chenal  a 
été  prévue  de  G  ni.  20.  Cette  profondeur, 
bien  qu'un  peu  faible  théoriquement,  serait 
ODS  doute  suffisante  dans  la  pratique,  puis- 
que de  grands  ports,  tels  que  Hambourg, 
Melbourne  et  Rouen  n*ont  guère  plus  de 
creux  à  marée  basse. 

Cette  profondeur  régnerait  sur  35  mè- 
tres de  largeur,  largeur  du  plafond  ;  elle 
pourrait  d'ailleurs  être  aisément  augmentée 
par  la  suite  si  les  nécessités  du  trafic  ve- 
osieni  à  l'exiger.  Ce  plafond  se  raccorde- 
rait par  des  parois  en  pentes  douces  avec  le 
terrain  avoisinant,  de  telle  sorte  que  la  lar- 
geur disponible  pour  la  batellerie  avec  une 
profondeur  d'eau  minima  de  3  mètres  se- 
rait de  45  mètres. 

Outre  les  grands  ports  de  Rouen  déji\ 
existants,  et  de  Clichy-Paris  à  créer,  entre  le 
port  deClichy  et  les  entrepôts  de  Saint-Ouen, 
eotre  le  grand  port  du  Havre  et  tous  ceux 
Miués  entre  ce  dernier  et  Rouen  le  long  de  la 
ImseSeioe,  déjà  accessible  à  la  navigation 
maritime,  de  nouveaux  ports  seraient  amé- 
nagés sur  le  parcours  de  la  voie  nouvelle. 

lue  des  plus  sérieuses  gènes  apportées 
à  U  circulation  par  la  création  de  ce  canal 
serait  certainement  celle  dont  souffriraient 
sur  son  parcours  les  riverains  de  la  Seine. 

Eq  particulier  le  grand  faubourg  de 
Saiot-Sever,  bâti  en  face  de  Rouen,  sur  la 
rire  gauche  du  fleuve,  ne  se  trouverait  plus 
relié  à  la  ville  que  par  un  pont  tournant  ; 
de  même  plusieurs  lignes  de  la  Compagnie 
de  rOaest  devraient  être,  ici  déviées  nota- 
blement pour  éviter  leur  traversée  actuelle 
des  méandres  de  la  Seine,  là  munies  de 
poots  mobiles  pour  franchir  le  fleuve,  ponts 
mobiles  que  Ton  ouvrirait  pour  livrer  pas- 
sage aux  navires  et  que  Ton  fermerait  pour 
permettre  aux  trains  d'aller  d'une  rive  à 
l'autre. 

Cet  inconvénient,  qui  semble  très  grave 
au  premier  abord,  apparaît  bien  moindre  si 
Ton  songe  que,  moyennant  une  réglementa- 
tion bien  faite,  il  serait  possible  de  n'ou- 
vrir ces  ponts  mobiles  pour  donner  passage 
aux  gros  navires  qu'une  dot^zaine  de  fois 
par  jour,  soit,  par  exemple,  toutes  les  deux 


heures^  tandis  que  la  durée  des  ouvertures 
n'excéderait  qu'exceptionnellement  une  di« 
zaine  de  minutes. 

Comme  autre  preuve  du  peu  d'impor- 
tance de  cette  gène,  on  peut  d'ailleurs  citer 
roainIrS  exemples. 

Ne  vient-on  pas,  tout  dernièrement  en- 
core, de  construire  à  Londres  un  pont 
tournant  sur  la  Tamise,  en  un  point  oii  la 
circulation,  tant  des  voitures  que  des  ba- 
teaux, est  l'une  des  plus  intenses  du  monde 
entier?  Enfin,  sans  aller  si  loin,  n'existe-t-, 
il  pas  à  Paris,  coupant  le  canal  Saint-Mar- 
tin, un  tablier  mobile  sur  lequel  la  circula- 
tion est  plus  du  double  de  celle  du  pont  de 
pierre  à  Rouen  et  qui  s'ouvre  de  quinze  à, 
vingt  fois  par  jour  pour  livrer  passage  à 
plus  de  douze  mille  chalands  par  an,  sans 
que  cette  gène  nécessaire  ait  soulevé  de 
protestations. 

La  circulation  devant  le  futur  canal  de* 
vaut  s  effectuer  de  nuit  comme  de  jour,  il 
va  sans  dire  que  cette  voie  nouvelle  serait 
éclairée  après  le  coucher  du  soleil,  et,  )&i  la 
navigation  fluviale  voulait  utiliser  lei  faci- 
lités offertes  par  cet  éclairage  pour  voyager 
de  nuit,  elle  aurait  à  solder  un  droit  qui 
sans  cela  ne  lui  serait  pas  demandé,  puis- 
que actuellement  elle  parcrmn  la  Seine 
sans  rien  payer.  Enfin,  il  en  serait  encore 
de  môme  si  cette  batellerie  voulait  raccour- 
cir sa  route  en  empruntant  les  coupures  lai- 
tes par  le  canal  à  travers  les  presqu'îles  d'Ois-; 
sel  et  de  Bezons. 

Seuls  les  navires  tirant  plus  de  3  mètres, 
incapables  par  conséquent  dans  Tétat  actuel 
des  choses  de  remonter  la  Seine  jusqu'à 
Paris,  auraient  à  payer  un  droit  de  passage 
à  travers  le  canal  en  tout  état  de  cause,  et 
ceci  ne  sera  que  justice,  puisque  sans  lui  ils 
ne  pourraient  arriver  à  la  capitale. 
.  Ces  droits  de  passage  ou  d'utilisation  des 
facilités  nouvelles  offertes  par  lecanal,  ainsi 
que  les  primes  prélevées  pour  les  déchar- 
gements effectués  en  s'aidant  des  quais 
établis  par  ses  constructeurs,  pourront  d'ail- 
leurs être  assez  réduits,  si  l'on  considère  que 
les  basses  évaluations  portent  à  cinq  mil- 
lions de  tonneaux  la  circulation  à  prévoir 
dans  les  nouvelles  eaux,  et  que  l'entreprise 


459 


lOUBNAL  MENSUEL  DE  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


400 


totale  ne  coûtera  pas  plus  de  150  millions 
de  francs  d*après  Tauteurdu  projet,  pas  plus 
de  250  millions  d'après  ses  contradicteurs 
les  plus  pessimistes. 

-  UoQ  des  questions  qui  soulèvent  les  plus 
vives  polémiques,  quand  il  s'agit  des  détails 
dlinstallation  du  canal,  est  celle  des  écluses. 
)  Le  canal  sera-l-il  ou  non  muni  d'éclu- 
ses? 

Certains  ingénieurs  pensent  que  quelques 
écluses  seront  nécessaires,  et  cependant  à 
priori  leur  nécessité  ne  saute  pas  aux  yeux. 

Si  la  Seine  avait  naturellement  partout 
entre  Paris  et  Rouen  la  profondeur  de 
6  m.  20  reconnue  suffisante  pour  le  futur 
canal,  les  navires  de  haute  mer  pour- 
raient atteindre  la  capitale  sans  travaux 
autres  que  des  dragages  périodiques  desti- 
nés à  empêcher  l'enlisement  de  certaines 
portions  du  lit. 

Point  ne  serait  besoin  d'écluses.  Or,  au 
moyen  de  dragages  importants,  on  se  pro- 
pose de  donner  au  fleuve  cette  profondenr 
au  détriment  de  sa  présente  largeur.  Le 
cube  d*eau  contenu  dans  la  Seine  actuelle- 
ment entre  Paris  et  Rouen  sera  évidemment 
sufHsant,  môme  en  temps  de  sécheresse, 
pour  remplir  entre  Paris  et  Rouen  le  canal 
à  créer,  dont  la  largeur  sera  au  fond  de  35 
mètres,  au  plan  d'eau  de  55,  et  dont  la  pro- 
fondeur ne  dépassera  pas  6  m .  20,  ce  qui 
représente  une  section  droite  moyenne  m- 
férieure  à  280  mèires  carrés. 

D'autre  part,  la  pente  générale  du  fleuve, 
assez  régulière  entre  les  deux  grandes  villes, 
ne  se  trouvera  pas  sensiblement  modifiée  du 
fait  de  l'exécution  du  canal  ;  elle  subira 
plutôt  une  petite  diminution  puisque  à 
R-ouen,  point  terminus  aval,  le  canal  aura 
la  profondeur  môme  du  fleuve,  tandis  qu'a 
Paris  il  sera  un  peu  plus  profond  que  le  lit 
de  la  Seine.  La  vitesse  moyenne  de  régime 
des  eaux  ne  présentera  donc  pas  de  modi- 
fication, elle  se  trouvera  seulement  régula- 
risée. La  vitesse  du  courant  n'étant  pas 
changée,  et  la  section  du  chenal  d'écoule- 
ment, comprenant  celle  du  nouveau  canal 


et  celle  de  la  partie  du  lit  actuel  conserTée 
pour  servir  de  trop-plein,  restant  la  même, 
il  s'ensuit  que  le  canal  sera  constamment 
rempliySans  qu'il  soit  besoin  de  le  couper 
par  des  écluses  dans  le  but  de  régulari- 
ser les  plans  d'eau  de  ses  différentes  frac- 
lions. 

Enfin,la  vitesse  actuelle  du  courant  de  la 
Seine,  qui,  comme  on  vient  de  le  voir,  ne 
sera  pas  modifiée,  permet  aujourd'hui  aisé- 
ment à  la  batellerie  de  naviguer  aussi  bien 
à  la  montée  qu'à  la  descente  ;  à  fortiori,  elle 
n'apportera  aucun  trouble  dans  la  marche 
des  navires  de  haute  mer  à  vapeur  et  môme 
à  voile,  sauf  pour  ces  derniers  an  moment 
des  calmes  plats,  moments  auxquels  en 
toutes  circonstances  ils  seront  obligés  d*a- 
voir  recours  aux  remorques,  qu'il  y  ait  des 
écluses  ou  non. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  est  dès  aujourd'hui 
décidé  que  cette  importante  question  des 
écluses  doit  être  réservée  jusqu'au  moment 
où  seront  établis  les  projets  définitifs  d'exé- 
cution du  canal. 

A  ce  moment  une  commission  technique 
sera  appelée  à  se  prononcer  en  dernier 
ressort  sur  leur  utilité,  et  il  y  a  tout  lieu  de 
supposer  que  sa  décision,  concluant  par  la 
négative,  donnera  toute  latitude  d'écono  • 
miser  les  8  à  9  millions  que  coûteraient  ces 
écluses,  et  permettra,  considération  plus  im- 
portante encore,  d'économiser  aux  navires 
le  temps  que  leur  ferait  perdre  le  franchis- 
sement. 

Pour  terminer,  disons  que,  si  une  déci- 
sion prompte  était  prise  relativement  à  la 
transformation  de  Paris  en  port  maritime, 
de  telle  sorte  que  les  travaux  puissent  com- 
mencer bientôt,  il  serait  encore  possible, 
en  se  hâtant  un  peu  d'inaugurer  le  canal  de 
Rouen  à  Paris  à  l'aurore  du  XX*  siècle. 

Qui  sait  ?  une  revue  navale,  passée  an 
jour  de  cette  inauguration  par  le  chef  de 
TEtat  dans  les  eaux  du  futur  port  de  Clichy, 
au  pied  môme  de  l'enceinte  de  Paris,  sera 
peut-être  le  clou  tant  cherché  de  l'Exposi- 
lion  universelle  de  l'an  1900? 


m 


i  BXPOWM^S  m  GCiNOOURS. 


\t.'.i.i" 


im 


EXPOSITIONS    ET  CONCOURS 


EXPOSITION  DE  BRUX«I«U6«.:  n    / 

.•  . ..'.  .      .'i  'M. .:  t 
(Suite.)  '      ,  I 

(Voir  les  numéros  du  journal  de-'juîïi^ 
ftoût  et  septerabré.)  >       ' 

U  20  octobre  a  eu  Heu  à  Bf  utelles,  dané 
Il  grande  salle  des  fêtes  de  rExposition,  en 
prince  du  roi  des  Belges,  la  cérémonie  de 
la  distribution  officielle  des  récompenses  de 
lExpoiilion.  s 

Le  chiffré  des  récompensesdépasse  8.000. 

La  France  en  reçoit  2,676,  dont  236 
grands  prix  et  273  diplômes .d*hpnneur.  j 

L'Algérie,  330  récompenses,  dont  4  grands 
prix  et  14  diplômes  d'honneur.     . 

La  Tunisie,  56  récompenses,  dont  2diplô^ 

nés  d^honnour. 

,  ,1 

Nous, publions  ci-aprè^  la,  liste  .des  Ré- 
compenses accordées  à  ceux  des  exposant^ 
de  la  section  française  qui  appa]:lienneot  ^ 
uHre  Société.  Par  suite  de  retards  apporté^ 
ilapub^cationdu  palmarès  officiel,  nous 
fie  pourrons  relater  que  dans  notre  prochs^icj 
numéro  les  récompenses' acf|ordéês  à  no§ 
H»ciétajres  étrangers.  ,    , 

Exposants  placés  flORS  CONCOUHS, 
comme  Membres  4u  Jury*  ;    . 

Chilut-Voïry,  à.Tours.   . 
Chauvin  (Alexis),  à  Paris*      , 
Gacireau,  à  Bourdain. 
Geisleh,  aux  Chatelles  (Vosges). 
GiuEL  (Léon);  à  Paris. 
GnaBERT-MARTiH)'à  Saint-Debis. 
Leborgne,  à  Launoy. 
Méua,  à  Alger. 
Mo(iCET-LESAGE,  à  Paris. 
I    Pellisson  Père  et  fils,  à  Cognac. 
De  RicQLfes  ET  0%  à  Lyon. 
Société  anonyme  de  la  grande .  dislilletf'ie 
B.  CusknieR;  à  Paris.  ... 


DIPJ-DMES  DE  GRANDS4PHÏX 

BAJAC,à  Liancôurt. 
Blondel,  à  Paris. 
Giron  frères,  à*  Saint-Etienne. 
Gouttière^  à  Paris, 
HuvÉ  FRÈkESj'à'Paris. 
Pruvost,  à  Paris. 
Redouly  et  G%  à  Paris. 
Richard  (Jcles),  à  Paris. 
TABCwiR|ER9tG*%,à  Paris. 

DIPLOMES  D'HONI^UR 

Bardou  (Joseph)  et  fils,  à  Perpignan. 

BouLENGER  ET  C'%  à  Paris. 

Chaize  frères,  à  Saint-Etienne. 

Chandora,  à  Moissy-Cramayel, 

Chanée  et  C'%  ^  Paris.  .  ; 

FoRNET,  à  Bo^rg. 

Grosselin  PkfLE  ^^  Fils,  à  Sedan. 

GuÉRET,  à  Paris. 

Simon  frères,  à. Cherbourg.  , 

ViBERT  frères,  à  Paris. 

VoLAND  (Francisque),  à  Lyon. 

DIPLOMES  DE  MÉDAILLES  D'OR. 

Bar,  à  Ranligny(Oise). 
Bellemer,  à  Macau  (Gironde). 
Bruel  fils,  à  Soûillab  (Lot). 
Brusson  jeune,  à  Villemur. 
Bures,  à  Caen, 
CAuyi^-Y,vosE,à  Paris. 
Charel-Escorbia,  à  Saint-Etienne. 
Cornu,  à  Paris. 
CossÉ'Duval;  à  Nantes. 
CoTTANCE,  feAGOT   et  ÇiE,  à  Parls. 
Denis-Benoist  et  Cie,  à  Roubaix. 
Flinois,  à  Flavy-le-Martel  (Aisne). 
Fontana  et  CiE,  à  Alger. 
Fortin,  à  Paris. 
Fortin,  à  Clermont. 
Gross,  à  Gouhenans. 
Hurlot,  à  Paris. 
Joanne,  à  Paris. 


463 


lOUBNAL  MILNâUEL  DE  L*ACÀDlbllB  NATIONALC. 


404 


Laubent- Calas,  ù  Bogny-sur-Heuse. 
Martin,  HAiTTEet  Huberland^  à  Pont-sur- 

Sambre. 
Halgin,  &  Paris. 
Mercier  et  CiE.à  Epernay. 
MéRÉ  oE  Chantilly,  à  Orléans, 
Hine(A.),  à  Dunkorque. 
Olivari  (Antoine),  à  Nice. 
PoLLET  (Alphonse),  ù  Tourcoing. 
Pruvost,  à  Paris. 

Raynal  ErRoQUELAi;iiE|  à  (^pdenac. 
Richard  (Jules),  h  Paris. 
Sbgaust,  à  Saint-Denis. 
Vaissier  (Victor),  ù  Roubaix. 

DIPLOMES    DE  MÉDAILLES    D'ARGENT 

Rardou]ç-pKe(.ler,  à  Oran. 

Bastos,  à  Oran . 

Bertrand,  à  Constantino. 

Brossard-Lemaire,  à  Paris. 

Chalut- VoiRY»  à  Tours. 

Chiffermann,  àLisieui. 

CoNZA,  à  Paris. 

Duprat  et  Cib,  à  Bordeaux. 

Flinois,  à  Fiavy-le-MarteL 

Jeener,  à  Paris. 

Navarro,  à  Bel-Abbès. 

Paupy  frères,  à  Paris. 

PoLLET  (Albert),  à  Tourcoing. 

Ruch,  directeur  de  la  Société  de  couleurs 

d'aniline,  à  Pantin. 
Schmautz,  à  Paris. 
Seguin,  à  Bordeaux. 
Valentin-Roussel  et  FILS,  à  Roubaix. 
Valtat,  àï^aris. 
YiAUD,  àBarbezieux. 

DIPLOMES  DE  MÉDAILLES   DE   BRONZE 

Bardoux— Keller,  ù  Oran. 
Bossard-Lemaire,  à  Paris. 
Brochard-Quillet,  à  Chateaudun. 
VvE  Gourdon  (A.),  à  Lyon. 
Henrïcet,  à  Nantes. 
SoKOLi4icKi,  à  Chinchon-Ia-Batàille. 

MElNTIONS  HONORABLES 

Ghaumeil,  à  Annonay. 
Hauton,  a  SaintNazaire. 
Tison,  à  Lille. 


EXPOSITION  INTERNATIONALE 
A  BORDEAUX. 


Une  expo.siiion  Internationale,  organisée 
par  rUnion  des  Syndicats  de  Bordeaux  et  du 
Sud-Ouest,  aura  lieu  à  Bordeaux  du  27  no- 
vembre à  fin  décembre  1897. 

Cette  Exposition  comprendra  tous  les  pro- 
duits du  commerce,  Talimentation,  l'hygiè- 
ne, la  viticulture,  etc. 

Toutes  les  demandes  de  renseignements 
doivent  être  adressées  à  M.  Jeau-Airred  Vigé, 
Directeur,  membre  de  notre  Société,  18,  rue 
Desbiey,  à  Bordeaux  (Gironde). 


LES  OOMITÉ8  D'ADMISSION 
A  L'EXPOSITION  DE  1000 


Ijq  Journal  officiel  du  18  octobre  1897  a 
publié  la  liste  complète  des  comités  d'admis* 
sion  de  l'Exposition  universelle  de  1900, 
liste  établie  par  arrêté  du  ministre  du  com- 
merce et  de  l'industrie  en  date  du  7  octo* 
bre. 

Cette  liste,  qui  n  occupe  pas  moins  de  83 
colonnes  du  Journal  officiel^  est  trop  éten- 
due pour  que  nous  puissions  songer  à  la 
reproduire  ;  mais  nous  avons  le  devoir  de 
publier  les  noms  des  membres  de  l'Acadé- 
mie Nationale  appelés  par  leur  notoriété  à 
faire  partie  des  susdits  comités  d'admis- 
sion. Voici  les  noms  de  ces  Sociétaires  avec 
Tindication  des  classes  auxquelles  ils  sont 
attachés,  et  les  désignations  textuelles  que 
donne  la  publication  officielle  : 

Classe  12.—  Photographie. 

Geisler  (Louis),  papiers,  impressions  di- 
verses. 
PiROU  (Eugène),  photographe  portraitiste. 

Classe  13.  —  Librairie,  reliure,  jour- 
naux, etc. 

Gruel  (Léon),  président  de  la  chambre 
syndicale  de  la  reliure,  libraire-relieur. 

Classe  15. — Instruments  de  précision. 

Richard  (Jules),  ingénieur-constructeur, 
enregistreurs  et  indicateurs  &  distance. 


465  tXI»OSlTlONS 

Classe  17.—  Instruments  de  musique. 
GouTTièRE  (Edmond),  pianos. 

Classe  19. —  Machines  à  vapeur. 
Faicot  (Joseph),  ingénieur    des  arts  et 
manufactures,  machines  à  vapeur. 

Classe  21 . —  Appareils  divers  de  la  mé- 
canique générale. 

Caillait  (Georges),  ingénieur  des  arts  et 
mnufaclures,  appareils  de  levage  et  ma  - 
ehioes  auxiliaires  pour  la  navigation  (de  la 
maison  Gaillard  frères). 

Classe  22, —  Machines-outils. 
Pinchart-Deny  (Louis),   machines-outils. 

Classe  27.  —  Applications  diverses  de 
l'électricité. 

Trouvé  (Gustave),  constructeur  électri- 
cien.   . 

Classe  31.    —  Sellerie  et  bourrellerie. 

FoRTiM  (Eugène),  feutres  pour  sellerie  et 
tapis  de  selle. 

Classe  32.  —  Matériel  des  chemins  de 
fer  et  tramways. 

Decauvillb  (Paul),  sénateur  de  Seine-et- 
Oise,  chemins  de  fer  portatifs. 

Classe  35.  —  Matériel  et  procédés  des 
exploitations  rurales. 

Bajac  (Antoine),  machines  agricoles; 
membre  de  la  chambre  de  commerce  de 
Beauvais. 

Brouhot  (Charles),  locomobiles  agricoles. 

Ghandora  (Léon),  ingénieur  draineur. 

Gautreau  (Théophile),  machines  agrico- 
les, ancien  président  de  la  chambre  syndi- 
cale des  constructeurs  d'instruments  d'agri- 
culiare. 

Paupier  (Léonard),  instruments  de  pesage 
^  petits  chemins  de  fer,  vice-président  de 
la  chambre  syndicale  des  constructeurs  fran- 
çais de  machines  agricoles  et  horticoles, 
pMdeot  honoraire  de  la  chambre  syndi- 
cale des  poids  et  mesures. 

Classe  37.  —  Matériel  et  procédés  des 
industries  agricoles, 

Egrot  (Alfred),  ingénieur  des  arts  et  ma- 


ET  CONCOOR?.  .  4^ 

nufactures,  appareils  à  distiller  (maison 
Egrot  et  Orangé),  président  de  la  chambre 
syndicale  des  constructeurs  d'instruments 
d'agriculture. 

Hardon  (Alphonse),  ingénieur  des  arts  et 
nianu£ic|i2re&» .  agriculteur  et  viticulteur, 
secrétaire  général  du  synélea^  dea  ag^cul- 
teurs  et  viticulteurs,  membre  du  cMsatt 
supérieur  de  Tagriculture. 

Rabourdin  (Charles),  agriculteur*distilla- 
tenr. 

Classe  39.  —  Produits  agricoles  aliment 
taires  d'origine  végétale. 

MoNiN  (le  docteur  Ernest),  vulgarisateur 
,  de  Thygiène» 

Classe  42.  —  Insectes  utiles  et  leurs 
produits.  Insectes  nuisibles  et  végétaux 
parasitaires. 

Garicl  (Raymond),  appareils  d'apicuN 
ture. 

Classe  51 .  —  Armes  de  chasse. 

Debertrand  (Edmond),  colliers  et  arti- 
cles de  chasse  (de  la  maison  Lochet  et  De- 
bertrand). 

Classe  55.  —  Matériel  et  procédés  des 
industries  alimentaires. 

Lecornu  (Pierre),  matériel  de  confiserie. 
Olivari,  pâtes  alimentaires. 

Classe  56.  —  Produits  farineux  et  leurs 
dérivés. 

Segaust  (Gabriel),  gluten  et  amidon. 

Classe  57.  —  Produits  de  la  boulange- 
rie  et  de  la  pâtisserie. 

^  '  SiGAUT  (Jules)  fils,  pains  d*épices. 

Classe  58.  —  Conserves  de  viandes ^  de 
poissons,  de  légumes  et  de  fruits. 

Chevalier  (Charles),  Président  de  la 
Chambre  syndicale  des  fabricants  de  con- 
serves alimentaires. 

Classe  5g.  —  Sucres  et  Produits  de  la 
Confiserie  ;  Condiments  et  Stimulants.' 

Cosse-Dcval  (Victor),  sucres. 
Cusenier  (Elisée),  directeur  des  distille- 
ries E.  CusENiER  et  Gie. 


4Qf  JOURNAL    MRNmL  DK 

'  Moquet-Lesagé  (Henri),  Coiithiirerie  de 
SafDt-.Tamés. 
'Tr^bdcien  (Errtest),  cafés  et!  chocolats. 

Clause  fX^.'^Vin$\€itMujiré$r'^ie. 
c  CHiLUT-VoiRV(Eugèifié),  ▼In»  de  Vouvray. 
Noilly-Prat,  vet-rtioiith!      ■ 

Classe  61.  —  Bi^issans  diverses,       .     , . 

tGuÉRBT  (Gélealiii)^  matériel  ^ar  boisions 
gazeuses,  président  de  la  chambre  syndicale 
des  eaux  gfze^ae?..      •      •    .  » 

Classe  Qi.  —  Petite  méfallur^'e, 

^  CkZJiVÈOH  (AUred),  aiifcien  iDg^nreur  des 
ponls  et  chaussées,  robinetterie. 

d^^è  65.  —  Décoration  des  édifices 
publics  e\  dès  habitations! 

Guil^ert-Martin  (Auguste),  mosaïste. 
Ifutié '(Lucien),  tnarbrerie. 
Marrou  (Ferdinand),  ferronnerie. 

Classe  6t.  —  Papiers  peints, 

'Jacque3  SiucÈ  (Henri),  couleurs  pour  p^- 
pîèrs'peints. 

^tewei  j58.  —  AfeukUs  <L  bon   marché.^  — 
Meubles  de. luxe. 

,  DiEi^sT  I^Eug^ne},  meubles,  vic^président 
honoraire  de  la  cbanf  j^re'syndicale  dçl'ft  rpçu- 
blemeut. 

Classe  eo.  —  Tapis.  —  Tapisseries. 

Cn^rf^^  (l^),  vclpursetpeittchçs  d'ameu- 
blement. 

•'^'tEBORc^i  ^Férdînatid),  tapîs  et  étoffes  c^a- 
meublement. 

.K  -  '.  •;:  '  ■  i  ^'     ■  '  '     ■   ■  ' 

Clasie  71 .  —  Céramique. 

•'LAàROix  i[Adolt).he),  chirhîste,  couleurs  vi- 
trifiables,  émaux. 

^^^Çjasj^l^^Apj^areils  et, procédés  du 
chauffage  et  de  la  ventilation^  .       \ 

^^  Mauçïk  ,(Viçl^r).  —  Appfireils  de  chauXfa- 

Classe  74.  -r  Appareils  et  procédés  décf ai- 
•   !  r^^<?  non-électrique. 

Akar  (Achille),  appareils  à ^z.     ' 


'l*ACADÉIIIB  WATIONALR.  -W^ 

I  Cto5e  75.—  Matériel  et  procédé  de  la  fila-- 
ture  et  de  la  corderie. 
Gadeau  DR  Kervillk  (iean- Victor)  I  cardes. 

àïàsse  76.  —  Matériel  et  procédés  de  la 
fabrication  des  tissus. 

DiÊbERicHs  (Théophile),  métiers  à  tisser. 

Classe  11'.  —  Matériel  et  procédés  du  bJ^n  - 
chimentt  de  la  teinture^  de  Vimpressio  n 

.  •  et  de  t  apprêt  des  matières  textiles  à  leurs 
divers  états. 

GiLLET  fils,  teinture  et  apprêt  (de  la  mai- 
son Qillet  et  fils)* 

Grosselin  fils  (Henry),  tondeuses,  laineu- 
ses, fouléuses  (de  la  maison  Grosselin  père 
et  fils). 

VotANP  (Francisque),  gaufrage,  moirage. 

Classe  80.  —  Fils  et  tissus  de  lin^  de  Chan- 
*    vre.  Produits  de  la  corderie. 

Laniel  (Henri),  député  du  Calvados,  toi- 
les écrues  et  blanchies  (de  la  maison  LftDÎel 
père  et  fils). 

Classe  81 .  —  Fils  et  tissus  de  laine. 

Tabourier  (Léon),  tissus  de  laine  (de  la 
maison  Tabourier  et  fils). 

Classe  S2.  —  Soies  et  tissus  de  soie. 

Giron  (Etienne),  velours  et  peluches  (de 
ta  maison  Gfron  frères). 

Classe  86.—  Arts  chimiques  et  pharmacie. 

BouiîE  (Frédéric),  raffinage  (maison  A. 
Boude  et  fils). 

'  Deutsch  (Henry),  raffinage  de  pétrole  et 
de  ses  dérivés. 
De  RtcQL^s  (Henri),  alcool  de  menthe. 

Classe  87.  —  Fabrication  du  papier. 

Blanchet  (Augustin),  ingénieur  des  arts 
et  manufactures,  papiers  photographiques, 
papiers  fins  (maison  BUnehet  frères  et  Klé- 


CuviER  fils,  matériel  pour  pâtes  de  bois. 

''  ^      Classe. SB.  —  Cuirs  et  peaux. 

Berendorf  (Edouard)  fils,  machines  pour 
le  travail  du  cuir. 


m 


COMMERCE. 


47Ô 


Classe  89.  —  Parfumeries, 

Beyer  (Adolphe),  machines  pour  parfu- 
merie. 
ViBERT  (Lucien),  parfumerie. 

Classe  91.  —  Papeterie. 

Brissard  (Henri),  machines  à  régler. 

Marquise  (Victor),  porte-plumes,  porte- 
mines. 

Toirày-Maurin  (Charles),  articles  de  bu- 
reau, encres. 

Classe  93.  —  Orfèvrerie. 

BocLENGER (Adolphe),  orfèvrerie  argentée, 
président  de  la  chambre  syndicale  des  fabri- 
anls  de  couverts  d'orfèvrerie. 

Classe  94.  —  Joaillerie  et  bijouterie, 

Desprès  (Félix),  bijouterie,  joaillerie. 
UuRAT  (Greorges),  bijouterie  en  doublé. 


Classe  95.  —  Horlogerie. 

GoNOY  (Glaudius),  président  du  syndicat 
de  la  fabrique  d'horlogerie. 

Classe  98.  —  Industrie  du  caoutchouc  et 
de  la  gutta-percha.  —  Objets  de  voyage 
et  de  campement.  ► 

Cauvin  (Ernest),  tentes,  bâches,  toiles,  im- 
perméables, conseiller  général  do  la  Somme. 

Classe  99.  —  Bimbeloterie.  s 

Chauvin  (Alexis),  jouets,  président  de  la' 
chambre  syndicale  des  fabricants  de  jouets 
et  jeux. 

Classe  114.  —  Produits  spéciaux  destinés 
à  l'exportation  dans  les  colonies.         -  • 

ScHouTEETEN  (Julcs),  mcmbro  de  la  cham- 
bre de  commerce  de  Lille,  ancien  président 
du  tribunal  de  commerce.  - 


COMMERCE 


LC  COiSMERCE    EXTÉRIEUR   DE  LA 
FRANCE 

jpendant  les  neuf  premiers  mois  de  1897. 

H  résulte  des  publications  ofScielles  de 
radmioistration  des  douanes  que,  pendant 
les  oeuf  premiers  mois  de  Vannée  1897,  les 
importations  se  sont  élevées  à  2,897,955,000 
ftwcs  et  les  exportations  à  2,714,089,000 
francs. 

Ces  chiffres  se  décomposent  comme  suit  : 


IMPORTATIOMS 


18P7 

fr7 
695.962.000 


1896 

t7. 
739.'778.0CO 


'JbjeU  dalimentation 
Matières  nécessaires 

à  l'Industrie 1.738.572.000  1.658.809.000 

^UftbriqaéB 463.421.000      400.333. OCO 

Total «.897.955.000  2.85S.920.000 


nwaTATioiis 


fr. 
£01.265.000 


fr. 
455.314.000 


^U  d'ilimentatioD. 
Matières  nécessaires 

à  Hnduslrie 719.S39.000     613.155.000 

'*!«<•  fabriqués 1.3:9.172.000  1.327.252.000 

'^posUux 113.813.000      105  941.000 


Total.. 


2.714.089.000  2.501.662.000 


Comme  on  le  voit,  à  la  fin  du  mois  de 
septembre,  les  exportations  étaient  en  aug** 
mentation  de  212.427.000  fr.  et  les  împor^ 
tations  en  augmentation  de  39.035.000  fr. 
comparativement  aux  chiffres  correspon- 
dants de  l'année  précédente. 

Si  nous  dégageons  de  la  comparaison  des 
chiffres  ci*desstis  avec  ceux  qui  ont  été  pu** 
bliés  il  y  a  un  mois,  les  résultats  proprés  ai| 
mois  de  septembre,  nous  constatons  que, 
durant  ce  mois,  les  exportations  se  sont  éle^ 
vées  à  305.190.000  fr.  et  les  importations 
à  288. 189. 000  fr. 

En  septembre  1896,  les  exportations 
avaient  été  de  296.691.000  fr.  et  les  im- 
portations de  261 . 1 80 .  000  fr . 

Comme  on  le  voit,  le  mouvement  général 
des  affaires  du  commerce  extérieur  conti- 
nue à  être  sensiblement  plu^  actif  en  189f7 
qu'en  1896,  et  la  balance  de  ce  commierce 
extérieur  s*est  maintenue  favorable  à  nôtre 
pays  en  septembre.  Toutefois,  il  s'en  faut 
encore  de  183.866.000  fr.  que  l'équilibre 
se  soit  établi  entre  l'ensemble  de  nos  expor- 
tations et  de  nos  importations/  eelles-ei  de* 


471  iOUHNAL  MENSUEL  DE  L'aGA&ÊIHE  FIATIONALB. 


473 


meuraDt  .supérieures  à  celles-là,  et  malgré 
ramélioraiioQ  satisfaisante  qui  s*est  mani- 
festée dans  la  marche  de  nos  relations 
commerciales  avec  Tétranger,  il  a  n*y  plus 
Ireu  d'espérer  que  le  chiffre  des  exporta- 
tions arrive  avant  la  fin  de  Tannée  à  dépasser 
celui  des  importations.  Ce  n'est  donc  pas 
encore  en  1897  que  nous  aurons  à  enregis* 
trer  la  supériorité  de  nos  exportations  sur 
iir>s  importations  ;  mais  il  est  manifeste  que 
nous  marchons  vers  Tobtention  d'un  sem- 
blable résultat, que  Ion  n a  pas  eu  à  enre- 
gistrer depuis  près  de  quarante  ans. 


LE  COMMERCE  QÊNÉRAL  DE  LA  FRANCE 
EN  1896. 


Le  gros  volume  de  près  de  800  pages 
consacré  à  la  statistique  du  commerce  de  la 
France  avec  ses  colonies  et  les  puissances 
étrangères  en  1896,  publié  par  la  direction 
générale  des  douanes,  commence  par  des 
observations  préliminaires  sur  l'esprit  môme 
qui  a  présidé  à  sa  rédaction  qui  sont  pleines 
d'intérêt,  parce  qu'elles  éclairent  les  innom- 
brables tableaux,  où  il  serait  parfois  ma- 
laisé de  se  reconnaître. 

C'est  ainsi  qu'à  propos  des  expéditions 
•ç^r  transports  mixtes^  nous  y  relevons  cette 
importante  constatation  :  «  Ainsi,  des  mar- 
chandises expédiées  de  Londres  sur  Paris, 
par  Anvers,  et  importées  par  un  bureau  de 
la  frontière  du  Nord  sont  portées  non  plus 
au  compte  de  la  Belgique,  mais  bien  au 
compte  de  l'Angleterre,  toutes  les  fois  que 
les  titres  de  mouvement  mentionnent  cette 
dernière  puissance  comme  pays  de  prove- 
nance effective.  On  procède  de  même  à  l'é- 
gard des  marchandises  exportées  de  France 
par  la  frontière  de  terre,  lorsqu'elles  sont 
accompagnées  de  lettres  de  voiture  indi- 
quant comme  point  de  destination  effective 
un  pays  d'outre-mer.  » 

Si  nos  législateurs  voulaient  bien  méditer 
ces  lignes  et  se  rendre  un  compte  exact  du 
commerce  général  qui  nous  est  ainsi  enlevé 
au  profit  du  portd'Anvers,  en  étudiant  atten- 
tivement les  statistiques,   nul  doute  qu'ils 


ne  s'empresseraient  de  voter  les  sommes 
nécessaires  pour  achever  l'outillage  et  Tins— 
tallation  du  port  du  Havre,  pour  le  mettre  h 
même  de  lutter  contre  son  redoutable  rival. 
D*après  le  résumé  analytique,  nous 
voyons  que  le  mouvement  du  commerce 
général  de  la  France  avec  ses  colonies  et 
les  puissances  étrangères  est  évalué  pour 
1896  (importations  et  exportations  réunies 
des  marchandises  de  toute  sorte),  à  une 
somme  totale  de  9  milliards  522  millions, 
ce  qui  représente  une  augmentation  de 
12  millions  sur  l'année  précédente,  et  une 
importante  diminution  de  90  millions  sur 
la  moyenne  de  la  période  quinquennale  an- 
térieure à  1800.  Tout  ce  que  l'on  peut  dire, 
c'est  que  la  situation  générale  s'est  un  peu 
améliorée  par  rapport  à  celle  de  Tannée 
précédente. 

A  l'importation,  les  valeurs  ont  atteint  le 
chiffre  de  4  milliards  929  millions.  Elles  ont 
été  supérieures  de  9  millions  à  celles  de 
l'année  précédente  et  inférieures  de  219 
millions  à  la  moyenne  quinquennale,  ce 
qui^pour  nous  qui  croyons  toujours  à  la  réa- 
lité de  la  balance  du  commerce,  ne  uous 
paraît  point  une  mauvaise  chose,  d'autant 
plus  qu'à  l'exportation,  le  montant  des  va- 
leurs a  été  de  4  milliards  594  millions.  Il 
est  donc  en  excédent  de  5  millions  sur  le 
chiffre  de  1895  et  de  130  millions  sur  la 
moyenne  quinquennale.  On  voit  par  là  que 
si  notre  commerce  général  s'est  peu  relevé, 
la  comparaison  entre  les  importations  et  les 
exportations  est,  au  contraire,- très  rassu- 
rante, et  semble  révéler  un  véritable  réveil 
de  notre  activité  nationale. 

Enfin,  si  nous  nous  en  tenons,  toujours 
dansle  même  ordre  d'idées,  aux  importations 
etexportations  réunies  qti'il  ne  faut  pas  con- 
fondre avec  le  commerce  général  qui  com- 
prend tout  le  mouvement  transitaire  aussi 
bien  que  les  admissions  temporaires  en  plus, 
nous  trouvons  pour  1896  un  chiffre  global 
de  7  milliards  200  millions,  représentant 
une  augmentation  fort  sensible  de  106  rail- 
lions sur  l'année  précédente. 

C'est  ainsi  que  dans  les  chiffres  dn  com- 
merce spécial  de  1896  les  importations  sont 
comprises  pour  3  milliards  799  millions  et 


473 


GOMIIERGE. 


474 


les  exportations  pour  3  milliards  401  mil« 
lions,  ce  qui  représente  sur  Tannée  1895 
BBe  augmentation  de  79  millions  pour  les 
oarehandises  importées  et  de  27  millions 
pour  les  marchandises  exportées. 

U  encore  il  est  bon  de  faire  remarquer 
qae  ces  chiffres  comparatifs,  lorsqu'il  s'agit 
do  commerce  spécial,  nous  sont  infiniment 
moins  avantageux  que  lorsqu'il  s'agit  du 
commerce  général,  puisque  nous  n'avons 
pins  qae  27  millions  au  lieu  de  130  millions 
à  I  exportation. 

La  différence  se  retrouverait  dans  les  ta- 
bleaux du  commerce  transitaire  à  travers  le 
territoire,  si  nous  avions  la  possibilité  de  les 
rapporter  aussi. 

Quoi  qu'il  en  soit,  il  y  a  une  légère  amé- 
lionlion  que  nous  sommes  heureux  de  pou- 
voir constater  ici. 

Le  tableau  n^  4  nous  présente  un  résumé 
par  pays  de  provenance  et  de  destination 
dn  chiffre  total  des  importations  et  expor- 
tations réunies  pour  le  commerce  général 
et  pour  le  commerce  spécial;  il  est  du  plus 
haut  intérêt  et  il  y  a  là  les  chiffres  détaillés 
eooceroant  soixante  pays  que  notre  com- 
merce tout  entier,  que  nos  fabricants,  que 
DOS  exportateurs  reraient  bien  de  méditer 
avec  le  plus  grand  soin,  pour  en  retirer  les 
easeignements  et  les  indications  pratiques 
qu'il  comporte. 

Aussi,  nous  trouvons  au  premier  rang 
l'Angleterre  avec  un  commerce  général 
avec  nous  pour  1896,  de  1970  millions  3  et 
Qo  commerce  spécial  de  1541  millions  2. 
Gomme  nous  le  disions  plus  haut,  cet  écart 
eotreles  deux  commerces  pourrait  diminuer 
en  partie  à  notre  profit,  ou  augmenter  à  la 
nibrique  commerce  général,  si  Ton  veut,  ce 
qui  revient  au  même,  si  nos  ports  et  nos 
moyens  de  transports  étaient  en  état  de 
lutter  contre  ceux  de  l'étranger.  Mais  pas- 
sons. 

La  Belgique  vient  au  second  rang,  avec 
d35  millions  2  au  commerce  général  et 
l'Allemagne  au  troisième  rang  avec784mil- 
lions  1  ;  cependant,  la  première  faisait  avec 
nous  1.180  millions  7  en  1891  et  l'Allema- 
gne 862  millions 7.  Il  y  a  là  des  diminutions 
qui  doivent  ne  pas  passer  inaperçues,  d'au- 


tant plus  que,  nous  ne  saurions  trop  le  re- 
dire, on  pourrait  certainement  enrayer 
cette  décadence  commerciale  lente,  il  est 
vrai,  mais  régulière,  en  poursuivant  l'achè- 
vement du  grand  outillage  national  de  nos 
ports  et  de  nos  moyens  de  transports  par 
chemins  de  fer  et  surtout  par  canaux  mari- 
times. 

Après  les  Etats-Unis,  la  Suisse,  l'Espagne, 
l'Algérie. ritalie  et  la  République  Argentine, 
on  est  assez  surpris  dene  voir  arriver  laRus- 
sie  qu'au  10®  rang.dansses  rapports  commer- 
ciaux avec  nous,  avec  289  millions  en  com- 
merce général  et  206  millions  2  seulement 
en  commerce  spécial,  et  si  aux  importations 
elle  se  relève  un  peu  pour  être  au  septième 
rang  avec  253  millions  9,  aux  exportations 
elle  passe  au  dix-septième  rang  avec  35 
millions  1. 

Ai  nsi  ,nous  avonsexporté  seulement  35  mil- 
lions Tannée  dernière  en  Russie  !  Il  semble 
que  nos  fabricants  et  nosindustriels  devraient 
s'inspirer  do  la  modicité  de  ces  chiffres  pour 
chercher  à  se  créer  de  nouveaux  débouchés 
dans  ce  grand  empire  moscovite  dont  les  rap- 
ports commerciaux  avec  nousnesuiventque 
de  loin  les  rapports  diplomatiques  et  politi- 
ques si  cordiaux  des  deux  nations. 

A  propos  de  nos  colonies,  le  résumé  ana- 
lytique fait  la  constatation  suivante  :  dans 
l'ensemble  de  notre  commerce  extérieur, 
les  échanges  entre  les  colonies  et  la  métro- 
pole n'excèdent  pas,  en  commerce  géné- 
rale, 8  %  à  l'importation,  9  %  à  1  exporta- 
tion et,  en  commerce  spécial,  10  %  k  l'im- 
portation comme  à  l'exportation .  II  ne  s'agit 
donc  ici  que  d'un  très  faible  appoint  ;  mais 
on  voit  par  les  constatations  des  dernières 
années  qu'il  tend  à  augmenter.  Ce  résultat 
doit  être  attribué  à  Textension  de  notre  do- 
maine colonial  et  aussi  au  développement 
des  relations  commerciales  de  la  métropole 
avec  ses  établissements  d'outre-mer. 

Il  y  a  là,  en  effet,  des  indices  de  vues 
commerciales  enfin  plus  pratiques  et  qu'il 
serait  temps  de  chercher  à  développer,  si 
nous  voulons  arriver  à  tirer  véritablement 
un  profit  sérieux  de  notre  empire  colonial. 
Il  y  aurait  bien  des  remarques  curieuses 
à  faire  pour  chaque  pays  en  rapports  com- 


475 


JOURNAL  MENSUEL  i>l  VàCkUtmE  NATIONALE. 


470 


erciaux  avec  dous,  môm  e  pour  les  plus 
modestes,  si  le  cadre  de  cet  article  nous  le 
permettait.  Cest  ainsi,  par  exemple,  que  la 
République  d'Haïti  n'occupe  que  le  dix-neu- 
vième rang  dans  le  commerce  général  avec 
87  millions,  tandis  qu'elle  pourrait  en  occu 
per  un  beaucoup  plus  considérable,  si, dans 
rimporlation  de  ses  cafés,  le  Havre  ne  se 
laissait  point  distancer  par  Hambourg  et 
Gênes,  tandis  qu'il  a  seul,  pendant  de  lon- 
gues années,  possédé  le  monopole  presque  ex- 
clusif de  cette  exportation  des  cafés  Haïtiens. 

On  pourra  nous  objecter  qu'il  n'y  a  point 
lieu  de  regretter  outre  mesure  que  le  com- 
merce d'importation  n'augmente  pas.A  cela 
la  réponse  est  facile  :  oui,  si  Ton  est  uni- 
quement tributaire  de  l'étranger  pour  sa 
consommation;mais si  pourune  denrée  quel- 
conque on  arrive  à  créer cheznous  un  grand 
centre  d'affaires,  il  est  évident  qu'une  par- 
tie étant  réexpédiée  ù  Tétranger,  c  est  bien 
notre  commerce  général,  qui,  sous  forme  de 
transit,  aura  à  y  gagner. 

Le  tableau  n^  2  indique  T  importance 
comparative  en  valeurs,  à  l'importation 
comme  à  l'exportation,  du  commerce  par 
mer  et  du  commerce  par  terre.  La  valeur 
totale  des  transports  par  mer  a  élé  de  Ô 
milliards  618  millions,  importationset  expor- 
tations réunies.Le  pavillon  français  est  com- 
pris dans  ce  chiffre  pour  3  milliards210  mil- 
lions, subdivisés  comme  suit  : 

Navigation  avec  les  colonies  et  possessions 
françaises  et  grande  pè- 
che    769.000.000 

Navigation  avec  l'étranger.  2.441.000.000 

Soit 3.210. OUO.UOO 

La  part  de  la  marine  étran- 
gère a  étéde 3.408.000.000 

Si  Ton  veut  bien  se  souvenir  que  le  com- 
merce général  de  lu  France  pendant  cette 
même  année  de  1895  a  été  de  9  milliards 
522  millions,  on  voit  donc  que  lecommerce 
par  mer  a  été  de  plus  des  deux  tiers  du 
commerce  par  terre  et  ce  n'est  pas  tout  ;  si 
Ton  y  ajoutait  les  marchandises  amenées 
dans  les  ports  par  les  voies  fluviales  et  les 
canaux  intérieurs,  on  verrait  combien  le 
commerce  par  eau  est  supérieur  à  celui  réa- 


lisé par  les  voies  ferrées.  Près  de  la  moitié 
de  ce  commerce  par  mer,  à  la  vérité,  est 
effectuée  par  la  marine  étrangère,  mais  si  Ton 
voulait  enOn  s^ouiiller  et  créer  les  grands 
canaux  maritimes  intérieurs,  on  relèverait 
aussi  rapidement  le  petit  et  le  grand  cabo  - 
tage  et  sur  ce  terrain  même  du  commerce 
international  on  cesserait  rapidemeai,  avec 
un  peu  d'espritde8uite,d*étreles  tributaires 
de  l'étranger.  Et  si  nous  insistons  tant  sur 
la  nécessité  d'achever  et  d'outiller  nos  ports 
comme  le  Havre,  et  de  bien  faire  compren- 
dre à  nos  différentes  compagnies  de  trans- 
ports par  terre  et  par  mer  qu'il  y  a  une 
question  de  vie  ou  de  mort  pour  elles  com- 
me pour  la  France  à  s'entendre  et  à  se  liguer 
contre  la  concurrence  étrangère,  c*est  que 
nous  en  avons  tous  les  jours  la  démonstra- 
tion soûs  les  yeux.  C'est  ainsi  que  le  résumé 
analytique  à  la  page  22 peut  faire  eette  dou- 
loureuse constatation  : 

a  L'excédentaccusépar  cette  dernière  caté- 
gorie au  commerce  général  aurait  été  moins 
faible  sans  un  changement  survenu  au  cours 
de  1896,  dans  le  mode  <l*expédition  de  cer- 
tains produits  d'origine  suisse  destinés  à 
l'Angleterre. Ces  produits  qui,  naguère  encore 
transitaient  par  la  France,  prennent  aujour- 
d'hui une  autre  voie.  Pour  les  tissus  de  co- 
ton seuls,  il  s'est  ainsi  produit  daus  no- 
tre transit  une  diminution  de  plus  de  655 
tonnes,  correspondant  à  une  valeur  de  69 
millions. 

Voilà  qui  est  fort  regrettable,  et  encore 
une  fois,  que  nos  compagnies  de  chemins 
de  fer  s'entendent  pour  faire  arriver  direc- 
tement, rapidement  et  à  bon  compte,  les 
marchandises  d  orip;ine  suisse  à  destination 
de  TAngleterre  par  le  port  de  la  Palice,  par 
exemple,  et  nous  sommes  convaincus  que 
cetie  véritable  déchéance  commerciale, 
comme  nation  transitaire,  cessera  comme 
par  enchantement,  car  le  chemin  sera  plus 
court  que  celui  d'Anvers. 

Tout  ce  que  nous  venons  de  dire  se  troti- 
ve  malheui'eusement  U*op  confirmé  par  le 
tableau  12  qui  nous  fournit  la  décomposi- 
tion par  mode  de  transport  du  poids  des 
marchandises  ayant  alimenté  notre  tn^ 
avec  l'extérieur,  et,  à  ce  titrci  il  intéresse 


477 


GOMHRRCB. 


47g 


plus  particulièrement  notre  marine   mar- 
cbaDde. 

[|  résulte  des  faits  constatés  en  180Ô  que, 
sur  les  34.654.955  tonnes  transportées, 
19.985.719  (57.67  %  )  ont  emprunté  la  voie 
maritime  et  14.669.236  (42.33  %)  les  rou- 
les de  terre,  c'est-à-dire  les  chemins  de  fer, 
caoaux,  etc.  Dans  le  chilTro  des  transports 
par  mer,  les  navires  français  figurent  pour 
^MZAIS  tonnes  (33.34  %  ),  ceux  des  pays 
de  provenance  et  de  destination  pour 
1386583  tonnes  (42.96  %  j  et  les  pavillons 
tiers  pour  4.735.658  tonnes  (23.70  %  ),  soit, 
poor  Tensenible  des  navires  étrangers, 
l'W22.241  ton  nés  (66,66  5^). 

t  Ces  chiffres  démontrent  combien  est 
faible  la  part  du  pavillon  national   dans  le 
transport  des   marchandises  que  nous  de* 
mandons  à  Tétranger.    Ces    marchandises 
sont  chargées  plutôt  sur    les  navires  des 
pays  de  provenance    ou  même  des  pays 
tiers.  Mais  il  convient  de  remarquer  que 
DOS  importations  sous  pavillon  étranger  con- 
tât  surtout  en  bois,  métaux,   pierres, 
terres  et  combustibles  minéraux,  et  que  les 
paysoù  ces  matières  se  trouvent  en  abon- 
^bceont  depuis  longtemps  constitué,  pour 
eo  effectuer  le  transport,  une  flotte  spéciale 
juidéQe  toute  concurrence  ».  Ne  vous  sem- 
l>le-i-il  pas  que  cette  constatation  est  faite 
avec  une  résignation  tranquille  que  ne  com- 
pone  pas  cependant  la  gravité  exception- 
nelle que  traverse  en  ce  moment  notre  ma- 
rine marchande,  et  qu'avantdese  déclarer 
^incu  il  y  aurait   quelque  chose  à   faire, 
quand  ça  ne  serait  que  l'outillage  et  Tachè- 
^emeat  de  nos  ports  et  de  nos  canaux  mari- 
times auxquels  nous  faisions  allusion  plus 
haut  ? 
Dans  le  tonnage  des  marchandises  impor- 
'^  et  exporlées,la  proportion  afférente  aux 
tiatières  nécessaires  à  l'industrie  dépasse  de 
^ucoup  celle  des  deux  autres  catégories. 
&mme  nous  en   réexportons   une  partie 
'fïnsibrraée  par  nosusines,avec  une  plus  va- 
'ue  importante  qui  est  payée  par  l'étranger, 
'' n'y  aurait  point  lieu  de  s'inquiéter  outre 
mesure  de  cette   constatation  si,  au  moins, 
Dous  prenions  la  majeure  partie  de  ces  ma- 
^*îre8  premières  —comme  nous  le  pourrions 


facilement  —  dans  nos  colonies  ;  malheu- 
reusement il  est  loin  d'en  être  ainsi  et  c'^t 
là  précisément  ce  qui  est  doublement  pré- 
judiciable et  pour  la  métropole  et  pour  ses 
colonies  ou  pays  de  protectorat. 

A  propos  des  importations  temporaires, 
nous  relevons  les  importantes  déclarations 
suivantes  :  l'augmentation  porte  è  peu  près 
exclusivement  sur  les  blés  dont  le  mouve-- 
ment  d^importation  temporaire  a  passé  do  33 
millions  en  1892,  et  de  29  millions  en  1893, 
à  37  millions  en  1894,  à  60  millions  en  1895, 
et  à  plus  de  93  millions  au  cours  de  la 
dernière  année... 

Pour  les  blés,  la  valeur  des  produits  im- 
portés est  de  93  millions,  alors  que  la  valeur 
des  produits  exportés  est  de  88  millions 
seulement  ;  mais  il  convient  d'ajouter  à 
cette  dernière  somme  celle  de  22  millions 
représentant  la  valeur  des  sons  provenant 
des  grains  admis  temporairement  et  qui  ont 
été  versés  dans  la  consommation  après  paie- 
ment des  droits. 

On  voit  par  là  combien  les  accusations 
d'agiotage  sont  erronées,  combien  le  com- 
merce transitaire  à  travers  la  France  est  im- 
portant et  pourrait  surtout  l'être  davanta- 
ge, comme  nous  le  disions  tout  à  l'heure,  à 
propos  de  la  Suisse  et  du  port  de  la  Palice, 
et  combien  enfin  ne  tarderaient  pas  à  être 
désastreuses  pour  notre  commerce  géné- 
ral des  lois  arbitraires  et  d'exceptions,  com-* 
me  celle  du  cadenas,  dont  il  est  question  de- 
puis trop  longtemps  déjà. 

Et  comme  tout  s'enchaîne  logiquement 
dans  ces  questions  commerciales,  le  tableau 
24  va  encore  nous  apporter  une  nouvelle 
démonstration  de  ce  que  nous  venons  d'af- 
firmer. 

Les  marchandises  étrangères  expédiées  en 
transit  par  la  France,  en  1896,  ont  eu  un 
poids  total  de  5.897.664  quintaux  métri- 
ques ;  c'est  une  augmentation  de  169.921 
quintaux  métriques  sur  1893. 

Sous  le  rapport  de  la  valeur,  les  opéra- 
tions de  transit  représentent  613  millions  ; 
elles  sont  en  diminution,  sur  1895,  de  43 
millions.  Ainsi  que  nous  l'avons  indiqué 
plus  haut,  les  tissus  de  coton  de  prove- 
nance suisse  et  spécialement  les  broderies 


479 


JOURNAL  MBNSOBL  Dl   L'aCADÉMIS  NATIONALE. 


4811 


ODt  à  eux  seuls  donné  une  moins- value  de 
69  millions... 

En  ajoutant  aux  chiffres  des  opération^ 
do  transit  proprement  dit  les  chiffres  des 
marchandises  qui  ont  été  réexportées  après 
avoir  été  placées  sous  le  régime  de  l'admis- 
sion temporaire,  on  obtient,  pour  1895, 
10.037.625  quintaux  métriques  avec  une 
valeur  de  817  millions,  tandis  qu'en  1896, 
11.032.270  quintaux,  ne  représentent  en 
valeurs  que  787  millions.  Cette  diminution 
de  30  millions  de  francs  est  en  effet  bien  faite 
pour  nous  faire  réfléchir,  car  elle  semble 
la  première  indication  fournie  par  la  politi- 
que de  représailles  économiques,  dans  la- 
quelle il  est  toujours  si  dangereux  de  s'en- 
gager. 

Les  perceptions  detoutas  natures  opérées 
par  le  service  des  douanes  pour  le  compte  de 
l'Etat  se  sont  élevées  en  1896  à  469.316.350 
irancs  ;  ceci  représente  bien  une  aug- 
mentation de  25.235.853  francs  sur  Tannée 
précédente  ;  mais  comme  la  plus-value,  rien 
que  pour  les  vins  et  les  sucres,  est  de 
24.300.C00  francs  et  qu'à  l'égard  des  sucres 
coloniaux,  l'augmentation  coïncide  avec  une 
diminution  de  plus  de  3  millions  de  francs 
dans  le  produit  des  droits  sur  les  similaires 
étrangers,  nous  pensons  que  nous  nous 
trouvons  là  en  face  de  mesures  fiscales  dé- 
sastreuses dont  nous  n'avons  pas  à  nous  oc- 
cuper ici. 


Enfin  un  dernier  mot  à  propos  du  com- 
merce général  de  l'Algérie  qui  a  passé  de 
1895  à  1896,  de  588.006.000  millions  à 
523.209.000.  Que  Ton  ne  s'y  trompe  pas, 
cette  diminution  réside  surtout  et  avant  tout 
dans  l'infériorité  de  nos  moyens  de  trans- 
ports par  terre  et  par  mer,  dans  notre  outil- 
lage économique  incomplet,  dans  le  non- 
achèvement  de  nos  ports,  dans  la  création 
de  nos  canaux  maritimes  toujours  reculée, 
dans  le  manque  d'un  chemin  de  fer  de  pé- 
nétration reliant  l'Algérie  au  Soudan,  el 
tant  que  l'on  ne  voudra  pas  voir  en  face  le 
danger  et  mettre  surtout  notre  marine  mar- 
chande à  la  hauteur  des  marines  marchan- 
des étrangères,  en  lui  donnant  précisément 
cet  outillage,  on  pourra,  on  devra  s'attendre 
chaque  année  à  de  nouveaux  déboires,  à 
de  nouvelles  déceptions. 

Nous  avons  cherché  à  mettre  en  lumière 
aussi  fidèlement  que  possible  l'esprit  même 
qui  semble  se  dégager  de  ce  gros  travail  de  la 
direction  générale  des  douanes,  et  pour  nous 
il  est  éclatant  et  lumineux  :  il  est  temps  que 
la  France  achève  de  s'outiller  pratiquement 
et  utilement,  surtout  au. point  de  vue  de  ses 
moyens  de  transport  par  terre  et  par  mer,  si 
elle  ne  veut  pas  finir  par  se  laisser  vaincre 
tout  à  fait  par  la  concurrence  étrangère. 

P.  V. 


Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Chef, 


Edg&nb  THlfiRY. 


»>»<♦ 


CttllMOMT  (oIIB).   —  IMPRIMBRIB  DAIX  P1ÀBB8,  PLACK  SAlMT-AMDRé,  S. 


JOURNAL    MENSUEL 


tël^ 


DK 


^^fiAB) 


jfiO 


L'ACADEMIE    NATIONAÏrEi./ 

AfiRICOLE,  lANUFiCTURlKaS  ET  COUERfilALE 


67*  Année.  -  NOVEMBRE  1897. 


SOMMAIRE 

AQUICULTURE.  —  La  récolte  de  blé  aux  •Etats-Unis.  —  La  récolle  de  blé  dans  la  République  Argentine.  —  Société 
i'apicaltare  delà  Meuse.  —  La  Chématobic  du  pommier,  communication  de  M.  Paul  No«L  à  Rouen. 

EXPOSITIOMS  ET  CONCOURS.—  Le  concours  agricole  de  Paris  en  1898.  —  Exposition  de  Bruxelles.  {Suite.)  — 
Us  Palais  de  l'Exposition  de  1900. 

••WHISTRIE.  —  L'électricité  à  Paris.  —  Le  Pegamoîd.  —  Omnibus  automobile  de  M.  Tenting,  à  Paris.  —  La  pro- 
doctioa  do  fer  dans  le  monde. 

VARIÉTÉS.—  Fêtes  du  Cinquantenaire  de  l'Association  des  ingénieurs  de  l'Ecole  de  Liège,  toast  porté  par  M.  G. 


lERCE.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France  pendant  les  dix  premiers  mois  de  1897.  —  Le  mouvement  de 
Uoavigattoo  française  en  1897. 
BSLIOQRAPHIE.  —  Les  Transports  par  terre  et  par  mer,  par  M.  Paul  Vlbart.  —  Les  plantes  de  grande  culture, 
pv  ■•  0«hépaln.  —  La  Nature  et  la  Vie.  par  M.  Gabriel  Viaud.  —  La  Papyrographic,  par  M.  de  Villanova.^ 
La Pbototntcrograpbie,  par  M.  A.  I..  Clément. 


AGRICULTURE 


U  RÉCOI.TE  DE  BLÉ  AUX    ETAT8-UNI8 

Lctat  exact  de  la  dernière  récolte  des  blés 
aux  Etats-Unis  n*est  pas  encore  connu  ;  tou- 
tefois, d'après  les  informations  recueillies 
nec  soin,  on  estime  que  la  superficie  em- 
blavée varie  entre  15,400,000  et  15,900,000 
hectares,  le  blé  d*hiver  occupant  au  moins 
^  millions  et  demi  d^hectares.  Les  rende- 
ments moyens  sont,  avec  de  légères  diffé- 
rences dans  les  estimations,  évalués^  19quin- 
iaux  un  quart  à  Thectare,  pour  lesblés  d'hi- 
ver, et  à  15  quintaux  un  cinquième  pour  les 
blés  de  printemps. 

La  récolte  serait  évaluée  à  580  millions 
de  boisseaux,  peut-être  598  millions.  Com- 
me le  boisseau  vaut  27  kilog.  18,  le  rende- 
niem  total  varierait  entre  157  millions  et  de- 
mi et  1C2  millions  et  demi  de  quintaux  mé- 
triques. En  prenant  comme  base  le  plus 
faible  de  ces  rendements,  soit  157  millions 
et  demi  de  quintaux,  le  blé  d'hiver  figure- 


rait pour  103  millions  un  quart  et  le  blé  de 
printemps  pour  54  millions  un  quart. 

Les  stocks  anciens  sont  estimés  atteindre 
16  millions  de  quintaux.  Quanta  la  consom- 
mation américaine,  elle  est  faible,  relative- 
ment à  la  consommation  européenne  ;  pour 
les  72  millions  d'habitants  de  l'Union,  les 
statistiques  sont  d'accord  à  fixer  aux  environs 
de  85  millions  de  quintaux  la  quantité  né- 
cessaire à  l'alimentation,  soit  annuellement 
un  quintal  et  un  sixième  par  této. 

Les  emblavures,  de  leur  côté,  exigent  15 
millions  dequintaux,  soit  un  quintal  à  l'hec- 
tare. Du  fait  de  ces  besoins,  100  millions  de 
quintaux  sont  ainsi  absorbés  par  les  Etats- 
Unis. 

Les  quantités  disponibles  pour  l'exporta- 
tion seraient  donc,  pour  cet  exercice,  de  57 
millions  au  moins,  et,  plus  probablement, 
de  60  millions  de  quintaux,  soit  plus  de 
l  million  de  quintaux  par  semaine. 

Rappelons  que  le  blé  pesant  en  moyenne 


"183  JOURNAL  MBNSUBL  DB 

75  kilogrammes  par  hectolitre,  les  60  mil- 
lions de  quintaux  disponibles  pour  l'expor- 
tation correspondent  à  une  quantité  de  80 
millions  d'hectolitres  environ. 


LA  RÉCOLTE  DE  BLÉ  DANS  LA 
RÉPUBLIQUE  ARGENTINE 

D'après  les  renseignements  qui  provien- 
nent des  principaux  centres  agricoles  de  la 
République  Argentine,  il  semble  que  la  pro- 
chaine récolte  de  blé  sera  de  beaucoup  su- 
périeure à  la  moyenne  aussi  bien  comme 
qualité  que  comme  quantité,  etcompensera 
largement  les  pertes  épi*ouvées  par  les  culti- 
vateurs en  1896  et  en  1897. 

Le  rendement  moyen  varie  généralement 
de  850  à  1,000  kilogr.  à  l'hectare.  En  pre- 
nant le  plus  bas  de  ces  chiffres,  la  récolte  de 
blé  atteindrait  au  moins  3  millions  de  ton- 
nes. 

\ja,  quantité  de  grain  nécessaire  pour  les 
tutures  semailles,  à  raison  de  r.O  kilogr.  h 
l'hectare,  est  évaluée  approximativement  à 
150,00v)  tonnes,  en  tenant  compte  de  l'ex- 
tension que  la  culture  est  susceptible  de 
prendre  à  la  suite  d'une  année  productive  ; 
la  consommation  intérieure  est  à  peu  près 
de45),000  tonnes  ;il  resterajtdonc  1,400,000 
tonnes,  soit  environ  18  millions  1/2  d'hectoli- 
tres de  blé  à  exporter. 


SOCIÉTÉ   D'APICULTURE  DE  LA  MEU8E 
Concours  intomational  do  1898 

La  Société  d'apiculture  de  la  Meuse  met 
en  concours  un  Manuel  classique  d'a- 
piculture, à  rusage  des  écoles  primaires. 

Le  travail  jugé  le  meilleur  sera  récompen- 
sé d'un  objet  d'art,d'une  valeur  de  trois 
cents  francs  ou  do  la  somme  en  espè- 
ces. 

En  outre  du  prix  désigné  ci-dessus,  le  jury 
aura  la  faculté  de  décerner  des  médailles 
danslecasoii  plusieurs  travaux  lui  paraî- 
traient mériter  des  récompenses.  De  même, 
ilseraen  droit  de  nedécerner  aucune  récom- 
pense. 

Les  manuscrits  présentés  devront  être  iné- 


l'agâdémis  nationale.  48 

dits  et  écrits  en  langue  française.  Ik  ne  por 
terontaucunesignalure,  mais  seront revêtw 
d'une  épigraphe  répétée  sur  renvelopped'ur 
pli  cacheté  qui  contiendra  le  nom  et  l'adres 
se  de  l'auteur  et  qui  sera  joint  au  manuscrit 
Les  plis  porteurs  des  épigraphes  correspoD- 
dantes  aux  travaux  couronnés  seront  seuls 
ouverts  d'office  par  le  jury. 

Les  membres  du  jury  seront  désignés  en 
assemblée  générale  de  la  société  ;  ils  ne 
pourront  prendre  part  au  concours. 

Les  manuscrits  et  plis  cachetés  devront 
être  adressés  à  M.  Alfred  Boinette^  prësi* 
dent  de  laSomélé,  à  Bar-le-Duc,  avant  le^o 
décembre  iSgS. 


LA  CHÉMATCBIE  DU  POMMIER 

Moyen  de  prévanip  sas  ravages. 
Communication  de  M.   Paul    Noël, 
Directeur  du  Laboratoire  régional  d'ento- 
mologie agricole  à  Rouen. 

«  Avec  le  froid,  octobre  amène  Téclo- 
sion  du  papillon  d'une  chenille,  ennemie 
terrible  des  pommiers,  la  chématobie,  qui, 
contrairement  aux  autres  insectes  qui  s'eo- 
dorment  dès  que  vient  Tbiver,  éclot  tou* 
jours  du  15  octobre  au  15  novembre,  pro- 
duisant des  ravages  qui  vont  s'accroissant 
toujours.  Aussi  croyons-nous  bon  d'indi- 
quer aux  cultivateurs  les  moyens  d'enrayer 
les  progrès  de  ce  fléau. 

a  L'œuf  de  la  chématobie,  pondu  au  mois 
d'octobre  précéilent,  dans  les  lichens  des 
branches  âgées  déjà  de  deux  ou  trois  ans, 
donne  naissance  dès  les  premiers  rayons  de 
soleil,  alors  que  les  bourgeons  commencent 
à  s'entr'ouvrir,  à  une  petite  chenille  noir- 
verdalre,  qui,  dès  sa  sortie  de  l'œuf,  s'in- 
troduit dans  les  jeunes  bourgeons  et  s'y  ren- 
ferme, dévorant,  à   mesure  qu'elles  appa- 
raissent, les  jeunes  feuilles,  puis  plus  tard, 
les  fleurs  qui,  castrées  par  cette  chenille, 
deviennent  dans  l'impossibilité  d'être  fé- 
condées. 

t  La  chématobie  se  change,  au  bout  de 
quelques  jours  en  une  chenille  d'un  tout 
autre  aspect,  présentant  cinq  bandes  bruu- 
rose,  dans  un  fond  vert-jaunâtre,  sur  leur 


485 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


48^ 


peaa  qui  est  alors  verdâtre  clair,  et  con- 
tinue ses  dégâts  avec  une  voracité  extra- 
ordinaire, jusque  vers  le  10  juin,  époque 
où  elle  atteint  son  entier  développement. 

«  Elle  se  laisse  alors  descendre  vers  la 
lenre  au  moyen  d'un  léger  fil  de  soie  et 
s'enfonce  sous  le  gazon  à  une  profondeur 
de  5  à6  centimètres,  entre  les  radicelles  de 
I herbe.  Là,  après  un  nouveau  changement 
de  peau,  elle  se  transforme  en  chrysalide  et 
reste  dans  cet  état  jusqu'au  commencement 
de  l'automne. 

«  Du  15  octobre  au  15  novembre,  cette 
chrysalide  donne  naissance  à  Tinsecte  parfait. 

«  Le  mâle  seul  est  ailé  et,  dès  sa  sortie  de 
la  chrysalide,  il  va  féconder  la  femelle  et 
meurt  immédiatement  après  l'accouplement. 
La  temelle,  qui  est  aptère,  c'est-à-dire  qui 
M  possède  que  des  moignons  d'ailes  insuf- 
fiianls  pour  voler,  s'empresse  de  gravir  le 
tronc  des  pommiers  pour  gagner  les  bran- 
ches où  elle  déposera  ses  œufs. 

«  Il  fallait  trouver  un  moyen  pour  arrêter 
la  femelle  dans  son  ascension  et  on  a  ima- 
fjûé  d'entourer  le  tronc  de  Tarbre  à  envi- 
ron 1  m.  50  du  sol  d'une  bandelette  de 
papier  »îpais,  large  de  20  à  25  centimètres, 
queron  maintient  à  l'aide  de  deux  bouts  de 
ficelle  ou  d'osier  noués,  l'un  à  sa  partie  su- 
périeure, l'autre  à  sa  partie  inférieure,  et  de 
l'eodujre  de  goudron  de  Norwège.  Mais,  si 
i  idée  du  papier  englué  était  bonne,  celle 


du  goudron  de  Norwège  ne  l'était  pas  au- 
tant. En  effet,  le  goudron  de  Norwège  a  le 
défaut  de  sécher  très  vite  et,  malgré  les  ma- 
tières grasses  qu'on  y  joignait,  il  fallait  re- 
nouveler souvent  l'enduit. 

«  Il  était  donc  nécessaire  de  trouver 
mieux.  Aussi  sommes-nous  heureux  do  faire 
connaître  aux  cultivateurs  la  nouvelle  com- 
position que  le  Laboratoire  d'entomologie 
agricole  a  trouvée,  et  le  moyen  de  la  fabri- 
quer. 

«  On  chauffe,  pour  chasser  l'eau  qu'il 
contient,  400  grammes  de  dégras  ordinaire, 
le  même  qui  sert  à  graisser  les  essieux  des 
voitures,  en  ayant  soin  d'opérer  dans  un 
grand  vase  de  cinq  litres  au  moins,  le  dé- 
gras produisant  une  grande  effervescence 
dès  qu'il  est  soumis  à  l'action  du  feu  ;  puis 
on  y  ajoute  400  gramn^es  d'huiîe  de  poisson 
et  l'on  remet  le  tout  sur  le  leu  en  versant, 
peu  à  peu,  un  kilog.  de  colophane  en  pou- 
dre. La  colophane  dissoute,  on  retire  le 
tout  du  feu  et  on  peutappliquer  l'enduit  dès 
le  lendemain. 

a  Cette  composition  a  l'avantage  de  ne 
pas  sécher  vite  et  de  ne  pas  coûter  plus 
cher  que  le  goudron.  De  plus,  on  est  sûr,  en 
l'employant,  d'avoir  des  pommiers  complè- 
tement épargnés  par  la  chenille  de  la  ché- 
matobie,  ainsi  que  cela  peut  être  constaté 
dans  l'arrondissement  de  Duclair,  ou  de 
nombreux  essais  pratiques  ont  été  fails.  » 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


UCONCOUR8   AGRICOLE  DE  PARIS 
EN  1898 

Par  arrêté  en  date  du  6  novembre  1897, 
le  ministre  de  l'agricuUure  a  décidé  que  le 
Concours  général  agricole  de  Paris  en  1898 
|«l»eDdra  au  Champ  de  Mars,  Galerie  des 
whioes,  du  lundi  Tau  mardi  15  mars.  Le 
Pf^gramme  de  ce  concours  sera  mis  inces- 
^nnueni  à  la  disposition  des  intéressés. 


EXPOSITION    DE  BRUXELLES 

(Suite.) 

[Voir   les  numéros  du  Journal  de  Juin,  Août, 
Septembre  et  Octobre.] 

Nous  publions  ci-après  la  liste  de  nos  So-^ 
ciélaires  étrangers  figurant  parmi  les  lauréats 
de  Texposition  de  Bruxelles  : 

Exposants  placés  HORS   CONCOURS 

comme  membres  du  Jury. 
BocH  FRÎ-RKs,  à  La  Louvière  (Belgique) . 


487 


JOUaNAL  MBNSUBL  DB  L  AGAdÊIIIC  NATIONALB. 


48i 


De  NaeyeretCie,  à  Willebroeck  (Belgi- 
que). 

Russ-SucHARD  et  Cie,  à  Neuchâlel  (Suis- 
se). 

Diplômes  de  GRA.NDS  PRIX 

CoLM\NK,  à  Norwich  (Angleterre). 

J.  S.  Fry  et  fils,  à  Bristol  (Angleterre). 

Les  Fils  d'Amédée  Kohler,  à  Lausanne 

(Suisse). 
De  NAEYERETCiE,àWillebroeck  (Belgique). 

Société  anonyme  Le  Progrès  Industriel, 

à  Bruxelles  et  Paris. 

DIPLOMES  D'HONNEUR 

CvTz  Er  FILS  (van  Pekela),  à  Groningen 
(Hollande). 

CoLMANN,  à  Norwich  (Angleterre). 

DeNaeyër  ET  CiE,à  Willebroeck  (Belgi- 
que). 

DuBAiL,  MoNNiN,  Frossard  ET  GiE,  à  Por- 
rentruy  (Suisse). 

Grobet  frères,  à  Vallorbos  (Suisse). 

DvNiEL  Visser  ef  fils,  à  Schiedam  (Hol- 
lande). 

Dlplônjs  de  MÉD VILLES  D'OR 

Berchten  (D'  Edouard)  comme  organisa- 
teur de  Texposition  de  VEuropean  PetrO' 
leum  Company  y  à  laquelle  ontété  attribués 
un  Grand  prix  et  un  Diplôme  d'honneur. 

GrfATENAv  (S:imuel),  à  Neuchâtel  (Suisse). 

De  Bont  et  Leijten,  à  Amsterdam  (Hol- 
lande). 

Dewar  et  fils,  à  Perth  (Angleterre.) 

Heinrichs,  kHodimont  (Belgique). 

François  (Louis)  et  Cie, à  Promontor  (Hon- 
grie). 

PopoFF  (Georges  Iv.)  et  Cie,  à  Sofia  (Bul- 
garie. 

Van  Duyse  frères,  à  Lokeren  (Belgique). 

Diplômes  de  MÉDAILLES  D'ARGENT 

GoLMANN,  à  Norwich  (Angleterre). 

HfissELiNK,  frères  et  Oie,  à  Jerez  (Espa- 
gne). 

RocHAT  (J.-L.),  au  Pont  (Suisse). 

Trespalacios  ET  Aldabo,  à  la  Havane  (Ile 
de  Cuba). 

Verwkbgen  ET  KoK,  À  Amsterdam. 


Diplômes  de  MÉDAILLES  DE  BRONZE 

Géralt  et  Cie,  à  Saint-Domingue  (Répu- 
blique Dominicaine). 
Krùsi  (D'i,  à  Gais  (Suisse). 
Poppe-Beutels,  à  Lokeren  (Belgique). 

Diplômes  de  MENTIONS  HONORABLES 

Amaresteanu  et  Cib.  ù  Bucarest. 
iMBERT(Segundo),  à  Puerto  Plata  (Répu- 
blique Dominicaine). 

Il  nous  est  impossible  de  clôturer  cette 
liste  des  récompenses  sans  observer  que  les 
jurys  de  l'exposition  de  Bruxelles  n'ont  ja- 
mais péché  par  excès  de  générosité,  et  en- 
suite sans  constater  que  nous  n'avons  pu 
trouver,  dans  les  longues  colonnes  du  Pal- 
marès officiel,  les  non»  suivants  de  quel- 
ques-uns de  nos  Sociétaires,  qui  auraient 
dû  cependant  y  figurer  en  bonne  place  : 

MM. 

Chevalier,  à  Puteaux. 

Les  fils  de  L.  Salle,  à  Paris. 

Les  fils  de  Léopold  Picard,  à  Paris. 

Veuve  Rogée  et  Monnet,  à  Cognac. 

Ar villa  et  Cie,  à  Puerto  Santa -Maria 
(Espagne)  et  la  Société  anonyme  des  Eta- 
blissements JuLLiEN,  à  Bruxelles. 

Au  reste,  si  l'exposition  de  Bruxelles  a  été 
fort  brillante  dans  son  ensemble,  elle  n  a 
cependant  pas  brillé  par  la  méthode  et  la 
correction  de  son  organisation  générale.  La 
répartition  des  exposants  en  classes  et  grou- 
pes a  été  des  plus  confuses  et  des  plus  désor- 
données, et  le  catalogue  a  été  dressé  dans  des 
conditions  fort  peu  satisfaisantes,  avec  des 
nombreuses  erreurs,  de  regrettables  omis- 
sions et  de  fâcheuses  lacunes,  qui  ont  eu 
leur  répercussion  naturelle  dans  Vétablisse- 
mentde  la  liste  desrécompenses.  Au  point  de 
vue  de  la  belle  ordonnance  de  l'organisation 
générale,  l'exposition  de  Bruxelles  en  1897 
aura  été  beaucoup  moins  satisfaisante  que 
l'exposition  d'Anvers  en  1894,  et  le  Ck)roitc 
de  l'exposition  de  Bruxelles  aura  été  d'autant 
plus  inexcusable  qu'il  lui  était  extrêmement 
facile  de  procéder  avec  méthode  et  clarté, 
en  copiant  simplement  les  dispositions pri- 


489 


EXPOSITIONS  iSï  CONCOURS. 


m 


ses  trois  ans  auparavant  par  le  Comité  de 
l'Exposition  d'Anvers. 

Notre  sociétaire,  M.  Albert  Pollet,  à 
Toarcoing,  a  refusé  la  récompense  du  di- 
plôme de  Médaille  d'argent  qui  lui  avait  été 
décernée  par  le  jury  de  l'exposition  de 
firaxelles,  et  a  exposé  ses  raisons  dans  la 
I  lettre  suivante,  à  laquelle  nous  croyons  de- 
;  Toir  donner  le  concours  de  notre  publicité  : 

«  Monsieur  le  Directeur, 
«  du  Journal  de  Roubaix. 

I  t  Permettez-moi  de  dire  publiquement 
«mes motifs  de  refuser  la  médaille  d'ar- 

*  gent  qui  m^est  attribuée  à  TExposition  de 

*  Bruxelles. 

<  J'avais  obtenu  à  Rouen,  en  1896^  sur  un 
(  nombre  de  12  concurrents,  une  médaille 
•^  d'or  pour  mes  fils  cardés  nouveautés.  A 

*  Bruxelles  où  j'étais  le  seul  des  filateurs 
'  français  ayant  répondu  à  l'appel  du  Comi- 
«  té)  on  me  fait  descendre  à  la  médaille 
'd'argent.  Pourquoi  un  tel  recul  ? 

*  Les  jurés  belges,  je  le  sais^  m'ont  dé- 
(  cerné  une  médaille  d  or  ;  mais  il  me  fallait 
•compter  avec  l'intervention  d'un  compa- 
'  Wotc,  membre  du  jury  international  qui, 
^  pour  des  motifs  à  moi  inconnus,  me 
adonna  une  cote  tellement  basse  qu^elle 
1  motiva  ma  descente  injuste  autant  qu'ir-^ 
t  r^lière  à  la  médaille  d'argent.  > 

a  Veuillez  agréer,  etc.  » 

Cette  protestation  individuelle  ne  peut 
que  corroborer  notre  constatation,  formulée 
plus  haut,  que  c  les  jurys  de  l'exposition  de 
Bnixelles  n'ont  jamais  péché  par  excès  de 
générosité». 


l£â  PALAIS  DE  L'EXPOSITION  DE  1900 

On  sait  que  le  plan  général  de  l'exposi- 
tion universelle  de  Paris  en  1900  comporte 
la  construction  de  deux  Palais  en  bordure 
de  l'avenue  qui  réunira  les  Champs-Elysées 
an  nouveau  pont  Alexandre  III  et  qui  se 
Couvera,  comme  ce  pont,  dans  le  prolon- 
geaient de  l'axe  de  l'esplanade  des  Invali- 


Ces  deux  bâtiments  sont  dès  maintenant 
couramment  désignés souslesnomsde  Grand 
Palais  et  de  Petit  Palais,  Se  faisant  face 
l'un  à  l'autre,  le  Grand  Palais  se  trouvera 
sur  la  droite,  et  le  Petit  Palais  se  trouvera 
sur  la  gauche  du  promenoir  se  rendant  de 
l'avenuedesChamps-Elysées  au  Pont  Aie  xan 
dre  III. 

Nous  publions  ci-après  les  vues  d'ensem- 
ble de  ces  deux  Palais,  telles  que  ces  vues 
ont  été  arrêtées  dans  les  ateliers  de  dessin 
des  services  d  architecture  de  l'exposition. 

Les  conceptions  de  ces  deux  Palais  sont 
les  n^sultats  de  compromis  entre  les  divers 
projets  primés  au  concours  spécial  qui  avait 
été  ouvert  pour  les  projets  de  construction 
de  ces  édifices  principaux,  et  doivent  être 
considérées  comme  l'œuvre  collective  desar-* 
chitectes  Ch.  Girault,  Louvet,  Deglane  et 
Thomas.  Il  est  juste  d'ajouter,  toutefois,  que 
le  Petit  Palais  est  plus  particulièrement 
l'œuvre  de  M.  Ch.  Girault,  dont  le  projet 
primitif  n'a  eu  à  subir  que  des  modifications 
sans  importance,  en  sorte  qu'il  est  seul  char- 
gé de  la  construction  du  Petit  Palais,  tandis 
qu'il  a  des  collaborateurs  dans  la  cons- 
truction du  grand  Palais,  construction  dont 
il  reste  le  principal  directeur  en  qualité 
d'architecte  en  chef. 

Le  Petit  Palais,  dont  la  destination  est 
d'abriter  des  collections  d'objets  d'art,  né 
comporte  qu'un  étage  principal  divisé  en 
galeries  pour  la  peinture  et  la  sculpture; 
L'étage  inférieur,  en  soubassement,  com- 
prend également  des  salles  d'exposition,  di- 
vers dépôts,  et  les  services  accessoires,  c'est- 
à-dire  les  locaux  destinés  aux  bureaux,  lo- 
gement de  concierge^  etc.  lin  partei*re  de- 
mi-cirdulaire  iorme  le  centre  de  la  compo- 
sition et  est  entouré  d'un  promenoir  fermé 
ayant  accès  sur  les  salles  et  galeries  princi- 
pales. L'ensemble  de  cette  composition  est 
du  plus  heureux  aspect  et  les  façades  par- 
faitement étudiées  feront,  croyons-nous,  le 
meilleur  effet  au  milieu  des  plantations  et 
des  massifs  de  verdure  des  Champs-Elysées. 

Le  Grand  Palais  devait  répondre  à  de 
multiples  exigences  de  service.  Destiné  à 
remplacer  le  Palais  de  l'Industrie,  il  doit  se 
prêter  aux  transformations  que  nécessiten 

22 


491 


JOOBNAL  MENSUEL  DE  L'aRADÉHIE  NATIONALE. 


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EXPOSITIONS    ET  CONCOURS. 


494 


en 

a, 


a. 


495 


JOtJRNAL  MKNStJlCL  DB  L^ACADâlIlR  NaUONALS. 


496 


les  expositions  annuelles  de  peinture  et  de 
sculpture,  le  concours  hippique  et  nombre 
d*exposilions  périodiques.  Enfin  ildoit  com- 
porter également  de  nombreux  services  ac- 
cessoires tels  que  :  restaurants,  salles  de 
concert,  écuries,  etc.  Nous  en  indiquerons 
sommairement  les  dispositions  générales. 
L'ensemble  de  Tédificese  divise  en  quelque 
sorte  en  trois  parties  comprenant  une  vaste 
nef  en  façade  sur  la  future  avenue  et  paral- 
lèleau  Petit  Palais,  un  autre  corps  de  bâti- 
ment parallèle  à  Tavenue  d*Antin  et  une 
partie  intermédiaire  qui  relie  ces  deux  corps 
de  bâtiment  principaux. 

L'une  des  grosses  difficultés  du  projet  d'en- 
semble était  précisément  le  défaut  de  paraU 
lélisme  des  axes  longitudinaux  de  la  partie 
antérieure  et  de  là  partie  postérieure. 

La  grande  nef,  parallèle  à  la  future  ave- 
nue, est  destinée,  comme  Tétait  celle  du  Pa- 
lais de  rindustrie,  aux  Expositions  de  sculp- 
ture et  aux  assises  annuelles  du  Concours 
hippique  ;  une  galerie  d'exposition  l'entoure 
et  se  double  sur  la  façade  principale  d'une 
galerie  promenoir. 

La  partie  médiane  comprend  une  nef  ou- 
verte perpendiculairement  à  l'entrée  prin- 
cipale, nef  aussi  longue  que  large,  et  con- 
tenant avec  deux  galeries  d'exposition  un 
grand  escalier  conduisant  au  premier  étage. 
La  partie  postérieure  de  l'édifice  sur  Tave- 
nue  d'Antin  contient  encore  des  salles  d'ex- 
position, des  galeries  de  réceptions,  entourant 
un  vaste  hall  circulaire,  et  comportant  dans 
les  angles  divers  locaux  de  service. 

Du  côté  nord  se  trouveront,  par  suite  des 


différences  de  niveau  du  i^ol  extérieur,  des 
sous-sols  destinés  à  l'installation  des  écu- 
ries, tandis  que  du  côte  de  la  rue  Jean-Gou- 
jon, prolongée  jusqu'à  l'avenue  des  Champs- 
Elysées,  seront  disposés  des  locaux  affectés 
à  divers  dépôts  et  services  accessoires. 

Au  premier  étage,  le  grand  escalier  don- 
ne accès  à  un  grand  salon,  dit  salle  de  con- 
cert, et  dont  l'indication  au  programme 
avait  donné  lieu,  de  la  partdes  concurrents, 
aux  combinaisons  les  plus  variées. 

Nous  croyons  que  cette  pièce  sera  plutôt 
un  grand  salon  de  réunion  qu'une  salle  de 
concert  dont  l'aménagement  nous  paraîtrait 
difficile  et  peu  pratique. 

Cet  étage,  dans  la  partie  antérieure,  est 
aménagé  en  galeries  de  peinture,  avec  ter- 
rasse extérieure  sur  la  nef.  Dans  la  partie 
intermédiaire,  les  galeries  de  peinture  sont 
accompagnées  de  petites  salles  d'expositions 
où  les  tableaux  pourront  être  disposés  et 
vus  comme  ils  le  seraient  dans  un  apparte- 
ment. Enfin  la  partie  postérieure  sur  l'ave- 
nue d'Àntin  comprend  également  des  gale- 
ries et  salles  d'exposition. 

Telles  qu'elles  ressortent  des  dessins  que 
nous  publions,  les  façades  des  deux  princi- 
pales constructions  de  l'Exposition  de  1900 
semblent  aussi  harmonieuses  qu'élégam- 
ment artistiques,  et  Ion  peut  espérer  que 
leur  contemplation  constituera  l'un  des 
meilleurs  attraits  de  la  grande  et  nouvelle 
manifestation  de  progrès  dont  la  capitale  de 
la  France  sera  le  siège  à  une  époque  que 
l'on  peut  regarder  maintenant  comme  rela- 
tivement prochaine. 


INDUSTRIE 


U^EUECTRICITÉ  A  PARIS 

Les  Sociétés  d'électricité  de  Paris  ayant 
demandé  au  Conseil  municipal  une  prolon- 
gation de  leurs  autorisations  de  canalisa- 
tion, qui  n'onteu  jusqu'ici  qu'une  durée  de 
dix-huit  ans,  M.  Oh.  Bos,  conseiller  muni- 
cipal, a  été  chargé  d'étudier  celte  impor- 


tante question.  Pour  appuyer  ses  études  sur 
des  faits  acquis  et  établis,  il  a  fait  une  série 
de  voyages  en  France  et  à  l'étranger,  et  il 
vient  de  présenter  au  Conseil  municipal  un 
exposé  intéressant  et  complet  sur  les  prin- 
cipales conditions  dans  lesquelles  sont  ef- 
fectuées à  l'heure  actuelle  les  distril^utions 
de  l'énergie  électrique  dans  la  capitale. 


497 

M.  Ch.  Bos  montre  d'abord,  par  des  sta- 
tistiques, que  ce  sont  surtout  les  courants 
continus  qui  conviennent  à  la  distribution 
proprement  dite  de  Ténergio  électrique.  Les 
courants  alternatifs  ou  polyphasés  sont  plu- 
U^l  destinés  à  la  transmission  à  distance  de 
rénergie.  La  réunion  des  deux  systèmes 
permettrait  d'établir  les  usines  en  dehors 
de  Paris,  de  ti;ansmettre  Ténergie  à  l'inté- 
rieur de  la  ville  par  courants  alternatifs  ou 
polyphasés,  et  de  distribuer  après  transfor- 
mation à  Taide  de  courants  continus. 

A  côté  des  stations  centrales  se  trouvent 
dans  Paris  des  installations  municipales  et 
particuiières(gares,  magasins,  théâtres,  etc.). 
On  peut  évaluer  la  puissance  totale  de  tous 
ces  établissements,  y  compris  les  secteurs,  à 
95.385  kilowatu,  soit  48.000  chevaux.  Cette 
puissance  était  utilisée,  au  P'  octobre  1897, 
pour  alimenter  12.000  lampes  à  arc,  702.900 
lampes  à  incandescence,  et  quelques  mo- 
teurs n'absorbant  pas  plus  de  2.000  kilowatts. 

Le  prix  de  vente  de  Ténergie  électrique 
est  à  Paris  au  maximun  de  0  fr.  15  Thecto- 
watt-heure  pour  l'éclairage  et  de  0  fr.  06 
rhectowatt-heilire  pour  la  force  motrice. 
Le  prix  de  réclairage  public  par  lampes  à 
arc  est  de  0  fr.  40  le  foyer-heure  de  10 
ampères,  soit  0  fr.  076  rheclowatt-heure. 

Au  Havre,  la  Société  X Énergie  électri- 
que^ qui  elTectue  la  distribution  de  Ténergie 
électriquedans  la  ville,  fournit  aussi  Téner- 
gie  aux  tramways.  Le  prix  de  vente  aux 
particuliers,  tant  pour  l'éclairage  que  pour 
la  force  motrice,  est  de  0  fr.  08  Thectowatt- 
heure  ;  l'énergie  est  livrée  aux  tramways  à 
raison  de  0  fr.  0175.  Des  pourparlers  sont 
engagés  entre  la  municipalité  et  la  Société 
akin  de  baisser  le  prix  de  vente  à  0  fr.  075 
pour  i  éclairage  et  à  0  fr.  03  pour  la  force 
motrice.  M.  Ch.  Bos  s'est  rendu  à  Bruxelles, 
oîi  H.  Wybauw,  ingénieur-électricien  de  la 
ville,  lui  a  fourni  tous  les  renseignements 
nécessaires. 

L'exploitation  de  l'éclairage  au  gaz  et  à 
rélectricité  est  municipale.  En  1896,  les  3 
usines  alimentaient  au  total  45.600  lampes 
de  16  bougies  ;  les  bénéfices  nets  se  sont 
élevés  à  197.784  francs.  Le  prix  de  vente 
de  rénergie  est  de  0fr.07  Pheciowatt-heure 


INDUâTRIE.  498 

pour  l'éclairage  et  de  0  fr.  04  pour  la  force 
motrice,  le  chauffage  ou  autres  applica- 
tions. 

A  Berlin,  la  Société  de  distribution  la 
Berliner  EiektricitàtS'Werke  dessert,  à 
l'aide  de  5  usines,  qui  ont  une  puissance 
totale  de  10.864 kilowatts,  178. 671  lampes  à 
incandescence,  7131  lampes  à  arc  de  10  am- 
pères etl.700  moteurs  d*environ6.449  che- 
vaux. L'énergie  électrique  pour  l'éclairage 
est  vendue  à  raison  de  Ofr.  075  l'hectowatt- 
heure  avec  des  rabais  de  5  à  50  pour  100 
suivant  l'importance  de  la  consommation. 
Pour  la  force  motrice,  le  prix  est  de  0  fr.  02 
Thectowatt-heure.  Les  traniways  payent 
Thectowatt-heure  0  fr.  0125.  Malgré  ces 
faibles  prix,  la  Société  fait  de  brillantes  af- 
faires, bien  qu'elle  soit  obligée  de  payer  à 
la  ville,  comme  l'expliquait  M.  Rathenau, 
10  pour  100  des  recettes  brutes,  23  pour 
100  des  recettes  nettes  lorsque  celles-ci  dé- 
passent 6  pour  100  du  capital.  Le  charbon 
coûte  cependant  à  Berlin  24  francs  la  tonhe, 
les  salaires  sont  presque  aussi  élevés  qu'à 
Paris,  et  la  Société  a  une  concession  de  30 
ans  seulement. 

M.  Ch.  Bos  nous  donne  ensuite  une  série 
de  prix  de  vente  de  l'énergie  électrique  dans 
divers  pays.  En  France,  le  prix  de  vente 
moyen  est  de  0  fr.  10  l'hectowatt-heure  ; 
en  Angleterre,  la  moyenne  est  de  0  fr.  06. 
Los  applications  diverses  (force  motrice  et 
chauffage)  sont  considérablement  dévelop- 
pées  à  l'étranger,  surtout  en  Allemagne  ; 
à  Paris,  nous  n'avons  que  quelques  exem- 
ples. 

M.  Ch.  Bos  considère  alors  les  applications 
qui  pourraient  résulter  pour  l'automobilis- 
me  et  notamment  pour  l'emploi  des  voilu- 
res électriques.  Les  accumulateurs  qui  se- 
raient nécessaires  pour  celles-ci  pourraient 
être  chargés  dans  des  postes  spéciaux  éta- 
blis sur  les  réseaux  de  distribution.  MM. 
Ch.  Mildé  fils  et  0\  et  ensuite  la  Société  le 
Transport  électrique  ont  fait  des  proposi- 
tions pour  installer  des  postes  semblables 
dans  divers  quartiers  de  Paris. 

M.  Ch.  Bos  termine  son  excellent  exposé, 
en  montrant  qu'à  Paris  les  Sociétés  d'élec- 
tricité ont  fait  beaucoup  de  progrès  ;  mais 


499 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L' ACADÉMIE  NATIONALE. 


5O0 


que  le)  redevances  payées  par  elles  ne  sont 
pas  exagérées  (100  francs  par  an  par  kilo- 
mètre de  canalisation,  5  ou  6  pour  100  sui- 
vant les  cas  sur  les  recettes).  Leurs  prix  de 
vente  sont  de  beaucoup  trop  élevés.  Le 
Conseil  municipal  de  Paris  accordera  cer- 
tainement des  prolongations  d'autorisations 
si  elles  consentent  à  vendre  Ténergie  élec- 
Irique  à  environ  0  fr,  10  Thecto watt-heure 
pour  réclairage  et  à  0  fr.  03  ou  0  fr.  04  pour 
la  force  motrice  et  diverses  applications,  et  si 
elles  s'engagent  à  effectuer  de  nouveaux 
travaux  pour  l'Exposition  de  1900.  Il  est 
certain  qu'une  entente  définitive  intervien* 
dra  et  qu'en  1900  la  distribution  de  l'éner- 
gie électrique  sera  aussi  développée  à  Paris 
qu'en  toute  autre  ville.  On  doit  féliciter  M. 
Cb.  Bos  d'avoir,  dans  son  remarquable  Rap- 
port, groupé  tant  de  renseignements  pré- 
cieux et  qu'il  était  utile  de  faire  connaître 
dans  notre  pays, d'autant  plus  qu'ils  démon- 
trent que  la  ville  de  Paris  est  bien  en  ar- 
rière de  certaines  villes  étrangères,  au  point 
de  vue  de  Tapplication  et  de  l'emploi  des 
naerveilleuses  ressources  fournies  par  l'é- 
lectricité. 


UE  PÉQAMOID 

(Extrait  du  journal  La  Nature,) 

La  cellulose,  qui  joue  un  si  grand  rôle 
dans  la  nature,  occupe  également  une  place 
considérable,  la  plus  grande  peut-être, 
dans  l'industrie.  Il  suffit,  pour  s'en  rendre 
compte,  de  citer  deux  industries  colossales, 
qui  toutes  deux  utilisent  la  cellulose  comme 
matière  première  :  ce  sont  l'industrie  tex- 
tile et  celle  du  papier. 

Outre  ces  principales  applications,  la  cel- 
lulose en  a  reçu  une  infinité  d'autres,  à  la 
vérité  beaucoup  moins  importantes,  mais 
néanmoins  très  intéressantes. 

Schoenbein,  en  1845,  utilisa  pour  les 
armes  à  feu  les  propriétés  explosives  de  la 
nitrocellulose,  trouvée  en  1833  par  Bracon- 
not.  Cette  nitrocellulose,  dissoute  dans  un 
mélange  d'alcool  et  d'éther  devient  le  collo- 
dion,  qui  révolutionna  la  photographie  alors 
à  ses  débuts. 

En  1869  les  Anglais  Hyatt  mêlent  le  col- 


lodion  avec  du  camphre  et  de  l'alcool  et  le 
transforment  en  une  matière  dure,  élastique, 
transparente,  susceptible  d'acquérir  uq  beau 
poli  :  c'est  le  celluloïd.  Cette  substance  se 
prête  avec  docilité  aux  applications  les  plus 
diverses.  Son  succès  fut  d'abord  très  vif, 
m.'iis  elle  eut  contre  elle  deux  graves  incon- 
vénients :  sa  grande  inflammabilité  et  $^ 
facile  déformation  par  la  cl)^leur. 

Perfectionnez  ce  produit,  rendez-le  peu 
ou  point  inflammable,  empechez-le  de  se 
déformer  par  la  chaleur,  donnez-lui  la  sou- 
plesse et  l'élasticité  voulues  pour  ne  point 
s'écailler,  même  étendu  sur  les  objets  en 
couches  excessivement  minces,  et  vous  au- 
rez le  pégamoïd. 

La  découverte  de  cette  nouvelle  applica- 
tion de  la  cellulose  nitrée  serait  due  à  un 
petit  lithographe  anglais,  qui  désirait  sous- 
traire les  affiches  illustrées  à  l'action  si  ra- 
pidement destructive  des  agents  atmosphé- 
riques. 

Il  réussit  si  bien  qu'il  trouva  —  chose 
rare  pour  les  inventeurs  —  de  gros  capita- 
listes qui  prirent  l'affaire  en  main  et  la  lan- 
cèrent habilement  à  l'aide  de  la  réclame. 

Le  pégamoïd  est-il  vraiment  une  nou- 
veauté ?  Rien  n'est  moins  sûr  ;  il  nous  re- 
vient en  effet  qu'une  maison  anglaise  faisait 
depuis  longtemps  des  articles  dans  le  genre 
du  pégamoïd,  mais  cette  fabrication  cessa 
à  cause  du  prix  de  l'alcool  qui  entrait  dans 
la  composition  du  produit. 

Ce  qu'il  y  a  de  certain,  c'est  qu'à  cette 
époque  ce  corps  fit  beaucoup  moins  de 
bruit  dans  le  monde  que  son  similaire  le  pé- 
gamoïd. 

D  abord,  d'où  vient  ce  mol  bizarre  ?  Il 
viendrait,  para!t-il,  de  la  suppression  d'un  r 
dans  le  mot  pergamo'id  qui  exprime  l'idée 
d'une  substance  ayant  de  l'analogie  avec 
le  parchemin.  Cette  suppression  de  r  s'ex- 
plique par  ce  fait  que  tout  mot  déposé  ue 
doit  pas  appartenir  à  la  langue  courante 
pour  qu'il  puisse  acquérir  la  protection  lé- 
gale. 

Que  renferme  le  pégamoïd  ?  Bien  que  sa 
composition  exacte  soit  tenue  secrète,  on 
sait  qu'il  renferme  une  cellulose  nitrée,  de 
l'alcool  et  du  camphre,  c'est-à-dire,  sauf 


501 


INDUSTRIE. 


502 


rétber,  les  éléments  essentiels  dont  est  cons- 
titaé le  celluloïd.  Mais,  en  plus,  on  incor- 
pore aux  corps  précédents  certains  mélan- 
ges qui  augmentent  Fimperméabilité  du 
produit, lui  donnent  delà  souplesse  et  fonf 
disparaître  son  inflammabilité. 

Il  ne  serait  pas  étonnant  qu'il  y  entrât  de 
rhaile  de  ricin,donton  connaît  Todeur  par- 
ticulière, et  les  propriétés  d*assou  plissement 
qu'elle  communique  aux  corps. 

Qodi  qu'il  en  soit,  ce  que  Ton  peut  dire, 
cest  que,  par  un  procédé  simple,  peu  coû- 
leox,  on  applique  une  substance  de  la  na- 
ture du  celluloïd,  en  couche  excessivement 
miflce,  sur  n'importe  quel  produit,  tissu, 
papier,  cuir,  etc.,  et  l'adhésion  est  telle 
qu'il  est  impossible  de  l'en  séparer  par  des 
moyeDS  mécaniques. 

Connaissant  la  résistance  du  celluloïd  aux 
réactifs  chimiques,  et  en  général  à  beau- 
coup d'autres  influences,  on  comprend  que 
la  nouvelle  substance  dite  pégamoïd  com- 
isuDique[aux  objets  sur  lesquels  elle  est 
i  tppliquée  des  qualités  nouvelles,  dont  la 
I  plupart  sont  très  précieuses,  telles  que  : 
imperméabilité,  facilité  de  nettoyage  par 
!  im  simple  lavage,  résistance  à  la  chaleur, 
I  m  corps  gras,  aux  acides,  aux  alcalis,  etc. 
Ce  qui  augmente  encore  Tintérét    de  ces 
précteoses  qualités,  c'est  que  le  pégamoïd, 
qui  les  possède  par  lui-même,  les  commu- 
I  nique  aux  corps  sur  lesquels  on  l'applique, 
saosque  ceux-ci  perdent  leur  individualité. 
Vous  prenez  une  tenture  faite,  par  exem- 
ple, avec  une  étoffe  imprimée.  Elle  a  lesqua- 
tités  ot  les  défauts  de  ce  genre  de  tissu, 
c'esuà-dire  qu'elle  est  agréable  à  l'œil  par 
l'harmonie  de  son  dessin,  la  fraîcheur  de 
m  coloris,  mais  qu'il  faut  éviter  de  la 
Dooiller,  et  que  si,  par  malheur,  vous  ren- 
versez un  encrier  sur  ces  soies  qui  faisaient 
^otre  admiration,  adieu  la  tenture,  le  plus 
habile  teinturier-dégraisseur    perdra    son 
^ps  i  vouloir  la  nettoyer.  Si  sur  cette 
ifinture  vous  appliquez  une  couche  tutélaire 
-eût  dit  Scribe  —  de  pégamoïd,  les  choses 
cfauigent  de  face,  les  couleurs  sont  respec- 
ta, leurs  tons  ne  s'altèrent  pas  ;  le  tissu 
Q't  que  très  peu  changé  d'aspect  et  est  resté 
aotti  souple,  tout  en  devenant  imperméa- 


ble. Vous  pouvez  donc  être  aussi  maladroit 
qu'il  vous  plaira  et  renverser  des  tonnes 
d'encre  sur  votre  tenture,  vous  en  serez 
quitte  pour  salir  beaucoup  d'épongés  à  la 
ramasser,  mais  votre  étoffe  sortira  de  l'é- 
preuve intacte,  je  dirai  même  —si  parado- 
doxal  que  cela  puisse  paraître  —  plus  fraî- 
che qu'avant  l'accident,  car  par  le  lavage 
vous  aurez  enlevé  la  poussière  qui  pouvait 
ternir  votre  étoffe.  Donc  imperméabilité  et 
facilité  de  nettoyage. 

S'il  vous  prenait  fantaisie  de  vitrioler 
votre  tenture  —  ce  qui  vaut  mieux  que  de 
vitrioler  son  prochain  —  le  résultat  serait 
aussi  anodin  qu'avec  l'encre,  mais  le  net- 
toyage demanderait  un  peu  plus  de  précau- 
tions, car  on  ne  manie  pas  l'acide  sulfurique 
comme  l'encre,  encore  que  celle-ci  noir- 
cisse désagréablement  les  doigts.  Cet  exem- 
ple suffira,  je  pense,  à  faire  comprendre  les 
avantages  de  la  pégamoïdation,  encore  un 
néologisme. 

Le  tissu  pégamoïd  est  un  tissu  de  coton, 
recouvert  d'une  couche  plus  ou  moins 
épaisse  de  pégamoïd  et  que  l'on  soumet  à 
l'opération  bien  connue  du  gaufrage,  ap- 
prêt mécanique  employé  dans  l'industrie 
des  tissus  et  du  papier. 

La  force  du  tissu  écru  utilisé  dépend  de 
la  nature  du  produit  à  fabriquer.  Aussi, 
pour  faire  des  imitations  cuir  de  Cordooe 
on  prend  le  tissu  épais  qui  sert  à  faire  des 
velours  d'Amiens.  Quand  on  désire  faire  des 
tentures  plus  souples,  on  diminue  un  peu 
répaisseur. 

La  fabrication  de  ces  articles  est  très 
simple.  Le  tissu  écru  est  teint  en  couleur 
grand  teint  selon  la  nuance  choisie,  puis 
on  l'enduit  mécaniquement  de  pégamoïd 
coloré  et  on  le  soumet  ensuite  au  gaufrage, 
avec  les  machines  ordinaires  qui  servent  k 
ce  genre  d'apprêt. 

Une  des  plus  intéressantes  applications 
qui  aient  été  faites  du  tissu  pégamoïd  con- 
siste dans  les  imitations  de  cuir  genre  Gor- 
doue  et  Venise. 

Il  est  extrêmement  difRcile  de  pouvoir 
distinguer  ces  imitations  du  vrai  cuir,  sauf 
à  l'odeur,  et  en  plus  ils  ont  l'avantage  d'ê- 
tre imperméables  aussi  bien  à  l'eau  qu'aux 


B03 


JOORNAL  MENSUEL  DE   lUcaDEHIB  NATIONALE. 


304 


corps  gras.  On  peut  fVoUer  ces  imitations 
avec  de  la  graisse,  on  enlèvera  facilement 
au  savon  les  taches  formées,  sans  que  le  si- 
rnili-cuir  subisse  la  moindre  altération. 

On  voit  de  suite  quel  intérêt  le  tissu  pé- 
gamoïd  gaufré  ou  non  présente  pour  la 
tenture  des  endroits  très  fréquentés  par  le 
public  :  hôtels,  voitures,  wagons,  omnibus. 
Plus  d^  ces  taches  graisseuses  qui  ornent 
trop  souvent  les  coussins  des  voitures  pu- 
})liques  ;  cbaqqe  matin  un  coup  déponge 
fissurera  aux  banquettes  une  irréprochable 
propreté.  Les  compagnies  de  chemins  de 
fer,  celle  des  omnibus  de  Paris  (ligne  des 
Ternes-Filles-du-Calvairej,  les  compagnies 
transatlantiques  ont  commencé  dos  e&sais 
avec  le  tissu  pégamoïd.  Une  assez  longue 
expérience  est  nécesaire  pour  indiquer  si 
les  avantages  que  Ton  constate  au  début  se 
maintiendront  par  la  suite  ;  elle  seule  peut 
indiquer  des  déibutsqui  ne  se  révèlent  sou- 
vent qu'à  l'usage. 

L'odeur  du  tissu  pégamoïd  s'en  va  rapi- 
dement à  Pair  ;  après  un  ou  deux  jours,  il 
est  complètement  inodore. 

Le  tissu  pégamoïd  s*applique  aussi  aux 
articles  de  maroquinerie  ;  porte-feuilles, 
serviettes,  porte-cartes,  etc.,  faits  de  cette 
façon,  seraient,  assure-t-on,  plus  solides 
qu'en  cuir  et  d'un  dessin  plus  fln^  par  suite 
de  la  solidité  du  gaufrage  qui  résiste  à  l'hu* 
midité  et  est  imperméable.  Entin,  dernière 
considération  importante,  le  prix  de  vente 
serait  Inférieur  à  celui  du  cuir.  II  convient 
aussi  aux  articles  pour  la  reliure,  depuis 
les  plus  luxueux,  comme  le  maroquin,  jus- 
qu'aux plus  simples,  comme  le  calicot  uni  ; 
on  y  gagne  pour  la  conservation  et  la  pro- 
preté des  reliures. 

11  en  est  de  même  des  articles  de  bureau 
et  de  papeterie,  qui  ne  craignent  plus  les 
taches  d'encre,  etc.,  etc. 

Le  tissu  pégamoïd  peut  remplacer  le 
cuir  ;  aussi  a-t-on  fabriqué  avec  lui  beau- 
coup d'objets  généralement  en  cuir,  comme 
articles  de  voyage  et  de  chasse,  de  sellerie, 
de  carrosserie,  d'armurerie  même  (douilles 
de  cartouches),  qui  sont  imperméables,  tout 
en  conservant  une  grande  souplesse,  et  de- 
viennent d'un  nettoyage  facile.  Les  tuyaux 


et  les  courroies  sont  aussi  imperméables  et 
inextensibles. 

Ll*  pégamoïd,  au  lieu  d'être  appliqué  sur 
dés  tissus  écrus  pour  constituer  ce  tissu  pé- 
gamoïd, peut  également  recouvrir  des  étof- 
fes façonnées  ;  par  exemple,  les  cretonnes 
imprimées,  les  toiles  à  matelas,  les  stores 
en  toiles,  etc.;  ces  tissus  sont  pégamoï- 
dés.  Pour  les  toiles  destinées  à  la  literif^, 
la  pégamoïdation  paraît  être  une  solution 
heureuse  de  ce  problème  si  souvent  tra- 
vaillé :  empêcher  toute  humidité  de  péné* 
trer  la  laine  et  le  duvet.  Là  encore  une 
expérimentation  en  grand  dans  les  hôpi  taux 
est  nécessaire  pour  s'assurer  de  la  durée  et 
de  la  façon  dont  se  comporteront  à  l'usa- 
ge de  tels  matelas.  Nous  croyons  savoir 
que  des  essais  ont  été  commencés  dans 
quelques  hôpitaux  de  Paris. 

Dans  le  vêtement^  le  pégamoïd  est  recom- 
mandé pour  les  toiles  à  chaussures,  qui 
sont  ainsi  plus  imperméables,  pour  le  lin^ 
ge  de  corps,  que  l'on  peut  nettoyer  par  un 
simple  lavage  rapide.  Les  tapis  passés  au 
pégamoïd  peuvent  être  lavés,  savonnés  avec 
n'importe  quel  agent  de  propreté,  sans 
laisser  aucune  trace,  même  pour  les  genres 
les  plus  délicats. 

U  convient  de  faire  remarquer  que  les 
tapis  ne  sont  pas  préparés  à  l'avance  ;  on  fait 
un  choix  et  on  indique  ensuite  son  désir  de 
voir  le  tapis  que  l'on  vient  d'acheter  passé 
au  pégamoïd.  Le  prix  de  ce  traitement  est 
largement  compensé  parles  avantages  que 
l'on  en  retire,  puisque  l'enci'e,  même  sèche, 
peut  s'enlever  facilement  au  savon,  sans 
laisser  de  trace. 

J'ai  indiqué  quel  parti  on  avait  tiré  du  pé- 
gamoïd pour  la  protection  des  affiches. 

Un^  autre  application,  aussi  originale 
qu'utile,  est  la  protection  des  caries  géogra- 
phiques que  sont  obligés  de  consulter,  même 
par  la  pluie  battante,  excursionnistes  ouof- 
ticiers  aux  manœuvres.  Les  cartes  sont  ti- 
rées comme  à  l'ordinaire,  puis  on  applique 
à  leur  surface  une  couche  de  pégamoïd,  et 
elles  deviennent  imperméables  sans  que  la 
netteté  de  la  lecture  soit  diminuée. 

Mais  il  est  préférable  d'imprimer  directe- 
ment la  carte,  comme  on  le  fait  pour  lesaf- 


505 


INOUfn'BiC. 


rm 


fiches,  sur  toile  préparée  au  pégamoïd.  Com- 
me la  surface  est  très  lisse,  le  tirage  est 
d*ane  netteté  remarquable  ;  la  carte  offre 
Qoe  grande  résistance  au  déchirement. 

Les  journaux  français  quotidiens  ontrap^ 
porté  qu'aux  dernières  manœuvres,  qui  ont 
ea  lieu  dans  le  nord  de  la  France,  le  servi- 
ce géographique  de  Tarmée  avait  remis  à 
rétat-major,  à  tili-e  d'essai,  quelques  cartes 
da  terrain  des  manœuvres  tirées  sur  tissus 
pégamoïd.  Ces  cartes  i  m  perméables,  la  va  blés , 
d'une  légèreté  et  d'une  résistance  incom- 
pinibles,  que  l'on  peut  consulter  par  la  pluie 
la  plus  violente,  et  qu'il  suffit  de  passer  à 
Teau  pour  remettre  à  Vétat  de  neuf  si  elles 
ont  été  souillées  par  la  boue,  ont  été  très 
appréciées.  On  en  a  fait  un  tirage  supplé* 
meataire  pour  les  états-majors  du  général 
de  France. 

Poar  arriver  à  un  résultat  encore  meilleur, 
il  faudrait,  sur  la  carte  ainsi  tirée  sur  tissu 
p^amoTd,  passer  une  nouvelle  couche  de 
pégamoïd,  on  aurait  alors  une  carte  parfaite 
qoi défierait  toute  usure  et  toute  humidité. 

Les  papiers  de  tenture  passés  au  péga- 
moïd peuvent  être  lavés  ;  il  convient  de 
dire  qu'ils  ne  brûlent  pas  plus  vite  que  le 
papier  ordinaire .  Les  taches  fraîches  d'encre 
s'enlèvent  facilement,  l'écriture  aussi,  à  la 
condition  que  les  becs  de  la  plume  ne  per- 
cent pas  la  couche  de  pégamoïd  ;  il  faut, 
ponr  faire  l'expérience,  écrire  sans  appuyer. 

Il  y  avait,  à.  l'Exposition  de  Bruxelles, 
une  pièce  oii  tous  les  papiers  étaient  péga- 
inoîdés,  et  on  avait  mis  à  la  disposition 
des  visiteurs  différents  produits  :  encre,  aci- 
des, etc.,  que  Von  pouvait  impunément 
renverser  sur  les  objets  avoisinants,  un  coup 
d'épongé  enlevant  immédiatement  le  dégât, 
ie  citerai  en  particulier  une  aquarelle  qui  a 
reço  bien  des  bouteilles  d'encre,  sans  que 
ses  couleurs  subissent  la  moindre  altération. 

Par  ses  applications  nombreuses  et  ses 
propriétés  remarquables,  le  pégamoïd  est 
donc  intéressant,  mais  il  convient,  avant  de 
^  prononcer  définitivementsur  sa  valeur  in- 
dustrielle, d'attendre  le  résultat  des  essais 
actnellement  en  cours. 

Léon  Lefèvre. 


OMNIBUS  AUTOMOBILE 

de  M.  Tenting 
46,  rue  Curial,  à  Paris. 

Notre  Sociétaire  M.  Tenting,  à  qui  l'Acadé- 
mie Nationale  a  déjà  attribué  le  prix  Aymar* 
Bression  pour  ses  constructions  de  voitures 
automobiles,  vient  d'établir  une  puissante 
voiture  commandée  par  une  Compagnie 
d'Omnibus  automobiles  et  destinée  à  faire 
un  service  public  de  transports  entre  les 
localités  de  La  Roche-Guyon-Vétheuil  et 
âepteuil  par  Hantes.  Nous  avons  eu  leplai- 
sir  d'être  véhiculés  dans  cette  voiture  pen- 
dant l'un  de  ses  voyages  d'essais,  et  decons^ 
tater  qu'elle  répondait  parfaitement  à  tous 
les  points  du  programme  auquel  elle  est 
tenue  de  satisfaire. 

La  force  matrice  nécessaire  pour  la  pro* 
pulsion  de  cet  omnibus  est  fournie  par  un 
moteur  à  pétrole  à  quatre  cylindres  de  la 
force  de  16  chevaux,  ou,  plus  exactement, 
par  quatre  moteurs  à  un  cylindre,  déployant 
chacun  la  force  de  4  chevaux,  et  groupés 
deux  à  deux  sur  une  même  tête  de  bielle 
et  sur  une  même  manivelle. 

Ces  moteurs  sont  du  système  Tenting  qui 
a  été  décrit  plusieurs  fois  dans  notre  Jour* 
nal  et  qui  est  particulièrement  remarquable 
par  la  simplicité  du  mécanisme  et  Técono* 
mie  du  fonctionnement.  Rappelons  que  le 
moteur  Tenting  est  à  allumage  électrique, 
par  dérivation  mécanique  d'un  courant  issu 
d'une  bobine  d'induction  en  communication 
avec  une  pile  ou  un  accumulateur.  Ce  mo- 
teur peut  être  alimenté  par  l'essence  miné* 
raie  ordinaire  du  commerce  d'une  densité 
de  0,650  à  0,720.  L  a  consommation  est  ga- 
rantie ne  dépassant  pas  300  grammes  par 
cheval-heure.  La  vitesse  normale  de  ce  mo- 
teur est  dVnviron  240  tours  à  la  minute, 
occasionnant,  par  conséquent,  beaucoup 
moins  de  trépidations  que  d*autres  moteurs 
pour  voitures  automobiles,  dont  la  vitesse 
doit  être  de  mille  tours  à  la  minute. 

Rappelons  aussi  que  le  système  inventé 
par  M.  Tenting  pour  transmettre  la  force  du 
moteur  au  mouvement  différentiel  comman- 
dant les  roues  motrices  de  l'arrière,  est  cer- 
tainement Fun  des  meilleurs,  pour  ne  pas 


507 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  ACADEMIE  NATIONALE, 


508 


dire  lo  meilleur  système  existant.  Dans  ce 
système,  Tarbre  du  moteur  commande  la 
rotation  d'un  volant  plein  dont  la  face  pos- 
térieure est  profilée  suivant  un  cône  de  fric- 
tions, contre  les  bords  opposés  duquel  vien- 
nent s'appliquer  deux  plateaux-cônes  de 
plus  faibles  dimensions,  à  arbres  indépen- 
dants dans  le  prolongement  Tun  de  Tautre. 
On  conçoit  aisément  que  Tapplication 
des  plateaux-cônes  contre  les  bords  opposés 
coniques  du  volant,  fait  tourner  les  plateaux- 
cônes  en  sens  inverses  Tun  de  l'autre,  ette 
application  est  déterminée  par  un  jeu  de  le- 
viers commandé  par  une  pédale,  qui  prend 
le  nom  de  pédale  d'embrayage.  Entre  les 
deux  plateaux-cônes,  et  perpendiculaire- 
ment à  eux-mêmes,  se  place  un  plateau,  que 
nous  appellerons  plateau  d' entraînement ^ 
dont  la  jante  est  garnie  d'une  bande  de  cuir, 
et  qui  coulisse  sur  un  arbre  avec  lequel  il 
est  solidarisé  par  une  longue  clavette.  A 
une  extrémitéde  cet  arbre  est  calé  un  pignon 
commandant  par  chaîne  de  Galle  la  boite  du 
mouvement  différentiel  des  roues  motrices. 

La  transmission  du  mouvement  du  mo- 
teur aux  roues  motrices  se  trouve  ainsi 
réalisée  dans  des  conditions  aussi  ingénieu- 
ses que  pratiques.  On  comprend,  en  effet, 
que  si,  faisant  coulisser  le  plateau  d'entraî- 
nement sur  son  arbre,  on  assure  les  con- 
tacts de  ses  bords  en  des  points  des  pla- 
teaux-cônes différemment  éloignés  des 
centres  de  ces  plateaux,  on  assure  au  pla- 
teau d'entraînement  une  vitesse  pouvant 
varier  aisément,  sans  aucune  secousse,  d'une 
quantité  zéro  à  une  quantité  maximum  dans 
les  deux  sens.  On  évite  ainsi  les  chocs  désa- 
gréables et  dangereux  qui  se  produisent  tou- 
jours avec  lesembrayages  et  les  changements 
de  vitesse  par  engrenages. 

Grâce  à  cette  ingénieuse  combinaison 
d'organes,  les  voitures  automobiles  de  H. 
Tenting  offrent  les  plus  grands  avantages, 
comme  douceur,  commodité  et  sécurité  de 
manœuvre.  Le  nouvel  omnibus,  par  le  fait 
de  la  grande  puissance  de  son  moteur,  a 
montré  une  facilité  d'évolutions  tout  à  fait 
satisfaisante,  démarrant,  augmentant  pro- 
gressivement de  vitesse,  ralentissant,  s'ar- 
rétant,  reculant  et  repartant  avec  une  doci- 


lité réellement  merveilleuse.  Il  atteint  faci- 
lement la  vitesse  de  20  kilomètres  à  l'heure 
en  palier  et  conserve  une  bonne  vitesse  de 
six  à  sept  kilomètres  sur  les  rampes  les 
plus  fortes  de  nos  routes  nationales. 

Quand  on  a  été  à  même  d'expérimeoter 
personnellement  le  transport  par  cet  omni* 
bus,  on  reste  convaincu  que  les  solutions 
données  par  M.  Tenting  au  problème  de  la 
locomotion  automobile  sont  réellement  an 
nombre  des  plus  parfaites  qui  aient  été  réa* 
lisées  jusqu'à  présent. 


LA  PRODUOTION  DU  FER  DAN8  US 

MONQE. 

La  métallurgie  du  fer  était  pratiquée  dès 
le  temps  des  Romains  en  Angleterre  ;  mais 
jusqu'au  XVII'  siècle  on  se  servit  exclusive- 
ment du  charbon  de  bois,  ce  qui  paralysa 
toujours  l'industrie  anglaise  et  la  rendit 
souvent  tributaire  à  cet  égard  de  l'Allema- 
gne et  de  l'Espagne.  Ce  ne  fut  que  vers  la  fin 
du  siècle  que  l'on  commença  à  employer  les 
hauts  fourneaux  à  coke,  dont  Tusage  avait 
cependant  été  indiqué  dès  1619  par  Dudley. 

A  partir  de  ce  moment,  les  perfectionne- 
ments se  multiplièrent,  et  la  Grande-Bre- 
tagne^ qui  ne  comptait  en  1806  que  151 
hauts  fourneaux  produisant  236.000  tonnes 
de  fer,  en  comptait,  en  1840,  417  d'une 
production  de  1.500,000  tonnes.  L'appari- 
tion des  chemins  de  fer  vint  encore  aug- 
menter la  production,  et  en  1860  celle-ci 
atteignait  3.700.000  tonnes  fournies  par 
600  hauts  fourneaux.  Depuis,  la  progression 
a  continué  comme  le  montre  le  tableau 
suivant,  emprunté  à  un  intéressant  travail 
de  M.  Simmerbacb  publié  par  Stahl  und 

Eisen  ; 

Prodaction 
Prodaction      par  Jour  et 


Hauts 

totale 

par  haut 

Années 

fourneaux 

en  tonnes 

fourneau. 

1860... 

6ÔÔ 

3.7li".390 

18700 

1865... 

656 

4.819.254 

24.50 

1870... 

664 

5.963.515 

30.00 

1875... 

629 

6.467.309 

34.24 

1880... 

567 

7.873.221 

46.33 

1885.. 

434 

7.534.117 

67.61 

1890... 

414 

8.030.681 

64.02 

1895., , 

344 

7.826.714 

75.79 

609 


VABirirés. 


5W 


Le  releTé  suiTant  donne,  d'ailleurs,  la 
prodaction,  en  milliers  de  tonnes,  des 
principaux  pays  producteurs  : 

18Ô5  1870        1875        1880 


Gr.  «Bretagne 
Euts-Unîs... 
Allemagne. . 
France 


Gr. -Bretagne 
£uts-Unis.. . 
Allemagne . . 
France 


.819 
932 
712 
990 
1885 

7.534 
4.109 
3.752 
l.( 


5.964 
1.900 
1.390 
1.178 


6.467 
2.401 
1.700 
1.360 


1890 

8. 030 
9.350 
4.563 
1.970 


7.873 
3.895 
2.729 
1.725 
1895 

7.827 
9.627 
5.789 
2.006 


On  voit  que  si  l'Angleterre  tient  encore 
une  place  considérable  en  Europe  pour  la 
production  du  fer,  elle  a  trou.yé  en  Alterna* 
gne  et  aux  Etats-Unis  des  concurrents  des 
plus  dangereux.  Les  Etats-Unis  la  dépassent 
sensiblement,  et  T Allemagne  est  montée, 
de  1864  à  1895,  de  772.000  tonnes  à 
5.789.000.  Bien  que  la  France  ait  plus  que 
doublé  sa  production  dans  cette  période, 
elle  n'en  reste  pas  moins  dans  une  situation 
bien  inférieure. 

(Travail  national,) 


VARIÉTÉS 


FÊTE8  DU    CINQUANTENAIRE 

é«   r Association  des  Ingénieurs  de  l*éoole  de 

Uége. 

Toast  porté  par  M,  G.  Trouvé, 

Notre  sympathique  etdistingué  Sociétaire, 
M.  G.  Trouvé,  qui  représentait  la  Sociétédes 
Ingénieurs  civils  de  Paris  aux  fêtes  organi- 
sées récemment  à  Liège  pour  célébrer  le 
onquantenaire  de  la  fondation  de  TAssocia- 
Uon  des  ingénieurs  de  TEcole  spéciale  de  cette 
îille,  a  porté  au  lunch  d'adieu  le  toast  sui- 
vant, qui  a  exprimé  éloqueroment  des  sen- 
timents auxquels  nous  sommes  heureux  de 
nous  associer  : 

«  Messieurs, 
«  Les  fêtes  auxquelles  vous  nous  avez 

<  conviés  touchant  à  leur  fin,  je  sens  mon 
i  eoeur  déborder  de  reconnaissance. 

a  Je  ne  saurais  me  séparer  de  vous,  pour 
I  rentrer  eu  France,  sans    vous  remercier 

•  du  fond  du  cœur,  au  nom  de  tous  les 
I  membres  de  la  Société  des  ingénieurs  ci- 

<  vils  de  Paris,  de  l'accueil  si  charmant,  si 

<  cordial,  qui  a  été  fait  aux  délégués  étran- 

•  gers  et  en  particulier  à  ceux  de  ma  uatio- 

•  Dalité  Je  sens  nos  cœurs  battre  à  Tunisson 

<  dans  cette  réunion  ayant  pour  but  de  fêter 


a  la  science  de  l'ingénieur  dans  toutes  ses 
«  manifestions  intellectuelles  pour  servir  au 
«  bien  général  'de  Thumanité. 

<  De  ce  côté,  Messieurs,  la  Belgique  n'a 
a  rien  à  envier  aux  autres  nations,  si  j*en 
((  juge  par  ce  qu'il  nous  a  été  donné  de  voir 
(1  par  robligeante  initiative  de  l'éminent  et 
a  aimable  Directeur  des  Grands  Etablisse- 
tt  sements  Cockerill,  àSeraing.  Je  reste  vrai- 
a  ment  pénétré  d*admiration  en  songeant 
c  à  votre  belle  patrie  si  petite  territoriale- 
ce  ment,  mais  si  grande  intellectuellement 
c  et  si  immense  au  point  de  vue  industriel. 

«  En  vérité,  je  ne  sais  si  l'on  doit  dire  la 
a  Belgique  est  la  continuation  de  la  France 
«  ou  bien  la  France  est  la  continuation  de  la 
«  Belgique. 

'  «  Oui  !  la  Belgique  peut  être  fière  de  ses 
«  institutions  libérales  qui  lui  ont  permis  de 
«  développer  avec  sécurité  toutes  les  riches- 
«  ses  de  son  sol  béni,  dont  découleront  d'im- 
«  menses  bienfaits. 

»  De  vos  Ecoles  des  Mines  est  sortie  cette 
a  pléiade  déjeunes  savants  ingénieurs  qui, 
a  unissant  leurs  eiforts  et  leurs  connaissan- 
tf  ces  multiples,  vont  porter  au  loin,  sous 
a  toutes  les  latitudes,  le  progrès  sous  toutes 
«  ses  formes  et  dans  toutes  ses  manifesta^ 
«  tiens. 


511 


JOURNAL  MENSUEL  DR  L  ACADÉMIB   NATIONALE. 


>l 


«  Leur  tâche  est  ardue  ;  mais  D*ont*ilspas 
foi  dans  le  but  qu'ils  poursuivent?  Ne  sont- 
ils  pas  armés  pour  frayer  de  nouvelles 
routes  au  progrès  ?  D'autres  les  suivront 
et  si  quelques-uns  succombent,  ils  auront 
tout  au  moins  la  douce  consolation  d'avoir 
travaillé  pour  Tindustrie  nationale,  pour 
leur  patrie  et  pour  le  bien  général  de  Thu- 
manité  tout  entière. 
«  Gn  même  temps  que  je  vous  dis  adieu, 


t  je  vous  convie  au  rendez- vous  de  noti^ 
«  Grande  Exposition  de  1900,  à  Paris,  o| 
«  vous  éles  certains  d  avance  de  rencontrii 
u  le  plus  bienveillant  accueil  et  la  place  qoj 
a  vous  appartient.  ^ 

«  Je  lève  mon  verre  en  l'honneur  de  1*  As^ 
«  sociation  des  Ingénieurs  Liégeois. 

a  Je  bois  à  la  Belgique  I  Je  bois  à  la  France  i 
«  Vive  la  Belgique  !  Vive  la  France  !  » 


COMMERCE 


1.E    COMMEROE     EXTÉRIEUR     DE     LA 
FRANCE 

pendant  les  dix  premiers  mois  de  iSgj. 


b*après  les  documents  réunis  par  l'admi- 
nistration des  douanes,  les  importations  se 
sont  élevées,  du  1*'  janvier  au  31  octobre, 
à  3.238.4^)5.000  francs  et  les  exportations 
à  3.002.675.000  francs. 

La  part  du  mois  d'octobre  ressort  dans  ce 
total,  à  288  millions  et  demi  pour  l'impor- 
tation et  à  330  milions  et  demi  pour  l'im- 
portation. Par  rapport  au  mois  d'octobre 
1896,  Tensemble  de  notre  commerce,  par 
lequel  se  mesure  l'activité  des  échanges 
entre  la  France  et  les  autres  pays  s'est  ac- 
cru  de 30  millions  environ. 

Le  mouvement  des  importations  et  des 
exportations  est  résumé  dans  le  tableau 
suivant  : 


IMPORTATIONS 


1897 

fr7 

803.958.000 


1896 
821.135.000 


Objets  d'alimentatioo 
Matières  néeesBaires 

à  l'industrie 1.909.891.000  1.821.104.000 

Objei3  fabriqués 512.682.000     510.012.0:0 

Total 3.228.485.000  3.152.251.000 


EXPORTATIONS 


fr. 
571.685.000 


fr. 

523.007.000 


Objets  d*aUinentation,. 
Matières  nécessaires 

à  l'industrie 792.155.000     6i0.998.000 

Objets  fabriqués 1.516.355.000  1.486.802.000 

Colis  postaux 122.480.000      117.830.000 

Total 3.002.675.000  2.808.637.000 


L'ensemble  de  nos  échanges  avec  les  au- 
tres pays  s'est  élevé^pendantlesdixpremiers 
mois  de  l'année,  à  6.231  millions,  au  lieu 
de  5,001  pendant  la  même  période  de  1896. 
L'augmentation  a  été  de  270  millions  soit 
4  IjZ  %.  C'est  surtout  par  le  mouvement 
des  exportations  que  cet  accroissement  s'est 
produit  :  en  effet,  celles-ci  se  sont  accrues 
de  7  •/•  environ,  tandis  que  les  importations 
ne  se  sont  accrues  que  de  3  %  . 

Comme  les  importations  d'octobre  1897 
ont  dépassé  de  42  millions  environ  les  ex- 
portations du  même  mois,  ce  qui  marque 
une  reprise  vigoureuse  du  mouvement  de 
supériorité  des  importations  sur  les  exporta- 
tions, il  n'y  a  plus  lieu  d'espérer  de  voir  la 
balance  du  commerce  extérieur  devenir 
favorable  à  la  France  à  la  tin  de  l'année 
1897. 


LE  MOUVEMENT  DE  LA  NAVIGATION 
FRANÇAISE  EN  1896. 

Dans  un  travail  précédent  nousavons  ana- 
lysé rapidement  le  commerce  général  de  la 
France  Tannée  dernière,  suivant  les  statis-» 
tiques  qui  nous  étaient  fournies  par  le  pre- 
mier et  si  Intéressant  volume  de  la  Direction 
générale  des  Douanes  ;  aujourd'hui  nous 
voulons  nous  arrêter  un  instant  à  Texamen 
de  la  navigation  pendant  la  même  période, 
en  nous  en  rapportant  aux  indications  qui 
nous  sont  fournies  par  le  second  volume, 


513 


COMMERCE. 


514 


plus  spécialement  consacré  à  la  navigation 
ioternationale  et  à  notre  cabotage. 

Pour  arriver  à  donner  une  vue  d'ensem- 
ble assez  fidèle,  nous  n'aurons  qu'à  rappor- 
ter ici,  aussi  clairement  que  possible,  et 
dans  leur  ordre  naturel,  les  chiffres  les 
plas  intéressants  qui  nous  sont  fournis  par 
le  résumé  analytique. 

Le  poids  total  des  cargaisons  ayant  ali- 
menté notre  commerce  extérieur  pendant 
i'aDoée  1896  a  atteint'd4.654. 955  tonnes  de 
l.COO  kilogrammes, dont  25.017.214  à  Tim- 
portalion  et  9.637.741  à  l'exportation.  Dès 
ies  premiers  chiffres  que  nous  avons  à  citer, 
eo  voit  combien  est  faible  notre  exportation 
et,touten  tenant  compte  du  commerce  tran- 
sitaire qui  se  fait  à  travers  la  France  et  qui 
peut  modifier  un  peu  Técart  considérable 
eDire  ces  deux  chiffres,  il  est  facile  de  se  ren- 
dre compte  de  la  gravité  d'une  situationqui, 
malheureusement ,  devient  plus  menaçante 
ehaqne  jour. 
En  effet,  si,  à  un  autre  point  de  vue,  nous 
eumÎDons  quelle  est  la  part  prise  dans  ce 
mouvement  général  par  le  pavillon  natio- 
nal, nous  sommes  bien  forcés  de  constater 
oDe  déchéance  régulière  et  de  plus  en  plus 
grave  depuis  1887. 

A  cette  époque  le  commerce,  fait  sous 
pavillon  national,  s'élevait  à  9.311.477  ton- 
neaux, tandis  qu'en  1894  il  tombait  à 
7.625.724  tonneaux,  et  si,  depuis,  il  s'est  lé- 
^rement  relevé,on  peut  attribuer  peut-être 
ce  résultat  à  la  loi  du  2  avril  1889  qui  ré- 
serve au  pavillon  national  la  navigation  en- 
tre la  f'rance  et  l'Algérie  ;  mais,  en  tout  cas, 
c'est  bien  peu  de  chose,  et  si  de  1877  à  1896 
notre  pavillon  s'est  accru  de  57.5%,  les  pa- 
villons étrangers  ont  gagné  75.7  %  pendant 
le  même  laps  de  temps. 

Une  pareille  constatation  nous  dispensera 
d'insister  sur  la  gravité  exceptionnelle  de  la 
crise  que  Ira  verse  notre  marine  marchande. 
Onpeutdonc  prévoir,dès  à  présent,  quedans 
nne  nouvelle  période  de  20  ans,  le  tonnage 
des  pavillons  tiers  sera  de  10  millions  de  ton- 
neaux et  égalera  à  peu  près  celui  du  pavillon 
national.  On  entend  p^rnavires  tiers  ceux 
T>tportentun  pavillon  autrequeceluidu  pays 
d'où  ils  viennent  ou  à  destination  duquel  ils  se 


livrent  ;  ils  jouent  à  la  merle  rôle  des  che- 
mins de  fer  à  terre  pour  une  nation  tran- 
sitaire. 

La  politique  coloniale  largement  prati- 
quée, avec  les  grands  travaux  de  défense 
commerciale,  comme  contre-partie  néces- 
saire, tel  que  Paris  port  de  mer  ou  le  per- 
cement du  col  de  la  Faucille  seraient  les 
seuls  moyens  de  conjurer  le  péril.  Malheu- 
reusement, chez  nous,  les  pouvoirs  publics 
n'ont  pas  assez  de  loisirs  pour  s'occuper  de 
ces  questions  vitales  entre  toutes. 

Cependant,  il  faut  reconnaître  que  le  gou- 
vernement avait  présenté  un  rapport  à  l'ap- 
pui du  projet  devenu  la  loi  du  30  janvier 
1893 sur  la  marine  marchande,  qui  conte- 
nait les  lignes  suivantes,  que  nous  croyons 
utile  de  rappeler  ici:  <  L'une  dés  plus  gran- 
des causes  d'infériorité  de  notre  commerce 
maritime  est  que  nos  navires  ne  peuvent 
trouver  dans  nos  ports,  qui  exportent  surtout 
les  produits  ouvrés  peu  encombrants  de  no.* 
tre  industrie,  le  chargement desortieque  nos 
concurrents  réalisent  au  départ  au  moyen  de 
leurs  charbons,  bois,  blés,  etc.  ;  d'où  llm^ 
possibilité  pour  nos  armateurs  d'encaissôr, 
dès  le  début  d'une  expédition  maritimoi 
avant  toute  dépense  d'armement,  un  fret 
qui  leur  permettrait  d'abaisser  leurs  prix  et 
d'entrer  en  concurrence  avec  les  étran-' 
gers.  > 

Voilà  qui  est  parfait,  la  constatation  est 
aussi  claire  que  navrante;  mais  pourquoi  ne 
pas  donner  le  remède  après  avoir  signalé  le 
mal  et  ne  j)as  dire  :  Les  grands  travaux  in^ 
térieurs,  en  faisant  de  la  France  une  nation 
transitaire^  seront  seuls  capables  de  four- 
nir ce  fret  nécessaire  à  la  prospérité  de  notre 
marine  ?  et  le  résumé  analytique  de  M.  Pal- 
lain  poursuit  avec  non  moins  de  raison f 
commentant  en  quelque  sorte  les  lignes  du 
rapport  officiel  : 

«  Cette  observation,  basée  sur  la  pénurie 
du  fret  dans  nos  ports,  est  corroborée  par  la 
différence  notable  qui  existe  entre  l'entrée 
et  la  sortie  dans  le  poids  moyen  des  cargai" 
sons  par  tonneau  de  jauge*  En  1896,  cette 
moyenne  s'est  élevée  à  l'entrée  à  L800  kilo^ 
grammes,  tandis  qu'à  la  sortie  elle  s^est 
maintenue  au-dessous  de  940  kilogrammes^ 


515  JOUBNAL  MENSUEL  DE 

En  ce  qui  concerna  apéûalement  les  na- 
vires français,  le  poids  moytA  à  la  sortie 
n'a  même  pas  dépassé  «  655  kil^gpvnmes 
pnr  tOHHHi  é»  jpïigrr  On  peut  donc  d«re 
d'une  manière  générale  que  rm  navires  en 
sortant  de  France  sont  sur  lest  ou  n'ont  en- 
viron que  le  tiers  de  leur  chargement.  » 

Et  c'est  un  rapport  officiel  de  l'Adminis- 
tration des  Douanes  qui  fait  cette  terrible  et 
écrasante  constatation,  et  il  ne  se  trouve  pas 
au  sein  du  Parlement  un  député  pour  de- 
mander l'exécution  immédiate  du  Canal  de 
Paris  à  la  Mer  ou  de  celui  des  Deux-Mers, 
l'achèvement  du  port  du  Havre,  pour  lutter 
contre  Anvers  et  Hambourg,  le  percement  du 
col  de  la  Faucille  pour  lutter  contre  le  Saint- 
Gothard,  etc.,  etc. 

Vraiment  on  éprouve  un  grand  sentiment 
detristesse  devant  de  pareilles  constatations 
et  l'on  est  en  droit  de  se  demander  à  quoi 
pensent  ceux  dont  la  mission  naturelle  pa- 
rait être  de  veiller  plus  particulièrement  aux 
destinées  du  pays. 

«  Il  eon^naat  d'aitleon  de  remarquer, 
aioote  encore  l^Administration,  ainsi  que 
nous  l'avons  déjà  fait,  que  les  pays  voisins 
dunûtre,oii  les  marchandises  encombrantes 
se  trouvent  en  abondance,  ont,  à  la  longue, 
constitué;  pour  en  effectuer  le  transport,  une 
flotte  spéciale  qui  défie  toute  concurrence  et 
compte  toujours  sur  le  marché  du  fret  des 
unités  disponibles,  pouvant  en  outre  être 
utilisées  dans  Tintercourse  entre  les  autres 
pays.  » 

C'est  toujours  la  constatation  de  notre 
déchéance  avec  la  même  indifférence  tran- 
quille du  statisticien  bureaucrate  habitué  à 
manier  des  chiffres  et)  si  l'on  veut  bien  s'en 
rapporter  à  ce  que  nous  disions  dans  notre 
travail  précédent,  à  savoir  que  notre  com- 
merce par  mer  est  de  plus  des  deux  tiers  de 
notre  commerce  par  terre,  on  en  arrive  fa- 
talement à  cette  conclusion  douloureuse  que 
les  temps  ne  sont  pas  éloignés  où,  sur  le 
terrain  commercial  aussi  bien  que  sur  celui 
des  transports  par  mer,  nous  serons  livrés, 
pieds  et  poings  liés^  tout  à  fait  à  la  merci  de 
réiranger. 

Il  en  sera  ainsi  fatalement,  puisque  nous 
he  toulons  pas  recourir  aux  moyens  de  dé- 


L  AGA£»EMIB  NATIONALE. 


516 


fense,  au  grand  outillage  national  auquel 
nous  faisions  allusion  plus  haut. 

Vienne  une  crise  grave,  une  dépréciation 
subite'  du  numéraire,  et  ce  sera  la  ruine 
;  irrémédiable  pour  la  nation. 

â.ussi,pendant  l'année  18d6,Ia  proportion 
pour  cent  du  tonnage  d'entrée  a  été  de  29,9 
pour  les  navires  frmçats  et  de 70. 1  pour  les 
navires  étran^rs. 

A  la  sortie,  U  proportion  du  tonnage 
français  est  de  41.1  %  et  celle  du  tonnage 
étranger  de  58.9  % ,  ce  qui  est,  en  quelque 
sorte,une  indice  encore  j^Ius  grave  de  la  dé- 
cadence de  notre  marine  sgtarchande. 

Quant  aux  pavillons-tien,  ils  ont  été  de 
16  %  avec  un  tonnage  de  3.685.774  ton- 
neaux et  de  17  %  à  la  sortie,  ayec  un  ton- 
nage de  1.700.849  tonneaux. 

Et  que  Ton  ne  s'y  trompe  pas,  ce  n'est 
point  contre  Timportance  de  la  marine  étran- 
gère ou  des  pavillons  tiera  dans  nos  ports 
que  nous  nous  insurgeons.  Si  nous  savions, 
à  l'intérieur,  devenir  une  grande  nation 
transitaire,  par  rapport  à  l'Europe,  cet  état 
de  choses  pourrait  être  plein  de  bénéfices 
pour  nous.  Mais  encore  est-il  qu'il  faudrait, 
en  même  temps,  que  notre  marine  grandisse 
et  ne  disparaisse  pas  devant  celle  de  l'étran- 
ger, car  alors  les  conséquences  économiques 
désastreuses  en  seraient  incalculables  et  nous 
pensons  qu'il  n'est  point  besoin  d'y  insister 
autrement. 

On  sait  que  sauf  l'Algérie  et  la  Tunisie, 
nos  colonies  et  pays  de  protectorat  peuvent 
commercer  librement  avec  nous,  sous  n'im- 
porte quel  pavillon  ;  là  encore  ce  n'est  pas 
de  la  libre  concurrence  dont  nous  nous 
plaindrons,  mais  bien  précisément  du  man- 
que de  concurrence  de  la  part  de  nos  com- 
merçants et  de  nos  armateurs. 

Nous  trouvons,dans  le  tableau  9,des  indi- 
cations bien  intéressantes  sur  les  pays  étran- 
gers, colonies  ou  pays  de  protectorat  avec 
lesquels  la  France  a  entretenu  le  plus  (de 
relations  maritimes  en  1895  et  1896.  Ces 
pays  sont  au  nombre  de  32,et  nous  ne  vou- 
lons que  retenir  deux  ou  trois  chiffres  de 
la  dernière  année. 

A  ce  point  de  vue,  le  tonnage  total,  entrées 
et  sorties  réunies,  de  notre  commerce  ma- 


517  COMMERCE. 

rilfiDe  avec  TAngleteiTe  a  été  de  8. 383. 308 
tonneaux,  tandisquelechilTre  le  plus  impor- 
unt  qui  vient  eMtiite,  afférent  à  l'Algérie, 
ne  s'élèveqn'à  2.656.333  tonneaux.  On  voit 
tout  de  mite  par  là  quel  intérêt  énorme  nous 
aioM  à  développer  nos  rapports  commer- 
ciaax  avec  l'Angleterre,  surtout  si  Von  com- 
pare ce  chiffre  avec  celui  qui  revient  à  la 
Russie,  1.176.221  tonneaux,  dont  la  par- 
tie exportée  par  nous  est  tout  à  fait  insi- 
gnifiante, comme  nous  Tavons  déjà  constaté 
dans  le  chapitre  que  nous  avons  consacré 
au  commerce  général  de  la  France. 

Qtons  eocore  le  Japon,  qui  est  ea  grande 
progression  avec  236.039  tonneaux,  et  Tlle 
d'Haiti  avec  91.936  tonneaux.  Si  notre  mari- 
ne marchande  n'était  pas  si  malade  il  y  au* 
rait  beaucoup  à  faire  dans  ces  pays  oii  nous 
sommes  très  aimés  et  ou  les  Allemands,  ainsi 
•(ue  les  Anglais,  font  des  efforts  désespérés 
foor   arriver  à  nous  supplanter  tout  à  fait. 

A  fat  page  XV  du  résumé  aQalytique,nouâ 
Iroovond  on  entrefilet  éuigmatique  qui  ne 
BOUS  dit  rien  qui  vaille  et  qui  parait  plutôt 
destiné  à  expliquer  un  jeu  d'écritures  qui 
u'amrait  d'autre  but  que  de  masquer  la  pé- 
OQrie  malheureusement  trop  réelle  de  notre 
flotte  marchande.  Du  reste,  le  voici  tout  en- 
tier: 

<  Ainsi  qu'on  en  peut  Juger  par  le  tableau 
0*  16  qui  présente  la  situation  comparative 
de  notre  effectif  naval  pendant  les  dix  der- 
nières années,  le  nombre  total  des  navires  a 
pu  Tarier  au  cours  de  cette  période,  mais  leur 
tonnage  net  est  en  diminution  constante. 
Cette  diminution  a  pour  cause  pfincipale 
los  modifications  apportéesdans  la  méthode 
de  jauge  par  les  décrets  du  21  juillet  1887, 
da  7  mars  1889  et  du 31  janvier  1893,  modi- 
Bcfttions  qui  ont  eu  pour  résultat  d'abais- 
ter  le  teoaage  net  dans  une  proportion 
nieyeiioede21  %  pour  les  navires  à  vapeur 
et  de  15  s  pour  les  navires  à  voiles.  Il  im- 
porte de  tenir  compte  de  ces  fadeurs  dans 
la  comparaison  du  tonnage  total  de  Teffec- 
tif  naval  tel  qu'il  ressort  du  tableau  n"  16.  » 
En  admettant  cette  explication,  que  nous 
De  comprenons  pas  très  bien,  elle  aurait  dû 

cesser  d'avoir  un   eflet  quelconque  depuis 

1^.  Cependaut,  il  y  a  bien  cette  phrase  : 


518 


mais  leur  tonnage  net  est  en  diminution 
constante.  Alors  nous  avouons  ne  plus  com- 
prendre du  tout  ou  avoir  peur  de  trop  com- 
prendre^et  il  se  dresse  naturellement  à  l'es- 
prit un  point  d'interrogation  que  l'admin»- 
tration  des  douanes  ferait  bien  derésMkbtf, 
dans  l'intérêt  môme  de  la  vérité. 

Si  nous  vooHons  nous  arrêter  au  décompte 
de  nos  navires  employés  au  pilotage,  grande 
pêche^  cabotage,  navigation  dans  les  mers 
d^rope  et  Méditerranée  au  long  cours, 
nous  verrions  avec  tristesse  combien  sont 
faibles  les  chiffres  consacrés  à  ces  deux  der- 
nières rubriques. 

Hais,  avant  de  terminer,  jetons  encore 
un  coup  d'œil  sur  le  mouvement  de  la  na- 
vigation de  l'Algérie  avec  les  autres  colo- 
nies françaises  et  les  pays  étrangers;  le» 
navires  chargés  et  expédiés  directement  de 
l'Algérie  ont  effectué  161  voyages  de  moins 
ee  1806  que  l'année  précédente  et  le  tonna- 
ge de  ces  navires  a  été  en  diminution  de 
208. 919 tonneaux.Cette diminution  est  com- 
pensée en  partie  par  le  développement  des 
rapports  mai*itimes  avec  la  métropole:  aug- 
mentation de  176  navires,  ce  qui  est  bien,  et 
de  187.082  tonneaux,  ce  qui  est  encore  in- 
suffisant. 

Il  y  a  donc  là  un  point  tout  particulière- 
ment intéressant  à  étudier,  ce  qui  aurait  dû 
attirer  toute  l'attention  du  parlement^  s'il 
avait  eu  l'énergie  et  le  bon  sens  de  main- 
tenir dans  cette  grosse  question  des  Irans* 
ports  maritimes  le  système  si  simple  et  si 
juste  de  l'adjudication  publique  contre  celui 
de  l'entente  directe  avec  les  compagnies,  ce 
qui  ouvre  la  porte  à  toutes  les  faveurs,  à  tou- 
tes les  routines  et  parfois  aux  suppositions 
les  plus  malveillantes. 

En  formant  un  chiffre  total  de  4.026.521 
tonneaux  qui  nous  est  fourni  par  l'adminis- 
tration, on  voit  que  le  pavillon  national  a 
couvert  2.859.771  tonneaux,  soit  un  mou- 
vement total  de  71  %  quant  au  tonnage. 
Mais,  dans  la  navigation  entre  l'Algérie  et 
l'étranger,  le  pavillon  français  n'entre  que 
pour  15  %  et, nous  ne  saurions  trop  le  répé- 
ter, voilà  le  point  délicat  et  vraiment  fort 
important  pour  notre  propre  avenir  écono- 
mique* 


519  JOUBNAL    MRNSORL  DR 

Du  reste,  le  petit  tableau  suivant  suffira  i 
mettre  en  pleine  lumière  le  fait  sur  lequel 
nous  nous  permettons  d'insister  tout  parti- 
culièrement ici  : 

WATlrM  fruifait  NATlrtt  éirtifirt 

Angleterre 7  •'•  93  % 

Possessions    anglaises 

dans  la  Méditerranée 

(Malle  et  Gibraltar)..  5  %  95  •. 

Espagne 34  *;  65  % 

Italie 4  %  96  % 

Ces  chiffres  sont  bien  de  nature  à  faire  ré- 
fléchir les  capitalistes  français,  en  leur  mon  - 
trant  combien  pourraient  être  fructueux  et 
rémunérateurs  leurs  efforts  tournés  de  ce 
côté. 

Dans  un  troisième  et  dernier  chapitre, 
nous  nous  arrêterons  également  à  Texamen 
succinct  du  mouvement  du  cabotage  en 
1896,  parce  qu'il  nous  semble  qu'aucune  de 
ces  questions  ne  doit  nous  laisser  indiffé- 
rents en  ce  moment. 


It 


UOUVEMEKTS  DU  CABOTAGE  PENDANT 
l'année  1896. 

Après  nous  être  occupé  de  la  navigation 
internationale  dans  le  chapitre  précédent, 
il  ne  sera  peut-être  pas  sans  intérêt  pour 
nos  lecteurs  de  nous  arrêter  un  instant  à 
l'examen  du  cabotage  français  pendant  la 
même  période  de  la  dernière  année. 

Aussi  bien, quoique  très  amoindries  mal- 
heureusement, il  s'agit  là  de  quantités  qui 
sont  loin  d'être  négligeables  et  qui  pour- 
raient facilement  être  relevées  et  devenir 
l'un  des  premiers  facteurs  de  la  prospérité 
nationale,  sinon  le  premier,  comme  nous 
allons  nous  en  convaincre  au  cours  de  cette 
élude  forcément  trop  courte. 

Le  poids  total  des  marchandises  de  toutes 
natures,  dit  le  rapport  officiel  de  M.  Pallain, 
expédiées  par  cabotage  en  1896,  a  été  de 
8.182,270  tonnes  de  1.000  kilogrammes.  Ce 
chiffre  comprend  à  la  fois  le  grand  cabo* 
tage,  c'est-à-dire  les  expéditions  de  TOcéan 
à  la  Méditerranée  et  réciproquement,  et  le 
petit  cabotage,  c'est-à-dire  les  expéditions 
entre  les  ports  de  la  ihéme  mer. 


l'acadbmir  nationale. 


520 


Le  chiffre  correspondant  de  1895  était  de 
2.872.392  tonnes,  et  la  moyenne  des  cinq 
années  antérieures,  de  2.710.466tonnes.L6s 
résultats  de  1896  sont  donc  supérieurs  de 
3i09.878  tonnes  à  (.eux  de  1895  et  excèdent  de 
471.804  tonnes  la  moyenne  quinquennale. 

La  part  du  grand  cabotage  dans  les  quan- 
tités transportées  en  J89G  a  été  de  287.650 
tonnes  ;  celle  du  petit  cabotage,  de  2.804.620 
tonnes. 

Il  ne  faudrait  pas  se  déclarer  satisfait 
parce  que  l'on  relève  une  augmentation  su" 
périeure  à  300.000  tonnes  pendant  Tannée 
écoulée  ;  la  triste  vérité,  c'est  que  le  cabo^ 
tage,  grand  et  petit,  se  meurt  chez  nous,  et 
que  le  chiffre  total  de  3.182<270  tonnes,  cité 
plus  haut»  est  véritablement  dérisoire  pour 
une  grande  nation  aussi  favorisée  que  la 
France,  et  placée  admirablement  sur  deux 
mers. 

Tout  ce  que  nous  devons  faire  en  face 
d'une  situation  aussi  alarmante,  et  surtout 
alarmante  si  nous  la  comparons  à  celle  sans 
cesse  grandissante  des  Allemands  et  des 
Anglais,  c*estde  rechercher  quel  les  peuvent 
être  les  moyens  pratiques  de  relever  notre 
cabotage  en  pleine  décadence.  Le  rapport 
officiel  a  beau  constater  que  «  l'année  1896 
présente  ainsi,  sur  la  période  quinquennat 
le,  une  augmentation  de  3.345  navires  et  de 
333.562  tonneaux  ;  elle  se  trouve,  compa- 
rativement à  1895,  en  excédent  de  2.125 
navires  et  de  491.706  tonneaux  »  au  point 
de  vue  général  du  mouvement  de  la  navi- 
gation»  tant  pour  le  grand  que  pour  le  petit 
cabotage. 

Ce  n'est  point,  encore  une  fois,à  ce  point 
de  vue  comparatif  intérieur^  mais  bien  ex^ 
térieur  avec  les  grandes  nations  concurren- 
tes qu'i)  convient  de  se  rendre  compte  de 
rinfériorité  flagrante  de  notre  navigation 
côtière  ;  que  l'on  aille  seulement  chercher^ 
comme  élément  de  comparaison,  des  chif<* 
fres  aux  Ducks  Sainte-Catherine  de  Lon- 
dres, à  Anvers  et  même  à  Hambourg  et  l'on 
sera  vraiment  stupéfait  de  notre  infériorité^ 
de  notre  faiblesse,  de  notre  propre  déca- 
dence. 

Pour  arriver  à  nous  faire  comprendre, 
nous  sommes  bien  obligés  d*entrer  dans 


521 


quelques  explications  techniques 
ainsi  qu'à  propos  du  tableau  31  le  rapport 
ofSciel  dit  :  «  Il  s'agit  à  la  fois,  dans  ce  ta- 
bleau, de  la  navigation  à  Toiles  et  de  la  na- 
vigation à  vapeur.  Pour  les  deux  naviga- 
tions réunies,  la  proportion  des  chargés  est 
de  86  %,  et  celle  des  navires  sur  lest  de 
14  %.  Le  rapport  entre  le  poids  des  cargai  - 
sons  et  le  tonnage  officiel  des  navires  char- 
gés estde  5  à  7  kilogrammes  par  tonneau  de 
jauge  officiel.  » 

On  voit  tout  de  suite  par  ces  deux  chiffres 
quelle  dilTérence  énorme  il  y  a  entre  le 
tonnage  effectif  et  celui  qui  serait  possible. 
Tout  cela  tient  à  ce  que  ce  que  Ton  est  con- 
venu d'appeler  le  grand  cabotage^  c'est-à- 
dire  le  cabotage  d'une  mer  à  l'autre,  de  l'O- 
céan à  la  Méditerranée,  est  absolument  mort 
chez  nous.  Que  l'on  se  rappelle  les  chiffres 
que  nous  venons  de  citer  au  début  de  ce 
chapitre  :  287.650  tonnes  pour  le  grand  ca- 
botage contre  2.894.620  tonnes  pour  le  petit. 

Ce  n'est  donc  point  une  exagération  d'af- 
firmer que  le  grand  cabotage  est  mort  en' 
France  et  que  les  chemins  de  fer  d'un  côté, 
aussi  bien  que  l'énorme  circuit  qu'il  faut 
accomplir  autour  des  côtes  du  Portugal  et 
de  l'Espagne  ont  achevé  de  le  tuer. 

Mais  de  tels  chiffres,  pour  lamentables 
qu'ils  soient,  doivent  comporter  un  ensei- 
gnement, et  si  l'on  veut  résolument  lutter 
sur  ce  terrain-là  avec  la  concurrence  étran- 
ge et  relever  notre  petit  et  surtout  notre 
grand  cabotage  chez  nous,  il  faut  se  résou- 
dre enfin  à  accomplir  au  plus  vite  les  grands 
travaux  intérieurs,  c'est-à-dire  d'abord  le 
canal  des  Deux-Mers  et  Paris  port  de  mer  et, 
eosuile,  l'achèvement  du  port  du  Havre,  le 
percement  du  col  de  la  Faucille  et  l'exécu- 
tion du  Transsaharien. 

Le  pre  mier  nous  permettra  delutter  con- 
tre Anvers,  Hambourg  etManchester;  le  se- 
cond de  lutter  contre  rAllemagne,contre  Gè- 
nes et  de  rattraper  une  partie  du  commerce 
transitaire  de  la  Suisse,  pour  le  plus  grand 
bien  de  notre  admirable  port  de  La  Palice, 
comme  nous  l'avons  déjà  démontré  dans  une 
élude  précédente  ;  le  troisième  apportera  dans 
DOS  ports  tous  les  produits  du  Cenr  re-Afrique  ; 
tous  enfin  concourront  à  apporter  les  élé- 


c'est 


582 


ments  de  vie  et  de  prospérité  à  ce  malheu- 
reux cabotage  national,  si  gravement  atteint 
à  l'heure  présente. 

L'Algérie  va  précisément  nous  fournir  de 
nouveaux  arguments  en  faveur  de  la  thèse 
que  nous  développons  en  ce  moment;  mais, 
avant  d'y  arriver,  il  est  bon  de  jeter  un  coup 
d'œil  sur  ce  que  le  rapport  ofllciel  appelle 
l'ensemble  du  mouvement  commercial  ;il 
y  a  là  un  chiffre  de  26.744.304  tonnes,  au- 
quel se  sont  élevés  les  transports  par  mer, 
entrée  et  sortie  réunies,  dont  le  décompté 
par  port  est  vraiment  instructif. 

Marseille  y  entre  pour  5.598.997  tonnes  ; 
le  Havre  pour  2.913.647;  Dunkerque,  Bor- 
deaux, et  Rouen  pour  plus  de  2  millions  de 
tonnes,  etc.  ;  mais  l'admirable  et  incompa- 
rable port  de  Brest  arrive  en  dernier  avec 
le  chiffra  dérisoire  de  280.315  tonnes,  et 
Rochefort,  malgré  un  superbe  bassin  neuf, 
remontant  déjà  au  moins  à  dix  ans,  n'est 
môme  pas  classé  du  tout,  parce  que  partout 
où  domine  l'autorité  maritime  militaire,  l'é- 
lément commerçant  est  considéré  comme 
négligeable  et  môme  gônant.  Comme  ré- 
sultats pratiques,  c'est  vraiment  malheu- 
reux, et  il  serait  trop  cruel  d'insister. 

Maintenant,  avant  de  terminer,  quelques 
chiffres  empruntés  aux  tableaux  qui  nous 
sont  fournis  par  l'Algérie,  mettant  en  pleine 
lumière  l'impérieuse  nécessité  de  Tachè- 
vement  des  grands  travaux  intérieurs  au 
point  de  vue  de  l'achèvement  de  l'outillage 
économique  et  de  la  défense  contre  la  con- 
currence étrangère  : 

c(  Les  marchandises  et  produits  de  toute 
nature  qui  ont  été  expédiés  entre  les  diffé- 
rents ports  de  l'Algérie,  sous  le  régime  du 
cabotage,  pendant  l'année  1896,  ont  atteint 
178.844  tonnes  de  1.000  kilogrammes, 
chiffre  supérieur  de  15  %  à  celui  de  1895 
et  de  5  %  à  la  moyenne  de  la  période  quin- 
quennale antérieure.  »  Mais  ce  n'est  pas 
tout  ;  suit  un  décompte  fort  intéressant  des 
matières  transportées  que  le  manque  de 
place  nous  interdit  de  reproduire  ici,  et  qui 
est  cependant  bien  instructif  pour  quicon- 
que veut  bien  se  donner  la  peine  de  réfléchir 
un  peu.  C'est  ainsi  que  rien  que  les  fruits 
de  table,  par  exemple,  arrivent  avec  5,048 


523 


lOURNAL  MENSUBL  DB  L^ACADÉIIIS  NATIONALK. 


524 


tonnes  à  occuper  la  place  des  3  centièmes, 
et  Ton  est  en  droit  de  se  demander  quels 
développements  prodigieux  pourrait  pren- 
dre ce  commerce  seul  si  les  canaux  inté- 
rieurs permettaient  d'apporter  ces  flruits  à 
un  bon  marché  extraordinaire  jusque  sur  la 
place  de  Paris. 

Enfin,  encore  une  dernière  et  courte  cita- 
tion, parce  qu'elle  nous  paraît  particulière- 
ment suggestive;  aussi  bien  ces  quelques  li- 
gnes terminent  le  résumé  analytique  à  pro- 
pos toujours  de  TAIgérie^  et  les  voici  : 
«  Pour  les  deux  navigations  réunies,  la  pro- 
portion des  navires  chargés  est  de  79  % 
quant  au  nombre  et  de  93  %  quant  au 
tonnage  ;  celle  des  navires  sur  lest  est 
DE  21  %  quant  au  nombre,  et  de  7  % 
quant  au  tonnage.  Le  rapport  entre  le  poids 
des  gai*gaisons  et  le  tonnage  ofTiciel  des 
navires  est  de  140  kilogrammes  par  ton- 
neaux de  jauge  officiel,   • 


Nous  pensons  qu'il  est  encore  inutile  d'in- 
sister ici  sur  le  coté  véritablement  trop  dé- 
fectueux de  ces  chiffres  et  qu'il  est  permis  de 
croire  fermement  que  Tachèvement  de  notn 
outillage  national  et  des  grands  canaux  mari- 
times à  l'intérieur  de  la  Métropole  ferait  des- 
cendre rapidement  cette  proportion  beau- 
coup trop  grande  de  navires  sur  lest,  en 
fournissant  toujours  ou  presque  toujours  aux 
navires  allant  à  travers  les  deux  mers  le  trel 
de  retour. 

Ce  sont  là  des  'idées  qui  auraient  besoin 
de  grands  développements,  mais  elles  sont 
familières  depuis  longtemps  à  nos  lecteurs 
et  nous  sommes  persuadés  qu'il  suffit  d'atti- 
rer de  nouveau  sur  elles  leur  attention  pour 
leur  en  faire  toucher  du  doigt  immédiate- 
ment toute  la  haute  et  suprême  importance 
au  point  de  vue  de  la  prospérité  et  de  Tave- 
nir  même  de  notre  commerce. 

P.  V. 


BIBLIOGRAPHIE 


Les  transports  par  terre  et  par  mer, 
tome 2,  par  M.  PaulVibert.  —Edité  par 
MM.  Berger-Levrault  et  Cie,  à  Paris  ; 
5,  rue  des  Beaux-Arts,  et  8,  rue  des  Gla- 
cis, à  Nancy.  Prix  :  10  fr. 

Dans  notre  Journal  deJMars  dernier,  nous 
annoncions  la  publication  d'un  premier  vo- 
lume d'un  ouvrage  intitulé  :  Les  Trans- 
ports par  terre  et  par  mer  y  formé  de  la 
réunion  de  nombreuses  études  ou  chroni- 
ques publiées  antérieurement  dans  divers 
journaux  ou  revues  par  notre  collaborateur 
M.  Paul  Yibert. 

Un  second  volume  du  même  ouvrage  vient 
de  paraître,  aussi  intéressant  et  aussi  ins- 
tructif que  le  premier,  et  rempli  comme 
lui  d'idées- neuves,  d'aperçus  ingénieux  et 
de  comparaisons  instructives. 

L'ouvrage  entier  n'est  pas  le  développe- 
ment d^une  thèse  déterminée,  non  plus  que 
la  tfmple  description  d'organisations  éta* 
blies  :  il  est  à  la  fois  l'indication  de  ce  qui 
est,  et  l'évocation  de  ce  qui  pourrait  ou  de* 
vrait  être,  en  matière  de  tous  transports  de 


voyageurs  ou  de  marchandises.  Le  second 
volume  complète  le  premier  dans  le  même 
esprit  d'amour  du  progrès  et  de  recherche  in- 
cessante  delà  pc^rfection,  quiest  la  caracté- 
ristique du  talent  de  M.  Paul  Vibert  et  lui 
mérite  l'estime  de  toutes  les  personnes 
préoccupées  des  amélorationsà  apporterdans 
les  conditions  de  la  vie  civilisée.  Ce  second 
volume  doit  donc  naturellement  se  joindre 
au  premier  dans  la  bibliothèque  de  tous  \ 
ceux  qu'intéressent  particulièrement  les 
questions  de  transports. 


Les  plantes  de  grande  culture,  par  P.  P. 
Dehérain,  membre  de  l'Institut.  —  Un 
volume  in-8^  carré  de  236  pages,  4  fr.  — 
Chez  MM.  Georges  Carré  et  C.  Naud,  édi- 
teurs, 3  rue  Racine,  à  Paris. 

Dans  son  essai  sur  l'Économie  rurale  de  la 
France,  Léonce  de  Uvergne  évaluait  en  1848 
la  production  agricole  de  notre  pays  i  cinq 
milliards  de  francs  ;  il  la  portait  à  sept  mil- 
liards 500  millions  en   1871,  époque  à   la- 


525  BIBLIOGRAPHIE. 

qMlle  parât  la  dernière  ëdition  de  son  ou- 
vrage. 

On  a  dMuii  de  Tenquôte  agricole  de  1882, 
lapins  récente  que  nous  possédions,  qu'à 
ce  moment  la  production  agricole  de  la 
France  surpassait  dix  milliards  et  il  est  pro- 
bable qu'aujourd'hui  la  reconstitution  de 
Doire  f  ignoble  et  les  progrès  incessants  ac- 
complis depuis  quinze  ans  nous  permet- 
traient d'ajouter  à  ce  dernier  chiffre  quel- 
ques milliards  de  plus. 

Comment  les  cultivateurs  ont<iIs  réussi  à 
donner,  dans  l'espace  de  cinquante  ans,  les 
nleors  qu'ils  font  chaque  année  surgir  du 
H>l  ?€ 'est  ce  que  le  savant  auteur  de  tant 
d'oQvrages  remarquables  indique  en  étudian  t 
quelques-unes  de  nos  plantes  de  grande  cul- 
inre.  Il  définit  les  progrès  réalisés  dans  la 
culture  du  blé,  de  la  pomme  de  terre,  des 
betteraves  fourragères  et  à  distillerie  et  des 
beuaaves  à  sucre. 

n  décrit  k  la  fin  de  chacun  des  chapitres, 
les  principales  industries  auxquelles  ces 
plantes  servent  de  matières  premières  :  fé- 
colerie,  fabrication  de  Talcool  et  du  sucre. 
Toutes  les  personnes  qui  s  intéressent  aux 
progrès  de  Tagricuiture,  progrès  qui  ont  fait 
pttfer  la  production  agricole  de  la  France 
et  cinq  milliards  en  1850,  à  onze  ou  douze 
eo  ce  moment,  voudront  savoir  comment 
a  progrès  ont  été  réalisés. 

Elles  nepourrontchoisirde  meilleur  guide 
qseM.  Dehérain,  car  la  clarté  est  la  qua- 
liii  maîtresse  qui  distingue  ses  livres  et 
Asare  leur  succès. 

Ajoutons  que  l'ouvrage  a  été  édité  avec  le 
plus  grand  soin  :  ce  n'est  pas  seulement 
Qobon  livre,  mais  encore  un  livre  char- 
nantdoni  voici  la  division. 

lE  BLÉ,  —  Le  prix  de  revient  de  l'hec- 
tolitre de  blé.  —  Place  du  blé  dans  Tasso- 
Iwnent  :  —  Jachère.  —  Plantes  sarclées.  — 
Nptration  du  grain.  —  Semailles.  —  Le 
blé  pendant  l'hiver.  — Développement  dui 
bW.  —  Influence  des  fumures.  —  Expé- 
'^Mcei  exécutées  à  Roshamsted,  par  sir  J. 
B.  Lawes  et  sir  H.  Gilbert.  —  Croissance.— 
Floraison.  —  Création  des  hybrides.  —  Ma- 
loralion.  —  Abaissement  des  prix  de  re- 
^Dt.  —  Choix  des  variétés.  —  Emploi  des 


526 

engrais.  ^  Nouveaux  débouchés.  —  Le  blé 
dans  ralimentation  des  animaux.  —  Oscil- 
lations des  prix  dans  le  passé.  —  Leurs  cau- 
ses. —  Conclusion . 

LA  POMME  DETERRE.  —  Origine.  — 
Propagation.  —  Travaux  de  Parmentîer.  — 
Développement  delà  pomme  déterre.  — 
Culture  de  la  pomme  de  terre  industrielle, 
ou  fourragère.  —Féculeries  et  distilleries.  — 
Pommes  de  terre  de  primeur.  —  La  maladie 
de  la  pomme  de  terre.  —  Lenteur  des  pro- 
grès agricoles.  —  Les  professeurs  départe- 
mentaux d'agriculture.  —  Emploi  de  la 
pomme  de  terre  à  Valimentation  du  bétail. 

BETTERAVES  FOURRAGÈRES  ET  BET- 
TERAVES DE  DISTILLERIE.  —  Exigences 
de  la  betterave.  —  Engrais  employés.  — 
Développement  de  la  betterave.  — Accumu- 
lation du  sucre  dans  la  racine.  —  Bettera- 
ves fourragères.  —  Variétés  employées.  — 
Mode  de  culture.  —  Lutte  eatre  la  pomme 
de  terre  et  la  betterave.  —  La  fabrication  de 
l'alcool  avec  la  betterave.  —  Distilleries 
agricoles. 

BETTERAVES  A  SUCRE.  —La  culture  de 
la  betterave  àsucre,  jusqu'au  vote  de  la  loi 
de  1884.  —  Loi  de  1884,  ses  effets.  —  Fabri- 
cation du  sucre.  —  Les  résidus.  —  Mélas- 
ses. —  Écumes.  —  Pulpes.  —  Production 
du  sucre  dans  le  monde.  —  Lutte  de  la  canne 
et  de  la  betterave.  —  Baisse  des  prix.  — 
Situation  précaire  de  Findustrie  sucrière. 


La  Nature  et  lu  Vie,  par  Gabriel  Viauû.  — 
Paris,  Charles  Mendel,  1897,  in-12,  855 
p.  ;  3  fr.  50. 

L'auteur,  M.  Gabriel  Viaud,  qui  a  mené 
en  faveur  du  végétarisme  une  campagne 
vigoureuse,  dont  toute  la  presse  a  parlé,  y 
développe  en  fort  bon  style  les  idées  dont  il 
s'est  fait  le  fervent  adepte,  ainsi  que  la  théo- 
rie si  originale  des  végétaux  médicamenteux 
dont  il  est  le  créateur. 

L'ouvrage  se  divise  en  deux  parties  : 

La  première  expose  les  principes  :  la 
deuxième  les  justifie. 

Les  témoignages  qu'il  faut  à  l'auteur,  il 
les  trouve  dan.^  une  large  mesure  en  gla- 
nant à  travers  les  richesses  de  notre  litttéra- 


527 


lOUai^AL  MENSUEL  DE  l'aCàDBIUE  NATIONALE. 


&2^ 


ture.  Il  évoque  nos  poètes,  nos  romanciers, 
nos  historiens  et  nos  philosophes  et,  à  Taide 
d'éloquentes  citations,  les  fait  entrer  dans  un 
concert  d'éloges  en  faveur  du  végétarisme. 

M.  Viaud  prouve,  en  un  mot,  que  tous 
nos  grands  hommes  ont  été  végétariens,  du 
moins  en  principe,  et  que  nous  devons  ré- 
tre,  si  nous  voulons  accroître  nos  facultés 
intellectuelles  et  nous  affranchir  de  bien 
des  maladies  dont  on  recherche  vainement 
les  causes  ailleurs  que  dans  ce  quMl  appelle 
d'un  mot  pittoresque  «  la  Nécrophagie  », 
que  nous  traduirons  par  Texpression  d'i^- 
sage  de  la  viande. 

Tout  le  monde  lira  cette  œuvre  sincère, 
attachante,  d'une  haute  moralité.  Sa  place 
est  marquée  dans  toutes  les  bibliothèques  et 
surtout  entre  les  mains  des  jeunes  gens 
auxquels  elle  enseignera  la  tempérance  et 
\z  frugalité^  au  sens  propre  du  mot. 


Là  Papyrographie,  notice  il  lusirée,  par  L. 

de  Villanova,  éditée  par  iM.  Charles  Men- 

del,  118,  rue  d'Assas,  à  Paris.  Prix  :  2  Ir. 

La  Papyrographie  est  un  art  nouveau, 
ou  plutôt  une  distraction  nouvelle  inventée 
par  M.  de  Villanova.  Elle  consiste  à  pro- 
duire des  dessins  en  superposant  des  papiers 
d*épaiseurs  différentes  qui,  présentés  à  la 
lumière  du  jour  ou  de  la  lampe,  donnent 
Tillusion  de  la  photographie  ou  des  litho- 
phanies  allemaqdes.  L'auteur  explique  clai- 
rement la  façon  de  procéder  qui  est  facile 
et  ne  coûte  presque  rien.  Du  papier,  des  ci- 
seaux, un  canif,  de  la  colle  de  pâte,  voilà 
tout  le  matériel  nécessaire.  A  cela  il  faut 
ajouter  un  peu  de  patience.  De  nombreux 
dessius  explicatifs  viennent  compléter  là 
clarté  du  texte  et  sont  suivis  de  plusieurs 
motifs  faciles  à  reproduire.  Cette  ingénieuse 
distraction  ne  peut  manquer  d'être  adoptée 
par  les  jeunes  tilles  et,  dans  les  soirées  d'hi- 
ver, elle  alternera  avec  les  travaux  d'aiguil- 
le et  de  crochet  et  donnera  pour  résultats  : 
des  écrans,  des  abat-jour,  des  images  trans- 
parentes des  plus  gracieuses  et  des  plus  ori- 
ginales. Ajoutons  qu'il  n'est  pas  besoin  de 

Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Chef,  Eugène  THlftRY. 


savoir  le  de.'^in  pour  se  servir  de  la  papyro- 
graphie, le  décalque  suffit  ;  mais  un  dessi- 
nateur obtient  évidemment  des  œuvres  plus 
complètes. 

La  Photomicrographie,  par  A.-L.  Clément, 
Officier  de  Tlnstruction   publique.    Pré- 
sident de  la  Section  d'entomologie  à  la  So- 
ciété nationale  d'Acclimatation  de  Fran- 
ce. —  Un  vol,  illustré  de  95  figures,  Prix  : 
2  francs.  —  Editeur  :  Charles  MENDEL, 
118,  rue  d'Assas,  Paris.  —  1897. 
tt  1^  plaque  sensible^  a  dit  M.  Janssen, 
c'est  la  rétine  du  savant  ».  Rétine  puissante, 
qui,  chaque  jour,  découvre  des  merveilles 
au  bout  du  microscope,  comme   au   bout 
du  télescope.  Malheureusement,  bien  des 
personnes,   même  des  savants,  ne  peuvent 
se  donner  cette  rétine  révélatrice  (Pappa- 
reil  photomicrographique),  parce  qu'elle  se 
paie  trop  cher  dans  le  commerce. 

M.  Clément,  un  fervent  du  microscope ef 
de  la  photographie,  a  conçu  l'idée  d'allier 
le  microscope  à  la  chambre  noire^  et  de  ce 
mariage  de  raison  naquit  Vappareil  micro- 
photographique  économique^  dont  il  nous 
enseigne  l'agencement  et  l'emploi. 

Mais  les  épreuves  plates  ne  suffisent  pas 
à  l'auteur  et,  pour  obtenir  le  relief,  il  crée 
divers  appareils,  entre  autres  le  microscope 
pseudO'Stéréoscopique  formé  par  l^accou- 
plement  de  deux  microscopes. 

Comment  s'arrêter  en  si  bonne  voie  ; 
comment,  après  le  relief,  ne  pas  cbercber 
la  vie  ?  —  Et  voilà  que  le  chronomicropho- 
iographe  livre  au  cinématographe  les  se- 
crets de  \ existence  microbienne  ! 

Après  avoir  traité  des  agrandissements, 
M.  Clément  ferme  son  livre  sur  un  chapitre 
très  pratique,  relatif  à  V installation  et  à 
l'emploi  des  appareils.  Tous  les  raicrogra- 
plies  et  amateurs  photographes,  toutes  les 
personnes  possédant  un  microscope  et  une 
chambre  noire,  trouveront  dans  ce  chapitre 
de  quoi  s'inspirer  pour  faire  une  installation 
suivant  leui*s  projets,  leurs  besoins  et  leurs 
ressources. 


cmMOMT  (Oltl).   -  IMPRIMBRII  DAIX  PRBUM,  PLACN  tAlMT-AMDRé,  3. 


JOURNAL     MENSUEL 


n« 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  lANDFACTDRlKRE  ET  COIIERCIALE 


67*  Année.  —  DÉCEMBRE  1897. 


SOMMAIRE 

AMUCULTURE.  — Concours  général  agricole  de  Paris  en  1898.  —  Un  cnnsmi  de  \a  pjinm.'de  terr^.  commun  ica- 

tioode  n.  Paul  No«l,  directeur  du  Laboratoire  d'entomologie  agricole,  à  Rouen.  —  La  re'coUe  des  vins  en  1897.  — 

Recette  pour  réloignement  des  fourmi?. 
MOUSTRIC.  —  Appareils  pour  la  fabrication  de^  eaux  et  boissons  gazeuses,  de  IN.  Qpafflar,  à  Paris.  -~  Manufac- 

tare  de  chicorée  torréfiée,  de  IN.  L«grand-Balioye,  à  Fresnes  (NorJ).  —  L'industrie  lyonnaise  des  soieries. 
iXPOStnOIIS  KT  CONCOURS.  —Exposition  de  1900  {flenseignements  divers).  -^  Cinquième  Salon  du   Cycle. 

—  Exposition  du  Cycle. 
COMMERCE.  —  Le  commerce  exte'rieurde  la  France   pendant  les  onze  premiers  mois  de  1897.  —  Le    commerce 

comparé  de  la  France,  de  l'Angleterre  et  de  l'Allemagne. 
■tCROL-OOIE.  -  IN.  Léon   Talioupl«p. 
MBLIOORAPHIE. 

USTC  aÉNÉRAI-E  ALPHABÉTIQUE  desHembres  d«  la  Société  admis  pendant  Tannés  1807. 
TABLE  aÉNÉRALE  dss  INatièPSS  publiées  psndant  Tannés  1897 . 


AGRICULTURE 


CONCOURS   GÉNÉRAL  AGRICOLE 
de  PaHa,  en  1808 

Les  intéressés  sont  informés  que  le  con- 
cours général  agricole  de  Paris  se  tiendra 
en  la  Galerie  des  machines,  du  lundi  7  au 
mardi  1 5  mars  i8g8. 

Des  formules  de  déclarations  et  io  pro- 
gramme du  concours  sont  tenus  à  leur  dis- 
position dans  les  bureaux  des  préfectures  et 
soQs-préfectures. 

Les  déclarations  doivent  être  parvenues 
aux  dates  ci- après  : 

Poar  les  animaux,les  instruments  et  pro- 
duits agricoles  et  horticoles  divers,  au  mi- 
nistère de  l'agriculture,  le  i5  janvier  iSg8 
an  plus  tard. 

Poar  les  vins,  cidres,  poirés  et  eaux-de- 
^ie,  aux  Préfectures,le  3t  décembre  iSg-j, 
>n  plus  tard. 


Le  concours  général  de  Paris  1898  sera 
ainsi  organisé  : 

Le  7  mars,  réception  des  instruments  et 
machines  agricoles,  produits  autres  que  les 
volailles  mortes,  beurres  et  fromages,  fruits 
et  légumes  Irais,  plants  vivants. 

Le  8,  continuation  des  réceptions  précé- 
dentes, arrivée  des  bovidés  munis  de  deux 
longes,  les  taureaux  étant  munis  d'un  an- 
neau et  d'une  mouchette. 

Le  9,  réception  semblable,  plus  les  laits. 
—  A  neuf  heures  du  matin,opération  dujury 
des  vins,  des  cidres,  poirés  et  eaux-de-vie, 
qui  seront  reçus  rfw;ew^/  3  au  samedi  5 
mars  et  opérations  du  jury  du  concours  spé- 
cial d'instruments.  —  De  dix  heures  du 
matin  à  cinq  heures  du  soir,  exposition  pu- 
blique des  instruments  et  machines  agrico- 
les. 

Le  10,  installation  et  classement  des  ani- 
maux. Réception  des  volailles  mortes   —  A 


531 


aOORNAL  MENSOeL  DB   l' ACADÉMIE  NATIONALE. 


53:1 


neuf  heures  du  malin,  opérations  du  Jury 
des  volailles  vivantes  et  des  produits.  —  De 
dix  heures  du  matin  à  cinq  heures  du  soir, 
exposition  publique  des  instruments  et  rot- 
chines  agricoles. 

Le  11,  opérations  du  jury  des  animaux  et 
des  volailles  mortes.  —  De  dix  heures  du 
matin  à  cinq  heures  du  soir,  exposition  pu- 
blique de  tout  !e  concours. 

Les  12,  13,  14  et  15,  de  neuf  heures  du 
matin  à  cinq  heures  du  soir  exposition  pu- 
blique. 


UN  ENNEMI  DE  LA  POMME    DE   TERRE 

Communication  de  M.  Paul  Noël, 

Directeur  du    Laboratoire    d'entomologie 
régionale,  à  Rouen. 

La  faune  entomologique  s'augmente 
chaque  jour  sans  qu'aucune  cause  apparen- 
te fasse  comprendre  d*oti  vient  cette  aug- 
mentation. 

La  cause  est  cependant  toute  naturelle. 

11  suffit,  en  effet,  qu'un  peu  de  sécheresse 
amène  une  disette  de  fourrages  et  qu'on  soit 
forcé  d'en  demander  à  la  Norwège  et  au 
Canada  pour  qu'immédiatement  les  insec- 
tes qui  se  trouvent  dans  ces  fourrages  étran- 
gers s'acclimatent  chez  nous  et  se  repro- 
duisent, donnant  naissance  à  des  espèces 
qu'on  n'avait  jamais  vues  auparavant. 

Un  exemple  frappant  nous  est  donné  par 
une  invasion  A'Acherontia  atropos  (sphinx 
à  tète  de  mort)  que  nous  subissons  actuelle- 
ment. 

Il  y  a  quelque  temps  des  droits  très  forts 
furent  mis  sur  les  maïs  étrangers  et,  comme  il 
devenait  très  onéreux  pour  nos  distillateurs 
d'employer  ces  maïs  à  la  fabrication  des  al- 
cools, ils  y  renoncèrent  et  employèrent 
pourles  remplacer  plus  avantageusement  la 
pomme  de  terre  qu'ils  se  mirent  à  cultiver 
en  grand.  Le  sphinx  à  tète  de  mort  qui  vit 
sur  la  pomme  de  terre  se  développa  énor- 
mément. Si  bien  qu'aujourd'hui  on  en  trou- 
ve partout  des  grandes  quantités.  Il  est  mê- 
me la  cause,  comme  nous  le  verrons  plus 


loin,  d'une  transformation  dans  les  mœun 
des  abeilles. 

Ce  lépidoptère,  amené  d'Amérique  eij 
même  temps  que  la  pomme  de  terre,  pon^ 
un  œuf  qui  donne  naissance  à  la  plus  gran* 
de  chenille  que  l'on  rencontre  en  Europe  | 
elle  ne  mesure  pas  moins  en  effet  de  \\ 
centimètres  de  longueur. 

Elle  est  lisse,  rayée  obliquement,  et  al4 
longéeavec  une  pointe  anale  bifurquée.  Si 
coloration  est  jaune  verdâtre  ou  brun  jaune. 
Kllea  la  tète  plate  et  ovalaire,  munie  d'unj 
corne  rocailleuse,  rétrécie  à  sa  base  et  con^ 
tournée  en  queue  de  chien  sur  le  onzième 
anneau.  Son  corps,  déjà  fort  beau,  est,d^ 
plus,  constellé  de  points  d'un  bleu  vifoij 
d'un  violet  un  peu  foncé,  excepté  sur  Ici 
trois  premiers  anneaux  et  sur  le  dernierJ 
Derrière  la  tète,  elle  porte  une  empreinte 
en  forme  de  selle. 

On  la  rencontre  maintenant  très  fréquemi 
ment  dans  les  plantations  de  pommes  d^ 
terre  vers  le  milieu  de  juillet.  Elle  se  moni 
tre  aussi,  mais  plus  rarement,  sur  ladouc^ 
amère,  le  jasmin,  le  syciet,  etc.  Comme  el- 
le est  nocturne,  c'est  la  nuit  surtout  qu'elle 
déploie  toute  sa  voracité. 

Il  y  en  a  aussi  quelques-unes  en  AUema^ 
gne  qui  apparaissent  vers  l'automne  ;  mai^ 
comme  elles  ne  se  perpétuent  pas,  on  en  peui 
conclure  qu'elles  proviennent  de  femelld 
qui  y  furent  portées  par   leur  vol. 

Août  amène  Tépoque  de  la  métamorpho| 
se  deces  chenilleâ.  Pour  y  procéder,  ellei 
s'enfouissent  profondément  dans  le  sol  et] 
construisent  une  cavité  spacieuse  dont  elles 
polissent  les  parois  avec  le  plus  grand  soini 
Elles  en  ressortent  quelquefois  au  bout  M 
cinq  ou  six  heures, ou  bien  elles  ne  font  que 
passer  la  tête  au  dehors  pour  dévorer  queli 
que  feuille  placée  à  leur  portée. 

Dans  nos  contrées,  à  l'époque  de  la  récol^ 
te,  on  l'aperçoit  isolée  dans  un  creux  de  1er 
rain.  C'est  une  grosse  chrysalide  déprimée 
sur  la  poitrine  avec  la  pointe  anale  bifur^ 
quée. 

Lorsqu'arrive  octobre,  Tinsecte  parfait 
apparaît. 

C'est  le  mastodonte  des  sphinx.  De  loui 
les  lépidoptères,  c'est  le  plus  développé.  Eii 


tài 


AGRICULTURE. 


534 


tfel,  transversalement,  son  corps  mesure 
^  de  20  millimètres  et  son  envergure  n'at- 
teint pas  moins  de  10  à  11  centimètres.  Sa 
[ételarge  est  pourvu  decourtes  antennes  et 
fane  trompe  bien  visible,  épaisse,  très  cour- 
te et  oettemenl  recourbée.  Le  corselet  ova- 
le est  peu  convexe,  avec  un  double  collier 
bien  marqué  etlesépaulettes  peu  distinctes. 
Pestrevôtu  d'une  couche  épaisse  de  poils 
bnns  et  porte  à  la  partie  supérieure,  dessi- 
lée  eo  jaune,  avec  deux  points  noirs,  une 
plaque  blanchâtre,  simulant  assez  nette- 
nent  une  tête  de  mort,  d*oiison  nom.  Son 
ibdomen,  ovalaire,  est  légèrement  aplati  et 
^inée  en  pointe  obtuse.  Il  est  jaune  fon- 
eéavec  une  bande  longitudinale  bleuâtre, 
«(cerclé  de  noir.  Ses  pattes  sont  courtes, 
fisses  et  robustes,  muni  de  crochets  très 
bru  au  bout  des  tarses. 

Le  fond  de  la  couleur  au-dessous  des  ai- 
1»  dan  brun  noir,  est  saupoudré  de  bleu  et 
traversé  par  deux  lignes,  d*un  blanc  jau- 
titre,  courtes  et  ondulées.  Les  inférieures 
i^traverséesdebrun,  de  gris  et  de  roux, 
avec,  au  milieu,  une  petite  tache  claire. 

Cet  ensemble  lui  donne,  surtout  à  cause 
^  linforme  dessin  qui  représente  à  peu 
présQDe  tête  de  mort,  un  aspect  assez  étran- 
je,  et,  si  Ton  ajoute  à  cet  aspect  cette  autre 
iiflgaiière  faculté  qu'il  a  d'émettre  un  son 
ligQ,  sorte  decri  plaintif  qu'il  fait  entendre 
Wfâqu'il est  inquiété,  on  comprendra  faci- 
koMot  la  terreur  qu'il  a  inspiré  et  inspirera 
ana  doute  encore  longtemps  aux  supersti- 
tieuses populations  de  la  Bretagne. 
I  Maurice  Sand  rapporte  àcesujetune anec- 
dote dont  un  de  ses  amis,  le  savant  entomo- 
logiste Desparelles,  fut  témoin. 

'J'ai  vu,  dit  celui-ci,  dans  une  nouvelle 
<?Qe l'auteur  raconte  et  dont  son  ami  est  le 
principal  personnage,  à  X...,  une  petite 
^lle  bretonne,  la  population  s'attrouper  au- 
tour d'un  de  ces  pauvres  lépidoptères  égaré 
dans  une  rue.  On  tenait  conseil,  ondeman- 
^it  quel  pouvait  être  cet  animal  affreux. 

«  —  Il  est  venimeux,  disait  Tun. 

«  —  Ça  mord,  disait  l'autre. 

<  Le  maire  fut  appelé...  II  nia  le  venin  et 
It  morsure,  mais  assura  que  c'était  sale,  et 
l'écrasa,  bravement.  > 


Au  siècle  dernier,  des  curés  ont  même 
prononcé  la  formule  d'excommunication, 
croyant  voir,  dans  ce  très  inoffensif  insecte, 
un  envoyé  de  Satan.  Sancta  simplicitas  ! 

Les  éYénements  semblaient,  du  reste, 
donner  raison  aux  croyances  superstitieuses 
des  personnes  ignorantes  et  d'esprit  faible. 
Son  apparition  coïncida,  en  effet,  une  fois 
avec  une  épidémie  très  meurtrière  qui  mit 
tout  Brest  en  deuil. 

Cette  faculté  qu'a  ce  lépidoptère  d'émet- 
tre un  son  lorsqu'on  le  saisit  ou  s'il  s'est 
aventuré  dans  une  chambre  où  il  ne  trouve 
pas  d'issue  pour  s'échapper  (prévoyant  le 
sort  qui  l'attend,  il  semble  pousser  son  cri 
funèbre)  a  intrigué  beaucoup  les  entomolo- 
gistes et  les  observateurs  inhabiles  à  dé- 
couvrir l'organe  mis  en  jeu  pour  la  produc- 
tion de  ce  bruit.  Et,  môme  aujourd'hui, 
malgré  les  longues  et  patientes  recherches 
auxquelles  on  s'est  livré,  on  en  ignore  en* 
core  complètement  Torigine. 

On  l'attribue,  ditBerce,  au  frottement  de 
la  spirl-trompe  contre  la  téle  ;  à  l'eau  s'é- 
chappant  par  les  stigmates  de  l'abdomen  ; 
enfin,  à  la  sortie  par  la  spiritrompe  de  l'air 
contenu  dans  une  cavité  particulière  de  la 
tête.  Cette  dernière  opinion  semble  être  la 
plus  probable. 

On  a  cru  un  moment,  par  erreur,  que  l'air 
qui  s'échappait  d'une  trachée,qui  se  trouvait 
de  chaque  côté  de  la  base  de  l'abdomen,  dé- 
terminait ce  cri.  Mais  la  femelle,  qui  est  pri- 
vée de  cet  appareil,  a  la  faculté  de  crier 
aussi  fort  que  le  mâle,  sinon  plus. 

De  même  que  dans  son  pays  d'origine,  l'A- 
mérique, le  sphinx  reste  sous  nos  climats, 
tranquille  et  dissimulé  pendant  le  jour,  choi- 
sissant de  préférence  les  lieux  les  plus  om-« 
bragés.  Il  dort  sur  une  pierre  ou  une  écorce 
d'arbre,  les  ailes  horizontalement  étendues 
sur  le  corps  et  les  antennes  repliées  sous  les 
ailes  oii  elles  n'attirent  pas  l'attention.  Mais» 
dès  que  le  crépuscule  survient,  ses  yeux 
s'allumentet  commencent  à  briller.  Il  aban- 
donne alors  sa  cachette,  recherche  unecom- 
pagne  et  visite  les  fleurs  devant  lesquelles  il 
passe  en  faisant  entendre  un  bruyant  bour- 
donnement. 
Mais  là  ne  se  bornent  pas  ses  exploits^  Nous 


535  ioo.xAt  MeNstiiiL  -de 

avons  dit  od  coraniençant  qu'il  avait  amené 
une  ti*an.^fermation  dans  les  mœurs  des 
beilles,  nous  allons  le  démontrer. 

Il  est  très  Triand  de  miel,  dans  nos  con- 
trées, et  les  ruches  lui  fournissent  un  asile 
bien  approvisionné  de  cette  substance;  aussi 
rechcrche-t-il  tous  les  moyens  possibles 
pour  y  pénétrer,  certain,  quilest,  d'y  trou- 
ver la  chaleur  et  le  souper. 

II  pénétrait  autrefois  dans  la  ruche  et  les 
abeilles  qui  no  pouvaient  se  douter  de  sa  vi- 
site se  laissaient  surprendre,  et,  effrayées 
i;ar  l'arrivé  intempestive  de  cet  ennemi  d'un 
nouveau  genre  pour  elles,  s'enfuyaient  en 
bourdonnant  après  avoir,  toutefois,  vaine- 
ment tenté  de  le  piquer,  leur  aiguillon  étant 
sans  effet  sur  l'épaisse  toison  de  téguments 
durs  et  élastiques  qui  recouvre  le  dos  du 
sphinx  à  tète  de  mort. 

Le  lendemain,  on  retrouvait  nombre  d'a- 
beilles mortes  devant  la  ruche,  qui,  trop 
souvent,  était  vide  de  miel  et  déserte. 

Les  abeilles  ont  alors  pris  leur  précautions 
pour  éviter  le  retour  d'un  semblable  état  de 
choses.  Aussi  maintenant  peut-on  voir  les 
abeilles  élever,  à  l'époque  de  l'apparition  de 
l'Atropos,  de  véritables  forteresses  en  pro- 
polis à  l'entrée  de  leurs  ruches,  ce  qui  en 
rétrécit  le  passage  et  le  rend  inaccessible 
au  voleur  qui  reste  à  la  porte,  se  morfondant 
vainement. 

Il  peut  arriver  que  les  travaux  des  abeil- 
les ne  soient  pas  assez  avancés  pour  empê- 
cher le  gros  parasite  de  pénétrer.  Elles  se 
groupent  alors  en  masse  sur  l'entrée  de  la 
ruche,  et  l'empêchent  ainsi  d'y  pénétrer. 

L'erreur,  qui  se  glisse  partout,  a  longtemps 
attribué  à  la  crainte  du  froid  ces  fortifica- 
tions élevées  par  les  abeilles.  C'est  absolu- 
ment faux.  I.es  abeillesont  d'autres  moyens 
plus  pratiques  de  se  garantir  des  intempé- 
ries de  l'hiver. 

De  même  on  a  longtemps  attribué  cesdé- 
sastres  produits  dans  les  ruches  à  l'intru- 
sion des  chauves-souris.  Ces  mammifères 
se  nourrissent  d'insectes  nocturnes  et  ne 
mangent  pas  de  miel.  On  ne  comprend  donc 
pas  pourquoi  ils  iraient  s'attaquer  aux  abeil- 
les. Cette  erreur  s'était  tellement  accréditée 
danà  l'esprit  des  apiculteurs,  qu'il    a   fallu 


i:'A(LADlt)IIK  .NATIONALE.  o3 

des  preuves  raultipliéeset  notamment  la d< 
couverte  dans  la  ruche  de  sphinx  dont  l'a^ 
domen  contenait  plus  de  50  grammes  d 
miel,  pour  les  convaincre. 

L'homme,  prenant  modèle  sur  les  abeil 
les,  a  muni,  pour  les  protéger  contre  les  d^ 
prédationsde  ce  voleur,  les  ruches  perfec 
lionnées,  d'une  cloison  ou  grillage  en  ft 
blanc,  dont  les  ouvertures,  grandes  seul^ 
ment  de  8  à9  millimètres,  laîs.scnt  seul^ 
ment  assez  de  place  pour  le  passage  desabeil 
les  et  que  le  gros  lépidoptère  ne  peut  forcei 

Quant  aux  ravages  que  peut  causer  laclic 
nilleaux  pommes  de  terre,  ils  sont  trop  pei 
considérables  pour  qu'il  y  ait  lieu  de  sei 
occuper.  Du  reste,  les  fourmis  se  chargée 
d'en  dévorer  les  chrysalides  et  d'empêch© 
ainsi  VAcherontia  atropos  de  se  trop  mul^ 
tiplier. 


LA  RECOLTE  DES   VINS   EN    1897 

I^  direction  générale  des  contribution! 
indird3tes  vient  de  publier,  dans  le  Bulle^ 
tin  de  statistique  du  Ministère  des  finances 
son  évaluation  générale  annuelle  sur  h 
production  des  vins  en  1897.  Voici  cett 
note  : 

«  Pour  1897  la  récolle  des  vins  en  Franc 
est  évaluée,  à  32,351,000  hectolitres,  sol 
une  diminution  de  12,305,000  hectolitres  pa 
rapport  à  la  récolte  de  1896  et  de  126,00 
hectolitres  sur  la  moyenne  des  dix  dernière 
années. 

«  En  comptant  encore  3,987,000  hectoli 
très  pour  l'Algérie,  selon  les  estimation 
provisoires  qui  ont  déjà  été  transmises  i 
l'Administration,  et  environ  300,000  hecto 
litres  pour  la  Corse,  on  arrive  aune  produc 
tion  totale  de  près  de  37  millions  d'hectoli 
très. 

c(  Des  augmentations  apparaissent  dam 
dix-huit  départements,  notamment  dam 
les  six  départements  de  la  région  du  Midi 
(Aude,  Bouches-du-Rhône,  Gard,  Hérault 
Pyrénées-Orientales  et  Vaucluse),  tant  pa 
suite  de  la  reconstitution  du  vignoble  qu 


«7 


AGRICULTURE. 


538 


JET  le  fait  d'influences  atmosphériques  fa- 
forables.  Sûr  le  reste  du  territoire  les  ge. 
lées  du  printemps  et  les  pluies  froides  de  la 
fin  de  Tété  ont  eu  les  plus  fâcheuses  consé- 
qaeoces.  La  récolte  en  a  été  affectée  sous  le 
rapport  de  la  quantité  dans  57  départements, 
et  aassi  sous  le  rapport  de  la  qualité  dans 
plusieurs  régions. 

<  D'après  les  indications  recueillies  sur 
la  force  alcoolique  des  Tins  de- 1897,  la  ré- 
colte se  subdiviserait  comme  suit  : 

hectolitres. 

ViQs  Utrant  moins  de  U  degrés...    29.019.000 

ViDs  titrant  11  dejcrés 2.370.000 

Vins  Utrant  plus  de  U  degrés 962.000 

I  Enfin,  suivant  les  estimations  faites  dans 
chaque  département,  en  tablant  sur  les  divers 
prix  de  vente  chez  les  récoltants,  la  valeur  de 
la  récolle  de  1897  s'élèverait  à  821,752,000 
{rancs.  Dans  ce  total,  les  vins  de  qualité  su- 
périeure (et  par  là  il  faut  entendre  seule- 
ment les  vins  dont  le  prix  de  vente  chez  le 
récoltant  dépasse  50  francsThectolitre,  sans 
lesdroits)  sont  compris  pour  33  millions  de 
iraocs  correspondant  à  une  quantité  de 
019,000  hectolitres,  et  les  vins  de  qualité 
ordinaire  pour  769  millions  de  francs  cor- 
respondant à  une  quantité  de  31,832,000 
keclolitres.  » 

Cette  note  concorde  avec  les  appréciations 
généralesdéjà  émises.  Il  convient  d'y  ajouter 
lue,  si  Ton  compare  le  résultat  général,  sous 
le  rapport  de  la  qualité,  avec  celui  de  Tan- 
Qée précédente,  la  proportion  des  bons  vins 
«i  plus  élevée  en  1897. 


RECETTE  POUR    LÉLOIGNEMENT 
DES  FOURMIS. 

La  Galette  du  Village  donne  un  excellent 
moyen  de  se  débarrasser  des  fourmis  ;  il 
consiste  à  disséitiiner  une  certaine  quanti- 
té de  morceaux  de  charbon  de  bois  dans  les 
endroits  fréquentés  par  elles. 

M.  Joigneaux,  qui  a  expérimenté  cette  re- 
cette et  qui  la  préconise,   s'exprime  ainsi  : 

«  Nous  avons  pris  quelques  morceaux  de 
«  charbon  de  bois,  qui  ne  sont  ni  malpro- 
tt  près  ni  encombrauts,  et  les  avons  placés 
<  sur  les  tablettes  d'une  armoire  de  cuisine, 
«  prèsdes  fruits,  des  sucreries  et  de  la  viao- 
«  de  fraîche  de  boucherie  Tout  aussitôt, 
«  les  fourmis  qui  ne  fréquentaient  que  trop 
«  ces  tablettes  ont  disparu. 

«  Nous  avons,  en  outre,  ouvert  un  trou 
«  avec  la  main  dans  une  fourmilière  du  jar^ 
«  din  ;  nous  y  avons  jeté  une  ^ignée  de 
«  charl)on  de  bois  cassé  par  petits  morceaux. 
«  Les  fourmis  ont  également  délogé.  On 
tt  voit  par  là  que  rien  n^est  plus  facile  de 
«  débarrasser  les  pots  de  fleurs,  pieds  d*ar- 
«  bres  fruitiers,  les  fraisiers,  etc.,  des  four- 
«  mis  qui  viennent  s'y  établir. 

tf  Voilà  déjà  plusieurs  jours  que  nos  essais 
tt  ont  été  exécutés,  et  lennemi  ne  revient 
€  pas.  Quand  il  reviendra,  il  nous  suffira  de 
«  remplacer  le  vieux  charbon  par  du  nou- 
«  veau.  En  somme,  pas  un  sou  à  débourser 
a  en  pure  perte.  Le  charbon  qui  a  servi 
a  dans  Tarmoire  et  même  dans  la  fourmi- 
«  lière  du  jardin  ira  tout  simplement  au 
«  réchaud  ou  au  fourneau  pour  les  besoins 
«  de  la  cuisine. 

(1  Disons,  en  terminant,  qu*il  résulte  de 
«  renseignements  pris  chez  un  charbonnier 
«  que  jamais  on  n*a  vu  de  fourmis  dans  sa 
a  maison.  Cette  exception  a  de  Timportan- 
«  ce.  » 


•:4 


530 


iOORNAL  MENSUEL  M  L^ACADEMIE  NATIONALE. 


54(1 


INDUSTRIE 


Al»l»AR£ILS  PÙUm  LA  FABItlCATION 
DES  EAUX    ET   BOISSONS  QAZBUSCS 

de  M.  Greffier, 
68  bis,  Avenue  de  lia  MoUe-Picquet,  Paris. 

Nous  croyons  devoir  appeler  à  nouveau 
l'attention  de  nos  lecteurs  sur  les  appareils 
pour  la  fabrication  des  eaux  et  boissons 
gazeuses  que  construit  notre  Sociétaire 
M.  Greffier. 

Ces  appareils,  basés  sur  l'emploi  du  bi- 
carbonate de  soude,  saturent  le.H  liquides 
d'un  gaz  acide  carbonique  absolument  pur, 
sans  odeur  et  d'une  innocuité  complète. 
Ktablis  sur  des  modèles  de  différentes  gran- 
deurs et  avec  une  plus  ou  moins  grande 
complication  d'organes,suivant  leur  destina- 
lion,  ils  peuvent  servir,  soit  à  une  fabri- 
cation intermittente,  soit  ù  une  fabrication 
continue.  Les  modèles  pour  la  fabrication 
intermittente  peuvent,  suivant  leur  gran- 
deur, servir  à  la  production  de  10, 25,  40  ou 
60  siphons  ou  15,  40,  80  et  90  bouteilles, 
par  chaque  opération  pouvant  durer  de  20 
minutes  à  une  heure. 

^appareil  pour  la  fabrication  continue, 
qui  est  basé  sur  les  mêmes  principes  que 
les  appareils  intermittents,  mais  qui  se 
trouve  complété  par  une  série  d'organes 
spéciaux,  permet  de  produire  environ  100 
siphons  à  l'heure,  sans  exiger  d'autre  force 
motrice  que  celle  de  l'employé  manipula- 
teur. C'est  le  seul  appareil  à  production 
continue  qui  jouiss3  de  cet  avantage. 

Les  principes  scientifiques  sur  lesquels 
sont  basés  les  appareils  de  M.  Greffier  ont 
permis  cette  curieuse  graduation  de  puis- 
sance qui  va  de  l'appareil  approprié  aux  be- 
soins d'un  petitdébitant  ou  même  d'une  fa- 
mille, jusqu'à  l'appareil  continu  à  débit  puis- 
9ant,pouvant  convenir  aux  plus  importantes 
fabriques  d'eaux  gazeuset . 

Nous  ne  pouvons  songer  à  décrire  ici  les 


appareils  de  M.  Greffier,  mais  nous  avon^ 
cru  devoir  à  nouveau  en  signaler  les  méri^ 
tes.  Au  reste,M.  Greffier  à  édité  des  brochuj 
res  spéciales^  illustrées  de  dessins  descrip^ 
tifs,  qu'il  tient  à  la  dispositioo  des  per^ 
sonnes   intéressées. 

Rappelons  en  même  tempsque  M.Grefi 
fier  est  l'inventeur  d'un  alliage  métallique 
qu'il  a  fait  breveter  sous  le  nom  d'Etain  ar- 
gentin Greffier,  et  dont  il  compose  dc! 
têles  de  siphons  absolument  irréprochables 
au  point  de  vue  hygiénique.  Cet  alliage 
n'est  nullement  attaqué  par  le  gaz  acide 
carbonique  des  eaux  ou  boissons  gazeuses, 
et  son  emploi  a  été  officiellement  recommanj 
dé  par  TAcadémie  de  Médecine  pour  la  garn 
niture  des  têtes  de  siphon,  garniture  qui 
est  trop  souvent  constituée  à  l'aide  d'au^ 
très  alliages  métalliques  renfermant  de^ 
proportions  de  plomb  dangereuses  pour  1^ 
santé  publique. 

Les  appareils  de  M.  Greffier  sont  depui^ 
longtemps  récompensés  de  notre  médaill^ 
de  première  classe,  et  dès  l'exposition  uni^ 
versellede  1867  ils  ontobtenu  une  raédail- 
led'ordu  jury  international. 


MANUFACTURE  DK   OHIOOft4E 
TORRÉFIÉE 

de  M.   Legrand-Baboye, 
à  Fresnes  (Nord). 


Les  industries  alimentaires  ont  pris  en 
France,  depuis  une  trentaine  d'années,  un 
développement  considérable.  La  fabrication 
des  liqueurs,  des  conserves,  du  chocolat, de 
la  chicorée,  est  aujourd'hui  pratiquée  en 
noire  pays  par  des  manufactures  puissantes, 
remarquablement  outillées.  Toutefois,  ces 
diverses  manufactures  ne  sont  pas  épar- 
pillées partout  au  hasard   sur  notre  terri- 


Ml 


IlSdUSTRIE* 


542 


lloire  ;  elles  sont  au  contraire  groupées  par 
latégm*ies  en  cf^rtaities  régions  spéciales, 
d'ordinaire  à  portée  de  la  source  des  roa- 
ijères  premières  qu'elles  utilisent  :  c'est 
lioti.  par  eiemple,  que  les  fabriques  de 
conserves  de  poissons  ont,  en  général,  élu 
domicile  aa  bord  de  la  mer,  sur  les  cdtes 
jdi  Bretagne  surtout  ;  que  les  distilleries 
d€  liqueurs  sont  nombreuses  dans  les 
régions  productives  de  fruits  ;que  les  fabri- 
qoo  de  chicorée  enfin  ont,  les  plus  impor- 
tantes du  moins,  choisi  pour  centre  le  dé- 
piftement  du  Nord,c'est-à-dire  un  territoire 
producteur  de  la  chicorée  et  voisin  de  la 
Belgique,  une  autre  patrie  de  la  fameuse 
ficine. 

Voulant  traiter  ici  rapidement  cette 
ioiéressante  question  de  la  chicorée,  nous 
Doas  proposons  donc  de  donner  tous  les  ren- 
ingaementa  susceptibles  d'éclairer  nos  leo* 
teors  sur  cette  r:ibrication,et  plus  spéciale^ 
■eotsur  les  diveries  phases  ou  plutôt  sur 
hi  iméliorations  successives  apportées  dans 
Iniae  de  M.  Legrand-Baboye  depuis  sa 
édition. 

Bepuis  plus  de  cinquante  ans,  l'arrondis* 
leineot  de  Valenciennes  cultive  en  grand 
h  chicorée.  On  la  sème  en  mai  pour  la 
rtcolicr  en  octobre. 

Récoltée,  la  racine  subit,  chez  le  cultiva- 
teur roême,une  dessiccation  qui  a  lieu  en  des 
càambres  de  chaleur,  dites  touraitles. 
Ainsi  séchée,  la  racine  prend  le  nom  de 
tt»ssette,  etestalors  emmagasinés  (mi  grenier 
^r  la  producteur  jusqu'au  moment  propice 
^  il  trouvera  un  placement  avantageux  de 
»  marchandise. 

C'est  donc  à  l'état  de  cossettes  que  les 
^bficants  de  chicorée  reçoivent  la  matière 
première.  Elle  est  enmagasinéeen  de  vastes 
I^ut  d'oii  on  la  tire  au  furet  ù.  mesure 
<i^  besoins  de  la  fabrication.  L'opération 
[Rincipaledo  travail  est  la  torréfaction.  Elle 
«effectue  au  moyen  d'appareils  torréfacteurs 
perfectionnés,  mus  par  la  vapeur  et  qui 
çrilleni  la  cossette exactement  au  degré  vou- 
Iq  Ce  degré  exact  est  capital  en  la  matière, 
IH" lui  dépendra  en  parlie  l'arôme  spécial 
'InpmdoitX'esL  la  torréfaction  rationnelle, 
^  eflet,  qui  permet  au  bouquet  de  la  coa- 


sette  de  se  développer. La  torréfaction  insuf- 
fisante, comme  la  torréfaction  exagérée, 
donnent  des  résultats  déplorables  ;  dans  le 
premier  cas,  le  produit  sera  plat,  snns  sa- 
veur ;  dans  le  second,  il  aura  un  goût  Acre 
qui  le  rendra  impropre  â  la  consommation. 
Nous  devons  mentionner  aussi  qu*à  la  cos- 
sRtie  a  été  jointe,  dans  le  torréfacteur,  une 
certaine  proportion  de  beurre  de  première 
qualité,  dont  le  rôle  est  d'éviter  les  coups  de 
feu  au  produit  et  de  donner  à  ce  dernier 
une  consistance  butyreuse  remarquablement 
favorable  au  développement  de  Tarome 
générique. 

Des  torréfacteurs,  les  cossettes  passent  k 
des  concnsseurs  mécaniques  chargés  du 
broyage  ;  puis  interviennent  les  blutoil'squi 
divisent  automatiquement  ce  produit  en 
poudre  et  en  quatre  numéros  de  grosseur  de 
grains. 

Restent  alors  les  opérations  de  l'empa- 
quetdge,  complexe  en  cette  industrie,  car 
la  chicorée  est  offerte  au  public  en  divers 
logements  :  en  paquets  décorés  de  chromo- 
lithographies,en  boites  Illustrées, en  caisses, 
eh  barils.  SI,  précédemment,on  a  utilisé  les 
machines,  au  contraire,  c'est  le  travail  à  la 
main  qui  intervient  exclusivement,  et  ce 
travail  est  confié  a  des  ouvrières  dont  la 
dextérité  est  réellement  merveilleuse. 

Telle  est,  dans  ses  grandes  lignes,  cette 
curieuse  fabrication. 

Après  avoir  cultivé  pendant  de  nombreu- 
ses années  la  graine  de  chicorée,  l'idée  vint 
à  notre  collègue  d'en  tirer  parti  au  lieu  de 
la  vendre,  el  c'est  en  i839  qu'il  commençait 
sa  fabrication.  Il  s'installait  d'abord  en 
petit, la  force  motrice  était  due  à  la  traction 
animale,  puis  peu  à  peuples  affaires  pre- 
nant de  l'extension,  il  dut  agrandir  de  nou- 
veau les  magasins,  changer  complètement 
l'installation  primitive  et  avoir  rccoui^  à  la 
vapeur  comme  force  motrice. 

A  partir  de  ce  moment,  il  étendit  le  rayon 
de  ses  affaires,  et, ne  trouvant  pa<(  de  df'ïbou-' 
chés  suffisants  en  France,il  dut  avoir  recours 
à  l'Algérie,  â  la  Tunisie  et  a  une  certaine  par- 
lie  de  l'Amérique  du  Nord.  C'est  en  suivant 
pas  à  pas  les  progrès  de  cette  industrie,  en 
améliorant  et  perfecifon>miut  son   outillage 


543 


JOURNAL  HRNSOSL  DE  t'ACAOtHIC  NATIONAUI. 


5^ 


de  jour  en  jour,  que  M.  LegrandBaboye  est 
arrivé  à  répondre  à  ce  développement  mer- 
veilleux de  ses  relations  commerciales. 
C*est  surtout  grâce  aux  connaissances  tech- 
niques qu'il  avait  acifuises  comme  cultiva- 
teur et  qui  lui  permettent  de  faire  Tacquisi- 
tion  des  matières  premières  de  toute  pre- 
mière qualité,  et  aux  soins  constants  qu'il 
ne  cesse  d'apporter  dans  la  fabrication  de 
ses  produits, qu'il  estarrivé  à  faire  connaître 
avantageusement  sa  marque  commerciale. 

La  principale  marque  de  fabrique  de 
notre  collègue  est  bien  connue  sous  le  nom 
de  :  «  il  La  Laitière  Française  »,  et  Ton 
peut  dire  qu'elle  représente  la  chicorée  la 
plus  aromatisée  et  la  plus  nutritive  que 
l'on  puisse  imaginer. 

C'est  d*ailleurs  ce  qui  explique  la  faveur 
plus  grande  chaque  jour  dont  elle  jouit  au- 
près des  consommateurs. 

Nous  avons  tenu  nous-mêmes  à  nous 
livrera  une  dégustation  suivie  et  raisonnée 
de  cette  chicorée  et  nousdevons  reconnaître 
qu'elle  est  \Taiment  excellente  prise  le 
matin,  dans  le  café  au  lait. 

Cela  démontre,  une  fois  de  plus,  que  le 
public,  avec  un  goût  très  sûr,  sait  toujours 
donner  sa  faveur  aux  meilleurs  produits,  ce 
qui  est  du  reste  dans  son  intérêt  bien  com- 
pris. 

L'INDUSTRIE  LYONNAISE  DES  SOIERIES 

En  réponse  ii  un  article  publié  dans  le 
Travail  national,  la  lettre  suivante  a  été 
adressée  au  rédacteur  en  chef  de  ce  jour- 
nal par  l'Association  de  la  fabrique  lyon- 
naise : 

Lyon,  le  2    décembre. 

Monsieur  le  rédacteur  en  chef  du  Travail 
national^  Paris. 

Nous  avons  Vhonneur  de  vous  adresser 
la  présente  lettre  pour  protester  énergique- 
ment  contre  l'article  signé  Ch.  Georgeot, 
paru  dans  le  n*  du  2^  novembre  1897,  sous 
le  titre  :  «  La  crise  de  la   soie   française.  » 

L'auteur  de  Tarticle,  après  avoir  dit  que 
la  convention  franco-suisse  avait  acculé 
industrie  de  la  soie  pure  à   une  situation 


déplorable,  réclame,  «  au  nom  des  patron 
et  des  ouvriers  de  la  région  lyonnaise,  tou 
d'accord  sur  ce  i)oint,  des  mesures  qui  leuj 
permettent  de  ne  pas  descendre)  plus  avah 
dans  l'abîme  oii  ils  sont  malheureusemeDi 
engagés  ». 

Il  continue  en  disant  qu'il  a  reçu  d^ 
«renseignements  absolument  navrants su{ 
»  la  misère  des  ouvriers  tisseurs  de  soii 
»  dans  les  diiïérents  départements  dont  cet 
»  te  industrie  est  la  principale  ressource 
»  manufacturière  ». 

Il  explique  que  «  les  cinq  départements 
»  du  Rhône,  de  Saône-et-Loire,  delà  Loi^ 
»  re,  de  Tlsère  et  de  TAin  comptent  en^ 
»  semble  25,000  métiers  mécaniques  e| 
»  60,000  métiers  à  bras,  pour  la  plupart,  hé 
»  las  !  maintenant  inoccupés  ». 

Après  avoir  donné  quelques  indications; 
sur  les  salaires  payés  dans  ces  départements^ 
l'auteur  de  l'article  conclut  ainsi  : 

«  Telle  est,  exposée  sans  exagération,  \t 
»  situation  de  la  classe  ouvrière  dans  la 
»  région  lyonnaise  à  Theure  oii  nous  som^ 
»  mes.  On  comprend  qu'elle  se  plaigne  amè^ 
»  rement  et  qu'elle  commence  même  h  en- 
»  trer  en  effervescence.  La  convention  fran 
»  co  suisse  lui  a  littéralement  retiré  le  pain 
»  de  la  bouche  :  qu'on  nous  permette  cette 
»  expression  un  peu  vulgaire,  car  elle  rend 
»  bien  la  réalité. 

»  Les  patrons  ne  sont  guère  plus  heureul 
»  et  voient  arriver  le  moment  où,  eux  aus^ 
»  si,  devront  fermer  leurs  fabriques.  Qu'ad 
»  viendra-t-il  alors  ?  Ce  sera,  c'est  déjà  la 
»  misère  de  milliers  d'hommes  qui  nede- 
»  mandent  qu*à  travailler  pour  gagner  leur 
»  vie  et  celle  de  leur   famille. 

»  On  comprend  qu'un  pareil  état  de  cbo 
»  ses  ne  saurait  durer  indéhniment,  el 
»  qu'une  solution  s'impose  à  tout  prix.  » 

Au  nom  de  l'Association  de  la  fabrique 
lyonnaise,  qui  comprend  160  maisons  de 
fabrique  de  soieries,  nous  nous  élevons  coh' 
trede  telles  allégations,  absolument  coib 
traires  à  la  vérité  et  de  nature  à  discréditei 
notre  industrie. 

Non,  la  fabrique  lyonnaise  ne  descend 
nullement  dans  un  abîme,  comme  récrit 
Tauteur  de  Tarticle.  De  même  que  les  au- 


W5 


INDUSTRIE. 


'i46 


très  industries  françaises,  elle  lutte  de  tou- 
tes ses  forces,  avec  des  profits  très  réduits, 
coDlre  ses  coDcurrents  étrangers,  et  les  re- 
levés officiels  des  douanes  françaises  mon- 
trent que  ses  efforts  ne  sont  pas  infructueux, 
puisque  les  exportations  de  soieries,  tulles, 
etc.,  se  sont  élevées  à  242  raillions  de 
francs  pour  les  dix  premiers  mois  de  1897, 
contre  213  millions  en  1896,  227  raillions 
ecl895et  184  millionsen  1894. 

Quant  à  la  population  ouvrière,  nous  ne 
fichons  pas  qu*elle  soit  en  effervescence. 
Le  travail  est  heureusement  abondant  en  ce 
moment,  et  les  prix  de  façon  progressent 
graduellement. 

Les  25,000  métiers  mécaniques  et  les 
C0,ÛOO  métiers  à  bras,  indiqués  comrae  étant 
pour  la  plupart  inoccupés,  sont,  au  contrai- 
re, bien  loin  de  chômer,  et  même,  pour  plu- 
sieurs genres  de  tissus,les  métiers  manquent 
absolument. 

De  même,  les  fabricants  de  soieries  qui 
possèdent  des  usines  ne  sont  nullement  à 
la  veille  de  les  fermer  ;  Toutillage  continue 
à  s'augmenter  en  se  transformant  et  en  se 
perrectionnant.  A  Lyon,  spécialement,  les 
efforts  unanimes  qui  sont  faits  pour  aider  le 
li^«seur  urbain  à  transformer  son  métier  à 
bras  en  métier  mécanique  montrent  bien 
que  ce  n*est  pas  par  des  mesuresfactices  que 
Ion  consolidera  la  situation  de  la  fabrique 
de  soieries,  mais  par  d'autres  mesures  par- 
mi lesquelles  se  trouvent  le  perfectionne- 
nieotet  la  puissance  des  moyens  de  produc- 
tion. 

Il  oe  nous  convient  pasd'entamerune  po- 
lémique au  sujet  de  la  convention  franco- 
^isse,  et  de  Tinfluence,  exagéréed  ailleurs, 
queTauteur  de  l'article  lui  attribue.  Tout 
le  monde,  à  Lyon^  sait  à  quoi  s'en  tenir  sur 
œ  point. 


Quil  nous  soit  seulement  permis  de  faire 
remarquer  à  Tauteur  de  l'article  que,  s'il 
avait  été  exactement  renseigné,  on  lui  au- 
rait ditque  la  mode,  les  caprices  de  la  con- 
sommation exercent  une  influence  bien  au- 
trement puissante,  et  que  les  périodes  de 
calme  qui  se  produisent  en  fabrique  coïnci- 
dent avec  les  éclipses  que  subit  la  mode  des 
soieries.  Il  ne  faut  pas  chercher  ailleurs. 

Mais  ce  qui  donne  à  la  fabrique  de  Lyon 
une  supériorité  incontestée  sur  ses  rivales 
étrangères,  c*est  que  les  fabricants  lyonnais 
créent  sans  cesse  de  nouveaux  tissus,  de 
nouvelles  contextures,  etc.  Aussi  l'acheteur 
est- il  toujours  assuré  de  trouver  à  Lyon, 
non  seulement  les  tissus  classiques  faisant 
concurrence  à  ceux  que  produisent  les  fa- 
briques étrangères^  mais  encore  et  surtout, 
—  ce  qu'il  ne  trouve  pas  ailleurs,  —savoir, 
cetle  multitude  si  variée  d'étoffes  de  nou- 
veautés se  renouvelant  sans  cesse. 

C'est  parce  que  l'article  paru  dans  le  Tra- 
vail national  altère  complètement  la  vérité 
sur  la  situation  et  ne  tient  aucun  compte  de 
ce  que  nous  venons  de  rappeler  et  que,  au 
contraire,  en  discréditant  la  fabrique  lyon- 
naise, il  peut  faire  naître  le  doute  et  l'hési- 
tation dans  l'esprit  des  acheteurs,  que  nous 
vous  adressons  la  présente  lettre,  en  vous 
priant  de  bien  vouloir  la  reproduire  dans 
votre  prochain  numéro. 

Veuillez  agréer, etc. 

Signé  :  Le  président ^ 


Le  vice-président, 

L.  GONINDARD. 

Le  secrétaire^ 
Ed.  Lami. 


J-B.  Bonnet. 

Le  trésorier^ 
•    A.Jaillet. 


Une  lettre  semblable  a  été  adressée  à  la 
Réforme  économique  qui  avait  inséré  le 
même  article. 


517 


JOUB^AL  MENSUEL  9|C  I^^CAPPUIB  NATIONALE. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION  DE  1900 

RENSEJGNEHENTS   DlVEJtS 

Au  15  juillet  dernier,  les  dépenses  enga- 
gées pour  rExposilion  de  1000  sélevaient  à 
7  œillioNS  479,070  fr.  29. 

Les  dépenses  tolaies  de  TEx  position  de 
1900  sonl  évaluées  à  106.783.500  fr.Ul  dont 
la  répartition  est  prévue  de  la  façon  suivan- 
te :  en  1896,  1  million  215.603  fr.  52;  en 
1897, 10.772.950  fr.  ;  en  1898, 29. 238.916  fr. 
66  ;  en  1899,  24.103.625  francs  ;  en  1900, 
28.576.376 fr.  47  ;  en  1901,2.785,975  fr.  26. 


M.  Alfred  Picard,  commissaire  général  de 
rf;^po^itioi)  de  1900,  i^  soumis,  à  la  fin  de 
noveipbre,  au  Ministre  du  comme^c^,  le  plan 
général dps constructions  à  élever  au  Champ- 
de-M^rs  et  à  Tesplanade  des  Invalides. 

I)ès  que  ce  plan  aui*a  été  ratifié  par  le  Mi- 
nistre, le  commissaire  général  préparera  la 
miseeq  adjudiciition  des  divers  bâtiments. 
Le^  adjudications  auront  lieu  toutes  suc-» 
cessivement  dans  les  premiers  jours  de  Tan*- 
née  prochaine,  de  manière  que  les  travaux 
puissent  être  entrepris  au  printemps. 

A  l'Exposition  de  Paris  en  1889,  lesespa 
ces  occupés  par  les  sections  étrangères  avaient 
été  les  suivants  : 
• 

Ëtats-Unis 11.154  met.  carré 

Grande  -  Bretagne    el 

colonies 20.976        — 

Belgique 13.354        — 

Allemagne 2.296        — 

Autriche  -  Hongrie ....  3.307        — 

Russie 4.521        — 

Suisse 7.798        — 

Italie 5.197        — 

Rappelons  aussi  que  le  nombre  des  expo- 
3gnts  avait  été,  au  total,  de01,722. 


Dès  maintenant,  sur  la  demande  du  repré- 
sentant des  Etats-Unis Jl  est  prévu  Valtri^ 
bution  à  la  grande  Républi/fue  américaine 
d'un  emplacement  de  J47.000  pieds  carrée, 
ou  environ  13.230  mètre  carrés, indépendam- 
ment même  de  diverses  annexes  à  installer 
à  part  dans  les  jardins  et  parcs. 

Lu  gouvernement  du  Japon  a  fait  voter, 
pour  sa  participation  à  TExposition  de  1900 
une  somme  de  900,000  yens,  soit  X  .500.000 
francs. 

Deux  commissions  officielles  ont  été  nom- 
mées au  Ministère  du  Commerce  en  vue  de 
Tinsiallation  d'une  exposition  générale  des 
produits  actuels  et  d*une  exposition  des  œu- 
vres du  siècle.  En  outre,  un  comité  d'initia- 
tive privée  vient  de  se  former  sous  l'inspira- 
tion du  premier  ministre  pour  la  partie  des 
beaux-arts  et  a  décidé  de  réunir  200.000 
yens  pour  aider  à  Torganisatiou  de  cette 
section. 


OINQUifeMe  9AUm  DU  oveuE 

L'une  des  conséquences  de  la  démolition 
du  Palais  de  l'Industrie  aura  été  la  scission 
qui  s'est  produite  cette  année  entre  les  di- 
vers fabricants  ou  marchands  de  vélocipè- 
des de  la  place  de  Paris. 

On  sait  que  depuis  plusieurs  années  l'in- 
dustrie et  le  commerce  vélooipôdiqiies 
avaient  organisé,  au  cours  du  mois  de 
décembre,  sous  la  dénomination  élégante 
de  Salon  du  Vycle^  de  très  intéressaotei 
expositions,  qui  ont  remporté  de  ré^ls 
succès. 

Cette  année,  la  chambre  syndicale  des 
grands  fabricants  de  cycles  avait  décidé 
que,  le  Palais  de  Tlndustrie  se  trouvant 
démoli  et  aucun  autre  local  ne  lui  semblant 
remplir  les  conditions  désirables,  il  y  avait 
lieu  de  renoncer  à  tout  projet  d'exposition 
cycliste. 


549 


EXPOSITIONS 


Cette  décision  ne  fut  pas  du  goût  d'un 
certaio  nombre  de  fabricants  et  de  négo- 
ciants.qui  formèrent,  en  dehors  delà  cham- 
bre syndicale  de  la  corporation,  un  groupe 
issez  puissant  et  surtout  plein  d'initiative 
eide  hardiesse,  lequel  résolut  d'installer 
qoaod  même  une  exposition  spéciale,  dans 
an  local  assez  vaste,  situé  rue  de  Rerri  et 
oioou  sous  le  nom  de  Palais-Sport. 

Pour  cette  exposition,  le  groupe  en  ques- 
tiûQ  choisit  d'autorité  la  dénomination  de 
Salon  du  Cycle^  malgré  une  protestation 
eitra-judiciaire  de  la  chambre  syndicale 
des  grands  fabricants,  en  sorte  que  quel- 
«|ues-uns  de  ces  deniiei*s  qui  s'étaient  ral- 
liés à  l'idée  de  faire  une  autre  exposition, 
puisque  Ton  eu  organisait  une  en  dehors 
d'eux-mêmes,  ne  disposèrent  plus  que  de 
U  dénomination  ordinaire  d'Exposition 
du  Cycle^  pour  la  manife-itation  qu'ils 
se  mirent  à  préparer  dans  un  autre  local, 
œnou  sous  le  nom  do  Salle  Wagram. 

Le  Salon  du  Cycle  ayant  été  inauguré  le 
4  décembre,  alors  que  VExposition  du 
Cycle  ne  devait  ouvrir  ses  portes  que  le 
iô  décembre,  c'est  d'abord  du  Salon  du 
Cycle  que  nous  nous  occuperons. 

ÂQ  reste,  cette  entreprise  nous  a  semblé 
tout  particulièrement  intéressante  en  ce 
qu'elle  marque  un  louable  esprit  d'initia- 
tive de  la  part  de  la  petite  et  moyenne  in- 
dustrie cycliste,  en  ce  qu'elle  constitue  une 
<Mvre  coopérative,  ayant  le  caractère  d'une 
exposition /aite  par  et  pour  les  exposants, 
eteofin  en  ce  que  l'un  de  ses  principaux 
organisateurs,  à  titre  de  secrétaire  général 
du  Comité,  fut  notre  Sociétaire  M.  L.  G. 
l»ard,  constructeur-mécanicien  à  Paris,  fils 
de  notre  sympathique  Président. 

M.  L.  G.  Dard,  constructeur  de  machi- 
nes-outils pour  le  travail  du  bois  et  des 
métaux,  est  l'un  des  jeunes  industriels  que 
la  fabrication  nouvelle  des  cycles  a  attirés 
et  séduits,  et  qui  se  sont  préoccupés  sérieu- 
sement des  besoins  et  des  développements 
de  cette  industrie.  Il  s'est  donc  attaché  à 
compléter  sa  fabrication  de  machines-ou- 
tiU  par  la  construction  de  machines  spécia- 
les, destinées  à  l'industrie  cycliste,  en  même 


ET  GONCoyas.  550 

temps  qu'il  adjoignait  à  ses  établissements 
un  atelier  de  montage  de  bicyclettes.  Com- 
me fabricant  de  cycles,  M.  G.  Dard  exposait 
trois  bicyclettes  de  prix  difTérents,  et  de 
différentes  natures  de  roulements,  et  un 
tandem,  ou  bicyclette  à  deux  places.  Com- 
me constructeur  de  machines-outils,  notre 
Sociétaire  exposait  une  collection  variée  de 
machines  à  percer,  de  machines  à  tarauder 
les  rayons,  de  coupe-rayons,  de  poinçon- 
neuses pour  jantes,  de  cisiilles,  de  porte- 
forets  à  engrenages,  de  porte-forets  à  ar- 
chets et  ù  conscience,  de  montures  de  scies 
à  métaux,  d*étaux,de  tourets  de  polisseurs, 
etc. 

Signalons  aussi  une  machine  spéciale  pour 
le  montage  des  bandages  en  caoutchouc  sur 
les  roues  de  voitures. 

Dans  tous  les  articles  établis  par  M.  Dard, 
on  peut  constater  la  maîtrise  d'un  mécani- 
cien non  seulement  de  profession,  maisen- 
core  d'origine,  et,  qu'il  s'agisse  de  bicyclet- 
tes pu  d'outils  servant  à  les  établir,  on  voit 
que  le  constructeur  est  un  praticien  éméri- 
te,  dont  les  vastes  connaissances  générales 
ont  été  fructueusement  appliquées  à  la  con- 
ception et  à  la  création  de  spécialités  très 
intéressantes. 

M.  Cerckel,  à  Paris,  qui  est  l'inventeur 
breveté  d'un  système  spécial  de  générateurs 
automatiques  d'acétylène  et  de  lampes  por- 
tatives pour  l'éclairage  au  nouveau  gaz,  ne 
pouvait  manquer  d'entrer  dans  la  voie  ou- 
verte si  brillamment  et  avec  tant  de  succès 
par  les  chercheurs  qui  ont  réussi  à  appliquer 
aux  bicyclettes  l'éclairage  par  le  gaz  acéty- 
lène. On  sait  que  l'acétylène, qui  n'a  pas  en- 
core pu  réussir  à  prendre  dans  Téclairage 
public  et  privé  la  grande  place  qu'on  avait 
espéré  pour  lui  tout  d'abord,  a  rencontré 
dans  son  application  aux  lanternes  de  bicy- 
clettes, uneoccasion  d'emploi  où  il  a  rapide- 
ment conquis  la  faveur  du  public. 

Aussi  M.  Cerckel  a-t-il  complété  des  créa- 
tions de  générateurs  automatiques  et  de  lam- 
pes portatives,  par  la  fabrication  d'une  lan- 
terne de  bicyclette  à  acétylène  qu'il  a  bapti- 
sée de  la  dénomination  la  Luciphore  ; 

Cette  lanterne,  qui  a  été  établie  par  Tune 


5B1 


JOURNAL  MENSUEL  DE 


des  personnes  qui  connaissent  le  mieux  la 
question  de  Tutilisation  de  racëtylène,  est 
Tun  des  meilleurs,  pour  ne  pas  dire  le  meil- 
leur appareil  de  ce  genre. 

L'appareil  est  formé  d'un  générateur  et 
d'une  lanterne  proprement  dite,  reliés  l'un  à 
l'autre  par  un  tube  de  caoulchouc. 

Le  générateur  se  compose  de  trois  étuis 
s'embotiant  les  uns  dans  les  autres.  L*étui 
intérieur  se  démonte  en  plusieurs  parties 
pour  faciliter  le  nettoyage.  Il  contient  un 
tube  capillaire  à  rainureet  mèche  intérieure 
s'adaptant  à  la  partie  inférieure  de  Tétui 
dans  lequel  se  met  le  carbure.  Cet  étui  est 
emboîté  dans  le  deuxième  qui  se  termine 
par  un  petit  tube  portant  robinet  de  sortie 
pour  le  gaz. 

Le  tout  se  place  dans  le  troisième  tube 
nickelé  où  se  met  l'eau  nécessaire  à  la  dé- 
composition du  carbure  de  calcium.  L'appa- 
reil complet  se  fixe  au  cadre  de  la  bicyclette 
au  moyen  de  doubles  brides. 

La  décomposition  se  fait  de  bas  en  haut 
au  moyen  du  tube  capillaire  placé  au  centre 
delà  masse  de  carbure.  Le  gaz  formé  se  sè- 
che complètement  en  traversant  la  couche 
supérieure  et,  à  aucun  moment,  le  carbure 
déjà  décomposé,  formant  pâte,  ne  peut 
empêcher  la  distribution  de  1  eau  sur  le  car- 
bure intact. 

La  charge  complète  decarbure  de  calcium 
fournit  un  éclairage  pouvant  durer  environ 
sii  heures.  Cette  lanterne  est  Tune  des  plus 
favorablement  appréciées  par  les  cyclistes, 
qui  font  usage  de  l'éclairage -à  l'acétylène  et 
qui  trouvent  à  cet  éclairage  les  avantages 
vainement  recherchés  jusqu'à  présent  par 
remploi  des  lanternes  ordinaires. 

M.  Grossot,  à  Paris,  en  grande  partie  à 
l'instigation  de  ses  fils,  a  adjoint  à  son  usine 
de  construction  d'appareils  de  chauffage, 
un  atelier  de  fabrication  de  bicyclettes  dans 
lequel  ont  été  établis  des  types  nouveaux 
de  machines  réellement  curieux  et  intéres- 
sants. 

Parmi  les  bicyclettes,  nous  signalerons 
celles  formées  d'un  cadre  dit  à  double 
bane  parallèle  et  à  double  assise  ;  celles  qui 
sont  munies  de  grands  pignons  et  fournis- 


l'acaoAue  nationale.  554 

sent  des  développements  atteignant  14  mè- 
tres d'espace  parcouru  par  tour  complet  de 
manivelles,  et  un  modèle  bien  construit  di 
bicyclette  sans  chaîne. 

Parmi  les  machines  dites  multiples,  ou  a 
plusieurs  places,  il  nous  faut  signaler  une 
sextuplette  fort  bien  combinée  et  très  soli- 
dementconstruite,  qui  a  déjà  fait  ses  preu- 
ves en  service. 

Mentionnons  aussi  un  nouveau  système 
de  disposition  des  rayons  des  roues  de  bicy- 
clettes, et  une  construction  spéciale  de  la 
fourche  d'avant  d'une  bicyclette  dont  la 
tête  et  les  fourreaux  sont  formés  d'un  seul 
tubed*acier  convenablement  travaillé. 

En  résumé^  l'examen  du  Stand  de  M. 
Grossot  montre  que  sa  fabrication,  sans  ja- 
mais cesser  d'être  experte  et  consciencieuse, 
est  animée  d'un  esprit  d'innovation  aussi 
sage  que  fertile,  qui  ne  se  rencontre  que 
trop  rarement  dans  l'industrie  en  général. 


EXPOSITION  DU  OYOLE. 

L'exposition  qui  s*est  tenue  dans  la  salle 
Wagram,  sous  le  titre  que  nous  venons  de 
reproduire,  a  peut-être  été  plus  importante 
et  plus  brillante  que  celle  organisée  au  Pa- 
lais-Sport. Les  grandes  maisons  qui  ont 
formé  le  noyau  des  participants  à  cette 
exposition  ont  naturellement  lutté  de  ri- 
chesse dans  l'aménagement  et  la  décoration 
de  leurs  installations. 

Il  est  à  remarquer  que  l'industrie  améri- 
caine tend  de  plus  en  plus  à  surpasser  l'in- 
dustrie anglaise  dans  la  construction  des 
machines  de  luxe. 

Incontestablement,  l'esprit  inventif  des 
Américains  a  abouti  à  la  création  d'uo 
grand  nombre  de  dispositions  originales, 
soit  dans  la  construction  interne  des  bicy- 
clettes et  de  leurs  organes,  soit  dans  leur 
aspect  d'ensemble,  et  si  ces  dispositions 
nouvelles  ne  sont  pas  toutes  du  même  mé- 
rite, elles  restent  très  intéressantes  commdj 
témoignages  de  l'esprit  de  progrès  et  dini 
novation  qui  anime  tous  les  constructeur 
d'outre-Atlantique.   Au  reste,  la  bicyclettt 


553  EXPOSITIONS 

reâte  en  somme  sans  changement  fonda- 
mental dans  les  éléments  de  sa  construction, 
tels  qu'ils  existent  depuis  plusieurs  années. 

L'Exposition  du  Cycle  ayant  donné  Thos- 
pitalité  à  une  section  consacrée  aux  voitures 
automobiles,  nous  ayons  eu  la  satisfaction 
de  rencontrer  dans  cette  section  une  ins- 
tallation de  nos  Sociétaires  de  Vierzon, 
MM .  Brouhot  et  Cie. 

Ces  messieurs  exposaient  deux  moteurs 
à  pétrole,  l'un  à  piston  vertical,  Tautre  à 
piston  horizontal,  et  une  voiture  automobi- 
le. Nous  ne  reviendrons  pas  à  cette  place 
sur  les  moteurs  à  pétrole  construits  par 
MM.  Brouhot  et  Cie,  en  vue  surtout  des  usa- 
ges agricoles,  et  qui,  comme  tels,  joignent 
une  grande  simplicité  à  une  grande  robus- 
tesse et  à  d'excellentes  conditions  de  fonc* 
lionn^ment.  Mais  nous  notons  avec  plaisir 
que  nos  Sociétaires  entrent  résolument  dans 
la  voie  de  la  construction  des  voitures  auto- 
mobiles, voie  qui  est  certainement  pleine 
d'avenir  et  qu'ils  parcourront  sûrement 
avec  succès,  en  raison  de  leur  ingéniosité, 
de  leur  grande  compétence  mécanique  et 
de  la  puissance  de  fabrication  de  leurs  ate- 
liers, 

La  voiture  présentée  était  une  sorte  de 
tilbury  à  deux  places  avec  moteur  horizon- 
tal placé  sous  la  caisse  de  la  voiture. 

Voici  en  quels  termes  MM.  Brouhot  et 
Cie  exposent  eux-mêmes  les  principes  qui 
les  guident  dans  leur  construction  de  voi- 
tnres  automobiles  : 

«  Nos  automobiles  se  font  depuis  deux 
places  jusqu'à  six  places  et  plus  \  la  carros- 
serie est  faîteau  goût  des  clients. 

t  Nos  moteurs  employés  dans  l'industrie 
ont  fait  leurs  preuves  comme  solidité  et  fa- 
cilité de  conduite  ;  simples  et  robustes  ils 
conviennent  mieux  que  tout  autre  aux  voi- 
tures automobiles.  Le  poids  dans  un  mo- 
teur fixe  est  une  qualité  ;  il  n'en  est  pas  de 
même  pour  le  moteur  d'une  automobile  ; 
aussi  nous  avons  fait  un  moteur  très  solide, 
mais  léger,  en  employant  les  matières  les 
plusrésistantes  et  renfonçant  seulement  les 
organes  essentiels. 

u  Notre  moteur  pour  automobiles  est  à 
deux  cylindres,  et  placé  sous  la  voiture  ;  le 


ET  CONCOURS. 


554 


nombre  des  organes  est  aussi  restreint  que 
possible  et  d'une  grande  solidité.  Tous  sont 
très  accessibles  et  d'une  surveillance  facile. 

(c  La  direction  est  commandée  par  un  pe- 
tit volant  dont  la  manœuvre >st  des  plus 
simples.  Nos  voitures  sont  toutes  munies 
d'un  mouvement  de  marche  en  arrière, 
commandé  par  un  levier  qui  commande 
également  les  changements  de  vitesse,  de 
sorte  que  le  conducteur  peut  évoluer  dans 
un  espace  très  restreint. 

a  Nos  automobiles  peuvent  marcher  à 
trois  ou  quatre  vitesses  différentes,  toutes 
imprimées  au  moyen  du  levier  qui  com- 
mande aussi  la  mai*che  arrière.  Aussi  le 
passage  d'une  vitesse  à  une  autre  est  des 
plus  simples. 

«  La  connexion  du  moteur  avec  les  orga- 
nes de  commande  est  faite  au  moyen  d'un 
manchon  d'embrayage.  Ce  manchon  est 
manœuvré  par  un  levier  qui  actionne  éga- 
lement, quand  on  te  veut,  un  des  freins  de 
la  voiture.  En  mettant  le  levier  à  moitié  de 
sa  course,  on  débraye  seulement  le  man- 
chon d'embrayage  ;  en  prolongeant  son 
mouvement  pour  le  ramener  complètement 
en  arrière,  on  serre  en  même  temps  un  des 
deux  freins. 

L'ailtre  frein  se  manœuvre  par  une  pédale. 
Si  on  fait  agir  en  même  temps  les  deux 
freins  et  le  débrayage,  on  peut  arrêter  ins- 
tantanément. Le  conducteur  peut  également 
arrêter  très  facilement  la  marche  du  mo- 
teur. 

<  Le  pétrole  employé  dans  nos  moteurs 
est  ressenceordinairequi.se  trouve  partout. 
Un  réservoir  placé  sous  la  voiture  permet 
d'effectuer  120  kilomètres  sans  avoir  à  se 
préoccuper  de  remplir  le  réservoir  ;  en  en 
emportant  une  provision  équivalente,  on 
peut  donc  parcourir  240  kilomètres  sans 
avoir  à  se  préoccuper  d'en  trouver  d'autre. 

«  Les  réservoirs  à  eau  sont  de  capacité 
suffisante  pour  faire  le  même  parcours  ;  il 
suffit,  au  bout  des  120  kilomètres,  de  rem- 
placer l'eau  évaporée. 

«  Outre  les  avantages  que  nous  venons 
de  signaler,  nous  avons  encore  à  dire  que 
dans  nos  automobiles,  grâce  à  un  système 
de  notre  invention  (breveté  s.  g.  d.  g.)  nous 


555 


JOURNAL   MGNSCIRL   DB 


sommes  parvenu!  ù  supprimer  le  différentiel 
cause  de  tantde  désagréments,  ainsi  que  la 
commande  par  chaîne.  » 

Pour  aujourd'hui,  nous  ne  compléterons 
ces  indications  générales  qu'en  consialant 
que  Taspect  général  de  la  voiture  est  à  la 
fois  simple,  confortable  et  robuste.  Nous 
aurons  certainement  à  re|)arler  dans  l'avenir 


L'ACiiDAlllB  NATIONALB.  536 

dos  voitures  automobiles  de  MH.  Broubot, 
et  Cie,  car,  maintenant  qu'ils  se  sont  lan- 
cés dans  Tindustrio  de  la  construction  de 
ces  voitures,  nos  Sociétaires  ne  sauraient 
manquer  d'y  faire  rapidement  des  progrès 
importants,  en  imaginant  de  sérieuses  inno- 
vations. 


COMMERCE 


LC  COMMCRCE  EXTÉRIEUR  DE  LA 
FRANCE 

pendant  les  onze  première  mois  de  1807. 


Des  chiffres  officiels  publiés  par  l'admi- 
nistration des  douanes,  il  résulte  (|ue  pen- 
dant les  onze  premiei*s  mois  de  l'année 
1897,  les  importations  se  sont  élevées  à 
5,585,201,000  francs,  et  les  exportations  à 
3,362,15:^,000  francs. 

Ces  chiffres  se  décomposent  comme  suit  : 

IMPORTATIONft  1897  1896 

Objets  d'alimenUtion     918.565.000     9U. 513.000 
Matières   uécessaires 

àliDduBtrie 2.100.471.000  1.98J.644.0a<> 

Otjets  fabriqués >....      566.ie5.0ao     5^1. 052. 000 

Total 3. 5:5. 291. 000  a, 457. 5^01'. 000 


EXPORTATIONS 


1897 


1896 


OtUeU  d'alimentaUoa     651.602.000  586.577.000 
Matières   nécessKiires 

à  l'industrie 8îl. 835.000  759.311.000 

Objets  fabriqués 1.694.521.000  1.646. m. OOD 

CoTis  postaux 14l.lO4.O0O  12:j.14?.000 

Total 3.362. 152. OJO  3.121.165.000 

L'ensemble  de  nos  échanges  extérieurs 
pour  cette  période  de  11  mois  atteint 
6,947,853,000  fr.,  en  augmentation  de 
368,978,000  fr.,  sur  les  chiffres  correspon- 
dants de  l'année  précédente.  Cette  augmen- 
tation est  composée  par  un  aecroissement 
de  127,992,000  fr.  dans  les  importations  et 
par  un  accroissement  plus  satisfaisant  de 
240,980,000  fr.  dans  les  exportations. 

Si  nous  comparons  les  chiffres  ci-dessus 


à  ceux  qui  exprimaient  les  résultats  acquis 
k  la  fin  du  mois  d'octobre  dernier,  nous 
obtenons  les  résultats  suivants  afférents 
spécialement  au  mois  de  novembre  : 


Importations. 
Exportatioas. 

Totaux.. 


1897 

356.7667000  fr. 
359.477.000    » 


1896 

304.957.000  fr. 
3U. 529.000    » 


716.213.000  fr.      6l7.4rfd.000  fr. 


On  voit  que  le  mois  de  novembre  1897  a 
présenté  une  augmentation  générale  d'é- 
changes de  98,757,000  ft'ancs,  soît  environ 
16  %  sur  le  mois  de  novembre  189(5, 
augmentation  constituée  par  un  accrois- 
sement de  51,809,000  fr.  dans  les  importa- 
tions et  par  un  accroissement  de  46,948,000 
fr.  dans  les  exportations. 

Comme  on  le  voit,  l'année  1897  aurait  été 
assez  favorable  à  notre  paysan  point  de  vue 
du  commerce  extérieur,st  les  mauvaises  ré- 
coltes n'avaient  rendu  nécessaire  un  sensible 
développement  de  l'importation  des  pro- 
duitsalimentaires.C*est  ainsi  que  les  entrées 
d'objets  d'alimentation  qui  ne  s'étaient  éle- 
vées qu'à  91,378,000  fr.en  novembre  1896, 
ont  dû  atteindre  114.5J3,O0Ofr.  en  novem- 
bre 1897.  De  la  sorte,  le  bénéfice  des  aug- 
mentationsd'exportations  se  trouve  absorbé 
en  grande  partie  par  la  perte  résultant  de 
l'accroissement  forcé  des  importations. 

Cependant  il  y  a  lieu  de  constater  avec 
satisfaction  que  la  balance  du  commerce 
extérieur  qui  présentait  un  solde  à  notre 
détriment  de 333,043,000  fr.  pour  les  onie 
premiers  mois  de  1896,  n'accuse  plus  qu'une 


i67 


COMMkRCe. 


55j 


diffiéreoca  iléfavorabledd  223,049,000  fr.pour 
les  0IIZ6  premieri  mois  de  1897.  Il  y  a  donc 
déjà,  pour  onze  mois,  uo  gain  réel  d6  près 
de  113  millions  d*une  année  sur  l'autre.  * 


1^   C9MMERCE    COMPARÉ  DE  LA 

FflAMCEf     DE     L'ANGLETERRE     ET  DE 

L'ALLCMAaNE 


Le  rapport  de  M.  Charles-Roux  sur  le 
budget  du  commerce  qui  vient  d*étre  im- 
primé et  distribué  à  la  Chambre  des  dépu- 
tés,contient  une  intéressante  étude  de  notre 
situation  commerciale.  Cette  situation  ne 
parait  pas  k  M.  Charles  Roux  aussi  favora- 
ble que  certains  voudraient  le  dire.  Sans 
doute,  nos  importations  et  nos  exportations 
réunies  pour  le  commerce  spécial  ont  at- 
ttim  Taa  dernier  7  n>illiards  200  millions, 
60  augmentation  de  lOd  millions  sur  Tannée 
précédente.  Mais  ce  résultat,  en  appai*Qnce 
brillant,  est  en  réalité  bien  modeste,  «  si 
Ton  procède  par  comparaison  et  si  Ton 
prend  la  peine  de  regarder  ce  qui  se  passe 
chez  nos  Toisios  >  : 

«  Il  est  incontestable,  dit  M.  Charles-Roux, 
que,  depuis  deux  ans,  nous  assistons  à  une 
reprise  générale  des  affaires.  A  Vexception 
de  l'Espagne,  qui  traverse  une  ère  de  dlKi- 
coltés,  tous  les  pays  dont  nous  avons  par- 
couru les  statistiques  pour  Vannée  18QC  ont 
vu  grandir  leur  commerce  extérieur.  Nous 
avons  ressenti  les  heureux  etfets  de  cette 
situation  générale,  mais  dans  quelle  pro- 
portion, comparativement  à  TAngleterre  et 
à  TAllemagne  ?  Voilà  ce  dont  il  faut  se  ren- 
dre compte  avant  de  chanter  victoire. 

«  Or,  pendant  que  nos  échanges  augmen- 
teol  de  106  millions  sur  un  mouvement  de 
7.200  milUoQS  (commerce  spécial),  ceux  de 


FAnglelerro  croissent  de  800  052.335  francs 
sur  un  mouvement  de  18.454. 7o2.950  francs. 
~  et  ceux  de  l*  Allemagne  de  361.503.750 
francs,  sur  un  mouvement  de  9.659.715.000 
francs  (commerce  spécial) . 

a  11  ressort  de  la  brutalité  des  chiffres 
qu^il  n'y  a  pas  de  quoi  être  lier  et  que  no* 
tre  augmentation  générale  de  106  millions, 
à  coté  des  361  millions  et  demi  de  l'Alle- 
magne, est  plus  que  modeste.  » 

Cds  conclusions  de  M.  Charles-Roux  res- 
sortent  des  chiffres  suivants  publiés  dans 
son  rapport,  et  relatifs  pour  les  trois  pays  de 
France,  d*Angleterre  et  d'Allemagne  au 
Commerce  spécial  y  c'est-à-dire  ne  s'appli- 
quant  qu'aux  marchandises  véritablement 
consommées  ou  produites  dans  le  pays  mô- 
me, sans  tenir  compte  des  marchandises  qui 
ne  font  que  transiter  et  dont  la  valeur  se 
trouve  comprise  dans  les  chiffres  du  Com* 
mer  ce  général. 

Frange. 

1895         &S96 

mJlHoBft  miUiMi» 
3.780  3  79.» 
3.374         3.401 


Augmenta- 
tiooft  en  1896 


Importations. 
ExportatioQs. 

Totaux.. 


miBittBft 
79 

27 

7.094         7.:i70       lOd 
Angleterre 
1393 
millians       millions      miUioos 


Aa8i°*nta- 
1896    tions  eu  1866 


Importations... 
ExportatloBS... 


10.418 
7.14^ 


11.045 
7.400 


eiîT 


Totaux 17.5t)4        18.454       8vO 

ÂLLEM.\QNE. 

1899  1896 

millions       minions      mitliont 


Augmenta  • 
tions  e»  i8oS 


Importations... 
Exportations... 

Totaux.... 


5.150 
4.147 


5.404 
4.254 


254 

107 


9.297 


9.058       361 


Ces  divers  ehiffretsont  plus  instructifs  et 
plus  eooduaols  que  de  loognes  considéra* 
tions. 


NÉCROLOGIE 


Nous  avons  eu  le  «if  regret  d'apprendre 
la  mort  prématurée  de  M.  Léon  Tabouriisr, 
décé<{é  à  Tàge  de  39  ans.  H.  Léon  Tabou- 


rier  était  le  okiaf  aeitfel  4el'i«aparUat^  vm* 
son  de  tissus  et  nouveautés  qui,  sous  les 
raisons    sociales  successives  de    Hooper^ 


559 


JOURNAL  MENSUEL  DR  t  ACADEMIE  NATIONALE. 


560 


Carro\  et  Tabourier,  puis  Tabourier  et 
Bisson^  puis  Tabourier  et  Cie,  appartient 
à  notre  société  depuis  Tannée  1851  et  pos- 
sède notre  diplôme  d'Honneur  depuis  1863. 
Il  occupait  une  des  plus  hautes  situations 
commerciales  et  industrielles  de  la  place  de 
Paris,  situation  qui  lui  avait  valu  la  croix 
de  Chevalier  de  la  Légion  d'Honneur. 

Tout  récemment,  dans  notre  compte  ren- 
du de  l'exposition  de  Bruxelles,  nous  avions 
encore  à  exprimer  notre  admiration  devant 
les  merveilles  exposées  par  la  maison  Tabou- 
rier et  Cie,  merveilles  attestant  une  sûreté 
de  goût  véritablement  impeccable .  Il  y  avait, 


là,  une  preuve  de  l'habile  direction  person- 
nelle de  M.  Léon  Tabourier,  en  même  tomps 
d'ailleurs  qu'un  nouveau  témoignage  de  la 
force  des  traditions  artistiques  qui  guident 
la  marche  de  la  maison  dans  la  recherche 
constante  de  ce  qu'il  y  a  de  plus  beau  et 
de  plus  parfait  en  matière  de  tissus.  Si 
cruellement  qu'elle  soit  atteinte  par  la 
perte  de  l'un  de  ses  chefs,  une  telle  maisi^n 
ne  peut  cependant  péricliter,  car  le  princi- 
pal mérite  de  ses  fondateurs  et  de  ses  direc- 
teurs a  été  d'en  faire  une  œuvre  à  la  lois 
belle  et  durable. 


BIBLIOGRAPHIE 


De  l'aspergillus  fumigatus  chez  les  ani- 
maux  DOMESTIQUES    ET  DANS    LES  ŒUFS  EN 

INCUBATION,  par  LucET  (Adrien),  Vétéri- 
naire. —  Un  vol.  illustré  de  14  micropho- 
tographies hors  texte,  couronné  par  la 
Société  centrale  de  Médecine  et  récom- 
pensé par  l'Académie  de  Médecine.  Prix  : 
3  francs.  —  Editeur  :  Charles  Mendel, 
118,  rue  d'Assas,  Paris.  —  1897. 

VAspergillus  Fumigatus  est  une  moisis- 
sure parasitaire^  un  champignon  qui  enva- 
hit certaines  cavités  du  corps  des  animaux, 
même  de  l'homme^  et  y  occasionne  des  dé- 
sordres entraînant  fatalement  la  mort.  Il 
est  répandu  dans  toutes  les  substances  ali- 
mentaires des  animaux.  L'auteur  l'a  trouvé 
dans  48  échantillons  de  grains  sur  60,  et 
dans  18  de  fourrages  sur  24. 

Ayant  eu  à  plusieurs  reprises  l'occasion 
de  constater  la  présence  de  VAspergillus 
Fumigatus  sur  des  animaux  malades,  l'au- 
teur a  poursuivi  l'étude  biologique  et  expé- 
rimentale de  ce  parasite.  II  nous  donne  ses 
caractères,  la  façon  dont  il  se  comporte  dans 
des  milieux  de  culture  naturels  et  artificiels, 
sa  résistance  aux  causes  de  destruction  spon- 
tanée ou  provoquée,  son  action  pathogène 
chez  différents  animaux,  les  moyens  à  oppo- 
ser aux  affections  qu'il  provoque. 


Contrairement  à  l'opinion  reçue,  il  a  cons- 
taté queVAspergillus  Fumigatus  est  capa- 
ble de  développer  une  affection  spéciale, 
autonome,  ayant  sa  gravité  propre,  par- 
fois contagieuse  et  épi^ootique. 

Enfin  l'auteur  a  retrouvé  le  parasite  dans 
les  œufs  en  incubation  ;  il  en  détermine 
donc  l'origine,  expose  ses  recherches  expé- 
rimentales et  en  déduit  les  moyens  prati- 
ques de  préserver  les  œufs.  Cet  ouvrage 
ouvre  de  nouveaux  horizons  à  la  science. 


La  PHOTOGRAPHIE  ANIMÉE,  SCS  Origines,  son 
exploitation,  ses  dangers,  par  A.-L.  Don- 
nadieu,  Docteur  ès-ciences.  Une  brochure 
in-8*»:un  franc.  —  Charles  Mendel,  Edi- 
teur, 118,  rue  d'Assas,  Paris. 

Il  importait,  après  l'horrible  catastrophe 
du  Bazar  de  la  Charité,  d'étudier  les  condi- 
tions dans  lesquelles  le  cinématographe 
menace  la  sécurité  des  spectateurs  et  d'ap- 
peler l'attention  sur  les  dispositions  qu'il 
conviendrait  d'adopter  pour  éliminer  les 
risques  d'accidents.  Telle  est  l'origine  du 
travail  de  M.  Donnadieu,  qui  est  conscien- 
cieusement écrit  et  qui  se  recommande  à 
l'attention  de  nos  lecteurs. 


♦>♦<♦ 


LISTE  GÉNÉRALE  ALPHABÉTIQUE 

DES  MEMBRES  DE  LA  SOCIÉTÉ  ADMIS  PENDANT  L'ANNEE  1897, 


Aharesteanu  et  Cib.  négociants  en  vins  et  spi- 
ritueux, 18,  Strada  Lipscani,  à  Bucarest 
(Roumanie). 

Arvilla  et  Cie,  propriétaires-viticulteurs, 
négociants  en  vins,  à  Puerto-de- Santa- Ma- 
ria (Espagne). 

Bar  (Ferdinand),  fabricant  de  poudre  insecti- 
cide, 6,  rue  du  Commerce,  àCharleroi  (Bel- 
gique). 

Bastard  (Auguste),  distillateur-liquoriste,  à 
Cromary,  par  Voiray  (Haute-Saône). 

Berchten  (Edouard),  ingénieur  -  chimiste, 
docteur  en  philosophie,  19,  Ashmonnt 
roid,  South  Tottenham,  London,  N.  (An- 
gleterre). 

Beyersûorf  (Albert),  fabricant  d'horlogerie, 
71,  ruedu  Parc,  à  Ghaux-de-Fonds  (Suisse). 

Bi.och  (Joseph),  fabricant  d'horlogerie,  à 
Chaux-de-Fonds  (Suisse). 

Castellanos  (Eduardo),  chimiste,  16  a,  calle 
0,  n»47,  à  Guatemala  (République  de  Gua- 
temala) . 

Chatbnay  (Samuel),  négociant  en  vins,  àNeu- 
châtel  (Suisse). 

Chauueil  (Amédée),  pharmacien  de  i'"  classe 
à  Annonay  (Ardèche). 

DesHOULièREs-J&GER  (Gaston),  fabricant  de 
faïences  et  de  poteries,  à  Chauvigny  (Vien- 
ne). 

DucHESNE  (Albertine),  parfumerie  de  luxe,  6, 
rue  du  Roule,  à  Paris  (Seine). 

Flinois  (Octave),  négociant  en  vins  et  spiri- 
tueux, à  Flavy-le-Cbatel  (Aisne). 

François  (Louis)  et  Cie,  négociants  en  vins 
mousseux  hongrois,  à  Promontor  (Hon- 
grie). 

(îiralt  (Cristobalj  et  Cib,  fabricants  de  rhum 
à  Saint-Domingue  (République  Domini- 
caine) . 

Gdili.emin  (Louis),  pharmacien,  Pharmacie- 
Normale,  II,  rue  des  Granges,  à  Besançon. 

Jeanneau  (Charles),  produits  divers  pour 
beurreries  et  fromageries,  rue  Chàteau-Gi- 
roD,  à  Jauzé  (lUe-et- Vilaine). 

KrUsi  (Docteur),  médecin-orthopédiste,  à 
Gais,  canton  d'Appenzell  (Suisse). 

Lazare  (Philippe),  distillateur,  29,  boulevard 


des  Alpes,   à   Sainte  -  Barnabe,   Marseille 

(Bouches-du-Rhône) . 
LussY  (Emile),  entrepreneur  de  travaux  pu- 
blics, à  Bnenz,  canton  de  Berne  (Suisse). 
Marabotti,     confiseur,     Nizza     Monferrato 

(Prov.  Alessandria)  (Italie). 
Mathez  (Armand),  fabricant  de  couverts  en 

acier  étamé,  à   Fontenoy-le-Ghâteau  (Vos* 

ges). 
Meyer  (Alfred),  chimiste.  10,  rue  de  Chateau- 

dun,  à  Paris. 
Paloux   (Julesj,  garde   d'artillerie,    à   Oran 

(Algérie). 

Parisse  (Léon),  fabricant  de  tôlerie,  à  Lar- 
rière  (Vosges). 

PiNT  (A.),  professeur  de  calligraphie,  Pers^ 
pective  Nevsky,  i3/9,  Hb  20,  à  Saint-Pé- 
tersbourg (Russie). 

Pollet  (Albert),  Hlateur  de  laines  cardées,  à 
Tourcoing  (Nord). 

PopoFF  ET  Cie  (Georges  Iv.),  exploitants  de 
carrières  de  pierres  lithographiques,  16 
rue  Mokowska,  à  Sofia  (Bulgarie). 

Poppe-Beutels  (Charles),  fabricant  de  chico- 
rée. Grand  Quai,  à  Lokeren  (Flandre-Orien- 
tale) (Belgique). 

Rochat  (Jules),  fabricant  de  fournitures  pour 
horlogerie,     au    Pont   (canton    de    Vaud)  . 
(Suisse). 

Rossei.-Brunner,  fabricant  de  confiserie,  à 
Zurich  (Suisse). 

Sala  (Luigi),  distillateur,  via  Piacenza,  n*  24, 
Alessandria  (Egypte). 

Sandomirsky  (Froiem  G.),  négociant  en  bois, 
exploitant  d'une  scierie  mécanique,  à  Kre- 
mentchough  (Russie). 

Stewart  (J.  et  G.),  distillateurs    de   whisky, 

m,  High  Street,  à  Edinburgh  (Ecosse). 
Trespalacios  y  ALDABo,fabricants'de  liqueurs, 

427,  Principe  Alfonso,  à  La  Havane  (Ile  de 

Cuba). 
Valentin-Roussel  fV.),  filateur  de  laines,  21, 

rue  de  la  Paix,  à  Roubaix  (Nord). 
Van  Duysk  frères,   fabricant  de  bouchons,   à 

Lokeren  (Belgique). 
ViGÉ  (Jean),   négociant,  12,   rue   Desbiey,   à 

Bordeaux  (Gironde). 


^  ^ 


TABLE  GENERALE 


DE$ 


MATIÈRES  PUBLIÉES  PENDANT  L'ANNÉE  1897 


ET    DIS 


Moms  dei  Membres  de  là  •aolété  dont  les  pi^oduits  ou  tr«jiveuic 
ont  été  mentionnés  durant  cette  année. 


LXVlle  ANNÉE 


Agriculture.  —  Concours  agricole  de  Paris, 
o3.  —  Les  concours  régionaux  agricoles  en 
1897,  66.  —  Concours  de  là  Société  d'Api- 
cufture  de  la  Meuse,  67.  —  Incubateur  au- 
tomatique de  haute  précision,  système  de 
M.  J.  de  SokolniCktyà  Chinchon,  près  Cas** 
tillon  (Gironde),  69.  -  Influence  de  la  lu- 
mière violette  f  ur  la  croissance  de  certains 
jeunes  animaux,  communication  de  M.  J. 
de  Sokolnicki,  70*  —  La  sidération  ou 
fumure  verte,  communication  de  M.  Auguste 
Herzog,  docteur  ès-sciences  à  la  Société 
des  sciences,  agriculture  et  arts  de  la  Basse- 
Alsace  à  Strasbourg,  97.  —  Culture  de  vi- 
gnes chinoises  et  japonaises  à  Dancignv 
(Orne),  communication  de  M.  L.  Lindet,  a 
TAcadémie  des  sciences  (séance  du  1 3  mars 
i8g7),  144.—  Instruments  et  appareils  d'avi- 
culture de  M.  Philippe,  à  Houdan  (Seine- 
et-Oise),  communication  de  M.  L.  Fontaine, 

f  professeur  à  Técole  pratique  des  Faurelles 
Charente),  148.  —  La  production  des  vins 
en  Italie,  1.S4.  —  La  sériciculture  en  1895, 
i55.  —  La  lutte  contre  "les  maladies  de  la 
vigne,  communication  de  M.  J.  de  Sokol- 
nicki, à  Chinchon.  par  Oastillon  (Gironde), 
193.  —  Considérations  sur  la  nécessité  de 
regénérer  l'agriculture,  par  M .  A .  N .   Pa- 
randier,    inspecteur   général  de    1'»  classe  , 
des  ponta-et-chauasées  en  retraite,   com- 
mandeur de  la  Légion  d'honneur,  etc.,  aux 
Tourillons,  par  Arbois  (Jura),   198.  —  La    | 
production  des  vins  et  cidres  en  1896,  201.   i 
-»-  L'agriculture  et  le  bimétallisme,  24!.—  1 
Traite  mécanique  des  vaches,  244.  —  Em-   1 
ploi   rationnel  en  vinification  des   levures 
pures  sélectionnées  de  M.  Georges  Jacque- 
min,   à    Malzéville,    près    Nancy,    289.   —  ; 
Paille  coupéepour  litières.  —  Broyeurs  de  j 
pommes  à  cylindres  divisés  de  M.  Tixier 


fils  jeune,  à  Vitré  (Ille-et- Vilaine),  291.  — 
Chambre  syndicale  des  constructeurs  de 
machines  et  d'instruments  d'agriculture  et 
d'horticulture,  292.  -^  La  production  du 
tabac  en  Russie,  192.  -^  Le  prix  du  blé  et 
la  valeur  de  l'argent^métal^  337.  —  Nou- 
velles études  sur  la  vinification  et  sur  la 
réfrigération  des  moûts,  par  MM.  A.  Muntz, 
et  E.  Rousseaux,339.  — Le  carbure  de  cal- 
cium et  le  phylloxéra,  342.  —  Les  récoltes 
d'orge  et  d'avoine  en  1896,  347.  —  Les  ré- 
coltes des  blés,  385.  —  Emploi  de  !a  litière 
de  tourbe  pour  le  bétail,  article  de  M.    le 

Professeur  docteur  Vogel,  publié  dans  le 
andbole.ét  Winterthur,  trcrduit  et  commu* 
nique  par  M.  Fritx  Marti,  à  Winterthur, 
387.  —  Les  fourmis  et  leurs  ravages,  moyens 
de  s'en  préserver,  communication  de  M.  Paul 
No(il,  directeur  du  laboratoire  répjonal 
d'entomologie  agricole,  à  Rouen  (Seine- 
Infcrieure),  391.  —  La  récolte  d'orge  et 
d'avoine  en  1897,  394.  —  Instruments 
agricoles  et  arracheuses  de  betteraves  de  M. 
A.  Bajac,  à  Liancourt  (Oise),  435.  —  La 
traite  mécanique  des  vaches,  4.36.  —  L'agri- 
culture en  Angleterre,  437. —  La  récolte  du 
blé  aux  Etats-Unis*  481.  —  La  récolte  de 
blé  dans  la  République  Argentine,  483.  — 
Société  d'Apiculture  de  la  Meuse,  concours 
iiiternational  de  1898,  483.  —  La  chémato- 
bie  du  pommier,  moyen  de  prévenir  ses 
ravages,  communication  de  M.  Paul  Noél, 
directeur  du  Laboratoire  régional  d'ento- 
mologie agricole  à  Rouen,  484,  — Concours 
général  de  Paris  en  1898,  529.  —  Un  en- 
nemi de  la  pomme  de  terre,*  communica- 
tion de  M.  Paul  Noël,  directeur  du  labora- 
toire d'entomologie  agricole,  à  Rouen,  53i. 
—  La  récolte  des  vins  en  1897,  536.  —Re- 
cette pour  l'éloignement  des  fourmis,  538. 

ÂSSEMBLÉF  GÉNÉRALE  DES  SOClÉTAIRRS.  —  Con- 

vocaiion   de    l'assemblée     générale,    9.    — 


565 


TABLE  DàS  MATIÈHE». 


686 


Comptf-rendu  de  rassemblée  du  23  février, 

49- 
ÂtROuzE,  à  Paris.  — >  Concours  agricole  de 
Paris,  i58. 


Bajac^  à  Liancourt  (Oise).  —  Concours  agri* 
'.•oie  de  Paris,  iSq.  —  Exposition  régionale 
de  Rennes  en  1097,  256.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  a65.  —  Concoûr*  agricole  et 
exposition  industrielle  de  Vesoul  (Haute- 
Saône],  394.  —  Instruments  agricoles  et 
arracheuses  de  betterares,  435. 

Bar,  à  Rir,tigny  (Oise). —  Exposition  de  Dru- 
iclles.  33o. 

Bik  (Ferdinand),  à  Charlcroi  (Belgique).  — 
î'.xposition  de  Bruxelles,  393. 

Bardoc  et  fils  (Joseph),  à  Perpignan.  — Expo- 
sition de  Bruxelles,  a63. 

Barbanson,  fabricant  d*engrais  chimiques,  à 
Bruxelles.  —  Exposition  de  Bruxelles,  33 1. 

Bastos,  à  Oran.  —  Exposition  de  Bruxelles, 
396. 

Bei.lbmer  (Th.),  à  Bordeaux.  —  Exposition 
de  Bruxelles,  33 1, 

Bbrchtev  (O  Edward),  à  Londres.—  Expo- 
sition de  Bruxelles,  396. 

Bernus  (Jean),  à  Lyon.  —  Concours  agricole 
de  Paris,  161.  —  Exposition  régionale  de 
Rennes,  237.  —  Concours  agricole  de  Ve- 
soul, 293. 

Bbatiuiio,  à  CoQstantine  (Algérie).  —  Expo- 
sition de  Bruxelles,  397. 

B18L10GRAPHIB.  —  Les  transports  par  terre  €t 
par  mer,  tome  I,  par  Paul  Vibert,  141 .  — 
Le  diabète  sucré,  ses  causes,  ses  etiets,  sa 
guérison,  par  le  D'  H.  Henri,  142. —  Album 
national  et  dictionnaire  de  Tlndustrie,  190. 
—  Les  transports  par  terre  et  par  mer, 
tome  II,  par  M.  Paul  Vibert,  32J.—  Les 
plantes  de  grande  culture, par  P.  P.  Dehé- 
raifi,  membre  de  Tlnstiiut,  D2a.—  La  nature 
et  la  vie,  par  Gabriel  Viaud,  S26.—  La  pa- 
pvrographie,  notice  illustrée,  par  L.  de 
vîllanova,  527.  —  La  photomicrographie, 
par  A.  L.  Clément,  otficier  de  l'instruction 

f»ubliaue,  président  de  la  section  d'entomo- 
ogie  a  la  Société  nationale  d*Acclimatation 
de  France,  328.  —  De  l'asffergiUus  fumiya- 
tus,  par  M.  Adrien  Lucet,  ^39.  —  La  pho- 
tographie animée,  par  M.  Donnadieu,  !>6o. 

BtONDEL  (Alphonse),  à  Paris. —  Exposition  de 
Bruxelles,  397. 

BocB  frèrei,  k  la  Lourtère  (Belgique).  —  Ex- 
position dû  Bruxelles,  263. 

BoEHM  (Eugène),  à  Mulhouse  (Alsace-Lor- 
taine).  —  Carreaux  agglomères  à  base  de 
cuir  comprimé,  i23. 

BosT  {ht)  ET  LEijTEN,à  Amsterdam.—  Expo- 
shion  de  Bruxellea,  33 1. 

Bossafd-Lemaire,  a  Paris.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  352. 


Boulenger  et  Cie,  à  Paris,—  Exposition  dé 
Bruxelles, 266. 

Bourouet  (Martial),  tg,  rue  des  ErtviergeS.  k 
Paris.  —  Poulies  de  transmission,  en  fer 
forgé,  à  bras  nlire,  128. 

Bouvier  (A.),  à  Paris.  —  Un  musée  munici- 
pal d'histoire  naturelle,  333. 

Brochard-Quillet,.  à  Châteaudun.  —  Le 
rhum  Joptonn,  92.—  Exposition  de  BruicU 
les,  332. 

Broquet,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Paris,  164. 

Brouhot  et  Cih\h  Vierion  (Cher).— Concours 
agricole  de  Paris,  164.—  Exposition  de  Ren- 
nes, 287.  —  Concours  agricole  de  Vesoul. 
«93.—  Exposition  de  Bourgc.%  307.  —  Ex- 
sition  du  Cycle,  553* 

Bruel  riLs,à  SouiUac(Lot).—  Exposition  de 
Bruxelles,  332. 

Brusson  jeunes,  à  Villemur  (Haute-Garon- 
ne).— Exposition  de  Bruxelles,  266. 

Bures,  à  Caen.—  Concours  agricole  de  Paris, 
178.—  Exposition  de  Bruxelles,  332. 


Carré  fils  aîné  et  Cie,  à  Paris. —  Concours 

agricole  de  Paris,  164. 
Catz  van  Pbkkla.  à  Groningen  (Hollande). — 

Exposition  de  Bruxelles,  353. 
Cauvin-Yvose  (E.),  à  Paris.  —  Exposition  ré- 
gionale de  Rennes,  1897,  233. —  Exposition 

de  Bruxelles,  398. 
Cazaubon   et  fils,  à  Paris. —  Concours  agri- 
cole de  Paris,  i63. 
Cerckel,  à  Paris.  —  Salon  de  Cycle,  33o. 
ChaÎzs  ainé«  à    Bellevue-la-*Digonnière,   près 

Saint-Etienne   (Loire).  —   Exposition     de 

Bruxelles,  333. 
Chalut- Vomr,   à  Tours.  —   Exposition    de 

Bruxelles,  333. 
Chambon,  â  Saint*< iéré  (Lot).  —  Exposition 

industrielle  de  Vesoul,  295.  . 
Chambrbtte-Bellon,  à  Bèze  (Côte-d'Or).  — 

Exposition  industrielle  de  Vesoul,  293. 
Champenois-Rambeaux,  à  Cousances-aux-For- 

ges  (vVieuse). —  Concours  agricole  de  Parts, 

i63. 
Chandora,  à  Moissy-Cramayel  (Ssine-et-Mar- 

ne). —  Concours  agricole  de  Paris,  i63.  — 

Exposition  de  Bruxelles,  267. 
Chanée  (Léon)  et  Cie  à  Paris.— Exposition  de 

Bruxelles,  207. 
Charlent  (Isidore),  à  Gembloux  (Belgique)— 

Exposition  industrielle  de  Vesoul,  296. 
Chatknay  (Samuel),  propriétaire   viticulteur, 

à    Neufohâtel   (Suisse).    —    Exposition   de 

Bruxcll'îs.  39S. 
Chalmeil  (A.),  à   P.iris.  —   Terres    cuites  et 

faïences  a  décors  héraldiques,  80. —  Carac- 
tères d'imprimerie  en  terre  cuite  pour  atlî- 

ches,  223. 
Chaumeil  (Amédée),  pharmacien,  à  Annonay 

(Ardèche). —  Exposition  de  Bruxelles,  333. 


567 


JOUBNAL  MENSUEL  DE  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


568 


Chauvin,  à  Paris.—  Exposition  de  Bruxelles, 
399. 

CHEVALiER,à  Puteaux. —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 354» 

Chiffemann  (Eusèbe),  à  Lisieux  (Calvados). — 
Exposition  régionale  de  Rennes  en  1897, 
260. —  Exposition  industrielle  de  Vesoul, 
296. —  Exposition  de  Bruxelles,  354. 

Ghorel  et  Escorbu,  à  Saint-Etienne.  —  Ex- 
position de  Bruxelles,  355. 

CoLMAN,  à  Norwich  (Angleterre).  —  Exposi- 
tion de  Bruxelles,  267. 

Comité  des  Récompenses.  —  Réunion  du  22 
février  it'97,  49. 

Commerce.  —  Le  Commerce  extérieur  de  la 
France,  93. —  Le  Commerce  de  l'Angleterre 
et  la  concurrence  étrangère,  94. —  Le  Com- 
merce extérieur  de  la  France,  139.  —  Le 
Commerce  extérieur  de  la  Suisse,  140. — 
Les  Exportations  comparées  de  l'Angle- 
terre, de  l'Allemagne  et  de  la  France,  140. 
—  Le  Commerce  extérieur  de  la  France, 
188.—  Le  Commerce  extérieur  de  la  Fran- 
ce, 239. —  L'exportation  des  vins  français, 
239. —  Le  Commerce  extérieur  de  la  Fran- 
ce, 283. —  Les  Exportations  de  la  France 
en  Russie,  285. —  Le  Commerce  extérieur 
de  la  France,  323. —  Le  Port  de  Dunkerque 
et  les  Importations  de  là  Républiaue  Ar- 
gentine, 326. —  Les  Progrès  des  Exporta- 
tions de  l'Allemagne  en  i8q5,  32q.  —  Le 
Commerce  extérieur  de  la  Répubîicjue  Ar- 
gentine, 33o. —  Le  Commerce  extérieur  de 
la  France,  383. —  Le  Commerce  eiciérieur 
de  la  France,  421. —  Etude  de  la  situation 
économique  par  M.  Jules  Rocher,  député 
delà  Savoie,  422. —  Le  Commerce  exté- 
rieur de  la  France  pendant  les  neuf  pre- 
miers mois  de  1897,  469.  —  Le  Commerce 
général  de  la  France  en  1896,  471. —  Le 
Commerce  extérieur  de  la  France  pendant 
les  dix  premiers  mois  de  1897,  5 11.  —  Le 
mouvement  de  la  navigatioii  française  en 
1896,  5 12. —  Le  mouvement  du  cabotage 
pendant  Tannée  1896,  519. —  Le  commerce 
extérieur  d^  la  France  pendant  les  onze 
premiers  mois  de  1897,555. —  Le  commer- 
ce comparé  de  la  France,  de  l'Angleterre  et 
de  l'Allemagne,  557. 

Conseil  d'administration.  —  Séance  du  26 
janvier,  9. — Séance  du  20  octobre  1897, 433. 

CoNZA,  à  Paris. — Exposition  de  Bruxelles,  268. 

Cornu,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxelles, 
268.' 

CossÉ-DuvAL  ET  Ci«,  à  Nantes.  —  Exposition 
de  Bruxelles.  355. 

CoTTANCE,  Bagot  bt  Cie,  à  Paris.  —  Exposi- 
tion de  Bruxelles,  355, 

CusENiER,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 355. 


Dard  (L.),  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Paris,  166. —  Nomination  comme  Président 
de  la  Société,  434. 


Dard  (L.  G.).  —  Salon  du  Cycle,  549. 

Dechambenoit  et  Cie,  à  la  Pipée,  par  Fonte- 
noy-le-Chàteau  (Vosges).—  Exposition  de 
Vesoul,  296.—  Clouteries  mécaniques  pour 
chaussures,  372. 

Demarco  et  Miret,  à  Montevideo  (Uruguay). 
—  Confiserie  américaine  et  conserves  de 
fruits,  i35. 

Denis,  Benoist  et  Cie,  à  Roubaix.  —  Expo- 
sition de  Bruxelles,  356. 

Dewar  (MM.  John  et  fils),  distillateurs  à 
Perth  (Ecosse).—  Le  Whiskey,  89.  —  Ex- 
position de  Bru^^elles,  268. 

DiKANsxY  (H.J,  à  Kharkov  (Russie).  —  Vernis 
pour  meubles,  82. 

Distinctions  honorifiques  accordées  a»ix 
membres  de  l'Académie  nationale,  11,  i56, 
293. 

DornieR'Tuller,  à  Fleurier  (Suisse)  et  à 
Pontarlier  (France).  —  Exposition  Indus- 
trielle de  Vesoul,  297. 

DuBAiL,  MoNNiN,  Frossard  ET  CiE,  à  Pvirreo- 
truy  (Suisse).  —  Exposition  de  Bruxelles, 
268. 

Dumont  ET  CiE,  aux  Andelys  (Eure).  —  Ex- 
position régionale  de  Rennes  en  1897,  252. 

DuPERRAT  FILS  (Paul),  à  Nevers.  —  Travaux 
en  ciment  à  armature  m  étallique  rivée  et 
treillagée,  i83. 

DuPRAT  (Georges)  et  Cie,  à  Bordeaux. —  Ex- 
position de  Bruxelles,  356. 


Egrot  et  Grange,  à  Paris. —  Concoursagri- 
cole  de  Paris,  166.  —  Exposition  de  Vesoul, 
97. 

Eluott,  à  Bornel  (Oise).— Concours  agrico- 
le de  Paris,  167. 

Expositions  et  Concours.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  11,  180,  23i,  262,  347,  393,  461, 
486.  —  Exposition  Industrielle  à  Vesoul 
(Haute-Saône),  73.—  Exposition  Régionale 
à  Gap  (Hautes- Alpes),  73.—  Une  expositio  n 
dans  l'Amérique  Centrale,  à  Guatemala, 
en  1897,  règlement  général,  75.  — Expo- 
sition industriel  de  Vesoul,  i3i.  —Con- 
cours agricole  de  Paris,  i56.  —  Expo- 
sition de  Genève  en  1896^  179,  —  Exposi- 
tion d'horticulture,  à  Pans,  245.  --  Expo- 
sition régionale  de  Rennes  en  1897,  247.  — 
Exposition  internationale  d'Arcachon,  279, 
—  Exposition  universelle  de  1900,  280.  — 
Concours  agricole  et  exposition  industrielle 
de  Vesoul  (Haute-Saône),  293.—  Récom- 
penses obtenues  par  nos  sociétaires  à  VEx- 
position  industrielle  ds  Vesoul,  3o5. —  Ex- 
position régionale  de  Bourges,  3o6.—  Expo- 
sition internationale  a  Bordeaux,  464. —  Les 
comités  d'Admissions  à  l'Exposition  de 
1900,  464. —  Le  concours  agricole  de  Paris 
en  1898,  485.—  Les  Palais  de  l'Exposition 
de  1900,  489.  —  Exposition  de  1900  (Ren- 
seignements divers),  000.  —  Cinquième  Sa- 
lon du  Cycle,  000.  —  Exposition  du  Cycle, 
000. 


56D 


TABLK   DES    UATIERES. 


570 


F.uicoT,  à  Saini-Ouen  (Seine).—  Machines  à 
fapeur  et  matériel  électrique,  207. 

Ferry,  à  Vesoul . —  Exposition  industrielle 
de  Vesoul,  297. 

Flihois  (Octave),  à  Flavy-le-Martel  (Aisne). — 
Exposition  de  Bruxelles,  357. 

Fontaine  (L.),  professscur  à  l'école  pratique 
des  Faurelles  (Charente). —  Instruments  et 
appareils  d'aviculture  de  M.  Philippe,  à 
Houdan    (Seine-et-Oise),   communication, 

FoNTANA,  imprimeur-éditeur,  à  Alger.—  Ex- 
position de  Bruxelles,  400. 

FoRNET,  à  Bourg  (Ain).—  Les  Emaux  Bres- 
sans, 3i8.—  Nécrologie,  33i.  —  Exposition 
de  Bruxelles,  358. 

Fortin,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxelles, 
269. 

Fortin,  à  Clermont  (Oise).  —  Exposition  de 
Bruxelles,  358. 

Francq  (Léon),  à  Paris.  —  La  traction  méca- 
nique des  tramways  ;  avantages  du  sys- 
tème des  locomotives  sans  foyer,  216. 

Fritsch  du  Val  et  Cie,  seuls  dépositaires 
à  Bordeaux.  —  Liqueurs  fines  de  la  Marti- 
nique, i3i. 

FkY  ET  FILS,  à  Bristol  (Angleterre),  —  Expo- 
mion  de  Bruxelles,  269. 


Gariel,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Paris,  i67. 

Gautreau,  à  Dourdan  (Seine-et-Oise).  -;- 
Concours  agricole  de  Paris,  167.  —  Exposi- 
tion de  Bruxelles,  269. 

Geisler,  aux  Chatelles,  par  Raon-l'Etape 
(Vosges).  —  Exposition  ae  Bruxelles,  400. 

Giron  frères,  à  Saint-Etienne.  —  Exposi- 
tion de  Bruxelles,  269. 

Godard,  à  Aillevillers  (Haute-Saône).  —  Ex- 
position industrielle  de  Vesoul,  297. 

GoDBFROY,  à  Orbiquet  (Calvados).  Concours 
agricole  de  Paris,  178.  —  Exposition  de 
Rennes,  260. 

GouRDON,  à  Lyon.  —  Exposition  de  Bru- 
xelles, 359. 

Gouttière,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 270. 

Greffier,  à  Paris.  — Appareils  pour  la  fabri- 
cation des  eaux  et  boissons  gazeuses,  539. 

Grillot,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Paris,  168. 

Grobet  frères,  à  Vallorbes  (Suisse).  —  Ex- 
position de  Bruxelles,  270. 

Gross,  à  Gouhenans  (Haute-Saône).  —  Ex- 
position industrielle  de  Vesoul,  297.  — 
Exposition  de  Bruxelles,  401. 

Grosselin  père  et  fils,  mécaniciens  à  Sedan 
(Ardennes).  —  Exposition  de  Bruxelles, 
270. 


Grossot,  à  Paris.  —  Salon  du  Cycle,  55 1. 

Cruel  (I-éon),  à  Paris.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  271. 

GuÉRET,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxelles, 
359. 

Guilbert-Martin,  à  Saint-Denis  (Seine).  — 
Exposition  de  Bruxelles,  271. 

GuiLLABBRT  FRERES,  à  Scillans  (Var) .  —  Ex- 
position industrielle  de  Vesoul,  29S. 

GuiLLON  (G.),  à  Salon  (Bouches-du-Rhône). 
— Les  huiles  immuables,  83. 

Guillemet  et  Cie,  à  Paris.  —  Concours  agri- 
cole de  Paris,  108. 


H 


Hauton,  à  Saint-Nazaire.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  271. 

Heinrichs,  à  Hodimont-Verviers.  —  Exposi- 
tion de  Bruxelles,  271,  401. 

HBNRicET,à  Nantes.  —  Exposition  de  BruxeN 
les,  272. 

Herzog  (Auguste),  docteur  ès-sciences.  — La 
sidération  ou  fumure  verte,  communication 
à  la  Société  des  sciences,  ai^riculture  et  arts 
de  la  Basse -Alsace,  à  Strasbourg,  97. 

Hessblink  frères,  à  Arnhem  (Hollande).  — 
Exposition  de  Bruxelles,  359. 

HiRT  (Albert),  à  Paris.  —  Concours  agricole 
de  Paris,  169. 

HuRLOT,  à  Paris. —  Exposition  de  Bruxelles, 
272. 

Industrie.  —  Bijoux  et  ouvrages  artistiques 
en  cheveux  de  M.  Jeaudonnenc,  bijoutier, 
fabricant-dessinateur  en  cheveux,  passage 
du  Havre,  39  à  43,  à  Paris,  jy.  —  Terres 
cuites  et  faïences  à  décors  héraldiques  de 
M.  A.  Chaumeil,  97,  avenue  d'Italie,  80. 
—  Vernis  pour  meubles  de  M.  H.  Dikansk>r, 
à  Kharkov  (Russie).  —  Un  moteur  rotatif 
idéal,  119.  —  Essieux  de  voitures  à  roule- 
ments sur  billes  de  MM.  Martin,  Maitte  et 
Huberland,  à  Pont-sur-Sambre  (Nord), 
122.  —  Carreaux  agglomérés  à  base  de  cuir 
comprimé,  de  M.  Eugène  Boehm,  à  Mul- 
house (Alsace-Lorraine),  I25.— Poulies  de 
transmission  en  fer  forgé  à  bras  olive  de 
M.Martial  Bourgnet,  19,  rue  des  Envierges, 
à  Paris,  128.  —  Produits  de  parfumerie  de 
la  fabrique  de  La  Cruz  del  Canwo  de  M. 
Diego  Léon  Sotelo,  à  Séville  (Espagne), 
129.  —  Le  moteur  rotatif  Brambel,  180.  — 
Travaux  en  ciment  à  armature  métallique 
rivée  ettreillagée  de  M.  Paul  Duperrot  fais, 
à  Nevers,  i83.  —  Travaux  de  fumisterie 
sur  bases  scientifiques  et  raisonnées  de 
M.  Eugène  Venet,  2i6,route  de  Bayonne,  à 
Bordeaux,  184.  —  La  fabrication  de  la 
bière  dans  le  monde.  —  Le  développement 
industriel  de  la  Russie,  2o3.  —  Macnines  à 
vapeur  et  matériel  électrique  de  la  maison 
Farcot,  à  Saint-Ouen  (Seine),  207.  —  La 
traction  mécanique  des  Tramways  :  avan- 
tages du  système  des  locomotives  sans 
foyer,  de  M.  Léon  Francq,  à  Paris,  216.  — 


571 


JOUEMAL  MENSDKt  DE  L' ACADEMIE  NATIONALE. 


572 


Caractères  d'imprimerie  en  terre  cuite  pour 
impression  d*afnches,  de  M.  Chaumeil,  ce* 
ramiste,  avenue  d*Italie,  07,  à  Paris,  223.— 
Catalogue  de  la  Société  des  inventions  bre 
•  vetées  (nouveautés  pratiques,  utiles  ou 
agréables)^Directeur  M.  Kratz-BoussaC,  in- 
génieur civil,  i3,  rue  Saint-Laurent  et  17, 
rue  des  Récôllets,  à  Paris,  226.  —  Propul- 
sion des  navires  au  moyen  de  turbines  a 
vapeur,  228. —  Ferronnerie  d'art  de  M. 
LouisTellier  aîné,  177,  rue  Léon  Gambetta, 
à  Lille,  281.  —  Projet  de  création  d*un 
chemin  de  fer  à  voie  étroite,  reliant  les 
villes  d'Alpnach,  Stans  et  Altorf  et  longeant 
la  rive  méridionale  du  lac  des  Quatre-Can- 
tons,  par  M.  Lussy,  ingénieur  à  Brienz 
(Suisse),  309.  —  La  Houille,  3i6.  —  Les 
émaux  bressans,  3 18.  —  Moteur  à  ammo- 
niaque pour  tramwavs,  322.  —  Poids  en 
verre,  323.  —  La  proauction  du  cuivre  en 
1896,  324. —  Manufacture  de  tôlerie  de  M. 
Léon  Parisse,à  Larriëre,  près  du  Val  d*Ajol 
(Vosges),  369.  —  Clouteries  mécaniques 
pour  chaussures  de  MM.  Dechambenoit  et 
Gie,  à  la  Pipée,  par  Fontenoy-le-Château 
(Vosges),  37a. — Appareil  de  sauvetage  en  cas 
d*incendie,  de  M.  Paloux,garde  d* Artillerie, 
chef  artificier,  à  Oran  (Algérie).  372.—  Pro- 
duits spéciaux  pour  beurreries  et  fromage- 
ries de  M.  Charles  Jeanneau  à  Janzé  (Ille- 
et-Vilaine),  375.  —  La  conservation  du 
beurre  frais,  378.  —  La  production  de  Tor 
et  de  l'argent  en  Russie,  38o.  —  La  pro- 
duction industrielle  des  principales  nations, 
407.  —  Les  hautes  maisons  et  les  asccn* 
seurs  aux  Etats-Unis  (extrait  du  bulletin  de 
la  Société  des  Ingénieurs  civils),  409.  — 
Projet  d'exploration  du  pôle  Nord,  au 
moyen  d^aérostats  libres,  pourvus  d'appa- 
reils photographiques  et  scientifiques  enre- 
gistreurs, par  M.  Paloux,  garde  d  artillerie, 
chef  artificier  à  Oran,  410.—  La  métallur- 
gie de  fer  aux  Etats-Unis,  4*39.  —  L'électri- 
cité à  Paris,  495.  —  Le  Péeamoïd,  499.  — 
Omnibus  automobile  de  M.  Tenting,  46, 
rue  Curial,  à  Paris,  5o6.  —  La  production 
du  fer  dans  le  monde,  5o8.  —  Appareils 
pour  la  fabrication  des  eaux  et  boissons 
sazeuses,  de  M.  Greffier,  à  Paris,  53q.  — 
Manufacture  de  chicorée  torréfiée  de  M.  Le- 
grand-Baboye,  à  Fresnes,  540.  —  L'indus- 
trie lyonnaise  des  soiries,  543. 


jACQUEMiN,à  Malzéville  (Meurthe-et-Moselle). 

—  Concours  agricole  de  Paris,  178.  —  Ex- 
position de  Rennes,  261.  —Emploi  ration- 
nel en  vinification  des  levures  pures  sélec- 
tionnées, 289. 

Jannbl  frîcres.  à  Martinville  (Vosges).— Con- 
cours agricole  de  Vesoul,  298. 
Jbanneau  (Charles),  à  Janzé  (Ille-et-Vilaine). 

—  Produits  spéciaux  pour  beurreries  et 
fromageries,  375. 

JfiAUDONNBNc,  à  Parîs.  —  Bijoux  et  ouvrages 
artistiques  en  cheveux,  'j'j. 


Jbknek  à  Bruxelles. —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 273. 

JoAifNE,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxelles, 
3Ô0. 

JuLLiEN  (H.),  à  Bruxelles.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  36o 

K 

KoHLER  et  fils  (Amédée),  à  Lausanne.  —  Ex- 
position de  Bruxelles,  273. 

Kratz-Boussac,  à  Paris.  —  Catalogue  de  la 
Société  des  inventions  brevetées  (Nou- 
veautés pratiques,  utiles  ou  agréables),  236. 

KrUsi  (D'I,  à  Gois,  près  Saint-Gall  (Suisse). 
—  Exposition  de  Bruxelles,  401. 


Lagache,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Paris,  178. 

Lapasset,  fabricant  de  papiers  à  cigarettes,  à 
Perpignan.  —  Exposition  industrielle  de 
Vesoul,  298. 

Laurent-Colas«  à  Bogny-sur-Meuse  (Arden- 
nes).—  Exposition  de  Bruxelles,  36i. 

Lefebvre  (Isidore),  à  Nesle-Hodeng,  par 
Neufchâtel-en-Bray  (Seine-Inférieure).  — 
Exposition  régionale  de  Rennes  en  1897, 
259. 

Legrand-Baboye,  à  Fresnes  (Nord).  —  Ma- 
nufacture de  chicorée  torréfiée,   540. 

Lemaitre  (Albert),  carrossier-sellier  à  Alen- 
çon. —  Exposition  régionale  de  Rennes  en 
1897,  25 I. 

Leborgne  (Ferdinand),  fabricant  de  tapis  et 
d'étoffes  d'ameublements,à  Lannoy  (Nord). 
—  Exposition  de  Bruxelles,  273. 

LiNDET  iL.).—  Culture  de  vignes  chinoises  et 
japonaises,  à  Damigny(Orne),  communica- 
tion à  l'Académie  des  sciences  (Séance  du 
i3  mars  1897),  144. 

Liste  générale  dos  membres  de  TAcadémie 
inscrits  à  la  date  du  !•'  janvier  1897,  17. 

Liste  générale  alphabétique  des  membres  de 
la  Société  admis  pendant  l'année    1897,1000. 

LussY,  ingénieur  à  Brienz  (S'iisse).  —  Projet 
de  création  d'un  chemin  de  fer  à  voie  étroi- 
te, reliant  les  villes  d'Alpnach,  Stans  et  Ai* 
torf  et  longeant  la  rive  méridionale  du  lac 
des  Quatre-Cantons,  309. 


M 


Magnier  aine,  à  Rosoy,  par  Hortes  (Haute- 
Marne).—  Exposition  industrielle  de  Ve- 
soul, 299. 

Magot  (Adrien).—  Exposition  industrielle  de 
Vesoul,  3oo. 

Mablot.  à  Entrains  (Nièvre).  —  Concours 
agricole  de  Paris,  178. 

Marti  (Fritz),  à  Winterthur.  —  Emploi  de  la 
litière  de  tourbe  pour  le  bétail,  387. 


j73 


T4BLË  DBS    MATIÈRES. 


574 


Martik,  Maitte  et  Uubkrland,  à  Poni-sur- 
Sambrc  (Nord).  —  Essieux  de  voitures  à 
roulements  sur  billes,  12a. —  Exposition 
de  Bruxelles,  36 1, 

Mathes  (Armand),  h  Fontenoy-le- Château 
(Vosges!.—  Exposition  industrielle  de  Ve- 
soûl,  3oa. 

Maujean   (L.),   pharmacien-chimiste    de   f* 
classe,  à  Sermaize  (Marne). —  Le  vin  Mau* 
I      jwn,  443. 

I    MAuom,  à  Paris. —  Exposition  de  Bruxelles, 
274. 

Mkua,  à  Alger. —  Exposition  de  Bruxelles, 
403. 

MiBciER,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Ptris,  170. 

Mercier  et  Cie,  à  Epernay.—  Exposition  in- 
dustrielle de  Vesoul,  3o3. —  Exposition  de 
Bruxelles,  36 1. 

Mébé  de  Chantilly,  à  Orléans. —  Exposition 
de  Bruxelles,  362. 

MiKc  (Albert),  consul  de  la  Républic|ue  Ar- 
gcmîne  à  Dunkerque.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  362. 

Montandon,  à  Vernon  ',Eure).  —  Concours 
tgricole  de  Paris,  171. 

Moqi'et-Lesage,  directeur  de  la  confiturerie 
de  Saint-James,  à  Paris.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  362. 

Mousset,  à  Angoulême.  —  La  Présidente,  li- 
queur tonique  et  digestive,  i33. 

MuNTZ  (A.)  et  E.  Rousseaux.  —  Nouvelles 
études  sur  la  vinification  et  sur  la  réfrigé- 
ration des  moûts,  339. 

N 

Maeyer  (de)  et  Cie,  à  Willebroek  (Belgique). 
—  Exposition  de  Bruxelles,  274. 

Navarro,  à  Sidi-bel-Abbès.—  Exposition  de 
Bruxelles,  402. 

Nécrologie.—  M.  Paul  Giffard.  188.  —  M. 
Amédée  Fornet,  bijoutier  à  Bourg  (Ain), 
33i.—  M.  Tabourier,  à  Paris,  537. 

Nobl  (Paul),  directeur  du  Laboratoire  régio- 
nal d'entomologie  agricole,  à  Rouen  (Seme- 
Inférieure). —  Les  fourmis  ot  leurs  ravages, 
moyens  de  s'en  préserver,  391.  —  La  ché- 
matobie  du  pommier,  484. —  Un  ennemi  de 
Il  pomme  de  terre,  33 1. 

Nordenfelt  (de),  à  Paris.  —  Concours  agri- 
cole de  Paris,  175.— Exposition  de  Bruxel- 
les, 363, 


Olivari,  à  Nice.—  Exposition   de  Bruxelles, 

363. 


Palous,  sarde  d'artillerie,  cbef  artificier,  à 
Oran  {Algérie).—  Appareil  de  sauvetage  en 
cas  d'incendie,  372.—  Projet  d'exploration 
du  pôle  Nord  au  moyen  d'aérostats  libres, 
pourvus    d'apparvils    photographiques    et 


scienti(i«^ues  enregistreurs,  416.  —  Insub* 
mersibilité  des  navires,  réduction  du  tirage 
et  facilité  d'évolution,  projets  et  considéra* 
tions,  447. 

Parandier(A.  N.),  Inspecteur  général  de  %*• 
classe  des  Ponts-et-Chaussées  en  retraite, 
commandeur  de  la  Lé};ion  d'honneur,  mem- 
bre  de  la  Société  nationale  d'agriculture  de 
France,  etc.,  aux  Tourillons,  par  Arbois 
(Jura). —  Considérations  sur  la  nécessité  de 
régénérer  l'Agriculture,  198. 

Parisse  (Léon),  à  Larrière,  près  le  Val-d'Ajol 
(Vosges).  —  Exposition  de  Vesoul,  3o3.  — 
Manufacture  de  tôlerie,  369. 

Paupier  (Léonard),  à  Paris.—  Concours  agri- 
cole de  Paris,  17  t. 

Paupy  frbres, à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 276. 

Pellisson  père  et  Cib,  à  Cognac.  —Exposi- 
tion régionale  de  Rennes  en  1897,  247.  — 
Exposition  de  Bruxelles,  363. 

PÊRiN  frères,  à  Charleville  (Ardennes).  — 
Concours  agricole  de  Paris,  172.  —  Expo- 
sition de  Vesoul,  304. 

Phillippe  (Jules),  à  Houdan.  —  Concours 
agricole  de  Paris,  172.  —  Exposition  de 
Rennes,  238. 

Picard  (Les  fils  de  Léopold),  à  Paris.—  Ex- 
position de  Bruxelles,  336. 

Pollet  (Alphonse),  à  Tourcoing.  —  Exposi- 
tion de  Bruxelles,  364. 

Pollet  (Albert),  à  Tourcoing.  —  Exposition 
de  Bruxelles,  364. 

PopoFF  (Georges  Iv.)  et  Cie,  à  Sofia  (Bulgarie) 
—  Exposition  de  Bruxelles,  402. 

Poppe-Beutels,  fabricant  de  chicorée,  à  Lo- 
keren  (Belgique). —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 4o3. 

Porcar  y  Tio  (Manuel),  à  Barcelone  (Espa- 
gne).— Exposition  de  Bruxelles,  404. 

Produits  alimentaires. —  Les  huiles  immua- 
bles de  M.  C.  Guiilon,  propriétaire,  à  Sa- 
lon {Bouches-du-Rhône|,83.  -  Le  Whiskev 
de  MM.  John  Dewar  et  fils,  distillateurs  à 
Perth  (Ecosse),  89.  —  Le  rhum  Joptonn 
(old  Jamaïca  ru  m),  de  M.  Brochard-Qui- 
let,  à  Chàteaudun,  dépositaire  pour  la  Fran- 
ce et  les  colonies,  92.  -»  Liqueurs  fines  de 
la  Martinique  de  MM.  Fritsch  du  Val  et 
Cie,  seuls  dépositaires  à  Bordeaux,  i3i.  — 
La  Présidente,  liqueur  tonique  et  digestive 
de  M.  Mousset,  19,  rue  des  Boissieres,  à 
Angoulême,  i33.  —  La  confiserie  Améri- 
caine et  les  conserves  de  fruits  de  MM.  De- 
marco  et  Miret,  à  Montevideo  (Uruguay), 
i33. 

Produits  pharmaceutiques.  —  Le  vin  Mau- 
jean  de  M.  L.  Maujean,  pharmacien-chi- 
miste de  ir«  classe,  à  Sermaize  (Marne),  443. 

Pruvost,  à  Paris.—  Exposition  de  Bruxelles, 
364. 


Rabourdin,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 363. 


575 


JOURNAL    IIKNSUICL  DK  L  ACADEMIK   NATIONALE. 


:»7ti 


Raynal  et  RoQi'KLALRK,  à  Capdenac  (A.vey- 
ron).  —  Exposition  de  Bruxelles,  365. 

RÉCOMPENSES  décernées  par  rAcadémie  Natio- 
nale, liste  des  lauréats,  Sg. 

Richard  (Jules),  à  Paris.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  276. 

RîCQLÊset  (liE  à  Lyon.  —Exposition  de  Bru- 
xelles, 276. 

Rochat,  au  Pont,  vallée  de  Joux  (Suisse).  — 
Exposition  de  Bruxelles,  404. 

VveRoGÉE  ET  Monnet,  à  Cognac.  —  Exposi- 
tion industrielle  de  Vesoul,  304.  —  Expo- 
sition de  Bruxelles,  366. 

Roussel  (Valentin)  et  fils, à  Roubaix,  —  Expo- 
sition de  Bruxelles,  367. 

Rousset,  à  Saint- Victor-sur- Loire  (Loire),  — 
Concours  agricole  de  Paris,  172. 

RucH,  directeur  de  la  Société  française  des 
couleurs  d'aniline,  à  Paris.  —  Exposition 
de  Bruxelles,  277. 

RuMPP,  directeur  de  la  Société  Le  Progrès  in- 
dustriel, à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 366. 


Saixes  (les  fils  de  L.),  à  Paris.  —  Exposition 
de  Bruxelles,  357. 

Schmautz  (Charles),à  Paris.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  278. 

Segaust,  à  Saint-Denis  (Seine). —  Exposition 
de  Bruxelles,  367. 

Séguin,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Paris,  173. 

Séguin,  à  Bordeaux.  —  Exposition  de  Bru- 
xelles, 277. 

Segundo-Imbbrt,  à  Puerto-Plata  (République 
Dominicaine)  —  Exposition  de  Bruxelles, 
401. 

Simon  frères,  à  Cherbourg.  —  Concours 
agricole  de  Paris,  178.  —  Exposition  de 
Rennes,  258.  —  Exposition  de  Bruxelles, 
277. 

SoKOLNiCKi  (J.  de),  à  Chinchon,  par  Castillon 
(Gironde).  —  Incubateur  automatique  de 
haute  précision,  69.  —  Influence  de  la  lu- 
mière violette  sur  la  croissance  de  certains 
jeunes  animaux,  70.  —  La  lutte  contre  les 
maladies  de  la  vigne,  193. 

SoTELO  (Léon  Diego),  à  Séville  (Espagne).  — 
Produits  de  oarTumerie  de  la  fabritjue  de 
La  Cruxiel  Campo,  129. 

Sturm,  directeur  de  la  Société  française  du 
carbonyle.  —  Concours  agricole  de  Paris, 
178. 

SucHARD  ET  CiE,à  Ncuchatel  (Suisse).— Expo- 
sition de  Bruxelles,  277. 


TABOURiERD  ET  CiB,  à  Paris. —  Exposition  de 
Bruxelles,  367.  —  Nécrologie. 


Tkllier  aixé  (Louis),  à  Lille.  —  Ferronnerie 

d'art,  281. 
Tentino,  à   Paris.  —  Concours   agricole  de 

Paris.  176.  —  Omnibus  automobile,  5o6. 
Texier  fils  jeune,  à  Vitré.  —  Concours  agri- 
cole de  Paris,  i76.  —  Exposition  de   Ren- 
nes, 25o.  —  Broyeurs  de  pommes  à  cylin* 
dres  divisés,  291. 
Tison,  à  Lille.— Exposition  de  Bruxelles,  278. 
Tisserand,  dit  Jacobus  ainé^  à  Port-sur-Saôce 
,       (Haute-Saône).   —  Exposition  industrielle 
I       de  Vesoul,  304. 

I  Trespalacios  et  ALDABO,à  la  Havane  (Cuba). 
j      —  Exposition  de  Bruxelles,  404. 
i  Trouvé,  à  Paris.  —  Toast  porté  aux  fêtes  du 
cinauanteaaire  de  l'Association  des  élèves 
de  rEcole  de  Liège,  509. 


Vaissibr,  à  Roubaix.  —  Exposition  de  Bru- 
xelles. 405. 

Valtat,  à  Paris.  —  Exposition  de  Bruxelles, 
368. 

Van  Duvse  frères,  fabricants  de  bouchons,  à 
Lokeren  (Belgique).  —Exposition  de  Bruxel- 
les, 405. 

Variétés.  —  L'expédition  de  M.  Andrée  au 
pôle  Nord,  23i.  —  Un  musée  municipal 
d'histoire  naturelle,  333.  —  Insubmersibi- 
lité  des  navires,  réduction  du  tirage  et  faci- 
lité d'évolution,  proiets  et  considérations, 
par  M.  Paloux,  âarde  d'artillerie,  chef  ar- 
tificier à  Oran  (Algérie),  ^7.  — Paris-Port- 
de-Mer,  455.  —  Fêtes  du  cinquantenaire 
de  l'Association  des  Ingénieurs  de  TEcole 
de  Liége,Toastportépar  M.  G. Trouvé,  509. 

Venet  (Eugène), à  Bordeaux.  —  Travaux  de 
fumisterie  sur  bases  scientifiques  et  raison- 
nées,  184. 

Verweegkn  et  Kok,  à  Amsterdam.  —  Expo- 
sition de  Bruxelles,  368. 

Viaud,  à  Barbezieux  (Charente). —  Concours 
agricole  de  Paris,  177.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  279. 

ViBERT  FRBRES,  à  Paris.  —  Exposition  de 
Bruxelles,  279. 

ViBERT  (Paul),  à  Paris. —  Les  transports  par 
terre  et  par  mer,  tome  1, 141.— Tome  11,523. 

ViGouROux  fils,  à  Nîmes  (Gard).  —  Concouis 
agricole  de  Paris,  178. 

Visser  (Daniel)  et  fils,  distillateurs  à  Schie- 
dam  (Hollande).  —  Exposition  de  Bruxel- 
les, 36'<, 

VoLAND  (Francisque)  et  Cie,  à  Lyon. —  Expo- 
sition de  Bruxelles,  406. 

W 

WiLLiOT  FILS, à  Poix-du-Nord  (Nord).—  Ex- 
position industrielle  de  Vesoul,  3o5. 


Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Chef,  Eugânb  THlfiRY. 

C   BBIfONT  (OUB).   —  IMPBIMBBIB  PAIX  FB^M,  PLAGK  SAtMT-ANOBi,  3. 


JOURNAL  MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE  NATIONALE 

AGRICOLE,  MANUFACTURIÈRE  ET  COMMERCIALE 


SOIXANTE-HUITIÈME    ANNÉE 


CLlilililli!iT't»llSE.   —    IMPHlIfERlË   DAIX   FRÈRES,   PLACE  SAINT-ANDRK,   3. 


JOURNAL   MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE  NATIONALE 

AGRICOLE,    MANUFACTURIÈRE   ET   COMMERCIALE 


ASSOCIATION  FONDEE  A  PARIS   LE  aG   DECEMBRE   i83o 


Fondateurs  :   CESAR   MOREAU  —  AYMAR-BRESSION 


SOIXANTE-HUITIÈME  ANNÉE 


SIÈGE   SOCIAL:   66,   RUE  CAUMARTIN 

PARIS 

1898 


THE  NEW  YORK 

PUBLIC  LIBRARY 

124742 

ArrOR,  UEHOX  A  NO 
TILDEN  FOUNDATIOMai 

R        1899       L 


JOURNAL     MENSUEL   , 

DR 

L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  HANDFACTDRIiSRE  ET  COIIBRCULE 

68*  Année.  —  JANVIER  1898. 

SOMMAIRE 

téAMCC  OU  COM8EIL  D'ADMINISTRATION. 

CONVOCATION  DE  L'ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE  ANNUELLE  DES  SOCIÉTAIRES. 

DISTINCTIONS  HONORIFIQUES  aooordé«s  aux  Mombras  do  l'Académie  National*. 

AGRICULTURE.  —La  production  des  vins  et  cidres  en  1897. 

PRODUITS  ALIMENTAIRES.  —  Liqueurs  et  spiritueux  de  MM    Tratpalaolos  et  Aldabo,  à  La  Havane. 
CDMMEBCM.  —  Le  commerce  exte'rieur  de  la  France  durant  l'année  1897. 
NÉCROLOQIK.  —  M.  le  D'  Gérard. 

LISTE  GÉNÉRALE  DES  MEMBRES  DE  L'ACADÉMIE  AGRICOLEi  MANUFACTURIÈRE  ET  COMMER- 
CIALE. 

SÉANCE  DU  CONSEIL  D'ADMINISTRATION 


Le  Conseil  d'administration  de  la  Société  s*est  réuni  au  sièj[e  social,  le  jeudi  20  jai\vier 
sur  convocation  de  M.  le  Président,  conformément  à  la  prescription  de  Tarticle  XIV  des 
Statuts. 

Au  nom  du  Comité  de  Contrôle  administralii  et  financier,  M.  Léopold  Degoix,  membre 
«le  ce  comité,  a  présenté  un  rapport  résumant  les  comptes  de  l'exercice  écoulé  et  concluant 
à  l'approbation  de  la  gestion  de  la  Société  pendant  l'année  1897.  Ce  rapport  a  été  approuvé 
à  lunanimité. 

Le  C!onseil  a  fixé  au  vendredi,  25  février,  à  2  heures  précises.,  la  date  de  l'Assemblée 
générale  annuelle  des  Sociétaires  qui  se  tiendra  au  siège  social. 


CONVOCATION  DE  L'ASSEMBLÉE  GÉNIîRALE  ANNUELLE 

DES    SOCIÉTAIRES 


En  conformité  de  Tarticle  XV  des  statuts  et  suivant  décision  prise  dans  la  séance  du 
20janYierl898,le  Conseil  d'administration  convoque  les  membres  de  T  Académie  nationale 
agricole,  manufacturière  et  commerciale,  en  assemblée  générale  annuelle,  au 
siège  de  la  Société,  pour  le  vendredi  25  février  1898,  à  2  heures  précises  del'après- 
midi. 

lie  présent  avis  doit  tenir  lieu  de  lettre  de  convocation. 


.  11 


JOURflAL  mNSDBL  0B   L'aGADÉMUI  NATiONALK. 


DISTINCTIONS   HONORIFIQUES 
ACCORDÉES  AUX  MEMBRES  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE 


Par  décret  du  Président  de  la  Républi- 
que en  date  du  31  décembre  1897,  rendu 
sur  la  proposition  du  Ministre  du  commerce 
et  de  Tindustie,  à  Toccasion  de  l*exposition 
de  Bruxelles,  ont  été  promus  ou  nommés 
dans  Tordre  de  la  Légion  d'Honneur  : 

Au  grade  d* officier  : 

M.  Gautreau  (Théophile),  constructeur- 
mécanicien  à  Dourdan  (Seine-et-Oise).  Pré- 
sident honoraire  de  la  chambre  syndicale 
des  constructeurs  de  machines  agricoles. 
Membre  des  comités  d'admission  de  Paris, 


Moscou,  Chicago  et  Bruxelles.  Meaibre  di 
jury  international  à  Bruxelles.  Exposan 
hors  concours.  Chevalier  du  13  juillet  1881 

Au  grade  de  chevalier  : 

M.  Gouttière  (Edmond-Louis-Henri),  fac 
teur  de  pianos  à  Paris.  Vice-présideot  de  h 
chambre  syndicale  des  instruments  de  mu 
sique.  Médaille  d'or  à  VExposition  uni  ver 
selle  de  Paris  1889.  Grands  prix  aux  exposi 
lions  d'Anvers  et  d'Amsterdam.  Metnbn 
du  jury  à  l'exposition  de  Rouen  Granc 
prix  à  Vexpositionde  Bruxelles. 


AGRICULTURE 


LA   PRODUCTION  DES  VINS  ET   CIDRES 
EN  1897. 


Svftrisiti  en 
«igné!. 


Tiatiê 


kMtaUtiM. 
24.333.000 
30.)02.0<)0 

.'^O.l^O.OJO 
«9.0S5.000 
50.0î0.00<» 
39.<5:^.0O«> 
2^.688.000 
44.6,')6.0(>0 


__  I  Metim. 

I    1887 1.944.150 

Le  Bulletin  de  statistique  du  Ministère      }^ \ 'f\^^^ 

des  finances  a  publié  les   i'enseignemenls     18^)!!. !!!.'!....'.'!  i.8i6..'>i4 

suivants  concernant  la  rétoUe  des  vinsel  i  jg^l;;     ••  ••     •  î '7^12^88 

des  cid res en  1 897  :  :  i m'. V.'.'.W \ \ . \\\  1  *. 7im '. m 

.          ^           I    1894 1. 706.811 

Vlfis.  ^  Les  efibrls  de  la  Viticulture  pour     1895 1.74^.002 

reconstituer  le  vignoble  se  manifestent  par  •  ^^^"^ ^'^^^''^^^ 

des  augmentations  de  la  superficie  produc-  '      Moyennes 1.8O0.359 

tive  dans  27  départements.  Toutefois,  dans  '  1897  (lo  premiers 

„              ,,        ,                    ,^             ,.                         ,  '       uaoïs) 1.689.93Î 

1  en:>emble,  les    arrachages  1  ont  emporté  ; 

sur  les  jïlahtfttions  nouvelles  et    l'étendue  1  vim  d«  toutti  torttt 
totale  du   vignoble   français  a  diminué  en 

1897  de  39,502  hectares  ;  ellfe  m  aujOU^  '           ^^  im,prUiio«». 

d'hui  de  1,688,931  hectares.                         .]       ^  h«toUtr.8 

La   production   toUle  s'étant    élevée  à  î  1888'.;..; ;;.;;;;.*;  i2'o(u'ooo 

82,350,722 hectolitres,  le  rendement  moven  I  \^^'>Z\\\\V.\'..\\  io'4ro.ooo 

ft  rhettifti-e,  pous  Tannée  1897,  resFoMft  20     mîi:::::;:::*;:';  1078*000 

hectolitres, BOlt une  dimitrutlon  deô  hecto-  '  \f^^ "••.  i'^^}^^l 

IIH*B8 par  rapport  à  la  quotité  du  rendement  '  imm!;. ;.';;;..'.;;;  4^^2000 

•"«y«"  <»«  i89«-  :  i>t;-:::::::::::  I^^Z 

Voici  quel  a  élé,  depuis  1887,  le  inouw^  ^     ^^          -^-j^;^ 

ment  de  la  production,  de  1  importation  et  ,  ,^,,,  ..^ 

.    ,,  .     .        j         .  I    1^»^'   ('0  premiers 

de  1  exportation  des  vins  :                                   mois 5.837.000        1  448  000 


32.476.(kX> 


32.3:.1.000 


ExforUtitn. 

ht«ttUtrti 
2.402.000 
2.118.0U0 
2. 166.000 
2.162.0<X) 
2.04Ï»  JHH) 
1>45.(:(H> 
l.50t)  0<)0 
1.:21."IH) 
1.696.(K)0 
i. 781. 000 

1.951.000 


M 


PRODUITS  AMllENTAtHCS. 


I  U  production  deê  vins  de  raisins  secs  a 
été  de  461,422  hectolitres  (dont  222,702 
hectolitres  pour  la  rabrieation  industrielle 
comptée  de  novembre  à  novembre)  contie 
888,010  hectolitres  en  1806.  La  fabrication 
ies  tins  par  addition  de  sucra  et  d'eau  éUf 
bmati»  s'estélevée  à  1^040,061  hectolitres, 
contre  1,426,531  hectolitres  en  1806.  Nous 
[mblions  pour  la  première  fois  cette  année 
rimportance  de  la  fabrication  des  picluet- 
tes  pour  la  consommation  de  famille  ;  cette 
iabrication  a  été  de  3,743,188  hectolitres. 

Dans  le  chiflVe  de  5,837,583  hectolitres, 
importés  pendant  les  dix  premiers  mois  de 
1897,  les  vins  d'Espagne  figurent  pour 
2,^1,558  hectolitres  ;  les  vins  d*IUliepour 
T,085  ;  les  vins  de  Portugal  pour  558  hecto- 
litres ;  les  vins  d'Algérie  pour  2,023,008,  et 
les  vins  de  Tunisie  pour  40,424  hectolitres. 

Ko  ce  qui  concerne  l'Algérie,  les  chiffres 
déânitifs  de  la  récolte  s'élèvent  à  4,367,758 
hectolitres  pour  une  superficie  de  118,823 
hectares,  sa\'oir  : 


ûéptrtements  d'Alger . . . . 

—  d'Oran... 

—  de  Constant ine. 

Totsox 


hOCttfM. 

45^668 
18.675 
54.480 


2.186".289 

762.812 

4.418.657 


118.000   4.367.Î5S 


GiDftBs.  —  La  récolte  des  cidres  s*est 
tlerée,  en  1807,  à,  6.788,715  hectolitres  ; 
elle  est  inférieure  de  1,2<S5,677  hectolitres  h 
ti  production  de  )896  et  de  7,344,406  hec- 
tolitres à  celle  do  la  moyenne  de  dix  années 
antérieures. 

Le  tableau-ci  après  résume  le  mouvement 
de  la  production,  de  l'importation  et  de 
Teiportation  des  eidres  depuis  1887  : 


AaaéM. 


u 

Frtteittta.      laforttlita.  ItftrtttitB. 


1887. 

htittUtnt. 
13.437  000 

9.767.000 

3.701.000 
11.0^.000 

9.280.000 
15.141.000 
3l.r:09.000 
15.541.000 
26.587.000 

8.074.000 

14.323.0C0 
6.189.000 

kiH)Utni. 

94'! 
8.319 
7.035 
684 
402 
845 
744 
57H 
525 

2  0J7 
193 

kMUatm. 
14.000 

1888. 
1839. 

13.000 
llf.OOO 

Ih90. 

9  (lOU 

IJ'91  . 

1892. 

10.000 
10.000 

1893. 
1891. 
1>9.>. 

14.000 
18  000 
^{.000 

1896. 

1  97 
inle 

onne  — 

(10    prô- 
1-8  mois).. 

26.000 
14.900 

19.633 

Les  tableaux  détailléi  de  la  ph)ductton 
par  département  font  ressortir  que  les  dé- 
partements ayant  produit  le  plus  de  vins 
sont  les  suivants  : 

hectolitres. 

l'Aude avec  4.028.372 

les  Bouchesdu-Rhône »  1 . 200 . 882 

le  Gard »  2.730.083 

la  Gironde »  1.338.277 

l'Hérault »  10.007.706 

les  Pyrénées-Orientales...     >  2.143.068 

La  Gironde,  dont  la  production  dé  1806 
s'était  élevée  à  3,354,552  hectolitres,  accuse 
ainsi  une  énorme  différence  en  moins  de 
2,018.275  hectolitres  pour  1807. 

Les  départements  ayant  produit  le  plus 
de  cidifs  sont  les  suivants  : 

hectolitres 

1  îUe-et-Vilaine avec  1 .002.065 

le  Calvados 0        770.000 

la  Manche »        884.801 

rEure »        610.174 

la  Seine-Inférieure  v .     »        525.710 

etlaSarthe »        267.005 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


UQUEUfIS  Ef  SPIRITUEUX 

de  MU»  Trbspalacios  et  Aldabo, 
à  La  Havane  (lie  de  Cuba). 

Au  milieu  delà  triste  guerre  civile  qui 
^Mioie  l'Ile  de  Cuba,  le  commerce  et  Tin- 
daHrie,  s'ils  soyt  gênés  dans  leur  paisible 


développement,  ne  sont  cependant  pai  pA^ 
ralysés  d'une  façon  absolue.  C^esl  ainsi  (jue 
•lous  pouvons  enregistrer  de  remarquables 
manifestations  d'activité  de  nos  sociétaires 
MM.  Trespalacios et  Aldabo,  distillateurs  de 
La  Havane,  lesquels,  pour  faire  sanctionner 
les  mérites  de   leur  fabrication  ou  de  leur 


15 


manutentiou  consciencieuse  el  soignée,  ont 
présenté  des  spécimens  de  leurs  produits  à 
l'exposition  de  Bruxelles,  à  une  exposition 
particulière  de  Londres,  et  à  nous-mêmes. 

La  liste  ofGcielle  des  récompenses  de 
r^xposition  de  Bruxelles  n*a  enregistré  que 
l'attribution  d*une  médaille  d'argent  à  MM. 
Trespalacios  et  Aldabo.  Cependant,  MM. 
Trespalacios  et  Aldabo  annoncent  avoir  été 
récompensés  d'une  médaille  d*or,  et  il  est 
probable  que  c'est  bien  là  la  récompense 
décernée  à  leurs  excellents  produits,  à  la 
suite  d'une  décision  d'un  jury  supérieur  de 
TExposition  de  Bruxelles,  qui  a  dû  rele- 
ver d'un  degré  bon  nombre  des  décisions 
du  premier  jury,  lesquelles  étaient  vraiment 
entachées  d'une  mesquinerie  trop  étroite. 

Des  récompenses    accordées  par  le  jury 
de    l'exposition  particulière  de    Londres, 
nous  ne  parlerons  pai<,  parce  que  cette  ex- 
position semble  être  une  de  celles  dans  les- 
quelles   les    plus  hautes    récompenses  de 
Grands  Prix  ou  de  Grands  Diplômes  d'Hon- 
neur, avec  ou  sans  croix  ou  insignes  de  mé- 
rite, sont  d'avance  assurées  à  tous  les  expo- 
sants, quels  que  soient    leurs  produits  et 
quelle  qu'en  soit  la  qualité,   pourvu  qu'ils 
aient  opéré  un  versement  d'une  certaine 
importance. 

Il  nous  reste  donc  à  examiner  les  mérites 
propres  des  produits  qui  ont  été  soumis  à 
nos  appréciations  par  MM.  Trespalacios  et 
Aldabo. 

En  voici  l'énumération  : 

Cognac  de  1866, 

Rhum  supé rieur f 

Punch  impérial, 

Anisette^ 

Crème  de  cacao  à  la  vanille, 

et  Crème  havanaise. 

Le  premier  produit  ne  dérive  naturelle- 
ment pas  de  la  fabrication  propre  de  MM. 
Trespalacios  et  Aldabo.  Il  n'est  le  résultat 
que  d'un  emmagasinement  opportun  effec- 
tué parla  maison  pour  s'assurer  la  disponi- 
bilité d'un  cordial  de  tout  premier  ordre. 
A  la  dégustation,  le  Cognac  de  1866  s'est 
révélé  comme  offrant  toutes  les  qualilésd'un 
produit  véritablement  authentique.  Cepen-  I 


lODRNAL  MBNSOKL  DB  l'aCADÉMIK  iNATIONALR.  \{ 

dant  le  vieillissement  de  cette  eau-devie  n( 
paraît  pas  s'êireopéré  dans  toutes  îescondi 
tions  voulues  pour  assurer  le  développe- 
ment de  cet  arorae  incomparable  et  indéfi- 
nissable qui  est  le  cachet  distinctif  des  ca 
gnacs  de  vieille  souche.  Nous  voulons  bieij 


croire  que  ce  produit  a  31  ans  d'âge  ;  mais 
il  nous  semble  que,  dans  ce  nombre  d'ani 
nées,  il  y  en  a  trop  de  passées  en  bauleillei 
t't  pas  assez,  par  conséquent,  de  pass'^es  ei^ 
fûts  de  bois. 

Or,  on  sait  que  les  années  de  bouteille, 
qui  ont  tant  d'eifet  sur  les  vins,  sont  pres- 
que sans  influence  sur  leseaux-de-vie,  L'an^ 
cienneté  absolue  du  cognac  de  MM.  Tres- 
palacios et  Aldabo  ne  vaut  donc  pas  plusj 
comme  mûrissement  et  bonification  du  proi 
duit,  qu'une  ancienneté  relative  beiucoup 
moindre,  correspondant  aux  années  passées 
en  fût.  Il  n'en  est  pas  moins  certain  qu'il 
y  a  là  un  produit  de  premier  ordre. 

Le  rhum  supérieur  de  M. M.  Trespalacios 
et  Aldabo  méritait  réellement  son  qualifica- 
tif. Provenant  réellement  de  la  région  des 
Antilles,  sa  patrie  d'origine,  obtenu  par  les 
meilleurs  procédés  de  distillation,  traité  et 
soigné  par  des  dégustateurs  spécialistes,  ce 
rhum  a  les  meilleures  qualités  d'arôme  que 
puissent  souhaiter  ses  aficionados  les  plus 
difficiles. 

Le  Punch  impérial  pvéptLTé  à  l'aide  du 
rhum  supérieur,  convenablement  dilué  et 
édulcoré,  est,  conséquemment,  d'une  excel- 
lente finesse. 

L*anisette,  la  crème  de  cacao  et  la  crème 
havanaise  sont  des  liqueurs  délicates  et  fi- 
nes, parfaitement  fondues  et  offrant  toutes 
les  qualités  àla  fois  toniques  et  doucereuses 
qui  peuvent  être  demandées  aux  produits 
spécialement  destinés  à  la  consommation 
féminine.  La  crème  havanaise  {crema  haba- 
nera)  est  d'un  arôme  spécial,  sui  gêner is, 
emprunté  sans  doute  à  un  ou  plusieurs  fruits 
du  pays,  ce  qui  la  fait  particulièrement  ap- 
précier dans  sa  région  d'origine.  Mais,  de 
ces  trois  liqueurs  également  méritantes,  nous 
préférerions  certainement»  par  goût  person- 
nel, l'anisettcqui  était  qualifiée  à  juste  ti- 
tre de  superfine,  et  qui  aurait  pu  soutenir 
la  comparaison  avec  les  liqueurs  similaires 


^^  COMMERCE 

des  meilleurs  marques  françaises  ou  espa- 
gnoles. 

En  résumé,    notre  conclusion  définitive 
est  que  les  proiuits  qui  nous  ont  été  présen- 


18 

tés  par  MM.  Tœspalacios  et  Aldabo  sont  d'un 
mérite  réellement  supérieur,  digne  d'être 
consacré  par  une  distinction  d'un  ordre  élevé. 


COMMERCE 


LE   COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA 

FRANCE 

durant  l'année  1897 

I.*^  Statistiques  provisoires  de  Tadminis- 
tratioQ  des  douanes  accusent  les  résultats 
suivants  pour  le  commerce  extérieur  de  la 
France  durant  les  deux  dernières  années  : 


IMPUR  fATIONS 


18P7 


1S&6 


fr.  fp. 

i^bjeU  d'aUmeotatioQ  1.035.753.000  1. 006. 012. 000 
Matières  oécessaires 

a  rindustrie 2.343.110.000  2.173.582.000 

Objets  fabriqués 621.263.000      618  385. OUO 

Total 1.000.126.000  3.798.579.000 


BXK>kTATIONS 


1897 

fr. 
729.053.000 


189G 

fr. 
651. ";93  000 


Objets  d'alimentatioD. 
Matières  nécessaires 

a  TiDdustrie 943.9ô8.000      836.207.000 

<AieU  fabriqués 1.840.174.000  1.766.764.000 

ColU  postaux 162.428.000      146  156.000 

Total 3.675.613.000  3.400.920.000 

On  voit  que  l'ensemble  des  échanges  ex- 
térieurs pendant  Tannée  1897  a  atteint 
T  milliards  675.739.000  francs,  dépassant 
de  476.240.000  francs Fensemble correspon- 
dant de  1896.  Ce  résultat  est  d'autant  plus 
ia?orable  qu'il  est  constituépar  uneaugmen- 
Ution  de  274.693.000  fr.  dans  les  exporta- 
lions,  tandis  que  les  importations  ne  se  sont 
accrues  que  de  201 .547.003  fr.  La  balance 
du  commerce  est  restée  défavorable  à  notre 
pays,  mais  elle  ne  présente  qu'un  solde  défici- 
laire  de  324.513.000  fr.  pour  Tannée  1897, 
tandis  que  le  solde  de  même  nature  avait  at- 
teint 367.659.  OOOfr.  pourl893.  C'est  un  gain 
déBoitif  de 73.146.000  fr.  Ce  gain  aurait  été 
beaucoup  plus  considérable  si  le  mauvais 


rendement  agricole  de  18^7  n'avait  nécessi- 
té des  augmentations  importantes  dans  les 
entrées  d'objets  d'alimentation  et  de  matiè- 
res premières  nécessaires  à  l'industrie. 

Si  l'agriculture  n'a  pas  ù  se  féliciter  des 
rendements  de  Tannée  1897,  il  est  bon  de 
remarquer  quelle  a  pu  trouver  quelques 
compensations  à  ses  déboires  dans  le  relève- 
mentsensible  qui  s'est  produit  dansles  prix 
des  principales  denrées  de  sa  production . 
Quant  à  Tindustrie  en  général,  elle  ne  peut 
que  se  montrer  satisfaite  de  l'accroissement 
d'affaires  que  lui  a  apporté  Tannée  1897. 
Nous  sommes  convaincus  que,  pour  une 
grande  part,  cet  accroissement  est  dû  au  vas- 
te mouvement  de  transactions  qui  s'est  pro- 
duit à  l'occasion  de  l'Exposition  de  Bruxel- 
les, oii  Tindustrie  française  a  brillé  d'un  si 
vif  éclat. 

Si  nous  recherchons,  par  la  comparaison 
avec  les  chiffres  antérieurs,  qucU  sont  les 
résultats  propres  spécialement  au  mois  de 
décembre,  nous  obtenons  les  chiffres  sui- 
vants : 

1897  1896 

Importatioos fr.    414.835.000    341 .370.0;)0 

Ex portations fr.    313.461.000    279.754.000 

Totaux fr.    7:^8.296.000    6iï AZi .oOi) 

On  peut  ainsi  constaterque  le  mois  de  dé- 
cembre 1897  accuse  sur  le  mois  de  décem- 
bre 1896  une  augmentation  générale  d'é- 
changes dépassant  107  millions,  dont  envi- 
ron 73  millions  aux  importations  et  34  mil- 
lions aux  exportations.  Gomme  on  le  voit, 
notre  commerce  extérieur  a  Uni  Tannée 
1897  dans  d'assez  bonnes  conditions  d'acti- 
vité. 


lô 


JOORNAL    MiCNSUKL  DS  t'AGâOÉMIE  NATIONALE. 


/ 


NÉCROLOGIE 


L*un  des  plus  anciens  collaborateurs  du 
journal  de  notre  Société,  le  docteur  Gérard, 
est  mort  au  milieu  du  mois  de  janvier,  dans 
sa  soixante-troisième  année. 

Nos  anciens  Sociétaires  ont  certainement 
conservé  la  mémoire  des  nombreux  rapports 
toujours  consciencieux,  clairs  et  spirituels 
qu*il  a  publiés  dans  notre  jouroal,  concer- 
nant des  questions  médicales  ou  des  produits 
pharmaceutiques. 

Rappelons  que  la  vie  du  docteur  Gérard 
ofTrait  un  bel  exemple  de  Tefticacité  de  la 
volonté  et  de  l'amour  du  travail.  Ancien  of- 
ficier au  corps  des  ioent-gardes,  H.  Gérard 


n*avait  entrepris  ses  études  médicales,  qu'; 
un  âge  déjà  très  avancé,après  Tintemiptioi 
de  sa  carrière  militaire,  et  avait  réussi  : 
mener  à  bien,  en  pleine  maturité  de  la  vie 
une  enlreprisequi  réclame  presque  toujour 
les  forces  et  Tardeur  de  la  jeunesse.  On  sai 
d'ailleurs  que  le  cboîx  de  sa  thèse  4e  docta 
rat,  qui  fit  quelque  bruit  en  son  temps,  dé- 
notait chez  M.  Gérard  une  hardiesse  d'espri 
vraiment  peu  ordinaire.  L'Académie  Natio- 
nale perd  en  la  personne  du  docteur  Gé- 
rard l'un  de  ses  vétérans  les  plus  aimés  el 
l'un  de  ses  guides  les  plus  autorisés. 


LISTE  GÉNÉRALE  DES  MEMBRES 

PE  L'ACADÉMIE  NATIONALE,  AGRICOLE,  MANUFACTURIERE  ET  CQMMERCIALi 
Inserits  4  la  data  du  l*''  Janviar  1898 

[Publication  faite  en  exécution  de  V article  VI  des  Statuts). 


PRÉSIDENT  PC  LA  SOCIÉTÉ 

M.  Dard  (L.),  officier  d'Académie,  chevalier  du  Hérite  agricole,  notable  commerçant 
adjoint  au  maire  du  XV*  arrondissement,  constructeur  mécanicien,  à  Paris.  (Elu  le  2C 
octobre  180T.) 

VICE-PRÉSIDENTS  DE  LA  SOCIÉTÉ 

M.  Oonza  (M.  A.),  officier  d'Académie,  notable  commerçant,  négociantrcofnmissionnaire^ 

à  Paris.  (Elu  le  25  février  1896.) 
M .  Sigaut  (J.)>  fabricant  de  biscuits,  à  Paris.  (Elu  le  20  octobre  1807.) 

MEMBRES  DU  CONSEIL  D'ADMINISTRATION 

V  Série^  soumise  à  la  réélection  par  l'Assemblée  générale  annuelle  de  1898  ; 

MM.  J 

Degoix  (L.j,  chevalier  de  l'ordre  du  Christ  de  Portugal,  membre  du  Conseil  de  la  SpciétJ 

des  Etudes  coloniales  et  maritimes,  assureur  maritime.  j 

Haudon  (A.),  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  officier  d'Académie,  chevalier  du  Mérid 

agricole,  ingénieur  des  arts  et  manufactures,  membre  du  Conseil  supérieur  de  Tagricul 

ture,  agriculteur  et  viticulteur. 
Meyer  (Alfred),  chimiste. 
RicHY  (E.),  négociant  commissionnaire. 
Vayson  (J.  A,),  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  commandeur  des  ordres  du  Christ  dl 

Portugal,  de  Charles  III  d'Espagne,  de  la  Couronne  d'Italie  et  de  Saint-Grégoire-le* 


21  LISTE  GÉNÊIALE  DF.S  MEIUBRES  DE  LA  SOGIÉTé.  23 

Grand,  ancien  fabricant  de  tapis  à  Abbeville,  ancien  Président  du  Tribunal  de  commer- 
ce et  de  la  Chambre  de  Commerce  de  cette  ville,  ayant  occupé  la  Présidence  deTAr^adémie 
Nationale  depuis  le  28  avril  1891  jusqu'au  20  octobre  1897,  date  de  l'expiration  statutaire 
de  ses  pouvoirs. 

C*  Série,  soumise  à  la  réélection  par  r Assemblée  générale  annuelle  de  1899  : 

MM. 

BuAc  (A.)t  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  constructeur  d'ins'ruments  agricoles. 

CoNZA,  vice-président  de  la  Société. 

Hlrlot,  batteur  d*or. 

Ménage  (Ch.),  commandeur  de  Tordre  du  Christ  de  Portugal,  chevalier  de  Tordrederim- 

maculée-Conceplion,  banquier. 
SiGiuT  (J.),  Vice-Président  delà  Société. 

3*  Série^  soumise  à  la  réélection  par  r  Assemblée  gén  ir.ile  annuelle  de  1900  : 

MM. 

AroovNAUD  (M.),  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  officier  de  l'Instruction  publique, 
expert  près  le  tribunal  civil  et  la  Cour  d'appel  pour  l'ameublement  et  la  tapisserie. 

Daïd  (L.),  Président  de  la  Société. 

LiGACHE,  confiseur. 

LaJousse  (Saint-Elme),  agent  maritime. 

Padpier  (L.),  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  chevalier  de  l'ordre  d'Isabelle  la  Catholi- 
que, notable  commerçant,  fabricant  d'instru  ments  de  pesage. 

4*  Série,  soumise  à  la  réélection  par  V Assemblée  générale  annuelle  ck  li)01  : 

MM» 

Gai  jioMT  (Gontran),  assureur  maritime. 

Rabourdin  (H.),  constructeur  d'installations  d'écuries. 

Robert  o'Eshougues,  chevalier  de  la  Légion  d'Honneur,  chei  de  bataillon  en  retraite. 

Van  Hrcke  (Jules),  comptable. 

PIRECTEUR 
M.E.  Thiêrv. 

INGÉNIEUR-CONSEIL 

M.  Maurice  Clermont. 

COMITÉS 

Comité  d'Admission  :  M.  Ménage,  président,  MM.  Degoix,  Van  Hecke  et  Maurice 
Clermont,  membres. 

Comité  d'Agriculture  :  M.  Hardon,  président  ;  MM.  Vayson,  Bajac,  Vibertet  Maurice 
Clermont,  membres. 

Président  honoraire  :  M.  Tancrède. 

Comité  d'I/idustrie  :  M.  Paupier,  f  re^/rf^/i^  ;  MM.  Vayson,  Rabourdin,  Caron,  Audoy- 
naud,  Wiggishoff,  Hurlot,  Bar,  Vibertet  Maurice  Clermont,  membres. 
Présidents  honoraires  :  MM.  Trouvé,  Egrot  et  Parfonry. 

Comité  du  Commerce  :  M.  Conza,  président;  MM.  Richy,  Robert  d'Eshougues  et 
Vibert,  membres. 

Comité  des  Produits  alimentaires  :  MM.  Conza,  président  ;  Vaysop,  Sigaut, 
Vibert,  Maurice  Clermont  et  Lagache. 


S3  iOtllNAL  llCNSL'Bt  DE  L* ACADÉMIE  NATIONALE.  2 

Comité  de  Contrôle  administratif  et  financier  :  M.  Ménsige,  président,  MM.  Au- 
doyiiaud,  Degoix,  Sigaul  et  I.a  Jousse,  membres. 

Le  Comité  des  Récompenses  est  constitué  de  la  réunion  des  Membres  du  Consei 
d'Adipini^trqtion  c(  (i^9  diiïérents  Comités. 


RiHis  et  adresses  des  Seelfttiires  ioserits  à  tt  date  dn  1*"  Janiier  1 891 


AdamI  (Anloiiic\  fabricant  de  halals.  exporta- 
teur de  cl.lendenl,  grenille,  paille  df  sori^lio 
et  osiers,  à  Sprésiano  (Italie). 

Agombart  (flls).  faliricant  de  chaux,  10,  rue 
Neuve-Saint-Martin,    Saint-Quentin  (Aisne). 

AKlea.  fabricant  de  machines  agrricoles  et  in- 
dustrielles, 15,  paseo  de  la  Aduana,  Barcelo- 
ne (Espagne). 

Akar,  fabricant  d'appareils  d'éclairajre  et  de 
chautrage  par  le  gaz,  rue  Mazarine,42,  Paris 

Alaxander,  ingénieur  mécanicien,  Barcelone 
(Espagne). 

AHalre,  ingénieur  des  arts  et  manufactures, 
64,  rue  Gide,  Levallois-Perret  (Seine). 

Allemand,  fabricant  de  nougat  et  confiserie, 
route  d'Uzès,  Nîmes  (Gard). 

Altan.  pharmacien.  Strada  Batistea,  n'  44  bis, 
Bucharest  (Roumanie). 

Amaresteanu  et  Cîe,  négociants  en  vins  et  spi- 
ritueux, 18,  Strada  Lipscani,  à  Bucarest 
(Roumanie). 

Amos  Tatham  et  flls,  fabricant  d'aiguilles 
pour  machines  et  bonneterie,  Belper  Street 
work,  llkcston,  near  Nolllngham  '.Angleter- 
re). 

Anderton,  villa  Cybèle,  golfe  Juan  (Alpes- 
Mari  time.s). 

Angell  (le  commandeur  de),  manufacturier, 
Milan  (Italie). 

Anselmi,  fabricant  de  biscuits,  Galle  Ccrro, 
90,  Montevideo  (Uruguay). 

Arbena,  fabricant  de  rasoirs,  Jougne  (Doubs). 

Arboz  llls,  constructeur-mécanicien,  fondeur, 
à  Estravaux,  par  Fresne-Saint-Mamès  (Hau- 
te-Saône). 

Argamakov,  colonel  inspecteur  du  corps  des 
cadets,  Polotzk  (Russie). 

Arlatte,  fabricant  de  chicorée,  Cambrai  (Nord). 

Armand  vG.)ot  Gie,  manufacturiers  en  soies, 
2,  quai  de  Relz,  Lyon  (Hhùnc). 

Arnaud  Soubeyran  (Maison),  conllserie  et  fa- 
brique de  nougats  aMontéliuiar  (Drôme). 

Ar.nou,  ncyrociant  en  cafés,  3,  rue  de  Lévis, 
Paris. 

Artige,  chimiste  manufacturier,  Aubenas  (Ar- 
dèche). 

Arvillaet  Ole,  propriétaires  viticulteurs,  né- 
gociants en  vins,  à  Puerto  de-Santa-Maria 
(Espagne). 

Auberjonoit,  agronome,  domaine  de  Beau- 
Cèdre,  près  Lausanne  (Suisse). 

Aubert,  fabiicantde  cuirs.  Toulon  (Var). 


Aubéry,  à  Marcigny,  arrondissement  de  Cha- 
rolles(Saone-et-Loire).  - 

Audoynaud,  aîné,  expert  près  la  Cour  d*Api>e] 
et  le  Tribunal  civil  en  ameublement  et  Ui- 
pisserie,  boulevard  Henri  IV,  l*aris. 

Auerbaoh  (de),  ingénieur  des  mines,  conseil 
1er  d'Etat,  3:?,  rue  Moïka,  Saint-Pétersbourg 
(Russie). 

Aupand-Wirth,  manufacture  de  Pianos,  place 
et  rue  de  la  République,  4S,  Lyon  (Rhône). 

Aurouze,  fabricant  de  pièges,  8.  rue  des  Hal- 
les, Paris. 

Auzanneau,  Direcleurde  la  Société  Générale 
de  renseignements  commerciaux,  H,  fau- 
bourg Poissonnière,  Paris. 

Azémard,  menuiserie  et  meubles,  1,  rue  d'Oran 
Cannes  (Alpes-Maritimes). 


Bablot- Mettre,  propriétaire,  cultivateur  et 
meunier,  à    Jonchery-Saint-Suippe  (Marnr\ 

Badepteoher  (Joh),  fabricant  du  porte-faux 
universel  breveté,  à  Laugnau,  canton  de  Ber- 
ne (Suisse). 

Bajao,  constructeur  d'instruments  aratoires. 
Liancourt  (Oise). 

Baleyguier.  fabricant  de  serrures,  Saint-Bon- 
net-le-C bateau  (Loire). 

Bannier,  fabricant  de  bastissages  et  cloches 
mérinos,  3,  rue  de  la  Roche,   vienne  (Isère}. 

Bar,  fabricant  de  paillons,  Rantigny  (Oise). 

Bar  (Ferdinand),  fabricant  de  poudre  insecti- 
cide, (i.  rue  du  Commerce,  à  Charleroi  (Bel- 
gique). 

Barbanson,  fabricant  de  noir  animal  et  engrais 
chimi(iues,  5,  quai  du  Comme»*ce,  Bruxelles 
(Belgique). 

Barbe,  médecin  vétérinaire,    Bazas  (Gironde). 

Barbet,  fabricant  de  biscuits,  La  Rochelle 
(Charente-Inférieure). 

Bardié,  fabricant  de  meubles,  cours  Tourny, 
49,  à  Bordeaux  (Gironde). 

Bardou  (Joseph)  et  (lis,  fabricants  de  papiers 
à  cigarettes,  avenue  de  la  Gare,  Perpignan 
(Pyrénées-Orientales). 

Bardou-Job  (Maison),  fabrique  de  papiers  à 
cigarettes,  13,  rue  Saint-Sauveur,  Perpi- 
gnan (Pyrénées-Orientales). 

Barette,  constructeur,  Romilly-s-Andelle  (Eu- 
re). 

BaHerin,  pharmacien  chimiste.  Tarare  (Rhô- 
ne). 

Barraea,  tabacs  et  cigares,  4,  A,  Norte  n*  11 
(Guatemala) 


LISTK  GEMCRALE  DES  MEMBRES  DE   LA   SOCIÉTÉ. 


20 


Batlard,  directeur  de  la  Bonne-Foi.  Compa- 
},'nie  d'assurances,  241,  rue  de  Crimée,  Paris. 

Bastard  (Auguste),  distillaleur-liquoriste,  à 
Cromary,  par  Voiray  (Haute-8a<^ne). 

Baatardet  Redard.  fal)ricants  de  verres  de 
montres,  21,  quai  des  Berjfues,  Genève  (Suis- 
se'. 

Battoa,  négociant  «n  tababs,   .Cran   ( AlKérie). 

Bayle  fils  frères,  fabricant  de  conserves  ali- 
mentaires, 2*5,  rue  Lacour,  Bordeaux  (Giron- 
.le  . 

Beauvallet.  fabriicnnt  de  poudre  de  rubis, 8, 
rue  Oberkampf,  Paris. 

Beckett,  agriculteur-éleveur,  Pretoria,  Répu- 
blique Sud- Africaine. 

Beltemer,  négociant,  6-8,  rue  du  Jardin-Pu- 
blic, Bordeaux  (Gironde). 

Béleouasov  Uean),  tailleur,  coupeur,  chez  M. 
Kovalev,  cité  de  Saint-Pétersbourg,  Grande 
Perspective,  n*  33,  à  Saint-Pétersbourg  (Rus- 
sie). 

Ballon,  fabricant  de  savons,  IG,  boulevard  de 
la  I^ix,  Marseille  (Bouches-du-Rhône). 

Bepohten  (Erlouard),  ingénieur-chimiste,  doc- 
teur en  philosophie,  J9.  Ashmonnt  road. 
South  Tottenham,  Lonion.  N.  (Angleterre). 

Berg  (le  comte  de),  chambellan  de  S.  M.  le 
Tsar,  château  de  Sagnitz,  près  Riga  (Russie). 

Berl,  fabricant  de  lits  et  meubles,  11,  rue  des 
Truis-Bornes,  Paris. 

Beroud  et  Sadier,  grande  verrerie  lyonnaise, 
ôl,  route  de  Vienne,  Lyon  (RhAne). 

BerUiolet,  fabricant  de  chemises  en  gros,  82, 
me  Hauteville,  Paris. 

Bepti^nd,  distillateur  liquoriste,  62,  rue  Dam- 
réraont,  Constantine  (Algérie). 

Beyer,  frères,  constructeurs  mécaniciens,  18, 
rue  de  Lorraine,  Paris. 

B«yeradorf  (Albert),  fabricant  d'horlogerie, 
Tli  rue  du  Parc,  à  Chaux-de-Fonds   (Suisse). 

BlalMud,  constructeur  de  fours  pour  la  bou- 
langerie, 5,  rue  du  Roule,  Paris. 

BIber,  fabricant  de  chocolat,  Horgen  (Suisse). 

Blaohère,  distillateur,  14,  rue  Molière..  Avi- 
gnon (Vaucluse). 

Biaise  ;MlIe),  fabricante  de  fours  à  revivifier 
le  noir  animal,    Signy-le-Petit  (Ardennes). 

Blanc  Charles),  cuivreries  et  appareils  pour 
eaux  et  gaz,  92,  boulevard  Richard-Lenoir, 
Paris. 

Blanohet  frères  et  Kléber,  papeterie  de  Rives, 

Rives-sur- F  ivre  (Isère). 
Blooh    (Joseph),     fabricant     d'horlogerie,     à 

Chaux-de-Fonds  (Suisse). 
Blondel   (Alphonse),  facteur  de  piano,  53,  rue 

^e  l'Echiquier,  et  19,   fauboui^g  Poissounière, 

Paris. 

Booh,  dbecteur  çrérant   des  manufactures  de 

fafenees,  Kéramis  (Belgique). 
^û^no,  géomètre,  15,rue  Grande- Vassilikovs- 

^aya,  à  Kiev  (Russie). 
Bodanttein,    fabricant  de  pianos  au  Caire  et 

a  Alexandrie  (Egypte), 
^••hm,   architecte  entrepreneur,  8,  quai  d'O- 

>^,  Mulhouse  (Alsace-Lorraine). 
Bolnette,    viticulteur-négociant,     Bar-le-Duc 

Meuse). 
SolMelet,  mécanicien,  5,  route  de  Rosny-Bon- 

*ly  (Seine). 


Bolaaière,  fils,  fabricant  de  tuiles  métaliques 
en  zinc,  rue  de  l'Hôpital,  3î^  Rouen  (Seinu- 
Inférieure). 

Boldoot,  fabricant  de  parfumerie,  Singel S.  S. 
02,  Amsterdam    (FîoUando). 

Bollée  (Auguste),  constructeur  hvdraulicicn, 
avenue  de  Paris.  Le  Mans  (Sartlîe). 

Bon  et  veuve  Garoln,*  fabricant  d'article.<«  de 
voyage,  16,  rue  Belle-Cordière,  Lyon  (Rhô- 
ne). 

Bonnard,  propriétaire,  15,  rue  de  la  Planche, 
Paris. 

Bont  (de),  fabricant  de  chocobit  ot  liqueurs, 
quai  de  Singcl,  Amsterdam   (BoUande). 

Bony,  fabricaiîl  de  caries  à  Jouer,  Lunéville 
(Meurthe-et-Moselle). 

Borgey  (Philiberl).  marchand  de  cuirs  et  cou- 
peur en  chaussures,  rue  de  Gôues,  11,  à 
Oran  (Algérie). 

Borgnia,  fabricant  de  soieries,  8,  rue  du  Grif- 
fon, Lyon  (Rhône). 

Bornibua,  fils,  fabricant  de  moutarde,  00,  bou- 
levard de  la  Villette,  Paris. 

Borranl,  librairie,  9,  rue  des  Saints-Pères,  Pa- 
ris. 

BoaardJIanz,  fabricant  de  tabacs,  Tifils  (Rus- 
sie). 

Boaaapd-Lemai ra,  fabricant  de  parfums,  5, 
rue  de  la  TAcherie,  Paris. 

Bouoller-Brladet,  constructeur  de  pompes,  18, 
rue  de  THôlel-de-Ville,  à  Troyes  (Aube). 

Boude  fila,  rafffineur  de  soufre,  52,  rue  Saint- 
Férréol,  Marseille  (Bouches-du-Rhône). 

Boulanger,  fabricant  d'orfèvrerie,  4,  rue  du 
Verlbois,  Paris. 

Bouleaaue,  régisseur,  Salnt«Lys  (Haute-Ga- 
ronne). 

Bouroler  (Louis),  constructeur  d'appareils  de 
chaufi'age,  rue  delà  Trèsorle,  87  et  89,  Bor- 
deaux. 

Boupdin,  propriétaire,  13,  avenue  de  la  Répu- 
blique, Paris. 

Boureau,  piqueur,  46,  avenue  de  Villiers,  Pa- 
ris. 

Bourgeola  frères,  fabricants  de  ferronnerie, 
Nouzon  (Ardennes). 

Bourguet,  constructeur  mécanicien,  19,  rue 
desfinvierges,    Paris. 

Bozon*  Vendu  Paz,  fabricant  de  pAtes  alimen- 
taires, Saiut-Ktienne-de-Cuines  (Savoie). 

Braby,  Bushey-Lodge,  à  Teddington  (Angle- 
terre) . 

Bretel,  frères,  négociants,  exportation  de  beur- 
res, Valognes  (Manche).  . 

Brocard,  fabricant  de  parfumerie,  rue  Illnc- 
ka,  Moscou   (Russie). 

Brocha Pd-Qulllet,  produits  alimentaires,  16, 
place  du  Dix-huit-Octobre,  Châteaudun  ^Eu- 
re-et-Loir). 

Brodure,  céramiste,  Spa  (Belgique). 
Broquet,  constructeur  de  pompes  et  machines 
hydrauliques,  Ul,  rue  Oberkam 

Brouhot  et   Cle,   constructeurs  mécaniciens, 

route  de  Paris,  Vierzon  (Gher). 
Bruël,  père  et  fils,  8oulllac  (Lot). 
Brugtèrea,  viticulteur  à  Goustèges-Montbarla, 

par  Lauzerte  (Tarn-et-Garonne), 
Bruaaon  Jeune.fabricant  de  p/Vtes  alimentaires 

à  Vlllemur  (Haute-Garonnej. 


27 


JOUHNAL  MENSUBL   OB   (.ACAOÉIIIK  NATIONALB. 


ZS 


Buirette-Gaulard,  peignage,  filature,  teinture 
et  blanchissante  de  laine,  auippes  (Marne). 

Buisson,  négociant  en  vins,  au  Buisson  de  Ca- 
bans (Oordogne). 

Burdin.  imprimeur-éditeur,  rue  Garnier,  An- 
gers (Maine-et-Loire). 

Bures  atné,  distillateur  liquoristc,  33,  rue  de  la 
Geôle,  Caen  ^Calvados). 


Caamano  et  Cle  fabricants  de  conserves  ali- 
mentaires, Noya,  province  de  Coruna  (Espa- 
gne). 

Cabran,  distillateur,  la  Grau-d'Hyères  (Var). 

Gaillard  frères,  mécaniciens-constructeur.  63, 
quai  d'Orléans,  Le  Havre  (8elne-lnférieure). 

Oanellopouiot  (Jean),  chimiste,  lld,  quai  Jem- 
mapes.  Paris. 

Oapelle,  graveur  do  plaques  pour  etampes,  52, 
rue  MoulTetard,  Paris. 

Carissimo,  fal)ricant  de  tissus,  19,  rue  Nain, 
Roubaix  (Nord). 

Oarof  et  Cle,  fabricant  de  produits  chimiques, 

Ploudalmezeau  (Finlslère). 
Carron,  fils  teinture  et  blanchiment  de  coton, 
46,  rue  de  Lyons-la-Forôt,  Rouen  (Seine-In- 
férieure). 
Carré   fils  atné,   ingénieur  constructeur,  127, 

quai  d'Orsay,  Paris. 
Carré  (Téophile),  directeur  gérant  de  la  cris- 
tallerie de  Lyon,  Oullins  (Rhône). 
Catalonga,  ingénieur-conseil,  15,  rue  des  Hal- 
les, Paris. 
Casait,  fabricant  de  linge  de   table   damassé, 
36,  rue  des  Fontanella, Barcelone  (Espagne). 
Casiez-Bourgeois,  fabricant  de  chicorée.  Cam- 
brai (Nord). 
Caspari  pharmacien,  Vevey  (Suisse). 
Castellano  (Prudencio),  fabricant   de  produits 
chimiquesi   16a,   Caiie  O,  N*  45  bis,  ville  de 
Guatemala. 
Castelianos  (Eduardo),  chimiste,  16  a,  colle  O* 
n*47,  à  Guatemala  (République  de  Guatema- 
la). 
Catala,  représentant  de  commerce,  Castelsar- 

riizin  (Tarn-et-Garonne). 
Catz  van  Pekela,  liqueurs,  Gronlngen  (Hollan- 
de). 
Cauoai-Labrand  (Vve),  distillateur  liquoriste, 

Saint-Germain-au-Bois  (Saône-et-Loire). 
Caulliez  et  Deloutre,  fllateurs  de  laine,  Tour- 
coing (Nord). 
Cauvin,  fabricant  de  bâches»,  55,  rue  de   Lyon, 

Paris. 
Cavène,  pépiniériste,  Bagnol-St-Cèze(Gard). 
Cazaubon,  fabricant  d'appareils  pour  eaux  ga- 
zeuses,  43,    rue    Notre-Dame-de-Nazarelh, 
Paris. 
Cerokel,  fabricant  de  couleurs  d*aniline  et  de 
produits  chimiques,   26,  rue  Bergère,  Paris. 
Chailly,    huiles    et    graisses  pour Tindustrie, 
usine  des  Usurlines  de  Saiiit-Oenis  (Seine). 
Chalze  atné,  manufacturier,    Bellevue-la-Di- 

gonnière,   près    Saint-Etienne  (Loiret). 
Chalet,    fabricant   de  meubles,  chaises  et  fau- 
teuils, rue  aux  Sieurs,  Zl,  Alençon  (Orne). 
Chalut- Voiry,  négociant   en  vins,  62,  rue  des 
Halles,  Tours    (Indre-et-Loire). 


Chambon,  distillateur,  Saint-Céré  (Lot). 
Chambrette-Bellon,  constructeur,  Bèze(Côte- 

d'Or). 
Champenois-Rambeaux,  fondeur-coastructeur 

Cousances-aux-Forges  (Meuse). 
Champigneulle  (Ils,  de  Paris,    peintre-verrier 

96,  rue   Notre-Dame-des-Champs,  Paris. 
Chandora,  entrepreneur  de   travaux  dedessé- 
chement,  Moissy-Cramayel  (Seine-et-Marne^ 
Chanée  et  Gie,  fabricants  de  velours  d'Utrecht. 

23,  rue  de  Cléry,  Paris. 
Chantaud,    pharmacien,   54,  rue    des  Francs- 
Bourgeois,  Paris. 
Chapel,  Louis,   distillateur,  17,  rue  de  BelfoH, 

Lyon  (Rliône). 
Charltonsnko.  fabricant  de  sucre,  Soumy,  gou- 
vernement de  Kharkow  (Hussie). 
ChaHent  (Isidore),  négociant  en  produits  pour 
le  blanchissage   et  la  teinture,  9,  avenue  du 
Préau,  Eltcrbeek,  Bruxelles  (Belgique). 
Charnoz,   carrelages    céramiques,  Paray-le- 

Mon  ial  (Saône-et-Loire). 
Chatelard,  industriel,  Goncarneau  (Finistère). 
Chatenay  (Samuel),  négociant    en   vins,  Neu- 

chàtel  (Suisse). 
ChatlIoT,  propriétaire,  domaine  de  Mokhovolé 
district  de  Novossil,  gouvernement  de  Toula 
(Russie). 
ChatwQod,  fabricant  de  cofTres-forts,  76,  New- 

gate  Street,    Londres  (Angleterre). 
Chaumeil,  fabricant  de  terres  cuites,  172,  ave- 
nue de  Ghoisy,  Paris. 
Chaumeil  (Amédée),    pharmacien  de  l'*  classe, 

à  Annonay  (Ardèche). 
Chauvin,  fabricant  d'équipements  militaires,  24 

et  26,  rue  Chariot,  Paris. 
Chefdebien  (le  baron  de),  propriétaire,  Perpi- 
gnan  (Pyrénées-Orientales). 
Cheffer  (Vladimir),  Ingénieur,  directeur  tech- 
nique de  la  maison  À.  Eggers  etG«,  fabrique 
de  plomb  et   étain  laminés,    Sadovaîa,  4y, 
Saint-Pétersbourg  (Russie). 
Chevalier,  fabricant  de    conserves  alimentai- 
res, 22,  rue  de  l'Oasis,  Puteaux  (Seine). 
Chloôt,  fabricant  de  roues  de  voitures,  78,  rue 

des  Arts,  Levallois-Perret. 
Chiffemann  (Eusèbe),  négociant   en  fromages, 

rue  d'Alençon,  à  Llsieux  (Galvadosj. 
Chollet,    manufacture   de  chaussures,  13.  rue 

Duplessis,  Versailles  (Seine-et-Oise). 
Choquart  et  Cie,  malterie    et  brasserie,    Por- 

rentruy  (Suisse). 
Chorel  Esoorbla,   fabricant   de  rubans  et  ve- 
lours, 5,  place  Marengo,  Saint-Etienne  (Loi- 
re). 
Chute  et  Brooks,  photographes.  Galle  Florida, 

74,  Buenos-Ayres  (République  Argentine). 
Cleeves,    Parkgate,    directeur   de    houillères, 

Rotterdam  lYorkshire)  (Angleterre). 
Cléry  (le  docteur  Hugues),  chimiste,  Marseille. 
Colman,  fabricant  de  moutarde,  Norwich,  Nor- 
folk (Angleterre). 
Comabella  y  Quimet,  docteur  de  la  Faculté  de 
Pharmacie,  :;;3,  Galle  del  Garmen,  Barcelone 
(Espagne). 
Comendador  Lauion,  docteur  en  médecine  et 
chirurgie,  13,  Rambla  de   Gannaletas  princi- 
pal, Barcelone  (Espagne). 
Cornet,  fabricant  de  châles,    Bagnères-de-Bi- 
gorre  Hautes-Pyrénées). 


99 


Q|M*lli 

féri 


€>Mip«9nle  Franoo-AMemoncle, 

Munich  (Allemagae). 
0«ii»Unt.  mécanicien,  11,  rua  de  Neuilly,   Cli- 
chy-la-Garenne  (Seine). 

•t  fllt,  fabricants  de  savons,  Uvourne 

m,  négociant,  50  rueMeslay,  Parla. 
^fhMrael  et  Cia.  rafOneurs,  Nantes  (Lolre-In- 
^érieure). 

Q#mu«tWarifi.  fabricant»  da  capsules  médi- 
camenteuses, 4lt  ru«  de  V^nves,  Paris, 

Çopii^t  (Raymond),  distillateur,  hvi  Roche- 
Beaucourt  (Dordogne). 

CoMé-Diival  et  Cje,  fabricants  de  sucres  can- 
dis, Nantes  (lioire-lpfèrieure). 

ÇMtf .  fabricant  tanneur,  et  propriétaire  ex- 
ploitant de  forêts  de  cbônes-llègas,  Céret 
(Pyrénées-Orientales). 

C^te-Fo|oh«p  (Je^n-Baptiste),  proprlélaire- 
negoclant  en  vins  à  Montpellier. 

9;ni|np«  QfigQt  ef  0|«,  parfumeurs,  35,  rqe 
lurbigo,  Paris. 

raiiMi  fabricant   de   produits   réfractaires 
ialon-sur-Sa4ne  (Saône- et-Loire). 
Cousin     frères,     roanufactpriers,      Gomloes 

0^09,  horloger,  39,  rue  de  Palestro,  Paris. 

Cuttnod  Sautter  et  Gie,  constructeurs  électri- 
ciens, 10,  rue  Voltaire,  Qenève  (Sujsse). 

Oyrel(le  vicomte  de),  propriétaire,  83,  rqe  Gre- 
pelle-Saint-Gerroain,  Paris. 

CuMnlttp  (Elysée),  distillateur,  ^<^j  boulevard 
Voltaire,  Paris. 

Cuveliep,  Thomery  (Seine-et-Marne). 

Ouvier  (ils,  fondateur,  Seloncourt  (Doubs). 


Daix  frères,  imprimeurs,  Glermont  (Oise). 
f^marval   frères,   constrAicteurs  de  fours   et 

d'installations  de  boulangeries,  53,  rue  Jean- 

JacquesHousçeau,  Paris. 
Danguin,   agriculteur,    Theizé,    par    le   Bols 

d'Oingt  (Rhône). 
Danto   Rogeat  et  Ola,  fabricants  d'articles  en 

fonte  émaillée  et  d'appareils  de  chaulTage,  fô, 

rue  des  Gulattes,  Lyon  (Rhôoe). 
Durd,  constructeur  mécanicien,  31,  rue    Péri- 
gnon,  Paris. 
Dartout,  fabricant  de  produits  céramiques,  28 

rue  Paradis,  Paris.  , 

Daverio,  constructeurs  de  moulins  à  cylindres, 

Zurich  (Suisse). 
Davidov    (Dimitri),  marchand    tailleur  à  Kos- 

troma  (Russie). 

Dabapqiie,  constructeur  mécanicien.  Four- 
mies  (Nord). 

P^caifvilte  (Paul),  sénateur,  8,  place  d'Iéna, 
à  Paris. 

Déohambenoit,  manufacture  de  clouterie  mé- 
canique pour  chaussures.  Usine  de  la  pipée, 
par  Fontenoy-le-Ch4teau  (Vosges). 

Deopoix-Donau,  tanneur,   Givet   (Ardennes). 

Defraooa,  fabrioant  de  carrelages  cérami- 
ques, Pont-Sainte-Maxence  (Oise). 

Dagolx,  assureur  maritime,  rue  Vivien  ne,  33, 
ftris. 


MSTIS  GÉN^RALK  P|î8  ME1|BHE6  DK  U  SOCIÉTÉ 
Distillerie,  à 


30 


Deisa  fils,  fabricant  de  produits  chimiques,  15, 
rue  Voila,  Paris. 

Pelamarre,  fabricant  de  bitter,  4,  rue  de  Bou- 
logne, Saiivlc,  par  le  Havre  (Seine-Inférieu- 
re). 

Dalatailta,  entrepreneur  de  charpentes,  30,  rue 
d'Ambrolse,  Tours  (Indre-et-Loire). 

Dalaunay  et  Lefèvre,  fabricants  de  meubles 
d*art,  53,  faubourg  Saint-Antoine,  Paris. 

Delaviepre,  fabricant  d'articles  pour  sucreries, 
Souppes  (Seine-et-Marne). 

Delîala  et  Cie,  fabricant  de  produits  de  phar- 
macie, Lausanne  (Suisse). 

Palpuy,  constructeur  hydraullclen  à  Gollon- 
ges  au  Mont-d'Or  (Rhône). 

9am||poo#t  Wret,  conflseurs,  321,  Galle  18  de 
julio,  Montevideo  (Uruguay). 

Pemoyanoourt,  fabricant  de  sommiers  élastl* 
ques,  Qwlly,  par  Songeons  (Oise). 

Denis-Benoiat  (A.)  et  Gle,  teinturiers  apprô- 
teurs.  boplevard  de  la  Répqbllque,  Roubalx 
(Nord). 

Pasaymprd  (frères),  négociants,  17,  rue  Neuve, 
Clermont-Ferrand  (Puy-de-Dôme). 

PaahQMlièraa-Jaegar  (Gaston),  fabricant  de 
faïences  et  de  poteries,  à  Chauvlgny  (Vien- 
ne). 

Deanoa,  fabricant  de  briques,  tulles  et  car- 
reaux, Ecommoy  (Sarthe). 

peutaoh  (les  flls  de),  m^inufacturlers  en  huiles 
minérales,  50,  rue  de  Ghàteaudun,  Paris. 

Deviliiera.   distillateur,   4^,    route   d'Orléans, 

"  Grand-Monlrouge  (Seine). 

Dawar  (John)^  et  111s,  distillateurs  de  l'Old- 
Highland  Whisky,  Perth  (Ecosse),  et  48, 
Luna  Street,  London,E.  G. 

Deydlep,  Galle  San  Martin,  159,  Mendoza  (Ré- 
publique Argentine). 

Diadaripha,  constructeur  de  métiers  à  tisser, 
Bourgoin  (Isère). 

Diégo-Pona,  propriétaire,  viticulteur,  Président 
de  l'Association  rurale  de  TUrugnay,  406, 
calle  Uruguay,  Montevideo  (Uruguay). 

DIam,  fabricant  d'articles  de  ménage  repous- 
sés, 31,    rue  Ghabrol,  Paris. 

qiai^at  et  flls,  ameublements,  86,  faubourg 
Saïut-Antolne,  Paris. 

Dikanaky  (Hirsch),  fabricant  de  vernis  pour 
meubles,  Kharkov,  Russie. 

polizy,  mécanicien,  41,  rue  des  Trols-Bornes 
Paris. 

Domèra,  artiste  graveur,  Rlo-de-Janelro  (Bré 
sil). 

Donnamatta  (A.),  libraire,  30,    rue  des  Saints 

Pères,  Paris. 
Doré,  peintre  décorateur,  25,  boulevard  Saint 

Michel,  Paris. 

Dornier-Tiillar,  distillateur,  Fleurler  (Suisse) 

Doaaoha,  (frères),  fabricant  de  peignes  en  mé 
tal,  84  a  90,  rue  de  la  Plaine,  Lille  (Nord). 

Pouillard,  constructeur  de  chaudières  à  va- 
peur, rue  de  la  République,  Fontenay-le- 
Gomte  (Vendée). 

pmella,  fabricant  de  savons  qt  lessives.  Se- 
'  raucourt  (Aisne). 

D|ibai|,  Monnin,  FiHiaaard  at  Cia,  manufactu- 
riers en  horlogerie,  Porrentruy  (Suise). 

Dubiaz,  distillateur,  Ornans  (Doubs). 


31 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


3J 


Dubois,  chimiste,  9,  nie  de  la  République,  Mar- 
seille (Bouclies-du-HIiôue). 

Dubois,  (Camille),  distillateur,  10,  rue  des  Qua- 
tre-Roues,  Le  Mans. 

Duboit-Oudin,  fabricanls  de  colTres-rorts,  bou- 
levard Pommery,  Reims  (Marne). 

Duohesne  (Albertine),  parfumerie  de  luxe,  ù, 
rue  du  Roule,  à  Paris  (Seine). 

Duoourneau.  fabricant  de  machines  à  boucher 
les  bouteilles,  Le  iJouscat  (Gironde). 

Duhotoy  (Vve).  fabricant  de  voitures  d'enfants, 
115,  rue  S.iint-Maur,  Paris. 

Dumont  et  Cie,  manufactures  d'orgues.  Les 
Andelys  (Eure). 

Duperrat  (dis),  entrepreneur,  8,  rue  Charles 
Roy,  Nevers  (Niè^'re). 

Dupont,   fabricant  de    fauteuils    mécaniques 

Cour  malades  et  blessés,  10,rueHautefeuille, 
»aris. 
Duprat  et  Oie  (Georges),  négociants,  commis- 
sionnaires, exportateurs  eu  vins  et  liqueurs, 
102,  boulevard  de  Gauderan,  Bordeaux  (Gi- 
ronde). 
Dutiili  (Pierre),  propriétaire  viticulteur,  Puyoo 
(  Basses-Pyrénées). 


Edelber^,  fabricant  d'Instruments  de  physi- 
que, Kharkoir  (Russie). 

Earot,  constructeur  de  chaudronnerie,  23  rue 
Afathis,  Paris. 

Ehrenepepger,  fabricant  d'articles  de  voyage, 
23,  cours  de  l'intendance,  Bordeaux  (Giron- 
de). 

EUiott,  fabricant  de  grillages  mécaniques, 
Bornel  (Oise). 

Engiisli,  fabricant  d'aiguilles, Reddicth  (Angle- 
terre) . 

Esparbèe,  distillateur,  43,  rue  Bayard,  Toulou- 
se (Haute<Gnronne). 

Esseui  (nis).  distillateur,  24,  rue  Charles  Mon- 
selet,  Nantes  (Loire-Inférieure). 

Eeteva  y  Olliver,  fabricant  de  conserves,  8o- 
corro,  46,  Palma-Mallorca,  Iles  Baléares  (Es- 
pagne). 

Etchéberpy,  constructeur  d'instruments  de  pe- 
8age,S3,  rue  Serviez,  Pau  (Basses-Pyrénées). 

Eyriaud  des  Vergnes,  inspecteur  général  des 
Ponts  et  Chaussées,  102,  boulevard  Ilauss- 
man.  Paris. 


Fabre,     minotier,     Saint-Saturin-lès-Avignon 

(Vaucluse). 
Faïnstein,  professeur  de  mnémotechnle,  Elca- 

terininskaïa  oulitsa  n*  28,  Kb.  n''22,   maison 

Alitarow,  Odessa  (Russie;. 

Farcot,  constructeur  mécanicien,  Port-Saint- 
Ouen  (Seine). 

Fascio,  constructeur  d'appareils  de  chaufTage, 
66,  rue  Paradis,  Marseille  (Bouches-du-Rhô- 
ne). 

Fauconnier  (François),  directeul*  de  la  fabri- 
que  de  produits   céramiques,     Maubeuge 

Faups  (Edouard),  propriétaire,    négociant    en 


machines  agricoles  et  engrais,  8,  cours  d'Al- 
succ-Loraiae.  Bordeaux. 

FavroQu  'lirnest),  distillateur  à  Ghatelleraull, 
(Vienne). 

Fayaud.  propriétaire,  agriculleur,  SidiBel- 
Alibès  f.Vl^férie). 

F«naitte  et  Daspeaux.  fabricants  de  la  pétréo- 
llne  Luncelot,  11  bis,  rue  du  Conservatoire, 
Paris. 

Ferrièrd  (Henri),  propriétaire-viticulteur,  61. 
quai  des  Chartrons,  Bordeaux. 

Ferry,  pharmacien,  6,  rue  de  la  Gare,  Vesoul 
(Haute-Saône). 

Ferry,  entrepreneur  de  travaux  publics,  19, 
phice  de  la  Banque,  Dijon  (Côte-d'Or). 

Flllat,  mécaniclen-orthr>pédiste,  1,3,  rucChaa- 
vain,  Nice  (Alpes-Maritimes). 

Flammler,  mécanicien,  directeur  des  usines 
de  M.  E.  Méric,  Pinto,  près  Madrid  (Espa- 
gne). 

Fieury,  négociant  en  vins.  Tours  (Indre-et- 
Loire). 

Flinolt  (Oclave),  nésrociant  en  vins  et  spiri- 
tueux, à  Flavy-le-Chatel  (Aisne). 

Florenoe,  peintre  verrier,  35,  rue  des  Ursuli- 
nes,à  Tours  (Indre-et-Loire). 

Fontana.  imprimeur,  27,  rue  d'Orléans,  Alger 
(Algérie). 

Forestier,  fabricant  de  serrurerie,  Valines 
(Somme). 

Fornet,  fabricant  de  bijouterie-Joaillerle,Bourg- 
en-Bresse  (Ain). 

Fortin,  manufacture  de  papiers  et  toile  à  po- 
lir, 34,  rue   Sedaine,  Paris. 

Fortin,  fabricant  de  feutres,  usines  de  la  Ma- 
rette,  Clermont  (Oise). 

Fougeron,  fabricant  de  pâtes  et  terrines  d*a- 
louettes,  Pithiviers  (Loiret). 

Fraisse,  Brugoer  et  Cie,  teinturerie  et  lavage 
cliimique,    Morat,  Fribourg  (Suisse). 

François  (Louis)  et  Cie,  négociants  en  vins 
mousseux  hongrois,  à  Promontor  (Hongrie). 

Frank,  reliure  électrique,  13,  rue  des  petits- 
Carreaux,  Paris. 

Frèra  (Georges),  fabricant  d'enveloppes  de 
bouteilles.  Pressac  (Gironde). 

Fretin,  manufacture  de  cliaussures,  64,  rue  de 
Rennes,  Paris. 

Fritsoh  (Jean-Fréderic),  négociant  en  vins  et 
spiritueux,  15,  avenue  du  Parc,  Le  Bouscat 
(Gironde). 

Fry  (J.  8.)  et  fils,  fabricant  de  chocolats,  12, 
Union  Street,  Bristol  (Angleterre). 


Qaday,  négociant  en  ganterie,  5,  rue  Vauban, 

Grenoble  (Isère). 
Gadeau  de  Kervilie,   fabricant  de   plaques  et 

rubans  de  cardes,    rue  Dupont,  5,7,  Rouen 

(Seine-Inférieure). 
Qalllao  (Léo),  négociant  en  vins  et  spiritueux, 

161  et  16  J,  rue    du   Jardin  public,    Bordeaux 

(Gironde). 
Gailly,  tanneur  corroyeur.  Romans  (Drôme). 
Qallet,  fabricant  decolTres-forts,  66,  boulevard 

Magenta,  Paris. 
Garcia-Royo   (José),  société  hygiénique  phar- 
maceutique, Valence  (Espagne). 


33 


LISTE  GKNKRALK  DRS  MEMBRES  DE  L\  SOGIErE. 


34 


Garrio,  négociant  en  vins,  Layrac  (Lot-ot-Ga- 
ronne). 

Oarriga,  négociant,  Galle  de  la  Reina,  45,  Ma- 
drid (Espa^rne). 

Qaumont,  assureur  maritime,  32,  rue  Belle- 
fond,  Paris. 

Gauthier- L.esti  en  ne  et  Cie.  carrières  et  scie- 
ries de  pierres,  Soig:nies  (Belgique). 

Qautreau,  constructeur  de  machines  agricoles, 
Dourdan  (Seine-et-Oise). 

Qeisiep,  fabricant  de  papiers,  aux  Ghatelles  par 
Raon-FËtape  (Vosges). 

Qé'ln,  fabricant  d'horlogerie,  Montbéliard 
(Doubs). 

Gèlineau  (le  docteur).  15,  rue  d'Aumalc,  Pa- 
ris. 

Gennadius^  inspecteur  d*agriculture,  Athènes 
(Grèce;. 

GéraiMl  (le  docteur),  14,  rue  d'Amsterdam,  Pa- 
ris. 

Qéraudel,  pharmacien,  Ste-Menehould  (Marne). 

Gianaclia,  fabricant  de  cigarettes,  rue  de 
'Mousl£i,  le  Gaire  (Egypte). 

Gilbert,  mécanicien,  Loudun  (Vienne). 

Gillet  et  fils,  teintureries,  9,  quai  de  Serin, 
Lyon  (Rhône). 

Girard -Perregeaux,  fabricant  d'horlogerie, 
Chaux-de-Fonds  (puisse). 

Qiralt  (Oriatobal)et  Cle,  fabricants  de  rhum  à 
Saint-Domingue  (République   Dominicaine). 

Giraud,  parfumeur  distillateur,  avenue  Sain- 
te-Lorette,  Grasse  (Alpes-Maritimes). 

Giron  frères,  rubans  et  velours,  11,  rue  Royale, 
Sainte-Etienne  (Loire). 

Glafey,  fabricant  de  veilleuses,  Nurnberg  (Al- 
lemagne). 

Gobert,  directeur  de  la  pharmacie  centrale,  26 
rue  Ësquermolse,  Lille  (Nord). 

Godard, fabricant  de  kir.<«ch,  Aillcvlllers  (Haute- 
Saône). 

Godard -Vasaour,  négociant  en  vins,  proprié- 
taire, 87,  rue  du  Bardâtre,  Reims  (Marne). 

Godefroy,  fabricant  de  beurre,  Orbiquet  (Gal- 
vados). 

Godet,  serrurier-constructeur,  2ô9,  rue  Salnt- 
HoDoré,  Paris. 

Gollies,  pharmacien,  Morat  (Suisse). 

Golly,  constructeur  fondeur,  Saint-Dié  (Vos- 
ges). 

Gondy,  fabricant  d'horlogerie,  Besançon 
(Doubs). 

Goppeisrœder {docteur),  professeur  de  scien- 
ces chimiques,  Mulhouse  (Alsace). 

Gorte  (frères),  manufacture  de  broderies.  Cor- 
des îTarn). 

Qotehier  et  Gle,  fabricants  d'horlogerie.  Bien 
ne  (Suisse). 

Qottsau,  fabricant  de  grils,  2S,  rue  de  l'Entre- 
pôl,  Paris. 

Gourde,  fabricant  de  boutons  en  papier,  30 
rue  Moret,  Paris. 

Qourdon  (Vve).  manufacture  de  lainages.  3, 
rue  de  Sainte-Marie-des-Terraux.  Lyon  (Rhô- 
ne). 

QoMPdet.  gérant  de  la  Société  des  usines  de 
Villars  (Vosges). 

Gottoeard  (lis,  fabricant  de  couleurs  et  vernis, 
hi,  rue  de  la  République,  Montreuil  (Seine). 


Qouttière,  facteur  de  pianos,  47.  rue  de  Baby- 
lone,  I^aris. 

Qoyard.  fabricant  de  creusets  rjCractalros,  4î, 
rue  Alexandre    Dumas,  Paris. 

Qranddemange  (G.),  Ingénieur,  constructeur, 
83,  rue  Saini-.Maur,   Paris. 

Qrandsire  fils,  fabricant  de  bourrelets  métal- 
liques, 37,  rue  Juc  lues-Fanquet,  Bolbec  (Sei- 
ne-lnférleurc). 

Qraavea,  insrénleur,  fabricant  de  michlnes 
agricoles.  Berdiansk  (Russie). 

QrafAerflis,  fabricant  de  produits  chimiques, 
avenue  delà  Motte-Piquet,  58  bis,  Paris. 

Granier,  fabricant  d'appareils  pour  l'éclairage 
au  gaz,  15,  faubourg  Montmartre,   Paris. 

Grillot,  fon'leur-construcl'îur,  02,  rue  Ober- 
kampf,  Paris.    . 

Grobet,  fabricant  de  limes.  Vallorbes  (Suisse). 

Groas,  négociant  en  vins  et  spiritueux,  Gouhé- 
nans  vHaute-Saône). 

Qroasetin  (pore  et  Uls),  constructeurs-môcaai- 
clens,  Sedan  (Ardeunes). 

Grosaot,  fabricant  d'appareils  de  chauffage, 
45,  faubourg  du  Temple,  Paris. 

Groaapietioh,  fabricant  de  pianos,  Konig- 
Strasse  11  (passage).  Breslau    (Allemagne). 

Gruel,  relieur,  418,  rue     Salnt-Honoré,  Paris. 

QrUnberg.  fabricant  de  meubles,  Vassili  Os- 
tror,  17-  ligne,  n*  54,  Saint-Pétersbourg  (Rus- 
sie). 

Guônot,  fabricant  de  produits  chimiques,  au 
Greusot  (Sa6ue-et- Loire). 

Quôrauit-Godard,  cultivateur,  FèreGhampe- 
noise  (Marne). 

Guéret  frères,  fabricants  d^apparells  pour  eaux 
gazeuses,  72,  boulevard  delà  Gare,  Paris. 

Guertin  père  et  fils,  llquorl^tes.  Sablé  (Sar- 
the). 

Guilbert-Martln,  chimiste  verrier,  20,  rue  Ge- 
nin,  Saint-Denis  (Seine). 

Guillabert  frères,  fabricants  de  bouchons  et 
spécialités  en  liège,  Seillans(Var). 

Guillard,  entrepreneur  d'installations  d'écu- 
ries et  de  selleries,  avenue  Mac-Mahon,  Pa- 
ris. 

Quillemin  (Louis),  pharmacien,  Pharmacie- 
Normale,  U,  rue   des  Granges,  à   Besançon, 

Guillon  (Claude),  directeur  de  la  société  des 
huiles  immuables.  Salon  (Bouches-du-Rhô- 
ne). 

Guillon  fila,  professeur  de  trait,  Romanèche- 
Thorins  (Sa6no-et-Loire). 

Guyanet,  ingcénieur  constructeur,  83,  boulevard 
Magenta,  Paris. 

Guyot,  propriétaire,  15,  boulevarJ  du  Temple, 
Paris. 

Guyot,  Ningrea  et  Oie,  néoroclants  en  cafés, 
13,  rue  de  la  Faïencerie,  Nancy  (Meurthe-et- 
Moselle). 

Gwynne  (John  et  Henry],  constructeurs  da 
pompes,  Hammersmith  Iron  W.)rks,  Londres 
W.  (Angleterre). 


Haaa  (  et  dis),  fabricant  de  tapis,  Vienne  (Au- 
triche). 

Hafner,  médeciu-dentisle.  Agram   (Autriche). 

Haggipawlu  et  Fils  (Grist),  propriétaires  et 
négociants  en  vins,  Limassol(Ue  de  Ghypre). 


25 


iOCn.MAL  ME.N5CEL   l>È  l*ÀCAl)Clllll  NAttUNALK. 


SO 


Hal!aip0«  33,  rue  Saint-Jacques,  Paris. 

Haquat,  fabricaot  de  chicorée,  101,  rue  d'Arras 
Lille  (Nord). 

Harden,  ingénieur  des  arts  et  manufactures, 
airriculteur,  viticulteur,  membre  du  conseil 
supérieur  de  l'Agricultui^e,  IW,  avenue  des 
Champs-Elysées,  Paris. 

Hauton,  fabricants  du  Brillant  Oriental,  Saint- 
Nazaire-sur-Loire  (Loire-Inférieure) . 

Henrioet  (Henri),  pharmacien -chimiste  prépa- 
rateur du  papier  Fruneau  contre  Tasthme, 
Nantes  (Loire-Inférieure). 

Heinriohs,  mécanicien,  àodimon^  Verviers 
(Belgique). 

Henry,  constructeur  d'instruments  agricoles, 
Bézlers  (Hérault). 

Henry,  constructeur  mécanicien,  Rosnay-L*hd- 
pital  (Aube). 

Héftse,  fabricant  d*étofres  pour  ameublement, 
21,  perspective  de  Newskl,  Saint-Pétersbourg 
(Russie). 

Hesselink  frères,  exportateurs  de  vins,  Mark- 
siraat  F.  20,  Anahem  (Pays-Bas). 

Hirt,  fabricant  de  pompes  rotatives,  leo,  mu- 
bourg  Saint-Martiu,  Paris. 

Htsinper  (le  bai*on  de)  ,  propriétaire  des  forges 
de  Hiilnaes  (Russie). 

Hoferet  Klintsei,fabricant8  d'appareils  collec- 
teurs de  poussières,  11,  Alemengasse,  Bâle 
(Suisse). 

Honig,  constructeur  de  pompes,  Cologne  {Xi- 
lemâgne). 

Httbault,  fabricant  de  velours,  président  du 
Tribunal  de  Commerce,  Amiens  (Somme). 

HUokel,  pharmacien,  Héricourt  (Haute-Ss6ae). 

Huë,  fabricant  de  baromètres  métalliques,  79, 
rue  des  Graviillers,  Paris. 

Huguenin,  négociant  en  liqueurs,  12,  rue  Oli- 
vettes, Nantes  (Loire-Inférieure). 

Hummeltnok,  fabricant  de  lait  conservé,  à 
Vlaardingen  (Hollande). 

Huntley  et  Palmere,  fabricants  de  biscuits  9, 
Roaa  Lane  Reading  (Angleterre). 

HUrlImanrt,  brasseur,  Enge  (Suisse). 

HuHot  (Gustave),  fabricant  d'or  en  feuilles,  10, 
rue  Chàteau-Landon,  Paris. 

Hurtinet,  imprimeur,  13,  avenue  Parmentler, 
Paris. 


Jaoquemin,  chimiste-mi crobiologiste  à  Malzé- 

vlîle,  près  de  Nancy  (Meurthe  et  Moselle). 
Jacques  Sauoe  et  Cie,  fabricants  de  produits 

Eour  la  fabrication  des  papiers  peints,  183, 
oulevard  de  Charonne,  Paris. 

Jankoweki,  professeur  de  tenue  de  livres,  Ri- 
ga (Russie). 

Jannel  (Ulysse),  ingénieur  constructeur,  Mar- 
tinvelie  (Vosges). 

Jari'y  (Jean),  distillateur,  à  La  Ghapelle-Basse- 
Mer  (Loire-Inférieure). 

JastrebzskI,  16,  rue  Saint-Jean,  Cracovie  (Au- 
triche). 

Jean  (Jules),  directeur  du  Comptoir  agricole 
des  Alpes,  rue  Garnol,  à  Gap  (Hautes-Al- 
pes). 

Jeanneau  (Charles),  produits  divers  pour  be«r- 
rerie  et  fromageries,  rue  Chàteau-GiroD,  à 
Jauzé  (lile-el-Viiain  e;. 


Jâanne^t.    fabricant  de  chapeaux  de    paille 

Neuchàtel  (Suisse). 
Jeaudonneno,  fabricant  d'otivrages  et  btJdUx 

en  cheveux,  passage  du   Havre,  39,  41,  43, 

Paris. 

Jeener,  industriel,  76,  faubourg  Salnt-Marlin, 

Paris. 
Jehsl  fils  aîné,   négociant  propriétaire,  2,  rue 

Arago,  Alger  (Algérie). 
Jeanne,  fabricant  de  liqueurs,  5j,  57,  Quai  de 

la  Toumelle,  Pans. 

Jordan  (Fritz),  pharmacien,  Neufiihdtel  (Suis- 
se). 

Jouanin,   dentiste,  3,  rue  Girodeau,  Moulius 

(Allier). 
Joué  (dis),  distillateur,  8alnt-Laurent-de-la-Sa- 

lanque  (Pyrénées-Orientales). 
Joya,  constructeur-mécanicien,  cours  Berriat, 

Grenoble  (Isère). 
Julien,  négociant  en  liqueurs,  Lavaur  (Tarn). 
Julien,  fabricant  de  matériel  d'imprimerie,  30, 

me  de  Launoy,  Porte  de  Nlnove,  Bruxelles 

(Belgique). 
Jus,  ingénieur,  Batna  (Algérie). 


Kahn  frères  et  Blooh,  fistbricant  de  limes,  152, 

rue  de  Strasbourg,   Nahcy  (MeUKhe-et-Mo- 

selle). 
Kaps  (Hirnest  Eugène),  faveur  de  pianoStCaro- 

lastrasse,  n*  PL  Dresde  (Allemagne). 
KAps  Willam-Ernest),   facteur  de  pianos.  Se- 

minarstrasse.  Dresde  (Allemagne). 
Kinsmen  et  Ole,  fabricants  de   mèches  de  sft- 

reté,  Seyssel  (Ain). 

Kieber,    ûlaleur  de  laines.  Obwodnicanal,  lf6, 

Saint-Pétersbourg  (Russie). 
Kocli,  confiseur  glacier,  au  Pont-du-Rhin,  Bà^ 

le  (Suisse). 
Koerting  frères,    ingénieurs-coAstrucleurs,  00, 

rue  de  la  Chapelle,  Paris. 
Kolher  (les  fils  d'Amédée),  fabHcants  de  ehO" 

colats,   Lausanne  (Suisse). 
Koplowskt,  fabricant  d*obJets  en  marbre,  Re- 

vel  (Russie). 
Kratz-Bouesao,   négociant,  3,  rue  Sainl-Lott^ 

reht,  Paris. 
KrUsi  (Docteur),  médecin-orthopédiste,  à  Gais. 

canton  d'Appentell  (Suisse). 


Laae,  impHmeur*lithographe,  16,  rue  Pierre* 

Levée,  Paris. 
Lto   (Docteur     du),  propriétaire   egricuUeur, 

Château-de-la-Gaupnine,     par  Gasoats-les- 

BéElers(Hérault). 
Lacroix,  artidcler,  3Î  rue  Rempart-Maûlablau. 

Toulouse  (Haute-Garonne^. 
Laoroix,  chimiste,  fabricant  de  couleurs  vitM- 

fiables,   186,  avenue  Parmentier,  Paris. 
LéfAte  et  Cie,    fabricants  de   plaques  et  pou- 
dre à  souder  le  fer,  102,  avenue    Parmentler, 

Paris. 

Lafflte  et  Cie,  nt^gociants  en  eau-de-Vie.  GoU- 

tras  (Gironde) 
La^»roe    (Léon-Maiâondieu).     dlsUltale  ^r    à 

Mouzaïavllle,  département  d^Alger. 


Lagache,  conOseur,  1,  rue  des  Pellts-Champs, 

La  Jousse   (SainUElme),   agent   maritime,  8S 
■    !«'  *^ou\evard  de  Latour-Maubourg,  Paris, 
"'"•'•u^abricant  de  chocolats,   85,  rue  de  Ri- 
voli. Paris. 

Langlois.  entrepreneur  de  travaux  publics, 
Acqui^'ny  (Eure). 

Lanine,  fabricant  de  vins  mousseux  et  de  li- 
monades, près  du  pont  Moskvoretsk,  Mos- 
cou (Russie). 

*^rïï*!f.î'  J«^*'^i?"^^.®  papiers  à  cigarettes 
rue  du  Fou r-Saint- Jacques,  35,  Perpignan 
(Pyrénées -Orientales).  p*if»an 

Laporte  (Jean  Romain),  fabricant  de  biscuits 
de  luxe,  a  Règles,  Bordeaux  (Gironde. 

*iî??;  ^f  ^r^^??"*  ^^  S*'*"®  ^^^^^^  et  de  lait  con- 
centré,  Fribourg  (Suisse). 

^^ÎL^^•il?"V£*'5Î^P^P®"®'*'^»  place  du  Théâ- 
tre, Lille  (Nord). 

Latour-Daury  (Armand),  imprimeur,  éditeur, 
t),  place  du  Progrès,   Ciney  (Belgique). 

^(îsere)'  ^^^"*^^*®"'"'  P^^^®  Grenette,  Grenoble 

Laurent-Colas,  fabricant  de  ferrures  pour  voi- 
lures,    Bogny-sur-Meuse  (Ardennes). 

goîuèmê'/&ir"*  "*'  '^^*"''''  '''  '•"'  ^'^"- 
Lauvln,    distillateur,  \U,  boulevard  de   Stras- 

t>ourg.  Le  Havre    (Seine-Inférieure). 
Law  (Samuel)   and  Sons,  Limited,  fabricants 

Mo^Hn'îfH  xPr^^^?   ".HT  Plaques'et   rubans, 
Moorland  Mills,  Cleckheaton  (Angleterre). 
Lazare  (Philippe),   distillateur,  ?9,  boulevard 
.uî   -^'Pff» ^Sainte-Barnabe,  Marseille  (Bou- 
cnes-au-Rhone). 

^liîfr^'^l",?^.'®^!  «marchand  de  fers,  cons- 
tructeur, Altkirch  (Alsace-Lorraine). 

Uborgne,  fabricant  de  tapis  et  étoffes  pour 
aoaeuulement,  Lannoy  (Nord).  ^ 

Le  CalJenneo,  constructeur-mécanicien,  Lan- 
derneau  (Finistère). 

^A^*'  /^.^".^•'^nt  ^«  savon  minéral,  Maisons- 
Alfort  (Seine). 

*^?.«i'*&  f ^'ÇL^*J^"f  ^e  carrières,  Montreuil- 
sous-Bois  (Seine). 

Lêocrnu,  constructeur-mécanicien.  lu,  rue 
Oberkampf,  Paris. 

Ufebyre  (Isidore),  propriétaire,  producteur, 
spécialité  de  fromages  de  Neufchàtel,  Nesle' 
Hodeng  par  Neufchàtel-en-Bray  (Seine-In- 

^•"î^^'  o^'^V'^i?^"^  ^®  céruse,  4,  rue  Alain- 
de-Lille,  3,  Lille  (Nord). 

Lago,  constructeur,  mécanicien  fondeur,  ave- 
nue de  Paris,  Le  Mans  (Sarthe). 

Legratid-Baboye,  fabricant  de  chicorée  et 
glands  doux,  Fresne  (Nord). 

LegHs,  négociant,  89,  rue  des  Chantiers,  Ver- 
sailles (Seine-et-Oise). 

Lamaftra,  fabricant  de  voitures,  rue  de  ia  Ga- 
re, Alençon  (Orne). 

^^^'^^^''àietCle,  fabricant  de  plumes  métalli- 
ques, 100.  Charlotte  Street,  Birmingham  (An- 
glelerrej.  ^ 

Lepage,  fabricant  de  draps,  4,  faubourg  de  la 

Cassine,  Sedan  (Ardennes). 
Lépreux,  fabricant  déplumes  métalliques,  38, 


LlSTt  (iÉNKBALE  DliS  MEMUBES  bE  LA.  SOCIÊTiî 


38 


rue  de   la  Gare,  Boulognc-sur-Mer  (Pas-de- 
Calais). 

Leriche,  fabricant  de  cofTres-forts  et  serrures, 
62,  boulevard  de  Strasbourg,  Paris. 

Lespine,  propriétaire,  Saint-Estèphe  (Giron- 
de). 

Lestout  fils,  fabricant  de  produits  résineux, 
place  Belcier,  Bordeaux  (Gironde). 

Lestrade,  10,  rue  de  la  Neva,  Paris. 

Lesueur.  entrepreneur  de  travaux  publics. 
Djebel-Stora  (Algérie). 

Levainvilla  «t  Rambaud,  fabricants  de  couleurs 
et  vernis,  14  et  16,  rue  du  Parc-Royal,  Paris. 

Lavy,  imprimeur  lithographe,  Epernay  (Mar* 

L'héritier-Quyot.  négociant,  Dijon  (Côted'Or)» 
Lillenthal,  professeur  de  sciences  commercia- 
les, rue  Dolgoroukov,   maison   Finoguenov 
Moscou  (Russie). 

Lippmann,    ingénieur,  36,  rue  Chabrol,  Paris. 

Lobiti  flls,  constructeur-mécanicien,  à  Alx 
(Bouches-du-Rhône). 

Loohet  atné  et  De  Bertrand,  fabricants  de  col- 
hers  pour  chiens,  192,  rue  Saint-Maur,  Paris. 

Loir,  fabricant  de  ouates  et  cotons  cardéi. 
Coëmont  (Sarthe). 

Lùoet-Fleury,  négociant,  Orléans  (Loiret). 

Lugllen-Leroy,  propriétaire,  au  château  de 
Houbers-sur-Canches,  par  Frévent  (Pas-de- 
Calais). 

Lusoan  (Alexandre),  manufacturier,  fabricant 
de  gazes  en  soie  pour  blutage,  Blajan 
(Haute-Garonne). 

^¥î,*y  0?*?^^^),  entrepreneur  de  travaux  pu- 
blics, Brienz,  canton  de  Berne  (Suisse). 


Magnier  aîné,  fabricant  de  laines  à  tricoter, 
Rosoy  (Haute-Marne). 

Magot,  fabricant  de  limes  et  scies,  Vesoul 
(Hante  Saône), 

Maître.  Fonclause  et  Cle,  fabricants  d'instru- 
ments de  musique,  81,  rue  Saint-Maure.  Pa- 
ris, 

Majetté,  imprimeur  lithographe,  Chàteauroux 
(Indre). 

Maquaire,  31,  boulevard  de  Montmorency,  Pa- 

Ma^abottl  confiseur,  Nizza  Monferrato  (Prov. 

Alessandria)  (Italie). 

Marc  et  Colouble,  exploitants  de  scieries  mé- 
caniques, Prechac  (Gironde). 

Marchand,  fabricant  de  produits  réfractaires 
et  de  machines  à  graver  au  Jet  de  sable,  126, 
route  de  la  Révolte,  Saint-Denis  (Seine). 

Marchand  frères,  fabricants  d'huiles,  Dunker- 
que  (Nord). 

Marchier.  pharmacien  chimiste,  Pouzin  (Ar- 
deche).  ^ 

Marlot  fils,  fabricant  de  cirages  et  de  peintu- 
res, Entrains  (Nièvre). 

Marquise,  fabricant  de  crayons,  Salnt-Paul- 
en-J arrêt  (Loire). 

Mai'i^out  fabricant  de  sucrerie  artistique,  9d, 
rue  Saint-Nicolas,  Rouen  (Seine-Inférieure). 

MaiHl  (Frili),  constniCteur-mécanicipn,  et  né- 
gociant en  machines  agricoles,  Winterthur 
(Suisse). 


39 


lOUaNAL  MBNSUBL   UE  l'aCAD^IK  NATIONALE. 


40 


Martin,  négociant  en  liqueurs*  Pont-de-Yaux 

Martin*  Maitte  et  Huberland.  fabricants    «i*es- 

sleux,  l^ont-sur-Sambro  (Nord). 

Martinet,  fabricant  d'huiles,  52,  boulevard  des 
Dames,  Marseille  (         hes-du-Rhône). 

Martinoveicy,  propriétaire,  Wosnessenslc,  gou- 
vernement de  Kherson  (Russie) 

Maeeler  (Jérôme)  fils,  fabricant  de  faïences 
d'art,  Vallauris  (A^lpes-Marltimes). 

Mathez  (Armand),  fabricant  de  couverts  en 
acier étamé,!à  Fonlenoy-le-Chàleau  (Vosges). 

Matignon,  banquier,  négociant,  Cognac  (Cha- 
rente). 

Matile  frères,  fabricant  d'horlogerie,  9,  rue 
«ai nt- Pierre,  Besançon  (Doubs). 

Mathile  (Paul-Ali)  propriétaire,  éleveur  à    la 
ferme  modèleet  grande  laiterie  de  Montfavet, 
près  Avignon  (Vaucluse). 
Matrot,     constructeur-mécanicien,     Jolnville 

(Haute-Marne). 
Mattoe-Perez  (de^    agriculteur,   propriétaire 
d'usines,  Evora  (Portugal). 

Maugin.  ingénieur-constructeur,  30,  rue  Bas- 
froi,  Paris. 

Maujean,  pharmacien  de  P*  classe,  3,  rue  Bé- 
nurd,  Semaize  (Marne). 

Maurel,  minotier,  rue  de  l'Arbre,  Marseille 
(Bouches-du-Rhôné). 

Mazeau,  viticulteur  à  Salnt-Philippe-d' Aiguil- 
le (Gironde),  par  Gastllllon  (Dordogne). 

Mazrand  et  Cie,  fabricants  de  sacs  en  papier 
avec  Impressions,  Cirey-sur-Vezouze  (Meur- 
the-et-Moselle). 

Meintièe,  agriculteur  et  minotier,  161,  Preto- 
ria (République  Sud- Africaine;. 

Mélia,  négociant  en  tabacs,  place  du  Gouver- 
nement s.  la  Régence,  Alger  (Algérie). 

Ménage,  banquier,  4,  rue  de  Naples,  Paris. 

Mercier,  fabricant  de  lessiveuses  et  buan- 
deries, 16,  quai  du  Louvre,  Paris. 

Mercier,  fabricant  de  caoutchouc,  5,  rue  Klô- 
ber,  Saint-Ouen  (Seine). 

Mercier  et  Cie,  fabricants  de  sucre,  Bresle? 
(Oise). 

Mercier  et  Oie,  négociants   en  vins, 
de  Pélcin,près  Eperuay  (Marne). 

Méréde  Chantillv.  pharmacien,  68,  rue  d'il- 
llers,  Orléans  (Loiret). 

Méric.  fabricant  de  chocolats,  18,  20,  rue 
Mayor,  Madrid  (Espagne). 

Metaxa  (Spiridon.  A.),  chef  de  la  Maison  S.  et 
E.  Melaxa,  distillerie  d'eau-de-vle  de  vin, 
place  Garayscaky,  Le  Pirée  (Grèce). 

Métayer,  négociant,  usine  de  Saint-Cyr,  Ren- 
nes (llle-et-Vilaine). 

Meyer  (Alfred),  chimiste,  10.  rue  de  Chateau- 
dnr,  a  Paris. 

Meyian,  fabricant  d'horlogerie,  au  Sentier  (Suis- 
se). 

Micliaud,  distillateur,  rue  de  Plffoux,  à  Cha- 
tellerault  (Vienne). 

Miicaïlov  fabricant  d'appareils  de  ventilation, 
coin  de  la  perspective  Klinsky  et  de  la  Ve- 
reislca,   Saint-Pétersbourg   (Russie). 

Miicaïioft,  et  fils,  tissus  de  laine,  Moscou  (Rus- 
sie). 

Minièrae,  château  de  Frinestes,  Nérac  (Lot- 
et-Garonne). 


château 


MonjBenet,  fabricant  de  vermouth,  Ycnne  (Sa- 
voie). 

Monier  (Victor),  négociant  en  cuirs  juge  au 
irlbuunl  de  commerce  d'Oran,  6  et  8.  rue  de 
Gênes,  à  Oran  (Algérie), 

Monin  (docteur),  40,  rue  de  Luxembourg  vP^- 
rls). 

Moniotte.  fondeur  mécanicien,    Dôle(Jura)- 

Monloup  (M-  Alphonse),  Professeur  de  comp- 
tabilité, 13,  rue  Pults-Gaillot,  Lyon    (RlionC;. 

Monna,  statuaire,  23.  rue  Salnt-Etlenne,  Tou- 
louse (Haute-Garonne). 

Monnet,  Jean-Gabriel),  propriétaire,  négociant 
en  eau-de-vie.  Cognac  (Charente). 

Montandon,  constructeur  do  machines  agi  ico- 
les,  Vernon  (Eure). 

Moquet-Leoage  confiturerie  de  Saint-James. 
7,  rue    Suini-Gllles,    Paris. 

Morales,  directeur  de  l'usine  de  la  Cie  Colo- 
niale, Pinto  (Kspagne). 

Moreau,  docteur  médecin  à  Salnt-Jean-d'An- 
trle,  par  8alnt-A'>nanl-en-Marls  (Charente- 
Inférieure). 

Moral,  vice-consul  de  Perse,  81,  rue  Dauben- 
ton,  Roubaix (Nord). 

Mougeotte  atné,  constructeur-mécanicien,  Me- 
lay  (Haute-Marne). 

Moueieau,  Ingénieur  civil,  constructeur  de 
fours  perfectionnés  pour  la  boulangerie,  103, 
rue  Porte-Dijeaux.  Bordeaux  (Giroude). 

MouMet  (Pierre),  distillateur,  24,  rue  Saint- 
Roch,  Angouléme  (Charente). 

Munler(les  lllsde  Ch.),  constructeurs, 25,  rue 
des  Archives,  Paris. 

Murât,  fabricant  de  bijoux,  6  rue  des  Archi- 
ves, Paris. 


Naeyer  et  Oie  (de),  manufacturiers.  Wille- 
broecic  (Belgique). 

Naee  et  Hecicmann,  distillateurs^    Belfort. 

Navarro  (Pedro),  propriétaire  agriculteur,  à 
Bel- Abbés   (Algérie). 

Nechitch,  parfumeur,  inventeur  de  divers  pro- 
duits chimiques,  17,  rue  Assalit,  Nice  (Alpcs- 
Marillmes). 

Nègre,  fabricant  de  fruits  confits,  Grasse  (Al- 
pes-Maritimes). 

Neher  fOscnr)  et  Cie,  fabricants  d'amidons  et 
produits  dérivés,  Mels,  canton  de  Saint-Gall, 
(Suisse). 

Nier,  négociant  (aux  Caves  de  France),  119. 
12»,  Leipzigerstrass.  Berlin  W.  (Allemagne. 

Nieuwenhuye,  Junior  et  Cie,  fabricants  de 
conserves  alimentaires,  Amsterdam  (Hollan- 
de). 

Noiliy,  Prat  et  Cie.  négociants,  boulevard  du 
Rhône,  Marseille  ^ouches-du-Rhône). 

Ncrdenfelt  (Thorstcn  de),  directeur  de  la  So- 
ciété Nordenfeit  pour  constructions  mécani- 
ques, S,  rue  Auber,  Paris. 

Noulet,  constructeur  mécanicien.  Braquegntes 
(Belgique). 


Olivari  fils,  fabricant  de  pâtes  alimentaires. 
42,  quai  de  la  Place  d'Armes,  Nice  (Alpes- 
Mantimes). 


a 


LISTF:  GKNERAI.K  DIîS  UëUBRKS  OK   IA  SOCIETE. 


42 


Oor.  facteur  de  pianos,  50,  A,  rue  Neuve,  Bru- 
xelles (Belgique). 

Oudot'ArbBn,  artiflcier,  boulevard  Pommerol, 
Lyon,  Brotteaux  (Rhône). 


Pacoard  frères,  tourneurs  en  cuivre,  182,  bou- 
levard de  la  Villette,  Paris. 
Paloux  (Julesj,  garde  d'artillerie,  à  Cran  (Al- 
gérie). 
Panohaud.  pharmacien,  Vevey  (Suisse). 
Parandier.   ancien   inspecteur     général   des 
lK)nls  et  chaussées,  3^,  rue  des  Ecuries-rt' Ar- 
tois, Paris. 
Paretrteau  atné   et  Lagrolet,    négociants    en 
vins  et  spiritueux,    10,  rue    Camille-Godard, 
Bordeaux  (Gironde). 
Parronry,   sculpteur-marbrier,  62,  rue   Saint- 

Sabin.  Paris. 
Paria  (Octave),  négociant  en  vins,  Dijon  (Cô- 

le-d'Or,. 
PaHaae  (Léon),  fabricant  de  tôlerie,  à  Larrière 

Vosges}. 
Paasy,  fournitures   pour  horlogeries,   Thones 

Haute-Savoie). 
Peupler  (Léonard),  fabricant  d'instruments  de 

pesage,  1  et  3,  rue  Stendhal,  Paris. 
Paupy  frères,  fabricants  de  carreaux  en  plâ- 
tre, 65.  67,  boulevard  de  la  Gare,  Paris. 
Pavlov,  fabricant  de  tissus, PereslaviZalesky, 

gouvernement  de  Vladimir  (Russie). 
Pavy  frères,    fabricant  de  masques,  144,   rue 

Saint-Denis. 
Péoheux,    sculpteur,   fabricant     de   meubles 

d'art,  61,  avenue  de  Wagram,  Paris. 
PeichI  (Chevalier  de),  directeur  général  de   la 
société  du  Lloyd  Autrichien,  Triesle  (Autri- 
che,. 
Pelltl,  conflseur,  Calcutta  (Indes). 
Pelletier,  fabricant  de  toiles  métalliques,  Gon- 

nerré  (Sarthe). 
Pellisson  père  et  Cie,  distillateurs,  boulevard 

de  la  Gare,  Cognac  (Gironde). 
Pérès,  négociant   en  vins.   11,  rue  d'Enghien 

Bordeaux  (Charente). 
Perin  frères,  constructeurs  de  clôtures  métal- 
liques et  de  béton.  Charleville  (Ardennes). 
Petit  et  Aroencam.  fabricants  de   machines  à 

coudre.  10»,  boulevard  Sébastopol,  Paris. 
Pfaendier.  fabricant  de  dentelles  et  de  linge- 
rie flne,  Rheineck (Russie). 
Philippe,  aviculteur,  Houdan    (Seine-et-Oise). 
Picard  (les  fils  de  R.),  fabricants  d'horlogerie. 
U.  rue    l.éopoM-Roberl,    à  Chaux-de-Fonds 
(Suisse  ;- 
Picard  (lesflisde  Léopold),  fabricants  de  cha- 
peaux de  paille  et  de  feutre,  45,    47,  rue  d'A- 
bookir,  Paris. 
PierottI  dis,  fabricant  de  chapeaux,  15,  Cours 

Beliunce,  Marseille  (Bouches-du-Rhône). 
Pierson,     sculpteur    statuaire,     Vaucouleurs 

(Meuse). 
Plllon.  fabricant  de  cierges  et   bougies,   Cler- 

inont  (Oisej. 
Plnciiart-Deny,  ingénieur  constructeur.  58,  rue 

Saint-Sabin,  Paris. 
PInt  A.,,  professeur  de  calligraphie.  Perspec- 
tive Nevsky;  13/9,  Hb  20,  u  Saint-Pétersbourg 
.Ru.^sie;. 


Pivetta,2,  Strada  San  Giacomo,  Naples  (Italie). 
Pibnas-Maoaya, ingénieur-mécanicien,  92,  San 

Pablo,  Barcelone  (Espagne). 
Pléneaud   aîné  (Jean-Albert),  exploitants  de 
carrières  et   fabricant- de   briques   et  tuiles 
mécaniques,   chemin  de   la   Sauve,  à  Bor- 
deaux-Bastide. 
Plojoux  (Marc),  fabricant  d'horlogerie  et  bi- 
jouterie, 30,  rue  du  Rliône,  Genève  (Suisse). 
Pogojev,  horticulteur-pépiniériste,  Godgriews- 
kaïa  oulltsa, propre  malsonàToula  (Russie). 
PohI,  fabricant  d'instruments    de    chirurgie, 

S'Gravenhage  (Hollande). 
Poliand,  fabricant  de  produits  réfractaires,  59, 

rue  du  poteau,  Paris. 
Pollet,  fabricant  de  tissus    de  genres  anglais, 

rue  de  Bradfort,  Tourcoing  (Nord). 
Pollet  (AlbertJ,  fllateur  de   laines  cardées,  à 

Tourcoing  (Nord). 
Popoffet  Oie   (Georges   Iv.),  exploitants  de 
carrières  de  pierres  lithographiques,  16,  rue 
Mokowska,  à  SoQa  (Bulgarie). 
Popov  (Société  des   successeurs  de  Madame 
Veuve),  distillerie,  près    du  Grand-Pont- dc- 
Pierre,  Moscou  (Russie). 
Poppa-Boutels  (Charles),  fabricant  de  chico- 
rée. Grand  Quai,  à  Lokeren  (Plandre-Orlen- 
tale)  (Belgique). 
Pooar  y  Tic,  fabricants  d'huiles  d'olive,  Bar- 
celone (Espagne). 
Portier  (Jean-Bastipte),    luthier,  21,  rue  Val- 
benoîte,  à  Satnt-Btlenne  (Loire). 
Pouohain  (Victor),    illature  et  tissage  de  lin, 

Armentlères  (Nord). 
Pougeois,  sellier,  78,  Avenue  de   Villiers,  Pa- 
ris. 
Povalyaev   (V.),   professeur  de   Calligraphie, 

rue  Dolgoroukov,  90,  Slmféropol  (Russie). 
Pradon,  fabricant  de  papiers  à  cigarettes,  45, 

rue  de  Maubeuge,  Paris. 
Prast,  conflseur,  8,  Arénal,  Madrid  (Espagne). 
Proux  (Etienne),  pâtissier,  18,  rue    de  l'Hôtel- 
de-Ville,  SalnWean-d'Angely  (Charente-In- 
férieure). 
Prudon,  pharmacien,  3,  rue  de  la  République, 

Lyon  (Rhône). 
Pruvost,  fabricant  de  pianos,  77,   rue   Salnl- 

Maur,  Paris. 
Pruzynski  (de),  calligraphe,    Kazanskaïa    ou- 
lltsa, n*  26,  Kb.,  43,  Saint-Pétersbourg  (Rus- 
sie). 
Puei,  teinture  et  nettoyage.    Allées    Paul    Rl- 
quet,  Béziers  (Hérault). 


Quartier  (Emile),    fabricant    de  montres,  les 

Brenets  (Suisse). 
Quévillon.  (F.)  Colonel   du   144-  d'Infanterie  à 

Bordeaux. 


Rabourdin  (Henry  ,  constructeur  d'installations 
d'écuries,  39,  rue  d'Anglas,  Paris. 

Rabourdin  frères,  constructeurs  d'installations 
d'écuries,  selleries,  étables,  chenils,  39,  rue 
Boissy-d'Anglas,  Paris. 

Raissac,  distillateur,  Revel  (Haute-Garonne). 


43 


lOUBNAL  MENSUEL  DB  t'AGAbÊMlE  NATIONALE. 


44 


Rambaud  (Lucien),  couleurs  et  verois,  14,  lô, 
rue  du  Parc-Royal,  Paris. 

Ramogrino,  docteur  en  médecine,  26,  rue  Saint- 
Sépulcre,  Marseille  (Bouches-au-Rhône). 

Rapin,  pharmacien,  Montreux  (Suisse). 

Raval,  préparateur  de  coraux,  La  Galle  (Algé- 
rie). 

Razout  (de),  fabricant  de  pains  d'éplce»  et  de 
biscuits,  Avallon  (Yonne). 

Redouly  et  Ola,  entrepreneurs  de  peinture,  11, 
rue  Saint-GeoPijes,  Paris. 

Regat,  pharmacien,  13,  place  de  la  Motte,  Li- 
moges  (Haute-Vienne). 

Reig  Py,  propriétaire-viticulteur,  à  Banyuls 
(Pyrénées-Orientales) . 

Reia,  ingénieur  civil,  38,  rue  Ommegang,  An- 
vers (Belgique). 

Remlinger  et  Vinet.  fabdcanU  de  miroiteries, 
26,  rue  de  Charonne,  Paris. 

Rémond  (Saint-Bdme),  fabricant  de  Umes  et 
râpes,  138,  rue  Saint-Maur.  Paris. 

Renard,  horloger  mécanicien,  Ferrlères  (Oise). 

Ranouard  et  Cla,  fabricants  de  l'eau  de  mé- 
lisse des  Carmes,  14,  rue  de  l'Abbaye,  Paris. 

Richard  (Jules),  ingénieur-constructeur,  8,  Im- 
passe Fessard,  Paris- 

Richard,  fabricant  de  conserves  alimentaires, 
4*^,  rue  de  Chanzy,  Rochefort-sur-Mer  (Lha- 
rente-Inférieure). 

RIcher,  fabricant  de  toiles,  Alençon  (Orne). 

RIchy,  commissionnaire  exportateur.  50,  rue 
Paradis.  Paris. 

Rioou  (Henri),  fabricant  de  Produits  Insectici- 
des et  ratlcides,  61,  rue  Jeanne-d'Arc,  Rouen 
(Seine-Inférieure). 

Ricolès  (de),  distillateur  d'essences,  9,  cours 
d'Herbouville,  Lyon  (Rhône). 

Rléter  et  Ole,  constructeurs  mécaniciens, 
Winterlhur  (Suisse). 

Rlatelhuebar,  fabricant  de  lampes  et  suspen- 
sions, 2/,  rue  du  Chemin-Vert,  Pans. 

Robartd*Eahouguea,  ofûcieren  retraite,  4,  rue 
d'Aumale,  Paris. 

Robert  Outortra,  propriétaire,  Ernée  (Mayen- 
ne). .  ^ 

Robinat,  conflseur,  Odessa  (Russie). 

Rechat  (Jules;.  fabric:mt  de   fo"^,"*^^^^^^ 
horlogerie,  au  Pont,  canton  de  Vaud  (Suisse). 

Rodaok.  fabricant  d'articles  de  maroquinerie, 
1   Kolmarlct,  Vienne  (Autriche.. 

Rolaa-Sanaulnattl  (Knrigudde),  infénieur-cé- 
rimist*  Calle-de-la-Florlda,   3,   lïadrid  (Es- 

Rcmet,^  négociant  en  draperies  et  nouveautés, 

Alençon  (Orne). 
Romstorfar,  architecte  de  l'Ecole  des  arts  et 

lU^UerT,  Czernowitz,  Rukowine  (Autriche). 
Ron«l  et  Slngan,  confiseurs,    Pia»ïa   Golonna, 

Rome  (Italie).  ^     ^ 

Roqualaure,  conserves  alimentaires,  Capdenac 

(Aveyron).  .  r/     »  u 

Bordorf  et  Ole,   facteurs    de   pianos,   /uiich 

B;ÏÏ-Brunner,  fabricant  de  confiserie,  à 
Zurich  (Suisse).  . 

Bcth-Wleyer  at  Cla,  tissage  mécanique  de  co- 
ton et  teinture,  Oftringen  (Suisse). 

Rcugié  aîné,  confiseur  disliUateur,  Gramat 
(Lot). 


Rouiller  fila  et  Maanard.  manufacturiers   en 

cuirs,  2?8,  boulevard  Voltaire,  Paris. 
Roure-Bartrand  fila,  fabricant  d'essences  et  de 

parfumerie,  Grasse  (AJpes-Maritimes). 
Rouaaeau-Bricout  (Vva).  vins  et   eaux-de-vi<% 

41,  rue  Royale,  Saint-Quentin  (Aisne). 
Rouaaaiat,  fabricant  iTlnstruments   agricoles. 

Villemeneux,  commune  de  Tancron,   par  Li- 

zy-sur-Ourq  (Seine-et-Marne). 
Rouaaat,  manufacturier,  fabricant  d'échalas  et 

piquets  en  acier,  Saint-Vlctor-sur-Lolre,  par 

Firminy  (i-oire). 
Royé  Mbaume,  négociant  en   vins,   Beaune 

(Côte-d'Or). 
Roz,  fabricant  de  bouteilles  de  chasse  et   de 

voyage,  205,  rue  du  faul)ûurg    Saint-Marlln, 

Paris. 
Rozièra,  chimiste  aux  Lilas  (âeine). 
Rufflar  daa  Almaa,  fabricant  de   meubles  chi- 
nois etjaponais.  11,  rue  Basfrol,  Paris. 
Rumpf,  négociant,  direoieur  du  Progrès  Igdus- 

trlel,  16,  rue  de  l'Echiquier,  Paris. 
Ruaa^uchard,   fabricant  de  chocolats,    Neu- 

chAtel  (Suisse). 


8«lnt-Danla  (de),    négociant,   à    LongueviUe 

(Manche). 
Sala  (Luigi),  distillateur,  via   Placeiiza,  n*  «4, 

Alossandrîa  (Egypte). 
Sailaa   (les  Fils  de),  fabricants   d'engrais,  127. 

rue  de  Turenne,  Paris. 
Salvat,  fabricant  de  produits  résineux,   Mor- 

ccnx  (Landes). 
8amgulne,fabricantde  cloches,  54,  PlaniUkaïa. 

Moscou  (Russie). 
Sancy,  fabricant  de   couleurs    et   vernis,  «3, 

boulevard  Richard-Lenoir.  Paris. 
8andera  et  Ole,  manufacture  de  savons,  Leyde 

(Hollande). 
Sandomirsky  (Froiem   G.),  négociant  en  bois, 

exploitant  d'une  scierie   mécanique,  a  Kre- 

mentchough  (Russie). 
Saas,  fabricant  de  broderies,  Pereslavl-Zales- 

slcy,  gouvernement  de  Vladimir  (Russie). 
Savigny  fila,  néffocianl  en  cafés,  place  GUate- 

let,  Chartres  (Eure-et-Loir). 
Scalabra-peloour,  Ûlateur,  Tourcoing  (Nord;. 
Sohaick  frèrea,  fabricants  de  clous  «t  boucles, 

17,  rue  de  Magdalena,  Lisbonne    (Portugal). 
8chmautz  (Chartes),  fabricant  de   rouleaux  et 

cylindres   pour    imprimerie   lithograpbique, 

31,  rue  de   Sèvres,  Paris. 
Schmidt,  fabricant  de  meubles.  Porte  de  TAr- 

bate,  Moscou  (Russie). 
achoofffa,  pharmacien  chimiste,  rue  de  la  Mon- 
tagne, 15,  Bruxelles  (Belgique). 
Schudei  et  Cle,  négociants  en  vins  et  li<}ueiirs, 

Leiden  Hollande). 
Schweingrubar,  fabricant  de  ressorla,  me  du 

Stand,  n-258,A.,  Salat-Imwr  (Suisse), 
Ségaud    et  Pottier,    pharmaciens    chimistes, 

Chàteau-Regnault-Bogny    (Ardennes^). 
Ségaust.  fabricant   d'amidon,   30,    rue  de   la 

Brèche,  Saint-Denis  (Seine). 
Séguin  (Louis,,  ingénieur  des  arts  el  manuflBC- 

tures,  constructeur  mécaeiclen,  H   qu^  du 

Petit-Gennevilliers,  GennevilHers  (Seine). 


45 


LISTE  GENERALE  DES  M&MBJiES  DE  LA  SOCIETE 


46 


Béguin,  parfumeur,  106,  rue  Groix-de-8eguey, 
B^irdeaux  (Gironde). 

Semadeni.  conQseur,  Kiew  (Russie). 

Bicra  de  Fontbrune,  propriétaire,  2,  avenue 
()u  Calvaire,  SainUGIoud  (Seine). 

Sigautfirs,  fabricant  de  pains  d*éplces,  8  ave- 
nue de  Paris,  Qentilly  (Seine). 

8ilve9tre-Obriot.  fabricant  de  ciragre,  Mont- 
bard  Côte-d'Or). 

Simirenko,  fabricant  de  sucre,  Bofçouslaw 
Russie). 

Simmonds  (Peter  Lund),  The  charter  Uouse, 
14.  E.  C,  Londres  (Angleterre). 

Simmonds  (L.  V.},  agents  de  publicité  et  de 
reprèseutàtion  aux  expositions,  17,  Saint-John 
Street  Road  B.C.  Londres  (A.ngleterre). 

Simon  frères,  constructeurs  de  machines  agri- 
coles. 70,  7%,  74,  rue  Uelain,  Cherbourg  (Man- 
che.. 

Simon  fils,  pharmacien,  4,  faubourg  de  Fran- 
ce. Beifort  <  territoire  de  Belfort). 

Simono.  fabricant  de  carrelages  mosaïques,  au 
(-aleau  ^Nord;. 

Sicousèo  (Paulj,  viticulteur,  Athènes  (Grèce). 

SkvoKsov,  fabricant  de  cuirs,  Kojevniki,  Mos- 
cou  Russie^ 

Smet  de  .  fabricant  de  carrelages  céramiques, 
Canteleu,  Lille  (Nord). 

Smiliié.  photographe  du  Muséum  national, 
Washington  (Etats-Unis). 

Smoline  vDlmitri),  fabricant  de  suifs,  Kourga- 
ue.  gouvernement  de  Tobolsli  (Sibérie). 

Société  anonyme  de  hoiililone  (Premiépe),  48, 
Ekaterinoslavskaia  Oulilsa,  Kharkov  (Rus- 
sie;. 

Soléros,  négociant,  11«  rue  Monge,  Paris. 

Solon  et  Cie,  négociants  en  vins,  Athènes 
Grèce  . 

Sotelo  y  Eecobedo  (Diego  de  Léon),  avocat  et 
rabri';ant  d'eau  de  Heurs  d'oranger,  fabrique 
'le  la  Cruz  una  del  Gampo,  26,  Galle  Com- 
pas de  la  Laguna,  à  Sévllle  (Espagne). 

Souza  Soaréo  (de;,  établissement  industriel 
Pharmaceutique,  Pelotas  (Brésil). 

Sjïocht,  fabricant  de  liqueurs, Pernau-en-Livo- 
nie  ;Russie). 

Stadieret  P«ttlno«o,  lithographe,  M,  Ligûwka, 
:>aint-Pétersbourg  (Russie). 

MewoH.J.ei  Ga  disUUateursde  whi:>ky,  lU, 
Hii^h  Street,  à  Edinburgh  (Ecosse  . 

Stollo,  chef  de  la  maison  Dcncker  et  Cic,  négo- 
«lant  de  l'*  guilde,  Wassily-Ostrov,  Voikoos- 
îizpéreoulok,  Saint-Pétersbourg  (Russie). 

Slollworok  frères,  fabricants  de  chocolats,  It, 
Bruckenstrasse,  Cologne  (Allemagne). 

Subervielle,  membre  de  la  Société  d*accl!mala- 
UoD,  30,  rue  de  Colysée,  Paris. 

Sundheim  et  Doetech,  propriétaires-viticul- 
teurs, a  iluelva  (Espagne), 

Swann,  pharmacien,  12,  rue  Gastiglione,  Paris. 

Swatek,  fabricant  de  draps  de  laine  peignée, 
î^ijlerz  ^Russie). 

Sylvaalre  file,  négociant  en  vins  lins,  Montpel- 
lier ;Hérault'. 


Tabard  et  Cle   fabricants  de  soieries,    3,  rue 
('dret,  Lyon  (Rhône). 


Tabouriep  et  Bieeon,  fabricants  de  broderies, 
6,  rue  d'Aboukir,  Paris. 

Tajan,  fabricaMt  d'instruments  pour  l'agricul- 
ture, 62,  rue  d'Espagne,  Bayonne  (oasses- 
Pyrénées;. 

Tancréde,  fabricant  d'engrais,  32,  bis,  rue  Pas- 
quier,  Paris. 

Taueeig^  négociant  en  vins,  Funfkirchen  (Au- 
triche). 

Taverne,  négociant  en  fers,  Marquise  (Pas-de- 
Calais). 

Tellier,  constructeur  de  serrurie  d'art,  17,  rue 
Léon  Gambetta,  Lille  (Nord). 

Tenting.  constructeur  mécanicien,  -10,  rue  Cu- 
rial,  Paris. 

Texier  Aie  Jeune,  constructeur  de  machines 
agricoles.  Vitré  (lUe-et- Vilaine). 

Théodoraky.  agronome,  17,  Strada  Tailor-Bu- 
carest  (Ifollande). 

Thiébaut,directeur9  des  cave»  impériales  pour 
la  fabrication  des  vins  de  chan^pagoe,  à 
Soudak,  gouvernement  de  Tauride  (Russie). 

Thiellay,  chimiste  parfumeur,  Amersham 
Park,New  Cross,  Londres  S.  E.  (Angleterre). 

Thivet-Hanotin,  fondeur  constructeur,  19,  rue 
du  Chemin-de-fer,  Saint-Denis  (Seine). 

Thomae,  constructeur  d'instruments  agricoles, 
Pineaux  Saint-Ouen  (Vendée). 

Thomae  (Georges;,  constructeur  mécanicien,  7/, 
Deansgate  Manchester  (Angleterre). 

Thomeret  fréree  et  Creuevaux-Proutat,  fa- 
bricants de  limes,  Arnay-le-Duc,  par  Beau- 
ne  (Côte-d'Or). 

Thury  et  Amey,  constructeurs  mécaniciens, 
12,  Chemin  ae%  Sources,  Genève  (Suisse). 

Thy  (\e  comte  de),  propriétaire,  Autun  (Saône- 
et-Loirc). 

Tierce,  constructeur  de  machines,  12,  passage 
Dupont,  Rouen  (Seine-Inférieure). 

TInc,  pharmacien,  rue  Trajan,  Galatz  (Rouma- 
nie;. 

Tieon,  ingénieur  architecte,  77,  rue  Colbert, 
Lille  (^iSord). 

Tieeerand  dit  Jaoobue  aîné),  fabricant  d'ins- 
truments de  pesage,  Port-sur-Saône  (Haute- 
Saône). 

Tivolller,  propriétaire,  rue  Alsace-Lorraine. 
Toulouse  (Haute-Garonne). 

Tofflin  etCie,  fabricants  de  dentelles,  Caudry 
;Nord;. 

Toiray,  fabricant  d'encres,  4  el  6,  rue  des  Hau- 
diiette»,  Paris. 

Torok  (de),  pharmacien,  12,  Kéraly-utcta,  Bu- 
dapest (Autriche-Hongrie;. 

Toboubaline,  à  Tchourouk-so«,  gare  de  Ka- 
bouletz.  Chemin  de  fer  Traoscaucasien  (Hus- 

siey. 

Tranoart  fabricaoi  de  chaussures  cousue»  et 
do  lij^es  piquées,  15,  rue  Pont-au-Hrouettes. 
à  Abbeviile  (Somme). 

Trébucien,  négociant  en  cafés,  25,  Cours  de 
Vincennes,  Paris. 

Tremauft.  constructeur  mécanicien,  140,  rué 
d'Allemagne,  Paris. 

Trospalacios  y  Aldabo,  fabricants  de  liqueurs, 
427,  Principe  Alfonso,  à  La  Havane  (lie  de 
Cuba). 

Trezaa  di  Mueella  (le  commandeur),  proprié- 
taire, 2>i,  rue  Beaujon,  Paris. 


JOURNAL  MliNSUKL   DK  L'ACàDÉMlB   NAT10N\LK. 


47 

Trouvé,  ingénieur  électricien.  14,  rue  Vivienne. 

Paris. 
Tsapline,  pholojçraphe   à  Morchansk,   propre 

maison,  gouvernement  à  Tambov  (Russie;. 
Tuai,  fabricant  de  conserves  alimenlaires,  6  bis, 

quai  Duguav-Trouin,  Nantes  (Lolre-inferieu- 

re). 

U 

Uoke,  noble  Russe,  Dire.iteur  de  la  Société 
pour  la  fabrication  des  briques  réfractaires  et 
autres  produits  de  terre  glaise,  Borovitchi 
(Russie),  gouvernement  de  Novgorod. 


VaUtler,  parfumeur,  2,  rue  de  Mouveaux,  Rou- 

balx  (Nord). 
Valentin  Roussel  (V),  Ûlateurde  laines,  21,  rue 

de  la  Paix,  à  Roubalx  (Nord). 
Vais  frères,  ingénieurs  constructeurs,  26,  Galle 

de  Gampo  Sadraga,  Barcelone  (Espagne). 
Valtat,  négociant  en  bois  et  charbons,    7,  rue 

d'Edimbourg,  Paris. 
Van  Ouyse   frères,    fabricant  de  bouchons,  à 

Lolceren  (Belgique). 
Van  Haoke,  compUble,  43,  rue  Richer,  Paris. 
Van  Houten  et  Zoon, fabricants  de  cacao,  Wesp 

(Hollande). 
Varnali,   viticulteur,  à  Reni,  district  dlsmaïl 

(Russie). 
Vassal,  constructeur  mécanicien,  50,  chemin  de 

la  Viabert,  à  Lyon  (Rhône). 
Vauzallas  (Baron    Antoine     de),   propriétaire 
des  Usines   d'engrais  chimiques,  à  Ceneviè- 
res  (Lot). 
Vayson.  ancien  fabricant  de  tapis,  Abbeville 

(Somme). 
Vazon,  propriétaire,   Airvault  (Deux-Sèvres). 
Venèous  (Les  îlls),  fabricants  de  bougies  per- 
fectionnées, 50,   rue  du   Milieu,  Ivry  (Seine). 
Vanet  (Eugène),    constructeur  d'appareils  de 
chaulrage,  216,  route  de   Rayonne,  Bordeaux 
(Gironde). 
Varnatte  Jeune,  fabricant  d'instruments  ara- 
toires, 49,  route  d'Agde,  Béziers  (Hérault). 
Verweegen  et  liok,  selliers,  86,  Kalverstraat, 

Amsterdam  (Hollande). 
Viaud    (Pierre),     constructeur    d'instruments 

agricoles,  à  Barbézieux  (Charente). 
VIbert  frères,  parfumeurs,  28,  boulevard  Sébas- 
topol,  Paris. 

Vichy   (Le    marquis  de),  distillateur,  40,  rue  du 
Parc,  Ivry  (Seine). 

Vieillemard  et  ses  fils,   imprimeurs  litliogra- 
plies,  16,  rue  de   la  Glacière,  Paris. 


18 


Vigneral   (le   comte 
teau-de-Rl,  p 


Vigé  (Jean),  négociant,  1;?,  rue  Dcsuiey,  a 
Bordeaux  (Gironde). 

de),  propriétaire  au  Ghà- 
par  Putanges  T(Orne), 

Vigoureux  fils,  constructeur  d'inslruaienls 
agricoles  et  viticoles,  Nîmes  (Gard).- 

Ville  Chabrolle  (de),  distillateur  iiquoriste,  la 
Châtre  (Indre). 

Visser  et  flis.  distillateurr.,  Schiedam  Hollan- 
de). 

Vlad^ianu,  propriétaire,  député  au  Parlement 
roumain,  Garjoaca.par  Fargul-Fruraos  ^Hou- 
manle). 

Voeloker- Coumet.fabricant  de  chlcorée,BayoD 

(  Meurthe-et-  Moselle). 

Voisin-IMIgnon,  distillateur,  Marseillan  (Hé- 
rault). 

Voland  et  Cle.  Gaufrage  et  impressions  de  tis- 
sus de  soie,  38,  rue  Moutbernard,  Lyon 
(Rhône). 

Vouteau  fils,  fabricant  de  chaussures,  17,  rue 
Inkermann  (Indre-et-Loire). 

W 

Waag  et  fils,  fabricants  de  moutarde  et  d'huile 
de  moutarde,   Doubovka,   gouvernement  de 

,  Saratov  (Russie). 

Wallon,  fabricant  de  lissus,  49,  rue  du  Val- 
d'Eauplet,  Rouen  (Seine-Inférleurej. 

Waterlot-Qhesquière,  torréfacteur  de  cafés, 
150,  rue  de  Paris,  Lille  (Nord). 

Wegner,  fabricant  de  courrni'^«  mécaniques, 
14,  Ulica  Ar.  Kotzebue,  Varjovie  (Russie). 

Welby,corroyeur,  5,  rue  Jeanne  d'Arc,  Rouen 
(Seine-Inférieure). 

Wiggishoff,  fabricant  de  parfumerie,  153,  rue 
Marcadet,  Paris. 

Williot,  négociant  en  bières,  houblons  et  chi- 
corée, Porx-du-Nord,par  Englefoutalne  (Nord  - 

Wodzloki  (le  comte),  propriétaire  agricul- 
teur, fabricant  de  sucre,  Gzarnomln,  poste 
Popiéluchy,  gouvernement  de  Podolie,  par 
Odessa  (Russie). 


Ygouf,  fabricant  de  poteries  de  grès,  au  Tron^ 

quay  (Calvados),  par   Balleroy. 
Yvon,  propriétaire,    Gimeux  (Gharente-. 


Zambon    (Vincent),   enlrepeneur  mosaïste.  60 

rue  Emeriau,  Paris. 
Zambon   (Dominique),  mosaïste,  60,  rue   Em^ 

riau,  Paris. 


Vienne,  fabricant   de   marbreries  artistiques,       Zentler frères,  fabricants  d'iiorlogerie,  2,  plac< 
Gousolre  (Nord).  '     de  Longemale,  Genève   (Suisse). 


Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Cft^, 

Eugène  THIÉRY. 


CLcuiluAT    (o18K)«    —  IMPMtMIRIB  DAIZ   FRBHKS.    PLACK   «aINT-ANDRÉ,  3. 


JOURNAL    MENSUEL 

DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

À6RIC0LE,  lANDFACTORliSRE  ET  COIIERCIALE 

68*  Année.  -  FÉVRIER  1898. 


SOMMAIRE 

RéUNlOM  ANNUELLE  ÙU  COMITé  DES  RÉCOMPENSES. 

ASSEMBLÉE  GÉNÉRALE  ANNUELLE  DES  SOCIÉTAIRES. 

RÉCOMPENSES  DÉCERNÉES  PAR  L'ACADÉMIE  NATIONALE. 

DISTINCTIONS  HONORIFIQUES  aooopdées  aux  Membres  de  l'Académie  Nationale. 

AORICULTURE.  --  Les  concours  régionaux  agricoles  ca  189S.  —  Les  rdcoltes  en  terre.  —  Le  clnrbon  de  bois  et  Ui 
loonnis.  —  1^  fr.mde  dans  le  commerce  des  engrais. 

INDUSTRie  —  Dispositif  d'éclairage  intérieur  des  voitures  de  place,  communication  de  M.  Q.  Trouvé,  a  Paris.  — 
Fabrication  de  montres,  de  M.  Joseph  Bloch,  à  Chauds-de-Fonds  (Suisse).  —  Mandoline  métallique,  de  M.  Ji  B. 
Portier,  i  Saint-Etienne.—  Museliërt'S  et  bavettes  pour  chevaux  atteints  de  tics,  systèmes  de  M.  Pougeois, à  Paris. 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  —  Exposition  universelle  de  1900.  —  Exposition  à  Alençon.  —  i5«  Exposition- 
Concours  culinaire  et  de  l'alimentation.  —  Exposition  industrielle  à  Rochefort-sur-Mer.  —Exposition  à  Dijon. 

COMMERCE.  —  Le  commerce  exte'rieur  de  la  France.  —  L'activité  commerciale  de  l'Allemagne  en  1896. 

VARIÉTÉS.  —  Lapopulation  de  l'empire  russe.  —  Le  record  des  sondages  terrestres. 

BIBLIOBRAPHIE.—  Agenda  Charles  Mendel.  —  Ce  qu  on  peut  voir  avec  un  petit  microscope,  par  M.  Coupin. 


Réunion  annuelle  du  Comité  des  récompenses. 


LoComilé  des  Récompenses,  foi-raé  de  la 
réuoioo  des  Membres  du  Conseil  d*Admi- 
oUtration  et  des  diiïérents  Comités,  s'est 
réuni  au  siège  de  la  Société,  le  lundi  21  l'é- 
TTier  1898,  sous  la  présidence  de  M.  Dard, 
président  de  la  Société. 

Il  a  examiné  les  propositions  de  récom- 


penses faites  par  le  Directeur,  en  a  apprécie 
les  motifs  et  les  justifications,  et  a  arrêté  dé- 
finitivement la  liste  des  distinctions  à  décer- 
ner par  l'Académie  Nationale  pour  Texercice 
1897,  distinctions  devant  être  proclamées  à 
rassemblée  générale  annuelle  du  *25  février 
1808,  conformément  aux  Statuts. 


Assemblée  générale  annuelle  des  Sociétaires 


du  25  Février  1898. 


Eq  conformité  de  Tavis  de  convocation 
[Hiblié  dans  le  précédent  numéro  de  notre 
Journal  mensuel,  l'Assemblée  générale 
vinuelle  des  Membres  de  TAcadémie  Natio- 
nale a  été  tenue  au  siège  social  le  vendredi 
25  février  1898.  La  réunion  était  présidée 


par  M.  Dard,  Président  de  la  Société,  qui  a 
ouvert  la  séance  à  2  heures  1/4. 

La  parole  a  été  donnée  au  Directeur  qui 
a  donné  lecture  du  rapport  suivant  présenté 
à  l'assemblée  générale  au  nom  du  Conseil 
'd'administration  : 


51 


JOURNAL  UEISSUEL   DE 


«  Messieurs, 

«  C'est  avec  un  légilirae  or^^ueil  que  notre 
Association,  qui  vient  d'entrer  dans  sa  soi- 
xante-huitième année  d'existence,  peut  jeter 
un  regard  sur  sa  carrière  passée.  Cette  car- 
rière, quia  été  traversée  par  de  nombreux 
événements  politiques  et  économiques,  a 
toujours  été  conforme  au  programme  d'en- 
couragement au  progrès  des  sciences  et  des 
arts,  qui  a  été  la  base  de  la  fondation  de  la 
Société  en  1830  et  qui  constitue  sa  raison 
d'être  dans  ie  présent  et  dans  Tavenir,  aus^i 
bien  que  dans  le  passé. 

«  L'histoire  générale  de  la  civilisation  prou- 
ve que  si  la  marche  du  progrès  est  cons- 
tante, elle  n'offre  cependant  pas  les  carac- 
tères de  la  régularité  absolue,  et  que  les  pé- 
riodes de'rapide  avancement  ne  se  produi- 
sent qti'àd'assez  longs  inlervalles,  séparées 
entre  elles  par  des  périodes  beaucoup  plus 
longues,  de  ralentissement  accentué  et  pres- 
que de  stagnation. 

«  Intimement  liée  à  cette  marche  du  pro- 
grès, l'existence  de  notre  Société  a  pré- 
senté des  phases  alternatives  d'activité  fé- 
brile et  de  calmerelatit.  A  de  certaines  épo- 
ques, les  communications  relatives  à  d'in- 
génieuses inventions  et  à  do  nouveaux  pro- 
grès agricoles  et  industriels,  ont  littérale- 
ment afflué  au  siège  social,  offrant  une 
ample  matière  à  la  publication  de  nos  an- 
nales, c'est-à-dire  de  notre  journal  men- 
suel, et  nécessitant  même  l'addition  de 
nombreuses  pages  à  celles  qui  en  forment 
le  cadre  ordinaire.  Mais,  durant  des  pério- 
des de  temps  plus  prolongées,  les  communi- 
cations directes  de  nos  Sociétaires  se  sont  fai- 
tes plus  rares,  en  quelque  sorte  moins  inté- 
ressantes, et,  en  tout  cas,  moins  importan- 
tes. Dans  ce  cas,  h  direction  a  dû  prendre 
les  initiatives  nécessaires  pour  compléter 
elle-même  le  cadre  des  publications  de  la 
Société,  de  manière  à  assurer  la  permanence 
de  leurs  proportions  régulières. 

«  L'année  qui  vient  de  s'écouler  appar- 
tient encore  au  cycle  des  époques  sinon 
stériles,  du  moins  peu  fécondes.  Aucune 
feouvea^té  primordiale  n'a  germé  dans  le 
thamp  des  sciences  et  de  ritidustrie,  et  Ton 
n'a  eu  que  des  progrès   peu  importants  à 


L^AGADÉMIK  NATIONALE.  52 

enregistrer  dans  les  méthodes  agricoles  et; 
dans  les  procédés  des  arts  et  manufactures. 

"  Il  est  juste  de  remarquer,  toutefois,  , 
que  si  l'agriculture  et  l'industrie  n'ont  pas  j 
à  marquer  d'une  pierre  blanche  l'année 
1897,  cette  autre  branche  de  l'activité  hu- 
maine qui  s'appelle  le  commerce  a  cepen- 
dant bénéficié  do  quelques  développenaems 
importants.  Entre  les  diverses  nations  et  les 
divers  pays  du  monde,  les  échanges  tendent 
à  se  multiplier  sans  cesse,  car  on  voit  par- 
tout se  développer  le  goût,  et  même  le  be- 
soin des  produits  étrangers  ou  exotiques. 
C  est  ce  qui  explique  que  les  statistiques  de 
ce  qu'on  appelle  le  commerce  extérieur,  ac- 
cusent chez  presque  tous  les  peuples  des 
augmentations  importantes. 

«  En  ce  qui  concerne  la  France  Holam- 
ment,  le  relèvement  de  ses  exportations  a 
pris  l'année  dernière  une  ampleur  réelle- 
ment satisfaisante.  A  noire  avis  il  faut  en 
chercher  la  cause  principale  dans  Técla- 
tant  succès  que  notre  industrie  nationale  a 
remporté  à  la  brillante  exposition  de  Bru- 
xelles. 

«  Vous  savez,  Messieurs,  que  tous  les  visi- 
teurs de  cette  Exposition  (ils  ont  dépasse  le 
nombre  de  six  milHons  !)  ont  t^té  unanimes 
à  reconnaître  que  la  France  était  la  grande 
triomphatrice  dans  ce  concours  internatio- 
nal. 

«  Aussi,  dans  l'exposé  des  motifsdu  projet 
de  loi  tendant  à  autoriser  les  promotions  et 
nominations  dans  Tordre  de  la  Légion 
d'Honneur  en  faveur  des  participants  à  l'ex- 
position de  Bruxelles,  M.  le  Ministre  du 
(Commerce  a-t-il  pu  légitimement  s'expri- 
mer ainsi  : 

((  Malgré  le  peu  de  temps  qui  leur  a  été 
«  donné  pour  se  préparer  à  celle  manifes- 
te tation  internationale,  nos  artistes,  nos  in- 
a  duslriels,  nos  agriculteurs  ont  tous  tenu 
«  à  honneur  de  se  monti^er  dignes  de  notre 
«  vieille  réputation,  et,  grâce  à  leur  vaillant 
«  concours,  notre  pays  vient  de  remporter  un 
«succès  éclatant  que  beaucoup  d'entre  vous 
a  ont  pu  constater  par  eux-mêmes  et  que 
«nous  sommes  heureux  de  proî^lamer. 

«  Jamais  la  participation  française  k  une 
«  Exposition  européenne  n'avait  été  aussi 


53  A^SEMBL       GéNKR^LE  ANNUELLE  DES 

•  brillanle  ei  aussi  admirée  de  tous  les  visi- 

•  leurs. 

<  Le  jury  international  des  récompenses 
'  a  largement  confirmé  l'opinion  publique  ; 
'  il  a  attribué  3,061  récompenses  aux  3,558 
«exposants  français. Sur  les  550  grands  prix 
j accordés  aux  différentes  nations  roprésen- 
t  tées  à  Bruxelles,  nos  nationaux  en  ontob- 
•«tenu  238,  etsurles3,415liautesrécompen- 
»  ses  accordées  (grands-prix,  diplômes 
t  d'honneur,  médailles  d*or),  les  exposants 
«  français  en  ont  remporté  1,403,  soit  40  % 
t  ainsi  répartis  : 

«238  grands  prix,  392  diplômes d'hon- 

•  neur,  et  T74  médailles  d'or. 

«  En  dehors  de  ces  3,001   récompenses, 

•  1.383  diplômes  de  divers  degrés  ont  été 

•  décernés  aux  collaborateurs  et  coopéra- 
«  leurs  français. 

<  Vous  comprendrez  toute  Timportance 
«  des  résultats  atteints  quand  nous  aurons 

ajouté  que  les  exposants  belges,  qui  ont 
<  participé  à  l'Exposition    au  nombre  de 

•  5,430,  n'ont  obtenu  que  2,990 récompen- 

•  ses deot  202  grands  prix. 

«  T»Bt  d  efforts  amenant  de»  résultats  si 
>  booorables  pour  notre  pays  nous  ont  pa- 
«  ni  fflcriler  d*étre  récompensés  par  des  dis- 

•  liACtioDs  spéciales » 

•  Vous  connaissez,  Messieurs,  les  distinc- 
tions spéciales  que  le  gouvernement  a  ac- 
e«dées  tuK  principaux  lauréats  de  la  sec- 
tion française  de  l'Exposition  de  Bruxelles. 
.\prèsle  jury  de  Hruxelles,  apr^s  le  gouver- 
nement français,  l'Académie  Nationale  avait 
ïossi  à  récompenser  ceux  de  ses  Sociétaire> 
qui  s'étateiit  particulièrement  signalés  dans 
le  grand  concours  universel  dont  la  capitale 
(le  la  Belgique  avait  offert  le  spectacle  au 
monde. 

«  Notre  Comité  des  Récompenses  n'a  pas 
failli  à  celte  tâche,  et  il  s'est  consciencieu- 
sement appliqué  à  rechercher  quels  étaient 
ceux  de  nos  Sociétaires  qui,  par  leur  parti- 
cipation à  Texpositionde  Bruxelles,  s  étaient 
créés  des  tilres  nouveaux  aux  encourage- 
ments officiels  de  notre  Association. 

«II  a  fallu  reconnaître,  d*ailleurs,  que, 
conformément  aux  constatations  déjà  faites 
dans  nos  rapports  des  années  antérieures, 


soiUÉrAïass  du  23  février  1898. 


54 


un  grand  nombre  de  nos  Sociétaireslauréats 
de  l'exposition  belge,  se  trouvaient  virtuel- 
lement placés  hors  concowr5,vis-à-vis  de  no- 
tre Comité  des  récompenses,  par  la  raison 
majeure  que,  souvent  depuis  bien  longtemps, 
noire  Association  leura  conféré  la  plus  haute 
de  ses  distinctions. et  qu'elle  ne  peut  songer 
•A  leur  renouveler  indéfiniment  des  confirma-  ' 
lions  ou  des  rappels  de  notre  récompense 
suprêr»e  qui  s'appelle  le  Diplôme  d'Hon- 
neur, Mais,  envers  ceux  des  exposants  de 
Bruxelles  qui  n'avaient  pas  encore  reçu  cette 
haute  consécration,  notre  Comité  des  Ré* 
compenses  a  pu  disposer  d'une  plus  grande 
liberté  d'action,  et  c'est  à  la  suite d*un  exa- 
men approfondi  des  titres  de  chacun  d'eux 
qu'il  a  arrêté  la  nature  des  distinctions  de- 
vaut  leur  être  attribuées,  au  nom  de  notre 
Société,  en  récompense  de  leur  participation 
au  grand  tournoi  international  si  brillam- 
ment organisé  en  Belgique. 

<  De  même  que  l'exposition  universelle  de 
Bruxelles,  les  expositions  purement  natio- 
nales de  Bourges,  de  Rennes  et  surtout  de 
Vesoul  ont  fourni  à  la  direction  de  la  Socié- 
té et  au  Comité  des  Récompenses,  des  occa- 
sions nombreuses  et  intéressantesd'enregis^ 
trer  les  manifestations  d'activité  d'un  bon 
nombre  de  nos  Sociétaires,  et  en  même  temps 
d'encourager  ces  manifestations  en  leur  ac- 
cordant de  justes  sanctions. 

a  Enfin,  les  communications  adressées  di« 
rectement  à  l'administration  de  la  Société 
et  les  envois  de  produits  qui  y  ont  été  faits, 
ont  motivé  d'auti*es  décisions  du  Comité  des 
Kécompenses,  lesquelles  ont  contribué  à  for- 
mer l'ensemble  des  distinctions  que  l'Aca- 
démie Nationale  décerne  pour  l'année  1897. 
11  y  a  lieu  de  remarquer  aussi  que  cet  en- 
semble de  distinctions  est  dignement  com- 
plété par  les  Médailles  que,  sur  la  demande 
de  plusieurs  Sociétaires,  l'Académie  décerne 
à  des  coopérateurs  dévoués  et  méritants,  en 
témoignage  de  reconnaissance  pour  leurs 
sentiments  de  fidélité  et  pour  le  zèle  qu'ils 
ont  déployé  au  service  de  leurs  patrons. 

«  Après  cet  exposé,  il  ne  me  reste  plus 
qu'à  vous  donner  lecture,  Messieurs,  de  la 
liste  entière  des  récompenses  que  notre  So- 
ciété décerne  pour  Tannée  1897,  récompen- 


55 


^OUliNia  MENSUEL  DE  L'aGADÉMIB  ffATI0N4LB. 


so 


ses  dout  ]a  proclamation  forme  la  partie 
principale  de  Tordre  du  jour  de  la  présente 
Assemblée.  » 

Le  Directeur  lit  la  liste  des  récompenses 
qui  est  publiée  plus  loin. 
Après  cette  lecture,  il  reprend  : 

(c  Messieurs, 
«  Le  dénombrement  des  récompenses  qui 
viennent  d'être  proclamées  donne  les  résul- 
tats suivants  : 


Diplômes  d'Honneur 

Diplômes  de  Médailles  d'Or  — 

—  —      de  Vermeil., 

—  —      d'Argent  — 

—  —      do  Bronze.. 


Tolal. 


25 

25 

9 

7 
4 

70 


Les  Médailles  de  Coopérateurs  sont  au 
nombre  de  huit,  dont  une  d'or,  cinq  de  ver- 
meil et  deux  d'argent. 

Ces  chiffres  de  récompenses  sont  encore 
inférieurs  à  ceux  de  Tannée  précédente  et 
restent  bien  au-dessous  des  chiffres  des  an- 
térieures. La  raison  principale  de  cette  di- 
minution du  nombre  de  nos  récompenses 
annuelles  est  bien,  à  la  vérité,  que  beaucoup 
de  nos  Sociétaires  ne  sont  plus  susceptibles 
de  figurer  parmi  nos  nouveaux  lauréats, 
puisqu'ils  sont  arrivés  au  sommet  do  notre 
hiérarchie  honorifique.  Mais,  il  est  malheu- 
reusement incontestable  aussi  qu'un  certaiii 
ralentissement  s'est  produit  dans  la  marciie 
du  progrès,  ainsi  d'ailleurs  que  nous  en  fai- 
sions la  remarque  au  début  de  ce  rapport. 
De  ce  ralentissement,  il  est  résulté  une  nou- 
velle réduction  des  ressources  de  notre  So- 
ciété, mais  les  recettes  de  1897  ont  d'ail- 


leurs permis  de  pourvoir  à  toutes  les  néces- 
sités du  fonctionnement  social. 

«  Rn  conformité  du  4*  paragraphe  de  Tar- 
licle  XII  des  Statuts,  le  Conseil  d'adminis- 
tration a  fait  choix  de  M.  L.  G.  Dard,  in- 
génieur-constructeur, à  Paris,  fils  de  notre 
sympathique  Président,  pour  entrer  daiis 
ses  rangs.  La  présente  Assemblée  générale 
doit  ratifier  cette  nomination.  En  raôme 
temps,  elle  doit  procéder  à  la  réélection  d'une 
des  fractions  formant  le  quart  du  Conseil 
d'administration,  conformément  au  2*  para- 
graphe du  même  article  XII  des  Statuts. 
Cette  fraction, qui  constitue  la  première  série 
des  Membres  du  Conseil  d'administration, 
est  ainsi  composée,  suivant  les  résultats  du 
tirage  au  sort  qui  a  eu  lieu  le  20  octobre 
dernier  : 

MM.  Degoix, 
Hardon, 
Meyer, 
Richy, 
Vayson. 

c  La  ratification  de  la  nomination  de 
M.  L.  G.  Dard  et  la  réélection  de  la  première 
série  des  Membres  du  Conseil  d'administra- 
tion doivent  constituer  un  témoignage  de 
l'approbation  donnée  par  Tassemblée  géné- 
rale à  la  marche  delà  Société  durant  Tannée 
1897.  C'est  dans  cette  pensée  que  le  Conseil 
d'administration  sollicite  de  Tassemblée  uu 
vote  favorable  à  la  ratification  et  à  la  réé- 
lection dont  il  s'agit.  » 

A  la  demande  de  M.  le  Président,  Tas- 
semblée se  prononce  à  l'unanimité  pour 
la  ratification  et  la  réélection  proposées. 

L'ordre  du  jour  étant  épuisé,  la  séance  a 
été  levée  à  3  heures. 


04  LISTE  GfiflKRAnK  DES  RËGOUPKNSES.  D 

RÉCOMPENSES 

DÉCERNÉES  PAR  L'ACADÉMIE  NATIONALE,.  AGRICOLE, 
MANUFACTURIERE  ET  COMMERCIALE 

A  CbUX  DE  SES  MEMBRES  QUI  ONT  SOUMIS  DES  TRAVAUX  OU  DES  PRODUITS  AUX  JUGE- 
MENTS DE  SES  COMITES,  ET  A  CEUX  DONT  l' ACTIVITÉ  s'EST  PLUS  PARTICULIÈREMENT 
SIGNALÉE  DURANT   l' ANNÉE  1897. 


Diplômes  d'Honneur. 


A  MM. 


Bepchten  (D'  Edward),  à  Londres.  —  Tra- 
vaux, découvertes  et  progrès  réalisés 
dans  la  chimie  et  le  traitement  industriel 
des  pétroles. 

Chorel  et  Escorbia,  à  Saint-Etienne.  — 
Hubans  et  velours. 

Conza,  à  Paris.  —  Cartonnages  riches  pour 
confiserie. 

Dechambenoit  et  Cîe,  à  La  Pipée  (  Vos- 
ges!.  —  Fabrication  mécanique  de  clous 
pour  chaussures. 

Denis,  Benoist  et  Cie,  à  Uoubaix.  — 
Teintures,  apprêts  et  impressions  de  tis- 
sus. 

Heinrichs,  à  Hodimont-Verviers  (Belgi- 
que). —  Machines  à  vapeur  et  pompes 
centrifuges. 

Hesselink  frères,  à  Arnhem  (Hollande). 
—  Vins  d'Espagne  et  de  Portugal. 

Hurlot,  à  Paris.  —  Industrie  du  battage 
tVor. 

Jeaner,  à  Paris.  —  Fabrication  d'albums  à 
reliures  riches  et  artistiques. 

Legrand-Baboye,  à  Fresnes  (Nord).  — 
Manufacture  de  chicorée  torréfiée. 

Magot  (Adrien),  à  Vesoul.  —  Fabrication 
«le  limes,  de  scies  et  d*outils  en  acier  pro- 
ttlé^. 

Matiie  (P.  Ali),  à  Montfavet  (Vaucluse).  — 
Succès  dans  Télevage  du  bétail  et  la  pro- 
duction laitière. 


Melia,  à  Alger.  ^  Tabacs,  cigares  et  ciga^ 
rettes. 

S.  E.  Metaxa,  au  Pirée  (Grèce).  —  Eaux- 
de-vie  et  liqueurs. 

Parisse  (Léon),  à  Larrière,  près  le  Val- 
d'Ajol  (Vosg[es).—  Création  et  fabrication 

gerfectionnée  d'articles  de  tôlerie  et  de  fer- 
lanterie. 

Paupy  frères,  à  Paris.  —  Fabrication  de 
carreaux  et  hourdis  en  plâtre. 

Peleti  (Federico),  à  Calcuta.  —  Produits  de 
confiserie  et  de  distillerie. 

Philippe  (Jules),  à  Houdan  (Se!ne-et-Oise). 
—  Appareils,  instruments  et  produits  d'a- 
viculture. 

Pollet  (Alphonse),  à  Tourcoing.  —  Tissus 

de  laines  effilochées,  genre  anglais. 
Pruvost,  à  Paris.  —  Pianos. 

Salles  (Les  fils  de  L.),  à  Paris.  —  Fabrica- 
tion d'engrais. 

Schmautz  (Charles),  à  Paris.  —  Rouleaux 
en  cuir  pour  impressions  lithographi- 
ques. 

Tellier  aîné  (Louis),  à  Lille.  —  Travaux  de 
ferronnerie  artistique. 

Tisserand,  dit  Jacobus  aine,  à  Port-sur- 
Saône  (Haute-Saône).  —  Instruments  de 
pesage,  presses  à  copier  et  meules  mon- 
tées. 

Visser  (Daniel)  et  fils,  à  Schiedam  (Hol- 
lande). —  Spiritueux  et  liqueurs. 


Diplômes  de  Médailles  d'Or. 


A  MM. 

Barbanson,  à   Bruxelles.  ~  Fabrication 
d'engrais. 

Bloch  (Joseph),  à  Chaux-deFonds  (Suisse). 
—  Fabrication  de  montres  soignées. 

Chatenay  (Samuel),  àNeuchâtel  (Suisse).— 
Vins  rouges  et  blancs, 

Chauvin,  à  Paris.—  Jouets  et  équipements 
pour  enfants. 


DarJ  (L  G.),  à  Paris.  —  Construction  d© 
machines,  appareils  et  outils  pour  Tindus- 
trie  vélocipeaique. 

Flinois  (Octave),  à  Flavy-le-Martel  (Aisne). 
—  Vins  et  spiritueux. 

François  (Louis)  et  Cie,  ù  Promontor 
(Autriche-Hongrie).  —  Vins  mousseux  de 
Hongrie. 

Godefroy,  à  Orblquet  (Calvados).  —  Beur- 
res uns. 


&9 


JOURNAL  MENSUEL  DK  L  AGA DEMIE  flATIONALB. 


m 


Greffier,  à  Paris.  —  Appareils  pour  la  fa- 
brication des  eaux  gazeuses. 

Grossot,  à  Paris.  —  Construction  de 
cycles. 

Jeanneau  (Charles),  à  Janxé  (lUe-ei- Vilai- 
ne). —  Produits  spéciaux  pour  beurreries 
et  fromageries  (colorants,  présures,  fer- 
ments et  conservateurs). 

Lapasset,  à  Perpignan.  —  Papiers  à  ciga- 
rettes. 

Lusay  (Emile),  à  Belfaux  (Suisse).—  Etudes 
et  constructions  de  chemins  de  fer  en  ré- 
gions accidentées. 

Magnier  aîné,  k  Rosoy  (Haute-Marne) .  — 
Laines  cardées,  draps,  coutils  et  articles 
de  bonneterie. 

Maihez  (Armand),  à  Fontenoy-le-Chàleau 
(Vosges;.  —  Fabrication  de  couverts  en 
acier  et  en  métal  blanc,  avec  éiamage. 
nickelage,  argenture  ou  dorure. 

Pollet  (Albert),  à  Tourcoing.—  Fils  de  lai- 
nes cardées. 


Popolf  (Georges)  et  Cie,  àSo6a  iBulgarid. 
Pierres  lithographiques  des  carrières  de 
Negouschevo. 

Proux   (Etienne),  À   Saint  Jean-d'Angély. 

—  Produits  nouveaux  de  pâtisserie  fine. 

Robinat,  à  Odessa.  —  Produits  de  confi- 
serie. 

Sala  (Luigi),  à  Alessandria  (Italie).  —  Ou- 
vrages sur  la  vinification  et  la  prépara- 
tion des  liqueurs. 

Sotelo  (Léon  Diego),  à  Séville.  —  Produits 
de  parfumerie. 

Treapalaolos  et  Aldabo,  La  Havane  (Ile  de 

Cubai.  —  Spiritueux  et  liqueurs. 

Valentin-Roussel.  à  Roubaix.  —  Fils  de 
laines  peignées  et  cardées. 

Van  Duyse  f rèrea,  à  Lokeren  (Belgiquei . 

—  Fabrication  perfectionnée  de  bouchons 
et  article  en  liège. 

Verweagen  et  Kok,  à  Amsterdam.  — 
Ilnrnais  d'une  confection  fine  et  soignée. 


Diplômes  de  Médailles  de  Vermeil. 


A  MM. 


Bastard   (Auguste),  à  Cromary     (Haute- 
Saône).  —  Liqueurs. 

Bastoa,  à  Oran.—  Tabaos,  cigares  et  ciga- 
rettes. 

Boasard-Lemaira,  à  Paris.   —   Produits 
de  parfumerie. 

Broohard-Quillat,   à  Cbàteaudun  (Eure- 
et-Loir).  —  Curaçao  Rrochnrd. 


Maujean,  à  Sermaize  (Marne).—  Vin  Mau- 
jean  et  extraits  concentrés  pour  prépara- 
tion de  sirops. 

Navarro,  à  Sidi-bel- Abbés.  —  Vins  et  fa- 
rines. 

Rachat,  au  Pont,  vallée  de  Joux  (Suisse). 

—  Fournitures  pour  horlogerie. 

Sandomiraky,  à Kremcntchough  (Russie). 

—  Exploitation  d'une  scierie  mécanique. 

Valtat,  à  Paris.  —  Article  de  chaufTage. 


Diplômes  de  Médailles  d'Argent. 


A  MM. 


Arvilla  et  Cle,  à  Puerto  de  Santa-Maria.— 
Vins  d'Espagne. 

Elliott,  à  Bornel  (Oise).  —  Grillages  méca- 
niques galvanisés. 

Kruai   (D"*),  à  Gais   (Suisse).  —   Bandages 
herniaires  et  médicaments  spéciaux. 

Paloux  (Jules),  à  Orart.   —  Eludes  et  pro- 


jets concernant  diverses  branches  des 

sciences  et  de  l'industrie. 

Pougeoia,  à  Paris.  —  Muselières  et  bavet- 
tes en  cuir  et  aluminium  pour  chevaux 

vicieux. 

Poppe-Beutels,  à  Lokeren  (Belgique).  — 
Fabrication  de  chicorée  torréfiée. 

Venet  (Euj^ène),  à  Bordeaux.  —  Travaux 
spéciaux  de  fumisterie,  sur  bases  scienti- 
fi(iues  et  raisoiînées. 


Diplômes  de  Médailles  de  Bronze. 


A  MM. 


Amareateanu  et  Cie,  à  Bucarest.  —  Vins 
de  Roumanie. 

Bar  (Ferdinand),  à  Charleroi  (Belgique).— 


Produits  insecticides. 

Chaumeil  (Amédéei,  à  Annonay  (Ardéche;. 
—Alcool  de  mentlie  des  Cévennes. 

Qiralt  (Crislobal)  et  Cle,  î\  Saint-Domin- 
gue. —  Bhum. 


ai 


LtSTE  OémUALK  UB8'HÉC0MPKNSKS. 


02 


COOPÉRATEURS 


Récompenses  décernées  aux  Coopérateors  de  Membres  de  la  Société  en  conformité  da 
paragraphe  3  de  l'article  II  des  Statuts. 


Médaille  d'Or. 


A  M. 


Sergés  (Amand),   chef    comptable  de   la 


maisoD  de  Neuûize  et  C'*'.  --  41  ans  de 
bons  et  loyaux  services. 


Médailles  de  Vermeil. 


A  MM. 


Clément  (Ilippolyte),  fiférant  de  la  Faïen- 
cerie de  Chauvigny,  maison  Deshonliéres- 
Jâger,  à  Chauvigny  (Vienne).  — 18  années 
de  services. 

Laneard  (Henrij,  contremaître  de  M.  P. 
Fortin,  fabricant  de  produits  pour  le  po- 
lissage, à  Paris.  -  15  années  de  services. 

Liberealle  (Eugène),  fondé  de  pouvoirs  de 
M.  P.  Fortin,  fabricant  de  produits  pour 


le  polissage,  à  Paris.  —    15  années  de  ser- 
vices. 

Panneo  (Jean),  ouvrier-ajusteur  mécani- 
cien, chez  M.  Paul  Le  Caliennec,  cons- 
tructeur de  machines  agricoles,  ù  Lander- 
neau  (Finistère).  -—  21  années  de  services. 

Vornis  (Madame  Adolphine),  employée 
chez  M.  Pierotti  fils,  fabricant  de  cha- 
peaux de  paille  et  de  feutre  et  de  fourni- 
tures pour  modes,  à  Marseille.  —  18  an- 
nées ae  services. 


Médailles  d'Argent. 


A  MM. 

rieschelle,  ouvrier  tisseur,  chez  M.  J. 
Vayson,  à  Abbeville.  —  36  années  de  ser- 
vices. 


Groaboillot  (Emile),  chef  d'expéditions, 
chez  M.  P.  Fortin,  fabricant  de  produits 
pour  le  polissage,  ù  Pari3.  —  10  années  de 
services. 


DISTINCTIONS    HONORIFIQUES 
AOCORDÉES  AUX  MEMBRES  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE 


Par  arrêtés  du  ministre  de  Tinstruction  publique 


A  été  nommé  Officier  de  l  Instruction 
publique  : 

M.  Gi'iLBEnT-MARTiiN  (Auguste),  fabricant 
d'émaux,  à  Paris. 

Ont  été  nommés  Officiers  cT Académie  : 
UiRLOT  (Gaston-Alphonse),    administra- 


teur de  la  Caisse  des  Ecoles  du  10*  arrod  • 
dissement,  délégué  cantonal. 

Vayson  (Jean-Antoine),  manufacturier  à 
Abbeville,  ancien  président  de  notre  So- 
ciété. 

YiRiLi.KMARD  (Hippoiytc-Emanuel),  impri- 
meur-lithographe, à  Paris. 


63 


iODRNAL  «EmOBL  DR  L  ACAOÉMU   NATIONAIX. 


G4 


AGRICULTURE 


LE»    CONCOURS  RÉGIONAUX 
LE8  EN  1898. 


AQRICO- 


Le  Journal  officiel  a  fait  connaître  que, 
par  arrêté  en  dalcdu  13  janvier,  le  prési- 
dent du  Conseil,  Ministre  de  Tagriculture, 
a  décidé  que  les  concours  régionaux  agri- 
coles se  tiendront,  en  1898,  dans  les  villes 
et  aux  époques  suivantes  :  Limoges^  du  28 
mai  au  5  juin  ;  —  Mé{ièreS'Charleville, 
du  4  au  12  juin  ;  —  Alençorty  du  25  juin 
au  3  juillet  ;  —  Tarbes,  du  20  au  28  août  ; 
—  Lyon,  du  27  août  au  4  septembre.  —  Les 
programmes  de  ces  concours  sont  tenus  à 
la  disposition  des  intéressés  au  ministère  de 
Tagriculture. 


LES    RÉCOLTES  EN   TERRE 

Le  ministre  de  Tagriculture  a  fait  con- 
naître Vétat  des  ensemencements  et  révalua- 
lion  des  récoltes  en  terre  à  la  date  de  jan- 
vier 1898,  d'après  les  rapports  des  profes- 
5eurs  départementaux  d'agriculture.  Voici 
les  résultats  généraux  de  ce  travail  en  pre- 
nant pour  terme  de  comparaison  Tannée 
1890  : 

Ensemencements 

BLé 

5  départements  ont  une  superficie  supé- 
rieure (le  plus  de  30  %  . 

4  départements  ont  une  superficie  supé- 
rieure de  21  à  30  %  . 

15  départements  ont  une  superficie  supé- 
rieure de  11  à  20  %. 

21  départements  ont  une  superficie  su- 
périeure de  0  à  10  %  . 

25  département  ont  une  superficie  supé- 
rieure de  1  à  5  %  . 

13  départements  ont  une  superficie  éga- 
le. 

3  départements  ont  une  superficie  infé- 
rieure de  1  à  5%  . 


I       1  départe;ncnl  a  um;  suporflcie  inférieure 
I  de  10  X . 

,  SEIGLE 

I 

I  département  a  une  superficie  supérieure 
'  (le  25  %  . 

I  4  départements  ont  une  superficie  supé- 
rieure de  1 1  à  20  %  . 

9  départements  ont  une  supertie  supé> 
rieurede  6  à  10  %. 

12  départements  ont  une  superficie  supé- 
rieure de  1  à  5  %  . 

46  départements  ont  une  superficie  égale. 

II  département  ont  une  superficie  infé- 
rieure de  1  à  5  %  . 

1  département  à  une  superficie  inférieure 
de  10  •/. . 

1  département  a  une  superficie  inférieu- 
re de  40  %  . 

2  départements  ne  cultivent  pas  le  sei- 
gle. 

I       Voici  maintenant  les  résultats   en  ce  qui 
J  concerne  Tétat  des  cultures  : 

Etat  des  cultures 

BLÉ 

[       13  déparlomcnts  ont  la  note  très  bon  ;  44 
bon  ;  28  assez  bon  ;  2  passable. 

SEIGLE 

19  départements  ont  la   note  très  bon  ; 
47  bon  ;  19  assez  bon. 


LE  CHARBON  DE  B0I8  ET  LE8  FOURMI8 

Dans  noire  Journal  de  Décembre,  nous 
avons  reproduit  une  note  du  journal  la 
Galette  du  F///^^^,  indiquant,  sur  la  foi  de 
M.  Joigneaux,  que  des  morceaux  de  charbon 
de  bois, convenablement  disséminés,  avaient 
la  propriété  de  déterrai rfer  Téloignement 
des  fourmis. 

A  ce  sujet,  un  de  nos  Sociélaires,  M.  Guil- 


f>5 


AGRICULTURE. 


66 


SandheiQ,de  Huoiva  (Espagne),  nous  a  adres- 
sé la  communication  suivante,  de  laquelle 
il  résulte  qu'il  doit  y  avoir  eu  erreur  dans 
les  observations  faites  par  M.  Joigneaux. 

a  Dans  le  numéro  du  journal  correspon- 
«daotau  mois  dedécembre  1897,page  538, 
«  j  étais  heureux  de  lire  une  recelte  pour 
«  réioignement  des  fourmis  par  l'emploi  du 
«  charbon  de  bois. 

«  Souffrant  beaucoup  de  la  voracité  des 
«  fourmis,  à  ma  visite  cette  semaine  à  la  vil- 
•^  la  Onuba,  dans  la  haute  montagne,  j'ai 
«  fait  l'essai  du  charbon  de  bois,  le  répan- 
^  dant  avec  profusion   sur  quatre  grands 

•  nids  de  fourmis,  et  je  regrette  de  vous  le 
«  signaler,  cela  sans  le  moindre  succès.  Les 
«  fourmis,  quoique  en  désarroi  durant  les 

<  premiers  moments,  sont  de  suite  retour- 

<  nées  à  leurs  repaires,  travaillant  à  enle- 
«  ver  le  menu  charbon,  et  débarrassant  les 

•  innombrables  entrées  de  leurs  demeures. 
«  Comme  elles  devaient  traverser  dos  chc- 

<  roins  du  jardin,  j'ai  placé  une  forte  quan- 
«  tité  de  menu  charbon  sur  Taxe  de  leur 
■  passage  :  elles  n*ont  pas  même  contourné 
«  l'obstacle,  et  la  plus  grande  partie  sinon 

•  toute  leur  procession  allait  et  venait  en  li- 
«  goe  droite,  passant  par-dessus  le  charbon. 
«  J'ai  fait  ces  expériences,   en  renouvelant 

•  le  charbon,  pendant  trois  jours. 

«  En  faisant  appel  ù  mes  souvenir.^,  il  me 
•i  revient,  d'ailleurs,  que  dans  une  de  mes 
«  propriétés,  au  milieu  d'une  forêt  de  pins, 
«il existait  une  clairière  où  Ton   faisait  du 

•  charbon  de  bois,  et  que  précisément  sur 

<  ce  point  il  y  avait  abondance  de  nids  de 

•  fourmis.  Je  ne  crois  donc  pas  que  le  char- 
«bon  de  bois  constitue  un  remède  pour 
«  réioignement  des  fourmis,  et  je  constate 
«  que,  jusqu'à  présent,  c'est  l'emploi  du  pé- 

<  troleou  de  la  chaux  vive  qui  m'a  donné 
«  les  meilleurs  résultats.  » 


U  FRAUDE  DANS    LE  COMMERCE  DES 
ENQRAI8 

(Extrait  du  Journal  de  r Agriculture.) 

A  maintes  reprises,   nous  avons  eu  à  si- 
gnaler les  efforts  persévérants  poursuivis  par 


certains^commerçants  malhonnêtes  qui  par 
courent  les  campagnes  en  essayant  de  pla- 
cer chez  les  cultivateurs  des  engrais  qui  sont 
vendus  à  des  prix  exorbitants  par  rapport  ù  la 
composition  annoncée,  ou  bien  qui  parfois 
même  n'ont  aucune  valeur.  Celte  industrie 
malsaine  et  coupable  parait,  d'après  divers 
échos  que  nous  recevons,  vouloir  prendre 
une  nouvelle  activité  ;  ses  efforts  sont  si- 
gnalés de  plusieurs  côtés  à  la  fois,  encoura- 
gés peut-être  par  la  faiblesse  que  certains 
tribunaux  ont  montrée,  comme  nous  le  ver- 
ronsplnsloin.  En  effet, si  l'on  a  le  plaisii 
d'afflrmer  que  les  associations  agricoles, 
notamment  les  syndicats,  comme  les  pro- 
fesseurs d'agriculture,  multiplient  leurs  ef*- 
forts  pour  réprimer  ces  fraudes,  on  a  le  de- 
voir de  constater  que  leurs  tentatives  ne 
sont  pas  toujours  suffisamment  encouragées. 
Voyons  d'abord  les  faits  récents.  M.  Ma- 
réchal, professeur  départemental  d'agricul- 
ture du  Pas-de-Calais,  nous  communique 
la  lettre  suivante  qu'il  a  adressée  aux  pré^ 
sidonts  des  associations  agricoles  de  ce  dé* 
partement  : 

«  Monsieur  le  président,  au  cours  de  Van- 
née 1897,  nous  avons  appelé  votre  attention 
à  maintes  reprises  sur  les  agissements  de 
certains  marchands  d  engrais  qui  ont  jeté 
leur  dévolu  sur  notre  région  ;  malgré  cela, 
nous  avons  encore  à  constater  de  nouveaux 
exemples  de  fraudes  que  veulent  bien  nous 
signaler  de  dévoués  correspondants.  On  y 
retrouvera  les  mêmes  procédés  déjà  dénon- 
cés, mais  plus  perfectionnés.  Voici  ce  que 
l'on  nous  écrit  du  canton  de  Gufnes  : 

«  Le  samedi  8  courant  deux  cyclistes,  élé- 
gamment vêtus,  casquette  galonnée,  se  pré- 
sentent chez  un  cultivateur  de  notre  com«' 
mune.  Ils  lui  parlent  ainsi,  en  substance  : 
Nous  sommes  les  représentants  de  \^  Société 
d'agriculture  de  Boulogne^  ville  que  nous 
habitons.  Nous  venons  vous  offrir  les  en- 
grais que  cette  Société  est  chargée  de  ven- 
dre en  toute  confiance.  Nous  avons  la  com- 
mande de  MM.  X,  X,  X...  (déclaration  faus- 
se). Nous  allons  prendre  la  vôtre,  hâtive- 
ment, car  nous  sommes  pressés. 


07  JOURNAL  MENSDEI,  01 

«Convaincu  par  des  argumenls  très  in- 
génieux, mais  après  bien  des  hësilations, 
noire  cultivateur  se  laisse  faire.  11  signe,  au 
crayon,  sur  un  carnet  à  souches,  et  on  lui 
remet  le  bordereau  ci-joint. 

c  Je  suis  persuadé,  ajoute  notre  corres- 
pondant, que  je  me  trouve  en  présence  (Tune 
nouvelle  victime  des  exploiteurs  qui  infes- 
tent notre  département,  comme  tant  d'au- 
tres du  reste. 

c  Je  le  regrette  d'autant  plus  que  vos  sa- 
ges avis  sont  répétés  à  tout  venant,  et  le 
plus  souvent  possible  :  on  est  venu  me  con- 
sulter, mais  un  peu  tard,  sansdouto.  »> 

Il  n'y  a  malheureusement  aucun  doute. 
H  s*agit  bien,  ainsi  que  nous  le  prouve  le 
récépissé  joint  à  la  lettre,  des  engrais  dont 
nous  avons  évalué  la  valeur  dans  notre 
précédente  circulaire,  à5rrancs  environ.  Le 
cultivateur  Tayant  payé  22  francs,  il  est 
donc  frustré  de  17  francs,  soit  pour  une  com- 
mande de  1,000  kilog.  une  perte  sèche  de 
près  de  170  franco. 

Un  autre  correspondant  du  canton  d'Huc- 
queliers  nous  écrit  de  son  côté  : 
,  «  Un  représentant  de  la  maison  S.  a  fait 
son  apparition  ces  jours  derniers  dans  no- 
tre petite  commune.  Il  s*est  fait  accompa- 
gner par  le  garde-champôtre,  s'est  dit  en- 
voyé par  le  maire,  par  le  Syndicat,  d'ac- 
cord avec  les  principaux  cultivateurs  du 
pays. 

a  De  celte  manière  et  malgré  les  avertis- 
sements qui  ont  été  donnés  plusieurs  fois, 
quatre  personnes  se  sont  laissé  tenter. 

«  Frappéde  voir  circuler,  dans  une  rue 
très  peu  fréquentée,  un  individu  en  costu- 
me de  cycliste  accompagné  du  garde,  j'ai 
fait  aussitôt  demander  ce  dernier.  Une  fois 
au  courant^  j'ai  fait  prévenir  les  personnes 
que  le  courtier  n'avait  pas  visitées  encore, 
et  celles  qui  avaient  déjà  acheté  en  priant 
ces  dernières  de  venir  me  trouver  immé- 
diatement. L'uned'elles  arriva  aussitôt,  son 
contrat  ù  la  main.  Après  lui  avoir  expliqué 
que  son  engrais  valait  un  peu  plus  de  5  fr., 
et  non  22,  je  l'engageai  à  essayer  par  des 
menaces  de  se  faire  rendre  son  engagement. 
Fort  vexé  comme  bien  l'on  pense,  notre 
cultivateur  rechercha  son  vendeur,  l'arrêta 


l'académik  nationale.  68 

en  pleine  rue.  L'entretien  fut  assez  orageux  ; 
les  professeurs  d'agriculture  et  l'inslituleur 
furent  quelque  peu  malmenés,  parait-il. 
Mais  le  cultivateur  avait  réservé  un  argu- 
ment qui  fit  aussitôt  son  effet  :  c  SI  vous 
a  ne  me  rendez  pas  immédiatement  la  feuil- 
«  le  que  j'ai  signée,  dit-il,  j'envoie  mes  en- 
■  fanls  dans  les  communes  voisines  avertir 
«  les  maires,  les  gardes  et  les  cultivateurs  et 
^  je  vous  fais  suivre  partout  où  vous  irez.  ^ 
L'individu  devint  doux  comme  un  mouton  : 
le  contrat  fut  brûlé. 

a  Deux  autres  cultivateurs,  avertis  dans 
les  champs  où  ils  se  trouvaient,  partirent 
à  sa  suite,  le  rattrapèrent  dans  une  commune 
voisine  et  obtinrent  le  même  résultat. 

«  Un  seul  no  s'est  pas  dérangé,  mais  il  n'a 
pris  qu'un  sac.  » 

Nous  remercions  bien  sincèrement  dos 
correspondants  de  leur  zèle  et  de  la  précieuse 
collaboration   qu'ils  ont  bien   voulu  nous 
prêter  en  la  circonstance.  Si  nous  avons  te- 
nu à  vous  donner  connaissance  de  leurs 
lettres,  c'est  pour  montrer  une  nouvelle  fois 
quels  services  peuvent  nous  rendre  les  per- 
sonnes éclairées,  les   instituteurs   particu- 
lièrement,  qui  comprennent  bien  leur  devoir. 
Nous  y  voyons  la  nécessité  qu'il  y  a  pour 
les  maires  à  surveiller  les  agissements  par- 
fois aussi  inconscients  que  funestes  de  leurs 
gardes.  Quant  à   vous,   Monsieur  le  prési- 
dent, vous  y  trouverez  une  nouvelle  preuve 
de  la  nécessité  qu'il  y  a  de  toujours  mieux 
renseigner  vos  adhérents  sur  leurs  vérita- 
bles intérêts.  Peut-être  aussi  no  sera-t-il 
pas  inutile  de  signaler  l'exemple  des  trois 
cultivateurs  delà  petite  commune  du  can- 
ton d'Hucqueliers,  qui  ont  si  bien  su  se  ti- 
rer d'un  mauvais  pas. 

Nous  demeurons  à  votre  disposition.  Mon- 
sieur le  président,  pour  tous  renseigne- 
ments utiles  et  vous  prions  d'agréer,  etc. 

C.  Maréchal, 
Professeur  départemental  d'agriculture. 

Le  même  industriel  parait  opérer  aussi 
au  delà  de  la  frontière.  Voici,  en  effet,  ce 
qu'écrit,  la  semaine  dernière,  M.  Alexan- 
dre Lonay,  agronome  de  l'Etat,  k  Mons 
(Belgique)  : 


60 


AGRICULTURK.  70 


Nousavons  sous  les  yeux  le  contrat  «  fait 
en  double  »  d'une  vente  de  ÔOO  kilog.  en- 
ivrais S- . .  n""  6,  au  dosage  indiqué  au  dos 
du  contrat,  au  prix  de  dix-huit  francs, 
tnoco  en  gare  à  Warquignies-lcs-Dour, 
payable  fin  mars  1808. 

Et  voici  textuellement  comment  l'engrais 
est  désigné  : 

!^•6.  Sitferpliosfhaîe. 

Il  a  13  pour  100  d'acide  phosphorique  total  dont  : 
1)  à  12  p.  103  d'acide   phosphorique   soluble   à 

l'eau  et  au  citrate  d'ammoniaque. 
2i  à  26  p.  100  d'équivalent  en  phosphate  trical- 

cique. 

Et  voilà  !  18  francs  pour  un  superphos- 
phate titrant  lu  à  12  pour  100  d'acide  phos- 
phorique cotable  et  valant,  eu  réalité,  3  tr. 
cO  environ. 

L'imbécile  (je  ne  trouve  pas  d'autre  ex- 
pression), qui  a  consenti  ce  mirifique  mar- 
ché, se  propose,  sur  le  conseil  qui  lui  en  a 
été  donné,  de  ne  pas  payer  l'engrais  à  Té- 
rhéance  de  fin  mars.  Il  est  probable,  en  ef- 
fet, que  le  vendeur  ne  le  poursuivra  pas 
pour  une  fourniture  facturée  108  francs 
mais  qui,  en  réalité,  ne  vaut  qu'euviron  20 
francs. 

Dans  une  autre  région,  M.  Allard,  pro- 
tesseur  d'agriculture  de  la  Haute-Saôno, 
nous  communique  une  afiiche qu'il  fait  pla- 
carder dans  les  communes  du  département, 
sur  le  choix  des  engrais,  et  dans  laquelle  il 
signale  notamment  les  tromperies  dont  les 
cultivateurs  sont  trop  souvent  victimes,  re- 
latirement  à  l'emploi  des  engrais,  a  Tou- 
jours, dit-il,  c'est  à  la  faveur  d'un  langage 
de  mensonges,  et  souvent  par  des  moyens 
frauduleux,  que  les  courtiers  arrivent  à  sur-> 
prendre  la  bonne  foi  des  acheteurs  et  à  les 
tromper.  »  —  Voici  quelques  exemples  em- 
pruntés à  ceUd  affiche  : 


1*  Engrais  vendu  à  Pesmes  : 

?  p  100  d'azote  organique  à  1  fr.  70. . . . 

•'pour  100  d'acide  phosphorique  so- 
luble à  0  fr.  50........; 

3  pour  100  d'acide  phosphorique  in- 
solubleàO  fr.  20 

Valeur  exacte  des  100  kllog.  de  ren- 
drai»  

Cet  engrais  a  été  vendu  22  fr.  les  100  ki- 
log-i  soit  16  fr.  60  plus  qu'il  ne  vaut. 


3fr.40 
2  50 
0 60 

6fr.50 


2<>  Enfi^rais  vendu  à  Vauviliers  : 

5  pour  100  d'acide  phosphorique  so- 
luble à  0  fr.50 

6  pour  lUO  de  potasse  à  0  fr.  53 

Valeur  exacte  des  100  kilog.  de  l'en- 
terais   


=    2  fr.50 
=  _|| 30 

5fr.80 

Cet  engrais  a  été  vendu  16  fr.  les  lOQ  ^i- 
lo^  ,  soit  lOfr.  20  plus  qu'il  ne  vaut. 

3»  Autre  engrais  vendu  à  Vauoillers  : 

2  pour  100  d'azote  à  1  fr.  70 =    3rr.40 

10  pour  100  d'acide  phosphorique  so- 
lublft  à  0  fr.50 5     00 

Valeur  exacte  des  100  klloîç.  de  l'en- 
grais 8  fr.  43 

Cet  engrais  a  été  vendu  21  fr.  les  100  ki^ 
logr.,  soit  12  fr.  60  plus  qu'il  ne  vaut. 

Il  n'est  pas  douteux  que  de  semblables 
agissements  constituent  des  tromperies  daus 
lesquelles  l'intention  est  d'autant  plus  évi- 
dente que  Ton  prend  ses  précautions  pour 
paraître  obéir  ù  la  loi  sur  le  commerce  des 
engruii.llya  donc  là  une  véritable  escro- 
querie. Mais  si  vous  employez  publique- 
ment cette  dernière  expression,  même  quand 
vous  avez  pour  mission  de  détendre  les 
cultivateurs  contre  ces  gens-là,  vous  trou- 
verez parfois  des  tribunaux  qui  vous  con- 
damneront. 

Telle  est  la  mésaventure  arrivée,  il  y  a 
quelques  mois,  à  un  professeur  départe- 
mental d'agriculture,  et  contre  laquelle  on 
doit  protester. 

Le  ministre  do  l'agriculture  a  chargé  ex- 
pressément les  professeurs  départemen- 
taux d'exercer  une  surveillance  active  sur 
les  agissements  de  la  nature  de  ceux  que 
nous  rappelons  aujourd'hui.  Dans  une  cir- 
culaire en  date  du  20  avril  1894,  il  leur  a 
été  recommandé  de  «  s'efforcer,  par  tous  les 
moyens  en  leur  pouvoir,  de  mettre  les  cul- 
tivateurs à  même  de  se  détendre  contre  les 
agissements  d'industriels  souvent  malhon- 
nêtes qui  les  trompent,  soit  sur  la  qualité, 
soit  sur  le  prix  des  marchandises  vendues.  » 
Or,  dans  un  département  du  Centre,  un  in- 
dustriel colportait  dans  les  campagnes  un 
engrais  qu'il  vendait  15  ir.  les  100  kilog., 
alors  que  sa  valeur  réelle,  constatée  par  des 
analyses  régulières,  était  de  5  fr.  50.  C'est 
donc  bien  le  cas  prévu  dans  la  circulaire 
citée.  Le  professeur  départemental  d'agricul- 
ture, ayant  un  journal  à  sa  disposition,   y 


71 


MHJBffAL  MENSURL  Dt  L'aCADÉMIE  NATIOlfAtB. 


publia  une  lettre  dans  laquelle  un  cultiva- 
teur lui  signalait  celte  u  escroquerie  ».  L'in- 
dividu mis  en  cause  s'adressa  au  tribunal. 
Celui-ci  lui  donna  raison,  dans  un  juge- 
ment condamnant  le  professeur  d'agricul- 
ture pour  avoir  publié  une  expression  inju- 
rieuse à  l'égard  du   marchand. 

On  avouera  que  ç*est  peu  encourager  les 
professeurs  d'agriculture  à  faire  leur  de- 
voir. Le  Ministre  de  Tagriculturo  les  incite 
à  prémunir  les  cultivateurs  par  tous  les 
moyens  en  leur  pouvoir,  et  la  justice  inter- 
vient pour  leur  interdire  d'appeler  les  cho- 


ses par  leur  vrai  nom.    L'audace  et  Tinso- 
lence  dos  fraudeurs  no  pourront  que   s'ac- 
croître de  la  facilité  qui  leur  est     donnée 
contre  ceux  qui  sont  chargés  de  leur  arra- 
cher leurs  victimes.  On  a  le  droit  d*espë- 
rer  qu'un  jugement  semblable  ne  constitue- 
ra pas  une  jurisprudence  définitive,    car  il 
va  à  rencontre  des  plus  légitimes   intérêts 
des  cultivateurs,  au   bénéfice  dçs   fripons. 
Celui  qui  poursuit  un   voleur  dans  la   rue, 
en  criant  :   Au  voleur  !  scra-t-il   bientôt 
poursuivi  pourinjure  ? 

Henry  SACNiea. 


INDUSTRIE 


DiSPOSITIF     D'ÉCLAIRAGE    INTÉRIEUR 
DES  VOITURES  DE  PLACE. 

Communication  de  M.  G. Trouvé,  ingénieur- 
constructeur,  l4,rueVivienne,  à  Paris. 


Le  journal  Le  Figaro  du  l*"  janvier  1898 
a  publié  la  note  suivante  : 

a  Nous  avons  eu  le  plaisir  de  monter 
<c  hier  soir  dans  une  voiture  de  place  où  il 
«  nous  a  été  permis  do  lire  le  journal  et  de 
«  prendre  des  notes.  Un  très  ingénieux  sys- 
«  tème  d'éclairage,  inventé  par  M.  G.  Trou- 
ce  vé,  h  qui  l'on  doit  déjà  tant  de  découver- 
tt  tes,  fournit  instantanément  la  lumière 
«  au  voyageur.  Ce  sont  les  Citadines  de  la 
«  Compagnie  Camille  qui  ont  inauguré  cet 
tt  heureux  système  dont  nous  espérons  voir 
X  se  généraliser  l'emploi.  » 

Voici  la  description  du  dispositif  qui  réa- 
lise l'éclairage  si  favorablement  apprécié 
par  le  rédacteur  du  Figaro  : 

Depuis  l'exposition  d'électricité  de  1881, 
j'ai  adapté  un  éclairage  électrique  à  de 
nombreuses  voitures  de  maîtres,  à  des  voi- 
tures pour  service  de  luxe  qu'on  appelle 
voitures  de  remise^  ou  à  des  voitures  com- 
merciales installées  dans  un  but  de  réclame. 
Un  grand  nombre  de  mes  clients,  médecins 


ou  ingénieurs,  ont  ainsi  leur  coupé  éclairé 
intérieurement,  leur  permettant  de  prendre 
des  notes  ou  deJire  le  soir  comme  en  plein 
jour. 

Cet  éclairage,  qui  convient  à  beaucoup 
de  personnes,  a  cependant  quelques  incon- 
vénient.^.  Il  éclaire  trop  complètement  l'in- 
térieur de  la  voiture,  y  mettant  en  pleine 
lumière  la  ou  les  personnes  qui  s'y  trouvent, 
et  les  exposant  ainsi  aux  regards  indiscrets 
des  passants.  En  outre,  il  comporte  une 
dépense  d'entretien  qui,  quoique  relative- 
ment modeste  pour  le  propriétaire  d'une 
voiture,  serait  trop  lourde  pour  une  cora- 
pagnie  de  voitures  de  place. 

C'est  pour  remédier  à  ces  inconvénients 
que  je  viens  de  créer  le  nouveau  dispositif 
d  éclairage  déjà  adopté  par  les  Citadines, 
lequel  ne  comporte  aucune  augmentation 
de  dépense  journalière,  et  laisse  convena- 
blement localisée  dans  l'intérieur  de  la  voi- 
ture la  zone  de  lumière  qu'on  peut  utiliser 
ou  non  à  volonté. 

En  effet,  par  Pemploi  de  ce  dispositif  : 

P  J'utilise  la  lumière  même  des  lanternes 
ordinaires  de  la  voilure. 

2^  Je  réduis  le  champ  d'éclairage  aux 
dimensions  strictement  nécessaires  pour 
qu'on  puisse  lire  confortablement  et  pren- 
dre  des  notes,  sans  que  la  physionomie 


73 


INDUSTRIE. 


74 


des  personnes  occupantla  voiture  se  trouve 
éclairée  de  façon  ù  pouvoir  être  distinguée 
du  dehors. 

Ce  dispositif,  dont  l'eflicacité  est  si  bien 
appropriée  au  but  à  atteindre,  se  conapose 
simplement  d*une  lentille,  dont  Tune  des 
faces  est  plane  et  dont  lautre  face  est  con- 
veie,  et  qui  e^t  placée  dans  Tintérieur  de 
chaque  lanterne,  avec  une  direction  et  une 
ioclinaison  convenablement  choisies  pour 
projeter,  à  travers  les  glaces  de  devant  de 
lu  voiture,  un  cône  de  lumière  dans  l'angle 
opposé  de  la  banquette  intérieure. 

A  l'intersection  des  deux  cônes  lumi- 
neux, lesquels  sont  d'ailleurs  tort  peu  éva- 
sés, la  lumière  est  très  vive,  permettant  la 
lecture  aux  vues  les  plus  faibles.  Pour  les 
vues  ordinaires,  la  lumière  est  même  suffi- 
sante dans  les  coins  opposésde  la  banquette 
du  fond  de  la  voiture. 

On  peut  d'ailleurs  aisément  renoncer  au 
bénéfice  de  cette  lumière  intérieure,  sans 
recourir  à  l'intervention  du  cocher,  en  abais- 
sant deux  petits  stores  d'une  installation  ap- 
propriée à  cet  effet. 

Il  n'y  a  pas  de  doute  que  ce  ne  soit  là  la 
solution  la  plus  simple  et  la  plus  économi- 
que du  problème  de  l'éclairage  intérieur  des 
voitures  de  place,  de  remise  ou  de  maîtres. 

G.  T. 

En  insérant  cette  communication  relative  à 
aoe  nouvelle  manifestation  de  l'esprit  si  inven- 
tif de  notre  ingénieux  Sociétaire,  M.  G.  Trouvé, 
Qous  lui  adressons  nos  plus  sincôres  félicita- 
tions, et  nous  lui  renouvelons  Tiiommage  de 
notre  admiration  pour  son  imaj^ination  créa- 
trice si  variée  et  si  féconde  on  résultats  prati- 
ques. E.  T. 


FABRICATION    DE    MONTRES 

de  M.  Joseph  Bloch, 
&  Ghaux-de-Fonds  [Suisse). 

U  fabrication  suisse  de  Thorlogerie  s'est 
sinon  transformée,  du  moins  modifiée  con- 
sidérablement depuis  un  petit  nombre  d'an- 
nées, sons  l'influence  de  la  redoutable  con- 
currence américaine.  Un  moment  désorien- 
tés parles  résultats  surprenants  qu'obtenait 


l'industrie  horlogère  des  Etats-Unis,  les  fa- 
bricants suisses  se  sont  hardiment  appro- 
priés les  procédés  et  les  priacipes  de  leurs 
rivaux  d'Outrc-Atlantique,  c'est-à-dire  le 
perfectionnement  de  Toutillage,  Textrème 
division  du  travail,  l'extension  du  machi  - 
nisme  et  la  spécialisation  à  outrance  des 
détails  de  fabrication.  En  adoptant  déllbé- 
ment  l'emploi  des  principes  et  procédés 
américains,  l'industrie  suisse,  forte  de  sa 
prééminence  antérieure,  de  la  valeur  de  ses 
traditions  et  de  l'habileté  professionnelle  de 
sa  main-d'œuvre,  a  pu  reprendre  rapide- 
ment le  premier  rang  dans  la  fabrication  de 
l'horlogerie,  aussi  bien  au  point  de  vue  de 
la  qualité  et  des  mérites  des  produits  qu'à 
celui  du  bon  marché  relatif  des  prix  de  re- 
vient et  de  vente. 

C'est  là  une  constatation  que  nous  avons 
pu  faire  à  nouveau,  en  examinant  onze 
montres  soumises  à  notre  appréciation,  à 
titre  d'échantillons  d'une  fabrication  cou- 
rante, par  notre  sociétaire,  M.  Joseph  Bloch, 
de  Chaux-de-Fonds  (Suisse). 

De  ces  onze  montres,  huit  étaient  à  ca- 
dran visible  ordinaire,  genre  dénonnné 
lépine.ei  trois  étaient  des  savonnettes,  c'est- 
à-dire  munies  d'un  couvercle  qu'il  y  a  lieu 
de  faire  ouvrir  au  moyen  d'une  poussette, 
chaque  fois  que  l'on  veut  consulter  les  indi- 
cations du  cadran.  L'ensemble  formait  un 
échantillonnage  assez  complet  depuis  le 
petit  remontoir  en  or  pour  dame,  de  9  li- 
gnes, jusqu'à  la  savonnette-chronographe  à 
répétition  de  21  lignes,  et  depuis  la  simple 
montre  en  argent,  n'indiquant  que  l'iieure 
et  les  minutes,  sans  trotteuse  pour  l'indica- 
tion des  secondes,  jusqu'à  la  montre  à  mul- 
tiples indications,  montrant  le  jour  de  la 
semaine,  la  désignation  du  mois,  le  quantiè- 
me de  ce  mois,  et  les  phases  de  la  lune. 

Les  cadrans,  les  boites  et  les  aiguilles 
étaient  des  divers  genres  d'ornementation 
qui  sont  classiques  dans  l'horlogerie.  Une 
mention  spéciale  doit  être  faite  cependant 
des  deux  petits  remontoirs  de  dame,  en 
genre  antique,  dont  l'un  était  flinqué  d'un 
émail  scintillant  rouge  vif,  recouvrant  le 
cadran  et  la  botte,  et  dont  l'autre  avait  la 
boite  ornée  d'une  peinture  genre  Watteau 


75 


JOURNAL  MENSUEL  M   L'AGADÉMIE  NATIONALE. 


7H 


en  émail,  représenlaDt  une  élégante  mois- 
sonneuse. 

L'or  des  bottes  de  ces  différentes  montres 
était  au  titre  de  18  carats.  C'est  dire  que  le 
marché  français  se  trouve  interdit  à  ces  ob- 
jets, puisque  notre  législation  ne  permet  pas 
le  commerce  d'objets  en  or  d'un  titre  aussi 
faible.  Cependant  les  pays  étrangers  s'ac- 
commodent fort  bien  de  ces  alliages  d'or,  et 
si  M.  Joseph  Bloch  ne  peut  vendre  en  Fran- 
ce par  suite  des  exigences  de  la  douane  ou 
du  contrôle  des  matières  d'or  et  d'argent,  sa 
fabrication  trouve  de  larges  débouchés  en 
Allemagne,  en  Autriche-  Hongrie,  en  Russie, 
en  Suède  et  Norwège,  en  Hollande,  en  Bel- 
gique, en  Italie,  en  Orient,  etc. 

Son  chiifre  d  exportations  atteint  annuel- 
lement près  d'un  demi-million  de  francs,  et 
tend  à  progresser  sensiblement. 

Les  mouvements  des  montres  de  M  .  Jo- 
seph Bloch  ne  sont  pas  de  sa  fabrication 
propre.  Ils  proviennent  des  meilleurs  fa- 
bricants spécialistes,  qui  ont  su  adopter  les 
procédés  américains  pour  arriver  à  la  pro- 
duction de  pièces  de  précision  oblenues 
mécaniquement  à  bon  marché,  avec  des 
garanties  rigoureuses  d'interchangeabilité. 
Ces  mouvements  sont  soigneusement  véri- 
fiés et  repasses  dans  les  ateliers  de  M.  Jo- 
seph Bloch,  de  façon  à  offrir  toutes  les  pro 
habilités  désirables  d'une  marche-sûre  et 
régulière.  Dans  les  calibres  normaux,  les 
échappements  sont  du  système  à  ancre, 
avec  spiral  Breguet,  à  balancier  coupé,  réu- 
nissant ainsi  les  meilleurs  éléments  d'un 
fonctionnement  irréprochable. 

L'une  des  pièces,  remontoir  à  boite  d'ar  • 
gent  niellé,  avec  indication  des  secondes, 
des  jours,  des  quantièmes  du  mois  et  des 
phases  lunaires,  avait  un  mouvement  exé- 
cuté entièrement  par  le  fils  même  de  notre 
Sociétaire,  M.  Jean-Louis  Bloch,  à  qui  son 
père  a  fait  suivre  les  cours  de  l'École  d'hor- 
logerie de  Chaux-de-Fonds,  en  vue  de  lui 
assurer  les  connaissances  techniques  les  plus 
étendues.  Ajoutons  que  ce  mouvement  a 
mérité  un  bulletin  très  satisfaisant  du  bu* 
reau  de  l'Observatoire  de  Chaux-de-Fonds. 

L'un  des  remontoirs  d'argent  avait  un 
mouvement  du  système  Glashtitte,  dans  le- 


quel les  déplacements  de  Taiguillo  com- 
mandant l'avance  ou  le  retard  sont  réglés 
par  une  came  de  forme  spéciale. 

En  résume,  nous  devons  conclure,  d'après 
les  spécimens  qui  nous  ont  été  soumis  et 
qui  ne  représentent  cependant  pas  la  totalité 
des  genresde  fabrication  de  M.  Joseph  Bloch, 
que  notre  Sociétaire  exerce  son  industrie 
dans  de  bonnes  conditions  de  perfection  et 
qu'il  a  droit  à  une  distinction  en  rapport 
aver!  les  mérites  supérieurs  des  articles  de  sa 
manufacture. 


MANDOUNK   MÉTAUUIQUE 

de   M.    J.   B.    Portier,   luthier, 
à  Saint-Etienne  (Loire). 

Notre  Sociétaire,  M.  J.-B  Portier,  dont  h 
remarquable  exposition  de  travaux  de  lu- 
therie nous  avait  vivement  frappé  à  Bor- 
deaux en  1895,  a  soumis  à  notro  apprécia- 
tion une  mandoline  qu'il  a  exécutée  lui- 
même,  entièrement  en  métal. 

Du  travail  de  confection  de  cet  instru- 
ment, nous  pouvons  dire  qu'il  est  absolu- 
ment parfait,  et  qu'il  prouve,  une  fois  de 
plus,  que  M.  Portier  est  aussi  habiledans  le 
travail  du  métal  que  dans  celui  du  bois.  Or, 
il  y  a  là  une  double  aptitude  qui  ne  se  ren- 
contre que  très  rarement,  el  à  laquelle 
nous  sommes  heureux  de  rendre  hommage. 

La  table  d'harmonie  de  cette  mandoline 
métallique  est  formée  d'une  plaque  de 
maillochort.  enjolivée  de  gravures  au  bu- 
rin, et  la  caisse  d'harmonie  est  constituée 
d'une  feuille  de  laiton  emboutie  dans  la 
forme  ordinaire  des  coques  de  mandoline, 
avec  renforts  de  cuivre  rouge  sur  les  bords 
et  à  la  base.  Le  manche  est  formé  d'un 
corps  creux  en  laiton  et  cuivre  rouge,  re- 
produisant les  contours  ordinaires  des  man- 
ches en  bois.  A  part  quelques  parties  en  os, 
tout,  jusqu'au  chevalet,  est  donc  métallique 
dans  cet  instrument,  sans  comprendre  le 
moindre  échantillon  de  bois. 

Mais  si  Texécution  matérielle  de  l'instru- 
ment nous  a  semblé  absolument  parfaite, 
et  si  même  nous  avons  reconnu   qu'il  y 


77 


INDUSTRIE. 


78 


anit  là  an  appareil  résonnateur  d'une  va- 
leur propre  incontestable,  nous  avons  dû 
recourir,  pour  Vappréciation  des  mérites 
musicaux  relatifs  de  celte  mandoline  métal* 
lique,  au  jugement  d'un  de  nos  amis,  musi- 
cien émérite  et  précisément  amateur  de 
mandoline. 

Voici   quelle   a  été  Topinion  de   notre 
ami  : 


t  L'idée  de  la  construction  d*une  man- 
doline métallique^  n'est  ni  absolument 
nouvelle,  ni  particulièrement  heureuse. 
Beaucoup  de  contempteurs  de  la  mando- 
line reprochent  surtout  à  cet  instrument 
le  caractère  métallique  des  vibrations  de 
ses  cordes  d'acier.  Par  contre,  les  ama- 
teurs de  mandoline  trouvent  des  charmes 
particuliers  auxeflets  qui  s'obtiennent  sur 
la  base  des  vibrations  courtes  de  Tinstru- 
ment.  Or,  la  mandoline  métallique  de 
M.  Portier  exagère  naturellement  le  ca- 
ractère métallique  des  sons  rendus,  et 
offre  une  sensible  prolongation  de  durée 
des  vibrations  obtenues,  en  sorte  que, 
comparativement  aux  mandolines'  en 
bois,  elle  présente  à  la  fois  un  accroisse- 
sement  des  défauts  et  une  diminution  des 
qualités  propres  de  cette  espèce  d'instru- 
ments. 

«  M.  Portier  s  est  en  vain  efforcé  de  remé- 
dier le  plus  possible  à  Texcès  de  sonorité 
de  sa  mandoline  métallique,  en  interpo- 
Mnt  des  garnitures  de  drap  entre  le  che- 
valet et  la  table  d'harmonie,  et  entre  les 
cordes  et  une  baiTO  de  tension  disposée 
spécialement  en  arrière  du  chevalet.  Mal- 
'  gré  ces  expédients,  la  mandoline  métal! i- 

*  que  de  M.   Portier  offrira  toujours  le  dë- 

*  faut  capital  d'être  trop  métallique  !  Cer- 

*  les,  je  ne  doute  pas  que  Mademoiselle 
^  Julie  Portier,  à  qui  son  père  a  dédié  cette 
'  mandoline  ne  puisse  eu  tirer  des  effets 
-assez heureux.  Peut-être  cet  instrument 
'  trouverait-il  une  place  appropriée  dans  un 
'groupement  harmoniqueou  symphonique 
■  spécialement    combiné  ?  Mais,   person- 

*  nellement,  je  suis  d'avis,  avec    tous  les 

*  naandolinistes  que  j'ai  consultés,  que  Tin- 
'novatioo  de  M.  Portier,  tout  en  étant  su- 


tt  périeurement  exécutée,  ne  marque  aucun 
«  progi'ès  réel  et  qu'elle  demeurera  sans 
a  portée  pratique  et  sans  chance  d'avenir.  » 

Nous  ne  pouvons  que  nous  incliner  de- 
vant ces  conclusions  d'un  musicien  compé- 
tent. Mais  nous  tenons  cependant  à  féliciter 
H.  Portier  d'avoir  conçu  une  idée  neuve  et 
d'en  avoir  assuré  la  réalisation  pratique 
dans  d'assez  bonnes  conditions.  Il  a  eu  au 
moins  la  satisfaction  de  voir  son  rêve  pren- 
dre corps,  &  défaut  du  suprême  contente- 
ment que  peut  procurer  l'obtention  d'un 
progrès  incontestable  et  incontesté» 


MU8EUÈRK8  ET  BAVETTES 

pour  chevaux  atteints  de  tics 
Systèmes  brevetés  de  M.  Pougeois 
78,  avenue  de  Villiers,  à  Paris. 

Notre  Sociétaire,  M.  A.  Pougeois,  sellier 
barnacheur,  à  Paris,  apporte  un  louable 
esprit  d'innovation  dans  l'exercice  de  sa 
profession,  et  s'est  déjà  distingué  par  la 
création  d'articles  nouveaux  pour  le  harna- 
chement des  chevaux»  articles  qui  répon- 
dent à  des  besoins  spéciaux,  incomplète- 
ment satisfaits  jusqu'à  ce  jour  par  l'indus- 
trie de  la  sellerie.  Le^  genouillères^les  jam-* 
bières,  et  le^  bottines  à  boulets  à  garnitures 
de  caoutchouc,  des  modèles  créés  et  fabri- 
qués par  M.  Pougeois,  ont  rencontré  un 
succès  mérité  dans  le  commerce  dit  des 
articles  d'écurie. 

Plus  récemment,  M.  Pougeois  vient  de 
créer  une  collection  de  muselières  et  de 
bavettes,  en  quatre  modèles  différents,  qui 
ont  pour  but  de  remédier  aux  effets  des  tics 
dont  sont  atteints  certains  chevaux. 

Voici  comment  M.  Pougeois  expose  lul« 
même  les  inconvénients  auxquels  ses  appa- 
reils ont  pour  but  de  remédier  : 

«  Un  grand  nombre  de  chevaux  sont 
«  gourmands,  rien  ne  les  rassasie  et  ilsman- 
c  gent  tout  ce  qu'ils  trouvent  ;  leur  ventre 
«  se  gonfle,  ils  deviennent  difformes,  lourds 


79 


JOURNAL  MENSUBL  DB 


a  el  ne  peuvent  plus  rendre  les  services 
«  qu'ils  doivent  donner. 

«  On  a  créé  jusqu'à  ce  jour  une  infinité 
a  de  muselières  de  toutes  formes  et  de  toute 
«  nature  pour  combattre  et  faire  disparaître 
«  cette  maladie  commune  à  beaucoup  de 
«  chevaux,  mais  aucun  résultat  sérieux 
0  n'ayant  encore  été  obtenu.  J'ai  pensé  que 
«  le  dernier  mot  n'était  pas  dit  sur  cette 
u  matière,  et  après  de  nombreuses  recher- 
uches,  je  suis  arrivé  à  cx)nfectionner  plu- 
a  sieurs  nouveaux  modèles  de  muselières, 
«  très  légères,  bien  aérées  et  tout  à  fait 
«  a(>propriées  aux  différents  tics  des  che- 
c(  vaux. 

«  Au  cheval  qui  se  contente  de  manger  sa 
tt  litière^  mon  modèle  n®  1  suffit. 

a  Si  le  cheval  ne  se  contente  pas  de  man- 
c  ger  sa  litière,  s'il  fouille  et  recherche  le 
<(  crottin,  ma  muselière  n""  2  possède  un 
tf  appareil  qui  Tempéche  d'atteindre  ledit 
«  crottir.  tout  en  repoussant  la  litière. 

a  Incapables  de  satisfaire  leurs  désir.";,  ou 
((  pour  mieux  dire,  leurs  tics,  certains  che- 
r<  vaux  n'hésitent  pas  à  employer  tous  les 
«  moyens  pour  se  débarrasser  de  l'engin 
«  qui  les  gène  et  se  frottent  aux  murs,  sur- 
ce  tout  s*ils  sont  au  box,  ma  muselière  n""  3 
a  est  munie  d'un  appareil  qui  les  empêche 
«  de  s'en  défaire. 

a  Beaucoup  de  chevaux  ont  d'autres  lies, 
a  ils  arrachent  leurs  couvertures  et  les  dé- 
a  chirent,  ainsi  que  les  bandages  dont  on 
tt  leur  entoure  les  jambes. 

«  Ck)mbien  n'a-t-on  pas  fait  d'appareils 
tt  ou  bavettes,  en  cuir  union  ferré,  en  mail- 
tt  les,  en  bâtons  de  bois,  en  fer  de  fourche, 


l'académie  mationalb.  SO 

a  dit  quenouille.  Or,  on  hésite  à  en  faire 
«  usage,  non  pas  qu'ils  ne  conviennent  pas 
a  au  service  qu'on  leur  demande,  mais  à 
tt  cause  des  nombreux  Inconvénients  qu'il  s 
«occasionnent  àTécurie. 

<  Mon  modèle  n"^  4,  bavette  à  oreilles  et 
c  galeis,  ne  présente  aucun  des  désavanta- 
ttges  des  précédents. 

c  Avec  lui  plus  de  poids  causant  des  maux 
<(  de  tête   au    cheval,  déplus   rigidité  du 


«  corps,  le  cheval  est  libre  de  ses  meuve- 
tt  ments  et  conserve  toute  sa  souplesse,  lors 
tt  que  attaché  dans  le  box,  il  tente  de  pren* 
<i  dre  ses  couvertures  avec  les  dents,  il 
tt  s'en  trouve  cependant  empêché,  l'oreille 
<c  de  la  bavette  repoussant  l'objet  à  saisir. 

tt  Se  sentant  impuissant,  le  cheval  cherche 
c  à  attirer  l'objet  avec  les  lèvres  ;  j'ai  souvent 
«  constaté  ce  fait;  aussi  ai-je  muni  ma  ba- 
tt  vette  de  galets  qui,  par  leur  roulement 
tt  continu,  paralysent  l'action  du  cheval  et 
«  le  forcent  à  renoncer  à  l'objet  qu'il  veut 
tt  déchirer. 

«  Mes  articles  brevetés  n"  1,  2,  3  et  4 
tt  sont  confectionnés  en  cuir  de  toute  na- 
tt  ture,  avec  dessins  et  découpures  varia- 
«  blés.  Je  les  établis  également  en  alumi- 
ttuium  rigidifiéde  la  môme  façon  et  dans  les 
tt  mêmes  formes  que  les  muselières  et  bi^ 
«  vettes  en  cuir.» 

AjoutOQs  que  les  divers  appareils  créé^ 
par  M.  Pougeois  ont  déjà  reçu  la  consécra  • 
tion  d'expériences  nombreuses  et  prolon* 
gées,  et  qu'on  leur  a  reconnu  une  pleine 
efficacité  dans  toutes  les  écuries  où  l'on  a 
été  amené  à  en  faire  usage. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION    UNIVERSELLE     DE    1900 

(Renseignements  divers) 

COMITÉS  d'admission. 

Le  Journal  Officiel  du  24  janvier  1898  a 
publié  une  liste  complémentaire  des  Mem- 
bres des  Comités  d'Admission  nommés  par 


arrêté  du  Ministre  du  Commerce  et  de  l'In- 
dustrie. 

Dans  cette  liste  complémentaire,  nous 
avons  trouvé  les  noms  suivants  de  Membres 
de  notre  Société  : 

Classe  1 . 

M.  Thivet-IUnctin,  adjoint  au  maire  de 


81 


Saiot-Denis,  membre  des  Comités  de  direc- 
tion de  rAssociation  philotechnique  et  de  la 
Ligue  de  l'enseignemcnl. 

Classes». 

M.  Brl  EL,  président  du  syndicat  des  cuirs 
du  Sud-Ouest,  à  Souillac  (Lot). 

Classe  89. 

M.  Semezies,  de  la  maison  Séguin,  par- 
famerie,  à  Bordeaux. 

Classe  109. 

M.  ViBERT(Paul),  économiste. 

D'autre  part,  quoique  n'ayant  pas  relevé 
son  nom  dans  les  publications  du  Journal 
Officiely  nous  savons  aussi  que  notre  Socié- 
taire M.  AuDOYXALoatnéa  élénommé  Mem- 
bre du  Comité  d'Admission  de  la  classe  108. 


PLAQUETTE    d'eNTRÉE  PERMANENTE    A 

l'exposition. 

Le  ministre  du  commerce,  M.  Henry 
Boucher,  vient  de  commander  au  graveur 
Daniel  Dupuis  le  modèle  d'une  plaquette 
de  métal,  do  quatre  à  cinq  centimètres  de 
bani,  qui  remplacera  le  laissez-passer  en 
carton  délivré  soit  aux  exposants,  soit  aux 
personnages  officiels,  pour  leur  permettre 
rentrée  dans  Tenceinte  de  l'Exposition. 

Le  modèle  initiai  en  plâtre,  beaucoup 
plos  grand  de  dimensions,  a  été  présenté 
récemment  à  M.  Henry  fioucher.  Il  com- 
porte une  face,  point  de  revers.  On  y 
voit  une  Renommée  courant  à  la  surface  du 
globe  pour  trompetter  aux  quatre  coins  du 
inonde  la  grande  nouvelle  de  la  fcte  des 
nations.  Dans  sa  main  gauche,  elle  tient  le 
flambeau  du  progrès.  Sur  le  champ  de  la 
plaquette,  au-dessus  du  globe  terrestre,  un 
soleil  levant.  Au  sommet  de  la  composition, 
les  mots:  Exposition  de  igoo. 

L'encadrement  de  la  plaquette  est  de  (or- 
me échancrée  ou  concave  sur  les  côtés,  con- 
vexe en  haut  et  en  bas. 


expositions  et  concours.  82 

EXPOSITION  A  ALENÇON 


A  Toccasion  du  Coucoui's  régional  agri- 
cole qui  aura  lieu  cette  année  à  Alençon, 
il  sera  tenu  dans  cette  ville, sousle  patrona- 
ge de  la  municipalité  et  de  la  chambre  de 
commerce,  une  exposition  nationale  de  l'in- 
dustrie, du  commerce  et  des  beaux-arts  qui 
s'ouvrira  le  4  juin  1898,  et  qui  doit  durer 
deux  mois,  pouvant  d'ailleurs  être  prolongée 
s'il  y  a  lieu. 

Parmi  les  Membres  du  Comité  d'organisa- 
tion, figure,  en  qualité  de  Vice- Président, 
noire  Sociétaire,  M.  A.  Lemaitre,  le  grand 
carrossier  d'Alençon,  qui  recommande  spé- 
cialement cette  exposition  à  l'attention  de 
ses  collègues  de  l'Académie  Nationale,  qui 
serait  heureux  de  les  y  recevoir,  et  qui  se 
met  à  leur  disposition  pour  leur  faire  tenir 
des  exemplaires  du  règlement  et  de  la  for- 
mule de  demande  d'admission,  et  pour  leur 
fournir  tous  les  reuseignemenls  complé- 
mentaires désirables. 

Nous  joignons  notre  recommandation  à 
celle  de  M.  A.  Lemaitre,  car  il  est  certain 
que  l'exposition  d'Alençon  sera  une  œuvre 
collective  d'un  réel  intérêt  général,  et  non 
l'une  (le  ces  entreprises  privées,  organisées 
dans  un  simple  but  de  spéculation,  qui  se 
sont  si  fâcheusement  multipliées  depuis 
quelques  années. 


15*  EXPOSITION-CONCOURS  CULINAIRE 
ET  DE  L'ALIMENTATION. 

La  i5*  Exposition-Concours  culinaire 
et  de  r alimentation  (dont  nous  respectons 
la  dénomination  officielle,  malgré  qu'elle 
soit  peu  conforme  aux  principes  de  la  syn- 
taxe grammaticale)  aura  lieu  cette  année  du 
19  au  28  mars  inclus,  à  Paris,  salle  Wa- 
gram,  39  avenue  de  Wagram. 

Etant  organisée  par  Y  Union  philanthro- 
pique culinaire  et  de  V alimentation^  qui  a 
pour  but  de  fonder  une  maison  de  retraite 
pour  les  vieillards  des  corporations  alimen- 
taires, celte  Exposition  se  recommande  à  la 
fois  par  son  but  humanitaire  et  par  son 
caractère  nellemont  spécialisé. 


83 


iODRNAL  HKNSUBL  DE  L'ACAOélUB  NATIONAUt. 


84 


Pour  ren^ignemeiiU  et  demandes  d'ad- 
mission,  s'adresser  au  siège  do  V Union 
philanthropique^  43,  rue  Montorgueil. 


EXPOSITION   INDUSTRIELLE 

A  Rochefortiur-Mer 
(Charenle-Infërieuro). 


Une  exposition  internationale  et  colonia- 
le, sous  le  patronage  du  département,  de  la 
municipalité  et  de  la  Chambre  de  commer- 
ce, aura  lieu  àRochefort-sur-Merdu  P'juin 
au  1"  octobre  1898. 

Cette  Exposition  sera  établie  sur  Tespla- 
nadeet  le  square  Roy-Bris,  sur  une  super- 
ficie d'environ  50,000  mètres  carrés.  De  gran- 


des fêtes  seront  organisées  pendant  toute  la 
durée  de  TËxposition. 

Les  demandes  de  renseignenaeatsdoiveQt 
être  adressées  à  la  mairie  de  Roche  fort- sur- 
Mer. 


EXPOSITION  A  DIJON. 


Une  exposition  industrielle  internatio- 
nale doit  avoir  lieu  a  Dijon  du  P*^  juin  au 
30  octobre  1898, 

S'adresser,  pour  renseignements  à  la  Di- 
rection générale  de  TExpositron,  1,  rue 
d*Auxonne  à  Dijon,  ou  à  M.  Félix  Benoit, 
commissaire  général,  38  rue  Monge,  à  Di- 
jon 


COMMERCE 


LEOOMMERCE  EXTERIEUR  DELA 
FRANCE. 

(Premier  itioUd^  1SOS.) 


Voici, diaprés  les  publications  officielles  de 
l'administration  des  douanes,  les  résultais 
du  commerce  extérieur  de  la  France  pen- 
dant le  mois  de  janvier  1898  : 

IMPORTATIOMt  18P8  1897 

Objets  d'iilfraemaHoo  106.588.000       <Î(>.821.000 
Matières  Décessaires 

à  rindustrio 204.542.000     234.262.000 

Objets  fabriqués 44.938.000 41.786.000 

Total 350 .  068 .  000     352 .  869 .  OOO 

EXPORTATIONS  1898  1897 

Objets  d'alimentatioD.  t0.0o3.000  3::  879.000 
Matières  nécessaires 

à  l'industrie 67.917.000  60.629.000 

ObJeU  fabriqués 119.1^8.000  127.650.000 

Colis  postaux 12.201.000  14  051.000 

Total 239.360.000  '  241.209.000 

Il  ressort  de  ces  chiffres  que  Tannée  1898 
a  débuté  dans  de  moins  bonnes  conditions 
que  Tannée  1897,  et  qu'il  est  particulière- 
ment fâcheux  que  les  importations  d'objets 
d'alimentation  aient  dû  s'élever  en  janvier 


1898  à  plus  de  lOG  millions,  dépassant  ainsi 
d*enTiron  40  millions  les  importations  de 
même  nature  de  janvier  1897. 


L'ACTIVITÉ  OOMMCnOIALE  DB  L*Al.LC- 
MAGNB  BN  1806 

(Extrait    du  Journal    des  Chambres     de 
Commerce.) 

L'Allemagne,  au  point  de  vue  industriel 
et  commercial,  traverseune  période  de  pros- 
périté qui  dure  depuis  trois  ou  quatre  ans. 
Les  signes  visibles  en  sont  nombreux,  il  est 
dilticile  de  répondre  à  la  question  de  savoir 
combien  de  temps  se  prolongera  cette  situa- 
tion favorable,  qui  trouve  son  expression 
dans  les  cours  élevés  des  valeurs  industriel- 
les. Pour  l'industrie  du  fer,  parmi  les  cau- 
ses directes  qui  lui  sont  venues  en  aide,  il 
faut  citer  la  réouverture  de  débouché)  en 
Russie,  les  commandes  considérables  de 
TÉtat  prussien  en  matériel  de  chemins  de  fer 
(70  millions  de  marks),  la  construction  de 
prèsde  huit  rai  lie  kilomètres  de  voies  ferrées 
d'importance  locale,  enfin   les  applications 


K 


COMMERCE. 


croissantes  de  l'éloclricité.  Des  eflbrU  coq- 
sidérablessoDt  faiU  pour  créer  des  barrages, 
des  réiervoirs,  dcDDant  la  force  motrice  ; 
des  travaux  ont  été  mis  en  train  de  plusieurs 
eûtes. 

L'Allemagne  est  un  concurrent  redouta- 
ble, moins  peut-être  que  le  font  croire  les 
pessimistes  qui,  par  leurs  appréhensions  ré- 
pétées dans  des  articles,  des  brochures,  des 
lirrts,  lui  font  une  prodigieuse  réclame, 
mais  il  est  nécessaire  do  suivre  de  très  près 
les  progrès,  la  marche  générale  des  af- 
faires (1). 

Nous  voudrions  aujourd'hui  placer  sous 
les  joux  de  nos  lecteurs  le  résumé  du  rap- 
port annuel  de  la  Chambre  de  commerce 
de  Berlin  [Aellesten  Kollegium  der  Kauf- 
mannscha/t)  sur  Tannée  1806. 

La  plupart  des  branches  du  commerce  et 
derindustrie  de  la  capitale  ont  eu  un  mou- 
rement  satisfaisant,  notammentle  commerce 
des  produits  miniers,  métallurgiques,  ma- 
chines, électrotechnique,  papier,  produits 
ciiimiques,  une  partie  de  Tindustrie  textile. 
Toutefois  la  hausse  des  matières  premières, 
surtout  celle  des  métaux  et  du  combustible 
na  pas  été  sans  influer  sur  les  bénéfices,  les 
prix  des  objets  fabriqués   n  ayant  pas  pro- 
ifreuédansla  même  proportion  :  l'industrie 
i  pu  écouler  une  très  grande  partie   de  sa 
production  sur  le  marché    intérieur.   Des 
résultats  moins  avantageux  ont  été  obtenus 
p%r  quelques  branches  de  l'industrie  textile, 
ie  commerce  des  matériaux  de  construction, 
t)  droguerie,  Talcool,  le  suif,  le  sucre.    U 
(etnpérature  du   printemps  et  de  Tété  a  été 
froide  et  humide  ;  les   récoltes  s'en  sont 
ressenties. 

U  nouvelle  législation  sur  les  bourses, 
clief'dœuvre  d'une  réaction  intelligente, 
n'est  entrée  en  vigueur  que  le  1«' janvier 
IW.  mais,  comme  elle  entraînait  Tinterdic- 
^(OD  de  Tun  des  rouages  les  plus  délicats  et 
1^  plus  indispensables  du  commerce,  Tim- 
P^rtance  de  la  place  de  Berlin  comme  mar- 
(hé  inieroalional  s'en  est  trouvée  atteinte, 
^ciuellement  le  marché  des  céréales  en  Al- 

'l  De  1880  à  189(5,  le  nombre  de  chevaux-va- 
>^f  de»  machines  fixes  en  Prusse  a  augmenté 
<*«t447,3W,à2,53l,9ao, 


lemagne  est  désorganisé  comme  Ton  sait  : 
les  bourses  officielles  n'existent  plus,  il  ne 
se  publie  plus  de  cours  authentiques  de 
transactions  qui  se  font  en  dehors  des  lo- 
caux officiels  qui  restent  vides.  Le  gouver- 
nement et  les  chambres  d'agriculture  cher- 
chent à  suppléer  à  cette  absence  de  cote, 
en  insérant  dans  le  Messager  officiel  des 
indications  sur  les  prix,  qui  ne  présentent 
pas  les  mêmes  garanties  d'exactitude  qu'au- 
trefois et  qui  offrent  de  grands  écarts. 

La  consommation  de  la  houille  en  Alle- 
magne a  augmenté  de  8  n  en  1896,  à  Ber- 
lin de  13  %  ;  les  prix  ont  haussé  ;  l'industrie 
du  fer  a  été  fort  occupée  par  des  comman- 
des de  rails,  de  luyaux  et  de  poutrelles  ;  le 
marché  intérieur  a  offert  un  meilleur  dé- 
bouché que  les  années  précédentes.  L'indus* 
trie  chimique  est  Tune  des  colonnes  de  la 
prospérité  allemande  ;  des  conditions  scien- 
tifiques et  fiscales  y  contribuent.  Les  quan- 
tités veudues  ont  augmenté,  mais  les  prix 
ont  eu  tendance  à  fléchir  :  U  vente  des  pro- 
duits pharmaceutiques  et  photographiques 
grandit.  Quanta  l'industrie  textile,  quelques 
branches  ne  sont  pas  en  bonne  voie,  notam- 
ment les  lainages,  les  passementeries,  la 
confection,  tandis  quels  toile,  la  soierie,  les 
tapis,  les  étofles  d'ameublement,  les  toiles 
cirées  ont  eu  un  courant  d'affaires  satisfai- 
sant. Il  en  est  demômepour  le  papier,  mais 
l'accroissement  de  la  production  arrête  la 
hausse  des  prix. 

Une  part  considérable  du  rapport  berli- 
nois est  consacrée  aux  questions  législatives 
allemandes  et  internationales,  et  c'est  là 
qu'on  rencontre  des  renseignements  sur  le 
petit  conflit  douanier  qui  a  éclaté  entre  la 
Russie  et  TAIlemagne  en  1896,  sur  le  traité 
de  commerce  japonais-allemand,  signé  le 
4  avril  1896,  calqué  sur  le  traité  anglo-japo- 
nais, mais  étendu  à  quelques  nouveaux  ar- 
ticles ;  VAIIemagne  a  conservé  son  autono- 
mie douanière  vis-à-vis  du  Japon,  les  droits 
de  celui-ci  varient  ei.tre  10  et  15  %  de  la 
valeur  ;  larticle  17  du  traité  a  pour  objet 
de  garantir  les  marques  de  fabrique,  les 
dessins,  découvertes,  raisons  sociales,  con- 
tre le  talent  de  contrefaçon  des  Japonais, 
en   accordant  aux  Allemands  qui   auront 


87 


JOURNAL  MENSUEL  DB   L' ACADÉMIE  NATIONALE. 


rempli  les  formalités  nécessaires  au  Japon 
les  mémesdroits  qu'aux  Japonais.  La  guerre 
douanière  qui  existait  depuis  le  16  mai  1894 
entre  l'Allemagne  et  TEspagne  est  entrée 
dans  une  phase  moins  aiguë  :  la  surtaxe  de 
50  %  a étésupprimëedepuisle25 juillet  1890 
etlesproduitsespagnolsentrent  au  tarif  géné- 
ral allemand,  tandis  queTEspagne  accorde 
le  tarif  minimum.  A.  la  suite  d'une  mo- 
tion du  Reichstag,  le  gouvernement  im- 
périal fait  procéder  à  une  enquête  sur  les 
résultats  des  traités  de  commerce,  enquête 
qui  durera  un  certain  temps.  En  attendant 
qu'on  en  connaisse  les  conclusions,  on  trou- 
ve des  élémentsdans  les  rapports  des  Cham- 
bres de  commerce.  Depuis  vingt-cinq  ans, 
la  politique  commerciale  de  TAllemagne  a 
passé  par  trois  phases  distinctes  :  la  pre- 
mière, relativement  libérale,  finit  avec  ré- 
volution  du  prince  de  Bismarck  vers  la 
protection,  évolution  marquée  par  la  lettre 
du  15  décembre  1878  :  Talliance  desagricul- 
teurs et  des  industriels  permet  la  revision  du 
tarif  ;  le  droit  sur  les  blés  est  porté  à  1  M, 
en  1879,  à  3  M.  en  1883,  à  5  M.  en  1887. 
A  cette  période  d'autonomie  douanière 
succède  une  politique  plus  éclairée,  celle 
des  conventions  commerciales  avec  TAutri- 
che-Hongrie,  la  Belgique,  la  Suisse,  Tltalie 
(l«'février  1892),  avec  la  Roumanie  (I"  jan- 
vier 1894),  avec  la  Russie  (20  mars  1894)  ;  les 
droits  sur  les  céréales  sont  abaissés  à  3  Af . 
50  de  la  stabilité  du  tarif  acquise  jusqu*en 
1904. 

La  Chambre  de  commerce  de  Berlin  se 
prononce  naturellement  en  faveur  des  trai- 
tés de  commerce  ;  elle  fait  apprécier  l'im- 
portance extrême  de  la  sécurité  dans  les 
relations  commerciales,  sécurité  qui  est 
aussi  avantageuse  que  les  abaissements  de 
tarifs.  L'essor  de  TAllemagne,  depuis  quel- 
ques années,  est  dû,  pour  une  bonne  part, 
aux  traités  conclus  par  le  comte  de  Ca- 
priv).  Le  même  jugement  est  porté  par  la 
chambre  de  commerce  de  Hambourg,  par 
celle  de  Breslau,  par  celles  deMagdebourg, 
de  Cologne,  de  Dusseldorf,  de  Bonn,  de  Kiel, 
de  Halle,  de  Zittau.  Tous  ceux  que  n'aveu- 
glent pas  des  préjugés  sont  d'accord  pour 
reconnaître  les  services  que  les  traités  de 


commerce  ont  rendus  à  TAIIemagne  :  Tex- 
portation  a  progressé  de  7  millions  de  tonnes 
en  sept  ans  ;  elle  représente  2  milliards  et 
demi  de  francs  de  salaires  et  donne  du  tra- 
vail à  4  millions  de  personnes.  On  comprend 
que,dans  cet  état  de  choses  Jes  revendications 
des  agrariens,  avec  leur  antagonisme  hai- 
neux contre  les  intermédiaires,  contre  les  ca- 
pitalistes, avec  leurs  projets  insensés  de  sup- 
primer Hmportation  des  céréales  pendant  six 
mois,  au  risque  de  rompre  les  conventions 
internationales.  Unissent  par  exaspérer.  Le 
gouvernement  impérial  montre  beaucoup  de 
condescendance,  que  l'on  qualifierait  même 
de  faiblesse,  à  Tégard  des  grands  propriétai- 
res fonciers. 

Lerapport  de  la  chambre  de  commercede 
Berlin,  après  avoir  traité  les  questions  d'or- 
dre général,  nous  renseigne  plus  en  détail 
sur  les  principales  branches  du  commerce 
et  de  l'industrie  locale.  Il  est  intéressant  de 
voir,  d'année  en  année,  leseiforts  croissants 
des  producteurs  en  vue  de  se  créer  des  dé  • 
bouchés.  Le  commerce  local  des  fleurs,  à 
Berlin,  souffre  de  la  concurrence  des  pro- 
ducteurs du  Midi,  qui,  non  contents  d'avoir 
des  dépôts  en  Allemagne,  vont  chercherdes 
acheteurs  directement  en  Russie.  Avec  rabais- 
sement des  prix,  la  consommation  augmente. 
Quant  aux  légumes,  rhiver,  c'est  l'étranger 
qui  dicte  les  prix  ;  certains  pays  se  sont  faii 
une  spécialité  :  la  Hollande,  celle  deschoux 
rouges  et  des  choux  de  Milan  ;  l'Italie  ei 
la  rôle  d'Afrique,  celle  des  choux-fleurs. 
Pour  les  fruits,  il  en  est  de  même  ;  c'est  au 
dehors  que  l'Allemagne  s'approvisionne  ; 
les  pommes  américaines,  qui  se  vendent  15 
à  18  fr.  75  le  quintal,  font  facilement  concur- 
rence aux  qualités  plus  coûteuses  du  Tyrol. 

Le  commerce  du  sucre,de  l'alcool,  n*a  pas 
été  bien  lucratif  ;  pour  l'alcool,  les  produc- 
teurs cherchent  de  plus  en  plus,  à  se  passer 
de  Berliii,  à  atteindre  directement  le  con- 
sommateur du  centre  et  de  Touest.  Eu 
1895-1896,  la  production  d'alcool  a  été  de 
330  raillions  de  litres,  contre  291  millions 
en  1891-1895.  Il  en  a  été  consommé  225  mil- 
lions, contre  218  millions  ;  la  dénaturation 
a  porté  sur  76  millions  (y   compris  les  per- 


89  COMMBBGE. 

tes  »  l'exportation  sur 27  raillions.  L'emploi 
de  Talcool  dénaluré  va  en  croissant  (1). 

En  1895-1896,  les  90  brasseries  do  Berlin 
ont  produit  3,613,521  hectolitres,  contre  75 
brasseries  et  2,999,024  hectolitres  en  1891. 
L'année  a  élé  plus  lucrative,  bien  que  la 
consommation  ait  été  entravée  par  l'été 
froid  et  humide.  Une  seule  brasserie  a  vendu 
478,000  hectolitres.  Les  22  brasseries  par 
actions  ont  distribué  7  1/2  %  de  dividende 
en  moyenne.  Une  agitation  s*est  faite  afin 
d'imposer  l'indication  obligatoire  do  la  coiï- 
tenance  exacte  des  fûts  et  bouteilles,  afin 
d'empêcher  les  abus  de  la  concurrence  dé- 
loyale, et  le  Reichstag  a  adopté  une  motion 
dans  ce  sens. 

Pour  le  commerce  des  vins,  la  consom- 
V.  lî'ion  se  développe,  surtout  pour  les  vins 
de  qualité  inférieure  et  à  bon  marché.  La 
concurrence  est  extrême,  on  abuse  do  la  ré- 
clame ;  les  vins  qu'on  écoule  sont  souvcn*, 
ou  trop  jeunes  et  mal  soignés,  ou  falsifiés.  On 
a  recherché,  en  y  mettant  le  prix,  les  Bor- 
deaux des  années  1874, 1875  et  1870.  Parmi 
les  vins  allemands,  les  années  1862,  1868, 
1S76  sont  excellentes,  deviennent  rares  et 
se  paient  en  conséquenco,  1884, 1880,  1889 
se  recommandent. 

Pour  la  première  fois,  depuis  des  années, 
Tindustrie  du  tabac  n'a  pas  été  alarmée  par 
des  projets  fiscaux.  Au  lieu  du  tabac  de 
Goba,  on  s'est  servi  davantage  de  tabacs  du 
Mexique  et  du  Brésil,  (|ui  ont  haussé.  L'in- 
surrection cubaine,  en  portant  atteinte  à  la 
culture  dans  Tile,  gêne  les  fabricants  alle- 
mands. On  trouve  à  Berlin  371  fabriques  de 
cigares,  avec  1,367  ouvriers  ;  une  seule  oc- 
cupe plus  de  100  ouvriers  ;  il  faut  y  join- 
dre 726  ouvriers  qui  travaillent  chez  eux  ; 
OD  compte  44  fabriques  de  cigarettes. 

La  consommation  du  thé  augmente  en 
Allemagne,  bien  que  l'on  y  reste  bien  loin 
derrière  les  chiffres  de  l'Angleterre,  de  la 
Russie,  de  la  Hollande.  Si  l'on  consomme 
davantage  de  chocolat,  le  nombre  des  fa- 
briques grandit  encore  plus  vite  ;  les  fabrî- 
quesqui  travaillent  pour  l'exportation  jouis- 
sent de  quelques  privilèges. 


90 


11)  L'alcool,  en  Allemagne,  est  exempt  de  droit 
pour  l'usage  industriel. 


Le  commerce  des  conserves  de  légumesa 
prospéré^  mais  le  projet  de  défendre  de  ver- 
dir artificiellement  les  légumes  va  amener 
des  changements  dans  les  procédés  em- 
ployés. Les  tentatives  de  produire  des  cham- 
pignons et  de.  se  passer  de  l'importation 
française  ne  réussissent  pas. 

Les  négociants  en  bétail  ne  sont  pas  satis- 
faits de  l'année  1896  ;  ceux  qui  font  l'en- 
graissage n'ont  pas  vu  la  baisse  des  bêles 
maigres,  ni  la  hausse  des  bêtes  grasses  ;  ils 
ont  perdu  de  l'argent.  La  prétention  agra- 
rienne  de  fermer  les  frontières  à  l'importa- 
tion se  heurte  à  des  résistances.  L'importa- 
tion a  diminué  pour  le  bélail,  les  porcs  et 
m(»utons.  A  Berlin,  les  transactions  ontpor- 
tésur201,()00  bœufs, 877,000  porcs,  165,000 
veaux,  574,000  moutons  ;  il  a  été  abattu 
144,000  bœufs, 684,000  porcs,  138,000  veaux 
390,000  moutons.  Le  prix  moyen  par  50  kilo- 
grammes de  viande  a  été  de  37  à  58  Af.  pour 
lobœjf,  de  30  a  46  M,  pour  le  porc,  de  41  a 
01  Af.  pour  le  veau,  de  42  à  48  M.  pour  le 
mouton,  de 52  Af.  pour  Tagneau. 

La  consommation  du   lait  à  Berlin  (pour 
1,700,000  habitants)  est  évaluée  a  172  mil- 
lions et  demi  de  litres,  qui  s'achètent  de  10 
à  11  pf.  franco  gare  et  se  vendent  en  détail 
18  à  20  pf.  Le  lait  de  première  qualité  (pour 
enfants)  se  paie  de  35  à  60  pf.  le  litre.  Il  a  été 
reçu  k  Berlin  26  millionset  demi  de kilogram  - 
mesd'œufs,  dont  2,410,000  ont  été  réexpé- 
diés ;  la  consommation   moyenne  serait  de 
220  œufs  par  tète.  En  dehors  des  œufs  d'Ita- 
lie et  de  Russie,  il  en  arrive  au  printemps 
de  Bulgarie,  en  hiver  de  Grèce  et  d'Egypte. 
Un  article  de  consommation,  qui  est  en 
décadence  marquée,  c'est  l'écrevisse  ;  la  de- 
mande pour  la  France  et  la  Belgique  dimi- 
nue. Le  public  mange  de  plus  en  plus  des 
huîtres  :  il  en  a  été  importé  en  1896,  en  Al- 
lemagne, 9,168  quintaux,  dont  1,670  de  Bel- 
gique, 4,770  des  Pays-Bas.  L'huître  anglaise 
est  très  recherchée  à  Berlin   ;  elle  a  baissé 
de  prix  et  aussi  de  qualité.  Le  caviar  a  été 
cher  et  peu  abondant.  L'Allemagne  en  ab- 
sorbe <ie  32,000  à  48,000  kilogrammes  par 
an. 

On  sait  qu'il  existe  à  Berlin  une  fabrique 
royale  de  porcelaine,  dont    le  magasin  de 


91 


JOURNAL    MKNSURL  Dt  L  ▲CADËMIE  NATIONALE. 


92 


vente  est  dans  la  Lcipzigerslrasse  :  ses  pro- 
duiis  sont  très  recherchés  par  Tindustrie 
chimique,  de  même  qu'elle  a  une  clientèle 
en  Amérique. 

L'industrie  des  lampes  a  eu  un  peu  plus 
d'activité,  mais  !a  concurrence  est  intense, 
les  prix  très  bas  ;  les  troubles  en  Orient  ont 
réduit  les  débouchés  ;  on  se  p\ti\nl(]es  car  te  Us 
qui  renchérissent  la  matière  première;  le  pu- 
blic achète  très  peu  d  objetsen  bronze.  L*in- 
dustrie  du  zinc,  que  facilite  le  triomphe  du 
simili)  est  plus  satisfaite. 

Les  fabricants  d'argenterie  ont  eu  fort  à 
faire,  en  vue  de  l'exposition  industrielle  de 
Berlin.  Les  orfèvres  de  Berlin  prétendent 
qu'ils  arrivent  à  faire  concurrence  à  Paris. 
Le  goût  du  public  est  toujours  aux  objets 
de  style  Louis  XV,  et  aux  objets  de  lorme 
anglaise.  La  stabilité  relative  du  cours  de 
l'argent  (entre  92  1/2  et  88  Af  le  kil.)  a  faci- 
lité  les  affaires.  Les  diamants  de  belle  qua- 
lité ont  haussé  de  5  %  ;  les  perles  ne  ces- 
sent de  monter,  l'an  dernier  de  20  à  25  %  ; 
rémeraude  de  première  qualité  a  haussé 
de  50  à  00  %  ;  le  rubis  n'a  pas  varié  et  est 
recherché. 

Notre  résumé  est  bien  incomplet.  ;  il  ne 
rend  pas  justice  à  l'industrie  berlinoise,  car 
faute  de  place,  nous  sommes  obligés  de 
nous  borner.  Nous  voudrions  signaler  un 
rapport  consulaire  anglais  (dont  l'auteur  est 
M.  Schwabach,  consul  général  à  Berlin  et 
chef  de  la  maison  de  banque  S.  Bleichrœ- 
derj.  M.  Schwabach  rx)nstate  que  le  chif- 
fre des  affaires  entre  l'Allemagne  et  l'Angle- 
terre a  augmenté  en  1896.  L'importation 
de  lio  a  dimitmé,  le  fabricant  de  toile  en 


Allemagne  aélé  anxieux  deVissue  de  l'élec- 
tion présidentielle  aux  Etats-Unis.  II  achète 
du  fil  en  Irlande,  fait  tisser  en  Bohème, 
blanchir  en  Irlande  et  exporte  aux  Etats- 
Unis. 

Une  branche  importante  du  commerce  à 
Berlin  est  celle  de  la  confection  des  man- 
teaux pour  dames.  Le  débouché  anglais  est 
moins  important  que  par  le  passé.  Cela  tient 
a  la  mode  qui  a  adopté  les  manteaux  courts 
et  aussi  à  la  concurrence  des  tailleurs  Israé- 
lites, établis  à  Londres  et  à  Mancliester,qui 
peuvent  produire  à  meilleur  marché  que 
leurs  confrères  d'Allemagne.  Aussi  aujour- 
d'hui, l'Allemagne  n'y  exporte  plus  les  arti- 
cles à  bas  prix,  mais  ceux  de  première  et  de 
.seconde  qualité.  Berlin  vend  pour  une  ving- 
taine de  millions  de  marks  de  manteaux  en 
Angleterre  j  quelques  maisons  seules  font 
pour  14  millions  avec  des  négociants  en  gros. 
Il  en  est  qui  envoient  tous  les  quinze  jours 
\euvi  voyageursà  Londi'es.  Le  Canada  esiun 
bon  client  de  l'Allemagne. 

Il  vient  moins  de  peluches  d'Angleterre  ; 
la  mode  a  changé  et  la  peluche  de  soie  s'a- 
chète à  Crefeld . 

Le  commerçant  et  le  fabricant  anglais 
sont  moins  souples  que  leurs  rivaux  alle- 
mands ;  ils  ne  savent  pas  comme  ceux-ci  se 
plier  aux  goûts,  aux  manies  de  leur  clientè- 
le. En  Angleterre,  l'importation  allemande 
des  jouets,  en  étain,  en  fer-blanc,  aaugmen- 
té,  de  même  celles  des  chromolithographies 
(calendriers,  cartes  diverses)  :  Berlin  et 
Francfort  sont  deux  grands  centres  de  fabri- 
cation. Certaines  maisonsanglaises  en  achè- 
tent pour  i  million  de  marks  en  Allemagne. 


VARIÉTÉS 


LA  POPUiJ^TfON  OE  1.«CIIIPmE    RUSSC 


Le  premier  recensement  général  de  la  po- 
pulation de  rfimpire  russe  ne  date  que  de 
Tannée  dernière.  D'après  oe  recenaeiBeiit, 


la  population  de  la  Russie  d'Europe  était  de 
94,188,750  habitante  ;  celle  de  la  Pologne, 
de  9,722,i33,  tandis  que  la  Sibérie,  les 
Steppes,  le  Turkestaii,  Anne-Darius  et  lé 
Palmir  avaient  7,590,887  habitants  et  la 
Finlande  2,527,804  ;  l'ensemble  ée  la  po- 


93 


VARIETES. 


94 


pahlion  Je  tont  i'Empire  s'élevait  ainsi,  à 
129,211,113  habitants,  contre  119,059,339 
en  1891. 

La  plupart  de  la  population  habite  dans 
les  campagnes  ;  cependant  sous  l'action  de  la 
grande  industrie,  qui  a  fait  dans  ces  der- 
oiers  temps  des  progrès  importants,  on  trou- 
ve que  la  population  urbaine,  celle  surtout 
des  villes  ayant  plus  de  100,000  habitauts, 
augmente  rapidement.  Pour  ces  dernières, 
en  effet,  dans  la  période  1891-J3,  l'aug- 
mentation auraitété,  en  moyenne,de23.2%  ; 
mais  pour  quelques  villes  où  Tindus- 
irie  a  pris  plus  d'esspr,  telles  que  Saratow 
et  Lody,  par  exemple,  l'accroissement  a  at- 
teint la  proportion  de  143  et  109  %  respec- 
tivement. 

Par  rapport  aux  sexes,  ils  se  balancent  a 
peu  près,  si  on  considère  Tensemble  de  la 
population  ;  cependant  dans  la  Russie  d'Eu- 
rope et  dans  la  Finlande,  il  y  aurait  102  fem- 
mes pour  100  hommes,  tandis  que  dans  le 
Caucase,  la  Sibérie,  les  Steppes,  le  Turkes- 
tanet  tes  provinces  transcassiennes,  les  hom< 
mes  sont  plus  nombreux  que  les  femmes, 
dans  la  proportion  de  100  à  93,89  et  même 
iiS3  (provinces  transcassiennes).  Il  en  est 
de  même  aussi  pour  les  grandes  villes,  oii,  à 
Vexception  de  Varsovie,  Lody  et  Saratov,  les 
hommes  se  trouvent  en  prépondérance.  C'est 
àTidiset  à  Bakou  où  l'élément  masculin 
est  le  plus  largement  représenté.  La  Russie 
orientale  paraît  aussi  plus  favorable  au  sexe 
masculin  que  la  Russie  occidentale  :  les  pays 
habités  par  les  musulmans  présentent  aussi 
nne  proportion  plus  grande  d'hommes  que 
de  femmes. 

Maintenant,  si  on  examine  les  progrès  de 
la  population  de  Tempire  russe  depuis  1851, 
on  trouve  que  la  Russie  d'Europe  a  vu  aug- 
menter le  nombre  de  ses  habitants  de  59,3 
à  106,2  niillioas,  la  Russie  asiatique  de 
^,9â23,3  millions,  tandis  que  dans  Tempire 
la  population  est  montée  de  67,3  à  129,2 
millions.  Ainsi,  dans  la  période  1851-1897 
la  population  de  la  Russie  aurait  presque 
doublé. 

Si  Ton  compare,  par  rapport  à  la  popula- 
tion, l'Allemagne,  la  France,  les  Etats-Unis 


et  la  Russie,  en  1851  et  en  1897,  on  arrive 
aux  résultats  suivants  (en  millions)  : 

i85i  1897  AUGMENTATION 

—  —  en  général    pour  cent 

France 34,2  38,5  4,3          12,6 

Alleraafi:ne.    35,1  52,3  17,2          49 

Etats-Unis.    23,5  73,5  50            212.8 

Russie 67,38  12J,2  62              91 

On  voit,  par  ces  chiffres,  que  TAllemagne 
a  augmenté  sa  population  quatre  foi«,  la 
Russie  sept  fois,  et  les  Etats-Unis  presi|ue 
dix-sept  fois  plus  rapidement  que  la  France. 
La  place  que  notre  pays  a  tenue  autrefois  en 
Europe  et  l'influence  qu'il  a  exercée  sur  les 
événements  politiques  contemporains,  pa- 
paraissent  être  perdues.  Malheureusement, 
même  dans  le  domaine  économique,  dans  le 
mouvement  du  commerce  international,  la 
France  a  été  dépassée  par  TAllernagneet  les 
Etats-Unis,  et  sous  peu  elle  le  sera  aussi  par 
la  Russie. 


LE«  RECORD»  DES  SONDAQE8 
TERRESTRES. 


Le  «  record  »  de  la  profonde  ir  .atteinte 
dans  les  sondages  à  la  surface  de  notre  pla- 
nète, vient  d'être  établi  par  une  communi- 
cation de  H.  Zundel,  industrielle  à  It  So- 
ciété industrielle  de  Mulhouse. 

Il  s'agit  d'un  sondage  effectué  dans  la 
Haute-Silésie,  à  Peruchowitz,etqui  a  atteint 
rénorme  profondeur  de  2  kilomètres,  exac- 
tement 2.003  m.  34au-desous  de  la  surface 
du  sol.  Le  sondage  le  plus  profond  que  Ton 
connût  auparavant  était  celui  de  Schhde- 
bach,  près  de  Leipzig,  avait  une  profon- 
deur de  1.748  mètres. 

Ce  grand  trou  a  été  foré  dans  le  but  de 
se  rendre  compte  de  la  nature  des  couches 
du  sol  et  des  résultats  que  Ton  pourrait  ob- 
tenir en  les  mettant  en  exploitation.  Aussi 
ne  s'agit-il  pas  d'un  puits  de  mine  dans  le- 
quel on  puisse  descendre  :  commencé  avec 
trente-deux  centimètres  à  l'orifice,  il  se 
termine  avec  un  diamètre  de  vingt-sept 
centimètres  au  fond,  après  avoir  traversé 
tuutes  sortes  d'obstacles,  des  marnes,  des 


05  JOORNAL  MENSUEL  DE  l'aCAOEMIE  NATIONALE. 

sables  mouvants,  des  roches  dures  dont  le 


lô 


forage  ne  peut  se  faire  qu*en  armant  les 
trépans  avec  des  diamants. 

A  200  mètres  de  profondeur,  le  poids  des 
tiges  de  sonde  superposées  atteint  13.700 
kilogrammes  ;  aussi,  de  nombreuses  rufH 
tures  de  tiges  se  sont-elles  produites  au 
cours  de  l'opération.  C'est  alors  toute  une 
affaire  que  de  retirer  la  partie  brisée  ;  les 
sondeurs  ont,  dans  ce  but,  des  procédés 
d'une  ingéniosité  extrême. 

Au  point  de  vue  scientifique,    on  a  pu 


constater,  dans  ce  sondage,  que  la  tempé- 
rature 12^1  à  la  surface  du  sol,  atteignait 
QT3  ù  2.003  mètres  au  fond.  L'accroisse- 
ment de  température  de  1  degré  centigrade 
correspond  donc  à  un  enfoncement  de  35 
m. 45,  au  lieu  des  31  m.  83  classiques  ad- 
mis lors  du  forage  du  puits  artésien  de  Gre- 
nelle. Rien  ne  dit,  d'ailleurs,  que  l'un  ou 
l'autre  de  ces  chiffres  soit  absolu  :  il  est 
plus  vraisemblable  nue  la  région  et  la  na- 
ture du  sol  traversé  ont  sur  la  progression 
thermique  une  certaine  influence. 


BIBLIOGRAPHIE 


L'Agenda  Charles  Mendel  '  pour  1808 
vient  de  paraître,  et  c*est  un  événement 
pour  la  corporation  si  nombreuse  aujour- 
d'hui des  Photographes-Amateurs.  Plus  en- 
core cette  année  que  les  précédentes  il  aura 
du  succès,  car,  indépendamment  des  matiè- 
res techniques,  scientifiques,  littéraires  et 
humoristiques  qu'il  contient  et  qui  en  font 
un  ouvrage  indispensable  au^L  fervents  du 
gélatinOi  il  comporte  quantité  de  renseigne- 
ments nouveaux  et  quatre  bons  primes  qui 
feront  ia  joie  des  amateurs. 

L'ouvrage  forme  un  beau  volume  de  30() 
pages  grand  formai  avec  gravures,  et  esteu 
vente,  au  prix  de  unfranCy  chez  tous  les  li- 
braires et  chez  Charles  Mendel,  118,  rue 
d*Assas,  ù  Paris.  (Franco  1  fr.  60.) 


^  Ce  qu'on  peut  voir  avec  un  petit  micros- 
cope, par  H.  CoupiN,  docteur  ès-sciences. 

Une  br.rhure  de  120  pages,  avec  dix 
planches  renfermant  263  figures  dessinées, 
d'après  nature,  par  Tauleur,  2  francs.  — 
Charles  M hiNdel,  Editeur,  118,  rue  d'Assas, 
Paris. 

Ainsi  que  le  déclare  lauleur  dans  sa  Pré- 
face, cet  ouvrage  n'a  aucane  prétention 
scientifique  ;  il  est  simplement  compose 
d'une  série  d'observations  microscopiques 
telles  que  tout  le  monde  peut  les  faire  avec 
un  instrument  très  ordinaire.  C'est  le  pre- 
mier livre  traitant,  à  ce  point  de  vue,  de  vul- 
garisation praiifjue,  de  l'emploi  du  micros- 
cope et  des  moyens  de  se  procurer  des  ma- 
tériaux d  étude.  Il  sera  d'une  réelle  utilité 
aux  jeunes  botanistes  et  à  toutes  les  person- 
nes qui  s'intéressent  aux  merveilles  du 
monde  inconnu  des  inflniment  petits. 


Le  Directeur^Gérant,  Rédacteur  en  Ch^, 

EuGÈNB  THIÉRY. 


CIMIIOKT  (oI8B).    -  IMPmifBRIB  DAIZ  PRKRBS,  PLAGR  SAINT-ANORB,  8. 


JOURNAL    MENSUEL 

DE 

L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  lANDFACTDfilÈRE  ET  COIIEBCIALE 


'^i  '. 


68-  Année.  —  MARS  1898. 


SOMMAIRE 

AGRICULTURE.  —  Le  concours  agricole  de  Paris  en  1898.  —  Présures  et  colorants  pour  beurres  de  M.  Ch.  Jean- 
Beau,  à  Janzé  (Ille-et -Vilaine).  —  Courroie  de  sûreté  pour  machines  à  battre.  —  Les  cultures  dérobées  d'automne. 

DISTINCTIONS  HONORIFIQUES  accordées  aux  HCembrea  de  l'Académie  Nationale. 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.—  L'exposition  de  1900.  —  Exposition  à  Cliàteauroux.»  Exposition  à  Perpignan. 

INDUSTRIE.  —  De  Temploi  de  Talcool  comme  source  de  force  molrici.—  Les  industries  textiles  en  France  en  i8p6.— 
L'iodostrie  et  le  commerce  des  tissus  en  Russie. —  Moyen  de  prévenir  les  déraillements  des  trains  rapides  dans  le 
passage  des  courbes,  communication  de  M.  Paloux,  à  Oran.  —  Extraits  fluides  pour  sirops,  de  M.  Maujean,  à 
Sermaize  rMarae).  —  Développement  de  principes  aromatiques  par  fermentation  alcoolique  opérée  en  présence  de  cer- 
taines feuilles,  communication  de  M.  Georges  Jacqueinin.  à  Maizéville,  près  Nancy. 

PRODUITS  AMMENTAIRES.— Fromage  de  Gruyère  et  tromage  d'Emmenthal,  communication  de  M.  Ch.  Martin, 
directeur  de  l'école  d'industrie  laitière  de  Mamirolle  (Doubs).  —  Le  curaçao  Brochard,  de  M.  Brochard-Qulllet,  à 
ChatcauduD.  ~  Gâteaux  aux  amandes,  de  M.  Etienne  Proux,  à  Saint-Jean-d'Ângely. 

COMMERCE.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France.  ~  Le  commerce  extérieur  de  la  Suisse  en  1897. 


AGRICULTURE 


LE    CONCOURS    AGRICOLE 
DE  PARIS   EN  1898 


Le  Concours  général  agricole  de  Paris  s'est 
encore  lenu  cette  année,  sans  doute  pour  la 
dernière  fois,  dans  la  Galerie  des  Machines, 
magnifique  reste  de  TExposition  de  1889 
qui  est  menacé  de  disparition  par  les  plans 
«ïes  services  d'architecture  de  Texposition 
de  1900.  Le  Concours  a  donc  présenté  en- 
coreone  fois  un  magnifique  coup  d'oeil  d'en- 
semble, et  son  importance  a  été  telle  que 
non  seulement  Timmense  nef  du  Palais 
des  .Machines  et  la  galerie  du  V  étage  qui 
en  lait  le  tour  se  trouvaient  complètement 
occupés,  mais  encore  qu'il  a  fallu  reléguer 
au  dehors  une  grande  partie  des  machines 
agricoles,  et  notamment  tous  les  moteurs, 
les  chariots,  les  locomobiles  et  les  batteu- 
ses. 

Les  catalogues  du  Concours  comprenaient 


2467  articles  pour  les  animaux  gras  et  les 
animaux  reproducteurs  ;  197  lots  pour  le 
concours  de  volailles  mortes  ;  2799  articles 
pour  les  produits  de  laiterie  et  produits 
agricoles  divers  ;  2873  lots  de  vins,de  ci- 
dres, de  poirés  et  d'caux-de-vie,  et  8152 
instruments  et  machines  agricoles. 

Ces  chiffres  sont  sensiblement  supérieurs, 
sauf  en  ce  qui  concerne  les  animaux  gras, 
à  ceux  des  années  précédentes.  Notamment 
les  machines  et  instruments  agricoles,  qui 
comprennent  cette  année  8152  numéros  du 
catalogue,  n'en  comptaient  que  7476  en 
1897  et  6732  en  1896. 

On  voit  que  le  Concours  agricole  de  Pa« 
ris  ne  cesse  de  grandiren  importance  d'an- 
née en  aunée. 

Il  faut  toutefois  faire  une  exception  en  ce 
qui  concerne  les  animaux  gras,  moins  nom- 
breux cette  année  que  précédemment.  La 
raison  en  est  que,  par  suite  même  des  pro-* 


09 


JOURNAL  MENSUEL  DB  l' ACADÉMIE  NATIONALE. 


100 


grès  rtfalisés  par  rélevage  national,  la  pro- 
duction danimaux  convenablement  en- 
graissés est  devenue  une  chose  courante,nor- 
maleet  régulière,  ne  motivant  plus  la  re- 
cherche de  distinctions  exceptionnelles, 
recherche  qui  est  devenue  d*autant  plus 
aléatoire  que  la  quantité  des  animaux  ame- 
nés à  la  plus  parfaite  condition  se  montre 
chaque  année  plus  considérable. 

La  plupart  des  éleveurs  trouvent  donc 
maintenant  plus  de  profit  à  diriger  leurs  bes- 
tiaux gras  directement  vers  les  marchés  des 
abattoirs  parisiens,  sans  les  faire  passer 
par  les  stalles  du  Concours  agricole,  où  leur 
séjour  entraîne  des  frais  de  toutes  natures. 
Dans  leur  ensemble,  les  animaux  repro- 
ducteurs témoignent  d'une  amélioration  sé- 
rieuse dans  toutes  les  races  domestiques, 
grâce  aux  pratiques  de  la  sélection  et  des 
croisements  judicieux,  et  grâce  aussi  aux 
progrès  apportés  dans  le  logement,ralimen- 
tation  et  le  traitement  général  des  bestiaux. 
A  ce  point  de  vue,  la  France  marche  enfin 
sur  les  traces  de  l'Angleterre,  et  nos  popu- 
lations rurales  comprennent  peu  à  peu  que, 
pour  avoir  de  beaux  animaux,  il  ne  suffit 
pas  de  les  laisser  croupir  sur  leur  fumier 
dans  des  étables  infectes,  de  ne  leur  four- 
nir que  des  aliments  salis  ou  gâtés  en  quan- 
tités insuffisantes,  de  ne  leur  faire  boire 
quedeTeau  fortement  mêlée  de  purin,  et 
de  ne  leur  prodiguer  que  les  coups  de  tri- 
que, avec  une  générosité  se  manifestant  seu- 
lement dans  cette  affirmation  de  la  supé* 
riorité  des  hommes  sur  les  bêtes. 

L'exposition  des  machines  et  instruments 
ne  révèle  pas  de  nouvelles  créations  dans 
la  mécanique  agricole,  mais  fait  ressortir 
cependant  des  perfectionnements  de  détail, 
ftyant  tous  leur  intérêt  et  leur  utilité.  Les 
moteurs  à  pétrole  envahissent  de  plus  en 
plus  le  champ  des  applications  agricoles, 
et  ils  rencontrent  de  plus  en  plus  de  faveur 
sous  la  forme  de  moteurs  fixes,  pour  la  mi- 
se en  mouvement  des  instruments  d'inté- 
rieur de  ferme.  Même,  les  locomohiles  à 
pétrole  se  multiplient  avec  succès,  se  fai- 
sant de  plus  en  plus  puissantes  pour  mieux 
rivaliser  avec  les  locomotives  à  vapeur. 
Mais  le   principal    triomphe  des  moteurs  à 


pétrole  dans  leur  application  aux  besoins 
del'agriculture,  est  constitué  par  Tinstalla- 
tiondeces  moteurs  dans  le  corps  même 
des  machines  h  battre,  de  manière  à  réa- 
liser un  ensemble  autonome  absolument 
complet. 

Cette  adaptation  d*un  moteur  à  pétrole 
à  une  machinée  battre,  qui  était  une  nou- 
veauté Tannée  passée,  est  devenue  cette 
aimée  une  habitude  courante  dans  la  fa- 
brication des  machines  agricoles,  et  tous 
les  grands  constructeurs  présentent  au  Con- 
cours des  batteuses  automotrices,  c'est-à- 
dire  des  machines  à  battre  renfermant  dans 
le  bâti  un  moteur  à  pétrole,  soit  de  leur 
propre  fabrication,  soit  de  la  fabrication 
d'un  autre  mécanicien  spécialiste. 

Il  y  a  lieu  de  remarquer,  d'ailleurs,  que, 
les  uns  après  les  autres,  tous  les  anciens 
constructeurs  de  machines  à  vapeur  en 
sont  venus  à  la  construction  des  moteurs  à 
pétrole,  soit  en  reproduisant  dos  modèles 
anciens  ayant  fait  leurs  preuves,  soit  en 
créant  eux-mêmes  des  types  nouveaux  réa- 
lisant quelques  perfectionnements  de  détail. 
D'une  façon  générale,  on  tend  de  plus  en 
plus  à  établir  les  moteurs  de  façon  ù  pou- 
voir employer  les  pétroles  dits  lampants; 
cependant  beaucoup  de  constructeurs  tien- 
nent à  no  pas  abandonner  les  essences  de 
pétrole  qui,  si  elles  sont  plus  inflammables, 
offrent  l'avantage  de  supprimer  tout  risque 
d'encrassement  des  cylindres. 

Observons  enfin  que,  malgré  le  succès  in- 
contestable et  d'ailleurs  mérité  des  moteurs 
à  pétrole,  les  machines  à  vapeur,  d'une 
marche  si  douce,  si  silencieuse  et  si  élasti- 
que, conservent  des  partisans  fidèles,  qui 
leur  trouvent  des  avantages  particuliers 
n'ayant  pu  encore,  à  leurs  yeux,  être  dépassés 
par  ceux  des  moteurs  à  pétrole. 

Après  ces  considérations  générales,  nous 
allons  examiner  en  détail  les  participations 
de  nos  Sociétaires  au  Concours  agricole  de 
Paris,  en  suivant  comme  à  l'habitude  Tor- 
dre alphabétique  des  noms. 

M»  AuRouzE,  à  Paris,  expose  des  boîtes 
d'élevage,  des  filets  de  faisanderie,  des 
muesj  des  poussinières,  et  toute  la  coUec- 


ru  r4j^ 


101 


AGRICULTURE. 


102 


tion  si  complète  des  pièges  que  fabrique  sa 
maison  pour  la  capture  ou  la  destruction 
des  animaux  nuisibles.  Tousces  pièges  sont 
extrêmement  ingénieux  dans  leur  simpli- 
cité^ et  permettent  de  lutter  efficacement 
contre  les  déprédations  de  la  faune  sau- 
Tage. 

M.  Bajac,  à  Liancourl  (Oise),  est  encore 
l'un  des  principaux  exposants  du  Concours, 
bien  que  la  nomenclature  des  objets  qu'il 
présente  ne  comprenne  que  190  articles  du 
catalogue  aa  lieu  de  238  articles  de  l'année 
dernière. 

Ces  articles  sont,  comme  à  l'habitude,  de 
la  plus  grande  variété,  et  vont  de  la  binette 
à  main,  simple  outil  d'une  valeur  de  6  fr., 
jusqu*â  la  charrue-bascule  à  8  socs,  devant 
élre  actionnée  par  treuil  à  manège  ou  à  va- 
peur, et  cotée  2.325  fr.  Ci  tons  les  principaux 
chapitres  de  la  nomenclature  du  catalogue 
aiïérente  aux  instruments  de  M.  Bajac  : 
charrues  défonceuses  polysocs,  brabants 
sioiples  et  doubles,  brabants  bisocs  doubles, 
charrues  ordinaires  perfectionnées,  char- 
raes  vigneronnes,  billonneurs-  butteurs, 
fouilleuses  en  acier,  déchaumeuses  simples 
et  doubles,  scarificateurs-extirpateurs,  her- 
ses articulées  à  dents  d'acier,  herses 
écroutteuses-émotteuses,  houes  à  cheval, 
arracheusesde  betteraves,  attelages  de  che- 
vaux et  de  bœufs,  outillage  d^horticulture 
et  moulins  agricoles. 

En  ce  qui  concerne  les  instruments  de  la- 
bour de  la  maison  Bajac,  rappelons  qu'ils 
constituent  des  outils  véritablement  perfec- 
tionnés, qui  sont  hautement  appréciés  par 
tous  les  agriculteurs  soucieux  de  progrès. 
Nous  remarquons  cette  année,  à  côté  de 
la  charrue  brabant  double  classique,  cons- 
tituée par  deux  corps  de  charrue  superpo- 
sées et  travaillant  alternativement,  un  ins- 
trument de  même  famiIle,maisconçu  sur  un 
plan  tout  différent  :  c'est  le  brabant^ba- 
lance  avec  versoirs  à  claire-voies  pour  la- 
bours à  betteraves. 

La  disposition  adoptée  par  M.  Bajac  —  et 
qui  est  d'ailleurs  la  même  que  pour  les  gros- 
ses charrues  défonceuses  à  vapeur  et  à  ma- 
D^e  qu'on  trouvedans  la  même  collection, 


—  a  pour  but  de  faciliter  la  manœuvre  à 
chaque  changement  de  raie.  Comme  il  s'a- 
git ici  de  faire  de  gros  labours  qui  exigent 
un  outil  d'une  certaine  force,  le  brabant 
double  ordinaire  devient  assez  lourd  à  roa« 
nier  ;  le  brabant-balance  supprime  radica- 
lement cette  difficulté,  puisque  les  deux 
corps  de  chaiTue  se  font  équilibre  et  qu'il 
suffit  d'une  faible  impulsion  pour  provo- 
quer le  mouvement  de  bascule  et  mettre  la 
machine  en  position  d'attaquer  un  nouveau 
guéret. 

Les  versoirs  sont  à  claire-voie  pour  per- 
mettre de  passer  facilement  en  toutes  ter* 
res,  mêmes  grasses  et  très  collantes. 

Chacun  des  corps  de  charrue  est  muni 
latéralement  d'un  appareil  fouilleur  qui 
ameublit  la  couche  profonde  au-des.sous  de 
la  l'aie  de  labour,  et  cela  sans  que  le  fouiU 
lago  soit  piétiné  par  les  animaux  ;  nous  in- 
sistons sur  cette  particularité  très  apprécia- 
ble, qui  jusqu'à  présont  a  été  négligée  bien 
à  tort  dans  les  travaux  de  sous-solage. 

Le  brabant-balance  de  M.  Bajac  exécute 
des  labours  de  0"25  à  0">35  de  profondeur, 
fouillageen  plus,  avec  une  traction  de  6,  8 
et  10  bœufs  ;  il  a  été  expérimenté  l'an  der- 
nier par  des  agriculteurs  fabricants  de  sucre, 
et  on  peut  dire  aujourd'hui  qu'il  est  entré 
complètement  dans  le  domaine  de  la  prati- 
que. 

Signalons  aussi  la  planteuse  de  pommes 
de  terre,  machine  d*une  extrême  simplicité 
qui  plante  de  la  façon  la  plus  régulière  les 
tubercules  de  toutes  formes  et  de  toutes 
grosseurs,  et  peut  en  outre  se  transformer 
en  sarcleuse,  batteuse  et  arracheuse,  des 
houes  de  tous  modèles  pour  la  betterave, 
les  céréales,  le  maïs,  la  vigne,  etc.^  etc. 

Enfin,  mentionnons  à  nouveau  Tarra* 
cheuse  mécanique  de  betteraves  système 
Bajac,  la  triomphatrice  des  concours  inter- 
nationaux de  Cambrai  1895,  Amsterdam  et 
Laon  1896,  Tervueren-Bruxelles  1897. 

Quand  arrive  la  saison  d'arrachage,  les 
agriculteurs-betteraviers  se  disputent  cette 
remarquable  machine,  parce  qu'elle  arra- 
che réellement  en  tous  terrains  et  par  tous 
les  temps,  parce  qu'elle  ne  casse  ni  ne 
froisse  la  betterave,  parce  qu*elle  ne  laisse 


103  JOURNAL  MENSUEL  DE  L 

aucune  racine  non  arrachée,  parce  qu'elle 
est  de  traction  relativement  légère  et  de 
conduite  facile,  parce  que  son  prix  la  met  à 
la  porlée  de  tous,  parce  qu'enfin  elle  ré- 
pond à  tous  les  desiderata  de  la  culture 
betteravière. 

Parmi  les  petils  inslrumenls  dont  M.  Ba- 
jac  ne  dédaigne  pas  la  fabrication,  en  dépit 
du  caractère  colossal  d'autres  constructions, 
nous  avons  trouvé,  celle  année,  comme 
nouveauté  vraiment  très  utile  et  très  inté- 
ressante des  appareils  surnommés  ressorts 
amortisseurs -compensateurs  de  traction^ 
qui, intercalés  dans  les  traits  d'atlelage,assu- 
rcnt  une  meilleure  utilisation  de  la  force 
des  animaux, et  évitent  les  inconvénients  de 
toutes  natures  qui  peuvent  résulter  de 
coups  de  collier  trop  brusques. 

En  résumé,  on  peut  dire  que,  comme  à 
Tordinaire,  Texposilion  de  M.  Bajac  est  à  la 
l'ois  Tune  des  plus  importantes  et  des  plus 
intéressâmes  de  tout  le  Concours  agricole. 

M.  Broquet,  à  Paris,  présente  une  collec- 
tion très  complète  de  pompes  à  piston,  as- 
pirantes à  balancier  ou  à  volant  ;  de  pom- 
pes aspirantes  et  foulantes  ;  de  pompes  ro- 
tatives à  palettes;  de  pompes  rotatives  h 
pignon  ;  de  pompes  à  chapelet,  ouvertes  ou 
fermées  sur  colonne  ;  de  pompes  à  piston, 
aspirantes  et  refoulantes,  commandées  par 
manège,  avec  engrenages  à  retour  rapide, 
etc. 

M.  lîroquet  a  réalisé  une  ht^ureuse  appli- 
cation de  ses  engrenages  à  retour  rapide  en 
établissant  cette  année  une  nouvelle  pompe 
dite  Pompe  borne  à  volatit,  type  spécial 
breveté  de  la  maison  Broquet. 

Celte  pompe  résout  le  problème  de  l'élé- 
vation, par  la  seule  force  de  Thomme,  des 
eaux  des  puits  des  grandes  profondeurs. 
Jusqu'à  présent,  en  effet,  les  fins  de  course 
de  chaque  coup  de  piston,  c'est-à-dire  les 
passages  de  points  morts,  offraient  un  sur- 
croît de  résistance  qui  ne  pouvait  être  vain- 
cu que  parla  force  mécanique  d'un  manège 
ou  d'un  moteur.  Or,  par  suite  de  Tapplica- 
tion  des  engrenages  à  retour  rapide  du  sys- 
tème Broquet,  engrenages  constitués  par 
deux  roues  dentées  de  forme  ovoïde  apla- 


AGADÊMIE   NATIONALE. 


101 


tie,  tournant  excentriquemcnt,  les  passager 
aux  points  morts  se  trouvent  facilement  dou- 
blés, sans  qu'une  augmentation  d'effort 
soit  nécessaire.  Il  en  résulte  qu'un  honame 
peut  maintenant  élever  l'eau  de  puits  très 
profonds  avec  une  pompe  à  un  seul  corps, 
résultat  qui  n'avait  pu  être  atteint  jusqu'à  ce 

jour. 

Cette  pompe  nouvelle  de  la  maison  Bro- 
quet est  appelée  à  rendre  de  très  grands 
services  partout  où  l'on  ne  dispose  que  de 
puits  d'une  profondeur  de  plus  de  huit  mè- 
tres. 

MM.  Brouhot  et  Cie^  à  Vierzon  (Cher), 
exposent  deuxlocomobiles  à  vapeur,  un  mo- 
teur à  pétrole  lourd,  deux  moteurs  à  essen- 
ce, dont  l'un  horizontal  et  l'autre  vertical, 
une  pompe  à  piston  et  trois  batteuses  de 
différentes  puissances.  Tous  ces  instruments 
sont  de  la  construction  solide,  soignée  et 
bien  finie,  qui  est  la  caractéristique  de  la 
maison  Brouhot. 

MM.  Cazaubon  ET  FILS,  à  Paris,  présen- 
tent trois  types  de  leur  pulvérisateur  dénom- 
mé lo  Passe-Partout^  types  montés  sur  bâu, 
pour  être  chargés  à  dos  de  cheval,  d'âne  et 
de  mulet.  Chaque  pulvérisateur  est  accom- 
pagné d'une  pompe  dechargement.il  en  est 
de  même  d'un  pulvérisateur  de  plus  petites 
dimensions,  dit  à  dos  d'homme.  Les  pulvé- 
risateurs fabriqués  par  MM.  Cazaubon  et 
fils  sont  au  nombre  di^s  instruments  recon- 
nus comme  étant  de  l'emploi  le  plus  prati- 
que et  du  meilleur  fonctionnement. 

MM.  ChampenoisRambeaux  et  Cie,  à  Cou- 
sances-aux-Forges  (Meuse),  ont  une  exposi- 
tion comprenant  125  numéros,  lesquels 
s'appliquent  à  des  objets  d'importances  très 
diverses,  depuis  de  simples  pièces  de  cons- 
truction, telles  que  des  roues  de  brouettes, 
jusqu'aux  machines  importantes  et  compli- 
quées, telles  qu'une  moissonneuse-lieuse 
Mac-Cormick  du  modèle  le  plus  nouveau. 

En  outrede  cette  lieuse Mac-Comick,  nous 
remarquons  une  moissonneuse-lieuse  àpla- 
te-forme,  type  Adriance  ;  des  moissonneu- 
ses Wood  :  des  moissonneuses  Albion,  des 


m  AGRICULTUHB. 

moissonneuses  combinées,  modèles  dénom- 
més Etoile  et  Merveilleuse  ;  des  faucheuses 
Albion,  Osborne,  Wood,  Etoile  et  Progrès; 
une  faneuse  Osborne  ;  des  râteaux  Osborne, 
Lion, el Lion- Progrès;  des haclie-paille  de 
différentes  grandeurs  ;  des  brouettes  à  sacs  ; 
des  aplatisseurs  de  grains  ;  des  brise-tour- 
teaai  ;  des  moulins  à  pommes  ;  des  fouloirs 
à  vendanges;  des  coupe-racines  ;  des  meules 
montées  pour  afTùtage  ;  des  rouleaux  d'agri- 
culture,en  tôle  d'acier  ;  des  roues  en  fer  pour 
loulessortes  de  machines  agricoleset  de  voi- 
tures ;  des  roues  mixtes  en  fer  et  bois, dites 
Impérissables,  également  pour  machines  et 
voitures  de  toutes  sortes,  et  des  poulies  en 
acier  forgé  en  deux  pièces  pour  transmis- 
sions. 

La  grande  variété  de  ces  objets  exposés 
indique  assez  quelle  est  l'imporUince  de  la 
fabrication  de  M.  Champenois- Rambeaux, 
et  avec  quelle  compétence  ses  ateliers  sont 
dirigés. 


106 

Nous  ne  décrirons  pas  à  nouveau  les  appa- 
reils de  distillation  continue  et  les  alambics 
brûleurs  du  système  Ëgrot  dont  il  a  été  tant 
de  fois  question  dans  notre  journal.  Signa- 
lons cependant  un  nouvel  appareil  de  distil- 
lation et  de  rectification  du  système  Guil- 
laume, breveté  en  France  et  à  l'étranger,  et 
qui  produit  du  premier  jet  de  Talcool  extra- 
fin  à  90^. Dans  la  fabrication  des  appareils  de 
distillation,  et  de  cuisson,eten  général  dans 
celle  de  tous  les  articles  en  chaudronnerie 
de  cuivre  rouge,  la  maison  Egrot  et  Grange 
continue  à  tenir  incontestablement  la  pre- 
mière place. 


M.  Chandora,  à  Moissy-Cramayel  (Seine- 
et-Marne),  expose  des  plans  de  travaux  de 
dessèchement,  de  drainage  et  d'irrigation, 
ainsi  que  des  produits  agricoles  d'un  domai- 
ne du  Finistère  dont  il  dirige  l'exploitation 
après  l'avoir  mis  en  bon  état  de  culture. 

M.  Dard,  à  Paris,  expose  des  machines  à 
cintrer  les  cercles  en  fer  et  les  cercles  en 
bois  pour  tonneaux  et  cuves;  une  machine  à 
refouler  les  cercles  de  roues  ;  une  machine 
à  balayer  facilement  réversible;  un  appareil 
d'arrosage  avec  chariot  pour  le  transport  des 
tuyaux  ;  une  machine  à  percer  ;  desappareils 
s  adaptant  auxpiedsdes  vignerons  pour  faci- 
liter renfoncement  des  échalas,  etuneinté- 
ressante  machine  à  couder  le  fer  dont 
K.  Dard  a  entreprisrécemment  la  fabrication 
et  dont  nous  aurons  à  reparler  ultérieure- 
ment. 

L'exposition  de  MM.  £grot  et  Grange,  à 
l*aris,  est,  comme  à  l'habitude,  l'une  des 
plus  imposantes  de  tout  le  concours,  grâce 
^  l'éclat  du  cuivre  rouge  dont  sont  formés  la 
plupart  des  appareils  exposés,  appareils  con- 
cernant la  distillation,  la  pasteurisation  ou  la 
simple  cuisson  des  aliments  du  bétail. 


M.  Gautreau,  à  Dourdau  (Seine-et-Oise), 
expose  une  forte  belle  machine  à  vapeur 
demi-fixede  la  force  de  20  chevaux,  et  plu- 
sieurs machines  batteuses  à  grand  travail  et 
double  nettoyage,  dont  l'une  renferme  un 
moteur  à  pétrole  dans  son  bâti.  Nous  cons- 
tatons aussi  que  la  maison  Gautreau,   sui- 
vant l'exemple  quia  été  donné  par  d'autres 
maisons  de    constructions  mécaniques,   a 
maintenant  abordé  la  fabrication  des  mo- 
teurs à  pétrole,  dans  laquelle  elle  est  appe- 
lée à  réussir  aussi   bien  que  dans  les  cons- 
tructions de  locomobiles  à  vapeur. 

M.  GoDEFROY,  éi  Orbec  (Calvados^  a  expo- 
sé des  beurres  extra-fins,  des  boites  de  crè- 
me fraîche,  el  des  fromages  de  Cacnembert, 
de  Pont-l'Evêque  et  de  Livarot,  qu'il  pro- 
duit à  la  gi'ande  laiteried'Orbiquet,  et  qu'il 
expédie  dans  toute  la  France  par  colis 
postaux.  Tous  ces  produits  sont  de  la  meil- 
leure qualité  jusqu'ici  obtenue. 

M.  Grillot,  à  Paris,  expose  un  rouleau 
compresseur  pour  routes,  un  rouleau  com- 
presseur pour  prairies,  un  rouleau  brise- 
mottes,  des  rouleaux  de  jardin,  un  chariot 
basculeur,  des  bancs  en  fonte  et  bois,  des 
pilons,  des  raclettes,  des  râteaux,  des  po- 
teaux indicateurs  pour  roules  et  des  pla- 
ques indicatives  en  zinc  fondu  dont  nous 
avons  déjà  fait  ressortir  les  avantages. 

M.  HiRT  (Albert),  à  Paris,  présente  des 
pompes  rotatives  à  palettes  sur  chariots  et 

6 


107 


JOOllNAL  MËINSUEL  DB   l' ACADEMIE  NATIONALE. 


1()S 


surloDneaux  pour  arrosage  et  Iransvase- 
raent  ;  des  pompes  à  piston  sur  chariot  et 
des  pompes  à  chapelet.  Tous  ces  appareils, 
construits  par  un  spécialiste  expérimenté, 
sont  de  la  meilleure  fabrication  et  du  meil- 
leur rendement. 

M.  Jacqukmin  (Georges),  à  Maizéville, 
près  Nancy,  a  exposé  des  cultures  de  levu- 
res sélectionnées  des  grands  crus  de  France. 

M.  Jacquemin  a  continué  Tœuvi'e  de 
Pasteur,  et  a  dirigé  ses  recherches  sur  l'é- 
tude des  ferments  ;  ses  travaux,  qui  ont  eu 
le  plus  grand  retentissement,  ont  été  ré- 
compensés par  le  grand  prix  agronomique 
de  la  Société  des  Agriculteurs  de  France  et 
par  12  médailles  d'or  aux  di^-erses  exposi- 
tions. Quant  à  l'action  des  levures,  nous 
pouvons  la  résumer  ainsi  : 

Les  levures  sélectionnées,  ajoutées  au 
moût,  le  font  entrer  immédiatement  en  fer- 
mentation, anéantissent  tous  germes  de  bac- 
téries nuisibles,  mycodermes.  moisissures, 
causes  des  maladies  des  vins  ;  garantissent 
une  vinification  parfaite,  même  par  les  an- 
nées les  plus  défavorables  ;  assurent  une 
très  grande  plus  value  et  augmentent  le 
degré  alcoolique  des  vins  produits. 

Aussi  remploi  des  levures  de  M.  Jacque- 
min va-t-il  en  se  généralisant  de  plus  en 
plus,  d'année  en  année,  dans  les  régions  vi- 
nicoles. 

MM.  Jannel  frères, à  Martinvelle  (Vosges), 
exposent  des  concasseurs  en  quatre  dimen- 
sions ;  des  coupe-racines  avec  ou  sans  vo- 
lant, avec  ou  sans  trémie  ;  des  faucheuses 
de  modèles  différents,  dénommés  lUni- 
verselle^  la  Reine  des  Prés  et  /  Eclair^  et 
des  moissonneuses  des  mêmes  modèles, 
constituées  par  l'addition  de  dispositifs  ad 
hoc,  et  la  moissonneuse  à  un  cheval  bien 
connue  sous  le  nom  de  la  Dériveuse.  Les 
instruments  de  MM.  Jannel  sont  caractéri- 
sés par  d'importants  perfectionnements  de 
détail  qui  marquent  une  supériorité  mar- 
quée sur  les  instruments  de  mêmes  modèles 
de  provenance  américaine  ou  anglaise. 

Cette  année,  MM.  Jannel  ont  sensible- 
ment allongé  les  doigts  de  leurs  faucheuses  * 


et  moissonneuses,  ont  déplacé  les  points 
d'attache  des  suspensions  des  barres  cou- 
pantes, et  ont  adopté  pour  leurs  roues  d  en- 
grenage une  fonte  d'acier  extra-douce  qui 
est  pratiquement  incassable.  Les  coups  de 
marteau  peuvent  déformer  les  dents  de  ces 
roues  d'engrenage,  mais  ils  ne  les  cassent 
point.  Il  est  donc  certain  que  les  instru- 
ments fabriqués  par  MM.  Jannel  frères  of- 
frent une  sécurité  d'emploi  qui  ne  se  ren- 
contre pas  au  même  degré  dans  les  machi- 
nes étrangères. 

M.  Lagache,  confiseur,  à  Paris,  participe 
au  concours  agricole  comme  exposant  de 
miels  de  diverses  provenances,  et  de  cire. 
En  réalité,  ce  ne  sont  pas  seulement  ces  ma- 
tières premières  qui  constituaient  les  mar- 
chandises du  comptoir  installé  par  M.  Laga- 
che.  Les  pastilles,  les  bonbons,  les  nougats 
et  les  sucreries  diverses,  attiraient  les  re- 
gards et  les  convoitises  des  visiteurs  bien 
plus  que  le  miel  et  la  cire. 

M.  Matile  (Ali),  éleveur  laitier  à  Montfa- 
vet  (Vaucluse),  a  présenté  dans  le  groupe 
des  animaux  reproducteurs  des  génisses  et 
vaches  laitières  des  races  tarentaise,  com- 
toise, fribourgeoise  et  de  Schwitz  et  d'Ap- 
penzell  qui  lui  ont  valu  de  nouveaux  suc- 
cès. 

M.  Maugin,  à  Paris,  expose  un  assorii- 
ment  complet  de  pots  à  laits  en  fer  battu 
étamé  de  différentes  grandeurs,  des  modè- 
les courants  usités  dans  le  commerce  ;  des 
boites  coniques  ;  des  tapettes  ;  des  bassines  ; 
des  seaux  ;  des  teriines  de  comptoir  ;  des 
carafes  à  lait,  et  des  bidons  de  diverses 
contenances. 

Quelques-uns  des  pots  et  des  bidons  sont 
munis  d'un  système  ingénieux  de  ferme- 
turc  hermétique  constitué  par  l'emploi  judi- 
cieux d'un  anneau  de  caoutchouc.  L'expo- 
sition de  M.  Maugin  comprenait  également 
des  panneaux  en  tôle  émaillée  décorée,dont 
la  fabrication  est  l'une  des  plus  intéres- 
santes spécialités  de  notre  Sociétaire.  Des 
tables  de  jardin,  constituées  de  panneaux 
semblables,   sont  d'un  aspect  riant  et  gra- 


100 


et  u'uoe  grande  facililé  d'enlrelicn 


cieux, 

eu  boo  étal  de  propreté. 

M.  Mercier,  à  Paris,  expose  des  appareils 
dénommés  cuit-légumes,  à  chauffage  par 
la  vapeur  ou  par  foyer;  des  berceaux  dé- 
montables en  fer,  toutes  sortes  d'instru- 
ments et  d'outils  de  jardinage  d'horticultu- 
re et  d'élevage  ;  des  meubles  de  jardin  ;  des 
fosses  mobiles  en  fer  galvanisé  ;  des  bacs 
[>our  arbustes;  des  coffres  à  avoine,  etc. 
Li  maison  Mercier  tient  à  peu  près  tous 
les  articles  d'économie  domestique  utiles  à 
la  campagne,  et  l'on  comprend  que  nous 
u'eo  puissions  donner  ici  une  énumération 
complète. 

M.  MoxTANDON,  à  Vernon  (Eure),  expose 
des  machines  à  battre,  des  concasseurs,  des 
hachepaille  et  des  moulins  à  pommes. 
Luoe  des  machines  à  battre  renfermait 
dans  sou  bâti  un  moteur  à  pétrole  d'un 
autre  constructeur,  constituant  ainsi  l'une 
de  ces  motobatteuses  dont  la  création,  da- 
tant au  plus  de  l'année  dernière,  a  eu  un 
si  grartd  et  si  légitime  succès. 

M.  Palpier  Léonard),  à  Paris,  préiente 
une  collection  complète  d'instruments  de  pe- 
lage, allant  de  la  balance  trébuchet  sensible 
au  centigramme  jusqu'au  pont  bascule  mon- 

I  lé  sur  cuve  en  maçonnerie  pour  peser  des 
chargements  delO,OGOkilogrammes,en  pas- 

I  ^ut  par  toute  la  variété  des  balances  de 
comptoir,  des  romaines  et  des  bascules  de 
diverses  forces,  pour  différents  usages. 

I     L'exposition  de   M.   Paupier   comprend 

I  aussi  les  séries  de  mesures  en  bois,  de  me- 
sures eu  étain  et  de  mesures  en  fer-blanc, 
employées  dans  le  commerce  de  détail  ;  des 
crics  de  différentes  forces  ;  des  brouettes  en 
Iwiset  en  fer,  de  formes  variées  pour  di- 
vers usages  ;  des  diables  ;  des  tricycles  por- 
teurs, et  tout  le  matériel  de  chemins  de 
fer  portatifs,  wagonnets  et  voies,  dont  no- 
tre Société  construit  un  système  robuste, 
Simple  et  économique. 

I  Comme  ensemble,  l'exposition  de  M. 
Paupier  est  au  nombre  des  plus  importan- 
tes et  des  plus  intéressantes  de  tout  le  con- 
cours. 


ACniCCLTUnE. 

MM 


110 


Perin  frèrls,  à  Gharleville,  mon- 
trent des  spécimens  de  leurs  éléments 
de  clôtures  métalliques  pour  enclos  agrico- 
les, à  base  de  béton.  Ils  ont  édifié,  de  plus, 
un  mur  de  leur  système  dit  économique, 
formé  de  carreaux  en  béton  intercalés  entre 
des  montants  en  fers  à  poutrelles  placés  de 
distance  endistance. 

Ces  spécialités  de  MM.  Péri n  frères,  bien 
que  n'offrant  plus  l'attrait  delà  nouveauté 
pour  les  visiteurs  attitrés  des  concours  agri- 
coles, n'en  sont  pas  moins  du  plus  grand 
intérêt  pour  tous  les  .  agriculteurs  qui  veu- 
lent introduire  le  progrès  dans  laménage- 
ment  de  leurs  exploitations. 

M.  Philippe,  à  Houdan    (Seine-et-Oise),  a 
non  seulement  présenté  des  lots  remarqua- 
bles d'oiseaux  de  basse-cour  qui  lui  ont  va- 
lu de  nombreuses  récompenses,  mais  a  en- 
core installé   une  exposition  complète  de 
tous  les  appareils  et  ustensiles  d  aviculture 
qu'il  construit  et  qui  sont  en  usage  dans  son 
établissement  d'élevage.  Les  couveuses,  les 
éleveuses,  les  couveuses-éleveusos,  les  ga- 
veuses,  les  poulaillers,  les  pigeonniers,,  les 
augettes,  les  abreuvoirs,  etc.,  de  la  fabri- 
cation de  M.  Philippesont  trop  connus  pour 
qu'il  soit  utile  de  les  décrire  à  nouveau  dans 
notre  journal.  Signalons  toutefois  spéciale^ 
ment  l'ingénieuse  mangeoire  à  bascule,  qui 
met  le  grain  destiné  aux  volailles  domesti- 
ques à  l'abri  des  consommations    illicites 
des  oiseaux  sauvages.    On  sait  que  cette 
mangeoire  est  munie  d'un  couvercle  s'ou-» 
vrant  automatiquement  quand  une  poule 
prend  place  sur  une  plate-forme   faisant 
partie  de  l'appareil,  et  se  refermant  quand 
la  poule  a  quitté  la  plate-forme.   Cet  inté- 
ressant appareil  assure  d'importantes  éco- 
nomies de  grains. 

M.  RoussET,  à  Saint-Victor-sur- Loire 
(Loire),  expose  des  tonnelles,  des  treillages, 
des  gradins  porte-fleurs,  des  entourages 
darbres,  des  volières  démontables,  des  pan- 
neaux pour  clôtures,  des  portillons,  des  pa- 
quets et  deséchalas,  en  feuillards  d*acier 
tordus  en  hélice  ou  conservés  plats.  Cette 
matière  première,   à  la  fois  si  simple  et  si 


111 


JOURNAL  MICNSUeL  DK  L  ACADKBIK  NATIONALE. 


112 


résistante  :  le  feuillard  d  acier,  est  très  heu- 
reusement utilisé  sous  des  formes  diverses 
par  M.  Rousset. 

M.  Seguin,  au  Petit-Gennevillers  (Seine), 
avait  installé  un  puissant  moteur  Gnome  de 
15  chevaux  dont  le  fonctionnement  régulier 
était  très  remarqué  par  les  visiteurs  du  con- 
cours. 

Rappelons  que  les  moteurs  Gnome^  qui 
ont  été  décrits  en  détail  dans  notre  journal, 
consomment  du  pétrole  lourd  et  qu'ils  sont 
au  nombre  des  moteurs  à  pétrole  les  mieux 
combinés  pour  rendre  les  services  pratiques 
qu*on  en  peut  attendre. 

MM.  Simon  frères,  à  Cherbourg,  ont  ins* 
tallé  comme  à  l'habitude  une  brillante  ex- 
position de  machines  et  instruments  : 
broyeurs,  pressoirs,  fouloirs,  pressait  conti- 
nues, barattes,  concasseurs,  etc.,  formant 
uiî  ensemble  des  plus  remarquables  et  qui 
prouvent  que  non  seulement  Ion  s'attache 
à  faire  bon  dans  leurs  établissements,  mais 
aussi  que  chaqueannée  estune  marche  vers 
le  progrès. 

Leur  nouvelle  presse  continue  pour  vins 
et  cidres  a  donné  d'excellents  résultats  dans 
le  Midi  et  en  Normandie  où  elle  a  fonctionné 
pour  la  première  fois. 

Leurs  nouvelles  barattes,  type  1897,  ont 
obtenu  le  1"  prix,  médaille  d'or,  au  Con- 
cours ofticiel  de  Rennes  de  juillet  dernier 
et  obtenu  un  égal  succès  dans  beaucoup 
d'autres  concours. 

Leurs  pressoirs  à  cidre  et  à  vin  avec  toi- 
les ont  obtenu  au  concours  spécial  de  Nan- 
tes, octobre  1867,  après  dix  jours  d'expé- 
riences sous  la  direction  de  M.  Ringelmann, 
directeur  de  la  station  d'essais,  le  1"  prix, 
médaille  d'or,  à  l'unanimité  du  Jury. 

k  Bruxelles,  MM.  Simon  Frères  ont  obtenu 
un  diplôme  d'honneur. 

Nous  prédisons  aux  nouveaux  iouloirs  de 
la  maison  Simon  Frères  du  type  1898,expo- 
sés  pour  la  première  fois  au  concours  de 
Paris  un  succès  au  moins  égal  à  celui  obte- 
nu par  leurs  remarquables  broyeurs  de  fruits 
dont  ils  sont  les  dérivés. 

Bien  intéressants  leurs  malaxeurs  pour  le 


beurre,  dont  ils  présentent  quelques  nou- 
veaux types  pour  cette  année  dans  les  petii$ 
appareils. 

Comme  toujours,  les  Établissements  Si- 
mon Frères  figurent  au  nombre  des  mai- 
sons qui  ont  cette  année  encore  apporté 
quelques  nouveautés  au  concours  agricole 
de  Paris. 

La  Société  Nordenfelt,  à  Paris,  a  pré- 
senté à  nouveau  le  radiateur  Salénius,  ap- 
pareil qui  extrait  directement  le  beurre  du 
lait  pasteurisé,  et  qui,  remplaçant  à  la  fois 
récrémeuse,  le  réfrigérant  de  la  crème  et  la 
baratte,  est  d'une  application  tout  indiquée 
dans  les  grandes  exploitations  agricoles. 

M.  Tenting,  à  Paris,  exposait  un  moteur 
à  pétrole  de  son  système,  mettant  en  mou- 
vement des  machines  à  rincer  les  bouteil- 
les, et  une  forte  voiture  automobile,  desti- 
née à  un  service  de  livraison  de  marchandi- 
ses. 

On  sait  que  les  systèmes  de  moteurs  et 
d'automobiles  de  M.  Tenting  se  recom- 
mandent par  une  grande  simplicité  de  mé- 
canisme, qui  assure  la  régularité  de  leur 
fonctionnement. 

Rappelons  que  la  régulation  du  moteur 
Tenting  e^t  assurée  par  l'intervention  d'une 
cale  empêchant  la  soupape  d'échappement 
des  g3z  brûlés  de  se  refermer.  Ce  dispositif 
est  bien  préférable,  au  point  de  vue  écono- 
mique, aux  dispositifs  les  plus  communé- 
ment employés  dans  les  autres  moteurs  à 
explosions,  et  qui  ont  pourobjet  d'empêcher 
l'ouverture  de  la  soupape  d'échappement. 

M  .  Texier  jeune,  à  Vitré  (lile-et-Vilaine) 
expose  une  belle  collection  de  broyeurs  de 
pommes,  de  toutes  puissances,  du  système 
dit  à  cylindres  divisés  qui  a  été  créé  et  est 
construituniquement  par  notre  Sociétaire  et 
qui  donne  toujours  les  meilleurs  résultats. 
Ces  broyeurs  sont  d'ailleurs  accompagnés, 
cette  année  comme  les  précédentes, de  mou- 
lins agricoles,  de  pressoirs,  de  fouloirs  à 
vendanges,  de  trieurs  de  grains,  de  hache- 
paille,  de  manèges  à  chevaux,  etc. 

Nous  remarquons  particulièrement  une 


113 


faucheuse  à  2  chevaux,  d'un  système  spé- 
cial créé  par  M.  Texier,  qui  semble  réali- 
ser à  la  ibis  le  maximum  de  simplicitéet 
d'effet  utile. 

N'oublions  pas  de  signaler  une  belle  col- 
lection de  vis  de  pressoir,  parfaitement 
exécutées,  que  M.  Texier  peut  livrer,  grâce 
ù  remploi  d'un  outillage  spécial,  au  prix 
surprenant  de  bon  marché,  de  30  fr.  les 
100  kilogr. 

M.  ViGouROux  FILS,  à  Nîmcs  (Gard),  a 
exposé  une  belle  série  de  pulvérisateurs  à 
grand  travail,  soit  à  traction,  soit  à  bât,  dis- 
posés intelligemment  suivant  la  nature  des 
cultures  à  traiter,  qu'il  s'agisse  de  vignes 
hautes,  de  vignes  basses,  de  céréales,  de 
betteraves  ou  de  pommes  de  terre . 

La  grande  expérience  acquise  par  M.  Vi- 
goureux dans  la  construction  des  pulvéri- 
sateurs est  la  conséquence  naturelle  de  la 
vogue  et  de  la  fréquence  des  occasions  d'em- 
ploi de  ces  appareils  dans  la  région  viticole 
au  centre  de  laquelle  se  trouvent  les  ate- 
liers de  notre  Sociétaire.  Aussi  doit-on  con- 
sidérer les  appareils  de  M.  Vigoureux  com- 
me réunissant  la  plus  grande  somme  de 
progrès  et  de  perfectionnements  possibles. 

Notre  compte-rendu  du  Concours  agrico- 
le de  Paris  s'arrête  ici,  quoique  peut-être 
aousayonsorais  d'examiner  les  participa- 
tions de  quelques-uns  de  nos  Sociétaires. 
Noos  nous  en  excusons  auprès  d'eux,  en 
invoquant  cette  circonstance  atténuante  que 
vraiment  la  durée  du  concours  se  trouve 
être  trop  limitée  par  rapporta  l'importance 
qu'il  aacquise,aussi  bien  au  point  de  vuede 
l'étendue  et  de  la  complexité  desinstalla- 
tioDs  d'exposants  qu'à  celui  de  Talfluence 
sans  cesse  grandissante  du  public  des  visi- 
teurs. Non  seulement  on  ne  peut  disposer 
d'assez  de  journées  pour  tout  examiner  en 
déiail,mais  encore  tout  travail  méthodique 
de  recherche  et  de  visite  se  trouve-t-il  gran- 
dement entravé,  sinon  même  rendu  tout  à 
fait  impossible,  par  la  trop  grande  quantité 
de  foule  qui  remplit  les  galeries  et  obstrue 
soDTent  tous  les  passages.  Il  y  a  là,  certes, 
1  affirmation  d'un  succès  triomphal  pour  le 


AGRICULTURE.  114 

concours  agricole  de  Paris,  mais  la  tâche 
des  observateurs  consciencieux  s'en  trouve 
rendue  singulièrement  plus  ardue  et  plus 
difficile. 


PRÉSUMES  ET     COLORANTS     POUR 
BEURRES, 

(procédés  RiCH.  Eilersen  et  Cie), 

de  M.  Charles  Jeanneau, 

à  Janzé  (Ille-et- Vilaine). 

Dans  notre  numéro  du  mois  d'août  1897, 
à  la  page  375  et  suivantes,  nous  avons  déjà 
eu  l'occasion  de  donner  un  compte-rendu 
détaillé  des  produits  spéciaux  pour  beurre*- 
ries  et  fromageries  que  nous  avait  adressés 
notre  collègue,  et  dont  nous  avons  été  à 
même  d'apprécier  de  nos  propres  yeux,  par 
nous-mêmes,  toute  l'importance  à  l'exposi- 
tion régionale  de  Rennes. 

Dernièrement  M.  Charles  Jeanneau  vient 
de  nous  adresser  deux  échantillons  de  ses 
produits  si  intéressants  ;  nous  nous  sommes 
empressés  de  nous  en  servir  et  de  les  expé- 
rimenter, et  sans  vouloir  revenir  sur  tout  ce 
que  nous  avons  dit  ici  d'une  manière  géné- 
rale et  ce  à  quoi  nous  n'avons  d'ailleurs  rien 
à  retrancher,  qu'il  nous  soit  au  moins  per- 
mis de  dire  encore  aujourd'hui  quelques 
mots  des  deux  produits  que  nous  avons  là^ 
sous  les  yeux,   et   de  Tefficacilô  desquels 
nous  avons  tenu  à  nous  rendre  compte  par 
nous-mêmes. 

Nos  lecteurs  se  souviennent  sans  doute 
qu'il  s'agit  toujours  là,  sous  le  nom  géné- 
rique de  présures  et  colorants  danois,  de 
ferments  lactiques,  pour  l'amélioration  des 
beurres  (acidification  normale  de  la  crème]. 
Voici  d'abord  une  petite  bouteille  de  pré- 
sure, première  qualité,  désignée  sous  le  nom 
de  V Armoricaine  ;  ce  liquide  est  transpa- 
rent et  incolore  et  il  suffit  d'en  employer  un 
litre  pour  coaguler  3,000  litres  de  lait.Cette 
présure  s'emploie  après  le  colorant,  lorsque 
Ton  se  sert  de  ce  dernier  ;  seulement,  il 
convient  d'éviter  strictement  tout  rappro- 
chement au  contact  de  la  présure  avec  le 
colorant,  ce  qui  est  d'ailleurs  très  simple  à 
observer. 


115 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L*ACADÉIIIE  NATIONALP. 


IIG 


D'une  manière  générale  et  pour  ne  citer 
que  des  points  de  repère  iroporUnts,  mais 
ftulTisaDts  pour  éclairer  le  lecteur,  le  temps 
de  prise  varie  comme  suit  :  pour  î(K)  litres 
de  lait  : 

pour  coagulation  en 


A  U  température  de 


3  lieore»       i  h.  i/a      i  heure. 


35r 
?8- 


grain. 
10 
14 
18 


grain. 
15 
21 


gram. 
20 
2S 
34 


A  ia  tcmpc'ruturc  de 


Pour  coagolation  en 
45minul.   33  minut.    3o  niinui. 


35- 
.if 
2S*. 


gram. 
Ml/2 

45 


gram. 
35 
45 
dO 


gram. 
40 
54 

es 


C'est  ainsi  que  dans  la  pratique  on  peut 
dire  qu'une  cuillerée  à  soupe  représente  15 
grammes  et  une  cuillerée  à  café  5  gram- 
.  lues. 

La  présure,  pour  conserver  tontes  ses  pro- 
priétés et  toute  son  efticacité,  doit  être  mise 
en  bouteilles  bien  bouchées  et  tenues  cou- 
chées dansunendroit  obscur  et  froid,comme 
une  bonne  cave  ordinaire,  par  exemple.  Par 
contre  et  tout  naturellement,  il  faut  surtout 
éviter  Texposition  au  soleil. 

L'autre  extrait  concentré  de  présure  con- 
nue sous  le  nom  et  sous  la  marque  La  Da- 
noise peut  avec  un  litre  coaguler  \2AtQ0 
litres  de  lait. 

Les  recommandations  générales  que  nous 
venons  de  formuler  tout  à  l'heure  à  propos 
de  l'Armoricaine  s*appliquent  également  à 
la  Danoise  et  par  conséquent  il  est  inutile 
d'y  revenir. 

Ceci  dit,  nous  n'avons  plus  qu'à  donner 
ici  le  tableau  afférent  à  son  temps  de  prise 
qui  varie  comme  suit,  pour  100  litres  de 
lait  : 

Pour  coagulation  en 
a  lituret     i  h.  i/a    i  heure 


A  U  tcmpéiuture  de 


35-. 


A  la  tempcrature  de  : 


gram. 
212 
3  12 
4i;2 


gram. 

3  1, 2 

4  12 
6 


gram. 
5 

B12 


Pour  coagulation  en 
45  minut.    33  minut.  3o  minut. 


H.V. 
30-, 
28'. 


gram. 
0  1,2 

111;2 


gram. 

tf  I  2 
11  1,2 
15 


gram. 
10 

13  1/2 
17 


Gomme  nous  ravonsdéjàdit,les  prescrip- 
tions générales  pour  remploi  et  la  conser- 
vation de  la  Danoise  sont  les  mêmes  que 
celles  énoncées  plus  haut  à  propos  de  YAr- 
moricaine. 

Nous  avons  tenu  à  exécuter  par  nous- 
mêmes  partiellement  quelques-unes  des 
opérations  que  nous  venons  d'indiquer  el 
nousavonseu  leplaisirde  constater  qu'elles 
réussissaient  pleinement  et  donnaient  tous 
les  résultats  promis.  Aussi  nous  ne  saurions 
trop  insistersur  Tutilitéde  cesprodnitsdans 
la  grandeindustriede  la  laiterie,  lorsqueVon 
fait  les  fromages  et  les  beurres  surunevasie 
échelle,  aussi  bien  que  dans  les  pays  neufs 
oii  ces  présures  deviennent  les  plus  précieui 
des  adjuvants  préparatoires. 


COURROIE  DE  SÛRETÉ  IH>UR  M  ACHINES 
A   BATTRE 

Les  ouvriers  chargés  de  présenter  les 
tiges  de  céréales  aux  machines  à  battre 
sont  souvent  blessés  aux  mains  et  fâcheuse- 
ment estropiés.  Pour  éviter  ces  accidents, 
voici  un  procédé  bien  simple,  dit  Y  Agri- 
culture moderne  : 

Une  lanière  légère  en  bon  cuir  souple  est 
fixée  par  un  bout  à  une  sorte  de  bracelet 
également  en  cuir,  destiné  à  emprisonner 
le  poignet  droit  ou  gauche,  selon  le  cas,  de 
l'ouvrier  engreneur. 

L'autre  extrémité  est  cousue  à  un  piton 
que  Ton  visse  sous  la  table  d'alimentation 
à  une  distance  calculée  de  telle  façon  que 
la  main  ne  puisse  s'approcher  à  plus  de  10 
centimètres  du  batteur. 

Le  bras  prisonnier  n*est  pas  gêné  dans 
ses  mouvements  utiles,  il  est  seulement 
arrêté  à  distance  convenable  du  batteur  ; 
il  n'en  résulte  aucune  gêne  dans  le  ira* 
vail. 

Muni  de  cette  courroie  de  sûreté,  un  ou- 
vrier i.iexpéri  mente  pourra  être  placé  à  ce 
poste  dangereux  ;  il  n'y  aura  aucun  accident 
à  redouter,  à  la  condition,  bien  entendu,  de 
ne  jamais  engrener  sans  être  porteur  du 
bracelet  de  garantie,  que  tout  agriculteur, 
tout  mécanicien  devrait  exiger. 


117 


EXPUSITIONS 


Comme  on  le  voit,  ce  moyen  n'est  ni  com- 
pliqué, ni  coûteux. 


LES  CULTURES  DÉROBÉES  D'AUTOMNE 

Depuis  quelques  années,  nous  avons  si- 
grtalé  les  efforts  poursuivis  par  M.  Dehé- 
rain  en  vue  de  propager  les  cultures  déro- 
bées d'automne,  dans  le  double  but  d'enri- 
chir le  sol  par  renfouisseraent  des  légumi- 
aeuses,  principalementdesvesces,  cultivées 
liosi,  et  d'empêcher  Tentrainement  des  ni- 
trates par  les  eaux  de  drainage.  Dans  un 
nouveau  mémoire  publié  par  les  Annales 
agronomiques^  M.Dehérain  constate  les  ré- 
sultats particulièrement  remarquables  qu'il 
a  obtenus  dans  les  cultures  dérobées  d'au- 
tomne en  1897  ;  en  voici  les  conclusions  : 

«  1*  Pendant  l'automne  humide  de  1897, 
les  cultures  dérobées  ont  fourni  des  récoltes 
abondantes,  atteignant  4,5  et  même  6  ton- 
nes de  matière  sèche  à  l'hectare  ; 

a  2*  Les  récoltes  les  plus  fortes  ont  été 
obtenues  sur  des  terres  qui  avaient  reçu,  à 
l'automne  de  1896,  une  légère  fumure  de 
superphosphates,  et  qui  avaient  porté  déjà 
une  culture  de  vesce  en  1893  ; 

«3*  Les  parcelles  qui,  sans  avoir  porté  de 
la  vesce  en  1893,  avaient  été  emblavées  en 


KT  CONCOLIIS.  118 

trèfle  en  1894,  ont  donné  des  récoltes  bien 
supérieures  à  celles  des  parcelles  qui  étaient 
restées  sans  légumineuses  depuis  plusieurs 
années  ; 

ce  4**  La  quantité  d'azote  contenue  dans  les 
récoltes  des  bonnes  parcelles  atteint  celle 
que  renfermeraient  13  tonnes  de  foin  de 
prairie  ou  36  tonnes  defumier  de  ferme  ; 

a  5°  Sans  doute  le  succès  des  cultures  dé- 
robées n*est  pas  assuré,  mais  il  faut  rappe- 
ler cependant  quependantlesseptdcrnières 
années  elles  n'ont  complètementavorté  que 
sous  rinfluence  de  Texcessive.sécheresse  de 
l'automne  de  1895.  On  peut  donc  semer  sur 
les  chaumes  avec  de  grandes  chances  de 
réussite.  Remarquons  enfin  que  si  les  culti- 
vateurs avaient  à  leur  disposition  de5  eaux 
d'irrigation,  ils  seraient  certains  d'obtenir, 
chaque  année,  des  cultures  dérobées  aussi 
abondantes  que  celles  de  1897, et,  par  suite, 
ils  doubleraient  pour  le  moins  leurs  res- 
sources fourragères,  ou  augmenteraient  dans 
une  large  mesure  les  matières  fertilisantes 
à  enfouir. 

11  ressort  de  ces  conclusions  que  la  série 
des  sept  années  d'expériences  poursuivies  à 
Grignon  a  confirmé,  d'une  manière  complète, 
les  déductions  de  M.  Dehérain.  D'autres  ex- 
périences, notamment  celles  faites  par  M. 
Berthault  à  Grignon  et  dans  le  Berry,  ont 
donné  les  mêmes  résultats. 


DISTINCTIONS    HONORIFIQUES 
AOCORDÉES  AUX  IMEIMBRES  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE 


Par  décret  en  date  du  5  janvier  1898,  M.  Joseph  Nègre,  confiseur-distillateur,  à 
Grasse  (Alpes-Maritimes),  a  été  nommé  Chevalier  du  Mérite  agricole^  en  reconnais- 
sance de  sa  création  des  fleurs  sucrées  et  des  nombreuses  récompenses  remportées 
daos  les  concours. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


L'EXPOSITION    DE1900 


Les  services  d'architecture  de  TExposition 
de  1900  ont  arrêté  définitivement  les  plans 


des  constructions  è  édifier  sur  TEsplanade 
des  Invalides  et  au  Champ-de-Hars. 

Sur  l'Esplanade,  seront  construits  deuK 
grands  Palais  symétriques  consacrés  au  «  Mo- 
bilier et  aux  Industries  diverses  ». 


119 


JOCRNAL    MRNSURL  DK  L  ACADEMIB  ISATIONALE. 


120 


Le  Ghamp«de-Mars  comprendra  deux 
rangées  de  Palais  bordant  une  allée  centra - 
e,  et  qui  seront  ainsi  dénommés: 

Sur  le  côté  gauche,  en  venant  de  la  Sei- 
ne : 

IMe  Palais  des  Mines  et  delà  Métallurgie  ; 

2«  le  Palais  des  Fils,  Tissus  et  Vêtements  ; 

3*>  le  Palais  du  Matériel  et  des  Procédés 
généraux  de  la  Mécanique. 

Sur  le  côté  droit  : 

P  le  Palais  de  l'Education,  de FEnseigne- 
roent  et  des  Instruments  et  Procé«lés  géné- 
raux des  Lettres,  Sciences  et  Ans  ; 

2*  le  Palais  du  Génie  civil  et  des  Moyens 
de  Transport  ; 

3*  le  Palais  des  Industries  chimiques. 

Puis,  occupant  toulelalargeurduChamp- 
de-Marsetface  à  Pallée  centrale  deux  groupes 
parallèlesde  trois  palais  ccmtigus,  occupant 
remplacement  actuel  de  la  Galerie  des  Ma- 
chines, laquelle  est  ainsi  condamnée  à  dis- 
paraître, etqui  seront  consacrés,  d'une  part 
à  rKleciricilé  et  d'autre  part  à  TAgricullure 
et  aux  Aliments. 

Il  est  à  souhaiter  que  cette  profusion  de 
palais  nouveaux  .«loit  assez  belle  pour  ne  pas 
faire  doublement  regretter  les  démolitions 
systématiques  des  anciens  palais  de  TExpo- 
3ition  de  1889 et  de  la  Galerie  des  Machines, 


démolitions  qui  semblent,  à  beaucoup  de 
bons  esprits,étre  à  la  fois  des  actes  de  van- 
dalisme et  des  témoignages  d'un  esprit  de 
gaspillage  véritablement  désordonné. 


EXPOSITION  A  CHATEAUROUX 

Le  conseil  municipal  de  la  ville  de  Cbà- 
teauroux,  chef-lieu  du  département  de  Tln- 
dre,  a  décidé  qu'une  exposition  nationale 
industrielle,  commerciale  et  agricole  aurait 
lieu  dans  cette  ville  du  1"  août  au  30  sep- 
tembre prochain  ;  elle  sera  installée  sur  la 
place  Lai'ayetteoù  vont  être  édiliées  dévas- 
tes galeries  en  fer. 

Pour  demandes  de  renseignements  et  de 
règlements,  s'adresser  à  la  mairie  de  Chà- 
teauroux. 


EXPOSITION  A  PERPIGNAN 

Une  Exposition  industrielle,  vinicole  et 
agricole,  sous  le  patronage  de  la  Munici- 
palité aura  lieu  dans  cette  ville,  Promenade 
des  Platanes,  du  15  mai  au  15  juin  1898. 

Pour  les  renseignements,  s'adresser  à  la 
mairie  de  Perpignan. 


INDUSTRIE 


DE    L'EMPLOI   DE   L*ALOOOL 

oommB  source  de  force  motrice. 

L'Association  des  Distillateurs  d'Allema- 
gne ayant  chargé  sa  station  d'essais  de  pro- 
céder à  des  expériences  en  vue  d'utiliser 
Talcool  à  la  production  de  la  force  motrice, 
voici  quel  a  été  le  rapport  officiel  établi  à 
la  suite  de  ces  expériences  : 

«  La  possibilité  d'employer  l'alcool  pour 
les  moteurs  est  maintenant,  grâce  à  nos 
efforts,  bien  démontrée.  Comme  Ta  prouvé 
l'essai  récent  d'un  moteur,  nous  avons  dans 
l'alcool  une  excellente  source  de  force  mo- 


trice qui  peut  avantageusement  entrer  en 
concurrence  avec  d^autres  combustibles. 

«  L'épreuve  en  question  a  eu  lieu  les  21 
et  27  mars  1897,  dans  l'usine  de  MM.  Kœr- 
ting  frères,  a  Kœrtingsdorf,  près  de  Hano- 
vre, et  a  été  prolongée  pendant  environ 
1  heure  après  le  moment  où  la  machine 
eutatteint  son  allure  de  régime.  Pour  cet 
essai  on  avait  placé  aux  endroits  voulus 
tous  les  instruments  nécessaires  à  l'évalua- 
tion exacte  du  travail,  tels  que  frein,  indi- 
cateur, vase  mesureur  d'eau  de  réfrigéra- 
tion et  divers  thermomètres. 

<c  Pendant  Tessai,  on  nota  le  nombre  de 
tours  (le  machine,  la  température  elle  vo- 


121 


LNDDSTRIK. 


122 


lume  de  Teau  de  réfrigération  du  cylindre, 
ainsi  que  les  oscillations  du  dynamomètre 
à  ressort  faisant  équilibre  à  la  charge  du 
frein  ;  mais  on  n  observa  partout  que  des 
écarts  peu  notables. 

«  L'alcool  employé  dans  cette  expérience 
avait  une  richesse  pondérable  de  03  p.  100, 
ce  qui  correspond  à  une  densité  de  0,8140 
environ  95,5  en  volume);  le  frein  était  en 
moyenne  chargé  de  77  k.  5,  le  rayon  de 
la  poulie  chargée  du  frein  était  de  0  m.  4025 
et  la  vitesse  moyenne  était  de  228  tours  par 
minute. 

«  L*essai  terminé,  en  comparant  le  tra- 
vail du  moteur  à  la  consommation  de 
l'alcool,  on  constata  qu'il  avait  fallu  brûler 
0,40  d'alcool  pour  la  production  d'un  che- 
val horaire. 

«  Comme  eau  de  réfrigération  pour  com- 
battre réchauffement  du  cylindre  pendant 
le  fonctionnement,  on  employa  21  litres  80 
par  cheval  horaire,  consommation  qu'on 
aurait  encore  pu  diminuer,  car  l'eau  s'é- 
coulant  de  la  chemise  du  cylindre  n'avait 
en  moyenne  que  58*»  C. 

L'allure  de  la  machine  était  très  tran- 
quille et  tout  à  fait  régulière. 

«  Les  détonations  anticipées  et  les  détona- 
tions tardives  qui  occasionnent  des  chocs 
violents  dans  le  cylindre  moteur  et  qui  sont 
si  pernicieuses  pour  la  durée  de  la  machi- 
ne et  la  sécurité  du  travail,  manquaient 
presque  complètement,  comme  l'indiquent 
les  diagrammes  fournis  par  l'indicateur  ; 
celatientàce  que  la  combustion  de  Tal- 
cool  est  complète. 

«  Cette  dernière  propriété  de  l'alcool  est 
de  la  plus  haute  importance  quand  on 
compare  ce  combustible  aux  autreségale- 
ment  employés  pour  les  moteurs  à  détona- 
tion. Par  suite  de  l'absence  de  carbures 
lourds  dans  l'alcool,  il  ne  se  produit  ni  en- 
crassement, ni  accumulation  de  suie  ;  il  en 
résulte  une  marche  réellement  continue,  si 
peu  que  le  conducteur  connaisse  sa  ma- 
chine. 

«  Le  moteur  en  question  avait  été  cons- 
truit par  MM.  Kœrting  frères  dans  le  but 
défaire  des  essais  et  était  du  type  des  mo- 
teurs à  pétrole  de  cette  maison  ;  on  avait 


seulement  monté  un  dispositif  particulier 
pour  la  gazéfication  de  l'alcool.  D'après  ses 
dimensions,  le  moteur  devait  fournir  6  che- 
vaux avec  le  pétrole,  tandis  que,  par  l'em- 
ploi de  l'alcool,  il  produisait  d'une  iaçon 
continue  9  chevaux  933, avec  naturellement 
une  consommation  plus  grande  de  calorique, 
prise  dans  le  sens  absolu,  que  celle  qu'il 
exigeait  pour  la  production  des 6  chevaux 
en  brûlant  du  pétrole.  Ce  fait  prouve  que 
Talcool  est  utilisé  d'une  façon  beaucoup 
plus  parfaite  que  le  pétrole. 

«Si  l'on  veut,  pour  des  raisons  quelcon- 
ques, diminuer  pendant  un  certain  temps 
la  capacité  productive  du  moteur,  on  peut 
jusqu'à  une  certaine  limite,  sans  gaspiller 
le  combustible,  diminuer  la  puissance  ca- 
lorique de  l'alcool  en  y  ajoutant  de  l'eau 
ce  qui  donne  une  utilisation  absolument 
économique  du  moteur.  » 

Complétons  ces  renseignements  en  ajou- 
tant que  l'essai  d'un  autre  moteur  avait 
précédemment  accusé  une  consommation 
de  0  1.  85  d'alcool  par  cheval  horaire,  ce 
qui  constituait  une  dépense  notablement 
supérieure  à  celle  des  moteurs  à  pétrole.  On 
voit  par  l'essai  ci-dessus  que  l'on  peut  pro- 
duire un  cheval  horaire  en  brûlant  1/2  litre 
d'alcool  ;  comme  les  moteurs  à  pétrole  brû- 
lent environ  1/2  litre  de  pétrole  par  cheval, 
on  voit  que  pour  produire  la  force  à  dé- 
pense égale,  le  prix  de  l'alcool  devrait  être 
égal  à  celui  du  pétrole. 

En  France  le  pétrole  coûte  actuellement 
0  fr.  40  le  litre  ;  comme  l'alcool  à  90*  vaut 
38,  soit  40  fr.  à  95%  il  faudrait  donc  pou- 
voir se  procurer  l'alcool  au  prix  coûtant  en 
fabrique,  ce  qui  n'est  guère  possible,  car  il 
faudrait  dans  tous  les  cas  le  dénaturer, 
et  cela  entraîne  forcément  à  des  frais.  On 
pourrait  peut-être  remplacer  l'alcool  rec- 
tifié, puis  dénaturé,  par  des  flegmes  à  95-96'' 
Gay-Lussac,  également  dénaturés,  que  l'on 
pourrait  se  procurer  au  prix  de  l'alcool  rec- 
tifié pris  en  fabrique. 

On  arriverait  ainsi  à  produire  la  force 
motrice  au  même  prix  qu'avec  le  pétrole  ; 
et  comme,  d'après  ce  qu'on  a  vu  plus  haut, 
on  peut,  avec  l'alcool,  faire  le  même  tra- 
vail avec  un  moteur  notablement  plus  petit, 


123 


JOURNAL  HENSUEL   OB 


d'oii  économie  sérieuse  dans  le  prix  d'achat, 
l'alcool  pourrait  être  avantageusement 
substitué  au  pétrole,  indépendamment  de 
l'avantage  résultant  d'un  maniement  beau« 
coup  plus  agréable. 


LES  INDUSTRIES  TEXTILES 
•n  Frano«  en  1890. 

(Extrait  du  rapport  de  M.  A.  Picard,  pré- 
sident de  la  commission  permanente  des 
valeurs  de  douanes,  sur  le  commerce  exté- 
rieur de  1890.) 

Actuellement,  les  filatures  se  divisent  en 
trois  catégories  :  filatures  travaillant  à  for- 
fait, c'est  à-dire  achetantdes  lai  nés  qu'elles 
transforment  en  flls  et  qu'elles  vendent  à 
leurs  risques  et  périls  ;  filatures  à  façon, 
recevant  des  laines  pour  le  compte  d*autrui 
et  les  transformant,  moyennant  un  prix  dé- 
battu; filatures  travaillant  pour  des  tissages 
qui  appartiennent  aux  mêmes  industriels. 
Autrefois  il  n'y  avait  guère  de  filatures  à  fa- 
çon. La  multiplication  de  ce  mode  de  tra- 
vail parait  avoir  eu  des  résultats  assez  fâ- 
cheux pour  Tindustrie  de  la  filature  :  il  s'est, 
en  effet,  crééde  nombreuses  usines  d'impor- 
tance minime  ou  moyenne,  qui  se  sont  fait 
une  concurrence  acharnée,  contribuant  ain- 
si à  Tavilissement  des  prix  de  la  façon  et  par 
conséquent  du  fil. 

La  marche  du  tissage  a  été  parallèle  à 
celle  de  la  filature.  Très  active  jusqu'à  la  fin 
de  mai,  suffisamment  occupéejusqu'en  sep- 
tembre, la  fabrication  a  rencontré  ensuite  de 
sérieuses  difficultés  ;  les  cours  des  lainages 
se  sont  dépréciés. 

Dans  l'ensemble,  les  bénéfices  industriels 
de  1896  ont  été  peu  satisfaisants. 

Un  des  faits  les  plus  caractéristiques  de 
Tannée  est  le  retour  du  goût  vers  les  étoffes 
de  laine  douce,  au  préjudice  des  étoffes  de 
laine  cheviotte,  depuis  si  longtemps  en  vo- 
gue. On  a  employé  de  préférence  les  laines 
croisées  fines,  soit  dans  la  draperie  pour 
homme,  soit  dans  les  étoîTes  pour  robe. 

Noire  industrie  lainière  exporlaut  envi- 
ron la  moitié  de  ses  produits,  une  gênesen- 


l'académie  .nationale.  124 

sible  devait  nécessairement  résulter  de    la 
diminution  des  sorties  en  1890. 

Cette  industrie  ne  reste  pas  moins  Tune 
des  branches  les  mieux  constituées  de  l'ac- 
tivité nationale.  Son  outillage  est  générale- 
ment à  la  hauteur  des  progrès  nouveaux. 
Bien  que  l'Allemagne  nous  serre  de  près, 
la  France  tient  encore  le  premier  rang. 


L'année  1893  a  été  une  année  de  décep- 
tion pour  la  fabrique  et  le  commerce  des 
soieries.  D'abord  chargée  d'ordres  et  fort 
occupée,  rindustrie  a  manqué  ensuite  de 
commissions  à  long  terme;  l'alimentation  du 
tissage  à  la  main  est  alors  devenue  difficile. 

Malgré  tout,  la  production  des  manufac- 
tures lyonnaises  a  atteint,  en  tissus  de  gen» 
res  divers,  400  millions  de  francs,  chiffre  à 
peu  près  égal  à  celui  de  1895.  Mais  les  tissus 
de  soie  pure,  qui  jouent  un  rôle  prépondé- 
rant dans  l'économie  générale  de  ces  manu- 
factures,  ont  perdu  plus  de  10  % .  Aucune 
fabrique  du  monde  n'a,  on  ne  saurait  trop 
le  répéter,  autant  de  ressources  et  de  sou- 
plesse que  la  fabrique  de  Lyon  ;  nul  ne 
possède  des  ouvriers  et  des  chefs  d'atelier 
doués  de  lam^me  aptitude,  des  dessinateurs 
aussi  habiles,  des  fabricants  plus  expéri- 
mentés, plus  persévérants  et  plus  hardis. 

A  Sainl-Étienne,  la  production  a  baissé, 
sinon  en  quantité,  du  moins  en  valeur  :  87 
millions  de  francs,  au  lieu  de  94  millions. 
Elle  se  rapproche  beaucoup  de  la  moyenne. 
Les  rubans  figurent  dans  le  total  pour  80 
millions  de  francs.  Partout,  du  reste,  les 
affaires  relatives  à  cet  article  de  fabrication 
ont  été  fort  calmes  en  189(3,  et,  si  la  Suisse 
nous  dispute  le  premier  rang  pour  Texpoi'' 
tation,  nous  restons  tout  au  moins  à  la  tète 
de  la  production  manufacturière.  Trois  faits 
caractéristiques  sont  à  signaler  en  ce  qui 
touche  Saint-Élienne  :  î"  l'augmentation  de 
l'outillage  industriel  ;  2**  l'émigration  des 
métiers  et  des  ouvriers  vers  la  campagne  : 
30  l'utilisation  de  l'énergie  électrique  com- 
me force  motrice  des  métiers.  Il  convient 
encore  de  mentionner  les  résistances  oppo- 
sées par  Sainl-Éiionne  aux  tendances  qui  se 
sont  manifestées  à  Baie  et  aux  États-Unis  en 


i2:j 


INOISTBIE. 


126 


faveur  de  la  création  de  grandes  usines  ;  la 
place  y  a  perdu  une  assez  forte  production 
de  rubans  unis  de  soie  pure,  mais  elle  a  gar- 
dé, en  revanche,  sa  souplesse  d'organisation 
et  son  originalité. 

La  production  de  la  Picardie  peut  étrees- 
timée  à  18  millions  de  francs  en  1806,  au 
lieu  de  31  millions  en  1895.  Cette  réduction 
est  due  à  la  disparition  des  articles  dits  cré- 
pons et  tricotines,  dont  la  vogue  était  naguè- 
re si  grande.  D'ailleurs,  le  chiffre  du  18  rail- 
lions se  rapproche  beaucoup  plus  de  la 
moyenne  que  celui  de  31  millions. 

Dans  l'ensemble,  la  production  française 
des  tissus  de  soie  pure  ou  mélangée  a  at- 
leinl,  en  1896,  607  millions  de  francs.  Celle 
des  saules  étoffes,  déduction  faite  des  ru- 
bans, des  tulles,  des  dentelles,  de  la  bonne- 
terie et  de  la  passementerie,  représente  465 
millions. 

En  Angleterre  et  dans  les  colonies  britan- 
niques, les  affaires  ont  été  très  actives  pen- 
dant Tannée  1896.  La  France  occupe  tou- 
jours la  première  place  sur  le  marché  an- 
glais, de  même  que  sur  le  marché  du  mon- 
de entier. 

Aux  États-Unis,  la  campagne  a  été  mau- 
vaiie  pour  Tindustrie  et  pour  le  commerce 
des  soieries. 

La  Suisse  a  souffert  comme  Lyon,  durant 
le  second  semestre.  Sa  production  n'a  ce- 
pendant pas  été  inférieure  à  celle  de  1805. 

En  Allemagne,  les  conditions  générale- 
ment défavorables  au  commerce  et  la  dimi- 
nution dans  la  vente  des  velours,  qui  for- 
ment une  partie  très  importante  de  la  fabri- 
cation allemande,  ont  exercé  une  influence 
fâcheuse  sur  les  transactions. 

La  fabrique  italienne  prend,  chaque  an- 
née, une  extension  nouvelle.  L'exportation 
augmente,  alors  que  rimporlation  demeure 
stationnaire. 

En  Russie,  la  production  des  tissus  de  soie 
continue  à  se  développer. 

En  ce  qui  concernerindustrie  cotonniôre, 
sans  être  aussi  favorable  qu'en  1895,  la  si  - 
luation  de  la  filature  française  en  180C  a 
été  néanmoins  très  satisfaisante. 

Le  développement,  peut-ùlre  un  peu  trop 
rapide,  de   notre   tissage  s'est  ralenti.   Au 


cours  de  1896,  le  nombre  des  métiers  nou- 
veaux n'a  pas  dépassé  2,000,  dont  la  moitié 
pour  la  région  de  Roanne. 

Bonne  pendant  le  premier  semestre  la 
situation  de  rindustric  et  du  commerce  des 
tissus  de  coton  était  moins  satisfaisante  pen- 
dant le  second  semestre,  et  tendait  à  de- 
venir mauvaise  vers  la  fin  de  Tannée.  La 
concurrence  des  tissages  a  pesé  sur  les  prix. 
Cependant  les  bénéfices  de  la  campagne  doi- 
vent être  consitlérés  comme  assez  rémuné- 
rateurs. 

J'ai  dit  précédemment  que  les  statistiques 
douanières  assignaient  à  notre  exportation 
de  tissus  une  importance  chiffrée  par  25  mil- 
lions de  kilogrammes.  En  tenant  compte  des 
étoffes  employées  dans  la  confection  d'arti* 
clés  divers  et  sortis,  par  suite,  sous  une  au- 
tre forme,  on  arrive  à  27  millions  de  kilo- 
grammes. 

Le  mouvement  vers  l'Algérie  et  l'Indo- 
Chine  mérite  d  être  particulièrement  remar- 
qué. C'est  sur  ces  colonies  que  nous  de- 
vons surtout  compter  pour  un  avenir  im- 
médiat. Il  y  a  là  des  perspectives  rassuran- 
tes pour  le  sort  de  notre  tissage,  si  l'on  a  la 
sagesse  de  ne  pas  accroître  outre  mesure 
son  matériel. 

Une  mention  spéciale  est  due  à  l'industrie 
nationale  de  l'impression.  Ceite  industrie  a 
fait  de  réels  progrès  ;  la  production  des 
étoffes  imprimées  en  France  atteint  mainte- 
nant 18  millions  de  kilogrammes  et  80  mil- 
lions de  francs. 

Dans  toutes  les  branches  de  l'industrie 
cotonnière,  l'Angleterre  occupe  la  première 
place.  Son  exportation  coloniale  est  de  1 
milliard  280  millions  de  francs.  Malgré  le 
développement  de  la  filature  et  du  tissage 
aux  Indes  et  au  Japon,  elle  y  trouvera  long- 
temps encore  de  larges  débouchés. 

£u  1890,  l'Allemagne  a  gardé  pour  sa 
consommation  près  de  250  millions  de  kilo- 
grammes de  coton.  L'élévation  de  ce  chiffre 
s'explique  par  l'accroissement  de  la  popula- 
tion allemande.  Nos  voisins  exportent  moins 
que  nous.  Par  l'excellent  outillage  et  Tintel- 
ligenie conduite  delà  teinture  et  des  ap- 
prêts, ils  ont  su  conquérir  une  place  envia- 
ble sur  les  marcliéi  de  libre  concurrence. 


127 


JOURNAL   MRNSURL   DB  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


128 


L*indu8lrie  ilalienne  a  pris  un  essor  re- 
marquable. Elle  contribue  puissamment  à 
alimenter  certaines  régions  de  l'Amérique  en 
flanelles  de  coton  et  draps  pour  vêlements 
d'homnie. 

Pour  les  pièces  do  lingerie  et  vêtements 
confectionnés^  nos  principaux  clients  ont 
é'é  :  pour  la  lingerie,  l'Angleterre,  l'Algérie, 
le  Brésil,  les  Etats-Unis,  la  République  Ar- 
gentine ;  pour  les  confections  destinées  aux 
hommes,  l'Algérie,  le  Chili,  la  Tunisie,  la 
République  Argentine  ;  pour  les  confections 
destinées  aux  femmes,  l'Allemagne,  TAngle- 
glelerre,  la  Belgique,  les  Etats-Unis. 

L'exportation  de  la  lingerie  continue  à  dé- 
croîire,par  suite  de  la  concurrence  que  l'Al- 
lemagne et  TAutriche-Hongrie  nous  font, 
grâce  au  bon  marché  de  leur  main-d'œuvre. 
Il  y  a  lieu  d'ajouter  qu'en  1896  la  mode  n'a 
pas  été  favorable  aux  articles  de  lingerie 
pour  femmes. 

Nous  devons  d'autant  plus  nous  féliciter 
de  l'augmentation  dont  bénéficient  les  sor- 
ties de  vêtements  d'hommes,  que  l'Allema- 
magne  et  l'Autriche  Hongi*iesont  des  rivaux 
redoutables.  L'exportation  des  vêtements 
confectionnés  pour  femmes  estégalement  en 
progrès  ;  sa  valeur  serait  notablement  ac- 
crue, si  l'on  pouvait  connaître  et  ajouter  au 
chiffre  des  statistiques  douanières  le  prix  des 
confections  emportées  par  les  voyageurs  à 
titre  d'effets  personnels. 

A  propos  des  vêtements  confectionnés,  le 
rapport  de  !a  4*  section  appelle  l'attention 
des  intéressés  sur  la  création,  à  Paris,  de 
maisons  étrangères,  qui  ont  su  recruter  une 
clientèle  assez  .  nombreuse  et  qui  ont  une 
tendance  naturelle  à  employer  des  tissus  de 
leur  pays. 


L'INDUSTRIE    ET    LE    COMMERCE  DES 
TISSUS  EN  RUSSIE. 

(Extrait  de  l'ouvrage:  la  Russie  industrielle 
par  M.  Verstraete,  attaché  commercial 
à  l'ambassade  de  France,  à  Saint-Péters- 
bourg.) 

En  tissus,   l'industrie  russe  fait  surtout 
des  draps  unis.  Les  manufactures  de  Saint- 


Pétersbourg  et  de  Moscou,  qui  travaillent 
pour  l'armée,  produisent  en  grand  cet  arti- 
cle. Une  fabrique  de  Saint-Pétersbourg  ex- 
posait à  Nijni-Novgorod  des  draps  noirs 
unis,  genre  Sedan,  des  draps  anglais,  et 
toutes  les  variétés  qu'elle  produit  pour  uni- 
formes, ainsi  que  toute  la  série  des  couleurs 
qui  distinguent  les  classes  et  les  catégories 
de  la  hiérarchie  russe. 

Les  prix  qu'elle  indiquait  ne  laissent  guère 
d'espoir  à  l'importation  étrangère,  grevée 
par  des  droits  spécifiques  très  élevés  qui 
prennent  un  caractère  prohibitif,  dès  qu'il 
s'agit  de  tissus  d'hiver.  Peut-être  serait-il 
encore  possible  de  réaliser  quelques  affaires 
en  articles  légers  et  aussi  en  étoffes  de  haute 
qualité,  que  l'industrie  russe  ne  produit 
pas. 

Lorsque  cette  manufacture  elle-même  a 
entrepris  la  confection  de  draps  dans  les  10 
à  12  roubles  l'archine,  elle  a  échoué.  Hais 
le  champ  à  exploiter  ne  serait  pas  vaste  ; 
on  aurait  surtout  pour  clients  les  tailleurs 
à  la  mode,  obligés  de  satisfaire  aux  deman- 
des d'une  clientèle  spéciale,  et  certains 
marchands  de  draps  tenus  d'avoir  des  as- 
sortiments complets. 

La  fabrication  des  draps  communs  est 
surtout  pratiquée  dans  la  région  moscovite. 

En  lainages  nouveauté, la  Pologne  possède 
une  supériorité  incontestable  qui  s'est  net- 
tement affirmée  à  l'Exposition  du  Nijni-Nov- 
gorod. D'importantes  maisons  ont  abordé 
avec  succès  la  fantaisie  et  la  nouveauté. 
Leurs  marques  sont  connues  dans  toute  la 
Russie.  La  production  de  Moscou  com- 
prend surtout  l'article  national,  les  châles, 
les  cachemires,  les  doublures,  les  broderies 
sur  les  tissus  de  laine^  et  tout  eu  ayanten  sa 
faveur  le  plus  gros  chiffre  d'affaires,  elle 
ne  donne  pas  au  même  degré  le  cachet  «le 
la   nouveauté. 

C'est  dans  les  vitrines  des  Polonais  que 
l'on  rennarquait,  à  Nijni-Novgorod,  les  meil- 
leurs lainages,  pour  dames.  Quant  aux  ma- 
nufactures de  Saint-Pétersbourg,  elles  com- 
mencent à  peine  à  faire  la  nouveauté. 

Les  manufactures  étrangères  peuvent  en- 
core écouler  des  tissus  nouveautés.  L'im- 
portation n'en  est  sans  doute  pas  très  consi- 


12D 


INDUSTRIE. 


130 


dérable  (environ  quatre  ralliions  de  roubles 
par  an),  mais  elle  semble  plutôt  augmen- 
ter. Elle  est  favorisée  d'abord  par  la  mode, 
ensuite  par  rinsuffisance  des  fabriques  rus- 
ses, envisagée  au  double  point  de  vue  de  la 
quantité  des  métiers  et  de  la  qualité  des 
étoffes.  J'ai  déjà  eu  Toccasion  de  signaler 
le  lent  développement  du  tissage.  En  ce 
qui  concerne  la  qualité  des  étoffes,  on  peut 
dire  d'une  manière  générale  que  le  lainage 
russe,  voire  même  le  lainage  polonais,  n*est 
pas  bien  apprêté.  Ce  défaut  est  particuliè- 
rement sensible  dans  les  étoffes  nouveauté, 
qui  empruntent  surtout  leur  charme  et 
leur  valeur  à  la  fraîcheur  de  leur  aspect . 
llmanqueau  tisserand  russe  le  tour  de  main 
adroit,  la  science  délicate  d'approprier  une 
clotle  à  sa  nature  et  à  son  emploi,  au 
moyen  du  finissage.  Les  étoffes  foulées,  les 
cbeviottes,  les  articles  tissés  teints  pour  da- 
mes, sont  les  uns  et  les  autres  traités  d'une 
manière  défectueuse.  La  teinture  des  étof- 
fes en  pièces  est  à  peine  satisfaisante,  celle 
de  la  laine  en  Hottes  laisse  encore  plus  à 
désirer.  Il  n'existe  guère  qu'une  fabrique, 
à  Pouchkine,  près  Moscou,  qui  fasse  en 
Russie,  d'une  manière  à  peu  près  conve- 
nable, les  apprêts  et  la  teinture. 

Malgré  cette  exception  et  quelques  autres 
que  Ton  rencontre  en  Pologne,  la  question 
des  apprêts  n'a  pas  encore  été  sérieusement 
étudiée  par  les  industriels  russes.  Peut-être 
nos  compatriotes  pourraient-ils  s'en  occu- 
per avec  profit.  L'art  d'accroître,  par  l'ap- 
prêt et  le  finissage,  la  valeur  marchande 
d'une  étoffe  sans  en  augmenter  sensible- 
ment le  prix  de  revient,  est  de  Tessence 
même  de  leur  génie,  et  en  mettant  au  ser- 
vice de  l'industrie  russe  leur  expérience,  ils 
n'auraient  guère  à  redouter  de  réaliser  leurs 
l>énéfices  aux  dépens  des  importations  fran- 
çaises. 

Les  statistiques  douanières  montrent,  en 
effet,  que  ce  sont  surtout  les  lainages  an- 
glais et  allemands  qui  font  concurrence  aux 
lainages  russes.  Les  articles  français  sont 
négligés  ;  d'ailleurs,  ils  ne  sont  pas  offerts 
aux  époques  et  aux  conditions  d'usage.  Les 
échantillons  doivent  être  présentées  en 
avril,  pour  la  saison  d'hiver,  et  en  novembre 


pour  la  saison  d'été  ;  à  ces  dates,  les  hôtels 
moscovites  se  remplissent  de  commis  voya- 
geurs anglais  et  allemands. 

Mais  les  voyageurs  français,  eux,  ne  pas- 
sent, plus  tard,  quequand  il  n'y  a  plus  qu'à 
glaner,  et  lorsqu'ils  exhibent  à  Moscou  la 
collection  longtemps  cachée  comme  un  ob- 
jet précieux,  le  négociant  leur  montre  des 
étoffes  identiques  d'un  dessin  pareil  que 
quelque  voyageur  allemand  lui  a  vendues, 
le  mois  passé,  à  un  prix  moindre,  avec  un 
crédit  plus  long  et  un  escompte  plus  élevé. 

Un  article  russe  de  grandeconsommation, 
c'est  le  châle  ;  les  paysannes  s'en  couvrent 
la  tête:  elles  ne  portent  pas  de  bonnets.  La 
fabrication  des  châles  est  surtout  pratiquée 
dans  le  centre  moscovite,  oii  certaines  ma- 
nufactures se  sont  fait  de  cet  article  une 
spécialité. 

On  remarquait  encore,  à  l'exposition  de 
Nijni-Novgorod,  des  étoffes  en  laines  de 
chameau  très  solides  et  d'un  bon  usage. 

En  tapis,rindustrie  russe  est  très  arriérée, 
sans  doute  à  cause  de  la  concurrence  de  s 
tapis  du  Caucase,  du  Daghestan,  du  Turkes- 
tan  et  de  la  Perse,  dont  il  se  tient  chaque 
année  un  important  marché  à  la  foire  de 
Nijni-Novogorod,  et  dont  Tiflis  est  le  grand 
entrepôt.  Les  industriels  du  centre  mosco- 
vite ne  font  guère  que  la  moquette  de  di- 
mensions moyennes  et  à  grands  dessins,  de 
tons  trop  heurtés,  et  d'une  maladresse  en- 
fantine d'exécution.  A  Varsovie,  on  travaille 
mieux.  Une  maison  fait  bien  la  moquette  à 
haute  laine,  la  moquette  rase  en  velours  de 
laine  imprimé,  la  descente  de  lit  à  haute 
laine, les  portières  en  chenille  de  laine,etc., 
il  n'y  a  pas  longtemps,  les  meilleurs  fabri- 
cants russe  faisaient  venir  de  Beauvais  leurs 
chaînes  imprimées  ;  les  droits  de  douanes 
sur  les  tapis  étant  prohibitifs,  à  présent,  ils 
commencent  à  faire  eux-mêmes  leurs  chaî- 
nes. 

.  La  Russie  exporte  quelques  lainages  par 
la  frontière  d'Asie,  maison  faible  quantité  : 
37,000  pouds  en  moyenne.  Son  exportation 
comprend  surtout  des  étoffes  feutrées. 

Les  exposants  de  la  section  des  lainages 
(exposition  de  Nijni-Novgorod)  étaient  au 
nombre  de  cent  vingt,  y  compris  les  fabri- 


131  JOUUNAL   MKiNSUEL   Dft    l'aCAOÉMIL  ^Ano^ALK. 

cants  do  lapis.  A  rexposilion  de  Moscou  «  en 
1882,  on  n'en  comptait  que  quatre-vingt- 
six. 


132 

trains  éclairs  que  l'on  propose  de  mettre  eu 
circulation  sur  nos  lignes  françaises. 


MOYEN  DE  PRÉVENIR*  LE8  DÉRAILLE- 
MENTS DE8  TRAIN8  RAPIDES  DANS 
LE  PASSAGE  DES  COURBES. 

Communication  de  M.  Paloux, 
garde  d'artillerie,  chef  artificier  à  Oran. 


Je  viens  de  constater  au  cours  d'une  pe- 
tite expérience  que  les  galets  d*un  véhicule 
mis  en  mouvement  rapide  sur  une  voie  cir- 
culaire en  métal,  déraillaient  fort  souvent, 
par  suite  d'une  trop  grande  adhérence  du 
boudin  des  galets  extérieurs,  sur  les  rails 
conducteurs  installés,  adhérence  qui,  en 
dehors  de  la  force  centriTuge,  laquelle  est  la 
première  cause,  est  due  à  un  grippement 
des  métaux  rais  en  contact  entre  eux. 

Un  moyen  connu  en  cent  autres  cas,  mais 
nullement  utilisé  jusqu'ici  en  cette  circons- 
tance (à  ma  connaissance  du  moins]  a  surfi 
pour  empêcher  ce  fait  de  se  répéter  ;  ce 
moyen  n'a  été  qu'une  simple  lubrification 
du  boudin  des  galets  ou  celle  du  rail  exté- 
rieur. 

Vu  le  résultat  obtenu,  j'ose  proposer  l'ap- 
plication de  ce  procédé  simple  sur  les  voies 
ferrées  avec  l'emploi  des  trains  rapides. 

A  cet  effet,  le  boudin  ou  bourrelet  do  la 
roue  guide  de  la  machine  placé  du  côté  du 
rail  extérieur  de  la  courbe,  ou  simplement 
celui-ci,  serait  graissé  latéralement  et  auto- 
matiquement au  temps  du  passage  du  train, 
ce  qui  faciliterait  du  même  coup  le  glisse- 
ment de  toutes  les  roues.  Après  quoi  un  or- 
gane ad  hoc^  placé  à  la  dernière  voiture,  es- 
suierait le  dit  rail  une  fois  le  train  passé,  afin 
de  ne  pas  diminuer  le  mordant  qui  devient 
nécessaire  aux  trains  de  marchandises,  sur- 
tout aux  rampes. 

De  même,  afin  de  ne  pas  nuire  à  l'adhé- 
rence des  roues  motrices  des  machines 
express,  un  système  d'essuyage  pourrait 
s'eflectueren  temps  utile  sur  ces  dites  roues. 
Cette  application  me  semblerait  prendre 
surtout  de  l'importance  avec    Tétude  des 


EXTRAITS    FLUIDES    POUR    SIROPS 

de  L.  Mauje\n,    pharmacien    à  Sermaize 
(Marne). 

Nos  lecteurs  connaissent  depuis  long- 
temps les  travaux  de  notre  savant  collègue 
M.  L.  Maujean,  pharmacien-chimiste  de 
P*  classe  de  l'Ecole  supérieure  de  Paris,  car 
nous  avons  eu  l'occasion  d'en  parler  ici 
même  à  plusieurs  reprises.  Aussi,  comme 
tous  les  chercheurs,  il  est  infatigable  et 
comme  la  dernière  application  pratique  de 
ses  investigations  nous  paraît  appelée  à  ren- 
dre de  grands  services,  il  nous  semble 
intéressant  d'en  dire  de  suite  deux  mois, 
en  attendant  une  étude  plus  complète  et 
approfondie  sur  les  détails  mêmes  de  la 
fabrication  et  les  appareils  employés. 

M.  L.  Maujean,  établi  depuis  plusieurs 
années  à  Sermaize,  y  possède  une  installa- 
tion scientifique  très  complète  et  très  mo- 
derne, qui  lui  permet  de  poursuivre  avec 
succès  ses  travaux  de  recherches.  C'est  ainsi 
qu'avec  son  laboratoire  spécial  d'analyses, 
notre  collègue  peut  se  livrer  en  toute  sécu- 
rité, comme  à  Paris,  aux  recherches  chimi- 
ques et  micrographiques  et  procéder  à  toutes 
les  analyses  médicales  et  industrielles  qui  lui 
sont  demandées  dans  le  pays. 

Nous  avons  là,  sous  les  yeux,  quelques 
échantillons  de  ses  extraits  fluides  pour 
sirops  et,  après  les  avoir  essayés,  nous  pou- 
vonsaffirmer.en  connaissance  de  cause,  qu'il 
sont  appelés  à  rendre  de  réels  servicesdans 
les  familles,  dans  la  plupart  des  circonstan- 
ces de  la  vie  courante,  et  il  suffit  d'en  énu- 
mérer  quelques-uns  pour  convaincre  nos 
lecteurs  qu'il  n'y  a  rien  d'exagéré,  en  effet 
dans  cette  assertion. 

Je  citerai  donc  parmi  les  principaux  les  ex- 
traits de  bourgeons  de  sapin,  d'écorces  d'o- 
ranges a  mères,  de  chicorée  composé  pour 
sirop  anti.scorbutique,pourMiel-Kosat,  pour 
sirop  De;^essart,  et  enfin  l'extrait  de  Poly- 
gala. 


l:i3 


Tous  ces  cxlrailscoiiteDus  dans  des  petites 
bouteilles,  hautes  comme  le  doigt,  bien 
bouchées  et  capsulées,peuvent  se  conserver 
indéfiniaicnt  et  se  transporter  facilement 
dans  n'importe  quelle  poche,  en  voyage  ;on 
peut  toujours  avoir  ainsi  sous  la  main  deux 
ou  trois  de  ces  petites  bouteilles  et  comme 
Il  suflil  de  mélanger  l'extrait  dans  la  pro- 
portion de  100  contre  900  de  sirop  simple, 
on  voit  comment  Ton  peut  instantanément 
se  procurer  un  excellent  sirop  d'écorcesd'o- 
ranges  amères,  de  bourgeons  de  sapin,  etc. 
suivant  les  besoins  du  moment  ou  l'indispo- 
sition subite  qui  vous  atteint. 

On  n'a  pas  toujours  dans  nos  villages  per- 
dus, au  fond  d'un  hôiel  en  province,  le  li- 
tre de  sirop  simple  sous  la  main, direz- vous 
peut-être  ? 

A  cela  la  réponse  est  facile  :  si  Ton  n'a 
point  le  sirop,  si  le  pharmacien  est  fermé,  on 
a  toujours  du  moins  une  livre  de  sucre  à  sa 
disposition  qu'il  est  facile  défaire  fondre 
dans  un  peu  d'eau  et,  de  la  sorte,  avec  la 
petite  fiole  de  M.  L.  Maujean,on  a  de  suite 
un  excellent  sirop  qui  calme  la  toux,  redonne 
des  forces  ou  débarrasse  le  malade,  en  at- 
tendant que  Ton  envoie  chercher  un  méde- 
cin si  la  chose  est  nécessaire. 

Tous  les  extraits  que  notre  collègue  à 
bien  voulu  soumettre  à  notre  appréciation 
sont  très  aromatiques  et  renferment,  sous 
un  petit  volume,  comme  l'indique  leur 
nom  même,  tous  les  principes  actifs  des 
substances  servant  à  préparer  les  sirops  cor- 
respondants. 

Le  procédé  employé  pour  la  fabrication 
est  nouveau  et,  comme  nous  le  disions  plus 
baut,  il  est  probable  que  nous  aurons  Toc- 
casion  d'y  revenir  un  jour  plus  en  détail  ; 
mais,  en  attendant,  nous  tenons  à  constater 
que  ces  extraits  fluides  pour  sirops  sont  fa- 
briqués avec  un  soin  extrême  et  toutes  les 
garanties  scientifiques  désirables  par  M.  L. 
Maujean  et  qu'ils  sont  appelés  à  rendre  de 
grands  services,  non  seulement  pour  ceux 
qui  sont  habitués  à  voyager  fréquemment, 
comme  nous  le  faisions  remarquer  tout  à 
riieure,  mais  encore,  et  nous  serions  pres- 
que tentés  de  dire  surtout,  aux  pharmaciens 


LNDUSTIUK. 

eux-mêmes   qui 


•      134 

seront  fort  heureux  de 
trouver  ainsi  toujours  tout  prêts  et  sous  un 
très  petit  volume  tous  les  sirops  dont  ils 
peuvent  avoir  besoin  sur  Theure,  et  qu'il  est 
souvent  aussi  encombrant  que  coûteux  d'a- 
voir préparés  longtemps  à  l'avance  sur  une 
grande  échelle. 

Sans  compter  que  ces  extraits  se  conser- 
vent infiniment  mieux  que  les  sirops  prépa- 
rés lesquels  tendent  toujours  à  fermenter. 

A  ces  divers  point  de  vue,  ces  extraits 
fluides  pour  sirops  de  notre  collègue  sont 
appelés  certainement  à  un  succès  d'autant 
plus  rapide  et  plus  mérité  qu'ils  semblent 
répondre  à  un  véritable  besoin  du  public 
et  peut-être  plus  encore  des  pharmaciens. 


DÉVELOPPEMENT    DE    PRINCIPES 
AROMATIQUES 

Par  fermentation  aloooUc|ua  opérée   en 
présence  de  certaines  feuilies, 

Communication  deM.  Georges  Jacquemin  , 

à  Malzé ville,  près  Nancy. 

Les  feuilles,  à  différentes  époques  de  la 
végétation,  sont  le  siège  d'une  élaboration 
de  principes  immédiats,  que  la  plante  utilise 
au  profitd'autres  organes,  du  fruit  par  exem- 
ple, soit  dès  qu'ils  ont  été  (ormes,  soit  après 
les  avoir  tenus  en  réserve  pour  les  aban- 
donner au  moment  voulu.  Lefruit,  en  effet, 
peut  acquérirau  temps  delà  maturation  une 
saveur  caractéristique,  duc,  suivant  toute 
probabilité,  à  l'introduction  de  ce  principe, 
dont  on  a  perçu  l'odeur  caractéristique  dans 
la  feuille  du  cassis  par  exemple,  ou  à  l'arri- 
vée et  au  dédoublement  du  principe  en 
question,  dont  onna  pu  entrevoir  Vodeur 
ou  la  saveur^  dans  la  feuille  du  pommier, 
du  poirier,  du  framboisier,  etc. 

Les  feuilles  de  bien  des  végétaux,  portant 
des  fruits  k  saveur  nettement  caractéristique, 
n'ont  par  ellos-mômes  rien  qui  puisse  faire 
soupçonner  en  elles  la  cause  de  cette  saveur 
si  bien  définie.  Qu'on  les  froisse  entre  les 
doigts,  ou  qu'on  les  broie  dans  un  mortier  de 
porcelaine,  on  ne  perçoit  aucune  odeur  ou 


JOURNAL  MENSUEL  DR  L'aGADÊMIB   NATIONALE. 


135 

aucune  saveur  aromatique  ou  parfumée. 
Qu'on  les  fasse  bouillir avecdeTeau,  et  Ton 
n'en  sentira  généralement  pas  davantage. 

Il  m'a  semblé  que  ces  principes  particu- 
liers à  certaines  feuilles,  dont  rien  ne  sau- 
rait par  des  moyens  physiques  révéler  la  na- 
ture ou  pressentir  le  rôle  physiologique  que 
je  leur  attribue  dans  le  Iruit  en  voie  de  ma- 
turation, pourraient  bien  être  assimilés  à  des 
glucosides.  On  peut  concevoir  en  effet  que 
de  lels  corps,  arrivant  dans  le  fruit  à  une 
certaine  période  de  la  vie  du  végétal  et  y 
rencontrant  une  diaatase,  se  dédoublent 
sous  cette  influence  en  glucose  ou  matière 
sucréequi  augmente  la  saveur  sucréedu  fruit, 
et  en  un  principe  plus  ou  moins  aromatique 
qui  caractérise  cette  saveur. 

Guidé  par  cette  hypothèse,  que  j'avais 
imaginée,  j'ai  été  conduit  aux  expériences 
suivantes,  qui  peuvent  être  résumées  en 
quelques  lignes  et  qui  ont  servi  de  point  de 
départ  à  beaucoup  d'autres  du  même  genre, 
dont  je  me  propose  de  présenter  les  résultats 
à  la  Société  dès  que  mes  travaux  seront  ter- 
minés. 

Je  fais  immerger,  par  exemple,  des  feuil- 
les de  pommier  ou  poirier  dans  un  liquide 
sucré  à  10  ou  15  %  de  sucre,  puis  j'y  ajoute 
une  levure  ou  saccharomycès  choisi  de  ma^ 
nière  à  déterminer  la  fermentation  sans  don- 
ner de  bouquet.  Dès  que  la  fermentation  est 
en  marche,  on  sent  manifestement  une 
odeur  de  pommes  ou  de  poires,  suivant  la 
nature  de  la  feuille,  et  lorsque  la  fermenta- 
tion est  termint^e,  après  dépôt  de  la  levure, 
on  obtient  un  liquide  d'un  jaune-paille  plus 
ou  moins  accentué,  qui,  soumis  à  la  dégus- 
tation, manifeste  les  caractères  d'une  bois- 
son à  bonne  saveur  qui  rappelle  la  pomme 
ou  la  poire  et  qui,  par  distillation,  donne 
uneeau-de-vie  possédant  un  fin  bouquet  de 
fruit,  pomme  ou  poire. 

Ce  résultat  de  nombreuses  expériences 
démontre  bien  que  la  levure  par  une  dias- 
tase  qu'elle  excrète,  opère  le  dédoublement 
de  ce  glucoside,  de  ce  principe  particulier 
des  feuilles,  en  un  produit  aromatique  spé- 
cial et  en  un  sucre  qui  fermentera  avec  le 


130 


sucre  du  liquide  qui  fait  fonction  de  milieu 
de  cette  vie  cellulaire. 

Une  fermentation  du  même  genre,  en 
présence  de  feuilles  de  vignes,  donne  un 
liquide  à  odeur  et  saveur  vineuse  très  mar- 
quées, et  par  distillation  une  eau-de-vie  de 
fin  bouquet,  que  l'on  ne  peut  qu'assimilera 
une  fort  bonne  eau-de-vie  de  vin.  Cette  ex- 
périence a  été  réalisée  avec  les  feuilles  de  la 
vigne  de  ma  propriété  de  Malzéville,  près 
Nancy,  qui  donne  un  vin  sans  bouquet  mar- 
qué. Il  est  permis  d'espérer  que  la  saveur 
vineuse  serait  accompagnée  d'un   bouquet 
d'autant  plus  fin  que  les  feuilles  provien- 
draient de  cépages  producteurs  de  meilleurs 
vins  :  c>^t  la  démonsti'ation  de  cette  hypo- 
thèse que  je  vais  tenter  expérimentalement. 
Il  est  encore  une  remarque  à  signaler,c*est 
que  le  développement  d'un  principe  aroma- 
tique,  par  fermentation  des  feuilles  dans 
un  moût  sucre,  est  d'autant  plus  intense 
que  Ion  s'approche  de  l'époque  où  le  fruit 
pourra  user  de  cette  réserve  en  vue  de  sa 
maturation.  On  comprend  que,  fin  mai  oh 
commencement  de  juin,  les  feuilles  ne  sau- 
raient donner  un  résultat  aussi  complet  que 
fin  juillet  et  août.  Quoi  qu'il  en  soit,  les  ré- 
sultats que  Ton  obtient  en  juin  sont  déjà 
fort  remarquables. 

Certains  de  ces  principes  aromatiques 
étant  très  volatils,  il  s'en  dégage  beaucoup 
pendant  la  fermentation  ;ce  fait  est  trè^en 
évidence  dans  la  fermentation  des  feuilles 
de  framboisier,  sur  laquelle  je  reviendrai. 
Or,  si  l'on  voulait  éviter  cette  déperdition,  il 
conviendrait  de  diriger  les  ga/  de  la  fermen- 
tation à  travers  un  condensateur  garni  d'al- 
cool, qui  dissoudra  l'arôme  dégagé,  ou  de 
faire  passer  ce  gaz  odorant  à  travers  tout 
appareil  pouvant  servir  à  fixer  les  huiles 
essentielles  ou  les  parfums  les  plus  fugaces. 
Dans  toutes  ces  fermentations  de  feuilles 
diverses,  j'ai  constaté  que  l'intensité  de  l'o- 
deur du  principe  aromatique  était  plus 
grande,  mieux  accentuée,  lorsqu'on  opérait 
la  distillation  avant  que  la  fermentation  fût 
entièrement  terminée 


137 


PRODUITS  AUMENTAIRES. 


138 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


FROMAGE  DE     GRUYÈRE 
ET  FROMAGE   D*EMMENTHAL 

Communication  de  M.   Ch.  Martin, 

directeur    de    TEcoIe    d'industrie  laitière 
de  Maroirolle  (Doubs). 


La  production  française  de  Gruyère  s'est 
élevée,  en  1892,  à  18,580,077  kilos  ;  elle 
était,  en  1882,  de  14,773,423  kilos  ;  ce  qui 
représente,  pour  la  période  1882-1892,  un 
gain  de  3,8<:6,Ô54  kilog. 

Depuis,  Taugmentation  a  continué  de  se 
manifester.  Dans  le  Doubs,  par  exemple,  la 
quantité  fabriquée  en  1897  dépasse  de 
247,000  kilog.  le  total  constaté  lors  de  la 
dernière  enquéte.Les  fruitières  de  la  Haute- 
Savoie  transformaient  385,092  hectolitres 
de  lait  en  Gruyère  il  y  a  six  ans  :  elles  en 
utilisent  dans  le  même  but  plus  de  450,000 
hectolitres  aujourd'hui.  L*accroissement  ne 
sest  sans  doute  pas  limité  à  ces  deux  ré- 
gions. 

Daotre  part,  depuis  1892,  certains  dé- 
partements ont  introduit  la  fabrication  du 
Gruyère  ;  tels  le  Calvados,  la  Lozère,  etc. 
Bref,  la  production  française  atteint  annuel- 
iement  20  millions  de  kilog.  :  c'est,  com- 
parativement au  chiffre  de  1882,  une  plus- 
value  de  5  millions  de  kilos. 

L  examen  des  importatious  de  fromages 
suisses  en  France  depuis  quelques  années 
permetde  constater  certains  faits  intéres- 
sants. 

Pendant  la  période  1886-1891  le  total  des 
entrées  est  descendu  progressivement  de 
^^506,000  kilog.  à  6,578,000  kilog.  Cette  di- 
DDinution  de  30  pour  100  s'est  produite  sous 
le  régime  du  droit  de  douane  de  4  francs 
P>r  100  kilos.,  tout  simplement  parce 
que  l'industrie  nationale  similaire  a  pro* 
K^^ssé  tout  &  la  fois  en  quantité,  comme  le 
prouvent  les  chiffres  cités  plus  haut,  et 
>QS8i  en  qualité. 


De  1892  à  1897,  le  mouvement  de  décrois- 
sance s'est  brusquement  arrêté. 

En  déduisant  la  quantité  de  fromages  fran* 
çais  envoyés  en  Suisses,  on  voit  que  l'excé- 
dent des  importations  étrangères  s'est  main- 
tenu sans  variations  très  sensibles,  pendant 
la  période  considérée,  autour  de  6,030  ton- 
nes par  année.  Et  pourtant  les  droits  ont 
été  portés  à  15  francs  le  1"  janvier  1892, 
puis  à  25  francs  le  V  janvier  1894,  enfin  à 
12  francs  le  16  août  1895. 

Incontestablement  ces  tarifs  élevés  ont  in- 
fluencé favorablement  les  cours  ;  mais  ils  se 
sont  montrés  impuissants  à  diminuer  les 
importations. 

L'explication  en  est  facile  à  donner.  En 
effet,  la  très  grande  partie  des  produits 
suisses  entrant  actuellement  en  France  est 
constituée  parles  Emmenthals  (pièces  de  60 
à  90  kilogs.)  que  certains  consommateurs  ne 
veulent  à  aucun  prix  remplacer  par  le  gru- 
yère de  format  ordinaire.  L'accroissement 
de  la  production  française  depuis  1892  ne 
pouvant  se  substituer  àTEmmenthala  donc 
dû  chercher  un  débouché  au  dehors  et,  de 
fait,  le  tableau  comparatif  de  nos  exporta- 
tions de  fromages  durant  ces  dernières  an- 
nées indique  un  mouvement  .ascendant  très 
marqué. 

La  préférence  accordée  à  l'Emmenthal 
est  une  mode  que  les  dimensions  du  produit 
ne  suffisent  pas  à  justifier.  Mais  une  mode 
ne  se  discute  pas,  elle  s'impose,  et  puis- 
que les  amateurs  consentent  à  payer  leur 
fromage  favori  avec  une  plus-value,  l'in- 
dustrie nationale  doit  s'efforcer  de  leur  en 
fournir. 

Des  chiffres  précédents,  une  conclusion 
se  dégage,  c'est  qu'il  faut  absolument  fabri- 
quer en  France  V Emmenthal. 

Protégée  par  un  droit  de  12  francs,  assu- 
rée d'un  débouché  dans  le  pays  même,  cette 
industrie  se  présente  actuellement  avec  tou- 
tes les  chances  de  succès. 

Aux  gérants  des  fruitières,  aux  industriels 


13J  JOURNAL  MENSUEL  DE 

qui  voudraient  la  tenter,  l'école  de  Mami- 
roHe  peut  donner  toutes  le$  indications  né- 
cessaires. 

Depuis  plusieurs  années,  celte  fabrica- 
tion si  importante  pour  notre  pays  a  été 
l'objet  de  nombreuses  recherches  à  réta- 
blissement ;  elle  y  est  aujourd'hui  enseip:née 
d'une  façon  régulière,  et  chaque  jour  la 
moitié  du  lait  se  transforme  en  Emmenthal. 


LE  CURAÇAO  BROOHARD 

de    M.    Brochard-Quillet,  à  Châteaudun 
(Eure-et-Loir). 

Celte  nouvelle  liqueur  ne  le  cède  en  rien 
à  ses  devancières,et  nos  lecteurs  se  souvien- 
nent certainement  que  nous  avons  eu  plus 
d*une  lois  l'occasion  de  parler  ici  même  des 
excellents  produits  qui  sortent  de  la  Maison 
Brochard-Quillet,  de  Châteaudun,  et  de  lui 
rendre,  en  même  temps,  un  hommage  jus- 
tement mérité. 

Aujourd'hui  notre  collègue  nous  pré- 
sente, sous  le  nom  de  Curaçao  Brochard,une 
liqueur  tonique  et  digestive  d'un  goût  très 
fin  et  d'un  arôme  très  délicat,  capable  de 
plaire  à  tous  les  palais,car  elle  n'est  ni  trop 
forte,  ni  trop  douce. 

C'est  là  un  point  sur  lequel  nous  insistons 
tout  particulièrement,  car  il  est  désagréable 
pour  la  plupart  des  consommateurs  de  dé- 
guster, sous  ie  nom  de  liqueur  verte,  par 
exemple,  une  espèce  de  tord-boyaux,  ou 
sous  le  nom  de  liqueur  de  dame,  une  eau 
sucrée  vraiment  par  trop  fade. 

Cette  fois  rien  de  pareil  à  redouter,  car  ce 
curaçao  est  assez  alcoolisé  pour  ne  pas 
avoir  précisément  l'aspect  trop  liquoreux 
que  l'on  reproche  i  certaines  liqueurs  et  il 
ne  l'est  pas  assez  pour  faire  peur  au  palais 
délicat  des  dames. 

Le  curaçao  Brochard  est  à  base  d'écorce 
et  de  zeste  d'orange,  d'où  son  sous-titre 
sur  la  bouteille  de:  Royale Flower  Yalencia. 
—  Royale  Flou^er  Valencia,  c'est-à-dire 
véritable  orange  de  Valence,  la  plus  renom- 
mée du  monde  entier,  comme  chacun  sait. 
Et  que  l'on  ne  s'y  trompe  pas,  ces  soins  par- 


L'aGADÉMIB  NATIONALE.  140 

ticuliers,  cette  provenance  authentique  et 
rigoureuse  ont  une  importance  plus  grande 
!  que  Ton  ne  saurait  se  l'imaginer,  car  il  ne 
faut  pas  perdre  de  vue  que  les  oranges  ont 
des  qualités  très  différentes,  suivant  leurs 
pays  d'origine,  absolument  comme  les  rai- 
sins. 

Donc  une  fois  en  possession  de  oes  oran- 
ges de  Valence,  M.  Brochard-Quillet  pré- 
pare ensuite  cette  liqueur  avec  de  la  fine 
Champagne  des  Charentes,  de  manière  à  ce 
que  tous  les  produits  employés  soient  non 
seulement  de  premier  ordre,  mais  surtout, 
comme  conséquence  naturelle,  absolument 
sains,  digestifs  et  hygiéniques.  Pour  une  11- 
queur,  il  faut  bien  reconnaître  que  ce  sont 
là  les  premières  qualités  à  exiger,  si  Ton  a 
tant  soit  peu  le  souci  de  sa  sauté. 

Ainsi  préparé,  le  curaçao  Brochard  pèse 
43  degrés  d'alcool  pur,  ce  qui  donne  un* 
bonne  force  moyenne  à  la  liqueur  qui  peut 
être  dégustée  à  la  fin  d'un  repas  avec  un 
égal  plaisir  pour  tout  le  monde,  car,par  un 
habile  mélange,  le  sucre  semble  cacher 
l'alcool,  el  ce  dernier  semble  dissimuler  le 
premier. 

Uigé  dans  d'élégantes  bouteilles,  dont  le 

verre,  légèrement  teinté,  s'harmonise  avec 

la  liqueur  blonde  qu'il  renferme,  ce  curaçao 

apparaît  vraiment  comme  le  plus  tentateur 

des  breuvages. 

En  bas  de  l'étiquette,  nous  relevons  celte 
phrase  suggestive  dans  sa  concision  :  Deli- 
cious  and  digestive  Liquor. 

Ces  quatre  mots  anglais  ne  sont  pas  mis  là 
sans  raison  ;  ils  prouvent  simplement  que 
la  Maison  Brochard-Quillet  voit  ses  produits 
plus  demandés  chaque  jour  à  l'étranger, 
particulièrement  en  Angleterre  et  aux 
Etats-Unis,  et  alors  il  est  tout  naturel  de  s'a- 
dresser à  sa  clientèle  dans  la  langue  qui  lui 
est  familière. 

Pour  notre  compte,  c'est  là  un  exemple 
très  pratique,  que  nous  voudrions  voir  sui- 
vre par  tousnos  commerçants  et  industriels, 
capables  d'exporter  leurs  produits  au  loin. 


1-11 


COMIIbRCE. 


142 


GATEAUX  AUX  AMANDES 

de  M.  Etienne  Proux, 
à  Saint-Jean-d'Ângély. 

Notre  collègue  de  la  Ch  arente-Inférieure 
fait  et  vend  sur  une  grande  échelle,  depuis 
longues  années,  toutes  les  bonnes  choses 
que  comportent  la  pâtisserie  et  la  confise- 
rie, de  même  que  les  glaces,  sorbets,  vins 
fins,  liqueurs,  etc.,  et  depuis  longues  années 
également,  il  est  titulaire  de  nombreuses 
récompenses  aux  expositions  de  Paris,  de 
Toulouse,  d'Hanoï,  etc. 

Mais  ce  qui  nous  intéresse  le  plus  particu- 
lièrement aujourd'hui,  c'est  sa  fabrication  de 
biscuits,  qu'il  n*a  cessé  d'étendre  et  de  per- 
lectionnerdans  ces  dernières  années. 

M.  Etienne  Roux  s'est  efforcé  surtout  de 
fabriquer  des  biscuits  et  des  gâteaux  de  pâ- 
tes différentes  qui  cependant  puissent  se 
garder  assez  longtemps  frais  pour  affron- 
ter l'exportation  lointaine. 

La  médaille  qu'il  a  remportée  à  Hanoi  en 
1887  est  la  meilleure  preuve  qu'il  a  victo- 
rieusement résolu  ce  problème  délicat. 

Aujourd'hui,  notre  collègue  offre  à  sa 
clientèle  un  gâteau  de  pâtes  d'amandes 
vraiment  très  fin  et  de  qualité  supérieure. 

Après  avoir  commencé  par  l'envelopper 
dans  un  glaçage  uniforme,notre  collègue  Ta 
remplacé  par  un  semis  d'amandes  grillées 
qui  donne,  tout  à  la  fois,  plus  de  goût  et 
plus  de  saveur  au  gâteau. 

Eq  restant  emballés,  ces  gâteaux,  comme 
nous  le  disions  plus  haut,  peuvent  se  con- 
server facilement,  pendant  un  temps  assez 


long  et  affronter  le?  délais  plus  au  moins 
longs  qu'entraîne  fatalement  l'exportation. 

C'est  donc  un  énorme  avantage,  non  seu- 
lement pour  le  fabricant  qui  peut  de  la 
sorte  étendre  presqu'indéfiniment,  à  tra- 
vers le  monde,  son  cercle  d'affaires,  mais 
aussi  pour  toutes  les  personnes  qui,  sans 
aller  aussi  loin,  sont  heureuses  de  pouvoir 
emporter  en  voyage,  en  allant  à  la  campa- 
gne, toute  une  provision  de  gâteaux  toujours 
frais  et  qu'il  suffit  de  tirer  de  leur  boite 
pour  les  servir  au  moment  propice. 

Ils  sont  en  effet  enveloppés  et  conservés 
dans  d'élégantes  boites  en  bois,  toutes  re- 
couvertes de  papier  doré,  ces  gâteaux  ex- 
quis, et  là  ils  se  tiennent  longtemps  frais, 
sans  broncher. 

A  la  campagne,  à  lâchasse,  si  tout  à  coup 
vous  avez  du  monde  à  dîner,  ou  simple- 
ment un  lunch,  un  thé  improvisé,  il  est  bien 
certain  que  ces  gâteaux  portatifs  deviennent 
des  gâteaux  sauveurs  pour  la  maîtresse  delà 
maison. 

Ce  gâteau  d'amandes  peut  encore  servir 
d'entremets  léger,  étant  sans  farine  et  peu 
sucré,  ce  qui  plaît  à  la  généralité  des  esto- 
macs, aujourd'hui  tous  plus  ou  moins  en- 
dommagés, comme  chacun  sait. 

Mais  on  peut  le  manger  seul  aussi,  ou 
bien  avec  le  thé  et  le  lait,  le  matin,  etc. 

Il  est  inutile  d'insister  davantage,  mais 
enfin,  il  nous  a  paru  intéressant  de  consta* 
ter,  en  quelques  mots,  non  seulement  la 
bonne  qualité  des  gâteaux  fabriqués  par 
M.  Etienne  Roux,  mais  surtout  les  avantages 
qu'offrait  In  facilité  avec  laquelle  on  peut 
les  conserver  et  les  faire  voyager  au  loin. 


COMMERCE 


LECOMMEROE  EXTÉRIEUR  DELA 
FRANCE. 

Les  Statistiques  officielles  de  l'administra- 
lioD  des  douanes  font  connaître  que  les  im- 
portations se  sont  élevées,  du  1«^  janvier  au 
îi8  février  1898,  à  725,581,000  francs,  et 
les  exportations  à  483,875,000  francs. 


Ces  chiffres  se  décomposent  comme  suit  : 

IMPORTATIONS  18P8  1897 

Objets  d'alimentation  209.406.000  145*923.000 
Matières  nécessaires 

à  l'industrie 416.565.000  443.022.000 

Objets  fabriqués 91^.610.000  93.655.000 

Total 725.581.000  682.600.000 


143 


JOURNAL   IIENi^UEL   DR   L  ACADEMIE   NATIONALE. 


144 


BXPORTATIONS 


1898 


1897 


Objets  d'alimentation. 
Matières  nécessaires 

à  rindustrie 128.673.000 

Objets  fabriqués 249.973.000 

Colis  posUux 25.341.000 

.    ToUl 


79.885.000       79  14G.000 


12'3.867.000 

257.174.000 

25.784.000 


483.875.000     491.971.000 

Comme  on  le  voit,  l'année  1898  se  mon- 
tre moins  satisfaisante  que  ia  précédente. 
Tons  les  chapitresdu  résumé  statistique  pu- 
blié ci-dessus  donnent  lieu  à  des  constata- 
tions qui  marquent  une  infériorité  pour 
Tannée  courante.  Nous  importons  plus  d'ob- 
jets d'alimentation  et  d'objets  fabriqués  et 
nous  en  exportons  moins.  Si  nous  impor- 
tons moins  de  matières  nécessaires  à  l'in- 
dustrie, cela  prouve  que  noire  industrie 
nationale  voit  se  réduire  son  activité,  et  si 
nous  exportons  un  peu  plus  de  matières 
ayant  le  mAroe  caractère,  cela  indique  que 
l'industrie  étrangère  tend  à  se  développer. 
Rapprochés  Tun  deTautro^ces  deux  faits  sont 
fâcheusement  regrettables  pour  la  richesse 
de  la  France. 


LE  OOMMEROE    EXTÉRIEUR  DE  LA 
8UI88E  EN  1897. 

Les  statistiques  provisoires,  publiées  par 
»  douanes  fédérales  de  Suisse  établissent 


que  le  chiffre  des  importations  a  été,  en  18^7, 
de  1.034.050.000  fr.  et  celui  des  exporta- 
tions de  693.132.000  fr.,  soit  une  différence 
de  341  millions  en  faveur  des  premières. 

En  1890,  le  chiffre  des  entrées  avait  éié 
de  994  millions  et  celui  des  sorties  de  688 
millions. 

Sur  le  total  des  exportations  en  1897,  les 
montres  figurent  pour  91.310.0)0  fr,  les 
boites  à  musique  pour  2.750.000  fr.,le 
fromage  pour  38.275.000  fr.,  et  le  lait  con- 
densé pour  19.775.000  fr. 

Il  y  a  eu  augmentation  dans  les  exporta- 
tions de  soieries,  de  machines,  d'horloges 
et  de  matières  colorantes,  et  diminution 
dans  celle  de  cotonnades,  de  lainages  et  de 
toiles. 

Le  chiffre  total  du  co:nmerce  extérieur 
suisse,  importations  et  exportations  cumu- 
lées,a  doncatleint  1.727.182. 000  fr.  en  1897. 
Pour  une  population  de  moins  de 3  millions 
d'habitants,  c'est-à-dire  12  fois  moindre 
que  la  population  française,  ce  chiffre  de 
commerce  doit  être  considéré  comme  très 
satisiaisant,attendu  qu'il  n*est  que  4  fois  1/2 
moindre  que  le  chiffre  du  commerce  exté- 
rieur de  la  France. 

On  pourrait  en  conclure  qu'au  point  de 
vue  des  échanges  avec  les  pays  étrangers, 
chaque  citoyen  suisse  développe  environ 
deux  fois  et  demie  plus  d'activité  féconde 
que  chaque  citoyen  français. 


Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Chef, 


EoGÈNK  THIÊRY. 


CLIBMONT  (0I»b),    -IMPatMBBIB  DAIX   FRBRB8,  PLACK  SAINT-ANDRÉ,  3. 


JOURNAL    MENSUEL 

DE 

L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AtMCéit,  lUDrieriiMtiE  a  cauucuu 


1^  1 


68*  Annéo.  —  AVRIL.  1898. 


SOMMAIRE 

AORICULTURE.  —•  ^  bas  le  moinean  *,  communication  de  M.  Paul  Nof»l,  directeur  du  Laboratoire  d'entomolo- 
pe  agricole  de  la  Seine-Infcrieure,  à  Rouen.  —  Conseils  aux  viticulteurs,  par  M.  le  D*-  Qrandclémsnt.  — Deux  nou- 
veaux enoemisde»  arbres  fruitiers,  comniunication  de  M.  Donaiffe.  à  Carignn'i  (Ardennes).  —  La  uiellc  des  blés.  — 
Les  poules  pondeuses.  —  La  production  du  miel  en  Tunisie,  communication  de  Al.  Th.  Blow. 

INOUSTRIK  —  La  fabrication  du  carbure  de  calcium  en  fin  d'annëe  1897. —Elévation  du  point  d'iofUmmailon  des 
huiles  de  pétrole,  rroccdd  de  M.  E.  Berchten,  à  Londres.—  Le  marché  des  métaux  à  Londres  pendant  l'anuée  1897, 
revae  publiée  par  le  iournal  Ironmonger. 

PRODUITS  ALIMEMTAIRES.  —  Valeur  alimentaire  du  sucre,  observations  et  expériences  de  M.  Ohauveau.  « 
Produits  de  confiserie,  de  M.  Rossai -Brun  non,  à  Zurich  (Suisse).—  Traités  sur  la  fabrication  des  liqueurs  et  la  yi* 
oiScatioo.  de  M.  Luigi  8ala«  à  Alessandria  (Italie). 

COBMKfflCK.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France  en  1897.  —  Le  commerce  extérieur  de  la  France  pendant  les 
Trois  premiers  mois  de  1808.  —  Le  commerce  exiérteur  de  TAngleterre  en  1697.  —Le  cunirocrce  extérieur  de  TAIIé- 
reij'iie  en  1897.  —  Les  écnang«-s  extérieurs  des  principaux  pays  du  monde. 

SCICMCE8  MÉDICALES.  —  Le  Tétanos  à  Saint-Domingue,  communication  de  M.  Naroiao  Albert!,  à  Saoto^ 
Domingo  (République  Dominicaine). 

VARIÉTÉS.  —  Le  chemin  de  fer  métropolitain  de  Paris.  —  Une  statistique  intéressante  des  chemins  de  fer  français. 
—  I^  production  totale  des  principaux  pays  d'Europe. 


AGRICULTURE 


«  A  BAS  LE  MOINEAU  » 

CommuDication  de  M.  Paul  Noël, directeur 
du  Laboratoire  d'entomologie  agricole  de 
la  Seine-Inférieure,  à  Rouen. 


Au  mois  d'octobre  dernier  il  m'était  de- 
mandé par  la  Préfecture  de  la  Seine-Infé- 
rieure, 8i  le  moineau  commun  (fringella  do- 
roestica)  était  utile  ou  nuisible  à  Tagricul- 
tare. 

Cette  demande,  émanant  du  Ministère  de 
1  Agriculture,  était  lancée  un  peu  partout, 
et  tout  aussitôt  les  réponses  affluaient  de  tous 
côtés,  et  de  toutes  ces  réponses  il  résultait 
qu'on  devait  être  partisan  de  la  conservation 
du  moineau,  «  cet  oiseau  qui  détruit  tant  d'in- 
sectes ». 

KoD  opinion  était  déjà  faite  lorsque  je  re- 
çus la  demande  de  M.  le  Préfet,  mais  jai 
^oolu,  malgré  tout,  et  pour  plus  de  sécurité, 
faire  une  enquête  sur  le   moineau,  enquête 


ciuoje  m'empresse  de  faire  connaître  aui 
lecteurs  de  ce  journal. 

Voici  mes  résultats  : 

Du  mois  de  septembre  au  mois  d'avril,  le 
moineau,  dans  le  département  de  la  Seine- 
Inférieure,  ne  peut  manger  d'insectes,  puis- 
qu'il n'y  en  a  pas  pendant  ces  huit  mois  de 
l'année. 

Je  sais  bien  qu'il  existe  des  œufs,  des  lar- 
ves et  même  quelques  insectes  enfouis  dans 
le  sol,  mais  le  bec  du  moineau  est  absolu- 
ment incapable  de  les  capturer. 

Pendant  ces  huit  mois  de  Tannée  il  ïùu 
été  impossible  de  trouver  un  moineau  en 
forêt,  tous  étaient  dans  les  villes  et  dans  les 
villages. 

Cinquante-huit  autopsies  ne  m'ontfourni 
quedes  estomacs  contenant  des  grains  de  blé 
et  de  l'avoine  provenant  des  déjections  des 
chevaux. 


147  iOCHNAL  MENSUEL  DE 

Je  suis  donc  fixésur  leur  nourriture.  Pen- 
dant ces  huit  mois,  ils  sont  granivores. 

Voyons  maintenant  quelle  quantité  de 
blé  le  moineau  détruit  dans  la  Seine-Infé- 
rieure. 

Pour  me  procurer  des  moineaux,  j*ai  tout 
simplement  ouvert  la  porte  d'un  grenier  ù 
blé  chez  M.  Ponchy,  cultivateur  à  Boisguil- 
laume,  près  Rouen.  200  moineaux  sont  en- 
trés ;  j'ai  fermé  la  porle,  et  j'en  ai  capturé 
44. 

Ces  44  moineaux,  placés  dans  une  cage, 
sont  morts  en  3  jours,  sans  avoir  presque 
mangé.  Plusieursavaiôntélécapturésàcoups 
de  fouet  et  étaient  blessés. 

J'ai  renouvelé  Texpérience  deux  fois  et 
toujours  avec  le  même  insuccès  ;  il  mourait 
des  moineaux  tous  les  jours,  et  je  ne  pou- 
vais pas  faire  une  juste  moyenne. 

C'est  alors  que  l'idée  me  vint  de  placer 
dans  une  cage  3  moineaux,  2  mâles  et  1 
femelle,  et  3bunettes  [Accenior  modula- 
ris). 

Les  bunettes  sont  des  oiseaux  granivores 
très  peu  farouches,  s'accommodant  très  bien 
en  cage  et  mangeant  aussitôt  capturés. 

Or,  les  moineaux,  les  voyant  faire,  font 
comme  elles,  et,  au  bout  de  3  jours,  il  suffit 
de  placer  une  séparation  dans  la  cage  pour 
isoler  les  moineaux  des  bunettes,  et  rien 
n'est  plus  facile  que  de  faire  des  essais  pra- 
tiques et  certains. 

Il  DO  faut  pas  leur  donner  du  blé  seuldès 
le  premier  jour.  On  le  mélange  avec  du 
chénevis,  du  millet  long  et  du  millet  rond, 
que  les  moineaux  prêtèrent  au  blé. 

En  7  jours,  un  nioineau  mange  63  gram- 
mes de  ce  mélange  de  grains. 
Soit  9  grammes  par  jour. 
Après  avoir  fait  ces  essais  pendant  3  jours, 
on  possède  des  moineaux  bien  préparés 
pour  les  expériences.  Il  faut  nécessairement 
mettre  la  cage  dans  un  endroit  éclairé  et  où 
il  n'entre  personne,  de  façon  à  ne  pas  les 
effaroucher. 

Un  moineau  mange  56  grammes  de  blé  en 
5  jours. 
Soit  II  grammes  par  jour. 
Or,  voici  le  calcul  que  nous  pouvons  faire. 


L  ACADEMIE  NATIONALE.  148 

en  supposant,  ce  qui  est  bien  au-dessous  de 
la  vérité,  qu'il  n'y  ait  pas  dans  la  Soine-Iu- 
férieure  plus  de  moineaux  que  dliabitanis, 
nous  avons  dans  notre  déparlement  837,876 
moineaux  qui  dévorent  journellement  9.23(] 
kilog.  670  de  grains. 

Du  i^' septembre  au  T'  mai,  nous  avons 
210  jours,  donc  du  l**" septembre  au  V^  mai, 
le  moineau,  dans  la  Seine-Inférieure  a  dé- 
voré 2,217,000  kilog.  de  blé. 

Le  blé,  dans  notre  département,  se  veod. 
en  moyenne,  26  fr.  les  100  kilog.,  les  moi- 
neaux ont  donc  mangé  depuis  le  mois  de 
septembre  576,420  fr.  de  blé. 

Heureusement,  ils  ne  se  nourrissent  pas 
qu'avec  du  blé  et  la  consommation  qu'ils 
font  de  cette  denrée  peut  être  évaluée  au 
cinquième  seulement  de  mon  résultat,  soit 
plus  de  100,000  fr.,  ce  qui  est  énorme,  car, 
avec  tout  ce  blé  perdu;  on  aurait  pu  nour- 
rir des  poules  et  des  pigeons  en  quantité. 
Mais  le  moineau  ne  cause  pas  de  tort  qu'au 
blé  et  il  s'attaque  à  toutes  les  céréales. 

Il  nous  reste  maintenant  à  continuer  no- 
tre enquête  depuis  le  mois  de  mai  jusqu'au 
mois  d'août,  époque  où,  dit-on,  le  moineau 
détruit  pour  sa  couvée  des  myriades  de  han- 
netons. 

Or,  nous  savons  approximativement  ce 
qu'un  hanneton  coûte  par  an  à  Tagriculture, 
il  nous  sera  donc  facile  de  défalquer  cette 
somme  de  100,000  fr.  que  le  moineau  nous 
a  déjà  coûtés. 

Nous  ferons  remarquer  dès  aujourd'hui 
que  le  moineau  n'.i  pas  qu'une  couvée,  mais 
bien  trois  couvées  de  5  œufs  chaque  an- 
née. 

Des  autopsies  seront  faites  toutes  les  se- 
maines et  nous  aurons  alors  un  chiffre 
exact. 

J'ai,  pour  ma  part,  hâte  de  voir  les  moi- 
neaux aux  mois  de  juin  et  juillet  trouver 
des  hannetons  pour  nourrir  leurs  petità,  et, 
d'avance  encore  je  crie  :  «  A  bas  le  moi- 
neau !  ...  » 


149 


CONSEILS  AUX  VITICULTEURS 

Delà  NÉCESSirÉ  DE  PRÉPAREIl  LA  RECONSTI- 
TUTION DES  VIGNOBLES  EN  PLANTS  HYBRI- 
DES    PRODUCTEURS    DIRECTS,    RÉSISTANT   AU 

BLACK-ROT,  résumé  et  conclusions  d'un 
rapport  présenté  à  la  Société  régionale  de 
viticulture  de  Lyon, 

Par  M.  ie  D'  Grandclément. 


Ou  allons-nous  ?  —  Qiie  devons-nous 
faire  ?  —  Telles  sonr,  ce  me  semble,  les 
deux  questions  que  tout  viticulteur  s'adres- 
se en  ce  moment  avec  anxiété. 

Je  vais  essayer  d'y  répondre  de  mou 
mieux  avec  précision  ;  si  l'avenir  venait  à 
démontrer  que  je  me  suis  trompé,  je  de- 
mande d'avance  que  Ton  me  pardonne  en 
rjiisoQ  de  la  droiture  et  de  la  sincérité  de 
mes  intentions,  qui  n'ont  qu'un  but  :  venir 
en  aide  à  celte  masse  de  petits  vignerons 
qui  demandent  à  la  culture  de  la  vigne 
leur  pain  de  chaque  jour  et  ne  savent  plus 
ce  qu'ils  doivent  faire  en  présence  de  tous 
ces  éléments  déchaînés  contre  eux. 

1'  Oïl  ALLONs-NOus  ?  —  La  chose  ne  me 
paraît  pas  douteuse  ;  de  gré  ou  de  force, 
nous  marchons  rapidement  vers  l'abandon 
forcé  et  obligatoire  de  tous  ou  presque 
tous  nos  anciens  plants,  parce  que  Tim- 
mense  majorité  de  nos  vignerons  ne  feront 
pas  ou  ne  pourront  pas  faire  le  nécessaire 
pour  les  défendre  contre  ces  deux  ennemis 
nouveaux  les  plus  redoutables  de  tous  :  la 
pourriture  et  le  bîack-rot. 

D*une  part,  en  elfet,  les  vinifera  ont  une 
réceptivité  trop  accentuée  et  surtout  trop 
prolongée  pour  les  germes  de  ces  maladies, 
tout  au  moins  le  black-rot; 

Et,  d'autre  part,  nous  ne  possédons  au- 
cun bon  remède  qui  les  combatte  directe- 
ment et  les  prenne  corps  à  corps. 

Car,  ne  l'oublions  pas,  les  préparations 
cupriques  qui  tuent  directement  et  facile- 
mâot  le  mildiou  ne  peuvent  rien  contre  les 
pycnides  (ou  réceptacles  des  spores  du 
black-rotj,  dont  les  enveloppes  épaisses  ne 
se  laissent  pas  pénétrer  par  elles  pas   plus 


AGRiCULtCRE.  150 

que  par  n'importe  quel  autre  toxique  cher- 
ché ou  rêvé  :  le  cuivre  ne  fait  que  consti- 
tuer une  sorte  de  carapace  ou  de  blindage 
aux  parties  vertes  du  végétal  qui  se  trou- 
vent en  état  de  réceptivité  au  moment  de 
son  emploi.  Or,  à  ce  compte-là,  comme  il 
pousse  tous  les  jours  des  parties  vertes  nou- 
velles qui  passeront  par  cet  état  plus  ou 
moins  prolongé  de  réceptivité,  il  faudrait 
sans  cesse  étendre  ce  blindage.  On  nous 
dit  bien  :  «  Il  sufGra  de  blinder  tous  les 
vingt  jours,  au  moment  des  incubations 
périodiques  du  champignon  »  ;  mais  trou* 
ve\  donc  le  moment  exact  :  qui  s^en  char^ 
géra  ? 

Non,  nous  ne  pourrons  pas  monter  cons- 
tamment la  garde  autour  de  ces  vieux  ser- 
viteurs, quelque  vénération  que  nous  ayons 
pour  eux  ;  d'autant  plus  encore  que  nous 
n'avons  rien  pour  préserver  des  atteintes  de 
la  pourriture,  cette  autre  peste  plus  néfaste 
encore^  ceux  d'entre  eux  qui  lui  sont  sensi- 
bles,el,  malheureusement,  c'est  le  plus  gi*and 
nombre. 

Non.  qu'on  le  veuille  ou  non,  nousserons 
obligés  de  recourir  à  des  plants  plus  robus- 
tes et  plus  résistants,  k  des  hybrides  qui  ne 
seront  pas  constamment  en  état  de  récepti- 
vité et  toujours  prêts  à  se  livrer  ainsi  sans 
défense  aux  germes  de  la  pourriture  et  du 
black-rot  :  à  des  plants,  en  un  mot,  que 
nous  puissions  défendre  :  des  atteintes  du 
black-rot^  avec  les  sulfatages  destinés  à  com- 
battre le  mildiou  et  que  nous  ferons  mieux 
et  plus  complètement,  et  de  celles  de  la 
pourriture^  par  un  poudrage  fait  au  mo- 
ment de  la  floraison  avec  du  soufre  mélan- 
gé de  chaux,  de  sulfostéatiteet,aubesoin,de 
naphtaline  pour  combattre  en  même  temps 
la  cochylis  ;  de  chacun  25  pour  100. 

2*  Que  devons-nous  faire  ?  —  Eh  bien  ! 
ces  plants  hybrides  nouveaux ^smon  indem- 
nes, tout  au  moins  faciles  à  défendre  ainsi 
contre  ces  deux  maladies  implacables,  nous 
en  connaissons  déjà  un  certain  nombre,  qui 
nous  donneront  en  même  temps  toute  sa- 
tisfaction sous  le  rapport  de  la  qualité  et 
delà  quantité  du  vin. 

Je  cite  les  plus  connus  et  les  plus  re- 


151 


JOURNAL  MENSUEL  DR  L  ACADEMIB  NATIONALB. 


1L2 


commandables  à  ce  jour  :  les  201, 503, 4 101, 
631,84-61,  etc.,  de  Couderc  :  loSeibel  n'I  ; 
Thybride  Pardes-Lacoste  ;  le  plant  des 
carmes,  etc. 

L'an  prochain,  nous  eu  aurons  bien  d'au- 
tres et  probablement  meilleurs  encore,  ceux 
de  Castel  en  particulier  ;  puis  chaque  année 
verra  une  nouvelle  collection,  au  milieu 
de  laquelle  nous  ferons  un  choix  raisonné. 

En  conséquence,  pour  ne  pas  nous  mettre 
trop  en  frais  et  procéder  avec  prudence  et 
sûreté,  achetons  chaque  année  quelques  di- 
zaines de  boutures  de  ceux  de  ces  hybrides 
déjà  signalés  comme  bons  ou  sufTisants  ; 
gi*errons-les,  ces  boulures,  à  la  fente  et  à 
fleur  du  sol  sur  de  gros  ceps  décapités  ;  de 
cette  façon,  déjà  k  la  (in  de  la  première  an- 
née nous  aurons  du  bois  de  taille,  et  la  Fé- 
conde annexe,  nous  jugerons  la  valeur  du 
produit;  chacun  de  nous  pourra  ainsi  choi- 
sir celui  ou  ceux  qui  conviendront  le 
mieux  à  son  sol,  exposition,  climat,  etc.  ; 
puis,  lorsque  nous  no  pourrons  plus  lutter 
efficacement  soit  contre  la  pourriture,  soit 
contre  le  black-rot,  avec  nos  anciens 
plants^  ces  vieux  serviteurs,  nous  les  greffe- 
rons à  l'écusson  ;  nous  les  écussonnerons, 
comme  nous  faisons  pour  changer  nos  varié- 
tés de  pêches.  —  La  greffe  ù  l'écusson, 
procédés  Massabié  ou  Salgue,  voilà  l'avenir, 
voilà  l'opération  simple  et  facile  qui  va 
nous  permettre  de  transformer  à  volonté 
la  nature  de  nos  plants,  sans  arracher,  sans 
perdre  même  de  récolte,  et  tout  cela  avec 
un  minimum  extraordinaire  de  travail  et  de 
dépense. 

Mais  habituons-nous  à  la  pratiquer  dès  à 
présent  cette  greffe  ;  car,  pour  la  réussir,  il 
y  a  des  pratiques  délicates  à  connaître  et  un 
coup  de  main  à  acquérir. 

Voilà  ce  que  je  tais  depuis  deux  ans  ;  la 
première  année,  mon  dévoué  serviteur,  au- 
quel j'ai  confié  le  soin  de  me  placer  des 
écussons  en  a  réussi  vingt-cinq  sur  mille,  il 
y  a  deux  ans,et50  à  00  pour  100  Tan  der- 
nier, en  ne  faisant  que  cela  du  15  mai  au  t?0 
juillet.  Voilà  la  période  de  temps  pendant 
laquelle  il  faut  écussonner  la  vigne  ;  on  ne 
peut  pas  commencer  plus  tôt  et  il  ne  faut 
pas  opérer  plus  tard. 


Faites  comme  mot  ;  vous  ne  courrez  au- 
cun risque,  vous  ne  compromettrez  rien  ; 
si  vous  ne  réussissez  pas  à  écussonner  qo 
cep  cette  année,  vous  recommencerez  lo- 
pération  l'an  prochain,  tout  en  le  laissant  à 
fruit. 

Voilà,  ce  me  semble,  Vavenir  Je  la  viti- 
culture assuré,  malgré  tous  les  points  noirs 
qui  obscurcissent  notre  horizon. 

Voilà  également  la  viticulture  de  Vavenir: 
c'est  la  viticulture  ramenée  à  ce  qu*elle  étaii 
dans  le  passé,  c*est-à-dire  plus  de  greffage, 
et  la  possibilité  comme  par  le  passé,  de  per- 
pétuer nos  vignes  par  le  provignage  et  sur- 
tout le  marcottage,  pour  les  léguer  à  nos  en- 
fants et  même  à  nos  pe'.ils-enfants. 

D'  Grandclf.ment. 


DEUX  NOUVEAUX  ENNEMIS 
DE8  ARBRES  FRUITIERS  EN  EUROPE. 

Communication  de  M.  Demaiffe,^  Girignin 
(Ardennes). 

On  vient  de  signaler  en  Europe  l'appari- 
tion de  deux  nouveaux  et  terribles  ennemis 
des  arbres  fruitiei*s  qui  nous  auraient  été 
importés  de  Californie .  Ils  appartiennent  au 
groupe  (les  Coccidœ^  que  Ton  désigne  ordi- 
nairement sous  le  nom  de  cochenilles  ;  ce 
sont  VAspidiotus  perniciosuSy  ou  pou  de 
San  José,  et  Xlceryo  purchasi^  ou  pou  flot- 
tant, assez  voisin  de  la  cochenille  du  citron- 
nier. 

Ces  deux  insectes  causent  actuellement 
d'immenses  ravages  en  Amérique,  et  il  se 
pourrait  que  d'ici  quelques  années,  si  l'on 
ne  prend  de  grandes  précautions,  nos  ver- 
gers tussent  également  envahis  par  ces  des- 
tructeurs. * 

Le  pou  de  San-Joséa  été  trouvé  dernière- 
ment par  le  D' Franck,  sur  les  poires  entrées 
en  Allemagne  par  le  port  de  Hambourg  et 
arrivant  d'Amérique.  Ces  insectes  étaient 
bien  vivants  et  capables  de  propager  le  re- 
doutable fléau.  Nous  ne  parlerons  pas  da- 
vantage de  ce  pou  dont  toute  la  presse  hor- 
ticole européenne  s'est  occupée  en  signalant 
le  danger  qui  menaçait  nos  cultures. 


153 


AGRlCULtUne. 


154 


VIcerya  purchasi  est  également  une  co- 
cheDillequi  selon  toute  probabilité  vient 
d'Australie.  En  1870,  on  signalait  déjà  sa 
présence  en  CaIifornie,au  Mexique,en  Nou- 
felIe-Zélande  ;  malheureusement  depuis 
plusieurs  années  il  existe  également  au  Por- 
tugal, où  il  aurait  été  importé  soit  de  Cali- 
fornie par  des  vignes  américaines,  soit  d'Aus- 
tralie par  des  arbres  tels  que  V Acacia  Me- 
lanoxylon  et  le  Carinocarpus  lœwigatus. 
Dans  certaines  localités  des  environs  de  Lis- 
bonne, tous  les  arbres  et  arbustes  sont  dé- 
jà complètement  envahis  :  les  orangers  et 
les  mandariniers  sont  particulièrement  at- 
taqués, mais  les  ravages  s'étendent  indistinc- 
tement sur  toutes  les  essences. 

La  iemelle,  aptère,  longue  de  4  à  ô  mil- 
limètres, reste  immobile,  appliquée  sur  les 
branches  et  sur  les  rameaux  des  arbres,  son 
loug  rostre  enfoncé  dans  le  parenchyme  cor- 
tical. Son  abdomen  présente  un  nombre  in- 
calculable de  petites  glandes  sécrétant  une 
sorte  de  duvet  laineux,  analogue  à  celui  que 
1  on  observe  sur  le  cx)rps  du  puceron  lani- 
gère [Schi\oneura  Lanigera),  Elle  pond  de 
1,000  à  1,200  œufs  elliptiques,  de  couleur 
rouge,  qu'elle  recouvre  de  son  abdomen, 
Après  sa  mort,  son  corps  desséché  forme 
QDc  sorte  de  carapace  protégeant  ces  œufs 
qui  résistent  ainsi  parfaitement  aux  intem- 
péries de  rhiver,  et  aux  divers  insecticides 
que  Ton  pourait  projeter  pour  les  détrui- 
re ou  empêcher  leur  éclosion. 

Les  mâles  sont  ailés,  longs  de3  à  4  milli- 
mètres ;  ils  sont  de  couleur  rougeâtre  et 
Dont  pas  de  carapace.  L'éclosion  commence 
au  printemps  pour  se  prolonger  jusqu'à 
lautomne.  Lei jeunes  larves, d'abord rougeâ- 
très,  puis  oranges,  quittent  bientôt  leur 
abri  naturel  et  se  déplacent  le  long  des  ra- 
meaux; leurs  téguments  sont  alors  peu  épais, 
et  c'est  à  ce  moment  qu'il  convient  de  les 
combattre  en  employant  des  insecticides. 

En  Californie,  on  se  servait  d*abord  des 
cyanures,  mais  ces  solutions  sont  tellement 
dangereuses  qu'on  a  dû  les  abandonner. 

On  a  actuellement  recours  à  la  potasse,  à 
lasoude,  au  lysol  ;  on  recommande  particu- 
lièrement la  formule  suivante  : 

2kilog.  savon  noir  dissous  dans  5  lilres 


d'eau  chaude  et  2  kilog  de  térébenthine  ;  la 
solution  est  complétée  à  100  litres. 

Ces  insecticides  sont  malheureusement 
sans  effet  sur  les  œufs,  parce  que  les  jeunes 
larves  sont  abritées  sous  les  carapaces  des 
femelles  ;  d'autre  part  les  éclosions  se  pro- 
longeant pendant  tout  les  cours  de  la  belle 
saison,  il  en  résulte  qu'il  conviendrait,  pour 
combattre  ces  insectes  parasites  d'une  fa- 
çon efficace,  de  répéter  souvent  les  traite- 
ments, qui  pour  des  arbres  d'une  certaine 
taille  sont  très  difficiles  et  dispendieux. 

Aussi  nous  espérons  que  l'on  prendra  tou- 
tes les  précautions  possibles  pour  empêcher 
l'introduction  de  ce  destructeur  en  France, 
en  visitant  soigneusement  ou  même  en  in- 
terdisant l'importation  de  certains  déchets 
de  matières  utilisées  pour  les  emballages, 
ainsi  que  celle  des  plantes  provenant  de 
pays  où  existe  ce  redoutable  ennemi* 


LA    NIELLE  DES  BLÉS 

Depuisde  nombreuses  années,  celte  anguil- 
Iule  cause  de  graves  dégâts  dans  le  nord  de 
la  France. 

Le  grain  de  blé  attaqué  par  l'anguillule, 
est  atrophié,  globuleux,  plus  ou  moins 
ratatiné,  d'un  aspect  noirâtre,  extrêmement 
dur  quand  il  est  sec. 

Quand  on  coupe  ce  grain,  on  voit  qu'il 
est  composé  d'une  enveloppe  très  épaisse 
remplie  d'une  matière  blanchâtre  ;  si  l'on 
place  sous  le  microscope,  à  un  grossissement 
de  30  à  40  diamètres  seulement,  un  peu  de 
cette  matière  diluée  dans  une  goutte  d'eau, 
on  voit  que  cette  matière  est  formée  d'une 
quantité  innombrable  de  petits  vers  filifor- 
mes, qui  s'animent  et  serpentent  plus  ou 
moins  rapidementdans  la  goutte  d'eau. 

Les  anguillulesde  la  Nielle  à  l'état  de  lar- 
ves, c'est-à-dire  non  encore  pourvues  d'or- 
ganes sexuels,  possèdent  la  propriété  de  re- 
trouver le  mouvement  et  la  vie,  après  être 
restées  longtemps,  plusieurs  années  même, 
en  état  de  dessiccation  et  de  mort  apparen- 
te ;  elles  possèdent,en  outre,  une  résistance 
non    moins  remarquable  à  l'action  de  cer- 

8 


155 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'AGàDGMIE  NATIONALE. 


156 


taines  substances,  qui  tuent  rapidement  la 
plupart  des  autres  animaux.  Les  poisons  les 
plus  actifs,  pourvu  qu'ils  n'agissent  pas  chi- 
miquement sur  les  tissus,  sont  complètement 
inofiensirs  pour  la  vie  de  ces  anguillules« 

Lessubstances  qui  agissent  chimiquement 
sur  les  tissus  tuent  ces  anguillules  plus  ou 
moins  rapidement;  telles  sont  ledeuto-chlo- 
rure  de  mercure,  le  sulfate  de  cuivre,  les 
acides  et  alcalis,  même  très  étendus  d'eau  : 
l'arsenic,  Tarséniate  de  soude,  l'alcool,  ont 
une  action  relativement  très  lente  ;  celle  des 
substances  acidesest  au  contraire  très  promp- 
te :  l'acide  sulfurique,  par  exemple,  même 
étendu  de  200  fois  son  volume  d'eau, les  tue 
en  quelques  heures. 

Le  grain  contenant  des  anguillules  ne  ger- 
me pas;  quand  on  sème  les  blés  sains  en 
même  temps  que  les  blés  niellés,  les  pre- 
miers se  développent,  tandis  que  les  der- 
niers, simplementgonflés  par  l'humidité  du 
sol,  s'ouvrent  et  donnent  passage  aux  an- 
guillules auxquelles  Thumidité  a' rendu  la 
vie. 

Celles-ci  se  dirigent  dans  la  gemmule  qui 
sont  des  grains  de  blé  en  germination  et  se 
logent  sous  les  feuilles  qui  entourent  la 
jeune  tige  destinée  à  porter  plus  tard  l'épi. 
La  plante  se  trouve  donc  dès  sa  sortie  de 
terre  envahie  par  les  anguillules.  Si  Tannée 
est  sèche,  elles  demeurent  immobiles,  col- 
lées pendant  le  développement  de  la  plante 
à  la  face  interne  des  feuilles  inférieures  sans 
pouvoir  atteindre  l'épi  ;  au  contraire,  si  l'an- 
née est  humide,  elles  montent  en  même 
temps  que  l'épi,  s'introduisent  dans  l'ovule, 
au  moment  où  cel  ui-ci  n'est  en  réalité  qu'une 
pâte  molle  et  laiteuse,  et  là,absorbent  la  ma- 
tière devant  former  le  grain,  grossissent  et 
se  modifient  ;  les  sexes  se  dessinent,  les  ac- 
couplements ont  lieu  et  les  femelles  produi- 
sent des  myriades  d'oeufs,  puis  meurent. 
Bientôt  ces  œufs  donnent  naissance  à  des 
anguillules  qu*on  trouvera  plus  tard  dans  le 
blé  niellé. 

Les  moyens  pratiques  de  destruction  con- 
sistent à  nettoyer  soigneusement  au  moyen 
du  tarare,  les  grains  qu'on  a  l'intention  d'en- 
semencer ;  puis  après  la  récolte,  lorsque  le 
blé  aura  été  battu,  arroser  le  tas  avec  un 


solution  composée  de  :  sulfate  de  cuivre,  1 
kil.  500  ;  acide  sulfurique,  200  grammes  ; 
eau,  100  litres. 


LE8  POULES  PONDEU8E8 

A  quellft  époque  faut-il  renouveler  sa 
basse-cour  ?  Et  quel  est  l'âge  que  ne  peu- 
vent dépasser  les  pondeuses  ? 

Voilà  deux  questions  qui  seront  toujours 
d'actualité. 

La  première  n'exige  qu'une  courte  ré- 
ponse ;  la  saison  qui  convient  le  mieux  pour 
régénérer  son  poulailler  est,  sans  contredit, 
l'automne,  et  voici  pourquoi  :  à  cette  épo- 
que de  l'année,  les  poulettes,  nées  au  prin- 
temps, ont  déjà  acquis  leur  complet  déve- 
loppement. Ellessont  magnifiques  de  taille 
et  de  belles  couleurs.  Leur  santé  et  leur 
belle  humeur  florissantes  font  plaisir  à 
voir. 

Bientôt,  dans  quelques  semaines  à  peine, 
elles  se  mettront  à  pondre,  et  nous  pour- 
rons ainsi  récolter^durant  tout  l'hiver,!  eurs 
œufs  pràcieux  et  abondants. 

La  seconde  question  demande  comme  ré- 
ponse de  plus  longs  développements,  car 
elle  porte  avec  elle  le  secret  de  la  prospérité 
ou  de  la  décadence  économique  delà  basse- 
cour. 

Avant  de  pondre  son  premier  œuf,  l'o- 
vaire de  la  jeune  poule  renferme  de  400  à 
650  œufs,  suivant  le  plus  ou  moins  de  pro- 
pension à  la  pondaison  que  possède  la  race 
à  laquelle  elle  appartient. 

Ainsi  une  poule  Hambourg,  crayonnée, 
dorée—  la  reine  des  pondeuses  gallines  — 
a  un  chapelet  d'œuis  qui  peut  aller  jus- 
qu'à 700,  tandis  que  le  Brahma,  cette  autre 
reine  de  beauté,  ne  donnerait  guère  plus 
de  340  à  420  œufs,  si  on  la  laissait  mourir 
de  vieillesse. 

Les  poules  âgées  ne  pondent  jamais  l'hi- 
ver. De  plus,  elles  ne  pondent  que  tous  les 
deux  ou  trois  jours.  Après  15  jours,  elles 
s'arrêtent  pendant  8  jours.  Elles  ne  donnent 
donc  pas  plus  de  70  à  80  œufs  par  année. 
C'est  peu, beaucoup  trop  peu,  carà  ceeanap- 


157 


AGRICULTURE. 


158 


le  I  éleveur,  au  lieu  d'y  trouver  profit,  ne 
récolte  que  pertes  de  sa  basse-cour. 

Au  contraire,  les  jeunes  poules  pondent 
à  merveille.  Elles  n'arrêtent  leur  ponte  que 
tous  les  4  ou  5  jours,  et  encore  pendant  un 
mois  seulement.  Aussi  le  nombre  d'oeufs 
qu  elles  donnent  par  année  est-il  vraiment 
prodigieux  parfois  :  on  cite  plusieurs  exem- 
plesde  poules  de  Campine  qui  ont  procuré 
à  leur  propriétaire  un  rendement  annuel 
de 270 à 295  œufs! 

Cecbiffreestexceptionnel,je  le  veux  bien. 
Mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai  que  les  jeu- 
nes poules  pondent  beaucoup  plus  que  les 
vieilles.  Tout  le  monde  sera  d'accord  sur  ce 
point,  car  chacun  a  pu  être  juge  par  lui- 
même  du  fait  que  nous  avançons. 

  quel  âge  faut-il  se  défaire  maintenant 
d'une  pondeuse  ?  Nous  répondons  :  à  trois 
ans.  Certains  disent:  quatre  ans.  Mais  noHS 
ne  partageons  pas  leur  avis  et  cela  pour  des 
raisons  motivées  : 

La  première  année,  une  poule  donne  de 
34 à  75  œufs. 

La  seconde  année,  la  même  poule  donne 
de  100  à  160  œufs. 

La  troisième  année,  de  90  à  140  œufs. 

La  quatrième  année,  de  65  à  95  œufs. 

La  cinquième  année,  de  40  à  78  œufs. 

Et  ainsi  de  suite. 

La  ponte  va  toujours  en  diminuant,  d*an<' 
née  en  année,  pour  tomber  à  une  produc- 
tion annuelle  d'une  dizaine  d'œufs  lorsque 
la  poule  atteint  sa  huitième  année. 

Par  contre,  avec  des  jeunes  poules,  on 
est  assuré  d'avoir  des  œufs  frais  constam- 
iieot. 

(Revue  avicole.) 


LA  PRODUCTION  DU  BIIEL  EN  TUNISIE 

CoouDunieation  de  M.  Th.  Blow  au  Bul- 
letin de  la  Direction  de  t Agriculture  et 
du  commerce  de  la  Régence  de  Tunis. 


Pendant  les  mois  d'août  et  de  septembre, 
j'ai  étudié  avec  beaucoup  d'attention  la  ques- 
tion de  rApiculturei  dans  la  Régence.  Au- 


tant que  j'ai  pu  m'en  assurer,  certaines  ré- 
gions y  sont,  à  mon  avis,  absolument  sans 
égales  dans  aucune  partie  du  monde  au  point 
de  vue  des  ressources  qu'elles  offrent  pour 
la  production  du  miel.  Ces  districts  sont  les 
collines  sur  lesquelles  croissent  d'immen- 
ses quantités  de  romarin  {rosmarinus  offi^ 
cinalîs)^  de  bruyère  {erica  multiflora)  et  de 
beaucoup  d'autres  plantes  mellifères.  Il  en 
existe,  j'imagine,  des  millions  d'hectares  et, 
dans  la  plus  grande  partie,  le  miel  est  abso- 
lument  perdu,  faute  d'abeilles  pour  le  récol** 
ter.  Le  miel  peut  non  seulement  y  être  ob- 
tenu en  grande  quantité,  mais  la  qualité  on 
est  aussi  remarquable  ;  en  fait,  il  ne  peut  y 
avoir  de  miel  plus  fin  que  celui  que  donnent 
en  hiver  et  au  printemps  la  bruyère  et  le  ro- 
marin. Le  climat  est  favorable  à  Tapicultu- 
re,  car  les  abeilles  peuvent  travailler  pen- 
dant une  bonne  partie  du  temps  où  ces  plan- 
tes sont  en  fleur  (l'hiver  comme  nous  l'en- 
tendons en  Europe  n'existant  pas).  La  bru- 
yère et  le  romarin  commencent  à  fleurir  en 
novembre  et  décembre,  pour  continuer  jus- 
qu'en mars  et  avril,  et  pendant  ces  mois  l'a- 
piculteur peut  compter  sur  une  abondante 
récolte.  Plus  tard,  apparaissent  le  calicolo' 
me  villosa^le  thymus  numidicus  et  d'autres 
espèces  de  thymus,  quelques  espèces  de  m- 
tus  et  beaucoup  d'autres  plantes  mellifères; 
de  sorte  qu'en  réalité  il  y  a  une  bonne  ré- 
colte de  novembre  à  mai,  ce  qui  est  une  pé- 
riode de  très  longue  durée,  surtout  si  l'on 
considère  la  plus  grande  abondance  des  plan- 
tes mellifères  pendant  tout  ce  temps. 

Il^st  à  remarquer  que  chaque  kilogramme 
de  miel  récolté  est  autantde  gagné  au  point  de 
vue  de  la  richesse  nationale  d'une  contrée» 
car  celui  qui  n'est  pas  recueilli  parles  abeil- 
les est  absolument  perdu.  Les  producteurs 
de  fruits  et  ceux  qui  possèdent  des  vergers 
d'amandiers  ne  doivent  pas  oublier  non  plus 
que  leurs  récoltes  seront  considérablement 
augmentées  s'ils  ont  beaucoup  d'abeilles 
pour  assurer  Complètement  la  fécondation 
des  fleurs. 

Les  aoeillesde  Tunisie  sont  très  rustiques, 
laborieuses,  en  un  mot,  tout  ce  que  Ton  peut 
désirer  de  mieux  pour  le  pays  et  je  recom- 
mande fortement  qu'on  ne  tente  pas  Tintro- 


159 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  ACADÉMIE  NATIONALE. 


Itx) 


duction  d'abeilles  étrangères  ;  en  outre,  les 
tunisiennes  n'étant  pas,  autant  que  j'ai  pu 
m'en  assurer,  sujettes  à  la  maladie  appelée 
loque  (qui  a  causé  et  cause  encore  tant  de 
ravages  parmi  les  abeilles  d'Eropes),  je  con- 
seille qu'il  soit  pris  les  mesures  les  plus  rigou- 
reuses pour  prohiber  absolument  Timporta- 
tion  d'abeilles  d'autres  pays,  car  il  y  aurait 
un  très  grand  risque  que  la  maladie  fût  in- 
troduite, puisqu'elle  est  répandue  partout 
en  Europe. 

Le  choix  de  l'emplacement  d'un  rucher  de- 
mande un  certain  discernement  ;  le  seul  in- 
convénient de  quelque  importance  que  pré- 
sente la  contrée,  c'est  qu*elle  est  exposée  à  des 
vents  violents  et  fréquents;  on  devra  donc 
choisir  des  endroits  abrités  le  plus  possible  de 
ces  vents.L'ombreestégalement  très  désirable 
pour  les  ruches,  en  raison  de  la  grande  cha- 
leur qui  règne  en  été.  La  meilleure  manière 
d'obtenir  cette  ombre  est  d'élever  delà  vigne 
sur  des  tonnelles, sous  lesquelles,  si  ellessont 
suffisamment  larges,  on  pourra  abriter  con- 
venablement deux  rangées  de  ruches. 

Je  suis  d'avis  qu'on  ne  doit  récolter  que 
du  miel  extrait  (le  miel  en  rayon  est  plus 
difficile  à  manipuler  ;  on  en  obtient  beau- 
coup moins  et,  dans  une  contrée  comme  la 
Tunisie,  où   il  y  a  peu  de  chemins  de  fer,  il 


serait  beaucoup  plus  sujet  à  éprouver  des 
avaries  dans  le  transport  sur  routes),  et  j'esti- 
me que  dans  un  rucher  bi»^n  dirigé  on  peut 
obtenir  une  moyenne  de  25  à  30  kilogram- 
mes par  ruche  en  saison  ordinaire. 

Le  miel  se  vendra  facilement  à  un  bon 
prix,  à  peu  prèspartout,  grâce  à  ce  qu'il  estde 
belle  qualité,  tant  comme  goût  que  comme 
couleur. 

Si  Ton  prend  pour  base  un  rendement  de 
25  kilogrammes  seulement  par  ruche,  calcu- 
lés au  prix  modiquede  1  franc  par  kilogram- 
me, les  profits  d'un  rucher  de  1,000  ruches 
seraient  très considérables;î,000  ruches, avec 
les  abeilles  et  tout  l'outillage  au  complet, 
coûtant  environ  25.000  francs,  cela  donne 
1.000  X  25  =  25.100  kilogrammes  à  1  franc 
=  25.000  fr.,  moins  35  pour  100  pour  la  di- 
rection et  15  pour  100  pour  l'intérêt,  lamor- 
tisseraent.  etc.,  — 12.50?  francs, soit  un  ren- 
dement do  50  pour  100  par  an.  Ou  bien,  si 
Ton  adopte  pour  ce  rucher,  comme  cela  te 
faitbeaucoup  dans  quelques  pays,  le  système 
du  métayage,  qui  donne  généralement  d'ex- 
cellents résultats,  le  rendement  net,  après  dé- 
duction d'environ  3.750  francs  pour  intérêts 
et  amortissement,  serait  de  8.750  francs 
soit  entre  30  et  40  pour  100  par  an. 


INDUSTRIE 


LA    FABRICATION    DU   CARBURE  DE 
CALCIUM  EN  FIN  D'ANNÉE  1897. 


Les  destinées  du  merveilleux  éclairage  au 
gaz  acétylène  étant  étroitement  dépendantes 
de  l'organisation  générale  de  la  fabrication 
du  carbure  de  calcium  dans  les  divers  pays 
du  monde,  il  est  intéressant  de  connaître 
quel  était  rétat  de  celte  organisation  à  la 
fin  de  Tannée  dernière. 

Voici,  à  ce  sujet,  quelques  renseignements 
précis  empruntés  à  la  Revue  industrielle  : 

Europe.  —  11  y  avait  en  Europe  10  fabri- 
quesde  carbure  dontla  principale,  qui  four- 


nit TAllemagne  et  l'Europe  de  l'Est,  est  celle 
de  Neuhausen  (Suisse),  près  des  chutes  du 
Rhin,  àSchaffliouse.  Cest  le  premier  éta- 
blissement, sauf  une  installation  faite  en 
France,  où  Ton  ait  commencé  à  fabriquer 
des  carbures  sur  une  grande  échelle,  à  Tai- 
dedu  four  électrique  et  d'une  chute  d'eau. 
Cette  usine  fournit  actuellement  00.000  kg. 
de  carbure  aux  chemins  de  fer  allemands 
pour  renrichissemenl  de  leur  gaz  d*huile  et 
pour  Téclairage  de  leur  stations,  magasins, 
etc.  Elle  met  en  vente  du  carbure-type,  pou- 
vant donner  de  300  à  320  litres  d'acétylène 
par  kg.  aux  prix  et  conditions  suivantes  : 
De  là  1000  kg.  0,60  le  kg.  ; 


161 


INDUSTRIE. 


162 


De  1000  à  5000,  0,50  le  kg.  ; 

De  5000  et  au-dessus,  0,45  le  kg. 

Ces  prix  s'appliquent  pour  carbure  pris  à 
l'asiae  non  emballé. 

Une  autre  usine,  celle  de  Bitterfeld  (Alle- 
magne) vend  le  carbure  aux  conditions  sui- 
fantes: 

0,66  fr.  le  kg:  pour  petites  commandes  ; 

0,50  fr.  le  kg.  pour  fortes  commandes; 

et  0,46  fr.  le  kg.  pour  les  marchés  impor- 
tants ;  livraison  à  Hambourg,  emballage  non 
compris. 

Une  association,  dont  le  siège  est  à  Franc- 
fort, a  été  organisée  en  Allemagne  entre  les 
principaux  fabricants  de  carbure,  dans  le 
but  de  faire  connaître  la  nouvelle  industrie 
n  d'amener  les  municipalités  et  les  Compa- 
gniesd'assurances  à  ac<!epter  Tacétylène  com- 
me un  article  de  commerce  ne  motivant 
pas  une  réglementation  spéciale. 

En  Angleterre,  le  prix  de  vente  du  car- 
bure serait  de  400  fr.  la  lonne  de  1015  kg. 
Enfin,  il  existe  des  usines  de  carbure  à  Ter- 
ni Italie  ,  à  Genève,  à  Rheinfeld;  Tune  des 
grandes  stations  centralesd^électricité  d'Eu- 
rope vient  aussi  de  commencer  la  tabrica- 
tion  du  carbure. 

Ajoutons  que  la  Deutscher  Yereiii  fur 
Acetylen  und  Carbid  fait  des  démarches  afin 
de  décider  les   mesures  à  prendre  en   vue 

d'une  première  exposition  d'acétylène    à 

Berlin. 

Amérique.  —  Il  existe  actuellement,  aux 
Kiats-Unis,  6  établissements  pour  la  fabri- 
cation du  carbure  de  calcium.  Le  plus  im- 
portant est  celui  de  Niagara  Falls,  qui  peut 
produire  jusqu'à  10  tonnes  de  carbure 
P^r  jour.  Le  seul  établissement  existant  au 
Canada  est  celui  de  Sainte-Catherine.  La 
production  du  carbure  aux  Etats-Unis  avait 
atteint  pendant  l'année  1897  le  chiffre  de 
1.744  050  kg.,  et  le  Canada  a  fourni  pendant 
I  )a  mémeanuée  543.600  kg.,  ce  qui  donne  un 
^oul  général  de 2.287.650  kg.,  représentant, 
iO,3863  fr.  le  kg.,une  valeur  de  883.75(J  fr. 

De  nouvelles  usines  qui  sont,  dit-on,  en 
projet  utiliseront  une  force  totale  approxi- 
«native de  100.000  ch.  pour  la  fabrication  du 
<^bure.  {Revue  industrielle,) 


ÉLÉVATION  DU  POINT  D*iNFLAIMIMATiON 
DES  HUILES  DE  PÉTROLE. 

Procédé  de  M.  E.  Berchten,  à  Londres. 


Le  journal  de  Londres  The  City  Press  Aw 
2  février  dernier,  a  publié  la  note  suivante, 
qu'il  nous  paraît  utile  de  reproduire  en  rai- 
son de  cequ'ellesignale  un  important  résul- 
tat nouveau  des  travaux  de  notre  Sociétaire 
M.  E.  Berchten  : 

«  11  semble  extrêmement  probable  que  des 
<c  mesures  législatives  seront  prises  dans  un 
«  prochain  avenir  pour  prévenir  la  vente  et 
tt  l'usage  dans  notre  pays  d'huiles  minérales 
aayantdespointsd*inflammation(/7a^A;7o/nf) 
«  trop  bas  et  par  conséquent  dangereux. 
tf  Naturellement,  en  raison  de  cette  proba- 
a  bilité,  Vattention  de  toutes  les  personnes 
<t  engagées  dans  le  commerce  de  Thuilemi- 
a  nérale  est  soigneusement  dirigée  vers  tout 
n  ce  qui  touche  ce  sujet. On  dit  môme  qu'une 
»  maison  s'approvisionnant  à  des  sources 
«  européennes  de  pétrole  s'est  déjà  arran- 
«  géede  façon  à  pouvoir  fournir  une  huile 
a  de  sûreté  aux  mêmes  prix  que  les  variétés 
tt  d'huiles  américaines  à  faibles  points  d'in- 
A  tlammation.  D'autres  maisons  poursuivent 
«  des  recherches  dans  le  même  but,  mais 
c  par  des  voies  différentes.  Mais  l'attention 
<c  doit  être  attirée  sur  la  proposition  faite 
a  par  M.  E.  Berchten,  docteur  en  philoso- 
«  phie,  demeurant  28^  Devonhsbire  Gham- 
«  bers,  Bishopsgate  street,  d'élever  le  point 
«  d'inflammation  d'huiles  à  inflammation 
«  basse  par  une  méthode  simple  et  pendis* 
a  pendieuse. 

((  M.  Berchten  qui,  disons* le  en  passant, 
c  a  acquis  l'expérience  le  plus  étendue  des 
a  terrains  pétrolifères  d'Europe  et  d'Améri- 
tt  que,  ne  nous  a  naturellement  pas  dévoilé 
«  les  détails  de  son  procédé,  mais  il  est  prêt 
(C  à  fournir  des  données  qui  montreront  qu'il 
a  est  à  même  d'assurer  de  remarquables  ré- 
u  sultats.  Il  peut  prendre,  suivant  ce  qu'il 
K  a  déclaré  au  représentant  de  The  City 
a  Press,  de  l'huile  inflammable  à  basse  tom- 
«  pérature,  c'est-à-dire  à  70",  et  élever  son 
a  point  d'inflammation  à  105%  grâce  à  un 


163 


lOURNAL  MENSUEL  DE  L'aGADAmIB  NATIONALE. 


16^ 


«  traitement  ne  coûtant  pas  plus  de  2  shil- 
«  lings  6  deniers  par  tonne,  c'est-à-dire  quel- 
«  que  chose  comme  1/8*  de  penny  (1  centi- 
«  me  1/4)  par  gallon  (4  litres 54  centilitres). 

€  De  plus,  iJ  promet  que  de  nouvelles  ré- 
«  ductions  dans  le  prix  de  revient  du  traite- 
«  ment  seraient  obtenues  dans  une  manu- 
<c  facture  spécialement  équipée  pour  opérer 
c  sur  de  grandes  quantités  d'huile  en  une  seu- 
a  leopération.  Il  affirmeaussique  Thuile  ainsi 
«  traitée  brûle  plus  longtemps  que  dans  son 
u  état  primitif. 

«  Il  est  manifeste,  par  conséquent,  que  si 
«  ces  résultats  peuvent  se  soutenir  dans  la 
«  pratique, etsi  les  propositions  de  M.Berch- 
«  ten  sont  réalisées  effectivement  sur  une 
«  large  échelle,  les  consommateurs  d'huile 
«  pour  usages  domestiques  auront  à  leur 
a  disposition  un  parfait  éclairage  de  sûreté, 
«t  et  cela  sans  augmentation  appréciable  du 
«  prix  de  revient.  » 


LE  MARCHÉ  DES  MÉTAUX    A  LONDRES 
pendant  Tannée  1897 

(Revue  publiée  par  le  journal /ronmon^er.) 


CUIVRE 


Le  coup  d'œil  rétrospectif  sur  Tannée  qui 
vient  de  se  terminer  ne  fournit  ni  aux  pro- 
ducteurs, ni  aux  spéculateursToccasion  de 
se  féliciter  de  leurs  opérations.  L'année  1807 
s*est  présentée  pour  eux  sous  les  plus  heu- 
reux auspices,  au  point  de  les  engager  à 
élargir  de  plus  en  plus  le  champ  de  leur  ac« 
tion,  pour  laisser  ensuite  leurs  rêves  irréa- 
lisés. 

En  janvier  tout  annonçait  une  année  fe* 
conde  ;  la  consommation  faisait  des  progrès 
énormes,  et  la  production,  malgré  tous  ses 
efforts,  ne  pouvait  pas  satisfaire  la  deman- 
de.  L'une  des  plus  grandes  maisons  se  lan- 
ça aussitôt  dans  de  vastes  opérations,  et 
d'autres  la  suivirent  bientôt,  de  sorte  que 
les  Tintos  comme  les  GMB,  firent  rapidement 
des  progrès.  Au  commencement  de  février, 
cependant,  un  changement  se  produisit. 

Les  troubles  en  Crète  et  l'agitation  ou 


vrièresurla  côte  nord-est,  paralysèrent  Vtr- 
deur  des  promoteurs  et  les  cours  commen 
cèrent  graduellement  à  baisser. 

En  avril,  TAmérique,  dont  les  envoti 
avaient  été  assez  restreints  pendant  les  moi: 
précédents,  faisait  de  nouveau  des  expédi- 
tions importantes,  de  sorte  que  les  stocks 
eurent  bientôt  dépassé  la  consommation  de 
plus  de  2,400  t. 

Les  troubles  de  Grèce  aidant,  la  baisse 
fut  rapide.  La  cote  la  plus  basse  a  été  at- 
teinte en  mai.  Depuis  cette  époque,  quel- 
ques reprises  eurent  lieu,  mais  les  mouve- 
ments du  marché  pendant  le  reste  de  Tan- 
née suivirent  pas  à  pas  les  espoirs  ou  les 
découragements  provoqués  successivement 
par  la  grève  des  mécaniciens.  Sans  cette  lut- 
te intempestive  Tannée  aurait  certainement 
justifié  les  excellents  résultats  que  promet- 
taient les  débuts.  En  août  et  septembre  Ta- 
mélioration  est  devenue  plus  stable,  grâce 
à  la  fermeté  des  statistiques,  surtout  en  Amé- 
rique, où  les  affaires  étaient  excellentes,  et 
oii  on  ne  poussait  pas,  par  conséquent,  aux 
exportations.  Ce  qui  a  affermi  aussi  la  cote, 
c'est  la  faiblesse  des  stocks  dans  les  mains 
des  consommateurs,  qui  ont  toujours  acheté 
avec  la  plus  grande  circonspection,  parce 
(|ue  la  situation  n'encourageait  pas  la  for* 
mation  de  stocks. 

Un  autre  facteur  important  était  le  comp« 
te  assez  important  des  baissiers  qui  allaient 
être  lorcés  découvrir,  éventualité  escomptée 
avec  joie  par  les  haussiers.  Mais  tous  ces 
éléments  de  fermeté  ont  été  réduits  à  néant, 
et  le  marché  a  clôturé  à  un  niveau  beau- 
coup inférieur  à  celui  de  Tannée  dernière. 
Le  prix  du  cuivre  au  comptant  a  varié  en- 
tre 51  liv.  st.  17  s.  6  d.  et  47  liv.  st.  ;  les 
cuivres  raffinés  et  manufacturés  ont  subi 
des  fluctuations  à  peu  près  similaires. 

Quant  à  la  production,  les  statistiques  ont 
accusé  une  notable  augmentation,  et,  malgré 
les  grèves  qui  ont  désorganisé  la  construc- 
tion mécanique  dans  la  deuxième  partie  de 
Tannée,  les  livraisons  sont  supérieures  à 
celles  de  1890.  Les  stocks  visibles  vers  le 
milieu  de  décembre  étaient  à  peu  près  égaux 
à  ceux  de  la  lin  de  Tannée  1896,  mais  il  y  a 
eu  de  notables  changements  pendant  Tan- 


165 


INDUSTRIE. 


16Ô 


née.  Ainsi,  en  janvier  et  février,  il  y  a  eu 
une  baissede  plus  de  4.000  t.,  et  les  statisti- 
ques accusaient  3G,S59  t.  à  la  fin  de  février, 
mais  en  mars  Tacoumulation  a  commencé 
et  on  notait  a3,224  t.  Ce  chiffre  est  porté  à 
34,000  t.  à  la  fin  d*octobre,  après  quoi  une 
baisse  soutenue  le  ramène  à  32,650  t.  au 
15  décembre. 

Dans  les  expéditions,  l'Amérique  tient  la 
première  place,  mais  les  variations  des  ex- 
péditions mensuelles  sont  assez  curieuses. 
Ainsi  en  janvier  les  expéditions  des  Etats- 
Unis  en  Europe atteifçnent  12,495  t.,  en  fé- 
vrier,6,813  t.,  en  mars  8,4 12  t.,  tandis  qu'en 
avril  elles  montent  jusqu'à  12,924  t.   " 

L'Espagne  et  le  Portugal  ont  envoyé  jus- 
qu'à la  fin  de  novembre  22,881  t.  contre 
13,930  t.  dans  la  période  correspondante  de 
l'année  précédente  ;  TAustralie  a  fourni  une 
quantité  plus  forte  qu'en  1896,  tandis  que 
le  Chili  et  les  autres  pays  en  ont  fourni 
moins. 

La  situation  de  Tannée.  1898  dépendra 
beaucoup  de  la  grève  des  mécaniciens.  Le 
travail  sera  abondant  lorsque  la  grève  sera 
terminée  ;  d'importantes  commandes  de  ma- 
chines^ de  locomotives  et  d'outils  de  toute 
sorte  attendent  Texécution.  La  consomma* 
tioD  sera  très  importante  et  elle  fera  sans 
doute  de  l'année  qui  commence  une  période 
de  prospérité  qui  effacera  le  pénible  souve- 
nir de  l'année  passée. 

ÉTAIN 

Les  influences  prépondérantes  de  l'année 
passée  peuvent  être  résumées  en  quelques 
mots  :  décroissance  de  la  production  dans 
les  détroits,  et  baisse  considérable  de  l'ar- 
gent. La  cote  la  plus  basse  de  l'année  est 
celle  de  janvier  :  58  1.  10  s.  ;  pendant  ce 
mois  une  poussée  de  hausse  s'est  fait  sentir, 
grâce  iQX  rapports  continuels  sur  la  diminu- 
tion de  la  production,  joints  aux  avis  favo- 
nbles  sur  les  meilleurs  achats  du  pays  de 
Gilles  et  de  l'Amérique,  de  sorte  que  le 
compuint  a  haussé  jusqu'à  63  1. 

La  confiance  a  été  soutenue  au  common- 
cemeni  de  février  par  la  décroissance  dans 
les  statistiques,  mais  à  ce  moment  Timpres- 
ftioD  générale  se  faisait  parce  que  la  hausse 


était  suffisante,  et  la  baisse,  commencée 
alors,  ne  s'est  arrêtée  qu'à  la  cote  59  I.  2  s. 
6  d.  atteinte  en  mars.  Les  influences  les  plus 
sérieuses  qui  ont  pesé  sur  la  cote  étaient  les 
complications  politiques  en  Grèce,  l'auge 
mentation  des  stocks,  la  démonétisation  de 
l'argent  au  Japon  (où  l'étalon  d'or  a  été  in- 
troduit au  taux  de  32  1/3  contre  1)  et  les 
offres  d'étain  d'Orient  sur  le  marché  de 
Londres.  La  possibilité  de  l'introduction  de 
l'argent  japonais  sur  le  marché  est  restée 
comme  un  nuage  menaçant  à  l'horizon  pen- 
dant plusieurs  semaines  ;  mais  le  marché 
s'est  ressaisi,  et  en  avril  la  cote  avait  atteint 
60 1. 7  s.  6  d.  lorsque  éclata  la  guerre  en  Grè- 
ce. En  même  temps  de  nouvelles  difficultés 
ouvrières  se  faisaient  sentir  dans  le  pays 
de  Galles,  de  sorte  que  les  prix  tombaient 
aussitôt  au  prix  de  59  1.  6  s.  3  d.  Ils  ont 
progressé  ensuite  jusqu'à  63 1.  10  s.  en  juin, 
parsuitedesfaibles  expéditions  des  détroits, 
oii  les  prix  étaient  bien  supérieurs  à  ceux 
de  Londres.  La  réduction  des  statistiques 
jusqu'à  1.750  t.,  à  la  fin  de  juin,  a  soutenu 
un  peu  les  cours,  mais  quelques  ventes  à 
bas  prix  d  étain  des  détroits,  provoqués  par 
la  baissede  l'argent,  ont  ramené  les  cours  à 
611.5  8. 

Les  fluctuations  pendant  la  deuxième  par- 
lie  de  l'année  ont  été  pou  importantes.  Quel- 
ques achats  de  l'Amérique  ont  soutenu  la 
cote  en  août,  et  les  statistiques  ont  en  géné- 
ral eu  un  caractère  favorable  pendant  tout 
le  mois.  Les  rapports  venus  des  Détroits  en 
octobre  ont  confirmé  les  précédantes  nou- 
velles sur  la  diminution  delà  production. 
On  attribuaitgénéralementcette  diminution 
à  l'épuisement  des  gisements  les  plus  riches, 
aux  nouvelles  rigueurs  du  coJe  minier,  et 
à  la  rareté  de  la  main-d  œuvre,  toutes  cho- 
ses qui  contribuaient  à  restreindre  fatale- 
ment la  production. 

La  hausse  jusqu^à  63  1.  2  s.  6d.  en  octo- 
bre a  été  provoquée  par  une  demande  acti- 
ve de  la  spéculation, encouragée  parla  meil- 
leure tendance  de  l'argent,  les  prix  élevés 
réalisés  dans  les  ventes  d'étain  hoUandaiset 
l'abstention  dos  vendeurs.  L'amélioration  ne 
s'est  cependant  pas  maintenue  longtemps, 
et  les  prix  ont  de  nouveau  fléchi,  grâce  à  la 


l&ï 


lOUBNAL  MENSUEL  DE  lVjLDÙIIE  NATIONALE. 


168 


tendance  dequelques  haussiers  à  abandon- 
ner la  lutte  en  réalisant  leur  stock. 

D'une  façon  générale  on  ne  peut  pas  con  - 
sidérer  Tannée  1897  comme  satisfaisante. 
Les  prix  ont  subi  de  nombreuses  fluctuations, 
et  la  clôture  de  Tannée  a  été  plus  basse  que 
Touverure.  11  est  cependant  rassurant  de 
voir  que  Tannée  1898  se  présente  dans  de 
meilleures  conditions.  La  consommation 
fait  de  rapides  progrès,  et  il  est  probable  que 
la  production  diminuera  encore  dans  les 
Détroite. 

PLOMB 

Le  marché  du  plomb  a  progressé  d'une  fa- 
çon soutenue  et  presque  continuelle  depuis 
Touverture  jusqu'en  septembre,  où  la  cote  a 
monté  brusquementde  IJ  1.15s.  à  131.10s. 
3  d.  pour  le  plomb  doux  d'Espugne,  et  de 
121.1  s.3d.à  14  1.5  s.  pour  le  plomb  anglais. 
Mais  peu  après  les  cours  ont  de  nouveau 
baissé  et  en  décembre  la  réduction  a  été  très 
importante.  La  consommation  a  été  soute- 
nue pendant  Tannée,  et  comme  les  stocks 
sont  toujours  restés  faibles,  les  cours  ont 
progressé. 

En  septembre  et  octobre  la  rareté  s'est 
encore  accentuée  en  même  temps  que  les 
troublei  survenus  en  Espagne  retardaient 
encore  les  expéditions.  Lorsque  les  affaires 
ont  repris  leur  état  normal,  les  prix  ont 
baissé  et  toutes  les  circonstances  indiquent 
actuellement  une  nouvelle  tendance  à  la 
baisse . 

ZINC 

Le  marché  du  zinc  a  été  assez  satisfaisant 
pendant  Tannée  passée.  La  demande  a  été 
soutenue  par  suite  des  ordres  assez  impor- 
tants en  tôles  galvanisées  qui  ont  été  placés 
de  temps  en  temps.  La  dépression  dans  les 
tôles,  provoquée  par  une  concurrence  ir- 
raisonnée, a  eu  une  heureuse  influence  sur 
le  zinc,  et  si  les  prix  n'ont  pas  été  beaucoup 
plus  élevés  à  la  tin  de  Tannée  qu'au  com- 
mencement, il  est  cependant  satisfaisant  de 
remarquer  qu'ils  sont  restés  soutenus  pen- 
dant une  longue  période. 

Après  avoir  atteint  18  1.  en  janvier,  les 
marques  ordinaires  n'ont  pas  dépassé  17  1. 


18  s.  9  d.  dans  le  mois  de  février,  mais  la 
cote  est  tombée  jusqu'à  17  1.  en  mars, 
elle  a  oscillé  entre  17  1.  5  s.  jusqu'en  octo- 
bre. Une  plus  grande  activité  s'est  manifes- 
tée à  ee  moment-là  et  les  prix  ont  haussé 
jusqu'à  13  1.  2  s.  6  d.  en  novembre  ;  la  clô- 
ture de  Tannée  a  été  soutenue  avec  des 
prix  un  peu  plus  élevés  qu'à  Touverture. 

D'une  façon  générale  la  demande  a  été 
excellente  pendant  Tannée  passée,  et  si  les 
Etats-Unis  n'avaient  pas  envoyé  des  quan- 
tités si  importantes,  il  y  aurait  eu  pénurie 
de  métal  sur  le  marché.  Il  est  à  noter  qu'une 
grande  partie  des  approvisionnements 
venus  des  Etats-Unis  a  été  écoulée  enÂ.n- 
gleterre  par  suite  d'une  surproduction  et 
les  expéditeurs  ont  été  contents  de  se  dé- 
'barrasser  de  leurs  stocks. 

Le  trait  caractéristique  de  cette  année  a 
été  la  quantité  considérable  de  zinc  élec- 
trolytique  offert  sur  le  marché  de  Londres 
par  des  maisons  allemandes  et  par  l'Aus- 
tralie. 

ANTIMOINE 

Il  y  a  peu  de  choses  à  dire  sur  ce  métal, 
pour  lequel  la  demande  est  toujours  res- 
treinte, dont  le  prix  a  peu  varié.  L'ouver- 
ture de  Tannée  a  été  soutenue  à  1. 30,  et  ce 
prix  aété  porté  à  1.  c03  s.  en  février  et  mars. 
En  avri  I  et  mai  la  cote  offlcielle  était  1 .  30 10 
s.  à  I.  31,  mais  dans  Tespace  de  deux  mois 
il  y  a  eu  une  réduction  jusqu'à  1.  29  10  s.  à 
1.  30  ;  plus  tard  ce  métal  a  encore  perdu  10 
s.  Mais  la  fermeté  est  revenue  et  Tannée 
s'est  clôturée  avec  un  ton  plus  ferme  qu'el- 
le n'avait  commencé. 

MERCURE 

Aucun  fait  saillant  ne  s'est  produit  sur  le 
marché  du  mercure,  qui  est  resté  entre  les 
mains  de  ceux  qui  y  détiennent  depuis  si 
longtemps  la  souveraineté.  Les  prix  extrê- 
mes de  Tannée  ont  été  1. 6  13  s.  6  d.  en  jan- 
vier et  1.  7  7  s.  6  d.  en  mai  et  juin.  Un 
saut  brusque  de  1.0  17  s.  0  d.  à  1.  7  5  s. 
eut  lieu  en  mars,  et  ce  cours  plus  élevé 
s'est  maintenu  en  avril  ;  le  mois  suivant  il 
y  a  encore  eu  un   progrès  de  2  s.  6  d.  En 


juillet  le  prix  est  retombé  uu  niveau  de 
mars  et  il  a  atteint  1. 6  15  s.  en  septembre  et 


PRODUITS  AUUENTAIRES.  170 

octobre,  mais  Tannéo  s'est  clôturée  avec 
une  amélioration  de  2  s.  6  d . 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


VAUEUR  AUMENTAIRE  DU  SUCRE 

Oi>servations  et  expériences  de  H.  Ghauveau. 

Dans  deux  communications  faites  à  TAca- 
demie  d«s  Sciences,  aux  séances  du  20  décem- 
bre 1897  et  du  14  mars  1898,  M.  Cbauveau, 
membre  de  cette  Académie  et  de  la  Société 
nationale  d'agriculture,  a  fait  connaître  les 
expériences  et  recbercbes  auxquelles  il  s'est 
livré  pour  déterminer  exactement  la  valeur 
alimentaire  du  sucre. 

Les  résultats  de  ces  travaux  établissent 
la  supériorité  de  la  valeur  nutritive  du  sucre 
sur  celle  même  de  la  graisse,eu  égard  à  leur 
valeur  thermogène  réciproque,  et  ont  ame- 
né M.  Cbauveau  à  conclure  que  le  sucre 
pouvait  remplir  le  rôle  d'un  excellent  ali- 
ment. 

H.  Cbauveau  a  réuni  Tencbaînement  des 
lails  qui  résultent  de  ses  recherches  dans 
une  série  de  propositions  méthodiques  for- 
mulées comme  il  suit  : 

«  l^  Les  quantités  de  sucre  ou  de  graisse 
qa'il  faut  ajouter  a  une  même  ration  fonda- 
mentale de  viande,  pour  entretenir  égale- 
ment bien  le  sujet  qui  travaille,  ne  sont  pas 
des  quantités  isodynames.  La  valeur  éner- 
gétique 0.756  en  sucre  agit  généralement 
aussi  bien,  sinon  mieux,  que  la  valeur  éner- 
gétique 1  en  graisse.Cette  différence,  déjà  si 
notable,  à  l'avantage  du  sucre,  est  même 
susceptible  de  s'accentuer  d'une  remarqua- 
ble manière. 

t  2^En  effet,  en  ce  qui  concerne  le  sucre, 
le  rapport  de  la  valeur  nutritive  à  la  valeur 
énergétique  n'est  pas  constant.Dans  certaines 
conditions  physiologiques,  comportant  l'é- 
dification de  tissus  nouveaux  ou  la  recons- 
titution des  éléments  anatomiques  d'un  or- 
ganisme épuisé,  ce  rapport  peut  être  accru 


considérablement,  tandis  que  pour  la  graisse 
il  reste  à  peu  près  au  même  chiflTre  ou  s'é- 
lève à  peine. 

«  3<^  L'augmentation  qu'éprouve  alors  le 
pouvoir  nutritif  du  sucre  tient  à  ce  que, 
dans  lesdites  conditions  physiologiques,  cet 
aliment  favorise  l'assimilation  en  nature  des 
albuminoïdes,  et  aussi  à  ce  qu'il  modère  le 
travail  de  désassimilation. 

<c  4^  Donc,  s'il  est  erroné  de  mesurer  la 
valeur  nutritive  d'un  aliment  de  force  à  sa 
valeur  thermique,  il  ne  le  serait  pas  moins 
de  déduire  cette  valeur  nutritive  exclusive- 
ment de  la  faculté  que  possède  l'aliment  de 
se  transformer  plus  ou  moins  économique- 
ment en  glycogène  musculaire. 

ce  5*  En  réalité,  tout  élément  doit  être  ju- 
gé, au  point  de  vue  de  sa  valeur  nutritive, 
à  l'aide  de  deux  critères  :  1""  son  aptitude  à 
fournir  le  potentiel  directement  et  immédia- 
tement employé  à  la  dépense  énergétique 
qu'entraînent  les  travaux  physiologiques  ; 
2?  rinfluence  indirecte  que  cet  aliment  est 
capable  d'exercer  sur  les  dépenses  et  les  res- 
titutions spéciales  attachées  au  renouvelle- 
ment et  la  formation  des  éléments  anatomi- 
ques de  l'organisme. 

t  6^  A  ce  double  point  de  vue,  la  supério- 
rité des  sucres  sur  les  graisses  est  de  toute 
évidence.  Elle  se  traduit  toujours  en  toutes 
circonstances,surtout  dans  les  cas  où  s'active 
la  fonction  rénovatrice  et  formatrice  des  tis- 
sus animaux. 

(c  Ceci  indique  l'importance  de  la  place 
que  le  sucre  peut  tenir  dans  Talimentation. 

a  Les  très  nombreuses  constatations  que 
j'ai  déjà  faites  sur  les  animaux  au  repos, 
soumis  à  une  simple  ration  d'entretien,  et 
dont  quelques-unes  ont  été  publiées  parCon- 
tejean,  me  laissent  penser  que  les  proposi- 
tions précédentes  s'appliquent   aussi  bien  à 


^^^  JOURNAL  HRNSUBL  Dt 

ces  animaux  qu'à  ceux  qui  travaillent.  On 
conaprend  aisément  qu'il  en  soit  ainsi,  quand 
un  réfléchit  au  rôle  considérable,  que  même 
à  l'état  de  repos,  le  travail  physiologique 
des  muscles  joue  dans  la  vie  de  Tanimal. 

«  Mais  je  ne  me  prononcerai  définitive- 
ment qu'après  avoir  terminé  une  série  expé- 
rimentale qui  m*aidera  à  montrer  que  mes 
propositions  ne  sont  nullement  en  désac- 
cord avec  celles  que  Lawes  et  Gilbert  ont 
tirées  de  leurs  très  belles  recherches  sur  le 
croit  chez  les  animaux  à  l'engrais. 

a  Je  tiens  à  faire  remarquer,  en  termi- 
nant, que  les  éludes  expérimentales  sur  la 
valeur  nutritive  du  sucre  soulèvent,  à  côté 
des  plus  délicats  problèmes  de  la  physiolo- 
gie pure,  d'importantes  questions  d'intérêt 
général,touchant  à  la  fois  à  l'hygiène  alimen- 
taire et  à  l'économiepolitique.  Les  pouvoirs 
publics  ont-ils  raison  de  traiter  le  sucre 
comme  un  aliment  de  luxe  imposable  à  mer- 
ci? Ne  conviendrait-il  pas,  au  contraire,  de 
le  mettre  à  portée  de  toutes  les  bourses  et 
d'en  étendre  ainsi  considérablement  l'usage? 

a  Producteurs  et  consommateurs,  sans 
compter  l'Etal  lui-même,  n'y  trouveraient- 
ils  pas  également  leur  compte  y  II  serait  à 
désirer  que  ceux  à  qui  incombe  le  soin  de 
résoudre  ces  questions  fussent  tout  à  fait 
familiarisés  avec,  les  indications  fournies  sur 
0lles  par  la  science.  Peut-être  sentiraient- 
ils  alors  ce  qu'il  y  a  d'irrationnel  dans  les 
mesures  fiscales  tendant  à  restreindre  la  con- 
sommation du  sucre.  » 
.  Dans  la  dernière  partie  de  ses  observa- 
tions, M.  Ghauveau  fait  ressortir  combien  le 
Jourd  impôt  qui  pèse  sur  le  sucre  est  irra* 
tionnel  en  présence  des  conclusions  de  ses 
recherches.  Il  est  bien  certain  que  si  l'on 
pouvait  arriver  à  supprimer  cet  impôt,  on 
rendrait  le  plus  grand  service  aussi  bien  aux 
producteurs  qu'aux  consommateurs;  on  ren- 
jdrait  également  service  ù  l'Etat  qui  serait 
déchargé  d'un  de  ses  plus  lourds  souois. 
On  peutse  féliciter  que  les  conclusions  de  la 
science  puissent  être  invoquées  désormais 
quand  il  s'agira  do  réaliser  une  transforma- 
.tion  des  impôts  de  nature  à  développer  la 
.production  du  sucre. 


t'ACADilOB  NATIONALK.  172 

PRODUITS  DE  CONFISERIE 

de  H.  RossEL  BauNNEa 
à  Zurich-Tiefenbrunner  (Suisse). 

Tous  les  produits  imaginables  sortent 
de  la  grande  confiserie  de  notre  collègue 
suisse  et  il  suffit  d'en  citer  les  principaux 
pour  en  être  aussitôt  convaincu.  En  effet, 
tous  les  bonbons  fourrés  si  à  la  mode  et  si 
recherchés,  à  juste  titre  depuis  quelques  an- 
nées, les  dragées,les  fondantSjles  marrons  et 
fruits  glacés,  les  biscuits,  les  pastilles  phar- 
maceutiques pour  dissimuler  les  médica- 
ments, les  spécialités  pour  œufs  de  Pâques, 
et  articles  de  Noël,  etc.,  etc.,  se  trouvent  dé- 
crits et  énumérés  tout  au  long  sur  tous  les 
catalogues  de  la  maison. 

Mais  précisément  parce  que  tous  les  bon- 
bons, toutes  les  sucreries  et  confiseries  pos- 
sibles sortent  de  la  fabrique  de  M.  Rossel- 
Brunner,  il  est  intéressant  de  savoir  se  bor- 
ner pour  ne  parler  aujourd'hui  que  d'une 
de  ses  spécialités  les  plus  curieuses  et  les 
plus  perfectionnées,  nous  voulons  parler  de 
l'innombrable  série  de  bonbons  connus 
généralement  sous  le  nom  de  berlingots  et 
de  bonbons  anglais. 

Notre  collègue  suisse  nous  a  adressé  une 
série  d'échantillons  qui  défient  vraiment 
toute  concurrence. 

Voici  les  bonbons  anglais  acidulés,  voici 
les  berlingots  classiques  à  la  menthe,  en 
voici  qui  sont  fourrés,  en  voici  de  toutes 
les  formes  et  de  toutes  les  couleurs,  et 
cette  assertion  n'a  rien  d'exagéré;  de  toutes 
les  formes  en  effet,  depuis  le  petit  oreil- 
ler légendaire  jusqu'aux  tubes  de  toutes  le^ 
longueurs  et  de  toutes  les  dimensions,  de 
toutes  les  couleurs,  car  par  des  procédés 
fort  ingénieux  et  qui  confondent  l'imagina- 
tion des  profanes,  ces  longs  tubes  ou  ces 
longs  bâtons  cassés  en  morceaux  plus  ou 
moins  épais,  sur  la  tranche,  continuent  tou- 
jours à  représenter  une  fleur,  un  papillon, 
une  tête  d'homme,  un  buste  môme  de 
personnage,  etc.,  etc. 

C'est  prodigieux  et  naturellement  ce  ne 
sont  pti9^  seulemen.t   les  enfants,   mais  les 


173 


PRODUITS  AUMENTA1RES. 


174 


grandes  personnes  elles-mêmes  qui  voient 
leur  curiosité  excitée  au  mémo  degré  que 
leurgoumandise. 

II  est  à  remarquer  combien  ce  genre  de 
sucreries,  de  confiseries,  s'est  développé 
dans  ces  dernières  années  ;  c'est  ainsi  que 
certaines  vitrines  de  grandes  épiceries 
voient  aligner  cinquante  à  soixante  bocaux 
renfermant  les  types  les  plus  divers  et  les 
plas  variés  de  bonbons  anglais  et  de  berlin- 
got. 

S'il  en  est  ainsi,  cela  tient  à  plusieurs 
causes  qu'il  n'est  peut-être  pas  très  diffi- 
cile de  découvrir  et  dont  les  deux  principa- 
les consistent  en  ce  que  ces  bonbons  n'em- 
pâtent pas  la  boucbe  et  se  conservent  bien 
pendant  un  temps  presque  indéfini. 

Mais  il    faut    bien   reconnaître  que  les 
Suisses  ont  encore  une  excellente  raison  de 
voir  cette  branche  spéciale  de  la  confiserie 
sedévelopper  chez  eux  et  c'est  nous-mêmes 
qui  la  leur  avons  fournie.  Ce  n'est  pas  nous 
qui   nous  en   plaindrons,  puisqu'il    s'agit 
d'un  peuple  voisin  et  ami,  mais  la  cons- 
tatation n'en  est  pas  moins  piquante  à  faire. 
Avec  nos  primes  à  l'exportation  et  toutes 
les  facilités  et  protections  agricoles    que 
nous  avons  accordées  chez  nous  à  nos  produc- 
teurs et  fabricants  dô  sucre,  il  en  est  résulté 
que  les  étrangers  peuvent  se  fournir  de 
la  matière  première  à  meilleur  compte  que 
nos  propres  confiseurs. 

Les  Suisses,  avec  leur  instinct  merveilleux 
des  affaires,  se  sont  empressés  de  tirer  parti 
de  cette  situation  tout  à  fait  exceptionnelle, 
et  voilà  comment,  en  croyant  protéger  chez 
nous  la  grande  industrie,  lesraffineurs,  nous 
avons,  en  même  temps  et  par  contre-coup, 
provoqué  le  développement  de  toutes  les 
industries  transformant  la  matière  premiè* 
re,  c'est-à-dire  le  sucre,  à  Tétranger.  Ces 
mesures  de  protection,  dans  l'espèce,  ont 
bien  été  et  ont  été  surtout  pour  nous  des  ar- 
mes à  deux  tranchants,  et  certes  ce  ne  sont 
pas  les  confiseurs  suisses  qui  s'en  plain- 
dront. 

On  savait  déjà  que  les  Suisses  des  cantons 
italiens  passent  pour  les  meilleurs  pâtissiers 
du  monde,  ou  tout  au  moins  pour  les  ri- 
vaux souvent  heureux  des  Français  et  des 


Viennois  ;  voilà  que  ceux  de  Zurich  nous 
montrent  qu'ils  ne  sont  pas,  non  plus,  infé- 
rieurs dans  les  diverses  spécialités  de  la  con- 
fiserie :  cela  n'est  pas  pour  nous  étonner, 
car  depuis  longtemps  nous  connaissions,  à 
ce  point  de  vue  spécial,  les  aptitudes  si  re^ 
raarquables  de  nos  voisins. 

Quoi  qu'il  en  soit,  M.  Rossel  Brunner  fait 
des  bonbons  anglais  et  fourrés,  des  berlin- 
gots de  premier  ordre,  avec  des  reflots  de 
moire  et  do  satin  ravissants,  et  comme  ces 
diverses  qualités  sont  exquises,  il  est  tout 
naturel  que  le  succès  ait  répondu  rapide- 
ment à  ses  efforts.  C'est  ainsi  qu'il  rempor- 
tait une  médaille  d'argent  à  Zurich  en  1883, 
et  une  à  Winterthur  en  1889,  une  médaille 
d'or  à  Zurich  en  1894  et  un  grand  diplôme 
d'honneur  à  Arcachon  en  1897,  etc.,  etc. 

Ces  récompenses  justement  méritées  prou- 
vent !a  bonne  et  vieille  renommée  de  la 
maison,  et  voilà  pourquoi  on  ne  saurait  trop 
louer  M.  Rossel  Brunner  de  ses  efforts  pour 
toujours  faire  mieux  et  pour  toujours  trou- 
ver du  nouveau  dans  ses  modèles,  n  en  fût 
il  plus  au  monde. 

En  tout  cas  cette  dernière  expression  ne 
serait  pas  applicable  à  la  confiserie,  si  nous 
en  croyons  nos  yeux  et  notre  palais,  lorsque 
nous  examinons  et  dégustons  les  produits  si 
varit^s  et  le  bataillon  serré  des  innombrables 
modèles  de  bonbons  qui  sortent  de  la  grande 
fabrique  de  confiserie  suisse  de  notre  collè- 
gue de  Zurich.  P.  V. 


TRAITÉS  SUR  LA  FABRICATiaN  DES 
LIQUEURS  ET  LA  VINIFICATION. 

[Il  Liquoristo  pratico  et  la  vinifea\ione ,) 

De  M.  Luigi  Sala,  à  Alexandria  (Italie). 

Nous  avons  là,  sous  les  yeux,  la  seconde 
édition  du  magnifique  volume  //  Liquoristo 
pratico  de  notre  savant  collègue  Luigi 
Sala,  de  Mihn,  et  nous  devons  commencer 
par  déclarer  que  ce  manuel  de  près  de  450 
pages  est  un  des  plus  complets  que  nous 
connaissions. 

Naturellement  les  ouvrages  de  M.  Sala 


175 


JOURNAL    MRNSUEL  DK 


sont  en  italien,  et  si  nous  ne  nous  arrêtons 
pas  aux  citations  que  nous  poumons  faire 
dans  sa  belle  langue  maternelle,  c*est  pour 
donner  plus  de  clarté  à  ce  compte  rendu. 

Il  y  a  dans  ce  gros  vol u met  très  coquet- 
tement édité,  tout  un  ensemble  des  plus 
récents  systèmes,  et  plus  de  1.000  recettes 
dont  200  entièrement  inédites,  du  plus 
haut  intérêt,  non  seulement  pour  les  liquo- 
ristes,  les  chimistes  et  les  distillateurs,  c'est- 
à-dire  pour  les  gens  de  la  partie,  mais 
encore  pour  toutes  les  maîtresses  de  maison, 
soucieuses  de  Taire  elles-mêmes  et  à  bon 
marché  d'excellentes  liqueurs. 

Il  y  a  là  tout  une  série  de  recettes  pour 
faire  soi-même,  ou  fabriquer  en  grand  le 
double  kummel  cristallisé,  le  genièvre  des 
Alpes,  le  vermouth  de  Turin,  le  bitter,  le 
Fernet-Branca,  le  fameux  mélange  Pipper* 
mint,  etc. ,  qui  feraient  la  joie  de  bien  des 
gens  si  Ton  savait  pouvoir  se  les  procurer 
dans  ce  précieux  volume. 

Et  pour  ne  citer  que  les  principaux  cha- 
pitres, nous  trouvons  treize  recettes  diffé- 
rentes sur  le  ratafia,  puis  quatre  autres  sur 
le  marasquin,  puis  de  longs  chapitres  sur 
les  rhums,  les  cognacs,  et  enfin  un  très  cu- 
rieux sur  les  innombrables  élixirs  connus. 

Les  crèmes,  les  liqueurs  fortes  et  fines, 
les  vermouths,  si  remarquables  en  Italie, 
les  fruits  conservés  dans  Talcool,  lespunchs^ 
les  sirops,  les  marmelades,  les  gelées  de 
fruits,  les  conserves,  les  pastilles,  les  bon- 
bons fourrés,  etc.,  etc.,  sont  aussi  passés 
en  revue  et  analysés  avec  un  soin  méticu- 
leux et  une  compétence  remarquable  par 
H.  Louis  Sala. 

Son  second  volume  sur  la  Vimfica{ione 
est  un  traité  complet  et  pratique  de  fabrica- 
tion des  vins  et  vinaigres. 


l'agademib  Nationalb.  176 

Les  vins  fins,  les  vins  de  fruits  et  toni- 
ques, les  vinaigres  industriels  et  aromati- 
ques, les  eaux  de  toilette,  etc.,  sont  passés 
en  revue  avec  une  égale  conscience  et  uoe 
compétence  aussi  indiscutable  que  dans  le 
premier  volume. 

La  partie  didactique  et  d'exposition  qui 
se  trouve  en  tête  de  ces  deux  intéressants 
ouvrages  montre  que  l'auteur  est  tout  à  la 
fois  un  chimiste  érudit  et  un  industriel  pra- 
tique. 

Et  c'est  précisément  par  cette  constatation 
que  nous  voulons  finir,  car  elle  est  la  meil- 
leure démonstration,  en  même  temps,  de 
l'utilité  de  ces  deux  ouvrages  et  des  services 
qu'ils  sont  appelés  à  rendre  aux  spécialistes 
comme  les  distillateurs  et  aux  femmes  du 
monde  désireuses  de  faire  eux-mêmes  leurs 
liqueurs  et  toutes  ces  chatteries. 

On  voit  bien^que  notre  aimable  collègue 
est  habitué  aux  savants  mélanges  et  aux 
agréables  mixtures,  car  il  a  su  rendre  ses 
deux  livres  aussi  utiles  que  pratiques,  aussi 
faciles  à  lire  que  complets  et  documentés. 

On  pourra  nous  objecter  qu'ils  sont  écrits 
en  italien  et  que  tout  le  monde  ne  com- 
prend pas  la  langue  harmonieuse  du  Tasse  ; 
à  cela  il  est  facile  de  répondre  d'abord  que 
l'italien  n'est  pas  bien  difficile  à  comprendre 
et  à  traduire  par  des  français,  puisque  nous 
avons  la  même  origine  latine  et  qu'enfin 
il  n'y  a  même  pas  besoin  de  savoir  la  langue 
pour  se  servir  des  recettes  renfermées  dans 
ces  deux  volumes. 

Enfin  —  et  c'est  un  vœu  que  nous  for- 
mulons ici  bien  sincèrement  —  peut-être 
M.  Luigi  Sala  trouvera-t-ille  moyen  de  faire 
traduire  et  éditer  ses  intéressants  volumes 
en  France  :  il  serait  assuré  d'un  grand  et 
légitime  succès.  P.  V. 


COMMERCE 


LE  COMIMERCE   EXTÉRIEUR  DE  LA 
FRANCE  EN  1897 


Nous  avons  publié,  dans  notre  journal  de 
janvier,les  résultats  généraux  du  commerce 


extérieur  delà  France  durant  Tannée  1897, 
qui  se  décomposaient  en  4.000.126.000  fr  ; 
d'importations  et  3.675.613.000  fr.  d'ex- 
portations. 
Voici  les  chiffres  afférents  aux  principaux 


1-/7 


COMMERCE. 


178 


pays  avec  lequels  ont  été  trailés  nos  échan- 
ges de  1897  : 


Pays. 

Angleterre . . 
Allemagne  . 
Belgique. . . . 

Suisse 

Italie 

Espagne 

Russie 

Turquie 

Ruts-Unis. . 

Brésil 

République 
Argentine.. . 


Importations 

48S.898.000 
308.482.000 
285.173.000 

79.499.000 
134.650.000 
236.363.000 
227.157.000 
105.100.000 
436.999.000 

94.010.000 


Kxporla  lions 

1.178.605.000 

375.045.000 

517.128.000 

190.967.000 

151.738.000 

97.491.000 

26.369.000 

49.447.000 

216.205.003 

60.;  92.000 


210.896.000        51.635,000 


Gomme  on  le  voit,  TAnglelerre,  TAlle- 
magne,  la  Belgique,  la  Suisse,  Tltalie  nous 
achètent  plus  qu'elles  ne  nous  vendent.  La 
situation  est  différente  en  ce  qui  concerne 
VEspagne,  la  Russie,  la  Turquie,  les  Etats- 
Unis,  le  Brésil  et  la  République  Argentine. 


LE  COMMERCE   EXTÉRIEUR    DE    LA 
FRANCE 

pendant  les  trois  pre mie ra  mots  de  1898 


L'administration  des  douanes  a  publié  les 
chiffressuivants  concernant  les  résultais  du 
commerce  extérieur  de  la  France  pendant 
les  trois  premiers  mois  des  années  1897  et 

1898: 


IMPORTATIONS 


349.721.000 


1897 
217.531.000 


Objets  d'ali  m  dotation 
Matières   nécessaires 

à  rindostrie C22.317.000     642. 656. OJO 

Objets  fabriqués 158. 163.000      152.738.000 


Total..., 


1.130.2)1.000  1.012. ?25.0J0 


EXPORTATIONS  1893  lô97 

Objeto  d'alimeatation  13].4ll.0j0  134.293.000 
MaUéres   nécessaires 

à  rmdustrie S03.107 .000  211.  ri5.000 

Objets  fabriqués 417.730.0)0  4:V>  674.00 ) 

Colis  postaux 39.737.030  43.505.000 

Tolal 800.01S.030  815.587.000 

Ces  données  statistiques  officielles  sont 


encore  peu  favorables  pour  Tannée  en 
cours.  La  France  continue  à  moins  exporter 
et  à  importer  davantage.  Comparativement 
au  premier  Irimestre  de  1897,  les  importa- 
tions ont  présenté  une  augmentation  de 
117.276.000.Cette  augmenUtion  est  le  résul- 
tat des  deux  accroissements  de  132.190.000 
fr.  dans  les  importations  d'objets  d'alimen- 
tation, et  de  5.425.000  fr.  dans  les  importa- 
tions d'objets  fabriqués,  diminués  d'une 
réduction  de  20.339.000  Fr.  dans  les  impor- 
tations de  matières  nécessaires  ili  l'industrie, 
réduction  dont  le  caractère  est  plutôt  re- 
grettable. 

Tous  les  chapitres  de  l'importation  accu- 
sent donc  des  résultats  défavorables.  Il  en 
est  do  même  pour  les  chapitres  de  Texpor- 
lation  qui  présentent  tons  des  diminutions, 
dont  l'ensemble  atteint  15.c09.000  fr. 

La  balance  du  commerce,  qui  présentait 
un  solde  en  notre  défaveur  de  197.338.000 
fr.  pour  le  premier  trimestre  de  1807,  offre 
un  solde  de  même  sens  de  330.183.000  fr. 
pour  le  premier  trimestre  de  1898.  Il  y  a 
donc  une  perte  certaine  de  132.845.000  fr. 
accusée  déjà  par  les  résultats  de  l'année 
1898,  comparativement  aux  résultats  corres- 
pondants do  l'an  née  1897. 


LE    COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE 
L'ANGLETERRE  EN  1897 


L*année  1897  a  été  traversée  pour  TAn- 
gleîerre  par  bien  des  incidenis  sérieux,  ne 
fûl-ce  que  le  grand  conflit  ouvrier  qui 
se  solde  par  une  perte  de  plus  de  250  mil- 
lions de  francs. 

Néanmoins,  les  résultats,  an  point  de 
vue  du  commerce,  ont  été  réellement  satis- 
faisants. 

Le  trafic  des  chemins  do  fer  s'est  large- 
ment accru,  lies  chiffres  représentant  les 
opérations  commerciales  de  la  Chambre  de 
compensation  des  banquiers  de  Londres  et 
des  clearing-houses  provinciaux  présentent 
des  augmentations.  Le  revenu  accuse  une 
très  substantielle    plus-value.   On   trouve 


179 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L' ACADÉMIE  NATIONALE. 


180 


dans  lesslalistiques  du  département  du  tra- 
vail au  Boardoftrade  la  preuve  d'un  em- 
ploi plus  complet  de  la  population  ouvrière 
et  d'un  mouvement  de  hausse  des  salaires. 
Tous  ces  signes  révèlent  un  redoublement 
d*activité  du  commerce  intérieur. 

Les  résultats  afférents  au  commerce  exté- 
rieur sont  sans  contredit  moins  favorables . 
Si  les  imporUtions  de  1897  (£451,240,000) 
dépassent  de£  9,10J,000  celles  de  1890 
(£  441,800,000),  les  exportations  (£23 i,- 
350,000)  sont  en  diminution  de  5,795,000 
Quant  aux  réexportations  (£  59,834,000), 
elles  se  sont  accrues  de  3,000,000. 

Finalement  le  total  des  transactions  du 
commerceextérieur  a  atteint  £  745  millions 
contre  £  738  millions  Tannée  précédente, 
ce  qui  représente  une  augmentation  de 
£  7,234,000  ou  d'un  peu  moins  de  1  %  du 
total. 

Un  des  mois  les  plus  mauvais  a  été  décem- 
bre 1897,  à  cause  des  tempêtes  et  des  brouil- 
lards. Les  importations  ont  diminué  de 
£2.286,000,  les  exportations  de  £  1,015,050. 
IjCs  résultats  de  toute  Tannée  ont  été  fâ- 
cheusement affectés. 

Si  nous  voulons  transcrire  ces  indications 
en  francs,  au  change   de  25  fr.   20  la  livre 
sterling,nous  obtenons  les  chiffres  suivants  : 

Importations 11.371.248.000  fr. 

Exportations 5.905.620.000  fr. 

Kéexpoitations 1.507.817.000  fr. 


Total. 


18.784.685.000  fr. 


Rappelons,  pojr  permettre  une  compa- 
raison instructive,  que  le  chiffre  total  du 
commerce  extérieur  de  la  France,  pour  la 
même  année  1897,  a  été  de  7.075.739.000 
fr.,  composé  de  4 .000.126.000  fr.  d'importa- 
tions et  de  3.675.613.000  fr.  d'exporta- 
tions. 

D*u ne  manière  générale,  à  Timpôrtation, 
l'Angleterre,  en  1897,  a  eu  plus  à  payer  en 
articles  d'alimentation  et  moins  en  matières 
premières  pour  Tindustrie  textile.  Dans  le 
premier  cas,il  y  a  eu, à  cause  delà  hausse  du 
blé  etdequelquescéréales,  augmentation  de 
valeur  en  même  temps  que  diminution  du 
volume  des  céréales  Importées.  Par  contre, 


les  prix  du  sucre,  du  café,  du  thé,  ont  été 
moins  élevés  en  1897  qu'en  1893,  et  la  di- 
minution d'un  côté  a  compensé  à  peu  près 
complètement  Taugmentation  de  Tautre. 

En  ce  qui  concerne  les  matières  prenniè- 
res  textiles,  il  y  a  eu  augmentation  de  vo- 
lume importé,  mais  diminution  de  valeur. 
L'Angleterre  aurait  eu  à  payer  £  3,500,000 
de  plus  sur  le  coton  et  £  2,400,000  de  plus 
sur  la  laine,  si  elle  avait  dû  acquitter  pour 
la  quantité  importée  les  pris    de  1896. 

Aux  exportations,  Tinfluence  fâcheuse  de 
la  grève  des  mécaniciens  apparaît  dans  la 
diminution  des  envois  de  machinerie  et 
de  matériel  d'usines.  Les  expéditions  de  pro- 
duits textiles  ont  diminué  à  lafois  de  valeur 
et  de  quantité.  Une  partie  de  la  première  de 
ces  deux  diminutions  constitue  moins  une 
perte  pour  le  manufacturier  que  pour  le 
producteur  anglais,  par  suite  de  la  dépré- 
ciation des  prix. 

Quoi  qu'il  en  soit  de  cette  répartition  des 
moins-values,  il  est  incontestable  que  le 
commerce  d'exportation  de  TAngleterre,  en 
1897,  a  trahi  un  défaut  sensible  d'élasticité. 
Les  exportations  anglaises  peuvent  se  di- 
viser  en  deux  groupes  :  les  objets  d'alimen- 
tation et  matières  premières,  pour  £  30 
millions  en  1897,  et  les  objets  manufacturés, 
complètement  ou  partiellement  pour  £  205 
millions  (5.166  millions  de  francs),  ce  qui 
est  encore  un  beau  chiffre,  comparé  à  ce- 
lui des  exportationsdeFranceet  même  d'Al- 
lemagne. 


LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE 
L'ALLEMAGNE  EN  1897 

Les  statistiques  officielles  de  Tempire 
d'Allemagne  accusent  les  chiffres  suivants 
pour  les  mouvements  du  commerce  exté- 
rieur durant  Tannée  1897  : 


4.832.890,000  marks 
3.808.130.000  marks 


Importations.. . 

Exportations 

Total 8.641.020.000  marks 

Comparativement  aux  résultats  de  1896, 
ces  chiffres  font  resisortir  les  augmentations 
suivantes  : 


181 


GOMMBRCB. 


182 


Augmentation  des  importations  339.240.000 

—  des  exportations    54.310.000 

Augmentation  totale 393.550.000 

Si  nous  convertissons  en  francs  les  chif- 
fres du  commerce  allemand  de  1897  expri- 
més en  marks,  nous  obtenons  les  résultats 
suivants  : 

Importations 0.041.112.500  francs 

Exportations 4.7(30.162.500  francs 

Total...,.     10.801.275.000  francs 

Rappelons  que  les  chiffres  du  commerce 
français  pour  1897  ont  été  les  suivants  : 

Importations 4.000.126.000  francs 

Exportations 3.675.613.000  francs 

Total 7.675.739.000  Irancs 

En  comparant  les  chiffres  du  commerce 
français  aux  chiffres  du  commerce  allemand, 
ouconsuteque  les  importations  allemandes 
ODt  dépassé  de  plus  de  2  milliards,  soit  d'en- 


viron 50  %  ,  les  importations  françaises  ; 
que  les  exportations  allemandes  sont  supé- 
rieuresaux  nôtres  pour  plus  d'un  milliard, 
soit  environ  30  %,  et  que,  dans  son  ensem- 
ble, le  commerce  extérieur  allemand  est  de 
40  %  plus  important  que  le  commerce  ex- 
térieur français  ! 

Il  y  a  là*une  constatation  qui  va  singu- 
lièrement à  rencontre  des  convictions  enra- 
cinées dans  Fesprit  d'un  grand  nombre  de 
nos  concitoyens. 


LES  ÉCHANGES  EXTÉRIEURS   DES 
PRINCIPAUX  PAYS  DU  MGWDE 


Nous  croyons  spécialement  intéressant  de 
publier  le  tableau  suivant  du  mouvement 
les  échange»  extérieurs  des  principaux  pays 
du  monde  durant  la  période  décennale  al- 
lantde  Tannée  1887  à  l'année  1896  inclusi- 
vement. 


Pty«.  1S57. 

Allemagne  .  7.713 

Autr.-Hong.  3.0^6 

Belgique....  2.072 

Espagne 1.533 

France 7.272 

lUlie 2.610 

Pays-Bas....  4.434 

Roy. -Uni...  16.230 

Kussie 4.090 

Suisse 1.443 

Canada 967 

EUU-Unis,.  7.182 

Chine 1.033 

Indes-Angl..  4.111 

Japon 554 

Australie...  2.744 


{Valeurs  en  millions  de  francs.) 
1888.         1889.         1890.         1891.        1892.        1893. 


7.096 
3.116 
2.778 
1.479 
7.354 
2.066 
4.972 
17.304 


720 
429 
954 
231 
191 
310 
702 
3.120 


8.836 
3.348 
3.015 
1.763 
8.021 
2.342 
4.873 
18.744 
4.792 
1.602 
995 
7.623 
1.138 
4.593 
837 
3.324 


9.228 
3.414 
3.109 
1.879 
8.190 
2.215 
4.973 
18.888 
4.442 
1.657 
1 .039 
8.386 
1.176 
4.815 
741 
3.349 


9.048 
3.473 
3.319 
1.951 
8.337 
2.003 
5.200 
18.777 
4.403 
1.304 
1.047 
8.945 
1.289 
4.951 
763 
3.652 


8.611 
3.3:M) 
2.90«) 
1.610 
7.619 
2.132 
5.037 
18.046 
3.573 
1.527 
1.121 
9.476 
1.305 
6.936 
874 
3.148 


8.711 
3.661 
2.931 
1.480 
7.090 
2.155 
5.260 
17.195 
4.309 
4.474 
1.179 
9.427 
1.471 
4.966 
955 
3.004 


1894. 

8.521 
3.6'.I4 
2.878 
1.478 
6  928 
2  121 
5  365 
17.203 
4.978 
1.447 
1.126 
7.800 
1.596 
1.199 
1.237 
2.817 


1895. 

8: 257 
3.661 
3.066 
1.643 
7.0î)4 
2.225 
5.506 
17.717 
4.721 
1.579 
.1.104 
7.897 
•  1.732 
5.052 
1.389 
2.888 


1896. 

8.578 
3.786 
3.244 
1.606 
7.199 
2.225 

18.617 

1.681 
1.168 
8.40() 
1.835 
» 

3.250 


Si  Ton  envisage  Tensemble  de  cette  pé- 
riode décennale,  on  est  nécessairement  frap- 
pé des  progrès  considérables  du  commerce 
extérieur  total  dans  les  pays  d'Extrême- 
Orient,  spécialement  au  Japon  et  en  Chine  ; 

La  plupart  des  nations  européennes,  ainsi 
que  la  Chine,  ont  vu,  pendant  la  mc^me 


période,  leur  importation  croître  plus  que 
leur  exportation.  Un  phénomène  inverse 
s'est  produit  en  Espagne,  en  Italie,  aux 
Etats-Unis,  aux  Indes,  au  Japon,  en  Austra- 
lie ;  les  entrées  se  sont  même  réduites  dans 
plusieurs  de  ces  pays. 


183 


JOURNAL  MKNSUEL  DE  L'aGADBMIK  NATIONALB. 


SCIENCES  MÉDICALES 


184 


LE  TÉTANOS    A    SAINTOOMINQUE. 
Histoire.  —Tpaitemont.  —  Déductions. 

Communication    de  M.   Narciso  Alberti, 
Licencié  en  médecine,  chirurgie  et  pharma- 
cie, à  Santo-Domingo  (République  Domi- 
nicaine). 

En  Tannée  1857,  la  villede  Sanlo-Domin- 
go  se  trouvait  assiégée  et  des  combats  infinis 
se  livrèrent  dans  ses  alentours.  L^hopital 
militaire  était  toujours  rempli  de  malades  et 
de  blessés,  et  le  sort  de  ces  derniers  était  si 
mauvais,  que  Ton  connaissait  déjà  le  dicton  : 
homme  blessé  est  homme  pdmé{l),  et,  par 
suite,  homme  mort. 

A  la  fin,  la  cité  se  rendit  après  onze  mois 
de  siège,  et  l'on  vit  dans  Tarmée  des  vain- 
queurs quelques  soldats  qui,  après  avoir  été 
atteints  de  tétanos,  avaient  été  soignés  par 
leur  famille  dans  le  camp  même  et  sauvés 
de  la  mort. 

Cela  donna  pour  résultat  la  propagation 
du  faux  bruit  d'après  lequel  le  médecin  mi- 
litaire était  expressément  Tauteur  des  spas- 
mes des  malades,  et  peu  s'en  fallut  qu'on 
ne  l'assassinât. 

Durant  les  années  1864  et  1865,  les  armées 
espagnoles  furent  éprouvées  par  cette  terri- 
ble maladie^  et  tous  les  efforts  du  corps  de 
santé  militaire  espagnol  furent  inutiles  pour 
la  prévenir  et  l'éviter. 

Bien  des  fois,  on  dut  pratiquer  des  am- 
putations de jambes,comme conséquence  des 
ras  de  tétanos  produits  par  de  simples  mor- 
sures  de  la  puce  nigua. 

Dans  un  pays  comme  celui-ci,  où  le  téta- 
nos est  si  fréquent  qu'on  le  considère  com- 
me endémique  ;  où  les  enfants,  les  adultes 
et  les  vieillards  succombent  dans  les  vingt- 

(1)  Le  mol  pdmè  est  la  traduction  litt(^rale  du 
mot  espagnol  fâsmtf^o^  et  doit  être  interprété  com- 
me signifiant,  exactement  :  entré  dans  les  spasmes 
de  Vagonie. 


quatre  ou  les  quarante-huit  heures  après 
avoir  reçu  une  légère  égratignure  ;  où  les 
injections  de  quinine  sont  presque  inappli- 
cables ;  où  l'accouchement  est  un  événe- 
ment alarmant  à  cause  de  la  fréquence  du 
tétanos  puerpéral  ;  où  toute  opération  de 
chirurgie  cause  une  telle  horreur  que  ceux 
qui  le  peuvent  vont  se  faire  opérer  à  l'étran- 
ger, et  que  les  pauvres  préfèrent  mourir  sans 
être  opérés,  le  tétanos  est  un  fantôme  qui 
terrifie  le  médecin,  la  famille  etle  malade. 

D'autrepart,  il  faut  convenir  que  de  l'an- 
née 1844  àl'année  1870,  les  mille  vicissitudes 
politiques  par  lesquelles  a  passé  ce  pays  ne 
pouvaient  moins  faire  que  d'affecter  grave- 
ment la  manière  d'être  de  la  profession  mé- 
dicale dans  la  République  dominicaine. 

Sans  école,  sans  académie,  sans  hôpital  ; 
quelquefois  avec  des  changements  radicaux 
de  personnel  dans  les  fréquentes  successions 
de  gouvernements,  l'art  de  guérir  se  trou- 
vait relégué  entre  les  mainsd'un  petit  nom- 
bre de  praticiens  et  de  tel  ou  tel  médecin 
qui  était  seulement  de  passage  dans  le  pays 
ou  qui  n'y  vivait  qu'un  laps  de  temps  plus 
ou  moins  écourté.  Dans  ces  conditions,  il  est 
aujourd'hui  complètement  impossible  d'éta- 
blir des  statistiques,  d'assembler  des  données 
exactes  et  de  faire  de  vraies  déductions,  au 
sujet  de  ce  que  pensaient  du  tétanos  les  mé- 
decins qui  exercèrent  la  profession  en  Saint- 
Domingue. 

Le  fait  unique  que  l'on  peut  donner  com- 
me certain  est  que,  dans  la  ville,  les  tétani- 
ques soignés  par  les  médecins  mouraient,  et 
que,  dans  les  campagnes,  les  tétaniques 
soignés  par  les  paysans  étaient  sauvés. 

En  l'année  1870,  vint  dans  ce  pays  le  doc- 
teur Manoel  Duran,qui  fonda  ce  que  je  puis 
appeler  une  petite  Ecole  [Escuelita]  de  Mé- 
decine, petite  non  pas  parce  que  Ton  n'y 
répandait  pas  de  grandes  lumières,  mais  en 
raison  du  nombre  restreint  des  élèves  qui  la 
fréquentaient. 

Quoi  il  en  soit,  c'est  à  ce  docteur  Manoel 


1S5 


SCIENCES  MEUICALES 


186 


Duran  qu'est  due  l'idée  de  fonder  une  Eco- 
le de  Médecine  dans  la  République  domi- 
nicaine. 

Plus  tard,  le  Président  Ignacio  Gonzalez 
choisit  les  élèves  les  plus  en  progrès,  et  les 
envoya  à  Paris  suivre  de  nouveaux  cours  de 
médecine  dans  cette  ville. 

Avec  ceux  qui  revinrent  déjà  docteurs, 
avec  d'autres  bons  éléments  comme  le  doc- 
icurÂrvelo,  le  Président  Padro  Merino,  dé- 
ployant une  surabondante  bonne  volonté  cl 
(Je  g/ands  desseins,  fonda  un  Institut  proies- 
sionnel,  qui  a  donné  quelques  licenciés 
comme  l'auteur  de  cet  article. 

A  ce  petit  groupe  de  jeunes, à  ses  oberva- 
lioas,  à  son  étude,  à  l'échange  des  iducs  et 
desprocéilés,  à  leura  recherches,  à  leur  per- 
sévérance et  à  leurs  succès,  et  en  particulier 
à  i  étude,  au  raisonnement  et  a  l'esprit  cri- 
tique du  licencié  José  de  Jésus  Brenes^  on 
doit  d  avoir  arraché  aux  paysans  le  secret  de 
laguérison  destélaniques^ct  d'avoir  converti 
le  procédé  empirique  en  une  méthode  ra- 
tionnelle et  applicable  en  clinique  particu- 
lière, arrivant  jusqu'à  cette  extrémité  de 
considérer  les  cas  de  tétanos  les  plus  défa- 
vorables comme  aussi  susceptibles  de  gué- 
risoD  qu'une  pneumonie  ou  une  pleurésie. 

Le  procédé  indigène  consiste  à  adminis- 
trer à  rintérieur  et  à  Taxtérieur  le  suc  de  lu 
plante  anamu  [Periveria  aliacea  L.),  et  à 
:K)amettre  le  tétanique  aux  fumigations  dun 
(»ain  de  termites  (Termes  L.)  (1). 

La  méthode  rationnelle  que  nous  avons 
suivie,  quelques-uns  des  convaincus  qui 
croyonsque  le  tétanos  est  guérissable,  est  un 
mélange  de  procédé  rationnel  et  de  procédé 
empirique. 

Ledernier  cas  de  tétanos  guéri  par  moi 
dans  la  ville  do  Seybo  pourra  servir  de  gui- 
de pouf  faire  connaître  le  procédé  suivi,  les 
médicaments  employés,  les  quantités  et  les 
formes  dans  lesquelles  cela  a  été  fait,  et 
l'heareux  résultat  obtenu. 

(»)  L'expression  pain  de  termites  est  la  traduc- 
tion littérale  de  Texpression  espagnole  pan  de  co- 
viejen.  Il  s*agil  sans  doute  d'une  masse  agglomé- 
rée de  cadavres  de  fourmis-termites  qui  avaient 
èlc  recherchées,   écrasées    et   rassemblées  à  cet 


Ayant  ôté  requis  pour  soigner  un  téta- 
nique, je  montai  ù  cheval  et  à  une  lieue  de 
la  ville,  dans  une  cabane,  je  vis  un  indivi- 
du derace  indigène  et  de  constitution  ro- 
buste, âgé  d'environ  trente  ans,  qui  s'étajt 
blessé  huit  jours  auparavant  et  qui  élait  at- 
teint du  tétanos  depuis  deux  jours. 

C'était  un  bûcheron  et  sa  blessure,  pro- 
duite par  une  hache,  était  au  pied  gauche, 
s  étendant  depuis  la  naissance  du  gros  orteil 
jusqu'au  dernier  muscle  métatarsien  au  point 
où  il  s'articule  au  tarse. 

Ck)mme  la  hache  avait  fendu  le  pie.i  de 
part  en  part,  ce  pied  était  fort  enflammé  et 
l'extrémité  ressemblait  îi  un  petit  jambon 
dont  on  aurait  coupé  un  morceau.  La  bles- 
sure et  ses  bords  étaient  blancs  comme  du 
papier.  L'hémorragie  avait  été  si  abondante 
que,  suivant  ce  que  disait  la  famille,  le  bles- 
sé avait  éprouvé  des  vertiges  fréquents. 

La  première  chose  que  je  décidai,  fut  de 
faire  transporter  le  blessé  u  la  ville,  a(in  qu'il 
fût  sous  ma  surveillance.  La  blessure  fut  la- 
vée trois  fois  par  jour  avec  de  la  liqueur  do 
Van  Swieten  laudanisée,  et  ensuite  saupou- 
drée dépendre  de  quinquina.  On  frictionna 
les  parties  meurtries  avec  de  Tonguent  mer- 
curiel  et  Ion  fit  quatre  onctions  journalières 
avec  une  pommade  composée  par  parties 
égales  de  saindoux  et  de  sucd'anamu, 

 l'intérieur,  on  administra  la  potion  sui* 
vante  : 

Bromure  dcslronlianc  ou  de  potassium    20  gr. 

Elixir  parégorique 4    » 

Teinture  de  valériane i 

Teinture  de  quinquina \    60    » 

Ëlixir  de  pepsine ' 

Eau 320    » 


à  prendre  une  cuillerée  toutes  les  demi-heu- 
res ou  toutes  les  heures. 

Il  y  avait  en  outre  des  foyers  allumés  où 
brûlaient  des  pains  de  termites  et  des  feuilles 
desauge,  foyers  qui,  outrequ'ils  maintenaient 
une  température  élevée  dans  l'habitation, 
enveloppaient  le  patient  d'un  épais  nuage  de 
fumée. Cesfumigationsconstantesfirentbeau- 
coup  de  bien  au  malade  et  modifièrent  les 
manifestations  spasmodiques  ;  nous  les  aug- 
mentâmes ou  les  diminuâmes  suivant  le  plus 
ou  moins  d'intensité  des  contractures.   La 


187 


JOURNAL  MENSUEL  DR  l'aGABÉMIE  NATIONALE. 


188 


blessure  changea  de  couleur  jusqu^à  devenir 
rosée. 

Les  doigts  et  les  métatarses  coupés  se  gan- 
grenèrentet  s'amputèrentspontanément.  Le 
douzième  jour  de  traitement,  Tétat  du  ma- 
lade devint  si  grave  qu'on  arriva  à  douter 
qu'il  guérirait.  Il  se  présenta  une  dysphagie 
et  uneanuriesi  complètes  qu'il  était  impos- 
sible de  faire  avaler  une  seule  goutte  de  mé- 
dicament, et  qu'il  n'y  avait  pas  émission  de 
la  plus  petite  quantité  d'urine. 

Alors  je  Us  ajouter  du  camphre  à  Ponc- 
tion et  fis  poser  sur  la  plaie  quatre  enèmes 
par  jour,  avec  quinze  grammes  de  teinture 
d'assa-fœtida  sur  chacune. 

Le  malade  vit  son  état  s'améliorer  jusqu'à 
la  complète  guérison  du  tétanos  et  à  la  cica- 
trisation de  sa  blessure,  et  retourna  à  sa  ca- 
bane cinquante  Jours  après  en  être  sorti. 

L'homme  avait  pris  :  40  grammes  de  brc- 
mure  de  strontiane  ;  110  grammes  de  bro- 
mure de  potassium.On  avait  consommé  envi- 
ron deux  cents  livres  de  feuilles  (Vanamù, 
avec  six  livres  de  camphre  et  huit  onces  de 
teinture  d'assa-fœtida. 

Dans  sa  convalescence,  l'individu  présen- 
ta tous  les  symptômes  du  bromisme. 

A  première  vue,  on  comprend  qu'il  n'y 
ait  pas  là  un  spécifique  particulier  ;  que  le 
procédé  thérapeutique  suivi  est  une  mé- 
thode sut  generis^  mélange  de  choses  ra- 
tionnelles et  de  choses  empiriques  ;  que 
l'hydrate  de  chloral  en  est  exclu  ;  que  l'o- 
pium n'entre  qu'en  très  petite  quantité  ;  que 
la  base  delà  médication  paraît  être  le  brome 
et  le  camphre  ;  que  le  suc  de  Vanamù  ne 
parait  jouer  qu'un  rôle  secondaire,  et  que 
Ton  ne  sait  pas  d'une  manière  certaine  quel 
rôle  remplissent  les  fumigations  de  termites 
et  de  plantes  aromatiques. 

A  la  vérité,  pour  moi,  il  n'y  a  pas  de  spé- 
cifique, et  la  guérison  d'un  tétanique  dépend 
du  concours  des  médicaments  employés  et 
de  la  manière  de  les  utiliser. 

La  méthode  empirique  du  suc  de  anamii 
à  l'intérieur  et  à  l'extérieur,  avec  les  fumi- 
gations d'un  pain  de  termites  et  de  feuil- 
les de  sauge,  est  le  procédé  dont  usent  les 
gens  de  la  campagne  et  qui  leur  donne  d'heu- 
reux résultats. 


On  ne  peut  objecter  que  ce  n'est  pas  le 
tétanos  que  guérissent  les  paysans,  car  ici 
les  enfants  eux-mêmes  connaissent  et  dia- 
gnostiquent le  tétanos. 

Je  n'ai  pas  vu  l'opium  donner  de  bons  ré- 
sultats. En  revanche,  les  sels  de  morphine 
et  les  irictions  mercurielles  prescrites  par  le 
docteur  Al fonseca  ontdonné  deuxguérisons. 
Quant  à  l'hydrate  de  chloral,  aucun  prati- 
cien accoutumé  à  soigner  les  tétaniques  n'en 
fait  usage  ici. 

Les  licenciés  Luna  et  Brenes  emploient,  à 
la  dose  de  10  à  12  grammes  par  jour,  le  bro- 
mure de  potassium  qui  leur  donne  d'excel- 
lents résultats. 

Quelle  que  soit  ?a  manière  dont  agissent 
les  fumigations  de  matièresorganiquesdaos 
les  voies  respiratoires  d'un  tétanique,  soit 
parles  huiles  essentielles  volatilisées,soit  par 
les  produits  empyreumatiques,  soit  parle 
carbone  ou  l'oxyde  de  carbone,  le  fait  est 
absolument  certain  et  ne  peut  être  nié.  Ces 
fumigations  diminuent  le  nombre  et  Tinten- 
sité  des  spasmes  aboutissant  à  régulariser 
et  à  affaiblir  les  contractures  du  tétanique, 
fait  qui  ne  peut  s'expliquer  par  l'élévation 
de  la  température,  puisque  les  chambres  de 
vapeur  n'ont  pas  donné  de  résultats  en  Eu- 
rope. 

Deux  objections  seulement  peuvent  m'é- 
tre  faites  : 

P  On  peut  me  demander  :  combien  de 
cas  de  tétanos  avez-vous  soignés  et  combien 
on  avez-vous  guéri  avec  ce  système  ? 

J'ai  6U  à  soigner  six  cas  de  tétanos  ;  dans 
les  trois  premiers,  je  n'ai  pas  usé  du  procé- 
dé et  j'ai  perdu  les  malades  ;  dans  les  trois 
derniers,  j'ai  employé  ce  système,  eties  ma- 
lades ont  été  sauvés. 

D'autres  praticiens  qui  ont  employé  une 
médication  identique  ont  obtenu  d'heureux 
résultats,  et  si  je  ne  publie  pas  ici  une  sta- 
tistique, ce  n'est  pas  manque  de  volonté  et 
ce  n'est  pas  de  ma  faute. 

2®  La  seconde  objection  est  la  suivante  : 

«  Dans  les  cas  aigus  où  l'individu  ne  vit 
pas  plus  de  24  ou  de  48  heures,  on  ne  peut 
appliquer  la  méthode  décrite.  »  Il  est  cer- 
tain qu'ici,  en  Saint-Domingue,  j'ai  tu  mou- 
rir divers  tétaniques  en  aussi  peu  de  temps; 


189 


VAPIETES. 


100 


mais  Ton  ne  peut  aucunement  nier  qu'en  au- 
cun de  ces  cas. on  n'avaitpasusé  d'un  traite- 
ment semblable  à  celui  dont  il  s*agit,  et(jue 
dans  ceux  de  ces  cas  oii  Ton  avait  usé  d'in- 
jections hypodermiques  de  morphine  à  hau- 
tes doses,  la  mort  est  survenue  plus  rapide- 
ment, aussi  prompte  à  se  présenter,  que 
lorsqu*on  administrait  de  grandes  quantités 
d'opium  par  la  voie  stomacale. 
(Test  avec  le  seul  but  d'être  utile  à  Thu- 


manité  que  j'ai  écrit  les  présentes  lignes  et 
que  j'ai  condensé  en  elles  mes  observations 
particulières  comme  médecin,  comme  pbar* 
macien,  entre  les  mains  desquels  ont  passé 
33.000  recettes  ou  ordonnances  dont  j'ai  pu 
apprécier  les  résultats,  et  aussi  comme  ami 
et  compagnon  des  docteurs  Alfonseca,  Paga- 
ni,  Luna,  Brenes  et  Castro,  qui  m'ont  laissé 
faire  toute  espèce  d'études  dans  les  casde  té- 
tanos qu'ils  ont  eu  à  soigner. 


VARIÉTÉS 


LE  CHEMIN  DE  FER*  MÉTROPOLITAIN  DE 
PARIS 


Après  avoir  passé  par  des  vicissitudes 
sans  nombre,  la  question  de  l'établissement 
d  an  chemin  de  fer  métropolitain  à  Paris 
semble  enfin  résolue.  Les  Chambres  ont  en 
elTet^ donné  leur  sanction  à  deux  projets  de 
loi,  dont  l'un  autorise  la  ville  de  Paris  à  em- 
prunter la  somme  de  165  millions  pour  cons- 
truire un  réseau  métropolitain  de  chemins 
de  fer,  et  dont  Vautre  détermine  les  condi- 
tions matérielles  dans  lesquelles  devra  ôtre 
établi  ce  réseau. 

Aujourd'hui  que  tous  les  pouvoirs  publics 
sont définîtivementd'accord, les  travaux  vont 
incessamment  commencer.  lia  été  entendu 
que  la  grande  ligne  transversale  est-ouest, 
da  cours  de  Vincennes  à  la  porte  Dau phi  ne, 
qui  doit  desservir  principalement  les  accès 
del'Expositi  on,doit  être  exécutée  pour  1900. 

Le  réseau  métropolitain  comportera  six 
lignes  principales, dont  suit  Ténumération: 

1"  ligne,  de  la  porte  de  Vincennes  à  la 
porte  Dauphine . 

2»  ligne,  circulaire,  suivant  le  tracé  des 
anciens  boulevards  extérieurs. 

3*  ligne,  de  la  porte  Maillot  à  Ménil- 
montant,  se  greffant  à  ces  deux  points  d 
Id  Ceinture. 

4*  ligne,  transversale  nord-sud,  allant  de 
la  porte  de  Clignancourt  à  la  porte  d'Or- 
léans, 


5®  ligne,  du  boulevard  de  Strasbourg  au 
pont  dAusterliti, 

C  ligne,  du  Cours  de  Vincennes  d  la  place 
d'Italie, 

Trois  autres  lignes  sont  éventuellement 
décidées  :  P  de  la  place  Valhubert  au  quai 
de  Conti  ;  2*»  du  Palais-Royal  à  la  place  du 
Danube  ;  S''  d'Auteuil  à  l'Opéra  par  Grenelle. 

Le  chemin  de  l'er  métropolitain,  malgré 
l'opposition  du  Conseil  municipal  de  Paris, 
sera  construit  sur  le  type  actuel  des  lignes 
des  grandes  compagnies  de  chemins  de  fer, 
c'est-à-dire  à  double  voie  de  largeur  norma- 
le. La  traction  sera  électrique.  La  longueur 
totale  du  réseau,  pour  les  six  lignes  définiti- 
ves, sera,  y  compris  les  raccordements,  de 
64  kil.  697  mètres. 

La  ville  de  Paris  devra  livrer,dans  un  dé- 
lai de  8  aas,  au  concessionnaire,  le  réseau 
de  42  kilomètres  qui  comprend  les  sections 
de  la  porte  de  Vincennes  à  la  porte  Dau« 
phineetàla  porte  Maillot,  circulaire  par 
les  boulevards  ext«^rieurs,  des  boulevards 
de  Courcelles  à  Ménilmontant.  Le  reste  du 
réseau  définitif  devra  être  achevé  cinq  ans 
plus  tard,  et  le  réseau  éventuel,  si  on  le 
construit,  cinq  ans  après  cette  seconde  re- 
mise. 


UNE  STATISTIQUE  IMrÉRËSSANTfi  DES 
CHEMINS  DE  FER  FRANÇAIS 

Un  inspecteur  général  des  services  com- 


191 


JOOliNAL  MENSUEL  DE 


merciaux  du  chemin  de  fer  du  Nord,  M. 
Germain  Delebecque,  vient  de  publier  une 
très  intéressante  petite  brochure  sur  les 
chemins  de  fer  français. 

Nous  en  extrayons  quelques  chiffres  qui 
nous  semblent  plus  particulièrement  cu- 
rieux. 

Longueur  totale  de  toutes  les  lignes  de  che- 
mins de  fer  français  :  40,000  kilomètres,  de 
quoi  faire  une  ceinture  à  la  boule  terres- 
tre. 

Sur  ces  40,000  kilomètres  circulent  9,6^5 
machines  locomotives  traînant  25,297  voi- 
tures à  voyageurs,  12,148  fourgons,252,980 
wagons  à  marchandises.  La  longueur 
totale  des  wagons  représente  une  ligne  plus 
grande  que  la  distance  de  Paris  à  Rome. 

Dans  les  25,297  voitures,  ù  voyageurs, 
les  compagnies  transportent  annuellement 
plus  de  317,653,121  voyageurs,  payant  en- 
semble 402,258,046  francs  ainsi  repartis  : 
Pour  19,506,080  voyageurs  de  l"'  classe, 
les  compagnies  touchent  77,405,291  francs  ; 
pour  84,0o5,664  de  deuxième,  104,335,285 
francs  et  pour  214,110,117  de  troisième 
220,516,470francs. 

Il  faut  compter  en  moyenne  sur  les  cinq 
réseaux,  pour  1,0C0  voyageurs,  45  de  pre- 
mière classe,  123  de  deuxième,  832  de  troi- 
sième ;  et  pour  1,000  de  receltes,  19;»  sont 
fournis  par  les  gens  riches,  V50  par  les 
moyennes  bourses  ;  les  voyageurs  de  troi- 
sième se  rattrapent  par  la  quantité  et  ap- 
portent 547  francs. 

LeP.-L.-S.  est  au  premier  rang  dans  celte 
petite  brochure  ;  il  triomphe  surtout  par 
son  faible  «  taux  d'exploitation  ».  Le  rap- 
port de  la  dépense  à  la  recette  ne  dépasse 
pas  che2  lui  45.25  pour  100  ;  sur  TOr- 
léans  il  n*est  encore  que  de  46,02,  pour 
arriver  sur  le  Midi  à  51,02,  sur  le  Nord  à 
51,61,  puis  passer  à  01  sur  l'Ouest,  62  sur 
l'Est  et  atteindre  sur  TElat  75.87  0/0. 

L'élévation  de  ce  dernier  coefficient, 
par  rapport  à   celui   des   autres  réseaux. 


l'acauèhib  nationale.  192 

s'explique  par  ce  fait  que  les  lignes  du  ré- 
seau de  i'Etat  n'ont  presque  toutes  qu'un 
trafic  très  restreint. 

Terminons  par  quelques  chiffres  sur  l'ef- 
fectif du  personnel  des  sept  grands  réseaux 
à  la  tin  de  1894.  Le  total  éUit  de  249,704 
personnes  dont: 

Nord 35.410  hommes  3.020  femmes 

Est P2.700  —  2.859  — 

Ouest 38.126  —  3.809  — 

Orléans 28.575  —  4.325  — 

P.-L.-M 61.655  —  6.105  — 

Midi 18.916  --  2.641  — 

Etat 9.431  -  2.082  — 

C)mme  on  le  voit,  M.  Delebcc{ue  a 
groupé  là  des  chifires  très  curieux  et  qui, 
pour  la  plupart,  étaient  inconnus  du  public 


I  LA  PRODUCTION  TOTAl^ 

DES  PRINCIPAUX  PAYS  D'EUROPE 

I  Le  département  du  travail  à  Washington 
vient  de  publier,  d'après  les  rapports  men- 
suels qui  lui  sont  adressés  par  les  consuls 
dos  Etats-Unis  à  Télrangcr,  les  chiffres  sui- 
vants indiquant  l'importance  de  la  produc- 
tion dans  les  différents  pas  d'Europe. 

Evaluation 

de  la  production 

annuelle   en     1896 

Francs 

Grande-Bretagne 20.500.0ii0.000 

Allemagne 14.575.000.000 

France 11.225.000.000 

Russie 9.075.000. 0(K) 

Autriche-Hongrie 8.125.000.000 

Ilalio 3. 025. 000.000 

Belgique 2.250.000.000 

Espagne 2.125.000.000 

Suisse 800.000.000 

Ces  chiffres  correspondent  assez  exacte- 
ment aux  données  déjà  acceptées  par  diffé- 
rents économistes,  et  notamment  par  M. 
Mulhall.  La  production  des  Etats-Unis,  d'a- 
près les  mêmes  données,  s'élèverait  à  20 
milliards  de  francs  environ. 

(D'après  le  Bulletin  de  statistique 
du  Ministère  des  Finances.) 


Le  Directeur^Gérant,  Rédacteur  en  Cheff 
'  Eugène  THIÉR Y. 

CLUMOMT  (oISB).    -  IMPRIMBRIB  DAIX  rRBRBS,  PUkCR  SAUlT-ANOllâ,  3. 


JOURNAL    MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  liNDFACTDRIiSRE  ET  COIIERCIALE 


68*  Année.  -  MAI  1808. 


SOMMAIRE 

AGRICULTURE.  —  Le  prix  du  blé  et  la  valeur  de  l'argeot-métal.  —  Ktude  agronomique  des  sols  en  région  monta- 
gneuse iorassienne,  communication  de  M.  A.  N.  Papandier,  aux  Tourillons  (Jura).  —  L'élevage  du  dindon  eu  So- 
logne. 

INDUSTRIE.  —  Nouvelle  pompe  rotative  dénommée  Hydro^Gire,  de  M.  Trouvé,  à  Paris.  —  Aciers  profilés  pour 
oatiU,  de  MM.  J.  Boardshaw  «t  Ilis  (agent  général  :  M.  8«pén«,  à  Paris).  —  Alliages  de  zinc  et  d'aluminium.  -> 
Caractères  différents  des  mélanges  d'air  et  de  vapeursde  pétrole.—  Instruments  de  vérification  des  filetages  du  système 
français,  construits  par  MM.  Bariquand  at  INarra,  à  Paris.  —Projet  de  chemin  de  fer  et  d'ascenseur  combinés  pour 
transport  au  sommet  du  Mont-Blanc. 

PROQUrrS  ALUNENTAIRES.  —  Liqueurs  fines  de  M.  Luigi  Sala,  à  Alessandria  (Italie). 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  —  Exposition  de  1900. 

STATISTIQUE.  —  L'activité  postale  des  divers  pays.  —  La  Revue  de  Statistique, 


AGRICULTURE 


UE  PRIX   DU  BLÉ 
•t  la  Valeur  de  l'Argent-Métal 

Le  commeiicemept  du  moiïi  de  mai  a  vu 
coter  sur  les  marchés  français  le  cours  de 
33  fr.  pour  le  quintal  de  blé.  En  retran- 
chant de  ce  cours  le  montant  du  droit  de 
douane  de 7  fr.  par  quintal  qui,  en  France, 
élève  arliticiellement  le  prix  du  blé,  on  voit 
que  la  valeur  réelle  de  cette  céréale  ressort 
encore  à  23  francs  les  100  kilos  (1).  C'est  un 
pris  double  de  celui  qui  était  établi  alors 
qu'on  groupe  de  prétendus  savants  économis- 
tes avait  imaginé  cette  théorie  que  la  dépré- 
ciation du  prix  du  blé  n*était  que  le  résul- 
tat de  l'avilissement  de  Targent-métal,  le- 
quel, à  cette  époque,   perdait  50  %  de  la 

il}  Même  après  l'abolition  du  droit  do  douane 
<ie  7  fr.,  le  prix  du  quintal  de  blé  a  remonté  à 
32  fr.  en  France. 


valeur  conventionnelle  que  lui  donnent  les 
bases  de  notre  système  monétaire. 

On  sait  que  cette  théorie,  p^ur  absurde 
qu'elle  fût,  a  trouvé  une  grande  créance 
dans  tous  les  milieux  agricoles  etjusque  dans 
lessphères  gouvernementales.De  hautes  dis- 
tinctions honorifiques  ont  même  été  prodi- 
guées à  ses  inventeurs  ou  à  ses  propagateurs, 
et  il  n'est  pas  jusqu'à  la  rosette  d'officier  de 
la  Légion  d'Honneur  qui  n'ait  favorisé  l'un 
des  champions  plus  en  vue  de  cette  thèse 
singulière,  dont  l'apparente  profondeur  ne 
marquait  qu'une  insondable  niaiserie. 

Heureusement,  la  réalité  des  faits  a  plei- 
nement démontré  l'absurdité  de  pareille 
théorie  qui  enchevêtrait  arbitrairement  deux 
faits  économiques  absolument  distincts. 
Quoique  la  baisse  de  la  valeur  de  l'argent 
métal  ait  continué  à  se  produire  jusqu'à  at- 
teindre la  quotation  de  60  %  (ramenée  ce- 
pendant à  56  %   a  l'heure  actuelle),  le  prix 


195  JOORNAL  MENSUEL  DB 

du  blé  a  remonté  de  100  %  sur  les  cours 
inscrits  au  moment  où  une  grande  partie  de 
Topinion  commençait  à  croire  qu'il  y  avait 
connexité  directe  entre  les  cours  du  blé  et 
ceux  de  rargent-mélal,  et  renouvelait  ainsi, 
quoique  d'une  façon  inconsciente,  une  oc- 
casion d'application  de  la  célèbre  maxime  : 
Credo  quia  absurdum. 


l'acadéiiib  nationale. 


19: 


ÉTUDE  AGRONOMIQUE  DE8  80L8 

en  région  montagneuse  Jureeeienne 

Communication  de  M.  A.   N.    Parandier, 
aux  Tourillons,  par  Arbois  (Jura). 

La  nature  et  par  conséquent  les  aptitudes 
culturalesdu  sol  varient  généralement,  sur- 
tout dans  nos  régions,  d'un  pointa  un  autre, 
par  de  multiples  causes. 

Quand  bien  même  ces  points  sont  situés 
sur  Taffleurement  de  la  môme  assise  géolo- 
gique et  dans  la  même  région,  les  différences 
d'altitude  (l),celle d'inclinaison  de  lasurface 
du  sol,  de  laquelle  dépend  pour  beaucoup 
le  degré  d'humidité  qui  yséjourne,  puiscelle 
de  l'exposition,  sont  déjà  trois  causes  de  dif- 
férences d'un  pointa  un  autre  ;viennent  en- 
suite :  celle  de  l'action  altératrice  des  agents 
atmosphériques  ;  celle  des  cultures  anté- 
rieures; celle  de  l'emploi  des  amendements 
et  des  engrais;  enfin  colle  fréquente  et  sou- 
vent très  prééminente  de  la  superposition 
sur  le  sol  géologique  et  sur  une  épaisseur 
plus  ou  moins  forte  de  sables  et  cailloux 
d'alluvions,  et  de  terres  provenant  de  l'en- 
traînement dos  parties  meubles  de  la  su- 
perficie des  sols  supérieurs  par  les  eaux 
pluviales,  surtout  par  les  eaux  torrentielles 
d'orage. 

Il  peut  arriver  aussi  que  le  sous-sol  géo- 
logique ancien  se  trouve  recouvert  par  un 
dépôt  de  sol  géologique  moderne,  et  cela  sur 


(l)  Le  ploussard,  qui  réussit  très  bien  sur  les 
marnes  compactes  liassiques,  m^me  recouvertes, 
comme  dans  la  côte  de  Champaliètçe,  de  0-50  à 
0-60  de  marne  ameublie  par  la  culture  et  par  ac- 
tion des  agents  atmosphériques,  ne  réussit  plus 
au  delà  de  400  d'altitude  dans  la  môme  nature  du 

sol. 


une  épaisseur  quelquefois  considérable,  qui 
ne  laisse  au  sous-sol  géologique  plus  ancien, 
quune  action  très  secondaire,  quelquefois 
insignifiante  sur  les  cultures  superficielles  ; 
c'est  ce  qui  arrive  par  le  dépôt  de  terrain 
quaternaire  (amas  de  cailloux  roulés)  con- 
sidérable qui,  dans  notre  vallon  de  la  Cui- 
sance,  recouvre  la  plus  grande  partie  de 
l'espace  compris  entre  le  ruisseau  Javel  et 
cette  rivière  ;  le  sol  géologique  ancien  est 
souvent  aussi  recouvert  par  l'argile  jaune  à 
silex  (1)  et  par  les  débris  de  roches  qui 
sont  sortis  avec  elledes  failles  plus  ou  moins 
larges  (2)  qui  en  sont  remplies  et  se  sont 
répandues  en  épaisseur  et  en  étendues  plus 
ou  moins  considérables  sur  les  surfaces  voi- 
sines, et  môme  au  loin  par  de  puissants 
courants  deaux  plus  ou  moins  torrentiels 
produits  parles  pluies,parlafonledes glaces 
qui  couvrent  les  montagnes  supérieures. 

11  ya  encore  une  autre  espèce  de  terre 
qu'il  faut  signaler,  c'est  celle  qui  provient 
de  la  décomposition  natut*e)le  qui  a  réduit 
les  roches  en  débris,  et  se  poursuit  encore 
dans  ces  débris  même  ;  c'est  ainsi  que  M. 
Schlœsing  a  démontré  :  que  la  surface  d'un 
fragment  de  roche  calcaire  peu  à  peu  dis- 
soute par  l'eau  et  l'acide  carbonique,  laisse 
à  nu  et  libre  le  phosphate,  la  magnésie, 
etc.,  qu'elle  contenait,  et  forme  ainsi  une 
terre  végétale  où  s'accumulent,  avec  ces 
éléments  minéraux,  les  éléments  quelesgé- 
nérations  successives  do.  végétaux  laissent 
dans  les  sols  ;  cette  espèce  de  terre,  géné- 
ralement peu  abondante  et  mêlée  de  cail- 
loux, se  rencontre  particulièrement  dans 
notre  région  au  pied  des  escarpements  de 
roches  calcaires  (3). 


(1)  Je  considère  cette  argile  jaime  et  celle  jaunf 
à  silex  comme  éruptives,  m^me  après  les  pren)ier^ 
dépôts  du  sol  quaternaire  ;  j'en  ai  des  preuves  in- 
contestables. 

(2)  Lcsdites  failles  séparent,  jusqu'à  la  surface, 
les  sols  soulevés  d'un  Age  très  diflférenl  :  c'esl 
ainsi  que  dans  notre  région  on  y  observe  d'un  côl«^ 
des  assises  calcaires  (Bajocien  ou  Bathonien;  e' 
de  l'autre,  au.  même  niveau,  les  marnes  liassique;* 
el  même  intra-liassiques. 

(3)  Klle  est  suscepllble  d'une  culture  fructueuse, 
mais  qui  ne  peut  se  conserver  telle  longlcmps,que 
par  V apport  d'engrais  ;  car  autrement  elle   tombe 


107 


AGRlGtLTURfi. 


igs 


De  ce  qui  précède  il  résulte  que,  pour 
bieo  appliquer  la  science  à  l'agriculture,  il 
faut  tout  d'abord,  particulièrement  dans 
notre  région  montagneuse  jurassique  très 
accidentée,  dresser  : 

P  Une  carte  topographique  stratigraphie 
que  et  géologique  qui  fera  connaître  les 
formes,  Tioclinaison,  l'épaisseur  etlanature 
des  différentes  assises  en  effleurement  du 
soQS-sol  géologique. 

2o  Des  profils  du  sol  superficiel  sur  les- 
quels seront  tracées  les  limites  périmétriques 
des  surfaces  sur  lesquelles  la  nature  super- 
ficielle du  sol  est  la  même  à  tous  les  points 
de  vue:  épaisseur, consistance,  inclinaison 
et  composition  physique,  chimique  etc., 
sur  0,30  d'épaisseur  au  moins  s'il  s'agit  de 
cultures  arables  ou  maraîchères,  et  de  1  m. 
à  1  m.  50  de  profondeur  s'il  s'agit  de 
cultures  viticoles  ou  d'arboriculture  frui- 
tière. L'étude  de  chacune  de  ces  surfaces 
comprises  dans  le  même  périmètre  pourra 
ainsi  préciser  le  mode  de  culture  :  charrue, 
sarclage,  etc.,  et  la  nature  et  proportion  des 
engrais  chimiques  à  employer,  suivant  les 
plantes  à  y  entretenir  en  culture,  plantes 
pour  lesquelles  il  faut  connaître  aussi  les 
éléments,  parce  qu'elles  doivent  les  trouver 
dans  le  sol  pour  le  succès  de  leur  fructifi- 
cation. 

A  la  carte  topographique  stratigraphique 
géologique,  et  à  l'indication  des  propriétés 
des  assises  successives  figurées  comme  étan  t 
en  affleurement,  devra  se  joindre  l'étude  de 
rinflueùce  que  ces  propriétés  pourront 
exercer  sur  la  nature  superficielle  du  sol  : 
cette  nature  pourra  être  une  cause  détermi- 
nante de  l'exploitation  de  ce  sous-sol  géolo- 
gique, ou  de  drainages  et  assainissements  à 
7  opérer  suivant  sa  profondeur. 

On  voit  par  ce  qui  vient  d'être  eiposéque, 
pour  appliquer  la  science  à  la  culture,  il 
faut  bien  ^e5^/tf^e5ci-devantindiquées,qui 
doivent  en  outre  se  compléter  par  des  ob- 
servations niétéorologiques,c'est-à-dire  ther - 

pn  friche.  C'est  ce  qui  est  arrivé  sur  le  versant  de 
nos  coteaux  où  existent  encore  bien  des  parceUes 
pn  friches  :  j'en  ai  recouvert  de  nombreuses  aux 
TouriUons  par  des  boiaements  qui  y  ont  adniiia- 
N«D«it  réussi. 


mométriques,  barométriques,  pluviométri- 
ques,  hydrométriques,  etc. 

Il  faut  donc  faire  appel  à  toutes  les  con- 
naissances physiques,  chimiques,  géologi- 
ques, météorologiques,  etc.,  d'une  surface 
de  sol,  et  il  fa  ut  que  les  résultats  de  ces  études 
soient  à  peu  près  identiques  dans  un  ensem- 
ble de  parcelles  contiguës,  pour  que  celles- 
ci  puissent  être  comprises  dans  un  même 
périmètre. 

Il  existe  des  zones  assez  étendues  où  toutes 
les  circonstances  ci-devant  expliquées  sont 
à  peu  près  les  mêmes,  et  qui,  par  conséquent 
pourront  être  comprises  dans  un  môme  frag* 
ment  du  plan  cadastral  agronomique.  C'est 
comme  exemple  :  ce  qui  peut  s'appliquer  à 
la  zone  de  vignes  en  pente  à  droite  du  che- 
min vicinal  de  Vauxelles  jusqu'à  Montigny, 
et  de  mémo,  à  d'autres  zones  ;  maison  peut 
dire  que,  généralement,  chaque  parcelle 
devra  être  particulièrement  étudiée  sous  les 
différents  rapports  ci-devant  signalés,  parti- 
culièrement par  l'analyse  chimique  de  son 
sol  cultural  (1).  C'est  déjà  ce  qui  résulte  de 
la  petite  brochure  que  J'ai  publiée  sous  le 
titre  :  Difficulté  d'adaptation  des  plants 
exotiques  dans  notre  région.  » 

Il  est  bien  entendu,  toutefois,  que  tout  ce 
qui  précède  n'est  applicable  qu'à /a  ;?iir^/e 
montagneuse  des  régions  comme  la  nôtre 
du  bassin  de  la  Cuisance  :  car,  dans  les  plai- 
nes comme  celles  de  Villette,  de  Vadans  et 
bien  d'autres,  le  sol  est  le  même  surde  gran- 
des étendues  et  généralement  aussi  sur  une 
profondeur  de  plusieurs  mètres.  Pour  les 
plaines  de  cette  nature,  l'étude  du  sol  et  des 
circonstances  qui  s'y  rattachent  pour  les  di- 
verses cultures,  est  plus  simple  et  plus  fa- 
cile. Nous  l'avons  fait  voir  pour  les  sols  des 
plaines  précitées  dans  une  notice  oii  nous 
avons  donné  l'analyse  chimique  des  terres 
de  ces  plaines,  et  désigné  les  engrais  à  y  em- 
ployer pour  les  diverses  cultures  qui  s'y  pra- 
tiquent. 

11  ne  faut  pas  moins  pour  ces  plaines,  re- 

(1)  Cette  analyse  est  le  document  particuliè- 
rement important  pour  fixer  les  éléments  dont 
doit  se  composer  l'engrais  chimique  sur  la  par- 
celle, suivant  l'espèce  de  culture  à  y  faire 
réussir. 


lt)9  JOURNAL  HENSDKL  DR  L'aGABÉIIIE   NATIONACB. 

cueillir  les  échantillons  du  sol  sur  plusieurs 
poinlS;  et  ne  pas  comprendre  dans  le  péri  • 
mètre  qui  comprend  ces  plaines,  les  parties 
situées  au  pied  des  escarpements  monta- 
gneux qui  les  limitent,  parce  qu'il  existe  au 
pied  de  ces  escarpements,  par  Tentrainement 
des  grandes  pluies,  un  mélange  qui  en  mo- 
difie la  composition  chimique. 

l)e  tout  ce  qui  vient  d'être  dit,  il  résulte 
que,  pour  les  études  do  composition  chimi- 
que, un  laboratoire  par  département  est 
complètement  insuffisant,  et  qu'il  en  fau- 
drait au  moins  un  par  arrondissement,  sinon 
même  par  canton,  dans  toute  région  comme 
la  nôtre. 

Je  ne  possède  que  130  ouvrées  de  vignes 
tant  aux  Tourillons  que  dans  un  petit  do- 
maine de  Vauxy,  eh  bien  !  j'ai  déjà  fait  faire 
pour  connaître  lesengraisà  y  employer,  une 
quinzaine  d'analyses  chimiques,  et  il  s'en 
faut  encore  beaucoupque  j'aie  fait  analyser 
la  composition  chimique  de  tous  les  points 
où  j'ai  besoin  de  la  connaître. 

Ce  qui  précède  fait  ainsi  ressortir  qu'il  est 
indispensable,  quant  au  choix  des  améri- 
cains porte-greffes  pour  la  reconstitution 
d'une  vigne,  d'étudier  avec  beaucoup  de 
précision,  comme  nous  l'avons  dit  dans  no- 
tre brochure  :  Difficultés  d'adaptation^  la 
nature  du  sol  et  les  autres  circonstances  pré- 
cédemment exposées  qui  s'y  rattachent,  afin 
de  faire  le  susdit  choix  parmi  ceux  dont  le 
succès  a  été  constaté  sur  des  natures  de  sol 
et  dans  des  circonstances  concordantes  avec 
celles  de  parcelles  de  vignes  à  reconstituer. 
Il  résulte  également  de  tout  ce  qui  a  été 
exposé  précédemment,  que  la  composition 
d'une  carte  agronomique  devra  être  formée, 
pour  une  région  montagneuse  accidentée, 
d'une  multiplicité  de  surfaces  assez  restrein- 
tes pour  qu'on  ait  pu  comprendre  dans  le 
même  périmètre  toutes  les  parcelles  dont 
ces  surfaces  se  composent,  comme  présen- 
tant des  sols  et  des  circonstances  qui  s'y  rat- 
tachent à  très  peu  près  identiques. 

[Extrait  du  Bulletin  n«  4,  année  1897,  de 
la  Société  de  Viticulture  et  d'horticulture 
d'Arbois  (Jura)]. 


200 
L'ÉLEVAQE  DU    DINDON  EN   80UM3INE. 

(Extrait  du  Journal  de  l'Agriculture.) 


L'agriculture  de  la  Sologne  s'est  considé- 
rablement améliorée.  Les  cultures  fourra- 
gères et  les  céréales,  bénéficiant  des  condi- 
tions agrologiques  favorables,  grâce  à  l'as- 
sainissement obtenu  parles  plantations  de 
résineux,  prennent  une  extension  de  plus 
en  plus  grande  et  entraînent  avec  elles  des 
améliorations  également  très  notables  dans 
l'économie  du  bétail  de  cette  contrée.  Tou- 
tefois, il  est  juste  de  dire  qu'en  ce  qui  con- 
cerne l'espèce  ovine,  le  progrès  semble  s'ê- 
tre limité  à  la  conservation  du  type  du  mou- 
ton solognot  tel  qu'il  a  été  élevé  jusqu'à  ce 
jour  dans  la  région . 

Si,  du  gros  bétail  on  passe  à  la  basse- 
cour,  cet  accessoire  fructueux  de  toute  ex- 
ploitation agricole  sagement  conduite,  on 
constate  que  la  Sologne,  contrée  pauvre  où 
lagriculture  est  encore  arriérée  sur  bien  des 
poiuts,  semble  donner  l'exemple  relative- 
ment à  l'élevage  de  la  volaille  et  particuliè- 
rement du  dindon. 

On  élève  le  dindon  dans  presque  toute  la 
Sologne,  mais  surtout  à  La  Ferté-Saint-Au- 
bin,  Ijamotte-Beuvron,  MontricharJ,  Nouao- 
le-Fuzelier,  Saint- Vialre,  Salbris  et  dans 
l'arrondissement  de  Romorantin. 

Cet  élevage  intéresse  également  une  par- 
tie du  Berry,  de  territoire  de  la  commune 
d'Aubigny,  dans  le  Cher  et  quelques  locali- 
tés du  département  de  l'Indre. 

L'exportation  des  dindes  pour  l'Angle- 
terre, on  vue  des  fêtes  deChristmas,  est  de- 
venue très  importante  depuis  plusieurs  an- 
nées. Ce  commerce  offre  aux  éleveurs  de  la 
Sologne  de  réels  profits.  Chaque  année,  do 
10  au  15  décembre,  on  voit  de  nombreux 
troupeaux  de  dindons  se  diriger  vers  laFer- 
té-Saint-Aubin,  centre  commercial  des  ex- 
péditions qui  vont  alimenter  le  marché  de 
Londres.  Durant  cette  dernière  période,  la 
gare  de  la  Ferté-Saint-Aùbin  a  expédié  pour 
plus  de  cinquante  mille  francs  de  dindes  à 
nos  voisins  d'Outre-Manche. 
C'est  là,  on  le  voit,  une  branche  de  pro- 


:'01 


AGHlCULtURb'. 


20ti 


duclion  imporlauto  et  qui  est  bien  di^ne  de 
remarque,  parce  fait  que  le  dindon  est  élevé 
en  pays  pauvre,  ne  disposant  point  comme 
les  pays  fertiles  et  plus  favorisés,  des  res- 
sources alimentaires  assurées  par  des  cultu- 
res nombreuses  et  variées. 

Ou  a  dit,  avec  raison,  que  la  basse-cour 
est  une  corne  d'abondance  qui  ne  tarit  ja- 
mais. L'élevage  du  dindon  en  Sologne 
prouve  bien,  en  effet,  queVexploiiationdes 
animaux  de  basse-cour  n*est  pas  à  négliger 
et  que,  conduite  d'une  manière  intelligente, 
elle  peut  procurer  une  large  rémunération. 
Une  des  causes  principales  de  la  réussite 
de  rélevage  du  dindon  en  Sologne,  c'est  la 
culture  du  sarrasin  ou  blé  noir,  dont  le 
grain  joue  un  rôle  important  dans  l'ali- 
mentation du  dindon.  Le  sarrasin  est,  en 
quelque  sorte,  le  naturel  corollaire  pres- 
que obligé  de  cet  élevage.  Après  la  récolte, 
beaucoup  de  grains  tombent  sur  le  sol  ;  les 
dindons  vont  par  troupes  de  quarante,  cin- 
quante et  môme  cent  individus,  à  la  recher- 
che de  ces  grains  qui,  sans  eux,  seraient 
perdus  pour  l'agriculteur. 

Le  sarrasin  est  fréquemment  cultivé  en 
Sologne  comme  récolte  intercalaire  ;  mais 
dans  les  sols  bien  assainis  et  suffisamment 
fertiles  on  en  fait  l'objet  d'une  culture  prin- 
cipale. Le  sarrasin  argenté  et  le  sarrasin 
de  Tartarie  sont  les  seules  variétés  culti- 
vées ;  la  dernière  variété,  surtout,  jouit 
d'une  préférence  marquée  à  cause  de  sa 
rusticité  et  des  hauts  rendements  qu'elle 
fournit.  En  outre,  ses  grains  sont  meilleurs 
pour  les  dindons. 

Le  climat  de  la  Sologne  est,  d'ailleurs, 
très  favorable  à  la  culture  de  cette  plante, 
qui,  dans  des  terrains  de  natures  très  diver- 
ses, donne  d'aussi  beaux  résultats  que  sur 
les  sols  granitiques  du  Morvan  et  les  dé- 
frichements de  landes  de  Bretagne. 

Le  sarrasin  ne  redoute  que  l'excès  d'hu- 
inidité,  mais  nous  avons  dit  que  les  cultiva- 
teurs solognots  ne  le  confient  qu'aux  sols 
suffisamment  assainis.  On  le  sème  à  la  vo- 
lée en  mai  ou  en  juin,  à  raison  de  40  à  50 
kilog.  à  rbectare  et  on  enterre  les  semen- 
ces par  un  léger  hersage. 
La  germination   a  lieu  au  bout  de  huit 


jours  environ,  la  floraison  eu  juillet  ou  en 
août  et  la  maturité  en  septembre  ou  octobre 
selon  l'époque  des  semailles.  En  Sologne, 
on  ne  donne  pas  de  façons  d'entretien  au 
sarrasin,  il  végète  vigoureusement  et  de  la 
sorte  il  ne  craint  pas  les  mauvaises  herbes. 

La  récolte  .se  fait  généralement  quand  le 
grain  a  acquis  toute  sa  maturité  et  c*est  ce 
qui  permet  de  conduire  les  troupeaux  de 
dindons  sur  les  guérets,  en  vue  de  glaner 
les  grains  tombés  sur  le  sol.  Mieux  vaudrait 
faucher  le  sarrasin  un  peu  prématurément, 
car  au  moment  de  la  maturité  complète,  on 
n'a  pas  toujours  la  possibilité  d'envoyer  les 
dindons  au  glanage,  pour  peu  que  l'état  du 
temps  ne  le  permette  pas. 

Le  glanage  des  grains  de  sarrasin,  même 
lorsqu'il  est  fructueux,  ne  suflit  pas  pour 
préparer  avantageusement  les  dindes  à 
affronter  la  fourchette  des  gourmands  insu- 
laires. Par  une  nourriture  variée  et  très 
nutritive  on  s'efforce  de  rendre  leur  chair 
plus  succulente.  A  cet  effet,  on  donne  aux 
dindons  une  pâtée  composée  d'un  peu  de 
sarrasin,  d'avoine,  de  farine  d'orge  et  de 
pommes  de  terre,  le  tout  bien  mélangé  et 
cuit  à  point.  L'emboquage  n'est  pas  néces- 
saire, car  on  peut  dire  que  le  dindon,  mais 
la  dinde  surtout,  n'ont  rien  de  la  nature  ré- 
calcitrante du  chapon  auquel  il  faut  ingur- 
giter des  M menis  manu  militari  :  bonace 
et  simple  d'esprit,  la  dinde  avale  tout  et  en 
redemande  ;mais  le  cas  n'est  pas  général. 

Dans  les  localités  où  l'élevage  de  ce  vola- 
tile fait  l'objet  d'une  exportation  très  éten- 
due, les  fermiersqui  veulent  obtenir  des  sur- 
jets robustes  et  d'un  embonpoint  précoce, 
apportentbeaucoupplus  de  soinsàTalimen- 
tation  dès  le  jeune  âge.  Au  moment  del'é-- 
closion,  ils  donnent  aux  dindonneaux  un 
mélange  de  miede  pain  rassis  etd'œufs  fine- 
ment hachés,  puis  des  feuilles  d*ortie  blan- 
che hachées.  Quand  les  jeunes  sujets  ont 
pris  un  certain  développement,  ils  reçoivent 
une  pâtée  composée  de  farine  d'orge  hu- 
mectée de  petit  lait  et  additionnée  de  son. 
L'ail,  l'échalote,  l'oignon  cru,  Tachillée  mil- 
lefeuille  entrent,  plus  tard,  dans  la  consti- 
tution des  rations  des  dindonneaux. 

Dans  la  Sologne  du  Loiret,   l'engraisse- 

10 


2or5 


JOURNAL  MlilSSUEL  DB  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


201 


incntdu  dindon  n'est  pas  soumis  à  des  soins 
spéciaux,  on  se  borne  à  donner  un  supplé- 
ment de  nourriture  quand  les  animaux  re- 
viennenldu  pâturage  où  on  ne  les  laisse  aller 
que  lorsqu'ils  sont  adultes. 

Dans  quelques  localités  du  département 
de  Loir-et-Cher,  à  Nouan-le-Fuzelier,  no- 
tamment, on  pratique  le  véritable  engrais- 
semeVit,  sur  une  assez  vaste  échelle.  On  dis- 
tribue une  pâtée  composée  de  pommes  de 
terre  cuites  écrasées,  mélangées  avec  de  la 
farine  de  sarrasin  et  du  lait  caillé. 

Après  huit  jours  de  ce  régime,  on  procède 
BU  gavage,  au  moyen  de  boulettes  ou  pâtons 
de  la  grosseurdu  pouce. 

Ces  boulettes  sont  préparées  avec  de  la 
farine  de  sarrasin,  des  pommes  de  terre 
cuites  et  du  petit  lait. 

La  fermière  place  le  dindon  entre  ses 
jaiûbes,  lui  ouvre  le  bec,  un  aide  introduit 
le  pâlon  humecté  jusque  dans  le  gosier,  et 
en  appuyant  doucement  avec  le  pouce  et 
Vindex,  le  long  du  cou,  fait  descendre  l'ali- 
ment dans  Testomac.  Chaque  jour,  on  don- 
ne un  pâton  de  plus  à  chaque  repas  etTen- 
graissement  est  obtenu  en  dix  ou  quinze 
jours. 

C'est  ainsi  que  sont  engraissés  les  dindons 
que  la  Sologne  expédie  sur  le  marché  de 
Londres.  Ces  dindons  gras  se  vendent  à  un 
prix  de  beaucoup  supérieur  au  prix  de  ceux 
élevés  simplement  au  pâturage  ;  leur  chair 
est  plus  savoureuse  et  plus  fine,  celle  des 
dindcssurtout. 

Lorsque  les  troupeaux  vont  à  la  glanée, 
il  B^l  de  coutume  de  leur  distribuer  le  soir, 
au  moment  de  leur  retour  à  la  ferme,  une 
ration  de  grain,  afin  de  les  engager  à  reve- 
nir régulièrement  au  logis  ;  les  troupeaux 
étant  nombreux,  oti  risquerait,  sans  cette 
précaution,  de  voir  les  dindons  passer  la 
ntiit  au  dehors  et  s'égarer  dans  les  fermes 
voisinantes,  ces  animaux  accomplissant  par- 
fois de  longs  parcours  dans  les  prairies  et  les 
guérets. 

Chaque  ferme,  en  Sologne,  peutproduire, 
selon  son  étendue,  de  100  à  300dindons. 

La  principale  cause  de  la  mortalité  dans 
les  troupeaux  de  dindons,  en  Sologne  com- 
Ttte  partout  ailleurs,  c'est  la  crise  da  rouge. 


phase  critique  pendant  laquelle,  il  n'est  pas 
rare  de  voir  les  trou  peaux  décimés  déplus 
de  moitié.  Les  dindonneaux  subissent  cette 
crise  entre  le  deuxième  et  le  troisième  mois 
après  leur  naissance  ;  c'est  à  ce  moment  que 
se  forment  les  caroncules  et  barbillons. 
Beaucoup  de  sujets  succombent  avant  d'ar- 
river à  Tétat  adulte. 

L'humidité  et  le  froid  leur  font  aussi  beau- 
coup demal.  Une  nourriture  fortifiante,  l'ad- 
dition de  viande  cuite  hachée  menueet  dd- 
gnon  haché,  les  feuilles  d'ortie  et  un  peu  de 
vin  constituent  un  régime  très  salutaire  con- 
tre la  crise  du  rouge.  Mais  souvent,  ce  ré- 
gime demeure  impuissant  à  entraver  le  mal. 
Depuis  quelques  années  seulement,  sur  le 
conseil  de  plusi6ui*s  vétérinaires,  on  fait 
usage  en  Sologne,  de  la  poudre  bien  con- 
nue, dite  poudre  corroborante  de  Mille. 

Cette  poudre,  mélangée  à  la  pâtée,  à  U 
dose  d'une  cuillerée  à  café  pour  dix  siigets, 
est  ainsi  composée  : 

Cannelle  de  Chine,  en  poudre  fine»  15 
grammes  ;  gingembre, 50  grammes;  gentia- 
ne, 5  grammes  ;  anis,  5  grammes  ;  carbo- 
nate de  fer,  25  grammes. 

Eu  Sologne,  quelques  éleveurs  prétendent 
éviter  les  fâcheux  effets  de  la  crise  du  rouge 
en  arrachant  aux  jeunes  dindons  quelques 
plumes  du  dos.  Ce  moyen  quasi-empirique 
ne  nous  a  pas  paru  réellement  efficace  ;  nous 
avons  vu  des  sujets  périr  malgré  cette  sai- 
gnée soi-disant  préservatrice. 

La  crise  du  rouge  passée,  les  dindons  de- 
viennent très  rustique  et  les  jeunes  dindes, 
robustes  comme  les  filles  de  Sparte,  peu- 
ventcoucherdehorssans  péril  pour  leur  cons- 
titution. 

Une  dinde  bien  à  point  pèse,  en  moyenne^ 
chez  les  graisseurs  de  Sologne,  5  à  6  kilog., 
un  dindon  de?  à  9  kilog.,  poids  maximum. 
Pour  préparer  les  dindes  en  vue  de  l'ex- 
portation, on  les  étouffe,  après  les  avoir  sus- 
pendues la  tète  en  bas,  en  ayant  soin  de  ne 
point  les  faire  saigner,  ce  qui  amoindrirait 
leur  valeur  sur  le  marché  de  Londres,  puis 
on  les  livre  aux  plumeuses  qui  travaillent 
jour  et  nuit,  à  raison  de  10  centimes  par 
dinde  plumée.  De  l'atelier  des  pluoieuses, 
les  wlailles  passent  à  l'atelier  d'emballage, 


205 


INDUSTRIE. 


200 


où  elles  sont  rangées  dans  des  caisses  spé- 
ciales fabriquées  en  Angleterre. 

Les  dindes  achetées  de  ferme  en  ferme, 
vers  le  !•' décembre,  par  des  commissionnai- 
res, sont  amenées  par  bandes  chez  les  di- 
vers expéditeurs  en  gros,  dans  les  princi- 
paux centres  de  la  Sologne  et  d'une  partie 
du  Berry .  Chaque  expéditeur  peut  centra- 
liser un  approvisionnement  de  10,000  à 
20,000  pièces.  La  Sologne  peut  fournir,  an- 
nuellement, environ  150,000  pièces. 

La  douzaine  de  dindes  est  payée  au  prix 


moyen  de  80  à  110  ou  111  francs,  soit  6  fr. 
60  à  9  fr.  10  et  9  fr.  25  la  pièce,  ce  qui 
représente,  pour  la  production  totale  an- 
nuelle du  dindon  en  Sologne,  une  valeur  de 
1,300.000  à  1,350,000  francs  environ. 

Ces  chiffres  montrent  que  la  production 
de  la  volaille  peut  être  une  source  très  ap- 
préciable de  revenus  dans  le  domaine  rural 
et  que  Télevage  du  dindon,  en  particulier, 
peut  être  d'une  grande  utilité  dans  les  con- 
trées pauvres. 

Henri  Blin. 


INDUSTRIE 


NOUVELUE  POMPE  ROTATIVE. 

dénommée    HYÛRO-GIRE, 

inventée  par  M.  G.  Trouvé 
14,  rue  Vivienne,   Paris. 

Nous  devons  à  Tobligeancede  M.  Trouvé, 
communication  d'une  note  qui  a  été  présen- 
tée récemment  à  TAcadémie  des  sciences, 
par  M.  Maurice  Lévy,  et  que  nous  portons 
immédiatement  à  la  connaissance  de  nos 
lecteurs. 

Il  s'agit  d'un  appareil  qui  utilise,  pour  Té- 
lévation  des  liquides,  la   force  de  l'action 
centrifuge  combinée  avec  un  mouvement  gi- 
ratoire imprimé  à  la  veine  liquide.  Cet  ap- 
pareil se  compose  d'une  pièce  tronconique, 
OQ  plus  généralement  d'une  surface  de  ré- 
volution à  génératrice  recti  ligne  quelcon- 
que, telle  que  sa  section  transversale  aug- 
mente progressivement  à  partir  du  point 
(l'entrée  du  fluide  liquide  jusqu'à  sa  sortie. 
Cette  surface  tourne  rapidement  autour 
de  son  axe  ;  elle  est  ajustée  sans  frottement 
dans  un  corps  fixe  de  même  forme,  qui  porte 
à  la  petite  base  l'orifice   d'admission   du 
liquide  ;  la  sortie  s'effectue  par  un  orifice 
placé  tangentiellement  à  la  partie  la   plus 
élargie  du  cône. 
Le  fonctionnement  participe  à  la  fois  du 


principe  de  la  pompe  centrifuge  et  de  la 
trombe. 

L'effet  utile  de  l'appareil  déjà  grand  par 
lui-même  est  augmenté,  quant  à  la  pression, 
par  l'adjonction  à  l'intérieur  du  tronc  de 
cône,  d'une  hélice  dont  le  pas  doit  être  égal 
à  la  vitesse  de  progression  du  liquide. 


a  Hydro-glre  Trouvé  «  à  commande  par  courroie 
de  transmission. 


Cette  hélice  ne  constitue  pas  la  partie  es- 
sentielle du  système  ;  les  expériences  sui- 
vantes en  donnent  une  démonstration  : 

1"  La  suppression  de  l'hélice  à  l'intérieur 
du  tronc  de  cône  ne  modifie  pas  le  débit,  ni 
le  sens  de  translation  du  liquide. 

2"  En  faisant  tourner  le  système  complet 
en  sens  contraire,  on  obtient  encore  un  dé- 
bit assez  considérable,  malgré  la  résistance 
apportée  par  l'hélice  tournant  à  Topposédu 
mouvement  de  translation  du  liquide. 


2Q7  )ounNAL 

Ces  expériences  ont  démontré  les  rappro- 
chemenls  qui  existent  entre  les  calculs  théo- 
riques et  le  résultat  effectif  concernant  la 
pression. 

De  même,  pour  le  débit,  il  y  a  encorecon- 
cord.ince  entre  les  chiffres  qu*indique  le 
calcul  et  les  débits  obtenus. 

Exemple  —  débit  par  seconde  sous  pression 
d'une  atmosphère,  l'eau  sortant  librement  du 
corps  de  pompe. 

Les  oritices  des  trois  modèles  expérimentés 
ont  été  de  : 

1-  12  mm  ;  2"  CO  mm  ;  3-»  113  mm. 

Les  débits  ont  été  respectivement  par  se- 
conde : 

!•  1  /;  2-27  /;  3*  100/. 

Or,  en  appliquant  la  formule  V  =  v  ^^^  ^^  1® 
coefficient  0,823,  on  a: 

V  =^0,S2'3s2gft; 

V  =  0,823  X  4,429  Xv   ''' 

d'où     V  r^  0,823  X  3,162  x  4,429  =  11,520  m  ; 
soit  115  dm  pour  la  vitesse  théorique  par  se- 
conde et  pour  les  orifices  indiqués  plus  haut: 

1-12  mm  =  115  X  0,0113  =  1  /  299  par  seconde  ; 

2-CO  mm  =  115  X  2,827  =  32  /  510  par  seconde; 

3«113  mm  =  115  X  1,039=  119/485  par  se- 
conde. 


mcNsi/RL  im  ^'academib  NATI0NA1.B. 


-2(1 


M.  Trouvé  se  réserve  d'établir  les  condi 
lions  de  rendement  du  travail  mécanique  en 
ployé  ;  cependant,  d'ores  et  déjà,  en  parlai 
du  fait  connu,  le  rendement  de  Thélice,  i 
en  déduit  approximativement  le  rendemen 
total  de  Tappareil  et  voici  comment. 

Quand  on  fait  tourner  le  système  complet 
cône  et  hélice,  À  Topposé  du  mouvementdi 
progression  du  liquide,  on  constate  que  1< 
débit  est  encore  appréciable  et  qu*il  n*2 
point  changé  de  direction  ;  il  a  toujours  liei 
de  la  petite  base  du  tronc  de  cône  vers  b 
plus  grande  comme  le  montrent  les  flèchei 
de  la  gravure:  on  en  déduit  que,  danscecas. 
l'effet  utile  du  cône  est  plus  grand  que  ce- 
lui de  rhélice,  puisque  la  direction  du  liquide 
n'a  pas  changé  de  sens  malgré  la  résistance 
qu'elle  opposait.  Comme  Teffet  utile  du  cône 
annule  l'eitet  utile  de  Théhce  et  le  domine 
même,  on  ne  peut  estimer  le  premier  à 
moins  de  40  0/0,  puisqu'on  est  fondé  à  ad- 
mettre que  le  second  est  de  35  0/0.  Si  donc, 
on  fait  tourner  Thélice  dans  le  sens  voulu 
pour  la  translation  du  liquide  déterminée 


«  llydro-gire  Trouvé  »  actionné  directement  par  une  dynamo.  —  L'ensemble  de  Tappareil 
représenté  ne  pèse  au  total  que  20  kilogrammes,  et  peut  débiter  1600  litres  d'eau  par  minute. 


par  le  cône,  les  deux  eifets  s'ajoutent,  ce 
qui  porte  le  rendement  du  système  complet 
à  35-f  40  =  75  au  moins.  En  effet,  la  pres- 
sion est  considérablement  accrue. 

En  somme, cet  appareil  peut,  sous  un  très 
petit  volume,  donner  un  débit  considéra- 
ble qui,  en  raison  du  principe  même,  crott 
comme  le  carré  de  la  vitesse. 

La  rotation  de  plus  en  plus  rapide  de 
Taxe  produit  des  débits  et  des  pressions  de 


plus  en  plus  considérables,  limités  seule- 
ment à  la  rupture  de  Tappareil. 

Les  qualités  de  légèreté  et  de  petit  volume 
de  cet  appareil  lui  assignent  de  nombreuses 
applications.  En  voici  quelques-unes  : 

Irrigation  des  prairies  et  immei*sion  des 
vignes  phylloxérées,  dessèchement  des  lacs 
et  marais,  pompesà  incendies,  etc.  M.  Trou- 
vé le  propose  comme  le  meilleur  propulseur 
À  réaction  des  bateaux  et  des  vaisseaux,  par 


209 


INDUSTRIE. 


210 


suite  de  son  rendement  bien  supérieur  à 
Thélice.  Dans  ce  càs,iloffre  l'avantage,  parla 
simple  manœuvre  d*une  valve  à  changeaient 
de  direction,  de  se  transformer  instantané- 
msnt  en  appareil  d'épuisement,  destiné  à 
combattre  efïicacement  la  submersion  d*un 
bateau  ou  d'un  navire  à  la  suite  d'avaries  ù, 
la  coque  ;  car  la  puissance  disponible  est 
généraleinent  considérable  dans  les  navires 
et  il  est  permis  de  donner  à  l'appareil  des 
dimensions  suffisantes  pour  extraire  rapide- 
ment d'énormes  quantités  d'eau,  jusqu'à 
ôO  m^  à  la  seconde  ! 


ACIERS  PROFILÉS  POUR  OUTILS. 

de  MH.  J.   Beardshaw  et  fils,  à  Sheffield 
(Angleterre) . 

Agent  général  pour  le  continent  : 

H.  J.  Sapène,  6  rue  de  la  Chaussée-d' Antin 
Paris. 

Dépositaire  général  pour  la  France  : 
M.  A.  Magot,  à  Vesoul  (Haute-Saône) . 

Dans  notre  compte-rendu  de  l'exposition 
de  Vesoul^de  l'année  dernière,  nous  avons 
mentionné  spécialement,  en  parlant  des 
objets  présentés  par  notre  Sociétaire,  M.  A. 
Magot,  de  Vesoul,  les  aciers  profilés  pour 
outils  de  la  fabrication  de  MM.  Beardshaw 
et  fils  de  Sheffield,  dont  M.  Magot  est  le  dé- 
positaire général  pour  la  France. 

Désirant  traiter  à  nouveau  la  question  de 
ces  aciers  profilés, nous  nous  sommes  adres- 
sés à  notre  autre  Sociétaire,  M.  J.  Sapène, 
de  Paris,  qui  est  l'agent  général  de  MM. 
Beardshaw  et  fils  pour  le  continent  euro- 
péen, et  qui  a  mis  obligeamment  à  notre 
disposition  tous  les  renseignements  et  do- 
caments  utiles,  en  même]  temps  que  les 
clichés  des  diverses  figures  qui  sont  repro- 
duites ci-après. 

Constatons  d'abord  que  c'est  sous  l'éner- 
gique impulsion  de  M.  Sapène  que  les  aciers 
spéciaux  profilés  de  MM.  Beardshaw  et  fils 
ont  conquis  rapidement,  dans  la  plupart  des 
usines  et  ateliers  de  construction  mécani- 
<IQe,  une  place  souvent  prépondérante.  Le 


succès  de  ces  aciers  est  dû  à  leur  qualité 
tout  à  fait  exceptionnelle  et  aux  heureux 
résultats  des  conceptions  de  M. Sapène,  que 
sa  grande  compétence  en  matière  d'outil- 
lage a  conduit  à  modifier  d'une  manière  ra- 
tionnelle certains  des  profils  primitivement 
créés,  et  à  inventer  plusieurs  profils  nou- 
veaux répondant  à  des  besoins  spéciaux. 

A  Toccasion  deVexposition  internationale 
de  Bruxelles  de  1897,  MM.  J.  Beardshaw 
et  fils  ont  publié,  en  plusieurs  langues,  sous 
le  titre  :  Journal  des  aciers  profilés,  une 
très  intéressante  notice  qui  expose  excel- 
lemment les  caractères  principaux  de  ces 
aciers  pour  outils  et  les  avantages  que  pré- 
sente leur  emploi.  Voici  les  principaux  pas- 
sages de  cette  notice  : 

«  Depuis  l'invention  des  aciers  fondus  au 
creuset  pour  les  outils,  invention  qui  date 
déjà  d'un  siècle,  peu  de  progrès  avaient  été 
réalisés  dans  la  forme  donnée  aux  bnrres 
d'aciers.  IjCS  laminoirs  avaient  remplacé  les 
martinets  des  forges,  mais  les  usines  con- 
tinuaient à  laminer  les  aciers  dans  les  for- 
mes où  on  les  avait  primitivement  conçus. 
Le  progrès  énorme  réalisé  par  le  laminage 
des  fers  en  profils  n'avait  pas  pu  être  obte- 
nu avec  les  aciers. 

<r  En  créant  les  aciers  profilés,  nous 
avons  marqué  un  progrès  réel  dans  le  la- 
minage des  aciers  pour  outils,  car  nous 
avons  totalement  modifié  leur  forme  et  nous 
avons  pu  obtenir  des  aciers  qui  nécessitent 
bien  moins  de  travail  pour  confectionner 
Toutil  fini. 

Pour  atteindre  ce  résultat,  deux  difficul- 
tés principales  étaient  à  surmonter  : 

«  l**  Créer  un  outillageassez  puissant  pour 
profiler  au  laminage  les  aciers  pour  outils, 
c'est-à-dire  des  aciers  dans  lesquels  ont  été 
introduits,  pour  les  durcir,  des  composés 
spéciaux  qui  en  rendent  le  laminage  bien 
plus  difficile  ; 

2^  Déterminer  un  nombre  restreint  de 
profils  permettant  d'obtenir  la  majeure  par- 
tie des  outils  nécessaires  dans  les  ateliers  de 
construction. 

«  Nous  sommes  parvenus  à  triompher  de 
toutes  les  difficultés,  et,  trois  années  à 
peine  après  le  lancement  de  nos  aciers,  le 


211  JOURNAL  MENSUEL  DE  L*ACADÉMIE  NATIONALE. 

succès  que  nous  avons  rencontré  dans  tous 
les  pays  où  nous  les  avons  introduits,  nous 
a  déjà  récompensé  des  efforts  constants  que 
nous  avons  faits  pour  réaliser  notre  inven- 
tion et  la  perfectionner. 

«  Â  l'heure  présente,  nos  profils  du  début 
ayant  été  considérablement  modifiés  pourles 
amener  à  des  épaisseurs  et  des  dimensions 
absolument  rationnelles,  nous  pouvons 
afflrmerque,  tant  par  les  avantages  que  leur 
forme  présente,  que  par  leur  qualité  nou- 
velle et  de  tous  points  remarquable,  ceux  qui 
emploieront  nos  aciers  obtiendront  un  suc- 
cès complet  dans  la  conTection  de  leur  ou- 
tillage et  un  rendement  de  travail  plus  con- 
sidérable que  celui  qu'ils  peuvent  obtenir 
avec  les  autres  aciers. 

«  Si  Ton  veut  bien,  en  effet,  examiner  de 
près  la  question  des  aciers  profilés,  il  est 
clair  qu'en  supprimant  les  deux  opérations 
de  la  forge  et  du  fraisage  nous  avons  singu- 
lièrement diminué  les  difficultés  et  suppri- 
mé une  main-d'œuvre  très  chère. 

a  Tout  le  monde  est  d*accord  pour  dire 
que  le  feu  est  l'ennemi  de Tacier  spécial  pour 
les  outils.  Ces  aciers  craignent  énormément 
la  chaleur  et  il  arrive  souvent  qu'on  les 
brûle  ou  qu'on  les  abîme  en  les  forgeant 
pour  confectionner  l'outil. 

a  Avec  nos  aciers  cela  n'est  pas  à  crain- 
dre, puisque  tous  les  outils  peuvent  être  ob- 
tenus5â^f^  forger  Vacier,  Du  fait  de  la  sup- 
pression de  la  forge  et  des  inconvénients  qui 
en  résultent,  de  la  suppression  du  fraisage 
et  des  frais  que  cette  opération  entraîne,  il 
est  clair  qu'un  grand  progrès  est  réalisé. 

«  Au  point  de  vue  de  la  résistance  au  tra- 
vail, nos  aciers  permettent  de  marcher  à 
une  vitesse  supérieure  de  20  %  à  colle  de 
tous  les  autres  aciers  trempants. 

a  Maintenant,  au  point  de  vue  de  l'achat 
strict  de  l'acier,  les  aciers  profilés  sont- ils 
plus  chers,  malgré  leur  prix  un  peu  plus 
élevé  aux  %  kilog.,  que  les  aciers  pleins  ? 
«  11  est  facile  de  prouver  le  contraire. 
«  En  effet,  si  les  aciers  profilés  sont  un 
peu  plus  chers  aux  %  kilog  que  les  aciers 
pleins  de  qualité  analogue,  c'est-à-dire  que 
les  aciers  Spéciaux,  Chromés,  Diamant,  Tun- 
gstènes, etc.,  ils  sont  bien  moins  lourds  au 


212 

mètre  courant  que  les  aciers  pleins  corres- 
pondants. Ainsi,  pour  faite  un  alésoir  de 
20  m/m  diamètre  25  c/m  longueur,  il  faut 
employer  : 

25  c/m  profil  Croix  de  20  m/m  qui  pèsent 
0k3:{7. 

25  c/m  acier  /?onrfde20  m/m  qui  pèsent 
0k612. 

Pour  faire  une  mèche  de  25  ra/m  diamè- 
tre et  25  c/m  diamètre  longueur,  il  faut  em- 
ployer : 

0,25  c/m  en  acier  profilé  tors  qui  pèsent 
0  k  407. 

0,25  c/m  acier  profilé  Rond  plein  qui  pè- 
sent 0  k  056. 

a  On  peut  voir,  par  ces  aperçus,  que  nos 
aciers  profilés  sont  toujours  de  50  à  55  % 
plus  légers  que  les  aciers  pleins  correspon- 
dants, et  que,  si  leur  prix  est  un  peu  plus 
élevé,  ils  ne  sont  néanmoins  pas  plus  chers 
que  les  aciers  pleins  de  qualité  extra  vendus 
dans  le  commerce. 

«  Il  est  fort  juste  que  nous  fassions  remar- 
que à  nos  lecteurs  que  les  avantages  qu'ils 
présentent  ne  sont  pas  limités  à  leur  prix  d'a- 
chat, prix  qui,  un  peu  plus  élevé  que  celui 
des  aciers  pleins,  est  largement  compensé 
par  la  légèreté  des  aciers  profilés.  Nous  de- 
vons (au  contraire)  dire  que  cet  avantage  est 
le  moindre  do  ceux  qu'ils  offrent . 

a  En  effet,  lorsque  les  bouts  d'aciers  né- 
cîessaires  pour  faire  un  alésoir,  une  mèche, 
un  outil  de  tour,  etc.,  auront  été  coupés,  il 
faudra  fraiser  ou  forger  les  aciers  pleins, 
les  travailler  longuement  pour  les  évider  ou 
leur  donner  la  forme  qu'ils  devront  avoir 
pour  être  transformés  en  outils. 

«  Avec  l'acier  profilé,  rien  de  semblable  à 
faire  ;  les  mèches  et  les  alésoirs  étant  évidis 
au  laminage,  il  n'y  a  pas  à  user  d'outillage, 
pas  à  perdre  de  main-d'œuvre  pour  les  ame- 
ner à  ce  p(»int.  Pour  les  outils  de  tours,  la 
forme  étant  donnée  au  laminage,  il  n'y  a 
pas  à  les  échauffer  et  à  les  forger  pour  ob- 
tenir l'outil  fini,  un  simple  moulage  suffira. 
a  Tous  ces  avantages  réels  nous  ont  puis- 
samment aidés  à  vaincre  la  force  d'inertie 
que  les  ouvriers  opposent  généralement  à 
l'introduction  de  toute  nouveauté,  et  la  rou- 
tine dont,  hélas  !  pas  plus  que  les  autres 


213 


industries,  celle  de    la  mélallurgie 
exempte. 

<ï  A  l'heure  présente,  nous  offrons  aux 
ateliers  desaciers  dont  la  qualité  est  parfaite 
et  qui  peuvent  lutter  avec  avantage  contre 
Ifô  meilleurs  aciers  du  monde,  dont  le  profil 
constitue  une  commodité  et  une  économie 
indiscutables,  et,  appuyés  sur  les  résultats 
déjà  acquis,  nous  nous  ofTrons  à  fournir,  à 
qui  nous  le  demandera,  la  preuve  de  ce 
que  nous  avançons.  » 

Coranne  suite  à  ces  indications,  le  Jour- 
nal des  aciers  profilés  a  publié  une  quan- 
tité d'attestations  des  plus  flatteuses,  éma- 
nant des  maisons  les  plus  importantes  de  la 
construction  métallurgique  en  France,  en 
Belgique  et  en  Suisse,  et  relatant  les  excel- 
lents résultats  obtenus  avec  ces  aciers. 


INDUSTRIE 

n*est 


214 


Nous  reproduisons  ci«aprèsles  figures  des 
diverses  sections  d*acier  profilés  et  des  outils 
qui  en  dérivent. 

Les  dessins  en  sont  assez  suggestifs  pour 
qu'il  soit  inutile  de  donner  des  explications 
complémentaires,  en  dehors  des  désignations 
qui  sont  faites  des  divers  profils  et  outils. 
Nous  sommes  heureux  de  publier  ces  ren- 
seignements, en  attendant  de  pouvoir  exa- 
miner à  l'Exposition  universelle  de  1900 
l'importante  participation  qu'y  organisera, 
pour  le  compte  de  MM.  J.  Beardshawet  fils, 
notre  Sociétaire  M.  Sapône,  lequel  doit,  pa- 
raît-il, nous  réserver  de  nouvelles  surprises 
en  matière  de  création  d'outillage,  à  l'oc- 
casion de  cette  prochaine  fête  de  la  civilisa- 
tion. 


Outils  faits  avec  le  profil  en  croix. 


Fio.  1.  —  Burin  à  main. 


S 


FiG.  3.—  Burin  à  pierre,  dit  chapeau  d'évéque. 


Fio^  4.  —  Foret  à^langue  d'aspic. 


FiG.  5.  —  Foret  à  conducteur  à  4  coupes. 


FiG.  7,  —  Alésoir  tordu. 


wmmmmmà 


Afrst  A//yyvy/ 


Fio.  8.  —  Taraud. 


p,(j.  10.  —  Mèciie  demi-ronde  ou  mèche  à  canon,  et  coupe  de  la  partie  travaillante  pour  aléser. 


V 


^. 


Coupe  du  profll  croix 
brut. 


Fio.  12.  —  Alésoir  droit  î\  deux  coupes,  et  coupe  de  l'alésoir. 


èi: 


JOURiNAK  MENSURL  DE  L'aCADÉIIIE  NATIONALE 


ÎW 


Fio.  13.  —  Tranche,  avec  porte-tranche  spécial  i\  isolateurs  en  caoutchouc. 
Profil  à  trois  branches. 


FiG.  18.  —  Alésoir  à  2  couj^es  exécuté  avec  le  profil  à  trois  branches,  et  coupe  de  l'outil. 


FiG.  19.  —Taraud  polygonal,  exécuté  avec  le  profil  à  trois  branches. 


i/to 


Fio.  20    —  Alésoir  exécuté  avec  le  profil  à  Irois  branches  lordu.  ^^^^^'  ^^',  ".  ^;^"Pe  du  profil  à 

'  trois  branches. 

Profil  en  I. 


l'ic.    4.  —  OuUl  coudé  pour  élau-limeur,  exécuté  avec  le  profil  en  I. 


I 


Fjo.  ;&5.  -  Outil  à  mortaiser  et  à  raboler,  exécuté  avec  le  profil  en  I.  ^^^^'  ^^^^'^^  ^iJ^^  *^" 


217 


INDUSTRIE. 

Profil  en   V. 


218 


Fio.  28  bis.  —  Coupe  du  profil 
en  V  et  du  porle-ouUl. 


FiG.  28.  —  Porle^oulil  spéciat  et  oulil  en  V  pour  tourner  et 
dresser. 


Double  profil. 


Fjg.  29.  —  Coupe  des  aciers  à  double  profil  (profil  mâle  et  profil  femelle  correspondants). 


Fio.  30.—  Outils  à  tourner  et  à  dresser  faits  sur  le  profil  môle  et  le  profil  femelle  du  double  profil. 
Profil  tors  (pour  la  fabrication  des  mèches  américaines). 


'C0 


FiG.  31  bis.  —  Coupe  du  profil  tors. 


FiG,  32.  —  Mèche  cylindrique  à  4  branches  et  coupe  de  la  mèche. 


ALLIAGES    DE    ZINC    ET  D'ALUMINIUM. 

Le  professeur  W.  F.  Durand,  du  collège 
deSibley,  a  effectué  des  essais  comparatifs 
très  intéressants  sur  des  alliages  de  zinc  et 
d'aluminium  en  diverses  proportions.  Les 
meilleurs  résultats  ont  été  obtenus  avec  la 
compositioD  suivante  : 


Aluminium 66.6 

Zinc a3.4 


100.0 


Les  essais  mécaniques  ont  montré  que  cet 
alliage  dont  la  densité  est  de  3,3,  possède  à 
s'y  méprendre  les  propriétés  mécaniques 
des  meilleures    fontes  moulées.  On  peut 


219 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  ACADBIIIE  NATIONALE. 


220 


donc  compter  sur  une  résistance  de  15  à  20 
kil.  par  m/m  carré,  avec  un  allongement  à 
peine  sensible. 

Les  caractéristiques  principales  de  cet 
alliage  sont  énoncées  ci-dessous. 

Sa  couleur  est  blanche  et  il  est  susceptible 
de  prendre  un  beau  poli.  Il  n'est  pas  faci- 
lement oxydable.  Il  fond  à  la  température 
du  rouge  ou  quelque  peu  au-dessous,  aux 
environs  de  425  à  481  C. 

il  peut  donc  être  aisément  fondu  dans 
une  cuillère  de  fer  sur  un  simple  feu  de 
forge  ou  tout  autre  foyer  libre. 

Il  est  très  fluide  et  possède  la  propriété  de 
remplir  parfaitement,  jusque  dans  leurs  dé- 
tails les  plus  inG  mes,  les  moules  de  sable. 
A  ce  point  de  vue  il  se  comporte  mieux 
que  le  laiton.  Il  ne  brûle  pas  le  sable,  de 
telle  sorte  qu'il  permet  d'obtenir  des  mou- 
lages très  propres. 

Il  est  plutôt  un  peu  plus  doux  et  plus  ai- 
sément travaillable  que  le  laiton,  et  cepen- 
dant il  n'encrasse  pas  la  lime. 

Il  est  fragile  comme  la  fonte,et  par  consé- 
quent on  ne  peut  pas  remployer  pour  les 
pièces  exigeant  la  douceur  que  possède  le 
laiton. 

Cet  alliage  parait  destiné  à  rendre  de 
grands  services  pour  la  fabrication  des  pe- 
tites pièces  moulées  qui  doivent  présenter 
un  fini  soigné,  de  la  légèreté,  de  la  rigidité 
et  une  bonne  résistance  à  la  corrosion. 

Il  a  été  employé  avec  succès  pour  la  cons- 
truction de  petites  hélices  pour  les  essais 
dans  l'Ecole  des  Ingénieurs  de  la  marine  aux 

Etats-Unis. 

(La  Métallurgie.) 


Capaotèret  différents  des 

MÉLANGES  D*AIR  ET    DE  VAPEURS  DE 
PÉTROLE. 


En  présence  des  développements  que 
prend  l'utilisation  des  moteurs  à  pétrole, 
nous  croyons  spécialenient  intéressant  de 
reproduire  le  tableau  suivant  indiquant 
quels  sont  les  caractères  différents  que  pren- 
nent les  mélanges  d'air  et  de  vapeur  de 


pétrole,  suivant  les  proportions  dans  les- 
quelles se  trouvent  constitués  ces  mélanges  : 


Proportions  de 


Pétrole. 


Air. 


5 

0 
7  à  9 
12 
10 
20 


I 
Caractère  du  Mélange.    , 


Inoffensif. 

Faiblement  explosif. 
Fortement  détonant. 
Explosif  redoutable. 
Faiblement  explosif. 
InotTensif. 


Il  résulte  de  ce  tableau  que  pour  fournir 
un  bon  travail  dans  les  moteurs  à  pétrole, 
les  mélanges  introduits  dans  les  cylindres 
doivent  être  dans  das  proportions  variant  de 
ô  à  10  volumes  d'air  pour  un  volume  de  va- 
peur de  pétrole. 


INSTRUMENTS  DE    VÉRIFICATION. 

des 
filetages  du  système  français  (S.  F.) 

construits  par  MM.  Bariquand    et    Marre 
127,  rue  Oberkampf,  à  Paris. 

M.  Marre,  ingénieur-mécanicien,  de  la 
maison  Bariquand  et  Marre,  a  communiqué 
à  la  Société  d'Encouragement  pour  l'Indus- 
trie nationale  la  note  suivante  reproduite 
dans  le  Bulletin  de  cette  Société,  note  très 
intéressante  traitant  des  instruments  vérifi- 
cateurs des  filetages,  système  français  : 

Généralités.  —  Les  instruments  prati- 
ques pour  la  vérification  des  vis,  boulons, 
écrous,  etc.,  filetés  ou  taraudés  par  un  pro- 
cédé quelconque  sont  la  vis-type  (calibre 
mâle)  et  l'écrou-type  (calibre  femelle). 

Pour  vérifier  la  concordance  des  deui 
vérificateurs  correspondants  d'un  même 
diamètre,  on  demande  généralement  que 
récrou-type  se  monte  sur  la  vis-type.  Quand 
deux  pièces  se  montent  Tune  sur  Vautre,  on 
doit  admettre  qu'il  y  a  un  certain  jeu>  soit 
une  certaine  différence  de  cote  entre  les 
mesures  des  parties  qui  s'emboîtent. 


221 


INDUSTRIE. 


282 


Noas  avons  pratiquement  admis,  avec  les 
ingénieurs  de  tous  les  établissements  pour 
lesquels  nous  avons  fait  des  vis  et  écrous- 
types,  que  la  vis-type  devait  être  faite  avec 
le  plus  grand  soin  suivant  le  profil  théori- 
que, la  vis  présentant  sur  Técrou  l'avantage 
d'avoir  ses  parties  accessibles  au  mesurage, 
et  que  Técrou-type  devait  être  fait  pour 
se  monter  sans  jeu  appréciable  sur  la  vis- 
type. 

L'écrou-type  fait  ainsi  est  en  réalité  plus 
grand  que  le  protil  théorique,  qui  représente 
sa  limite  minimum.  Pourtant,  pratique- 
ment, cette  façon  de  procéder,  qui  est  com- 
mode, n'a  aucun  inconvénient. 

La  vérification  des  types  (vis  et  écous  S. 
F.),  que  nous  avons  fournis  a  été  excutée 
au  chemin  de  fer  de  Paris-Lyon  avec  un 
soin  minutieux,  de  la  façon  suivante  : 

Un  tourneur  habile  faisait  avec  un  outil 
ayant  le  protil  théorique  (S.  F.),  sur  un 
lourde  précision  (fourni  par  nous  bien  avant, 
il  y  a  près  de  15  ans),  un  écrou  montant 
aussi  exactement  que  possible  sur  la  vis- 
lype  Bariquand.  D'autre  part,  dans  les  mô- 
mes conditions,  il  faisait  une  visse  montant 
sur  Vécrou-type  Bariquand.  Ces  deux  éprou- 
vettes,  mâle  et  femelle,  montant  ainsi  sans 
jeu  dans  nos  types,  se  montaient  également 
bien  sans  jeu  Tune  sur  l'autre. 

La  réception  de  nos  types  S.  F.  par  le 
chemin  de  fer  P.-L.-M.  dépendait  de  cette 
épreuve.  Nous  la  remplissons  maintenant 
sans  difficulté  en  faisant  nos  vis  et  écrous* 
types  trempés  comme  il  est  dit  ci-après. 

Nous  disons  maintenant^  parce  que  nous 
avons  été  longtemps  à  trouver  un  mode 
d'exécution  de  ces  vis  et  écrous  qui,  par 
leur  forme  et  par  leur  nature(ilssont  trem- 
pés et  rectifiés,  dans  toutes  leurs  parties), 
ont  préseutédes  difficultés  actuellement  ré- 
solues. 

Nous  avons  discuté  aussi  longtemps  avec 
les  ingénieurs  du  chemin  de  ferP.-L.-M., 
au  cours  des  difficultés  que  nous  avons 
rencontrées,  pour  savoir  si  nous  ferions  les 
types  trempés  ou  en  acier  dur  non  trempé. 
Par  les  essais  faits,  il  a  été  reconnu  que 
les  types  trempés  et  rectifiés,  tels  que  nous 
les  faisons,  donnaient  des  vis  et  écrous  se 


montant  les  uns  sur  les  autres  sans  jeu  ap- 
préciable, à  frottement  doux  et  gras,  sans 
aucune  secousse,  tandis  que  dans  les  types 
non  trempés,  le  même  résultat  n'était  pas 
atteint  avec  la  même  perfection. 

Cela  tient  évidemment  à  ce  que  le  tour, 
qui  est  une  excellente  machine,  nécessite 
une  pression  sur  l'outil  qui  coupe  et  que 
cette  pression,  même  très  légère,  fait  faire 
dans  la  pièce  un  copeau  d'une  certaine 
épaisseur,  qui  aun  minimum  plus  grand  que 
zéro.  D*autre  part,  si  le  tour  a  une  légère 
excentricité,  et,  si  minime  qu'elle  soit,  il  y 
en  a  toujours  une,  lavis  faite  sur  ce  tour 
d'un  côté,  et  l'écrou  d'autre  part,  ont,  à 
chaque  tour,  celte  excentricité  tantôt  de 
même  sens,  puis  diamétralement  opposée. 
Cette  excentricité,  presque  insensible  par 
les  vérificateurs  bien  faits,  se  sent  parfaite- 
ment à  la  main  en  vissant  une  vis  dans  un 
écrou  fait  sur  le  tour. 

Nous  avons  donc  adopté  les  types  trem- 
pés qui,  tout  en  se  prêtant  à  une  exécution 
plus  précise,  mais  plus  coûteuse  il  est  vrai, 
sont  susceptibles  d^une  usure  moins  rapide. 

Dans  lescompagnies  de  cheminsde  fer  et 
les  grands  établissements  où  l'on  a  besoin 
d'une  grande  quantité  de  séries  de  types  S. 
F.,  lesvisetécrous-types  Bariquand  en  acier 
trempé  servent  de  proto-types  auxquels  ou 
rapporte  tous  les  autres  faits  en  acier  non 
trempé  comme  il  a  été  rappelé  pour  la  ré- 
ception des  types  Bariquand. 

Nous  avons  dit  que  nous  avions  ren- 
contré de  grandes  difficultés  à  faire  des 
types  S.  F.  au  profil  théorique  en  acier  trem- 
pé. Cela  tient  à  la  difficulté,  nous  pouvons 
même  dire  à  l'impossibilité  de  rectifier  le 
sommets  creux  après  la  trempe. 

Nous  avons  tourné  cette  difficulté  en  fai- 
sant les  sommets  creux  des  types  S.  F.  trem- 
pés plus  profonds  que  le  type  théorique. 
Nous  avons  adopté,  pour  ce  supplément  de 
profondeur  aux  sommets  creux  la  valeur 

H  H 

,g  au  lieu  de  -g    du  S.  F.  avec  de  légers 

arrondis.  Dans  ces  conditions,  nous  avons 
pu  faire  un  bon  rodage  et  une  bonne 
rectification  après  trempe  tout  en  laissant 
aux  flancs  du  filet  le  profil  théorique  dans 


223 


JOURNAL  MKNSORI.   DC   L'aCADÉMIB  NATIONALE. 


224 


toute  son  étendue.  Les  sommets  saillants  des 
vis  et  écrous  types  trempés  s*obtiennent 
sans  difiicultés,  car,  après  avoir  rectifié  les 
flancs  delà  vis  avec  des  rodoirs  à  sommets 
creux  plus  profonds,  il  suffît  de  rectifier 
soigneusement  le  cylindre  des  sommets 
saillants  Jaissés  à  Tébauche  légèrement  plus 
grands,  à  Tinstar  d'un  tampon  vérificateur 
de  diamètre,  pour  obtenir  des  angles  vils 
résultant  ainsi  de  l'intersection  des  nappes 
des  surfaces  hélicoïdales  avec  le  cylindre  en 
question,  et  réalisant  pratiquement  le  profil 
théorique. 
Pour  vérifier  les  sommets  saillants  des  vis 

et  écrous  S.  F.  avec  nos  vis-types  etécrous- 

H 
types  à  sommets  creux  plus  profonds  _ ,  il 

est  nécessaire  d'avoir  : 

1*"  Une  bague  du  diamètre  nominal  du 
pas  S.  F.  considéré,  qui  mesure  le  cylindre 
des  sommets  saillants  des  vis  ; 

2*  Un  tampon  cylindrique  lisse  représen- 
tant le  cylindre  des  sommets  saillants  de 
l'écrou. 

En  outre,  pour  que  toutes  les  parties  des 
vis  et  écrous  ainsi  vérifiés  séparément  soient 
concentriques,  il  faudrait  que  la  bagqe  fasse 
solidairement  suite  à  Tëcrou-type  et  le  tam- 
pon à  la  vis-type. 

Nous  avons  réussi  à  faire  couramment 
des  vis-types  trempées,  avec,  en  prolon- 
gement solidaire,  les  tampons  cylindriques 
des  sommets  saillants  des  écrous,  et  cela  a 
suffi  pour  assurer  pratiquement  la  concen- 
tricité  de  toutes  les  parties  des  types.  Il  est 
inutile  d'apporter  la  complication  de  la  ba- 
gue solidaire  à  Técrou-type,  bien  que  nous 
puissions  le  faire,  mais  c'est  une  dépense 
que  la  pratique  ne  demande  pas. 

Vis- TYPE.  —  Nous  la  faisons  comme  il  est 
exposé  ci-dessus. 

Flancs  au  profil  théorique  par  rodage  de 
rectification  ; 

Sommets  saillants,  plats      ,  angles  vifs  ; 

Sommets  creux,  fonds  ,—  ,  angles  arron- 
dis, pour  les  prototypes  sur  demande  spé- 
ciale ; 

Cylindre  tampon  à  Tavant,  solidaire  de  la 


vis  concentrique,  pour  mesurer  les  sonrimets 
saillautsde  Técrou. 

Les  vis  trempées  sont  faites  en  acier  de 
cémentation.  L'acier  vif,  qui  trempe  dur 
directement  par  chauffe  et  immersion,  va- 
rie pendant  trop  longtemps  après  la  trempe 
pour  présenter  une  sécurité  d'emploi.  A  ce 
propos,  quand  nous  avons  fait  nos  broches- 
étalons  pour  la  subdivision  du  mètre,  nous 
avions  reconnu  ce  fait.  Il  a  été  constaté 
d'autre  part  par  MM.  le  commandant  Hart- 
mann et  le  capitaine  Mengin,  de  la  section 
technique  d'Artillerie,  quand  ils  ont  fait 
ce  même  travail  de  subdivision  du  mètre 
par  broche-étalon .  L'acier  vif  trempé,  pour 
ne  plus  varier  de  dimension  avec  le  temps, 
doit  être  recuit  pendant  trois  ou  quatre 
cents  heures  dans  l'huile,  au  bain-marie  de 
100'*,  ou  pendant  cent  heures  à  200*  dans  la 
glycérine  ou  dans  un  autre  bain  à  cette  tem- 
pérature. 

Nous  faisons,  pour  cette  raison,  nos  vis 
proto-types  trempéeson  acier  de  cémentation. 

Nous  faisons  l'ébauche  de  ces  vis  avec  les 
mêmes  soins  que  les  vis-types  non  trempées 
en  acier  dur,  en  laissant  sur  les  différentes 
parties  les  quantités  nécessaires  à  la  rectifi- 
cation et  au  rodage  après  cémentation  et 
trempe.  Nous  filetons  donc  ces  vis  sur  le 
tour  avec  des  outils  présentant  le  sommet 

abattu, g . 

Outil  de  filetage.  —  Nous  nous  ser- 
vons, comme  outil  à  angle  constant,  d*un 
prisme  affûté  en  bout  ei  incliné  de  15^  pour 
la  coupcdansun  porte-outil  spécialse  mon- 
tant sur  le  tour. 

La  section  droite  de  ce  prisme  se  calcule 
par  la  formule  : 

tgg-tgSO^X   ^^\^^   =0,597.716 
et  donne  «  =  61M4"e)5»,8. 

Pour  obtenir  des  outils  à  cet  angle,  nous 
avons  un  calibre  composé  de  3  règles  par- 
faitement dressées  et  cie  longueurs  absolu- 
ment exactes,  du  moins  autant  que  possible, 
soit  2  ou  3  microns  près,  de  manière  à  com- 
poser sur  un  marbre  un  triangle  dont  un 
angle  soit  de  61'»  44«»52',8. 


225  INUUëXRIE. 

Les  dimentions  des  trois  côtés  du  trian- 
gle rectangle  constitué  à  Vaide  de  ces  trois 
règles  sont  exactement  les  suivantes:  base  : 
140  mm.  hauteur  :  260  mm.  533;  hypothé- 
nuse295  mm.  752.  L'angle  a  est  Tangle  op- 
posé à  la  hauteur. 

C'est  à  Taide  de  ce  calibre  que  nous  éta- 
blissons les  prismes  à  la  section  droite  a.  Unci 
autre  difficulté  nous  a  arrêtés  assez  long- 
temps, c'est  rétablissement  de  ces  prismes 
avec  un  plat  abattu  aux  sommetsde  la  quan- 

H  H 

tité  ^   ou  _  correspondant  au  pas  S.  F.  à 

établir. 

Pour  arriver  à  ce  but  avec  sécurité,  nous 
avons  fait  un  instrument  de  vérification  des 
outils  prismatiques  dans  lesquels  on  em- 
boîte le  prisme  de  telle  sorte  que  le  dièdre  a 
tronquer  soit  dans  Taxe  d'une  vis  de  palmer 
réglable,  préalablement  réglée  sur  une  bro- 
che-étalon représentant,  dans  Tinstrument, 
la  hauteur  correspondant  théoriquement  au 
sommet  de  l'angle  vif.  Ainsi  établi,  Toutil 
prismatique  assure  une  grande  précision 
dans  l'exécution  des  filetages. 

La  vis-type  filetée  étant  trempée,  il  faut  la 
rectifier. 

Nous  établissons,  pour  cela,  des  rodoirs 
à  cage  et  coussinets  qui  sont  entretenus 
aussi  fréquemment  que  jiossible  pendant  le 
travail  par  des  tarauds  précédemment  éta- 
blis avec  l'outil  prismatique  et  avec  des  pas 
différents,  mais  de  très  petites  quantités.  Il 
faut  au  moins  un  taraud  à  pas  court,  un  à 
pas  allongé  et  un  à  pas  théorique. 

Quand  la  vis  s'est  allongée  à  la  trempe, 
on  commence  le  travail  avec  les  coussinets 
résultant  du  taraud  court,  et  inversement  si 
elle  s  est  raccourcie. 

Go  termine  avec  les  coussinets  faits  avec 
le  taraud  au  profit  théorique  etau  pas  exact. 
Enfin,  on  fait  les  sommets  saillants  exté- 
rieurs et  le  cylindre  concentrique. 

Bien  que  ce  travail  soit  long  et  délicat, 
nous  sommes  arrivés  à  le  faire  sans  trop  de 
difficultés.  Nous  avons  même  établi  des 
séries  de  types  mâles  et  femelles  parfaite- 
ment interchangeables  entre  eux,  étant  faits 
en  même  temps. 
Nous  ne  savons  pas  si  nousréussirons  une 


226 

interchangeabilité  aussi  parfaite  sur  des 
prototypes  aussi  précis  faits  ultérieurement. 
Nous  sommes  pourtant certainsque  ces  pro- 
totypes n'auront,  avec  ceux  faits  par  nous 
jusqu'à  ce  jour,  que  des  différences  insigni- 
fiantes, qui  ne  gêneront  aucunement  Tap- 
plication  du  système  français. 

Il  ne  Tant  pas  oublier  que  l'exécution  de 
ces  prototypes  est  difficile,  parce  qu'il  s'a- 
git là  de  les  faire  au  profil  limite  théorique, 
et  qu*il  n'en  est  pas  du  tout  de  même  des 
vis  et  écrous  courants,  dont  ces  limites  sont 
maximum  et  minimum, avec  des  tolérances 
aussi  larges  que  les  industriels  les  jugeront 
convenables. 

EcRou  TYPE.  —  Il  est  fait  avec  les  mêmes 
précautions  que  la  vis  ;  mais,  son  rodage 
après  la  trempe  se  faisant  avec  des  rodoirs 
directement  filetés  à  l'outil,  l'entretien  de 
son  outillage  est  plus  facile,  les  parties 
*^tant  plus  accessibles  à  la  vérification. 

Ces  rodoirs  sont  extensibles  par  Tintro- 
duction  dans  leur  axe  d*une  tige  conique 
qui  permet  ainsi  de  compenser  Tusure 
dans  une  certaine  mesure. 

Tarauds  et  filières  .  —  Nous  nous  pro- 
posons d'adopter  les  règles  suivantes  pour 
ces  outils  d'emploi  si  répandu. 

Taraud  courant.  —  Cet  outil  mâle  sert  à 
tarauder  un  trou  qui  recevra  ultérieure- 
ment une  vis  faite  à  la  filière. 

Il  doit  donc  donner  au  filet  taraudé  un 
profil  plus  grand  que  le  profil  limite  théori- 
que. 

La  trempe  gonfle  généralement  les  tarauds 
en  raccourcissant  le  pas.  Il  y  a  lieu  de  pré- 
voir, dans  l'usinage,  des  corrections  qui 
viendront  contre-balancer  les  efTeis  de  la 
trempe.  En  faisant  les  tarauds  ainsi,  on  aura 
des  pièces  faciles  à  exécuter  pratiquement. 

Sommets  creux,  plats  g  ,avec  le  diamètre 

1 


(d)  augmenté  de  ,  q^  du  pas. 

u 

Sommets  saillants,  plats  jg-,  avec  la  mê- 
me augmentation. 

Le  pas  allongé  de  j^qk  du  pas  pour  prévoir 
le  raccourcissement  dû  à  la  trempe. 


227 


JOURNAL  MENSUEL  DB  L'ACADCMIE  NATIONALE. 


228 


Ces  règles  établies  par  la  pratique  don- 
nent des  trous  taraudés  dans  lesquels 
les  types  faits  au  profil  limite  montent  bien 
avecle  petit  Jeu  pratique  nécessaire. 

Filière  et  coussinet,  —  Il  faut,  pour  des 
raisons  analogues,  faire  ces  outils  avec  des 
tarauds  présentant  la  disposition  inverse, 
soit  : 

Tarauds  pour  filières.  —  Sommet  sail- 
li H 
lant  ^  .  Sommet  creux  ,g  . 

Le  diamètre  du  taraud  à  filière  dépend 
des  habitudes  des  ateliers. 

Les  uns  le  font  au  diamètre  réel,  les  au- 
tres plus  grands,  les  autres  plus  petits  ; 
comme  les  filières  sont  réglables,  extensi- 
bles ou  composées  d'outils  multiples  régla- 
bles, on  arrive  facilement,  avec,  un  profil 
ainsi  établi,  à  faire  des  boulons  ou  vis  qui 
ont  le  profil  S.  F.  pour  maximum. 

VÉRIFICATION  DES  DIFFÉRENTES  PARTIES  DE  LA 
VIS-TYPE  PENDANT  SON  EXÉCUTION. 

Pas,  —  Il  est  vérifié  avec  un  peigne  cé- 
menté et  trempé,  qui  est  rectifié  avec  des 
rodoirs  faits  sur  le  tour  à  l'outil  aussi  exac- 
tement que  possible. 

L'outil  est  prismatique  fait  dans  les  con- 
ditions et  avec  les  vérifications  précédem- 
ment exposées. 

Le  pas  des  xodoirs  est  vérifié  sur  un  mi- 
cromètre à  réticules  ou  sur  un  petit  micro- 
mètre d'atelier  spécial  que  nous  avons  établi 
pour  donner  des  indications  rapides,  en  me- 

1 


surant  10  filets  à  moins  de 


100 


La  correc- 


tion des  vis  de  tours,  pendant  le  filetage,  se 
fait  par  un  levier  suivant  un  profilai  /20c et 
agissant  sur  le  chariot  porte-outil. 

La  protondeur  de  l'outil  de  filetage  sur  le 
tour  est  donnée  par  uncalibreen  fer  à  che- 
val à  10i)g  cône  établi  d'après  un  rappor- 
teur mesurable. 

Le  cône  que  nous  avonsadoptéestlecône 

au  .^.  Il  permet  de  mesurer  les  fonds  de 

filets  avec  une  précision  supérieure  au  ^-.ta. 

Nous  faisons  directement  avec  nos  micro- 
mètres accusant  le  micron^ou  bien  avec  des 


bagues  lisses  faites  avec  la  plus  grande  pré- 
cision, d'après  des  tampons  rectifiés  et  me- 
surés sur  nos  micromètres  d'atelier. 

Nous  pouvons  dire  maintenant  que  le  sys- 
tème français,  tel  qu'il  est  adopié,  permet 
d'établir  des  types  représentant  les  profils 
théoriques,  du  moins  dans  les  vis,  toutes  les 
parties  du  profil  étant  facilement  vérifia- 
bles.  C'est  là  une  grande  supériorité  sur 
tous  les  systèmes  de  filetage  dont  les  profils 
présentent  des  arrondis  que  1  on  ne  peut 
pas  vérifier. 

Pour  les  écrous,  ainsi  que  nous  l'avons 
dit,  il  suffit  de  faire  les  sommets  saillants 
sur  un  tampon  lisse  représentant  le  diamètre 

u 

des  fondsde  filets  ^  ,  et  de  faire  visser  les 

flancs   aussi  exactement  que  possible  sur 
ceux  de  la  vis. 


PROJET  DE  CHEMIN  DE    FER  ET 
D*A8CEN8EUR   COMBINÉS 

pour  tpantpoK  au  tomn^et  du  mont  Blano 


Un  ingénieur  émérile,  M.  Issartier,  vient 
de  concevoir  un  projet  d'une  grande  har- 
diesse, qui  mettrait  l'ascension  du  mont 
Blanc  à  la  portée,  sinon  de  tout  le  monde, 
au  moins  de  tous  les  touristes  assez  fortu- 
nés pour  pouvoir  acquitter  des  frais  de  trans- 
port déterminés. 

Il  s'agirait  de  construire  d'abord  un  tun- 
nel s'enfonçant  à  peu  près  horizontalement 
dans  la  masse  de  la  montagne  et  aboutissant 
au  fond  d'un  puits  vertical  dont  le  débou- 
ché supérieur  serait  voisin  du  sommet.  Na- 
turellement le  tunnel  serait  parcouru  par 
un  chemin  de  fer  et  le  puits  vertical  serait 
desservi  par  ascenseur. 

La  ligne  partirait,  dit  le  Génie  civil,  à  la  cote 
duravin  de  Miagre, au-dessous  de  Saint-Gervais 
et  s'engagerait  immédiatement  sous  la  monta- 
gne par  un  tunnel  de  7.400  mètres  qui  viendrait 
aboutir  à  l'aplomb  au  point  culminant  du  mont 
Blanc.  Un  puits  vertical  de  12  mètres  carrés  de 
section  et  2.800  mètres  de  hauteur  partirait  de 
ce  point  pour  atteindre  la  cime  de  la  montagne. 

L'auteur  ne  se  dissimule  pas  les  diCÛcuUes 
que  peut  présenter  la  construction  d'un  sem- 
blable puits,  qui   dépasserait  de  plus  du  dou- 


229 


INDUSTRIE 


230 


ble  ea  hauteur  les  plus  grands  puits  connus. 
Il  croit  cependant  son  projet  réalisable  et  es- 
lime  qu*une  période  d'une  dizaine  d'années  au 
maximum,  avec  une  dépense  de  9  millions  de 
francs,  suffirait  pour  son  achèvement. 

Le  tracé  du  tunnel  serait  en  ligne  droite  jus- 
qu'à la  rencontre  de  la  frontière  italienne  qu'il 
contournerait  sur  une  longueur  de  1.500  mètres. 
Les  rampes  ne  dépasseraient  pas  30  millimè- 
tres. Un  ascenseur  d'un  type  spécial  permet- 
trait de  se  passer  de  câbles. 

Entre  autres  avantages,  l'exécution  de  ce 
chemin  de  fer  rendrait  facile  en  toute  saison 
l'accès  de  l'Observatoire  d'astronomie  et  de  mé- 
téorologie que  l'on  construit  au  sommet  du 
mont  Blanc. 

L'on  peut  voir  par  les  chiffres  suivants 
que  cette  ligne  dépasserait  de  beaucoup  les 
îltitudes  atteintes  en  Europe  jusqu  a  ce  jour, 
en  effet  la  ligne  de  Brenner  arrive  à  Ja 
côte  1.337°*,  le  point  culminant  du  tunnel 
du  mont  Cents  est  à  1.295",  celui  du  Go- 
^rià  1.155°»  et  ze\ix\  deV  Arlber g  kl. 310"^. 

Il  est  vrai  que  d'après  les  chiffres  donnés 
par  la  Revue  des  chemins  de  fer  ces  altitu- 
de sont  considérablement  dépassées  dans  le 
Nouveau-Monde. 

Daas  r Amérique  du  Nord,  la  Canadian  Paci- 
M  atteint  Tattitude  de  1.614  mètres  à  la  passe 
de  Stephen,  le  Denver  et  Rio-Grande  s'élèvent  à 
3.119  mètres  au  col  de  Tenn  est  à  3.453  mètres 
au  col  de  t  remont. 

Dans  l'Amérique  du  Sud,la  ligne  Transandine, 
à  Taide  d'une  section  à  crémaillère  en  rampe 
de  8  •/.,  s'élève,  à  la  Cumbve,  à  l'altitude  de  3.190 
mètres  ;  YAntofagosta  and  Bolivia  R.  R.  (voie 
de 80^40)  atteint  à  Ascatan  la  cote  de  3. 956 mètres 
et  leSoutn  Peruvian  R.  R,  la  cote  de  4.470  mètres 
à  Porte:^  del  Cru^era  (rampes  maxima  de  40—). 
La  ligne  du  monde  qui  atteint  Taltilude  la 
plus  élevée  est  celle  de  Callao  à  Aroifa  dont  la 
longueur  totale  est  de  23:8  kil.  et  qui,  par  une 
séries  de  rampes  maxima  de  4  %,  sur  une  lon- 
mieur  continue  de  160  kil.,  atteint  an  tunnel  de 
Gakra  la  côte  de  4.744  mètres,  inférieure  seu- 
It^ment  de  36  mètres  à  la  hauteur  du  point  cul- 
minant du  mont  Blanc.  La  limite  des  neiges 
éternelles  dans  cette  partie  des  Andes  est  com- 
prise entre  4.800  et  5.180  mètres: 
Les  trois  lignes  à  crémaillère  atteignant  l'al- 

Ulude  la  plus   considérable  sont,  en    Europe, 
celle  du  Monte  Generoso  (1.596  mètres),    du  Pi- 

laie  (2.070  mètres),  et  du  Rothhorn  (2.252  mètres). 
C'est  en  Europe,  en  revanche,  que  se  trouvent 

les  plus  longs  tunnels,  ceux  du  mont  Cents  (12 

*ul.  8),  du  Saint'Gothard  (15  kil.)  et  de  VArlberg 


(10  kil.  2).  Le  tunnel  projeté  du  Simplon  aurait 
une  longueur  de  18  kil.  7. 

Parmi  les  nombreuses  questions  que  sou- 
lève le  percement  du  mont  Blanc,  il  en  est 
une  très  importante,  celle  de  la  température 
dont  rétude  présente  en  effet  un  grand  in- 
térêt au  point  de  vue  de  la  santé  des  ouvriers, 
Cette  question  de  la  chaleur  dans  le  perce- 
ment des  tunnels  a  du  reste  été  traitée  ma- 
gistralement par  M.  Lenthéric  dans  l'ouvra- 
ge intitulé  «  Uhomme  devant  les  Alpes  », 
ouvrage  analysé  pas  le  secrétaire  de  la  So- 
ciété Linnéenne  du  Nord  de  la  France,  M. 
Brandicourt,  dans  les  termes  suivants  : 

Parmi  les  dirQcultés  que  les  ingénieurs  s'at- 
tendaient à  rencontrer  dans  l'œuvre  très  har- 
die du  percement  du  massif  montagneux  des 
Alpes,  il  en  fut  une  à  laquelle  on  n'avait  pas 
songé  et  qui  se  manifesta  vers  la  fin  des  tra- 
vaux d'une  manière  inquiétante  :  ce  fût  la  cha- 
leur. 

Pendant  le  forage  du  mont  Ce  ni  s,  la  tempé- 
rature de  la  roche  fut  trouvée  de  27*5  à  5.000 
mètres  environ  de  l'entrée  du  jour.  Elle  attei- 
gnit 29*5  sur  les  derniers  500  mètres  de  la  pra- 
lie  centrale.  On  était  alors  à  1.600  mètres  envi- 
ron au-dessous  du  col  alpin  dont  la  tempéra- 
ture moyenne  est  de  3*  au-dessous  de  zéro.  D'où 
nne  différence  de  32*5  et  un  degré  géothermique 
correspondant  à  50  mètres  environ. 

On  ne  s'inquiéta  pas  tout  d'abord  de  cette 
élévation  de  température.  Bientôt  les  galeries 
se  rejoignirent  :  l'aération  se  produisit  natu- 
rellement et  vint  améliorer  la  situation.  Il  était 
temps  :  l'anémie  des  mineurs  commençait  à  faire 
des  victimes. 

La  situation  fut  bien  autrement  grave  au 
Saint-Golhard.On  trouva,  comme  au  Cents,  une 
température  de  29*  à  5.000  mètres  environ  de 
chaque  tête  du  tunnel.  Mais  il  restait  encore  à 
5.000  mètres  de  roche  à  traverser.  Au  centre  du 
tunnel  on  put  observer  pendant  quelques  jours 
une  température  de  32*,5,  chiffre  déjà  très  élevé 
si  l'on.observe  que  tout  les  suintements  étalent 
transformés  en  vapeur  d'eau  et  que  l'air  était  à 
peu  près  saturé  d'humidité.  Dans  ces  conditions 
le  travail  était  très  difficile  et  les  chevaux  em- 
ployés aux  déblais  succombaient  presque  tous. 

L'homme  est  plus  dur  à  la  peine  que  les  ani- 
maux. Dans  un  air  absolument  sec  il  peut  sup- 
porter une  température  de  50".  Mais  dans  une 
atmosphère  saturée  d'eau,  dans  un  souterrain 
où  la  transpiration  des  ouvriers  remplit  de  gaz 
méphitiques  l'étroite  galerie,  une  température 
de  30"  provoque  de  sérieux  malaises.  Pour  un 
grand  nombre  d'ouvriers,  la  chaleur  corporelle 


231 


JOURJSAL  MENSUEL  DE  L'AGADtolE  NATIONALE. 


232 


s'élevait  à  40»  et  le  nombre  de  pulsations  à  140 
et  mémo  150  à  la  minute.  Les  plus  robustes 
étaient  obligés  de  chômer  1  jour  sur  3  et  encore 
cette  journée  de  travail  était- elle  réduite  à  5 
heures  au  lieu  de?  ou  8. 

Suivant  le  docteur  Giacone,  qui  a  soigné  pen- 
dant 10  ans  les  ouvriers  du  Ceniset  du  Saint- 
Gothnrd,  le  nombre  des  malades  s'est  élevé  à 
60  pour  100. 

Chose  bien  plus  curieuse  encore,  les  rapports 
des  médecins  qui  ont  séjourné  sur  les  chantiers 
signalent  chez  les  ouvriers  la  présence  de  pa- 
rasites intestinaux  désignés  sous  le  nom  d^an- 
kylostomes  que  Ton  observe  en  Egypte  et  dans 
les  pays  tropic&ux  et  qui  provoquent  ce  que  les 
savants  appellent  «  la  chlorose  égyptienne  »ou 
«  hyperémie  intertropicale  ».  Cet  état  pathologi- 
que ne  s'observe  que  dans  les  pays  les  plus 
chauds  de  la  terre.  L'homme  devient  alors  mai- 
gre, pâle  et  sombre.  Il  est  inondé  par  une  trans- 
piration qui  ne  peut  s'évaporer  ;  dévoré  par 
une  soir  inextinguible,  il  est  en  proie  à  une  fiè- 
vre continue.  Et,  ajoute  très  bien  M.  Lenthé- 
ric,  «  il  a  donc  sulTl  au  montagnard  le  plus  ro- 
buste de  passer  quelques  mois  dans  les  profon- 
deurs du  massif  des  Alpes  pour  contracter  les 
germes  des  maladies  des  tropiques.  Sous  l'é- 
paisse couche  de  neige  et  de  glace  qui  l'enve- 
loppe, il  doit  travailler  nu  comme  le  nègre  des 
régions  tropicales  ou  de  chauffeur  indien  qui 
traverse  la  mer  Rouge  :  et  dans  ce  monde  al- 
pestre où  tout  rappelle  à  l'extérieur  le  climat 
polaire,  Il  étouffe  comme  dans  une  chaudière 
et  meurt  souvent  de  chaleur.  ». 

Les  mauvaises  conditions  rencontrées  au 
Saint-Gothard  se  rencontreraient  très  vraisem- 
blablement dans  les  nouvelles  traverséee  des 
Alpes  dont  il  a  été  parlé  dans  ces  dernières  an- 
nées :  le  Simplon,  le  Saint-Bernard  et  le  mont 
Blanc.  On  peut  prévoir  que  pour  le  mont  Blanc 
en  particulier,  la  température  de  40'  serait  bien 
dépassée.  M.  de  Lapparent  considère  même 
que  l'hypothèse  de  5ô'  proposée  par  quelques 
géologues,  est  modérée  et  pèche  plutôt  par  dé- 
faut que  par  excès. 

L'ingénieur  Stoolcalper,  qui  a  dirigé  pendant 
4  ans  un  des  chantiers  du  Saint-Gothard  et  a 
fait  de  cette  question  thermique  une  étude  ap- 
profondie, n'hésite  pas  à  déclarer  que  sous  le 
mont  Blanc  la  température  marquerait  33*  à  3 
kilomètres  de  l'entrée,  quand  on  serait  à  1.550 
mètres  au-dessous  des  Grands  Mulets  ;  qu'elle 


atteindrait  SC^sous  arête  de  Saussure  et  Si^ 
au-dessous  de  ralguille  de  lacul,  pour  redes- 
cendre ensuite  à  31*  dans  la  Vallée  Blanche. 

Ce  ne  sont  là  que  des  probabilités,  mais  elles 
sont  fondées  sur  des  faits  probants  et  on  con- 
çoit toutes  les  mesures  préventives  qu'elles 
commanderaient  le  cas  échéant. 

L'expérience  qui  a  été  acquise  dans  ces  der- 
nières années  a  indiqué  les  meilleures  métho- 
des de  ventilation,  d'aérage,de  refroidissement. 
L'air  comprimé,  par  sa  détente,  produit  dans 
les  chantiers  où  il  est  employé  un  premier  abais- 
sement très  sensible  de  température,  qui  peut 
encore  être  rafraîchie  par  des  solutions  salines 
dont  le  point  de  congélation  serait  abaissé  à 
—  20^  et  qui  circuleraient  dans  ce^  conduites  le 
long  du  .«souterrain.  L'enlèvement  des  déblais 
pourrait  être  fait  par  des  locomotives  électri- 
ques ;  il  en  résulterait  ainsi  la  suppression 
des  chevaux  qui  consomment  un  air  précieux. 
L'éclairage  électrique  qui  peut  être  assuré  sans 
vicier  l'air  et  sans  en  consommer,  rendrait  aussi 
de  grands  services  ;  ce  seraient  des  améliora- 
tions faciles  à  réaliser.  Combinées  avec  les  pré- 
cédentes elles  formeraientun  ensemble  de  pro- 
cédés qui  permettraient  de  lutter  victorieuse- 
ment contre  la  chaleur  intérieure  des  grands 
souterrains  des  Alpes. 

Il  est  très  curieux  et  presque  paradoxal  de 
se  trouver,  sous  les  neiges  éternelles,  dans  des 
conditions  physiologiques  analogues  à  celles 
des  régions  tropicales.  Sous  sa  froide  enveloppe 
de  glaces,  le  massif  des  Alpes  est  en  réalité 
une  fournaise  ardente,  et  nulle  part  ailleurs 
dans  la  nature  on  ne  trouve  de  contraste  plus 
saisissant  entre  le  froid  Intense  des  cimes  su- 
périeures et  la  source  inépuisable  de  chaleur 
emmagasinée  dans  les  profondeurs  du  sol. 

Nous  terminerons  en  formant  le  vœu  que 
grâce  à  Toutillage  actuel,  et  profitant  de  Fex- 
périence  précédemment  acquise  dans  le  per- 
cement des  tunnels,  Ton  puisse  exécuter  le 
gigantesque  travail  de  création  de  moyens 
d'accès  au  sommet  du  mont  Blanc  dans  les 
meilleures  conditions  possible  d'hygiène  et 
de  bien-être  matériel  pour  les  travailleurs 
appelés  à  exécuter  éventuellement  cette  au- 
dacieuse entreprise. 


233 


fHODUlTS  AMHENTAtRKS. 


234 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


UQUEURS  FINES 

de  M.  LuiGi  Sala  à  Alessandria  (Italie). 

Notre  sociétaire,  M.  Luigi  Sala,  d'Alessan- 
dria  (Italie)  est,  ainsi  que  nous  Tavons  déjà 
sigDalé,rauteur  de  deux  ouvrages  techniques 
en  langue  italienne,  intitulés:  Vun,  la  V7- 
mfica\ione^  l'autre,  il  Liquorista  pratico. 
Ces  deux  ouvrages,  dont  il  a  été  rendu 
compte  dans  notre  Journal  du  mois  d'avril 
dernier,  sont  rédigés  avec  une  parfaite  corn- 
péienceet  avec  tout  le  soin  méticuleux  que 
l>eut  mettre  un  praticien  distingué  dansTex- 
posé  de  ses  connaissances  techniques. 

C'est  que  M.  Luigi  Sala  n'est  pas  seule- 
ment un  écrivain  consciencieux,s'appliquant 
il  énoncer  clairement  ce  qu'il  conçoit  bien, 
c'est  aussi  un  œnologiste  et  un  liquoriste 
pratique  dans  toute  l'acception  des  mots.  S11 
réassit  aussi  bien  dans  l'enseignement  des 
préceptes  deTartdu  fabricant  de  liqueurs, 
c  estque  lui-même  exerce  réellement  cet  art 
et  qu'il  en  connaît,  par  expérience  person- 
nelle, tous  les  procédés,  toutes  les  formules, 
tous  les  tours  de  main  et  toutes  les  ressour- 
ces,  si  nombreuses  et  si  variées. 

Après  avoir  soumis  à  notre  appréciation, 
lea  deux  ouvrages  techniques  pour  lesquels 
notre  Comité  des  Récompenses  lui  a  décerné 
une  Médaille  d'or,  H.  Luigi  Sala  a  tenu  à 
nous  montrer  de  quelle  façon  il  appliquait 
ses  propres  préceptes  théoriques  et  quels 
étaient  les  résultats  qu'il  en   obtenait. 

Expliquant  à  nos  yenx  les  leçons  par  TefTet. 

Quant  nous  écrivons  :  à  nos  yeux ^  c'est 
pour  respecter  le  texte  cité  ;  mais  c'est  plu- 
tôt :  à  notre  palais^  qu'il  faudrait  dire.  En 
eSet,si  la  collection  de  liqueursqueM.  Luigi 
Sala  nous  a  envoyée  se  présentait  fort  bien 
à  la  vue,  étant  embouteillée  dans  les  condi- 
tions les  plus  soignés  et  les  plus  parfaites, 
ses  mérites  intrinsèques  se  sont  encore 
plus  hautement  manifestés  à  la  dégustation. 


L'envoi  de  M.Luigi  Sala  se  composait  Hes 
produits  suivants  : 

Vin  de  Marsala, 

Vermouth  de  Turin  ^ 

Amer  Sala, 

Fernet, 

Cordial  Rosenthal^ 

Menthe  verte. 

Marasquin, 

Liqueur  dite  Alchermès, 

Liqueur  dite  Mandarino. 

Le  Vin  de  Marsala^  n'étant  pas  de  la  fa- 
brication propre  de  M.  Luigi  Sala,  ne  pou- 
vait être  apprécié  qu'au  pointde  vue  du  bon 
choix  dont  il  avait  été  l'objet.  A  ce  point 
de  vue,  il  méritait  le  suffrage  le  plus  appro- 
bateur, étant  d'une  parfaite  limpidité  et 
du  meilleur  goût  franc  et  sec. 

Le  Vermouth  de  Turin,  préparé  avec  un 
vin  blanc  de  haute  qualité,  convenablement 
aromatisé  pour  offrir  la  saveur  sapide  et  légè- 
rement amère  qui  caractérise  la  classe  des 
vermouths  dits  de  Turin,  peut  être  rangé 
au  nombre  des  meilleurs  produits  de  cette 
classe. 

VAmer  Sala  est  un  spiritueux  d'un  goût 
complexe,  très  plaisant  pour  les  amateurs  de 
ce  genre  de  breuvage,  constitué  par  Tin- 
fluence  de  diverses  écorces,  racines,  feuilles, 
herbes  et  graines  aromatiques,  qui  sont  d'un 
emploi  courant  dans  la  préparation  despro- 
duitsde  même  nature.  Par  la  qualité  de  l'al- 
cool dont  il  est  composé,  par  l'heureux  choix 
des  ingrédients employésà  le  préparer  et  par 
les  soins  donnés  àsafabrication, l'aimer  5a- 
la  peut  soutenir  avantageusement  la  compa- 
raison avec  les  meilleurs  amers. 

Le  Fer  net  est  un  amer  à  la  saveur  si  désa- 
gréable qu'on  le  considère  comme  étant  lui- 
même  pratiquement  imbuvable,  et  comme 
n'étant  acceptable  pour  la  consommation 
qu'employé  à  titre  adjuvant  pour  d'autres 
breuvages.  Ce  produit  spécial,  qui  a  pour 
origine  la  ville  de  Milan,  est  cependant  fort 


285 


JOURNAL  MENSUEL   DE  L* ACADÉMIE  NATIONALE. 


236 


apprécié  d*un  grand  nombre  de  consomma* 
leurs  des  pays  chauds,  qui  veulent  bien  lui 
reconnaître  des  propriétés  hygiéniques,ioni- 
ques,  digesiives  et  même  thérapeutiques.  A 
ce  titre,  lia  tous  les  caractères  d'une  potion 
pharmaceutique, que  nous  lui  reconnaissons 
d'ailleurs  sans  aucune  difficulté.  Mais,  abs- 
traction faite  de  nos  préventions  personnel- 
les contre  cebreuvageque  nous  considérons 
comme  réellement  médicamenteux,  il  faut 
reconnaître  que  leFernet  préparé  par  M.  Lui- 
gi  Sala,  avec  toute  la  compétenced'un  liquo- 
riste  émériteet  d'un  gourmet  spécialiste, est 
de  même  valeur  que  les  Fernets  des  mar- 
ques les  plus  réputées  de  Milan. 

Le  Cordial  Rosenthal  est  une  création 
originale  de  M.Luigi  Sala.  C'est  une  liqueur 
à  la  saveur  très  complexe,  à  la  fois  tonique  et 
agréable,  d'une  bonne  spirituosité,  au  goût 
francet  chaud,  etdont  les  bouteilles  renfer- 
ment des  branches  de  cristaux  de  sucre  en 
sursatnration.  Grâce  à  son  titre  alcoolique 
relativement  élevé,  la  liqueur  ne  semble 
d'ailleurs  pas  sucrée  à  Texcès,  le  pouvoir  dis- 
solvant de  Talcool  en  ce  qui  concerne  le  su- 
cre étant  bien  moindre  que  celui  de  Teau. 
Cette  spécialité  de  M.  Luigi  Sala  nous  sem- 
ble avoir  toutes  les  qualités  voulues  pour 
ôtre  assurée  d'un  brillant  avenir. 

La  Menthe  verte,  bien  préparée  au  moyen 
de  plantes  soigneusement  triées  et  choisies, 
est  du  meilleur  mérite  possible. 

Le  Marasquin^  bien  que  ne  provenant 
pas  de  la  Dalmatie,  qui  est  le  pays  d'origine 
de  cet  excellent  produit,  offre  une  fmesse 
d'arôme  et  une  suavité  de  goût  qui  le  ren- 
dent l'égal  des  meilleurs  marasquins  authen- 
tiques. 

VAlchermès  est  une  liqueur  spécialedont 
le  berceau  est  la  ville  de  Florence.  Le  mot 
italien  qui  la  dénomme  est  le  correspondant 
du  mot  français  Kermès,  Il  ne  faudrait  pas 
croire  cependant  que  cette  liqueur  a  pour 
base,  ni  le  médicament  qu'on  nomme  Ker- 
mes  et  qui  est  un  dérivé  du  sulfure  d'an- 
timoine, ni  les  carapaces  d'insectes  Kermès 
dont  on  tire  une  teinture-rouge.  La  couleur 
écarlatede  YAlchermèsesi  le  seul  point  qui 
établisse  un  lien  d'analogie  entre  la  liqueur 
elles  coques  de  l'insecte /^erméj.  Cela  n'em- 


pêche pas  que  quelques  encyclopédies  ne 
fournissent  sérieusement  cette  indicatioD 
que  les  insectes  Kermès  servent  à  préparer 
une  liqueur  qui  est  désignée  sous  le  même 
vocable  ! 

Fort  heureusement  VAlchermès  n'em- 
prunte ni  sa  saveur,  ni  sa  couleur  à  des  ré- 
sidus cadavériques  d'insectes  quelconques. 
Voici  quelle  est  sa  composition  d'après  la  { 
recette  que  nous  trouvons  dans  le  traité 
du  Liquoriste  pratique  de  M.   Luigi  Sala  : 

Cannelle  de  Ceylan 75  grammes. 

Graines  d'ambrette 30        » 

Clous  de  girofle 12        i. 

Macis  (extrait  de  noix  mus- 
cade)    12        » 

Poudre  d'iris 10        » 

Eau  de  rose 1  litre. 

Essence  de  jasmin 6  grammes. 

Alcool  à  85*» 8  litres. 

Eau 8  litres. 

Sucre 11  heclogr. 

Colomtion  faite  au  moyen  d'une  couleur 

spéciale  d'un  rouge  vif. 

On  se  rend  aisément  compte,  d'après  les 
indications  précitées  que  la  liqueur  obtenue 
présente  un  goût  parfumé  tout  spécial,  et 
que  le  palais  italien  paraît  s'accoutumer 
parfaitement  de  saveurs  qui  ne  sont  appré- 
ciées en  France  que  comme  senteurs.  Pour 
notre  compte^  nous  aimons  mieux  rencon- 
trer l'essence  de  jasmin  dans  un  flacon  d'ex- 
trait pour  le  mouchoir,  plutôt  que  dans 
notre  verre.  Mais  il  est  d'usage  courant  en 
Italie  que  certains  produits  soient  employés 
concurremment  par  les  liquoristes  et  les 
parfumeurs,  et  qu'on  puisse  les  retrouver 
indifl'éremmentdans  les  consommations  les 
plus  fines  ou  dans les  pommades. 

<c  Des  goûts  et  des  couleurs,  il  ne  faut 
pas  discuter  »  dit  un  proverbe,  dont  nous 
devons  faire  application  dans  le  cas  dont  il 
s'agit . 

La  liqueur  Mandarino  est  un  produit 
tenant  le  juste  milieu  entre  un  curaçao  sec 
très  alcoolisé  et  un  sirop  d'oranges.  Telle 
qu'elle,  on  ne  peutque  la  trouver  délicieuse 
à  consommer,  soit  pure,  soit  additionnée 
d'eau. 


237 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


238 


Eq  outre  des  échantillons  de  ses  liqueurs 
prêtes  à  la  consommation,  M.  Luigi  Sala 
noas  a  remis  des  extraits  concentrés  pou- 
vant servir  à  la  préparation  directe  desdites 
liqueurs  au  moyen  d'additions  convenables 
d*eau,  d'alcool  et  de  sucre.  Ces  extraits 
sont  établis  à  l'usage  des  petits  fabricants 
de  liqueurs,  et  permettent  de  reproduire 


avec  la  plus  grande  facilité,  pourvu  qu'on 
ne  fasse  choix  que  de  bons  alcools,  les  ex- 
cellentes spécialités  de  la  maison  Sala. 

En  résumé,  tous  les  produiu  de  M.  Luigi 
Sala  nous  ont  paru  offrir  des  mérites  de  pre- 
mier ordre,  en  rapport  avec  la  grande  com- 
pétence technique  de  leur  fabricant. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION  DE  1000 
(FtofiMignements  divers). 

Comités  d'admission. 

Par  arrêté  en  date  du  14  avril  1898,  le 
ministre  du  commerce  et  de  Tindustrie  a 
dressé  une  liste  complémentaire  des  mem- 
bres des  comités  d'admission  de  TExposi- 
tion  universelle  de  1900. 

Dans  cette  liste  complémentaire,  nous 
avons  relevé  les  noms  suivants  de  mem- 
bres de  notre  Société  : 

Classe  22.  —  M,  Dard  (L.),  constructeur 
de  machines  outils,  adjoint  au  maire  du 
15*  arrondissement. 

Classe  ^0.  —M.  Lemaitre  (Albert),  fabri- 
cant de  voitures  et  de  harnachements,  mem- 
bre de  la  chambre  et  du  tribunal  de  com- 
merce d'Alençon. 

Classe  6o.  — M.  Pellisson  (Alexandre), 
distillateur  d'eaux-devie  devins,  à  Cogsac. 

Classe  go.— M»  Vaissier  (Victor),  fabri- 
cant de  savons  de  toilette,  à  Roubaix. 


Le  sort  de  la  galerie  des  machines. 

Dans  notre  Journal  de  Mars,  parlant 
des  projets  définitivement  arrêtés  par  les 
services  d'architecture  de  Texposition  de 
1900)  nous  disions  que  la  Galerie  des 
Machines  qui  fut  une  des  merveilles  de 


l'exposition  de  1889  se  trouvait  condamnée 
à  disparaître.  Au  sens  absolu  des  roots, 
c'est  bien  là  le  sort  qui  est  réservé  à  la  Ga- 
lerie des  Machines  envisagée  comme  cons- 
truction d'ensemble.  Cependant  il  n'y  aura 
pas  destruction  totale  des  parties  consti- 
tuant Tœuvre  générale.  C'est  ce  qui  permet 
à  la  Chronique  industrielle  d*énoncer  ainsi 
l'indication  de  l'avenir  réservé  au  glorieux 
vestige  des  édifications  de  1889  : 

«  Quant  à  la  Galerie  des  Machines,  elle  , 
«  sera  absolument  transformée  ;  la  partie 
a  centrale  formera  une  magnifique  salle  des 
«  fêtes  où  pourront  trouver  place  30.000 
«  personnes  ;  de  chaque  côté  seront  dispo- 
«  séesles  salles  destinées.  Tune  à  l'Agricul- 
«  ture.  Vautre  à  TAlimentation.  » 

De  ces  indicationsconformesaui  données 
des  plans  déjà  publiés,  il  ressort  que  les  fer- 
mes à  grande  portée  formant  l'armature  de 
la  Galerie  des  Machines  ne  seront  pas  tou- 
tes démolies,  et  que  même  la  plus  grande 
partie  d'entre  elles  serviront  à  former  la 
charpente  métallique  de  trois  constructions 
distinctes.  Mais  il  n'en  est  pas  moins  vrai 
que  cette  transformation  de  l'édifice  actuel 
équivaut  à  sa  destruction  réelle,  et  qu'il 
est  juste  de  dire  que  la  Galerie  des  Machi- 
nes, ce  puissant  œuvre  de  l'exposition  de 
1889,  dont  les  mérites  ressortaient  directe- 
ment de  la  grandeur  de  ses  dimensions,  est 
condamnée  à  cesser elTectivement  d'exister. 


239 


JOURNAL  MENSUKL  DB  L  AGADeHIB  NATIONALE. 


240 


STATISTIQUE 


L'ACTIVITÉ  POSTALE  DES  DIVERS  PAYS 

Le  bureau  iiilernational  de  rUnion  pos* 
talede  Berne  vient  de  publier  i*état  des  recet- 
tes et  dépenses  du  service  postal  et  télégra- 
phique dans  les  différents  pays  du  monde. 

Cest  rAllemagne  qui  réalise  les  plus  for- 
tes recettes  posules.  Elle  a  reçu  486.732.301 
fr.,  et  dépensé  469.505,243  fr. 

Les  Etats-Unis  suivent  avec  398.876.312 
fr.  de  recettes  et  449.690.014  fr.  de  dépen- 
ses. 

Après  vient  l'Angleterre,  avec  une  en* 
caisse  de  284.882.076  fr.,  d'une  part,  et 
202.021.825  fr.  de  Tautre. 

Enfin,  la  France  se  place  au  quatrième 
rang;  elle  a  reçu  226.634.250  fr.,  et  dé- 
toursé  174.063.872  fr. 

Viennent  ensuite  : 

La  Russie  avec  160.290.628  fr.  de  recet- 
tes et  116.595.628  fr.  de  dépenses  ; 

L'Autriche,  avec  113.711.877  fr.  et 
105.196.020  fr.de  frais. 

Les  recettes  descendent  ensuite  à  50  mil- 
lions avec  ritalie,  à  49  millions  avec  la 
Hongrie,  à  29  millions  avec  le  Japon,  à  25 
millions  avec  la  Suisse,  à  23  millions  avec 
l'Espagne,  à  19  millions  avec  le  Canada  et 
la  Belgique,  à  16  millions  avec  les  Pays- 
Bas,  à  12  millions  avec  la  Suède. 

Il  semble  que,  eu  égard  à  la  population, 
ce  sont  les  Allemands  et  les  Anglais  qui 
usent  le  plus  de  la  poste  et  du  télégraphe. 
Les  Américains  s*en  servent  plus  que  la 
France,  qui  expédie  beaucoup  plus  de  let- 
tres et  de  télégrammes,  comparativement, 
que  la  Russie,  dont  la  circulation  postale 


et  télégraphique  n*est  pas  en  rapport  avec 
sa  grande  population. 

Les  Etats-Unis  dépensent  plus  pour  leurs 
services  des  correspondances  qu'ils  ne  re- 
çoivent. Ils  ont  un  déficit  de  50  millions. 

L'Allemagne  n*a  qu*un  excédent  de  17 
millions  sur  486  millions  de  recettes. 

La  Grande-Bretagne  se  procure  un  gros 
bénéfice,  qui  dépasse  82  millions  par  ao. 

La  France,  où  les  services  postaux  et 
télégraphiques  laissent  encore  tun ta  désirer, 
réalise  un  excédent  de  50  millions. 

On  a  dit  avec  raison  que  la  poste  et  le 
télégraphe  sont  des  thermomètres  de  la 
puissance  é<.onomique  des  peuples  et  de 
leurs  colonies . 


LA  REVUE   DE  STATISTIQUE, 
pubiioation  hebdomadaire. 

Nous  signalons  à  nos  lecteurs  la  Revue  de 
Statistique j  une  nouvelle  publication  appe- 
lée, croyons-nous,  à  un  vif  succès. 

Malgré  son  titre  sévère,cette  revue  est  tort 
intéressante,  ainsi  que  nous  pouvons  en 
juger  par  les  premiers  numéros  que  nous 
avons  sous  les  yeux.  Elle  est  extrêmement 
variée  et  touche  un  peu  à  tout.  Qu'est-ce 
que  la  statistique  n'englobe  pas,  en  effet, 
aujourd'hui?  Elle  sera  certainement  appré- 
ciée. Tout  le  monde,  dVilleurs,  peut  en  ju- 
ger. Il  suffit  d'envoyer  sa  carte  de  visite  à 
la  direction  de  la  Revue  de  Statistique^  28, 
rue  de  Grammont,  à  Paris,  pour  recevoir 
gratuitement  cette  publication  pendant  un 
mois. 


Le  Directeur^Qérant,  Rédacteur  en  Chef, 

EuGàNsTHlÉRY. 


CLIBHONT  (oui).   -IMPRIMBIIB  IMUX  fRÉMi,  PLACR  lAlMT-ANDllé,  8. 


JOURNAL     MENSUE 


I)K 


L'ACADEMIE    NATIO 


AfiRlCOLE,  MANUFAGTljltlËiiË  ET  COiUERGIALE 


68'  Année.  -  JUJN  1B98, 


■  SOMMAIRE 

AORICULTUAE    —  L^^^  hqtyn^tttnïi.  cûmmunkiima  de  M.  PmuI  NobÏj  4  Houcn.  — ^  La  Jèieasc  Locurf-  Iï*  bljck-tott 

^onutiunicaïion  de  M,  F.  VApslIléref  à  Bordeaux.  —  Ivffet  dctifirji-.  thiMiii^ue  sur  vigni;  attîiiilijéc  pai  le  pliytlr^sicia. 

t\  %j%îiia\i^  pgurja  reccunstiiution  prngrcsïive^  communihjition  de  .\L  Parundiar,  ûu^t  T&urillfjn>jMuraL  —  La  fulturi^ 

de  h  vigne  cd  Ru&aic. —  J/udmîoi.^^tnition  dans  la  ferin«,  unmniuîikallon  dt!  M.  Ai  d«  Villlartt.  de  TUlv-Ad^m 
mOUfiiTRIE.    —  Appareil  pcrfeclionrii;  svst,înic    Woods  pùtjr  tlistribtii:rr  îliiiîU  aut  hro^'Kfs  de  fit[jltire%  cutistniil  p.ir 

MM-Q«i  Thoina*  «t  Ci*i  âManclitïier  {A^ngleierre).  —  ],g  production  de  U  houille  dini  k   monde.  —   Princip^^ 

Qonvtiuit  dt-  irljjuîiiiKe  pndusïricl. 
EXPOSITIONS  ET    CONCOURS.  —  E^tpDïïtion  dUorticulture.  —    Exposiiion  â^  ïnoo  ■  les.  Congres  ittternaiio- 

Kiisjf  :  le  pont  Alexandre!  ÎIL 
COMMERCE.—    Le  cDnimcrce  exit^rkur  de  ta  Ff^nire  pendantle^  quatre  premiers  mois  de    iSyS. —  Le  ccimm-frcc 

c^^éfiÉur  de  lAlïemflgne.  —  Lecommeré*  françab  et  \&  guerre  [ïispdno^amtrîciine*   —    Le  commerce  eitérieiir  de 

IL-pHitne  eo  l«r>7. 
VARIÉTÉS,  —  L'air  li^jùidc,  —  Le  café,  ïa  cultirf  et  sOQ  commerce,  commuiticaïion  de  M.  Cf  da  SaJnt-DaniB,    à 

tirtn ville  (MancheJ. 


AGRICai/rURE 


LES  HANNETONS 

Communication  de  M*  Pîiul  Noël, 

Directeur  du  Laboratoire  régional  tl  enlomo- 
(  logie  agricole  à  Rouen- 

L'aniïée  ]898  devant  *Hre,  comme  chacun 
sait,  une  année  à  hanDetoos,  je  crois  bon, 
dans  Uniérét  des  cultivateurs  et  dea  pépi- 
niérisies,  de  faire  connaître  un  moyen  en- 
core beaucoup  ignoré  et  *|ue  je  crois  très 
efficace  pour  la  destruction  de  ces  terribles 
rasei'tes  qui  soutt  pour  nous,  unecaliimité 
comparable  à  celle  des  sauterelles  dans 
certains  pays. 

I,es  femelles  clioisissent  toujours  potir 
tendre  un  endroit  où  la  terre  est  bien  nrieu- 
l>ie  ou  nouvellement  remuée.  En  se  basant 
sur  cette  donnée,  il  est  possible,  comme  je 
vais  le  démontrer,  de  détruire  d*un  geul 
coup  toute  la  ponle  d'une  armée. 


Pourcela^  on  prépare  dans  les  pcpinitî  re 
de  petites  pjrties  de  terrain  d'un  moire 
carré  environ,  bien  rattssée^.oii  la  terre  soit 
bien  meuble  et  bien  exposée  au  soleil. 

Immédiatement  toutes  les  femelles  se 
donnent  ror»dez-voLis<j  cet  endroit  et  pon- 
dent iHw?^  ces  sortes  de  piégées  tous  leurs 
œufs  ;  il  sunit  donc  ensuite,  à  Taide  d'une 
pelle,  d  enlever  cette  terre  sur  une  épais- 
seur de  10  centimètres  environ  pour  avoir 
d'un  seul  coup  fait  disparaître  entièrement 
tous  les  œufs, 

SU  s*agit  d'un  grand  champ,  voici  corn* 
ment  on  procède  : 

ÙD  trace  sur  un  des  bords  du  champ  un 
Irait  à  la  cbnrrueet  on  aplanit  les  mottes  de 
terre  ù  Taided'un  rùteun. Gomme  dans  les  pé* 
piniéreï,  toutes  les  femelles  viennent  pondre 
en  cet  endroit  ou  elles  irouvenl  de  la  terre 
bien  préparée  poiu*  recevoir  leurs  œufs,  il 
n*y  a  plus  alors  qu'à  donner,  quelque  temps 


*J3 


JOUH^ÂL   UËN^UtilL   DE   L  ACADt^MlE  NATIONALE. 


lu 


a  près  ^  un  aulrc  ttait  k  !a  cliartue  en  ados, 
ce  qui  enterre  tous  tes  œufs  a  une  profon- 
deur de  plus  de  30  cenUnièlrcîi,  (profondeur 
où  la  clmleur  salaire  ne  pénétrant  plus,  ils 
m  eurent  tous  iiiraîllibleuïent. 

Ce  procédé  adonné  des  résultats  excel- 
lents duns  Meurthe-et-Mr»selle  ou  M.  de  la 
Blanclièro  en  avïitt  conseillé  Temploi. 

Voici  rcpo((ue  où^  dans  les  communes, 
on  vu  commencer  le  lia nnelon nage.  Nous 
avons  a  ce  sujet  fait  une  enquête  et  appris 
ainisi  (|ue  c'était  dans  les  communes  où  il 
était  dépensé  plus  de  2<)0  franco  pour  cette 
0):)éralion  que  la  disparition  presque  com- 
plète des  vers  blancs  eldes  liannelons  avait 
été  constatée. 

Ces  résultats  sont  1res  éloquents  et  prou- 
vent très  bien  que  ce  qu'il  faudrait  sur- 
tout s'attacher  à  organiser,  ce  serai tTinstal- 
lation  de  comités  de  hanneton  nage  on  le  sac 
de  hannetons  serait  payé  assez  clier  pour  que 
ceux  qui  les  ramassent  ^  et  ce  sont  surtout 
les  hommes  de  peiïieel  les  enfants,  caries 
cultivateurs^  pour  la  plupart,  ne  &*en  occu- 
pent pas,  —  trouvent  intérêt  à  s'employer  à 
ce  travail  de  préfi^rence  à  tout  autre. 

De  plus^  et  pour  remplir  le  but  visé,  il 
serait  nécessaire  que  Ion  chasaùt  surtout 
le  hanneton  dans  les  premiers  jours  de  son 
apparition,  car,  si  le  temps  de  pondre  et  de 
s'accoupler  leur  est  laissé,  ces  chasses  de- 
viennent alors  absolument  Inutiles,  les  fe- 
melles ayant  déposé  leurs  œufs  dans  le  sol. 

Ce  procède,  et  celui  préconisé  par  M.  de 
la  Blanchère  donneraient cerlainemont  d'ex- 
cellents résultats  en  permettant  de  lutter 
sérieusement  contre  les  hannetons  qui  cha- 
que année  reviennent  en  rangs  de  plus  en 
plus  pressés  etliuiront,  si  chacun  ne  prend 
à  cietir  de  les  combattrCj  par  reïulre  la  cul- 
ture diflicile  dans  notre  pajs. 


LA  DÉFENSE   CONTRE  LE  BLÀCK-ROT 

(]ommunication  de  M.  F,  Vassillièrk, 

professeur  déparlemRntal  d'agriculture  de  la 
Gironde,  à  Bordeaux. 

Traitements  de  défense,  —  Les  recher- 


ches poursuivies  depuis  plusieurs  années 
permettent  de  formuler  maintenant  tout  un 
ensemble  de  moyens  de  défense  contre  le 
black-rot,  qui,  s'ils  n'arrivent  pas  à  préser- 
ver intégralement  la  récolte,  réduisent  les 
pertes  à  des  proportions  assez  faibles  poar 
rendre  possible  la  continuation  de  la  cultu- 
re de  la  vigne  dans  des  conditions  suffisam- 
ment avantageuses. 

Mais,  pour  atteindre  ce  résultat,  trois  con- 
ditions sont  indispensables  : 

P  Exécuter  les  traitements  en  temps  utile  ; 
2^  Employer  des  traitements  appropriés  ; 
3®  Les  appliquer  avec  un  soin  minutieux. 

D'autres  produits  peuvent  permettre  une 
défense  aussi  effective  que  la  bouillie  borde- 
laise dont  il  va  être  parlé,  mais  jusqu'ici 
c'est  encore  elle  qui,  dans  l'ensemble,  a  don- 
né les  résultats  les  meilleurs  et  les  plus  cons- 
tants. 

Epoque  (inexécution  des  traitements.  — 
En  dehors  du  traitement  d'hiver  qui  se  pra- 
tique de  décembre  à  mars,  mais  dont  l'effica- 
cité n'est  pas  encore  démontrée  d'une  façon 
absolue,  faute  d'expériences  assez  nombreu- 
ses, les  traitements  à  exécuter  pendant  la  pé- 
riode de  végétation  de  la  vigne  sont  au  nom- 
bre minimum  de  4  et  parfois  5. 

Le  premier  doit  avoir  lieu  peu  après  le 
débourrage,  quand  les  pousses  ont  au  ma- 
ximum 10  centimètres  de  long. 

Le  second,  aux  approches  de  la  floraison 
annoncée  par  le  nombre  des  feuilles  des  sar- 
ments, qui  en  portent  à  cette  époque  de  12  à 
14. 

Le  troisième,  lorsque  la  floraison  est  ache- 
vée, c'est-à-dire  lorsque  le  capuchon  est  tom- 
bé et  que  les  jeunes  grains  de  raisin  sont 
bien  apparents. 

Le  quatrième,  au  moment  de  la  véraison, 
quand  les  raisins  changent  de  couleur  sur 
les  vignes  rouges  et  qu'ils  deviennent  trans- 
lucides sur  les  vignes  blanches. 

Le  cinquième,  enfin,  lorsque  la  matura- 
tion est  assez  avancée  pour  qu'on  puisse  pré- 
voir à  peu  près  exactement  l'époque  des  ven- 
danges. 

Si  les  quatre  traitements  précédents  ont 


24B 


AGRÏCULTLmE. 


:?46 


4$é  eiëeu  Lés  avec  les  soins  tful  vont  étte  dits, 
le  cinquième  est  généralement  inutile* 

On  peut,  Il  la  rigueur^  attendre  h  venue 
des  premières  taches  tle  chacune  des  inva- 
sions pour  eiéculer  ces  di  Itèrent  es  opéra- 
tioos  ;  mats,  dans  ce  cas,  il  taut  t^tro  à  mê- 
me de  traiter  b  lotatité  du  vignoble  dans 
une  période  de  cinq  à  six  jours  au  plus. 

L'enlèvement  etPincinératian  immédiate 
des  reutlles  tachées  dès  feiir  apparition 
sont  un  complément  très  utile  des  traite- 
ments liquider. 

L  affection  ne  se  manifestant  jamais  que 
sur  les  organes  en  voie  de  croissance»  c  est 
êui  qu'il  convient  tout  particulièrement  de 
surveiller  et  d 'aller  chercher  jusque  dans 
Tîntérieur  des  pieds. 

L'enfouissement  le  plus  rapide  possible, 
après  les  vendanges,  par  un  laboura  15 cen- 
timètres de  profondeur  environ,  des  feuil- 
lei  et  raisins  qui  sont  tombés  spontanément 
ou  qui  restent  encore  sur  le^sceps,  est  enco- 
re nu  moyen  de  diminuer  très  notablement 
llntetisité  des  invasions  de  Tannée  suivante. 
Les  sarments  provenant  de  pied^  atteints 
deblack-rot  doivent  être  mis  en  meules  le 
plus  loin  possible  des  vignes,  recouverts  de 
pailte  ou  autres  litières  analogues,  qu'il  faut 
avoir  soin  de  brûler  au  i'ur  et  à  mesureque 
i  on  fati  usage  des  sarments  eux- mêmes. 

Traitements  appropriés.  — Ainsi  qu'il  a 
été  dit  précédemment  et  sans  exclure  les 
préparations  qui  ont  pudonner  dans  certain 
nm  mains  des  résultats  avantageux,  c'est  à 
la  bouillie  bordelaise,  préparéesur  l'exploi- 
tation méiiie,qu'ile$t  le  pi  us  avantageux  de 
recourir. 

La  formule  la  plus  économique  est  la 
âaivante  : 

)       Bao 100  litres. 

SuiratO   dtî   fMUVCt; ï  kllotf. 

Ctiaux  grasse  en  pierre. .    750  grammes. 

On  peut  utiliser  également  la  cbaux  gras- 
se délitée  à  l'air  ou  même  la  cliaux  en  pâte, 
■[uelle  que  soit  leurancionneté,  ensuivant 
«lactement  le  mode  suivant  de  préparation  : 

l*  Faire  fondre  dans  lOi)  litres  d^eau  mis 
dans  une  barrique  A  kil.  desullale  de  cuivre  ; 

i^  Préparer  par  ailleurs,  avec  la  chaux 


grasse  que  Ton  possède,  quelle  qu'elle  soit 
et  sous  quelque  état  qu'elle  se  présente,  un 
lait  de  chaux  épais  : 

3VAJ0U  ter  ce  lait  de  cliaux  par  petites  quan- 
tités dans  le  sulfate  de  cuivre  en  le  faisant 
passera  travers  un  tamis  lin  et  en  remuant 
pendant  l'addition  Jusqu*i  ce  que  le  mélange 
nedonneplusdedépôtdecuivrerougesurun 
objet  en  fer  propre  quelconque  qu'on  laisse 
plongé  dans  la  bouillie  pendant  cinq  minu- 
tes. Lorsque  ce  résnltat  est  obtenu,  ajouter 
dans  la  bouillie  2  à  3  litres  de  la  solu- 
tion de  sulfate  de  cuivre  pure  que  l'on  a  eu 
soin  de  retirer  delà  barrique  avant  d'y  ajou- 
ter le  lait  de  chaux  ; 

4*  Compléter  le  volume  à  200  litres  avec 
de  l'eau  pure* 

Comme  il  est  indispensable  de  ne  pas  avoir 
à  faire  toutes  ces  opérations  au  moment 
même  oii  il  convient  d'exécuter  les  traite- 
ments, il  faut  avoir  soin,  avant  cette  é[)0* 
quG,  de  préparer  d'avance  la  solution  do 
suKate  de  cuivre  et  le  lait  de  chaux,  de  la- 
von  qu'il  sunise  d'ajouter  dans  les  propor- 
tions voulues  ce  dernier  dans  le  premier  pour 
pouvoir  entrer  immédiatement  eu  campa- 
gne. 

Application  des  traitements.  —  L'applica- 
tion proprement  dite  du  traitement  exigt> 
des  soins  minutieux  auxquels  on  a  le  tort 
de  ne  pas  s'astreindre  sur  un  grand  nombre 
de  domaines.  Les  insuccès  que  Ton  consta- 
te trop  souvent  sont  aussi  fréquemment  dus 
au  mauvais  emploi  de  la  boutlliequ'â  sa  qua- 
lité défectueuse  ou  aux  retards  apportés  dans 
son  application. 

Pour  être  bien  faite,  celle-ci  exige  que 
toutes  les  parties  vertes  de  la  vignCrSarments, 
feuilles,  mannes,  verjus,  raisins,  soient  at- 
teintes par  la  bouillie,  ce  qui  implique  To- 
bligation  de  faire  pénétrer  le  jet  du  pulvc- 
risaleur  dans  rintérieur  mome  du  pied  au 
lieu  de  se  contenter  d'un  épandage  superK- 
ciel . 

Comme  conséquence  au  point  de  vue 
économique,  ce  sont  les  appareils  à  jet  très 
lin  f  t  relali  vDïnent  pu  issants  riui  sont  tes  meil- 
leurs. Leur  fabrication  est  sunisamnieiit 
parfaite  i  l'heure  actuelle  pour  qu'on  soit 


r^ï^r 


in 


JOURNAL  MENSUEL  DE  LAÇA  DEMIS  NATIONALE. 


2:8 


assuré  aujourd'hui  d'en  trouver  dans  le 
coroiuerce  qui  répondent  à  ces  conditions. 

En  raison  de  la  durée  d'évolution  du 
black-rot  entre  l'apparition  des  taches  et 
le  moment  de  la  dissémination  des  spores, 
il  faut  s'outiller  en  matières,  en  instruments 
et  en  main-d'œuvre,  de  telle  sorte  qu'à  par- 
tir des  nouvelles  taches  de  chaque  invasion 
qui  ne  s'observent  que  sur  les  organes  de 
nouvelle  formation  et,  par  suite,  de  bas  en 
haut  du  cep,  au  fur  et  à  mesure  de  l'avance- 
ment de  la  végétation,  ie  traitement  puisse 
êire  achevé  dans  une  période  de  six  jours. 

Tous  ces  traitements  ne  dispensent  pas 
de  ceux  qu'il  faut  exécuter  contre  l'oïdium  et 
l'antrachnose,  non  plus  que  contre  le  bo- 
tryliset  les  différents  parasites  animaux  de 
la  vigne.  Mais,  pour  les  uns  comme  pour  les 
autres,1a  tenue  du  sol  en  grand  état  de  pro- 
preté et  d'assainissementjl'accolage  de  la  vi- 
gne sur  fils  de  fer,Ia  réduction  au  minimum 
possible  des  rognages  qui  déterminent  tou- 
jours la  venue  des  repousses  et,  par  suite, 
celle  de  jeunes  feuilles  susceptibles  d'être 
attaquée  par  le  black-rot  et  le  mildiou,  sont 
des  améliorations  qui  facilitent  la  bonne  exé- 
eu  lion  des  traitements  quelconques  et,  par 
conséquent,  une  meilleure  défense  du  vi- 
gnoble. 


EFFET  D'ENGRAIS    CHIMIQUE 
»ui«  Vigne  attaquée  par  le  Phylloxéra 

ET  SYSTÈME  POUR  LA  RECONSTITUTION 
PROGRESSIVE 

Communication  de  M.   A.   N,    Parandier, 
aux  Tourillons,  par  Arbois  (Jura). 

Je  possède  une  vigne  d'un  peu  plus  de  4 
ouvrées  attaquée  depuis  longtemps  par  le 
phylloxéra,  dont  la  tache  maintenant  de 
près  d'un  are,  s'agrandissait  peu  à  peu  ; 
l'inclinaison  du  sol  de  cette  vigne  est  de  15 
à  20%  dans  la  direction  du  midi  ,  son  alti- 
tude est  d'environ  380  m.,  elle  reçoit  le  so- 
leil le  matin  jusqu'à  midi  et  presquejusqu'à 
son  coucher.  Tout  le  sol,  jusqu'à  une  pro- 
fondeur de  plusieurs  mètres,  est  un  dépôt 


d'argile  jaune  à  silex  (1)  ;  j'ai  fait  analyser 
ce  sol  par  M.  Joulie,  et  en  voici  le  résultat  : 

Proportion 

Dans  100  kilos,  —  Acide  phosphorique. 
245  gr.  ;  acide  sulfurique,  50  gr.  ;  potasse. 
582  gr.  :  chaux,  498 gr.  ;  magnésie,  470  gr.  ; 
oxyde  de  ter,  9,984  gr.;  azote,  89  gr. 

A  rhectare,  sur  0"  20  cT épaisseur.  — 
Acide  phosphorique,  8,120  kilog  ;  acide  sul- 
furique, 1,640  k.;  potasse,  19, 500k.;  chaux, 
16,500  k.  ;  magnésie,  15,640  k.  ;  oxyde  de 
fer,  332,240  k.  ;  azote,  2,960  k. 

Cette  analyse  prouve  que  le  sol  de  la  vi- 
gne est  pauvre  en  chaux  et  en  azote.,  qui 
sont  deux  éléments  nécessaires  à  la  nourri- 
ture de  la  vigne,  ainsi  que  l'acide  phospho- 
rique et  la  potasse. 

Depuis  trois  ou  quatre  ans,  je  fais  répan- 
dre annuellement  sur  cette  vigne  15  gram- 
mes par  mètre  carré  de  nitrate  de  soude  au 
printemps  pour  lui  fournir  l'azote  qui  lui 
manque,  et  15  à  20  gr.  de  plâtre  pulvérisé 
(sulfate  de  chaux)  à  fautotnne  ;  le  sulfate 
de  chaux  ne  risquant  pas,  comme  le  nitrate, 
d'être  dissous  et  entraîné  par  les  neiges  fon- 
dues et  par  les  pluies. 

Le  nitrate  abandonnant  l'azote,  et  le  sulfa- 
te, la  chaux,  à  l'alimentation  des  radicelle, 
l'acide  sulturique  et  l'oxygène  s'alliant  à 
d'autres  éléments  de  la  composition  chimi- 
que du  sol,  il  en  résulte  que  la  vigne  trouve 
ainsi  les  quatre  éléments  nécessaires  à  sa 
nourriture  ;  ses  radicelles,  au  lieu  de 
dépérir  et  de  pourrir  plus  ou  moins  partieN 
lement,  comme  cela  a  lieu  lorsqu'il  leur 
manque  en  tout  ou  en  partie  un  ou  plusieurs 
des  éléments  qui  les  font  vivre,  deviennent 
vigoureuses  et  leurs  ceps  productifs. 

Qu'est-il  résulté  de  cette  vigueur  ? 

Que  ma  vigne  a  résisté  au  développement 
de  la  tache  phylloxérée,  et  pourquoi  ? 

C'est,  je  le  crois,  me  dit  M.  Cassarini, 
professeur  départemental  d'agriculture  au 

(l)  Argile  que  je  considère  comme  éruptive  et 
posl-qualcrnairc,  c'est-à-dire  postérieure  au  dépôt 
de  cailloux  roulés  quaternaire  comme  celui  que  j'ai 
signalé  entre  le  ruisseau  Javel  et  la  Cuisance,  et  à 
Besanron  au  cliAleau  de  Montfaucon  et  sur  plu- 
sieurs autres  points. 


2# 


AQBlCtTLTLRE. 


250 


Maos,  que  j'ai  consuUé  sur  la  question,  par- 
ce que  les  phylloxéras  ne  se  sODt  pas  mulli- 
pliéâ  aussi  vile  que  les  lactnes,  que  les  en- 
^is  laîsaietU  pousser  avec  exubérance  [l)j 
de  telle  sorle  que  les  parties  dévorées  pav 
lesinsecles  étaient  bien  inféricares  à  relies 
r^rgéoéi'ées  par  les  engrais  azotés  (ni  ira  te)  et 
par  le  plaire  chauxi. 

Je  ne  renonce  cependant  pas  à  Vidée  que 
c'est  parce  que  les  œuls  qu'au t-ait  déposés  te 
ptiylloxéra  sur  les  parties  pourries  des  radi- 
celles et  qui  auraient  uclos  eu  donnant  nais- 
5jnces  à  des  phylloxéras  vivants,  ne  l 'ont 
pa^élë  en  raison  de  Tabsence  de  parties 
pourrie»  sur  les  radicelles  et  de  leur  vi- 
î^nieur  générale  ;  ainsi,  par  telle  raison  un 
par  telle  aulre,  depuis  3  ou  4  ans,  b  vigne 
ci-dessus  désignée  s*  est  ma  in  le  nue  sans 
nouvelle  altération,  tandis  que  toutes  celles 
ci rcon voisines  sont  détruites  et  depuis  3  et  4 
anser  friche  ou  cultivées  eu  herbages»  en 
pommes  de  terre»  elc* 

Outre  que  ma  Vii*n2  [plantée  en  melons 
et  valeis  noirs]  s'est  maiutenue  en  bonne 
Tégétalion,  elle  ma  produit  chaque  année 
une  récolte  passable,  même  Tan  dernier, 
abrs  que  la  gelée  de  mai  a  détruit  presque 
entièrement  ta  récolte  de  toutes  les  vignes 
de  la  région  ;  on  f)aurraîi  mt**me  croire  et 
dire  que  celte  vigne  a  résisté  ù  la  gelée  plus 
que  les  autres,  parce  qu'elle  étail  plus  vi- 
jEoureuse,  toute  attatjue  nuisible  ayant  sur 
etle  moins  d'influence  i|ue  sur  toute  aulre 
*]ui  serait  dépérissante  par  te  man(|ue  de 
nourriture  des  ceps. 

Le  résultat  de  cet  essai  sur  ma  vigue  Con* 
clie-Loye  permettruit-il  de  renoncer  à  l'em- 
ploi des  améncains  ? 


V  ï*our  qyo  Ic^  rucUu^^  d'une  v**fnt?  pnMJuiî^rJii 
<l<^j''tnn:>  nuNrcItusjl  fiiutiiih-^  Wn  Jdificiuit's.  û'nii 
|>HHortl  h*s  j'riinr?,  a*^  sfiii-jU  ni  p*ul■nl^■^.  ut  ilriii'- 
n>^^«ntr:j^  t'i-itipioj  ij(^  JVii^nii!*  l'tiîuiiijuc  u{T|U-oprL<> 
t'iNjn'*ct»i-  (^rtlcpijurntunt  isl  i;iMtê[U'ri^î:tt'UN*iit  ;  los 
|ttiMlii^*Taî*  VfV!itili  L'iriulfjit  alurr^  sur  (■<  ;4  i  îiili- 
'<*tl>-*  :  (l'y  tmïjv;ujt  [uuut  cv  i\oi\i  iïs  uiit  br^oiri 
\^m  Vivrt%  TU  iHmr  (ln(io,'ii*r  i^t  f-tïn?  r<^u?^>ir  îciirs 
■"■uffî,  lîiiiziwut  purprHr  sur  plîiei*  uu  s'expîtljjont 
'par i*5sni(i*iiift^  tiuiiuio  ïf*  dii  M.  ViîitN  liîins  sa 
'♦Ji^fcri'iKtî  au  Mausj  (mmii-  aliter  chorciitT  aitliur^ 
ïfHr  vie  tl    U^îi  *'irct>[i^taij< i^s  i\m  leur  jii'ïMuKrril 


i 


Non  !  parce  que  le  plant  américain  sauva- 
ge, outre  qu'il  résiste  mieux  au  phylloxéra, 
a  des  radicelles  plus  énergiques  qui  pt^nc- 
trent  dans  les  sois  résistants  plus  profonde* 
ment  que  peuvent  le  faire  les  plants  indigè' 
nesj  d'où  Ion  peut  conclure  qu  il  produira 
de  plus  abondantes  vendanges.  Il  ne  faut 
pas  croire  cependant  qu'on  pourra  se  dis- 
penser d'employer  des  engrais  chimiques  ; 
comme  pour  les  plants  fran^-aiSj  la  planta- 
tion des  américains  exige  le^  mêmes  engrais 
pour  qu'ils  réussissent. 

Reconstitution  progressive.  —  Il  me  res- 
te encore  beaucoup  de  vignes  non  encore 
reconstiluées  par  Tarrachage  et  le  défonce» 
ment  ;  au  lieu  de  les  arraclier  d'un  seul 
coup,  je  ne  le  fais  f|uo  pour  les  ceps^  recon- 
nus dans  Fimpossibilité  île  produire,  puis 
je  fais  tracer  sur  cette  vigne  les  lignes  sui* 
vanl  lesqueUes  elle  sera  reconstituéei  et 
planter  dans  les  vides  qui  existent  sur  ces 
lignes  des  américains  greffes  et  choisis  au- 
tant (ju  on  le  peut  d'après  la  nature  du  sol 
et  les  circonstances  qui  s'y  rattachent  ;  les 
ceps  américains  gretfés  sont  plantés  dans  des 
creux  de  O'^'SO  de  long  et  0"UK)  de  large  (  I)  ; 
ori  pourra  ainsi  déterminer  par  expérience, 
la  2"  et  la  3''  année,  le  plant  américain  le 
plus  convenable  pour  la  vigne  ù  reconsti- 
tuer ;  les  creux  sont  fails  en  déposant  d*un 
côté  le  sol  superliciel  et  de  Vautre  le  sous- 
sol,  on  comblera  ensuite  ces  creux  en  pla- 
çant le  sol  superliciel  au  tond,  et  au-dessus 
lesous-sulqui  a  recueilli  les  engrais  dissous. 
On  aura  soin,  tant  à  rauLomne  qn*au  prin- 
lemf>s,  d'ap[>lir]uer  sur  la  vigne  lengraia 
chimique  bien  déterminé  par  Tanaly^e  du 
sul,  comme  il  a  été  dir,  de  manière  à  conti- 
nuer à  avoir  une  récolte  annuel  le  de  vendan- 
ge qui  permettra  de  supporter  Vattente  de  la 


(I,'  ,rea  ul  planté  il  y  a  3  et  4  an^  ï^lnn^  ilirî^  vi- 
ilos  il(*  v{^ui;s  iiuji^i'îies?  mm  eticorta  phyîli»\(^rée« 
1*1  il  tint  Irrs  tïifvi  n*ui*si  ;  lorsque  le  ^o\  est  rum- 
pïicl  itl  rf'^i^laaï,  un  jioul  dDuaer  aux  creux  plu?i 
de  largeur  <îan^  lautes  les  «eus.  —  Ln  vîsçuiî  amc- 
ricidne.  :i  dit  M.  Vuilu  duus  sîî  rouféreufr  au  ^tan?, 
n'Ci^l  JïuuMÎs  une  rmiH*  df'  aiiilUplICKlmn  du  phyl- 
iii\rrii,**ï  l'importiiUon  ilu  ptïiîd  uinèrlcaiu  n'avâu- 
ce ru  pii>  le  d r vf* h  i ji pf '  1 1 1 f  u  \  de  l 'i  u sec t e . 

12 


251 


JOURNAL  UBN80KL  DE  L'aCAOIUIIB  NATlONAUt. 


25: 


reconslituliondela  vigne,  progressivement 
faite  jusqu'à  ce  qu'elle  soit  lernainée  (1). 

C'est  ainsi  que  je  procède,  en  n'opérant 
l'arrachage  des  vignes  que  sur  les  parties 
eniièrenaent  phylloxërées  et  devenues  im- 
productives (2;. 

En  procédant  comme  il  vient  d'être  dit,  le 
vigneron  qui  cultivait  la  vigne  à  moitié  fruits 
pourra,  comme  par  le  passé,  continuer  à  la 
cultiver,  sauf  peut  être  une  réserve  de  peu 
d'importance. 

(Extrait  du  Bulletin  de  la  Société  de  vi- 
ticulture et  d'horticulture  d*Arbois,  n'*  1 
de  1898.) 


LA  CULTURE  DE   LA  VIQNE  EN  RUSSIE. 

Le  Hinisièrede  l'agriculture  et  des  domai' 
nés  de  Russie  vient  de  publier  une  intéres- 
sante brochure  sur  les  vignobles  de  ce  grand 
pays  et  les  mesures  adoptées  pour  y  com- 
battre le  phylloxéra.  L'étendue  des  vigno- 
bles dépasse  200,000  déciatines  (la  déciati- 
ne  =  1  hect.  10  ;  elle  est  très  inégalement 
répandue  dans  la  partie  méridionale  de  l'em- 
pire, principalement  en  Bessarabie,  en  Cri- 
mée, dans  le  Caucase  et  la  Transcaucasie, 
comme  dans  le  Turkestan.  La  Tauride  est 
une  des  parties  de  la  Russie  dans  lesquelles 


(1)  No  peut-on  pas  conclure  de  tout  ce  qui  pn*- 
cèdo  que  les  vignes  qui  périclitent  sont  facilement 
et  rapidement  d^Hruiles  par  le  ph>lloxéra,en  raison 
de  l'absence  dans  le  sol  d'un  ou  plusieurs  des  élé- 
ments :  phosphore,  polasso,  chaux,  azole  qui  leur 
manquent,  soit  que  ceux  de  ces  éléments  ((ui  exis- 
taient aient  été  consommés  et  n'y  aient  pas  été 
remplacés  par  l'emploi  d'un  engrais  chimique  ap- 
proprié en  nature  et  en  quantité  sufllsantes  ? 

(2)  .l'ai  un  neveu,  ingénieur  des  mines  a  Chalon- 
sur-Saône  :  son  ingénieur  en  chef  est  propriétaire 
de  beaucoup  de  vignes  dans  le  Chalonnais  ;  mon 
neveu  m'en  avait  parlé  pendant  son  dernier  séjour 
aux  Tourillons,  je  lui  ai  récommenl  demandé  si 
cet  ingénieur  en  chef  avait  reconstitué  ses  vignes, 
el  voici  ce  qu'il  m'a  répondu  :  a  Mon  chef  s'occu- 
«  pe  toujours  de  vignes,  il  est  heureux  de  n'avoir 
«  pas  entièrement  reconstitué  son  vignoble,  car 
«  ses  voisins  s'aperçoivent  déjà  que  certains  plants 
«  américains  n'ont  qu'une  durée  très  limitée  :  on 
rt  sorte  (pie  beaucoup  qui  avaient  fait  le  ^ros  elToit 
f  de  reconstituer  de  toutes  pièces  leur  vignoble 
«  se  retrouvent  presque  ruinés,  j» 


la  culture  de  la  vigne  a  fait  le  plus  de  pro 
grès  dans  les  temps  récents  ;  durant  les  cin< 
dernières  années,  félendue  consacrée  à  l 
vigne  a  presque  doublé  ;  le  cours  inférieui 
du  Dnieper  y  renferme  environ  150,000  dé 
ciatines  de  terrain  sablonneux  absolumeoi 
réfractaire  au  phylloxéra  et  dans  lequel  leï 
essais  de  culture  de  la  vigne  ont  parfaite- 
ment réussi.  La  vigne  a  pris  aussi  un  très 
grand  développement  dans  la  Transcaucaaie. 
Les  variétés  de  cépages  cultivées  sont  trèi 
nombreuses  ;  on  a  importé  un  grand  nom- 
bre de  cépagesderKurope  occidentale,  prin- 
cipalement de  France.  IjBs  vins  provenant 
lie  vignes  d'origine  française  sont  les  plus 
estimés,  et  ils  se  vendent  en  conséquence. 

La  Russie  doit  défendre  son  vignobiecon- 
tre  le  phylloxéra.  Des  lois  spéciales  ont  or- 
donné les  mesures  à  suivre  dans  les  diver- 
ses régions  pour  la  surveillance  des  vignes, 
pour  la  destruction  des  taches  par  le  sulfu- 
re de  carbone,  pour  la  création  de  pépiniè- 
res de  plants  américains  dans  les  parties  où 
la  lutte  a  été  abandonnée,  pour  réglemen- 
ter le  commerce  des  plants  de  vignes,  etc. 
Actuellement,  c'est  vers  les  procédés  pro 
près  à  fournir  des  plants  en  racines  améri- 
cains, d'origine  non  suspecte,  que  les  efforts 
sont    principalement  dirigés  ;  ils  ont  pour 
but  d*en  approvisionner  les   localités  enco- 
re indemnes,  comme  celles  qui  sont  suspec- 
tes, quoique  le  fléau  n*y  soitpas encore   ap- 
paru ouvertement. 


L'ADMINISTRATION  DANS  LA  FERME 

Communication  de  M.  A.  de  Villiers,  de 
lIsle-Adam  au  Journal  de  l'Agriculture. 

Pour  (ibiciiir  en  agriculture  un  succès 
d'argent,  même  modeste,  il  ne  suttit  pas  de 
bien  cultiver,  c'est-à-dire  do  tenir  sa  terre 
meuble,  propre  et  suffisamment  pourvue 
d'engrais  ;  de  choisir  convenablement  son 
bétail  et  de  lui  donner  tous  les  soins  possi- 
bles :  on  voit  des  agriculteurs  qui  cultivent 
très  bien,  dont  les  récoltes  sont  abondantes, 
dontlebélail  est  superbe  et  qui  cependant 
perdent  de  l'argent  au  lieu  d'en  gagner. 


253 

n  De  suftit  môme  pas  que  le  système  de 
culture  soit  judicieusement  établi  en  tenant 
compte  des  aptitudes  du  sol  et  des  conditions 
économiques.  Le  plan  le  plus  habilement 
conçu  ne  conduira  point  au  succès  si,  dans 
son  exécution,  l'on  n'observe  pasles  règles  ri- 
goureuses d'une  bonne  administration.  J'en- 
lendsici  par  administration  tout  ce  qui  con- 
cerne la  partie  financière  de  Tentreprise  agri- 
cole, c'est-à-dire  l'art  d'obtenir  un  résultat 
aux  moindres  frais  possibles,  de  ne  dépenser 
une  somme  quelconque  que  quand  on  a  la 
presque  certitude  de  réaliser  un  bénéfice,  et 
de  tirer  un  bon  parti  de  tous  les  produits  de 
Texploitation.  Ce  n*est  pas  si  simple  et  si  faci- 
le que  l'on  serait  tenté  de  le  croire  au  pre- 
mier abord. 

Depuis  un  certain  nombre  d'années  toute 
laitention  des  agriculteurs  s'est  portée  sur 
l'application  des  découvertes  scientifiques 
relatives  aux  engrais  et  sur  les  perfection- 
nements de  Toutillage  agricole  :  pendant  ce 
temps-là  l'étude  des  questions  d  administra- 
tion a  été  négligée  malgré  sa  très  grande 
importance.  Ces  questions  n'ont  pas  seule- 
ment un  intérêt  particulier  à  chaque  exploi- 
Uiiou  ;  elles  ont  aussi  un  intérêt  général. 

Autrefois,  lorsque  l'imperfection  des  moy- 
ens de  transport  limitait  la  concurrence  agri- 
cole à  un  rayon  peu  étendu,  le  prix  de  vente 
<ies  produits  se  réglait  de  telle  sorte  que  les 
cultivateurs  de  la  contrée,  en  faisant  usage 
des  méthodes  traditionnelles,  gagnaient  pas- 
sablement leur  vie.  Dans  de  telles  condi- 
tions, il  suffisait,  pour  se  tirer  d'affaire,  de 
ne  pas  faire  plus  mal  qu'un  cultivateur  or- 
dinaire du  voisinage.  Il  n'en  est  plus  de 
même  aujourd'hui  :  la  concurrence  univer- 
selle, en  abaissant  les  prix  de  vente,  met 
lagriculteur  dans  la  nécessité  impérieuse 
de  ne  négliger  aucun  moyen  d'abaisser  ses 
prix  de  revient,  afin  de  maintenir  une  rému- 
nération acceptable  pour  le  travail  et  pour 
le  capital.  Or,  le  moyen  le  plus  puissant 
c'est  une  bonne  administration. 

L'industrie  a  obtenu  dos  résultats  mer- 
veilleux sous  le  rapport  de  l'abaissement  des 
prix  de  revient;  sans  doute  une  bonne  par- 
lie  de  ces  résultats  est  due  à  l'emploi  des 
machines,  mais  Thabileté  de  l'administra-^ 


AGtUCtLTtJRE.  254 

tion  Y  a  aussi  une  grande  part.  SI  toutes  les 
dépenses  d'une  grande  entreprise  n'étaient 
pas  réglées  avec  un  soin  méticuleux,  les 
frais  de  production  seraient  bien  vite  dou- 
blés. 

Chez  nous,  la  majeure  partie  de  la  tet^re  est 
cultivée  par  des  liomnies  sans  ins^rcictioti 
qui  ufi  connaissent  pas  d'autre  rè^'le  d'admi- 
nistration que  d'épargner  la  monnaie  ;  ils 
dépensent  généralement  très  peu.  souvent 
mémepas  assez,  quand  W  s^agtt  de  dépenses 
productives;  mais  ils  se  préoccupent  pende 
bien  utiliser  la  matii^re  et  le  travail.  Très  sou- 
vent  aussi  les  conditionséconomiques  de  Tex- 
ploitation  sont  mauvaises,  et  il  en  résuite  une 
très  forte  aggravation  des  frais  de  produc- 
tion. 

Il  n'est  pas  possible  d'étudier  en  ({iielques 
lignci  toute  cette  brancîie  de  IVconomie  ru- 
rale à  laquelle  j'ai  cru  devoir  dornier  le 
nom  d'adminislratioa  ;  je  me  bornerai  h  exa- 
miner sommairement  quelques  points  par- 
ticuliers . 

Les  frais  de  la  traction  et  plus  spéciale- 
ment des  labours  sont  une  des  dépenses  le.s 
plus  importantes  d'une  exploitation  rurale. 
Or,  voyons  ce  qui  se  passe  journelleinent* 
Dans  une  petite  culture  de  C^  S,  ou  mêiue 
10  hectares,  on  ne  peut  avoir  4|tï'un  cheval, 
et  ce  cljeval  urtique  consomme  une  bonne 
partie  des  fourrages  produits.  En  ïoeme  temps 
queleclieval^iltaulbicnun  hîirnaîâconipletT 
une  charrue,  uire  Iterse,  une  charrette,  uu 
tombereau,  c'est-à-dire  tout  un  outillage  qui, 
quelque  sommaire  (ju  il  soit,  nécessite  ce- 
pendant une  mise  de  fonds  relativement  im- 
portante. Cet  outillage  s'ui^e  presque  autant 
par  la  vétusté  que  par  le  service.  Quelque 
parcimonie  que  l'on  y  apporte,  la  nourritu- 
re  du  clievalest  toujours  assez  coiiteuse  ;  il 
vieillit  et  perd  chiique  année  ije  sa    valeur. 

Si  nous  additionnons  les  frais  de  nouriture 
du  cheval,  sa  dépréciât  ion  a  11  nu  elle,  les  frais 
de  ferrure,  Va  mor  tisse  mont  et  l'entretien 
des  hartiais  et  du  matériel,  Tintérêt  du  ca- 
pital engagé,  nous  arrivons  à  un  total  qui, 
reparti  sur  M  ou  8  hectares,  donne  un  clul- 
fre  exorbitant. 

Ajoutons  qu*un  seul  cheval  ne  peut  faire 
un  labuur  passable  que  duEis  une  terre  très 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


255 


légère  ;  lorsque  le  sol  présente  une  certaine 
consistance,  le  labour  devient  très  lent  et  il 
est  insuffisant  comme  profondeur.  Un  incon- 
vénient du  même  genre  a  lieu  pour  les  char- 
rois ;  un  seul  cheval  ne  peut  traîner  qu'une 
faible  charge  sur  la  terre  labourée  ou  dans 
les  chemins  difficiles  et  encore  avec  une 
vitesse  très  restreinte  ;  par  suite,  le  temps 
du  conducteur  se  trouve  très  mal  employé. 

Lorsque  Texploitalion  est  un  peu  plus 
importante  et  comporte  l'emploi  de  deux 
chevaux,  les  labours  sont  meilleurs,  les 
charrois  sont  moins  lents,  mais  Tenlretien 
dodeux  chevaux  est  une  charge  beaucoup 
trop  lourde  quand  on  n'a  pas,  pour  les 
occuper  convenablement,  une  étendue  de 
terre  suffisante,  soit  environ  20  hectares  de 
terre  en  labour  et  même  plus  suivant  les  cir- 
constances. 

Un  attelage  unique  de  deux  chevaux  laisse 
encore  à  désirer  parce  que  sa  force  n'est  pas 
suffisante  pour  labourer  convenablement 
les  terres  compactes  :  dans  les  terresde  cette 
nature  on  est  obligé  démarcher  lentement 
et  de  ne  demander  aux  chevaux  qu'un  petit 
nombre  d'heures  de  travail  chaque  jour,  et 
encore  il  n'est  pas  possible  de  faire  des  la- 
bours profonds.  D'un  autre  côté,  il  arrive 
souvent  que  le  travail  n'exige  qu'un  seul 
cheval  ;  pendant  ce  temps-là,  Tautre  reste 
inoccupé  à  l'écurie.  Si  l'un  des  deux  che- 
vaux est  malade,  le  cultivateur  se  trouve 
très  embarrassé  pour  faire  ses  labours  et  ses 
charrois. 

Ce  n'est  que  dans  une  exploitation  assez 
importante  pour  occuper  trois  ou  quatre 
charrues  que  l'on  peut  utiliser  convenable- 
ment les  attelages,  et  encore,  quelque  soin 
que  Ton  y  apporte,  il  est  impossible,  d'évi- 
ter des  non-valeurs  assez  importantes.  La 
somme  des  travaux  de  traction  n'est  point 
égale  dans  les  divers  mois  de  l'année  et  il 
arrive  assez  souvent  que  les  travaux  agri- 
coles sont  arrêtés  par  les  pluies,  les  gelées 
ou  les  neiges,  surtout  dans  les  régions  du 
nord  de  la  France. 

La  culture  des  récoltes  sarclées  exige  de 
grands  frais  de  main-d'œuvre  et  ces  frais 
sont  à  peu  près  les  mêmes,  quel  que  soit  le 
rendement.  De  là  découle  cette  conséquence 


bien  connue  que  cette  culture  n'est  profita- 
ble que  quand  on  obtient  de  forts  rende- 
ments. Néanmoins,  on  voit  tous  les  jours 
et  en  grand  nombre  des  cultivateurs  faire 
des  récolles  sarclées  dans  des  conditions  oii 
elles  no  peuvent  leur  donner  que  de  faibles 
produits. 

La  longueur  insuffisante  d'un  très  grand 
nombre  de  pièces  de  terre  et  leur  éloigne- 
mentdu  centre  de  la  ferme,  aggravé  par  le 
mauvais  état  des  chemins,  sont  encore  des 
causes  qui  augmentent  très  sensiblement  les 
frais  de  culture.  D'un  autre  côté,  les  venta 
de  produits  par  petites  quantités  et  à  des  in- 
termédiaires aggravent  lourdement  les  frais 
de  vente  et  de  livraison,  en  même  temps 
qu'ils  diminuent  les  recettes. 

Userait  trop  long  de  passer  ici  en  revue  les 
fautes  d'administration  qui  sont  commises, 
soit  par  suite  de  l'erreur  des  cultivateurs, 
soit  par  suite  de  l'organisation  défectueuse 
de  l'exploitation. 

Quelle  en  est  la  conséquence?  C'est  de 
diminuer  d'autant  le  produit  net  delà  terre, 
et  par  conséquent  les  fermages  et  la  rému- 
nération des  cultivateurs.  La  plupart  d'en- 
tre eu\  ne  savent  point  tenir  une  comptahi- 
lité,  ni  étudier  méthodiquement  les  détails 
de  leur  administration,  mais  ils  s'aperçoi- 
vent très  bien  que  leur  gain  est  très  maigre 
comparativement  à  celui  des  autres  profes- 
sions :  de  là,  cette  tendance  toujours  crois- 
sante à  abandonner  l'agriculture.  Pendant 
longtemps  on  a  espéré  des  temps  meilleurs, 
un  relèvement  des  prix  de  vente,  des  saisons 
plus  favorables  à  l'abondance  des  récoltes  ; 
mais,  en  attendant  une  prospérité  qui  ne 
revient  pas,  la  patience  se  lasse  cl  tous  ceux 
qui  peuvent  trouver  un  autre  genre  de  tra- 
vail s'empressent  d'en  profiter. 

Ce  ne  sont  pas  seulement  les  ouvriers 
agricoles  qui  se  font  de  plus  en  plus  rares  ; 
ce  sont  aussi  et  surtout  les  fermiers.  Au 
début  delà  crise  agricole,  on  trouvait  diffici- 
lement des  preneurs  pour  les  grandes 
exploitations,  tandis  que  l'on  en  trouvait 
encore  aisément  pour  les  exploitations  mo- 
yennes et  petites.  De  ce  fait,  on  avait  cru 
pouvoir  conclure  que  la  petite  culture  est 
supérieure  à  la  grande  ;  mais  cette  conclu- 


lî^TT- 


257  AGRICUnURE 

sioD  élail  erronée  et  les  faits  observés  s'ex- 
pli(|uent  d'une  toute  autre  manière.  Lorsque 
les  affaires  agricoles  vont  mal,  le  grand  cul- 
tinteur  perd  de  l'argent,  et  si  ces  pertes  se 
renoavellent  plusieurs  années  de  suite,  sans 
espérance  sérieuse  d'un  avenir  meilleur,  il 
ne  lui  est  pas  très  diflicile  de  cesser  sa  cul- 
ture, de  trouver  pour  son  capital  un  autre 
emploi  et  pour  lui-même  une  autre  profes- 
sion ;  quant  au  cultivateur  qui  fait  par  ses 
bras  et  ceux  de  sa  famille  la  plus  grande 
partie  ou  même  la  totalité  de  la  main-d'œu- 
vre de  sa  ferme,  il  ne  perd  pas  d'argent, 
sauf  dans  des  années  tout  à  fait  désastreu- 
ses, mais  son  travail  est  mal  rémunéré.  Son 
petit  capital,  dégagé  de  la  culture,  ne  lui 
donnerait  qu'un  revenu  très  minime,  et  il 
nclui  est  point  facile  de  trouver  une  autre 
profession  pour  lui-même  et  pour  les  mem- 
bres de  sa  famille.  Quand  il  rencontre  une 
semblable  occasion,  il  ne  manque  pas  d'en 
proliter.  Aujourd'hui,  on  trouve  difficilement 
des  preneurs  pour  les  petites  et  moyennes 
exploitations,  il  arrive  même  assez  souvent 
que  Ton  n'en  trouve  pas  du  tout  ;  il  va 
sans  dire  que  la  baisse  des  ft;r(nagcs  conti- 
nue. 

Cet  état  de   choses  n'est  pas  réjouissant 
pour  les  propriétaires,  ni    même   pour  les 
cultivateurs  de  tout  ordre  ;  que  faire  pour 
l'améliorer  ?  On  a  eu  recours  à  un  outillage 
perfectionné  qui  rend  de  grands  services  ; 
on  emploie  en  grandes  quantités  les  engrais 
de  commerce  et  Ton  en  obtient  de  très  heu- 
reux résultats  ;  de   nombreuses   lois  utiles 
pour  l'agriculture  ont  été  votées  :  tout  cela 
n'a  pas  suffi.  Que  pourrait-on  faire  encore  ? 
On  demande  au  Parlement  de   voler  de 
nouvelles  lois  ;  parmi   ces  lois    plusieurs 
pourront  donner  de  bons  résultats.  On  s'ef- 
force de  faciliter  l'usage  du  crédit  agricole  ; 
si  Ton  agit  avec  prudence,  les  résultats  seront 
avantageux.  Néanmoins,  ces  moyens  ne  suf- 
firont pas  pour  faire  ces.ser   la  crise   ;  elle 
est  de  telle  nature  qu'aucun  moyen  en  no- 
ire pouvoir  ne  doit  être  négligé.    Or,   l'un 
des  plus  eflicaces  est  certainement  de  dimi- 
nuer les  frais  de  culture  paruneadministra- 
tion  plus  habile. 
Ainsi  que  je  l'ai  déjà  dit  plus  haut,  parmi 


25K 

les  in)per('(u^!ioïis  do  rndmiiustraLJon  agri- 
cole,  les  11  fies  siïnt  împti  tables  il  reus.  qui 
dirigent  la  culture  :  d'auirc^,  ^il  ce  ne  sor»t 
pas  les  moiîjs  JrnporLanLes,  provieniienL  des 
conditions  econnmirftiGS  daiiîi  lesi[uelles  se 
trouvent  hs  ox|)h>ii:itio:H:  les  pi-opriétuirtîs 
seuls  y  peuvi^nt  porter  remède:  reste  à  sa- 
voir deqiielitîltJV'J"' 

Depuis  plusieurs  siècles,  h  situation  éco- 
nomique de  raicricullure  on  France,  avait 
peu  varié  en  ce  seii.^  (jue  la  inain-d'a^uvre 
était  abondante,  la  concurretice  étrarîf,'L*rû 
complèteinctit  iilîUc,  lescapiLaux  rares  et  la 
culture  un  si  n  pie  luélier,  heptiisinoins  d*un 
demi-siècle  eescoiidilinns  se  sont  pro  l'on  dé- 
ment modi liées  :  la  cont'urienee  étrangère 
aprisune  inilueru-e  prépundéraute  ;  la  main- 
d'œuvreestdevenuc  pi  us  rare  Gt  surtout  beau- 
coup plus  Lhrre  ;  Ie  s  eapitiinx  Jie  manquent 
pas,  maisîl  lauL  savoir  le.;  cmplayer  et  Itis 

rémunérer  :  rai^riculture  n'est  plus né- 

tier,  elle  est  iine  ^;*ience  ^jui  lall  Batjs  cesse 
de  nouveaux  [n*o-ri'>.  Il  csl  laciK;  de  com- 
prendre que  rorgajiisalïfjn  agricole  que  nous 
ont  léguée  nos  pères  et  qui  r nu  venait  a  l  c- 
tat  de  cho?<es  ancifMi,  n'est  plus  en  rapport 
avec  la  situation  [louveUe.  La  petite  et  la 
moyenne  <  uHure  avaient  non  seulement 
leur  raison  d'erre,  inais  la  supériorité  dans 
toutes  les  contrées  oii  la  population  était 
suflisamment  tïeose  ;  la  ijiantie  ruïiure  ti- 
rait un  moindre  [iroduit  du  ^ol  et  n'était 
qu'un  pis-aller  lor.sfuG  la  population  n'était 
pas  assez  notubri^use. 

Aujourd  liuf,  nous  somuses  |ires$és  par  la 
double  néce^biité  deproiiuu'c  a  bon  marclié 
et  de  payer  clier  la  main -d'uni  vre,  tout  ifti 
maintenant  une  rémunérât icju  cuuvenable 
pour  le  cil  pi  tal  foneier  et  eu  iissnraut  un 
intérêt  siit'iis:iMt  au  eîi[>ital  d'e^ploitahou, 
La  résoUihon  d'un  aemhhdde  prol^lôme 
n'est  pas  preeist^uient  laede  ;  il  est  vrai  que 
la  science  tout  iniotredi^imsitiou  des  moyens 
d'action  d'une  L'raiide  puissance  que  nous 
neconnais^iotîs  pri^  unus-uièmes  d  y  a  trente 
ou  quaranUMins  ;  mais  rr>  uioyeu^  d  action, 
il  faut  savuir  et  pouvoir  lt*s  eiu|iîoyer  et. 
pour  leur  iIoiimit  totjle  leur  eKirvitrité,  il 
faut  y  joindre  une  txjniie  adniiuislialio:!. 
Les  pn^hli'Mies  scieulitiqoes  à  ré">ijudre 


)Mnir  la  eonduUû  d*unc  petite  exploitation  de 
JU  hecUrers  ne  soni  poiul  autres  que  ceux 
que  Foii  roticontre  dans  luie  exploitation  de 
2i}0  hectares  ;  or,  il  n'est  pas  possible  que 
les  peltls  et  nioyerHciihivalôurs  acquièrent  la 
somme  de  c^rntai^sances  nécessaires  pour 
résoudre  ces  problèmes.  Lors  n\ôme  qu'ils 
y  parviendraient,  ils  n'en  seraient  pas  beau- 
rf)np  plus  avanrës.  parce  qu'ils  ne  pour- 
ra ient  ijiîllser  que  dnns  uti*^  mesure  trop  res- 
ïieinte  les  indications  tournicspar  la  scien- 
ce, La  torcede  traction  est  insuffisante  pour 
faire  des  labours  profonds,  un  outillage 
complet  est  beaucoup  trop  coûteux,  la  fai- 
blesse du  capiUïl  rend  irrs  dangereux  un 
recours  un  tant  soit  peu  large  au  crédit, 
etc.  Il  Ë8t  auKsi  impossible  de  produirez 
bon  marché  sur  une  exploitation  de  petite 
étendue  qu'a  un  serrurier  avec  son  mar- 
teau et  sa  lime,  de  soutenir  la  concurrence 
des  grands  élablissemenLâ  métallurgiques 
pour  la  pmduction  des  articles  de  quincail- 
lerie. 

Nos  grandes  exploitations  de  100  à  200 
beclares  peuvent  travailler  dans  des  condi- 
tions beaucoup  [dus  avantageuses,  mais  je 
suis  convaincu  qu'elles  sont  en  général  fort 
loin  d  atteindre  les  meilleures  conditions 
possibles  de  Iîj  production,  parce  que  leur 
puissance  commerciale  et  économique  est 
insuHisante. 

I  hi  ne  %oit  [loint  souvenl  un  jeune  homme, 
sorti  d'une  école  d'agricuUure,  entrepren- 
dre pour  sion  compte  la  culture  d'un  grand 
domaine,  ot  Ton  en  peut  donner  plusieurs 
raisons.  D'abord,  il  est  rare  qu'un  jeune 
hotnmoait  iï  sa  dis|)o.sition  un  capital  d'une 
ceritair»e  de  mille  francs  ;  s'il  le  possède,  il 
so  {gardera  l*ien  de  leiignger  dans  une  ex- 
ploitation rurale,  et  iî  fera  sagement  ;  il  ai- 
mera mieux  le  [ilacer  en  bonnes  valeurs  et 
chercher  pour  lui-même  un  emploi  quel- 
conque. Il  faut,  en  elfetj  des  circonstances 
lr<^s  favorables  et  une  direction  habile  pour 
taire  produire ii  un  capital  d'exploitation  un 
revenu  de  4  à  5  pour  100  ;  si  l'on  en  déduit 
l'inlérét  ordinaire  de  l'argent  placé  en  bonnes 
valeurs,  soit  3  pour  100,  il  reste  un  bénéfice 
de  1  ii  2  pour  100,  soit  de  1,000  à  2,000 
fr,  pour   im:>,OÛO  fr.  ;  cela  ne  vaut  pas  la 


JOURNAL  MENSUEL    DR    L  ACADEHIK  NATIONALE. 


260 


peinedexposerson capital  a  des  risquosgra- 
ves,  en  y  joignant  encore  son  travail. 

Le  capital  d'exploitation,  môme  avec  une 
bonne  administration,  court  en  effet  des  ris- 
ques d'autant  plus  sérieux  que  la  durée  de 
l'exploitation  est  plus  courte  :  non  seule- 
ment ragriculteiir  le  plus  expérimenté  est 
exposé  à  de  grandes  pertes  par  suite  de  la 
mortalité  du  bétail,  des  grêles,  des  inonda- 
tions, etc.,  mais  il  est  encore  plus  souvent 
exposé  ÙL  des  pertes  qui,  bien  moindres, 
sont  néanmoins  très  sensibles,  par  suite  de 
saisons  défavorables,  et  il  n'est  pas  rare  de 
voir  se  succéder  plusieurs  années  mauvai- 
ses. Si  l'agriculteur  possède  un  capital  suf- 
fisant pour  résister  à  la  mauvaise  fortune, 
s'il  persévère  sans  se  laisser  décourager,  les 
bonnes  années  viendront  après  les  mau- 
vaises ;  il  parviendra  à  réparer  les  brèches 
faites  à  son  capital  et  même  à  réaliser  quel- 
(|ues  bénéfices.  Mais  si  son  capital  est  res- 
treint, s'il  se  trouve  arrêté  par  Page,  par  la 
maladie  ou  par  la  mort,  son  capital  sera  en 
grande  partie  perdu. 

Un  fils  de  cultivateur,  qui  trouve  le  capi' 
talde  la  famille  engagé  dans  la  culture,  qui 
le  plus  souvent  sera  pendant  quelques  an- 
nées le  collaborateur  de  son  père  avant  d'as- 
sumer la  responsabilité  de  la  direction,  ce- 
lui-là peut  continuer  la  profession  pater- 
nelle ;  il  ne  fera  pas  fortune,  mais  il  pourra 
gagner  modestement  sa  vie.  Quant  k  ceux 
qui  sont  dans  une  situation  différente  et  qui 
cherchent  une  profession  à  peu  près  équi- 
valente aux  fonctions  publiques  et  aux  pro- 
fessions libérales,  pouvant  leur  procurer 
une  rémunération  assez  modeste  de  4,000 
ou  5,000  francs  par  an,  il  ne  la  trouveront 
point  dans  la  culture,  sauf  quelquescircons- 
tances  exceptionnelles. 

Parmi  les  fils  de  cultivateur,  il  en  est 
beaucoup  qui,  par  des  raisons  diverses,  ne 
suivent  pas  la  profession  paternelle,  dételle 
sorte  qu'aujourd'hui  le  nombre  de  ceux  qui 
sont  disposés  à  diriger  une  exploitation,  soit 
comme  propriétaires,  soit  comme  fermiers, 
devient  insuffisant  :  c'est  le  contraire  des 
autres  professions  où  chaque  emploi  vacant 
est  demandé  par  des  dizaines,  quelquefois 
par  des  centaines  de  candidats.  Le  mals'ag- 


301 


AGRICULTURE. 


305 


^?e  d'année  ec  annéd  el  on  ne  peut  pas 
alieudre  de  l'avenir  autre  chose  qu'une  ag- 
gravation. Faudra-t-il  en  venir  à  laisser  des 
terres  incultes  faute  de  cultivateurs  qui 
veuillent  lesexp](»iter  ? 

Pour  rendre  à  l'agriculture  son  fonction- 
nement normal)  il  faut  faire  en  sorte  que  le 
capital  loncier  et  le  capital  d'exploitation 
soient  passablement  rémunérés, ainsi  que  le 
travail  manuel  et  intellectuel  ;  or,  comme 
l'on  ne  peut  pas  espérer  un  relèvement  im- 
portant et  durable  des  prix  de  vente  des  pro- 
duits agricoles,  il  n'y  a  pas  d'autre  moyen 
d  arriver  au  résultat  désiré  que  d'abaisser 
beaucoup  les  prix  de  revient. 

Pour  atteindre  ce  but,  il  est  nécessaire  de 
modifier  l'organisation  actuelle  de  la  culture, 
loeexploitation  de  100  et  même  de  200  hec- 
tares, dans  les  conditions  communes  de  fer- 
lililé  et  de  situation,  est  tout  à  fait  insuffi- 
s.MDte  pour  rémunérer  les  services  d'un  di- 
recteur instruit  et  expérimenté,  pour  per- 
mettre un  bon  emploi  des  forces  et  cons- 
tituer une  unité  commerciale  sérieuse.  Ad- 
mettons pour  le  directeur  une  rémunération 
de  5,000  francs  par  an,  ce  qui  n'est  pas  un 
bien  gros  chiffre  pour  un  ancien  élève  de 
l'Institut  agronomique  ayant,  outre  la  scien- 
ce, un  certain  nombre  d'années  d'expérience. 
Ce  chiffre  modeste  représenterait  une  char- 
ge de  25  à  50  francs  par  hectare,  ce  qui 
serait  exorbitant  ;  il  est  clair  d'ailleurs  qu'un 
atelier  de  trente  ou  quarante  personnes, 
bommes,  femmes  et  enfants,  ne  comporte 
pas  un  emploi  d'ingénieur  pour  le  diriger. 
l^nQn,  un  établissement  qui  fournit  chaque 
année  un  chiffre  total  de  produits  vendables 
de  00,000  a  80,000  francs  ne  peut  pas  traiter 
dans  des  conditions  avantageuses,  alors  sur- 
tout que  ces  produits  sont  de  natures  diver- 
ses et  ne  peuvent  être  vendus  qu'en  gros. 

Faudrait-il  chercher  à  constituer  de  très 
lîrandes  exploitatioits,  dd  500  hectares,  par 
exemple  et  même  plus  ?  Je  ne  le  pense  pas. 
Outre  que  cette  étendue  ne  serait  pas  encore 
a^7.  grande  pour  rémunérer  la  direction 
sans  qu'il  en  résulte  une  trop  forte  charge, 
ni  pour  constituer  une  unité  commerciale 
suffisante,  elle  donnerait  lieu  à  des  pertes 
*^e  temps  très  considérables  el  à  de  trop 


grands  frais  de  li-ansports intérieur*.  U  serait 
du  reste  difliciie  dt: réunir  uïk^  telle  élerîdue 
de  terrain  cottvfiiabîeineiit  ooncenirëe,  la 
construction  de^  b^ttim^Mits  oUlii^^eraît  ù  im- 
mobiliser un  capital  ttès  important,  ei  1  ex- 
périence démontre  qiie  les  grandoâ  agglo* 
roérations  de  hoiall  f^ivorisont  le  EJévelop- 
pement  des  ma  ladites  euntai^îeuses  ffiii  peu- 
vent occasionnel-  de^  pertes  Biiornurs, 

La  véritable  snltuiori  du  pmijl^ine  me 
semblerait  être  île  grouper,  par  voie  d'asso- 
ciation des  prc>[)riétaires,  un  certain  i»om- 
bre  d'exploitations  représenUnt  une  super- 
ficie totale  de  plusieurs  uiilliers  d'Jiectares  ; 
il  ne  serait  aucunement  uécessaire  que  ees 
exploitations  fussent  ciKiti^^ueis,  ni  mêmes 
voisines,  ilsullirait  quelles  ne  lussent  pas 
trop  éloignées,  eu  è^^ard  à  leui"  iînportanee 
et  aux  moyens  de  corn  ii!  uni  cation, 

L'entreprise  M^riut  conduite  par  un  il î rec- 
teur aidé  d'un  ou  plusieurs  ins[iecteurs, 
choisis  parmi  Ic^  jeunes  i^eni  dipirHués  de 
rinstitut  agrouurnique  ou  au  moins  d'une 
école  supérieure  d'ai^ncultuj'e.  illiafiuo  ex- 
ploitation aurait  a  sa  tele  uji  chrf  tle  cul- 
ture,  chargé  de  doimer  les  ordres  de  détail, 
desurveiller  le  personne!  et  deierurles  itolea 
nécessaires  pour  la  couijilabilité  et'ntrale. 

Voici  quels  seraient,  il  mon  avis,  les 
avantages  d'une  -enibla]»le  fM'|î:Juisarion . 
Elle  permettrait  d'utiliser  toutes  le.s  n*s- 
sourcesde  la  scieïïce  ;  le  travail  inlellectuel 
serait  convenaLilernent  rémunère  sans  im- 
poser à  la  terre  une  ehari^e  ojiêrense  ;  — 
la  stabilité  de  l'en  ire  prise  serait  beaucoup 
plus  grande  querelle  <pje  [hmiI  uUVÎr  un 
propriétaire  ou  nu  reniiiiM\  ce  ijni  [terinei- 
trait  de  recruter  uu  ]»ersmiriel  île  rljoix  ;  — 
on  réaliserait  une  i  i^injouiie  Irrs  scnsijjlesur 
le  capital  engage  *:u  iuateri<t|  ri  aruutaux  de 
trait,  lesdiversps ex [)lûi{atiorLs pouvant  s'on- 
tr'aider  dans  certains  tjïouients  ;  -  leur 
travail  serait  mieux  ntilisé  et  de  ^n-arjdes 
pertes  de  tempsëvitécs;  —  les  \Yms  de  vente 
et  de  livraison  seraient  Jiminiirs  dans  une 
proportion  coti^iidéralïle.  et  irs  vint  tes  se  fe- 
raient dans  des  cfuniitions  hL^aueiiop  meil- 
leures. 

On  objectera  ipt'utïe  eut reprificstir  le  plan 
que  je  viens  dVsfpiisser  :'i  ^'î-nuds  traitSj   né 


263 


JOORNAL    URNSURL  DE  L'ACADEMIE  NATIONALE. 


serait  pas  chose  facile  à  organiser  ;  j'en  suis 
parfaitement  convaincu,  mais  ce  qui  estdif- 
iicile  n*est  pas  impossible,  et  ce  qui  est  très 
difficile  aujourd'hui  peut  devenir  beaucoup 
moins  difficile  par  suite  d'une  modification 
des  circonstances  ;  et  la  rareté  croissante 
des  fermiers  obligera  les  propriétaires  a 
chercher  des  moyens  de  ne  pas  laisser  leurs 
terres  incultes  et  improductives. 

A  défaut  d'une  organisation  complète 
comme  celle  dont  je  viens  de  parler,  on 
peut  travailler  àdiminuer  les  frais  d'exploi- 
tation et  à  améliorer  les  prix  de  vente  par 
divers  moyens  et  notamment  par  des  asso- 
ciations partielles,  comme  les  laiteries  coo- 
pératives, qui  rendent  de  très  grands  servi- 
ces à  ceux  qui  ont  su  les  organiser.  Ces  as- 
sociations ne  peuvent  guère  s'établir  et  fonc- 


tionner que  sur  l'initiative  et  avec.! 
cours  des  propriétaires.  Nous  neici 
plus  au  temps  où  la  propriété  ronk 
un  placement  de  tout  repos,  ne  doaûâs: 
d'autre  souci  que  d'encaisser  lesfen 
et  de  renouveler  de  temps  en  temps  b 
avec  augmentation  de  prix;silepiM 
taire  ne  veut  pas  voir  ses  revenus  désr 
outre  mesure,  il  faut  qu'il  vienne  eos 
son  fermier  en  lui  procurant  les  moyes 
travailler  dans  de  meilleures  conditlû'^ 
En  résu  raé,  mon  but,  en  écri  vant  cesr: 
est  d'appeler  l'attention  des  agricaltee 
des  propriétaires  sur  la  possibilité  etu 
cessi té  très  grande  de  diminuer  le  p*i 
revient  des  produits  agricoles  par  le  m 
d'une  administration  étudiée  avecpb 
soin  dans  tous  ses  détails. 


INDUSTRIE 


APPAREIL  PERFECTIONNE 
SYSTÈME    WOODS 

pour  distribuer  l*huile  aux  broches  de 
niaturee, 

construit  par  MM.  Geo.  THOMAS  et  G'« 
72  a,  Deansgate,  à   Manchester. 

Nos  Sociétaires  de  Manchester,  MM.  Geo. 
Thomas  et  Cie,  les  grands  fabricants  de  tou- 


tes sortes  de  machines,  outils  et  usirfri 
employés  dans  les  industries  texlil?-s 
les  constructeurs  d'un  nouvel  appare 
venté  par  M.  Woods  pour  accélérerlic^ 
bution  de  l'huile  aux  broches  de  lilâi-l 
et  qui  est  aussi  simple  qu'ingénieux. 

D'après  la  figure  reproduite  ci-apri 
se  rend  aisément  compte  de  la  n»  < 
dont  est  constitué  l'appareil  et  de  la  ^«j 
dont  il  fonctionne. 


Comme  on  peut  le  voir  sur  celle  figure, 
Tappareil  se  composedun  récipient  rectan- 
gulaire contenant  une    certaine    quantité 


d'huile,  et  d'unjeude  12petiU  seau^'^^ 
mécanisme  très  simple,  obéissant  ai'  ^ 
vement  d'un  levier  commandé  à  Is^ 


i 


r 


-f^-*- 


2C5 


INDUSTRIE. 


260 


feil  d'abord  se  remplir  d'huile  dans  le  réci- 
pieni  et  se  déverser  ensuite,  dans  de  petits 
enloDDoirs,  dont  les  trous  d'ëcoulement  doi- 
vent correspondre  exactement  aux  ouvertu- 
res pour  graissage  de  î2  broches  d'un  banc 
de  filature. 

Grâce  à  cet  appareil,  le  graissage  de  douze 
broches  s'opère  aussi  aisément  et  rapide- 
ment que  le  graissage  d*une  seule  broche  au 
moyen  de  la  burette  à  main,  et  Von  peut 
ainsi  réduire  considérablement  les  temps 
d'arrêt  imposés  aux  métiers  pour  procédera 
la  Inbrilication  dos  broches.  On  évite  aus- 
si tout  gaspillage  d'huile,  caria  quantité 
d  huile  distribuée  à  chaque  broche  est  ex- 
actement dosée  par  la  capacité  des  seaux  de 
l'appareil,  et  le  graissage  de  l'ensemble  se 
trouve  être  absolument  régulier.  En  résu- 
méj'appareil  offre  bien  réellement  les  qua- 
lités suivantes  énumérées  par  la  circulaire 
spéciale  qu'ont  publiée  MM.  Geo.  Thomas 
et  Cie  a  son  sujet  : 

Il  est  portatif,  maniable,  simple  et  pro- 
pre, et  il  supprime  toute  perte  d'huile. 

On  comprend  aisément,  d'ailleurs,  que, 
pour  être  pleinement  efficace,  chaque  ap- 
pareil doit  être  combiné  de  manière  à  s'ac- 
commoder exactement  aux  bancs  des  bro- 
ches à  graisser,  et  qu'en  donnant  à  MM. 
Geo.  Thomas  et  Cie  la  commande  d'appa- 
reils semblables,  il  va  lieu  de  leur  fournir 
l'iodication  des  dimensions  et  des  divei*ses 
particularités  caractéristiques  des  bancs, 
ainsi  que  la  mesure  extrêmement  précise 
des  écarts  entre  les  broches.  Ajoutons  que 
les  appareils,  à  moins  d'indications  contrai- 
res, sont  toujours  construits  pour  12  broches, 
(nais  qu'ils  peuvent  être  établis  pour  une 
moindre  quantité  de  broches  si  on  le  désire. 
En  résumé, il  est  incontestable  que  cet  ap- 
pareil, dit  de  Woods, dix  nom  de  son  inven- 
teur, marque  un  perfectionnement  appré- 
ciable dans  l'outillage  mobile  des  filatures, 
H  Ton  s'explique  qu'il  ait  rencontré  partout 
une  très  grande  faveur,  depuis  que  MM.  Geo. 
Thomas  et  Cie  ont  entrepris  sa  construction 
pour  en  introduire  l'emploi  dans  toutes  les 
manufactures  intéressées. 


LA  PRODUCTION  DE  LA  HOUILLE 
DANS  LE  MONDE. 

On  produisait  en  1896  dans  l'univers  en- 
tier 600  millions  de  tonnes  de  houille.  Sur 
ce  nombre  l'Angleterre  et  les  Etals-Unis  en 
avaient  produit  ensemble  prèsdes  deux  tiers, 
371  millions. 

Voici,  pour  tous  les  pays  du  monde,  la 
production  des  trois  dernières  années  indi- 
quée en  milliers  de  tonnes  : 

1894.  i«95  1896 

Angleterre 191.29)  192. 69G  1^8.487 

Etats-Unis 154.^87  175.185  1:3.000 

Allemagne 98.836  103.9VS  112.438 

Autriche 26.9)5  -28.  H2  2.>.000 

France 2r.4!7  28.020  28.870 

Belgique 20.r.35  20.551  n.250 

Russie «.^-^O  8.86:  9.000 

Hongrie 4.212  4.543  4.600 

Australie 4.956  4.768  4.547 

Indes 2.866  3.595  3.900 

Japon 4.311  3.650  3.715 

Canada 3.496  3.569  3.397 

Chine 3.000  3.000  3.000 

Espagne 1708  1.7S4  1.875 

Chili 992  992  1.003 

Italie 271  305  300 

Suède •....  1*J«  224  226 

Autres  pays 600  1 .500  1.500 

Total 554.948      585.319      600.105 

[Revue  de  Statistique.) 


PRINCIPES  NOUVEAUX  DE  CHAUFFAGE 
INDUSTRIEL. 

ayant  pour  résultats  la  suppression  de  la 
fumée    et   l*économie   du  combustible 

Un  problème  d'un  immense  intérêt  pour 
l'industrie  vient  enfin  d'être  résolu. 

On  sait  que,  jusqu'à  ce  jour,  tous  les  in- 
venteurs ont  à  peu  près  complètement 
échoué  dans  leurs  recherches  relatives  a 
la  production  des  feux  sans  fumée.  Les 
moyens  proposés  ont  toujours  paru  inap- 
plicables à  cause  des  complications  ou  de^ 
dépenses  excessives  qu'ils  nécessitaient. 

Il  y  a  quelque  temps,  un  ingénieur  au- 
trichien, M.  Fritz,  annonçait  qu'il  avaitdé- 
couvert  le  moyen  de  produire  des  feux  sans 
fumée  par  un  procédé  simple,  pratique,per- 


Sffr 


JOORNAL  MENSUEL  DB  L'ACADKIflE  NATIONALE. 


2o8 


meUant  d'économiaer  30  0/0  de  combusti- 
ble. A  lii  sujle  d'essais  faits  par  des  spécia- 
listes, uue  commission  parlementaire  fut 
nom  ruée,  eiaujourd'luii  après  des  expérien- 
ces absolument  concluantes,  le  ministère 
de  la  marine  a  résolu  d'appliquer  le  systè- 
me de  M ,  Frflz.  ; 

[/invention  de  Tingénieur  autrichien  est 
basée  sur  les  principes  suivants  :  qu'un  feu 
sans  fumée  poul-ûtre  produit  seulement, 
1°  lorsque  la  porte  du  fourneau  reste  tou- 
jours close  ;  2"  lorsE|ue  \c  combustible  est 
ajouté  par  petÎLes  quantités;  B""  lorsqu'on  at- 
tise le  feu  sans  laisser  pénétrer  Pair  au-des- 
sus du  foyer. 

Ce  système  est  appliqué  depuis  six  mois 


dans  unegrande  manufacture  prè$  de  Vienne. 
Durant  ce  laps  de  temps,  réconomie  de 
combustible  a  été  exactement  de  33  0/0. 

Quant  à  Téconomie  de  main-d'œuvre,  elle 
peut  sévaluer  d'après  le  fait  qu'un  seul 
homme  accomplit  la  besogne  de  dix  chauf- 
feurs. 

L'invention  de  l'ingénieur  autrichien  est 
applicable  avec  un  égal  succès  aux  bateaux 
à  vapeur,  aux  locomotives  et  aux  manufac* 
tures. 

Ajoutons  que  l'amirauté  anglaise  va  met- 
tre à  l'essai  ce  nouveau  système  quî^  en 
outre  la  grande  économie  de  charbon,  per- 
mettra de  supprimer  sur  les  grands  cuiras- 
sés au  moins  80  chaufTeurs  sur  100. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION    D'HORTICULTURE 

L'exposition  aniiu«Ue  delà  Société  d'Hor- 
ticulture sVsttenueu  Pariiidu  18 au  25  mai, 
sur  remplacement  habituel  de  la  terrasse  des 
Tuileries, 

Chaque  année,  cette  exposition  gagne  en 
éclat  et  en  importance.  Il  n'entre  pas  dans 
le  cadre  de  notre  journal  de  parler  des  di- 
vers produits  d'hortiuuUure,  si  variés  et  si 
brjllant3,<{ui  ont  été  présentés  à  Texposition. 
Mais  la  partie  purement  industrielle  de  cet- 
te exposition  relève  de  notre  examen. 

Parmi  les  participants  à  cette  partie  in- 
dustrielle figuraient  plusieurs  de  nos  Secré- 
taires dont  les  expositions  particulières 
méritent  une  description  sommaire. 

M.  Broquet,  h  PariSj  présentait  les  divers 
types  de  pompes  de  sa  fabrication,  tant  de 
fois  mentionnés  dans  notre  Journal,  et  no- 
tamment la  nouvelle  Pomj7C  borne  à  volant 
qui  est  si  intéressante  et  que  nous  avons  dé- 
crite en  détail  dans  le  compte  rendu  du 
(Concours  agricole  de  Paris  publié  par  notre 
Journal  de  mars  dernier. 


MM.  Egrot  et  Grange  ont  fait  figurer  à 
l'exposition  quelques-uns  des  types  %*arié$ 
de  leurs  appareils  de  distillation  si  univer- 
sellement connus,  sans  cependant  donner  a 
leur  participation  à  cetteexpositionlaméme 
importance  qu'à  leurs  installations  aux 
grands  concours  agricoles. 

M.GoussARD,  à  Montreuil,  près  Paris,  pré- 
sente des  peintures  prêtes  à  employer,  et 
divers  produits  spéciaux  pour  usages  horti- 
coles, tels  qu'un  mastic  à  greffer,  un  pré- 
servatif de  récorce,  etldijixative,  poudre 
servant  à  préparer  instantanément  les  bouil- 
lies anticryptogamiques  et  à  obtenir  la  fixa- 
tion des  sels  de  cuivre. 

Le  mastic  à  greffer  est  à  base  de  gou- 
dron de  Norwège  et  se  recommande  par  sa 
régularité  de  qualité  et  par  son  emploi  faci- 
le. Voici  en  quels  termes  il  a  été  parlé  de 
ce  produit  dans  un  rapport  à  la  Société  na 
tionale  d'Horticulture  : 

a  Le  Mastic  à  froid  dont  M.  Goussard  est 
«  l'inventeur  nous  paraît,  en  raison  de  ses 
«  qualités,  être  appelé  à  beaucoup  de  suc- 
«  ces. 

«  Depuis  plusieurs  mois  nous  lavons  ex- 


'vr- 


269  EXPOSITIONS 

«  périmenté  avec  beaucoup  d'attention  et 
<*  nous  le  trouvons  véritablement  supérieur 
1  à  tous  les  produits  du  même  genre  em- 
3  ployés  jusqu'à  ce  jour. 

a  D'un  emploi  très  facile,  il  acquiert  en 
î  peu  de  temps  une  extrême  dureté.  Ni  le  so- 
«  leil,  ni  la  pluie  n'ont  d'action  sur  lui,et  il 

<  conserve  toujours  nne  adhérence  parfai- 

•  te  sans  couler  ni  se  tendre,  quelque  temps 

<  qu'il  fasse. 

a  Son  prix  nous  semble  assez  modique 
s  pour  en  recommander  l'emploi  mémo  dans 

<  les  pépinières. 

«  En  elfet,  il  ressort  de  nos  essais  qu'un 
"■  kilog.  de  ce  Mastic  qui  coûte  1  i.  80  peut 
I  servir  à  greffer  plus  de  cinq  cents  arbres 

•  fruitiers  à  haute  tige. 

«  Nous  le  recommundons  tout  spéciale- 
^  ment  pour  la  cicatrisation  des  plaies  sur 
«  les  arbres  fruitiers. 

«  En  résumé,  ce  nouveau  mastic  présente 
'*  une  amélioration  sensible  en  même  temps 
1  quil  apporte  une  sérieuse  économie. 

«  Nous  en  adressons  les  plus  vives  félici- 
«  tations  à  &].  Goussard  et  nous  demandons 
(  le  renvoi  de  notre  rapport  à  la  Commis- 
^  siou  des  récompenses.  » 

  la  suite  de  ce  rapport,  une  médaille 
d'argent  a  été  décernée  à  M.  Goussard  pour 
son  ma8tic,avec  la  mention  :  très  recomman-' 
dable. 

Le  Préservatif  de  lécorce  est  une  pou- 
dre spéciale  qui,  inlusée  dans  l'eau  tiède, 
forme  une  bouillie  consistante  devant  s'em- 
ployer au  pinceau  pour  recouvrir  en  hiver 
l'écorce  des  arbres  fruitiers.  Ce  produit  per- 
fectionné remplace  avantageusement^comme 
edicacité,  lo  lait  de  chaux  dont  on  fait  usage 
iiabituelleaient,  et  détruit  radicalement  les 
germes  de  tous  les  insectes  nuisibles  aux  ar« 
bres  fruitiers. 

La  Fixative  est  constituée  par  des  pa- 
quets ou  des  sacs  séparés  d'une  préparation 
cuprique  et  d'une  préparation  fixative.  On 
fait  d'abord  dissoudre  la  préparation  cupri- 
que dans  l'eau  froide  ou  chaude,  et  lorsque 
la  dissolution  est  complète,  on  ajoute  la  pré- 
paration fixative,et  Ton  agite  le  tout  forte- 
ment avant  de  verser  la  bouillie  ainsi  obte- 
nue dans  les  appareils  pulvérisateurs.  Cette 


ET  CONCOURS.  270 

bouillie  réalise  le  but  recliorché  d'assurer 
une  adhérence  permanente  des  sels  de  cui- 
vre sur  toutes  les  parties  des  végétaux  Irai- 
tés  :  vignes,  pommes  de  terre,  arbres  frui^ 
tiers,  etc. 

Le  président  de  la  chambre  syndicale  des 
cultivateurs  de  la  Seine  a  dfîlivré  à  M,  Gous- 
sard le  certificat  sulviiril  : 

a  J'ai  le  plaisir  de  vous  annoncer  que  les 
c(  expériences  de  vatre  poudre  la  ^  Fixa- 
«  tive  »  faites  par  les  merubres  de  notre 
((  syndicat  contre  le  Mildewont  été  satisfa^- 
a  santés. 

«  Tous  les  rapports  qui  nous  onlétéadres- 
(c  ses  par  les  expérimentateurs  concluent  k 
u  son  efficacité,  à  une  économie  de  temps 
tt  dans  la  préparation  du  liquide,  lequel 
a  n*obstrue  pas  les  appareils  destinés  à  le 
«  répandre.  » 

Une  semblable  attestation  est  absolument 
concluante. 

M.  HiRT,  à  Paris,  a  exposé  les  difTérenls 
modèles  de  pompes  de  sa  fabrication^  si  ex- 
perte et  si  soignée.  Gomma  ces  modèles 
touchent  depuis  longtemps  à  la  perfection 
absolue,  il  n'y  a  plus  à  enregistrer  de  nou- 
veaux progrès  dans  leur  conâtrucUon. 

M.  Mercier )  â  Paris,  tout  en  exposant 
une  assez  grande  quaniilé  d'objets  divers, 
n'a  pu  présenter  lataLalltédes  articles  qu'il 
fabrique  ou  vend,  et  qui  répondent  à  peu 
près  k  tous  les  besoins  det'horlicultut-ectdu 
jardinage  proprement  dit.  Nous  mention- 
nerons simplement,  parmi  tes  objets  expo- 
sés, les  grillages  JesclHure^Jes  bacs  à  fleurs 
et  à  arbustes,  les  arrosoirs  et  les  chaises 
de  jardins.  On  peyt  d'aiileur-;  demander  h 
la  maison  Mercier  tous  les  meubles^  usicii- 
siles  et  outils  dont  on  a  besoin  dans  la  pra- 
tique du  travail  horticole. 

M. RoussET,àSaint- Victor-sur-Loire  [Loire), 
expose  les  grillages,  les  clôtures^  les  ectia- 
las,  les  tuteurs,  tes  gradins,  Im  tonnelles, 
les  entourages  d'arbres  et  les  articles  divers 
pour  usages  agricoles  et  horticoles  dont  la 
fabrication  en  feu  il  tards  d'acier  a  été  créée 
parle  regretté  M.   Micolon.  Tout  cela  est 


271 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'ACADEXIE  NATIONALE. 


972 


^ 


â  la  fois  solide,  léger,  économique  et  du- 
FHble,  Nous  avons  remarqué  une  volière 
dëmontabiej  en  fort  grillade,  avec  porte  so- 
lidement agencée,  qui  est  vraiment  d'un 
|)rix  très  modéré.  La  substitution  du  métal 
au  bois,  réalisée  par  cette  maison  pour  un 
Irèa  grand  nombre  d*objets,  a  marqué  un 
ir^shpureux  progrès  réalisé  dans  Tensem- 
ble  de  routillage  et  du  mobilier  agricole  et 
borlicole. 


EXPOSITION  DE  10OO 

(Renseignements  divers) 

LES  CONGRES  INTERNATIONAUX  DE  l'eXPOSITION 
DE     1900. 

Le  ministre  du  Commerce,  sur  la  propo- 
sition du  Commissaire  général,  a  signé  l'ar- 
rtH  instituant  les  Congrès  internationaux 
qui  auront  lieu  pendant  TExposition  de 
1900.  Kn  voici  lorganisation  générale.  Les 
congrus  sontdivisés  en  douze  sections  : 

L  Educolion  et  enseignement. 

2,  Beaux -arts,  belles-lettres,  histoire,  ar- 

chéologie . 

3,  Sciences,   mathématiques  (mathémati- 

ques, mécanique,  astronomie,  géo- 
désie). 

4,  Sciences  physiques  et  leurs  applications 

(physique,  chimie,  météorologie,  in- 
dustries physiques  et  chimiques). 

r>.  Sciences  naturelles  (géologie,  minéra- 
logie, botanique,  zoologie,  anatomie, 
physiologie,  anthropologie). 

0,  Sciences  médicales. 

7.  Mécanique  appliquée,    génie    civil  et 

maritime,  moyens  de  transport. 

8.  Sciences  agricoles  (agronomie,   agricul- 

ture, industries  agricoles). 
0.  Economie  politique,  législation,  statis- 
tique, 

10.  Sciences  sociales  (économie  sociale,  hy- 
giène, assistance). 

IL  Sciences    géographiques     géographie, 
physique,  exploration,  colonisation). 

12,  Industrie  et  commerce  en  général 


Tous  ces  congrès  sont  placés  sous  le  pa- 
tronage du  gouvernement  français  ;  mais  il 
est  spécifié  que  ce  patronage  ne  peut,  en 
aucune  façon,  engager  l'administration, 
quant  aux  opinions  émises  ou  aux  résolu- 
tions formulées  ;  les  sujets  religieux  et  po- 
liti(|ues  sont  aussi  formellement  interdits. 

Douze  comités  spéciaux  correspondant 
aux  douze  sections  que  nous  venons  d'énu- 
mérer  seront  cbargés  d'étudier  les  questions 
relatives  aux  propositions  ou  demandes  de 
congrès  et  d'en  préparer  l'organisation.  Les 
membres  de  ces  comités  seront  nommés 
par  le  ministre  du  Commerce  et  de  l'Indus- 
trie, sur  la  proposition  du  Commissaire  gé- 
néral, et  ils  éliront  entre  eux,  pour  chaque 
comité,  un  président,  un  vice- président  et 
un  secrétaire. 

Les  propositions  formulées  par  les  comi- 
tés seront  transmises  à  une  commission  su- 
périeure chargée  de  la  direction  générale  des 
congrès  conjointement  avec  le  directeur 
général  de  Texploitation  de  l'Exposition 
universelle.  Cette  commission  supérieure 
comprendra  un  président  et  trois  vice-pré- 
sidents, nommés  par  le  ministre  sur  la  pro- 
position du  commissaire  généra],  et  cela  en 
dehors  des  membres  des  comités,  tous  les 
présidents  et  vice-présidents  des  congrès, 
le  délégué  principal  à  Torganisalion  des 
congrès,  enfin,  un  secrétaire  et  un  rappor- 
teur désignés  par  le  commissaire  général. 

Les  commissions  d'organisation  devront 
soumettre  à  l'administration  au  plus  tard  le 
1"  octobre  1899,  le  programme  des  ques- 
tions soumises  aux  délibérations  des  con- 
grès, ainsi  que  l'indication  des  sujets  qui 
doivent  faire  Tobjet  des  rapporteurs  prépa- 
rés à  l'avance,  les  noms  des  rapporteurs  dé- 
signés, l'indication  du  nombre  présumé  des 
séances,  de  l'époque  proposée  pour  la  tenue 
des  congrès  et  des  locaux  demandés  pour 
les  réunions. 

Telles  sont  les  mesures  d'organisation 
prévues  par  l'arrêt  ministériel.  Cette  orga- 
nisation sera  sous  la  direction  principale 
de  M.  Gariel,  le  savant  professeur  qui  orga- 
nisa déjà  les  congrès  de  l'Exposition  de 
1889.  De  plus,  un  palais  spécial,  dans  l'en- 
ceinte de  l'Exposition  de  1900,  sera  réservé 


273  EXPOSITIONS  BT  CONCOURS. 

aux  congrès  et  aux  conférences  qui  les  ac 
compagoeront. 


274 


Le   pont  Alexandre   III 

Les  travaux  du  pont  Alexandre  III  mar- 
chent avec  rapidité,  et  pendant  que  la  culée, 
de  la  rive  droite  commence  à  se  dresser,  le 
caisson  de  fondation  de  la  rive  gauche  a  at- 
teint le  bon  sol,  le  14  mars,  à  une  profondeur 
de  9™  50.  La  partie  du  travail  exigeant  rem- 
ploi de  Tair  comprimé  étant  maintenant 
terminée,  les  maçonneries  à  Pair  libre  vont 
être  mises  en  train  sur  la  rive  gauche,  et  de- 
puis les  premiers  jours  d'avril  Tonprocèdeà 
rinslallalion  de  la  passerelle,  véritable  pont 
roulant  absolument  nécessaire  pour  la  mi- 
se et)  placedela  partie  métallique  du  pont; 
cette  mise  en  place  devant  s'effectuer,  en 
effet ,  sans  interrompre  la  navigation,  et  le 
procédé  employé  pour  les  ponts  ordinaires, 
procédé  consistant  à  lancer  le  pont,  ne  pou- 
vant être  employé  ici . 

La  passerelle  mobile,  de  120  mètres  de 
portée,  reposant  à  ses  deux  extrémités  sur 
des  galets,  servira  à  la  mise  en  place  des  15 
termes  supportant  le  tablier  du  pont  ;  cha- 
que position  de  la  passerelle  permettant  Té- 
diûcalion  de  3  arcs,  il  suffira  de  cinq  dépla- 
cements pour  la  construction  complète  du 
pont. 

Pendant  que  s'effectuent  ces  différents 
travaux,  des  équipes  d  ouvriers  sont  occu- 
pées à  transformer  le  bas  port  entre  le  quai 
de  la  Conférence  et  les  abords  du  pont  ;  le 
pont  roulant,  qui  sera  également  employé  a 
la  crmstruction,  est  commencé,  et  les  pre- 
miers voussoirs  d'acier  destinées  à  la  su- 
perstructure sont  fondus. 

Après  avoir  dit  à  (|uel  point  en  est  la 
construction,  nous  ne  pouvons  faire  mieux 
({ue  de  donner  quelques  renseignements, 
empruntés  à  la  Nature^  sur  ce  que  sera  le 
pont  une  fois  terminé,  et  sur  les  moyens  em- 
ployés pour  sa  construction. 

Le  pont  Alexandre  III,  construit  en  acier, 
d'après  les  études  des  ingénieurs  Résal  et  Al- 
^y,  sera  un  peu  moins  élevé  que  son  proche 
voisin  d'amont,  le  pont  de  la  Concorde,  mais 


un  peu  plus  que  les  ponts  jetés  en  ïivaL  Sa 
longueur  lomle  enlrcles  deux  culées,  d'une 
rive  à  1  "autre,  sera  de  100  "•  0()  correspon- 
dant à  une  parlée  utile,  h  une  ouverture 
réelle,  sous  les  arcs,  del(ï7'"D0. 

Aucuû  poni  Je  France  ne  sera  plus  har- 
diment surliaissé,  cela  aiin  de  laisser  au- 
tant que  (loàsible  la  passe  libre  en  cette  sec- 
tion de  l;i  Seine  où  la  uavigatirm  est  très  ac- 
tive. La  résisiaijce  lie  I  acier,  jointe  à  son 
élasticité,  a  permis  aux  ingénieurs  de  don- 
ner îxixsurbaisscment  \e^  cuefticieut  remar- 
quable ti«  1;17,  \2. 

Le  tablier  du  pont  reposei'a,  par  Tinler- 
médiaire  tJo  pièces  verticales,  sur  15  arcs 
d'acier  anicuiés,  y  leurs  reLombéeSt  sur  des 
rotules^  cûiTinie  cela  a  été  lait  en  1881*  par 
M.  Contamitî,  pour  les  grandes  fermes  en 
charpenie  métal lû[ue  du  Palais  des  Ntachî- 
nes,  et  plus  r*>cemnienL  pour  le  pont  iMira- 
beau.  Cette  disposition  préseiile  l'avantage 
de  faire  toujours  passer,  au  même  point  de 
la  retombée j  les  ellorls,  quels  qu'ils  soient, 
de  charge,  de  dilatation,  ou  de  contraction, 
que  rossiuuni  du  pont  doit  supporter.  On 
est  donc  nuisi  à  Vabri  de  tout  accident,  et 
cela,  d'une  lu^^ou  véritable  me  m  mathémati- 
que. La  hauteur  des  arcs,  sou^  la  chaussée, 
sera  de  C '7,3  à  la  clef  :  c'est  la  l  épaisseur 
minima  de  ce  grand  passage. 

Le  pou t  Alexandre  III  sera  en  eîTcL  le  pont 
le  plus  hir^n  r[ui  existe  au  muude.  avec  sa 
chaussée  de  'Ji\  mètres  de  lar^^eur,  bordée 
de  deui trottoirs  de  10  tnoiros.  Le  ponlde 
Brooklyn,  a  >'ew*York,  dunf  les  Auiéricaina 
sont  Qers  à  si  juste titn',  ua  i|ue  Si  mètres 
de  largeur  luiale  de  tablier.  ,lu5i]u'à  l'inau- 
guratiou  du  pont  de  TExpasitiou  universel* 
le,  ce  sera  h;  pont  d'Auslerlil/,  élar^^i  il  y  a 
quatorze  ans,  <|ui  diUieudra  le  record  avec 
ses30  mèLresde  largeur  Lutale  comprenant 
une  chaussée  de  ifO  mètres  et  doux  irottorr* 
de  5  mèli  (  s. 

Pour  !'i  <*ouslrucLiu!i  des  culées  en  ma» 
çonneric  d<.'bL^t<>rt,il  a  fallu  recourir  au  sys- 
tème de  tijuda lions  î)ar  caissnîis  à  air  corn* 
primé.  Le  niveau  de  la  Seine  est^  en  elîtîl, 
très  variable,  dans  cg!^  parasses,  itl  le  sous- 
sol  est  sujet  à  de  porfiétuelles  inhliratiuns. 
Le  sy5tc[ue  du  caisson  fieruiet  de  traverser 


à 


Tj-ÇT^syr-^ 


275 


JOURNAL  MEffSURL  DB 


sans  diflBcullë  des  sols  inondés  de  ce  gen- 
re. 

L*air  comprimé  nécessaireaété emprunté 
aux  canalisations  de  la  Ville  de  Paris.  La 
Compagnie  spéciale  le  fournit  à  la  ville  à  la 
pi*ession  de  3  kilogrammes  par  centimètre 
carré,  soit  trois  atmosphères.  Or,  les  cais- 
sons du  pont  Alexandre  III  n'ont  pas  à  des- 
cendre au-dessous  de  12  mèti*es  (renfonce- 
ment :  la  pression  maxima  de  l*air  néces- 
sitée ne  dépasse  donc  pas  deux  atmosphères. 
Un  régulateur  ingénieux  le  fait  varier  par 
dixième  d'atmosphère,  au  fur  et  à  mesure  de 
renfoncement. 

Les  caissons  de  fondation  du  pont  Alexan- 
dre III  sont  les  plus  considérables,  comme 
poids  et  comme  dimensions,  que  Ton  ait 
jusqu'ici  construits.  Le  poids  de  chacun 
d'eux  est  de  3.800  tonnes  ;  leurs  dimensions 
sont  de  47  mètres  sur  38  mètres,  en  section 
horizontale  rectangulaire,  soit  L500  mètres 
carrés.  Chaque  fondation,  ainsi  effectuée 
coûtera  environSOC.OOO  francs,  soit  1.600.000 
francs  pour  Tenracinement  dans  le  sol  du 
pont,  dont  le  prix  de  revient  total  .est  évalué 
à  6  millions  de  francs. 

Une  particularité  du  travail  des  caissons 
du  pont  Alexandre  III  a  été  quo  les  terres 
extraites  des  chambres  de  travail  étaient, 
tout  aussitôt,  jetées  dans  la  Seine  ;  cette 
projection  avait  pour  but  de  diluer  les  ter- 
res argileuses  que  Ton  extrayait.  A  peine 
jetées  dans  Teau,  et  s'étant  ameublies,  elles 
étaient  repêchées  par  des  dragues,  chargées 


l'académib  nationale.  ^^^ 

dans  des  chalands,  et  emmenées  à  un  lieu 
de  décharge  en  aval. 

Le  pont  Alexandre  III  ne  sera  pas  seule- 
ment un  beau  pont  au  point  de  vue  del'art 
de  ringénieur,  ce  sera  une  œuvre  architec- 
turale. Aux  têtes  du  pont  seront  placés  qua- 
tre grands  pylônes  de  pierre  surmonta  de 
groupes  en  bronze  doré  dont  chacun  repré- 
sente une  Renommée  tenant  en  main  un 
Pégase  cabré  ;  le  sommet  de  ces  motifs  sera 
à  28  mètres  au-dessus  du  niveau  moyeu  de 
la  Seine.  En  avant  des  pylônes,  des  statues 
monumentales  symboliseront  la  France  et 
la  Russie  ;  de  chaque  côté  de  larges  escaliers 
à  deux  paliers  descendront  vers  la  Seine. 
L'ensemble  de  cette  construction  a  été  étu- 
dié par  MM.  Cassien-Bernard  et  Cousin. 

Les  maquettes  qui  servent  à  cette  élude 
sontdues  à  MM.  Kulicosky  et  Germain.  Elles 
se  font  en  plâtre  finà  Téchellede  1  et  2  cen- 
timètres par  mètre  ;  on  y  voit  des  bas-reliefs 
de  6  millimètres  de  hauteur,  des  statues  de 
10  centimètres  de  haut,  etc....  Grâce  à  la 
malléabilité  du  plâtre,  tout  cela  se  fait  au 
couteau  ;  tout  motif  ne  plaisant  pas  est  rem- 
placé par  un  autre. 

Ces  maquettes,  bien  quecoûtant  fort  cher, 
conduisent  à  une  ^[rando  économie,  en  évi- 
tant les  erreurs  finales,  les  mécomptes  artis- 
tiques et  les  modifications  de  la  dernière 
heure.  Après  une  exposition  publique  eu 
1000,  elles  iront  figurer  au  musée  Carnava- 
let. 

(Extrait  do  la  Chronique  industrielle. 


COMMERCE 


LE  COMMERCE    EXTÉRIEUR   DE  LA 
FRANCE 

pendant   les  quatre  premieps  mole  de  1808 


Voici,  diaprés  les  publications  ofiicielles 
de  l'administration  des  douanes,  quels  sont 
les  résultats  du  commerce  extérieur  de  la 
France  pendant  les  4   premiers   mois  de- 


Tannée  en  cours  et  de  Tannée  précédente  : 

IMPOUTATIU.NS  1898  1897 

Objets  d'alimentation  467.335. 000  2;9.09v).000 
Matières   nécessaires 

à  rindustrie 7i>5.403.000  814.6î>1.0M 

Objets  fabriqués ?1 1.406. 000  2(»5.K'O.OO0 


Total. 


....  1. 47!.  N4. 000  1.328. ;*23.0J0 


*^^IWBPP"i 


i:xtH>HTATK>Hi! 


I80i 


Objets  d'aUmeolatiorv 
M  a  tiérâR    néoeas»  i  rcs 
É  l'indusirie,..,,.,,      5^0.040.000 

Ubj«t»  fabriqués 5.^4.783.01)0 

Cûliâ  postaux 54.354.0yô 


Toml. 


IJ32.733.ÔCK1  1.157,016,000 


Kii  comparant  ces  nh  if  très  à  ceux  publiés 
pour  les  réâuUalâdes  trois  premiers  mois 
d^  Tannée,  on  obtient  las  indications  suî* 
vantes  fiour  les  résultats  propres  anx  mois 
d'avril  1897  et  1898  : 


COUMKHUB.  278 

lèUT  perle  ressort    donc    incontestablement,  à 

197,69*^.000  169,504.000  fr,  pour  les  quatre  premiers 
mois.  Il  est  malheureusement  à  craindre 
quGj  tant  à  cause  de  nos  besoins  d'importa- 
tion de  céréales  que  par  suite  des  consé* 
quences  de  la  guerre  hispano-américaine, 
cette  perte  n'aille  en  s'aggravant  considéra - 
bLement  durant  quelques  mois  encore, 


^jî*,4tm,OL)0 
âa:534.ooo 


Importations. 
Eiporistioas . 


Avril  IS97 

ai3.943,0ou  fr. 
332.715,000    » 


Avril  im 

3l5.Wi.O00  rp. 
31l.42î>.0ÛO    ^ 


Comme  on  le  voit,  le  mois  d'avril  accuse 
Il  continuation  du  caractère  défavorable  du 
mouvement  de  nos  éthangps  extérieurs,  ca- 
ractère qui  s'accuse  par  une  augmenlation 
eu  chiirre  des  importbtions  et  une  ro'luc- 
tien  du  montant  des  exportations. 

Uunint  les  quatre  premiers  mois  de  l'an- 
uèe,  fjotrÊ  importation  a  dû  comprendre 
188  245.000  d'ol>jetsd'alimentalion  en  plus 
tfue  Vannée  dernii^ire.  It  est  vrai  (jue  nou.^ 
îvons  importé  pour  49.'!?90,000  fr.  en  moins 
d^  matières  nécessaires  à  Undiistrie,  mais  ce 
résultat  doit  être  considéré  comme  plutôt 
fl&cheuK  que  satisfaisant,  car  il  indique  un 
ralentissement  sensible  de^  industries  met- 
tant en  oeuvre  des  matières  premières  pro- 
bant de  l'étranger  et  que  notre  sol  natio- 
ml  ne  peut  fournir  lui-même. 

Tous  Les  chapitres  dû  Vexportaiion  sont 
tn diminution.  Mais  la  réduction  totale  n  at- 
leiijt  ffue  :^4, 283,000  fr..  et  le  m:il  ne  serait 
pa&très  grand  si  les  importations  ne  pré- 
sentaient dans  leur  ensemble  une  augmen- 
mion  considérable  de  147^,221  000  fr. 

C'est  donc  surtout  par  le  iléveloppoment 
excessif  des  importations  que  notre  situa- 
tion écoiïomiquese  montre  sous  des  aspects 
peu  satisfaisants. 

U  balance  du  commerce  qui,  à  la  fin 
ilavrit  18  j7,  ne  se  soldait,  à  noire  désavan- 
tsge.ijue  par  lT1.007,0tX)  fr.,  présente,  à  la 
fin  (l'avril  isr>8,  un  solde  en  notre  défaveur 
>Je 341,411.000  IV,  D'une  année  â  l'autre,  la 


LE  COMMERCE    EXTÉRIEUR 
L'ALLEMAONE. 


DE 


Les  exportations  derAllemagne  se  sont 
élevées  à  017.220.000  marks,  soit  envi- 
ron 1 .140,525.000  francs,  pour  le  premier 
trimestre  de  Tannée  1S08,  en  augmentation 
de  8  %  sur  les  exportations  de  la  période 
correspondante  de  t  année  précédente. 

Nous  avons  vu  que,  pour  le  premier  tri- 
mestre de  1898,  les  exportations  fran^- aises 
n'ont  atteint  que  800.018  000  Ir.,  en  dimi- 
nution de  près  de  2  %  sur  les  exportations 
correspondantes  de  l'année  dernière. 

Comme  on  le  voit,  la  marche  du  com- 
merce allemand  s'est  montrée  plus  favorable 
que  la  marche  du  commerce  frauvais  du- 
rant les  trois  premiers  mois  de  Tannée  en 
cour^. 


LE  COMMERCE  FRANÇAIS 
et  \m  guerre  hi«pAno-amèHc«liio. 

Il  est  intéressant  de  chercher  a  se  rendre 
compte  de  Tiniluence  pernicieuse  rjuc  peut 
avoir  la  guerre  Inspano-américaiue  sur  la 
marche  du  commerce  français, 

Notre  commerce  général  avec  les  Kta ta- 
lents est  de  660,201.175  franco,  d'après  les 
st;ilisiiques  oftieielles  de  1800  importations 
américaines  en  Krancej  3-ÏO.  178,981  francs  ; 
exportations  françaises  aux  Etais  ^Unis 
3:^9,082,194  francs).  Les  droits  pervus,  en 
1806,  par  notre  douane  sur  les  articles  pro- 
venant des  Etats-Unis  se  sont  élevés  a 
45,692.72:j  (V. 

Pour  la  même  année,  noire  commerce 
général  avecTEspngnoa  monté â522^055,752 


279  JOURNAL  MENSUEL  DB 

francs(exportaUons  en  France,  165,401,341; 
iraportalion»  en  France,  356,654,411  fr.). 
Les  articles  espagnols  ont  paye  à  l'entrée 
52,214,482  francs,  à  titre  de  droits  de 
douane.  Notre  commerce  avec  Cuba  a  été 
de  10,528,405  francs  et  aux  Philippines  de 
12,176,516  francs,  comportant  une  percep- 
tion de  droits  dédouane  à  l'entrée  en  France 
de  4,921,343  francs. 

On  voit,  d'après  ces  chiffres,  quelle  per- 
turbation causera  à  notre  commerce  géné- 
ral cette  guerre  regrettable.  Nos  importa- 
tions de  produits  américains  et  espagnols  no 
souffriront  peut-être  pas  de  fortes  dimiou- 
lions,  mais  il  est  à  craindre  que  nos  expor- 
tations ne  se  trouvent  sensiblement  rédui- 
tes durant  une  période  de  temps  plus  ou 
moins  prolongée. 


LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE 
L*E8PAQNE  EN  1897. 

Le  commerce  extérieur  de  l'Espagne  s'est 
élevé,  en  1897,  à  647  raillions  de  pesetas  à 
l'importation  et  à  751  millions  à  Texporta- 
tion.  Ces  chiffres  ne  comprennent  pas  le 
mouvement  des  métaux  précieux  et  sont 
exclusivement  afférents  aux  marchandises. 

L'importation  s'est  composée  de  : 

Produits  alimentaires 138  millions 

Matières  nécessaires  à  l'industrie    307       — 

Objets  fabriqués 202       ~> 

Ensemble 647  mUIions 

L'exportation,  de  : 

Produits  alimentaires 309  millions 

Matières  nécessaires  à  rinduslrie    252       — 
Objets  fabriqués 190      — 

Ensemble 751  millions 

Ces  chifires,  comparés  à  ceux  des  années 
précédentes,    accusent    un   ralentissement 


l'académib  nationale.  2Si} 

dans  le  mouvement  d'entrées  et  de  sorties, 
tant  des  matières  nécessaires  à  Tindustrie  i 
que  des  objets  fabriqués  et  par  conséquent 
un  état  de  malaise  économique,  surtout  in- 1 
dustriel.  : 

Il  convient  d'ailleurs  de  considérer  que,  I 
dans' le  total  des  exportations,  en  1897,  le! 
montant  des  envois  à  Cuba  atteint  134  mil-l 
lions,  ce  qui  ne  laisse  que  618  millions  pourj 
le  commerce  à  destination  des  autres  pays, 
parmi  lesquels  TAngieterre  et  la  France 
figurent  au  premier  rang. 

On  voit  par  là  quelles  graves  conséquen- 
ces la  perte  du  marché  cubain  entraînerait 
pour  la  vie  économique  de  TEspagne. 

Le  marché  colonial  constituait  en  fait  te 
débouché  le  plus  important  de  la  produc- 
tion catalane.  Sur  une  exportation  totale  de 
190  millions  de  piécettes  du  port  de  Barce- 
lone, 108  millions  étaient  à  destination  des 
possessions  d'outre-mer  en  1895  (contre  124 
millions  en  1894),  et  c*est  la  classe  des  arti- 
cles fabriqués  qui  constituait  la  plus  grosse 
part  de  ces  expéditions  [108  sur  124 millions 
en  1894,  90  sur  108  en  1895). 

En  1893,  Barcelone  avait  expédié  129 
millions  d'objets  manufacturés  aux  colonies 
(Antilles  et  Philippines).  Ce  fut  Tapogée  de 
ce  commerce  d'exportation. 

La  baisse  survenue  en  1895  et  les  années 
suivantes  dans  le  chiffre  du  commerce  entre 
Barcelone  et  les  colonies  s'explique  par  1^ 
conséquences  de  Tinsurrection  de  Tile  de 
Cuba . 

Les  deux  grands  articles  do  ces  exporta- 
tions étaient  les  filés  et  les  tissus  de  coton 
(41  1/2  millions  de  pesetas),  les  chaussures 
et  ouvrages  en  cuir  (19  i/2  millions).  Dans 
la  catégorie  des  substances  alimentaires,  les 
vins  avaient  la  première  place;  Barcelone 
en  avait  vendu  aux  colonies  pour  9  millions 
de  pesetas  en  1895. 


s  I 


I 


?î!l 


VAniETfr^* 


'282 


VARIETES 


L'AIR  LIQUIDE 

A  la  séance  du  33  mai  de  rAcadémîe  des 
leiences^  fll<  d'Arsonval,  le  physicien  bien 
connu,  a  présenté  une  bouteille  en  verre 
{jo'jl  avait  son  le  de  sa  poche  avec  précsu- 
t^on,  «  J'aî  rhonneur.  a-tni  dtlenâ'adre^sant 
k  sescoUègues,  de  placer  sous  vos  yeux  un 
l^remier  échaïuillton  dair  liquide.  Il  est 
jaune  et  opalisant  ;  mais  il  rst  facile  de  lui 
doûner  une  belle  couleur  bleuâtre  ;  ii  n'y  a 
f|D'i  le  puritieren  lui  en]ev;int  les  cristaux 
d'acide  carbonique  de  l'air  qui  s'est  conge- 
lé. »  Et  M.  d'Arsonval  a  lait  couler  dans 
iBe  éprouvette  surmontée  d'un  filtre  un 
f>6u  de  liquide*  Le  liquide  était  légèrement 
aiuré . 

^>t  air  liquide  avait  été  préparé  dans  les 
laboratoires  du  CoU^^^e  de  France  h  Taide 
d'une  machine  spéciale  installée  par  M.  te 
docteur  Lin  de,  de  Munich,  et  produisant 
environ  UD  litre  d  air  liquide  par  heure  à 
laide  d'une  force  motrice  d'un  peu  plus  de 
deux  chevaux-vapeur. 

Cette  naachine  est  d'installation  toute  ré- 
cente, et  elle  est  la  première  fonctionnant 
ea  France.  Mais  déj^,  depuis  des  années,  M. 
l>ewar,  à  Londres,  esta  même  de  préparer 
de  notables  quantités  d'air  liquide  dans  les 
laboratoires  de  la  Société  royale  de  physi- 
ffoe;  5L  le  docteur  Lînde,  à  Munich,  dispose 
d'une  force  do  120  chevaux-vapeur  avec  la- 
quelle il  peut  produire  50  litres  d'air  liquide 
par  heure,  et,  aux  Etats-Unis,  MX.  F.  Tri- 
i  plerassurcque  ses  macfiines  permettent  de 
r<jbriffuer  150  litres  d'air  liquélié  par  heure 
I  avec  une  force  de  50  chevaux-va|»ear. 
Rappelons  que  la  liquéfaction  de  Tair  et 
de  tous  les  gaz  aujourd'hui  connus,  même 
de  riiydrogène  qui  a  été  le  plus  résistant, 
e^t  le  résultat  du  phénomène  de  la  produc- 
tion du  froid  par  la  détente  d'un  gaz  com- 
immé, 

Supposons  quenousdisposionsd  une  cer- 
taine quantité  d air  comprimé  amené  à  une 


température  déjà  basse.  En  faisant  se  dc- 
lendre  cet  air  par  une  petite  ouverture  au 
récipient  qui  le  contient,  nous  déterminons 
une  absorption  de  chaleur  par  Tair  en  tra- 
vail de  détente,  et  cette  absorption  de  cha- 
leur peut  nous  permettre  d'abaisser  encore 
In  température  d'une  autre  masse  d*air  com- 
primé eïi  vase  clos. 

Cet  air  refroidi,  faisons-le  se  détendre  ;  il 
va  encore  produire  une  température  plus 
basse  que  précédemment.  Continuons  et  par 
élapeîi  successives,  et  avec  de  la  patience, il 
arrivera  uji  moment  où  Tair  sera  si  refroidi 
qu'il  passera  à  Téiat  liquide.  Sur  ce  princi- 
pe, on  a  construit  des  compresseurs  et  des 
détendeurs  qui  amènent  lair  à  son  point  de 
liquéfaction,  soil  à  près  de  300  degrés  au- 
dessouiï  de  zéro.  L'air  liquélié  exposé  à  l  air 
libre  bout  à  —  101%  c'est  à -dire  repasse  i 
l'état  de  gaz  à  cette  température  extraordi- 
nairement  basse, 

Uuand  l'air   liquide  sort  tout  fabriqué  do 
la  machine,  on  le  reçoit  dansun  vase  métal- 
lique doublé  de  feutra  ;  il  sa  réchauffe  un 
peu  et  il  produit  une  ébullition  tumultueu- 
se  à  —  101^  Puis,  le  vase  se  refroidissant,  le 
liquide  reste  tranquille  comme  del'eau  qui 
s'évapore   lentement.  Il    faut   environ  huit 
heures  pour  que  12  titres  d'air  liquide  s'éva- 
porent et  disparaissent  complètementen  re- 
prenant l'état  primitif.  L'air  liquide  est  tou 
jours  un   peu  trouble,  parce  qu'il  renfermtj 
de  lacidc  carboniqu»^  solidifié  et  quelques 
cristaux  déglace-  L'ne  fois  puritié  par  tiltra- 
tion  sur  du  papier  buvard,  il  apparaît  lim- 
pide, légèrement  nuancé  de  bleu. 

L*air  est  un  mélanged'oxygène  etd^axote. 
et  ces  deux  gaz  liquéfiés  n'ont  pas  le  môme 
point  d'ébullition.  L'azote  bout  à—  lyi"  et 
l*oxygène  à  —  182**.  Alors,  par  évaporation, 
le  liquide  s'appauvritplnsviteen  asiotequ  en 
oxygène  et  le  mélange  se  modifie.  Aussi  au 
bout  de  quelques  heures  le  liquide  e^t  en 
grande  partie  composé  d'oxygène  liquélié, 
75  %  environ,  L'évaporatron  deTairliqui- 


JOURNAL  MENSUEL   Dl   L'AGADÉMIE  NATIONALE. 


284 


de  loumit  donc  un  nouveau  raoyen  loutin- 
ditfué  de  produire  de  l'oxygène  à  un  prix 
relativement  peu  élevé,  et  l'on  sait  que  rem- 
ploi de  l'oxy^rène est  sujet  à  de  nombreuses 
applications.  Il  parait  même  que  l'on  a  déjà 
réussi  a  Muiïi:h,grîkceà  Tusage de  l'oxygène 
ainsi  obtenu,  à  produire  du  carbure  de  cal- 
cium sans  I  intervention  du  four  électrique, 
et  cela  k  un  prix  de  revient  inférieur  à  celui 
que  comporte  remploi  de  l'électricité. 
Les  vapeurs  engendrées  par  Tébullition  de 

I  air  liquide  â  UJO  degrés  au-dessous  de  zéro 
sont  lourdes  ;  aussi  se  déversent-elles  tout 
autourdu  vase  qui  renferme  l'air  liquéfié 
et  se  traînent  comme  des  lambeaux  de  nua- 
ges sur  la  table  d*expcrlences.  C'est  une  ca- 
taracte d*air.  Une  boule  de  caoutchouc  flotte 
sur  le  liquide;  mois  <|uand  on  la  retire, elle 
se  brisft  en  niieUes.  Plongeons dansle  liqui- 
de un  objet  de  fer,  il  devient,  quand  on  le 
relire,  si  friable  qu'il  s'effrite  au  moindre 
choc.  Le  cuivre  etln  plaline  restent  malléa- 
bles à  celte  température  de  —  191  degrés. 

II  va  de  soi  querair  ljr|uél]é  jouit  d'une  for- 
ce d'expansion  énorme^  puisque,  revenu  à 
son  état  primitij,  il  occuperait  un  volume 
7  48  fois  plus  grand.  H  suffit  d'en  renverser 
dans  un  tube  d'acier,  de  tamponner  les  ex- 
trémités ;  bientôt  Tévaporation  se  produi- 
sant, les  deux  tampons  sautent  avec  violen- 
ce. 

Si  Ton  imbibe  un  journal  d'un  peu  d'air 
liquéfié,  et  si  l'on  approche  une  allumette, 
c'est  une  explosion  immédiate  avec  projec- 
tion du  papier  dans  tous  les  sens. 

Le  mercure  se  soïidi Ile  à  —  40°.  Une  gout- 
te d'air  liquéfié  sur  la  mercure,  et  le  métal 
se  transforme  en  un  bloc  solide.  L'alcool, 
(|ue  Ton  préfère  au  mercure  pour  les  ther- 
momètres parce  qu'il  ne  se  congèle  sous  au- 
cun climat,  se  solidilie  progressivement.  On 
plonge  dans  un  verre  renfermant  de  Talcool 
un  tube  plein  d'air  liquéfié.  La  masse  d'al- 
cool ne  l'orme  bientôt  plus  qu'un  bloc  com- 
pact. Jamais  avant  ta  préparation  de  lair 
liquide  on  u  avait  vu   d'alcool  solidifié. 

Quant  H  l'hydroi;cnc  dont  la  liquéfaction 
n'a  été  obtenue  que  tout  récemment  par  M. 
bewar,  k  Londres,  il  exige,  pour  devenir  li- 
quide, une  température  encore  plus  basse 


que  celle  de  l'air  liquide,  la  température  de 
—  205'  et  une  pression  de  180  atmosphères. 
Or  cette  température  de  205**  amène  la  sob- 
dification  de  l'air,  en  sorte  que  les  bulles 
d'air  introduites  dans  Thydrogène  liquide  se 
transforment  en  une  neige  d'air,  dont  les 
cristaux  sont  susceptibles  de  s'agglomérer 
au  point  de  former  un  bloc  solide  !  Tout  ce- 
la n'est-il  point  véritablement  merveilleux  ? 


LE  CAPE. 

8a  culture  et  son  oom>neroa 

Communication  de  M.  E.  de  Sàlvt-Dëmis,  à 
Granville  (Manche). 

Si  Ton  en  croit  les  historiens,  le  café,  cette 
boisson  excitante,  hilarante  et  fortifiante, 
que  l'on  prépare  aujourd'hui  chez  presque 
tous  les  peuples  civilisés,  serait  le  nepenthès 
d'Homère  donné  par  la  Belle  Hélène  à  Télé- 
maque  «dans  un  repas  pour  le  réjouir  »,  dit 
Virey. 

Le  KalL  dit  le  môme  auteur,  que  ta  suave 
et  biblique  Abigaîl,  épouse  de  Nabal,  offrit 
aux  guerriers  de  David  pour  les  réconfor- 
ter et  les  exciter  au  combat,  ne  serait  autre 
que  le  Kawa  ou  Cahué  ou  Kafé. 

Les  Musulmans  assurent  que  la  boisson 
divine  fut  révélée  à  Mahomet  par  l'archange 
Gabriel,  qui  ne  devait  pas  être  seulement 
l'inspirateur,  mauvais  rimeur,  de  la  trop  cé- 
lèbre voyante,  Mlle  Couédon. 

Le  café  a  donc  toute  une  histoire  et  k-e- 
monterait  bien  avant  les  croisades. 

Au  Brésil,  et  c'est  ce  qui  m'occupe  sur- 
tout, il  fut  apporté,  dit-on,  simplement  par 
un  amiral  français  -  dont  une  forteresse 
de  la  Baie  de  Rio  de  Janeiro,  porte  encote 
le  nom  —  Villagagnon. 

En  termes  de  botanique  «  le  caféyer  est  un 
»  arbuste  dont  les  feuilles  sont  ovales,  en- 
»  tières,  brillantes  et  opposées  sur  des  ra- 
»  meauxquadrangulaires;  sa  fleur  blanche, 
»  monopétale  àcinq  divisions,  est  analogue 
»  à  celle  du  jasmin,  odorante,  naissant 
»  en  bouquets  à  l'aisselle  des  feuilles,  elle 
»  porte  une  étamine  avec  un  style  au  mi- 


^''^'«'^^P^IPPP 


I  lieu,  elle  est  suivie  d*uiTe  baie  d'abord 
'  Terte,  puis  rouge  corame  une  cerise,  puis 
t  Doiœ  dans  sa  maturité.  Ce  fruit  est  rauci- 
f  lagiuGux,  un  peu  fade  et  sucré  ;  on  en 
■  peut  obtei>ir,par  la  fermenLation^de  l'eau- 
1  de-vie  ;  les  nègres  en  sucent  la  chair.  Dans 


2m 


é  Tintérieurj  se  trouvent  les  deux  semence» 
i  accouplées  sous  une  corjue  et  entourées 
1  dune  arille.  Souvent  il  n'y  a  qu'une  fève, 
»  principalement  quand  Tarbuste  est  vieux, 
I  Ces  grains  sont  recueillis  plus  tard  par  le 
■  criblage  du  café  et  constituent  ce  qu'on 
»  appelle  le  Café  roulé  ei  que  beaucoup 
1  tendent  comme  du  moka  spécial  !  du 
i  café  perlé  1  u 

Grillé,  le  cafédonne  cetteliqueur  que  YoU 
laire  ne  pouvait  s'empêcher  d  appeler 
^divine  b  m  dont  il  fut  un  des  plus  grands 
Tnlgarisateurs  ;  traité  pharmaceutiquement j 
on  en  obtient  ou  mieux  on  en  extrait  un 
principe  cristallin  et  amer  nommé  caféine, 
irésemployé  comme  excitant  du  sang,commc 
un  agent  certain  de  la  circulation. 

Les  Arabes  disent  que  le  café  —  c'est  la 
«vie  liquide  n  —  c'est  le  nectar  que  les 
houris  et  les  mille  vierges  de  Maliomet  ver- 
sent aux  élus  dans  la  paradisiaque  mos- 
iiuée  ou  la  Destinée  les  conduira  un  jour. 

Chaque  peuple  a  ses  usages  et  chacun 
ïirépare  le  café  à  sa  façon  —  les  Arabes  et 
les  Turcs  le  réduisent  en  poudre  très  (ine, 
ea  mettent  une  cuillerée  dans  la  tasse  do- 
rée et  versent  dessus  de  l'eau  bouillante. , . 
ils  laissent  un  instant  la  décoction  se  faire, 
puis  absorbent  le  tout  ;ce[a  déplairait  à  nos 
Parisiennes  qui  le  préparent  et  le  tamisent 
avec  un  soin  parliculiep^et  jusqu'à  nosgran- 
nîlaises  qui  en  font  leur  traditionnel  Café 
au  lait. 

Au  Brésil, le  cafc  est  la  borsson  ordinaire, 
habituelle  —  c'est  aussitôt  après  le  lait 
nourricier*  la  première  boisson  que  Ton 
prend,  c'est  aussi  la  dernière  que  Ton  de- 
Qiande. 

La  culture  du  café  est  la  fortune  du  pays, 
et  ïecafé,  la  boisson  favorite  par  excellence  : 
U  véritable  Brésilien  boit  ses  vingt  tasses 
defajé  par  jour  !  La  torréfaction  du  café, 
les  ^oins  qu'oji  y  apporte  constitueraient  un 
véritable  poème K.. 


La  civilisation  a  porté  dans  les  bazars  de 

Hio  de  Janeiro  des  fourneaux,  des  moulins, 
des  cafetières  perfectionnées,  mais  les  lidèles 
de  la  sainte  fève  —  continuent  comme  par 
le  p:issé  Iês  traditionnelles  recettes  de  leurs 
ancêtres.  Parle  pauvre,  à  la  porte  de  sa 
hutte  couverte  de  capim  melado.  par  le  ri- 
cliedans  la  cossinhade  la  fazenda  —  le  café 
était  ainsi  préparé  :  les  grains  noirs,  ter- 
reux et  pourris  retirés  avec  «oin  ;  les  bon- 
ites fèves  étaient  placées  dans  une  pattcHa 
de  barra  —  casserole  de  terre  réservée  à  cet 
usage  ;  le  brasier  devait  ôtre  ardent  pour 
éviter  la  fumée.  Avecune  baguette  de  boi^*, 
le  préparateur  agitait  et  roulait  le  café  de 
façon  à  ce  qu'il  fût  grillé  également...  puis, 
lorsqu'il  le  voyait  ou  mieux  le  sentait  à  poiut^ 
il  le  versait  dans  une  couverture  de  tlanelle 
et  le  laissait  —  sitar  —  transpirer  à  son  ai- 
se  puis  on  te  broyait  dans  un  mortier 

avec  un  pilon  de  bois  dur,  on  plaçait  ainsi 
la  poudre  dans  une  sorte  de  bonnet  en  lla- 
uelle  très  serrée,  et  l'on  versait  ensuite  Teau 
bouillante.  Goutte  à  goutte,  en  perles  bru- 
nes, le  café  tombait  ensuite  dans  les  taâscs 
qui  se  vidaient  tour  à  tour  à  la  satisfaction 
générale.  Le  sac  était  ensuite  retourné,  lavé, 
la  poudre  jetée,  on  le  mettait  ensuite  k  sé- 
cher au  bout  d'une  perche  à  la  porte  de  la 
hutte  modeste,  aux  barreaux  de  la  fenêtre 
de  l'opulente  fa/enda. . , . 

Le  café,  dans  la  ville,  joue  un  très  grand 
rûte  politique,  industriel  et  commercial. 

Il  n'y  a  pas  il  nio  comme  en  France  des 
cafés  ou  estaminets  —  on  trouve  tout  ati 
plus  des  salïes  au  reï-de-chaussée  où  Ton 
vient  boire  le  café,  assis  ou  debout,  mais 
uniquement  le  café. 

Ces  su  11  es  contiennent  généralement  une 
dizaines  de  table  —  entourées  de  chaises. . . 
au  milieu  de  la  table  un  plateau,  six  tasses 
renversées,  un  sucrier  de  mascavo  ou  mas* 
cavinho  (sucre  en  poudre), quelques  biscuits 
ou  roscas.  Vous  entrez,  vous  vous  placez  de* 
vant  la  table,  retournez  une  tasse,  sucrez, 
le  garvon  vous  sertj  vo'hs  remucz.btivez,  je- 
tez un  sou  sur  la  table  et  f>ai'teï3ans  parler 
même  à  Tami  qui  vous  accompagnait  en  en- 
trant ou  que  vous  ave?,  rencontré  opérant 
aussL  C'est  très  drôle,   mais  à  la  porte  le^i 


^ipr 


SSî 

groupes  se  (brment  et  c'est  lu  que  Ion  dis- 
cute les  questions  politiques,  les  intérêts  in- 
dustriels et  commerciaux  —  On  se  quitte, 
on  entre^  chacun  prend  sa  tasse  et  resort 
sans  jamais  otTri:  une  lasse.  Un  sou,  deux 
sous. . .  il  ne  vient  à  Tidée  de  personne  de 
payer  cela  à  un  invité  pas  plus  dnitleurs 
qu*un  journal  ou  un  cigarro., .  Bien  de 
plus  curieux  que  ces  usages  dans  un  pays 
surtout  où  la  libéralité  est  excessive  en  tour  : 
mais  il  faut,  vous  le  voyez,  qu'elle  atteigne 
un  certain  prix,  une  certaine  valeur  ! 

Le  caféyer  est  devenu  dans  son  paya  d*a- 
doption  non  seulement  un  arbuste  intéres- 
sant^ mais  un  vaillant  auxiliaire  de  sa  fortu- 
ne. 

Dans  les  fuzendas^  on  le  plante  en  quiu- 
coccede  cinq  mètres  en  cinq  mètres,  et  dès  la 
troisième  année  il  rapporte. . .  et  cela  pendant 
ensuite  plus  de  vingt  ans  presque  sans  cul- 
ture ou  soins  autres  que  secouer  les  feuilles 
qui ïomberaienld'ailleurs  seules,  enlever  les 
grimpants  {trépadeiras)  et  parasites  et  réu* 
nir  tout  cela  autrmr  du  pied,  La  production 
d'un  pied  de  caféyer  est  variable  suivant  la 
plantation  —  serra  baixa  (la  plaine  rai;^  du 
serra)  (pied  de  la  montagne)^  vertente  (ver- 
sant delà  mDntagne\  serras  acima  (som- 
met). Le  grain,  suivant  les  plantes,  est  petit, 
moyen  ou^rand^^ — et  5a  qualitésou vent  varie 
parsa  position  au  nord,  au  levant  ou  au  cou* 
cliant.  Rien  de  plus  curieux  que  d  avoir 
dans  un  même  endroit  trois  ou  quatre  sér- 
ies de  café  !..  -  Le  producteur  est  le  lavra- 
dor  ou  Tazendeiro  —  qui  vend  au  Cojnmis- 
sarjo  ou  Intermédiaire,  Gelui^ci  vend  à  son 
tour  à  l'Ensacador  (ensacheur)  qui  fait  chez 
lui  les  mélanges  des  cafés  pour  former  des 
choix  établis  suivant  des  types  (ècliantillons 
de  New- York  —  Havre  —  Hambourg.,*) 
L'acheteur  ou  expartador  se  présente  et  fait 


JOURNAL  HËNStJËL   0B   L  ACAbl^MlE  NATtONALE. 


isi, 


son  assortiment  (sorti mento),  c'est-à-drre 
que  pour  faire  ou  satisfaire  sa  comnaande 
il  aciiète  3  ou  4  manques  qu  il  fait  ensuite 
mettre  en  sac  de  œ  kilos. . .  prêts  à  expé* 
dier 

Vous  voyez  donc  qu'il  est  absolument  m- 1 
possible  d'avoir  du  café  de  première  main  J 
c'est- à-dire  directement  du  productear,        I 


J'ai  oublié  dédire  que  rintermédiaire  en- 
tre lacheteur  et  lensaccador  —  était  le  cor- 
retor  on  courtier^  le  zangt>e  ou  coulissier  et 
que  io  malheureux  café,  passé  de  mains  en 
mains,  mélë,rernélcn*a  plus  d'origine,  cesl- 
à-dire  qu*il  reste  bien  de  production  bré- 
silienne, mais  qu^l  serait  impossible  de 
direexactementdequellerazenda  il  provient, 
de  quelle  partie  de  la  f^izenda,  et  de  quell» 
province  même. 

Ce  café  passera  les  mers  et  viendra  se 
faire  débaptiser  et  rebaptiser  sur  les  marché* 
d'Lurope  ou  d'Amérique.  Pauvre  café  4^ 
Rio!,,. 

La  production  du  ,aonde  entier  ei;t  de  12 
millions  de  sacs  environ  —  le  Brésil  a  lui 
seul  en  produits  millions. 

Je  vous  dirai  dans  les  pages  suivantes  ce 
que  Ton  fait  de  ces  milliards  de  milliards 
de  grains  ! 

Je  vous  ai  dit  que  la  production  du  café 
s  était  élevée  pour  le  Brésil  aux  deu]t  tiers 
de  la  production  du  monde  entier,  c  est-à* 
dire  pour  cette  dernière  année  à  huit  mil- 
lions desacs  de  cafésur  12  millions  ! 

La  culture  du  f^^fé  est  heureusement  très 
facile  et  si  elle  est  devenue  aujourd'hui  plus 
coûteuse  au  lavrador  ou  fa^endeiro^  ces! 
que  le  bras  de  Tim migré  est  plus  coiiteuï 
que  celui  de  t'eâclave, 

{A  suivre.) 


Le  Directeur'Gêrant,  Rédacteur  en  Cheft 

EuGÈNB  THIÉRY. 


(  LliRMOKT  (oiSt).     -  IMPhlUKllK  DAIX   rn^llEi,  t>UA(:K  â,UNT-ÂMJJftK,  â. 


•^T.r* 


ç7-r^;î^T    ^  '■■ 


JOURNAL    MENSUEL 


DE 


1  .or«  i-o«\6*"ii'... 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  lANDFACTDUËRE  ET  COMMERCIALE 


68*  Année.  —  JUILLET  1898. 


SOMMAIRE 

AGRICULTURE.  —Un  terrible  ennemi  des  arbres  {Aspidiotus perniciosus).  —  Le  Cèphé  du  poirier,  communicatTari 
de  M.  Pi«rr«  Patty.  —  Les  oiigines  de  la  truffe,  obseryaiions  de  M.  !•  duc  d«  Letparr*.  —  tyjr  le*  pciies  d  ;kiit- 
moniaque  qui  accompagnent  la  fabrication  du  fumier  de  terme,  communication  de  M.  Oahéraln. 

DI8TlilCTIONS  honorifiques  accordées  aux  membres  de  l'Académie  Nationale. 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  --  Exposition  d'Automobiles  à  Paris  —Exposition  de  i^oo  :  cjïeniin  de  tir  iU^* 
trique  et  plate-forme  roulante. 

INDUSTRIE.  —  Lampe  à  pétrole  de  sûreto,  inventée  par  M.  Edward  Berchtan.  à  Londres.  —  Lii  fûbrication  dss 
sacres  en  France  et  en  Allemagne. .—  Les  progrès  de  Tinclusirie  allemande  de  1882  à  1895. 

COMMERCE.—  Le  commerce  des  vins  de  Champagne  d'après  les  recensements  de  la  cliambw  do  commÉrLc  de 
Reims. 

VARtÉTÉS.  -Le  café,  sa  culture  et  son  commerce,  comntunication  de  .M.  E.  da  Saint-Djnis,  Granïillc  (Manchel- 
\Suit€  etjin).'-  La  fortune  totale  de  la  France.—  Le  fooc^onnarisme  en  France. 


AGRICULTURE 


UN  TERRIBLE  ENNEMI  DES  ARBRES 
(Aspidiotus  pernioiosus}. 

Il  vient  de  nous  arriver  d'Amérique  une 
nouvelle  fort  peu  rassurante  pour  l'arbori- 
culture française  :  un  insecte,  plus  terrible 
encore  pour  les  vergers  que  le  phylloxéra 
pour  la  vigne,  ravage  en  ce  moment  le  î^ud 
et  TEst  des  Etats-Unis,  ainsi  qu'une  partie  du 
Canada.  Il  menace,  dit-on,  TEurope  entière. 

Cet  insecte,  dont  l'existence  et  la  nature 
ont  été  étudiées  en  1880  par  M.  le  professeur 
Comslock,  s'appelle  ï Aspidiotus  pernicio- 
521^  ;  il  est  connu  aussi  sous  la  dénomina- 
tion de  «  San  José  Scale  ». 

U  appartient  à  la  famille  des  coccidées, 
et,  si  Ton  en  croit  les  professeurs  d'entomo- 
logie qui  l'ont  examiné,  ses  ravages  sont  su- 
périeurs à  tous  ceux  des  autres  fléaux  de  nos 
récolles. 

Son  apparition  n'est  signalée  que  par  la 


dcàtruction  des  arbres  auxquels  il  sattaquc* 
Il  est  en  effet  tellement  minuscule  qu'il  ne 
peut  être  vu  sans  microscope. 

Cet  insecte  est  recouvert  d'une  écaille  à 
peu  prèscirculaire,  formée  par  deslilamentï^ 
très  lins,  sécrétés  par  des  glandes  spéciales 
et  s'étendant  sur  son  dos  et  ses  eûtes.  Ou 
lui  remarque  une  longui^  tiompe  filiformo 
qu'il  enfonce  dans  les  tissuâ  de  ta  platUe,  et 
au  moyen  de  laquelle  il  aspire  les  sucs  des- 
tinés à  sa  nourriture. 

V Aspidiotus  se  reproduit  avec  une  rapi- 
dité prodigieuse.  Les  entomologistasamofi- 
cains  ont  calculé  qu'une  femelle  de  ces  in- 
sectes pouvait,  en  une  saison,  produire,  taiu 
par  elle-même  que  par  ses  enfanls,  iroi^ 
milliards  de  congénères  ! 

Cette  multiplication  infinie  des  éclosions 
ne  peut  être  arrêtée  par  la  destruction  des 
œufs,  puisqueles mères  sont  vivipares  et  que 
l'insecte  naît  tout  éclos. 


201 


JOURNAL  MENSUEL  DR  L'aCADÊMIE  NATIONALE. 


292 


Tout  arbre  alleint  par  lAspidiotus  n'e- 
xiste bientôt  plus,  quels  que  soient  sa  vi- 
gueur et  les  soins  qu'on  lui  donne.  Le  pê- 
cher conlamiiic^  par  lui,  ne  survit  pas  plus 
de  deux  ou  trois  ans. 

Le  poirier  meurt  plus  vite  encore. 

VA^pidwtus  est  redoutable  pour  toutes 
Tarboriculture  :  poiriers,  pommiers,  pru- 
niers, c(»{ïnassiers,  pêchers,  abricotiers, 
amandiers,  cerisiers,  groseiller,  orangers, 
tilleuls,  châlûjgiiers,  tous  ces  arbres  sont  at- 
taqués par  cet  insecte.  Ceux  d'agrément  ne 
sont  pas  plus  ép^irgnés  que  les  autres. 

La  dévastation  apportée  par  VAspidiotus 
s'élend  bientôt  à  tous  les  vergers,  à  toutes 
les  forêts  du  voisinage. 

Plusieurs  remèdes  ont  été  essayés,  sans 
grand  ^ccès^  contre  ce  fléau.  Le  meilleur 
est  1  eau  de  savon.  Il  faut  avoir  soin  d'un 
prégner  loin  Tarbre  de  savon,  du  collet  à 
l'exirénie  pointe  de  la  tige,  sans  qu'une 
seule  branche  ni  une  seule  feuille  reste  sè- 
che. 

El  encore^  ce  travail  serait  insuffisant  si, 
à  l'ûiile  d'une  brosse  dure  ou  de  tout  autre 
inFtruoieut,  rinseclo  n'était  atteint  dans  les 
(Usures  et  les  crevasses  du  tronc.En  outre,  le 
remède  doit  être  appliqué  à  tous  les  arbres 
d'une  métne  région. 

Il  est  évident  que  pour  prévenir  l'invasion 
d'un  tel  iléauja  France  doit  prendre  des 
mesures  énergiques.  11  faut,  à  tout  prix, 
préserver  de  ces  terribles  désastres  les  jar- 
dins, les  vergers,  et  même  les  forêts. 

L  Europe  doit  laisser  au  Nouveau-Monde 
YAspidwius  et  ses  ravages. 

L'Allemagne  a  pris  contre  cet  insecte  une 
mesure  radicale  :  elle  a  prohibé  tout  sim- 
pleraenl  tous  les  fruits  el  végétaux  frais 
de  provenance  américaine. 

Mais  cette  mesure  draconienne  ne  suflit 
pas  encore  à  donner  une  entière  sécurité, 
car  rimporlalion  du  nouveau  fléau  améri- 
cain peut  se  réaliser  par  l'entrée  de  four- 
rai^ es  et  de  matières  d'emballage  d'origine 
végétale.  Aussi  est-il  de  toute  nécessité  que 
tous  les  prnpiïétaires  de  jardins,  de  vergers 
et  defort'ts,  surveillent  attentivement  les 
moindres  symptômes  éventuels  de  Tappari- 
tiûfi   redoutable  de    YAspidiotus^  alin   de 


pouvoir  prendre  immédiatement  toutes  les 
mesures  de  préservation  susceptibles  de  pa- 
ralyser le  développement  d'un  fléau  si  me- 
naçant. 


LE  CEPHE  DU  POIRIER 

Communication  de  M.Pierre   Passy  au 
Journal  de  V Agriculture. 

A  répoque  oii  nous  sommes,  c'esl-à-djre 
pendant  le  mois  de  mai  et  de  juin,  on  remar- 
que fréquemment,  sur  les  poiriers  de  nos 
jardins,  des  bourgeons  qui  se  flétrissent  tout 
à  coup,  formant  la  crosse. 

Si  Ton  examine  attentivement  un  de  ces 
bourgeons,  on  remarque,  au-dessous  de  la 
courbure,  des  taches  noirâtres  disposées  en 
spirale  sur  l'axe  du  bourgeon.  Ces  taches 
sont  en  réalité  de  petites  cicatrices,  et  les 
blessures  dont  elles  proviennent,  sont  la 
cause  de  Tarrét  do  développement  et  du 
flétrissement  de  la  partie  située  au-dessus. 

Bientôt  le  bourgeon  noircit  et  se  dessèche 
complètement,  devenant  très  cassant. 

Si,  à  ce  moment,  on  fend  avec  précaution, 
dans  le  sens  de  sa  longueur,  le  bourgeon  des- 
séché, on  trouve  dansson  intérieur  une  très 
petite  larve,  logée  dans  le  canal  médullaire. 

Cette  larve  suit  une  marche  descendante, 
rongeant  toute  la  moelle  et  le  tissu  voisin, 
faisant  à  mesure  périr  le  bourgeon  sur  son 
passage. 

A  Taulomne,  en  octobre,  la  larve  a  atteint 
son  entier  développement.  Elle  mesure  alors 
environ  Oà 8  millimètres  de  longueur,sa co- 
loration est  d'un  blanc  jaunâtre  ;  son  corps, 
composé  de  douze  segments,  est  légèrement 
courbé  en  S. 

Avant  l'hiver,  les  larves  filent,  pour  s'y 
transformer  en  nymphes,  de  fines  coques 
d'un  tissu  soyeux,  dans  lesquelles  elles  at- 
tendent leur  transformation. 

Ce  n'est  qu'au  printemps,  vers  la  fin  d*a- 
vril,  que  Tinsecle  parfait  sort  de  son  cocon 
et,  après  avoir  percé,  à  l'aide  de  ses  fortes 
mandibules,  un  trou  dans  le  rameau  à  hau- 
teur de  sa  loge,  s'envole  à  Tair  libre.  Cet 
insecte,  désigné  communément  sous  le  nom 


T »  '  '^^  -> r  v^ '"': - 


293 


AGRICULTURE. 


294 


de  tpique-bourgeoDS  »  est  le  Gèphe  (Cephus 
compressas  ou  Tentredo  compressas).  Il 
appartient  à  l'ordredes hyménoptères,  tribu 
dos  Tentridiniens  et  présente  une  certaine 
analogie  de  forme  avec  les  guêpes,  mais  il 
est  l^eaucoup  plus  allongé  et  de  dimensions 
plus  réduites. 

Le  mâle  mesure  environ  7  millimètres  de 
long  ;  la  léte  etlecorseletsont  noirs,  avec  une 
bande  transversale  jaune.  L*abdomenet  les 
|>attes  sont  également  jaunâtres.  Les  ailes 
sont  noires. 

Lafemelle,  un  peu  plus  grosse  que  le  mâle, 
mesure  environ  9  millimètres  ;  elle  se  dis- 
tingue en  outre  par  son  abdomen  noir,  mar- 
qué de  cercles  jaunâtres  sur  les  deux  tiers 
de  sa  longueur,  ainsi  que  par  ses  pattes  noi- 
râtres. Enfin  son  abdomen  est  terminé  par 
une  aorte  de  tarière  dentée  en  scie,  faisant 
saillie  d'un  millimètre  environ. 

Le  cèphe  est  très  voisin  des  Lyda,  dont 
leslarves,  désignées  souvent  sous  le  nom  de 
«  fausses  chenilles  »  à  cause  de  la  ressem- 
blance qu'elles  présentent  avec  les  larves  des 
papillons,  vivent  au  printemps  sur  nos  ar- 
bres fruitiers,  dont  elles  rongent  les  feuilles. 
A  Tétat  d'insecte  parfait,  le  Gèphe  butine 
dans  les  fleurs,  se  nourrissant  de  sucre,  et  ne 
nous  cause  pas  de  dégâts,  sous  ce  rapport  ; 
mais,  pour  assurer  la  perpétuation  de  l'es- 
pèce, la  femelle  recherche  les  Poiriers  et 
commence  sa  ponte. 

Cestalors  qu'elle  pique  en  spirale,  à  l'aide 
de  sa  tarière,  les  jeunes  bourgeons,puis  dé- 
pose dans  ceux-ci  un  œuf  qu'il  est  fort  dif- 
ficile d^observer.Cetœuf  mesure  8  dixièmes 
de  millimètre  ;  il  est  translucide  et  très  mou. 
U  ponte  commence  généralement  vers  le 
15  mai  et  se  poursuit  jusque  vers  la  fin  de 
juin. 

Les  larves  éclosent  peu  de  jours  après  la 
ponte  et  rongent  lentement  la  moelle  du 
bourgeon  qui,  petit  à  petit,  se  dessèche  sur 
une  longueur  d'environ  10  à  15  centimètres. 
La  coque  soyeuse  de  la  larve  se  trouve,  à 
l'automne,  en  général,  un  peu  au-dessous  de 
^  partie  desséchée. 

Le  Gèphe  est  un  insecte  très  nuisible  ;  il 
n'catpis  rare  de  rencontrer  des  poiriers  dont 
presque  tous  les  bourgeons  sont  flétris,  par 


suite  des  piqûres  delinaecte.  Le  tort  qu'i^ 
peut  causer  est  surtout  importantsur  les  ar- 
bres en  formation.  Lorquelrnsecte  s'attaque 
aux  bourgeons  de  prolongement  —  qu'il  sem- 
ble du  reste  rechercher  spécialement  —  ral- 
longement de  ceux-ci  est  laterrompu  pen- 
dant un  certain  temps, et  il  en  résultiïun  tr- 
lard  notable  dans  la  formation  de  Tarbre. 

Petit  à  petit  les  yeux^  situés  au-dessous  de 
la  partie  attaquée,  se  gonflent  et  donnent  un 
nouveau  bourgeon,  qui  vient  remplacer  le 
premier.Mais  il  en  résulte  toujours  un  relard 
très  marqué,  d'autant  plus  que  la  partie  at- 
taquée continue  à  absorber  une  certaine 
quantité  de  sève  et  que,  par  suite,  le  départ 
du  bourgeon  inférieur  est  toujours  beaucoup 
plus  long  à  se  faire  que  si  le  bourgeon  avait 
été  complètement  tranché,  comme  le  fait  la 
a  Lisette  »  ou  «  Coupe-bourgeon  »  {Rhyn- 
chites  cornicus).  Il  n*esl  d  ailleurs  pas  rare 
devoir  la  larve,  dans  sa  marche  descendante, 
atteindre  l'endroit  où  est  né  le  bourgeon  de 
remplacement  et  compromettre  de  la  sorte 
plus  ou  moins  son  existence,  Danslefi  pépi- 
nières, sur  les  jeunes  greffes,  le  Cèphe  cause 
souvent  des  dégâts  sérieux,  en  attaquant  les 
jeunes  bourgeons  qui  ne  constituent  par  la 
suite  que  des  scions  très  défectueux  et  sou- 
vent cassants. 

Sur  les  arbres  complètement  formés,  les 
dégâtsde  cet  insectesont  bien  moins  impor- 
tants. 

La  destruction  du  C^pheest  difficile  à  réa- 
liser. 

Les  insectes  parfaits  sont  d'une  extrême 
agilité,  et  s'envolent  di*s  qu'ils  perçoivent  le 
moindre  danger  ;  il  est,  par  suite^très  dilii- 
cile  de  les  observer  en  liberté  et,  à  plus  fone 
raison,  de  lescapturer  pour  les  détruire - 

On  ne  peut  en  réalité  fruère  lutter  contre 
cet  insecte  qu'en  s'attaqiiant  h  ta  larve.  On 
pourra  en  pratiquer  la  destruction  à  deus 
saisonsdiflérentes  : 

1"  Pendant  tout  le  temps  que  se  poursuit 
la  ponte,  c'est-à-dire  en  mai  et  juin,  on  îiura 
soin  de  trancher  tous  (es  bourgeons  flétris, 
2  ou  3  centimètres  au-dessous  des  cicatri- 
ces. On  estcertain  ainsi  d'enlever  en  mùme 
temps  l'œuf  ou  la  jeune  larve  nouvellement 
éclose  que  ceux-«ci  renrcrrnent  ;  en  mômu 


2^  JOURNAL  IIBN80K1.  Ot 

temps  on  favorisera  le  développement  du 
bourgeon  secondaire. 

Par  mesure  de  prudence,  on  devra  brûler 
les  bourgeons  recueillis.  On  peut  dire  qu'en 
général,  les  larves  ne  pourraient  trouver, 
dans  le  fragment  de  bourgeon  détaché,  la 
somme  de  nourriture  nécessaire  à  leur  déve* 
lopperoent  et  qu'elles  ne  tarderaient  pas  à 
périr.  Mais  la  prudence  est  la  mère  de  la 
sûreté,  et  l'on  sera  encore  bien  plus  assuré 
de  la  destruction  en  brûlant  les  bourgeons. 

2"*  Après  la  chute  des  feuilles  pendant  la 
taille  d'hiver,  il  faudra  recueillir  avec  soin, 
en  les  tranchant  suffisamment  bas,  toutes 
les  extrémités  de  rameaux  desséchés  qui 
renferment  une  nymphe  et  les  détruire. 
Cette  fois  la  destruction  complète  est  indis- 
pensable et  s'impose  absolument,  car  les 
nymphes  n*ont  plus  rien  à  demander  au  pe- 
tit rameau,  si  ce  n'est  un  abri. 

Si  Ton  abandonnait  les  fragments  de  ra- 
meaux sur  le  sol,  l'éclosion  des  insectes  se 
ferait  à  peu  près  aussi  bien  que  s'ils  étaient 
restés  adhérents  aux  arbres. 

On  pourra,  par  ces  moyens,  enrayer,  dans 
une  certaine  mesure,  la  multiplication  de 
cette  espèce  nuisible  et  diminuer  ainsi  l'im- 
porlancede  ses  dégâts. 

Quelques  animaux  nous  sont,  dans  la  cir- 
constance, d'utiles  auxiliaires.  Plusieurs  pe- 
tits oiseaux,  notammentles  mésanges,  savent 
trouver  la  place  occupée  par  la  larve  et  l'ex- 
traire de  sa  cachette  hivernale,  en  perçant, 
à  l'aide  de  leur  bec,  les  parois  de  sa  loge. 

Uneespèced'ichneumon,  du  genre  Pim- 
pla^  fait  aussi  unechasse  active  au  Cèphe.  La 
femelle  de  cet  insecte  sait  trouver  et  attein- 
dre au  tond  de  sa  retraite,  la  larve  du  Cèphe, 
pourtant  si  bien  cachée,  et  lui  inoculer  Tœuf 
dont  naîtra  la  larve  en tomophage  qui  va  dé- 
vorer son  hôte. 

Sur  six  rameaux  desséchés  que  J'avais  mis 
en  observation  Vannée  dernière,  j'ai  obtenu 
trois  Cèphes  et  trois  ichneumons. 

On  voit  dont  que  ces  utiles  insectes  peu- 
vent nous  rendre  de  précieux  services  et  nous 
aider  dans  la  destruction  de  cette  espèce  nui- 
sible, ainsi  que  bien  d'autres  d'ailleurs.  Il 
serait  assurément  peu  raisonnable  de  s'en 
remettre  à  eux  du  soin  de  nous  débarrasser 


L'ACABEIflK  NATlOfllLB. 


2^ 


de  toutes  les  espèces  quinous  sont  ouisibies  : 
mais  on  devra  cependantchercher  à  les  pro- 
téger et  à  favoriser  leur  multiplication,  au 
lieu  de  les  détruire,comme  on  pourrait  être 
tenté  de  le  faire,  par  suite  de  la  vague  res- 
semblance qu'ils  présentent  avec  certaines 
guêpes. 

liO  Cèphe  comprimé,  qui  s^attaque  au 
poirier  et  quelquefois  au  pommier,  est  très 
voisin  d'une  espèce  parfois  encore  plus  nui- 
sible, le  Cèphe  des  moissons,  Cephus  pig- 
mœuSjdoni  la  larve,  qui  s'attaque  au  blé  et 
au  seigle,  a  pu,  dans  certaines  années,  cau- 
ser de  véritables  désastres  dj. 

Cette  larve  vit  dans  les  chaumes,  rongeant 
l'intérieur  de  la  tige  et  tranchant  les  nœuds 
sur  son  passage.  Elle  est  de  dimension  plus 
petite  que  celle  du  Cèphe  du  poirier  et  n'at- 
teint, à  son  entier  développement,  que  5  à  6 
millimètres.  L'insecte  est  noir;  la  femelle 
dépose  son  œuf  dans  les  tiges,  au  moment 
de  la  floraison . 

Les  épis  des  pieds  attaqués  se  reconnais- 
sent facilement  lorsque  la  maturité  appro- 
che, car  ils  restent  dressés,  au  lieu  de  se  cour- 
ber sous  le  poids  des  grains,  et  leur  colora- 
tion est  d'un  blanc  pâle. 

Au  moment  de  la  moisson,  la  larve,  qui  a 
atteint  son  entier  développement,  est  arri- 
vée jusqu'à  la  base  du  chaume.  Elle  se  tisse 
alors  une  coque  soyeuse  et  attend  sa  trans- 
formation, qui  se  fait  au  printemps  suivant. 

Lorsque  cette  espèce  devient  abondante, 
il  faut  passer  l'extirpateur  aussitôt  après  la 
moisson,  ramasser  les  chaumes  et  le.s  brû- 
ler, pour  détruire  en  même  temps  les  lar- 
ves ou  chrysalides  qu'ils  contiennent. 


LES  ORIGINES  DE  LA  TRUFFE 
Observations  de  M.  le  duo  de  Lesparre. 

Le  problème  des  origines  de  la  truffe,  ce 
condiment  aussi  précieux  que  mystérieux, 
vient  de  recevoir  une  nouvelle  solution  qui, 
si  elle  conserve  encore  un  caractère  hypo- 

(1)  D'après  une  enquête,  le  Cèphe  des  moissons 
aurait,  en  18S2,  causé,  dans  les  Vosges,  des  rava- 
ges évalués  à  70  millions  de  francs. 


297 


AGRICULTURE. 


!?0^ 


théùque,  parait  cependant  assez  plausible, 
el  se  rapproche  probablement  plus  que  tout 
autre  de  la  vérité  scientiBque. 

Cette  solution  a  été  indiquée  par  iM.  le 
duc  de  Lesparre,  dans  une  communication 
faite  à  la  section  de  Sylviculture  de  la  So- 
ciété des  Agriculteurs  de  France,  dans  une 
«éauco  du  1''  avril  dernier. 

Voici  en  quels  termes  le  Bulletin  de  la 
Société  a  rendu  compte  de  la  partie  de  la 
séanqe  dans  laquelle  a  été  faite  cette  com- 
muoication  de  M.  le  duc  de  Lesparre  qui 
avait  pour  objet,  suivant  le  titre  choisi  par 
son  auteur,  h  fécondation  de  la  truffe  : 

(M.  le  duc  de  Lesparre  expose  qu'à  la 
suite  de  quelques  communications  on  a  cru^ 
à  tort,  qu'il  allait  être  très  facile  défaire  des 
trufBères  :  la  vérité  est  qu'on  a  trouvé  le 
germe  qui  produit  le  mycélium  truffier. 
«  La  question  pourrait  être  divisée  ainsi  : 
«  V*  Etat  de  nos  connaissances  ;  2*  com- 
ment se  fait  la  fécondation  des  spores  ; 
'-^  moyens  pratiques  ;  4*  résultats  et  espéran- 
ces. 

«  On  a  appelé  la  truffe  de  différents  noms: 
brebis  de  la  foudre  (à  cause  des  pluies  d'o- 
rages de  juillet  qui  ont  paru  favoriser  son 
développement),  miracle  de  la  nature,  excré- 
tion des  racines  :  on  a  dit  que  les  quartiers 
delà  lune  avaient  une  influence  sur  elle, 
qu'elle  provenait  de  la  piqûre  d'un  insecte, 
et  enGn  qu'elle  était  un  champignon.  De- 
puis 1878,  on  admet  que  la  truffe  est  un 
champignon  parasite  ou  non  ;  les  savants  les 
plus  versés  dans  la  question  estiment  que  ce 
champignon  n  est  pas  parasite  et  que,  s'il 
est  sur  les  racines  des  arbres,  il  ne  se  nour- 
rit pas  de  leur  suc. 

«  La  truffe  est  formée  de  petits  sacs  dans 
lesquels  nagent  deux  ou  trois  sporules. 

«  2'*Pour  germer,  la  spore  a  besoin  d'un 
milieu  nouveau,  elle  doit  être  transportée 
sur  les  feuilles  de  certains  arbres,  c'est  un 
cliampignon  dit  de  germination  alternante. 
Ce  genre  de  germination  n'appartient  pas, 
du  reste,  seulement  au  champignon  truffier  : 
ainsi,  la  rouille  du  blé  est  aussi  un  champi- 
gnon à  germination  alternante  ;  il  estnéces- 
^ire,  pour  que  ce  champignon  puisse  con- 
tinuer à  envahir  les   champs  de  blé,  qu'il 


fasse  une  génération  sur  iepine-vi nette  ;  pas 
d'épine-vinetle  à  proximité  des  champs  du 
blé,  pas  de  rouille  à  craindre. 

«  Les  spores  de  la  truffe  gardent  leur  ferti- 
lité pendant  des  années;  amenée  par  le  vent 
ou  par  une  autre  cause  sur  la  feuille  qui  lui 
convient,  la  spore  mâle  gerrne,  produit  un 
filament  cheminant  sous  lepiderme  et  îè- 
conde  la  spore  fcmellii.  Celle-ci,  une  fois 
fécondée,  émet  des  sporules  qui  germent  cL 
qui  forment  le  début  du  mycélium  truflier 
et  par  suite  la  Iruftïère. 

«  3^  Moyens. 

«  Le  moyen  de  provoquer  la  féconda  lion 
consiste  à  déposer,  de  juillet  à  janvier,  de^ 
spores  de  truffe  sur  des  feuilles  fortes,  bien 
vertes  de  certains  arbres,  comme  le  noise- 
tier, le  chêne  :les  feuilles  ensemencées  doi- 
ventêtre  àTabn  dusoleil  pourcommencer  ; 
on  peut  choisir  des  feuilles  sur  un  arbre 
ou  prendre  des  feuilles  détachées  ;  huit  a 
neuf  jours  après,  il  se  produit  une  germina- 
tion intense,  puis  la  fécondation  des  spores 
femelles,  puis  la  production  du  mvcélium 
truffier. 

a  La  terre  sur  laqui^Ue  doivent  être  dépo- 
sées les  feuilles  doit  être  ua  peu  calcaire 
(au  moins  2%)  et  le  chmat  doit  être  celui 
de  la  vigne.  Ces  conditions  sont  réalisées 
dans  la  contrée  ou  M.  le  duc  de  Lesparre  a 
fait  des  essais  nouveaux. 

tt  Quant  au  temps  tiéce^sairc  ù  \à  naissance 
delà  truffière,  il  peut  varier  deSàC  années, 
peut-être  moins. 

a  La  truffière  a-t-elle  besuin  de  racines 
d'arbres  pourse  former  ?  Il  est  assez  difliciîe 
de  répondre  à  celle  question  ;  toujours  esl-il 
que  la  truffière  détruit  la  végétation  au- 
dessus  d'elle,  et  que,  si  on  vient  ù  couper 
les  arbres,  la  truffière  ne  produit  plus  ;  mais 
on  ne  peut  rien  conclure  de  cehi. 

ce  M.  d'Arboîs  de  Jubain ville  hésite  â 
croire  à  la  nécessité  de  rcxistcnce  de  (lucl- 
ques  piedsd'épiae-vineUe  puur  produire  la 
rouille  du  blé  ;  il  dit  avoir  vu  cette  maladie 
dans  un  pays  oti  l  epinevinette  n'existait 
qu'à  titre  d'exception  et  ne  venait  pas  natu- 
rellement. 

a  M.  de  Vilmorin  croîl  qu*il  existe  peut- 
être  d'autre  arbres  ou  arbustes  qui  peuvent 

14 


299 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  AGADEMIB  NATIONALE. 


300 


jouer  lo  rôle  de  l'épine-vinette  par  rapport 
au  développement  des  cryptogames  produi- 
sant la  rouille. 

«M.  le  duc  de  Lesparre  maintient  son 
affirmation,  quant  à  la  rouille  du  blé  et, 
répondant  àunequestiondeM.lePrésident, 
il  dit  comment  on  pourra  se  procurer  des 
spores  de  truffe. 

a  II  sutfit  de  prendre  une  trufle,  de  la 
laisser  se  dessécher  dans  un  tiroir  ;  elle  se 
raconiitj  devient  dure  ;  on  la  coupe  et  on 
broie  la  pulpe  avec  un  peu  d'eau,  par  exem- 
ple entre  deux  verres  dépolis  :  on  en  fait 
ainsi  une  espèce  de  pute  qui  renferme  une 
quaiuilé  iiiiiombnible  de  spores;  on  main- 
tient cette  piïte  liquide  et.  il  partir  de  juillet, 
ou  peut  L'éteudre  avec  un  pinceau  sur  la 
nervure  centrale  de  la  feuille,  les  spores  vi- 
vent sur  la  feuille  tant  que  celle-ci  dure  : 
après,  le  mycélium  se  produit  et  s'infiltre 
en  terre* 

«  M.  le  Président  remercie  vivement  M. 
de  Lesparre  de  son  intéressante  communi- 
cation et  son  Imite  que  la  science  arrivée  dé- 
couvrir pourquoi  les  arbres  sont  indispen- 
sables au  maintien  de  la  truffière.  » 


SUR  LES  PERTES  D  AMMONIAQUE 

t|Ui  acoompagnent    la    fabrication  du  fumier 
de  fer>me. 

Communication  de  M.  DeufIrain  à  l'Acadé- 
mie dcii  Sciences  {Séance  Ju  9  mai  ISQS), 

L'oilour  d  ammoniaque  t|u*on  perçoit  dans 
les  locaux  imbités  par  les  animaux  de  la 
ferme,  particulièrement  dans  les  bergeries, 
indi(|ue  qu'une  fraction  do  Tazole  contenu 
dans  ies  déjections  se  dissipe  dans  l'atmos- 
phère. 11  yar|ueiqnesannGesdéjà,MM.Mûnlz 
et  Girard  ont  précisé  ces  pertes  à  l'aide  de  la 
métîiûdo  su i vaille  ;  on  pesé  avec  gi*and  soin 
la  ralion  consommée  par  les  animaux  pen- 
dant la  durée  de  Texpérience  et  l'on  déter- 
mine TazotR  qu'elle  renterme.  Si,  pendant 
le  passage  des  aliments  dans  Torganisme, 
aucune  partie  de  Tapote  ne  se  dégage  à  l'é- 
tat libre,  on  doit  retrouver,  dans  Taugmen- 
tation  de  poids  des  animaux  et  dans  leurs 


déjections,  tout  Tazote  ingéré.  Or,  quand  lee 
déjections  sont  recueillies  sur  des  litières  de 
paille  et  qu'on  dose,  h  la  fin  des  essais,  l'a- 
zote contenu  dans  le  fumier  produit,  qu'on 
y  ajoute  l'azote  fixé  par  Torganisme^on  cons- 
tate que  cette  somme  est  bien  inférieure  à 
l'azote  des  aliments  ;  il  arrive  parfois  que  la 
déperdition  s  élève  à  la  moitié,  plus  sou  veut 
au  tiers  de  Tazote  ingéré. 

On  estime  à  800  millions  de  francs  la  va- 
leur du  fumier  produit  cbaque  année  en 
France  ;  si  cette  valeur  était  augmentée  d'un 
tiers,  par  la  conservation  de  l'azote  actuelle- 
ment perdu,  ont  volt  que  laplus  VTilue  serait 
de  260  millions  environ. 

Pour  éviter  cette  énorme  déperdition  de 
manières  fertilisantes,  on  a  proposé  d'ajou- 
ter au  fumier  accumulé  dans  la  cour  de  la 
ferme  des  sulfates  ou  de  calcium  ou  de  fer, 
on  encore  de'répandre  sous  les  animaux  des 
phosphates  acides  ;  mais  un  examen  attentif 
de  ces  modes  de  traitement  a  montré  qu'ils 
sont  impraticables. 

Au  moment  de  reprendre  cette  importan- 
te question,  j'ai  voulu  savoir  si  le  mode  de 
calcul  employé  par  MM.  Miuitz  et  Girard  était 
absolument  légitime,  si  tout  Tazoïe  ingéré 
par  les  animaux  se  retrouve  dans  leurs  dé- 
jections, quand  leur  augmentation  de  poids 
est  nulle  ou  très  faible,  et  si  c'est  seulement 
quand  ces  déjections,  reçues  par  les  litières, 
séjournent  sous  les  animaux,  que  la  perte 
devient  sensible. 

Deux  de  mesélèves,  attachés  1  un  et  l'au- 
tre à  1  Ecole  de  Grignon,  MM.  P.  Gay  el 
Dupont,  ont  exécuté  avec  un  grand  soie  ce 
travail  préliminaire. 

En  recueillant  exactement  les  déjections 
d'un  bélier,  les  auteurs  y  ont  retrouvé  pres- 
que entièrement  l'azote  desaliments  ;  la  per- 
te a  été  de  4  pour  100  seulement.  Mais  quand 
l'animal  a  reposé  sur  une  litière  de  paille, 
qui  a  été  analysée  à  la  fin  des  quinze  jours 
d'observation,  on  a  constaté  une  perte  de  22 
pour  100  de  l'azote  ingéré. 

Se  dégage-t-il,  pendant  la  fermentation 
qui  amène  les  matières  excrémentielles  : 
urée,  acide  urique,  acide  hippurique,  à  l'é- 
tat de  carbonate  d'ammoniaque,  de  l'azote 
libre  i^  C'est  là  une  question  qui   est  main- 


301 

tenant  à  Tétude;  je  ne  m'occuperai  aujour- 
d'hui que  des  pertes  d'ammoniaque. 

Or,  nous  avons  sur  ce  sujet  des  données 
très  intéressantes  fournies,  il  y  a  quelques 
iBDéeî^déjà,parMM.  Berthelot  et  André.  Les 
auteurs  établissent  que  le  carbonate  d'am- 
moniaque se  dissocie  dans  l'eau,  et  que  les 
deux  gaz  s'échappent  séparément  de  la  dis- 
solution :  l'acide  carbonique  d  abord,  l'am- 
moniaque ensuite,  et  que,  d'après  leur  ex- 
pression même,  c'est  «  le  départ  de  l'acide 
carbonique  qui  règle  celui  de  Tammonia- 
que  B. 

En  répétant  les  expériences  de  MM.  Ber- 
thelot et  André,  j'ai  naturellement  retrouvé 
leurs  résultats  :  à  l'air  libre  une  dissolution 
de  carbonate  d'ammoniaque  perd  en  trente 
jours  73  pour  100  de  son  ammoniaque  ; 
en  vase  clos,  en  plaçant  seulement  dans  la 
conserve  d'expérience,  une  capsule  à  acide 
sulfurique  dilué,  on  trouve  qu'après  trois 
jours,  12.1  pour  100  de  l'ammoniaque  se 
sont  dissipés,  et  24.2  en. huit  jours  ;  mais  si 
l'on  introduit  dans  la  conserve,  en  même 
temps  qu'une  capsule  à  acide  sulfurique, 
une  capsule  à  soude  caustique  pour  absor- 
ber Tacide  carbonique  à  mesure  qu'il  s'é- 
chappe, on  trouve  qu'après  trois  jours  la 
dissolution  a  perdu  3d.3  de  l'ammoniaque 
primitive,  et  après  huit  jours  83.1. 

C'est  donc  bien  le  départ  de  l'acide  car- 
bonique qui  règle  le  dégagement  de  l'am- 
moniaque ;  il  était  facile  d'en  déduire  que 
si,  au  lieu  de  favoriser  ce  dégagement  d'a- 
cide carbonique  en  l'absorbant  à  mesure 
qu'il  se  diffuse  dans  l'atmosphère,  on  l'em- 
pêche en  introduisant  de  l'acide  carbonique 
dans  les  conserves  à  carbonate  d'ammonia- 
que, les  pertes  d'ammoniaque  se  trouveront 
singulièrement  réduites.  On  a  trouvé,  en 
elTet,qu'après  cinq  jours,la dissolution  main- 
tenue dans  une  atmosphère  d'acide  carbo- 
nique, renfermait  encore  JO.l  pour  100  de 
l'ammoniaque  primitive. 

Cette  expérience  est  grosse  de  conséquen- 
ces pratiques,  comme  nous  allons  le  voir 
dans  «n  instant. 

Il  importait,  toutefois,  avant  d'en  déduire 
des  règles  pour  la  fabrication  régulière  du 
fumier,  de  s'assurer  qu'en  opérant  sur  de 


AGRICOLiCnE,  30S 

Ttiniie  onde  l'urine  méhng<?e  à  la  paille, 
on  obliendnnt  lie?-  résultats  semblables  à 
ceux  que  fourail  le  carbonate  d'ammonia- 
que. 

fjuand  on  expose  k  l'air  libre  de  Tu  ri  ne 
préalablement  stértlii^ée,  puis  ensernencée 
avec  Jii  crottin  de  cheval,  elle  perd  en  un 
mots  tô  ceiiUèmes  de  son  azote  primitif  ;  il 
reste  dans  le  liquide  de  l'ammoniaque  et 
une  certaine  quantité  d'ûiîote  engagé  dans 
une  combinaison  or^^^anique;  en  vase  clos 
ou  dans  lacide  carbonique^  les  pertes  se  ré^ 
duisent  à  0,0  et  à  r>.6  pour  lOï»  ;  la  furmen- 
tation  est  cependant  très  avancéej  car  ou 
ne  trouve  à  l'clat  organique  que  12  centtè-« 
mes  de  l*azote  primitif. 

liuand,  en  vase  clos,  on  absorbe  l^ammo^ 
niaque  à  Taide  d'acide  sulfurique^  on  obser- 
ve que  les  pertes  d  ammoniaque  sont  asaess 
lentes  a  se  produire:  après  cinq  jours,  elles 
sont  encore  nulles,  bien  que  déjà  21  centiè^ 
mes  de  1  aïole  primitif  soient  amenés  à  l'état 
d  ammoniaque  ^  après  onze  jours,  la  diffu- 
sion s'est  produite,  on  trouve  dans  1  acide 
sulfurique  10  centièmes  d'a/.ule  primitif. 

Ko  opéra  ni  encore  un  vase  clos^  mais  en 
absorbant  à  la  fois  l'acide  carbonique  et 
Tammoniaque,  on  retrouve  a  près  cinq  jours, 
dans  inrine,  t^Z.lde  Vazote  piimiLif.  et  seu- 
lement 4SJ)  a  prùs  onze  jours.  L' urine  se  com- 
porte donc  comme  la  dissolution  de  carbo* 
îiale  d'amniouiaqiie,  mais  il  est  bien  à  re-' 
marquer  ([Ue  la  fermentation  ammoniacale 
ne  se  produit  qu'après  quelques  jours. 

iii,  pour  imiter  ce  qui  a  eu  lieu  dans  les 
étables,  on  fait  tomber  Turine  sur  la  paille 
hacbée,  et  que  la  proportion  de  l'urine  soit 
considérable  par  rapport  à  celledela  paille; 
qu'on  introduise  par  exemple  1  d  urincdans 
1  de  paille,  celle-ci  n'est  pas  capable  d'ab- 
sorber tout  le  lifjuJde  :  exposé  à  Tair,  un 
p;areil  m t! lange  pcrti  pendant  Télé  juin 
isî*7),  on  deux  joijrs,  58.:i  de  Tazotc  pri- 
iniiii,  TOeTï  qu;ilre  jours,  72.6  en  six  jours^ 
et  75,7  en  huit  jours. 

Dans  une  ferme  pauvre  et  mal  tenue,  les 
litières  sont  parcimonieusement  distribuées 
et  les  urines  non  ab*orl*ées  resieot exposées 
A  l'air  ;  lespertc-s  deviennent  énormes;  elles 
diminuent  beaucoup  quand  les  litières  sont 


aoa 


fOORNAL  MENSUEL  DE  L'ACADEMIE  NATIONALE. 


arii 


dislribuées  assez  capieuïement  pour  absor- 
ber toutes  les  urines  omises  ;  en  huit  jours, 
on  a  constaté  une  peric  de  7.2  p.  100  de  Ta- 
zote  primitif,  quand  le  rapport  de  la  paille 
ù  ]  urine  a  été  1/2. 

Pour  bien  montrer  que  ce  nuilange  de  paille 
et  d'urine  se  comportait  comme  Turine  iso- 
lée ou  îe  rarbonale  d  ammoniaque,  on  a 
opéré  en  vase  clos,  mais  en  absorbant  l'aci- 
de carbonique  par  la  soude  caustique,  et 
lammoniaquepar  lacide  sullurique.  Après 
trois  jours,  il  y  avait  déjà  Gl*0  milligrammes 
d  acide  carbonique  dans  la  ^oude  et  seule- 
mont  31  milligrammes  d*a/ote  ammoniacal 
dans  l'acide  sulfuririiie,  ce  qui  correspond 
k  7.Ô  pour  100  delasiole  primitif  ;  on  a  trou- 
vé ensuite  rjue  les  quantités  d*a%ote  échap- 
pées du  fumier  s  élevaient  à  31.5  en  six 
jours,  52,0  en  huit  et  50.7  en  douze. 

Tout  au  contraire,  si  Ton  place  le  mélan- 
^^e  de  paille  et  d'urinedans  une  atmosphère. 
d'acide  carbonique,  on  trouve  dans  le  fu- 
mier toutlazote  introduit,  bien  qu*une  gran- 
de partie  ait  passé  à  rélal  d'ammoniaque. 
I/unno  fermente  donc  dans  une  atmosphè- 
re d'acide  carbonique^nais  tnutelammonia- 
'jue  formée  resto  dans  le  liquide  et  ne  se 
diffuse  pasdiuis  1  almosphèrc. 

Or,  j'ai  montré,  il  y  a  plusieurs  années, 
que  lorsque  le  fumier  est  bi^îu  tassé  sur  la 
plaie-forme,  comme  nous  le  faisons  à  l'école 
de  Grignon,  la  fermentation  y  est  très  ac- 
tive et  Tatmosplière  intérieure  très  chargée 
d'acide  carbonir^ue  Sa  présence  empêche  la 
dilîusiorï  de  Tammoniarpie,  et  si  l'on  en- 
traîne, k  Taide  d'un  aspirateur,  cette  atmos- 
phère au  travers  d'acide  sulfurique  titré,  on 
ne  constate  aucun  dégagement  d'ammonia- 
f|ue. 

Il  ne  se  produit  donc  dans  un  fumier  en 
pleine  fermentation  aucune  perle  d'à  m  mu- 
ni aijue.  Toutes  les  additions  capables  d'ar- 
rêter la  fermentation  sont  nuisibles  ;  les  ar- 
rosages fréquents  avec  le  purin  sontau  con- 
traii^e  très  avaiilag^ux. 

Les  faits  précédents  prouvent  clairement 
que  les  pertes  se  produisent  non  pas  dans 
le  fumier  réuni  en  tas  <lans  la  cour  de  fer- 
me, mais  bien  dan?  tes  ctables  ou  bergeries 


quand  les  litières  salies  séjournent  sous  les 
animaux  ;  en  enlevant  ces  litières  tous  les 
jours,  pour  les  conduire  à  la  plate-forme  on 
écartera  la  déperdition  de  Tammoniaque, 
car  la  fermentation  ne  commencera  à  se 
produire  que  lorsque  les  litières  seront  déjà 
recouvertes  et  par  suite  plongées  dans  une 
atmosphère  d'acide  carbonique. 

Toutefois,  si  les  litières  ne  sont  pas  abon- 
dantes, une  partie  des  urines  s'écoule  dans 
les  rigoles  ;  elles  ne  doivent  pas  y  rester,  il 
faut  laver  à  grande  eau  et  diriger  les  liqui- 
des vers  la  fosse  à  purin  où  arrivent  égale- 
ment les  égouttements  du  fumier. 

Ce  purin  est  recueilli  dans  une  fosse  qui 
communique  avec  Tair  ;  l'atmosphère  ren- 
ferme de  Tacide carbonique,  mais  pas  d'am- 
moniaque. Si  même  on  fait  passer  un  courant 
d'airau  travers  du  purin,  pendant  plusieurs 
jours,  et  que  l'on  analyse  l'air  qui  a  barboté 
dans  le  liquide,  on  y  trouve  de  l'acide  car- 
bonique et  pas  d'ammoniaque. 

En  comparant  la  composition  du  purin, 
après  le  passage  de  l'air,  à  ce  qu'elle  était  au 
début,  on  trouve  que  l'ammoniaque  n'a  pas 
varié,  mais  que  l'acide  carbonique  a  aug- 
menté ;  la  combustion  delà  matière  organi- 
que y  est  donc  constante,  et  l'excès  d'acide 
carbonique  formé  empêche  la  déperdition 
de  l'ammoniaque. 

Si,  dans  beaucoup  d'exploitations  bien  te- 
nues, on  change  très  souvent  les  litières  dans 
les  étables  ou  les  écuries,  on  ne  cure  au  con- 
traire les  bergeries  qu'à  de  longs  interval- 
les: une  fois  par  mois,  par  exemple  ;  c'est 
là  une  habitude  à  laquelle  il  faudra  renon- 
cer ;  elle  entraîne  des  pertesd'ammoniaque 
considérables  et  exerce  souvent  une  influ- 
ence fâcheuse  sur  la  sant-^  des  animaux. 

En  résumé,  les  règles  à  suivre  pour  évi- 
ter les  pertes  d'ammoniaque  pendant  la  fa- 
brication du  fumier  sont  très  simples  : 

P  Conduire  les  litières  salies  sur  la  plate- 
forme, le  plus  souvent  possible  :  tous  les 
jours  par  exemple  ; 

2*  Laver  les  rigoles  de  façon  à  ne  pas  y  lais- 
ser séjourner  les  urines  ; 

3«  Arroser  sou  vent  le  fumier  avec  le  purin 
defavon  à  y  déterminer  une  fermentation 


\^  w 


^?mm 


305 

acttve  ;  la  production  constaîtte  de  Tacide 
carbonLi|u6,  dans  la  masâebien  fassée,  so[y- 


pose  absolument  à  la  diiTiJsion  de  rammo- 
niaque. 


DISTINCTIONS    HONORIFIQUES 
ACCORDÉES  AUX  MEMBRES  DE  1-*ACADÉMI£  NATIONALE 

Eo  récompense  de  leur  participation  à  l'Bxposition  de  Bruxelles,  ont  été  nommée  Clie- 
V allers  de  Tordre  belge  de  Léopold  : 
MM.  Geis^lfr  (Louis),  fabricant  de  papiers^  k  llaon-l'liltape  (Vosges 
LuBORGNE  (Ferdinand)j  Tabricaut  de  tapis  et  d  etoir*js  d'ameublement  à  Lannoy(Nord}* 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION    D'AUTOMOBtl^ES    à    PARIS 

Sous  [a  dénomiuation  que  nous  venons 
de  reproduire,  s* est  tenue  k  Paris,  sur  Tun^ 
des  tïirrasses  du  Jardin  des  Tuileries,  une 
trè*  intéressante  exposition  de  voitures  au- 
Looiobileâ,  organisée  par  Ta  iitomobile  Club 
de  France. 

Cette  eicpositiou  a^  sinon  révélé,  du  moins 
pleinement  démontré  Timportance  considé- 
rable acquise  par  Tindustrie  de  la  construc- 
tioades  voitures  automobiles.  ParTextrême 
variété  des  types  de  véhicules  exposés,  par  la 
perfection  relativedela  plupart  d'entre  eux, 
parles  qualités  de  conl'ort  et  même  d'élé- 
gance (|u*on  ne  peut  dénier  à  quelques  voi- 
tures, l'ensemble  de  Tex[JOSÉtion  a  été  de 
nature  à  produire  une  l'orte  impression  sur 
reprit  public,  et  à  faire  naître,  dans  la 
pensée  de  beaucoup  de  personnes^  la  con- 
viction que  le  rûle  du  cheval  de  irait  irait 
ilésormais  en  s'amoindrissant  progressive- 
ment d'une  façon  rapide^  jusqu'à  la  dispa- 
ritioii  totale  assez  prochaine,  au  rnoinsdans 
les  villes,  delà  «plus  noble  conquête  de 
iliQtDme  ^>  qui  a  été  si  ptaisammeot  dési- 
gnée récemment  par  Tei pression  de  «  mo- 
teur à  avoine». 

Les  voilures  électriques  ont  tenu  une  pla- 
ce importante  dans  Tex position, et  c'estévi- 
liemmentde  leur  cûlé  quesa  tournent  les 
principales  préoccupations  des  grandes  en- 


treprises de  transports.  Il  ressort  d'ailleuri? 
desdonnéesexactesrecueilliesAlasuited'uri 
concours  pratique  de  liacrcs,  que  le  prix  de 
revient  de  la  traction  électrique  est  inlérieur 
k  celui  de  la  traction  à  pétrole.  Déjà,  que!- 
ques*unesdes  voitures  électriques  créées,  ré- 
pondent d'une  façon  satislaisante  à  tous  les 
desiderata  utiles,  et  même  certaines  d'en- 
tre elles  oiiVent  un  aspect  d'une  élégance  ir- 
réprochable. Deux  ou  trois  fabricants  sont 
réellement  sortis  victorieux  de  la  période  la- 
borieuse des  études  et  des  Lutouuemants,  et 
ils  peuvent  maintenant  entrer  dans  une  pé- 
riode de  production  intense,  assurés  d'ôtre 
pourvus  d'abondantes  commandes  pendant 
de  longues  années. 

Bailleurs,  si  Télectrici té  s'achemine  in- 
contestablement vers  le  triomphe  déllnitif 
pour  lacireulation  dans  les  villes,  ou  même 
dans  des  régions  limitées  assez  abondam- 
ment pourvues  de  stations  électriques  pour 
permettre  le  rechargement  fréquent  des  accu- 
mulateurs employés  comme  source  d'éner- 
gie, le  pétrole  et  la  vapeur  vont  eux-mêmes 
en  se  perfectionnant  constamment,  de  façuu 
à  pouvoir  jouer  un  rûle  encore  très  cQn.<«idé* 
rable  dans  la  propulsion  des  véhicules  qui 
doivent  demeurer  indépendants  de  tout 
point  d'attache  et  qui  sont  destinés  à  ellectuer 
de  longs  parcours  en  ne  comptant  que  sur 
les  approvistounementd  faciles  à  l'enou vêler 
en  cours  de  route. 


307 


iOURNAL  MENSUEL  DE  L*AGADÉI11E  NATIONALE. 


308 


Pour  les  voiluresremplissant  les  conditions 
d'un  tel  programme,  le  pétrole  semble  tou- 
jours dominer  manifestement  la  vapeur.  Ce- 
pendant, M.  Serpollet,  Tinventeur  de  la  va- 
porisation instantanée,  parait  maintenant 
avoir  mené  à  bien  un  ensemble  de  dispositifs 
spéciaux  qui,  grâce  à  l'emploi  du  parole 
comme  combustible,  serait  peut  être  de 
nature  à  redonner  la  vogue  à  i*emploi  de  la 
vapeur.  Malheureusement  Tingénieux  inven- 
teur n'a  pas  encore  eu  le  temps  matériel  de 
procéder  à  des  expériences  pratiques  con- 
cluantes de  nature  à  aflirmer  les  mérites  de 
ses  nouvelles  créations,  et  jusqu'à  nouvel 
ordre,  le  moteur  à  vapeur  demeure  complè- 
tement éclipsé  par  le  moteur  à  pétrole  pour 
la  propulsion  des  voilures  automobiles  légè- 
res ou  de  poids  moyen. 

Après  ces  considérations  générales,  il  ne 
nous  reste  plus  qu'à  parler  en  détail  des 
expositions  des  Membres  de  notre  Société, 
rencontrées  dans  les  galeries  de  la  Terrasse 
des  Tuileries. 

MM.  Brourot  et  CiEjles  grands  construc- 
teurs mécaniciens  deVierzon  (Chez),  ont  en- 
trepris depuis  peu  [nous  avons  déjà  signalé 
le  fait  à  nos  lecteurs)  la  construction  des 
voitures  automobiles,  dans  laquelle  ils  de- 
vaient immédiatement  réussir  grâce  à  leurs 
grandes  connaissances  de  mécanique  prati- 
que. Outre  que  les  voitures  automobiles 
contruites  par  MM.Brouhot  et  Cie  sontcon- 
çues,  dessinées  et  agencées  de  manière  à 
offrir  les  meilleures  garanties  possibles  de 
solidité,  de  simplicité  et  do  conlort,  elles 
présentent  les  avantages  suivants  dont  nous 
empruntons  Ténumération  à  la  notice  ré- 
digée par  les  constructeurs  cux-raômes  : 

a  P  Le  moteur  à  pétrole  que  nous  em- 
ployons est  le  moteur  de  notre  système, 
étudié  et  approprié  pour  cet  usage  ;  nous  en 
avons  diminué  le  poids  autant  que  possible, 
sans  pour  cela  nuire  à  sa  solidité.  Nouscons- 
truisons  ces  moteurs  destinés  aux  automo- 
biles depuis  la  force  de  4  chevaux-vapeur 
jusqu'à  la  force  de  12  cheveaux. 

0  Très  simples,  très  robustes,  tous  les  or- 
ganes en  sont  facilement  accessibles  et  dé- 
montables. Le  moteur  est  muni  de  notre  car- 
burateur perfectionné  breveté  s,  g,  d.  g 


«  L'allumage  est  électrique  et  a  été  éta- 
diéde  façon  à  donner  toute  sécurité.  Gràoe 
au  carburateur  et  à  TallumagC;  le  moteur  ne 
dégage  ni  fumée,  ni  odeur; 

I  ^  Notre  voiture  est  munie  de  quatre  vi- 
tesses et  de  la  marche  en  arrière,  le  tout 
commandé  par  un  seul  levier  bien  à  la  main 
du  conducteur. 

«  3^  Les  engrenages  de  cbaDgements  de 
vitesse  restent  toujours  en  contact  et  sont 
mis  en  mouvement  au  moyen  de  manchons 
disposés  à  cet  effet  sur  les  deux  arbres  qui 
portent  ces  engrenages  :  ces  manchons  sont 
commandés  deux  à  deux  et  sont  munis  à 
leur  extrémités  de  trois  dents  pénétrantdans 
trois  vides  correspondants  ménagés  sur  les 
moyeux  des  engrenages.  On  évite  ainsi  les 
ruptures  de  dents  et  surtout  Tusure  des  en- 
grenages, qu'habituellement  on  amène  en 
contact  en  les  faisant  engrener  parles  dents 
mômes  des  engrenages  ; 

a  4^  Notre  manchon  d'embrayage,  breve- 
té s.  g.  d,  g,,  d'une  disposition  toute  spé- 
ciale, permet  de  démarrer  aussi  doucement 
qu'on  le  désire.  On  peut  également,  par  son 
intermédiaire,  ralentir  l'allure  delà  voiture 
à  quelque  vitesse  que  Ton  soit,  si  le  besoin 
s'en  lait  sentir  ; 

«  5»  Notre  automobile  présente  cet  avan- 
tage de  fonctionner  sanschatnes  ;  elles  sont 
remplacées  par  une  commande  par  engrena- 
ges. L'engrenage  qui  commande  l'essieu  est 
relié  à  ce  dernier  au  moyen  d'unJDÎnt  à  la 
cardan,  ce  qui  permet  à  l'essieu  de  prendre 
toutes  les  positions  sans  que  cet  engrenage 
change  de  plan. 

a  6'  Le  différentiel  a  été  également  sup- 
primé dans  notre  voiture,  et  est  remplacé 
par  un  appareil  de  notre  système  breveté 
s,g  .  d,  g.  Grâce  à  la  suppression  des  chaî- 
nes et  du  différentiel,  nous  pouvons  opérer 
des  virages  à  grande  vitesse,  sans  inconvé- 
nients et  sans  danger,  ce  qui  est  quelque- 
fois nécessaire  devant  un  obstacle  qui  te 
présente  inopinément  : 

«  7°  Deux  couronnes  en  bronze  venues  de 
fonte  avec  les  moyeux  des  roues  d'arrière 
sont  destinées  à  recevoir  quatre  freins,  dont 
deux  actionnés  parla  manette  qui  comman- 
de le  manchon  d'embrayage  et  deux  par 


f 


w 


EXPOSITIONS  ET  CONCOURS. 


310 


ijnfpëd;i1c/En  agissant  sur  les  quatre  îrems 
h  la  ibis  on  peut  arrt^ier  ïa  voîuire  inst^inla' 
nément.  Cette  disposition  nous  a  permis  de 
Âuppnmer  le  frein  h  sabots  sur  le  pourtour 
des  roues,  lequel  endommage  très  rapide- 
ment le  caoutchouc  ; 
l       «  8'  La  disposition  du  mëcantsme  renfcr- 
I   mé  dans  un  cadre  dont  aucune  pièce  esseïi- 
r    t  ici  le  ne  dépnsse  lu  partie  supérieure,  per- 
met d  em  ployer  tous  les  gen  res  de  carrosserie. 
^  Pour  un  mêmeniouvemerit,  ou  peut  donc 
avoir  différentes   caisses  que   Ton    pourra 
changer  suivant  les  saisons  et  les  goûts  ; 
^       ^ï  î>*  On  peut  employer  dans  nos  moteurs 
l'essence  ordinaire  qui  se  trouve  partout  et, 
naturellement,  les  essences  qui  se  vendent 
tpecîalement  pour  automobiles,    n 

I  Toutes  ces  explications  et  assertions  de 
!  MM»  Brouhoi  et  Cie  doivent  ^tre  acceptées 
comme  absolument  exactes,  étant  données 
la  grande  expérience  mécaniquede  nos  So- 
ciétaires et  la  haute  conscience  avec  laquelle 
ils  eiëcutent  tous  leur  travaux.  11  est  donc 
eer  tain  que  les  voitures  automobiles  de  MM. 
BroulïOt  et  Cie  doivent  rtre  classées  au  nom- 
bre de  celles  qui  présentent  le  fonctionne' 
ment  le  plus  sur,  le  plus  régulier  et  le  plus 
satisfaisant  ù  tous  les  points  de  vue, 

MM.  Constant  et  CrEiùClichyi Seine),  ex- 
posent une  collection  complète  d'huiles  et 
dégraisses  industrielles^  répondant  à  tous 
les  besoins  de  lubrilicationties  voitures  mé- 
caniques, depuis  lagrai.-ïSeélasU(fU6  consis- 
tante pour  engrenages,  j  usqu'à  l'huile  la  plus 
Il  ne  pour  les  mouvemenls  de  précision ,  en 
passant  ;mr  une  huile  visqueuse  résistant  a 
une  très  huute  température  pour  cylindres 
de  moteurs  à  pétrole. 

MM.  Constant  vendent  également  des  es- 
sences minérales  à  triple  rectiticalion  aui 
graduation  de  080,  ODtJ  et  70rr,  convenant 
ipécialement  à  ralimentation  des  moteurs 
^  pétrole  d*automobiles. 

Tous  ces  produits  sont  de  la  qualité  la  plus 
coDvenable  pour  donner  satisfaction  aux 
imateurs  (Je  locomotion  automobile  qu'on 
désigne  si  pittoresque  m  eut  sous  le  vocable  de 
«  chauffeurs  1. 


MM.  LES  FILS  DR  A.  Deutsch,  à  Paris,  pres- 
sentent, sous  la  dénomination  de  «  Moto- 
Naphta>i  unedes  essencea  spéciales  pour  au- 
tomobiles les  pi  us  appréciée:*  dos  praticiens, 
et  sous  lappellation  de  «  Lubrifine  »  une 
huile  minérale  à  graisser  également  Tune 
des  mieux  cotées  par  tous  les  mécaniciens 
qui  en  font  usage. 

Signalons  aussi  un  appareil  spécial  ayant 
pour  objet  de  supprimer  l'odeur  des  gaz  d'é- 
chappement des  moteurs.  Mais  il  est  bien 
évident  que  l'odeur  laissée  derrière  leurs 
voitures  est  Tun  des  moindres  soucis  des 
automobilistes. 

M  M .  Fkxaille  rt  DESPF.ALX  ,îï  Paris,  autres 

notables  raffineurs  de  pétrole^  présentent 
aussi  une  essence  pour  production  de  force 
motrice  dénommée  '^  Benio- Moteur  ^>^^\ 
une  huîleà  graisser  dite  H  tj/£*ojîap/rfe'>,c'esl- 
i-dire  tirant  son  origine  du  naphle  brut. 
Ces  produits  sont  aussi  de^  mieux  appréciés 
par  les  mécaniciens  appelés  à  s'en  servir, 

M.  S';(itJiNj  à  Piiris,  a  exposé  queh|Ue^ 
spécimens  de  son  excellent  moteur  h  pétro- 
le lourd  dénommé  le  Gnome,  mais  en  le 
présentant  uniquement  comme  producteur 
de  force  motrice  industrielle,  sans  projet 
d'application  à  la  propulsîoi»  des  voitnrt^s 
automobiles.  Il  y  a  cependant  lu  un  champ 
d'applications  des  plus  vastes^  qui  pourrait 
être  lobjetd'études  fructueuses.  Il  est  vrai 
rjue  le  Gnome  a  donné  de  si  bons  résultats 
dans  les  installations  lixes,  que  la  demande 
pour  installations  semblables  snftitâ  absor- 
ber la  construction  courante  de  cet  cxcet- 
tent  type  de  moteurs. 


EXPOSITION  DE  1900 
;BenB«lgnement4  divers] 

CHr.MlN  DE  FER  KLECTRIQt'B     ET  PLATE- FUR  M  K 
ROULANTE. 

Acceptation  du  projet  de  MM,  Bloî^ 
Gityenet  et  de  Mocomble, 

Par  un  arrêté  pris  à  la  date  du  24  mai 
dernier,  le  minisire  du  coramerce^sur  la  pro- 


311 


JOURNAL  MENSUEL  DR  L'ACADéMIE   NATIONALE. 


312 


posîifoft  du  fommissaire  général  et  confor- 
mémeTH  y  l'avis  tinanime  de  la  commission 
spectatfi  instituée  pour  étudier  la  question 
deâ  transports,  a  accordé  è  M.  de  Mocomble 
la  concession  du  chemin  de  fer  destiné  à 
transporter  les  visiteurs  à  l'intérieur  de  TEx- 
position. 

Un  concours  ayant  élé  ouvert  pour  Toc- 
troi  de  la  concession  d'un  chemin  de  fer 
devant  servir  an  transport  des  personne  dans 
l'intérieur  de  l'Exposition,  douze  demandes 
de  concess  ions  avaient  uté  adressées  aucom- 
missariat  général.  ï.a  commission  d'études 
fut,  dans  Tad mission  des  concurrents,  ex- 
trômemcnt  large  ;  elle  estimait,  avec  raison, 
que  plus  h  coucurrence  serait  étendue, 
meilleures  aéraient  les  conditions  obtenues 
par  l'administration.  Klle  repoussa  donc 
1res  peu  de  demandes,  celles  seulement  qui 
lui  parurent  tout  à  fait  inadmissibles,  leurs 
signataires  ne  présentant  pas  de  garanties 
sul'lisantes. 

Mais  cinq  projets  seulement  furent  dépo- 
sés. De  prime  abord  Tun  d'eux  fut  écar- 
té. Il  étail  incomplètement  étudié.  C'était, 
d  aiUeurSjle  seul  qui  prévût  une  double  voie. 
L'examen  des  quatre  projets  restants  mit  en 
préi^ence  deux  concurrents.  Seulement,  une 
considération  se  présentait  qui  rendait  non 
douteuse  1  issue  de  la  comparaison  entre  eux 
d'eux  ;  tandis,  en  elfet,  que  son  concurrent 
sollicitait,  pour  rexécutîon,  une  subvention 
de  1,500,000  fr.,  M.  de  Mocomble  offrait  à 
1  administration  de  rE^posîtion  une  rede- 
vance proportionnelle  au  trafic  de  son  che- 
min de  fer. 

Et  il  apportait  non  seulement  la  voie  fer- 
rée demandée,  enceignant  toute  la  partie  de 
l'Exposition  sise  sur  la  rive  gauche,  mais, 
par-dessus  le  marché,  pour  ainsi  dire,  la 
plate-forrao  roulante  qui  doit  conslituer,  à 
coup  sûr,  une  des  grandes  attractions  de 
TExposition  ;  car  ce  sera  la  première  appli- 
cation en  grand  d'un  principe  original,  qui 
n'a  été  mis  en  œuvre  que  rarement  et  sur 
tles  parcours  des  plus  restreints.  Donc  le 
projet  Mocomble  présentait  sur  son  seul  ri- 
val sérieux  de  tels  avantages  que  son  adop- 
tion s'imposait  sans  contestations  possibles. 
C'est  lait- 


La  <c  rue  qui   marche  j>,  pour  lui  donner 
un  nom  qui  sera  vite  populaire^  sera  établie 
en  Tair,  en  viaduc,  à  la  hauteur  d'ua  pre- 
mier étage.  Elledoublera,  comme  trajet,  le 
chemin  de  fer,  qui,  sur  la  majeure  partie 
du  parcours,  circulera  parallèlement,  mais 
en  sens  inverse,  entre  les  piliers  mêmes  sur 
lesquels  elle  courra.  On  y  accédera  par  des 
escaliers  légers,  au  bas  desquels  seront  éta- 
blis les  guichets  des  tickets,et  qui  débouche- 
ront sur  une  première  bande  de  plancher, 
immobile  ,  et  formant  un  quai  d'embarque- 
ment continu.  Une  enjambée,   et  voilà  les 
voyageurs  sur  une  seconde  bande,    mobile 
Celle-là,  qui  les  emportera  à  la  vitesse  de  5 
kilomètres  à  Theure;  et,  si  le  train  leur  sem- 
ble insuffisant,  ils  auront  la  ressource  de 
passer  sur  une  troisième  bande  courant  à  10 
kilomètres  à  l'heure.  Quel   plus  charmant 
moyen  de  locomotion  imaginer  ?  Et  à  quel- 
les combinaisons  de  fôt  es,  d'illuminations, 
le  soir,  ne  va  pas  donner  naissance  cet  in- 
génieux système  ? 

Tout  cela,  pour  les  avantages  d'agrément . 
Au  point  de  vue  plus  utilitaire,  il  est  bon  de 
noter  qu'un  tel  système  permet  un  mouve- 
ment de  voyageurs  dix  fois  plus  grand  que 
celui  du  chemin  de  fer  :  pas  de  course  à  fai- 
re pourallerquérir  la  station ;pas  d'attente  à 
la  station,  sur  un  quai. Sur  un  trajet  de  3  ki- 
lomètres 500,  le  train   passe  sans  disconti- 
nuité. N'est-ce  pas  là  ridéal?Enûn,  le  com- 
missaire général  et  ses  collaborateurs  comp- 
tent beaucoup  sur  la  a  rue  qui  marche  » 
pour  constituer  le  <i  clou  »,  si  inutilement 
cherché  jusqu'à  présent,  de  l'Exposition  de 
1900,  et,  vraisemblablement  leur  espoir  se 
réalisera. 

Donnons  maintenant  quelques  renseigne- 
ments techniques  sur  l'ensemble  du  projet 
qui  était  présenté  collectivement  par  MM. 
Blot,  Guyenet  et  de  Mocomble.  On  sait  que 
M.  Guyenet  fait  partie  de  notre  Société. 

L'inventeur  de  la  plate-iorme  roulante 
est  M.  Blot  qui  en  prit  les  premiers  brevets 
en  1886  et  présenta,  pour  l'Exposition  de 
1889,  un  projet  d'application  qui  ne  fut 
d  ailleurs  pas  accepté. 

Cependant  des  applications  partielles  du 
système  eurent  lieu  ensuite  aux  Expositions 


••^1^ 


^m 


■P 


fHi^W 


ms 


KX  POSITIONS  ET   Ct>N\;OUElS* 


3H 


de  Cliicago  et  de  Berlin  avec  uu  plein  suc- 
ces.  Adroitement  combinée  avec  rexéfïution 
d'un  chemin  de  fer  électrique  ordinaire, 
ridée  de  la  plate-forme  roulante  imposait 
donc  en  quelque  sorte  soi.  adoption  pour  la 
future  grande  foire  du  monde, 

L'Exposition  de  1900  se  trouva,  par  suite, 
dotée  d'un  nouveau  mode  de  transport  des 
plus  ingénieux  et  qui  en  sera  certainement 
une  des  principales  attractions. 

En  elTet,  avec  la  plateforme  mobile  Blat, 
Guyenei,  de  Mocomble,  c  est  ta  voie  elle- 
mi^me  sur  laquelle  on  ^e  place  qui  avance, 
alors  que  les  roues  qui  la  font  mouvoir  tour- 
nent sur  place. 

Celte  voie,  élevée  à  7  mètres  au-dessus  du 
«ol  et  à  laquelle  on  accède  parde  très  nom- 
breux escaliers,  est  munie  de  sièges  confor- 
tables et  d*appuis  ;  elle  est  de  plus  couverte 
et  comporte  tout  ce  qu'exige  le  confortable 
moderne. 

Des  escaliers j  on  passû  sur  un  trottoir  fixe 
parallèle  aux  voies  mobiles  et  qui  sert  de 
btalionnament  pour  rembarquement  et  le 
débarquement. 

Comme  le  publie  pourrait  craindre  de 
monter  ou  descendre  pendant  la  marcbe  sur 
une  plateforme  marcliant  à  raison  de  2  m. 
70  à  la  seconde  ou  9  kilom.  7^0  m.  h  Tbeu- 
re,  une  seconde  plateforme  a  été  interposée 
marchant  seulement  à  la  vitesse  de  1  ui.  35 
à  la  seconde  ou  4  kilom.  860  m.  àTheure.Ce 
qui  fait  que  le  voyageur,  pour  passer  du  trot- 
toir iixe  sur  la  1^"  plateforme  et  ensuite  sur 
la  seconde,  trottoir  et  plateformes  se  trou- 
rant  au  môme  niveau,  n'a  qti'à  conserver 
I  allure  du  pas  ordinaire  pour  y  prendre 
pied  sans  à-coups,  ni  secousses. 

Chaque  plate-forme  est  portée  par  une 
succession  de  Irucks  ;  le  plancher  repose  sur 
des  longriûes  en  bois,  s'appuyant  sur  des 


traverses  dont  le  milieu  est  fixé  ù  une  pou- 
Ire  axiale.  Les  roues  des  irucks  sont  situées 
aux  extrémités  des  traverses  et  guidées  par  , 
une  voie  ferrée.  Le  tronçonnement  de  la 
poutre  axiale  en  section  de  4  mètres  permet 
de  franchir  des  courbes  de  00  mètres  de 
rayon.  Les  galets  moteurs,  en  tournant,  tont 
avancer  la  poutre  axiale  et  cela  suffit  pour 
que  les  plates-formes  se  mettent  en  mouve- 
ment. La  force  employée  est  Téiectricitéque 
transmet  une  station  centrale  etqui  produit 
la  rotation  des  galets  moteurs. 

Avec  ce  nouveau  mode  de  locomotion 
d'invention  essentiellement  française,  dispa- 
raissent tous  les  inconvénients  inhérents 
aux  moyens  de  transports  intermittents  com- 
me ceux  actuels. 

Plus  d'attente,  plus  de  ces  bousculades 
comme  il  s'en  produit  lorsque  la  foule  se 
précipite  pour  s'entasser  dans  des  wagons  on 
des  voitures  oii  Ton  n'accède  que  l'un  après 
Tautre  et  h.  la  queue  leu-leu. 

Avec  la  plateforme  mobile  ouverte  à  tous 
comme  un  immense  trottoir  roulant,  les 
voyageurs  seront  transportés  comme  par  en  - 
cliantement,  son  accès  étani  permanent  et 
s'étendani  sur  toute  sa  longueur- 

Après  avoir  versé  50  centimes  aux  tour- 
nifiuets,  ils  prendront  place  sur  l'élégan- 
te plateforme  mobile  couverte  qui  les  véhi- 
culera doucement  et  convenablement  assis 
aux  points  de  rExpnsiJion  où  ils  désireront 
se  rendre»  tout  en  leur  promettant  de  jouir, 
du  haut  de  cette  plateforme,  du  panorama 
général  de  l'Exposition. 

Le  parcours  comprendra  le  Quai  d'Orsay, 
le  Boulevard  Latour-Maubourg,  l'Avenue  do 
la  Motte-Ptcquet,etrejoindraleQuai  d^Ûrsay 
par  TAvenuede  la  Bourdonnais. 

n  est  certain  que  ce  nouveau  mode  de 
transport  aura  le  plus  grand  succès. 


315 


JOURNAL  MENSUB     DE  L*ACAOlilllB  NATIONALR. 


316 


INDUSTRIE 


LAMPE  A  PÉTROLE  DE  SURETE 

inventée  par  M.  Edward  Berchten. 

28j  Dcvonshire  C1tambers,Bi8hopsgûteStreet, 
à  Londres. 

Notre  Sodétaire,  le  D'  Edward  Berchten, 
JQgénieur  cliimisle  et  expert  en  huiles  mi- 
nérales, vient  d  inventer  et  de  construire 
une  tampe  h  pétrole  qui  est  la  seule,  jusqu'à 
présent 4  pouvant  iHre  considérée  comme 
enljcrement  à  labri des  explosions. 

Les  avaiilâ^'es  que  cette  lampe  possède 
sur  toutes  les  autres  sont  très  simples  et  se 
comprendront  facilement  par  les  explica- 
tions suivantes: 

r  Le  lait  principal  est  i|ue  la  flamme  de 
la  lampe  est  absolument  séparée  des  gaz  ac- 
cumulés dans  le  réservoir  à  pétrole. 

2""  Tout  dan^î^^r  d  accident  ou  d'explosion 
e^i  rendu  impossible  en  éteignant  la  lampe, 
nue  hi  Jlamme  soit  haute  ou  basse. 

3^  Une  cause  subsidiaire  de  la  sûreté  de 
la  lampe  consiste  en  ce  quecelle-ci  est  cons- 
truite entièrement  en  métal,  ce  qui  consli- 
tue  une  autre  garantie  contre  les  explosions. 

i"  La  méelie  est  enfermée  dans  un  cyhn- 
dre  métallique  uni  au  bec  de  la  lampe  qui 
est  coupé  de  la  manière  ordinaire,  et  vissé 
duns  la  couronne  sur  le  réservoir  à  huile 
de  n'importe  quelle  lampe. 

La  source  de  iar|uelle  la  mèche  reçoit  la 
quantité  nécessaire  d'huile  pour  Téc  lai  rage, 
est  une  autre  appplication  du  système  capil- 
laire au  moyen  dui]ueirhuile  est  conduite, 
suivant  un  arrangement  spécial, à  la  mèche 
à  flammej  par  une  mèche  supplémentaire 
en  communication  avec  le  réservoir  à  l'huile 
et  la  base  du  bec. 

Par  cet  arrangement  il  est  impossible  que 
rbuile  puisses  échapper,  et  comme  preuve 
supplémentaire  de  la  sûreté  de  la  lampe, 
disons  que  c6lle-4!Î  peut  être  renversée  ou 
roulée  sur  la  table  sans  aucun  danger. 

n  est  l'acile  de  voir,  dit   le  D'   Berchten, 


que  les  avantages  ne  se  limitent  pas  à  la  sû- 
reté de  la  lampe  seulement, mais  à  la  com- 
plète sûreté  des  millions  de  personnes  qui 
sont  forcées  de  faire  usage  de  lampes,  sur- 
tout si  celles«ci  sont  remplies  d'huile  d'une 
très  grande  inflammabilité. 

On  nous  assure  que  le  brevet  sera  adopté 
par  les  principaux  fabricants  de  lampes, qui 
construiront  des  lampes  à  des  prix  à  la  por- 
tée de  toutes  les  bourses, même  les  plus  mo  - 
destes. 


LA  FABRICATION  DES  8UCRE8 
EN  FRANCE  ET  EN  ALLEMAGNE 


RENDEMENTS  EN  BETTERAVES  A  SUCRE  PAR 
HECTARE,     KN  KILOGRAMMES 

Campagnes  France  Allemagne 

1802-93 25.605  27.900 

1893-^14 23.863  27.900 

1894-95 29.553  32.900 

1895-96 26.434  31.000 

1896-07 57.100  32.300 

Moyennes 26  551        30.320 

Ecart  en  plus  pour  TAllemagne,  30,809 
kilogs  ou  14.3  %  . 

Ce  tableau  montre  que  le  rendement  moyen 
de  notre  culture  est  de  26.511k.  de  bettera- 
ves à  l'hectare  contre  30.320  kilogs  en  Alle- 
magne, soit  3.809  kilogs  oa  14.3  %  en  plus 
pour  ce  dernier  pays.  Se  doute-t-on  de  la 
conséquence  de  cet  écart  ?  C'est  que,  les 
frais  de  culture  étant  supposés  égaux,  dans 
les  deux  pays,  hypothèse  plutôt  défavorable 
à  rAllemagne,  et  ces  frais  étant  par  exemple 
de  700  fr.  par  hectare,  la  tonne  de  bettera- 
ves nous  coûte  20  fr.40  au  lieu  de  23  fr.  10 
qu'elle  coûte  en  Allemagne  :  c'est  un  avan- 
tage de  3  fr.  30  pour  le  fabricant  allemand. 
Est-ilbesoin  d'ajouter  que  cette  supériorité 
TAllomagne  la  doit  à  sa  longue  expérience 
de  plus  d'un  demi-siècle  dans  la  culture  de 
la  betterave  riche,  culture  introduite  depuis 


f 


I   .V.  mm 


ma^ftmm 


317 

13  ans  seulement  chest  nous  ?  Maia  ce  n'est 
pas  tout  :  notre  rendement  industriel  aussi 
esl  inférieur  à  celui  de  rAUemugue  ; 

AEPîOEHKNTS  INDUSTHIELS     EN  SUCRE  RAFFINÉ 
^  PAR  100  KirjOGS  DE  BETTERAVES 


iNnusrBiË:. 


318 


Campagnes 


1892-03. 
1893-Ô4. 
1S94-95- 
1805*96. 
1895-97. 


France 

Allemognï 

Raitinû 

Itunînf- 

9.U3 

J0.74 

0.28 

11.10 

0  30 

10.93 

10. 4S 

11.80 

9.36 

U.39 

Moyennes. 


9,.t9 


1M9 


Ecart  en  plus  pour  TAIIemagne,  1.70  % 
en  raftinë. 

Notre  tixtracUon  moyenne  en  raftiné  est 
iliincde9.49  %  contre  11,10  %  en  Alle- 
magne ;  c'est  donc  hîO  %  de  plus  en  fa- 
(:atirde  nos  nvatjx.  En  d'autres  termes  nous 
employons  encore  L053  kg.  de  betteraves 
pour  produire  100  kg-  de  sucre  but,  tandis 
que  les  Allemands  ne  consomment  que8?y 
kg,  de  betteraves.  Cela  tient  en  partie  à  nos 
méthodes  de  culture  et  en  partie  au  travail 
lies  mélasses  usité  en  AUemagneet  abandon- 
né chez  nous;  le  climat  aussi  y  est  pour 
quelque  chose.  Quoi  rju^il  en  soit,  non  seule- 
ment la  betterave  coûte  moins  clicraux  Al- 
lemands, mais  il  leur  en  faut  sensiblement 
moins  pour  obtenh*  la  même  quantité  desu- 
cre.  Et  il  y  a  unautre  point  encore  surlequrl 
rAUema^ne  l'emporte  notablement  sur  la 
France,  la  capacité  de  production  des  usines - 

TRAVAIL  DES  BETTERAVES  I>AR  FABRrQUE 

EN    TONNES. 


Par  L-ampagn» 

Par  34 

lictir«s 

CimpagDM. 

France. 

Allemag. 

Frant-e. 

Alktnsf; 

1802.93. 

14.871 

24.468 

215 

314.8 

1893-94. 

14.190 

20.382 

235 

336.4 

1894-95. 

19.450 

35.854 

240 

362.2 

)8D5-9C. 

15.300 

29.402 

245 

293.2 

1896-07. 

18.800 

34.390 

245 

399.0 

Mûjennei-     16.002       30.070      235      301 .0 

Ecart  en  plus  pour  l'Allemagne,  13.  577 
lODRês  par  campagne  ou  82  %  et  1S6  tonnes 
pr24  heures  ou  53,0  % 


En  moyenne, nosusinestraitent  par  cam- 
pagne 10,50^  tonnes  de  betteraves,  contre 
38,079  tonnes  en  Alleuaagne:  c'est  un  écart 
de  82  %  en  faveurde  TAllemagne.  Quant  au 
travail  journalier,  nous  n'arrivons  en  moyen* 
no,  par  fabrique,  qu'à  235  tonnes  contre  301 
tonnes  en  Allemagne,  soit  53,6  %  d'écarts 
en  plus  pour  ce  dernier  pays.  Aussi,  et  vu 
le  meilleur  marché  des  salaiJBS  chez  nos  voi- 
sin s  teur a  frais  de  fabrication  son t-ilsnotable* 
ment  plus  réduits^iue  les  mitres.  De  Vensem- 
ble  de  ces  diiïérences  résulte  pour  eux,  en 
définitive,  uof/  plus  grande  économie  dans 
la  production  du  sac  de  sucre. 

Nous  devons,  dos  lors, cela  est  clair,tendrG 
ù  laire  disparaître  ces  écarts,  et  le  perfection* 
nement  de  notre  agncuUurtt,  l'agrandisse- 
mont  de  notre  outillage,  objets  de  tant  de 
transformations  depuis  1884,  réclament  en- 
core de  notre  part  de  grands  efforts  ;  mais,  ne 
l'oublions  pasj  le  coût  de  la  mai  u  d'ceu  vre,  d  u 
combustible,  les  charges  fiscales  Jes  impôts 
sont  plus  élevés  en  Francequ  en  Allemagne; 
de  plus,  le  sucre  est  frappé  cliex  nous  d'un 
impôt  fort  lourd  et  sans  exemple  dans  les 
autres  payi.  Or,  La  législatir}n  de  1884  offre, 
en  quelque  sorte,  une  compensation  à  ces 
charges  supplémentaires,  en  exonérant  de 
l'impôt  une  partie  de  la  production  et,  ce 
qui  est  précieux,  à  notre  sens,  elle  seule 
peut  permettre  à  la  culture  et  à  la  fabrique 
d'accomplir  graduellement  révolution  nou- 
\  elle  que  leur  imposent  le  progrès  scientiii- 
que  et  la  concurrence  universelle. 

[Journal  du  Cultivateur.) 


LES    PBOQRES    DE    LINDUSTHIE 
ALLEMANDE  DE  1882  A  1895. 

En  1882,  5, 83LG22  hommes  et  L569.107 
femmes  étaient  occupés  dans  l'industrie 
allemande  ;en  1805,  —  treize  ans  après  — 
7. 920 /J44  hommes  et  2.:^39,325  femmes. 
C'est  un  accroissement  de  près  de  3  millions 
L*industrie  seule  a  profité  de  ces  progrès  ; 
le  nombre  des  agriculteurs  a  plutôt  diminué 
et  comme  la  terre  cultivable  ne  s*étend  pas, 
Teicédent  d'une  population  croissante  doit 


Sltl  lOURNAL  MENSUEL  DE 

âo  jeter  sur  t'indusirie.  On  aura  remarqué 
ijue  le  nombre  îles  femmes  occupées  dans 
lindusLrie  s'est  .iccrii  dans  de  plus  fortes, 
proportions,  55  %,que  le  nombre  des 
iiommes,  3t>  i,  ;  si  c'est  là  un  signe  de  pros- 
périté elle  est  chèrement  achetée. 

Voila  pour  Tensamble  du  personnel  oc- 
cupé, patrons  ou  aides,  l  ndiquons  mainte- 
nant le  nombre  des  tfiablissementsaux  deux 
époques.et  distinguons  entre  ceux  où  le  pa- 
tron travaille  ^ul  et  ceux  où  il  a  des  aides, 
desfimplûyés,desoavriers.Epl882,2.530.ô85 
palronsiravaillent  seuls,  en  1895,2.338.677; 
ilyadonc  décroissance; en  1882,  1.078.916 
établissements  occupaient  des  ouvriers,  en 
1895,1  .:il9,400,  c'est  un  fort  accroissement. 
Ces  chiffres  montrent  qu'il  y  a  un  gain  ab- 
solu de  49.ÛO0éiabtLâHements,et que  192.000 
patrons  ont  pu  s'adjoindre  des  ouvriers. 

Nous  allons  pénétrer  un  peu  dans  les  dé- 
tails. Voici  comment  se  subdivisent,  par  na- 
ture d'industriet  les  établissements  ci-des- 
sous: 

Année  18^*2  Nombre       En  0/0 


JardinugCf  élève  du  bé- 
tail, pêcheries 

Industrie  proprement 
dite  j  mines  comprisesi 

Commerce,  transports, 
hôtels,  auberges,  ca- 
barets  


Anni-e  1S9S 

Jardinage,  élève  du  bé- 
tail, pêcheries. .,,... 

Industrie  proprement 
dite  mi  nés  comprises] 

Commerce,  transports, 
hutels,  auberges,  ca- 
barets  


l'académie  nationale.  320 

etc.,  en  18S2, 5.033.  633;  en  1895.8.000.05:1 
Commerce,  etc.,  en  1882,  67.418  :  en  1805, 
103,128.  Industrie,  etc.,  1882,  1.339.708; 
1895.  2.1^55.638.  Donc,  partout  le  nombre 
des  travail  leurs  s'est  accru.  De  plus,  le  nom- 
bre des  moteurs  aussi  a  considérablement 
augmenté. 

Veut-on  savoir  quelles  industries  ont  le 
plus  augmenté  ou  diminué  de  1882  à  1895  ? 
Nous  l'indiquerons  en  citant  le  nombre 
moyen  des  aides  (employés  et  ouvriers)  par 
établissement,savoir  :  mines  et  usines.  81.3 
aides  en  1882  ;  134.0  en  1895  ;  travail  des 
métaux,  2.8,  en  188?,  contre  4.0  en  1895  ; 
fabrication  demachines,4.3contre6.0  ;  pro- 
duits chimiques,  7.8  contre  11.1  ;  matières 
grasses,  savons,  etc.,  6  contre  8.7.  Générale- 
ment le  nombre  des  ouvriers  a  augmenté,  et 
partout,  dans  bien  des  cas,  le  nombre  des 
établissements  a  diminué,  ce  qui  indique- 
rait que  la  grande  industrie  s  est  assez  sou- 
vent substituée  à  la  petite.  Voici  un  petit 
tableau  qui  fera  la  décomposition  de  la  gran- 
de et  delà  petite  industrie,  pour  1895,  com- 
parée avec  Tannée  1882  : 


13.094      1.2 
2.560.442     70.9 

1.006.265    27.9 


3.609.801  100.0 
Nombre      En  % 

53.547       1.5 
2.4>8.462    66.4 

1.176.068    31.1 


3.658.077  100.0 


A  pfemlère  vue  on  sera  disposé  à  dire  ici 
que  l'industrie  proprement  dite  a  diminué. 
Ou  ajoutera  :  cequi  a  augmenté,c'est  le  com- 
merce, et  peut-Être  seulement  les  cabarets. 
Maii  comparons  le  personnel, le  nom  brodes 
iraYailleurs  aux  deux  époques  :  jardinage, 


Ëtablissemenls 

Patron  seul  et  sans 
moteur 

Patron  avec  1  à  5 
aides  ouvriers  .. 

Total  de  la  petite 
industrie 

Patron  avec  6  à  10 
aides 

Patron  avec  11  à  50 
aides 

Totalde  la  moyenne 

industrie 

Patron  avec  51   à 

200  aides 

Patron  avec  201  à 

1000  aides 

Patron  avec  plus  de 

1000  aides 

Total  de  la  grande 

industrie 

Total  général.. . 


1895 

1.714.351     1 
1.220.372    1 


1888 

.877.872 
,004.890 


2.934.728    2 
113.547 
77.752 

191.299 

15.624 

3.076 

255 

18.955 
3.144.977    3, 


.882.7(58 
68.703 
43.032 

112.715 

8.095 

1.752 

127 

9.974 
008.457 


J31  tlHDUSTHlIl, 

I         Travîiilleura  îllfr  lB9fi 

Palron  seul  el  sans 

moleur K71  L3j1  1 .877.872 

Patron  avec  1  à  5 

aides   ouvriers.     3.05f3.:il8  2.453.750 

Total  de  la  petite ^_^  ^^_^ 

indu  strie .     4.T70.Oi39  4.335.8^:^ 

I. Patron  avec  0  à  ]() 

aides.,.. 83), 409        500.097 

Patron  avec  lia  50 

aides 1. 020. 848        891.623 

Talal  de  la  moyen-  

ne  ioduslrie. . .  .^  2.454.257    r:j91.7^0 

Patron  avec  51   a 

200  aides 1.439  776         742JjSS 

Palron  avec  201  ù 

1.000  aides...,  1.155.836  657*899 
Patron   avec  LOOO 

aides 1 .  155*836        fîo7,39Ô 

Total  de  la  grande 

industrie. 3.014.343     1  J313.247 

Tût^il  général...   10.259.2H9    7.;:40.780 

1^  nature  de  Vindustiie,  cela  va  sans  dire, 
aune  influence  sur  la  grandeur  des  exploi- 
tations. Dana  la  petite  industrie  on  trouve 
surtout  la  confection,  la  Manchisserie  et 
<rautres  branches  de  Tindustricdu  vêtement; 
puis  les  établissements  qui  ofFrent  des  ali- 
tnentset  des  boissons  ;  ensuite  le  commerce 
fie  détail,  te  jardinage  et  la  pèche.  Dans  la 
grande,  on  rencontre  surtout  les  mines,  les 
produits  cliimiques,  les  te^stiles,  la  fabrica- 
tion des  machines,  la  papeterie. 

Dans  Kindustrie  textile,  qui  occupe  un  en- 
ï^emblede  093,257  personnes,  587.591»  ap- 
partiennent a  la  grande  industrie,  405.058 
se  répartissent  entre  les  t^tablissements 
moyens  et  petits.  Dans  les  mines,  sur  un  en- 
îerablede  530.289,  plusde51LO00  appar- 
tiennent à  la  grande  indu^^Lrie.  La  t'abrica- 
tiûu  des  maeliines  occupe  5H;>.072  person- 
aesdont  343.690  dans  la  grande  industrie. 

L'accroissement  des  établissements  de  la 
P^ande  industrie  a  eu  une  pius  grande  in* 
tluence  relative  sur  le  nombre  des  employés 
quesur  le  nombre  des  ouvriers. En  ISS2,  les 


321 


7,at0.7S9  travailleurs  sedivisenten  2.009.070 
patrons,  205.001  employés  et  L22C.052  ou- 
vriers ;  en  1895,  sur  10.^50,209  personnes 
activeson  compte2.918.821  patronSt  448  914 
employés  et6.87L504  ouvriers,  Los  em- 
ployés sont  plu=i  nombreux  parce  que  la  di- 
rection d'une  grande  affaireeîtige  un  appa- 
reil administratif  plus  compliqué. 

On  sait  que  le  travail  des  enfants  a  donné 
lieu  à  bien  des  discussions  depuis  une  série 
d  années,  et  non  sans  raison,  car  les  enfants 
fournissent  un  assez  important  contingent 
au  travail  commun  et  11  s'agissait  de  faire 
disparaître  de  graves  abus.  Gnke  à  toute 
une  série  de  lois,  les  abusent  h  peu  près 
complètement  cessé.  La  loi  allemande  ap- 
pelle enfants  les  travailleuri  ugésde  moins 
de  seize  ans,  leur  nombre  est  de  461.121 
garçons  (8.0  %)  et  de  i'38.72a  lilles  (8.5  %  ,  ; 
cela  fait  603.150  enfants  8.8  %  contre 
6.871,504  adultes  9L2  %  .  En  dehors  de 
la  grande  et  de  la  petite  industrie,  Tindus- 
trie  domestique,  c  est  à*dire  le  travail  fau 
pour  un  patr  m,  el  non  pour  I©  3onsommii* 
leur,  forme  une  division  à  part.  Il  y  eut  en 
18e*2,  470,080  travailleurs  occupés  dans  ces 
conditions  el  460.085  en  1895;  c'est  une 
diminution  qu'on  peut  expliquer,  je  crois, 
par  la  nécessité  croissante  d'employer  dc> 
machines  pour  soutenir  la  concurrence.  Les 
industries  ou  le  travail  à  domicile  est  le  plus 
répandu  sont  :  les  lexiles,  102. 50 J  alelieri  : 
le  vêtement  confection  ,  120,4*8  ateliers  ; 
objets  enbois23.405ateliers  ;  objets  en  fer, 
10.803, 

Nous  arrivons  ma  in  tenant  au  point  le  plus 
délicat  et  ù  h  fois  le  plus  curieux  de  cette 
statistique* 

Jusqu'à  préseul  il  s'est  agi  dcainstrumenùs^ 
nous  allons  examiner  maintenant  si  la  pro- 
duction s'6st  accrue  dans  la  méîT.e  propor- 
tion que  les  instruments.  On  ne  pourr;L 
donner  sur  ce  point  quedesrenseignemem^ 
approximatifs  ou  incomplets,  mais  qui  au- 
ront jiéan moins  leur  intérêt. 

Le  nombre  des  établissements  on  1895,  a 
augmenté  de  L3  %  relativement  à  1882  et 
de  13.2  ri  relativement  à  1875.  Le  nombre 
des  personnes  actives  travaillant  s  est  accru 
de  39,0  \  depuis  1S8L^  el  de  5S,7  %  depuis 


■^F 


3^3 


JOUIUVAL  MENSUEL  M  L  AG4DÉIIIR  NATIONALE. 


324 


1875.  Le  nombre  des  forces  dechevaux  aug- 
menté de  1875  à  1895  d'environ  222  %  . 

Voici  d*abord  les  industries  qui  fournis- 
sent des  chiffres  exacts  pour  1882  et  1895  ; 
minesde  métaux  autres  que  le  fer,  accrois- 
sement pour  la  période  de  treize  ans  li.lYo] 
mines  de  fer,  accroissement  de  la  produc- 
tion 49.5  %  ;  usines  à  argent,  plomb,  cui- 
vre, nickel,  accroissement  :  60.9  %  ;  mines 
deselgenime,  44.U  X  ;salinesl6.1  %  ;mines 
de  liouiile^50.1  %  ;  mines  de  lignite,  86.9  %  ; 
aucro  de  betteraves,  194.0  %  ;  bière,  41.5  %. 
La  fabricaUoïi  de  lalcool  semble  avoir  di- 
minué. Pour  la  plu  part  des  autres  industries, 
ou  pluUH  pourrensemblc  des  industriesalle- 
mandes^   ou  a  comparé  les  quantités  et  les 
valeurs  exportées  aux  deux  époques,  savoir: 
En    1895  on  a  exporté  13.8  millions  de 
tonnes  valant  3.424.1  millions  de  marks. 

Kii   1882  on  a  expoiné   17.2  millions  de 
tonnes  valant  :i,^^79.U  millions  de  marks. 
L'accroissement  a  donc  atteint,  dans  ces 


treize  années  66  millions  de  tonnes  38.4  % 
et  144.2  millions  de  mark  <4.4  %  >.  Lasdeux 
grandes  industries  qui  ontle  plasgagné  dans 
la  période  en  question,  se  sont  celle  des 
textiles  et  c^lle  des  produits  chimiques.  Dans 
les  textiles  le  nombre  des  travailleurs  s'est 
élevé  de  910.089 à  992.257,les  quantités  ex- 
portées de  210.464  tonnes  à  253.749  tonnes 
(accroissement 20.6  %)  ;  la  valeur  a  baissé 
de  832  millions  de  M.  à  779.472.000  6.3  %^  : 
c'est  que  les  prix  ont  baissé.  Dans  les  pro- 
duits chimiques,  le  personnel  a  augmenté 
de  60.5  % ,  les  quantités  produites  de  38.2 
%  ,  les  valeurs  de  31.1.  Ici  on  constate  une 
tendance  à  la  baisse. 

Cet  exemples  suffiront  pour  donner  une 
idée  du  mou vement  ascensionnel  de  Tindu^ 
trie  allemande  dans  une  période  de  temps 
relativement  courte. 

Extrait  de  la  Revue  de  Statistique^  d'après 
une  étude  de  M.Maurice  Black  parue  dans 
V Economiste  Français., 


COMMERCE 


LE  C  OMMCRCE  DES  VINS  DE 
CHAMPAGNE 

fl'apréo  re9  recensements  de  ia  Chambre  de 
commerce  de  Reims. 

AnnèM 

Ktmbn  dt  brattUlM 
Vwthn       txpMiéMtnrruiM 

de  bontêillM      ans  mareh&nds          ■v.a.., 
tziMiiM          M  SIM,  MX            -svtêax 
k  l'étraagv     dékitanU  tt  «as 

""- 

1859-60 

8.265.395 

2.039.621 

11.305.016 

AimDci 

dt  boDUUIii       LOI  aanhAndi       fp^i^n. 

1860-61 

1861-62.... 

8.4î'8.223 
6.904.915 

2.697.508 
2.592.875 

ll.lî<5.731 
9.497.790 

«n  gros,  ans 
dtbiUaU  «t  aoz 

1862-63.... 
1863-64 

7.937.836 
9.851.138 

2.767.371 
2.934.996 

10.705.207 
12.786.134 

— 

— 

— 

— 

1864-65 

8.101.441 

2.801.626 

11.903.067 

1844-45.. 

4,380.214 

?,  255. 438 

6.635.C52 

1865-66.... 

10.413.455 

3.782.777 

13.196,132 

184^-40,. 

4.IÎ05.3C8 

«510.605 

9.015.913 

1866-07.... 

10.283.886 

3.218.343 

13.502.229 

184M7.. 

iraiMh 

2.355.366 

7.067.281 

Î867-68.... 

10.876.585 

2.924.268 

13.800.853 

1847-48.. 

4.tî-i9.(i25 

2.01)2.571 

6.952.190 

1868-69.... 

12.810.194 

3.104.496 

15.914.690 

18^8-4:?.. 

!iJjmj.4B4 

L473.966 

7.160.450 

1869-70.... 

13.858.839 

3.628.461 

17.487,300 

U41U0.. 

5. OUI. 044 

K705.735 

6.706.779 

1870-71.... 

7.544.323 

1.6a.^l 

9.178.264 

t850'5L. 

5.8(36-371 

:il22.569 

7.989.540 

1871-72.... 

17.001.124 

3.367.537 

20.368.661 

Iffil^S.. 

5.957.552 

2.162.880 

8.120.432 

1872-73.,.. 

18.917.779 

3.464.059 

22.381.838 

1852^53,. 

6.355,5:4 

2.385.217 

8.740.79« 

1873-74.... 

.       18.106.310 

2.491.759 

20.598.069 

1&53-54. 

7.87â,32Û 

2.528.719 

10.407.039 

1874-75.... 

.      15.318.345 

3.517.182 

13.835.527 

lî^SJ^ta.. 

{^51^.773 

2.452,743 

6.348.516 

1875-76.... 

.      lo. 705. 719 

2.439.762 

19.145.481 

I85rKrjL. 

7.337.001 

2,062.039 

9.699.040 

1876-77.... 

.       15.882.964 

3.127.991 

19.010.955 

l^rrt)-57.. 

g. 490, m 

^.468.818 

10. 950. 016 

1877-78.... 

.      15.711.651 

2.450.983 

18.162.634 

1857-5^,. 

7.368,310 

2.421.454 

9. -89. 764 

1878-';  9.... 

.      14.844.181 

2.596.356 

17.440.537 

iS58^5P., 

,,.        7.066.03^ 

*. 805. 416 

10.-^72.049 

1879-80.... 

.      16.5i4.593 

2.666.561 

19.191.154 

"TF^ 


3?5 


VABIET^>. 


Nombra 
dibontoUlM 

à  retrangtr. 


Nombre   de   bonteillei 

ezpèdiéae  en  Franco 

au  maïahandi 

en  irroi,  au 

débitante  et  au 

oonsommatenn. 


Totau 


1880-81 18.220.980  2.399.924  20.620.90* 

1881-82 17.671.366  3.190.S69  20.862.235 

1882-83 17.642.821  2.869.231  20.512.052 

1883-84 18.206.956  2.675.578  20.882.534 

1884-85 18.189.256  2.822.601  21.011857 

1885-86 14.923.490  2.752.184  17.675.674 

1886-87 16.922.903  2.861.971  19.084.874 

1887-88 17.257.685  3.076.639  20.334.324 

1888-89 18.904.469  3.653.615  22.558.084 

1889-90 19.148.382  1.176  18.)  23.324.571 


Aaic*a 


18'^-1H,. 


ât4 


âH-  boQtejJlï5 


Ktjmbrï    de    toattitlia 

eipàJJi:E9  e^  Frm» 
&i]i  mirchKadi 


ToUoi 


iiLarCj,n5 

Hjj;^JiJ.67fî 
17, ^rn  ;]it) 

2lM5r».7!^S 


L0:7  USi 

Lb7,5:r. 
5.?*7iLr.J8 

7.2.M  iir» 


25.77(j.l9l 
2i.2Ah.m 

ii  o-î2.0^ri 


Mt'ime  de  statistique. 


VARIÉTÉS 


LE  CAPE 

8a  culture  et  ton  oommeroe. 

Communication  de  M.  E.  Saint-Denis^  à 
Granville  (Manche). 

{Suite  et  fin.) 

Voir  le  journal  de  Juin. 

On  estimait  autrefois  la  valeur  d*une/^- 
^enda  par  le  nombre  d'esclaves  que  possé- 
dait le  maître  et  le  nombre  des  pieds  de 
café  qui  couvraient  la  propriété. 

Je  ne  veux  pas  prétendre  que  Tabolition 
de  Tesclavage  soit  la  cause  de  la  ruine  du 
pays  —  loin  de  là,  mais  l'opinion  de  beau- 
coup c'est  qu'il  y  a  eu  précipitation  ;  qu'on 
n'avait  pas  assez  étudié  la  question  du  rem- 
placement de  ces  bras  esclaves  par  le  travail 
libre  des  immigrés. 

Je  sais  que  dans  ce  pays  les  demi-me- 
sures ou  mesures  d'atermoiements  sont  fu- 
nestes, et  que  provisoire  est  presque  syno- 
nyme d'éternel,  mais  la  plume  d'argent 
que  présentait  à  la  princesse  la  main  noire 
de  José  Patrocinio  paraphait  le  même  jour 
la  liberté  des  esclaveset  l'esclavage  de  bien 
des  gens  libres. 

La  loi  libertaire  consacrait  les  droits  et 
les  devoirs  de  l'humaine  indépendance  en 
même  temps  qu*elle  descellait  la  première 
marche  d'un  trône. 


A  tous  il  seiul)l!iii  (|uo  U  lui  .lu  Viscorido 
de  Jîio  Hraiico  dite  du  Ventre  libre  était  une 
mesure  ^ni:e  et  dont  les  c*fT(Us  puuvaient 
jieui  4Hre  (janiiLrL^Qnls  k  ï\iieU\ac^-un^^uuih 
prëp:u'niL  et  0[)érail  la  traiisfarnisUicm  sans 
secousse- 
La  traite  des  rmirs  a  clo  predtaiïieuL  ré- 
prou  vue  [lar  tous  les  pouples  —  celait  un 
crime,  mai^un  crirTie<|ui  i'ul  toujours  puni, 
taudis  i[ue  la  traile  des  Ijlarics  —l'immigra- 
tion  commue  elle  ^sL  cncm'O  [>raiir(uée  —  eat 
un  rnme  tokniMiutit  on  ne  counaft  pas 
Loutes  les  luu'reurs. 

L'aviilitè  des  [iLiiirvoyeiirà  jetle  tous  les 
ausfMi  halucau>c  dans  les  pays  loi  niai  us,  en 
pâ  l  u  rc  a  u  \  I  i  è  v  j^e  s  e  ta  la  ni  o  v  t ,  d  es  uî  H  l  i  ers 
dedupes;  et  je  déclare  qu'elle  sera  plus 
lune>Ee  eneureque  la  Lraue  si  honteuse  et 
iiîépn-abledes  ururs  —  ianh]ue  l'imoiigra- 
tiun  ne  stra  pas  libre,  indçpeudanti^  ol 
fiùlQ  de  bonue  foi- 

J'ai  assez,  vu  revenir  de  ee^  victiuiî'salnu- 
dounuf's,  misérables  eL  ronj-^ét^s  de  vermine 
«jui  veuitieul  chercher  des  bous  de  nuit  ut 
de  vivres  dans  uns  Inireaux  de  bienllùsanee 
—  de.'ï  billets  de  rapritïieujent  au  Corisnlat, 
Je  reserve  d'ailleurs  tiu  ('lia[)itre  a  rira- 
tui^ralum  —  a  ee  tpie  hm  aurait  pu  en 
aLtoruJru—  conimc  ré^ultaï  .lu  f^oiuLde  vue 
af^rieolect  ojlouibateur*-. 

La  fertilité  et  la  fucutirtite  de  la  terre  tiu 


327 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L' ACADÉMIE  NATIONALE. 


328 


Brésil  est  telle  que  la  culture  du  café  ne  né- 
cessite presque  aucun  travail. 

Eu  trois  ans  la  croissance  du  caféyer  est 
suffisante  et  la  production  commence...  Le 
soleil  a  l'aît  son  (euvre,  la  lerre  a  donné  sa 
sève,  les  grains  brillants  sont  murs.  La 
cneillette  se  luit  du  niïitJM  jusqu'àmidi  pour 
rtîprendre  plus  tard ^  après  la  sieste  jusqu'à 
la  nuit.,. 

Les  noirsj  les  femmes  et  lesmoléques,  di- 
visés par  groupes,  par  classes  H  catégories 
sous  les  ordres  des  feitares  récoltent  les 
graiiis  dans  les  cestes  qui  sont  ensuite  por- 
tés au  Tervdro,  sorte  d  emplacement  de 
terre l)allire  où  l'on  étend  te  café  pour  le 
sécher... 

La  cuquo  bientôt  se  déiaclie  et  Ton  pro- 
cède au  décortjquage  ;  quelques  fazendeiroa 
employaient  le  pilon  primitif  —  quelques 
autres  avaient  des  x  engenlios  »,  sortes  de 
machines  en  bois  manœuvrant  avec  des  ma- 
nivelles. 

On  faisait  et  Ton  fait  aussi  le  décortiquage 
à  Teau  —  c'est-à-dire  fjue  Ton  mettait  les 
baies  à  mucérer  dans  des  Jtinque)  bassins 
pour  enlever  b  coque.,,  ces  calés  restaient 
verts  et  s'appelaient  ■  cafés  lavados  ».  Ce 
sont  les  premiers  qu'on  expédie  en  Europe 
où  ils  sont  très  recherchés. 

Les  grains,  en  sortant  des  pilons  ou  «  en - 
gouhos  s  étaient  passés  aux  vans  et  puis 
ensuite  triés  ~  c*est  ainsi  que  l'on  procé- 
dait autre  fois..* 

Aujourd'hui  tout  se  fait  mécaniquement 
étuves^  décortiqueuse,  rouleuses,  ventila- 
teurs, criblousesj  sont  de^ini^iruments  com- 
mun s  dans  les  fazendas. 

J*aj  vu  des  machines,  \\m  d'ailleurs  ont 
élé  condamnées,  destinées  ù  «  plomber  » 
du  café  pour  lui  donner  une  couleur  de 
café  a  lavado  )>  ;  j'ai  vu  des  machines  à  faire 
du  café  —  des  grains  de  cale  assez  parfai-^ 
lenienl  imités.  Ces  machines  étaient  aile-, 
mandes^  aussi  je  me  passe  de  commentaires, 

[.es  Terres  Ilosas  ou  rouges  de  S.  PauL 
font  distinjîuer  fiicrlement  les  cafés  de  San- 
tos  et  de  provenances  paulistes. 

Dans  la  fente  du  grain  on  voit  un  peu  de 
terre  rou^fo  —  poussièi-e  siti  generis  qui  est 
son  ceriilicat  d'origine. 


Les  cafés,  après  le  criblage  et  le  triage, 
sont  mis  dans  les«  armazems»,  magasins  de 
la  fazenda  où  le  propriétaire  les  conserve 
en  attendant  qu'on  lui  fasse  des  offres  ou 
qu'illes  mette  en  vente. 


.,.  Les  soirées  de  la  fazenda  au  moment 
de  la  cueillette  étaient  autant  de  fêtes  pour 
tous  et  les  noirs  avaient  leur  large  part  dans 
ces  agapes  et  les  miettes  delà  table  du  maî- 
tre venaient  augmenter  les  rations  de  la 
veillée.... Aujourd'hui  les  immigrants  tra- 
vaillent sans  arrêt,  à  la  tâche,  aux  cents  ki- 
los.... et  se  lèvent  souvent  les  premiers  pour 
arriver  sur  le  lieu  de  destruction  —  je  dis 
destruction  parce  qu'ils  ripent  la  branche 
sans  cueillirgrains  par  grains —  et  souvent 
rasscntles  «  galhos  »  (branches]  pour  entas- 
ser plus  vite  le  café  dans  leurs  sacs  !... 

Ils  abîment  plus  de  pieds  de  café  en  un 
mois  que  les  rongeurs  et  animaux  destruc- 
teurs en  un  an  ! 

Vous  voilà  un  peu  au  courant  des  diverses 
manipulations  du  café;alignons  maintenant 
quelques  chiffres. 

Les  arrivages  et  embarquements  par  le 
Port  de  Rio  de  Janeiro  ont  été 


r  188S 

3.251.213  sacs 

de  60  kilos 

89 

2.750.144 

00 

2.052.361 

91 

3.108.875 

92 

3.213.845 

93 

2.438.905 

94 

2.671.958 

95 

2.763  727 

90 

2.784.958 

97 

4.05(5.754 

Pour   Santos  on  a  exposé. 
En  1893/1894 1.688.000  sacs 


1896/1897. 


5.104.000  sacs! 


I  t 


Ce  qui  fait  en  tout  pour  ces  deux  ports 
pour  1897,  9.160.734  sacs  de  60  kilos  et  je  ne 
compte  pas  les  ports  de  Victoria,  Babia,  Es- 
pirito  Santo. 


329 


VARIÉTÉS, 


330 


L*Amérique  du  Nord  à  elle  seule  a  pris  en 

1897 2.450.8;%  sacs 

L'Europe 1.223.701 

Diyers  ports 225.044 

Les  ports  brésiliens 157. 154 


exclusion Tai te  desSanlos. 


4.056.734  sacs 


Vous  avez  suivi  le  café  depuis  sa  culture 
jusqu'à  sa  mise  en  magasin  :  son  prix  de- 
vrait, tout  en  restante  la  portée  de  tous,  être 
rémunérateurs  pour  le  producteur.  Eh  ! 
bien,  il  n*en  est  rien. 

L'ennemi  naturel  du  commerce  du  café 
est  le  change  —  c'est-à-dire  le  cours  de  la 
monnaie  au  Brésil  —  la  valeur  du  billet  de 
banque  ou  papier  fiduciaire. 

En  1888,  le  change  (cambio)  était  de  407 
à  344  reis  par  francs —  cette  dernière  cote 
vous  prouve  qu'à  ce  moment  le  papier  fai- 
sait prime  sur  l'or  !  !...,  puisque  le  change 
pair  est  352  reis,  mais  en  1897  il  était  à  1389 
reis  et  actuellement  à  1543  !  !.... 

En  1895  une  arroba  (quinze  kilos)  de  ca- 
fé valait  23.200  (vingt-trois  mille  deux  cents 
reis)  café  type  good  average  de  Santos, 
le  fazendeiro  y  trouvait  son  compte;  aujour- 
d'hui le  même  café  lui  est  payé  environ 
11.000  reis  —  onze  milreis —  ce  qui  est  pour 
lui  la  ruine  et  la  misère  ion  ne  lui  paye  en 
effet  qu'un  tiers  à  peine  de  ce  qu'on  lui 
payait  il  y  a  trois  ans  à  peine! 

Mais  le  plus  extraordinaire,  c'est  que  les 
droits  en  France  sont  restés  invariablement 
les  mêmes,  ce  qui  fait  que  Ton  paye  1  fr.  56 
de  droits  par  kilo  de  café  qui  vaut  à  peine 
à  Rio  0  fr.  50,  au  Havre  65  à  70  c.  !. . 

Il  me  semble  qu'il  y  aurait  une  première 
chiise  à  faire  —  qui  permettrait  au  consom- 
mateur d*aborder  plus  franchement  Tarti- 
cle;  ce  serait  à  mon  idée  de  diminuer  ces 
droits  exorbitants  et  criminels.  Exorbitants 
parce  qu'ils  deviennent  des  droits  prohibi- 
tifs, et  criminels  parce  qu'ils  nous  forcent 
à  boire  d'affreux  et  d'exécrables  breuvages 
—  baptisés  par  les  marchands  du  nom  pom- 
peux de  café. 

On  a  calculé  qu'en  France  la  consomma- 
tion par  tôte  est  en  chiffres  ronds  de  2  kilos 
à  peine;  en  Belgique  où  les  droits  sont  de 


40contimes  la  côusommutlon  par  iéie  est 
du  d^mule — soit  4  kilos  — maia  en  Hol- 
lande où  l*?srJroits  snnt  pre:J!|iie  nuls,  on  ar- 
rive -à  S  kilos  par  lin  bïLant,  ce  qui  ferait  pour 
la  France,  au  lieu  de  G8  à  70  millions  de 
kilo^ide  oafé,  envimu  :^7û.orji),000  (deux 
cenL  sûixaiiic-tiix  millions  de  kilos).  Or  à 
1  fr.  5ii  lé  kilo,  les  70  raillions  de  kilos  ne 
donnent  que  1 10  millions  de  francs  environ, 
larifiis  aueen  réduisant  de  moitié  on  aurait 
la  [Déme  soin  me, ei  le  public  y  gagnerait  du 
cafi^  en  plus  grande  quantité  et  de  meilleu- 
re qualité.... 

La  chicorée  disparaîtrait  et  ferait  place  au 
véritable  eaté  naturel  et  fortiiiant.  Tout  le 
monde  \  gagnerait. 

Ces  questions  de  simple  bu  inanité  de- 
viennent des  tbeses  difliclles  à  soutenir  de- 
vâut  ces  gens  de  parti'pris  d'avance  ou  de 
conviction  arrêtée.  Que  faire?  Le  gouverne- 
ment qui  s'occupiîiiuit  et  jour—  à  moments 
perdus—  de  l'assiette  du  budget  verrait 
peut-être  une  source  de  trop  grandes  discus- 
sions j  un  travail  au-dessus  de  ses  ïovces  — 
ex  Von  vous  dira  comme  on  la  déjà  dit  pour 
1(*  vin  par  exemple...  Mette/  plus  d'eau  dans 
votre  vin  et  de  chicorée  dans  votre  c^Té.,. 
mais  l'eau,  que  l'on  défend  absolument  h 
nos  laitières  de  carême  —  nuus  coûte  déjà 
bien  assez  clï*'^re  !..... 

Le  culo  continuera  à  cnricliir  la  gamelle 
de  TKtat,  fera  îa fortune  des  hardis  spécu- 
lateurs et  des  iripotetirs  de  la  Bourse.  On 
boira  ion^aemps,  toujours  peuL-étre,  un  af- 
freux breuvait;e  t\ue  les  garvons  de  café 
verseront  de  h^*ut  dans  la  tasse  du  condam- 
ne a  rempoi^sonnemcntleatj  du  malheureux 
consommaLeur,  et  le  :  ^<  Boum  !  voiiâ  un 
café-terrasse  <>  du  ^'arcou  ne  sera  remplacé 
que  par  la  It'Cture  anruiolle  â  la  Tacullé  dei 
cas  d'intoxication  alimeulaire.  Cette  liqueur 
que  Voltaire  portait  jusqu'aux  cicux  par  la 
voie  semée  de  Heurs  du  lyrisme  et  de  la  poé- 
sie —  eorîduira  h^ntement  riiumanité  au 
tombeau  au  tuilicu  des  tables  couvertes  de 
lasses  et  dedcmi-liisses... 

La  [^ru^bietioii  énorme  du  café  au  Brésil, 
surtout  depuis  quelques  années,  e^t-elle  la 
cause  de  cette  baisse  énorme  des  pris  ?  Oui 
sans  doute,  c  est    mon  opinion,  je  vous   Vm 


331  JOURNAL 

dit,  le  Brésil  à  lui  seul  produit  les  2  tiers  de 
la  production  totale  du  monde  entier  —  en- 
viron 8  sur  12  millions  de  sacs. 

C'est  beaucoup  trop  à  mon  avis,  d'autant 
que  les  soldes  et  réserves  d'une  année  pour 
Vautre  augmentent  cette  année  encore  de 
plus  de  2  millions  de  sacs  ce  qui  peut  être 
vendu....,  soit  14  millions  en  tout. 

On  estime  que  Ton  consomme  environ 
0  millions  en  tout,  il  y  en  aurait  donc  à  per- 
ler sur  l'exeici^e  prochain  environ  cinq  mil- 
lions de  sacs  L.  Si  donc  la  récolle  nouvelle 
est  bonne,  c'est  la  baisse  pour  longtemps 
encore  ! . . . 

Les  terres  vierges,  chaudes  et  pleines  de 
sève  du  Brésil  sont  bonnes  pour  la  polycul- 
ture, il  me  semble  qu'on  devrait  donc  por- 
ter ses  soins  sur  différentes  cultures,  riz, 
pommes  de  terre,  légumes,  etc.,  dont  le 
pays  est  importateur  et  l'importation  dimi- 
nuant par  ce  fait,  la  balance  se  ferait  insen- 
siblement en  faveur  de  Texportation  —  et 
tout  y  gagnerait. 

Le  Brésil  calculait  avec  orgueil  ses  mil- 
lions de  sacs  de  café  qui  font  des  milliards 
de  grains,  quatre  cent  soixante  milliards  de 
grains  dans  une  annt^e  ;  eh  bien  !  creusez 
des  sillons  dans  les  plaines  et  jetez  à  plei- 
nes mains  des  grains  de  blé,  dont  les 
greniers  plus  Lard  seront  pleins...;  fécondez 
celle  terre,  creusez  ses  entrailles  et  vous  y 
trouverez  cet  or  qui  est  le  Dieu  du  jour, 
et  que  le  philosophe  Diogène— dans  son  ton- 
neau légendîïlre  —traitait  avec  le  plus  sou- 
verain mépris. 

...Un  matin,  dans  un  cafezal,je  voyais  une 
bande  de  sabias  et  d'autres  oiseaux  couper 
des  fleurs  de  cafeyer  toutes  pleines  de  rosée, 
et  je  médisais  en  contemplant  cette  œuvre 
de  destruction  :  qui  sait  si  ce  n'est  pas  Dieu 
(}uî  veilïe  à  tout  et  surtout  qui  indique  aux 
hommes  que  les  grandes  batailles  comme 
autrefois  la  famine,  la  peste  et  les  massa- 
cres  élaient  nécessaires  pour  diminuer  les 
trop  grands  peuples  ! 

Les  sabias  peuvent  à  leur  aise  continuer 
leur  œuvre  de  destruction  et  s'ébattre  daùs 
la  nei^edes  fleurs  immolées;  le  Brésil  con- 
servera la  première  place  parmi  les  produc- 
teurs. 


aRNSUBL  DK  L'aCAOÊMIB  NATIONALB. 


332 


D'après  les  statistiques,  voici  l'ordre  et  le 
rang  ou  mieux  Tétat  de  la  production  du 
café  dans  le  monde  entier. 

Pour  12  millions  de  sacs  de  50  kilos 
ou  GOO  millions  de  kilos  de  café  : 


Le  Brésil  figure  pour 

400  millions  de  kilos 

Java pour 

70 

0 

» 

Ceylan pour 

30 

» 

» 

Saint-Domingue,  pour 

20 

n 

» 

Sumatra pour 

t^O 

n 

m 

Cuba  et    Porto- 

Rico pour 

10 

» 

» 

Venezuela pour 

10 

i> 

B 

Costa-Rica pour 

10 

» 

» 

Singapore pour 

10 

» 

M 

I^es  autres  pays 

producteurs 

pour  environ. . 

10 

» 

» 

C'est  le  Brésil  qui  tient  donc  le  record 
pour  le  café. 

On  me  dira  Quantité  ne  veut  pas  dire 
Qualité,..  C'est  un  fait,  mais  je  n'ai  pas  ici 
à  discuter  la  question  ;  ce  que  je  puis  affir- 
mer, c'est  que  le  café  du  Brésil,  café  dit  de 
Rio  ou  de  Santos,  ne  conserve  ce  nom  que 
tant  qu'il  est  entre  les  mains  dei  premiers 
réceptionnaires  et  vendeurs  en  gros...  son 
nom  d'origine  disparaît  ensuite  peu  à  peu, 
son  grain  se  confond  avec  des  grains  étran- 
gers devenus  ses  collègues,  et  lui  le  café  roi 
où  le  roi  des  cafés  devient  le  jouet  des  clas- 
seurs fantaisistes  et  des  marchands. 

En  effet,  où  passent  ces  8  millions  de 
sacs  ?  Ou  sont-ils  vendus  ?  A  part  de  rares 
exceptions  ces  400  millions  de  kilos  sont  li- 
vrés au  consommateur  sous  des  noms  d*em- 
prunt,  pour  remplacer  les  2^^*  sortes  de 
pays  moins  fortunés  dont  les  qualités  sont 
plus  recherchées. 

Le  beau  Santos  lui-même  voit  sa  fève 
baptisée  et  rebaptisée  s'étaler  pompeuse- 
ment dans  les  vitrines  des  détaillants  sous 
les  désignations  les  plus  fantaisistes. 

L'Amérique  du  Nord,  elle,  consomme, 
sous  son  vrai  nom  de  café  de  Rio,  les  pro- 
duits du  Brésil  ;  il  est  vrai  qu*une  maison 
seule,  Messieurs  Arbuckle  et  0%  brûleurs 
de  café.consommentdeux  mille  sacs  de  café 


333 


VAHierics. 


334 


par  jour  c'est-à-dire,  torréûent  par  jour 
cent  mille  kilos  ;  c'est  donc  plus  de  trente- 
six  millions  de  kilos  par  an. 

C'est  la  fabrique  la  plus  importante  du 
monde  entier  :  après  elle  viennent  Hard 
Rand  et  C'*et  autres... 

La  consommation  varie  beaucoup  suivant 
tes  paj-s,  et  je  vous  ai  déjà  expliqué  les  mo- 
tifs qui  me  semblent  reléguer  la  France  au 
rang  bien  secondaire  qu'elle  occupe  dans  la 
répartition  générale. 

La  question  des  droits  tranchée,  il  me 
semble  que  l'on  sacrifierait  moins  à  la  C/tf- 
corée^  qui  tous  les  ans  pénètre  davantage 
dans  nos  usages. 

Y  tenez- vous  à  la  chicorée  ?  Moi,  je  répon- 
drai: pasdu  tout,  et  je  vais  vousindiquer,en 
passant  une  méthode  sûre  pour  reconnaî- 
tre sa  présence  dans  la  poudre  que  l'on  vous 
vend  dans  des  paquets  bien  ficelés  ou  des 
boites  bien  fermées... 

Il  suffit  de  remplir  un  vase  d'eau,  de 
prendre  une  pincée  de  café  et  la  laisser 
tomber  lentement  sur  le  liquide. 

Si  le  café  n'est  pas  mêlé  de  chicorée  il 
surnage  ;  si,au  contraire,  il  en  contient  vous 
vof  et  des  parcelles  se  détacher  et  couler  au 
fond  en  laissant  une  traînée  Jaunâtre... 
RieO)  vous  le  voyez,  de  plus  facile,  et  si  je 
VOUA  indique  ce  moyen  de  découvrir  cet 
insirus,  c'est  aussi  pour  vous  demander  sa 
condamnation. 

Pourquoi  consommer  ce  mélange  insidieux 
quand  vous  trouveriez  tout  profit  à  ne  boiro 
que  du  café  pur  ? 

Je  me  déclare  l'ennemi  de  la  chicorée, 
parce  que  le  café  existe,  et  que  je  ne  com-* 
prends  pas  plus  son  usage  que  celui  de  la 
margarine  quand  on  peut  se  procurer  au 
même  prix  du  beurre. 

Je  laisserai  à  d'autres  le  soin  d'expliquer 
ce  qae  j'appellerai  volontiers  une  manie. 

Vous  avez  lu  avec  eifroi  peut-être,  le  chif* 
fre  colossal  de  la  production  du  café  ;  eh 
bien  !  on  trouve  encore  moyen-  de  frauder 
et  de  falsifier  ces  grains  inoffensifs  ;  il  fau- 
drait presqu'un  chapitre  pour  expliquer  les 
lalsificQtions  diverses...  où  les  fèves,  les  pois 
cbiches,  lavoinC)  le  maïs,  les  carottes,  etc.. 
jouent  un  grand  îrdle  ;  certains  fabricants 


ont  employé  jusqu'à  du  foie  de  cheval  cuit 
au  four,  et  réduit  en  poussière  !  et  ce  n'est 
pas  encore  le  dernier  mot  dans  Tari  de  la 
falsification  ! 

Et  je  ne  puis  m'empécher  do  ponser  à 
Delille,cet  autre  poète  ami  du  caré.  qui  disait 
dans  ses  vers -que  celte  liquem-  divine  épa- 
nouissait son  cœur  et  qu^il  lui  semblait 

Boire  dans  chaque  j^uttc  un  raviin  de  soleil  1 

OuijC'esilavie  avec  le  soleil  que  Ton  boit 
dans  ces  tasses  fra^^iles  —  si  Iragiies  et  si 
fines  qu'on  les  dirait  faites  d'ailes  de  papil- 
lons que  tendent  vers  nos  lèvres  TAmcrique 
et  l'Afrique,  l'Asie  et  l'Arabie  ;  oui  c'est  la 
vie  avec  la  joie  et  Tivresse  \ 


LA  FORTUNE   TOTALE  DE    LA    FRANCE 

Un  travail  intéressant  vient  d'être  fait  par 
l'administration  des  finances  :  c'est  leva" 
luation  de  la  fortune  Lotnle  delà  Fntica, 
On  a  pu  faire  cette  évaluation  d'une  ma- 
nière assez  exacte,  à  l'aide  de<i  procédés  de 
toute  nature  dont  dispase  le  fisc.  Voici  If5 
chiffres  énormes  aux(|iiels  on  est  arrivé  : 

\jbl  fortune  totab  de  k  France  s'élève  à 
deux  cent  vingt  milliards,  dont  141  mil- 
liards pour  la  fortune  immobilière  et  79 
milliards  pour  la  fortu[]0  mobilière. 

Les  141  milliards  de  la  fortune  immobi- 
lière sont  représentés  jusque  concurrence 
de  91  milliards  et  demi  parles  propriétés 
non  bâties  et  jusqu  i  concurrence  de  *9 
milliards  et  demi  par  les  propriétés  bulles. 
Ces  chiffres  sont  ceux  de  la  valeur  vénale 
des  propriétés  bâties  et  non  bâties  dont 
révaluation  a  étéfaiie  par  radmitiiatration 
des  contributions  directes,  de  1H79  à  1881, 
pour  les  non  bâties,  et  de  J887  à  1898  pour 
les  bâties. 

Les  79  milliards  et  demi  constituant  la 
fortune  mobilière  do  la  France  sont  repré- 
sentés par  un  grand  nombre  de  titres  ou  de 
valeurs,  dont  il  sufllra  de  citer  les  princl* 
paux  types. 

Il  y  a  24  milliards  de  rentes  françaises^ 
20  milliards  de  valeurs  étrangères,  20  mil- 
liards d'actions  et  d'obligations  de  chemins 


335 


JOURNAL  MENSUEt  DE  l'aGADÉMIB  NATIONALB. 


330 


de  fer,  5  milliards  d  actions  de  la  Banque, 
d'actions  et  d'obligations  du  Crédit  foncier 
et  de  la  ville  de  Paris  ;  entiti,  4  milliards 
de  dépôts  des  caisses  d'épargne.  Le  sur- 
plus est  constitué  par  les  actions  et  obliga- 
tions industrielles,  les  obligations  commu- 
nales autres  que  celles  de  la  ville  de  Paris 
et  du  Crédit  foncier. 


LE   FONCTIONNARISME  EN  FRANCE 

.    Une  statistique  dressée  au  moyende    do- 
cuments officiels   a  permis  d'établir  le  ta- 
bleau comparatif  suivant  de  ce  que  coûtent, 
à  chaque  contribuable,  les  tonctionnaires 
dans  les  principaux  Etats  du   monde  : 

Suisse 6  fr.  06 

Etats-Unis 6  — 08 

Angleterre 10  —  33 

Hollande 11  -  Oi 

Autricbe. 14  —  03 

Belgique 15  — .05 

Prusse 15  —  07 

Italie 10  —  75 

France 24  —  07 

Acepropoi,  il  Cit  iu.creâsant  de  conbai- 
tre  la  progression  suivie  en  France  parle 
fonctionnariat  depuis  1846  ;  qu'on  en  juge  : 

En  1846 188.000  fonctionnaires 

En  1858 217.000  — 

En  1873 285.000  — 

En  1886 330.000  — 

En  1806 400.000  — 

Nous  n'avons  pu  nous  procurer  les  chiffres 
de  1897. 

Il  convient  d'ajouter  encore  à  ces  chiffres 
8000  fonctionnaires  départementaux  :  et 
122,000  fonctionnaires  communaux,  ce  qui 
fait  un  total  de  530,000  fonctionnaires  ci- 
vils ! 

La  progression  suivie  par  les  appointe- 
ments de  ces  fonctionnaires  est  aussi  très 
intéressante  : 


En  1846 245  millions 

En   185S 270      — 

En  1873 400      — 

En  1876 450      — 

En  1804 545       — 

En  18ÎM3 610      — 

Si  on  ajoute  les  retraités,  on  trouve  une 
dette  viagère  de  70 millions  par  an,  dont  23 
sont  fournis  par  les  retenues  et  45  par  les 
réformes  génér.iles  du  budget.  En  somme, 
les  traitements  annuels,  k  la  charge  du  bud- 
get, s'élèvent  à  661  millions. 

Sur  les  400,030  fonctionnaires,  136,000 
touchent  moins  de  1,000  l'ranôs  par  an  ; 
mais,  en  revanche, 

600  touchent  de 10  à  12.000  francs 


400         —           

\'?'A  i.-i  non    — 

103        —          15  à  16.000    - 

351     -  —          16  à  20.000    - 

321        -          ...     plus  de  20.000    - 

Voici  miuiieuant  l'effectif  des  fonction- 
naires dans  nos  différents  ministères   : 

Finances ^ -       80  08S 

Justice 

io,m 

Affaires  étranirèrei. . 

1.235 

Intérieur 

17.221 

Travaux  publics 

Instruction  publique 

lO.OOO 

125.000 

2.640 
4.000 
1.044 
4.380 
963 
42.956 


Agriculture 

Forêts 

Commerce. 
Colonies. . . 
Beaux-Arts 

Cultes 

Postes 69.000 

Guerre  (civils) 7.580 

Marine 21.000 

En  résumé,  depuis  1870,  le  nombre  des 
fonctionnaires  en  France  s'est  accru  de  près 
de  deux  cent  mille  et  leurs  appointements 
de  deux  cents  millions  de  francs.  Cepen- 
dant notre  territoire  a  diminué  par  la  per- 
te de  l'Alsace- Lorraine  et  notre  population 
ne  s'est  pas  accrue. 


Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Chef, 

EuoàNB  THll^.RY. 


CLERMONT  (0I8E).   -  IIIPRIIIERIE  DAIX  FRÈRES.   PLACE  SAINT- ARDRE,  ^. 


p^*Ty\W77^T-d  T^,   s  "i'»»        %»=-;»'^'         »    .*     *'^~t    A  '^ 


JOURNAL    MENSUEL 


DE 


■  -■>''•;    ♦■''^    /  v7,*:'T'î'^^'^*  '  .  " 


L'ACADEMIE    NATIONALE 

AGRICOLE,  lANDFACmiËRE  ET  COUERCIALË 


es-  Année.  —  AOUT  1898. 


SOMMAIRE 

AflRICULTURE.'— Nouvelle  méthode  pour  l'amélioraiion  des  cidres  et  poirés  au  nioyea  des  levure*  WlecLionnêcsi.Com' 
rounicaiion  de  M.  Ûeopges  JaoqHemin,  à  Maizcville,  près  Nancy.  —  L'élevage' et  l'utiÉisiiïîoa  du  bétail  dm*  la 
République  Argentine. 

DISTINCTIONS  HONORIFIQUES  •ooordést  aux  m  ambres  de  TAcadsinle  Nationale . 
EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.—  Exposition  d'Alençon.  —  Exposition  de  1900,  {Renseigncmenu  divers.) 
INDUSTRIE.  —  L'industrie  dans  le  monde.  —  Le  reccrd  de  la  vitesse  navale.  —  Ce  ^u'il  faut  faire  daui»  I»  eai  d'in* 

candescence  des  tôles  de  foyer  des  chaudières  à  vapeur.  —  L'air  liquide  et  ses  usages  pratiques.  —  La  rabricatjoQ  de 

la  bière  en  Europe. 

COMMERCE.  —  Le  commerce  extérieur  delà  France  pendant  les  cinq  premiers  mois  de  lâgS,  —  Le  commerce  ex* 
teneur  de  la  Franwe  pendant  les  six  premiers  mois  de  i8q8.  —  Le  commerce  entre  U  Krance  et  a»  colon  îts.  —  Le 
commerce  du  monde. 


AGRICULTURE 


NOUVELLE    MÉTHODE  POUR  L'AMÉLIO- 
RATION DES  OIDRES  ET  DES  POIRÉS 

Au  moyen  des  levures  sélectionnées. 

Communication  de  M.   Georges  Jagqui£M1n 
à  Malzéville,  près  Nancy. 

I 

L*asage  des  levures  sélectionnées  pour  la 
fermentalion  du  cidre,  après  avoir  été  assez 
lent  à  se  généraliser,  commence  depuis  ces 
dernières  années  à  entrer  dans  la  pratique 
courante  d'un  grand  nombre  de  produc- 
teurs, propriétaires  ou  négociants. 

Les  conditions  du  bon  emploi  des  levures 
sélectionnées,  étant  mieux  précisées,ont  été 
mieux  comprises  et  appliquées  par  les  fa- 
bricants, et  les  excellents  résultats  de  la 
méthode  se  sont  régulièrement  fait  consta- 
ter lorsque  les  nouvelles  Instructions  ont 
été  exactement  mises  en  œuvre,  ce  qui  est 


facile  à  obtenir  comme  on  fe  verra  plus  loîn 
au  chapitre  consacré  au  mode  d'emploi. 

Disons  d'abord  quelle  est  la  théorie  des 
fermentations  par  les  levures  sélect  ion  nées  ^ 
avant  de  parler  du  poïnl  de  vue  purement 
pratique. 

Les  ferments  naturels  et  sauvages  du  cidre. 

La  fermentation  spontanée  du  jn^  de 
pommes  ou  de  poires  a  lieu  par  raction  de 
levures^  champignons  microscopiques  dont 
les  spores  ont  été  apportées  par  Tair  et  dé- 
posées sur  la  pomme  et  sur  la  poire. 

Parmi  ces  levureSt  le  saccharomycès  mali, 
l'espèce  la  plus  importante,  sp  présente  gé- 
néralement sous  la  loi  ma  de  cellules  ellip- 
tiques, dans  rintérieur  desquelles  on  dis- 
tingue au  microscope^  surtout  quand  elles 
sont  jeunes,  une  vésicule  plus  cl  ai  re^  et  tout 
autour  un  protoplasma  homogène  chez  les 
jeunes  globules,  granuleux  chez  les  vieux. 


'rU'^3^'^ 


JOURNAL  MENSUEL  DS  L'aGADAmIE  NATIONALE. 


:U0 


La  reprodiictian  de  cesaccharomycès  a  lien 
d'habilude  par  bourgconnemeni. 

Il  a  été  démon iré  que  la  levure  naturelle 
du  vin  constitue  un  ensemble  duquel  on 
peut  extraire  différentes  races  de  saccharo- 
mytès,  les  unes  productrices  de  plus  d'al- 
cool, les  autres  fournissant  plus  de  vinosi- 
lé,  d'autres  contribuant  à  lagenèse  du  bou- 
quet^ d'autres  au  contraire  de  moindre  qua- 
lité, ne  donnant  que  des  iermentations  len- 
tes, etc.  Il  a  été  démontré  de  même  que  la 
levure  de  cidre  et  cella  de  poiré,  sont  aus- 
si composées  de  races  difTérenles  dont  cha- 
cune agit  tFune  fav^>n  spéciale  sur  le  moût 
de  pommes  ou  de  poires.  Ces  levures,  en 
apparence  si  semblables,  présentent  donc 
de  grandes  dilTércncea  entre  elles:  telle 
lenipérature  convient  mieux  aut  unes,  tel 
degré  d'acidité  aux  autres,  tel  sucre  sera 
préféré  et  transformé,  et  enfin  la  nature  des 
produits  engendrés  et  du  bouquet  dévelop- 
pés dans  le  liquide  fermenté,  variera. 

L'évolution  naturelle  des  spores  dans  le 
nioùtde  pommes  ou  de  poires  donne  tou- 
jours naissance  fi  un  mélange  de  levures,  et 
la  proportionnalité  de  celles-ci  ne  saurait 
être  constante,  puisque  telle  ou  telle  race 
peut  se  développer  plus  ou  moins,  ce  qui 
explique  les  variations  dans  la  qualité  d'un 
cidre  ;  il  sera  en  effet  plus  ou  moins  riche 
en  alcool,  en  acide  tixe  ou  volatil,  plus  ou 
moins  sucr^,  plus  ou  moins  Qn,  et  sa  conser- 
vation sera  plus  ou  moins   assurée. 

Dans  la  fermeniatîon  ordinaire  du  cidre, 
on  constate  un  grand  nombre  de  variétés  de 
sûccharomycès^de  moisissures  et  de  bacté^ 
ries.  Cette  fermentatiOTi  se  faisantsous  Tem- 
pire  de  tant  d'agents  différents,  ayant  cha- 
cun une  action  particulière  sur  le  moût, 
est  rarement  bien  régulière.  Il  arrive  qu'elle 
est  interminable,  lorsque  les  ferments  na- 
turels aux  pommes  sont  peu  vigoureux  et 
que  leur  vie  est  entra  vco  parla  présence 
d'une  trop  grande  quantité  de  bactéries  qui 
causent  un  trouble  persistant. 

Les  ^evut^es  sélectionnées. 

Par  les  procédés  de  la  microbiologie,  j'i- 
sole les  meilleures  levures  parmi  celles  qui 
font  fermenter  le  cidre  ;  je  les  cultive  en 


moûts  nourriciers  d'origine  végétale,  avec 
tous  les  soins,  et  en  suivant  toutes  les  près- 
criptions  de  M.  Pasteur,  mon  illustre  maî- 
tre. Ces  cultures  de  levures  pures  étant  in- 
troduites dans  le  moût  de  cidre,  avant  tout 
commencement  de  fermentation  naturelle, 
empêchent  les  levures  sauvages  d'évoluer 
et  engendrent  le  cidre  uniquement  sous 
leur  bonne  influence. 

La  fermentation  alcoolique  terminée  par 
une  levure  pure,  le  cidre  s'éclaircit  rapide- 
ment parce  qu'il  ne  peut  plus  donner  d'a- 
liment aux  microbes  qui  causent  la  majo- 
rité des  troubles. 

Je  suis  arrivé  à  sélectionner  un  grand  nom- 
bre de  levures  des  cidres  de  grands  crus  de 
la  Vallée  d'Auge,  Baucé(Orne),  pommes  Ga- 
pendu,  etc.,  tous  les  meilleurs  crûs  de  la 
Sarthe,  de  l'Orne,  etc. 

lies  levures  de  bons  crûs,  outre  leur  pro- 
priété de  faire  fermenter  normalement  et 
d'éclaircir  rapidement  les  cidres  ordinaires, 
leur  procurent  aussi  un  bouquet  plus  fin, 
ayant  de  l'analogie  avec  celui  du  crû  dont 
la  levure  a  été  extraite. 


II 


RESULTATS    DE   L  EMPLOI    DES  LEVURES    SÉLEC- 
TIONNÉES DANS  LA  PRÉPARATION  DU  CIDRE 

J'ai  reçu  un  très  grand  nombre  de  lettres 
exprimant  toute  satisfaction  de  lemploi  de 
mes  levures  sélectionnées,  cultivées  et  ex- 
pédiées par  l'Institut  La  Claire. 

En  voici  une  qui  est  semblable  à  beau- 
coup d'autres  et  qui  résume  l'ensemble  des 
qualités  acquises  par  le  cidre  grâce  aux 
levures  sélectionnées. 

Paris,  le  24  avril  1897. 

Monsieur,  | 

J'ai  été  très  satisfait  de  Temploi  de  votre 
levure.  J'ai  obtenu  un  cidre  absolument  su- 
périeur, exempt  de  tout  arrière-gout,limpide 
et  de  couleur  ambrée. 

Recevez,  Monsieur,  mes  sincères  saluta^ 
tions. 

Le  Doctuer  Mallet, 

rue  de  Tolbar,  41,  Parts, 
et  à  Blangy-sur-Bresle  (Seine-Inférteure.; 


Jliia  on  lira  avec  le  plus  vit' intérêt  un  ar- 
licle  écrit  par  M.  Eog,  Leroux,  professeur 
d'apiculture  de  l'Aisne,  publié  dans  VAgri- 
culture  Moderne  du  10  octobre  189T,  et 
f|ui  donne^  avec  loua  les  détails  voulus,  1*^ 
résultat  de  dix-sept  expërieuces  faites  au 
moyen  de  levures  sélectionnées.  Voici  ceque 
dît  M.  Leroux  : 

I  Depuis  trois  ans,  nous  poursuivons  une 
série  de  recherclies  ayant  pour  but  Lamélio- 
ration  des  cidres  au  moyen  des  levures  sé- 
lectionnées ;  sans  doute,  nos  essais  étaient 
faits  jusqu'alors  dans  des  cuiiditions  trop 
difTérentes  les  unes  des  autres,  et  les  résul- 
tats obtenus  étaieut  très  vuriables. 

Voulant  exactement  pouvoir  répondre  i 
cette  question  :  »  Les  levures  peuvent-elles 
améliorer  les  cidres  ?  »  nous  avons  multi- 
plié dernièrement  nos  expériences  dans  les 
diverses  parties  de  la  Thîérache,  où  l'on 
fait  maintenant  de  plus  eii  plus  de  cidre, 
et  nous  avons  effectué  nous-mï*me  dix-sept 
essais,  afin  que  les  opérations  soient  faites 
de  1»  même  manière  partout. 

II  oe  s'agit  donc  pas  ici  de  recherches 
isolées,  desquelles  la  vérité  est  quelquefois 
très  difiicile  à  tirer.  Nous  allons  donner  en 
toute  sincérité  les  résultats  que  nous  avons 
obtenus  et  qui  sont  absolument  probants. 

En  généraî,  <]uoi  qu'en  disent  un  certain 
nombre  de  personnes  qui  ont  opéré  isolé- 
ment dans  de    mauvaises    conditions,  nous 
iommeâ  amené  à  conclure  que  les   levures 
de  cidre  sont  appelées  à   rendre  les  plus 
grands    services  à  Tavenir.    Nous  sommes 
parvenu    k  améliorer  les  cidres  de  pays  au 
moyen  de  ces  levures  et  nous  avons  obtenu 
une  fermentation  beaucoup  plus  prompte  et 
plus  complète,  et  surtout  un  bouquet  spé* 
ciai  inconnu  aux  boissons  ordinaires. 
'      Tout  d'abord,  nous  éliminons  un  certain 
1  nombre  d'essais  qui  ont  porté  sur  des  cidres 
'  de  première  qualité  et  nous  constatons  que, 
si  la  fermentation  a  été  plus  régulière,  l'a- 
roélioration  a  été  presque  nulle. 
C'est  donc  surtout  du  cidre  de  qualité 
^  moyenne   dont  nous  voulons  parler,   car, 
dans  ce  cas,    chaque  fois  que  nous  avons 
fait  l^ensemencement  dans  de  bonnes  con- 


AGhtCtLTtJRB.  34â 

dit  ions,  nous  avons  obtenu  un  résultat  eu 
faveur  des  levures. 

Voici  comment  nous  avons  opéré  :  qua- 
rante-huit heures  avant  le  broyage  despom* 
mes,  nous  préparions  notre  levain  de  la 
manière  suivante  :  pour  300  kilos  de  fruit 
à  traiter,  nous  mélangions  un  demi-kilo  de 
levure  et  10  litres  de  jus  de  pommes  dans 
un  récipient  en  bois  que  nous  laissions  dans 
une  pièce  chauffée  à  la  température  moyen- 
ne de  15  degrés  environ.  Lorsque  notre  le- 
vain était  en  pleine  fermentation,  nous 
remployions  après  agitation)  en  le  versant 
dans  la  cuve  d  macération,  dans  laquelle 
nous  placions  nos  fruits.  Nous  avions  bien 
soin  de  répartir  la  levure  le  plus  uniformé- 
ment possible  dans  la  masse  de  fruits,  aQu 
qu'elle  commençai  son  action  pendant  la 
macération  même.  Nous  continuions  alors 
notre  fabrication  comme  à  l'ordinaire. 

Alin  de  nous  rendre  exactement  compte 
des  effets  produits  par  les  levures^  nous  fai- 
sions avec  les  mêmes  variétés  de  fruits  et  en 
même  temps  un  essai  sans  ferments* 

Les  cidres  obtenus  de  part  et  d'autre 
étaient  placés  au  cellier  au  même  endroit, 
daûs  deux  tonneaux  séf)arés. 

Dans  tous  les  cas,  la  fermentation  tumuU 
tueuse  a  été  beaucoup  plus  intense  et  plus 
prompte  avec  les  cidres  ensemencés  de  le- 
vure. 

Ce  qui  est  surtout  important  à  considérer. 
c'est  le  bouquet  spécial  développé  par  les 
levures  J)ouquet  qui  augmente  évidemment 
la  qualité  Je  la  boisson  et  en  même  temps 
sa  valeur. 

Certes,  nous  admettons  que  dans  l'emploi 
des  levures  de  cidre  nous  n'en  sommes  en- 
core qu'à  la  période  de  tâtonnements,  mais 
nous  sommes  persuadé  de  TefEicacité  de 
remploi  des  levures  sélectionnéï^s;  les  ré- 
sultais que  nous  venons  d'obtenir  ne  nous 
permettent  pas  d'en  douter  un  seul  instant.  i> 

Je  pourrais  m'en  tenir  à  cet  article  de  M 
Leroux,  car  les  observations  si  bien  faites 
par  le  professeur  d'agriculture  de  l'Aisne 
mettront  lin  aux  hésitations  des  producteurs 
de  cidre ((ui  douteraient  encore  de  lefftcH- 
cité  des  levures  sélectionnées. 

Un  certain   nombre  de  négociants,  bras- 


'^r 


343 


JOimNAL   llKNBUiL   UB  L  ACÀDEllltE    NATIO^Alff 


seurs  de  dure,  onl  déjà  compris  rénormo 
avaiilage  que  leur  procure  Viisnge  fie  mes 
levures,  en  leur  penuettant  de  fabri^^uer 
un  cidre  de  tneiilenre  qiialîlé  que  celui  de 
leurs  concurrents,  et  beaucoup  de  ces  indus- 
triels voudraient  pouvoir  rester  les  seuls  à 
s'en  servir, aussi  prennent-ils  les  plus  gran- 
des précautions  pour  que  leur  conçu rreuts 
ue  puissent  apprendre  qu'ils  emploient  mes 
levures. 

J'ai  reçu  plusieurs  lettres  analogues  à  la 
suivante  : 

Le  25  juin  1897, 

t  Monsieur  Jacquemin,  Malzéville, 

Pardonnez-moi  si  j'ai  Inrdfîun  peu  avons 
répondre,  mais  je  voulais  éire  iVxê  sur  le 
[>roduitde  votre  levure  avant  de  vous  répon^ 
dre. 

Eniin  voici  :  je  n'ai  que  des  compUmcnts 
à  vous  faire  et  me  rcjotjis  d'avoir  employé 
votre  levure,  mes  cidres  sont  beaucoup  plus 
clairsj  la  fermentation  plus  régulièrCj  et  de 
plus,  je  viens  de  distiller  mes  fonds  de  cidre 
ot  j'ai  trouvé  qu'ils  étaient  plus  riclios  que 
les  autres  an  nées,  et  mon  eau-de*  vie  se  trou- 
ve avoir  un  bouquet  qu*elle  ne  possédait 
pas  les  années  précédentes.  En  lin  je  suis 
1res  satisfait  d^avoir  employé  voire   levure. 

Seulement, je  vous  prierai,  si  vous  em- 
ployez les  lettres  de  félicitations  comme  ré- 
clame, de  ne  pas  mettt*e  mon  nom,  car  dans 
le  commerce^  vous  comprenez,  on  n*aime 
pas  de  faire  connaître  la  manière  de  tra- 
vailler à  tousses  concurrents. 

\ous  remerciant  de  voi  bons  produits  el 
vous  réservant  ma  commande  pour  Tan  pro- 
chain. 

lîecGvez,  Monsieur Jarquemin,  mes  salu- 
tations les  plus  empressées.   » 

Mais  je  m'empresse  de  dire  qu'il  y  a  des 
producteurs  de  cidre  qui  n'imitent  pas  cette 
réserve  et  qui  annoncent  bautement  dans 
leurs  imprimés  que  l'excellente  qualité  de 
leur  cidre  provient  en  gi*ande  partie  des 
soins  donnés  à  leur  travail  de  fermentation 
par  les  levures  sélectionnées. 

Je  citerai  entre  autres  M.  Roger  de  la  Bor- 
de, qui  emploie  réi^^ulièrcmerjt  mes  levures 
sélectionnées  depuis  plusieurs  années  et  qui 


SU 

contiaue  à  s  en  servir  dans  la  grande  cidre- 
rie modëlequ'il  a  créée  au  château  de  la  Lo- 
ge, près  Sefçré  Maine-et-Loire).  Dans  nu 
petit  ouvrage  qu^il  a  publié  sur  le  Pommier 
et  le  Cidre,  et  dont  je  parlerai  un  peu  plus 
loin,  M,  Roger  de  la  Borde  dit  ;  «  Deputi 
n  plusieurs  années,  j*ai  tait  de  nombreuses 
u  expériences  sur  lei  levures  sélectionnées 
a  de  rinstitut  La  Claire,  et  je  reconnais  uns 
ft  augmentation  d'alcool  et  de  parfum.  Li 
"  conservation  du  cidre  est  rendue  plus  fa- 
u  cile  parleur  emploi,  puisque  la  fermenta** 
t  tion  est  très  régulière,  ^ 

m 

StOUK  u'filSIPLOI  DKS  Ll^VURKS  SÉLt^nTlONStÊ^ 
POin  J.A   KtiftMKNTA^nON  DU  GJDRE   LT    Di:    POIIU« 

1  kilo  de  levuresuflit  pour  faire  fermenter 
de  5  è  20  hectolitres  de  cidre  ou  de  poiré, 
suivant  la  manière  d'opérer. 

En  attendant  l'emploi  des  levures,  lei 
bonbonnes  ou  bidons,  avec  leur  fermeture 
intacte^  devront  être  conservés  debout  à  la 
cave. 

On  devra,  au  moment  do  Temploi^  agittr 
la  bonbonne,  alin  de  mettra  en  suspension 
le  ferment  <iui  s  est  déposé  en  partie  au 
fond  du  liquide  nourricier,  et  quand  celle* 
ci  sera  vide^  on  la  rincera  avec  un  peu  de 
moût,  a  tin  de  ne  pas  perdre  la  levure  adhé- 
rente aux  parois. 

Levairt. 

Deux  ou  trois  jours  avant  de  commencer 
la  fabrication  du  cidre^  on  prépare  un  U- 
vain  au  moyen  de  la  levure  sélectionnée. 
Ce  levain  a  pour  but  de  donner  plus  de  puis- 
sance à  la  levure j  ce  qui  permet  d'en  em- 
ployer une  dose  moindre,  tout  en  obtenant 
des  résultats dn  beaucoup  supérieurs  à  cens 
procurés  par  lesdosesde  levures  employées 
directement,  sans  la  précaution  du  levain 
préalable* 

Il  y  a  deux  méthodes  de  préparation  du 
levain.  | 

Première  Méthode* 

On  écrase  une  quantité  su  [lisante  de  fruits 
pour  obtenir  10  litres  de  jus,  qui  est  immé- 
diatement séparé  de  la  pulpe,  elcbauiîélé- 


J 


^^,y'^ 


'^^^^^W 


T^ 


345 


AORILULTORE. 


;îïo 


gèremeotà  30%  cest-à-dire,  à  peine  liédi.  II 
ne  faut  jamais  dépasser  cette  température. 
On  y  ajoute  aussitôt  1  kilo  de  levure  sélec- 
tionnée, et  on  poursuit  l'opération  comme 
il  est  dit  plus  loin.  Quand  ce  levain  sera 
terfflinéjil  pourra  suffire  à  mettre  en  fermen- 
tation 5  à  10  hectolitres  de  cidre. 

Maissi  Ton  veut  qu'un  kilo  de  levure  puis- 
se servir  à  faire  fermenter  20  hectolitres 
de  cidre,  il  faut  ajoutera  la  préparation  de 
ce  levain,  au  moment  où  Ton  y  verse  le  bi- 
don de  levure,  lo  grammes  de  phosphate 
(fammoniaque  destiné  à  servir  d'aliment  à 
la  levure  At  à  lui  donner  plus  de  puissance. 
On  agite  avec  un  bâton  propre,  pour  faire 
dissoudre  le  phosphate  d'ammoniaque  et 
mélanger  la  levure.  Puis,auboutde2jours, 
on  ajoute  encore  10  litres  de  jus  de  pommes, 
et  10  grammes  de  phosphate  d'ammoniaque, 
de  manière  à  obtenir  20  litres  de  levain 
qui  est  bon  à  employer  24  heures  plus  tard, 
c'est-à-dire  3  jours  après  le  commencement 
de  sa  préparation. 

En  résumé,  si  Von  veut  faire  fermenter 
moins  de  10  hectos  de  cidre  avec  1  kilo  de  le-' 
ri/re,  il  suffit  de  préparer  lo  litres  de  le- 
vain, tandis  qu  il  enfant  le  double  si  l'on 
veut  faire  fermenter  2  o  hectolitres  de  cidre 
au  moyen  d'un  bidon  de  1  kilo  de  levure  sé- 
lectionnée. 

Il  est  bien  évident  que  Ton  opérera  avec 
des  quantités  proportionnelles  de  levure  et 
de  levain  pour  faire  fermenter  une  plus 
grande  masse  de  cidre  :  ainsi,  pour  40hec- 
tos,on  prendra  2  kilos  de  levure,donton  fera 
40  litres  de  levain  au  jus  de  pommes  ou  de 
poires,  additionné  de  40  grammes  de  phos- 
phate d'ammoniaque  comme  il  est  indiqué 
plus  haut. 

Lorsque  Von  veut  préparer  du  cidre  de 
luxe,  il  faut  employer  une  plus  forte  dose 
de  levure  et  en  mettre  i  kilo  pour  3  à  5 
hectos,  en  ayant  soin  de  préparer  égale- 
ment un  levain. 

Le  phosphate  d'ammoniaque  est  un  sel 
dont  l'absorption  est  très  favorable  à  la 
santé  et  son  emploi  aux  doses  indiquées  est 
très  recommandable.  On  peut  acheter  ce 
produit  dans  les  pharmacies-drogueries,  mais 
pour  rendre  service  à  ses  clients  l'Institut 


La  Claire,  au  Locle,  par  Morleau  (Dûub<^) 
se  charge  d'en  expédier  dfreclement. 

2**  Méthode  de  préparation  du  levain. 

Au  lieu  de  jusdQ  pomines*  on  peut  em- 
ployer de  Veau  sucrée  à  raison  1  kilo  sucre 
ou  glucose  par  10  litres  deau  et  toujours 
additionnée  de  lo  grammes  de  phosphate 
d* ammoniaque  par  lo  litres.  Cstieeau  su- 
crée étant  très  légêrument  tiédie  ù  30",  on  y 
verse  1  kilo  de  levure,  et  on  Iflrmine  la  pré- 
paration comme  il  est  dit  plus  loin. 

Quand  on  veut  faire  fermenter  20  hectoli- 
tres cidre  avec  l  kilo  dcî  levure,  on  prépare 
d'abord  10  litres  de  levain  qu'on  addilii>iiîie 
au  bout  de  2  Jours  de  10  nouveaux  ULro3 
d'eau  sucrée  jivec  l  kilo  de  sucre  ou  glucose ^ 
et  10  grammes  de  phosphate  d'à  m  monîaquo. 
Dans  ce  cas,  le  levain  à  l'eau  sucrée  ne  s'em- 
ploie i|iic  3  jours  après  le  commencement 
de  sa  prépiiralion. 

Fin  de  la  préparation  du  levain. 

Une  température  supérieure  A  30v serait 
nuisible  k  la  levure  qui  souffrirait  et  serait 
paralysée. 

On  conserve  le  levain,  préparé  par  Tuno 
ou  Fautre  de  ces  méthodes,  dans  un  réci* 
pient  fermé  par  un  linge  et  place  dans  une 
chambre,  de  façon  à  ce  que  la  îcinpé rature 
reste  ù  15*  ou  2  ;"  centigrades. 

Réc  ipi  en  t  à  emploj  ^e  r  po  u  rfa  i  re  le  le  va  in  * 

Si  un  a  peu  de  ie  va  in  h  pré  parer,  10  ou  20 
litres  pour  lou  2  kilos  de  levure  ,  ou  pvm 
employer  une  bonbonne  de  verre,  ou  bien 
une  cruche  de  grès  proaîablemenléchaudce 
pour  qu'elle  ^oit  rninulieusemenL  propre, 
ou  un  peiitfùt. 

On  a  toujours  soin  de  recouvrir  le  récipient 
dans  lequel  on  prépare  lo  levain  au  moyen 
d'un  linge  blanc. 

(inand  il  s'agit  de  préparer  ujie  grande 
quantité  de  levain,  ou  emploie  un  fût. 

Soins  a  donner  au  fût  â  levain. 

Le  fût  dans  lequel  on  prépare  le  levain 
doit  étresainetsans  aucune  mauvaise  odeur. 
On  le  nettoie  â  fond  ut  â  Veau  bouillante 
avant  de  s'en  servir.  On  le  munit  d'un  robi- 
net neuf,  êchaudé,  pour  en  retirer  le  levain, 


347 


JOURNAL   HËNSUËL   DE   L'aGADÉMIB  NATIONALE. 


:m 


puis  on  le  met  sur  chantier  dan^  un  lociil 
ou  dans  une  clmmbre  facile  à  chauffer. 

On  couvre  le  irou  de  bonde  avec  un  lin- 
^'6  propre  replié  sur  lui-mi'me  pour  empê- 
cher l'entrée  de  la  poussière  et  on  alLend  48 
heures  avant  d*emp loyer  le  levain. 

Moyen  certain  de  connaître  le    meilleur 
moment  pour  employer  te  levain. 

Le  purificateur  if  air  Noël  placé  avec 
soi  [I  sur  le  ftUà  levain,  tous  les  joints  étant 
bien  suiffé.^  pour  éviter  le  passage  des  plus 
minimes  quantités  d*jir  par  les  lissures  du 
filt  et  de  la  bonde,  présente  un  très  grand 
avantage  ;  il  permet  de  suivre  la  marche  de 
ia  préparation  du  levain  par  le  barbotement 
du  g^z  dans  cet  appareil.  Quand  ce  barbo- 
loment  est  devenu  visible,  c'est  le  moment 
d'employer  le  tevainf  qui  est  en  pleine  acti- 
vité. 

Ce  petit  appareil  rend  les  plus  grands 
services;  mais  j'insiste  sur  la  nécessité  abso- 
lue de  suiffer  les  moindres  tissures,  sans 
quoi  il  ne  pourrait  fonctionner  el  le  levain 
serait  néanmoins  très  bon  à  employer.  Du 
reste,  la  manière  do  placer  le  purificateur 
if  air  est  tr^s  simple*  J'engage  mes  lecteurs 
à  écrire  à  M.  Noél  pour  lui  demander  son 
prospectus  gi^aluit. 

Emploi  du  levain, 

Quel  que  soit  le  système  qui  a  servi  à  pré- 
parer le  levain,  on  doit  employer  celui-ci 
lorsqu'il  est  en  fermentation,  car  c'est  à  ce 
moment  qu'il  donne  les  meilleurs  effets.  On 
le  mélange  aux  fruits  dans  la  cuve  de  ma- 
cération ^en  le  répnrtis.sant  dans  toutf^la  mas- 
&ejde  manière  à  ce  que  son  action  commen- 
ce déjà  pendant  la  macération.  Ceux  qui  ne 
font  pas  macérer  mélangeront  le  levain  au 
jua. 

On  continue  ensuite  le  travail  comme  a 
1  ordinaire. 

Quand  on  désire  obtenir  un  cidre  de  luxe 
conservant  beaucoup  de  douct^ur.  il  est  bon 
de  soutirer  le  cidre  après  quelques  jours  de 
do  fermenlalionj  dans  un  fiHoù  Ton  a  fait 
briller  de  la  mèche  soufrée  :  le  cidre  con- 
serve presque  toute  la  douceur  qn*il  posî^é- 
dait  encore  un  moment  do  ce  sou ti rage p 


Emploi  des  levures  sélectionnées  dans 
certains  procédés  spéciaux  de  fabrica- 
tion du  cidre. 

Depuis  ces  dernières  années,  on  a  employé 
avec  succès  certains  procédés  spéciaux  de 
fabrication  du  cidre,  destinés  à  mieux  ex- 
traire tout  le  suc  des  pommes  ou  des  poi- 
res, ou  à  obtenir  par  filtration  des  cidres 
plus  limpides  et  se  conservant  mieux.  Dans 
tous  ces  systèraes,remploides  levures  sélec- 
tionnées donne  un  résultat  supérieur  à  celui 
que  Ton  obtient  sans  en  faire  usage. 


L*ÉLEVAGE  ET  L'UTILISATION 
DU  BÉTAIL 

dans  ia  République  Argent!  ne 

L'Espagnol  désigne  le  bétail  par  le  terme 
générique  ganado,  participe  passé  du  verbe 
ganar^  gagner.  Legténiede  la  langue  a  bien 
ainsi  indiqué  que  le  bétaildes  pampas  cons- 
tituait un  gain  sans  effort,  un  bénéfice  sans 
travail. 

Aussi  n'aurait-on  pu  considérer  comme 
soumis  à  un  élevage  organisé  ce  troupeau 
sauvage  paissant  ^nràes savanes,  où  les  pro- 
priétés n'étaient  pas  mi^me  délimitées.  C'est 
à  peine  depuis  une  vingtaine  d*années, 
que  le  bornage  des  estancias  s'est  accompli 
au  moyen  de  milliers  de  kilomètres  de  HIs 
de  fer  ou  de  ronces  artiâcielles. 

Le  troupeau  parqué  est  depuis  lors  une 
proie  moins  facile  pour  les  bandits  vaga- 
bonds qui  jadis  vivaient  du  bien  d*autrui,et 
les  propriétaires  ont  pu  prendre  souci  d'a- 
méliorer la  race  bovine  pour  en  tirer  des 
profils  plus  rémunérateurs. 

D'après  le  dernier  recensement»  !a  Répu- 
blique Argentine  possédei*ait  25  millions  de 
têtes  de  bétail,  représentant  une  valeur  de 
740  millions  de  dollars(l  dollar  =  5  fr.  18\ 
Les  Etats-Unis  en  possédant  50  millions  et 
la  Russie  c^O  millions,  l'Argentine  viendrait 
donc  en  troisième  ligne,  propriétaire  d'un 
huitième  des  individus  de  race  bovine  exis- 
tant dans  le  monde  entier. 

Les  Argentins  tirent  parti  de  leurs  bétes  : 
1*"  en  les  exportant  sur  pied  ;  2^  en  fabri* 


■»^^p 


i^VfPP^ 


m 


qitaol  des  viandes  sèohias  ;  3""  en  coc gelant 
leà  viandes  ;  4*"  en  tabri(iuant  des  extraits  de 
viimde  ;  o^  en  exportant  les  déchets  ;  0"  en 
se  livrant  à  rindnstrie  lattière  et  fromage- 
rs 

l'^Exportion  du  bétail  sur  pied.  — En  1894 
il  3  été  exporlé  ?20,490  têtes  ;  ce  chiiïre 
s^est  élevé  à  4(Hj  ,  I2C  en  1895. 

2^  Fabrication  des  viandes  sèches. —  Il  a 
été  abattu  dans  les  saiadcros  de  la  pm- 
vince  de  !a  Plata,  en  18ÎM,  (îJl.CHïO  têtes  de 
Ijéiail  et  730.5C0en  180r>.  Pendant  les  neuf 
premiers  mois  de  I80f)  il  a  été  exporté 
33.504  tonnes  de  tasajo^  ou  viande  salée  et 
séchée  au  soleil,  représentant  une  valeur 
de  10.731 ,220  francs.  Le  personnel  des  sa- 
Luieros  est  de  1,5:J1  individus. 

3**  Congélation  des  viandes.  —  Lexporta- 
tion  des  viandes  congelées  a  deux  fois  décu- 
plé en  12  ans  sous  1û  régime  de  la  loi  du  5 
novembre  188S,  autorisant  le  pouvoir  exé- 
cutif Raccorder  une  garantie  annuelle  de  5 
p.  100  sur  leur  capital  aux  sociétés  établies 
daovS  la  Bépubli(f  ne  pour  exporter  la  viande 
de  bœuf  et  la  viande  de  mouton  fniîclit;  ou 
conservée  par  des  procédés  hygiéni^jues. 

Sous  ce  régirae^  l'exportation  des  viandes 
congelées,  qui  n'était  que  de  2. S03  tonnes 
en  !8S5,5est  élevée  à  41.780  tonnes  en  1896, 
dont  3/J15  tonnes  pour  la  race  bovine. 

Cette  industrie  est  exploitée  aujourd'hui  ïi 
Buenos- A yres  par  4  établissements  possé- 
dant un  capital  de  5. 931. 38  J  dollars,  dont 
L3ti9.L^80  représentent  la  valeur  de  60  ma- 
ebines  d'une  force  de  1.052  cbevaux-va 
peur. 

Lue  cinquième  usine,  fondée récem ment, 
ne  fonctionne  pas  encore. 

Le  personnel  occupé  en  1805  a  été  de 
1.225  ouvriers. 

Toutes  les  parties  de  l'animal  sont  utili- 
sées :  les  langues  et  rognons  se  vendent  sur 
place  ;  les  tripes  sont  spécialement  prépa- 
rées p«mr  l'Allemagne  et  lltalie.  Ces  deux 
pays  s'en  servent  pour  plusieurs  industries 
et  surtout  pour  la  fabrication  des  cordes 
harmoniques.  Le  cœur,  le  foie  et  les  intes- 
tins sont  diversement  employés.  La  graisse 
qui  les  entoure  sert  k  fabriquer  du  suil'^ 
etc.,  pour  bougies  et  savons. 


AGRICULTURE.  :,360. 

L'exDortalion  des  viandes  occupe  80  na- 
vires faisant  en  moyenne  deux  voya-iies  par 
an  et  pouvant  contenir  2,600.000  têtes. 

4*^  Éstraits  de  viande.  —  La  grande  fabri- 
que argôntin{?  d'extraits  de  viande  fut  fon- 
dée à  Sanla-Elena  par  M.  Kemmerïch, 
ancien  chimiste  dans  les  établissemeats  de 
Fray*Bentos,  en  Uruguay  ;  il  en  exisle  une 
autre,  la  «  Liebigs  extract  of  méat  C«  Limi- 
Led  '>.  qui  est  en  quelque  sorte  associée  à  la 
première. 

Depuis  IS^Wj les  appels  de  fonds  de  la  Com- 
pagnie Liebig  montent  à50O.0O0  livres  ster- 
ling ,1  livre  sterling  =  2b  ir.  22.. 

Les  bénétjces  en  1890  s'étaient  chilfiVrs 
par  18,437  livres  sterling  ;  en  ISOfj  \h  .se 
^ont  élevés  à  113.280.  Pendant  ce  laps  de 
trente  anïiées,  l'entreprise  a  payé  à  sejî  nc- 
tionnaires  plus  de  i'  millions  de  livres  ^tnr- 
ling,  c'esL-à-dire(|uatre  fjis  le  capital  versé. 

La  Compagnie  emploie  dans  ^esesîancias 
et  dans  ses  divers  dépôts  d^Kuropc  iiu  mil- 
lier de  pBr?onnes.  Depuis  que  son  premier 
fourneau  a  été  allumé,  l'usine  a  consul n in é 
plus  de  '^50.000  tonnes  de  charbons.  VAk  a 
produit  750.090  tonnes  de  marchandise:^  di- 
verses, dont  230.000  vendues  en  Euro(^L\  ci 
a  de^bité  5  millions  de  bœufs. 

La  société  ne  laisse  rien  perdre.  C'est 
ainsi  que,  s'étanl  aperçue  r|ue  l'eaa  chari^éu 
de  sang  attirait  un  grand  nombre  de  [kus- 
sonsaux  environs  du  déverijoir^  elle  a  éta- 
bli à  cet  endroit  des  pêcheries  trèi^  JVuc- 
tueuses  qui  Lui  permettent  une  fabnciitîun 
d'huile  de  poisson  servant  à  produire  It^  ^a/. 
d'i'chiirage  pour  letablii^sement.  Le^  rcïites 
de  la  faune  fluviale  translbrmés  en  guano 
payent  les  irais  de  nianipulatior.. 

5''  CEilîsation  des  déchets.  —  Kn  dehors 
des  viandes,  les  déchets  donnent  lion  à  un 
commerce  important.  Pour  1893,  les  cote*? 
et  relevés  statistiques  ont  donné  les  cbilbv 
suivants  : 

Cuirs  secs,  27j740  tonnes  \ 

Cufrs  salés^  84,901  tonnes  ; 

Cornes.  ?j554  tonnes  ; 

0^,  44.264  tonnes  ; 

Cendres d'oi,  US^OOj  tonnes; 

Sabots,  60<3  tonnes, 

0"  Industrie  laitière  et  fromasère.  —  Chilo 


^ 


^1  lOtjnjVAL   HENSUKL   UE 

industrie  ar^'enline,  dt5  création  récente, 
compte,  dans  h  provmcp  de  Byenos-Ayres 
seulement,  201  laiteries,  2()0  fromageries, 
ill  vacherii^s. 

Il  y  aurait  dans  îa  province  371, 134  va- 
ches laitières  auxiiuelles  correspond  une 
capacité  productive  annuelle  do  501  init- 
iions de  litres  delaitëf(uivalantii  un  rende- 
ment  en  beurre  ûe2l  millionsdekilo^'ram- 
rnes  par  an. 

î/ importai  ion  des  fromaj^es  à  linenos-Ay- 
rcs  a  diminué  depuis  sept  an>î  d'environ  1 
million  de  kilogr,,  pas^jant  de  1,578,900 
kih^jjr,  en  1888  h  570,400  en  1804, 

i.^uant  à  Texportation^elle  a  commencé, 
en  IbîBS, avec 9,^16  kilogr;  dans  les  septan- 


1/ ACADÉMIE  NATIONALK.  352 

I  nées  suivantes,  elle  a  atteint  le  chiffre  total 
249,000 kilogr. Les  pays  destinataires  ont  été 
en  1807  :  l'Angleterre,  pour  31,500  kilog.  ; 
le  Brésil,  pour  51,320  kilog.  ;  le  Paraguay, 
pour  25,010  kilogr.  ;  l'Uruguay,  pour  4,350 
kil.  ;  ritalie,  pour  600  kil. 

Les  conditions  dans  lesquelles  se  fait  Té- 
levage  dans  les  pampas  expliquent  cet  essor 
industriel,  car  elles  compensent  si  bien  les 
avantages  qui  résultent,  par  exemple,  pour 
la  Suède  ou  le  Danemark  de  leur  proximité 
du  marché  anglais,  que  les  beurres  et  fro- 
mages argentins  peuvent  faire  concurrence 
sur  nos  marchés  aux  produits  européens. 

Bulletin  du  Ministère  de  f  Agriculture.) 


DISTINCTIONS    HONORIFIQUES 
ACCORDÉES  AUX  MEMBRES  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE 


A  Toccasion  de  Texposition  de  Bruxelles, 
par  arrêté  du  ministre  de  Tinstruction  pu- 
bliifue  et  des   beaux-arts  ont  élé  nommés 

officiers  d*Aaidémie  : 


(iriAU T-VûiHY,  vittculteur,  à  Tours  (Irïdre- 

Lv4ioire). 

Ikiauis  (Charles-Mariej,  cogérant  de  Tor- 
JVvrerie  Boulengor,  k  Pari.^, 

Laurf.nt-Colas  (Onézimo),  fabricant  d'ar- 


ticles de  quincaillerie  pour  carrosserie,  à 
Bogny-sur-Meuse  (Ardennes). 

Moquet-Lesage  Henri  .,  directeur  de  la 
conliturerie  Saint-James,  à  Paris. 

Faupy  fEmile-Louis-Jean-Charles-Antoi- 
ne),  industriel,  membre  du  conseil  de  la 
chambre  des  matériaux  de  construction  à 
Paris. 

pRouvoT  (Emile-Henri),  de  la  maison  Le- 
borgne,  fabricant  de  tapisseries,  à  Lannoy 
iNor.n. 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION  D  ALENÇON 

Un  des  concours  régionaux  ii^'ricolcs  de 
l'année  1808  ayant  du  avoir  lieu  à  la  tin  du 
mois  de  juin  dans  ta  ville  d'Alençoir,  un 
i^ioupede  notables  comraer(,'ariLs  et  indus- 
triels de  cette  ville  a  pris  l'initiative  de  coni- 
]»léter  le  concours  agricole  par  une  exposi- 


tion générale,intéressantles  beaux-arts,rin- 
duslrie,  le  commerce  et  même  l'agriculture, 
en  dehors  des  objets,  produits  et  animaux 
dont  la  présentation  ne  pouvait  avoir  lieu 
utilement  que  durant  la  durée  restreinte  du 
concours  agricole. 

Observons  d'ailleurs  que  l'idée  de  l'an- 
nexion d'une  exposition  générale  à  un  con- 
cours régional  agricole  tend  à  se  générali- 


■y  ^' 


353 


EXPOSITIONS  KT   CONCOURS. 


3151 


ser  un  peu  partout,  et  qu'elle  constitue  déjà 
une  tradition  régulièrement  établie  pour  un 
certain  nombre  de  villes  de  province,  dont 
le  haut  personnel  commercial  est  animé 
d'idées  de  progrès  et  d'esprit   d'entreprise. 

A  la  této  du  groupe  d'hommes  intelligents 
et  actifs  qui  a  entrepris  l'organisation  de 
l'exposition  industrielle  et  qui  s'est  formé 
en  Comité  exécutif  de  cette  exposition,  se 
trouvaient  deux  de  nos  plus  anciens  el  plus 
sympathiques  sociétaires,  l'un  en  qualitéde 
Président  du  comité  :  M.  Richer,  manufac- 
turier, fabricant  de  toiles  et  de  lils  de  chan- 
vre, président  de  la  chambre  de  commerce 
d'Alençon  ;  Tautre,  en  qualitéde  Vice-Pré 
sidont  du  Comité  et  de  Commissaire  général 
de  TExposition  :  M.  Albert  Lemaitre,  con- 
seiller municipal  de  la  ville  d'Alençon,  mem- 
bre de  l'un  des  comités  d'admission  de  l'ex- 
position de  1900,  chef  de  l'une  des  rares, 
mais  importantes  maisons  de  carrosserie  et 
de  sellerie  de  province,  qui  réussissent  à  ri- 
valiser sérieusement  avec  les  plus  grandes 
maisons  de  Paris. 

Installée  dans  la  rotonde  de  la  Halle  au 
blé  d'Alençon  et  dans  des  galeries  annexes 
extérieures,  l'exposition  industrielle  a  été 
fort  bien  agencée,  de  manière  à  offrir  un 
spectacle  curieux,  intéressant,  instructif  et 
agréable.  Certes,  le  public  n'y  pouvait  trou- 
ver le  kaléidoscope  éblouissant  de  merveilles 
que  lui  présentent  les  grandes  expositions 
universel  les  de  Paris  ou  d'autres  très  grandes 
villes  ;  mais  il  y  pouvait  quand  même  oc- 
cuper utilementson  temps  et  ses  facultés 
d'observation  en  contemplant  rassemblées 
une  foule  de  belles  et  bonnes  choses  qui, 
d'habitude,  ne  se  prêtent  à  son  examen  que 
diificilement  et  isolément. 

Treize  membres  de  notre  Société  ont  par- 
ticipé à  l'exposition  d'Alençon.  Parmi  eux, 
quatre  font  partie  des  notabilités  commer- 
ciales d'Alençon  même.  Les  neuf  autres,  qui 
tenaient  une  place  importante  dans  l'élé- 
ment extra-régional  des  exposants,  venaient 
de  localités  diverses,  plus  ou  moins  éloi- 
gnées. 

A  juste  titre,  nous  nous  occuperons  d'a- 
bords des  exposants  alençonnais,  et  nous 
commencerons  naturellement  par  la  parti- 


cipation du  présidoiit  du  GomiLéexécuLirde 
l'Exposition»  M.  Richer, 

La  maniifacLurede  M.  Richer  ne  met  en 
œuvre  que  les  chanvres  de  la  production 
régionale.  Ces  chanvres  re^^us  teiJtés  bruis 
des  cuUiviitciiri  de  TOt^ae,  de  la  Sartlie  et 
autres  dépanemenLs  circon  voisins,  sont  con- 
venablement préparés  en  filés  do  divers  nii- 
njéros,  correspondant  k  des  grosseurs  et  à 
des  tordages  difterenls,  et  sont  ensuite  tis- 
sés en  de*  toiles  de  qualités,  forces,  épais- 
seurs et  dimensions  variées. 

M.  Rtcher  a  simplement  exposé  des  spé- 
cimens de  ses  diverses  préparations,  toiles 
qu'il  les  livre  au  commerce  et  à  Vindu^trie, 
et  comprenant  des  oche veaux  de  fils  et  des 
pièces  de  toîli^s  brutes  et  apprêtées.  Les  toi- 
les exposées  variaient  de  la  for  le  taile,a^ro^^ 
tils,  pour  burlies,  h  la  toile  fine  pour  draps 
de  lit.  Certes,  pour  la  confection  des  toiles 
liueSf  le  chanvre  no  peut  rivaliser  avec  le 
lin,  ni  même  avec  le  coton  :  mais  ce  textile 
n'en  otTre  pas  moins  des  qualités  de  rést^- 
Lance  et  de  durée  qui  dounsnt  une  réelle 
valeur  aux  tissus  dont  il  lorme  la  composi- 
tion. 

Les  soins  apporlés  k  la  préparation  do^ 
lîls  et  ri  leur  mise  en  a>uvre  dans  la  manu- 
facture  deAJ.  Uicher  as^surent  aux  toiles 
produites  une  absolue  régularité  de  tissage, 
d  ou  découle  le  maximum  des  qualités  de 
solidité,  de  résistance  à  Tusa^'e  et,  par  con- 
séquent,  de  durée.  Or,  ce  sont  surtout  ces 
qualités  qui  sont  réclamées  par  la  consom- 
mation courante,  à  laquelle  la  tabrication 
de  M.  Richer  donne  pleine  et  entière  salis- 
faction  , 

Le  jury  a  nalurellement  attribué  à  lex- 
posiUon  de  M,  Richer  un  dîplom'ï  dit  de 
Hors  concours  qui  ^  suivant  les  dispositions 
de  Tarticle  t^i  du  règlement^  constituait  la 
plus  haute  récompense  otacielle. 

Nous  avouo[is  même,  en  passant,  ne  pas 
très  bien comprendrequerattribution  de  la 
distinction  Hors  concours  puisse  dépendre 
de  la  décision  d'un  jury,  La  signilication 
des  mots  Hors  concours  est  précisément 
dindiquer  que,  pour  une  cause  ou  pour 
une  autre,  les  objets  compris  dans  cette  ôi'- 
sigualion   éeliappent    i   lapprecraliim  d^s 


ai5  JOURNAL  MENSUEL  DB  L' ACADÉMIE  NATIONALE 

juges  du  concoures.  Il  y  n  donc  énonciation 

d'une  aiiUnomie  absolue  lorsque  Ton  an- 
îioriL^e  [ïuB  décision  d'an  jury  proclamant 
ufif?  mise  hors  concours. 

Pour  ta  bonne  règle,  l'exposition  de  M. 
Hîcber  devait  être  \i\^céù  hors  concours  par 
fe  fuit  même  que  \r  Richcrëtait  le  président 
du  Comité  exécutif  de  lexposition.  Mais  si 
rexpDsaion  de  M«  JUclier  échappait  ainsi  à 
1  appréciation  du  jury  ofiiciel,elle  n'en  rcs- 
Lait  païï  moins  soumise  au  jugement  des  ob- 
Mei  valeurs  compéienls  qui,  tous,  ne  pou- 
vaient que  recotmoître  et  proclam«5r  ce  fait 
que  rindustrie  du  président  du  Ck)mité  exé- 
cuhf  méritait  largement  la  plus  haute  ré- 
compense. 


356 


Apri^s  l'eis position  du  Président,  celle  qui 
s  ûHrait  le  plus  nalurellement  à  notre  exa- 
inou  èi.iit  Tcxpoî^ilion  de  l'un  des  Vice-Pré- 
sidenlSp  M,  Lk^ahre,  qui  était  aussi  le  com- 
missaire {Générai  du  concours. 

M.  Lkmmtre  est,  comme  dous  l'avons  dit, 
le  chef  d  une  importnnl^  maison  de  carros- 
serie et  de  sellerie  rjui^  r] unique  située  dans 
une  simple  ville  de  proviuf^e,  conserve  une 
importance  et  une  activité  lui  permettant  de 
rivaliser  avec  les  plus  grandes  maisons  simi- 
Uiires  delà  capitalo.ll  est  vrai  que  la  ville  d'A- 
lençnn  se  trouve  placée  aucmtre  d'une  région 
où  1  élevage  du  cheval  de  carrosse  est  spéciale- 
nient  en  honneur^  et  ou  le  goût  de  la  plus 
iiol>leconquéle  de  lliomme,  suivant  Tex- 
pression  de  Buribn^  est  des  plus  développés 
au  sein  de  ïa  population  u\sée.  L'amour  des 
beaux  ciievaux  n'allant  pas  sans  Tamour 
des  beaux  harnachements  et  des  belles  voi- 
lures, on  cou*^*oit  que  les  industries  de  la 
carrosserie  et  de  la  selleriiî  se  trouvent  pla- 
cées il  Alençon  dans  un  milieu  exceptionnel- 
lement favoriible, 

y\im  il  va  âans  dire  que,  sans  une  direc- 
tion fiabile  et  avisée,  les  établissements  de 
M.  Lemaître  n'auraient  f)a  arriver,  par  le 
seul  fait  descondiiions  favorablesdu  milieu 
dans  lequel  ils  se  sont  développés,  au  degré 
d  importance  rfU*ilsont  attemt. 

Pour  que  la  carrosserie  de  M. Lemaître  ait 
eonrjuis  une  réputalron  de  premier  ordre  qui 
assure  sa  vogue,  il  a  la1lu  qu'elle  présentât 


les  mêmes  qualités  de  distinction,  d'élégance 
et  de  fini  que  les  productions  des  maîtres  de 
la  carrosserie  parisienne. 

Au  reste,  M.  Lemaître  n'hésite  jamais  à 
placer  les  spécimens  de  sa  fabrication  à  coté 
de  ceux  des  carrossiers  les  plus  renommés, 
que  ce  soit  aux  grandes  expositions  de  Paris 
de  Chicago  ou  d'Anvers,  et  partout  les  jurys 
compétents  reconnaissent  quepourôtre  d'un 
style  sobre  etsévère,  les  voitures  de  M. Le- 
maître offrent  des  mérites  égaux  à  ceuxd'au- 
tres  véhicules  d'une  apparence  parfois  plus 
brillante,  mais  aussi  plus  criarde. 

A  l'exposition d'Alençon, M.  Lemattren'a 
fait  ligurer  qu'une  Victoria  classique,  impec- 
cable dans  tous  les  détails  de  sa  fabri- 
cation, et  deux  voitures  de  fantaisie  pour 
poneys  ou  demi-poneys,  du  genre  des  char- 
rettes anglaises,  dont  Tune  était  un  de  ces 
véhicules  dits  tonneaux,  qui  sont  devenus 
très  à  la  mode  depuis  plusieurs  années  et  qui 
ne  sont  cependant  ni  très  confortables,  ni 
très  élégants. 

La  sellerie  de  M.  Lemaître  était  représen- 
tée par  quatre  harnais  de  cabriolet,  dont 
deux  en  cuir  noir  pour  chevaux  de  taille 
ordinaire,  et  deux  en  cuir  jaune  pour  po- 
neys, l'un  avec  collier,  l'autre  avec  bricole. 
Ces  harnais  visaient  plutôt  la  simple  correc- 
tion élégante  que  le  grand  luxe,  constituant 
du  matériel  d'usage  courant  et  non  des  piè- 
ces d'exposition. 

Pour  bien  prouver,  d'ailleurs,  qu'il  suit 
le  progrès  pas  à  pas,  M.  Lemaître  exposait 
également  une  voiture  automobile  de  sa 
construction,  très  habilement  agencée  d*un 
moteur  à  pétrole  Benz,  avec  tous  ses  acces- 
soires et  tout  le  mécanisme  de  commande 
habituel.  Les  clients  de  M.  Lemaître  qui, 
sacrifiant  à  la  mode  du  jour,  songeraient  à 
délaisser  leurs  attelages  pour  s'adonner  à 
Tautomobilisme,  pourront  donc  recourir  en 
toute  confiance  aux  services  de  leur  ancien 
fournisseur. 

Enfin,  mentionnons  un  plan  colorié  des 
établissements  de  M.  Lemaître,  plan  qui  fait 
ressortir  la  bonne  organisation  et  la  disposi- 
tion méthodique  des  différents  ateliers  qui 
composent  ces  établissements. 

C'est  naturellement  un  diplôme  de  hors 


^ 


357 


EXPOsiTi:);^^  er  coNcouas. 


358 


concours  qui  est  attribué  k  M>  Lemaître,  le- 
qud  est  LttuUIre  de  notre  diplôme  d'hon- 
neur depuis  1895* 

M.  RoMET,  propriétaire  des  grands  niaga^ 
tins  du  Ga^ne- Petit,  à  AlenvoiiT  a  Tait  inslah 
1er  au  centre  même  de  la  rotonde  de  la  Ital- 
ie au  blé,  cest-ili-direà  une  place  d'honneur 
une  glande  vitrine  carrée,  à  pans  coupés, 
en  bois  noir,  dans  laquelle  sont  placés  des 
mannequins  à  figures  de  cire,  en  grandeur 
naturelle,  revêtus  de  toilettes  de  ville  aussi 
élégantes  qui  bien  confeetionnées.  Les  per- 
^oiuiages  ainsi  représentés  sont  bien  i^rou- 
pës,  dans  des  altitudes  nuturelles  qui  met- 
tent en  valeur  lenra  divers  eostutnes.  La- 
Eiiénagement  général  de  la  vitrine  et  les 
étoH'es  qui  la  décorent  (ont  de  1  eni^emble 
un  era/iï^e  très  réussi,  qui  donne  urie  ex- 
cellente idée  du  bon  goût  du  directeur  des 
[oagasins  du  (tâ^^ne-Petit  et  des  riches  res- 
sources de  ces  magasins. 

M.  Bomet^  faisant  pai  U  du  jury,  a  bénéti- 
clé  aussi  d'un  diplôme  de  hors  concours, 

il,  L.  Chalot,  fabricant  de  meubles,  h 
Alençon,  notre  Sociétaire  depuis  1S81,  est 
ftrheusement  décédé  queltpies  jours  après 
fou  ver ture  de  Tex  posit  ion ,  à  laq  uel  le  i  l  s'éta  i  t 
eapendant  préparé  à  participer  dune  Jaçon 
remarquable.  Fort  heureusement,  Madame 
Veuve  Ghalot  se  trouve  excellemment  prépa- 
rée pour  continuer  de  diriger  Tinduâtrie  si 
bien  organisée  et  lancée  par  son  délunt  mari, 
en  sorte  qiiC  la  maison  Chalot  continuera  h. 
tenir  lionorablement  une  place  prépondé- 
rante dans  la  fabrication  des  meubles  à 
Alençoii.  L'exposition  de  meubles  do  la  mai- 
son Chalot  comprenait  deux  buffets,  Tunen 
noyer  ciré  avec  étagère  fermée  par  des  vi- 
trant de  couleur^  Tautreen  noyer  verni  ; 
une  table  de  suite  à  manger  en  noyorj  avec 
support  central  et  deux  pieds  socles  sépa* 
réSj  qui  assurent  une  bonne  stabilité  à  la 
table  lorsqu^on  en  augmente  la  dimension 
par  l'adjonction  d'allonges  ;  une  armoire  à 
^lace  en  bois  noir  ciré  ;  diverses  tables  ou 
guéridons  de  salon  ;  des  sièges  de  salle  à 
manger  garnis  de  cuir  repoussé  ;  des  sièges 
de  fantaisie  en  bois  teint  de  couleur  verte, 


garnis d  étoffes  a  nuances  passées,  d'un  des- 
sin original  constituant  ce  qu'on  appelle 
le  style  moderne,  ou  phiiài  lu  modem  styie^ 
car  il  s'agit  là  d'une  création  d'origine  an- 
glaise ;  une  armoire  à  panneaux  vernis  fri- 
sésj  et  en  tin  des  lampes,  vases,  coupes  en 
bronze  ou  en  étain,et  autres  objets  contri- 
buant à  la  décoration  des  intérieurs  d'ap- 
partement. 

N'oublions  pas  de  mentionner  un  tabou- 
ret de  pîa  [m  dit  à  glissière,  supporté  par 
une  lige  centrale  d*acier  glissant  à  frotte- 
ment doux  dans  un  cylindre  de  bron/.e  et 
remplaçant  la  vis  généralement  6mploy<>c, 
laquelle  prend  rapitlement  un  jeu  considé- 
rable dans  son  écrou.  L'arrêt  de  la  lige  aux 
hauteurs  désirées  est  assuré  par  un  verrou 
s^enclancliant  latéralement  dans  des  trous 
borgnes  (orés  dans  la  tige.  Ainsi  constitué, 
ce  tabouret  ne  présente  jamais  l'inconvé- 
nif.'tit  du  ballottement  olfert  par  les  tabou- 
rets du  système  ordinaire.  Il  est  donc  tout 
particulièrement  recotnmandable. 

Tous  les  objets  expoiés  étaient  d'une 
conception  très  pure,  d'une  exécution  par- 
faite et  d*un  Uni  très  soii^né.  Aussi  les  mé- 
rites de  l'exposition  Chalot  ont-ils  été  juste- 
ment reconnus  par  lattribution  d'une  mé- 
daille d'or. 

Après  avoir  terminé  la  re^ue  des  cspo^i- 
itons  de  nos  sociétaires  d'Alençon  même, 
nous  continuons  la  suite  de  nos  comptes- 
rendus  en  reprenant  Tordre  alplmbétîqut* 
des  noms  des  autres  exposants. 

M.  CHARLENTjdeGembloux  (Belgique),  est 
inscrit  au  catalogue  comme  exposant  d*un 
produit  pour  laver  à  froid  les  vêtements. Il 
s  agit,  sans  aucun  doute,  de  la  Charientine, 
lessive  spéciale  à  laquelle  nous  avons  con- 
sacré un  rapport  dans  notre  journal  d'oc- 
tobre 1890,  et  dont  nous  avons  reconnu  la 
pleine  efficacité  à  Tusage.  Mais,  les  échantil- 
lons envoyées  par  M.  Cbarlent  n  ayant  pas 
été  mis  eu  vedetteau  moyen  d'une  installa* 
tion  spéciale,  nous  ne  lésa  vous  pas  rencon- 
très  au  cours  île  nos  investigations. 

M,  CuïFFtCMANfr,  à   Lisieui,  a  fait  figurer 


^'If^ 


ma 


jotnNAL  iiK.N5tia  DR  l'academie  nationale. 


3C^ 


k  rexpoâiUon  d'Alencon  une  collection  des 
boites  qui  servent  à  remballage  de  ses  di- 
verses créations  de  froraaiîes  désignées  par 
les  appollatronâsnjvanles  :  }e  Calvados^  le 
Cabourg,  le  Petit  DeauviUe^  le  Mignon 
Camembert.  Les  boites  étiiient  nalurolle- 
ment  vides,  car  leur  contenu  n'aurait  pas 
rt^sisté  à  la  dtiréetle  l'exposiUond'Alencon, 
^\  brève  (|u  ait  été  cette  durée  ;  mais  le  jury, 
édilié  sur  la  qualité  des  Iromages  prt^ parés 
sooâ  la  directon  de  M.  CliifTemann,  qualité 
qui  est  *i  ailleurs  bien  connue  dans  toute  la 
Normandie^  a  attribué  une  médaille d'arf^ent 
ît  notre  Sociétaire. 

M.  Dksclos  (Vital),  à  Yversay,  commune 
de  Saint-Maurlce-sur-Huisne.  par  Boissy- 
Maugis  Ortio'U  est  un  Fabricant  de  papiers 
û\\^à  la  forme^  qui  s  est  spécialement  at- 
taché à  là  préparation  des  papiers  à  liltrcr 
et  qui  a  organisé  la  fabrication  de  ces  pa- 
piers particuliers  de  manière  à  pouvoir  ré- 
pondre a  totjs  les  besoins  industriels^  en 
variant  les  dimensions,  \h.  finesse  do  pâte,  la 
porosité  et  ta  solidité,  suivant  leâ  conditions 
des  filtrages  à  opcrer. 

M,  Desclos  livre  ses  papiers  à  littrer  en  ra- 
mes ou  mains,  ou  en  cônes  plissés  en  sec- 
teurs prêts  il  être  placi^s  sur  un  entonnoir. 
Les  cônes  plissés  se  font  de  toutes  les  di- 
mensions courantes,  depuis  les  plus  minus- 
cules de  deux  ou  trois  centimètres  a  peine, 
jusqu'aux  plus  grandes  tailles  pratiquement 
utilisables. 

Cette  fabrication  de  papiers  à  liltrcr  est 
vraiment  des  plus  intéressantes,  car,  par  la 
perfection  de  ses  produits,  elle  permet  de 
multiplier  sans  gène  les  opérations  de  fil- 
trage qui  sont  si  utiles  dans  un  grand  nom- 
bre d'industries  et  de  commerces.  Lest  donc 
à  Juste  titre  que  le  jury  de  TEi position  d'A- 
lençon  a  décerné  â  M,  Desclos  uii  Diplôme 
d'iionneur- 

M.  Ghoss,  à  Gouhcnans  (Haute-Saône), 
a  envoyé  quelques  carafes  ii  bouchon  de 
cristal,  remplies  d'un  kirscti  qui  a  mérité, 
par  son  excellente  qualité,  l'attribution 
d'un  Diplôme  d'honneur. 


M.  Hamme,  négociant  en  vins  etspiritaeut 
au  Mans  (Sarthe),  a  fort  bien  présenté,  en 
une  vitrine  isolée  quadrangulaire,  une  col- 
lection variée  des  liqueurs  et  spiritueux  pré-  ' 
parés  sous  sa  direction.  Cette  collection  com- 
prend des  bouteilles  de  rhum,  d  anisette^de 
grenadine,  de  menthe,  de  sirop  de  citron, 
de  guignolet  d'Angers,  de  crème  de  fram- 
boises, de  crème  de  cacao,  de  crème  de  va- 
nille, et,  comme  spécialités  propres  à  la 
maison,  de  Triple  sec.  Hamme,  de  Quin- 
quina hygiénique  et  d'Elixir  breton. 

Le  jury  qui  a  été  mis  h  même  d'apprécier, 
non  seulement  la  bonne  présentatiou,  mais 
encore  la  bonne  préparation  et  Texcellente 
qualité  générale  des  produits  de  M.  Hamme, 
a  décerné  une  médaille  (For  en  pleine  con- 
naissance de  cause. 

Sur  une  étagère  particulière,  nous  voyons 
des  flacons  des  produits  spéciaux  pour  lai- 
teries, beurreries,  fromageries  et  cidreries 
que  M.  Jeanneau,  à  Janzé  fllIe-el-Vilaine), 
produits  dont  nous  avons  parlé  en  détail 
dans  notre  journal  d*aoùt  1897,  et  dans  ce- 
lui de  mars  1898.  Pour  la  préparation  de 
ces  produits  spéciaux  M.  Jeanueau  s'est  ins- 
piré des  plus  récentes  découvertes  de  la 
science  microbiologique  et  des  procédés  déjà 
mis  en  œuvre  avec  succès  à  Tétranger,  et 
particulièrement  en  Danemark.  Rappelons 
que  ces  produits  sont  les  suivants: 

L'Armoricaine^  présure  de  première  qua- 
lité coagulant  jusqu'à  3.000  foisson  volume 
de  lait; 

La  Danoise^  présure  concentrée,  ou  plu- 
tôt extrait  double  de  présure  dont  le  pou- 
voir do  coagulation  est  tel  qu'un  seul  litre 
permet  de  coaguler  12,000  litres  de  lait  ; 

Un  colorant  aqueux  pour  fromages,  dé- 
nommé Colorant  rM*  \\  • 

Un  colorant  spécial  pour  la  croûte  des 
fromages,  dénommé  Colorant  n°  2  ; 

Un  colorant  gras  pour  beurres,  appelé  les 
Danois  ; 

Un  liquide  antiseptique  appelé  5^er/7i^w, 
destiné  spécialement  au  nettoyage  des  lo- 
caux, des  appareils  et  des  ustensiles  de  lai- 
terie ; 

Des  cultures  pures  de  ferments  lactiques 


m 


EXPuSITiaVS  ET  dortcouRS. 


562 


qui  stimulent  raeiditicalLon  normale  delà 
CfCEïie  etré^nlânsent  sonaccampiissement  ; 

El  en  lin  un  coloranl  spécial  pour  cidres 
et  bières. 

M.  Jeaiineau  est  possesseur  de  nombreux 
certificats  de  ses  clients  attestant  qu'ils  ont 
bien  obtenu  les  meilleure?  résultats  pro- 
mis, en  faisant  emploi  de  set  produits.  C'est 
liarjc  H  juste  titre  que  le  jury  de  Tex position 
d  Alençon  lésa  récompensés  d'une  médaille 

M.  PELLKTiKRjàConnerré  Sa r Mie  ,  expose 
«laelques  objets  en  toile  métallique,  tels 
If  ne  :  garde-manger,  garde- Jeu,  couvre- 
platSj  p^ssoires^  (amis,  etc.  et  une  collection 
variée  d'éctjantillons  de  toiles  en  lilsd^acier, 
de  cuivre  rouge,  de  laiton  et  daluminium, 
tils  doftt  les  entre-crùiËements  laissent  sub- 
sister des  mailles  de  dilTérentes  grandeurs, 
suivant  les  usages  auxquels  les  toiles  sant 
destinées. 

Tous  ces  éclianti lions  dénotent  une  tabri- 
câtiou  ex  perle  et  soignée,  mais  deux  d'entre 
eax  sont  particulièrement  remarquables  par 
les  résultats  auxquels  ils  correspondent  : 
Tun  est  récbantillon  d'une  toile  formée  de 
llls  de  laiton  du  diamètre  invraisemblable  de 
3  centièmes  de  millimètre  (O'"00003,jet  tissée 
si  tinemeiit  quelle  ne  renf4'rmR  pas  moins 
lie  «IS. 400  mailleâ  dans  un  espace  de  27  mil- 
limètres carrés  ;  l'autre  est  récbantillon 
d'une  toile  en  lils  d'aluminium  d'un  diamè- 
tre de  21  centièmes  dû  milliuïèlre  (Û^ÛOO^-I , 
toile  qui,  tissée  en  mailles  de  G  dixièmes  de 
milJimélre,  ne  pèse  que  38.1  grammes  par 
aiiHre  carré* 

Ces  cbitfres  démontrent  a  quel  degré  de 
perfection  M.  Pelletier  a  poussé  la  fabrica- 
lioD  des  toiles  métalliques,  fabrication  que 
Icjurya  récompensée  d'un  diplùme  d'hon- 
aeur 

MM.  PitRïN  FRKREs,  à  Charleville  Arden- 
nés  j  ont  installé  quelques  types  de  leursys- 
lème  de  cli^tures  agricoles,  en  iils  de  ter 
tendus  sur  pieux  en  fer,  dont  la  base,  gar- 
nie de  béton  comprimé  ingélif,  forme  une 
iK)rne  de  toute  solidité  enfouie  dans  le  sol, 
Cci  clôtures  sont  è  la  fois  solides,  écono- 


miques, d'une  grande  facilité  de  pose  et 
d*  une  durée  il  limitée.  Kl  les  doivent  être  par- 
ticulièrement appi'écJées  dans  une  région 
comme  la  Normandie  où  la  pratique  cou* 
rante  de  l'élevage  des  bestiaux  rend  néces^ 
saire  la  formation  de  nombreux  enclos, 
tempcjraires  ou  déiinitifs, 

ilM.  Périn  frères  présentent  aussi  des 
tuyaux,  des  auges  et  des  abreuvoirs  en  ci^ 
ment.  Ces  Mesiieurs  ont  été  des  premiers  à 
préconiser  Temploi  du  ciment  pour  une 
foule  d'usages  et  d'emplois.  La  voie  qu'ils 
ont  ainsi  frayée  est  aujourdHuii  des  plus 
suivies,  car,  partout,  on  ne  parle  que  de 
constructions  en  ciment,  avec  adjonction,  tl 
est  vrai,  d'armatures  en  fer  qui,  noyées 
dans  une  enveloppe  de  ciment,  permettent 
de  diminuerconsidérablernent  les  épaisseurs 
et,  par  conséquent,  les  poids  des  divers  oh- 
jets  (abriqués. 

L'exposition  dAlençon  vanta  MM,  Périn 
frères  un  diplôme  d'Iionneur,  qui  s  ajoute  ti 
la  longue  liste  de  leurs  récompenses  aulé- 
rieures. 

MM.  Simon  frères,  de  Cherbourg,  les 
grands  fabricants  de  machines  et  appareiU 
pour  benrreries  et  cidreries,  étaient  natu- 
rellement  intéressés  à  prendre  une  large 
part  à  reKposîtion  d'AIençon^  placée  au 
centre  d'une  région  où  leurs  clients,  réeU 
ou  éventuels,  se  peuvent  compter  par  mil- 
liers. Ils  ont  donc,  après  avoir  très  large- 
ment participé  au  concours  agricole,  ré:ilisé 
une  très  complète  installation  à  Texposiiiou 
industrielle.  Cette  installation  comprend 
des  barattes, des  malaxeurs,  des  broyeurs  de 
pommes,  des  concasseurs  de  grains,  des 
manèges,  et  des  pressoirs  de  différentes 
dimensions.  Tous  ces  appareils  sont  des 
modèles  déjà  anciens  i)e  la  maison,  mo- 
dèles qui,  touchant  à  la  perfection  depuis 
asÂCz  longtemps,  ne  sont  plus  guère  sus- 
ceptibles de  modilications  notables.  Ils 
sont  d  ailleurs  assez  lonnus,  sous  les  as- 
pects les  plus  favorables,  pour  que  nous 
nous  dispensions  d'en  parler  à  nouveau 
avec  détail.  Mai.s  nous  devons  spérralemptit 
mentionner,  cependant,  la  presse,  dite  à 
charge  continue^    à  cidre   on   a   vin,    qui 


363  lÛUANAL  MENSUEL  DE  L 

constitue  un  excellent  appareil  à  grand 
reodement.  Cette  presse,  tout  entière 
métallique,  se  monte  au-dessus  d'une  lon- 
gue cu%'e  en  maçonnerie  cimentée.  Suivant 
ua  syslême  dont  MM.  Simon  sont  les  inven- 
teurs, les  fruits  à  presser,  pommes  ou  rai- 
miSj  sont  disposée,  ren fermés  dans  des 
toiles  solides,  en  couches  successives  sépa- 
rées par  des  claies  de  bois,  sur  un  tort 
plateau  roulant^  qui  âuîi  des  rails  Tame- 
ntint  sous  le  plateau  supérieur  de  la  presse. 
Pendant  que  la  manœuvre  du  mécanisme 
de  la  presse  abaisse  fortement  le  plateau 
supérieur  sur  la  cbarge  du  plateau  roulant, 
les  ouvriers  peuvent  préparer  la  charge 
d'un  second  plateau  roulant,  qui  succédera 
au  premier,  lorsque  celui-ci,  dégagé  de  la 
presse  après  avoir  subi  la  compression  vou- 
lue, sera  poussé  plus  loin  pour  être  débar- 
rassé  de  sa  clmrge  épuisée.  De  la  sorte,  on 
obtient  un  travail  de  pression  presque 
eontinUftout  en  bénélidant  de  la  puissance 
de  œm pression  des  pressoirs  intermittents, 
qui  sont  demeurés  bien  supérieurs  à  tous 
les  pressoirs  réel lement  continus,  sous  le 
rapport  de  1  énergie  d'action. 

Enfin,  nous  devons  signaler  tout  parti- 
culièrement tesécrémeuses  centrifuges  dont 
MM.  Simon  ont  entrepris  récemment  la  fa- 
brication, et  dont  ils  présentent  un  nouveau 
modale  désigne  sous  Tappellation  de  la 
Couronne. 

C'est  au  concours  agricole  d'Alençon  que 
l "écréme use  la  Couronne  a  fait  sa  première 
apparition.  Sa  construction  estdes  plus  sim- 
ples. La  transmission  de  mouvement  est 
formée  d'une  manivelle  calée  sur  un  arbre 
auquel  est  fixée  une  roue  dentée.  Cette  roue 
commande  un  pignon  calé  sur  un  arbre 
parnllMeiiu  premier;  cet  arbre  entraîne  par 
son  mouvement  une  roue  liélicoïdale  qui,  à 
son  tour,  commando  une  vis  sans  fin  filetée 
en  pleine  matière  dans  le  pivot  du  bol. 

Le  bol,  de  forme  cylindrique,  est  en  trois 
pièces  :  la  base  plane  qui  ne  forme  qu'une 
seule  pièce  avec  le  pivot,  une  couronne  cy- 
lindrique formant  le  corps  du  bol,  vissée 
dans  la  base,  et  un  couvercle  tronconique 
vissé  sur  le  corps. 
A  rinlérieur,  une  cloisor*  verticale  per- 


'acadêmib  nationale.  364 

cée  de  nombreux  trous.  Cette  cloison  à  six 
faces,  dont  trois  circulaires  alternent  avec 
trois  planes  ;  enfin,  au  centre,  un  tube  ver- 
tical recevant  le  lait  du  vase  supérieur  pour 
ramener  au  fond  du  bol. 

L'expulsion  du  lait  écrémé  se  fait  par  un 
orifice  débouchant  au  col  du  couvercle,  tan- 
dis que  la  crème  s'échappe  par  un  orifice 
d'ouverture  réglable,  situé  à  la  partie  hori- 
zontale supérieure  du  couvercle. 

Le  tout  est  enfermé  dans  une  forte  enve- 
loppe métallique  ;  le  pivot  repose  sur  un 
jeu  de  billes  et  le  graissage  est  assuré  par 
un  godetd'huile  de  niveau  supérieur  à  celui 
du  collet  de  Taxe  du  pivot. 

Le  montage  de  cet  instrument  est  des 
plus  soignés,  en  sorte  que  Tinstrument 
semble  dépenser  peu  de  travail  moteur. 
D'ailleurs,  la  grande  compétence  mécanique 
de  MM.  Simon  frères  nous  est  un  sûr  garant 
que  leur  nouvel  appareil  présente  une  su- 
périorité réelle  sur  les  écrémeuses  centri- 
fuges d'invention  antérieure.  La  création  de 
l'écrémeuse  la  Couronne  est  un  nouveau 
témoignage  de  la  sollicitude  avec  laquelle 
MM.  Simon  frères  recherchent  constamment 
la  réalisation  de  progrès  sérieux  et  prati- 
ques. 

Le  Jury  a  décerné  à  MM.  Simon  un  Di- 
plôme de  grand  Prix. 

xM.  WiLLioT,  à  Poix-du-Nord  (Nord), fabri- 
cant des  chicorées  torréfiées  de  la  marque 
à  la  Concorde,  exposait  dans  une  vitrine 
spéciale  une  collection  variée  et  attrayante 
des  paquets  à  étiquettes  coloriées  et  des 
boites  métalliques  à  impressions  décoratives 
qui  servent  à  présenter  son  produit  à  la 
clientèle  des  acheteurs.  Un  médaillier  am- 
plement fourni  de  récompenses  antérieures 
contribuait  également  à  orner  la  vitrine.  En 
raison  des  indications  fournies  par  ce  mé- 
daillier, le  jury  ne  pouvait  faire  moins  que 
de  concéder  à  M.  Williot  un  diplôme  de 
médaille  d'or,  qui  consacrera  une  fois  de 
plus  l'importance  de  la  fabrication  de  notre 
honorable  sociétaire. 

Terminons  en  constatant  que  rexpo.«itioD 
d'Alençon  a  été  close  le  7  août  par  une  ce- 


1    ll.  jpl^vmplliv 


rémoQie  solennelto  de  distribuLioa  des  ré- 
cûiûpenses  et  qu  elle  a  obtenu  dans  son  en- 
semble un  stiGcèâtrès  flatteur  pour  ses  in- 
telligent et  dévoués  or^^anisateurs. 


coNmoas, 


36) 


OtPOSlTlON  DE  1QOO 

(Renseignements   ilivert) 

LES  CENT  IflLLlOrfS  DE  DEPENSES, 

La  somme  latale  de  cent  millions  fexac- 
tement  101.500.000  fr.i  affectée  aux  dépen- 
ses de  TE I position  va  se  décomposer  ainsi  : 

73 millions  pour  les  travaux,  1?  millions 
pour  les  services  de  Te^cploitation  et  8  mîl- 
lioas  pour  radmînistration. 

Sur  ces  S  millions  il  sera  pris  une  somme 
de  SfX^.DOQ francs  pour  la  lalïrication  des  ti- 
ckets d'entrée.  L'ensemble  deâ  traitements 
du  personnel  absorbera  4  millions  ;  la  police, 
la  douane  et  les  pompiers  reviendront  en- 
^mb)e  à  un  million  et  demi. 

Les  7  millions  restants  formeront  une  ré- 
serve pour  les  dépenses  imprévues. 

La  construction  des  deux  nouveaux  palais 

dés  CbaropsËlysées  reviendra  à  21  millions 

et  demi.    Les  palais  en  constructio}.    au 

I  Champ-de-Mars  couleront,  en  tout,  IS  mil- 

'  lions  ;  ceux  de  Tesplanatle  des  Invalides^  5 

millions,  et  ceux  des  quais  1.000.000  fr, 
'  Les  ponts  et  passerelles  à  établir  sur  la 
!!$eine  co<'iteront  5  millions,  dont  la  majeure 
partie  sera  alfectée  au  pont  Alexandre  IlL 
L'iippro  priât  ion  des  quais  et  bas  ports  de  la 
Sçiîie,  dans  la  partie  affectée  à  TÉlxposition, 
entraînera  une  dépense  de  3  millions  et  de- 
mi. Le  service  mécanicfue  et  électrique  exi- 
gera un  crédit  de  0,750.000  francs. 

Ine  somme  d'un  millions  et  demi  est  pré- 
vue pour  le  chemin  de  fer  circulaire  devant 
desservir  Tesplanade  des  Invalides,  les  quais 
et  le  Champs-de-Mars. 

Les  appareils  d'éclairageet  d'illumination 
coûteront  SOO.OOO  francs  ;  les  Ion  tain  es  et 
motifs  décoratifs  des  jardins  et  avenues  exi- 
geront 1/200,000  fr.  ;  les  jardins  et  planta- 
tionSf  un  million  et  demi. 

Loe somme  de  5  millions  et  demi  est  ré- 
^rvée  pour   l'organisation  des  f^tes    et  des 


concours,  un  million  et  demi  pour  les  ex- 
positions rétrospectives,  un  million  pour 
les  congrès  et  auditions  musicales. 

Les  frais  du  Jury  et  des  récompensent  s*é- 
î^rverontà  un  million. 

Enfin,  on  a  prévu  une  dépense  de  400,000 
francs  pour  exonération  d^  exposants  ou- 
vriers. 


LKLECTRICÏTE    TT  LA    VAPEUR, 

L'électricité  doit  étendre  son  domaine  sur 
tout  l'ensemble  des  travaux  de  l'Exposition  ^ 
en  dehors  même  du  palais  spécial  qui  lui 
sera  exclusivement  consacré. 

Elle  aura,  en  effet,  un  double  nMe  k  rem- 
plir :  elle  sera  non  seulement  employée  com- 
me éclairant  concurremment  avec  le  gaz  : 
mais  elle  devra  encore  servir  d'agent  de 
iransmision  de  laforce  motrice  nécessaire  k 
alimenter  h  vie  et  le  mouvement  des  nom- 
breuses machines  envoyées  de  tous  lei» 
points  de  Tuniverset  qui  devront  fonction- 
ner devant  les  visiteurs. 

L'éclairage  électrique  des  différentes  cons- 
tructions de  TEx position  exigera  remploi 
d'une  force  motrice  d'environ  15-000  che- 
vaux-vapeur, et  ce  chiffre  n'est  pas  exai^ort* 
quand  on  pense  que  la  plupart  des  palaL>^ 
pourront  être  visités  le  soir  pnr  le  public, 
l'Exposition  de  11*00  devant  du  reste  rester 
ouverte  comme  celle  de  1889. 

D'un  autre  coté J'énergie  électrique  trans- 
formée en  force  motrice  absorbera  enr^ro 
5.000  chevaux. 

Partant  de  ces  chiffres,  on  arrive  h  cette 
conclusion  qu*il  Taudis  produire  par  heure 
rénorme  quantité  de  200.0O0  kilogrammes 
de  vapeur.  Les  chaudières  nécessaires  se- 
ront divisées  en  deux  groupes  :  les  types 
français  seront  réunis  dans  une  première 
cour,  les  modèles  étrangers  dans  une  seron- 
de,  ces  deux  cours  étant  placées  symétrique- 
ment à  Taxe  de  l'Exposition,  à.  l'extrémité 
du  Champ-dïvMars, 

A  Texpositioa  de  1889  on  avait  d'abord 
comptésurune  dépense  de  vapeur  de  40.000 
kilogrammes  à  T  heure:  mais  ce  chiffre  avait 
été  porté  à  G0;OOO kilogrammes;  la  produc- 
tion   atteignit    70JJ00    kilogrammes  sans 


al 


^•v 


rri'' 


367 


JOOtlNAL  MENSUEL  DK 


compter    un  certain  nombre   de   généra- 
teurs utilisés  pour  les  ascenseurs,  etc. 

A  coté  des  construc(ionsquis*édifient  à  la 
surface  du  sol,  un  autre  travail,  souterrain 
celui- [à,  doit  être  exécuté.  It  faut  percer  des 
galeries  pour  les  conduites  d'eau,  de  gaz,  de 
vapeur,  des  canalisations  poiir  rélectricité, 
d'autres  conduites  pourTeau  deSeineàhau- 
te  pression  servant  pour  le  service  d'incen- 
dîe  et  pour  cet  Utins  moteurs  tels  que  turbi- 
nes, machines  à  glace.  U  faudra  également 
conslrnite  un  puils  d  aspiraiiou  et  un  réser- 
voir de  reroulement  ;  on  peut  voir  par  cet 
aperçu  ijue  la  partie  souterraine  des  cons- 
tructions de  rRxpositJon  présente  un  inté- 
rêt tout  particulier. 


L  ïnstallatiok  di^  la  forge  motrice. 

Les  services  mécaniques  de  l'Exposition 

de  1900  seront  divisés  en  deux  groupes  pla- 
cés entre  Tancienne  galerie  des  Machines  et 
le^  galeries  de  TElectncité,  le  premier 
groupe,  côté  de  la  Bourdonnais,  pour  la 
France,  le  deuxième  groupe,  côté  Suffren, 
pour  les  étrangers. 

Ces  installations  se  composeront,  de  cha- 
que côté,  d'une  partie  de  Tancienne  galerie 
de  30  mètres  et  d'une  cour  couverte  dont 
les  dimensions  sont  de  40  mètres  de  lar- 
geur sur  117  mètres  de  longueur. 

Dans  chaque  section  seront  installées  des 
batteries  de  chaudière  pouvant  produire 
100,000  kilos  de  vapeur  à  Theure,  soit  pour 
les  200,0(XÏ  kilos,  quantité  reconnue  néces- 
saire pour  tous  les  tjesoins. 

Aux  expositions  précédentes,  où  les  puis- 
sances à  mettre  en  œuvre  étaient  bien 
moins  considérables,  il  avait  été  possible 
d  atfecter  k  chaque  constructeur  un  pavil- 
lon spécial  qu'il  avatt  édifié  et  agencé  à  sa 
guise,  et  chacune  de  ces  installations  com- 
portait sa  propre  cheminée. 


l'agadêiiie  nation alb.  3ôi 

Mais,  en  raison  de  Ténormité  des  installa- 
tions nécessaires  en  1900,  si  l'on  eût  suivi 
les  mêmes  errements,  tous  les  alentours  des 
divers  palais  se  seraient  trouvés  envahis  par 
des  constructions  du  genre  de  celles  dont 
nous  venons  de  parler,  ayant  toutes  des  che- 
minées de  forme,  de  diamètre  et  de  hauteur 
différents. 

Les  conditions  nouvelles  du  problème  ont 
amené  la  Direction  générale  de  l'Exposition 
à  grouper,  au  contraire,  toutes  les  chaudiè- 
res dans  les  deux  cours  disposées  entre  les 
palais  neufs  et  l'ancienne  galerie  des  Machi- 
nes, à  les  réunir  sous  un  abri  commun,  à 
recueillir  toutes  les  fumées  dans  de  grands 
collecteurs,etenfin  à  faire  déboucher  ceux-ci 
dansdeux  grandes  cheminées  monumentales 
de  quatre-vingts  mètres  de  haut.qui  déverse- 
ront les  produits  de  la  combustion  à  un  ni- 
veau tel  qu'ils  ne  puissent  être  nuisibles,  ni 
à  l'Exposition,  ni  aux  quartiers  avoisinants. 

A  la  suite  de  la  cour  des  chaudières  se 
trouvent  deux  grandes  galeries  transversa- 
les, qui  seront  entièrement  affectées  à  l'ins- 
tallation des  grandes  machines  productri- 
ces d'énergie  électrique.  Ces  machines  se- 
ront d'une  puissance  de  1,000  à  2,000  che- 
vaux par  unité,  et  il  est  permis,  dès  à  pré- 
sent, de  prévoir  que,  aussi  bien  pour  la 
section  française  que  pour  la  section  des 
étrangers,  les  installations  dépasseront  no- 
tablement les  besoins. 

II  est  vraisemblable  de  compter  sur  40,000 
chevaux  au  lieu  de  30,000,  permettant  de 
constituer  ainsi  de  larges  réserves. 

En  outre  de  ces  grandes  machines,  on 
admettra  le  fonctionnement,  dans  la  sec- 
tion française,  d'un  certain  nombre  de  ma- 
chines d'une  puissance  moindre,  de  manière 
à  permettre  aux  petits  constructeurs  de 
participer  aux  avantages  de  cette  mise  en 
exploitation  de  leurs  engins  devant  llm- 
mense  public  qui  se  pressera  dans  l'enceinte 
de  l'Exposition. 


r,g 


INUUîîTIllR 


ma 


INDUSTRIE 


U*IN  DU  STRIE  DANS  LE  MONDE. 

Il  %*ieRt  d'être  dressé  une  stalîstique  de  la 
traducnon  ifirlustrielle  dans  les  principaux 
tays  du  monde,  telle  f]u'ellc  résulte  des 
'h*frres  publiées  par  leurs  diverses  adminis- 
rauoEis  pour  Tannée  1807.  En  voici  le  ré- 
unie : 

1^  valeur  des  produits  annuels  s'élève  à 
1  milliards  225  raillions  pour  la  France. 
ùïe  est  de  14  milliards  075  raillions  en  Al- 
emagne  et  de  *Ji)  milliards  500  millions 
nmr  TAugleierre.  La  Hussie  figure  pour  9 
DiUiard^  75miUioQs.  TAutricho  pour  8 mil- 
tards  125  millions,  TUalie  pour  3  milliards, 
a  Belgique  pour  ^milliards  550  millions,  la 
■Puisse  pour  800  millions. 
Lers  deux  Etals  en  lutte,  les  Etats-Unis  et 
Rspagne,  produisent  le  premier35  mîlliai*ds 
;t  le  second  2  milliards  1?5  millions*  Ce 
^IhlTre  si  œnsidérable  attribué  aux  Etala* 
L  nis  est  expliqué  par  Tabondance  des  ma- 
tières premières  et  l'emploi  des  machines. 
Ln  ouvrier  esl  réputé  fournir  en  Amérique 
pour  9,440  Fr.  de  produits,  tandis  qu'il  ne 
rendrait  que  3,950  fr.  en  Angleterre^  2,850 fr. 
en  AlîeraagneT^Jtîrï  fr.  en  France  et  en  Bel- 
;h|uc,  i,905  fr,  en  Itussie  et  L3?5  francs 
tu  Italie, 
Les  salaires  annuels  moyens  sont  estimés 
la  façon  suivante  : 

Ans  Etats- Lnis.  1?'^^^  If,  ;  en  Angleterre 

/f2f}  fr.  ;  en  France,  875  fr.  ;  en  Belgi(]ue, 

fr  ;  en  Allemagne,  775  fr.  ;  en  Suisse 

êi  en  Aulricîie -Hongrie»  750  fr.  en  Cspagne 

l  en  Russie,  000  fr. 

Mais  il  est  à  observer  que  le  prix  de  la  vie 
raît  élre  proportionné  aux  salaires.  Nulle 
rt  la  vie  a  est  plus  chère  pour  les  travail- 
urs  qu'en  Araérique  et  en  Angleterre, 
Le  principal  facteur  de  la  produriiorï  in* 
strielleest  routiUagË  raécanirjue.  La  force 
Qtrice  qui  y  est  dépensée  traduit  exacte* 
ent  la  puissance  et  ractivit^'t  du  travail. 
Les  Ëiats-Dnis  possèdent  IH  millions  de 


elle  vaux- va  peur,  la  Grande-Bretagne  12  mil- 
lions, TAIlemagne  0  millions,  la  France  5 
millions,  rAutriche-Hongrie  2  millions  et 
demij  la  Russie  2  millions  et  la  Belgique  1 
million. 

Cette  statistique  est  très  în^truelive  et 
fottrnil  un  tableau  trc>  intéressant  des  far- 
ces industrielles  des  principaux  pays  du 
monde. 


LE  RECORD    DE   LA   VITESSE   NAVALE. 

Le  yacht  ElUde,  construit  par  M.  E,  B. 
Warren,  vice-président  do  la  Barber  As- 
phalt  C%  sur  les  plans  de  M.Charles  D. 
Mosher,  vient  d'accomplir  Vextraordinairo 
vitesse  de  :^7, 89  railles  00  kiloraè'ros  905 
mètres^  à  l'heure  1],  battant  ainsi  le  record 
de  37.7  railles  établi  par  la  Turbînia,  ;Vôir 
notre  journal  de  mai  1SL>7, 

VElUde  a  80  pieds  de  long  i4,32  m.  ,  8 
pietls  4  pouce*  2,5;^  m.  de  large  et  3  pieds 
6  pouces  LOOra.:  de  creux.  Sa  construc- 
tion est  composée  de  deux  épaisseurs  de 
bois  d  acajou  sur  des  bûtis  d'acier,  et  lixées 
par  des  boulons  de  bron/e.  Cinq  cloisons 
d'acier  le  divisent  en  compartiments  étan- 
clieS;  et  de  plus  on  a  ajouté  de  nombreux 
réservoirs  d*air  en  cuivre. 

L:i  machine  motrice  est  une  machine  à 
tjuadruple  expansion  avec  les  pistons  de  0* 
K),  18^  et  24  pouces  et  une  course  de  10 
pouces,  La  chaudière  est  du  type  de  celle 
employée  sur  le  bâleau-torpille  sous-ma- 
rin construit  ù  Baltimore, 

L'essai  de  vitesse  a  été  elfectué  sur  la  ri- 
vière HudsoTi,  sur  une  distance  mesurée  de 
l  mille  flGOOm.)  et  vé  ri  fiée  parla  V.  S, 
Coast  Survey.  Celte  distance  fut  franchie  en 
1  minuta  35. 

(I)  n  s'agit  du  milU  a»^/jjs  mesurant  1609  mé- 
trés, cl  non  du  mUk  marm  qui  équivaut  à  I85â 
mètres. 


^ 


371 


JOURNAL  MENSUEL  DE  l'aGADÉMIE  NATIONALE. 


X2 


CE  QU'IL  FAUT  FAIRE 

dans  Ifis  cas  d'mDantfesûefica  des  t6l«s  ds 
foyers  dis»  chaudières  à   vapeur. 

Ltie  opinion  gënéralem6Ql  admise  est  que 
ralimcii talion  brusque  d'une  chaudière, 
dans  laquelle  les  lôles  du  foyer  ont  été  por- 
tées au  ronge  par  suite  d'un  manque  d'eau, 
doit  nécessairement  occasionner  une  explo- 
sion par  su) le  de  la  production  instantanée 
d'un  volume  considérable  de  vapeur  qui  ne 
trouve  pas  dans  les  orifices  des  soupapes  un 
écoulement  sufijsani.  M,  Lavinglon  Fichter 
s'est  livré,  à  ce  sujet,  \\  une  série  d'expé- 
rieuces  lort  intéressauies,  dont  les  résultats 
sont  en  contradiction  formelle  avec  Topi- 
nion  accréditée.  Ces  expériences  ont  été 
faites  avec  une  chaudière  du  Lancashire, 
da[)S  laquelle  on  laissait  le  niveau  de  l'eau 
s'abaisser  au  point  de  découvrir  presque 
co  m  pli  tem  en  lies  foyers  et  pendant  un  temps 
suflisani  pour  que  les  tôles  fussent  portées 
au  rouge  ;  aprè$quoi  on  injectait  de  Teau  au 
niveau  des  foyers  à  raison  de  2  lit.  5  par  se- 
conde, et  toutes  les  expériences  ont  permis 
de  constater  que  chaque  fois,  au  début  de 
ralimentation,  la  pression  montait  un  peu, 
mais  pas  d'une  manière  dangereuse  pour  la 
résistance  des  parois,  puis  retombait  au  fur 
et  à  mesure  que  le  volume  d'eau  injectée 
augmentait.  Dans  aucun  cas  on  ne  put  pro- 
vo(|uer  d'explosion.  Il  parait  donc  établi  que 
ralîmentation  sur  un  foyer  porté  au  rouge  ne 
peut  pas  t'Ue  cause  d'une  explosion,  et  qu'il 
est  intJnimf-^nt  préférable,  lorsqu'on  s'aper- 
çoit qu'une  chaudière  a  reçu  un  coup  de 
feu,  d'injecter  immédiatement  de  Teau  plu- 
tiU  que  de  ^e  livrer  a  ta  pratique  ordinaire 
de  jeter  le  feu.  Il  peut  arriver,  en  effet,  que 
pendant  celte  opération,  la  tôle  rougie  vien- 
ne à  se  déchirer,  d'où  danger  pour  le  chauf- 
feur dctre  brûlé  par  le  jet  de  vapeur  s'é- 
chappant  de  la  chaudière,  tandis  que  l'ali- 
mentation d'eau  aura  pour  effet  de  refroidir 
la  chaudière  et  de  raffermir  les  tôles  des 
foyers.  Le  chauffeur  pourra  ensuite  jeter  son 
feu  en  toute  sécurité  pour  véritier  l'état  des 
tôles  qui  ont  subi  le  coup  de  feu. 

[fndusîrie  nationale. 


L'AIR  LIQUIDE  ET  SES  USAGES 
PRATIQUES 

(Extrait  du  Praticien  industriel. 


L'importance  des  résultats  obtenus  dans 
la  question  de  la  liquéfaction  de  l'air  a  été 
universellement  reconnue,  car  on  s'occupe 
de  la  question  en  Amérique,  cette  patrie  do 
perfectionnement,  et  les  réflexions  suggé- 
rées à  la  presse  technique  de  l'Union  {Elec- 
trical  Engineer,  Engineering  Newsety 
nous  paraissent  assez  intéressantes  pour  éire 
résumées. 

lies  nouvelles  expériences  faites  sur  rair| 
liquide,  disent  nos  confrères,  et  la  méthode 
de  production  du  froid  nécessaire  à  sa  for- 
mation ont  non  seulement  éveillé  la  curio- 
sité que  provoque  un  si  merveilleux  spec- 
tacle, mais  ont  encore  attiré  l'atteutioD  sur 
les  usages  pratiques  qu'on  en  peut  faire. 

Il  est  de  toute  évidence  que,  dans  la  pén 
riode  de  tâtonnement  où  nous  nous  troovon^ 
encore,  nul  ne  peut  prédire  quels  avanta^;©^ 
retirera  l'humanité  de  l'application  dend 
produit  si  remarquable.  Néanmoins,  on  a 
pu  définir  dès  maintenant  plusieurs  appii^ 
cations  de  Tair  liquide,  qui,  si  elles  peu- 
vent se  réaliser  pratiquement,  apporteront 
un  changement  radical  dans  plusieurs  iu- 
dustries  importantes  de  l'époque  actuelle. 

A  première  vue,  il  est  hors  de  doute  que 
l'air  liquide  ne  trouve  son  application  dan^ 
la  fabrication  des  explosifs,  mais  ses  usages 
les  plus  répandus  seront  probablement  M 
production  du  froid  et  l'emmagasinage  de 
la  force. 

Il  n'est  cependant  pas  à  prévoir  que  Taif 
liquide  doive  détrôner  l'ammoniaque,  comJ 
me  réfrigérant  dans  un  avenir  prochain,  vii 
l'eflicacité  considérable  de  la  machine  ac- 
tuelle ;  mais,  pour  les  cas  particuliers,  oîi 
l'on  devra  agir  sur  de  petites  quantités,  l'air 
liquide  trouvera  parfaitement  son  emploi 

Il  trouvera  son  application  la  plus  irapor 
tante  comme  accumulateur  de  force.  De  touj 
tes  les  méthodes  connues  des  hommes  dl 
science  pour  emmagasiner  Ténci^e,  dcui 
seulement  ont  jusqu'alors  trouvé  des  appli 


^■ip 


^mm^ 


^^3  INDVSTBIB 

cations  pratiques  :  les  accumulateurs  élec- 
triques et  les  réservoirs  d'air  comprimé* 

Quoiquela  méthode  nouvelle,  fonilée  sur 
remploi  de  Tair  liquide,  soit  un  peu  plus 
coûteuse  que  les  précédentes  et  donne  un 
moindre  pourcentage  de  la  force  iiiUiale 
employée,  il  présente  cependant  cet  avanta- 
ge précieux  d'accumuler  dans  un  même  vo- 
lume une  force  beaucoup  plus  considérable. 

Voyons  d'abord  quels  avantages  présente 
remploi  de  l'air  liquide  sur  celui  tie  1  air 
comprimé.  Dans  ce  dernier  système,  l'air 
est  comprimé  à  une  pression  de  180  kilos 
par  centimètre  carré.  Cette  pression  rend 
nécessaire  l'emploi  de  réservoirs  très  lourds, 
de  sorte  que  le  poids  et  le  volume  de  ces 
récipients  constituent  un  grave  impedimen- 
tum  pour  les  usages  pratiques. 

L*air  liquide  n'occupe  qu'un  ijuart  du 
volume  de  l'air  comprimée  lapres^ian  sus- 
indiquée  et,  si  le  récipient  dans  ]ei|uel  il 
est  logé  est  fait  avec  soin,  on  peuile  conser- 
ver pendant  un  temps  considérable.  Une 
soupape  de  sûreté  peut  y  être  adjointe  pour 
éviter  tout  excès  de  pression. 

Cette  réduction  de  poids  et  de  volume, 
l'addition  possible  d'une  soupape  permet- 
tant d'obtenir  la  pression  voulue,  sont  de 
manifestes  avantages  sur  la  méthode  de  I  lir 
comprimé. 

Si  l'on  compare  l'air  liquide  aux  accumu- 
lateurs électriques,  on  voit  que  ces  appareils 
emmagasinent  seulement  1/lIà  1/20  de  la 
force  emmagasinée  par  Tair  liquéfié. 

La  comparaison  n'est  pas  plus  favorable 
à  remploi  de  la  vapeur  d'eau  ou  de  l'eau 
chaude  qui  emmagasinent  4  fois  moins  de 
force  sous  le  même  volume. 

11  est  à  remarquer  toutefois  qu'un  poids 
déterminé  de  l'une  quelconque  des  subs- 
tances indiquéesci-dessus  donne  infiniment 
moins  de  profit  qu'un  poids  égal  de  bon 
combustible  employé  à  produire,  de  la  force 
dans  une  machine  à  gaz  ou  à  vapeur. 

Encore  que  les  comparaisons  préri^denles 
montrent  que  la  méthode  par  l'air  liquide 
se  place  bien  au-dessus  des  autres  procédés, 
il  ne  faut  point  oublier  que  son  emploi 
constitue  bien  plutôt  une  prome^^^c  pour 
l'avenir  qu*un  fait  acquis  dès  maintenant. 


374 

Tout  déprendra  de  l^efticacitéde  la  procluc- 
tion  et  du  prix  de  revient. 

Pourtant  deux  applications  Ven  feront 
incessamment  avec  sucrés  : 

1**  Aux  torpilles,  pour  les<fnel1es  le  prit 
de  revient  est  un  point  secondaire  ; 

SvPour  les  moteurs  d'automobiles  et  de 
motocyctes,  qui  nécessitejit  avant  tout  une 
i;ranile  farce  emmagasinée  dans  un  petit  vo- 
lume. 

Une  antre  application  consiste  à  mélanger 
du  cliarboii  avec  Tair  liquide  pour  obtenir 
un  explosif-  Dans  une  récente  communica- 
tion à  la  Société  des  Arts,  le  profes^-^eur  J.-A. 
Ewinga  donné  d'intéressants  détails  sur  le 
procédé  employé  par  le  docteur  Linde'  Le 
produit  obtenu  en  mélanfreant  de  1  air  li- 
quide avec  de  la  poudre  de  charbon  possè- 
de une  puissance  explosive  comparable  a 
celle  de  la  dynamite  :  l'explosion  peut  être 
provoquée  par  un  détonateur. 

L'ouate  trempée  dans  la  pouire  de  char- 
bon à  gros  grHins  absorbe  de  l'air  liquide  eu 
quantité  suffisante  pour  se  procurerroxygène 
nécessaire  à  sa  combustion  complète  ;  quand 
on  la  place  rapidement  entre  des  isolateurs 
faits  d  épaisses  feuilles   de  papier,  l'explo- 
sion   est  retardée  de  ci  ni]  à  dix   min -îles 
Ce  pouvoir  se  perd  au  bout  d'un  temps  va 
riant  de  vingt  a  trente   minutes  suivant   h 
grosseur  de  la  m^t  he. 

La  tempéraiurfî  produite  pîir  l'explosion 
n'est  point  suttisante  pour  enflimmer  le 
grisou  ;  aussi  cette  méthode  vient-elle  d'être 
adoptée  en  Allemagne  où  o Ile  a  donne  d  eK- 
cellenlsrésultats. 

P.  Vica. 


LA  FABRICATION  DE  LA  eiERE 
EN  EUROPE. 

La  consommation  do  la  bière  en  Europe 
a  pris,  depuis  quelques  années,  une  exten- 
sion considérable, Sans  doute,  T  Allemagne, 
l'Autriche,  TAngieterrei  sont  toujours  les 
pays  où  celle  boisson  est  absorbée  en  plus 
grande  quantité  ;  mais  partout  la  bière  cesse 
d'être  une  boisson  de  luxe  et  devient  un 
éîément  important  d'alimentation. 


JOURNAL  MeNSOE     DB   t*4rADÉllIB  NATIONALB. 


370 


La  production  annuelle  de  la  bière  en 
Europe  est  estimée  à  138  millions  d'hecto- 
litres. C'est  rAllemagne  qni  en  fabrique  la 
quantité  la  plus  cousidérable  ;  47,603,939 
hectolitres,  dont  28,055,Ô7:i  pour  l'Allema- 
gne du  Nord,  15,325,791  pour  la  Bavière, 
3,153,511  pour  le  Wurtemberg,  2,508,704 
pourleduclié  de  Bade  61759^258  pour  T Al- 
sace-Lorraine. 

C'est  la  Grande-Brelagnc  qui  vient  après 
['Allemagne  dans  la  producLron  générale  de 
la  bière:  3S,85i?.^01  tieclolitres. 

Puis  vient  rAutriche  :  13,728,431  hecto- 
litres. La  Bohème  k  elle  seule  est  représen- 
tée dans  co  chilfre  par  près  de  5  millions 
d'hectolitre!»  et  la  basse  Autriche,  où  se 
irouve  Vienne,  par  plus  de  2  millions. 

La  Franco  occupe  le  quatrième  rang  avec 
10  mi  liions  d'hectolitres,  chilfpe  absolument 
identique  à  celui  de  la  Belgique.  C'est  natu- 
rellementdans  le  Nord  que  se  consomme  la 
plus  forte  quantité  de  bière.  Lille  arrive  en 
îèteavec  48t>,00û  hectolitres  par  an  ;  puis 
arrivent  dans  l'ordre:  Paris,  avec  263,000 
hectolitres  ;  Koubaix,  Ittl^.UOO;  Saint-Quen- 
tin, 104,000  :  Tourcoing,  97,000;  Calais- 
SainL-Pierrc,  74,800  ;  Amiens,  05,000  ; 
Duukerque.  00,000,  Cljacuiic  des  autres 
villes  boit  moins  de  lîO/CKjO  heclohtres  de 
bière  par  an.  Quant  k  la  consommation  par 
tête,  ell«  peut  être  dres5«'e  comme  suit  :  Lil- 


le, 3  heclohtres  30  litres  ;  Saint-Quentin,  2 
hectolitres 40;  Saint-Pierre-Ies-Cilais,l  hec- 
toHtre  41.  Toutes  les  autres  villes  coosom- 
ment  moins  d'un  hectolitre  de  bière  par  an 
et  par  tète.  Si  Ton  recherche  les  villes  oii  se 
consomme  le  moins  de  jus  de  houblon,  on 
trouve  :  Nîmes,  6  litres  ;  Toulouse  et  Lyon, 
5  litres;  Nantes  et  Angers,  4  litres. 

Après  la  France  et  la  Belgique,  viennent 
des  pays  où  là  quantité  de  bière  est  consi- 
dérable relativement  à  la  population,  mais 
où  les  chiffres  prennent  une  place  moins 
importante  dans  la  production  générale  :  le 
Danemark,  dont  la  fabrication  est  estimée  à 
2,186,000  et  la  Norwège,  1,712,445. 

Notons  ensuite  parmi  les  contrées  d'Euro- 
pe :  la  Russiei 2,958,573  hectolitres  ,1a  Suis- 
se l  million  185,423  hectolitres  ,  l'Espagne 
1,025,000  hectolitres,  rilalie  il37,715  ,  la 
Turquie  140,000  ,  la  Roumanie  ^  100,000. 
le  Luxembourg  93,254),  la  Serbie  ^93,000  , 
la  Grèce  (6,683  ,  etc. 

H  est  curieux  de  constater  qu'en  dehors 
de  TEurope,  le  jus  de  houblon  n'est  guère 
produit  qu  aux  Etats-Unis,  dont  la  t'abrica- 
lion  est  estimée  à  36  millions  918,614  hec- 
tolitres pour  1892  ;  au  Japon,où  elle  se  chif- 
fre par  220,712  hectolitres,  et  enfin  en  Al- 
gérie, où  il  s'en  fabrique  une  moyenne  de 
25,000  hectolitres. 


COMMERCE 


LE  COHUMEAGE  EXTÉRIEUR  DE  LA 
FRANCE. 

pendant  les  cinq  premiers  mois  de  1808(1). 


La    direction   des   douanes  a  publié  les 
chiiïi-es  suivants,  concernauL  les  résultats  du 


{\)  UnrWrlv  ci-<li*:i!<Uà  a  èlùrrijl  et  composé  ty- 
po^r^fihi(|ui  int^nt  fiVitiU  In  publication  des  résill- 
Uî(s  th's  siv  priitMiern  inob  do  l'amiée,  lesquels  sont 
Hpprecièci?  duns  refUclii  suivant. 


commerce  extérieur  de  la  France  durant  les 
cinq  premiers  mois  de  l'année  en  cours  et 
de  l'année  précédente  : 


1898 


im 


IMPORTATIONS. 


Objets  d'alimentation      G02. 393. OJO     3l7.7d0.0J3 
Maiiorcs    nécessaires 

à  l'industrie 996.099.000  1. 034. 534. f 00 

Objets  fabriqués 261.073.000      257.?51.000 

TotaL...  "l.8(i0  16r.Tôo;)  1.6:^9.6*^.000 


mi 


LNDUSTBIË* 


wm 


mi 


1867 


EJCpOlITATÏOSî! - 

obJciB  d'&liiuentatioii 

îlatières    uécesaairâa 

à  rindustrie.. .... 

Objets  fabriques*  p .. . 

Colle  poetauï .,. 

Total..., 


fîis.638.000    rrj.OTîï.ûo:) 


:0*. 513.000 
70.727  OHO 


7  75.04^.000 
7t.]9fi.00O 


1.37r>.5i£,l>X»  J.5[J9.5t)2.00i 


De  la  comparaison  de  ces  chiffres  avec  ceux 
publiés  pour  tes  quatre  prômters  muisi  on 
dégage  les  résultats  suivauls  pour  les  seuls 
mois  de  mai  en  1397  et  1898. 


Mai  i8g8 

millions 

3S9.O21.0Û0 

243.879,000 


Mai  1897 

millions 

310.742.000 

352,546.000 


IfnporlatioQS, 

ExporlattoQs. 

De  peu  saLiafaisants  qu'ils  te  montraient 
depuis  le  commeucôment  de  l'année  1808, 
les  résultats  de  notre  commerce  extérieur 
sont  devenus  francliement  mauvais.  Les 
chiffres  alTérents  au  mois  do  mai  sont  par- 
ticulièrement désolants,  car  ils  se  tradui- 
sent par  les  constatations  suivantes  : 

Âug'mentation  des 
importation  Si. 7é.270,OOOfr.  soi  L  25  % . 

Diminution  des 
cxporlations........  106.ti<rr.0ûÛ  fr,  soit 30  *t. 

En  mai  1897,  la  balance  du  commerce 
avait  présenté,  phénomène  des  plus  rares, 
un  solde  en  notre  faveur  de  41.804,000  fr. 
Ur,  en  mai  1898,  le  solde  est  de  aens  con- 
traire pour  rénorme  somme  de  145,142.001» 
fr.  Les  résultats  commerciaux  du  mois  de 
mai  1808  accusent  donc,  pour  la  France, 
comparativement  aux  résultats  du  mois  de 
mai  18U7,  une  perte  globale  de  180.916.000 

Cômme  on  le  voil,les  conséquences  Pu- 
clieuses  delà  guerre  iiispano-américaine  ont 
commencé  à  se  la  ire  sentir  durement  chez 
nous-mémeSj  puisqu'ils  se  traduisent  par 
une  diminution  de  nos  exporlatlons  attei  - 
gnant  108.067,000  fr.  pour  le  seul  mois  de 
mai. 

Si  nous  envisageons  les  résuUats  des  cinq 
premiers  mois  dans  leur  ensemble,  nous 
constatons  que  le  total  des  échanges,  formé 
de  r&ddition  des  împorlations  et  des  expor- 
tations, â  atteint  : 


En  lj*y7. 
Gten  lS:ê. 


:i.uu.22î,oojrr. 

3.236,7/7.000  n 


Il  y  a,  pour  ÏS98,  augmentation  de 
87,550.000  fr.  au  total  des  échanges ,  mais 
c'est  là  une  augmentation  des  plus  regretta- 
bles, carelle  a  contribué  à  former  [a  grosse 
somme  de  483.553.000  fr.  dont  la  France 
demeure  en  perte  pour  son  commerce  ex- 
térieur des  cinq  premiers  mois  de  1303, 
alors  que  la  perte  correspondante  de  1397 
n'avait  été  que  de  130.103,000  fr.  C'est 
un  accroissement  de  perte  de  353.450.0J<) 
fr  que  Ton  voudrait  voir  disparaître  ou  au 
moins  s*atténuer  largement  d'ici  à  la  lin  de 
Tannée,  et  qui,  tout  au  contraire,  semble 
plutôt  devoir  s'accentuer  par  retfel  de  la 
prolongation  de  !a  guerre  entre  TEspngne 
et  les  Etats-Unis. 


kE  OOMMCnCE  £XrÉRJEUR  O^ 
FRANCE 


L( 


pendant  Pet  six  ppemlert  mûis  de  ^898 

Voici  le  bilan  du  commerce  extérieur  de 
la  France  pendant  les  six  premiers  mois  des 
annéeslSOSet  1897,  d'après  les  publications 
de  l'administration  des  douanes  : 


tS98 


18'r 


lil^|lnrvTl0^s. 


7iO.O3y.0Ûfl      425.^99,0  JO 


Olijets  d'aîJmenlaLioti 
Mallrres  nécessaires 

à  Undustrie, *  MTT. 304,000  1.Ï01.ST9.00J 

Objets  fabriqués 31  s. 01 3.000     m^,538.^K)0 

Total..,.  2.281,Uô6.0uO  l.l*3u.7lti.00O 


EXPOnTATJONS. 

Objets  d'ûlimenlalion 
Mnliùres    nt^cessoirt'S 

à  rindustrio , 

Olïjelî^  fabritiués..,., 

Gi>ii.s  postaux 

Total.. 


307.60S.OCO      :iî7.9l  1,000 


3^19)4.000 

y  fi.4Sd.0U0 

^0.4SL000 


42f}.\}  J.OOO 

îni.î3i.omï 

82.4Î7j>  Û 


.tj«^.4:fy.uoo  1, 806.1  i:v;>:>oo 


En  rapprochant  ces  cliil^res  de  cens  pu- 
bliés pour  les  résultais  des  cinfj  premiers 
mois,  an  aboutit  aux  constatât  ions  suivantes 
pour  les  mois  de  juin  de  1898  et  1807  ; 

Juin  iBijë        Juin  t  ^97 

Importations. ,.    424.791.000    291,051.000 

Exportutioiis...,. 31 1.817. 000    2y7.O74.0O<J 


379 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


380 


On  voit  que  le  mois  de  juin  a  été  beau- 
coup plus  satisfaisanL  que  le  mois  de  mai, 
quant  au  mouvement  de  nos  exporlalions. 
Tandis  tfue  nous  exportions  en  mai  1898  pour 
lOSmilliona  de  marchandises  de  rooinsqu*en 
mai  18Çr7^  nous  en  avons  exporté,  en  juin 
1898,  pour  14.743.000  fr.do  plusqu'en  juin 
1897.  L'augmentation  n'est  pas  très  consi- 
d«1rable  \  mais  elle  a  au  moins  pour  effet 
heureux  de  montrer  que  l'effroyable  cou- 
rant de  diminution  qui  s'éLiit  manifesté  en 
mai  a  pu  s arriler,  et  même  faire  place  à 
un  mouvement  ât  reprise  assez  nettement 
accusé, 

Mallieureusement,  si  les  exportations  ont 
présenté  un  Bccroisseraenl  de  14.743.000 
fr.Jep  imporlalions  accusent  uneaugmenta- 
lion  de  133  "40JKJ0  fr,,  et  la  balance  du 
commerce  de  juin  1808  fait  ressortir  un  ^sol- 
de de  112,074.000  Ir,  eu  notre  défaveur, 
tandis  que  le  m\de  de  la  balance  du  com- 
merce de  juin  1H(^7  tétait  de  t).023.000  fr.  en 
notre  faveur.  O^mparé  au  mois  de  juin  1897, 
le  moi  de  juin  1898  otîre  donc  une  perle  to- 
lalede  118,997.000  fr. 

Pour  r^nsemble  du  premier  semestre  de 
1808,  là  balance  du  commerce  présente  un 
solde  en  perte  de  596.527.000  fr.  Le  solde 
correspondant  du  premier  semestre  de  1897 
n'était  que  ih  12i.080.000fr.  en  sorte  que 
la  perle  de  1898 sur  1897 s'élevait  à  la  fin  de 
juin  à472.447.0ÛÛ  fr. 

S'il  lie  se  produit  pap  de  nouvelles  défail- 
lances dans  notre  commerce  d'exportation 
et  si  nos  récoltes  de  céréales  sont  satisfai- 
santes, il  esta  espérer  que  cette  perte  consi- 
dérable pourra  aller  en  s  atténuant  durant 
le  second  semestre  de  Tannée  en  cours. 


LEOCMH|MERC£  ENTRE  LA    FRANCE   ET 
SES  COLONIES 

Ce  dont  on  est  particulièrement  frappé 
lorsque  Ton  consulte  les  documents  offi- 
ciels, c'est  de  la  masse  énorme  de  denrées 
provenant  des  pays  tropicaux  ou  in  ter  tro- 
picaux que  les  nations  étranjj^ères  nous  four- 
nissent  et  qu*il  nous  serait  possible  de  de- 
mander u  nos  propres  colonies. 


Ainsi  il  est  importé  en  France  65,183,586 
kilogrammes  de  café  représentant  une  va- 
leur de  175,177,753  fr.  ;  nos  colonies  ne 
nous  en  envoient  que  765,525  kilogr.,  soit 
pour  une  somme  de  1,783,673  fr. 

Nous  recevons  5/261 ,628  kilogr.  de  caout- 
chouc et  de  gutta-percha,évalué8  27,781,398 
fr.  ;  il  ne  nous  en  vient  de  nos  colonies  que 
pour  2,699,644  fr.,  soit  492,359  kilogr. 

Les  contrées  d'outre-mer  nous  expédient 
3,048,148  kilogr.  de  conserves  de  viandes 
en  boîtes,  qu'elles  nous  vendent  4,657,777 
fr.  ;  dans  cette  importation  nos  colonies 
n*entrent  que  pour  491,151  kilogr.,  valant 
589,381  fr. 

Pour  162,177,231  kilogr.  de  coton,  esti- 
més en  douane  160,866,898  ir.  qui  nous 
viennent  de  l'étranger,  nous  n'en  recevons 
que  8,338  kilogr.  de  nos  colonies,  soit  pour 
8,255  fr. 

L'étranger  importe  en  France  3,540,999 
kilogr.  de  clous  de  girofle,  de  vanille,de  can- 
nelle et  do  poivre,d'une  valeur  de  3,706,021 
fr.  ;  )*importation  des  mêmes  articles  de 
nos  colonies  ne  s'élève  qu'à  3,237,696  fr. 

En  face  d'une  importation  de  laines  en 
masse  de  251 ,559,892  kilogr .  représenUnt 
une  valeur  de  394,906,843  fr.  nos  colonies, 
Algérie  et  Tunisie  comprises^  ne  comptent 
que  pour  4,406,252  kilogr.,  soit  6,476.066 
fr. 

Nous  ne  recevons  de  nos  colonies  que 
2,725,819  kilogrammes  de  bois  d'ébéoiste- 
rie,  d'une  valeur  de  730,135  fr.,  contre 
19,666,571  kilogr.  que  nous  envoient  les 
autres  contrées  exotiques  et  qui  sont  éva- 
lués en  bloc  à  5,167,994  fr. 

Pour  les  bois  de  teinture, les  importations 
de  Tétranger  montent  à  119,415,133  kilogr. 
payés  17,912,000  fr.,  tandis  que  celles  de  nos 
colonies  s'élèvent  seulement  à  10,845,667 
kilogrammes  valant  1,628,850  fr. 

Pour  les  arachides  contre  55,431, 191  kilog. 
d'une  valeur  dell,896,714  fr.  que  les  au- 
tres pays  font  entrer  chez  nous,les  envois  de 
nos  colonies  ne  dépassent  pas  49.705.329 
kilogr.,  soit  10.197.115  fr. 

Quant  aux  graines  de  sésame  et  aux  aman- 
des de  noix  de  coco,  en  face  d'une  importa- 
tion de  l'étranger  sechifTrant  par  164,985,171 


381 


INDUSTRIE, 


382 


kilogr.  qu'on  nous  fait  payer  48,503,467  fr., 
les  envois  de  nos  colonies  sont  de  2,550.082 
kilogr.,  d'une  valeur  de  799,062  fr. 

Enfin  et  pour  terminer,contre  15,191,448 
kil.  de  cacao  nous  venant  de  contrées  exo- 
tiques autres  que  les  colonies  françaises  et 
qui  valent  21 ,268,020 fr.,  celles-ci  ne  nous 
expédient  que  pour  880,377  fr.,  soit  628,841 
kilogr.,  etc.,  elc. 

Nous  pourrions  continuer  ainsi  à  passer 
en  revue  toutes  nos  importations. 

En  dehors  des  importations  de  denrées  et 
de  produits  que  nos  colonies  pourraient  écou* 
1er  et  vendre  directement  dans  la  métropo- 
le, il  est  d*autres  débouchés  qu'il  leur  serait 
possible  de  se  créer  ailleurs  et  qui  représen- 
teraient pour  elles  d'autres  éléments  d'acti- 
vité et  de  profits.  Nous  pourrions  parler, par 
exemple,de  notre  riz  de  Cochinchinedontla 
Tente,  à  quelque  chifi're  que  s'en  élevât  la 
production,  serait  assurée  dans  la  mer  des 
Indes,  et  à  la  culture  duquel  par  consé- 
quent on  pourrait  donner  le  plus  grand  dé- 
veloppement. 

Nous  pourrions  parler  encore  de  notre 
territoire  du  Haut-Laos  où  des  essais  ont 
été  faits  et  qui  serait  susceptible  de  faire  con- 
currence aux  Indes  pour  la  production  de 
lopium,  etc.,  etc. 

Mais  nous  nous  en  tiendrons  aux  837  mil- 
lions 895,608  fr.  de  marchandises  énumérées 
plus  haut,  que  nous  achetons  actuellement 
à  l'étranger  et  dont  nos  colonies  pourraient 
D0Q8  approvisionner. 

Avec  un  ministère  des  colonies  jouant  le 
rôle  de  propagandiste,  de  conseiller  et  d'i- 
nitiateur, que  nous  réclamons  pour  lui,quel 
essor,  en  un  temps  très  court,  ne  pourraient 
pas  prendre  les  plantations  et  les  cultures 
dans  nos  possessions  exotiques  devant  cet 
énorme  débouché  de  837,895,608  fr.  que  la 
métropole  leur  garantirait  pour  commencer, 
et  qui  serait  d'ailleurs  lui-même  représenté 
par837,895,608fr.  de  produits  métropoli- 
tains que  la  France  aurait  à  envoyer  en 
échange. 

(Extrait  du  rapport  de  M.  Pauliat,  sé- 
nateur, sur  une  proposition  de  loi  concernant  la 
constitution  de  compagnies  privilégiées  de  colo- 
nisation.) 


LE  COMMERCE  DU  MONDE 


Valeur  to<fll«cfea  fmpor^attons  et  des 
exportations  deo  diffâi<ents  pays  du  montfe. 


COMIfERCd  SPÉCIAL,    —    CHtFFItlCS  DE    1855 

(En  Tnilliona  de  francs). 

EuiMipe 

Import  E«port, 

Suède 47S.Ô  432,8 

Norwège 296.6  178. 5 

Danemark __  433,4  301, :i 

Islande  et  Femo 4,0  4.7 

Finlande ]50,4  143.0 

Grande-Breiai^iïc    et    Ir- 
lande,.  .,.. 0005.1  5702.0 

Malte... ,  Î8,5  0.8 

Hollande 3010,5  24:>fL3 

Belf^ique , , ,  1681.8  12S^.^ 

Allemagne , , .  5092.0  4100.0 

Autriche-Hongrie. ...,,,  1521 .4  1562. 1 

Suisse 910,6  663.9 

France 3722.7  3370. 4 

IUlie 1188.2  1038.6 

Esimgne,.. 768.0  755.0 

Portugal    V,  223.6  151.2 

Russie 1493,4  1784,8 

Roumanie , 304.8  265/2 

Serbie 28.4  44.0 

Bulgarie. 60.1  77,7 

Monténégro ....,.,,,,.,  1,5  0,3 

Grèce 106.9  71,? 

Turquie ,.,.., 530,1  340.0 

ToUux 3I04Ô.5  24830^* 

Aote 

Perse ,  83,0  56,3 

Afganistan .,.,  9.7  0.0 

Siam,.... 100,0  13L1 

Chine,,,. 645.0  538.2 

Corée,.,,, 41,8  12.8 

Japon  , 753,7  740.1' 

Golfe  d  Oman 11,8  7.4 

Himalaya.. 23,1  31,0 

Indes  anglaises  . , 1225*7  1921,5 

Cçylan. . , ,,,...  106,6  108.0 

Malacca ..,,,.-  467.3  401,3 

Hong-Kong ..*....,  45.5  16,0 


'i^n^^wsa 


âsa 


lODRNAL  I1E!«SUBL  DB  L'aCADAmIE  NATIONALE. 


Aden 

Autres  possessionsanglaî- 
sefi - 

Java 

Aulrespos5€3sioïi5  hollan- 
daises  

Possessions  françaises  . , , 

—  espagnoles.* . 

—  portugaises    * 

Russie  d'Asie 

Samos — ......,.,,,., 

Totaux 

AfHque 

Maroc* , 

Congo. ,  * . . . 

Libéria 

Hépublique  sud-africaine 

^^^9 ■ 

>ata[ 

/.an^ibar 

Autres  possessions  anglai- 
ses  

Possesstons  allemandes. . 

Algérie 

I  unîsie 

Sénégal,  Soudan  fran^'iis. 
Uéunion,  Madagascar, . . . 
Possessions  ilaliennes. . . 

—  espagnoles,  . 

—  portugaises.. 

Egypte 

Tripoli    .  * -  = 

Totuux  * 


Iiiîpoft.       Export. 

72"?        60. 6 


146.1 

!>21.4 


143.0 
362.2 


08 J  104.7 

80.9  108.0 

129,7  158.3 

0.3  0.6 

60,7  60.2 

5.7  3.9 


ÀmbA    4975.5 


43.3 

40.2 

10.7 

10.8 

0,:j 

0.3 

247.8 

206.4 

343.1 

222.4 

59.9 

25.0 

y2.i 

31.6 

leijî  175.1 

0.7  8.8 

255.8  284.5 

41.1  47.5 

:i:i/4  27.9 

37.3  23.5 
9.5 

rï.3  3.9 

28.4  41.1 
215.2  323.1 

IhO  10.8 


1551.1     1483.7 


Amérique 

Etats-Unis 4037.0  4192.0 

Mexique 219.8  106.8 

Guatêmahi 33.7  132.6 

San-Salvadof ...._.  14.5  69.4 

Honduras 7.U  6.5 

Nicaragua 10.8  17.2 

Cosla-lUca.. 47.7  81.5 

Haïti :)1.0  66.2 

République  Do'Uiiiicainc.  9.0  9.2 


Vénézélua 

Coloofibie 

Equateur 

Pérou 

Bolivie 

Brésil 

Paraguay 

Uruguay  

République  Argentine. . . 

Chili 

Posses.  Danoises 

Canada 

Guyane  anglaise 

Antilles  anglaises 

Autres  possessions  anglai- 
ses  

Possessions  hollandaises. . 

—        françaises 

Cuba 

Porto-Rico 


.4 
.5 

.8 
.4 

.4 

.7 


Import. 

83.7 
53.6 
42.7 
54. 
19. 

757. 
12. 

136. 

474. 

271.1 
0.7 

612.4 
36.0 

158.5 

12.8 
19.5 
71.3 
301.5 
87.4 


384 
Expon. 

101. 

80.1 

57.8 

86.0 

23.8 

908.9 

10. 1 

175.0 

594.6 

285.6 

1.1 

636.2 

30.3 

126.0 

10.7 
11.3 
51.8 
474.5 
84.5 


Totaux 7629.0  8430.7 

Ooéanie 

Havvaï 28.5  41.7 

Samoa    1.8  1.1 

Tonga 2.1  2.8 

Australie 959.6  1106.3 

Nouvelle-Zélande 154.3  185.4 

Autres  possessions  anglai- 
ses          31.8  31.8 

Possessions  allemandes. .          9.5  4.0 

—          françaises. . .          9.9  10.1 

Totaux, 1197.5  1382.9 

Récapitulation 

Europe 31046.5  24«36.9 

Asie 4335.4  4Ô75.5 

Afrique 15>I.l  1483.7 

Amérique 7619.0  8430.7 

Ooéanie 1197.5  l;j82.9 

Totaux 45749.5  41109.7 

(Extrait  de  la  Revue  de  Statistique,  d'a- 
près le  Statistisk  Tidskrift,) 


Le  Directeur 'Gérant,  Rédacteur  en  Chef  y 

EoGÈNE  THIÉRY. 


CLLUMOM  (OtSK)»   -   IWPllIMERIE  DAIX  FRKRES-   PLACE  SAINT-ANDRÉ,  3. 


.iilil  .  IW 


"^H 


JOURNAL     MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AGUCOLE,  limiliCTIilllitG  ET  COIIEBCIUE 


68*  Année.  —  SEPTEMBRE  1368. 


SOMMAIRE 

AQRICUt.TUnE.  —  Production  multipliée  des  graines  de  betteraves,  conni^inicâlio.i  de  m,  J.  Hélot.— £mpb»  du 
piiospho-carbure  de  calcium  contre  ie  phylloxéra. 

•••008TRIC.  —  Machine  à  fabriquer  les  tuiles,  de  M.  Lobin  fils,  â  Aijs  (BoHijlies-du-Rliâoe).  —  Ammoîiiaque  aro- 
matique de  M.  Tison,  à  Le  Nouvion-cn-Thiérarche  (Aisne}. 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS.  —  Exposition  de  1900.  (RensdgaemcnTs  divers.)  —  Exposition  de  Toronto  (Ca- 
nada. —  Exposition  de  Kochefort. 

COHMERCE.  —  Le  commerce  extérieur  delà  France  en  juillet  iBqS. 

VARIÉTÉS.—  Le  Congrès  des  Sociétés  savantes  à  Toulouse  en  189g. 

~"~ROt.OaiE.  -  M.  A.  Hapdon. 


pÉcr 


AGRICULTURE 


PRODUCTION    MULTIPLIÉE  DES 
GRAINES  DE  BETTERAVE 

Par  bouturage,  fractionnement  et   greffage. 

Communicalion  de  M.  J.  Helot, 
au  Syndicat  des  fabricants  de   sucre. 


La  méthode  de  production  des  graines  de 
betterave  en  usage  chez  nos  fabricants  cul- 
tivateurs ne  nous  rendra  jamais  notre  situa- 
tion d'exportateurs  de  graines,  parce  qu'elle 
repose  sur  un  travail  où  le  prix  surélevé  de 
notre  main-d'œuvre  nouslaisseen  infériorité 
sur  nos  voisins.  Elle  a  aussi,  à  côté  de  IV 
Tantage  de  tenir  fixes  les  qualités  de  race, 
linconvénient  de  les  développer  trop  lente- 
ment. Les  sujets  exceptionnels  de  forme,  de 
grosseur  et  de  richesse  sont  rares  ;  plantés 
séparément  ils  perpétuent  de  nouvelles  sou- 
ches généalogiques  améliorées  ;  mais  il  faut 
plusieurs  générations  de  deux  ans  pour  ar- 


river ù  les  substituer  à  la  ^jlanie  oiiginaie. 

C'est  pour  obvier  à  cedéfauLque,  dans  un 
siècle  oiiiHatït  eourJi'au  progrès,  on  a  cher* 
ché  à  acciUéi'êr  la  Tiiultipijcîitiuii  des  belle- 
raves  rares  par  hoiituraîje,  fractionnement 
et  greifii^e. 

Un  porte-graines  ordiriaire  donne  en 
moyenne  moins  de  0  kiL  150  de  semence* 
Si,  par  un  procédé,  on  peul  dos  la  première 
année  Inî  en  faire  produire  5  à  la  kLlog.,on 
arrive,  eti  se  reposant  sur  les  lais  d'atavrs- 
me,  à  pouvoir,  après  une  seule  ^'tïnération, 
recoller  assez  de  planchons  pour  produire 
une  quanlilè  énorme  de  semence  provenant 
de  la  plante  initiale. 

Cette  idcîe  a,  depuis  quinze  ans,  eu  des 
parLisaiiâ  uu  peu  dans  tous  les  pays  ;  un  de 
me&  amis  a  essayé  le  grelfage  avec  persévé- 
rance pendant  dix  ans  en  Russie  :  depuis 
plusieurs  années  II  l'a  abandonné^  plutôt  a 
tort  qu'à  raison^  à  mon  a vis^  quoique  le  prix 


â87 


JOURNAL  MENSUEL  DE   L'aGADÉMIB  NATIONALE. 


38^ 


de  la  maïn-d*oeuvre  et  les  frais  généraux  de 
cuUare  en  général  ne  poussent  pas  en  Russie 
aui  économies  que  nous  sommes  forcés  de 
rechercher  en  France. 

Ces  méthodes,  qui  ne  peuvent  même  plus 
être  plusêLif^  qualifiées  de  nouvelles,  parais- 
sent très  préconisées  actuellement;  et  quoi- 
qu'elles n  aient  pas  fait  en  grand  leurs  preu- 
ves consacrées  par  l'expérience  de  nombreu- 
ses années.nous  devons  chercher  notre  voie 
de  ce  coté- 

Elles  simplitient  tellement  la  culture  de 
la  graine  de  betterave,  en  la  faisant  passer 
de  la  complexité  de  manutentions  énormes 
de  m*^r es  sélectionnées  physiquement  et  chi- 
miquement, à  une  culture  de  jardinage, 
presque  de  serre,  que,  très  attrayantes,  elles 
attirent  tous  ceux  qui  les  voient  pratiquer. 

La  théorie  de  M.  H.  Briem,  de  Prague, 
qui  préconise  la  multiplication  végétative 
ouasexuello  est  que,  par  la  méthode  sexuelle 
ou  paries  graines,  la  fécondation  réciproque 
ébranle  la  constance  de  la  plante  et  pro- 
duit ainsi  une  variation  individuelle  qui  en- 
gendre souvent  la  reversion  de  mère  extra 
riche  à  semence  moins  riche,  parfois  même 
relativement  [lauvre  ;  tandis  que  par  la  mé- 
thode asexuelle,  on  transmet  inaltérées  aux 
rejetons  toutes  les  propriétés  caractéristiques 
d*une  race  déterminée. 

Comme  pour  la  description  de  ce  qui  se 
pratique  à  Aulnois,  nous  nous  inspirerons 
dans  notre  exemple,  d'une  sucrerie  oh  Ton 
ne  produit,  ou  mieux,  fait  cultiver  des  grai- 
nes que  pour  les  besoins  de  ses  fournisseurs. 
C'est  dans  Tliabile  direction  de  la  sucrerie 
d*Ardres  que  nous  trouverons  en  pleine  ap- 
plication cette  innovation  agricole  qui  pro- 
met tant  h  notre  industrie. 

Un  des  cultivateurs  de  la  sucrerie  dePont- 
d'Ardres,  M,    Gorain,  s'est   assimilé  d'une 

açon  remarquable  le.s  théories  nouvelles, 
devinant  les  tours  demain  cachés,  il  a  per- 
lectlonné  la  pratique,  et  aujourd'hui,  avec 
un  libéralisme  digne  de  tout  éloge,  il  veut 
vulgariser  les  méthodes,et  fait  des  élèves  par- 
rai  lesquels  je  ne  citerai  que  MM.  Delori  fils 
et  notre  collègue  Barrois-Brame. 

La  sucrerie  d*Ardres  exploite  une  région 
dont  les  terrains  sont  de  deux  natures  abso- 


lument différentes  ;  aussi  fait-elle  cultiver 
deux  races  de  betteraves  appropriées  à  ces 
sols.  Le  but  poursuivi  est  de  produire  eo 
betteraves  très  riches  un  poids  égal  à  ce 
qu'on  récolte  dans  le  pays  avec  les  betterave 
de  distillerie. 

Le  laboratoire  recherche,  parmi  les  bette- 
raves de  pure  race  qui  lui  sont  présentées, 
celles  qui  joignent  à  la  forme  parfaite  un 
poids  exceptionnel,  avec  une  teneur  en  su- 
cre supérieure. 

Cette  année,  dans  la  race  n"*  1,  trois  bette- 
raves de  1  kil.  030  chaque,  h  18  pour  100  de 
sucre,  ont  rempli  ces  conditions  ;  la  race 
n*  2  n'a  donné  qu'un  sujet  conservé  comme 
exceptionnel  :  il  pesait  1  kil.  320  avec  18 
pour  100 de  sucre. 

Il  va  sans  dire  que  ces  betteraves,  dont 
l'origine  découlera  de  l'exposé  que  je  vais 
donner,  ont  des  sœurs  remarquable»  qui 
produisent  de  la  graine  suivant  la  méthode 
appliquée  généralement,  pour  participer, 
parallèlement  avec  la  nouvelle  façon  de  faire 
à  l'approvisionnement  des  semences  néces- 
saires aux  cultivateurs. 

Vers  le  mois  de  février,  ces  plantes  sont 
mises  en  terre  dans  une  serre  légèrement 
chauffée  ;  au  bout  de  quelques  jours,  le^ 
collets  poussent  des  œilletons,  qu'on  déta- 
che aussitôt  qu'ils  ont  un  ou  deux  centimè- 
tres, avec  une  petite  gouge  pour  le  greffage, 
et  avec  une  lame  de  canif  pour  le  boutura- 
ge. 

Pour  le  bouturage,  il  faut  avoir  soin  de  ne 
laisser  autour  de  la  pousse  que  le  moins 
possible  de  chair,  sans  quoi  la  reprise  serait 
compromise  par  la  pourriture  ou  la  vermine 
et  la  plante  ne  donneraitquedes  radicelles. 

La  greffeest  portéesur  une  betterave  quel- 
conque ;  elleest  placée,  avec  légère  pression, 
dans  le  trou  pratiqué  préalablement  avec 
une  gouge  légèrement  pluspctite  que  ceik 
qui  a  servi  à  l'extraction. 

Greffe  et  bouture  sont  plantées  en  serre 
humide  ;  pour  la  reprise,  15  à  20  degrés  cen- 
tigrades suffisent.  Souvent  la  greffe  se  pra- 
tique sur  des  petites  betteraves  de  plan- 
chons dont  on  a  coupé  le  collet  pour  éviter 
toute  pousse  naturelle  ;  on  peut  également 
pratiquer  le  greffage  sur  des  betteraves  or- 


380 


AGRICULTURE» 


390 


diDiires  de  n'importe  qu'elle  race,  sans 
même  détruire  le  collet;  mais,  dans  ce  cas, 
il  f^ut  avoir  soin  de  casser  toutes  les  pous- 
ses naturelles  au  fur  et  à  mesure  qu'elles  se 
produisent.  Du  reste,  lorque  la  greffe  est  bien 
pri€a,  elle  absorbe  toutes  les  torces  poussan- 
tes de  sa  mère  artificielle.  Il  se  développe 
sons  la  greffe  des  petits  œilletons  qui  font 
qu'elle  portera  plusieurs  rameaux  degraines. 

Si,  par  hypothèse,  on  prend  sur  une  bet- 
terave 30  greffes  et  autant  de  boutures,  en 
iaisMiit  au  collet  de  la  plante  assez  de  par- 
ties saines  pour  que,  divisée  en  six  ou  huit 
seetions  longitudinales,  chacune  puisse  pro- 
doire  plusieurs  rameaux  de  graines,  ou  en- 
gendre une  multiplication  considérable.  En 
pratique,  les  mères  improvisées  peuvent 
être  bien  plus  nombreuses  que  ce  que  j'in- 
dique, et  la  greffe  moins  délicate  que  la  bou- 
ture doit  être  plus  largement  préconisée, 
surtout  parce  que,  avec  la  bouture,  on  re- 
tarde d'un  an  le  résultat. 

Il  est  prudent  de  mettre  dans  les  trous 
pratiqués  sur  le  collet,  comme  sur  les  sec- 
tions coupées,  de  la  poudre  impalpable  de 
rbarbon  de  bois,  qui  favorise  la  cicatrisation 
de  ces  plaies. 

Pour  en  revenir  à  notre  hypothèse  :  les 
greffes,  les  boutures  et  les  sections,  qui  cons- 
tituent trois  sources  diflfêrentes  de  semences 
pour  une  même  betterave,  sont  transplantées 
en  pleine  terre  vers  la  fin  de  mars. 

Les  boutures  deviendront  de  vraies  bet- 
teraves, qui  ne  donneront  des  semences  que 
Tannée  suivante,  et  assureront  la  reproduc- 
tion du  sujet  d'élite,  si  jamais  les  greffes  et 
les  sections  étaient  détruites  accidentelle- 
ment. 

Il  va  sans  dire  que  l'analyse  de  la  bette- 
rave d'élite  initiale  a  été  l'occasion  de  créer 
une  notice,  sorte  d'état  civil  pour  la  plante, 
et  que  chaque  bouture,  greffe  ou  section, 
porte  une  fiche  qui  l'attache  à  son  origine. 

Après  avoir  entouré  de  soins  spéciaux  ces 
plantes  délicates  dont  on  veut  tirer,  dès  la 
première  année,  le  plus  degraines  possible, 
on  peut  être  certain  de  réussir  25  greffes  sur 
30  et  20  boutures  sur  30  ;  quant  aux  sections, 
toutes  doivent  reprendre,  mais  ne  comptons 
que  5  sur  6.  Si  chaque  greffe  donne  seule- 


ment 60  grammes,  nous  iiurons,  de  ce  fait, 

I  kil.  500,  les  5  seclioiis  donoeronl  chacune 
f)  kî!.  100,  sait  :0  k,  fiOU  ;  Tannée  suivante, 
les  boutures  produiront  chacune  0  k.  150, 
on  3  kiloR.  pour  les  2\),  Ou  aura  donc  lire 
directeineut  d'une  beUerave  d'élite  5  kilog, 
degraines. 

Les  rliiJîros  avancés  ne  sont  pas  contesta- 
bles ;  jo  le  répète,  on  peut  créer  plus  de 
soucUos  rf ue  le  noiubro  donrïé  {)âr  moi»  eiem- 
plo,  et  il  est  possible  d'arriver  k  récolter  di- 
rectement,  avec  un  sujet  initial,  jusf^Q'à  15 
kW'Vf!,.  de  semences. 

La  betterave  étant  bisannuelle,  pour  avoir 
nue  souclie  unique,  iltm  sera  semé  Tannée 
suivante  que  la  moitié  des  graines  récoltées. 
tUï  peut  m 4} me  parfois,  lorsque  le  travail 
en  serre  a  été  avancé,  que  le  temps  a  été  fa- 
vorabte  à  la  vé^rétation  en  pleine  terre,  ar- 
river à  nVûber  lesgriiijiesaasex  tut  pour  se- 
mer la  même  armée  et  récolter  à  Tarri ère- 
saison  des  pUmchons  qui, mis  en  terre  lan- 
née  sunantp.  donneront  dès  la  troisième  an- 
née a  dater  de  la  naissance  de  la  plante  ori- 
ginalûj.des  grnines  miirrhandes:  mais  il  est 
préiorable  de  se  contenter  de  les  obtenir 
au  l>oiu  de  quatre  ans. 

En  né^iiîiîeant  les  semences  tirées  des 
boutures  ranuéesuivanie,  qui  constitueront 
urïe  réservi.^  dont  la  multiplication  sera  me- 
née parallMementaux  autres,  nous  ne  nous 
occu[>erons  que  dt^-i  j?  kilo^.  récoltés  sur 
f,'rctVes  et  sections.  La  première  moitié  de 
ces  graines,  soit  1  kib^^.;  seoiécs  a  ia  main 
an  printemps,  couvriront  2ij  ares  de  plan- 
cbons  (]u\j  non  analysés,  assureront  Tan- 
nJe  d'ai>rrs  une  grande  plantation  de  fior- 
te-^^raines 

Comme  nous  Ta  vous  vu,  l'opération  se 
faii  suMuiiauémenL  sur  (dusieurs  betteraves 
d^élitCj  dont  on  so  garde  l  ien  de  mélanger 
les  bon  tu  r es,  gretTes  ou  sections . 

Au  printemj^:,  im  lait  un  cbamp  d'essai 
pour  faire  concourir  entre  eîles  les  entants 
de  betteraves  délite  de  mères    difiereutes. 

II  est  fait  un  carré  de  10  mitres  avec  des 
graines  proveuaut  de  cbarnne  de  ces  mères 
d'élite,  on  ruiuvc  comme  en  grande  culture 
pour  sucrerie,  r  est'fi*dire  ii\ec  plein  déve- 
luppementdela  plante.  L'aspect  de  ce  champ 


permet  de  reconDattre  à  première  vue  les 
carrëi  provenant  d  une  mère,  qui  riche  et 
belle  par  acctdenL^  donne  par  la  loi  d'ata- 
visme qui  ramène  à  la  constance  dans  la 
descendance,  des  enfants  imparfaits.  Dans 
ces  carrés^  la  partie  foliacée  irrégulière,  dis- 
parate, est  un  sur  Indicateur  qu'à  Tarra- 
cliagô  ta  baiterave  sera  pauvre  ou  de  mau- 
vaise forme,  c'cst-u-dire  qu'il  faudra  sup- 
primer toutes  les  semences-sœurs  de  celles 
qui  ont  produit  ces  plantes. 

Au  contraire,  Taspect  des  carrés  prove- 
tiattt  delà  plante  réellement  dA  rar^,  don- 
nera^ par  liéredité,  des  betteraves  dont  les 
feuilles,  d'une  uniformité  parfaite,  revêti- 
ront tous  Les  caractères  de  la  famille  dont 
on  cberchele  développement  et  le  perfec- 
tionnement. A  l'arrachage  on  trouvera  sû- 
rement toutes  les  betteraves  riches,  belles 
dans  leurs  l'or  mes.  //  suffira  d'analyser  les 
betteraves  de  ces  petits  carrés  pour  trouver 
les  nouvelles  mères  d'élite  qui  doivent  per^ 
pétuer  la  race. 

Par  cet  cxpoié  il  ressort  (|ue  ce  procédé 
est  bien  plus  simple  que  la  méthode  ordi- 
naire, qui  cependant  donne  une  grande 
sécurité,  et  que  le  prix  de  revient  des  se- 
mences est  considérablement  diminué.  Il  ne 
faut  pas  redouter  cette  culture  en  serre, 
eo  jardin  ^ l'art  du  jardiuier  n'est  pas  effra- 
yant à  acquérir  et  si  la  serre  est  utile  pour 
avancer  le  travail,  les  opérations  ne  sont 
pas  plus  délicates  que  la  multiplication  des 
Heurs  les  plus  ordinaires. 

L'installation  du  laboratoire  spécial,  pour 
l'analyse  des  bctieraves-mères,  peut  être 
évaluée  à  3  ou  4,000  francs.  L'édification 
d'une  petite  serre  pour  l'élevage  des  boutures 
et  i^refTes  ne  doit  pas  dépasser  1000  francs. 
Ces  sacrifices  sont  faibles  si  on  considère 
l'importance  du  but  poursuivi.  Nous  pou- 
vons pratiquer  simultanément  les  deux  pro- 
cédés ou  nous  cuntenter  de  Tun  deux,  mais 
nous  devons  résolument  nous  mettre  5  l'œu- 
vre, suivre  en  grand  nombre  la  voie  qui  est 
si  savamment,  si  judicieusement  tracée  par 
trente-cinq  de  nos  collègues,  qui  ont  fait  la 
preuve  indiscutable  que  nous  pouvons  nous 
suffire  nous-niémf?. 

Je  vaudrais  espérer  avoir  été  assez  per- 


JOURNAL  MENSUEL  DB   L  AGA DEMIE  NATIONALE. 


39-2 


suasif  pour  que  ce  que  je  conçois  si  réali- 
sable nous  conduise  sans  plus  de  retard  à 
la  reconstitution  de  nos  approvisionnements 
de  graines  de  betteraves  indigènes. 

11  faut  qu'en  dehors  de  Tapplication  de 
méthodes  rigoureuses,  nous  apportions  à 
ce  travail  une  grande  force  de  volonté,  de 
persévérance.  Il  est  indispensable  que,  re- 
cherchant une  juste  rémunération  de  notre 
labeur,  nous  écartions  l'esprit  de  mercanti- 
lisme pour  viser  avant  tout  TaffraDchissè- 
ment  de  semences  étrangères.  Nous  devrons 
faire  progresser  d'une  façon  constante  la 
qualitédela  plante,  en  augmeutant  le  poids 
de  la  récolte  à  Thectare.  Nous  assurerons 
ainsi  l'avenir  de  notre  grande  industrie  et 
mériterons  de  conserver  Tappui  et  l'aide  des 
pouvoirs  publics. 


EMPLOI    DU 
PH08PH0-CARBURE  DE  CALCIUM 

contre  Is  phylloxéra 


Depuis  plusieurs  années,  des  expériences 
ont  été  poursuivies  en  Suisse  pour  l'emploi 
du  phospho-carbure  de  calcium  en  vue  de 
combattre  le  phylloxéra.  Dans  une  étude 
destinée  à  faire  connaître  les  résultats  des 
expériences  qu'il  a  provoquées  sur  ce  sujet, 
M.  E.  Chuard,  professeur-chef  des  labora- 
toires de  l'Institut  agricole  de  Lausanne,  a 
résumé,  dans  les  termes  suivants,  les  con- 
clusions auxquelles  ces  expériences  l'ont 
conduit  : 

<K  Nous  avons  la  conviction  que  le  phos- 
pho-carbure n'est  pas  plus  dangereux  à 
manier  que  le  sulfure  de  carbone,  au  con- 
traire, et  nous  pouvons  passer  sur  ce  pre- 
mier inconvénient,  facile  à  éviter,  de  l'ac- 
tion décomposante  de  l'eau. 

«  Vient  maintenant  un  second  point  tout 
aussi  important,  sinon  plus  :  la  puissance 
phylloxéricide,  comparée ù  celledu  produit 
le  plus  couramment  employé,  le  sulfure  de 
carbone.  Ici,  nous  devons  constater  que  les 
expériences  faites,  aussi  bien  celles  de  nos 
honorables  collaborateurs  que  les  nôtres, 
sont  inconteslabicmont  en  faveur  du    sul- 


"^^mmmmmm^ 


:«9;ï 


AGEli^lULTUnK. 


304 


fure  de  carbone.  Si  Vou  en  juge  par  lea  ré- 
sultats ac(]uis,  le  sulfure  de  carbone  aurait 
une  puissance  phylloxéricide  â  peu  près 
égale  à  dix  fois  celle  du  produit  essayé  com- 
parât! rement,  pulsifue  10  grammes  de  sul- 
fure de  carbone  par  cep  ont  agi  à  peu  près 
connue  1(K)  grammes  de  notre  phospho-car- 
bure. 

i  Ce  fait  semblerait,  au  premier  abords 
de  nature  à  trancher  défmitivement  la  ques- 
tion en  taveurdu  sutùire  de  carbone.  Mais, 
iî  faut  cependant  noter  quelques  points  de 
nature  à  mocJîtkr  ce  premier  jugement. 

a  En  premier  lieu,  le  produit  employé 
dans  les  essais  de  1807^  et  analysé  dans  notre 
laboratoire^  par  notre  assistant^  M.  A.  Dap- 
pies,  donnait  au  maximum  1  pour  IiiO  de 
son  [ioidsen  hydrogène  phosphore  exacte- 
ment O.U^  pour  100  dans  Técha  util  ton  le 
plijsnche  II  est  certain  qu'on  arrivera  fa- 
cilement à  un  produit  plus  riche,  et  conse- 
il uemmeni  plus  actif,  sans  augmenter  le 
prix  de  revient.  C  est  une  question  techni- 
que à  étudier  par  d'autres  que  par  nous,  en 
particulier  par  le  distingué  directeur  de  la 
Socif^té  industrielle  du  Valais,  M.  Oettli.  dont 
le  concours  nous  a  seul  permis  jusquici  de 
faire  les  essais  dont  fl  s'agit^  et  auquel  nous 
avons  abandonne  tout  ce  qui  concerne  la 
question  industrielle,  en  nous  réservant  de 
poursuivre  Tétude  absolument  objective  et 
fléâintéressée  des  propriétés  et  de  l'emploi 
agricole  du  phospho-carbure. 

«  Secondement^  nous  notons,  à  l'avantage 
du  phospho-carbure,  le  fait  qu'il  est  k  la 
Ibis  un  insecticide  et  un  engrais  :  il  laisse 
dans  le  sol  des  résidus  dont  la  valeur  n'est 
point  négligeable  ;  nous  avons  déjà  indiqué, 
dans  des  publications  préeédentes,  les  pro- 
portions d'ammoniaque  renlerméas  dans  les 
rifsidus  de  décomposition  du  carbure  de  cal- 
cium f^t  expliqué  leur  provenance.  La  chaux, 
elle-même,  résidu  principal,  a  son  rôle  à 
jouer,  soit  comme  amendement,  soit  pro- 
bablement aussi  comme  insecticide^  et  com- 
me le  dit  un  des  rapports  publiés,  si  Tac- 
lion  immédiate  du  phospho-carbure  est 
moins  puissante,  elle  est  eu  revanche  plus 
durable  que  celle  du  sulfure  de  carbone. 

c  Kntin,  le  point  principal  qui   nous  en- 


gage à  poursuivre  nus  essais  avec  le  phospho- 
carbure,  réside  dans  le  fait  de  la  résistance 
de  la  Digne  à  des  doses  même  très  éle- 
vées de  ce  produit.  Nous  avons  personnel- 
lement essayé,  sur  des  ceps  d'âges  divers, 
des  doses  allant  jusqu'à  ^50  grammes  et  au- 
delà,  sans  jamais  observer  i|ue  la  végéta- 
tion en  aitsoujfert  ;  au  contraire,  la  vigne 
traitée  présente  une  végéiatiou  plus  vigou- 
reuse, attribuable  sans  doute  à!  action  com- 
me engrais  du  phospho-carbure. 

«  Si  ce  fait  se  conhrme,  même  avec  un 
produit  plus  actif  que  celui  essayé  jusqu'ici. 
le  phospho-carhurc  nous  semble  avoir  eu 
persptîciive  sinon  une  application  généra  le  ^ 
f comparable  h  celle  du  sulfure  de  carbone, 
du  moins  une  uiihté  spéciale.  Dans  les  ré- 
gions où  le  phylloxéra  commence  ses  rava- 
ges, au  moment  où  le  traitement  d  extinc- 
tion devient  de  plus  en  plus  difticile  h  ap- 
pliquer, h  cause  de  l'extension  progressive 
du  iléau,  avant  de  songera  abandonner  la 
lutte  pour  procéder  à  la  reconstitution, 
n'arrivera- t-on  pas  à  se  préserver  peut-être 
encore  île  longues  années,  sans  le  doulou- 
reux sacrilice  de  la  destruction  de  belles  vi- 
gnes, en  plein  rapport,  au  moyen  de  Tera- 
plui  de  doses  massives  de  phospho-carbure  'f 

»  Avec  le  sulfure  de  carbone,  ou  bien  on 
détruit  absolument  le  phylloxéra,  mais  alors 
on  tue  aussi  la  vigne  ;  c'est  le  traitement 
d'extinction  ;  ou  bien  on  ne  tue  pas  la  vi- 
gne et  on  détruit  assez  de  phylloxéras  pour 
permettre  à  celle-ci  de  vivre  et  de  produire, 
c'est  In  traitement  culturaL  Nous  voulons 
rechercher,  —  et  c'est  la  pensée  qui  nous  a 
guidé  au  début  de  ces  essais,  car  c'est  ainsi 
que  la  question  se  pose  actuellement  dans 
les  vignobles  qui  nous  intéressent  de  plus 
près,  —  s'il  n'est  pas  possible  d'opérer  avec 
le  phosplio-carbure  un  véritable  traitement 
d'extinction  du  phylloxéra,  dans  les  taches 
nouvelles,  les  éclaboussures,  comme  dit  M. 
Montandun.  et  les  zones  de  sûreté,  sans  sa- 
critier  la  vigne  elle-même.  Dans  ces  condi- 
tions, le  prix  du  traitement  n'entre  plus  en 
ligne  de  compte,  et  même  s'il  fallait  dépen- 
ser 15  ou  20  centimes  par  cep,  1  opération 
serait  largement  rémunératrice. 

a  Ce  serait,  imus  benible-t-il,dcjà  un  (jru- 

lë 


395 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'aCADÉMIB  NATIONALE. 


J^t 


grès  bien  souhaitable  que  de  pouvoir  évi- 
ter le  s^icrilice  souvent  bien  dur  de  belles 
vigueB  on  plein  ra(jporl,oii l'insecte  estnou- 
vellemcni  apparu,  et  n'a  pas  encore  causé 
de  ravages* 

«  C'est  principalement  dans  cette  direc- 
tion que  nous  ferons  nos  recherches  dans 
le  courant  de  Vannée  prochaine.  Nous  croy- 
ons qu'il  y  a  là  un  champ  d'action  impor- 
taiu  pour  un  pliylloxéricide  que  la  vigne 
supporte  sans  en  souffrir,  au  contraire,  et 
quon  peut  employer  à  doses  élevées.  C'est 
donc  principalement  en  vue  des  traitements 
dans  les  rodons  où  l'envahissement  phyl- 


loxéricide  commence  que  nous  pensons  ^- 
sayer  le  phospho-carbure.  Dans  les  régions 
absolument  envahies,  où  le  traitement  cul- 
tural  au  sulfure  de  carbone  s'est  introduit 
et  donne  de  bons  résultats^  nous  ne  croyons 
pas,  il  est  préférable  de  l'avouer  franche- 
ment, que  le  phospho-carbure  puisse  le 
remplacer  avec  avantage.  Ici,  c'est  le  coôt 
du  traitement  qui  est  le  facteur  essentiel. 
Or,  le  produit,  tel  qu'il  a  été  obtenu  jus- 
qu'ici, ne  permet  pas  de  lutter  à  ce  point  de 
vue  avec  le*  sulfure  de  carbone. 

E.   ClIUARD. 


INDUSTRIE 


MACHINES  A    FABRIQUER  LES  TUILES. 

de  M .  LoBiiN  fils, 

Gonslructeur-mécanicien,  à  Aix  (Bouches- 
du-Rhône). 

Le  numéro  du  20  août  du  journal /a  Chro- 
nique InJustneilCj  si  bien  dirigé  par  noire 
Sociétaire,  M*  D.  A.  Casalonga,  a  publié 
soua  le  titre  La  Fabrication  des  Tuiles  et 
les  machines  Lobin,  un  intéressant  arti- 
cle que  nous  reproduisons  avec  d'autant 
plus  d'empreBsemeot,  que  l'inventeur  et  le 
constructeur  des  machines  décrites  fait 
aussi  partie  de  noire  Société.  Voici  cet  ar- 
ticle : 

Nous  avons  traité  il  y  a  quelque  temps 
do  la  fabrication  de$  briques  ou  mieui( 
d'une  des  phases  de  celte  opération,  le  sé- 
chage 1  ;  nous  allons  aujourd'hui  nous  oc- 
cuper des  tuiles  qui  jouent,  elles  aussi,  un 
grand  rôle  dans  la  construction.  Nous  pas-* 
gérons  sims  silence  l'historique  de  la  fabri-» 
cation  de  ces  maL^^riauic  employés  du  reste 
depuis  la  plus  haute  antiquité  pour  la  cou- 

(t)  Viiir  lea    nu  nieras  de  la   C'ironiquc    indus  ^ 
irieUe  dot^  t  «1  9  ]inn(ït  1898. 


verture  des  maisons  et  des  édifices,  et  nous 
arriverons  immédiatement  aux  procédés  ac- 
tuellement employés,  procédés  qai  peuvent 
se  diviser  en  deux  grandes  catégories  selon 
que  la  terre  sera  appliquée  au  moulage  à 
l'état  de  pâte  ferme  ou  appâte  molle;  nous 
insisterons  plus  spécialement  surce  dernier 
procédé. 

Quelle  que  soit  la  méhode  employée,  les 
terres  sont  soumises  d'abord  à  un  trempage 
dans  des  fosses  ;  mais,  lorsque  la  (erre  de- 
vra subir  le  moulage  en  terre  ferme,elle  de- 
vra être  soumise  à  l'action  d'une  quantité 
d'eau  bien  moindre  que  lorsque  le  moulage 
sera  effectué  en  terre  molle. 

Dans  ce  dernier  cas,  la  terre  ou  plutôt  la 
véritable  bouillie  assez  épaisse  résultant 
du  trempage,  est  transformée  en  une  pâte 
aussi  homogène  que  possible  au  moyen  de 
malaxeurs.  Ces  machines  se  composent  de 
cylindres  qui,  après  avoir  trituré  et  broyé 
le  mélange,  le  laminent  et  leconiormenten 
galettes  qui  sont  découpées  soit  à  la  main, 
soit  par  la  machine  elle-même,  chaque  ga- 
lette devant  avoir  des  dimensions  suffisan- 
tes pour  fournir  une  tuile. 

Les  terres,  après  avoir  été  soumises  au 
trempage  et  au  malaxage,  subissent  Topé* 
ration  du  moulage  ;  cette  opération,  lors- 
que la  terre  se  travaille  en  pâte  molle,  peut 


3(r7 


INDUSTBIE. 


d08^ 


se  &ire  soit  à  la  main,  soit  mécaniquement, 
avec  façonnage  au  moyen  de  presses  rabat- 
teuses. 

Nous  passerons  sous  silence  le  procédé 
consistant  à  opérer  le  moulage  à  la  main, 
car,  dans  ce  cas  comme  dans  beaucoup  d'aq- 
tres  circonstances,  la  roac^^jne  est  bien  pré- 
férable, non  seulan^ent  ap  point  de  vuedg 
tlDÎ^maissurtpt^^  ^91  ppintde  vpedu  prix  dd 
revient. 

Le  procédé  qi|p  ppus  venoRS  4e  ^émfB 
pour  amener  Im  ^pFf^  ^Tét^t  q^'eU^s  4Pi' 
veut  avoir  poi|r  |p  mpMl^gp  ppmmence  4 
être  rerpp|»p9  4an§  te  Mi4l  W  *®  suivait 

dû  ^  M.  ^f^^^4^  ^l  proplpyé  par  ^xemp^^ 

aax  gr^pd69  ^u  j)erii3ft  4^S^ipt-Penri-Mar8ej^- 
le,ou  Tpn  (nio9fpFfpe  3n  pFp4MiUcéraïftjqMPS 
les  t^rr^$  ^x^Rit^s  daps  U  rpâme  joprpée, 
résulUit  qu'if  était  impos«i|))a  d'atteindre 
avec  f'aapiepi^  jf^élhod^  4ps  bassins  de 
trempe  djU  «  p^stjères   »  ^^  des  cylindres. 

Ce  4ernier  procédé,  biep  qu'exigeant  upe 
grande  main^d'œpvfe  et  pne  dépense  él0; 
vée,  jUA  permettait  d'obtepir  ^yec  les  terres 
ainsi  t|ravaillées  que  des  prp4pits  inférieurs 
se  éié€f)Tm2ini  à  1^  4essicpftjpp,  à  Tair  ;  la 
cuisson  4éniontrait  h  p^^pv^is  corroyage 
de«  tdirr|i9.  Il  est  certain  ^pp  pa^  ritopl^t# 
aur^9P^  M  modifiés  si,  au  Uaude  ^r veil- 
ler def  ^fO^  jp^p^édiatement  après  leurexr 
tractiii^p^pp  1^9  ^mf^  répandpes  sur  couches, 
aûn  que  cfaaqup  lit  reçut  daps  upe  l^rge 
mesure rinfluencp  atmospMriqpe.  Mais  les 
produits  sont  à  po  si  ba^  pri^  cju'il  p'est 
plus  possible  dans  cette  industrie  de  songer 
à  ces  procédés,  étant  donpés  l'emplacement 
et  la  main-d'œuvre  qu'ils  exigeaient. 

n  fallait  donc  avoir  recours  ^ux  avanta- 
ges offerts  par  la  mécaniqne  p^)derne  pour 
obtenir  rapidement  et  économiquement  de 
bons  produits  en  faisant  marcher  de  pair 
l'extraction  et  la  fabrication. 

Dans  les  tuileries  ayant  adopté  le  procédé 
de  M.  Arnaud,  les  terres  sortant  de  la  car- 
rière sont  transportées  par  des  wagonnets 
jusque  dans  la  cuve  d*une  coupeuse  qui  ré- 
duit les  blocs  d'argile  en  poudre  ou  en  la- 
melles de  quelques  millimètres  d'épaisseur  ; 
une  toile  sans  (io  pa;^nt  sous  la  coupeuse 
reçoit  les  terres  et  les  transporte  au  mouil- 


leur-malaxeur-broyeur-mélangeur-propul- 
seur à  hélices  ;  l'eau  arrive  dans  les  auges 
des  vis  mouilleuses  par  des  tubes  disposés  à 
cet  effet  et  avec  un  débit  réglé.  Cette  ma- 
chine reçoit  donc  les  terres  4Jl^^Pl6ni0P^  ^^' 
^nt  4e  la  coupeuse  ;  ces  ^errps  |gp|  ggndui- 
tes  surun  distributeur  à  plateaq  f9(|{|f  d*un 
réglage  de  débit  facile  ;  elles  tqq[)^p(  ^iips  le 
premier  n^ouilleur»  sorte  4'augp,  pi| 46q|  vis 
à  ailettes  jntero^ittentes  croisse;  f|r;^y^|||0nt 
)es  ^prrps  aF0e  linergie  ;  elles  p^fspnl  4©  l^ 
4^ps  pp  prepjier  laminoir,  4onnant  4m  la- 
mes, fppp^SPt  des  rwl^an^  ^ui  r^^orobent 
dans  upp  sppppde  ^pgp^ys^n^  popp  plfet  de 
malaxer,  4^  pprrpypr  \^  tpnrii  sons  l'action 
d'un  secppd  jpp  4^tt^l|P^  ^  P^^  brisé.  Les 
terres  d^p;  )ppr^y|||i  iH^p^  ppnduites  dans 
un  jeu  4b  cylip4re#  bfoyppfs  lamineurs  à 
surface  unie,  de  Q  pf .  00  ^p  i^mmèire,  tour- 
nant à  12Q  tpprS)  01  r|idpj§4pt  la  pâte  en  un 
large  rpb^p  4^  l^/\0  i^^p^\sse\iv,  lequel 
tombe  daps  pn  prpppliapf  conique  à  pas 
double  et  4iff<^r^PfMl)  enrpulé  en  escargot, 
où  les  terrps  re^jyppt  un  ^^l'oi^r  pétrissage 
—  corroyage  :  p)|p$^nt  alors  prêtes  à  faire 
des  tuiles  ^pfh  i^Pf  p!l$^|{P  dans  le  décou- 
pepr  autopfdtiqpi»  api  ep  ^it  des  galettes  ; 
pe$  galettes  offrep^  k  la  qassure  une  homo- 
gépisité  qp'aucun  f^n^fà  pfocé4^  de  travail 
pe  peut  atteipdre. 

l\  pxistf»  fipssi  pn  mo49  4^  pulvérisation 
eoip|oïéiiS^ip^-ffepri,çp^lpmpntpourdes 
tjerres  ifqpure«  ;  cp  l^rpyji^  ^  terres  à  sec 
m  obtepp  p^  4jyer|  lysf^p^^s,  les  uns  à 
broyeurs  à  disqu^,  {^  9P^^s  à  meules. 

Les  terrps  sortap^  4e  f'f^ppareiî  décrit  ci- 
dessus  servent  à  fojrp  4m  ^lettes,  des  bri- 
ques creuses,  des  tpyi|p(  4^  4r^inage,  par 
Tadjonction  de  petites  ffijiphip^  à  étirera 
pistpn,  à  vis  ou  à  cylin^F^ff- 

L'argile  sorUpt  k^^  «s^^pn  du  propuUepr 
à  hélices  est  divisée  par  quatre  6^  ai^i  se 
trouvent  à  la  bouche  de  sorii.e  ;  p^est  ^  dé- 
coupeur automatique  qui  tranche  le  paquet 
d'argile  tous  les  0  m. 40  en  le  divisant  long!-» 
tudinalement  en  cinq  galettes. 

Les  paquets d*argïle sortant  du  propulseur 
désigné  sous  le  nom  de  a  galetière  »  sont, 
par  une  toile  sans  fin,  conduits  devant  les 
presses. 


%-%t.       .-••  ^'/>-vr,.. 


f\    '.^    ;1^^^ 


3P0 


lOURNAL   NKNKUI^I.   DK   L  ACADCIIIK    NATIONAUX 


^^\ 


Les  premières  presses,  lesijuclles  sunl  en  1  cuiierU  i*  glissières,  mais  elles  ne  tardèrent 
core  employées  dans  leà  pût  iies  faliïicatiuns,  I  pas  it  élre    rer.duBi  au  loma  tiques  par  lap- 


f*lieiitîi)ii  <1'mii  perila^iori*'.  ou  [lûilp-inurilôs 
à  c\\\\\  [ails,   dutit  cliacune  des   taces  vieoL 


sïiccpssivoirieïJt  se  pri^yenter  au-dessoiisd'un 
autre  pune-muule  iuiimé  d'un  mouvefnent 


401 


INDUSTRIR. 


402 


vertical  de  va-et-vient,  tandis  que  le  premier 
exécute  son  déplacement  par  rotation  autour 
de  son  axe  horizontal.  Le  porte-moule  su- 
périeur ou  piston  presseur  est  commandé 
soit  par  un  arbre  vilbrequin  portant  deux 
bielles  renversées,  soit  par  un  jeu  de  cames, 
soit  encore  par  des  roues  d*engrenages  héli- 
coïciaiesoupar  un  excentrique. 

Nous  ne  pouvons  faire  mieux  du  reste  que 
de  rappeler  ici  ce  que  dit  sur  ce  sujet  le 
Dictionnaire  encyclopédique  et  biogra- 
phique de  V industrie  et  des  art^  indus- 
triels : 

Plusieurs  machines  sont  employées  pour 
effectuer  le  moulage  mécanique  avec  pâte 
molle.  Elles  sont  toutes  basées  sur   le  prin- 
cipe de  la  presse  monétaire,  et  ne  diffèrent 
guère  entre  elles  que  par  les  dispositions 
plus  ou  moins  heureuses  des  organes  em- 
ployés pour  arriver  au  même  but  Parmi  ces 
machines  nous  citerons  seulement  celles  de 
MM.    Pinette,  Brethon,  Joly    et   Foucan, 
Schmerber  frères,  Lobin  fils,  etc.  Pour  don- 
ner une  idée  de  ce  genre  de  machines  nous 
avons  représenté  i  Voir  fig.  \)  la  vue  d'en- 
senable  de  la  machine  Lobin,  qui    nous  pa- 
ndl  être  une  des  plus  remarquables  parla 
bonne  combinaison  et  la  robusticité  de  tous 
ses  éléments.  Cette  presse  a  pour  organe  es- 
sentiel un  porte-moule  à  cinq  pans,  dont 
chacune  des  faces  vient,  successivement  et 
automatiquement,  se  présenter  au-dessous 
d'un  autre  porte-moule  animé  d'un  mouve- 
ment vertical  de  va-et-vient,  tandis  que  le 
premier  exécute  son  déplacement  par  rota- 
tion autour  de  son  axe  horizontal.  Le  porte- 
moule  supérieur,  remplissant  par  conséquent 
l'office  de  piston  presseur,  est  mû  par  deux 
bielles  ;  les  organes  sont  construits  de  ma- 
nière à  réduire  au  minimum  possible  les 
frottements,  et  à  supprimer  les  efforts  laté- 
raux qui  existent  dans  les  autres  genres  de 
presses  à  coulisseaux  glissières. 

Quand  la  machine  est  en  marche,  un  en- 
fant jette,  d'un  côté,  la  galette  sur  la  face 
du  pentagone  qui  se  présente  devant  lui, 
puis  un  second  enfant  reçoit,  de  l'autre  côté, 
la  tuile  moulée  qui  se  place  sur  des  petits 
châssis    en  bois  disposés  à  cet  effet.  Les 


moules  sont  des  coquilles  en  fonte  recevant 
un  moulage  en  plâtre  qui  présente  l'em- 
preinte de  la  tuile  ;  ces  moules  en  plâtre 
ont  l'avantage  de  permettre  un  démoulage 
plus  facile  que  les  moules  métalliques,  mais 
il  i\iut  les  changer  chaque  jour  pour  conser- 
ver la  beauté  des  produits . 

La  production  de  cette  machine  est  de 
6)0  tuiles  à  l'heure,  soit  6.000  par  journée 
de  dix  heures.  Son  fonctionnement  récla- 
me 4  enfants  répartis  comme  suit  :  un  en- 
fant pour  l'apport  des  galettes,  un  enfant 
pour  jeter  la  galette  sur  le  pentagone,  un 
enfant  pour  recevoir  la  tuile  moulée  et  un 
pour  déposer  la  tuile  sur  l'élévateur  qui 
l'emporte  directement  au  séchoir. 

Cet  élévateur  est  une  sorte  de  toile  sans 
fin,  animée  d'un  mouvement  continu,  sur 
laquelle  les  tuiles  sont  placées  et  transpor- 
tées à  l'emplacement  où  d'autres  ouvriers 
les  attendent  pour  les  recevoir  et  les  ranger 
dans  les  séchoirs  généralement  placés  au- 
dessus  des  ateliers  du  rez-de-chaussée. 

Si  avantageuse  que  fût  cette  machine,  M , 
Lobin  fils  a  cherché  encore  à  la  perfection- 
ner et  il  y  est  arrivé  en  créant /a  presse  au- 
tomatique à  5  pans  et  à  genouillères  que 
représente  la  fig.2.  La  presse  décrite  précé- 
demment avait  le  grave  inconvénient  de 
donner  sur  la  galette  de  terre  une  simple 
pression  rapide  ;  dans  la  presse  nouveau 
modèle,  le  piston -presseur  est  mû  par  un 
système  de  doubles-genouillères,  lequel 
système  a  pour  eflfet  de  ralentir  la  pression 
à  la  fin  de  la  course,tout  enla  rendant  plus 
énergique,  et  de  donner  à  la  tuile,  par  la 
composante  des  forces  résultant  de  cette 
disposition,  le  temps  de  bien  épouser  la  for- 
me du  moule  dans  tous  ses  détails. 

Il  résulte  de  l'emploi  de  cette  ingénieuse 
disposition  un  certain  nombre  d'avantages. 
En  premier  lieu  la  double  pression  entraî- 
ne le  décollage  immédiat  de  la  tuile,  ce  qui 
conduità  la  suppression  des  tuiles  manquées 
et  donne  des  produits  exempts  de  cloques, 
soufflures,  etc. 

Mais  ce  n'est  pas  tout,  on  arrive  grâce  à 
ce  dispositif  à  obtenir  une  pression  ralentie 
à  la  fin  de  la  course,  on  supprime  les  efforts 
latéraux  ;  la  montée  et  la  descente  rapide 


y^ 


403 


iOORNAL    MRNSURL  DK  l'aCADÊMIB  NATIONALR. 


404 


du  plateau  presseur  permettent  une  plus 
longue  pression  surla  galette  de  terre, la  du- 
rée de  cette  pression  est  de   1/2  environ  de 
la  durée  totale. 
Enfin,  grâce  à  laforme  spéciale  des  bâtis, 


le  pentagone  se  démonte  facilement  ;  il  suf- 
lit,  en  e^et,  de  desserrer  les  écrous  des  cha- 
peaux des  paliers,  avantage  que  ne  présen- 
tent pas  les  autres  systèmes  de  presse  qui 
obligent  à  écarter  les  bâtis  Tun   de  l'autre, 


FiG.  2. 


c'est-à-dire  à  démontrer  la  presse  en  en- 
tier. 

Cette  machine,  d'une  construction  robus- 
te, comme  on  peut  en  juger  par  l'examen 
de  la  figure,  pèse  4.000 kilos  environ, et  pro- 


duit C50  tuiles  à  Theure,  soit  une  production 
journalière  de  6.500  tuiles.  Si  Ton  joint  à 
tout  cela  un  fonctionnement  des  plus  sim- 
ples, puisqu'il  suflit  pour  ce  travail  de  deux 
enfants^  Tun  jetant  la   galette  d'un   côté. 


405  EXPOSITIONS 

l'autre  retirant  la  tuile  de  l'autre  côté  sur  un 
petit  châsis  en  bois  disposé  à  cet  effet,  Von 
comprendra  avec  qu'elle  faveur  cette  ma- 
chine a  été  accueillie  par  les  grandes  tuile- 
ries et  en  particulier  par  celle  du  bassin  des 
Bouches  du- Rhône  qui,  du  reste,  n'ont  eu 
qu'à  se  louer  d'en  avoir  fait  l'application. 

A   LOMIJAHI) 

A  et  M. 

INGÉNIEUR  DES  ARTS  ET  MANUFACTURES. 


ET  CONCOCflS, 


406 


AMMONIAQUE  AROMATIQUÇ 

de  M .  Tison 
à  Le  Nouvion-en-Thiérache  (Aisne). 

On  lit  dans  le  journal  de  Bruxelles,  Le 
Médecin^  les  lignes  suivantes  concernant 
un  nouvel  agent  thérapeutique  créé  par  un 
de  nos  Sociétaires  sous  le  nom  à' ammoniac 
que  aromatique  : 

«  M.  F.  Tison  père,  à  Le  Nouvion-en- 
Thiérache,  prépare  ce  produit  que  nous 
pouvons  franchement  recommander. 

t  I!  suflit  de  le  respirer  fortement  et  vi- 
vement pour  guérir  les  migraines,  les  maux 
de  tète,  les  rhumes  de  cerveau,  les  synco- 
pes, les  congestions  des  poumons,  du  cer- 
veau, le»  apoplexies  ;  d'en  aspirer  les  va- 
peurs (à  froid)  par  la  bouche  pour  guérir 
les  maux  de  gorge,  la  grippe,  Tangine  au  dé- 
but, les  rhumes  de  poitrine,  certains  maux 


d'estomac    et  de  cœur.  3  à  5  gouttes  dans 

un  verre  d'eau  sucrée  prii  par  gorgées  faci- 
litent les  digestions  pénibles,  guérissent  les 
mauï  d'estomac»  l'ivresse.  L'asthme  est 
soulagé  par  la  respirati(m  et  raspiratioti  des 
vapeui*s  (à  IVoid).  Il  est  inappréciable  pour 
combattre  et  guérir  les  insolations. 

a  II  est  souverain  dans  les  épidémies: 
il  réagit  contre  Tair  vicié  en  le  rendant 
respirable,  Leseffets  sont  rapides  et  le  bien- 
être  est  persistant.  Il  convient  d'en  mouiller 
à  diverses  reprises  les  carotides,  le  derrière 
desoreille<ï,  rocciput  (creux  au  bas  du  der- 
rière de  la  têtel  et  le  cœur  lors  des  conges- 
tions ;  d'en  appliquer  une  petite  compresse 
sur  le  creux  de  Teste  mac  lors  des  indiges- 
tions. Kn  appliquer  aussi  sur  toutes  piqijres 
d'insectes, 

«  On  peut  remployer  dans  toutes  les  cir- 
constances ou  l'eau  sédative  est  indiquée. 

(i  Remarque  essentielle.  —  Les  vapeurs 
de  l'ammoniaque  ordinaire  brûlent  et  des- 
sèchent les  tissus  de  Vorganisme  ;  tandis 
qu'ici  elles  sont  additionnées  et  emprison 
r.ées,  peut-on  dire,  dans  celles  tVhuiles  \o* 
latiles  et  fixes  de  nombreuses  plantes  cons- 
tituant ce  produit.  Les  papilles  nerveuses 
et  les  délicats  tissus  sont  ainsi  lubriliés  et 
protégés  des  vapeurs  directes  de  l'ammonia- 
que, tout  en  permettant  ;V  celles-ci  d*étrc 
portées  dans  toutes  les  parties  nerveuses  et 
sanguines  de  l'organisme,  et  d^v  déterminer 
presque  instantanément  les  réactions  bien- 
faisantes et  efficaces,  >> 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION  DE  1900 

(Renseignements  divers) 

Clôture  au  1"*  février  1899  du  délai  pour 
la  présentation  des  demandes  d  admission. 

Dans  toutes  les  classes  de  TËxposition  de 
1900)  sans  exception)  des  demandes  d'ad- 
mission ont  déjà  été  reçues  dans]  des  pro- 


portions considérables  et  elles  continuent 
d'affluer  chaque  jour.  Cependant  il  n'est  pas 
inutile  de  rappeler  aux  personnes  qui,  d'ha- 
bitude, ne  se  pressent  jamais,  que  la  date 
extn^me  de  réception  des  demandes  est  for- 
mellement Jiséc  au  l^'  février  1899,  et  qu'il 
est  absolument  improbable  qull  y  ait  une 
prolongation  quelconque  du  délai  accordé* 


■^ 


-"jw-^ 


407  J(Jt!llNAl.   IIIÎNÎiURr   DK 

LiSTR  COMH.KWESTAIRi:  DEsCoMmCS  DADMIS- 

SION- 

h^  Journal  officiel  éu  ISjum  1^98  a  [>u- 
blié  une  troisième  liste  cte  perâonneâ  nom- 
mées membres  des  Corn  s ï es  d'admission  de 
rKst position  da  lOQÛ, 

Parmi  ces  nouvelles  no  m  in. liions,  nous 
relevons  les  suivantes,  cone**rriantdesnierii* 
bres  de  notre  Société  : 

Clause  19, 

M.  Simon  (Albert),  fîonâlructeur- mécani- 
cien à  Cherbourg, 

Classe  60. 

M.  le  rlorieurMïNiKHE,viiicnïtenr  â  Nérac. 

Classe  87, 

M>  Tancredi:,  présidenl  de  la  Chambre 
syndicale  des  ffibrica lions  de  colle  forte,  à 

Âuberviiljers. 


Li  SaLLK  des  FftTES. 

Conformément  au  plan  ^enëral  arré(é 
pour  TExposilion  universelle,  une  Salle  des 
Fêles  colossale  sera  aménai^ée  au  centre  du 
palaiâ  des  Machines,  Elle  comprendra  sept 
travées  du  palais,  de  façon  à  présenler  une 
surface  de  ITi  mètres  sur  112,  soil  12.544 
mètres  carrés,  et  pourra  recevoir  une  foule 
d'environ  15J)0IJ  spectateurs  assis  en  am- 
phithéâtre sur  des  gradins  étages  autour  du- 
ne  grande  piste  circulaire.  A  droite  et  h  gau- 
cho, dans  l'intérieur  mémo  du  palais  des 
Machines,  deux  larges  escaliers  donneront 
accès  aux  tribunes.  La  salle  sera  éclairée 
pendant  le  jour  par  une  grande  coupole  vi- 
trée de  40  mètres  de  diamètre,  le  soir  par 
rélectriciré.  C'est  M.  Haulin,  architecte,  qui 
est  chargé  de  celle  étude  :  il  prépare  en  ce 
moment  la  maquette  de  la  future  salle  des 
Fêtes  à  réchelle  de  2  centimètres  par  mè- 
ire.  Cette  maquetle  permettra  d'approfondir 
exactement  tous  les  motifs  de  décoration, 
comme  on  Ta  fait  avec  beaucoup  d'utililé 
pour  les  maquettes  des  palaifi  des  Champs- 
Elysëes,  Ou  peut  ^e  rendre  compte  des  di- 
mensions relatives  de  cet  aménagement  en 


t/acadi^mik  natiomalr.  405i 

considérant  que  la  salle  du  palais  du  Tro- 
cadéro  ne  peut  contenir  que  4,900  specta- 
teurs, au  lieti  des  15.000  que  pourra  rece- 
voir la  nouvelle  salle  de  VExposition  de 
1900. 


APPROBATION    DES  DIVERS   PROJETS  ET     PLANS. 

M.  Maruéjonls,  ministre  du  commerce, 
vient  d'approuver  et  de  contresigner  divers 
projets  très  importants  qui  lui  ont  été  sou- 
rais  par  M.  Picard,  commissaire  général,  et 
par  AI.  Bouvard,  directeur  de  larchilecture 
à  l'Exposition  de  1900. 

Entre  autres,  le  rainistre  a  approuvé  le 
projet  de  la  porto  monumentale  qui  s  élève- 
ra à  l'entrée  du  Cours-la-Beine.  L'architec- 
te, M.  Binet,  a  très  ingénieusement  disposé 
en  hémicycle  60  guichets  qui  permettront 
aux  nombreux  visiteurs  de  pénétrer  rapide- 
ment dans  l'Exposition.  Cette  entré^^  sera 
surmontée  d'une  coupole  décorée  de  taïen- 
ces  et  encadrée  par  des  cabochons  lumi- 
neux. 

Le  ministre  a  approuvé  aussi  les  plans  du 
palais  des  Forêts,  de  la  Chasse  et  de  la  Pè- 
che, ainsi  que  ceux  des  palais  de  la  Naviga- 
tion et  de  THorticuiture. 

Les  deux  premiers  palais  serontconstruîts 
sur  le  quai  de  la  rive  gauche,  des  deux  cô- 
tés du  pont  dléna.  MM.  Tronchet  et  Rey 
ont  présenté,  pour  le  pavillon  des  Forêts, 
un  projet  très  élégant.  La  façade  sur  la  Sei- 
ne, dont  la  ligne  est  coupée  par  plusieurs 
saillies  en  forme  debow-window  et  égayée 
par  de  nombreuses  et  claires  ouvertures,  se- 
ra certainement  de  l'effet  le  plus  agréable. 

M.  A.  Gautier,  qui  a  fait  le  plan  du  palais 
palais  de  l'Horticulture,  a  trouvé  le  moyen 
de  donnera  cette  vaste  serre  une  apparen- 
ce à  la  fois  monumentale  et  gracieuse. 


EXPOSITION     DE     TORONTO    (CANADA 

La  municipalité  de  Toronto,  capitale  de 
la  province  d'Ontario,  ville  riche  et  prospère 
de  plus  de  deux  cent  mille  habitants,  a  or- 
ganisé, sous  les  auspices  du  gouvernement 
canadien,   une  grande  exposition  interna- 


vlp" 


mmmi 


409 


tionale  qui  doit  durer  du  20  août  au  1*''  no- 
?enibre  ISOg. 

En  vue  d'assurer  une  brillante  participa- 
tion de  la  Tratice  à  celte  exposition,  il  s'est 
formé  h  Paris  sous  la  présidence  de  notre 
Sociétaire,  M,  Alphonse  Blond el,  facteur 
de  pianos,  un  comité  de  patronage  de  la 
section  française,  qui  comprend  encore 
dans  ses  rangs  nos  Sociétaires  dont  les  noms 
suivent  : 

M.  A  Lacroix,  faUricant  de  couleurs  vi- 
iri fiables  11  Paris,  Tun  des  deux  vice-prési- 
dents du  Comité. 

M.  Chalut-Voihy,  négociant  en  vins,  h 
Tours. 

Le  sièj^e  de  ce  Comité  a  été  ïixé  à  Paris, 
53j  rue  de  ['F2chir]uier,  dans  les  bureaux 
de  M.  Blonde! 

Pour  prêcher  d'exemple,  M.  Blondela  dé- 
cidé de  prendre  lui-mdme  une  large  part  h 
PexpOâition  de  Toron io,  en  y  faisant  inslal-- 
1er  un  salon,  girni  de  plusieurs  de  ses  ex- 
ceUenLs  pianos^  qui  soutiendront  le  bon  re- 
nom de  rindustrie  franV'iïse,  en  regard  de 
l'industrie  américaine,  d'ailleurs  fort  remar- 
quable, de  la  facture  des  pianos. 

De  plus,  avec  un  zèle  et  un  dévouement 
qu'on  ne  saurait  trop  reconnaître,  M  Blond  el 
s'est  entremis  auprès  de  toutes  les  notabi- 
lités com  m  erci  al  es  de  Pari  s  po^tr  leur  fa  i  re 
connaître  Teiposition  de  Toronto,  et  les  dé- 
cider à  y  participer  dans  une  mesure  plus  ou 
moins  large, 

Nous  sommes  heureux  h  la  fois  do  sign  a- 
ler  Veiposition  de  Toronto  h  nos  Sociétaires 
et  de  rendre  hommage  à  l'activité  et  h  l'em- 
pressement patriotiques  dont  ^  fait  preuve 
M.  Blondel  pour  que  la  France  se  trouve  di- 
gnement représentée  à  une  exposition  tenue 
dans  un  pays  com  me  le  Canada,  où  tant  dL* 
souvenirs  historiques  entretiennent  la  mé- 
moire de  la  m^re-patrie. 


et  siège  do  l'un  dos  cîn^f  ports  de  guerre 
de  la  France,  a  eu  cette  année  le   bénéfice 


EXPOSITION  DE  nOCHEFORT 

La  ville  de  Rochefort,  sous-préfecture  du 
département  de  la  Charente -Inférieure, 
mais  chef^tieu  d'une  pn^fecture  maritime 


d'une  exposition  internationale,  orgiiflkiB^pv^ 
administive  par  notre  so:iélaire.  fil.  Arfjjj 
VïGK,  qui  s'est  fait  une  carrière  de  1 1* titre* 
prise  il'ex positions  industrielles  et  tominer- 
ciale^, capables  d'amener  dan^  les ^los se- 
condaires de  province  un  mouvement  et 
une  animation  contrastant  avec  leur  atonie 
habituelle.  Commençons,  d'ailleurs,  par 
proclamer(jue,gn*ceà  su  grande  expérience 
à  ses  nombreuses  relations  et  à  sa  connais- 
sance étendue  du  personnel  commercial  el 
industriel  M.  Vigé^  ré  unit  toutes  les  meilleu- 
res qualités  désirables  pour  assurer  la  plus 
complète  réuss-ite  de  Tceuvre  assez  délicate 
d'une  exposition.  Le  principal  mérite  du 
succès  de  lexpoî^ition  de  Hocbeforl  doit  donc 
remonter  à  M.  Vigé. 

Grâce  k  la  fois,  au  concours  des  services 
d'archî lecture  de  la  ville  do  Bocheiortj  au% 
facilités  de  toutes  sortes  accordées  par  la 
ratinicipalité  et  ati  bon  vouloir  témoi^^uê 
par  les  autorités  maritimes,  Tadministration 
de  l'exposition  h  réussi  à  constituer  une 
œuvre  à  la  ibis  brillante  et  intéressante, 
bien  proportionnée  n  Pimportance  d*une 
ville  qui  compte  en viroi  î^^ODO  habitant"-. 

Dix-huit  de  nos  Sociétaires  ont  pris  part  à 
rexpc^sjtion  de  Kueliefort,  et,  comme  k  P ha- 
bitude,, nous  rendrons  compte  de  leurs  par- 
ticipations en  suivant  Pordre  alpliabétiqite 
des  noms  : 

M,  Bastos,  à  Oran,  a  réuni  dans  une  vi- 
trine de  style  mauresque,  des  échantillons 
des  diverses  sortes  de  paquets  de  cigarettes 
do  sa  fabrication,  qu'il  fournit  aux  régies 
des  tabacs  en  Algérie,  en  Tunisie  et  eu 
France,  ou  qu'il  livre  au  commerce  libre  à 
l'étranger,  La  marque  Zf^ï^/oi'  est  assez  con- 
nue des  fumeurs  délicats  pour  que  nous 
nous  dispensions  d'en  répéter  Péloge» 

M.  BaocHARD-QLrLLKT,  à  Châteaudun,  a 
envoyé  à  l'exposition  des  échantillons  de  la 
liqueur  Durtoise,  Ho  la  Fine  Champa^u- 
Marchand,  du  Rhum  Joptonn  et  d u Cwractiu 
Brochard,  tous  produits  qui,  mis  dans  le 
commerce  sous  l'égide  de  la  marque  du  FrV/' 


411  JOVn^AL  MENSUEL   DE  l' ACADÉMIE  NATIONALE 

de  Niort  ^  sontd'nuR  qualité  supérieure  déjà 
reconnue  par  noU-e  Société, 


412 


M.  Casikz-Bourgiiois,  à  Cambrai  (Nord),  a 
abondamment  garni  une  grande  vitrine  pla- 
cée en  abolit  de  rangée^  do  boites  et  de 
paquots  de  chicorée  de  sa  marque  de  fabri- 
cation. Les  enluminures  décorant  ces  boites 
et  paquets  pro  iaisait^nt  tin  Itel  effet  d*en- 
semble, maïs  il  était  peut-élre  plus  instruc- 
tif d'observer,  dans  des  bocaux  spéciaux, 
les  cosaettes  de  racines  de  chicorée,  d'abord 
sèches,  puis  torréliées^  puis  moulues,  qui 
permettaient  de  se  rendre  compte  des  soins 
apportés  il  la  préparation  de  la  matière  ali- 
menta ij*e  qui  est  vendue  par  la  maison  Ca- 
siez-Bourgeois. 

M.  Camhon,  à  Saint-Céré  Lot),  exposait 
ses  deux  principales  spécialités  :  VEau  de 
noix  et  VElixir  quercynois  \\m  lui  ont  déjà 
vabi  de  nombreuses  récompenses. 

M.  CottNu,  à  Paris,  occupe  la  plus  gran- 
de place  d'une  bel  le  vitrine  de  la  section  des 
produits  pharmaceutiques^  Tune  des  mieux 
installées  de  lexpositionj  avec  une  collec- 
tion variée  de  bullefi.  bullines,  gouttes  et 
capsules  médicamenteuses,  renfermant, dans 
une  enveloppe  élastirjue  de  gluten,  tous  les 
produits  de  la  thérapeutique  dont  Tinges- 
tion  directe  est  désagréable  au  point  d'être 
pratiquement  impossible.  Parmi  les  médi- 
caments ainsi  enrobés,  citons  le  copahu, 
leâsence  de  santal,  Vessence  de  térében- 
thine, l'huile  de  ricin,  lo  gaïacol,  le  valé- 
rianate  d'ammoniaque,  la  créosote,  Téther, 
le  tcrpîiioK  TapicK  Tiodure  Je  potassium, 
l  huile  de  l'oie  de  morue,  etc. 

Uappeloiis  que  M.  Cornu  a  le  mérite  d'a- 
voir réussi  à  substituer  le  gluten  à  la  géla- 
tine dans  la  préparation  des  capsules  médi- 
camenteuses. 

MM.  Fftv  el  fils,  de  Bristol  (Angleterre) 
présentent  leurs  chocolats  en  tablettes, 
leurs  cacaos  en  poudre  et  leurs  bonbons  à 
base  de  chocolat,  tous  produits  d'une  pré- 
paration supérieure  qui  jouissent  d'une  ré- 
putation véritablement  universelle. 


M.  GiAMMUsso,  à  Aidone  Italie),  expose 
différentes  préparations  pharmaceutiques  et 
une  liqueur  de  quinquina  qui,  par  les  soins 
apportés  à  sa  confection  se  montre  d'une 
pleine  efticacité  contre  les  fièvres,  et  ren- 
contre un  grand  succès  dans  la  région  où 
sa  vogue  s'est  répandue. 

M.  Henricët,  à  Nantes,  présente  des  bot- 
tes du  Papier  Fruneau,  produit  dont  la 
combustion  lente  engendre  des  fumées  aro- 
matiques, apportant  un  réel  soulagement 
aux  personnes  atteintes  de  crises  asthmati- 
ques. Les  effets  salutaires  du  Papier  Fru- 
neau  ont  été  unanimement  reconnus  par 
tous  les  médecins  qui  en  ont  prescrit  l'em- 
ploi. 

M.  Jacquemin,  deMalzévilIe,  près  Nancy, 
a  envoyé  à  l'exposition  de  Rochefort  une 
collection  de  brochures  et  notices  diverses 
concernant  remploi  en  vinification  des  le- 
vures pures  sélectionnées.  Il  y  a  joint  quel- 
ques bonbonnes  et  bidons  renfermant  des 
cultures  de  levures,  pour  bien  montrer 
sous  quelles  formes  se  taisait  l'expédition 
de  ces  différents  produits.  Nous  ne  revien- 
drons pas  ici  sur  l'intéressante  question  de 
remploi  de  ces  levijres,  question  que  nous 
avons  déjà  traitée  en  détail  dans  nos  colon- 
nes, mais  qui  n'est  cependant  pas  épuisée, 
et  dont  nous  aurons  bien  certainement  l'oc- 
casion de  reparler  dans  l'avenir. 

MM.  Max  Jacques  et  Cie,  deSalomé  ^Nord; 
exposent  des  huiles  de  colza  pour  éclairage, 
des  huiles  de  lin  pour  peinture  et  des  tou^r- 
teaux  de  ces  matières,  préparés,  soit  pour 
Talimentation  des  bestiaux,  soit  pour  sim- 
ple usage  d'engrais. 

Outre  qu'ils  sont  de  la  plus  belle  appa- 
rence et  de  la  meilleure  qualité,  ces  pro- 
duits se  recommandent  à  l'attention  publi- 
que en  ce  qu'ils  sont  les  résultats  de  nou- 
veaux procédés  de  fabrication  appliqués  par 
MM.  Max  Jacques  et  Cie. 

Voici,  d'après  le  journal  Rochefort-Expo- 
sition^en  quoi  consistent  ces  nouveaux  pro- 
cédés, qui  reposent  sur  le  principe  de  l'em- 
ploi de  dissolvants  volatils  : 


mmm 


mm 


413 


^it>asitinffs  rr  coNœuBB. 


414 


«  La  graine  oléagineuse  broyi^e  dang  un 
concasseur  est  mise  en  contact  avec  un  dis- 
solvant tel  que  lesulTure  decarboue,  l'éllier 
sulfurique  ou  un  êllier  de  pétrole.  Le  dis- 
solvant ^'empare  de  Ja  maiièro  grasse,  con- 
tenue dans  la  graine.  Le  mélange  d^iuileet 
de  dissolvant  est  soumis  à  la  diâtillation,  le 
dissolvant  est  régénéré  H  l'huile  sort  pure 
de  toute  trace  de  dissolvant.  D'un  autre  cu- 
té.  on  chasse  de  la  graine  privée  d'huile,  le 
dissolvant  dont  elle  est  encore  imprégnée, 
et  on  a  un  résidu  ayant  les  mômes  emplois 
quB  les  tourteaux  ordinaires, 

V  Les  avantages  de  celte  fabrication  sont  : 

«  1"^  Les  frais  de  fabrication  sont  réduits 
de  plus  de  moitié.  L  action  de  dissolution 
s'exerce  en  effet  sans  force  motrice  et  sans 
fatigue  pour  Fouvrier*  L'entretien  est  nuL 
tandis  que  les  presses  hydrauliques  dont  on 
se  sert  habituellement  coiUent  excessive- 
ment cher,  à  cause  de  la  force  qu'elles  ré- 
clamant et  de  Tentretien  ruineux  de  leurs 
accessoires. 

tt  2^  Merlieure  qualité  des  produits.  La 
pression  chasse  en  même  temps  que  Thuile 
des  matières  mucilagineuses  et  colorantes 
qui  nécessitent  une  épuration  longue  et 
coûteuse.  Le  dissolvant,  au  contraire,  ne 
dissout  pas  les  matières  colorantes,  de  sorte 
que  l'huile  de  ditfusioii  n'a  pas  besoin  d  ê- 
tre  épurée.  Le  résidu,  en  tourteaux,  conle- 
nant  moins  d'huile,  est  par  cela  même  plus 
riche  en  azote.  Son  état  de  division  permet 
une  assimilation  complète,  rapide  et  ab- 
solument certaine.  L  epandage  en  est  facile 
et  l'état  pJiysique  du  tourteau  permet  Tuli^ 
Usation  des  semoirs  ordinaires  sans  nécessi- 
ter des  frais  do  concassageet  de  broyage. 

«  3'^  En  tin,  et  surtout,  un  meilleur  rende- 
ment en  huile.  Utiand  avec  les  presses,  le 
tourteau  résidu  rontianl  encore  Gii  12  p.  % 
loit  ea  moyenne  9  p,  %  d'huile,  dans  les 
tourteaux  de  diffusion  il  ne  reste  plus  que  1 
il/2  %,  soit  près  de  8  p.  %  d^huile  en 
moins. 

"  Pour  donner  une  idée  de  l'importance 
de  ce  dernier  résultat,  si  on  considère qu  en 
Franceon  fabrique, par  an, environ  4.000.000 
de  quintaux  de  graines  oléagineuses,  on  voit 


que  le  procédé  do  MM*  Max  Jacques  et  Cie 
permet  de  retirer  en  plus^par  an,;j^.OOO,000 
de  kilos  d'huile  représentant  environ  une 
somme  de  seixe  millions  de  francs. 

Aussi  pour  récompenser  les  effortsde  MM  ■ 
Max  Jacques  et  Cie,  la  société  industrielle 
du  Nord  de  la  France,  leur  a  décerné  une 
médaille  d'or,  dans  sa  séance  solennelle  du 
lOjanvier  1808,  d 

Ce  n'est  là  qu'une  récompense  de  début, 
à  laquelle  viendronts  ajouter  bien  d'autres 
distinctions  dans  l'avenir. 

M,  Joi'ï-:  lils,  a  St-Ijaurent  de  la  Salanquo 
I  PyrénéeS'Orientalesi  présente  le  Kina  Jnué, 
îipéritif  à  base  de  vin  de  Banyuls  et  de  quin- 
quina, qui,  de  même  que  d'autres  liqueurs 
et  produit  sde  la  m<5me  maison,  se  rcrDm* 
mande  par  une  préparation  soignée  et  cous 
ciencieuse. 

M.  Lkfan,  a  Caudry  Nord  expose  àm 
eaux-de-vie  dites  de  coupage  i  des  extraits 
d'éléments  vineux  dénommée  Honijîcatùun^ 
servant  h  faire  les  coupages,  et  un  cordial 
désigné  sous  le  nom  de  VAr^us  qui  estpr^** 
paré  A  base  de  c|uinquina  et  qui  peut  être 
employé  comme  apéritif. 

Les  eaux-de-vie  de  M.  Lepan  sont  pré- 
sentées à  la  consommation  en  toute  slncérî^ 
té,  sans  fausse  étiquette  :  ce  ne  sont  pas 
des  eaux-de-vie  naturelîex  obtenues  par 
la  distillation  des  vins,  mais  des  eaux-de- 
vie  formées  d'un  alcool  industriel  extra- 
neutre, ronvenalilement  aromatisé  au  moyeu 
de  produits  bonificateurs^  qui,  eux,  soiH 
réellement  extraits  du  vin.  On  sait  qu'il  n  v 
a  aucune  diftërenco  entre  les  alcools  chi- 
miquement purs  de  provenances  diverses, 
quelles  que  soient  leurs  origines  :  raJsiïi^i, 
pommes,  poires,  prunes,  froment,  seigh'. 
betteraves,  pommes  de  terre,  etc.  De  toii"* 
lef*  liquides  fermentes  obtenus  par  la  déconj- 
position  de  ces  produits,  on  peut  retirer  l'al- 
cool pur,  débarassé  de  tout  goût  ou  saveur 
pouvant  en  faire  reconnaître  l'origine*  lîu 
comprend  donc  qu'il  soit  théoriquement 
possible  de  reconstituer  un  produit  absobi- 
ment  semblable  à  leau-de-vio  de  vîu,  eu 
employant  un  alcool  industriel  absolumeni 
pur  et  un  bonificateur  convenable.  Au  reste, 


415  JOnRNAI.    MKNSOKI,    DR    l'aOADKHIK   NATIO.NM.R. 

il  est  bien  certain  que  la  plus  grande  partie 
des  eaux-de-vie  entrant  dans  la  consomma- 
tion courante.sousienomde  cognacs, u'^l  pas 
d'autre  origine  que  semblable  préparation 
artincielle*  On  n'aurait  d'aillours  pas  à  in- 
crimini^rces  eaux-de-vie  ^\  toutes  étaient 
l rai tt^e^  aussi  soigneusement  et  aussi  habile- 
ment que  celles  de  M,  Lepan. 


M,  Marovicj,  médecin -dentiste,  à  Buca- 
rest, a  envoyé  à  Rochefort  des  travaux  de 
prothèse  dentaire  qui  nttestent,  chez  leur 
,iuteur,  unecorapétenceet  une  habileté  aux- 
i]U6il6âon  ne  saurait  manquer  de  rendre 
Jiommage. 

M,  Rambaud,  de  Pat'is,  a  fait  installer  à 
Tes  position  de  Rochefort  une  grande  vitri- 
ne liabilemeut  ^'aniie  des  principaux  pro- 
duits qu*jl  vendj  qu*il  t^ibrique  ou  qu'il  em- 
f^loîe. 

Nous  voyons,  dans  cette  vitrine,  despou- 
ih^es  colorantes  pour  peinture,  des  gommes 
en  morceaux  pour  vernis,  des  peintures 
préparées  en  tioltos,  dsi  vernis  en  ilacons  et 
en  bidons,  de  la  cérnse  broyée  en  baril,  des 
siccatifs  en  paquets,  etc. 

Ces  divers  produits  portent  la  marque 
Gatiiicr-Boiu'hardj  du  nom  du  fondateur 
de  la  maison  actuellement  dirigée  par  M. 
Hambaud,  ou  la  marque  de  ia  Planchette^ 
du  nom  de  l'usine  dans  laquelle  s'opèrent 
leurs  diverses  manipulations  et  prépara- 
tions* 

Dans  le  commerce  des  couleurs  et  vernis, 
ceB  deux  marques  jouissent  de  la  plus  légi- 
time notonétéet  sont  classées  comme  étant 
tout  premier  ordre, 

H.  Richard,  fabricant  de  conserves  ali- 
mentaires, i\  Rochefort,  a  naturellement 
prohtë  de  Tex position  tenue  dans  sa  propre 
ville,  pour  présenter  une  abondante  collec- 
tion deconsûrvesalimentairos.  Nous  remar- 
quons dans  Tex position  de  M.  Richard,  des 
conserves  de  petits  pois,  de  haricots,  d'as- 
perges, etc.  et  des  pâtés  de  foie  gras  en  boî- 
tes de  carton . 

L'excellence  de  toutes  ces  conserves  est 
attestée   par  les  nombreuses    récompenses 


honorifiques  déjà  remportées   par  M. 
chard. 


410 
Ri- 


Nous  revoyons  avec  plaisir,  à  l'exposition 
de  Rochefort,  une  des  vitrines  de  M.  Jules 
Richard,  de  Paris,  garnie  d'instruments  de 
mesure  et  de  contrôle  p4>ur  les  science  et 
l'industrie,  et  d'ingénieux  appareils  pho- 
tographiques, tels  que  le  Vérascope^  dont 
de  nombreuses  épreuves  agrandies  font  res- 
sortir les  mérites  au  point  de  vue  de  Texac- 
titude  et  de  la  précision  des  images.  Parmi 
les  instruments  de  mesure  et  de  contrôle, 
citons  des  manomètres,  des  voltmètres,  des 
hygromètres,  etc.,  avec  ou  sans  mécanismes 
d'enregistrement. 

Inutile,  d'ailleurs,  de  nous  appesantir  sur 
la  renommée  universelle  de  la  maison  en 
matière  de  construction  d'instruments  de 
précision. 

M.Sanoomirskv,  à  Krementchough  (Rus- 
sie) a  envoyé  à  l'exposition  de  Rochefort 
quelques  échantillons  des  divers  bois  de 
construction  débités  dans  sa  scierie  mécani- 
que, qui  est  intelligemment  et  puissamment 
outillée  pour  la  préparation  de  tous  les  bois 
d'oeuvre. 

M.  ZiMMERLiN,  négociant  en  articles  pour 
laiteries  et  fromageries,  à  Genève,  a  organi- 
sé des  ateliers  spéciaux  pour  la  ox>nfection 
de  moules  en  bois  à  l'aide  desquels  le  beurre 
peut  être  présenté  aux  consommateurs  sous 
des  formes  diverses,  pouvant  être  plus  par- 
ticulièrement commodes  et  attrayantes. 

Le  beurre  ainsi  moulé,  semble  toujours 
plus  appétissant  que  lorsqu'il  est  présenté 
en  mottes  ou  en  pains  informes».  D'ailleurs, 
le  fait  seul  du  moulage  indique  un  surcroît 
de  soins  et  d'attentions,  qui  prévient  lui- 
môme  en  faveur  de  la  qualité  du  produit. 
En  outre,  la  forme  et  l'ornementation  du 
moulage  peuvent  constituer  des  caractères 
distinctiis  d'une  fabrication  déterminée,  et 
servir  en  quelque  sorte  de  marque  de  fabri- 
que à  une  production  tenant  à  mettre  en 
évidence  son  authenticité. 

Pour  toutes  ces  raisons,  il  est  évident  que 
le  moulage  du   beurre  a  son   intérêt  et  sa 


t:^^^^^ 


♦IT 

justiticaùoti,  ete*est  pfiurf|uoî  l^iiidusirie  de 
la  coDfection  des  moules  à  beurre,  exercée 
par  M.  Zimmerlirij  nous  seniblo  réellement 
très  intéressante. 

Il  va  sans  dire  que  M.  Zimmertin  peut  con- 
fecljonner  les  moules  ea  bois  dans  toutes 
les  dinii^iisions  et  suivant  toutes  les  orne- 
tneutaUonsquel'on  peut  désirer,  riepuis  les 
pTus  simples  Jusqu'auït  plus  ouvragées. 
Ajoutons  que  ces  moules  sont  construits  sur 
sur  des  données  expérimentales  qui  en  ren* 
dent  Tusage  à  la  fois  sur  et  commode.  Il  y 
a  là  vraiment  uneapécinlîté  fort  intéressante 


pour  tous  les  proJucteurs  de  beurre,  et  Ton 
est  convaincu^  eu  examinant  te  contenu  de 
la  vitrine  de  M.  /ammerlin,  contenu  qm  est 
formé  d'une  collection  variée  de  moules 
poursitnplesmnfiellesou  pour  pains  volu- 
mineux,  fjue  la  confei^Urjn  tle  ces  moules 
est  un  dérivé  aussi  curieux  qu'utile  de  Tart 
de  la  sculpture  sur  bois.  C'est  presque  de  la 
gravure  en  médailleSj  et  certes  il  est  bien 
des  coins  de  médailles  i|ui  n'auront  pa^  ser- 
vi à  établir  autant  d  ornements  en  reltet'i|UG 
certain  des  moules  livrés  aux  beui  reries 
modernes  par  M.  Zimmeilin  ! 


COMMERCE 


l-£      COMMERCE      EXTÉRIEUR      DE     LA 
FRANCE    EN    JUILLET  1898 

Voici  les  chiffres  publiés  par  radminis- 
tration  des  douanes^  comme  énonçant  les 
résultats  de  notre  commerce  extérieur  du* 
rant  les  sept  premiers  mois  de  l'année  cou- 
rante et  de  Tannée  dernière  : 


riîrOUTATÏO.Nti. 


mn 


im 


(*ï>jets  d*alimentation      t*âa  .1^7,000     407.974,000 
iïalipreïî  necessaïres 

à  1  industrie L;>G7,Î49.00Û  l,3&rï.îlS7.0O0 

ObJetî>  fabriqués, . . . ,      ^9.i5a.00Q     ^^.238,000 
TolaL...  2.720- H.^a.Ui;0  ^.246,919.000 


E\POBtATlONi!i. 


I*'t7 


189S 


Objets  d'alimetitation  SGO.ilT.OOO     ;^.05^.G0O 
Minières   nécosaairefi 

â  ri  T)du strie , .  501 .7SÏ*.000     545.£iiS.000 

Objets  rabriqués 99l».yot,000  1.073,176.000 

Colis  postaux 9a.41>J.ùOo       lia.8ii*.o  0 

Total I .  '^^>^  Ti^omOù  2AmM  \  .(M 


En  compEiraut  ces  cliiiTres  à  ceu:i  publiés 
puur  les  siî  premiers  mois j  on  dégage  les 
Cûnstataltotis  suivantes  pour  les  mois  de 
juillet  de  1898  et  1897  : 

Juillet  1K98  Juillet  1897 

ImportatioDS....    433.14Ô.000         dl6.S0ri.0ÛO 
ExporlatioQS, , . .    2t;ti-09ti.000  2S5. 725.000 


Comme  ou  1*î  voit,  le  mois  de  juillet  cst 
encore  à  marquer  d'une  pierre  noire  en  ce 
qui  concerne  les  résultats  de  notre  commer- 
ce extérieur.  Comparé  au  mois  correspon- 
dant de  t'a n née  précédente,  il  accuse  Uïie 
augmentation  de  118/J43,000  Ir-  dans  les 
iraportatioaSjet  une  diminution  de  I0,0ri0.0ij() 
Ir.  dans  les  exportations.  La  perte  totale 
ressort  ainsi  k  1L"8,58^000  fr, 

A  b  tJn  do  juillet  lS'^8,  nous  nous  trou* 
vons  avoir  acheté  pour  473,183.000  fr*  de 
marcfiandises  étrangères  de  plus  que  du- 
rant la  période  correspondante  de  1807,  et 
avoir  vendu  à  l'étranger  pour  137,O.iJj0u 
fr.  de  moins  que  Tannée  précédente. 

Nous  constate n:^  anssi  que,  pour  les  sejjt 
premiers  mois  de  l'année^  la  balance  du 
commerce  extérieur  accuse  un  solde  en  no- 
tre d é i d ve u  I'  de  705 .577.  QW  f r .  Le  so  1  d  t* 
correspondant  de  Tannée  1897  n'était  que 
de  151.558.0ÎJO  ïc^en  sorte  que  les  sept  pre- 
miers mois  de  l^:^  présentent,  comparah- 
vemen taux  sept  premiers  mois  de  18'- ^7,  uiu* 
aggravation  de  pertes  atteignant  01LOrj.<KJU 

Inutile  d'insister  sur  le  caract*>re  franche- 
meut  défavorable  de  ces  données  slatisti- 
ques. 


419 


JOURNAL  MENSUEL   DE  L  AGAbEMlB  NATIONALE. 


420 


VARIETES 


LE  CONGRÈS  DES  SOCIÉTÉS  SAVANTES 
à  TOULOUSE,   •!!  1800 

M.  Léon  Bourgeois,  ministre  de  Vlnstruc- 
tion  publique  et  des  Beaux-arts,  se  référant 
â  la  résolution  prise  par  son  prédécesseur, 
sur  Tavis  unanime  du  Comité  des  travaux 
hisloriquesci  scïenliljques,  de  tenir  désor- 
mais alternativement  en  province  et  à  Paris 
la  ri^union  annuelle  des  Sociétés  savantes, 
a  décidé  que  le  37*^  Congrès  aurait  lieu,  en 
189t>,  à  Toulouse*  durant  la  semaine  de  Pùl- 
()ues.  Les  dates el  Tordre  des  séances  seront 
iixës  ultërieureraent. 

Nous  publions  ci -a  près  le  programme  dé- 
ttiillé  de  ce  Congrès  en  rappelant  que  toute 
teclure  au  ConjLîrès  ^i-a,('X)mme  de  coutume, 
iurbordonnëe  a  Tenvoi  préalable  des  mé- 
moires et  à  leur  approbation  par  le  Comité. 
tSeulâ  Jes  travaux  destinés  à  la  section  des 
Sciences  pourront  être  exceptés  de  cette  rè- 
gle. Maîscntoutcas^  uneanalyse  indiquant 
le  sujet  et  le  plan  de  la  communication  sera 
exigée. 

Le  teKle  des  mémoires  et  des  analyses, 
devra  être  parvenu,  avant  le  20  janvier  pro- 
chain au  S''  bureau  de  la  direction  de  ren- 
seignement supérieur,  au  Ministère  de  Tins- 
iruciion  publii]ue. 

Il  ne  pourra  élre  tenu  aucun  compte  des 
en  vols  adressés  passé  ce  délai . 

Les  manuscrits  devront  être  entièrement 
lermiiié-s  lisiblement  écrits  sur  le  recto ^  et 
accompagnés  des  dessins,  cartes,  croquis, 
etc.}  nécessaires. 

Ces  presc ri  plions  dont  la  stricte  exécution 
importe  â  la  bonne  tenue  du  Congrès,  ne 
portent^  bien  entendu,  aucune  atteinte  au 
droit  de  chaque  membre  du  Congrès  de  de- 
mander la  parole  sur  les  questions  du  pro- 
gramme. 

Voici  la  reproduction  de  ce  programme, 
absolument  complète,  sauf  en  ce  qui  con- 
cerne les  sujetsde  communication  proposés 


par  les  Sociétés  Savantes  de  Toulouse  et  de 
la  région,  lesquels  ont  un  caractère  absolu- 
ment particulier  : 

Section  d'histoire  et  de  philologie. 

P  Déterminer  les  systèmes  suivis  dans  les 
différentes  provinces  pour  le  changement 
du  millésimederannéede  Tère chrétienne; 
s'attachera  Texamendes  séries  d'actes  éma- 
nésd'unemémechancellerieou  d'une  même 
juridiction.  Indiquer  autant  que  possible  l'é- 
poque à  laquelle  chaque  usage  a  disparu. 

2"  Signaler  les  actes  apocryphes  conservés 
dans  les  archives  publiques  et  particuhères. 
A  quelle  dateet  pour  quels  motifs  les  frau- 
des de  ce  genre  ont-elles  été  commises  ? 

3^  Indiquer  les  manuscrits  exécutés  au 
moyen  âge  dans  un  établissement  ou  dans 
un  groupe  d'établissements  du  sud-ouest  de 
la  France.  Rechercher  les  particularités  d'é- 
criture et  d'enluminure  qui  caractérisent 
ces  manuscrits. 

4<>  Établir  la  chronologie  des  fonctionnai- 
res ou  dignitaires  civils  ou  ecclésiastiques, 
dont  il  n'existe  pas  de  listes  suffisamment 
exactes. 

(Dans ces  études,  on  devrait  se  préoccuper 
de  l'utilité  des  listes  pour  fixer  la  chrono- 
logie des  documents  dépourvus  de  date  et 
pour  identifier  les  personnages  qui  sont  sim- 
plement indiqués  dans  les  documents  par 
le  titre  de  leurs  fonctions.  Pour  ces  recher- 
ches, il  est  recommandéde  tenir  compte  des 
documents  financiers  et  des  lettres  de  noti- 
fication adressées  aux  cours  supérieures.) 

5°  Signaler,  dans  les  archives  et  biblio- 
thèques, les  pièces  manuscrites  ou  les  im- 
primés rares  qui  contiennent  des  textes  iné- 
dits ou  peu  connus  de  chartes  de  commu- 
nes ou  de  coutumes. 

(Communiquer,  s'il  y  a  lieu,  des  reproduc- 
tions photographiques). 

Mettre,  dans  tous  les  cas,  à  la  disposition 
du  Comité  une  copie  du  document»  colla- 


421 


VARIETES. 


45S 


tioDnée  et  toute  préparée  pour  l'impression, 
selon  les  règles  qui  ont  été  prescrites  aux 
correspondants,  avec  une  courte  note  indi- 
quant la  date  certaine  ou  probable  du  docu- 
ment, les  circonstances  dans  lesquelles  il  a 
été  rédigé,  celles  des  dispositions  qui  s'écar- 
tent du  droit  consigné  dans  les  textes  analo- 
gues de  la  même  région,  les  noms  modernes 
et  la  situation  des  localités  mentionnées, 
etc.) 

6*^  Etudier  l'administration  communale 
sous  l'ancien  régime,  à  l'aide  des  registres 
de  délibérations  et  d&s  comptes  communaux . 
Définir  les  fonctions  des  ofliciers  municipaux 
et  déterminer  la  durée  de  ces  fonctions,  le 
traitement  qui  y  était  attaché,  le  mode  d'é- 
lection. 

?•  Indiquer  les  collections  particulières 
renfermant  des  correspondances  ou  des  do- 
cuments relatifs  à  l'histoire  politique,  admi- 
nistrative, diplomatique  ou  militaire  de  la 
France. 

8*^  Indiquer  les  mesures  qui  ont  pu  être 
prises  dans  certains  départements  pour  as- 
surer la  fonservation  des  minutes  notaria- 
les et  en  facilitei*  les  communications  deman- 
dées en  vue  de  travaux  historiques. 

iM"  Rechercher  à  quelle  époque,  selon  les 
lieux,  les  idiomes  vulgaires  se  sont  substi- 
tués au  latin  dans  la  rédaction  des  docu- 
ments administratilB. 

iDépouiller  systématiquement  les  fonds 
d'archives  appartenant  aune  localité  ou  à 
une  circonscription  nettement  limitée, dans 
lesquels  on  peut  constater  la  substitution  de 
la  langue  vulgaire  au  latin,  comme  comptes 
administratifs,  actes  et  sentences  judiciai- 
res, délibérations  municipales,  minutes  no- 
tariales ou  autres  documents  officiels. Etablir 
à  quoUedate  la  substitution  s'est  opérée  dans 
ces  diverses  catégories  de  pièces.  Distinguer 
aussi  entre  l'emploi  de  l'idiome  local  etcelui 
du  français,  et  fixer  à  quelle  date  le  second  a 
remplacé  le  premier.  Dans  les  territoires 
qui  ont  appartenu  successivement  à  des 
Etats  différents,  indiquer  la  corrélation  ou 
Tabsencade  corrélation  entre  les  les  idiomes 
employés  et  les  régi  mes  politiques). 

lu*  Etudier  quels  ont  été  les  noms  de  bap- 
tême usités  suivant  les  époques  dans  une 


localité  ou  dans  une  région  :  en  donner,  au- 
tant que  possible,  la  forme  exacte  ;  recher- 
cher quelles  peuvent  avoir  été  l'origine  et 
la  cause  de  U  vo^ue  plus  ou  moins  longue 
de  ces  dif!érentâ  noms. 

(Dëpouilier  le^  registres  pyroissîaux^  les 
minutes  de  notaires,  les  registres  dos  muni- 
cipalités, ie^  actes  d'assemblées,  les  cadas- 
tres, ou  tout  autre  fonds  d'archives  suffît 
sa  m  ment  abondant,  en  établissant ,  pour 
chaque  époque,  la  proportion  numérique 
des  divers  noms,  celle  des  noms  simples, 
doubles  et  multiples,  celle  des  nojus  em- 
[>ru[ité3  au  patron  de  la  paroisse,  aux  au- 
tres saints  du  diocèse,  au  pays  lui-même^ 
aux  tamilles  princières  ou  seigneuriales  de 
la  région,  aux  courants d^opinion  poIiti<[ue, 
[lUx  modes  littéraires,  aux  souvenirs  patrio- 
tiijues.  Ueclierclier  dans  quelle  proportion 
ont  été  suivis,  selon  les  époques,  les  divers 
usages  consistant  li  donneur  à  l'enfant  le 
nom  du  parrain  ou  celui  de  la  marraînt;, ce- 
lui d^un  ascendant,  etc.  Pour  les  noms 
particuliers  à  une  ré^^ioti  et  peu  connus 
ailleurs,  indiquer  ex  a  de  ment  les  formes  en 
langue  vulgaire  et  eu  latin.  Pour  les  noms 
pris  en  dehors  de  [a  région,  indirfuer  les 
dlttérentes  modilications  de  forme  et  cher* 
cher  l'origine.) 

H*  Sigfïaler  les  travaux  quionttïté  on 
peuvent  être  faits  sur  les  registres  parois- 
siaux antérieurs  à  rétablissement  des  re- 
l^nstres  de  Tétat  civil  ;  indiquer  les  mesurer 
prises  pour  leur  conservation  et  lo  parti 
qu'on  en  peut  tirer  pour  l'histoire  des  fa- 
milles ou  des  pays,  pour  la  statistique  et 
pour  les  autres  questions   économiques. 

{On  I m  u  r ra  i  t  pre  u d re  cora  me  ty  po  1  a  p  u  - 
blication  qui  est  en  cours  des  registres  pa- 
roissauxde  trois  diocèses  bretons.] 

12"  Signaler  les  plus  anciennes  letims 
d'anoblissement  authentiques  remontant  au 
XIV^^  siècle. 

13^  Ktudîer  les  origines  et  T  histoire  des 
anciens  ateliers  typographiques   en  Prant:^, 

(Faire  connaître  les  pièces  d'archives, 
mentions  historiques  ou  anciens  imprimes 
qui  peuvent  jeier  un  jour  nouveau  sur  Li 
date  de  rétablissement  de  rjmprimerîedaus 
chïique  ville  de  France^  sur  les  migratiori^ 


j 


^m 


•t^s' 


r*3  jaUR.^\L   »K^ïïUEL   UE 

despreïiïîerslypofîrjipliçii  et  sur  iea  produc- 
ùowÈ  soriiesde  châ^jue  atelier.) 

lA""  Hechercher  les  docUïreiUs  relatifs  à 
rhîàtoire  dft*  anciennes  bibliothèques. 

15'*  Clicrclier  daits  les  registres  de  déli- 
bémlions  communales  et  dans  les  comptes 
communaux  les  mentions  de  dépenses  rela- 
tives^ à  rinstruetion  publique.  Matières  et 
objet  de  renseignement.  Méthodes  em- 
ployées* 

IQ"  Etudier  laction  des  humanistes  dans 
les  provinces  du  sud-ouest  de  la  France  au 
XV^^et  au  XVP  siècle. 

n^Uecueillirles  renseignements  qui  peu- 
vent jeter  de  la  lumière  suri  état  du  théâtre 
et  sur  la  vie  des  comédiens  en  province  de- 
puis la  r\etmissance. 

18'^'  Enidier  comment  et  sous  quelles  for- 
mes le^  nouvelles  politiques  et  autres,  de 
la  France  et  de  Tét ranger,  se  répandaient 
dans  fes  ditié rentes  parties  du  royaume 
avant  la  hn  lIu  XVIl'  siècle. 

11***  Indiquer  quel  a  été  le  sort  des  archi- 
ves de  Tancienne  intendance  de  Languedoc 
et  du  celle  de  Mon  Eau  ban,  de  manière  ù  en 
reconstituer  Fensemble  et  à  montrer  quelles 
ressources  ce  qui  en  reste  a  pu  fournir  et 
surtout  pourrait  fournir  actuellement  pour 
l'Iiiatoire  de  l'administration  locale  et  des 
rapports  de  cette  administration  avec  le 
pouvoir  royal  ou  avec  les  ministres. 

tJO"  Rechercher,  d  après  un  ou  plusieurs 
exemples  particuliers,  comment  furent  or- 
igan iscs  et  comment  fonctionnèrent  les  as- 
semblées municipales  établies  conformé- 
ment il  redit  de  juin  1787. 

21'  Etudier  les  délibérations  d*une  ou  de 
plusieurs  municipalités  rurales  pendant  la 
Révolution ,  en  mettant  particulièrement  en 
iutnière  ce  qui  intéresse  Thistoire  générale. 

T^^  Etudier,  dans  un  département,  dans 
un  district  ou  dans  une  commune,  le  fonc- 
tionnement du  gouvernement  révolution- 
naire institué  par  la  loi  du  14  frimaire 
au  IL 

23"*  Rechercher  j  d'après  les  documents  des 
archives  départementales  et  communales, 
quelle  fut  laconlributiou  des  départements 
et  des  communes  du  midi  pyrénéen  a  la  dé- 
fense nationale  pendant  ta  Révolution. 


l'acadëmie  nationale.  424 

Section  d'archéologie 

I.  —  Archéologie   préromaine. 

l""  Faire,  pour  chaque  département,  un 
relevé  des  sépultures  préromaines  en  les  di- 
visant en  deux  catégories  :  sépultures  par 
inhumation,  sépultures  par  incinération. 

(Etudier  particulièrement  cette  question 
pour  la  région  du  Sud-Ouest,  en  se  référant 
comme  point  de  comparaison,  à  un  mémoi- 
re sur  les  sépultures  du  Gard  publié  dans 
le  Bulletin  archéologique  de  1898.) 

2^  Signaler  dans  chaque  arrondissement 
les  monnaies  gauloises  qu'on  y  recueille  dis- 
persées isolément  sur  le  sol. 

3^  Etudier  les  monnaies  dites  à  la  Croix 
(imitations  de  Rhoda)  ;  dresser  le  relevé  des 
trouvailles  qui  en  ont  été  faites  ;  détermi- 
ner les  régions  où  ce  type  a  été  imité  et  eo 
classer  les  variétés  et  les  dégénérescences  ; 
préciser  les  limites  géographique  extrêmes 
de  ces  imitations  en  Gaule. 

4**  A-t-ou  trouvé  des  monnaies  d'or  gau- 
loises dans  la  région  comprise  entre  les  Cé- 
vennes,  les  Pyrénées  et  l'Océan  ?  Dresser  le 
relevé  de  ces  découvertes  et  le  catalogue  de 
ces  monnaies. 

5""  Etudier  les  monnaies  ibériques  qu'on 
trouve  au  Nord  des  Pyrénées  et  dans  la 
Narbonuaise,tant  celles  qui  y  ont  été  frap- 
pées que  celles  qui  y  ont  été  importées  par 
le  commerce. 

II.  —  Archéologik  romaine. 

0°  Etudier  les  divinités  pyrénéennes  d'a- 
près les  monuments  figurés  et  les  monu- 
ments épigraphiques.  Signaler  ceux  de  ces 
monuments  qui  seraient encoi^e  inédits. 

7"  Signaler  en  France  et  dans  l'Afrique 
française  les  mosaïques  antiques  ou  du 
moyen  âge  non  relevées  jusqu'à  cette  heu- 
re et  dont  on  possède  soit  les  orginaux,  soit 
d'anciens  dessins. 

(On  conserve  dans  les  musées  de  provin- 
ce des  mosaïques  ou  fragments  de  mosaï- 
ques qui  n'ont  pas  encore  été  signalés  ou 
publiés.  Leur  description  accompagnée  de 
dessins  ou  de  reproductions  photographi- 
ques peut  avoir  un  réel  intérêt  scientifique.) 

8^  Rechercher  tes  centres  de  fabrication 


^^^mm 


425 


VARIKTKS. 


4?C 


la  céraïuiquo  dans  la  Gaule  et  dans  l'Afri- 
que ancienne  ;  voir  si  les  anciens  éublisse- 
roenls  de  potiers  n'ont  pas  survécu  à  Tépoque 
antique  et  persisté  à  travers  le  moyen  âge. 

Dresser  la  liste  des  noms  de  potiers  ins- 
crits sur  les  vases  ou  fragments  de  vases  lam- 
pes et  8tatuettes,conservés  soit  dans  les  mu- 
sées, soit  dans  les  collections  privées. 

9^  Etudier  les  pierres  gravées  inédites  qui 
se  trouvent,  en  France,  dans  les  musées,  les 
trésors  d'églises  ou  les  collections  particu- 
lières. En  faire  connaître  les  sujets,  les  ins- 
criptions, les  dimensions  et  la  matière. 
Comprendre  dans  ces  relevés  les  pâtes  de 
verre  antique  qui  étaient  des  reproduc- 
tions des  pierres  gravées.  Etendre  cette  re- 
cherche au  moyen  âge  et  à  la  renaissance. 

(Cette  étude  devra  éire  accompagnée  des 
empreintes  des  pierres  gravées,de  préférence 
à  des  dessins  ou  à  des  images  quelconques.) 

Ky*  Signaler  les  fouilles  ou  découvertes 
récentes  dans  la  région  du  Sud-Ouest. 

III. — Archéologie   du   moyen  âge. 

Il**  Signaler,  par  département,  les  sour- 
ces ou  les  fontaines  qui  ont  été  au  moyen 
âge  ou  sont  encore  de  nos  jours  un  objet  de 
dévotion  ou  un  lieu  de  pèlerinage.  Indiquer 
le  saint  sous  le  vocable  duquel  elles  sont 
placées,  les  jours  et  les  cérémonies  du  culte 
qui  s*y  pratique,  etc.  Mentionner  les  mon- 
naies et  autres  ex-voto  qui  ont  pu  y  être  re- 
cueillis à  diverses  époques. Examiner  si  ces 
coutumes  pieuses  ne  sont  pas  des  survivan- 
ces antiques. 

i2^  Etudier  les  monnaies  féodalesdu  Sud- 
Ouest  de  la  France,  surtout  à  l'aide  des  docu- 
ments d'archives  ;  faire  connaître  ces  docu- 
ments qui  seraient  inédits  et  les  commenter. 

13**  Etudier  et  décrire  les  poids  des  villes 
du  Midi  de  la  France  au  moyen  âge  ;  re- 
chercher ceux  de  ces  monuments  qui  ne  se- 
raient pas  encore  déposés  dans  des  musées. 

14''  Etudier  et  rechercher  les  jetons  frap- 
pés pour  les  Etats  du  Languedoc. 

15''  Dresser  la  liste,  avec  plans  et  dessins 
à  Tappui,  des  édifices  chrétiens  et  des  mo- 
numents sculptés  d*une  province  ou  d'un 
département  réputés  antérieurs  à  la  période 
romane. 


hi"  Etudier  les  caractères  qui  dîsUnguenl 
les  diverses  écoles  d'à rclii lecture  religieuse 
à  répoque  romane,  en  ^'attachant  à  mettre 
en  relief  les  éléments  constiiutifs  des  monu- 
ments (plans,  voûtes,  etc.). 

(Cette  question,  pour  la  traiter  dans  son 
ensemble»  suppose  une  connaissance  gêné- 
rate  des  monuments  de  la  France,  qui  ne 
peut  s'acquérir  que  par  de  langues  études 
elde  nombreux  voyages.  Aussi  n'est-ce  point 
ainsi  que  fe  Comité  la  comprend.  Ce  qu'il 
désire,  c  est  provoquer  des  monographies 
embrassant  une  circonscription  donnée,  par 
exemple  un  département,  un  diocèse,  un 
arrondissement,  et  dans  lesquelleson  plisse- 
rait en  revue  les  principaux  menu  menu 
compris  dans  cette  circonscription,  non  pas 
en  donnant  une  description  détaillée  de  cha- 
cun d'eux,  mais  en  clierchanL  à  dégager  les 
éléments  caractéristiques  qui  le^  distinguent 
et  qui  leur  donnent  un  air  de  famille.  Ain- 
si, on  rattacherait  à  reconnaître  quel  est 
le  plan  le  plus  fréquemment  adopté  dans  la 
région  ;  ile  quelle  façon  la  nef  est  habituel- 
lement couverte  (charpente  apparente,voù- 
teen  berceau  plein  cintre  ou  brisé,  croisées 
d'ogives,  coupoles!  ;  comment  les  bas  Ciîtoâ 
sont  construits,  s'ils  sont  ou  non  surmontés 
de  tribunes,  s'il  y  a  des  fenélrcs  licluiraru 
directement  la  nef,  ou  si  le  jour  n'entre 
dans  l'église  que  par  les  ienétr(^s  des  bas- 
cûtés  ;  quelle  est  ):t  forme  et  la  position  des 
clochers  ;  quelle  est  la  nature  des  maté- 
rîatïx  employés  :  enfin,  s'il  y  a  un  style  d'or- 
nementation parLtculier,  si  certains  délai  h 
d  ornement  sont  employés  d'une  façon  ca- 
ractéristique et  constante,  etc. 

17"  Rec[ierch6r,dans  chaque  département 
ou  arrondissement,  Iss  monuments  de  Tar- 
chilecture  militaire  en  France  aux  diverses 
époriues  du  moyen  âge.  Signaler  les  docu- 
ments historiques  qui  peuvent  servir  à  en 
déte  rm i  r»er  la  date,  Acco  m  pagner  les  comm  u  - 
ninalions  de  ce  genre  de  dessins  et  de  planai. 

18**  Signaler,  dans  chaque  région  de  la 
France,  les  centres  de  fabrication  de  l'or- 
fôvrerie  pendant  le  moyen  ùge.  Indiquer 
les  caractères  et  tout  spécialement  les  mar- 
ques ei  poinçons  qui  permettent  d'en  dis- 
tinguer les  produits. 


427 


iOORNAL  MENSUEL  N  I'ACADÊMIE  NATIONALE. 


428 


(Il  existe  encore  dans  un  grand  nombre 
d'églises,  principalement  dans  le  Centre  et 
leMidi,  des  reliquaires,  des  croix  et  autres 
objets  d'orfèvrerie  qui  n*ont  pas  encore  été 
étudiés  convenablementi  qui  bien  souvent 
même  n'ont  jamais  été  signalés  à  Tatten- 
tion  des  archéologues.  Il  convient  de  re- 
chercher ces  objets,  d'en  dresser  des  listes 
raisonnées,  d'en  retracer  l'histoire,  de  dé- 
couvrir où  ils  ont  été  fabriqués,  et,  en  les 
rapprochant  les  uns  des  autres, de  reconnais 
treles  caractères  propres  aux  différents  cen* 
très  de  production  artistique  au  moyen  âge.) 

19*  Recueillir  des  documents  écrits  ou 
figures  intéi'essant  l'histoire  du  costume 
dans  une  région  déterminée. 

(Au  moyen  âge,  il  y  avait  dans  beaucoup 
de  provinces  des  usages  spéciaux  qui  in- 
fluaient sur  les  modes.  Ce  sont  ces  particu- 
larités locales  qu'on  n'a  guère  étudiées  jus- 
qu'ici. 11  serait  intéressant  den  rechercher 
la  trace  sur  les  monuments.) 

20*  Signaler  les  ciirrelages  de  terre  ver- 
nissée, les  documents  relatifs  à  leur  fabri- 
cation et  fournir  des  calques  des  sujets  re- 
présentés. 

IV.  —  Archéologie  orientale  et 

HÉBRAÏQUE. 

21*  Rechercher  les  épitaphes,  inscriptions 
de  synagogues,  graffites  en  langue  et  en 
écriture  hébraïques  qui  n'ont  pas  encore 
été  signalés  ou  ont  été  imparfaitement  pu- 
bliés jusqu'à  présent. 

22*  Signaler  et  décrire  les  objets  et  mo- 
numents orientaux,égyptiens,assyriens,etc., 
qui  se  trouvent  dans  les  musées  publics  et 
dans  les  collections  privées  de  la  région  du 
sud-ouest  ;  faire  l'histoire,  et  s'il  se  peut,  le 
catalogue  du  beau  musée  égyptien  de  Tou- 
louse. 

••otion  des  aolenees  économiques  et  tooialet. 

1*  De  la  classification  des  phénomènes  so- 
ciaux. 

2* Des  effets  sociaux  du  baccalauréat. 

3*  Le  régi  me  dotal,  ses  avantages  et  ses  in- 
convénients ;  les  régions  oiiii  prévaut  et  les 
modifications  qu'il  pourrait  comporter. 

4*  Y  a-t-il  lieu  de  modifier  les  dispositions 
u  Gode  civil  et  des  lois  fiscales  qui  gênent 


la  liberté  de  la  composition  des  lots  dans  les 
partages  ? 

5*  Étudier,  en  elle-même  et  dans  les  appli- 
cations législatives  et  pratiques  qui  en  ont 
été  faites  en  France  et  à  l'étranger  la  ques- 
tion du  warrantage  des  récottes. 

6*  Exposer  dans  quelle  mesure  et  sons 
quelles  conditions  il  est  permis,  en  France 
et  à  rétranger,  d'employer  les  tonds  et  U 
fortune  personnelle  des  caisses  d'épargne  à 
la  construction  d'habitations  à  bon  marché. 

7*  Exposer  l'étendue  des  pouvoirs  exercés, 
dans  le  Languedoc,  par  l'intendant  de  justi- 
ce, police  et  finances,  notamment  en  cequi 
concernait  ses  rapports  avec  les  États  de  la 
province. 

8*  Étudier  l'étatde  la  population,  les  nais- 
sances, les  mariages,  les  divorces  et  les  mi- 
grations dans  une  commune  de  France,  pen- 
dant la  période  révolutionnaire  fl7S9  à  1801). 

9*  Rechercher,  dans  une  région  delà  Fran- 
ce,quet  a  été,  depuis  le  xv* siècle,  l'effort  de 
la  population  rurale  pour  acquérir  la  terre. 

10*  Étudier,  dans  une  ville  ou  dans  une 
commune,  les  changemenf  s  survenus  dans  le 
taux  des  salaires  d'une  certaine  branche  du 
commerce  ou  de  l'industrie  depuis  1850. 

llo  Quelles  sont  les  charges  comparées  de 
la  fortune  mobilière  et  de  la  fortune  immo- 
bilière en  France  ? 

12*  De  l'influence  que  certains  impôts 
peuvent  exercer  sur  le  développement  delà 
population. 

13*  Étudier,  d'après  un  exemple  particu- 
lier, le  fonctionnement  d'une  administra- 
tion de  district  dans  le  midi  de  la  France 
(1790-r/95). 

14*  Esquisser  l'histoire  d'une  école  cen- 
trale, d'un  lycée  oud'un  collège  communal. 

15*  Retracer,  au  point  de  vue  économique 
et  juridique,  l'histoire  d'une  exploitation 
minière  dans  Taiicienne  France. 

16*  Étudier  le  commerce  des  métaux  pré- 
cieux et  la  circulation  métallique  aune  épo- 
que précise  ou  dans  une  région  déterminée 
de  la  France,  avant  1789. 

Seotion  dea  aoionoea. 

1*  Des  gisements  de  phosphate  de  chaux. 
Fossiles  que  l'on  y  trouve. 


j 


429 


2*  Minéraux  que  Ton  rencontre  dan»  la 

région  pyrénéenne.  Examen  spécial  des  gi* 

seroenU  de  ces  minéraux. 

3^  Élude  des  sources  thermales  françaises. 

4''  Du  mode  de  remplissage  des  cavernes. 

5"*  Régime  des  cours  d'eau.  Inondations  ; 

alluvions. 

6*"  Recherche  de  documents  anciens  sur 
les  observations  météorologiques  en  France 
et  sur  les  variations  des  cultures. 

l*"  Agriculture  dans  le  sud-ouest  de  la 
France. 

8*"  Répartition  des  Salmonidés  dans  le  bas- 
sin de  la  Garonne. 

9^  Monographies  relatives  à  la  faune  et  à 
flore  des  lacs  français. 

lO"*  Faune  et  flore  des  eaux  souterraines. 
IP  A  quelles  altitudes  sont  ou  peuvent 
être  portées,  dans  les  Pyrénées  et  le  Massif 
central,  les  cultures  d'arbres  fruitiers,  de 
prairies  artiflcielles,  de  céréales  et  de  plan- 
tes herbacées  alimentaires  ? 

12*  Photographie  des  parties  invisibles  du 
spectre.  Résultats  obtenus  et  proposition  de 
méthodes  nouvelles. 

13*  De  l'action  des  différents  rayons  du 
spectre  sur  les  plaques  photographiques 
sensibles.  Photographie  orthochromatique. 
Plaques  jouissant  de  sensibilité  comparable 
à  celle  de  l'œil. 

14*  Recherches  relatives  à  l'optique  pho- 
tographique et  aux  obturateurs. 

15*  Recherches  sur  la  préparation  d'une 
surface  photographique  ayant  la  flnesse  de 
grain  des  préparations  anciennes  (collo- 
dion  ou  albumine)  et  les  qualités  d'emploi 
des  préparations  actuelles  au  gélatino-bro- 
mure d'argent. 

16*  Étude  des  réactions  chimiques  et  phy- 
siques concernant  l'impression,  le  dévelop- 
pement, le  virage  ou  le  fixage  des  épreuves 
négatives  et  positives.  Influence  de  la  tem- 
pérature sur  la  sensibilité  des  plaques  pho- 
tographiques, leur  conservation  et  le  déve- 
loppement de  l'image. 

17*  Études  astronomiques  et  météorologi- 
ques par  la  photographie. 

18*  Recherches  sur  les  méthodes  micro- 
photographiques ;  applications  notamment 
aux  études  histologiques  et  médicales. 


VARIKTBS.  #9 

19<^  Perfectionnements  à  apporter  aux  mé- 
thodes stéréoscopiques  . 

20*  Les  sdnaloria d'altitude  elles  sanato-^ 
ria  marins. 

21*  De  la  constitution  chimique  et  micro- 
graphique  de  l  air  Jors  des  épidémies. 

22*  Des  moyensde  cantrôle  pouvant  as- 
surer la  salubrité  et  T innocuité  des  substaD" 
ces  alimentaires. 

23*Deractinoraycose,  sori développement 
et  les  divers  traitemeols  de  celle  maladie. 

24*  Des  épidémies  d€  peste  otdeâ  mesu- 
res prophylanliques* 

25*  Des  moyens  les  plus  pratiques  d'à  a* 
surer  la  désinfection  dans  les  petites  loca- 
lités et  les  campag^nes  à  la  suite  des  mala- 
dies infectieuses, 

26*  De  la  survivance  de  la  lèpre  dans  la 
région  pyrénéenne.  Modalité  sous  laquelle 
elle  se  présente. 


Section  de  géographie  htetorî^fue  «t 
detcrfptive. 

1*  Signaler  les  documents  géographiques 
manuscrits  les  plus  intéressants  textes  et 
cartes)  qui  peuvent  exister  dans  les  biblio- 
thèques publiques  et  les  archives  dépari e- 
mentales^  communales  ou  particulières  du 
Sud-Ouest  de  la  Krance.  —  Inventorier  les 
cartes  locales  anciennes,  manuscrites  et  im- 
primées ;  cartes  de  dioDèse,  de  provinces^ 
plans  de  villes /etc. 

2*  Faire  connaître  les  procédés  employés 
par  les  anciens  géographes.  Mode  de  pro- 
jection ;  graduation  ;  trait^  écriture,  teinte 
des  cartes  ;  échelles  ;  roses  des  vents  ;  \\{^\i- 
ré  des  reliefs  ;  morle  d'impression,  6tc> 

3*  Dresser  des  cartes  montrant  la  distri- 
bution géogi'aphiqua  des  dépôts  alluviaux, 
cavernes,  abris  sous  roches,  etc.»  du  Lan- 
guedoc ayant  renfermé  d^  restes  de  Tliom- 
me  à  l'épociue  ijuartenaire  ou  des  statioiï^, 
ateliers,  monuments  funéraires,  etc.,  de 
Tâge  delà  pierre  polie i  de  T^ge  du  bronsc^ 
ou  de  l'â^e  du  ter  de  la  même  région. 

4* Rechercher  les  noms  de  lieux- dits  don- 
nés aux  oppidums  et  aux  localités  contenant 
des  vestiges  d'habitations  antiques,  alin  Je 
voir  s'il  n'y  en  aurait  pas  qui  rappelleraieMi 
des  dénominations  d  origine  ibérique. 


431  JQtMJVAL  MENSUEL  DB 

5*  Déterminer  les  linaites  et  dresser  des 
cartes  des  ancieiHies  circonscriptions  diocé- 
saines, féodales,  adminiâtratives,  etc.,  de  la 
région  du  Sud-Ouest  de  la  Fiance. 

6**  Compléter  'a  nomenclalure  des  noms 
de  lieux  en  relevant  le^  noms  donnés  par 
les  habitants  aux  divers  accidents  du  sol 
(montagnes,  cols,  vallées^  etc.),  et  qui  ne 
tigurcnt  pas  sur  les  carte.s. 

7*  Rechercher  les  lormes  originales  des 
noms  de  lieux  et  les  comparer  à  leurs  or- 
tlio^Taphes  oflici elles  (cadastre, carte  d'état- 
ma]oi%almanach  des  posles^cachets  de  mai- 
rie, etc.] 

8*  Voies  anciennes  à  travers  les  Pyrénées 
(roules  dt;  cura  mu  uication.  routes  de  pèle- 
rinage ci  chemins  de  transhumancei. 

9'  Etude  particulière  de  la  région  des 
Gausses,  avens,  grotles,  cours  d'eau  souter- 
rains, etc. 

10'  Recherches  sur  les  placiers,  les  mo- 
raines elles  lacs  de  la  région  pyrénenoe.  — 
Formation  des  ciiques. 

11"  Altitude  maximum  des  centres  habi- 
tés^ depuis  les  it^mps  les  plus  anciens,  dans 
les  Pvrénérs. 


L'âCADÊMIE  NATIONALE.  432 

12*  Recherches  sur  les  marées  du  Golfe 
de  Gascogne.  —  Courants  littoraux,  leur 
force  et  leur  direction  pendant  les  périodes 
de  calme  et  de  coup  de  vent. 

13*  Modifications  anciennes  et  actuelles 
des  côtes  du  Golfe  de  Gascogne.  —  Forma- 
tion des  dunes  et  des  étangs  littoraux.  — 
Landes,  forêts  sous-marines,  etc. 

H^Délimiter  comparativement  une  forêt  de 
France,au  moyen  âge  et  à  Tépoqne  actuelle. 

l&*  Etude  hydrographique  du  bassin  delà 
Garonne.  —  Tracé  et  régime.  —  Donner  en 
particulier  les  raisons  du  tracé  des  cours  su- 
périeur de  TAriège  et  de  celui  du  Tarn 
dans  la  traversée  des  Causses. 

lO"  Causes  de  la  dissymétrie  du  profil  des 
vallées  des  aflQuents  de  la  Garonnne  qui 
coulent  sur  le  cône  de  Lannemezan. 

W  Signaler  les  progrès  accomplis  dans 
l'étude  géographique  des  colonies  françai- 
ses ou  des  pays  de  protectorat. 

18<^  Biograpliies  des  anciens  voyageurs  et 
géographes  français. 

19^  Missions  scientifiques  françaises  à  fé- 
tranger,  antérieures  à  la  création  des  Archi- 
ves des  missions  scientifiques  et  littéraires. 


NÉCROLOGIE 


*^.  A,   HARDON 

Nous  avons  le  profond  regret  d'enregis- 
trer leilécès  prématuré  de  M*Alphonse-Eu- 
gène  Hardoih,  pi'ésid<^nl  de  notre  Comité 
d'Agriculture  et  membre  de  notre  Société 
depuis  1876,  mort  le  21  août  dernier,  en 
son  château  de  Courquetaine  (Seine-et-Mar 
nejjà  l'âge  de  40  ans. 

M.  Hnrdon  était  ingéEïieur  des  arts  et  ma- 
Jiufactures,  membre  du  conseil  supérieur 
de  l'agricullurej  secrétaire  général  honorai- 
re de  la  société  des  viticulteurs  de  France, 
ancien  conseiller  général  de  Seine-et-Mar- 
ne^ président  de  la  délégation  cantonale  de 
Tourna ïij  maire  de  la  commune  de  Cour- 
quetuiiie,  chevalier  de  la  Légion  d'honneur, 
officier  d'Académie  et  chevalier  du   Mérite 


Propriéiaire  d'un  grand  domaine  agrico- 
le dans  le  département  de  Seine-et-Marne 
et  de  vastes  vignobles  dans  le  Midi  de  la 
France,  M.  Hat*don  dirigeait  lui-même  ses 
exploitations,  y  appliquant  d'une  façon  su- 
périeure toutes  les  données  des  sciences 
agt*OQomiques  qu'il  possédait  au  suprême 
degré.  Les  plus  hautes  destinées  semblaient 
réservées  à  M.  Hardon,  en  tant  que  repré- 
sentant du  monde  agricole  ;  mais  le  destin 
n'a  pas  permis  Taccomplissement  de  ces 
destinées,  et  c'est  au  moment  du  plein  épa- 
nouissement d'une  carrière  déjà  si  brillante 
dans  le  passé,  que  la  mort  est  venue  la  briser 
d'une  façon  aussi  brutale  qu'inattendue  ! 

Nous  adressons  à  la  famille  de  M.  Hardon 
riiommage  de  nos  plus  respectueuses  con- 
doléances. 


agricole. 

Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Chef,  Eugène  THIÉRY 

CLEllMONt  (Oliii;)i   -   IMPRIMEniE  DAIX  FRÈRES,  PLAGE  SAINT-ANDRÉ,  3. 


JOURNAL     MENSUEL 


DE 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 

AftfilCOLE,  HANUFACTIIRIME  ET  COllEfiCliLE 


es*  Annàe.  -  OCTOBRE  1898, 


SOMMAIRE 

AGRICULTURE.  —  La  rfcoTu  du  ble  en  France.  —  Moy«ni  de  rendre  àU  propfiifU  sja  vaTeur  et  iefl  r<vciiu«  à'êu- 

Treroî^,  ^:um)iaL]iiiL-uiiûn  Je  M.  J«an  Lefor««t{«r» 
DISTINCTIONS  HONORlFlOtlES  aoci^rdéH  aux  MviTibrei  ila  l'Aûadémla  Nation Bla. 
INDUSTRIE'  —  Vnirurc^  uutoiimbik!(.  de  MM.  Brouhot «t  CJa.  u  Vier,£OEi  ^Chcrj.  -~  Lb  locomolive  éîrclriqa«t  avi!»- 

terne  Mailman,  —Le*  vJitmiri*  de  1er  à  crémaUkMeH  —  Le^  tuv^ges  âû  puiis  nriéHen  ea  ALgérû. 
EXtKlSITIONS  ET  CONCOURS.  —  EtposUion  de  1900.  (Renseîgncmcnis  divers.)  —  Exposition  de  Dïjun.  —   Ex- 

po»ition  Je  Kochefori.  (SFir;i*H/ 
PRODUITS  ALIlilENTAmES.  —  Lu  Hqiieur  CAjr/rvN.Ti% 
COStlHCflCE.  —  Le  commerce  exiL-rieur  de  lu  fraakie  en  uoûL.  ^—  Le  commerce  eilèrieur  de  \i  Siiiasc.^  —  Le  coiii- 

mcrcc   delà  République  Argentiav^  en  1897. 
BIBLIOORAPHIE.  ^  Les  Sfarqtti^x  françaiseit. 


AGRICULTURE 


LA  RECOLTE  OU  BLE  EN  FRANCE 

Le  Bulietin  des  Halles  a  publié  son  eati- 
mation  de  la  recolle  du  blé  en  France  et 
dans  le  monde. 

Pour  la  France,  notre  confrère  évalue  la 
récotte,  cette  année,  à  123.415.800  hecLoli- 
tres,  crjnlre8.S.rj5fî.8O0  hecLoIitrea  en  1807, 
ctiilîres  orïiciels  provisoires  ;  c'est  donc  unfî 
augmentation  de  31. 35H. 910  hectolitres  sur 
Tan  née  dernière  et  de  17. 184. Or*t?  hectolitres 
sur  la  dernière  production  moyenne  décen- 
uale,  qui  est  de  105,030,8 18  hectolitres.  Le 
poifls  spécitique  moyen  élant  de  76  kilog. 
IjO,  le  rendement  en  poids  ressort  ù  94,980. 
7l»(t  quifitaux,  qni,  au  taux  d'extraction  dtî 
70  0;o,  donnent  Oti.lS(î,530  fjuintaux  do 
fariuc. 

D'autre  part,  notre  confrère  évalue  la  pro- 
duction dans  le  monde  à  957,400.000  hec- 
tolitres contre  81 1^, 800.000  hectolitres  Tan 


ticrnierf  soit  une  augtnentation  de  144  mil- 
lions 000.000  hectolitres.  Les  importation.^ 
universelles  étant  estimées  ù  140,800.rïûO 
hectolitres  et  les  exportations  à  195.5u0.Û00 
hectolitres^  il  y  aurait  par  suite,  dans  le 
mouvement  général  du  blé,  pendant  la  cam- 
pagne actuelle,  une  balance  en  faveur  des 
exportations  de  54.700,000  hectotitreSi  dont 
la  majeure  partie  servira  à  reconstituer  les 
stocks  généraux  très  épuisés  partout  k  la 
S'jîte  de  la  récolte  déficitaire  de  Tan  dernier. 

Un  autre  journal  spécial  le  Marché  fran- 
çais a  évalué  la  recolle  du  blé  en  France  a 
140,550.000  hectolitres.  Mais  cette  évalua- 
tion ^  semble  fortement  exagérée,  malgré 
Taccroissement  reconnu  dans  les  étendues 
de  terrains  cultives  en  blé. 

Enfin,  de  son  côté,  te  ministère  de  lagri- 
culture  a  publié  postérieurenieul  l'évalua- 
tion ofllcielle  de  la  récolte  de  blé,  se  résu- 
mant dans  les  chitfres  suivants  : 


435 


SuperJkic  ensemencée,  m  hectares*, .       «ï,8â2,r>S0 
\    Kn  liprtolitrei* UlM:M),2iù 


JOUANAL  HENSVEL  DE  L'ACADEMIE  NAnONALE.  436 

laire,  lequel  ne  sait  plus  commeot  en  tirer 


Hendemonl 


I    Kn  ijuidlniîx.., 100.106. lîa 


On  voit  que  Veslimalion  de  13L050.220 
hectolitres  constitue,  sinon  une  moyenne, 
du  moins  ;;n  chilfrfs  intermédiaire  enJre 
Kevaluation  du  BuUetindcs  Hailes  et  cf*Uc 
d  u  Ma  rch  éft  a  n  ça  is , 

U  ressort,  dans  tous  les  cas,  de  toutes  ces 
ëvHh'âtions^  que  la  récolte  de  lilé  de  catte 
année  peut  vire  regardée  comme  très  satis- 
faisante. 

Ubservon*  aussi  que  le  ministère  de  l*a- 
gricutture  admet  pour  cette  anirée  un  ren- 
dement moyen  par  hectare  de  10  hectolitres 
10,  et  un  poids  moyen  d  environ  77  kilog. 
pour  riiectoljtre. 

Le  rendement  moyen  par  hectare  n'avait 
été  évalué  qu'à  13  heciolitres  20  Tannt'e 
dernière. 

nappelonsqtie.pourlesquaue  années  pré- 
cédentes, les  slatiâtiqu  es  orijcielles  du  minis- 
tère de  fagrfculture  admettent  comme  dé- 
liai  tifs  les  chitfres  suivants: 

^IWcoJti". 


IS37- 


imt. 


0.f*S3.77fi        R1.1.IKKI.QS8 

7.00l,6t!y      JI&.&37.745 
^ï-g-.!  1.441*      U^.*i0,ÏO7 


lï2.60e.743 
ï^i.4^3.69e 
î*3j>71.45'J 


MOYENS    DEPENDRE  A  LA  PROPRIÉTÉ 

SA  VALEUR 

ET  SES  REVENUS  D  AUTREFOIS 

Communication  de  M.   Jean  Li'foiïkstiï^ir, 
tu  Journal  de  l'Agriculture. 

Depuis  lon^^lempsj  Tagricullure  est  en 
souffrance,  et  un  relèvement  suffi  San  test  près* 
que  impossible.  Les  moyens  faciles  de  com- 
munication qui  constiluent  aujourd'hui  le 
marché  européen  en  arrêtent  raction,et  il  en 
résulte  qu'un  cerlain  nombre  de  nos  ter- 
res, qui  Tte  sont  que  de  deuxième  qualité, 
restent  sans  culture,et  perdent  leur  valeur  ; 
si  bien  que  la  propriété  n'est  plus  aujour- 
d'hui qu'une  lourde  charge  pour  le  proprié- 


parli. 

Il  est  aujourd'hui  impossible  de  cultiver 
avantageusement  les  céréales  sur  nos  peti- 
tes terres  en  raison  du  rendement  insufli- 
sant.  Cest  pourquoi  nous  ne  trouvons  que 
bien  difficilement  des  fermiers,  qui  ne  nous 
offrent  pas  toujours  la  sécurité  demandée. 
Il  ne  faudrait  pas  croire  cependant  que 
ces  terres  sontdénuées  de  tout  rapport,  elles 
ont  leurs  propriétés,  et  c'est  à  l'homme  de 
savoir  reconnaître,  utiliser  celles-ci,  et  non 
de  persister  à  les  livrer  à  une  culture  qu'el- 
les ne  peuvent  produire  que  bien  médiocre- 
ment. 

Autrefois,  temps  qui  n'est  pas  bien  recu- 
lé, toutes  ces  petites  terres  étaient  boisées, 
en  mauvais  boisements,  il  est  vrai  ;  ce  a  est 
que  dans  les  trente  premières  années  de  ce 
siècle,  époque  à  laquelle  Tagriculturc  com- 
mençait à  devenir  florissante,  qu*on  remit 
ces  terres  en  culture.  Celles-ci,  par  suite 
d'un  long  repos,  et  avec  la  grande  quantité 
d*humus  que  ces  boisements  lui  avaient 
fournie,  devinrent  des  terres  de  grandes 
productions,  mais  aujourd'hui  leur  épuise- 
ment est  si  grand  qu^elles  demandent  à  re- 
tourner en  boisements  pour  se  reposer.  Cet- 
te situation  est  tellement  généralisée  qu'en 
date  du  4  mars  dernier,  la  Société  desagri- 
culteui*s  de  France,  en  séance,  a  rédigé 
une  adresse  demandant  au  gouvernement 
que  toutes  les  terres  non  en  culture  soient 
totalement  dégrevées  d'impôts.  C*est  bien, 
mais  cela  ne  peut  que  les  discréditer,  et  ne 
tour  donne  pas  les  éléments  de3  revenus 
que  nous  désirons. 

C'est  à  partir  de  ce  moment  que  com- 
mença la  désertion  ouvrière  de  niî  c»  m- 
munes  rurales,  dont  la  cinquième  partie 
de  la  population  était  occupée  pendant  les 
SIX  mois  d'hiver  à  Tentretien  et  à  l'exploi- 
tation de  ces  bois,  et  le  reste  de  l'année  au 
travail  des  champs.  Les  bois  ayant  disparu, 
la  situation  est  changée  et  les  ouvriers  se 
sont  vus  obligés  d'émigrer.  Mais  le  jour  où 
ion  aura  reconstitué  intelligemment  des 
boisements  franchement  rémunérateurs,  et 
j'ai  la  prétention  d'en  donner  les  moyens 
efficaces,  une  grande  partie  de  ces  familles 


437 


AGntr.ULTnni?, 


seront  heureuses  de  rentrer  aux  vieux  fo* 
yers  de  leurs  pères,  où  elles  trouveront 
physiquement  et  moralement  un  bien-ôtre 
supérieur  à  celui  des  villes  et  des  faubourgs, 

Pour  rétablir  réellement  la  situation, 
pour  relever  la  propriété  à  son  ancienne 
hauteur,  il  faut  donner  à  ces  terres  les  élé-* 
ments  nécessaires  à  leurs  convenances,  sui- 
vant la  nature  du  sol,  afin  qu'elles  nous 
produisent  des  revenus  importants  et  sûrs, 
fixés  sur  une  base  sérieuse.  Puis,  lorsqu'on 
aura  obtenu  d'elles  ces  avantages,  nous  pos- 
séderons une  grosse  richesse. 

J'afBrnle  que  seule  la  culture  forestière 
doit  être  utilisée  dans  nos  terrains  de  deu- 
xième qualité.  Je  veux  parler  d'une  cultu- 
re forestière  bien  comprise,  bien  établie, 
bien  administrée,  constituée  essentielle- 
ment de  bois  propres  à  l'industrie,  de  ven* 
te  facile,  élevés  en  lutaie.  C'est  là  le  vrai 
moyen  eilicace  de  relever  la  propriété  et  se^ 
revenus. 

Il  est  vrai  que  rétablissement  d*un  boise- 
ment  bien  constitué,  bien  planté,  suivant  la 
demande  du  sol,  est  coûteux  à  établir  ;  il 
est  encore  vrai  qu'il  fdut  attendre  quinze 
ans  pour  en  toucher  les  premiers  revenus. 
Mais  une  fois  là,  on  a  un  capital  de  haute 
valeur  et  des  revenus  proportionnels  que 
rien,  absolument  rien,  ne  peut  altérer  pen- 
dant une  période  de  cent  trente  à  cent  cin- 
quante ans.  C*est  ainsi  qu'un  chef  de  famil- 
le peut  assurer  à  sa  génération  une  fortune 
positive. 

Cette  culture  s'impose  aujourd'hui,  non 
seulement  en  raison  de  notre  situation  agri- 
cole, mais  aussi  parce  que  nos  forêts  de 
r£tat  s'épuisent  bien  sensiblement,  etbien* 
Uît  elles  seront  dépourvues  de  bois  propres 
à  l'industrie.  Il  en  est  de  même  des  boise- 
ments particuliers.  Cela  est  si  vrai,  qu'au- 
jourd'hui les  principaux  industriels  fran  - 
çaia  vont  s'approvisionner  à  l'étranger,  en 
Allemagne  particulièrement,  pour  les  bois 
d  acacia,  Jusqu'aux merrains  que  la  tonnel- 
lerie bordelaise  va  chercher  en  Autriche. 

En  France,  nous  n'avons  pas  l'amour  de 
celte  belle  et  fructueuse  culture,  le  peu  de 
boisement  qui  existe  est  fait  sans  discerne- 
ment, sans  principe)  sans  direction,  en  ne 


tenant  aucun  compte  de  la  valeur  du  pro- 
duri  du  ne  cf^sence  comparée  û  one  autre 
et  dfâ  résnkats  qu  on  peut  en  obtenir.  On 
ne  connaît  pfis  l'importance  d'une  planta- 
tion correctement  faite  sans  nudité. 

On  pface  un  plant  en  terre  sans  aucun 
préparatîf,  puis  on  Tabandonne  h  lui-mil^me* 
Aucune  main  înlelligente  n  est  là  pour  Tai- 
'3cr  à  se  développer,  si  ce  n^e^l  celle  du 
bûcheron  rjui  vient,  par  un  recépoge  des  plus 
défectneux,  retirer  le  maître  produit  de 
i(uîii/c  ou  dix-huit  années  do  vëgélation. 
Voilà  où  l'on  en  est  encore  sur  la  cullure 
forestière. 

r.es  bafsement*  corr^^ctemont  hiH  en  es» 
sGUf^ea  propres  à  rimlustrie  sont  des  plus 
remnnéraleurs  et  des  plus  agréables.  Une 
fois  formes,  ils  viennent  seuls,  sans  qu'au- 
cun imprévu  fâcheux  ne  puisse  surgir,  et 
on  a  l'avantage  de  se  constituer  de  belles 
chasses.  C'est  une  question  qui  doit  non 
seulement  attirer  rattention  générale,  mats 
aussi  intéresser  directement  tous  les  pro- 
priétaires de  terrains  de  qualité  inférieure^ 
devenus  aujourdliui  sans  valeur  et  sans 
revenus. 

De  tontes  les  bonnes  essences  forestières 
(|oe  nouîs  pouvons  cultiver  avantageusement 
pour  rindustrie^letles  que  lediéne,  Torme, 
i^érable,  Tacacta,  le  çlaâtaignerJefrêneJe 
peuplier,  c'est  incontestablement  J'Bcacia 
commun  {Robi nia  ps0ud0-acacia\  qui*  éle- 
vé en  futaie,  nous  donnera  les  meilleurs  ré- 
suUatâ.  AvecccUo  essence,  quoi  qu'il  arri- 
ve, on  n  aura  jamais  de  mévente,  et  on 
peut  baser  son  revenu  moyen  à  15  fK)ur  100^ 
comme  Je  le  démontre  plus  loin. 

L'acacia  a  Tavantaged  étroun  de  nos  plus 
vigoureux  forestiers,  dénuéiiotoulessuscep- 
tibilités  ;  c'est  le  plus  beau  et  le  plus  dur  de 
nos  boi^  d'industrie,  sans  aubier,  des  plus 
résistants  à  l^iumidilé,  entièrement  fart  à 
Tûge  de  15  k  18  ans,  époque  à  laquelle  il 
rloit  être  recépé,  tandis  qu'il  faut  au  cliétie 
70  à  80  ans  pour  acquérir  toutes  ses  quali* 
lés. 

L'acacia  est  très  reclierclié  et  à  des  prix 
élevés  pour  1  e  e h  a  r l'O  n  ri  a ge  e t  la  ea r rosier ie , 
pour  le^  tourneurs,  pour  le:^  treillages  et  po- 
teauiL^  pour  l'éclialas^^emeot  de  nosvignO" 


439  lOCRNAL  MKNSUKL  M 

bles,  et  quand  nous  le  posséderons  en  quan- 
tité, il  remplacera  avantageusement  le  chê- 
ne sur  nos  voies  ferrées,  dans  tous  nos  tra- 
vaux hydrauliques,  et  il  pourra  nous  pro- 
duire d'excellants  merrains. 

Daprès  mon  principe,  qui  est  des  plus 
pratiques,  les  plantations  forestièresdoiveQt 
être  faites  sur  de  bons  alignements  et  espa- 
cés les  uns  des  autres  sur  toutes  faces  de 
Im.  00,  soit  environ  4,000 pieds  à  lliectare^ 
c'est  ladistance  nécessaire  pour  de  sembla- 
bles boisements. 

Les  plants  destinés  à  ces  plantations  doi- 
vent être  d'un  choiiL  spécial,  plant^U  dans 
des  trous  faits  k  Tavance  de  0  m,  40  au  car- 
ré sur  Om.  oOde  profondeur,  û  la  condition 
toutefois  que  le  sol  le  permette,  car  il  serait 
préjudiciable  de  fouiller  un  mauvais  sous- 
soL  Si  la  plantation  a  été  ititellf^'^mment 
faite  en  temps  et  moments  favorables  au  sol, 
si  les  plants  n'ont  uu  ii  supporter  aucune 
avarie  depuis  le  moment  de  la  dcplanlation 
jusqu'à  celui  de  la  plantation,  la  réussite 
est  assurée  pour 00,  sinon  pour  TPapour  IOi>. 

Je  vais  main  tenant  démontrer  les  résul- 
tais pratiques  de  cequo  j'avance  par  l'exem- 
ple d'un  placement  dotal. 

L'LicqulsîUon  rt'uno  terre  ou  d  une  fer- 
ïiie^  d'ime  corUi^nancii  de  jO  tieotar^'S 
est  fîiitt*  nujourd'kuL  dans  1h  pLupiirt 
des  dt'parkrmenlsaa  prix  maximum  di?      35.000 

Frais  f^i'ïiéraiix  pour  y  ranstituer  un 
boisemt^nt  curt'ectemeiU  fait  et  mis  eu 
futnii^  iucfuel  coûterait  (tfaraulie  i/n 
maiuj  J.OOO  fr,  l'hectare 50  000 

Jnti'iVI^  à  4  %  pondant  15aus  du  lu 

somme  de  ^5.000  fr. âl .000 

La  propHt'léT  jiistjtraa  Jour  de  sa 

production,  eoiMe  :  13iï.00i> 

U  n'est  pas  question  d'imputs.  puisque 
Us  terrains  boisés  sont  dégrevés  pendant 
trente  ans. 

Suivant  ma  culture  simple  et  pratique, 
qui  consiste  à  recéper  en  temps  voulu,  et  à 
laisser  au  moment  de  la  végétaiion  sur  cha- 
que pied  coupé  une  ou  de^ux  tiges,  suivant 
sa  force,  on  aura  sur  cette  propriété  une 
moyenne  de  300 ^ÛW  arbres  en  beau  bois 
d'industrie  dont  Texploitation  n'est  pas  dé- 
saiïréablc,  puisqu'il  est  enlevé  en  grumes. 


L'aGADIUiIB  MATIONALK. 


410 


Et  cela  durera  ainsi  pendant  toute  Teiisten- 
ce  de  ce  boisement,  c*est-à-dire  plus  de  cent 
cinquante  ans. 

On  peut  considérer  le  prix  moyen  de  3  fr. 
pour  chaque  arbre  à  l'âge  de  18  ans  ;  mais 
dussioDs*nous  le  réduire  à  1  fr.50run,  soit 
450,000  fr.,  il  ressort  que  noire  propriété, 
qui  nous  revient  aujourd'hui  à  136,000  fr., 
nous  a  produit  en  dix-huit  ans  450,000  fr. 
Il  convient  de  diviser  les  coupes  en  neuf  par- 
ties égales,  si  non  en  dii-huit,  et  nous  au- 
rons tous  les  deux  ans  un  revenu  de  50,000 
k  55,000  fr.,  ou  25,000  à  28,000  fr.  par  au, 
avec  un  capital  de  136,000  fr. ,  que  rien  au 
monde  ne  peut  altérer. 

Viennent  ensuite  les  essences  suivantes, 
qui,  elles  aussi,  constitueraient  de  jolies  fu- 
taies qu'on  pourrait  également  recéper  tous 
les  dix-huit  ans  ;  mais  étant  de  vente  moins 
facile,  elles  sont,  par  ce  fait,  moins  rému- 
nératrices. 

l'our  cent. 

L'Orme  commun,  élevé  en  futaici 

peut  produire 6  à  10 

Le  GhAtaitfiiier,  élevé  en  futaie,  sur 

un  sol  spécial 0  à    7 

Le  Frêne,  élevé  en  futaie,  sur  un  sol 

spécial tî  à    7 

Le  I^euplier,  à  l'Age  d3  40  ans 6  à    7 

L'Erable  commun,  peu  difflcilc  sur 

lu  nature  du  sol 5à    6 

Nos  muuvais  taillis  da  bois  variés, 

produit  moyen 3  ;\    4 

Nos  sapiuières,  sur  un  sol  spécial..  3  à  4 
La  terre  proprement  dite 2  à    2  i,i 

Ces  renseignements  sont  très  exacts .  Il  n*y 
a  donc  que  les  boisements  bien  constitués 
qui  peuvent  relever  la  propriété  et  ses  reve- 
nus. 

De  la  plantation  de  ces  boisements.  — 
Un  propriétaire  pourrait-il  confier  avanta- 
geusement  à  son  personnel  la  direction  de 
la  constitution  d'un  boisement  de  cette  na- 
ture ?  Non,  ce  personnel  ne  sachant  faire 
directement,  il  ne  peut  diriger  favorable- 
ment ;  donc  les  aptitudes  nécessaires  man- 
quant, il  ne  peut  résulter  que  de  grandesdé- 
ceptions  dans  l'ensemble  de  la  réussite  de 
l'opération. 

Une  semblable  responsabilité  ne  peut  être 
confiée  avec  sécurité  qu'à  un  spécialiste,  à 
un  pépiniériste  qui,  par  sa  situation  d'entre- 


411 


AGRIGUUlJliE. 


4W 


preneur  de  ses  plantations,  vous  fournira 
toutesles garanties  nécessaires.  C'est  lui  qui 
saura  faire  le  choix  de  ses  plants  selon  la  de- 
mande du  sol,  c  est  lui  qui  saura  diviser  cor- 
rectement les  alignements,  et  la  distance  éga- 
le que  chacun  de  nos  futurs  arbres  doit  oc- 
cuper ;  c*est  lui  qui,  par  ses  aptitudes,  par 
sa  vigilance,  parses  intérêts  compromis  dans 
Taction,  saura  en  fairela  plantation  en  temps 
et  momeuLs  favorables  à  la  nature  du  sol, et 
qui  saura  semettre  en  garde  contre  les  éven- 
tualités atmosphériques  qui  peuvent  surgir 
pendant  lexécution  des  travaux. 

De  Vabatage  de  nos  bois  tel  quil  se  pra- 
tique, —  J'ai  dit  plus  haut  que  le  recépage 
de  nos  bois  se  faisait  d'une  façon  des  plus 
défectueuses.  En  effet,  le  bûcheron  cx)mmen- 
ce  son  opération  dabatage  au  niveau  du  sol, 
en  dirigeant  sa  cognée  obliquement  et  ainsi 
de  suite  tout  autour  de  larbre.  de  manière 
à  en  retirer  le  plus  de  bois  possible  ;  c'est 
bien  i*avantage  du  marchand,  mais  que  res- 
te-t-il  du  pied  de  cet  arbre  après  lui  ?  Rien 
qu'une  cuvette  qui  reçoit  Teau  tout  Thiver 
et  dont  la  congélation  avec  les  détritus  qui 
s'y  amassent  anéantit  et  fait  périr  les  racines 
du  fond,  c'est-à-dire  les  racines  pivotantes. 
11  en  résulte  qu'au  printempssuivant,  le  pied 
de  ces  arbres  ayant  disparu  ou  à  peu  près,  il 
se  produit  un  maigre  débouché  de  quinze  à 
vingt-cinq  rameaux  provenant  des  racines 
latérales  de  surface,  lesquels  forment  de 
larges  touffes  abandonnées,  dont  on  ne  peut 
retirer  par  la  suite  que  du  bois  de  charbon- 
nage et  des  quantités  de  bourrées. 

Ij^  recépage  de  chacun  de  nos  arbres  doit 
être  fait  en  deux  traits  de  scie  à  0  m.  15  du 
sol,  bien  en  face  Tun  de  l'autre,  de  façon  à 
en  obtenir  une  coupe  propre  sans  éclats.  En 
mars  suivant,  lorsque  nos  coupes  seront  dé- 
barrassées de  tous  bois,  il  est  urgent  de  l'aire 
passer  en  revue  le  pied  de  chacun  des  arbres 
abattus,avec  un  outil  tranchant  quelconque 
pour  nettoyer  le  passage  du  trait  de  scie  sur 
la  bordure  des  écorces  du  périmètre  seule- 
ment, et,  au  printemps  suivant,  on  verra  se 


développer,  sur  chaque  pied  et  non  sur  les 
racines,  douze  à  quinze  jeunes  rameaux  de 
grande  v*igétation  qu'on  laissera  en  toute  li- 
berté d'action  jusqu'en  Juin,  époque  où  on 
devra  pratiquer  rëbourgeoiiiicment. 

Alors,  on  réservera  sur  chaque  pied  une 
ou  liûux  des  plus  fortes  tiges  et  on  suppri- 
mera l'aJicalement  toutes  les  autres.  Au 
moyen  de  cette  opération  en  septembre  sui- 
vant, on  aura  une  nouvelle  génération  de 
jeunes  arbres  en  futaie  d'une  hauteur 
muyenne  de  quatre  mètres. 

Dans  tous  ces  travaux  de  recépage  qui  ce 
font  successivement  tous  les  quinze  ou  dix- 
huit  ans  sur  les  boisements  en  futaie,  les 
plus  grands  ménagements  devront  être  ai>- 
porlês  pour  la  conservation  des  pieds,  des» 
souches  proprement  dites,  car  ce  sont  eux 
qui,  par  de  bons  soins,  fourniront  avec  gé- 
nérosité les  générations  successives  durant 
cent  cinquante  ans  et  plus. 

Pour  bien  en  comprendre  riraporlance, 
comparons  le  pied  de  nos  arbres  aux  fonda- 
tions d'un  édillcc  ;  si  les  londations  $onl 
bonnes  et  bien  entretenues,  rédifice  est  soli- 
de et  durera  longtemps  \  ai  le  pied  de  nos 
arbres  est  bien  établi,  bien  entretenu  après 
chaque  coupe,  Il  nous  donnera  de  bons  ré- 
sultats. 

J  en  conclus qu^après  une  plantation  cor- 
rectement faite  suivant  b  nature  du  sol,  il  en 
est  de  la  culture  forestière  commedela  cul- 
ture fruitière  et  de  la  viticulture  ;  que  1  c- 
bourgeonnement  dont  il  a  été  parlé  ci-^des- 
sus.  fciit  en  temps,  est  imiispensable  :  car 
c'est  lui  le  régulateur  du  travail  qu'il  faut 
imposer  à  chacun  de  nos  sujets  suivant  sa 
force,  et  nous  devons  avouer  tjue  c'est  de  la 
trop  grande  confusionque  nait  tedésordre. 
—  Il  ne  faudrait  pas  croire  que  1  ébour- 
geonnement  indispensable  dont  j'ai  parlé 
soit  onéreux.  Je  lai  beaucoup  fait  et  beau 
coup  fait  faire;  ajournées  d'Iiomnie  à  Thcc- 
tare  m'ont  suHi,  à  4  Traites  par  jour,  soit 
une  dépensa  de  l(j  francs  par  hectare  pour 
chaque  coupe  ;  il  en  est  de  même  pour  le 
nettoyage  du  trait  de  scie. 


% 


443 


JO0iir«AL  MENfl0EL  DB  L' ACADÉMIE  NATIONALE. 


444 


DISTINCTIONS    HONORIFIQUES 
ACCORDÉES  AUX  MEMBRES  DE  L'ACADÉMIE  NATIONALE 


A  l'occasion  cîeVKsposiUon  de  BtuioUcs,  par  décret  en  date  du  23  septembre  1898,    le 
gi^arie  iVOf/lder  du  Mérite  Agricole  a  été  conféré  à  ; 

M,  Simon  (Albert-Eugène, constructeur  de  machines  agricoles  à  Cherbourg,  inventeur  de 
pltisieurs  instruments  afjricoles,  titulaire  de  nombreux  premiers  prix  dans  les  concours. 


INDUSTRIE 


VOITURES  AUTOMOBILES 

de    MM.  BftoittûT  et  Cie,  à  Vierzon  (Cher) 
(Extrait  de  la  Chronique  industrielle r} 

Plusieurs  fois  déjà  nous  avons  eu  Tocca- 
sion  de  parler  d'automobiles,  nous  oonti- 

iiuons  aujourd'hui  Tétude  de  cet  intéres- 
sant et  pour  ainsi  dire  înëpursablo  sujet 
par  la  description  de  la  voiture  de  !a  maison 
HrouboL  et  Cie,  constructeurs  h  Vierxon. 
voiture  dont  îesolémenls  principaux  sont 
représentés  en  plan  par  la  tïgure  ci-après. 
Le  moteur  C  est  un  moteur  ù  pétrole  à. 
ffuatre  temps  et  à  allumage  ëlectrif|ue^  Cous 
les  organes  en  ?ont  facilement  démontables- 
Dans  Taxe  delà  voiture  se  trouvp  le  vo- 
lant V  portant  un  pignon  d'angle  F,  ce  der- 
nier commandant  la  roue  dentée  E  calée 
sur  Tarbre  A.  Un  deuxième  arbre  B  est  pa- 
rallèle au  premier.  Sur  chacun  des  arbres  A 
etBse  trouvent^  montés  fous,  quatre  engre- 
nages ;  ces  engrenages  ont  constamment 
leurs  dents  en  prise  deux  a  deux,  et  le 
moyeu  de  chacun  d*eux  porle  trois  dents 
en  trèfle. 

Entre  2  paires  d'engrenageîs  il  y  a  sur  cha- 
cun des  arbres  un  manchon  glissant  sur  un 
carré  ;  ces  manchons  dépendent  Tun  de 
lautre,  ils  sont  reliés  entre  eux  au  moyen 
d'une  griffe  I  ;  chaque  manchon  porte  à 
chacune  de  ses  extrémités  un  trèfle  corres- 
pondant à  celui  du  moyeu  des  engrenages. 
Pour  embrayer  une  vilessej  il  sufht  de  l'a  ir 


glisser  les  2  manchons  commandéâ  par  une 
même  griffe  de  manière  à  amener  les  trè^ 
fies  à  pénétrer  les  uns  dans  les  autres.  On 
opère  cette  manœuvre  au  mojen  d'uo  seul 
levier  qui  permet  d'obtenir  ainsi  les  qiiat  re 
vitesses. 

Quanta  la  marche  arrière  elle  s'obtient 
au  moyen  de  2  engrenages  J'  et  J"  claveiés 
sur  les  2  arbres  A  et  B  et  n'engrenant  pas 
Tun  avec  Taulre. 

Dans  un  œrl  ménagé  snr  la  traverse  H, pas- 
se un  petit  arbre  qui,  pouvant  glisser  dans 
cette  ouverture,  est  commandé  par  le  levier 
des  changements  de  vitesse  ;  il  suffit  de 
faire  glisser  l'arbre  dans  son  œil  an  moven 
du  levier  pour  amenei*  le  contact  de  J  avec 
J^  et  J". 

A  Textrémilé  de  l'arbre  B  se  troure  le 
manchon  d'embrayage  D  commandé  par 
une  manette  placée  sur  le  même  axe  qae  le 
volant  de  direction  ;  ce  manchon  porte  un 
pignon  conique  6  commandant  G'  daTeté 
sur  l'arbre  S.  Sur  cet  arbre  est  claveté  le 
pignon  droit  T  commandant  Tengrenage  T' 
lequel  est  relié  à  Tessien  W  par  un  joint  à 
la  cardan  ;  grâce  à  cette  disposition  l'essieu 
peut  prendre  toutes  les  positions  sans  que 
l'engrenage  T'  change  de  plan. 

La  position  des  axes  S  et  W  l'on  par  rap- 
port à  Tautre  doit  être  inTariable  ;  pour  ar- 
river à  ce  résultat,  à  rextrëraité  de  Taxe  S 
sont  placées,  en  U  et  U\  deux  bielles  \ dont 
Tune  des  extrémités  est  articulée  autour  de 
l'axe  S,  tandis  que  lautre  extrémité  porte 
un  œil  supportant  un  coussinet  en  bronze 


^^^  INDUSTRIE*  1^ 

à  baîn  d'huile  dans  letfuel  Èourne  Tessieu,   I  deux  tourn)ons  hori/ontaux,  de  cette  façon 
L'œil  de  la  bielle  est  relié  au  coussinet  par  |  la  dialance  dea  axes  S  et  W  ne  peut  varier 


et  lesâieii  peut  prendre  toutes  les  positions 
nécessitées  par  une  marche  sur  route. 
L*6ssieu  d'avant  est  monté  sur  un  ressort 


transversal  et  est  maintenu  en  son  mHteu 
par  tin  tourillon  pouvant  ?e  dépUcer  verti- 
calemenl  dans  une  glissière;  les  deux  extie- 


447  IOUHNaL  ll£NâU£L  DE 

mités  rlu  ressort  ei  de  i  essieu  se  meuvent 
également  dans  une  glissière  ne  permetUnt 
aucun  déplacement  vertical)  do  sorte  que, 
quelle  que  soit  la  forme  du  terrain  sur  le- 
quel le  véliicule  lonctionnera^  les  quatre 
roues  reposeront  toujours  sur  le  sol,  et  il 
ij'yaura  pas  à  craindre  de  déformation  dans 
le  radre. 

Dans  celte  voilure,  le  différentiel  a  été 
remplacé  par  un  système  d  encliquetage 
présentant  toute  sécurité  et  composé  comme 
suit  :  une  couronne  dentée  extérieurement 
lixée  sur  le  moyeu  de  la  roue  et  un  plateau 
lixé  sur  l'essieu  ;  ce  plateau  porte  un  axe 
sur  lequel  est  placé  un  cliquet  a  trois  bran- 
ches, la  branche  du  bas  est  engagée  dans 
un  logement  pratiqué  sur  Tessieu,  Quand 
Tessieu  tourne,  le  cliquet  pivote  autour  de 
son  axe  et  lu  ne  des  branches  du  haut,  soit 
que  Ton  marche  en  avant  ou  en  arrière, 
vient  s'engager  dansVun  dfts  vides  laissés 
entre  chaque  dent  du  plateau  en  enlraînant 
la  roue  dans  le  mouvement  de  rotation. 

Dans  un  virage, la  roue  extérieure  prend 
une  vitesse  plus  grande  ;  la  roue  étant  lui  le 
surlessieu,  le  cUquets'cllacc  jusqu'au  mo- 
ment où»  le  virage  fini,  la  roue  extérieure 
reprend  la  vitesse  de  l'autre  roue  ;  le  cli- 
quet vient  alors  de  nouveau  en  contact  avec 
une  dent  du  plateau. 

Les  freins  sont  placés  sur  une  couronrie 
de  bronze  venue  de  fonte  avec  le  moyeu  ; 
il  va  deux  freins  sur  chaque  couronne, 
deux  sont  commandés  par  la  manette  du 
manchon  d'embrayage  et  les  deux  autres 
par  une  pédale  au  pied  ;  en  agissant  sur  les 
quatre  freins  à  la  fois  on  arrête  instantané- 
ment. 

Nous  n'insisterons  pas  sur  les  avantages 
des  différents  mécanismes  que  nous  venons 
de  décrire  ;  mais  nous  croyons  fermement 
que  la  maison  Rrouliot  est  parvenue  à  réa- 
liser la  un  type  de  voiture  qui  sera  aussi 
avantageusement  connu  dans  le  monde  de 
lautomobilismeque  le  sont,  parmi  les  agri- 
culteurs, ses  batteuses  et  ses  locomobiles. 

A.    LoMnARD, 
A.  ^r  M. 


L*ACAbéMtK  ffÀTlONÂLt^.  44H 

LA    LOCOHOTtVE    ÉLECTRIQUE 
SYSTÈME    HEILMANN 

On  sait  que  la  C^impagnie  des  chemins  tie 
fer  de  1  Ouest  expérimente  depuis  plusieurs 
années  un  système  de  locomotive  électrique 
qui  lui  a  été  présenté  par  >L  lleilmann. 

Voici 3  sur  cesystèmQj  quelques  renseigne- 
ments précis  empruntés  à  un  article  de 
^^.PaulD^puy,  dans  la  Revue  pratiqua  de 
rélcctricité  ; 

ïi  C'est  en  1803-1804  que  «  La  Fust'e  - 
fut  essayée^  sur  les  lignes  de  la  Compagnie 
de  rOuest  :  cette  locomotive^  d'une  puis- 
sance de  600  chevaux,  avait  élé  construite 
pour  vériJier  Vexaclitude  du  principe  émis 
par  rinventeur.  Le  succès  fut  complet  et  il 
fut  décidé  que  Ton  construirait  deux  nou- 
velles locomotives  plus  puissantes. 

(^  sont  ces  deux  nouveaux  types  de  h 
locomotive  Hei l m atm.  qu'on  appelle  loco- 
motive n"2  et  qui  portent  les  n">Sl>01  elS0Û2 
àlaCompagEitedelOuest^qui  viennent d  être 
mis  officiellement  en  essai  sur  les  lignes  et 
nvec  le  concours  des  ingénieurs  de  cette 
Compa^uïie. 

P  t  '  in  c  ip  e  de  ia  loco  mo  ti  ve  élc  c  h  ique  J .  -J . 
HtUmann,  -—  Pour  arriver  à  supprimer  le^ 
inconvénients  inhérents  à  toute  locomotive 
électrique  automobUe  (c  est- à- dire  celles 
qui  prennent  1  énergie  élcctrif^ue  sur  un 
rail  conducteur!,  il  fallait  produire,  à  cha- 
que instant,  l'éTîergie  électrique,  et  Ton  ét^iit 
ainsi  amené  ù  employer  une  véritable  usine 
produisant  lenergie  électrique  et  se  dépla- 
çant le  long  de  la  voie.  C'est  ce  que  Tiiiven- 
teur  a,  le  premier,  réalisé.  Sur  une  plate- 
forme, suspendue  par  des  ressorts,  sont  dis- 
posés les  organes  suivants  :  une  cliaudière 
qui  produjt  la  vapeur  nécessaire  à  alimenter 
la  machine  motrice  à  vapeur  :  cette  machi* 
Tie  motrice  a  vapeur  qui  est  la  gt'oératrice 
de  l'énergie  mécanique  ;  en  (In  les  dynamos 
appelées  a  produire  lenergie  électrique. 
I*ar  rintermndiaire  d^in  tableau  oi  d'appa- 
reils spéciaux,  le  courant  et  envoyé  à  chacun 
des  moteurs  filectriques,  qui  commandent 
directement  tes  esî^ieux  moteurs. 

Ou  voit  que  le  principe  est  très  simple. 
mais  la  réalisation  du  problème;  ainsi  posé^ 


}\'  •  ' 


440 

n'a  pas  été  sans  nécessilor  de  longues  éludes, 
car  il  fallait  arriver  à  loger  dans  un  espace 
tr^s  restreint  tous  les  organes  nécessaires  : 
On  se  rendra  compte  de  cette  difficulté  quand 
on  saura  que  la  machine  à  vapeur  peut  dé- 
velopper 1.500  chevaux-vapeur.  Une  autre 
difficulté,  plus  grande  encore,  était  d'équi- 
librer tous  les  organes  mécaniques  en  mou- 
vement, et  la  chose  n'a  pas  été  aisée,  car  on 
ne  savait  guère  auparavant  construire  de 
machines  de  cette  puissance  complètement 
équilibrées. 

Nous  allons  examiner,  avec  quelques  dé- 
tails, comment  Ton  est  arrivé  à  résoudre  ces 
diflicultés,  en  passant  en  revue  chacun  des 
organes  qui  composent  cette  locomotive  élec- 
trique. 

Châssis  ou  plateforme,  —  L'ensemble  de 
la  partie  mécaniqueet  électrique  productrice 
de  l'énergie  est  supporté  par  un  châssis  qui 
est  formé  de  deux  longerons  en  acier,  as- 
semblés par  des  entremises  à  la  façon  or- 
dinaire. Deux  traverses  pivots  reçoivent  Taxe 
sur  lequel  sont  montés  les  boggies.  La  lon- 
gueur du  châssis  est  de  17'"70. 


Chaudière.  —  La  chaudière  est  située  à 
larrière  de  la  locomotive  ;  elle  ne  présente 
rien  de  particulier  :  elle  est  du  type  ordi- 
naire des  chaudières  employées  dans  les 
locomotives  à  vapeur  ;  elle  possède  cepen- 
dant une  plus  grande  capacité  :  on  s'en  fera 
une  idée  en  sachant  que  la  surface  intérieure 
totale  est  de  185  mètres  carrés.  Elle  est  tim- 
brée à  14  kilogs.  Le  tirage  se  fait,  comme 
dans  les  locomotives  à  vapeur  ordinaire, 
par  réchappement  de  la  machine  à  vapeur 
principale.  De  chaque  côté  de  la  chaudière 
sont  logées  les  soutes  à  eau  et  à  charbon. 
Entre  la  chaudière  et  la  machine  à  vapeur, 
existe  un  séparateur,  afin  d'éviter  tout  en- 
traînement d'eau  dans  les  cylindres  de  la 
machine  à  vapeur. 

Machine  à  vapeur,  —  La  machine  à  va- 
peur est  du  genre  vertical,  compound,  à  sim  - 
pie  effet  ;  elle  est,  pratiquement,  complète- 
ment équilibrée.  On  comprend,  en  effet,  que 
c'était  là,  le  point  capital  ;  il  fallait  suppri- 
mer les  efforts  d'inertie  qui  auraient  atteint 


INDUSTRIE,  450 

leur  maximum  rjiiijs  la  direction  de  TûliisU- 
cité  du  cIjîîssIs.  Celie  machine  est  à  six  li- 
jcnes  tle  cylindres  ;  le.*  six  manivelles  sont 
calées  M  V^^y  Funt*  par  rapport  a  Taulre, 
langle  de  calage  et  les  posi  lions  sont  symé- 
triques par  rapjj*ïrt  à  nn  axe  passant  entre 
\v\  :i*  et  la  4*  li^içne  dp  cyUndr*^s.  Il  résulte  de 
cette  disposition  <iue  la  ^îonime  des  Ibrces 
verticales  est  nulle  à  cUaque  instant  et  il 
ii'tiïlste  ainsi  aucun  roupie  perturbateur. 

Cette  ni aclit ne  peut  développer  Lt^ÛO 
cl ievaust- vapeur^  mais  sa  puissance  normale 
est  c]el.;350  chevaux-vapeur.  A  cette  puis- 
sauce,  sa  vitesse  est  de  40n  tours  par  minute. 
Un  ré^nUatour  spécial  a  pourbutd'empt^clier 
que  la  vitesse  limite  soit  dt^pas?ée.  C'est  en 
laisaïit  varier  ia  vitesse,  par  la  tension  d'un 
ressort,  (|'je  l'on  fait  varier  la  puissance  diî- 
veloppee  :  le  ré^'lafîe  se  tMi  automatique* 
meut,  comme  nous  le  verrons  plus  loin* 
Les  t>ielles  et  les  manivelles  de  cette  machine 
à  vapeur  tournent  dans  une  chambre  fkan- 
clfe.  couteuatH  tjn  niélanj;o d'huile  spéciale 
et  d  eau,  de  sorte  que  le  graissage  se  l'ait 
atitomatiqnement  et  la  surveillance,  de  ee 
chef,  est  pour  ainsi  dire  nulle  :  il  y  a  donc 
sécurité  absolue  de  ce  en  té.  et  le  mécanicien 
peut  apporter  toute  son  attention  ailleurs  : 
re  *[ui  pratiquement  n'est  [jas  a  négliger. 


Dynamos  génératrices.  —  ^uv  l'ase  de 
\ii  machine  a  va^ienr  sont  calées^  à  chaque 
extrémité,  deux  dynamos  i\i}'\  engendrent 
l  éner^'ifi  électri(|uc  nécessaire  i\  la  propul- 
sion delà  locomotive électri(]ue. 

Ces  dynamos  sont  a  0  piiles  ;  les  induc- 
teurs sont  eu  acier.  A  pleine  charge^  elles 
peuvent  débiter  uorwmhmeiïK  chacune  1.000 
ampères  sous  ^Tm  volts  et  elles  peuvent 
su[4>oi'ter.  pendant  uji  instant,  le  double  de 
cette  char^'e.  Il  élail  nécessaire  de  prévoir 
cette  êlastirîté,  pour  psircr  an\  augmenta- 
tions bru  Si  lues  de  rinteriEilé  par  suite  des 
elForts  énormes  u  développer  [lendant  la 
niiu^che  à  jurande  Vitesse  sur  les  rampes, 
i  'es  dynamos  génératrices  sunt  enveloppées 
d'urïe  eaisseeu  idle.  pour  éviter  lintruduc- 
tion  des  poussières  dt;  charbon  et  de  l'eau  ; 
jfuehpies  ouvertures  sont  mén aidées  pour 
assurer   la  veutilaiiun  :  des   portes,  tenues 


451 

fermées  pendant  la  marche,  permettent  de 
vîsitei'  les  collectear».  Ces  deux  dynamos 
sont  groupées  en  parallèle  au  moyen  du 
tableau.  Ces  macluims,  étudiées  par  la  So- 
ciété de  Traction  électrique,  ont  été  cons^ 
truites  par  MM.  Brown,  Boveri  et  G'*  (Ba- 
den). 

L'axe Uation  de  ces  dynamos  est  faite  se- 
parement  :  ce  qui  facilite  beaucoup  la  con- 
duile  el  Ton  pt^ut  dire  que  c'est  surtout 
l*enip1oi  de  cette  méthode  qui  fait  que  Ton 
peut  conduire  et  rë^'ler  ces  puissantes  loco- 
motives, t^n  clfet,  c'est  en  augmentant  ou 
en  diniinuanl  le  corjrant  d'excitation  que 
l'on  fait  varier,  à  volonté  la  puissance  des 
génératrices  principales  et  par  suite  celle  de 
la  muctiiîie  à  vMpeui  qui  se  règle  automati- 
quement. Nous  dirons  donc  que  c'est  la  ma- 
chine excitatrice  qui  constitue  le  cerveau  de 
cette  locomotive  électrique.  La  machine  ex-- 
cilatrice  est  commandée  directement  par 
une  petite  machine  â  vapeur d'unepuissance 
de  2H  clievaux-vapeur,  genre  Willans.  Cette 
mactiine,  à  simple  expansion,  possèdedeux 
maniveUes  calées  à  180*. 

La  dynamo  peut  débiter  140  ampères 
sDtiâ  110  volts  :  ellcdst  à  enroulement  eora- 
pouiid.  Une  petite  fraction  de  l'énergie élec- 
triijue,  produite  par  cette  dynamo,  sert  à, 
faire  réciairage  intérieur  de  la  locomotive 
et  du  train.  Eventuellement,  les  fanaux 
d'avant  et  d'arrière  pourraient  être  éloctri- 
queSf  comme  c-5la  se  pratique  sur  quelques 
lignes^  au3t  Etatd-Ljriis.  L'ensemble  de  cette 
machine  excitatrice  est  placé  sur  l'induc- 
teur de  la  dynamo  génératrice,  placée  du 
côté  de  la  eiiuudièt^e. 

Moteurs  électriques,  — Les  moteurs élec« 
thquea,  rëunis  en  deux  groupes  de  quatre 
moteurs,  soit  huit  moteurs,  commandent  di- 
rectement les  huit  essieux  moteurs  de  la 
locomotive  :  la  puissance  normale  dechacun 
d'eux  est  de  1^5  chevaux.  L'effort  que  dé- 
veloppe normalement  à  la  jante,  chaque  mo- 
teur, est  de  3i}0kg3., soit 2.800 kgs.pour  l'en- 
semble. 

Ces  moteurs  sont  à  4  pôles  et  à  induit 
denté  :  ils  peuvent  développer,  pendant  un 
moment,  un  etfort  triple  de  l'effort  moyeu 


JODANAL  MKNSORt  OR   l/ACAOénIK  NATIONALS. 


452 


et  du  ne  puissance  dont  on  se  rendra  compte 
en  sachant  que  cet  effort  momenuné  peut 
atteindra  aux  jantes  des  roues»  8.000  kgs. 

La  diapoiition  de  commande  de  Teftaieu 
nous  semble  très  bien  étudiée.  En  effet, 
l'induit  n*est  pascale  directement  aor  Teesieu 
moteur,  cela  aurait  des  inconvénienU  dont 
le  priocipal  serait  la  destruction  de»  isoUnu 
par  suite  des  secousses  et  des  trépidations 
communiquées.  L'induit  est  monté  sur  ua 
tube,  concentrique  à  Tessieu  moteur,  lais* 
sant  à  ce  dernier  un  jeu  permettant  du  dé- 
placement dans  le  sens  vertical,  de  façon 
à  tenir  conapte  des  inégalités  de  la  voie  de 
roulement.  Ce  tube  tourne  dans  des  coussi- 
neu  solidaires  de  Tinducteur,  et  il  entraîne 
Tessieu  au  moyen  de  trois  Uquets  montés 
sur  un  plateau,  et  qui  pénètrent  entre  trois 
séries  de  ressorts  placés  entre  les  raies  de  la 
roue. 

Chaque  moteur  est  commandé  directe* 
ment  du  tableau  de  distribution,  placé  à  l'a- 
vant de  la  Uicomotive,  dans  une  cage-abri* 
Ils  sont  ordinairement  couplés  en  parallèle 
sur  les  génératrices.  L'appareil  de  manœu- 
vre permet  cependant,  au  moyen  d'un  com^ 
mutateur  spécial,  de  les  grouper  deux  à 
deux  en  série-  Ce  couplage  est  employé 
quand  il  faut  fournir  un  coup  de  coUier,pour 
la  montée  des  rampes  en  vitesse,  par  exem- 
ple. 

Appareils  de  manœuvre  et  de  contrôle.-- 
U  y  a  doux  postes  de  manœuvre  :  le  premier, 
k  Tavant  de  la  locomotive;  le  deuxième, 
près  de  la  chaudière  et  à  droite .  Cette  dis- 
position permet  de  faire  fonctionner  la  lo- 
comotive Heilmann  indifféremment  dans  les 
deux  sens. 

Le  principal  organe  de  cet  appareil  est 
celui  qui  permet  de  faire  varier  l'excitation, 
à  l'aide  d'un  double  rhéostat  intercalé  entre 
l'excitatrice  et  les  inducteurs  des  dynamos 
génératrices.  Comme  nous  l'avons  expliqué 
plus  haut,  c'est  le  robinet  q\x\  permetde  ré- 
gler, à  volonté,  la  puissance  de  la  locomo- 
tive. 

Un  commutateur  spécial,  placé  entre  les 
deux  postes,  permet  d'effectuer  le  renverse- 
ment de  marohe. 


■*!< 


453 


INDUâTRTiî. 


454 


Chaque  circuit  de  moteur  a  sou  ampère- 
mètre, ce  qui  permet  de  vérifier,  à  chaque 
ioâtant,  ce  qu'il  absorbe. 

Enfin,  sont  disposés,  sur  cette  locomotive, 
les  freins  Westinghouse  bien  connus.  Ce 
frein  agit  sur  les  lô  roues  de  la  locomotive, 
ce  qui  augmente  la  sécurité  et  la  rapidité  de 
larrdt  en  pleine  marche.  Ce  freinage  est 
complété  par  un  frein  à  main  qui  agit  sur  le 
boggie  d'avant. 

Les  appareils  de  manœuvre  et  de  contrôle 
sont  sous  la  main  du  pilote  qui  se  lient  à 
Tavantdela  locomotive,  n'ayant  ainsi  comme 
seule  préoccupation  que  de  surveiller  les  si« 
gnaux  delà  voie.  Le  pilote  est  séparé  de  la 
elumbrede  cbauife,et  n'étant  ni  incommodé 
par  la  chaleur  de  la  chaudière,  ni  gêné  par 
les  manœuvres  du  chauffeur,  il  peut  donner 
toute  son  attention  à  la  conduite  de  sa  lo- 
comotive. Le  chauffeur,  au  contraire,  s'oc- 
cupe spécialement  de  son  foyer,  surveille 
le  graissage  qui  partout  est  fait  automati- 
quement* 

Oo  peut  dire  que  la  séparation  du  travail 
de  ces  deux  hommes  ne  peut  qu'assurer  la 
bonne  marche  et  la  sécurité  de  la  conduite 
de  la  locomotive. 

Eq  résumé,  nous  voyons  que,  dans  la  lo- 
comotive électrique  Heilmann  (et  c'est  tout 
le  contraire  qui  existe  dans  la  locomotive  à 
vapeur  ordinaire)  tous  les  organes  déli- 
cats, qui  exigent  du  soin  et  de  la  surveil- 
ItDce,  sont  placés  directement  sous  la  sur- 
veillance des  deux  hommes  qui  la  condui- 
se nt.  Cet  avantage  très  précieux,  à  notre 
avis,  permettra  à  cette  locomotive  de  remor- 
quer des  trains  sur  de  très  longs  parcours, 
sans  rechange  de  machine  ;  car  on  se  trou- 
ve à  peu  près  dans  les  mêmes  conditions 
que  les  machines  marines,  qui  travaillent 
jour  et  nuit,  sans  arrêt.  Les  parties  inacces- 
sibles en  marche,  les  moteurs,  sont  cuirassés 
contre  toute  détérioration  possible,  et  pré- 
sentent toute  la  résistance  désirable,et  il  suf- 
fit d'assurer  le  graissage  des  fusées.  Comme 
conclusion,  nous  dirons  que  le  but  poursui- 
vi  par  le  persévérant  inventeur,  dans  la  réa- 
lisation de  sa  locomotive,  a  été  de  dévelop- 
per la  puissance,  la  stabilité,  ladhérenceet 
la  souplesse.  Ces  quatre  qualités,  dont  deux 


seulement,  h  puissance  et  radhêrencei  ont 
atielnt  leur  maximum  dans  les  locomotives 
à  vapeur,  les  deux  autres  étant  réduites  à  un 
minimum,  sont  les  qualités  dominantes  de 
la  locomotive  lieilmann.iXous  en  ajouterons 
une  autre,  qui  manque  totalement  et  qui 
même  se  pr<^sente  dans  lo  sens  contraire 
dans  la  locomotive  ordinaire,  nous  vouli>ns 
parler  de  celle  qui  résidera  dans  Téconomie 
des  voies  déroulement. 

Eu  elfat,  les  moteursélectriques  étant  par 
excellence  des  moteurs  roîûtifSj  sans  point 
mort,  il  y  a  suppression  complète  des  réac- 
tions dueSp  dans  les  locomotives  ordînaircâ, 
au  manque  d  équilibre  des  pièces  en  mou- 
vement ;  les  mouvements  de  galop  et  de  la- 
cets inhérents  à  toutes  locomoives  à  va* 
peur  sont  supprimée  totalement  dans  les 
locomotives  Heilmann,  et  la  répartition, 
légale  des  poids  statiques  sur  les  huit  essieu )c 
fait  que  l'adljérence  est  considérablemonl 
augmentée.  U  résulledetous  cas  laits,  ainsi 
que  de  la  souplesse  de  cette  locomotive, 
qui  est  en  somme  un  wagon  a  boggie,  que 
les  voies  de  roulement  ne  sont  plus  désarti- 
culées ;  le  passage  auE  éclisses  se  fait  saas 
secousse,  ni  marte llemont.  La  conséquence 
de  tout  cela  est  (juerentretiendes  voies  sëra 
coitsiddrablement  diminué.  Nous  estimons 
que  c'est  cette  économie,  qui  est  une  écono- 
mie d'exploitation  ce  qui  n'est  pas  peu  de 
cbose,  puisque  cela  se  répète  chaque  année  , 
qui  fera  que  les  Compugnies  de  chemins  dt^ 
ler,  en  detiorsdes  avantages  cités  précédem- 
ment,  seront  amenées  k  essayer  et  à  ado)^ 
ter  la  principe  delà  locomotive  Heilmann 
pour  remorquer  des  trains  lourds  à  grande 
vitesse.  » 


LES  CHEMINS  DE  FER  A  CRÉMAILLÈRE 

Au  t\i\mi  de  la  construction  des  chemina 
de  fer,  en  18:i9,  Ton  n'était  pas  arrivé  au 
degiT  de  perfection  atteint  actuellement  ; 
aussi  ce  fut  un  article  de  foi  pour  les  iii^^c- 
nteurs  qu  il  fallait  éviter  les  pentes  sur  liis 
voies  ferrées  ;  pour  atteindre  ce  résuUaU 
Ton  faisait  tous  les  détours  possibles  et  Loui 
les  pi U!f  étonnants  lacets.  Puis  les  procédés  de 


455 


JOURNAL  MENSUKL  DR 


cofistruction  s*améltoranl  de  plus  en  plus, 
Oïl  a  eîîtreprra  de  raJregTim|ieraux  locomo- 
tives des  pentes  allant  jusqu'à  20  ou  25 
millîmètres  par  mètre  ;  mais  quand  la  pente 
atteint  50  mïtiimètres  par  mètres  tout  ce  que 
peut  faire  la  mactiînè.c'est  de  se  remorquer 
elle-même. 

Tort  lieureu3emeni  l:i  solution  du  pro- 
blème ayail  été  trouvée  en  1H04,  et  cette 
solution,  permettant  de  monler  de  fortes 
rampes^  consiste  tout  simplement  dans  l'em- 
ploi de  la  crémaillère,  robuste  engrenage 
en  acier  placé  a  plat  entre  les  deux  rails  de 
la  voie  terrée.  Lr  locomotive  porte,  de  son 
côté,  un  engrenage  lournatu  qui  vient  mor- 
dre dans  l'autre  ù  volonlë.  On  peut  alors, 
avec  celle  disposition,  aborder  des  pentes  de 
250  millimrlres  an  Vilznan-Highi,de  350  au 
Mount- Washington,  de  180  au  Mont-Pilate. 

Ce  turent  les  précurseurs  Trevithic  et  Vi- 
vian, en  1804 -ifUï,  non  contents  de  préconi- 
ser, cette  solution  l'applif)uèrent  sur  le  petit 
chemindeferdeMerthyr'Tvdwîrdanslepays 
de  Ttallc.  Les  ingénieurs  pensaient, à  cette  épo- 
que, qu*une  locomotive  ne  potivait  traîner 
des  vélticules  chargés  sur  une  voie  métalli- 
que et  par  consériucnt,  ^^lissante,  sans  le 
secours  de  la  crémaillère.  Mais,  en  1812, 
l'ingénieur  Blacket  démontra  victorieuse- 
ment que  cet  intermédiaire  était  inutile 
pour  les  chemins  de  fer  k  plat,  ou  à  faible 
pentet  que  Ion  construisait  alors  ;il  prouva 
que  Vadhérence,  n*est-à-dîre  l'espèce  de  col- 
lage résultant  du  poids  delà  locomotive  sur 
le  rail,  suftis^iL  ;  on  essaya,  on  réussit  ;  et 
dès  lors,  on  ne  voulut  plus  entendre  parler 
de  crémaillère.  En  elîet.  en  terrain  plat,  en 
pa/i>r,  une  locomotive  peut  remorquer  plus 
de  trente  fois  son  poids  par  simple  adhé- 
rence. Mais  dès  qu'il  faut  monter  une  pente 
un  peu  forte,  comme  noi|s  lavons  dit,  la 
locomotive  peine,  elle  patine  ;  il  faut  alors 
revenir  ù  la  crémaillère  dédaignée. 

Cest  en  1817  que  fut  construite  la  pre- 
mière ligne  i  crémaillère  sérieuse  sur  la  li- 
gne d'Indianopolis  à  Madison,  aux  Etats- 
Unis.  Puis  vint,  en  18!j6,  toujours  aux  Etats- 
UnîSj  la  ligne  de  Mount-Wasliinglon  dans 
le  New-Hampsire,  laquelle  grimpe  à  1 .098 
mètres  avec  une  pente  de  330  millimètres 


l'académie  nationale.  456 

par  mètre.  Enfin,  en  1869,  M.  Rigjgenbach 
établit,  en  Suisse,  le  fameux  chemin  de  fer 
du  Righi,avec  ses  pentes  de  250  millimètres 
par  mètre  ;  il  a  servi  do  modèle  à  toutes  les 
lignes  de  ce  genre  en  Europe.  Tout  le  mon- 
de a  vu  des  tableaux,  des  grav«res,  des  des- 
sins quelconques  duchemindeferdu  Righi; 
nous  n'insisterons  donc  pas.  Disons  seule- 
ment qu*un  autre  ingénieur,  très  fort  dans 
son  art,  M.  Abt,  de  Lucerne,  a  perfectionDé 
la  crémaillère  en  la  faisant  en  lames  d*acier. 
A  eux  deux,  M.  Riggenbachet  M.  Abt  ont 
hérissé  la  Suisse,  pays  prédestiné,  de  voies 
à  crémaillère.  On  en  trouve  aussi  en  Alle- 
magne, au  Rrésil,  à  Sumatra,  en  Bosnie,  à 
Saint-Domingue,  au  Japon.  Les  Alpes  et  les 
Pyrénées  ne  sauraient  tarder  à  se  garnir  de 
crémaillères  qui  feront  le  bonheur  des  tou- 
ristes en  même  temps  qu'elles  présenteront, 
dans  bien  des  cas,  un  intérêt  stratégique  qui 
n'est  pas  à  dédaigner. 

Mais  les  plus  étonnants  chemins  de  fer  à 
crémaillère  du  monde  sont  ceux  que  l'on  a 
établis,  avec  toutes  sortes  de  vicissitudes, 
dans  la  Cordillère  des  Andes.  Ils  font  partie 
du  réseau  connu  sous  le  nom  de  «  réseau 
transandin  >.  La  Cordillère  des  Andescourt, 
on  lésait,  comme  une  gigantesque  chenille, 
le  long  de  TOcéan  Pacifique  ;  quatre-vingts 
volcans  la  jalonnefit.  A  droite  et  à  gauche 
se  trouvent  la  République  Argentine,  laBoU- 
vie,  le  Pérou,  le  Chili,  la  Colombie,  TEqua- 
teur.  L'altitude  de  cette  épine  dorsale  varie 
entre  2.000  et  6.503  mètres  ;  elle  n'est  ac- 
cessible que  par  des  cols,  des  portSy  com- 
me on  dit  dans  nos  Pyrénées,  dont  le  seuil 
est  placé  à  4.000  et  à  5.000  mètres  au-des- 
sus du  niveau  de  la  mer.  Sur  ces  vastes  pla- 
teaux ou  altiplanities  de  ces  régions,  ber- 
ceau des  Incas,  les  volcans  ont  fait  une  cui- 
sine effroyable  ;  le  voyageur  y  marche  pen- 
dant des  lieues  et  des  lieues  dans  lesalpétre, 
le  borax  et  la  poussière  de  minerai  ;  il  y 
trouve  les  célèbres  mines,  aujourd'hui  pres- 
que délaissées,  de  Pasco,  Porco,  Potosi,  Co- 
chabamba,  Lippezet  autres,  qui  répandirent 
sur  TEurope,  au  temps  de  leur  splendeur, 
plus  de  seize  milliards  d'or  et  d'argent. 

Les  pionniers  actuels  donnent  l'assaut  à 
cette  usine  naturelle  de  produits  chimiques 


457 


LNDURTnm 


45g 


au  moyen  des  cheraios  de  fer  à  crémailltlire. 
Vingt-cinq  lignes  ferrées,  de  Panama  à  VaU 
paraiso,  drassent  contre  la  Cordillère  leurs 
vertigineuses  échelles  ;  on  dirait,  en  re- 
gardant la  carte, des  petits  serpents  qui  veu- 
lent dévorer  la  grosse  chenille.  On  classe 
ces  curieux  chemins  de  fer  en  catégories 
que  nous  ignorons  sous  nos  débonnaires  al- 
titudes, et  pour  cause,  c'est-à-dire  >  à  t7î- 
mat  constant,  à  climat  variable^  et  à  gran- 
de altitude.  Nous  sommes  peu  habitués  à 
tenir  compte,  ici,  dans  nos  études  de  ctie- 
miûs  de  fer,  de  Tinfluence  de  la  variation 
du  climat  et  do  la  densité  de  Tair  ;  mais 
lorsqu'on  veut  faire  passer  sa  locomotive  à 
seize  ou  vingt  fois  la  hauteur  de  la  tout' 
Eiffel,  il  est  bon  de  prêter  attention  à  ces 
détails. 

En  Europe,  les  plus  grandes  altitudes  que 
Ton  ait  atteintes  en  chemin  de  fer  sont 
1.767  mètres  au  Brenner,  1.335  au  Monl- 
Cenis,  1.154  mètres  au  Gothard,  1.25'J 
mètres  à  l'Arlberg. 

Dans  l'Amérique  du  Nord,  le  Canadien 
Pacific  grimpe  à  2.100  mètres,  l'Union  Pa- 
cilic  à  2.500  mètres,et  le  Vera-Cruz-Mexico 
ù  2.533  mètres,  presque  la  hauteur  de  l'Ob- 
servatoire du  Pic-du-Midi,dans  les  Pyrénées. 

Les  voyageurs  des  chemins  de  fer  à  cré- 
maillère du  Transandin  sont  tout  particu- 
lièrement soumis  à  de  nombreux  désagré- 
ments. La  température  baisse  de  1  degré  par 
180  à  200  mètres  d'élévation  ;  de  plus,  la 
quantité  d'oxygène  dans  l'air  a  diminué  de 
SI  pour  100  dès  que  l'on  atteint  3,000  mè- 
tres ;  l'eau  bout  à  89  degrés  au  lieu  de  100 
degrés  et  l'on  éprouve  le  soroche  puna,  ou 
mal  des  montagnes,  analogue  au  mal  de 
mer.  Si  l'on  fait  trop  vite  l'ascension  sans 
avoir  le  soin  de  se  couvrir  les  mains  et  lu 
figure  avec  de  la  graisse,  ligure  et  mains  se 
couvrent  d'enflures  et  de  gerçures  ;  si  l'un 
descend  trop  rapidement,  en  express,  de  la 
station  située  à  4,000  mètres,  dans  le  fond 
de  la  vallée,  on  reste  oppressé,  comme  un 
asthmatique,  pendant  plusieurs  jours. 

Mais  tout  cela  n'empêche  pas  la  civilisa- 
tion, greffée  après  sa  crémaillère,  de  mon- 
ter à  la  conquête  des  mines  d'or,  d'argent, 
de  cuivre,  de  nitrate  de  soude,  de  borax,  de 


soufre  et  de  guano  \  c'est  ainsi  qu'à  la  gare 
d'Ollagna^au  kilomètre  435  ei  à3,(i&0  mètres 
d'altitude  sur  la  frontière  du  Chili  et  de  la 
Bolivie,  on  trouve  (diaprés  ce  que  raconte 
un  ingénieur,  M.  Ch.  Legrand^qui  a  fait  cet 
étonnant  voyagei  un  hôtel  parfaitement  ins- 
ulté, avec  lumière  électrique,  téléphona, 
etc.,  en  un  mot  tout  le  confort  moderne,  que 
l'on  ne  trouve  que  trop  rarement  dans  les 
vieux  pays  d'Europe,  oîj  cependant  les  com- 
munications sont  autrement  faciles. 


LES  FORAGES    DE  PUITS  ARTÉSIENS 
EN  ALGÉRIE 


C'est  au  général  Desvaux  et  au  maréchal 
Randon  que  I  on  doit  rinstallation  d'ateliers 
de  sondages  d^ns  le  sud  de  rAlgérie. 

\yant  constaté  l'étal  de  dépérissement  de 
certains  oasis  de  la  région  saharienne,  ces 
hommes  éminents  résolurent^  pendant  Tlti- 
ver  de  1855  a  1856,  de  les  revivifier  et  de 
rattacher  à  la  France  les  populations  de 
cette  contrée  par  la  reconnaissance. 

Comprenant  les  féconds  résultats  que 
pourraient  donner  les  iravaui  artésiens,  \h 
tirent  creuser  dans  TOued  Kir  des  puits  pour 
rendre  la  vie  auï  oasis  en  dctïadence  et  re- 
vivifier les  steppes  sablonneux  du  désert» 

Leur  œuvre  a  été  continuée,  et  aujour- 
d'hui encore  de  nouvelles  recherches  d'eau 
sont  faites  avec  succès  dans  Textréme  sud 
deFAIgérie. 

Les  ateliers  de  sondages  qui  opèrent  dans 
le  désert  sont  composés  presque  exclusive- 
ment d'hommes  pris  dans  les  bataillons  d'in- 
fanterie légère  d'Afrique  et  les  compagnies 
de  fusiliers  de  discipline, 

Ces  militaires  travaillent  sous  la  direction 
de  leurs  propres  chefs  qui  occupent  dans 
les  ateliers  les  emplois  de  chefs  et  sous- 
chefs. 

Presque  constamment  sur  les  contins  du 
Sahara,  simples  soldats  et  gradés  doivent 
sacrilier  toute  distraction  et  tout  plaisir  ; 
mais,  en  revanche,  ceux-ci  bénéficient  des 
faveurs  et  des  avantages  accordés  aux  mili- 
taires en  campagne,  el  ceux-là  sont  versés 


^  I 


40» 

dans  des  corps  de  iroupe  de  la  métropole, 
Bi  leur  conduile  est  satisfaisante* 

Grâce  à  ces  ateliers  qui  fonclionneriLdans 
ta  désertt  I  œuvre  entreprise  par  ie  général 
Uesvam  et  le  maréclial  Randon  est  en  pleine 
prospérilc.  Les  oasis  en  décadence  ont  été 
ramenés  à  la  Tie,  et  de^  plantations  Ter- 
dûyantes  existent  aujourd'hui  dans  le^  step« 
pes  où  il  n'y  avait  naguère  que  la  stérilité, 
la  dé!H}lation  et  la  mort, 

C'e^t  ainsi  que  l'atelier  de  ^ndage»  ins* 
lai  lé  à  Ouargia  (extrême  sud  al^'érien  ■  a  ter- 
miné depuis  le  commencement  de  l'année 
deux  puits  artésiens.  L'eau  du  premier  jaillit 
a  0^70  au  dessus  du  niveau  du  sol  avec  un 
iléhil  de  ÛLÎjOdO  litres  par  heure  ;  le  débit 
du  second  est  de  0,000  litres. 

Kappelons  que  ce  l'ut  au  moh  de  juin 
1850,  que  le  premier  puits  artésien  fut  foré 
dans  l'Oued-Hirj  parM.  Tingéneur  Jus, dont 
le  Journal  de  notre  Société  a  fréquemment 
mentionné  les  travaux.  Le  diibit  de  ce  puits 
étaitde  4000  litres  par  minute. 

Aujourd'hui,  ou  n'évalue  pas  à  moins  de 
350.0OOlitreSf  par  minute,  te  total  des  puits 
jaillissants  dans  cette  région.  Cest  ce  que 
nous  apprend  M.  Georj^es  Kolland,  directeur 
de  la  Société  agricole  de  lOued-Rits  membre 
de  la  Société  nationale  d'agriculture^  dans 
une  communication  qu'il  a  faite  récemment 
à  l'Académie  dea Sciences. 

Pendant  les  vingt  dernières  années,  sur- 
tout depuis  1882,  de  nouvelles  oasis  ont 
remplacé  dessteppea  improductifs;  la  plu- 
part sont  désormais  en  plein  rap[>ort.  Elles 
sont  plantées  de  palmiers  dattiers,  qui  for- 
ment de  véritables  forets  et  qui  abritent  des 
cultures  secondaires  sousleur  ombrage.  Sui- 
vant le  diction  arabe,  le  dattier  doit  avoir 
la  tête  dans  le  feu  et  le  pied  dans  Teau  ; 
les  puits  artésiens  ont  réalisé  ce  besoin. 

On  compare  volontiers  la  région  de  l  Oued- 
Bir  à  une  petite  Egypte  avec  un  fleuve  sou- 
terrain.Mais  ce  lieuve  n'a  pas  un  débit  indé* 
Ji ni.  Dans  la  note  que  nous  veaons  de  citer, 
M,  Georges  Rolland  constate  qu  il  convient 
d'avoir  désormais  de  la  circonspection  dans 
le  forage  de  nouveau i  puits.  Tandis  qu'il  y 
a  quelques  années  encore,  Taugmentation 
annuelle  du   débit  était  à  peu  près  propor- 


|0l'R!VAL   MI^NSUeL  DI^ACADEMIB  NATIONALE. 


460 


tionnelle  au  nombre  des  puits  créés,  il  d>q 
est  plus  de  même  aujourd'hui.  Ainsi,  eu 
1889,  pour  137  puits  tut)és,  le  débit  moyen 
par  minute  était  de  1,607  litres  :  aujour- 
d'hui, pour  175  puits,  il  n*est  plua  que  de 
1,363  litres.  On  ne  peut  affirmer  que  la 
oappe  souterraine  ait  diminué  ;  mais  il 
parait  évident  qu'en  augmentant  le  nombre 
des  saignées  qu'on  lui  faites,  on  a  diminué 
l'importance  de  chacune. 

Laconclusion  tiréeparM.  Rolland  de  cette 
série  de  faits  est  qu'il  conviendrait  désormais 
tant  au  point  de  vue  des  intérêts  des  colons 
français  que  de  ceux  des  indigènes,  de  con« 
sidérer  les  eaux  artésiennes  de  TOued-Rir 
comme  étant  d'intérêt  public  et  de  les  ré« 
glementer  en  conséquence.  Ce  qui  ne  veut 
pas  dire  que  de  nouveaux  puits  ne  pour- 
raient pas  être  forés,  mais  bien  qu'on  ne 
pourrait  en  créer  que  sur  des  emplacements 
flxés  en  tenant  compte  des  besoins  réels  de 
l'irrigation  et  des  conséquences  à  prévoir 
sur  les  puits  qui  existent  déjà.  Ce  serait 
évidemment  une  mesure  très  sage,  qui  sau- 
vegarderait le  développement  de  cette  im* 
portante  région  dans  l'avenir. 

Mais,  d'un  autre  côté,  ne  serait-il  pas  pos- 
sible de  mieux  utiliser  les  eaux  qu'on  pos- 
sède déjà  ?  La  plupart  des  plantations  fran- 
çaises de  dattiers  ont  été  organisées  à  peu 
près  comme  celles  des  Arabes.  A  partir  de 
l'orifice  du  puits,  l'eau  est  dirigée  dans  des 
rigoles  creusées  à  la  surface  du  sol,  généra- 
lement sablonneux  ;  une  bonne  partie  est 
absorbée  par  infiltration  et  une  autre  par 
évaporation  sous  l'action  d'un  soleil  ardent. 
C'est  un  procédé  primitif,  que  M.  Georges 
Rolland  a  voulu  perfectionner,  en  réalisant 
en  même  temps  une  forte  économie  d*eau. 

Se  servant  de  certaines  argiles  et  de  mar- 
nes qui  atileurent  le  sol  sur  certains  points 
delà  région,  il  u  fait  fabriquer  des  tuyaux  et 
des  caniveaux  en  terre  cuite,  de30  à  40  cen- 
timètres de  diamètre,  qui  ajustés  bouts  à 
bouts  et  garnii  de  joints  cimentés,  forment 
des  conduits  étanches.  On  forme  ainsi  des 
canaux  qui  partent  das  puits  pour  amener 
l'eau,  àTabri  de  toute  infiltration  et  de  toute 
évaporation,  jusqu'aux  rigoles  d'irrigation. 
Ce  système  a  été  appliqué  sur  une  longueur 


461 


RXPOSmWïï  Wf  COMCODRS* 


m2 


dm  4,740  mètres  dans  les  trois  oasis  de  Sidî- 
Yahia,  Oarir  et  Ayata  ;  le  bénéfice  a  été 
que  4.0O0  litres  par  minate  ont  été  récti* 
pérés.  C'est  la  proportion  de  25  p.  100  du 
débit  des  paits.  On  a  donc  la  preuve  qu'avec 
ce  système  de  canaux  étancbes,  on  peut 
augmenter  d'un  quart  le  nombredes  dattiers 
irrifniés,sans avoir  besoin  d*une  plus  grande 
quantité  d'eau. 

M.  Georges  Rolland  ajoute  qu'on  pourrait 
encore  réaliser  un  autre  progrès,  en  emplo- 
yant de  nouveau  une  partie  des  eaui  qui 
s'écoulent  après  avoir  servi  aux  arrosages, 
dans  les  fossés  de  drainage  et  de  là  dans 


les  eholls.En  les  reprenant  ainsi,  sait  qu'on 
ies  dirige  versdes  terrains  plus  ba:4,soit  qu'un 
se  serve  d'rippareilsélévatoires,  on  pourrait 
réaliser  un  nouveau  bénéfice  que  H.  liolland 
évalue  h  un  quart  environ  de  Teau  etii- 
ployéo. 

Par  les  deux  méthodes  qu  on  vient  d'in* 
dîquer,  le  volume  des  eau\  employée  à  Tir- 
rigation  dans  rOuod-Rir  serait  accru  de  50 
pour  1 00  en  viroEf sans  qu'il  fût  nécessaire  de 
faire  de  nouveaux  emprunts  à  la  nappe  sou^ 
terra  if  je.  Ce  sont  là  des  idées  très  intéres- 
santes, dontrapplication  doit  appeler  l'atten- 
tion de  tous  ceux  qui  peuvent  en  tirer  profit, 


EXPOSITIONS    ET   CONCOURS 


EXPOSITION   DE   1900 

(Renaeignementa  divers) 

POBTIQUE   MONUMENTAL. 

Le  ministre  du  commerce  a  approuvé 
un  projet  établi  par  M.  Binet,  arcliitecte, 
pour  l'édification  d'un  portique  grandiose 
marquant  rentrée  de  Texposition  sur  la 
place  de  la  Concorde. 

Cette  entrée  monumentale,  ressemblant 
à  un  grand  arc  de  triomphe,  occupera  une 
surface  de  2.400  mètres  carrés.  Elle  com- 
porte une  énorme  coupole  dorée  et  ajourée 
dont  le  point  culminant  sera  à  45  mètres 
au-dessus  du  niveau  du  sol.  Elle  reposeer  à 
sa  base  sur  trois  pilastres.  Une  statue  colos- 
sale de  la  Liberté  couronnera  l'édifice. 

A  droite  et  à  gauche  de  la  porte,  deux 
frises  de  10  mètres  de  longueur  seront  ap- 
puyées à  deux  minarets  de  42  mètres  de  hau- 
teur. 

En  avant,  soutenus  par  dessoclesde  bronze 
se  détacheront  de  grands  mûts  au  sommet 
desquels  flotteront  des  oriflammesde  France. 

L'arc  monumental,  sur  la  place,  sera  ab- 
solument libre,  mais  en  arrière,  entre  les 
deux  arcs  intérieurs  et  se  reliant  avec  le 
pilier  de  fond,  on  trouvera  une  série  de  53 


guichets  sur  un  développement  de   115  mè 
très. 

Projets  d*isitiativi^  privi-Ie. 

Plusieurs  proj*its  d'initiative  privée  sont 
déjà  adoptés,  à  savoir  : 

1-  Le  Palais  des  fêtes,  de  M.  Boisset  ;  2^ 
L'Andalousie  au  tomps  des  Maures,  de  M. 
J.  Roseyro  ;  3'*  L'Exposition  des  houillère» 
dans  Timmense  sûus-.çol  du  jardin  et  du  pa- 
lais du  Trocadéro  ;  4'  Llnde  française  et  la 
Pagode  de  Brahma,  de  M.  de  PoiU-Jest. 

D'autre  part  >L  Mauger  a  obtenu  la  con- 
cession d'un  empliiceraent  considérable  pour 
établir  au  Champ-de-Mars  un  théiUre  phé- 
numénat,  grand  comme  un  hippo  drome^  et 
qui  contiendra  sept,  huit  ou  dix  mille  spec* 
tateurs.  La  scène  aura  100  mètres  de  large, 
avec  un  cours  d'eau  pour  des  spectacles 
nautiques;  LOOO  à  2.000  figurants  s*y  pour- 
ront mouvoir  à  Taise. 


EXPOSITION  DE  DIJON 

L'exposition  qui  s'est  ouverte  ù  Dijon  le 
2i)  juin  dernier  et  qui  sera  close  à  la  fm  du 
mois  d  octobre,  avait  un  caractère  univer- 
sel et  înternaliouaK  Malgré  Tampleurdeson 


■▼■W" 


^w^ 


403 


lOUftNAt  MENgURL  ÙV!  L  A€ADEMIR  NATIONALE. 


464 


programme,  elle  iraeependani  pas  rencon- 
tré TappUL  de  la  grande  industrie  ou  du 
haut  commerce,  et  ia  municipalité  de  Di- 
jon n'a  allé- même  prêttï  qifun  concours 
assez  ri^streiat  aux  organisateurs. 

Dans  ces  conditions,  1  exposition  de  Dijon 
est  demeurée  une  entreprise  privée,  d'ail- 
î(>urs  intéressante  et  bien  agencée^  mais  dé- 
pourvue  de  1  éclat  fjLio  seulâ  pouvaient  lui 
donner  les  concours  ofli^ieïs. 

Tel  le  quelle, elle  n'en  a  pas  moins  constitué 
une  excellente  leçon  do  choses  pour  las  vi- 
siteurs, en  même  temps  qu  elle  a  servi  d'en- 
eourâgement  à  tous  les  pionniers  de  la 
îfrande  cause  du  progrès  générât,  en  leur 
nfTrant  une  nouvelle  occasion  de  mettre 
leurs  travaux  en  évidence. 

Parmi  les  exposants  de  produits  agricoles 
ou  industriels^  dix-sept  apparren  aient  à  no- 
tre Société,  et  nous  allons,  comme  a  Tlia- 
bitude,  rendre  compte  de  leurs  participa- 
tions en  suivant  Tordre  alphabétique  des 
noms. 

M.  Bartolomei,  chirurgien-dentiste,  à 
Bucarest,  légitime  possesseur  d'une  antério- 
rilé  d'exercice  de  Todontologie  en  llouma- 
nie  qui  lui  permet  de  prendre  le  titre  de 
premier  dentiste  roumain^  a  exposé  à  Di- 
jon, en  même  temps  d'ailleurs  qu'ù  Hoche- 
for  t-sur- Mer,  d'intéressantes  collections  de 
dentures  artifïcieUes,  d'appareils  dentaires 
et  de  produits  dentifrices.  Le  tout  témoigne 
d'une  grande  maîtrise  technique  chez.  >K Bar- 
loloraéi  et  prouve  qu'il  est  entièrement  à  la 
hauteur  de  tous  les  progrès  de  son  art. 

M,  Bastos,  d'Oran,  a  fait  installer  u  Di- 
jon comme  à  Bochefort,  une  vitrine  déco- 
rée dans  un  style  mauresque  et  renfermant 
des  spécimens  des  diverses  sortes  de  ci^^a- 
rettes  préparées  dans  sa  manufacture,  ciga- 
rettes qui  sojit  particulièrement  appréciées 
par  tous  les  fumeurs  délicats. 

M.  CAt:cAL,  distillateur  et  fabricant  de 
liqueurs,  ^  Saint-Germain-du-Bois  Saône* 
et-Loire]  continue  la  gi^rauee  de  rancîeniie 
maison ^q  ut  sous  le  nom  de  Caucaî-Lavrand^ 
a  conquis^  depuis  nombre  d'années,  la  plus 


légitime  réputation  dans  le  commerce  des 
liqueurs.  Parmi  les  produits  exposés  dans 
la  grande  vitrine  particulière  de  M.  CaucaU 
nous  remarquons  des  bouteilles,  flacons  ou 
cruchons  de  menthe  verte,  de  menthe  blan- 
che, de  curaçao  triple  sec,  de  ratafia  de 
cuings,  de  prunelle  de  Bourgogne,  de  pru- 
nelle Caucal,  et  de  liqueur  Bacchante,  Va 
tinesse  et  Texcellence  de  tous  ces  produits 
ont  déjà  valu  à  la  maison  près  de  90  récom- 
penses, dont  7  diplômes  d'honneur,  parmi 
iesi]uels  se  trouve  celui  de  notre  Société. 
L'exposition  de  Dijon  ne  peut  que  consacrer 
une  fois  de  plus  ces  brillants  succ^. 

M .  Cahumeil,  à  Annonay  (Ârdèche)  a  en- 
voyé à  Dijon  des  échantillons  de  son  pro- 
duit dénommé  i4/coo/  de  menthe  des  Céven- 
nés,  qui  offre  une  supériorité  incontestable 
sur  beaucoup  de  produits  similaires. 

Cette  supériorité  tient  à  ce  que  Talcool 
de  menthe  des  Cévennes  est  obtenu  par  la 
distillation  réelle  d'un  alcool  pur  en  pré- 
sence de  menthe  poivrée  fraîche,  et  non 
comme  le  sont  beaucoup  de  produits  vendus 
a  bas  prix,  qui  résultent  d'une  simple  disso- 
lution dans  l'alcool  d'essences  de  menthes 
diverses. 

Par  la  distillation,  le  produit  de  M.  Chan- 
meil  acquiert  un  goût  moelleux  et  fondu 
qu'il  est  impossible  d'obtenir  par  le  simple 
mélange  d'alcool  et  d'essence.  Il  faut  remar- 
quer en  outre  que  la  menthe  poivrée  crois- 
sant dans  les  montagnes  des  Cévennes  a  un 
parfum  beaucoup  plus  suave  que  celui  des 
menthes  se  développant  sous  le  climat  très 
chaud  de  différentes  contrées  du  Midi.  L'al- 
cool de  menthe  des  Cévennes  est  donc  di- 
gne de  prendre  place  au  premier  rang  dans 
la  faveur  des  consommateurs  de  produits  de 
cette  nature. 

M.  Delaunay,  fabricant  de  meubles,  à  Pa- 
rts, se  trouve  bien  parmi  les  exposants  de 
Dijon,  mais  sans  avoir  fait  les  frais  d'une 
participation  en  rapport  avec  l'importance 
de  son  industrie.  Comme  spécimen  de  cette 
industrie,  nous  n'avons  vu  qu'un  bureau 
dénommé  franco-américain^  qui  est  d'ail- 
leurs l'une  des  spécialités  les  plus  remar- 


T-?:*" 


105 


EXPOSITIONS   ET   CO^^COURS. 


4Vl\ 


quables  de  la  fabrication  do  la  maison.  Les 
bureaux  franco-américains  fabriqués  par 
la  maison  Delaunay  sont  des  perfectionne- 
ments des  meubles  de  même  genre  construits 
aux  Etats-Unis  qui,  grâce  à  un  agencement 
ingénieux  de  tiroirs  et  de  compartiments, 
ont  semblé  si  commodes  et  si  pratiques,  dès 
leur  apparition  en  Europe.  On  peut  dire 
que  ces  meubles  de  la  maison  ûelaunay 
réalisent  l'idéal  de  tout  travailleur  de  bu- 
reau. La  fermeture  du  rideau  de  bois  souple 
qui  clôt  le  pupitre,  réalise  automatiquement 
le  fermeture  de  tous  les  tiroirs,  de  sorte  que 
le  fonctionnement  d'une  seule  serrure  suf- 
fit à  ouvrir  ou  fermer  la  totalité  des  com- 
partiments du  bureau,  lesquels  sont  assez 
nombreux  pour  suffire  aux  besoins  de  toute 
une  organisation  d'écritures  commerciales 
ou  administratives.  L'ensemble  du  meuble 
est,  il  est  vrai,  assez  volumineux  ;  mais  la 
construction  en  est  établie  si  ingénieuse* 
ment,  que  la  division  en  plusieurs  parties  se 
fait  facilement,  de  façon  à  rendre  aisé  le 
transport  ou  le  déplacement  du  bureau. 
Celte  création  d'un  bureau  franco-améri- 
cain si  bien  conçu  et  si  bien  construit,  ho- 
nore la  maison  Delaunay  au  même  titre  que 
ses  plus  magnifiques  ameublements  de 
style. 

M.  Florence,  peintre- verrier,  à  Tours,  a 
fait  installer  dans  le  pavillon  de  la  section 
des  beaux-arts  de  l'Exposition  de  Dijon,  son 
beau  vitrail  représentant  Jeanne  d'Arc 
écoutant  ses  voix,  que  nous  avons  déjà  vu 
et  remarqué  à  plusieurs  expositions  précé- 
dentes. 

On  a  reproché  à  ce  vitrail  de  manquer 
de  coloris  ;  mais  nous  préférons  cependant 
ses  tonalités  douces  aux  couleurséclatantes, 
mais  quelque  peu  brutales,  qui  cactériscnt 
d'autres  vitraux. 

M.  Fortin,  à  Mooroopna,  état  de  Victoria 
.Australie  ,  est  un  viticulteur  émérile  d'ori- 
gine française  qui  est  gérant  d'une  entrepri- 
se d'exploitation  de  vignobles  appelée  the 
Goulburn  walley  wine  and  distillery  coin- 
panj' (littéralement  :  compagnie  de  vins  et 
de  distillerie  de  la  val  léc  de  Goulburn).  Cons- 


LJtués  en  cépages  de  choix,  les  mieux  appro- 
priés au  sol  et  au  climat,  les  vignes  du  do- 
maine dont  rexploitation  est  dirigée  par  M. 
Fortin  sont  traitées  et  soignées  d'après  les 
mefUeures  méthodes  de  culture.  La  récolte 
on  est  faite  et  préparée  conformément  aux 
règles  les  plus  modernes  de  la  vinilioation 
scientifique,  à  Taide  d'un  matériel  irrépro- 
ciiable,  et  les  vins  blancs  et  rouges  ainsi  ob- 
tenus se  classent  au  premier  rang  des  vins 
d'Australie  qui  sont  si  appréciés  en  Angle- 
terre. Ce  sont  des  échantillons  de  ces  vin^ 
blancs  et  rouges  que  M.  Fortin  a  présentés  à 
Tex position  de  Dijon  0(1  ils  oitt  remporté  une 
médaille. 

M.  Gatllv,  à  Romans  [Dràme  ,  afaitiiis- 
laller  une  élégante  vitrine  quadrangulairej 
dans  laquelle  sont  présentés  leséchantillins 
variés  do  tonales  genres  de  chaussures  Im- 
briqués dans  son  importante   manufacture. 

La  confection  de  k  fabrique  de  M.  Gailly 
comprend  d'ailleurs  l'universalité  des  diver- 
ses sortes  de  chaussures  depuis  le  soulier  de 
bal  en  satin  brodé  jusqu'au  lourd  brode- 
quin de  chasse  et  même  la  boite  â  récuvrro* 

Suivant  les  genres,  ces  r-haussures  sont 
avec  semelles  cousues  ou  clouéfs.  Maisqu'el- 
les  soient  de  sortes  fines  ou  de  sortes  ordi- 
naires, les  chaussures  de  la  manufacture 
Gailly  sont  d'une  torme  élégante,  d'une  con- 
fection soignée  cl  d'une  excellente  quai r te 
de  matière  première.  Au  reste,  la  plupart 
des  cuirs  employés  à  la  fabrication  des  chaus- 
sures sont  préparés  dans  les  ateliers  de  cor* 
roirie  taisant  partie  de  la  manulacture  elle- 
même.  Depuis  longtemps,  lespîushautesré' 
compenses  ont  consacré  les  mérites  excep- 
tionnels des  chaussures  de  M.  Gailly. 

M.  GiAMMusso,  à  Aidone  (Italie),  a  envoyé 
lïToxposition  de  Dijon  de  même  qu'à  celle  de 

I  loche  fort,  des  échantillons  de  la  liqueur  île 
quinquina  dont  il  s  est  fait  une  spécialité  iM 
que  nous  avons  déjù  mentionnée  dans  le 
dernier  numéro  de  notre  journal. 

M.  GouTHiÈRÊ,  négociant  en  vins  et  Ja- 
bricanl  de  liqueurs,  a  Nancy,  a  placé  sa  dis- 
tillerie sous  régide  de  Jeanne  d'Arc  et  c'est 


m 


JOURNAL  MBNSUKL  OK  L'AGADKIIIC  NATIONALB. 


468 


un  portrait  de  la  vaîllanie  Lortainequi  cons- 
titue la  manjue  diïlinctîvc  de  ses  étiquet- 
tes et  cadiets. 

Les  iiq lieu r^r,  sirop^^  apéritifs  et  spiritueux 
delà  (liMilIerie  Jeanne  d'Arc  sont  d'une 
préparation  soign<?e  rpii  ne  met  en  œuvre 
que  les  produits  de   ia   meilleure   qualité. 

Ett  outre  des  genres  courants  du  coni'- 
merce,  M,  Gouthière  prépare  deux  excel- 
lenies  spécialités  :  te  Kina*Cycle  et  la  Pé- 
dûiîne. 

Ces  deux  dénomi nations  originales,  qui 
révMenl  évidemment  cliez  M.  Gouihière,  ou 
du  moins  chez  ses  deux  fils  associés  à  sea 
ûtraiies^  un  goût  très  vif  pour  le  cyclisme, 
s'applir)uent  :  la  première  u  un  apéritif  à 
à  lase  de  quinquina,  et  la  seconde  à  une 
liqueur  éXI raffine,  dite  tonique  et  dlges** 
tivO;  qui  forme  reicellenl  complément  d'un 
dessert. 

M.  iACQLTMm,  k  Mal/éviJle,  près  Nancy, 
a  naturellement  tenu  k  participer  large- 
ment à  une  exposition  leniid  dans  un  cen- 
tre vitrcole  de  t  importance  de  Dijon.  Aussi 
a-t-îl  fait  instatlor,  en  bonne  place,  une 
grande  vitrine carn-e  renfermant,  outre  uu 
médaillieret  une  longue  liâte  de  récompen** 
ses,  des  bacons,  bon  Lionnes  et  bidotts  de  ses 
levures  pures  culiivées,  dont  l'emploi  va  en 
se  (fénéralisani  progressivement  dans  tous 
les  vigrîobles,  an  grand  profil  de  la  qua- 
lité des  vins  obtenus.  Ce  sont  naturelle- 
ment des  levures  des  principaux  crus  de 
Bourgogne  que  M.  Jacquemin  a  spécia- 
lement présentés  A  1  exposition  de  Dijon. 
An  furet  a  mesure  que  se  développe  l'em- 
ploi des  levures  préparées  k  Tlnstitulde  la 
Claire  du  Loche,  à  Morteau  (Doubs),  M. 
Jac([tiomin  diapose  d'attestations  de  plus  en 
plus  nombreuses  fournies  par  des  viticul- 
teurs qui  se  déclarent  pleinement  satisfaits 
d'avoir  fait  usage  de  ses  levures,  lesquelles, 
toujours,  déterminent  des  fermentations 
rapides,  saines,  réguli 6res  et  complètes,  pro- 
duisant géncralcment  une  augmentation 
du  degré  alcoolique,  un  développement 
marquf?  des  boufpjcls  et,  dans  tous  les  cas, 
une  constitution  parlattement  solide  des 
vins  formés. 


M.  Lagacue,  à  Paris,  n'a  pas  hésité  à 
présenter  ses  produits  de  conflaerie  fine  : 
nougats,  pralines,  pastilles  et  bonbond  di- 
vers, dans  une  ville  comme  Difon»  qui 
Jouit  elle-même  d*une  légitime  répuUtioo 
pour  Texcellence  de  diverses  productions 
spéciales  de  confiserie.  Certes  la  confiserie 
de  M .  Lagache  est  de  nature  à  ao  tenir  au 
premier  rang  k  Dijon  comme  partent  ail- 
leurs. 

M.  Mêaé  DE  CHAirtiLLY,  k  Orléans,  expose 
ses  produits  bien  connus  de  droguerie  vété- 
rinaire, tels  que  V onguent  rouge  Méré,  le 
physîc  bail  Méré  et  Yemhrocation  Méré. 
A  ces  produits  spéciaux  pour  le  traitement 
des  chevaux,  sW  ajouté  depuis  quelque 
temps  une  embrocation  athlétique  destinée 
k  être  employée  par  les  champions  de  la 
pédale  ou  des  sports  exigeant  de  grandes 
dépenses  de  forces  physiques.  Les  bons 
effets  de  Tembrocatiou  athlétique  aur  toute 
la  musculature  ont  déjà  été  reconnus  par 
nombre  d'athlètes  renommés. 

M.  MiCHAL,distillateur-liquoriste  âHyères 
(Var),  présente  à  Dijon  comme  à  Rochefort 
différentes  spécialités  ainsi  désignées  : 
Amer  Michal^  Arquebuse  Michal,  Absin- 
the Française  Michal,  Liqueur  la  Hyéroi- 
se,  et  Rhum  Saint-Costa. 

Préparés  avec  beaucoup  de  conscience  et 
de  soins,  ces  produits  ont  une  finesse  qui 
leur  permet  de  rivaliser  avec  ceux  des  plus 
grandes  marques. 

M.  pRLvosT,  à  Paris,  a  envoyé  A  Tex posi- 
tion de  Dijon  cinq  pianos  de  sa  facturecou- 
rante.  Comme  instruments  musicaux  et 
comme  meubles,  ces  pianos  étaient  à  la 
hauteur  de  la  notoriété  qu'a  conquise  la 
marque  Pruvost  depuis  quelques  années, 
notoriété  qui  ne  peut  aller  qu'en  s'accrois- 
santdans  Ta  venir. 

M.  SnHANTÉ,  pharmacien  à  Met/  (Alsace- 
Lorraine),  prépare  une  liqueur,  dont  la  dé- 
signation Kola-Kina  Schanté  indique  assex 
la  composition  fondamentale,  à  base  de 
quinquina  et  de  noix  de  kola. 


460 


EXPOSITIONS 


Les  mérites  Ioniques  et  stimulants  de  ces 
deux  produits  des  pays  tropicaux  sont  main- 
tenant unanimement  reconnus,  et  la  judi- 
cieuse association  des  deux  produits  fait  de 
la  liqueur  8chanté  un  reconstituant  de  pre- 
roîer  ordre. 

MM.  SmoN  PRÊRES,  à  Cherbourg,  ont  en  • 
voyé  à  Dijon  une  collection  assez  complète 
des  instruments  de  leur  fabrication  com- 
prenant :  fouloirs  &  raisins,  pressoirs  ordi- 
naires à  claies  circulaires  ;  pressoirs  nou- 
veaux à  charges  fractionnées  et  superpo- 
sées, enveloppées  de  toiles  spéciales  et  sé- 
parées par  des  claies  de  drainage  horizonta- 
les ;  écrémeuses  centrifuges  dénommées  la 
Couronne  ;  barattes  à  mono  batteurs  ;  ma- 
laxeurs ;  moules  &  beurre  ;  concasseurs  de 
grains  et  broyeurs  de  pommes. 

Les  pressoirs  nouveaux  à  charges  frac- 
tioDiiéc»  ont  plus  particulièrement  attiré 
l'attention  des  viticulteurs  bourguignons 
venus  en  foule  à  l'exposition  de  Dijon,  et, 
ce  nooTeau  système  de  pressurage  a  été  très 
favorablement  apprécié.  Il  a  pour  lui, d'ail- 
leurs, la  sanction  d'expériences  pratiques 
coDclaantes  puisquefà  la  suite  d'un  concours 
tenu  à  Nantes,  Vannée  dernière,  sous  la  di- 
rection de  M.  Ringelmann,  chef  de  la  Sta- 
tion d*e8sais  du  ministère  de  l'Agriculture, 
la  oiédaiUe  d'or  constituant  lo  premier  prix 
a  été  décernée  aux  nouveaux  pressoirs  de 
.MM.  Simon  frères,  comme  ayant  donné  le 
plus  de  liquide,  avec  la  moindre  force  dé- 
pensée et  dans  le  moins  de  temps  employé. 
Ajoutons  aussi  que  le  liquide  obtenu  au 
moyen  de  cette  nouvelle  méthode  de  pres- 
surage est  d'une  grande  limpidité  relative, 
comportant  beaucoup  moins  de  lie  que  le 
liquide  sortant  des  pressoirs  ordinaires, 
avantage  qui  est  particulièrement  appré' 
dable  dans  la  préparation  des  vins  blancs, 
surtout  lorsqu'on  veut  les  obtenir  de  rai- 
sins rouges,  ce  qui  est  maintenant  une  pra- 
tique courante. 

La  viticulture  bourguignonne  ne  peut 
donc  qu'être  reconnaissante  à  MM.  Simon 
frères  d*avoir  créé  un  nouveau  mode  de 
pressorage  constituant  un  progrès  réel  sur 
l'ancien  système. 


ET  CfK^CÔUAS.  470 

EXPOSITION  oE  ROûHEronr 

[Suite.) 

Le  compte  rendu  d&  l'exposition  de  lio* 
cheforÈ,  que  nous  avons  publié  d^ns  notre 
journ»!  de  sopt^^rabrej  appelle  un  complé- 
ment pour  la  rédaction  duquel  nous  ii'avonj 
dis|K>sé  des  éléments  nécessaires  qn  aprè^ 
le  tirage  de  ce  journaL  11  s'agit  des  parti' 
cipatîons  d'un  certain  nombre  d'exposants 
dont  radfiésian  ne  nous  est  parvenue  que 
tardivement.  Voici  \b^  notnsque  nousavou* 
à  publier  concernant  ces  participations  : 

M.  Bartoîx>me^  premier  dentiste  roumain, 
à  Bucarest,  a  exposé  des  travaux  de  son  art 
qui  témoignent  d'une  habileté  technique  de 
tout  premier  ordre,  mais  dont  la  descrip- 
tion serait  superflue  dans  nos  colonnes. 

M ,  Blindin,  viticulteur,  à  Magaratch  Gn- 
mée),  a  (?xposé  des  vins  blancs ,  des  vin  s; 
rouges  et  de»  vins  de  liqueur,  obtenus  de 
vignobles  dont  il  dirige  personnellement 
rexploitatfou,  en  y  appliquantles  méthodes 
françaises.  Ces  vins  sont  sensiblernent  su- 
périeurs à  ceux  (|ue  préparent,  dans  la  mô- 
me contrée,  les  vignerons  russes  qui  suivent 
des  errements  traditionnels  par  trop  prioii* 
tiff. 

M.  CoMSES,  an  château  de  Urouer,  com- 
mune de  Vire  (Lot:,  présente  des  vins  du 
canton  de  Puy-riivêque,  semblal>les  àceu^ 
qui,  envoyés  au  concours  agricole  de  Paris 
en  1895,  y  obtinrent  une  médaille  d'argent. 
Ces  vins  sont  obtenus  du  cépage  indigène 
dénommé  Auxerroîs  grefTé  sur  plants  amé- 
ricains de  Hiparia  et  Hupestris  Phénomène 
du  LoL  Ils  ont  tous  les  caractères  des  meil- 
leurs vins  dits  de^ahors,  qui  jouissaient  dé- 
jà d'une  grande  renommée  dans  lancrenne 
Gaule,  ainsi  qu'en  témoignent  les  Commun- 
taires  de  Jules  César.  L'éminent oenologue, 
le  docteur  Jules  Ouyot,  parlant  des  fins  du 
Lot^  a  écrit  ^f  qu'il  avait  été  surpris  des  hou^ 
effets  de  ces  vins  sur  la  digestion  et  sur  leA 
(orces  du  corps  et  de  l'esprit.  » 

Après  leur  envahissement  par  le  phyllo- 


4ÎÎ 


jaVRIVAt    HK^âUfiJL   DE 


xéra,  les  vignobles  d a  LoL  ont  été  reconsti- 
tués en  cépages  indlgènci  g('etfû:i  sur  plante 
américains  parfaitement  uppropriéi  à  la  na- 
ture dn  sol,  et  la  production  des  nouvelles 
vignes  a  présenlé  les  mt^mes  mérites  qu  au* 
trefois.  Aussi  les  vins  de  Gahorâ  sont-iU 
toujours  de  bonne  conservation  et  d'un 
excellent  bouquet  qui  se  développe  ot  ^agne 
en  qualité  aveclage.  Leur  richesse  alcooli- 
fjuc  va  de  10  à  li?  degrés^  dépassant  même 
ce  dernier  çhilîre  dans  les  bonnes  années. 

De  la  généralité  des  vins  du  Lot.  ceux  du 
canton  de  Puy-rEvéque,  présentés  par  M. 
Combes^  sont  peut-être  les  plus  soignés,  les 
mieux  tniitéiï  et  par  conséquent  le^  plu^iJins 
de  goiU  et  les  plus  solides  de  consistance. 

M.  Dëhelle,  pharmacien  et  cbimiste- 
micrographe,  à  Lonc  Sartbe  ,  pénétré  de 
1  importance  indéniable  de  Thygiènedela 
bouche,  a  appliqué  ses  connaissances  scieu 
ttliques  à  constituer  un  ensemble  de  pro- 
duits dentifrices  d'une  composition  essen- 
tiellement antiseptique. 

l'iirmi  C6S  produits,  ciions  rémaiilinG  De- 
tnelle^  composition  destinée  à  entretenir  et 
inéme  à  vivilier  Témail  de^  dents,  et  t  eli- 
xir,  la  pale  et  la  poudre  dentifrices  k  base 
d  antiseptiques^  tels  que  le  glycéro-benzo- 
naplilol  etletanïio-salol.  On  ne  saurait  trop 
recommander,  pour  les  soins  tiygiéniejue^ 
de  la  bouche,  lusagede  produits  au^siscicn* 
tiliquement  composés. 


L^CADKMIS  NATIONALE.  472 

M.  MicHAL,  distillateur,  à  Hyères  Var;,a 
présenté  ses  spécialités  consistant  eu  un 
I  amer,  une  eau  d'arquebuse,  une  absinthe, 
unrbum  eirezcellente liqueur  la  Hyéroise. 
hô  même  que  a  noblesse  oblige  »,  la  rési- 
dence de  M.  Michal  sur  la  côte  parfumée 
d  Hyères  lui  fait  une  loi  de  ne  préparer  que 
des  produits  véritablement  extra-fins. 

H.NicHOL:.s,à  Glasgow  (Ecosse), présentait 
des  whiskies  parfaitement  r3ctifi  es  et  mù* 
ris,  que  leur  finesse  recommande  au  choix 
dos  amateurs  de  ce  spiritueux, lequel  compte 
tant  d'adeptes  dans  les  populations  de  race 
britannique.  Bien  qu'il  ne  plaise  générale- 
ment pas  au  goût  français,  le  whiskey  n'en 
ust  pas  moins  un  spiritueux  tonique  d'un 
rcol  mérite. 

M.  SoDERLUND,négociant  à  Karlsham  (Suè- 
de), a  envoyé  à  Rochefort  des  conserves  de 
barengs  fins  marines,  préparées  avec  un  soin 
et  un  bon  goût  auxquels  on  ne  peut  que 
rendre  hommage,  et  méritant  la  qualifica- 
tion de  Délicatesses  que  Ton  applique, dans 
les  pays  du  Nord,  à  toutes  sortes  de  prép- 
rations  alimentaires,  à  saveur  plus  ou  moins 
épicée.  Véritablement  les  harengs  marines 
de  M.  Soderland  constituent  un  hors-d*œu- 
vre  exquis,  auquel  on  est  heureux  de  pou- 
voir goûter  en  France  grâce  à  leur  mise  sous 
forme  de  conserves. 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


LA  LIQUEUR  CHARTREUSE 

Quel  est  le  secret  de   la  recette  pour  la 
préparation  de  la  célèbre  liqueur  connue 

sous  le  nom  de  Chartreuse  'f  C'est  hï  une 
question  qui  a  préoccupe  bon  nombre  de 
distillateurs  de  profession,  ainsi  qu'une 
grande  quantité  de  personnes  se  livrant  à 
la  préparation  de  ce  qu  on  appelle  les  li- 
quciiJ's  de  ménage . 
>ous  ne  prétendons  pas   jiouvoir  révéler 


le  secret  dont  il  s*agil,  mais  il  nous  parait 
utile  de  reproduire  les  indications  suivantes, 
données  par  le  D'  Félix  Brémond,  dans  le 
Dictionnaire  de  la  Table  ; 

'f  Toutes  les  liqueurs  monacales  génêrale- 
jn^înt  ci^timccs,  trappistine,  bénédictine,  feuil- 
lunline,  etc.,  se  rapproclient  plus  ou  moins  de 
la  Chartreuse.  Au  début  de  son  industrie,  i'or- 
ilie  religieux  que  saint  Benoît  institua,  sans 
iiony:er  à  la  distillerie,  ne  préparait  que  «  l'éli- 
xir  de  la  grande  Chartreuse  »  ;  il  a  doté  le  mon- 
de gourmand  de  «la  chartreuse  blanche  »>,  do 
»  la  chartreuse  jaune  o  et  de  «  U    chartreuse 


^^ifp* 


473  THODUiTS 

verte  >,  lor3qu*a  augmcnlô  le  débit  des  peti- 
tes floles  enfermées  dans  des  étuis  en  hots. 

Voici,  diaprés  Dorvault,  la  formule  de  Télixir 
de  la  ^aode  Chartreuse  :  Mélisse  fratche,  160 
(grammes  ;  hysope  fraictie,  610  ;anffélique  fr^it- 
eue,  320  ;  canoelle,  16)  ;  safran,  40  ;  rnacis 
Heur  de  muscade),  40.  Après  liuit  Jours  de  ma- 
cération dans  10  litres  d'alcool,  ou  disUUe  sur 
unecerUiine  quantité  de  plantes  fraicJies  ;  oti 
bout  de  quelques  temps,  on  presse,  on  ajoute 
1.2M  grammes  de  sucre  et  on  flltre.  Les  li- 
queurs se  font  avec  le  résidu  de  cette  distilla* 
lion,  auquel  on  ajoute  des  proportions  vnnnbLes 
de  plantes  fraîches,  pour  obtenir  d'abord  la 
verte,  puis  la  Jaune,  enfin  la  blanche.  Si  j  en 
crois  un  habitant  de  l'Isôre,  bien  informé,  cette 
transformation  n'est  pas  pratiquée  au  couvent 
des  moines,  mais  bien  dans  une  véritable  usi- 
ne, située  à  quelques  kilomètres  plus  Las,  au 
lieu  dit  Pourvoiries,  à  l'entrée  de  la  piLLorcs- 
que  grotte  du  Désert.  Un  professeur  de  I  Hcotc 
de  pharmacie  a  publié  une  formule  plu*}  pi-otl- 
que,  et  peut-être  plus  vraie,  de  la  liqueur  que 
Ton  croit  toujours  fabriquée  avec  les  pi  an  tes 
des  Alpes  dauphinoises.  La  voici  :  Ëssencn  de 
mélisse  ci tronée,2 grammes  ;  d'hysope,2,  dan- 
gélique,  10  ;  de  menthe,  20  ;  do  muscade,  2  ■ 
de  jgirofle,  2  ;  sucre,  400  ,  alcool  :  2  litres.  Je 
n'ai  pas  besoin  de  dire  que  les  chartieuses  à 
bon  marché  ont  une  composition  encore  plus 
élémentaire  ;  l'eau-de-vie  de  betterave  et  la  mé- 
lasse en    font  nécessairement  partie. 

La  chartreuse  véritable  est  un  bon  dlgesliN 
mais  les  personnes  qui  en  abusent  sont  dou- 
blement incommodées.  Indépendamment  des 
accidents  inhérents  à  la  trop  grande  Ingtjation 
d'alcool,  elles  éprouvent  encore  un  malaise  spé- 
fial  et  des  accidents  nerveux  particuliers,  dus 
.1  raction  des  essences.  L'élixir  est  un  vérita- 
ble médicament  et  non  une  liqueur.  A  la  dose 
dune  cuillerée  à  café,  au  plus,  il  peut  rendre 
quelques  services  dans  les  tranchées,  les  coli- 
ques et  l'indigestion,  mais  il  est  dangereux 
d'en  prendre  à  tout  propos,  malgré  l'apprécia- 
tion emphatique  d'un  pieux  hygiéniste  qu'il  est 
inutile  de  nommer.  • 

De  notre  côté,  nous  avons  eu  connais- 
sance de  la  recette  suivante,  que  nous  avons 
expériaientée  personnellement  et  qui  nous 
a  donné  d'excellents  résultats,  en  Iburnîs- 
sant  une  liqueur  se  rapprochant  le  plus 
près  à  notre  connaissance,  de  la  véiitable 
Chartreuse  : 

Faire  macérer  pendant  48  heures  dans  un 
litre  d'alcool  à  90«  un  mélange  ainsi  composé  : 

Anis  étoile 3  grammes . 

Racine  d'angélique 1  grammt^. 

Safran 2o  cenligriinimcs. 

Carvl 1  gramme. 

Ambrctte 20  graines . 


M^UlBMAinKS. 


174 


Faire  fondre  un  kîlo^rammQ  de  sucre  dan!^ 
im  litre  d'eau  distillée,  opérer  ensuite  le  mé- 
lange des  deux  liquides,  et  filtrer. 

Le  mélange  d  aromates  dont  il  s'agit  pou- 
vant s'obtenir  aisément  chez  tous  les  phar- 
maciens et  droguistes,  la  préparation  d'une 
liqueur  dite  Chartreuse  se  trouve,  grâce  a 
cette  recette,  aussi  facilitée  que  si  m  pli  liée. 
Mais,  il  ne  faut  pas  se  raîre  d'illusions,  le  mé- 
rite du  résultat  obtenu  dépendra  principale- 
ment de  ta  linesse  de  falcoûl  employé,  et 
ce  qui  rend  la  véritable  Ctiartreuse presque 
inimitable^  c'est  bien  plus  la  supériorité 
des  vieilles  eaui-devie  ralûnée^  employées 
à  sa  préparation j  (jue  la  combinaison^  plus 
ou  moiuiïsecrèteet  plnsou  moins  coin  (ilexe. 
des  graines  et  plantes  atomatiques  uti liftées 
pour  constituer  sa  saveur  spéciale. 

Nous  savons  bien  qu'il  existe  une  légende 
d'après  laquelle  le  secret  de  la  composition 
de  ia  Chartreuse  serait  enfermé  dam  un 
cœur  d'argent  que  porte  constamment  sur 
sa  poitrine  le  supérieur  du  couvent  î  Mais 
cette  légende  n'est  qu'un  attrape  nigaud, 
à  /usage  des  personnes  assez  sottes  pour  ad- 
mettre qu'une  préparation  véritablement  in- 
dustrielle, qui  porte  chaque  année  sur  pliï- 
sjeurâ  millions  de  bouteillesj  peut  reposer 
sur  un  secret  détenu  par  une  seule  personnel 

De  secret  proprement  dit  il  n'y  en  a  pas. 
et  il  ne  saurait  y  en  avoir  11  est  même  in- 
ii  ni  ment  probable  que,  suivant  les  années  et 
stiivanttes  ressources  fournies  par  la  végé- 
tation d&î  plantes  hatsamiquesj  la  compo- 
sition des  mélanges  aromatiques  employée 
dans  les  laboratoires  du  couvent  de  la  Gran- 
do  Chartreuse  doit  subir  des  variations  ptu^ 
ou  mûîns  importantes. 

Mais,  ce  qui  est  certain,  c'est  que,  dans, 
le  personnel  du  cou  ventôse  trouvent  des  dé- 
gustateurs éméritesr  au  goût  franc  et  sm\ 
qui  savent  excellemment  diriger  lesdisith 
lationset  les  manipulations  di verses ,  de  l^i- 
con  à  ne  livrer  au  commerce  qu'un  produit 
réellement  très  tin  et  d'une  qualité  incon- 
testablement supérieure. 


475 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'ACADEMIE  NATIONALE. 

COMMERCE 


476 


LC    CÛMW£ROE   EXTÉRIEUR  DE   LA 
FRANCE  EN  AOUT  1898. 

A  la  tin  du  mois  d  août, les  statistiques  of- 
ficiel les  de  noire  commerce  extérieurétaient 
les  suivantes,  pour  l'année  courante  et  pour 
Tannée  dernière  : 

objets  (rfilim(*ntation  1.081.855.000     583.46S.000 

à   rinduatrie.....     l. rilîi. 409. 0(>0  1.570. TlO.rOO 

Ohjete  fabpiqiîéa 41R. 142.000      402.091.000 

Totaux,  fr.. . .  3  049.406.000  2.554.47S.000 


E:iî»OllTATIOfîi?. 


1898 


1897 


410.636.000   439.782.000 


ObjolB  d'alimentation 
Matières    nécessaires 

h  riinhiBtrie i;n0.8e9.00n      rt27  170.A0n 

Ohieta  fabnaué* 1,152.6*8.000  1.181.751.000 

Colis  poiUiîX. 102.470  000       97.7(8.000 

Totaux,  fr. . . .  g,  j^5.613. 000  2.346.421.000 

En  rapprocliant  ct^s  chiffres  de  ceux  qui 
exprimaient  les  résul  tats  de  notre  commerce 
à  la  fin  de  juillet,  on  constate  que  les  résul- 
tats propres  aux  mois  d'août  desannées  1897 
et  1808  sont  les  suivants  : 

Août  1898       Août  1.397 

Importations ,..,.    329.304.000    307.559.000 

Exportations 321.088.000    254.030.000 

Ces  résultais  doivent  être  considérés  com- 
me relativement  satisfaisants.  Si,  compara- 
tivement aux  mouvements  du  mois  d'août 
1807,  nos  importations  ont  augmenté  de 
21.745,000  fr.  en  aoiH  1898,  il  est  agréable 
de  constater  que,  de  leur  côté,  nos  exporta- 
tions se  sont  accrues  de  67.028.000  fr.  Il  y  a 
là  un  premier  effet  lieureux  de  la  fin  de  la 
guerre  liispano-américaine.  Il  est  évident 
qu'un  nombre  d'expéditions  de  marchan- 
dises, à  destinatioQ  des  anciennes  Antilles 
espagnoles,  qui  avaient  dû  être  suspendues 
ou  retardées  pf^ndant  les  mois  précédents, 
ont  pu  reprendre  leur  cours  normal  durant 
le  mois  d'août. 

Malïieureusement  cette  amélioration, quel- 
que remarquable  qu^elle  soit  en  elle-même, 
Est  d*une  bien  faible  valeur  absolue,  et  ne 


peut  modiGerie  caractère  général d^  résul- 
tats globaux  des  huit  premiers  mois  de  l'an- 
née 1898.  Ces  résultats  86  traduisent  par  un 
sol  défavorable  de  la  balance  duconoiniwce 
atteignant 773.093. 000  fr.,alorsque  le  solde 
déficitaire  des  huit  premiers  mois  de  l'année 
1897  n'était  que  de  208.057.000  fr. 


LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  OC  L.A 
SUI88E   EN  1897. 

Le  trafic  commercial  de  la  Suisse  a  de 
nouveau  accusé,  pendant  1897,  une  aug- 
mentation, tant  à  l'importation  qui  s'est 
élevée  à  1,032  millions  de  francs,  qu'à  l'ex- 
portation qui  a  atteint  003  millions  de 
francs.  L'excédent  de  l'importation  sur  l'ex- 
portation a  continué  à  augmenter  aussi  et 
s'est  élevée  341  millions  de  francs,  soit  à 
33  %,  ce  qui  a  amené  un  cours  de  change 
avec  l'étranger  plus  défavorable  qu'il  ne  l'a- 
vait jamais  été  auparavant. 

Le  chiffre  total  de  Texportation  des  ma- 
chines suisses  à  l'étranger  s'est  éle%'é  pro- 
gressivement de  27  millions  de  francs  en 
1891  k  42  millions  en  1897.  Ont  contribué 
à  cette  augmentation,  pendant  Tannée  der- 
nière, les  dynamos  et  les  turbines  exportées 
en  Russie  et  en  Espagne  pour  les  travaux 
destinés  à  la  production  de  l'électricité  et  de 
forces  hydrauliques. 

L'exportation  des  montres  de  poche  et 
des  bottes  à  musique,  des  instruments  d'hor- 
logerie  et  des  rubis  de  montres,  s'est  élevée 
k  105  millions  de  francs. 

L'industrie  textile  est,  de  beaucoup,  la 
plus  importante  pour  la  balance  commer- 
ciale de  la  Suisse;  elle  importe  annuelle- 
ment pour  175  millions  de  francs  de  ma- 
tières brutes  et  elle  exporte  pour  370  mil- 
lions de  francs  (plus  de  la  moitié  du  total 
de  l'exportation)  —  de  produits  fabriqués 
entièrement  ou  en  partie.  Les  branches 
principales  de  l'industrie  textile  suisse  — 
la  broderie,  le  tissage  des  étoffes  de  soie  et 


477 


COMMERCE. 


478 


des  rubans,  le  tissage  du  coton  et  la  filature 
de  toutes  les  fibres  textiles  ont  leur  débou- 
ché en  Allemagne,  en  France  et  surtout  en 
1  Angleterre  et  dans  TAmérique  du  Nord. 
Pour  certains  articles  des  tissus  de  coton 
en  couleur  et  de  la  broderie,  les  régions 
tropicstles  jouent  le  premier  rôle,  mais  le 
débouché  y  est  fortement  disputé,  depuis 
1894,  par  l'industrie  du  coton  de  lltalie 
qui,  avec  des  capitauxsuisses  et  allemands, 
travaille che  z  elle  à  beaucoup  meilleur  mar- 
ché  que  les  autres  pays. 

Des  indices  d*une  pareille  émigration  de 
capitaux  et  d'expatriation     dMndustrie  se 
manifestent  aussi  dans  le  tissage  de  la  soie 
et  dans  les  broderiesde  Saint-Gall.  Par  suite 
du  système  protectionniste  français,  d'im- 
portantes succursales   de  maisons    de  la 
Snisse  orientale  ont  été  établies  en  France. 
Le  bill  Mac-Kinley  a,  de  son  cAté,  eu  pour 
résultat  d'attirer  aux  Etats-Unis  des  indus- 
triels de  Crefeld,  de  Lypn  et  de   la  Suisse, 
qui  y  ont  fondé  des   centres  de  production 
menaçant  la  production  européenne.  Sur 
155    nouvelles  fabriques  pour  Tindustrie 
textile  fondées  aux  Etats-Unis  en  1897,  il 
y  en  a  eu  9  pour  l'industrie  de  la  soie,  rien 
que  dans  les  derniers  six  mois.   De  fait, 
dans  la  seconde  moitié  de  1807,  Texporla- 
tion  aux  Etats-Unis  des  étoffes  en  soie  de 
Zurich,  a  déjà  diminué  très  sensiblement. 
Par  contre,  la  France  a  reçu   en  1897  des 
étoffes  en  soie  de  la  Suisse  orientale   pour 
une  valeur  de  17  milhons  de  francs,  supé- 
rieur de  3  millions  à  celle  de  1896.  On  peut 
en  conclure  que  laccord  commercial  fran- 
co-suisse de  1895,  aurait  profité  surtout  aux 
tissus  en  ?oie  de  Zurich  :  c'est  sur  cet  arti- 
cle que  porte  presque  la  moitié  de  laug- 
roentation    de    l'exportation    totale    de  la 
Suisse  en  France  pendant  les  trois  derniè- 
res années.  Le  développement  des  affaires 
avec  la  France  a  profité,  en  outre,   aux  in- 
dustries suisses  des  montres,  des  machines, 
des  produits  chimiques  et  du    fromage. 

Les  broderies  de  Saint-Gall  ont  vu  des- 
cendre la  valeur  de  leur  exportation  en  Amé- 
rique de  o2  millions  de  francs  en  1895  et  de 
30  millions  en  1896  à  27  millions  de  francs 
en  1897.  Leur  débouché  en  France  a  aussi 


dimiouê  ;  en  AngleieiTe  il  s'est  maintenu 
an  même  chiffre  de  Tannée  précédente  1 18 
millions  et  demi  de  francs  .  L'exportation 
totale  des  broderies  de  Saint-Gall  s'est  ^^ levée 
pour  Tannée  1897  à  près  de  80  millions  de 
francs  contre  78  millions  en  139*3. 

L'exportation  des  tissus  de  coton  en  cou- 
leur a  tiéchide  ^millions  et  Fcnvoi  de  tissus 
de  colon  bruts  en  admission  temporaire  à 
Mulhouse  pour  y  recevoirun  complément 
de  fabrication  a  accusé  la  même  diminution 
de  2  millions. 

Pour  les  tissus  en  laine/il  y  a  eu  augmen* 
talion  de  la  consommation  dans  le  pays  même 
—  et,  pour  les  articles  Hnls^,  dans  Texporta- 
tion  aux  pays  qui  sont  les  principaux  dé- 
bouchés, l'Angleterre,  le  î^evant,  TAsie 
orientale  et  les  Ktats-Unis, 

L'exportation  des  filés  de  coton, de  laine. 
de  sOjC  a  diminué  :  la  schâppe  seule  a  accusé 
une  léi^ère  augmentation  !?2.  Il  millions  rlc 
de  francs  en  1897  contre  21.07  millions  il  e 
francs  en  IBM:.  L'exportation  des  tissus 
élastiques  a  diminué  comme  celle  des  arti- 
cles en  maille. 

La  concurrence  étrangère*  tout  en  contra- 
riant l'industrie  textile  en  Suisse,  a  pour- 
tant contribué  au  développement  de  ses  in- 
dustries des  machines  et  des  couleurs.  L'ex- 
portation suisse  des  couleurs  de  goudron 
s*e8t  élevée  do  15  millionsOOO.OOO  francs  en 
1896  à  16  millions  1/3  en  1897. 

D*aprùs  le  tableau  de  Texportation  des 
denrées  alimentaires  suisses,  il  a  été  exporté 
en  France  pour  9,0^.^2,090  fraacs  de  froma- 
ges et  pour  021, 0<U  francs  de  bétail. 

L'exportation  totale  de  la  Suisse  en  1^97, 
représentée  par  une  valeur  de  003  raillions, 
a  été  supérieure  de  5  millions  à  celle  de 
l'année  précédente  0S8  millions  de  francsj. 

En  ce  qui  concerne  les  importations  le 
froment,  le  bétail,  Tor  en  barres,  la  l\irlne, 
le  maïs,  les  conserves  de  viande  amt^ricaine, 
le  saindoux  de  porc  ont  accusé  une  diminu- 
tion. On  aj  par  contre,  constaté  une  augmen- 
tation pour  la  soie  brute  18  millions  de 
francs  ,  les  machines,  le  charbon,  le  cuir, 
Torge,  le  malt,  le  houblon,  le  vin,  letaliac 
et  les  cigareSj  les  livres,  le  bois,  le  fourrage, 
iesen^raisj  les  porcs,  les  moutons,  les  léi^u- 


479 


iOOfLNAL  AIEiNSUEL  DK   L  AGADEMIK  iNATlONALB. 


mes,  les  œufsjle  bourre,  la  viande,  les  étoffes 
en  soie  et  les  chaussures. 


LE    COMMERCE  DE    LA 
RÉPUBLIQUE  ARGENTINE    EN   1897 

Laanée  1897  n  a  guère  été  favorable  à  la 
liépu  bl  iq  ue  Argen  ti  ne  sous  certains  rapports. 
D'abord  la  p^rte  de  la  récolte  des  céréales 
en  1800  a  fait  subir  une  atteinte  sérieuse  au 
commerce.  Puis  la  prime  sur  l'or  a  graduel- 
le mon  L  haussé  en  entraînant  une  chute  cor- 
respondante dans  la  valeur  du  papier-mon- 
naie. 

Le  pris  moyen  de  Tora  été  de  291 .30  pen- 
dant l'année,  contre  21fllô  en  189(5, et  344. 
39  en  ISQo.  Par  contre,  il  y  a  reprise  dans 
la  situation  économique,  du  pays etplusieurs 
entreprises  ont  été  rachetées  par  des  capita- 
listes européens. 

Le  commerce  extérieur  delà  République 
a  subi  utie  diminution  considérable  en  1897 
et  toujours  pnr  SU]  te  de  lapertedes  récoltes. 
Celte  diminution  s'i^st  portée  sur  les  expor- 
tations et  sur  les  importations,  les  premières 
n'ayant  atieint  que  101,169,292  piastres  or, 
et  les  secondes  que  9rï/^88,948  piastres  or 
contre  11MO-,01<Î  Piastres  et  112,163,591 
piastres,  respectivement  en  1890. 

Four  los  sorties,  c'est  la  France  qui  occupe, 
la  première  place  :  ses  achats  se  sont  éle- 
vés k  22.999.019  piastres  d'or. 

L'Allemagne....     14.047.135         — 
11" Angleterre. . .  -     12.934.090  — 

La  Hel-ique....       8.934.829  — 

Les  Ktats- bois..       8.321.611  — 

L'halle 3.fKi4.616  — 

Pour  les  importations  ; 


4Ç0 

36.392.057  piastres  d'or 
11.114.102        — 


L'Angleterre.. 
L'Allemagne.. 

U  France 11.019.576  — 

L'Ilolie 10.943.038  — 

Les   Etats-Unis.  10.101.714  — 

La  Belgique 8 .  040 .  254  — 

Les  principaux  achats  français  opérés  en 
1897  sont  : 

201.603  peaux  de  bœuf. 

48.075  peaux  de  mouton. 
188.110  balles  de  laine. 
57.358  carcasses  de  mouton  gelées. 

811  tonnes  de  blé. 
44.712  de  mais. 
43.767  de  graines  de  lin. 

4.2J3  d'autres  graines  oléagineuses. 

La  production  du  beurre  se  développe 
rapidement  dans  l'Argentine,  qui  a  pu  en 
exporter  15,000  caisses  l'année  dernière. 
Cette  industrie  est  soutenue  par  des  capitaux 
britanniques,  et  pourra  prendre  de  vastes 
proportions,  la  matière  première  étant  d*nne 
abondance  extrême. 

Parcontre,  la  pro'luclion  du  sucre  a  beau- 
coup diminué  l'auTiée  dernière,  n'ayantporté 
que  sur  105.000  tonnes  en  1896. 

U  République  a  reçu  en  1897,  72,978 
immigrants  européens  et  32,1(>5  immigrants 
venant  de  Montevideo.  Parmi  ces  immigrants 
européens,  on  a  enregistré  :  44,678  Italiens. 
18,316  Espagnols,  2,835  Français,  1,144 
Turcs,  987  Allemands  et562  Anglais.  Parmi 
eux  il  y  avait  25,483  cultivateurs  et  10,755 
journaliers.  En  1896,  les  imraigranlsd'outre- 
mer  étaient  au  nombre  de  102,673. 

D'après  le  Moniteur  officiel   du 
Commerce.: 


— i — 

BIBLIOGRAPHIE 


't 


Un    nouveau    confrère:  i«  J/i:îrjtyc.y ';  si  une  marque  de  fabrique   existe  en  Fran- 
Frant\u^i:.^.  4  ce.  Lllenous  parait  indispensable  aux  In- 

Cette  publication  constitue  un  répertoire  î  dustriels.  Fabricants,  etc.,  pour  éviter  les 


il  lustré  de  toutes  les  Marques  françaises,  à 
Taidê  duquel  on  peut  savoir  immédiatement 


procès  en  contrefaçon  de  marques. 

Paris,  97,  rue  St-Lazare.  — 20  Ir.  paran. 


Le  Directeur-Gérant,  Rédacteur  en  Chef,  Eugène  THlfiRY. 

UtiillMU^T  (OIS£)«  -^  IMPRIMEHIK  DAIX  FRÈREb,  PL.\CE  i5A IN  1- ANDRÉ,  3. 


JOURNAL    MENSUEL 


M- 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 


AGRlCÛIiE,  MANDFACTCRliiRE  ET  COKMËRCUIK        rT^7\l?.?.K^* 


68*  Annés.  —  NOVEMBRE   1S98. 


-  1      f   ^_ 


SOMMAI  HE 

AQftlCULTUll£,  —  Grandeur  tt  dêcadcncÊ  du  nitrate  de  soude  et  du  i^uiitio.  —  CL^pa^c  liybnJe  de  PÎQoL-Caber* 
Titi,  ciéc  pfiT  M.  du  LaOh  à  la  Gauphine  (Hérault!i<  —  Kxpcricncei^  pratîquo  sur  la  culture  de»  signet  amcr]«:n£i}cs, 
par  M.  ViolOf* Cqmb^ap  à  VErt*  [Loti-  —  La.  rtïcolu  du  blé  àin^  Le  monde  en  ié^H,  ~  Lei  r^<;oltes  d'org«  et  d  ^vui- 
ue,  —  Emploi  de  U  bouillie  bordelaise  contre  le  cloque  du  pocher.  — <  L'ati me rt talion  dubJiailau  moyen  dcsdr^vlKs 
ïechées.  —  L^  vij^ne  en  Kusaio,  —  La  si^ri^-iculture  dins  U  Hu&gie  d'Asie. 

INDUSTRIEi  — Kcr^nieuse  centrifuge  Iji  Cotironttt:,  de  MM.  Simon  fràra»^  ii  Cherbour|T.  -^  Ri^|i;utJtcur  d^  vitirs^e 
pour  tranïmbviom  Lirctriques,  par  MM.  Chatza  fr«reft.  â  Belle  vue  (Loiret  —  Monre  uni%'eTae1k  de  M.  Ban«,  ^i 
Nogent-le*Rotrou  (Eure-^t-Lojrf  —  Le*  L'hcminsi  de  f<?r  Trançais,  anglai*  et  alkniands.  —  Lei  chemins  de  Ur  df 
rBuTûpe  gu  t-r  janvier  iBqS.  —  La  pierre  de  vi^rre.  -^  La  production  aciueUe  du  pêtrok,  ^  La  tûbriciit[oa  ^a  par- 
fums dan^  le^  Alpi:::«»-Maiititi>i;N. 

PRODUITS  ALINI  ENTAI  R£S.  —  ['roduiti  de  eonfîserie,  de  M,  P*  Novv,  àLîma^ 

EXPOSITIONS  ET  CONCOURS,  —  Exposition  Internationale  de  Berpcn.  —  EjtpoBÎïinn  de  Rotlieforl,(Sw*7f  eljn* 
L\pusiÈ!on  de  Diion,  \Suite  cî^fi»], 

COMIiERCE.  —  Le  eocîim<?rc<3  extérieur  de  la  France  en  &eptetDbr<  tBgS.  --^Le  conimerce  de  la  France  et  de  bl's 
colonie^p  —   Le  comtnerce  extérieur  de  i'ttia lie. 


AGRICULTURE 


GRANDEUR  ET  DECADENCE 
DU  NITRATE  DE  SOUDE  ET  DU  GUANO 


Dans  un  article  publié  pur  le  Journal  de 
V Agriculture,  le  8  mai  18Q7,  M.  J.  Ph. Wa- 
gner signalait  de  nombreux  easd'eirets  nui- 
sibles produits  par  remploi  du  nitrate  de 
soude.  La  causs  da  ces  effets  nuisibles  sem- 
ble  due  à  la  présence  de  doses  élevées  de 
perehiorate  subsistant  tlans  le  produit  expé- 
dié du  Chili^  par  suite  d'un  manque  de  soins 
dans  la  pré  pa  ra  tion .  Ces  doses  de  perch  lorate. 
allant  jusqu'à  5  et  U  %,  ont  été  fréffuem- 
ment  constatées  et  ont  eauâé  d'importants 
ravages  dans  les  récoltes^  notamment  en  Al* 
lemagne,  où  Ton  a  con(;u  aussitôt  une  gran- 
de défiance  envers  les  nitrates  de  soude  d'o- 
rigine cliilionnejCt  oii  Ton  s'est  préoceupt'de 
lesremplacer  par  d'autreiî  engrais  cbimï<|ues, 
notamment  par  lu  sulfate  d'atnmoniatiue. 


avisés  de  cette  situation,  lei  producteurs 
du  Cbili  se  sont  bien  vite  elfarcés  de  faire  con- 
naUi*e  au  monde  :[u'ils  allaient  perfection- 
ner leurs  procédés  de  préparation,  de  fa^on 
à  faire  disparaître  complètement  le  perehio- 
rate, mais  leurs  assurances  à  ce  sujet  ne 
semblent  cependant  pas  de  nature  à  dis- 
siper certaines  prcventions  nouvelles,  et  \\ 
est  incontestable  que  l'emploi  du  nitrate  Jf^ 
soude  en  Europe  accuse  depuis  plusieurs 
années  déji  une  raarcbe  rétrograde  nette- 
ment dessinée. 

Pendant  les  cinq  pretnicrs  mois  de  Teicj- 
cice  courant,  la  consommation  s*  est  en  ell(it 
diminuée  de  U3, 000  tonnes  contre  celle  de 
1  époque  correspondante  de  Tannée  passée. 
Et  ce,  malgré  des  cours  plus  bas  que  jamais 
et  fcTC tension  croissante  des  cultures  pour 
lesquelles  la  précieuse  matiôre  fertilisante 
est  employée.  La  rétrogradation  continuel lo 


*r' 


483 


joubnàl  mensuel  de  l'académie  nationale. 


484 


de  la  vente  du  nitrate  de  soude  dait  âtre  at- 
tribuée principaletnenl  à  t  emploi  croissaat 
du  sulfate dammoniaijuo par  la  culture  eu- 
ropéenne. Peut-être  cet  engrais  sera-t-il  ap- 
pelé dans  un  avenir  rapproché  à  remplacer 
le  nitrate  de  soude  k  cause  des  avantages 
multiples  qu'il  présente. 

Le  sulfate  d  ammonisirf ue  est  en  eiïet  plus 
riche  en  azote  20  pour  10ï)contre  15.5  pour 
100)  et  par  conséquent  plus  aclir.  En  outre, 
les  frais  de  sa  fabricRtion  sont  très  bas  en  ce 
qu'il  forme  un  résidu  des  usines  à  gaz  et  ne 
coûte  dans  ce  cas  presque  rien,  et  que  l'on 
peut  le  fabriquer  dans  des  fours  u  coke  où  il 
peut  ôlre  fourni  au  prix  de  15  fr.  les  100  ki- 
log.  Son  cours   moyen  est,   à  1  heure  qu'il 
est,  en  moyenne  20  francs  les  100  kilog.  et 
par  conséquent  susceptible   d  eLre  sensible- 
ment diminué.   Les  appréhensions  des  pro- 
ducteurs du  Chili  untnotamment  leur  raison 
d'être  quant  au  marché  ullemîind,  oii  l'usa- 
ge du  sulfale  d'ammoniaque  prend  de  jour 
en  Jour  plus  d'extension.  On  se  convaincra 
aisément  du  fait  en  apprenant  que  la  pro- 
ductiriîj  de  cet  article  en  Allemagne   attei- 
gnait)'ïi  1807  le  chiflre  respectable  de 75,000 
ton  nés  T  auquel  il  faut  encore  ajouter  une 
importation  de  32.00J  tonnes  de  TAngleter- 
re,  de  la  Belgique,  de  la  France,  de  la  Hol- 
lande et  de  l'Autriche-Hongrie,  tandis  que 
Texportatton  du  produit  pour  la  même  année 
ne  touchait  guère  au  chidre  de 2,000  tonnes. 

Pas  ne  sera  besoin  de  relever  les  consé- 
quences désastreuses  de  la  crise  persistante 
du  commerce  du  nitrate  de  soude  pour  l'E- 
tal du  Chili .  L'industrJH  salpi'trière  a  eu  une 
influence  décisive  sur  le,  développement  et 
la  prospérité  économique  de  ce  pays  ;  elle 
a  fourni  les  moyens  d'existence  à  une  frac- 
lion  notable  de  ses  habitants, 

La  situation  du  Pérou  avec  ses  riches  gi- 
sements de  guano  dans  les  temps  passés  ne 
sera  désormais  pas  meilleure.  Car  ces  gise- 
ments, qu*on  avait  cru  un  in^ianl  inépui- 
sables, commencent  ù  diminuer  d'une  façon 
efTrayante^el  Tépoque  ne  sera  probriblement 
pas  très  reculée  où  le  pays  sera  également 
privé  de  cette  source  imporlantede  revenu. 
Bien  que  le  précieux  engrais  eût  été  era-  <' 
ployé  au  Pérou   depuis  iïn  temps  immémo 


rialjSon  exportation  sur  les  pays  de  l'Euro- 
pe ne  date  que  de  l'an  1840.  Le  10  novem  - 
bre  de  cette  année  le  Gouvernement  du  Pé- 
rou a  octroyé  la  concession  exclusive  des 
gisements  de  guano  existants  et  ceux  à  dé- 
couvrirpourune  période  desix  ans  à  Tentre- 
preneur  M.  Francisco  Qui roz.  Cette  conces- 
sion d'exploitation,  illimitative  d'ailleui^, 
lui  fut  accordée  sous  les  conditions  suivan- 
tes :  versement  de  1.500  piastres  =  7,500 
francs  comptant  et  de  38,500  piastres 
(192,500  fr.)  en  bons  trésor  lors  de  la  si- 
gnature de  la  convention,  50,000  francs 
après  la  première  année,  autant  après  la 
deuxième,  ou  en  tout,  3)3,000  francs.  A 
cette  époque  le  guano  se  payant  en  Angle- 
terre à  24  livres  sterling  la  tonne,  on  a  une 
idée  des  bénéfices  énormes  que  cet  entre- 
preneur aurait  réalisés,  si  le  Gouvernement 
n'eût  pas  résilié  le  contrat  le  27  novembre 
dépannée  suivante.  En  1842,  le  guano  fut 
déclaré  domaine  de  l'ËUat  et  le  Gouverne^ 
ment  le  vendit  directement  à  un  certain 
nombre  de  négociants  qui  rexpédièrent  sur 
l'Europe.  289,049  tonnes  de  guano  furent 
écoulés  de  cette  façon. 

Mais  en  1847  l'Etat  abolit  la  vente  par  in- 
termédiaires pour  l'entreprendre  lui-même 
par  une  foule  d'agents  dans  chacun  des 
pays  consommateurs.  La  première  de  ces 
agences  fut  organisée  en  Angleterre  et  bien- 
tôt tous  les  pays  importants  de  l'Europe,  de 
l'Amérique  et  de  l'Asie  eurent  leurs  agents 
auxquels  le  Gouvernement  consentait  une 
part  fixe  au  bénéfice.  Cette  part  était  en 
France  de  4  pour  100,  en  Angleterre,en  Al- 
lemagne et  en  Espagne,  de  5  et  demi  pour 
100,  en  Chine  de  7  et  demi  pour  100,  etc. 

De  cette  façon,  le  Pérou  écoulait,  pen- 
dant la  période  de  1849  à  1868,  7,075,194 
tonnes  de  guano  rapportant  à  la  caisse  de 
l'Etat  une  somme  de  1,093,750,000  franss. 
En  18Ô9,  la  firme  «  Dreyfus  frères  et  Cie  » 
obtient  la  concession  exclusive  de  2,000,000 
de  tonnes,  et  à  l'heure  qu'il  est,  elle  a  le 
droit  exclusif  de  la  vente  du  guano  du  Pé- 
rou ;  le  Gouvernement  a  seulement  réservé 
de  prélever  au  prix  de  5  fr.  par  tonne  sur 
les  produits  exploités,  la  quantité  nécessaire 
aux  besoins  du  Pérou  lui-même. 


485  AORIClII.TURe 

Depuis  l'octroi  de  la  concession,  la  Com- 
pagnie Dreyfus  a  vendu  3  millions  de  ton- 
nes, et  il  semble  bien  que  les  gisements  du 
PéroQ  soient  sur  le  point  d'être  épuisés. 
Comme  les  autres  pays  producteurs  auront 
également  épuisé  leurs  gisements  dans  un 
avenir  prochain,  le  moment  n*estplus  très 
éloigné  où  legtiano  aura  complètement  dis- 
paru du  commerce  pour  y  être  remplacé 
par  d'autres  matières  fertilisantes.  Cepen- 
dant oet  engrais,  en  disparaissant,  peut  re- 
vendiquer la  renommée  d'avoir  été  un  fac- 
teur important  et  un  puissant  auxiliaire  de 
la  culture  intensive, pas  seulement  au  Pérou, 
mais  dans  lé  monde  civilisé  entier.  Tout  en 
ayant  offert  des  avantages  immenses  à  Ta- 
sricullure,  il  a  en  même  temps  enrichi 
beaucoup  de  spéculateurs  et  de  commer- 
çants. 


m 


CÉPAGE  HYBRIDE  DE  PINOT  OABERNET 

créé  par  M. du  Lac 

au  Château  de  la  Gauphine, 

par  Cazouls-lès-Béziers  (Hérault. 

On     lit  dons  le  Pubîicateur  de  Béliers 
du  21  octobre  1898  : 

«  Les  difficultés  d'adaptation,  à  certains 
sols,  des  vignes  américaines,  et  les  inconvé- 
nients du  greffage  ont  poussé  les  hybrideurs 
à  la  création  de  plants  ayant  des  qualités 
particulières,  que  les  américains  purs  ne 
possèdent  pas.  Et  aujourd'hui,  après  de  pa- 
tientes et  longues  recherches,  ):ous  avons 
des  milliers  et  des  milliers  d'hybrides.  Com- 
bien, dans  CCS  bataillons  hétérogènes^  mé- 
ritent les  honneurs  de  la  plantation  ?  Ne  fi- 
xons pas  de  chiffre,  il  serait  trop  faible. 

Il  t  lailu  un  véritable  travail  de  bénédic- 
tin de  la  part  des  obtenteurs  pour  distin- 
goer^  classer,  cultiver  pendant  quelques 
années  et  mener  à  bien  ces  quelques  favo- 
ris, égarés  au  milieu  de  centaines  de  sujets 
sans  valeur.  Car  la  nature  ne  vient  pas  tou- 
jours à  Taidede  la  science  en  matière  d'hv- 


qualités  des  parents. 


Quelques  hybrides  ont  déji^  de  brillants 
états  de  service.  Prochainement  nous  les 
ferons  connaître,  quoique  leur  utilisation 
soit  encore  probïématîquedana  le  Midi  de 
la  France  et  surtout  dans  rHéraLilt.  Maïa 
dès  aujourd'hui  nous  dirons  un  mot  du  Pi-* 
not-Gabernetj  pour  cette  double  raison,  que 
cestnn  enfant  du  pays,  et  qif  il  a  une  réelle 
valeur. 

Issii  du  Pinot  de  Bourgogne  et  An  Cabof- 
net  de  îa  Gironde,  ~  des  parente  illustres, 
—  l'hybride  de  M,  du  Lac  est  un  cépajîe  à 
vin  fîn.qin?  le  Midi  viticole  ne  rejettera  pas  et 
que  d'autres  régions  pourraient  peut-être 
adopter  avec  profit.  Le  vin  est  alcoolique. 
fin,  bouqueté,  et  tellement  supérieur  à  nos 
vins  ordinaires  les  mieux  soignéSi  qu^ju 
dégustateur  non  prévenu  lui  assignerait 
comme  origine  les  côtes  de  la  Gironde  oit 
les  collines  de  la  Bourgogne.  Est-ce  à  dire 
que  dans  nos  plaines  do  niérault  le  Pînot- 
Cabernet  doit  remplacer  l'aramon  ?  Ce  se- 
rait une  grosse  faute. 

Le  Pinot^Cabernet  n^est  pas  un  cépage  à 
grande  production  comme  Tara  mon  ou  le 
carignan,  c'est  un  cépage  iin,  qui  donne 
des  vins  Je  qualité  supérieure  et  non  pas 
Tabondance.  Quel  plant  nous  donnerait  à 
la  fois  quantité  et  qualité  ? 

Plus  productif  que  le  Pinot  et  le  Caber* 
net,  Ibybridede  M.  du  Lac  a  une  fructirt- 
cation  un  peu  inférieure  à  celle  du  carignan 
venu  sur  nos  coleanx  tlu  Midi,  et  une  bonne 
végétation.  Ost  encore,  on  le  voit,  une 
production  convenable,  supérieure  pour  un 
cépage  de  choix.  Les  raisins,  plus  petits 
que  ceiiït  du  carignan  *  sont  de  première 
maturité. 

Tous  les  porte-grelîes  semblent  lui  con^ 
venir  également  et  les  soins  de  culture  et  de 
vinification  sont  \^%  mêmes  que  Q^n\  qu'on 
accorde  h  nos  cépages  ordinaires. 

En  résumé,  végétation  comparable  à  celle 
des  répages  cultivés  dans  le  Mrdr  ;  bonne 
fructification  et  vin  très  sapérieur-C'est  plus 
qu'il  n'en  faut  pour  qu'un  hybride  se  ré- 
pande.  Kn  coteaux,  et  c'est  la  seule  place 
que  lui  donneront  les  viticulteui^s  méridio- 


bridatioD.  Le  fils  n'hérite  pas   toujours  des  <|  naux  qui  produisent  des  vins  this,  le  Pinot 


Cabernet  est  incomparable. 


4^  JOITRNAL  agiVSUEL  iDI 

Les  vins  à  bouquet  ne  sont  pas  l'apana- 
ge de  la  Bourgogne  el  du  Bordelais  aeule- 
Tuent,  Le  Midi  peut  en  âvoir^  M,  du  Lie 
luyus  Ta  prouvé  avec  sou  hybride  s  comme 
déjà,  mais  à  un  degré  moindre^  les  viticul- 
teurs de  Saint-Gorges,  de  Limoux  et  d*aîU 
leurs  nous  avaient  prouva;  que  le  Midi  avait 
des  vins  spéciaux. 

Le  Pinot-Cabernet  est  un  cépûj^c  de  co- 
leaui  ;c'eât1à  sa  véritable  place;  etsl  Tob- 
tenteur  l'a  cultivé  dans  toutes  sortes  de  sols, 
u  La  Gauphine,  c'est  bien  plulùl  pour 
en  taire  une  étude  personnelle  que  pour 
engager  les  viticulteurs  à  le  suivre  dans  cette 
voie. 

Le  Bordelais  et  la  Bourgogne,  celle-ci 
surtout,  auraient  peut-être  grand  intérêt  û 
cultiver  en  grand  le  ?inot-Cabernot  ;  mais 
nous  n'avons  pas  jï  e^canainer  ce  point  spé- 
ctaL  Dans  le  Midi,  s^il  ne  doit  pas  occuper 
ia  plus  grande  place,  on  devrait  cepcndajit 
lui  iaisi^er  une  bonne  partie  de  l'autre,  et  il 
I  occuperait  bien.  « 


ifKCkbé^lR  NATIONALE. 


4&^ 


EXP££RΣNC£5      PHATtQUES      8U.1     LA 
CULTURE  DES  VIGNES  AMERICAINES 

Par  M.  Victor  Cowbe:Sî  au  château  de  Brouelj 
commune  de  Vire,  par  i*uy-rEvéque  ;Loi). 


Sous  le  litre  iiui  précède j  noire  Socié- 
taire i^l.  Victor  Cotnbes  a  publié  un  volume 
d'environ  300  pages,  qui  en  est  déjà  a  sa 
distième  édition,  et  ({ui  cottstitue,  a  notre 
avis  et  à  notre  connaissance,  le  vade  me- 
cum  le  plus  complet  et  le  plus  utile  du  vi- 
gneron moderne. 

Bien  ijue  l'on  abondant  en  renseigne* 
ment3  historiques  et  eu  données  scientUi- 
que^  d'une  réelle  utilité  pratitiue,  l'ouvrage 
ne  vise  pas  à  un  caractère  dogmaii{[ue  ex- 
clusif: il  est  avant  tout  un  recueil  de  con* 
seils  sérieux  el  d'indications  précises,  mis  a 
la  portée  des  plus  iiumbles  cultivateurs  de 
vignes. 

Généreusement,  M.  Victor  Combes  a  tenu 
h  Taire  proli ter  le  monde  viticole  tout  entier 
desconnafssanceset  des  renseignements  que 
lui  ont  vains  plusieurs  aimées  ileludcs  et 


d'expériences  pratiques,  réalisées  dans  la 
culture  de  ses  propres  vignobles.  En  cuire, 
il  a  recueilli  et  reproduit  toutes  les  iadica- 
tions d'écrivains  viticoles  dont  il  a  pu  vérilier 
par  lui-même  rexactitude  et  le  bien-fondé. 

Les  questions  si  complexes  de  la  recons- 
titution des  vignes  françaises  par  remploi 
de  divers  plants  américains  sont  anaiyséci 
et  élucidéas  dans  l'ouvrage  de  M.  Combes 
avec  une  clarté  et  une  autorité  qui  ne  lais- 
sent rien  à  désirer,  en  même  temps  que 
d'intéressantes  données  sont  fournies  sur  les 
mérites  de  tels  ou  tels  porte-greffes  ou  de 
tels  ou  tels  hybrides,  suivant  les  natures  di- 
verses des  terrains  dans  lesquels  ils  doi- 
vent végéter. 

Kn  résume,  l'ouvrage  de  M.  V.  Gomb.'s 
est  d  un  praticien  cmérite,  parfaiieoient  au 
courant  de  toutes  les  connaissances  théori- 
ques et  scientifiques,  et  ayant  su  tirer  de 
ces  connaissances  les  déductions  utiles  pour 
rendre  la  viticulture  véritablement  sûre  et 
prospère. 

Il  n'est  pas  un  propriétaire  de  vignoble 
qui  n'ait  intcrêi  à  consulter  Touvrage  de 
M.  Combes,  et  à  s'approprier  les  multiples 
enseignements  qu'il  contient.  C'est  pour- 
quoi nous  recommandons  chaudement  cette 
publication,  domt  le  prix  est  de  3  fr.  franco 
poste . 

LA  RÉCOLTE  DU  BLÉ  DANS   LE  MONDE 
EN  1898. 

D'après  le  Bulletin  des  Halles  la  récolte 
de  cette  année  donnerait  pour  TEurope  un 
total  de  540  millions  d'hectolitres  contre 
4iO  minions  en  1897  ;  pour  l'Amérique 278 
millions  contre  250  Tannée  dernière,  L'A- 
sie et  l'Afrique  fourniront  aussi  un  grand 
surplus.  L'ensemble  delà  récolte  du  monde 
entier  peut  être  évalué  pour  Tannée  à  %7 
millions  d'hectolitres  contre    813  en  1897. 

A  ce  total,  la  France  contribue  pour  123 
millions  et  demi  d^hectolitres,  la  Russie 
pour  127  millions,  la  Hongrie  pour  45,  l'I- 
talie pour  44,  TEspagne  pour  36,  TAllema- 
gne  pour  38,  TAnçleterre  pour  24,  la  Tur- 
quie pour  24,  les  Etats-Unis  pour  230,  TAr- 
genline  et  le  Canada  respectivement   pour 


489 


AGRICULTURE. 


490 


22  et  21.  Les  Indes  Orientales  fourniront  90 
millions  d*hectolitres. 

Il  D*y  aura  d'importations  considérables 
qn'en  Autriche,  en  Allemagne,  en  Angle- 
terre et  en  Belgique.  L'Angleterre  deman- 
dera 04  millions  d'hectolitres. 

Les  exportations  les  plus  considérables 
seront  celle  de  la  Hongrie,  qui  pourra  four- 
nir 19  millions  d'hectolitres,  celle  de  la 
Roumanie  qu'on  peut  évaluer  à  11  millions, 
celle  delà  Russie  qui  dépassera  40  millions. 
Les  Ëtats-Unis  pourront  céder  78  millions 
et  la  République  Argentine  13  millions  sur 
la  sienne. 

D*autre  part,  d'après  VEveninq  corn  tra- 
de  listy  voici  quelle  serait  la  récolte  du  blé 
en  Europe,  cette  année,  comparativement 
avec  les  deux  campagnes  précédentes  : 


Pays 

1898 

1897 

1896 

Hcctol. 

Hectol. 

Hectol. 

.\utriche. 

15.950.000 

14.500.0n0 

13.775.000 

HoDerx''e.- 

43.500.00.) 

34.800.000 

50.750.000 

Beljfique. 

8  70 J. 000 

7.250.000 

7.250.000 

BulK^irie . 

15.950.000 

11.600.00.) 

10.125.000 

Iiaueraark 

1.450.000 

1.450.C03 

1.450.000 

France... 

123.2.;0.000 

89.900.000 

124.700. OCO 

Alleiriagne 

37.700.000 

39.150.000 

40.020.000 

(Jrèce 

2.  m. 00) 

l.Ssj.OOO 

2.175.000 

Hollande. 

2.175.(00 

1.8S5.000 

2.175.000 

Italie 

43.500.000 

31.'.  00.000 

:0. 750. 000 

Portugal . 

2.175.000 

2.175.000 

1.450.000 

Hoamariic 

21  750. OJO 

14.500.000 

23.0Î2.500 

Russie . . . 

110.200.000 

lOS. 750.000 

126.150.000 

Caucase. . 

14.500.000 

10.875.000 

15.950.000 

Serbie.... 

3.625.000 

2.465.000 

3.635.000 

Espagne. 

37.700.000 

31.900.000 

2 J. 000.000 

Suède.... 

1.450.000 

1.150.000 

1.450.000 

Suisse 

1.450.0DO 

1.450.000 

1.740.000 

Turquie 

d'Eur... 

11.600.000 

10.150.000 

14.500.000 

.\agleterre 

13.206.000 

19  575.000 

21.025.000 

Toi.  Europ 

c  5-22.000.000 

187.610.000 

551.072.5)0 

Le  journal  anglais  estime  ainsi  qu'il  suit 
la  consommation  du  blé  en  Europe,  en 
reprenant  ses  évaluations  de  production 
depuis  la  campagne  1891-92  : 

Campagnes         Production  Consommation  Différence 
en  millions  d'hectolitres 


l>98-99 

1^37-98 

...      522.000 
437.610 

(iOO.300    — 
597.400    — 
594.500    — 
591.600    — 
588.700    — 
585.800    — 
582.900    - 
580.000    - 

78.300 
159.790 

l>95-97 

l.*^-9f5 

...      561.000 
540.995 

43.50J 
50.605 

J.^.54-95 

l^V3-94 

...      554.625 
...      5;^5.944 

34.075 
59.856 

LS92-93 

...       498.075 

84.825 

lïîyi-92 

...      4^7.054 

152.946 

Ainsi,  d'après  ces  chîfTr es,  U  production 
en  Europe  est  supérieure  à  celle  de  Tan 
dernier  de  t>4  millions  dUientolitrea  en  chif- 
fres rondï^.  mais  inrérieure  à  celle  de  1896 
de  31  millionsd'hectalitrei. 

Mais  il  faut  tenir  coniptedece  fait, qu'en 
1896  les  stocks  éUieiiL  abondants,  tandis 
qu'aujourrriiui  ih  sont  presque  iolalement 
épuisés  et  devront  élre  reconstitués  au  moins 
en  partie. 

Tenant  compte  de  ce  Jalt,  VEvening 
corn  trade  Hst  établit  comme  suit  la  com- 
paraison entre  les  insuffisances  de  la  pro- 
duction du  blé  en  li^umpe  elles  excédents 
disponibles  pour  l'exportaElon  dans  les 
grands  pays  producteurs  de  blé  do  TancieEi 
ou  du  nouveau  monde  : 

Insuffisances  probables 

Hoyaunie^rnE gj.SO^i.OiiO 

France ,. 4.35<).uiMt 

Allema  i^nc»  Bel  ^'i  que .  Hollatide 30 . 1:0,  dOo 

Italie 7.È50.0'»0 

Espagne  et  Portiiffai 2.90<>.00iï 

Suisse. 5.075.000 

Grèce,  Scandinavie  et  divcra 5.075.000 

Antillos,  GUkiG,  Brésil,  etc 13.U5<ï.0tK) 


TotaL 


llil.lOO.O^Hï 


Exportations  prob^^btes 

Etals-Unis  et  Canada fil  .200. iW 

Russie.. lO.ôW)  im 

Roumanie,  Duljïarie,  elc .,,.  2û.30(^noû 

Indes  (blé  vieux) sîJJOi) .n<MJ 

ChiU  et  Australie E.tOO.oon 

Tunisie,  Alyrérle  et  divers ZA75Mm 


TotaL 


150<0T5aKKi 


D*aprèi  ces  chifires,  la  biilaiiL-e  en  faveur 
des  exportations  serait  delQrntllions  d'Iiec- 
tolitres,  sans  parler  de  celles  de  la  Républi* 
que  Argentine  où  la  prochaine  campagne 
commei!cera  en  jaiivier,  ni  de  celles  des 
IndeSj  en  ce  qui  concerne  les  blés  de  l'an 
prochain,  qui  sa  moisson neront  t^n  avril. 


LES    RECOLTES    D  ORGE   ET      D'AVOINE 

Le  Journal  officiel  du  0  octobi'ô  a  publié 
les  évaluations  ofliciellesdutninislère  deTa- 
gricuUure  sur  les  récoltes  d'orge  et  d'avoine 
eu  France  en  1SQ8» 

22 


I»I 


JOtfANAL   H£!^âlli£L   UK  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


49,? 


Les  totaux  généraux  decôs  évaluatiotisâont 
lea  suivants  ; 

Surftstûs  ensemencôes,   liectareSn.  Sl5J*Xi 

Produit  en  draina . .  I  Q  q  i  n  t  a  u  x 

Surfaces  enBemeneéesT  heclares-,       3,9tl.2iu 
{ Hectolitres.     Hfâ.SST.sm 
Produit  eu    if ralns .  *  j  Q  u  i  n  t  a  u  x 

On  sait  queTavoine  occupe,  après  le  blé, 
le  second  rang  dans  les  cultures  de  notre 
pays  ;  elle  couvre  cliatiue  année  près  de  qua- 
tre millions  dliectares  et  joue»  par  cansë- 
quent,  un  rùle  très  important  dans  notre  pro- 
duction générale. 

Fart  rapport  à  181Ï7,  il  y  a  eu  diminution 
ié  G7*O00  hectares  dans  la  superlicie  des  ter- 
res ensemencées  en  avoine,  mais  la  super- 
Ucjede  ISOSu'enest  pas  moins  restée  supé- 
rieureàla  moyenne  des  cinq  dernières  années 
qui  a  été  de  3,916,000  lied  ares  environ. 

Le  rendement  total  est  le  plus  élevé  qui 
ait  jamais  été  conâtaté  en  France  jusqu^i 
présent,  saut'  cependant  en  Ibul  ;  il  s'élève 
en  efTet  à  plus  de  105  millions  d'ttectolitreSt 
et  il  n  est  inférieur  quo  de  758*000  hecioli- 
très  à  celui  de  ISOL  qui  avait  été  obtenu 
d'une  culture  portant  sur  4.*i4ti.000  hecto- 
litres. Le  rendement  moyen  de  1808j  cor- 
respondant à  20  hectolitres  S6  par  hectare, 
est  largement  supérieur  au  rendement 
moyen  de  la  dernière  période  décennale  qui 
n*a  été  que  de  22  Jiectohtres  0  i  par  hectare. 

La  récoUe  do  1898  représento  donc,  tant 
par  elle-même  qu'en  comparaison  avec  les 
an  nées  antérieu  res,  u  n  résu  1  ta  t  es  cet  1  en  l .  — 
Uuant  à  la  qualité  du  grain,  elle  paraît  très 
bonne.  En  effet,  la  récolte  correspond  h 
50,096,000  quintaux  mutriques^  ce  qui  l'iuL 
ressortir  le  poids  moyeu  riiectoîitre  à  47 
kiL  300  ;  il  est  notablement  supurieur  à  ce- 
lui constaté  les  années  précède  nie?;. 

La  culture  de  Torge  présente  moins  de 
difTérences  quecelle  d3  Tavoine  par  rapport 
à  Tannée  précédente,  La  surface  ensemen- 
cée (845,700  hectares)  n'est  inférieure  que 
de  12,200  hectares  à  celle  accusée  en  1897. 


Les  résultats  généraux  ne  paraissent  pas 
moins  bons  que  pourTavoine.  La  récolta  to- 
tale, qui  atteint  18  millions  d'iiecLolitres, 
n*est  inférieure  qu'à  celle  réalisée  en  1891, 
où  les  emblavurés  avaient  été  exception- 
ncUes,  tandis  que,  cette  année,  elles  sont  in 
férieures  à  la  moyen  ne  des  cinq  années  pré- 
cédentes (873,500  hecUres). 

Le  rendement  moyen  ressort  k  21  hectol. 
73  par  hectare  ;  ce  rendement  n'avait  pas 
été  enregistré  jusqu'ici  dans  les  statistique 
oflicielles  ;  la  dernière  moyenne  décennale 
était  de  18  hectol.  41 .  —  Quant  à  la  quanti- 
té, elle  paraît  bonne  ;  la  récolte  correspond, 
en  effet,  à  11,800,000  quintaux  métriques, 
ce  qui  fait  ressortir  le  poids  oioyen  de  l'hec- 
tolitre à 64  kil.  23,  au  lieu  de  62  kil.  400  en 
1807  et  de  64  kilog.  en  1896. 

Les  résultats  accusés  par  les  documeois 
officiels  sont  donc  tout  aussi  favorables  pour 
les  autres  céréales  qu'ils  Pavaient  été  pour  le 
froment. 

Terminons  en  rappelant  les  chiffres  affe'- 
rents  aux  récoltes  des  cinq  années  précé- 
dentes, teisqu'ils  sont  arrêtés  définitivement 
par  le  ministère  de  l'agriculture  : 


ORGE 

Années 

Surfaces 
ensemenc«*es 

Produit  en 
Hectolitre» 

grains 
QuintauiL 

1893~  . . . 

874^36 

12.340.999 

7.'3ï>6.0j8 

1894.... 

890.314 

17.074.408 

10.8aS.5>6 

1895  .... 

890.687 

17.014.733 

10.845.9  i7 

lS9ti.... 

853.877 

16.241.431 

10.3ô6.7Dl 

1897  .... 

857.911 

14.503.560 

9.0àl.24^ 

AVOINK 

.Vnnccs 

Surfaces 
ensemencées 

Produit  en 
Hectolitres 

grains 

Qaiotaav 

1893 .... 

3.842.402 

62..-i6r524 

28.546.218 

1894.... 

3.881.399 

91.878.734 

42.724.304 

1^95.... 

3.9t)8.937 

94.877.753 

44.398.784 

189(i . . . . 

3.916.286 

92.003.398 

42.994.444 

1897 .... 

3.990.5ÔJ 

80.204.076 

36.760. 4o9 

EMPLOI  DE  LA  BOUILLIE  BORDELAISE 
CONTRE  LA  CLOQUE  DU  PÊCHER 

Communication    de  M.   V.    Delpech,     au 
Journal  de  F  Agriculture. 

La  cloque  du  pécher  est  une  maladie  pro- 
duite par  un  champignon  de  la  classe  des 


493 


AGRICULTURE. 


4U4 


Discomycètes^  appelé  scientiliquemenl  Ta- 
phrina  deformans.  Ce  cryptogame  attaque 
surtout  les  organes  foliacés  du  végétal  et 
les  met  dans  l'impossibilité  presque  totale 
de  remplir  les  fonctions  qui  leur  sont  dévo- 
lues. Les  feuilles  du  pécher  atteintes  de  cette 
maladie  redoutable,  se  boursouflent,  devien- 
nent plus  fragiles  et  quelquefois  se  replient 
légèrement  en  forme  de  gouttière. 

Ce  champignon  apparaît  à  la  face  inférieu- 
re des  feuilles,  sous  forme  d'une  poussière 
blanchâtre  qui  n  est  autre  chose  que  les  fruc- 
tifications du  champignon.  J'ai  plusieurs 
fois  remarqué  que  les  feuilles  ainsi  attaquées 
par  ce  terrible  parasite  étaient  souvent  re- 
couvertes d'une  multitude  de  pucerons  du 
pécher. Et, chose  curieuse, les  feuilles  saines 
n'avaient  presque  pas  à  souifrir  de  lattaque 
de  ces  insectes. 

J'ai  cherché  les  causes  qui  poussaient  ain- 
si les  pucerons  à  se  grouper  sur  ces  feuilles 
malades  ;  voici  le  résultat  de  mes  observa- 
tions : 

Sachant  d'abord  que  les  pucerons  sont 
friands  du  suc  des  végétaux,  je  me  suis  de- 
mandé, si  les  feuilles  attaquées  par  le  cham- 
pignon étant  devenues  plus  fragiles,  et  par 
suite  plus  facilement  meurtries  par  les  im- 
lempéries,  il  ne  s'en  suivrait  pas  un  écoule- 
ment de  sève  jouant  le  rôle  dappât  pour 
ces  insectes.  Ceci  me  parut  peu  vraisembla- 
ble, et  voici  Tessai  que  j'ai  fait  moi-même 
pour  bien  me  rendre  compte  de  ce  qui  se 
passait. 

J'ai  pris  sur  un  pécher  une  branche 
dont  un  certain  nombre  de  feuilles  étaient 
attaquées  par  le  champignon  ;  j'ai  ensuite 
produit  un  vent  factice  en  secouant  avec 
violiiice  la  branche  choisie,  puis,  armé  d'une 
bonne  loupe,  j'ai  pu  constater  qu  aucune 
des  feuilles  attaquées  n'étaient  meurtries 
par  le  choc  et  qu'il  n'y  avait  pas,  par  con- 
séquent, d'écoulement  de  suc  susceptible 
d'attirer  cette  population  dangereuse. 

Mais  là  ne  s'arrêtèrent  pas  mes  investi- 
gations !  En  effet,  quelques  jours  plus  tard, 
une  idée  me  vint  à  l'esprit  et  je  crus  alors 
découvrir  les  véritables  causes  de  l'attaque 
presque  exclusive  par  Tinsecte  des  feuilles 
malades. 


Les  feuilles  de  pécher  a tteiiites  par  ce 
champignon  ne  Ibnclionnent  plus  normale- 
ment :  la  sève  ne  ci  nu  le  pas  facilement  et 
reste  pour  ainsi  dire  stagnante  dans  tes  ihr- 
sus  ;  il  s'en  suit  dans  ce  cas  que  Tépiderme 
de  la  feuiile  devient  plus  tendre,  moins  co- 
riace et  conséquemmenl  plus  facilement 
pénétré  par  le  rostre  de  ces  in  sectes  h 

Donc,  je  crois  vive  dans  Ifi    vrai  en  di- 
sant (fue  deux  causes  principales  dtU immi- 
nent ces  insectes  à  avoir  une  certaine  prédi- 
lection pour  les  feuilles  malades.  Les  voi- 
ci : 

En  prernior  lieu,  je  le  répèle  ^  Vé  pi  der- 
me de  [a  feuille  éîant  moins  coriace^  pluâ 
tendre,  les  pucerons  enfoncent  plus  facile- 
ment leurs  rostres. 

En  deuTtième  lieUj  les  tissus  étant  gor- 
gés de  sève  qui  ne  peut  pas  circuler  ou  qui 
circule  mal,  les  pucerons  y  trouvent  une 
pourriture  |)Uis  abondâJite,  et  l  unité  de 
surface  des  leuilles  peut  alimenter  14 ri  plus 
grand  nombre  d^insedes. 

Les  feu d les  a Lta jouées,  et  par  le  cham- 
pignon el  par  Tiusecte,  conserveuL  q&au- 
moins  leur  couleur  verte  pendant  quelques 
jours,  si  bien  que,  de  prime  abord,  il  ne 
semble  pas  que  Tarbre  doive  en  souffrir. 
Mais  hélas  l  iIlusîgncomplèL6,pn  voit  bien- 
tôt la  feuille  prendre  une  teinte  jaune,  si- 
gne précurseur  de  sa  chute  à  brève  échéan- 
ce. Il  est,  dans  ce  cas,  facile  de  comprendre 
qu'une  bonne  partie  de  la  récolte  e^t  per^ 
due,  <|uclL|i]et'ui:^ la  récolte  tout  entière,  al 
que  la  vio  de  Tarbre  peut  aussi  être  com- 
promise. 

Le  végétal  peut  se  trouver  dans  un  état 
daffaiblissoïnent  si  grand  qqe  non  seule- 
ment  la  récolte  de  Tannée  est  compromi-^i^, 
mais  fMicare  lu  réc^d le  de  plusieurs  années 
consécutives.  De  lu  la  nécessité  d'employei' 
un  remède  efljcace  pour  combattre  ta  mala- 
die. J'eus  immédiatement  recours  à  la  bouil- 
lie bordel  a  is{î  employée  pour  combattre  les 
maladies  cryptogamiques  de  la  vigne,  et 
j'obtins  des  résultats  merveilleux. 

Le  remède   est   curât  if.  Il  ne  faut  cepen- 
dant pas  attendre  que  les  feuilles  commeu- 
'  cent  à  jaunir,  ou  ne  serait  pas  sur  alors  d^ 
pouvoir  sauver  des  organes  dont  la  vitalité 


405 


JOUHflAL  MENSURL  DK   L'aGADÊMIK  NATIONALE. 


496 


serait  aui  troïsquflrts  penlne.  Voici  la  cora- 
posiiiori  de  la  solution   que  j'ai   employée: 

2  kilog-  de  sulfate  de  cuivre,!  kilug. 
de  chaux  viie.  Le  tout  dans  100  liiresd'eau. 

Cetle  bouillie  détruit  en  même  temps 
t|ue  Ja  cloque  du  ptcher  tous  les  pucerons. 

Les  feuilles  des  a r Lires  traités  avec  cette 
bouillie  ne  lardent  pas  à  reprendre  leur 
couleur  normale  et  leur  vitalité  première, 
en  assurant  de  cette  façon  la  bonne  venue 
de  plusieurs  récoltes  consécutives  largement 
rémuïNjnitrices. 


I-'ALIMENTATION  DU  BETAIL  AU  MOYEN 
DES   DRÉCHES  SÊCHÉE8 

Avec  Tespiit  de  méihude  (|ui  les  caracté- 
rise, les  Allemands  ont  vile  compris  com- 
bien de  services  pouvait  rendre  la  drèche 
sécliée  à  la  brnsserle  et  à  fa^'riculture  ;  dans 
les  centres  de  l'abricatiuri  de  bière  comme 
Uurtmund,  Munieli,  i*iUcn,  ils  ont  créé  des 
Uiiuci  pour  le  sécha^^*  dos  drèches,  qui  ont 
piiré  à  lavilisscment  des  prix,  amené  par 
une  si  grande  produciioii  de  drèche  mouil- 
lée :  en  thénie  Leiii[>s  ib  unt  rendu  un  im- 
mense servicea  l'a^uculuireen  constituant, 
par  la  supprt^sstoïi  de  l'L^aii,  un  produit  ([ui 
peut  se  conserver  indélinuuent,  et  un  ali- 
mejkt  do  tout  premier  clioix  pour  les  bes- 
tiaux, uUi?si  pour  les  chevaux. 

il  résulle.  en  ellei^  d'essais  faits  dansTar- 
méo  alieujamJe,  que  des  chevaux  nourris 
avec  des  drèches  sèches  ont  non  seulement 
conservé  leur  ^  igueur^  niais  montré  une 
plus  glande  résisiance  que  ceux  à  qui  Ton 
avait  continué  de  dotîuej  de  l'avoine. 

Ce  réâuliat  ne  nous  surprend  pas,  quand 
on  coiupare  la  ricliesse  des  matières  nutri- 
tives contenues  dans  la  drèche  séchée  à  cel- 
les contenues  dans  tes  diverses  céréales  que 
l'on  donna  aux  chevaux. 


KUiirti 

Hâtières 

MAUèrei 

4J0U»a 

grmn 

hydroMrbaaif 

Avoine. .. 

12 

b 

50.0 

Orge 

11.2 

2.1 

05.5 

Seigle.... 

11.14 

1.7 

07.8 

Mais 

10.0 

6.5 

05.7 

Fèves.. . . 

■J3 

1.4 

50.  l> 

Drèches  de 

brasserie 

17.18 

1.11 

40.05 

On  voit  que  la  drèche  est  beaucoup  plus 
riche  en  matières  azotées  et  grasses  que  l'or- 
ge, d  où  elle  provient.  Cela  s'explique  fa- 
cilement par  le  travail  du  brassage,  qui  n*a 
enlevé  presque  uniquement  du  grain  que 
les  matières  hydrocarbonées  pour  en  faire 
du  sucre,  de  Talcool  par  la  fermentation. 

C'est  cette  richesse  en  matières  azotées 
qui  rend  la  drèche  si  précieuse  pour  Tali- 
mentation,  car  elles  seules  contribuent  à  la 
formation  des  muscles,  des  os  et  do  sang, 
tandis  que  les  amidons  et  les  sucres  ne  con- 
tribuent qu  à  réparer  la  dépense  de  calori- 
que provenant  de  la  respiration  et  du  mou- 
vement. 

Les  drèches  se  rapprochent  le  plus  de  la 
composition  chimique  des  fèves,  dont  tout 
le  monde  connaît  les  propriétés  excitantes 
sur  les  chevaux,  mais  qui  ont  le  grave  in- 
convénient de  les  échaulTer  considérable- 
ment, tandis  que  la  drèche  séchée  n'a  pas 
cet  inconvénient. 

Parle  travail  de  la  germination  etdu  bras- 
sage, 1j  drèche  est  devenue  digestive,  légè- 
rement rafraîchissante,  tout  en  conservant 
un  pouvoir  nutritif  énorme  :  c'est  de  la  ma- 
tière rendue  assimilable  par  le  travail  qu'elle 
a  subi,  et  non  pas  une  substance  inerte  et 
d'une  assimilation  dithcile. 

Les  Allemands  ont  bien  compris  tout  l'a- 
vantage que  Ton  peut  en  tirer  :  aussi  ont- 
ils  remplacé  presque  totalement  l'avoine 
par  la  drèche  séchée,  ce  qui  leur  fait  une 
économie  qui  n'est  pis  à  dédaigner.  En  ef- 
fet, 100  kil.  de  drèche  Svîchée  remplacent 
120  kil.  d'avoine,  ou  125  kil.  de  maïs,  ou 
145  kil.  de  seigle,  ou  140  kil.  d'orge,  ce  qui 
représente,  au  prix  où  sont  les  céréales, 
70  %  d'économie  sur  l'avoine,  4  )  %  sur  le 
maïs,  80%  sur  le  seigle  et  50%  sur  l'orge. 

Il  y  a  là  un  bon  exemple  à  suivre. 


LA  VIGNE  EN  RUSSIE 

La  vigne  croît  à  Tétat  sauvage  dans  les 
contrées  méridionales  limitrophes  de  l'Asie 
sur  le  versant  du  Caucase.  En  Russie  d'Euro- 
pe, la  limite  septentrionale  de  la  vigne  tra- 


497 


AGRIGULTURiC. 


498 


verse  la  région  méridionale  des  gouverne- 
ments du  bassin  de  la  Yistule,  du  gouver- 
nement de  Minsk,  versPinsk,  passe  au  sud 
deTchernigow,  versKoursk  ,  Voronège,  Bo- 
rissoglebsk,  Saralow,  et  traverse  VOural  aux 
environs  de  Gouriew.  Dans  la  Russie  d'Asie, 
sa  limite  septentrionale  traverse  la  province 
de  Semirietchinsk  et  le  bassin  de  TAmour. 

La  limite  de  culture  de  la  vigne  peut  être 
fixée  approximativement  au  49^  degré  de 
latitude  septentrionale,  et  coïncide  avec 
la  ligne  isolhermale  -f-  IG**  centigrades,  de 
mai  à  septembre.  En  Bessarabie,  on  trouve 
des  vignobles  à  1,110  pieds  au-dessus  du  ni- 
veau  de  la  mer  ;  en  Crimée,  à  une  altitude 
de  1,000  pieds  ;  dans  le  Turkeslan,à  Samar- 
kande,  la  vigne  croît  à  2,340  pieds  ;  dans 
certaines  localités  de  la  province  de  Kars, 
le  raisin  mûrit  même  à  4,500  pieds  d'alti- 
tude. 

Les  contrées  vinicoles  de  la  Russie  peu- 
vent être  groupées  en  6  régions  :  P  la  Bes- 
sarabie ;  2°  la  Crimée  ;3o  la  région  du  Don; 
4*  la  région  d'Astrakan-Oural  ;  5^  la  région 
du  Caucase,  et  6*  la  région  deTurkestan. 

On  fait  remonter  la  plantation  de  la  vi- 
gne en  Bessarabie  aux  colons  grecs  qui  s*y 
établirent  deux  ou  trois  siècles  avant  Tère 
chrétienne,  ou  seulement  aux  Génois  qui 
fondèrent  des  colonies  sur  les  rives  de  la 
mer  Noire  aux  onzième  et  douzième  siècles. 
Dans  les  gouvernements  de  Podolie  et  de 
Kherson,  la  culture  de  la  vigne  ne  date  que 
du  siècle  dernier.  D'après  les  publications 
statistiques  les  plus  récentes,  on  compte, 
en  Bessarabie,  environ  65,000  hectares  de 
vignobles.  Dans  le  gouvernement  de  Kher- 
son, 3,500  hectares,  dont  un  millier  dans 
le  district  d'Odessa  ;  dans  le  gouvernement 
de  Podolie,  où  la  superficie  des  plantations 
s'accroît  continuellement,  environ  70,000 
hectares. 

La  situation  et  l'exposition  des  vignobles 
sont  très  variées  :  dans  le  sud  de  la  Bessa- 
bie  et  sur  les  rives  inondées  du  Dniester^  ils 
occupent  les  plaines  ;  dans  le  Nord  et  le 
centre  ils  sont  plantés  sur  les  versantssepten- 
trionaux  ;  dans  les  gouvernements  de  Podo- 
lie et  de  Kherson,  la  vigne  croît  exclusive- 
ment sur  les  coteaux  exposés  au  sud  et 


au  sud-ouest.  Les  ceps  sont  taillés  à  long 
hors  ou  EL  court  bois  ;  la  taille  moyenne  se 
fait  rarement.  En  liiver,  les  cepn  h  long 
bois  sont  enfouis  ;  ceux  à  court  bois  restent 
à  Heur  de  terre.  Les  cépages  indigènes  do- 
minent j  parmi  lesquels,  nous  citerons  les  Ko- 
proii.  Zguigarada.Gelbena,  Rara  negra,  Pla- 
vaga.  Dnns  certaines  parties  du  gourverne- 
menl  do  Kherson I  on  cultive  spécialement 
les  Cf^ pages  étrangers  :  Riesling,  Pinots. 

L'hectare  produit  en  Bessarabie  environ 
200  védros  ou  2,460  litres,  2,160  litres  en 
Podolie,  Dîitis  les  bonnes  années,  le  rende- 
ment des  vignobles  est  t'-levé  dans  certaines 
conlrées  du  gouvernement  de  Kherson  où  la 
moyenne  est  de  300  védros  par  hectare.  La 
moyenne  annuelle  de  la  production  du  vin 
en  Bessarabie  est  de  11  ra illions  de  védros; le 
vé  d  r  o  ér|  u  i  va  ut  à  12  W  très  -^  0  . 

Les  vins  de  Bessarabie  sontinféneurs  aux 
crus  renom  mes  de  1  a  Cri  raée  :  ils  son  t  sou ven  t 
acides,  aqueux,  peu  alcooliques,  h  Texcep- 
tion  de?  vins  d'Aekerman,  a  rembouchure 
du  Dniester.  La  plus  grande  partie  du  vin 
se  ver^d  immédiatement  après  la  veiuinnge 
comme  vin  nouveau.  Lea  vignerons  con- 
somment 15  p.  100  environ  de  leur  récol- 
te. Dans  les  années  moyennes,  on  vend, 
rendus  èi  Odessa»  des  vins  pesant  de  7  à  12 
dogréfî  depuis  M  fr,  jusqu'à  30  fr.  rUeclolî- 
tre.  A  cedernit*r  prix,  ces  vins, relativement 
fiijs^  proviennent  de  cépages  français  ;  il  sont 
à  peu  pn>i  é^'aux  parla  qualité  aux  vins  or- 
dinaires du  midi  de  la  France.  Les  vins  de 
Bordeaux  et  de  Bourgogne  peuventseuls  sup- 
porter  tes  droits  de  douane  élevés  sur  les 
vins  étrangers  en  Russie. 

La  production  du  vin  en  Bessarabie  a  élé 
médiocre  en  18)7,  et  fort  au-^dessous  dv  la 
moyenne  comme  quantité  et  comme  quali- 
té. Une  gelée  de  12  degrés  survenue  brus- 
quement» avant  que  les  viticulteurs  aient 
pu  couvrir  complètement  les  vignes, a  com- 
promis la  récolte  de  celte  an  née.  Dans  le  dis- 
trict d'Ackermann,  la  récolte  a  cependant 
élé  assez  abondante.  A  Chaba,  la  société  vi- 
nicoledu  Midi  de  la  Russie  a  acheté  à  un 
prix  élevé  les  vins  blancsqu'elle  traite  d'a- 
près les  méMiodes  usitées  en  Champagne  et 
qu'elle  vend  sous  le  nom  d*  «  Excelsior  j. 


409  JOURNAL  HElNStJEL  DB 

La  culture  de  la  vigne  s'est  développée 
rapiderDenl  en  Grimée.  En  1SV3,  la  produc- 
Mon  du  vin  s'élevait  à  143,432  védros(12  li- 
tres 30),  à  200,000  en  lH3fî,  h  6r»l,:i70  en 
1849,  à  dS4,QO0  en  1870,  et  aajourd  hui  à 
plus  d'un  million  de  tédrt>3, Les  vignobles 
de  Crimée  couvrent  une  étendue  de  8,000 
hectares  environ, 

Sur  la  cute  naéridionale.on  compte  0,600 
plants  par  liectare,  de  0,000  à  10j)00  ceps 
k  Théodosie,de  2,400  à  4^800  pieds  par  hec- 
tare à  SimphéropoK  Plus  de  fiOO  cépages 
dill'érouis  ont  été  importas^  de  France,  d'I- 
talie,  d'Kspagne,  du  (lap  et  d'Amérique.  En 
général,  ces  vignobles  se  composent  de  dif- 
férentes variétés  de  cépages,  de  sorte  qu'il 
entre  dans  la  fabrication  de  certains  vins 
jusqu'il  q«in?-e  espèces  de  raisins. 

On  emploie  le  soufrage  }:our  combattre 
fojdium  dans  les  vrgjioble^  de  la  c^^te  mé- 
ridionale ;  on  détruit  les  cep^  atteints  par 
le  phylloitera.  Dans  les  districts  continen- 
laux,dans  ceuxdeSiinpbéroptil  et  d  lilupa- 
loria,  ou  recouvre  les  plants  de  terre  pour 
rhîver,  tandis  que  dans  les  autres  les  ceps 
rei^tent  en  plein  air, 

La  production  habituelle  de  b  Crimée  est 
de  1,300,000  il  LjW.OOO  védros  par  an, 
quand  la  température  a  été  sufiiiiiumment 
faîorable , 

Les  meilleurs  vins  de  Crimée,  liffuoreux 
et  suceptibles  de  s^améliorer  eu  vieillissant, 
(bris,  épais j  aromatisés,  sont  ceux  du  dis- 
trict de  Jalta  et  de  la  cote  méridionale  ; 
puis  viennent  ceux  du  district  de  Théodosie, 
plus  légers, tnais  un  peu  acides  ou  aqueux  ; 
au  troisième  rang,  les  vins  des  districts 
dEupaloria,  de  Dnieper,  de  Mélilopol  et  de 
Sîmphéropolj  qui  manquent  de  bouquet,  et 
ont  une  certaine  ûprelé.  90  p.  lO'J  des  vins 
de  la  Crimée  étaient  autrefois  vendus  en 
Russie  d'Kurope  et  en  Sibérie  ;  10  p.  100 
seulement  étaient  consrmmiés  sur  place.De- 
puisquelques  années^  on  exporto  une  cer- 
taine quantité  de  ces  vins  en  Angleterre  et 
en  Egypte. 

La  région  vinicole  du  Don  comprend  les 
vignobles  situés  dans  les  premier  et  deu- 
xième districts  du  terntotre  des  Cosarjuesdu 
Don,  Les  hivers  rigoureux  et  sans  neige  de 


l'académie  nationale. 


500 


1847  ol  1848  anéantirent  plus  des  trois  quart^ 
des  vignobles.  On  y  compte  actuellement 
10,000  vignobles  répartis  sur  à  pea  près 
4,000  hectares.  Ils  occupent  les  flancs  des 
coteaux  exposés  au  midi,  sur  la  rive  droite 
du  Don.  Il  est  difficile,  enTabsence  de  ren- 
seignements exacts,  de  déterminer  la  quan- 
tité de  vin  produite  dans  cette  région  où  les 
méthodes  de  vinification  sont  encore  impar- 
faites. Beaucoup  de  ces  vins  sont  convertis 
en  boissons  mousseuses. 


LA  SERICICULTITRE   DANS  LA  RUSSIE 
D*ASIE 


U  production  du  Turkestan,  de  la  Perse 
(Recht)  et  du  Caucase  a  atteint  en  1898  le 
chiffre  élevé  de  6,120,000  kilogrammes  de 
cocons  frais.  Le  rendement,  bien  supérieur 
à  celui  de  l'année  1897,  est  de  2,300,000 
kilogr.  pour  le  Caucase  seul. 

L'industrie  locale  absorbe  la  majeure 
partie  des  cocons.  Dans  le  Caucase  :  Noukha 
^gouvernement  d' Elisabeth pol)  a  employé 
3i0,000  kilogrammes  ;le  DaghesUn,  94,000 
kilogr.  ;  le  gouvernement  d'Erivan,  30,000 
kilogr.  ;  la  Mingrélie  (gouvernement  du 
Koutais),  26,000 kilogr.  L'exportation  ne  s'est 
élevée  qu'à  125,000  kilogr.  de  cocons  secs. 

L'importation  de  la  graine  de  versa  soie, 
par  Batoum,a  atteint  en  1897-1898  le  chif- 
fre de  288,000  boîtes  de  25  grammes.  Des 
deux  pays  importateurs,  la  Turquie  tient  le 
premier  rang  avec  182,000  boîtes  de  race 
blanche  de  Bagdad  ;  la  France  a  importé 
106,000  boîtes  de  race  jaune . 

L'industrie  de  la  soie  (filature  et  mouli- 
nage)  est  concentrée  en  grande  partie  dans 
la  ville  de  Noukha  (gouvernement  d'Elisa- 
belhpol)  et  dans  les  environs,oiiIa  séricicul- 
ture forme  la  branche  principale  de  l'indus- 
trie rurale.  Les  53  filatures  de  la  région  ont 
un  moteur  à  vapeur  ou  hydraulique.  Elles 
emploient  1,140  métiers  à  trois  dévidoii-s  et 
3,383  fuseaux  pour  le  moulinage  delà  soie. 

Dans  le  gouvernement  de  Bakou,  on  comp 
le  93  filatures  à  bras  avec  372  dévidoirs. 

L'outillage  des  deux  filatures  du  gouver- 


501 


nemeni  d'Eritan  est  plus  perfection nd  :  elles 
possèdent  des  moteurs  à  vapeur  avec  H9  dé- 
Tîdoirs  et  2,100  fuseaux  pour  inoulinage. 
Dans  les  villages  du   gouvernement   do 


Koutaïs,  là  plupart  des  Hi mi  Iles  ont  un  mé- 
tier d*un  système  prîmilif,  leur  permettant 
de  Jilerla  petite  quantité  de  cocona  qu'elles 
n^ontpu  vendre  dans  le  courant  de  Tannée, 


INDUSTRIE 


ÉCRÉMEUëE  CENTRIFUGE 

La  Couronne 

de  MM.   Simon  frères,  constructeni's- méca- 
niciens à  Cherbourg  (Manche). 

Dans  nos  comptes  rendus  des  expoâiiiorïs 


d'Alençon  et  de  Dijon,  nous  avons  déjà  men- 
tionné récrémeuse  centrifuge  dite  J^a  Cou- 
romie.quB  MM,  Simon  frères,  de  Cherbourg, 

ont  offert  r,etle  année  aux  beurreries  iVîm- 
^■arscs,  comjnGCOrtipléraent  de  leur  matériel 
ordinaire  de  barattes  et  de  malaxeurs.  Nous 


Ecrémeu^i^  <  inlrifugG  ft  brus  dite  Lj  Caitromte^ 

sommes  heureux  de  pouvoir  fourni raujour-  [  pareil   qui  se  commande  ft  bras  d'hommtt 
d'hai  une  description  complète  de  rei  ap-  (  et  n'exige  pas  de  force  motrice. 


503 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'aCADÉMIB  NATIONALE. 


504 


Lecrémeuse  La  Couronne^  résultai  de 
longues  rechcmiiesel  d'essuis  n^ pétés, jJi Hè- 
re de  la  majeure  partie  des  éci-émeusG.«ï  me- 
eaniques  eu  usage,  surtout  par  la  forme  du 
bol  qui  est  absolument  cylindrique.  Hllc  ne 
possède  que  deux  pièces  mobHei  :  le  con- 


duit central  à  lait,  et  la  partie  dite  La  Cou- 
ronne, qui  remplace  les  ailettes  des  autres 
écrémeuses  et  qui  est  une  sorte  de  pyrami- 
de tronquée  A,  cotés  inégaux,  dont  les  arê- 
tes sont  percées  de  petits  trous.  Ces  deux 
pièces,  très  simples,  sont  des  plus  faciles  à 


Couptî  vartkuie  do  Téf  rémeui^o  la  Couronne. 

Explication  des  signes  : 

A.  Récipient  pour  le  liiil  non  ruri^iTh^  —  îl.  (londuit  d'alimentation.  —  C  Boîte  régfulatrice.  — 
D.  Floitetir.  —  K,  Vis  k  cn^me.  —  l^  Coiuioits  tlu  luit  écrémé.—  Ci.  Couvercle  du  bol.—  H.  Rondelle  liv 
caoutcliouc  pour  liî  couvei'clo  du  boL  ~  I.  (!<mv<'rrl«  du  lait  écrémé.  —  J.  Bol.  —  K.  Partie  intérieure 
du  bol  (la  imuronne  fi  1^'  conduit  centi'id  n  UûU^  —  L.  Boîte  à  huile  pour  les  couches  de  la  gorge.  — 
M,  Couclie  de  la  gsjrgo.  —  N.  Houdt^lle  d«  raiiiit<Hiouc  pour  les  couches  de  la  gorge.  —  0.  Support  — 
P.  Coadutl  i^ralsseur  de  la  rouo  dt^  vis.  —  Q.  Cijuduits  graisseurs  pour  les  goujons  de  l'axe.— «.Cous- 
sinet pour  h;s  couches  du  goujun.  —  S.  Billes  dai'ter  pour  les  couches  des  goujons.  —  T.  Support 
fiour  te  récipient  ù  lail.  —  U.  Couvercle  à  on-jue.  —  V.  Grande  Houe.—  W.  Trous  à  graisse  pour  l  axe 
de  la  manivelle.  —  X,  Manivelle,  —  Y»  Boite  ù  graisse  pour  le  goujon  du  bol.  —  Z.  Cran  d'arrêt.  — 
A.  Boue  de  virt,  -^  A.  Plvol.  —  O.  Vis  rék'uîatricedu  goujon  du  bol.  —  a.  Axe  de  la  roue  de  vis.  — 
b.  Trou  i\  qrai^se  pour  Tnxe  do  la  roue  de  vh.—  i\  Coussinet  de  dessous. 


démonter  et  à  nettoyer.  Les  figures  qui  ac- 
compagnenl  cet  article  et  la  légende  expli- 
cative dos  signes  de  la  coupe  verticale  per- 
mettent au  lecteur  de  se  rendre  aise  ment 
compte  du  mécanisme  de  Tinstrument.  Fai- 
sons observer  qu'un  débrayage  automati- 


que très  ingénieux  et  fonctionnant  s.ans  au- 
cun bruit  est  placé  sur  la  roue  commandant 
la  vis,  afin  d'éviter  tout  accident.  Ce  dé- 
brayage remplace  avantageusement  la  dis- 
position ordinaire,  consistant  en  un  linguet 
placé  sur  la  manivelle. 


^mmmmm 


505 

MM.  Simon  frères  garantissent  que  cette 
écrémeusene  laisse  dans  le  lait  que  des  tra- 
ces de  matières  grasses,  ainsi  que  cela  a 
été  constaté  au  Concours  spécial  d'écrémeu- 
ses  de.  Saintes,  où  les  petits  laits  ont  été  ana- 
lysés devant  le  jury  et  les  constructeurs  par 
M.  Dornic, inspecteur  des  laiteries  à  Surgères. 
A  ce  concours,la  machine  présentée  par  MM. 
Simon  frères  leur  a  valu  le  premier  prix, 
consistant  en  une  médaille  de  vermeil  et  en 
une  prime  de  200  fr. 


RÉGULATEUR  DE   VITESSE  POUR 
TRANSMISSIONS  ÉLECTRIQUES 


Communication  faite  par  M\f .  Chai/e  Frères^ 
industriels  à  Bellevue-la-Digonnière,  près 
Saint-Etienne,  à  TÂssociation  française 
pour  l'Avancement  des  Sciences. 

a  La  distribution  de  IVlectricité  à  domicile 
C4)mme  force  motrice  est  très  répandue  h 
Saint-Etienne  ;  vous  Tavez  d'ailleurs  enten- 
du dire  par  d'autres  plus  autorisés  que  moi, 
et  quelques-uns  d'entre  vous  l'ont  peuté-tre 
vue  fonctionner. 

«  Elle  est  surtout  employée  pour  faire 
mouvoir  les  métiers  à  tisser,  mais  elle  serl 
aussi  aux  dévidages,  ourdissages,  cylindra^ 
ges,  etc... 

a  C'est  la  Société  des  ateliers  de  la  Cha- 
léassière  (V.  Biétrix  et  C'*),  qui,  la  premiè- 
re, dans  notre  ville,  a  compris  l'intérêt  que 
présentent  les  moteurs  électriques  pour  fa- 
ciliter le  travail  à  domicile. 

a  Une  dificulté  se  présentait  cependant  : 
c'est  d'obtenir  la  constance  de  la  vitesse  quel 
ifue  soit  le  travail  qu'on  leur  demande.  Nous 
y  avons  remédié  d'une  façon  très  simple,  et 
ce  sera  l'objet  principal  de  cette  commun!* 
cation  sur  laquelle  je  liens  à  attirer  votre 
bienveillante  attention. 

«  Nouspossédons  un  moteur  électrique  de 
1/4  de  cheval  qui  nous  a  été  fourni  par  Icg 
ateliers  de  la  Chaléassière  en  1897  pour  con- 
duire un  métier  àtisser  ;  c'est  cet  exemplaire 
sur  lequel  nous  avons  fait  nos  études,  qui  a 
conduit  plus  tard  deux   métiers  avec  une 


vitesse  absolument    normale  et   constante 

gn\ce  à   une  disposition    de   lil   électrique 
dont  il  sera  question  plus  tard. 

d  Dans  un  motf^iir  h  gaz  la  rcgularité  est 
obtenue  par  l'intermédiaire  d'un  régulateur 
à  houles  qui  supprime  Vappivi^e  <iii  gat  lors- 
que lertort  résistant  diminua  :  Nous  avons 
eu  ridée  d  appliquer  ici  le  même  principe 
en  installant  sur  noire  moteur  un  petit  ré- 
gulateur à  force  centrifuge  qui  a  pour  but 
de  supprimer  le  courant  aussitôt  que  la  vi- 
tesse s'accélère  ;  Técartement des  boules,  au 
lieu  d'agir  sur  la  valve  du  ne  prise  de  ^az, 
actionne  un  interrupteur  électrique^et  com- 
me l'étincelle  provenant  de  cette  interrup- 
tion pourrait  souder  les  fits  que  Ion  sépare, 
noua  avons  eu  l  iJée  de  refroidir^  en  plon- 
geant ces  iils  dans  Teau, 

fj:  L'appareil  consiste  donc  en  un  rtSciptpnt 
contenant  de  Teau  ;  au  fond,  une  plaque  de 
cuivre  ihée  à  une  lige  par  où  arrive  le  cou- 
rant, enfin  une  deuxième  tige  mobile  mue 
par  le  ré^'ulaleur  et  qui  pour  une  vitesse 
normale  est  en  contact  aver^  la  plaque  ;  dès 
le  moindre  accroissement  de  vitesse,  lei 
boules  s'écartent,  soulèvent  cette  tige  mobile 
et  par  cela  mûme  interrompent  le  cou- 
rant, 

t  Notre  moteur  muni  de  cette  adjonction 
fonctionne  a  vécu  ne  vitesseahsulumcntcons^ 
tante. 

<E  Cet  appareil  très  primitif,  installé  dans 
la  Galerie  des  Machin  es  en  1889,  a  bien  Ibnc- 
tion né  depuis  sa  mise  en  marche  jnsqu^à  la 
clôture  de  VExposition. 

tt  Nous  avons,  d'autre  pn rt,  reçu  de  M.  Die- 
derichs  une  lettre  où  il  dit  :  ««  Votre  appa- 
ti  roil  nous  a  permis  de  snpprimf^r  le  rhéostat 
«  qui  nous  servait  primitivement  à  régler 
^E  la  vitesse  de  la  dynam«ï,  ce  que  nous  ne 
'X  pouvions  faire  que  d'une  manière  très  dé- 
'c  fectueuse.  » 

(t  Legrand  avantage  de  ce  réj^ulaleur,  c'est 
qu'il  ne  permet  à  la  dynamo  d'utiliser  que 
la  quantité  juste  nécessaire  h  sa   marche  ré- 
gulière. 

«  Poui"  cela  même  nous  aurions^  vouln 
voir  se  répandre  celte  modification.  Nous 
Tavions  d'abord  installée  dans  notre  usine 


50" 


JOtJR?*fAL   MFJ^SUKL   DR 


(je  ];i  ru6  d'Annonay«  nM  N  ;  mais  ù  partir 
du  jouroueHG  fut  transportée  à  bellevue-la- 
Digonritèr6,nou»  avons  cru  nccess^aii'e,  dans 
rinLérôt  général  dei  ouvriers,  d'installer  au 
centre  dota  vill'3  i6,  place  de  rHotel^de-Vil- 
le)  uneaaile  de  démonsLration  à  coté  de  no* 
tre  magasin  de  vente.  —  Dana  celte  salle 
roQctLonne  un  moteur  mû  par  l  électricilé 
f|uela  Compagnie  Kdison.  de  Saînt-Elienne, 
nous  livre  gratis  dans  un  but  de  publi- 
ai te. 

ffi  Les  ouvriers  en  venant  acheter  leur? 
rourniinrespoLir  le  tissage  remarLjuent  cette 
instaUntion  ;  sUlf  Uicom  prennent  .ils  la  veu- 
lent de  suite^  et  nous  nous  en  félicitons 
iluoiEfue  n'y  ayant  aucun  intérêt,  car  nous 
ne  sommes  pa<ï  constructeurs,  mais  nous 
voulons  voir  le  sort  de  l'ouvrier  s  amélio* 
rer. 

'i  En  terminant,  je  veux  vous  signaler  un 
dispositif  que  nous  proposons  et  quia  été 
adopté  par  la  Société  Edison,  de  Saint-Etien- 
ne, dans  plusieurs  cas. 

«r  Le  lit  du  pûio  néf:,Mttr  va  directement  de 
la  dynamo  génératrice  k  la  réceptrice*  le  til 
du  piMe  positif  s'a rrôte  à  une  distance  de  la 
réceptrice  et  lui  est  relié  indirectement  au 
moyen  d'un  troisième  fil  communiquant  par 
autant  de  branclienients  distincts  avec  les 
divers  métiers.  De  plus,  sur  ctiaijue  métier 
est  adapté  un  commulaieur  solidaire  du  dé- 
brayage. 

"  D'après  ce  qui  précède,  lorsque  l'ouvrier 
arrête  un  métier,  non  seulement  la  vitesse 
de  l'arbre  de  commande  n'est  pos  accélérée, 
puisque  le  régulateur  entre  aussitôt  en  ac- 
tion, mais  le  métier  dont  il  s  a^it  sci  trouve 
simultanément  isolé  de  la  source  électrique 
et  si  les  cinq  métiers  cessent  de  b-ittre,  la 
dynamo  réceptrice  cesse  spûntanéaiont  de 
fonction ïieri  ce  qui  empêche  la  transmis- 
sion de  mouvement  de  tourner  en  pure 
porLe. 

«  Il  va  de  soi  qu^inversement  l<i  mise  en 
marche  pour  un  seul  métier  ou  pour  plu« 
sieurs  métiers  s'obtient  avec  la  môme  facili- 
té, n 


l'agadémie  nationale.  608 

MONTRE    UNIVensCLLC 

de  M.  BoNE, 

39,  rue  Charronnière, 

à  Nogent-le-Rotrou  (Eure-et-Loir.) 

Notre  Sociétaire  M.  Bone,  horloger  à  No- 
gent-le-Rotrou,  a  construit,  sous  le  nom  de 
Montre  universelle^  une  montre  pouvant 
fournir  simultanément  Theure  courantedu 
lieu  où  Ton  se  trouve,  et  Theure  d'un  eu- 
droit  quelconque  de  la  terre  dont  on  con- 
naît le  degré  de  longitude. 

On  obtient  ce  dernier  renseignement  en 
tenant  compte  des  indications  fournies  par 
une  paire  d'aiguilles  dorées,  dont  la  petite 
marche  en  concordance  avec  un  plateau  ou 
cadran  supplémentaire  tournant,  divisé  en 
360%  ou  plutôt  en  ISO""  de  longitude  est  et 
180"^  de  longitude  ouest,étantdonnéque  cette 
petite  aiguille  se  trouve  lixée  à  la  division 
du  cadran  mobile  correspondant  au  degré 
de  longitude  de  l'endroit  voulu. 

La  mise  en  place  de  la  petite  aiguille  do- 
rée s  obtient  par  la  manœuvre  d'une  pous- 
sette et  de  la  couronne  de  remontoir  dont 
est  munie  la  montre  universelle,  à  la  façon 
d'une  montre  ordinaire.  Quant  â  l'heure 
courante,  elle  est  fournie  par  les  indica- 
tions de  deux  aiguilles  bleues,  qui  se  ma- 
nœuvrent à  Taide  d'une  clé. 

En  consultant  la  montre  universelle,  on 
y  peut  donc  lire  les  indications  de  deux 
heures  différentes,  l'une  fournie  par  les  ai- 
guilles bleues,  et  l'autre  fournie  par  les  ai'^ 
guilles  dorées,  la  différence  entre  les  deux 
heures  étant  déterminée  par  le  chiffre  du 
degré  de  longitude  marqué  sur  le  plateau 
mobile,  au-dessous  de  la  petite  aiguille  do- 
rée dont  le  mouvement  normal  est  solidaire 
de  celui  dn  plateau. 

En  constituant  cette  montre  dite  univer- 
selle, M.  Boue  a  vaincu  de  réelles  diffi- 
cultés de  mécanisme  et  a  fourni  la  solution 
d'un  problème  intéressant  par  la  création 
du  plateau  tournant,  marqué  des  180  de- 
grés de  longitude  occidentale  et  de  longi- 
tude orientale. 

Mais  cette  part  faite  aux  mérites   réels  de 


r^^^ 


509 


iNDUsrntE;. 


510 


l'invention  et  de  son  exécution,  il  ne  sem- 
ble pas  que  la  montre  universelle  corres- 
ponde à  un  besoin  véritable,  ni  même  à 
une  grande  utilité  réelle.  Il  est  de  connais- 
sance générale  que  les  différences  d'heures 
de  deux  lieux  déterminés  sur  la  surface 
terrestre  correspondent  aux  différences  de 
longitudes,  à  raison  de  4  minutes  horaires 
par  degré  de  différence.  En  sorte  qu'il  est 
facile  à  chacun  de  se  rendre  compte,  une 
fois  pour  toutes,  d'une  différence  d'heures 
pouvant  l'intéresser,  et  d'établir  mentale- 
ment, à  tout  moment,  l'heure  concordante 
d'une  localité  déterminée,  d'après  l'heure 
du  lieu  où  l'on  se  trouve,  sans  qu'il  soit 
besoin  pour  cela  de  se  servir  d'une  montre 
spéciale. 

La  montre  universelle  de  M.  Boue  n'au- 
rait donc  d'utilité  sérieuse  que  pour  les 
personnes  dont  l'esprit  serait  rebelle  aux 
opérations  d'addition  et  de  soustraction  des 
heures  et  des  minutes.  Il  s'en  trouve  cer- 
tainement ;  mais  les  personnes  dont  il  s'a- 
git ne  doivent  pas  être  non  plus  bien  fa- 
milières avec  les  questions  de  degrés  de 
longitude,  et  l'on  ne  voit  pas  en  quoi  elles 
peuvent  avoir  à  se  préoccuper  de  l'heure  de 
Moscou, de  Chicago  ou  de  Yokohama. 

En  rendant  hommage  aux  facultés  d'in- 
vention déployées  par  M.  Boue  dans  la  créa- 
tion de  sa  montre  universelle,  il  est  cepen- 
dant permis  de  regretter  que  ces  facultés  ne 
se  soient  pas  exercées  vers  la  solution  d'un 
problème  plus  intéressant. 

Le  jury  de  l'Exposition  d'Alençon,  qui  a 
le  premier  jugé  la  montre  universelle  de 
M.  Bone,  a  sans  doute  partagé  nos  idées  à  ce 
sujet  en  nedécernantqu'une  médaille  d'ar- 
gent à  notre Sociélaire.  Celte  récompense 
est  peut-être  trop  modeste  en  raison  des 
diflicultés  mécaniques  surmontées,  mais 
elle  semble  suffisante  par  rapport  à  l'utilité 
pratique  de  l'invention  réalisée. 


LES  CHEMINS  DE  FER  FRANÇAIS 
ANGLAIS  ET  ALLEMANDS 

lies  recettes  réalisées  par  les  grandes  Com-. 
pagnies  de  chemins  de  fer  français  durant 


les  dix  dernières  années  ont  été  les  suivan- 
tes : 


En  1892.... 

.       1.110.700.000  fr 

En  1893.... 

.       1.135.460.0013 

En  1801.... 

1.162.800.000 

En  I80r,.... 

.       1.191,%0.Û00 

En  1896 

.       1.221. 980. 00<) 

En  1807.... 

.       1.260.000.000 

11  est  vrai  que  le  réseau  des  Compagnies 
eslpasâéde  3L  745  km.  à  33. 303.  Cetallon- 
gement  de  155S  km.  mis.  en  eitploitalion  de 
1893  à  18U7,  a  contribué,  dans  une  certaine 
mesure,  à  grossir  le  produit  brut  des  voies 
ferrées. 

L'accroissement  de  La  circulatioa  des  per- 
san nés  et  fies  marcïianttises  est,  tout  autant 
tjpe  le  rendement  des  impiUs,  un  signe  cer- 
tain de  la  richesse  publique  ;  aussi  les  écono- 
mistes étudient-ils  les  progrès  faits  par  les 
Compagnies  de  chemin  de  ter,  pouren  tirer 
telles  conclusions  que  comportent  les  rir- 
conslances.A,  ce  sujet,  une  brochure  qui  re- 
protJuit  des  articles  publiés  dans  VEcono^ 
miste  français  y  par  M.  Géniel,  ancien  maître 
des  requêtes  au  conseil  dT.tat,  nous  indique 
les  clïitfres  intéressants  riisu mes  ci-après  : 

Depuis  cinq   ans  les  recettes  brutes  de  nos 
grandes  Compagnies  de  chemin  de  fer  sont 
en  augmentaLion  constante,  et  Tannée  18137 
est  même  plus  favorisée  que    les  précé* 
tien  Les. 

L augmentation  annuelle  des  recettes  est 
d'environ  26  millions,  soit  environ  2  %  , 
Cette  plus-value  est  inférieure  k  celle  rele- 
vée au  cours  d'autres  périodes,  notamment 
à  celle  de  1SG2  à  Um  et  à  celle  de  1875  à 
18S3. 

Elle  est  inférieure  notablement  àcelle  des 
chemins  de  fer  anglais  dont  le  réseau,  do 
1S8S  à  18U0,ne  s'esl  accru  que  do  2377  km., 
en  passant  de  31,877  km.  à  34.  251  km.,  et 
dont  les  recettes  qui  ont  atteint 

Kn  1S88 1S22  millions 

En  \m2 2070      — 

En  1806 2275      — 

ont  donné  une  plus  value  annuelle  de  tiT 
millions  dans  la  première  période,  et  de  ir» 


u-i|r  9  i 


.\'T 


Ditif  natiMis  dts  éUti. 


511  JDDaNAL  HENSUEL  DB  l'aGADBIOB  NATIONALE. 

millions  dans  la  deuicièmei  soit  3  1/2  %  de 
1892  k  IS9(}. 

Kn  ALlema^^ne,  les  résultais  ont  été  tout 
aussi  r(;man]uab1es,  L'oLciiduG  des  lignes  en 
exploJLalion  a  beaucoup  aug^nenté  :  de 
30.157  km.  qu'il  était  en  1888,  il  est  passé  à 
46.17ikm.  en  iSCMj.sojiTOM  km.de  plus. Mais 
le  produit,  qui  élaitde  130i  millionsen  1888, 
s  est  élevé  a  15.j_^  miUrons  en  1892  et  à  1982 
milijtïns  en  180G.  soit  une  uugmentation  de 
201  millions  de  1888  à  1892  et  de  319  mil- 
lions entre  1802  et  18(ri.  La  progression  an- 
nuelle a  été  de  ^J)  millions,  puis  de  80  rail- 
lions, cesL-à-dire  de  3  1/2  et  de  5  %  ,  ce 
qui  dénote  un  e^ssor  économique  très  supé- 
rieur à  celui  de  In  France  et  de  l'Angleterre. 

Si  l'on  étudie  le  détail  des  recettes,  on 
voit  que  nos  cliemins  de  feront  transporté 
fe:î,084.000  tonnes  en  1802,  et  99.654.000 
tonnes  en  1897,  soit  une  augmentation  de 
iri.670.010  tonnes  en  cinq  ans.  La  recette 
i\  été  de  053,1^2,000  Troncs  en  1092,  contre 
iiy7,740.00Û  francs  en  1807,  soit  une  aug- 
[nentation  de  44.578.000  francs.  C'est  peu 
iut  point  de  vuede  l'essor  commercial.  En 
elfetj  TAngleterre  a  iransp^irté^en  1891,  315 
millions  de  tonnes  de  marchandises  et  350 
en  1896,  avec  une  recette  de  1090  millions 
de  j'i*ancs  en  1891  et  1154  millions  en  1896. 
L'Allemagne  lransportaît,en  1891,219  mil- 
lions, de  tonnes  et  son  produit  était  de  1104 
millions  de  francs.  En  1800,  elle  transpor- 
tait 271  millions  de  tonnes  et  le  produit  pas- 
sait à  1302  millions  de  fcancs. 

Ainsi,  en  Vespace  de  cinq  années,  la  pro- 
gression de  tonnage  a  atteint  41  millions  de 
tonnes  en  Angleterre,  5?  millions  de  lonîies 
on  Allemagne  et  15  millions  seulement  en 
France, 

La  pn>gression  des  recettes  a  atteint,  en 
Angleterre,  di  millions  de  francs  ;  en  Alle- 
magne, 108  millions  de  fï'ancs.eten  France 
45  millions  seulement. 

Ces  chiffres  montrent  bien  que  les  progrès 
l'conoraiques  de  la  France,  pour  importants 
iju'ils  soient,  restent  cependant  bien  infé- 
rieurs à  ceux  de  TAnglelerre  et  surtout  à 
ceu%  de  l'Allemagne. 


512 

LES  CHEMINS  DE  FER  DE  L'EUROPE 
AU  1-'  JANVIER  1898. 


LMgmeari 


Ltagfttirt 

ta 
kiltmètrti 

(1) 


Allemagne  : 

Alsace-Lorraine.. .  1.735 

Bade l.bôl 

Bavière 6.2i^3 

Prusse 28.498 

Saxe 2.752 

Wurtemberg 1.032 

Autres  Etatsallem.  5.355 

Ensemble 48.116 

Autriche-Hongrie  (2)  33.668 

Belgique (3)  5.904 

Danemark 2.543 

Espagne 12.910 

France (4)  41.312 

Grande-Bretagne    et 

Irlande 5)  34.445 

Grèce 952 

Italie 15.643 

Norvège 1.938 

Pays-Bas  et  Lux..  0  3.129 

Portugal 2.35S 

Roumanie 2.880 

Russie  et  Finlande(7)  40.262 

Serbie 570 

Suède 10.109 

Suisse 3.646 

Turquie,  Bulgarie  et 

Roumélie 2.554 

Malte,  Jersey  et  Man.  1 10 

Totaux  et  moyennes.  263.145      2.7 


myriA- 
Bètrt 
nrri 


11.9 

12.3 
8.3 
8.2 

18.3 
8.4 

10.2 

8.9 
5.0 
20.0 
6.5 
2.5 
7.8 

10.0 
1.5 
5.5 
0.6 
8.8 
2.5 
1.8 
0.7 
1.2 
2.3 
8.8 

0.9 
10.0 


10  OM 
kftbi> 

tSBtS. 


10.5 

10.8 

10.7 

8.9 

7.3 

7.8 

10.0 

9.2 
7,5 
9.1 

11.1 
7.1 

10.7 

8.5 
3.0 
5.0 
9.2 
6.1 
4.0 
4.8 
3.8 
2.5 
20.5 
12.0 

2.7 
3.4 

6.9 


Les  nouvelles  lignes  de  chemin  de  fer  li- 
vrées à  l'exploitation  pendant  Tannée  1897 


(1)  Y  compris  les  lignes  à  voie  étroite   afîectées 
aux  transports  publics. 

(2)  Dont  15.857  kil.  pour  la  Hongrie  et  745  pour 
la  Bosnie  Herzégovine. . 

(3)  Y  compris  les  chemins  de  fer  vicinaux. 

(4)  Dont  37.140  kil.  de  lignes  d'Intérêt    général 
et  4.292  de  ligrnes  d'intérêt  local. 

(5)  Dont  5.512  pour  l'Ecosse  et  5.111  pour  l'Ir- 
lande. 

(6)  Lu.xembourg  4''5  kil. 

(7)  Non  compris  les  chemins  de  fer  transcaspien 
et  transsibérien.  —  Finlande  2.520  kU. 


513 

et  qui  sont  comprises  dans  ces  cliitfres  com* 
prennent  5.605  kilomètres,  savoir  : 

France.  393  kilomètres  ;  Russie  et  Fin- 
lande, 1 .650  kilomètres  ;  AulrichcHongriCj 
1.488  kil.  ;  Allemagne,  768  kii.  ;  SuèJe, 
274  kil.  ;  Danemark,  234  kil.  ;  Grande- 
Bretagne  et  Irlande,  224  kil.  ;  Italie,  19es 
kil.  ;  Belgique,  127  kil.  ;  Bulgarie,  124 
;  Suisse,  83  kil.  ;  Espagne,  44  kilomè- 


l'iiatre  an  BouiiqdtiL-trOrlï,  cette  dernière 
dépend  de  la  verrerie  de  GirjMJiiiïc.Deux  au- 
tres inslallattoris  du  même  genre  sont  du 
reste  en  construction  dans  notre  p^ys,  Tune 
à  Creit  iOjse),  l'autre  à  Pont-Saint-Esprit 
iGard.) 

(  Ch  ran  iq  u  e  In  dus  1 1 'ielie ,  ) 


kil. 
très. 


(Renseignements  du  Ministère  des 
Travaux  Publics.) 


LA  PIERRE  DE  VERRE. 

Cette  naatière,  étudiée  par  Réaumur  en 
17:^7586  fabrique  par  la  compression  de  liag- 
ments  de  verre  quels  qu'il  soient,  préalable- 
ment amenés  par  la  chaleur  à  Téiat  pâteux. 
Ainsi  traitéjlc  verre  perd  sa  transparence  en 
sedévitrifiant  ;  ses  limites  de  dureté,fusJbi- 
lité,  résistance  au  choc  et  à  l'écrasement,  se 
trouvent  reculées. 

Les  pavés  de  verre  ainsi  obtenus  peuvent 
être  employés,  comme  imitation  de  mosaï- 
que et  de  marbre,  pour  les  revcicments  in- 
térieurs et  extérieurs  des  constructions,  en 
particulier  pour  les  parements  des  habili- 
tions pouvant  avoir  à  subir  l'action  deTliu- 
midité.On  peut  les  utiliser  pour  les  carrela- 
ges des  maisons,  le  pavage  des  trottoirs,des 
cours,des  salles  de  bains, des  établissements 
industriels  qui  demandent  un  corps  réâis- 
tant,  étanche,  inattaquable  par  les  acides. 

C'est  ainsi  que  la  ville  de  Genève  a  f\*il 
un  essai  de  pavage  qui  donne  toute  satislac- 
tioD,  tant  au  point  de  vue  de  l'aspect  de  la 
rue,  que  de  la  résistance  à  la  rupture  des 
pavés  et  au  glissement  des  chevaux  ;  ta 
ville  de  Nice  va  appliquer  prochainemenL  ce 
mode  de  pavage. 

Enfin,  d'après  le  Co^mo^,les  emplois  faits 
récemment,  sur  une  très  grande  surface,  de 
la  pierre  céramique  ù  l'usine  de3  forces  mo- 
trices du  Rhône,  soit  pour  Tintérieur  de  h 
salle  des  machines,  soit  pour  la  façade,  ont 
donné  les  meilleurs  résultats. 

Deux  usines  se  livrent  actuellement  ù  la 
fabrication  de  cette  pierre  de  verre  ;  l'une 
est  située  à   la  Demi-Lune,près  de    Lyon, 


La  production  actuelle  du 

PETROUE 

Lti  production  du  pétroîe  va  constamment 
en  augmentant  ;  une  diminution  insignî- 
li:inle  du  prix  de  cette  matière  suflirjjt  à  en 
permettre  l  utilisation  comme  combustible 
pour  les  machines  et  pour  des  destinations 
mécaniques.  Le  moteur  à  pétroie  serép;uid 
depuis  plusieurs  années,  en  raison  de  sa 
grande  simplicité,  de  plus  en  plus,  et  les 
voiture*  automobiles  a  pétrole  eu  consom- 
ïiieront  d'ici  quelque  temps  des  quanti  tés 
importantes» 

La  production  actuelle  de  pétrole  dans  le 
monde  entier  peut  étrt;  évaluée  ù  plus  de 
180  millions  dMicctolitres  ;  sur  ce  chiUVc, 
les  litats-U  n  is  en  fou  n  1  issen  t  1 0 1  m  i  i  L  i  on^  ; 
la  îUissie,  73  millions  ;  rAulriclie-Hongriej 
^,29  millions  ;  le  Canada,  1.53  millions  ; 
l'Iûde,  570.000  ;  Java,  5îî0.0{)0  hectolitres  ; 
le  solde  est  fourni  par  le  Péroi,  la  Rouma- 
nie, l'Allemagne,  le  Japon,  eLc, 

Bans  le  gisement  carbonifère  étendu  des 
Appalachians,  qui  fournit  59  sur  les  Uïl 
millions  d'hectolitres  fjuo  produisent  les 
Etats-Unis,  on  a  capté  récemment  de  20  ii 
25  sources,  dont  deuï  fournissent  îL^70  hec- 
tolitres journellement  ;  il  y  a  eu  également 
augmentation  importante  de  production  en 
Calilbrnie  et  dans  le  Wyojning. 

Le  l*érciuesL  sur  le  point  d'accroitro  coa- 
sidévablement  la  [)roduction  ûv  ce  combus* 
lible.  C'est  dans  le  district  de  Piuraque  »o 
trouvent  les  principales  sources. 

Dans  ce  district,  en  eiïet,  le  gise rn ont  pé- 
troîifère  embrasse  18i>  myria mètres  carrtîs. 
Comme  le  gisement  pëtroîi(6rede  la  Pensyl- 
vaniB  n'embrasse,  lui,  que^i^ô  myrianxètres 
Ciirrés,et  iju'iî  a  fourni  en  trente  années  08(> 
millions  d'hectolitre?,  Vavenir  du  district 
do  Ptura  paraît  être  plein  de  promesses. 


&15 


JOURNAL    MENSUEL  DK  l' ACADÉMIE,  NATIONALE. 


516   . 


Sur  les  19  sources  découvertes  depuis 
189:^,  U  sont  exploitables,  et  quelques-unes 
d'etitre  elles  oiu  fourni  de  13(3  à  140 hecto- 
litres par  jour. 

En  Russie.  2Vyj  nouvelles  sources  ont  été 
découvertes,  en  1895,  à  une  profondeur 
mmetine  de  105  m.  ;  1371  sources  ont  été 
uu  vertes  à  rexploiiation  dans  les  six  dernières 
années  ;  surco  nombre,  C'^2 sont  exploitées. 
Touieftiis,  lu  production  deces  sources  a  di- 
minué par  rapport  à  ce  qu'elle  était  en  1889. 

{Oestenetchhche  Zeitschriftfûr  Berg- 
und  Hûttenwesen .  ) 


LA  FABRICATION  DES    PARFUMS  DANS 
LES  ALPES-MARITIMES 

On  traite  aniiuellement  dans  le  départe- 
ment des  Alpcs*Maritimes  : 

Roses. 2.000.000  kilog. 

Fleurs  d'oranger  2.500.000    — 

Jasmins 200.000    — 

Massies... 150.000    — 

Tubéreuses 150.000    — 

Violettes 200.000    — 


Les  prix  moyens  de  vente  du  kilogramme 
de  fleurs  sont  pour  la  violette  et  la  cassie  de 
4  fr.  ;  pour  la  tubéreuse,  de  3  fr.  ;  pour 
le  jasmin,  de  2  tr.  ;  pour  la  rose,  de  0  fr. 
65  ;  pour  la  fleur  d'oranger,  de  0  fr.  70. 

\]n  plant  de  violette  peut  fournir  20  gram- 
mes de  fleurs,  un  oranger  10  kilogrammes. 
Une  coupeuse,  dans  la  matinée,  c'est-à-dire 
en  quatre  heures,  peut  cueillir  20  kilogram- 
mes de  roses,  3  de  jasmins,  Ode  tubéreuses; 
dans  une  jonrnée  entière,  10  kilogrammes 
de  violettes  ou  de  fleurs  d'oranger. 

Pour  produire  1  kilogramme  de  neroli,  il 
faut  plus  de  1,000  kilogrammes  de  fleurs 
d'oranger,  soit  approximativement  1,200,000 
fleurs  ;  pour  1  kilogramme  d'essence  de  ro- 
ses, 16,000  kilogrammes  de  roses,  ou  5  mil- 
lions de  fleurs. 

On  fabrique  500,000  kilogrammes  de  pom- 
mades ou  d'huiles  parfumées;  4  millions  de 
litres  d'eaux  aromatiques.  On  évalue  la  pro- 
duction de  la  parfumerie  en  matières  pre- 
mières pour  le  département  des  Alpes-Ma- 
ritimes h  plus  de  15  millions  de  francs. 


PRODUITS  ALIMENTAIRES 


PRODUITS  DE  CONFISERIE 

de  M.  P.  NovE, 

28,  Calle  de  Plateros  San  Pedro, 
u  Lima  Pérou). 

Noire  Sociétaire  M.  P.  Nove,  chef  de  la 
Confiteria/riUicesejde  Lima.,  nous  a  adressé 
quelques  échauLillons  des  produits  de  sa 
fabricaiion,  produits  consistant  en  tablettes 
de  vhomhi  jp-dsU{\es  de  Huamanripa  (plante 
indigène  enicace  contre  la  toux),  bonbons 
foifdanis  à  Torange,  et  pulpes  do  fruits  pé- 
ruviens appeU^s  LucumaeiCherimoUa^pu]' 
pes  destinées  a  la  confection  des  glaces  et 
sorbets. 


Malheureusement,  les  cinquante  jours  de 
voyage  qu'avait  du  subir  l'envoi  de  M.  P. 
Nove,  dans  les  conditions  défectueuses  que 
comporte  la  traversée  des  régions  tropicales, 
ont  quelque  peu  altéré  la  fraîcheur  des 
échantillons  expédiés  de  Lima 

D'ailleurs,  si  ces  échantillons  péchaient 
un  peu  par  l'apparence  à  leur  réception,  ils 
n'en  conservaient  pas  moins  une  délicatesse 
d'arôme  et  une  finesse  dégoût  dénotant  une 
préparation  experte  et  consciencieuse  de  tout 
premier  ordre.  Bien  évidemment,  la  conti- 
serie  française  est  dignement  représentée 
à  Lima  par  M.  P.  Nove,  à  qui  notre  So- 
ciéttî  ne  saurait  man(|uer  de  décerner  une 
de  ses  plus  hautes  récompenses. 


mmmm^w 


517 


EXPOSITIONS  ET  CIO?iCOURS, 


m$ 


EXPOSITIONS    ET    CONCOURS 


^position  Internationale  de  Pèohe 
à  BERGEN,  en  1898 

Vue  exposition  internationale,  dite  de 
pèche j  c'est-à-dire  ayant  pour  objet,  tant 
les  produits  et  récoltes,  que  les  procédés  et  le 
matériel  des  pèches  fluviales  et  maritimes, 
s'est  tenue  cet  été  à  Bergen  (Norvège)  et  a 
réuni  un  nombre  assez  important  d'expo- 
sants français. 

Dans  la  liste  des  récompenses  de  celte 
exposition,  publiée  par  le  Moniteur  offi- 
ciel du  Commerce  du  jeudi  13  octobre,  nous 
avons  relevé  les  distinctions  suivantes  ac- 
cordées à  des  membres  de  notre  Société  : 

Diplôme  cPHonneur, 

M.  Jules  Richard,  constructeur  d'instru- 
ments de  précision,  à  Paris. 

Médaille  d'Argent. 
M.  Raval,    fabricant  d'objets  en  corail, 
ài  La  Calle  (Algérie). 


EXPOSITION  DE  ROCHEFORT 

{Suite  et  fin,) 
"""  • 

L'exposition  de  Rochefort  a  fermé  ses 
portes  à  la  Un  du  mois  de  septembre,  ayant 
remporté  tout  le  succès  qui  pouvait  être 
raisonnablement  attendu  d'une  semblable 
manifestation  organisée  dansune  villed'une 
importance  après  tout  secondaire.  Il  y  a  eu 
à  la  fois  succès  moral  et  succès  financier,  et 
la  bonne  administration  de  cette  exposition 
est  un  nouveau  titre  d'honneur  pour  notre 
Sociétaire  M .  J.  À.  Vigé,  qui  en  a  été  l'inilia- 
teiir  et  l'organisateur. 

Parmi  les  participants  à  cette  exposition, 
il  se  trouvait  deux  de  nos  Sociétaires  étran- 
gers dont  nous  n'avons  pas  encore  parlé, 
mais  qui  méritent  cependant  d'être  régulière- 
ment mentionnés. Ce  sont:  MM.  J.  Suarez  Lla- 
guno,de  Bilbao,et  J.A.d'Oliveira  Soarès,  d'E- 
vora. 


M.  J.  A.  d'OLiviEiRA  Soarès,  à  Evora  [Por- 
tugnl],  est  unvltiailteur  instruit  et  progres- 
siste c^ui  veut  et  sait  appliquer  ;ï  la  culture 
de  la  vi;*neetau  traitement  de  ses  produits, 
les  meilleures  et  les  plus  nouvelles  données 
se ienti tiques.  On  comprend  que  les  vins  di^ 
Portugal  aiasi  obtenus  ^i  préparés  par  les 
soins  de  M.  d'Oltveira  Soarès  doivent  pré^ 
senter  les  meilleurs  mériter  que  puissent 
comporler  les  crus  dont  ils  sont  originaires, 
GependanL  il  est  certain  que  Tâire  pourra 
encore  ajouter  aux  mérites  actuels  de  ces 
vins,  et  c'est  pourquoi  le  jury  ne  leur  a  dé-^^ 
cerné  qu'une  médaille  d  argent. 

M.J.  SuAHEz  LAGuNOjà  Oilbao,  uégocîïKiL 
eu  eaux-de-vie,  vins,  bières  et  Ufjueurs, 
exerce  aussi  ri ndustrie  du  distillateur-liriuo» 
riste* 

Alin  d  assurer  aux  produits  de  sa  fabrica- 
tion des  mérites  de  premier  ordre^  il  n'a  pas 
hésité  à  renouveler  entièrement,  il  y  a  en- 
viron deux  ans, le  matériel  de  sa  distillerie, 
et  i  taire  venir  Je  France  un  ouvrier  émê- 
rite  qui,  JusiJJiant  sa  confiance, a  réusst  h 
améliorer  sensitdement  sa  production. 

M,  Suarex  LlagunoesL  le  premier  à  rendre 
hoïnmage  aux  mérites  professionnels  de 
son  collaborateur,  mais  il  est  bon  de  ieui;ir- 
qufir  <)ue  ces  mérites  de  l'employé  judiriesi- 
cernent  choisi,  ne  doivent  pas  l'aire  oulilier 
la  larf^eurde  vues  etTamourdu  progrès  (itit 
OfU  si  heureusement  inspirer  industriel  émi- 
nent  qui  a  su  rénover  entièrement  sa  fabri- 
cation. 

M .  Suarez  Llaguno  a  exposé  a  Huciic^vlurl 
de  l'absinthe,  du  bitter.de  ranisette,  une  li- 
queur appelée l'£'»reA'ii  et  un  EUxîrSnarei 
spécialement  destiné  à  la  bonitlcatiou  de 
sins. 

I/anisette  dénommée  Anis  Union  est 
d'une  telle  qualité  supérieure  qu'elle  a  valu 
à  M. Suarez  Lhi^Mmo  un  Diplumed'lionm^ui". 
L'ensemble  des  autres  produits  exposés  ji  a 
^  été  récompensé  t[ue  d'une  médail le d  urgent, 
mais   une  médaille   d'or  a  été  accordée  au 


^^^^ 


510  JOURNAL  MtUfHiïDEL   DB 

priiicîpal  coUaborateur  de  M.  Suarez  LUgii- 

Il  naus  rasie  àaclicvGr  iiolrô  compte  ren- 
du de  rexposLlion  de  Rochelort  en  pubttaot 
la  liste  des  récompensei  e^u'oiit  remportées 
nos  Sociétaires  à  c^.uie exposition.  Voici  cet- 
te liîsle  : 

Expoaaot»  pl&oài  HORS  OONCOURS.oo.iime 
MEMBRES  OU  JURY 

MM.  Fav  AND  Sons,  ù  Bristol  (Angleterre;. 
Rambaud,  à  Paris. 
Richard,  à  Roche  fort -sur- Mer* 

DIPLOME  D'HONNEUR 

Mil,  Bartûlomei,  â  Bucarest  (Roumanie) 
GAzimz-HoL'iiGEoïs,  à  Cambrai- 
Jacqleimin,  à  Maizéville. 
ScAKi^z  Llaguno,  k   Bilbiio    lECspugne) 
(pour  sou  oiui  . 

DIPLOMES  DE    MEDAILLES   D'OR 

M  M .   Bla  n  DiN  j  à  Maga  ra  tcli  (  R  ussie  ; . 

Brocfïard-Qciluî.t,  ù  Ctifileaudan   Eu- 

re-et-LoirJ, 
Cornu,  à  Paris. 
HENRicriT^à  Nantes. 
JouEjàSaiut-Launiut-de-la'SalaïKjue. 

DIPLOME  DE  MEDAILLE  DE  VERMEIL 
M»  Le  PAN,  tL  CauUry  (Nord)^  pour  bouilica- 
teur  d'eau -de- vie. 

DIPLOMES    DE  MEDAILLES   D'ARGENT 

MM  H  Bastas,  à  ijrau  (Algérie). 

Chambon,  à  Saint  Géré  (Lot). 

CoHBKs,  à  Vire  (Loti. 

DEMELLt:,  à  Loué  (Sartbe  . 

Jacques  (MaSj  et  Cie,  à  Saloraé  Nord) 
[deux  méctaiUeSjl'une  pour  les  huiles 
et  Fautre  pour  les  tourteaux j. 

Mauovict,  à  Bucarest  (Roumanie]. 

MicHAL,  ù  Hyères  (Var). 

NiGHOLLs,  â  Glasgow  (Angleterre). 

D'OLtvF.[R.\  SoARics,  Li  Evora  (Portugal;. 

Soei>ï:ruunDj  à  Karlsliamn  [Suède). 

Suarez  Llaguno,  à  Bilbao  (Espagne), 
pour  diverses  liqueurs. 

ZiMMKRLiN,  à  Genève. 
DIPLOME    DE     MEDAILLE    DE      BRONZE 

>L  Lepan,  aCaudry,  pour  ses  eaus-de-vie. 


L'ACàDÉMIlE  NATIONilLB.  520 

EXPOSITION    DE  DIJON 

{Suite  et  fin,] 

L'exposition  de  Dijon  a  fermé  ses  portes 
à  la  lin  du  mois  d'octobre,  ayant  remporté, 
somme  toute,  un  succès  de  bjn  aloi.  Nous 
complétons  aujourd'hui  le  compte  rendu 
des  participations  de  nos  Membres  à  cette 
exposition,  et  nous  publions  ensuite  la  liste 
des  récompense  accordées  à  nos  Sociétaires 
par  le  Jury,  qui  fut  présidé  par  M.  Delier- 
trand,  de  la  maison  Lochet  et  Debertrand, 
de  Paris,  qui  compte  au  nombre  de  nos  plus 
anciens  adhérents. 

M.  Berbig,  à  Zurich,  a  exposé  des  vitraux 
dart,  de  style  gothique,  qui  étaient  remar- 
quables à  la  fois  par  leur  fini  d'exécution 
et  leur  richesse  de  coloris.  L'art  des  pein- 
tres verriers  est  fort  en  honneur  à  Zurich, 
et  cette  ville  est  Tun  des  principaux  centres 
de  la  production  des  vitraux  artistiques  en 
Europe.  L'émulation  qui  règne  entre  le.^ 
artistes  Zurichois  a  largement  contribué  à 
développer  la  perfection  et  les  progrès  de 
la  peinture  sur  verre.  Les  vitraux  exposés 
à  Dijon  par  M.  Berbig soutenaient  dignement 
la  réputation  des  peintres  verriers  de  Zu- 
rich, tant  par  la  correction  de  leur  dessin  et 
l'éclat  de  leurs  couleurs  que  par  la  perfec- 
tion du  montage  en  plomb.  Ils  méritaient 
amplement  la  médaille  d'or  qui  leur  a  été 
décernée  par  le  jury. 

M.  Jacques  (Phihppe,  à  La  Charité-sur- 
Loire  (Nièvro);  avait  installé  une  étagère  en 
forme  de  pyramide,  de  3  mètres  de  haut,  dont 
les  gradins  étaient  garnis  de  bouteilles  de 
différentes  liqueurs,  telles  qu'anisette,  cura- 
çao, kummel  crislailisé  et  liqueur  des 
Apôtres,  la  principale  spécialité  de  notre 
Sociétaire. 

La  Liqueur  des  Apôtres^  ainsi  désignée 
en  souvenir  des  proches  disciples  de  Jésus- 
Christ,  dont  M.  Jacques  (Philippe)  porte  les 
noms,  est  une  imitation  de  Chartreuse  avec 
une  légère  saveur  de  menthe  en  addition 
qui  en  augmente  l'agrément.  Cette  liqueur 
est  obtenue  par  la  distillation  d^excellent 


w. 


w^ 


^ 


521 


ËXIH)SlfïONS   VA   CONC0UB1, 


OXi 


alcool  sur  des  ptanles  aïonHUi^tueSj  dislilla- 
tion  opérée  dans  dcâ  alambics  perrectioii' 
nés.  Les  esprits  parfumé? sont  ensuite  ad* 
diiiotinés  de  sucre,  et  Ja  Hifueur  est  tnise  à 
vieillir  dans  des  lùts  de  bois  qu'elle  ne 
quitte  qu'après  un  délai  do  deux  ans  pour 
être  livrée  à  la  uoasotnmaLiou.  Grâce  à  tous 
ces  soins,  la  Liqueur  des  Apôtres  est  d'une 
finesse  qui  la  place  au  premier  rang  des 
liqueurs  digeclives. 

Les  autres  produits  de  la  dislillerie  de  M, 
Jacques  sont  d'ailleurs  lubjetde  soins  aussi 
[nê(icu)eui  dans  leur  préparation,  en  sorte 
que  leur  marque  de  fabrique  consacre  réel- 
lement îine  qualité  de  tout  premier  ordre. 

\L  JuNOD  (ArJiQi),  i  Pou  La;  lier,  est  le  la- 
bricant  d^une  spécialité  d  absinthe  dont  la 
vogue  va  constamment  en  croissant  et  qui 
justilie  la  faveur  dont  elle  est  lobjet  par 
une  grande  (incsse  et  par  une  excellente  (lua- 
lité  spiritueuse.  L'absinthe  Junod  tient  une 
place  honorable  a  coté  d'une  absintlie  re- 
nommée, dont  la  désîtjnation  offre  la  muino 
syllabe  terminale. 

aMM.  MATHEb'F  F u ERES,  viiicultcurset distil- 
laieurs  à  Stora-Za^'ora,  en  Bulgarie,  appli- 
quent dans  le  traitement  de  leurs  vignes  et 
■Je  leurs  produits  les  mei  lie  Lires  méthodes 
françaises,  à  Taide  de^^qu elles  ils  arrivent  à 
obtenir  dos  vins  et  eaux-de  vie  déjà  très  re- 
marquables. \Liï  contînuint  dans  la  même 
voie  de  progrès  et  de  perfectionnement ^ 
MM.  Matéelf  frères  doivent  arriver,  dans  peu 
de  temps,  à  donner  à  leur  producUon  vi* 
ticoleet  ù.  leurs  spiritueux,  des  niérites  de 
premier  ordre,  qui  leur  permettront  de  ri- 
valiser, au  moins  sur  le  marcht^  de  la  llul 
garie,  avec  les  meilleurs  proluits  similai- 
res d'autres  provenances. 

Ici  s  arrête  f  sauf^  bien  en  tend  u^  erreur  ou 

i       omission f  la  série  des  comptes  rendus  dos 
participations  de  nos  Sociétaires  ù  Tex posi- 
tion de  Dijon,  et  il  nous  reste  à  publier  la 
liste  des  récompenses  accordées  à  ces  Socié* 
I       tarrc?s,  non  sans  mentionner  toutefuis  que, 
I       en  dehors  des  exposants  placés  hors  cou* 
I       cours,  te  Juryi  présidé  comme  nous  l'avons 


dit  plus  haut  par  un  de  nos  collègueSj  M,  De- 
bertrand,  comptait  auîsi^  pinai  ses  mem-' 
bros,  un  autredenos  Siciétiirej,  \\,  Simon 
Lazare,  de  Marseille, 

Expoïanti  pîaôèi  HDR3  CDMCOllFtS  ooiina 
Mumbrai  du  Jury. 

M^L 

BARTOLOMEf,  à  Bucareil  [[Roumanie)* 
Gariic,  à  Odlhniï  (Uhone). 
Caucal,  à  Siint-Germain-du-Bois  (Saune- 
et- Loire,. 
Gailly,  k  Homans  i^Urt}me). 
LagachEj  à  Paris. 
Prlvosi  j  à  Paris. 
ScHANTKj  â  Meî\  [Alsace-Lorraine)^ 

Dlplômo^de  GRANDS  PRiX. 

mu 

Bastos  Jean',  à  Oran  (Algérie). 
Vry  and  Sons,  à  Bnstol  lAn^'lc terre)* 
JcNuD  (Arthur),  â  Pontarlter  (DodbiJ , 
SmoK  frèrci,  à  Cherbourg  (Manche)* 


Dlplàmett  D  HONNEUR. 


M.\L 


Delà  U  Ha  Y,  à  Paris. 

Mère  DE  ChantillVj  à  Orléans  (Loireijr 

Diplômes  de  MÉDAILLES  D'OR 
MM- 
Berbig  (Frédéric],  à  Zurich  (Suisse). 
Florenckj  à  Tours  [ladre-et-Loirô]. 

Jacquemlv,  à  Malzêville  [Meurihe-el-Mo- 
selle)* 
Jacques  (Philippe),  à  La  Charité  (Loire,. 
Mateeff  KRÈHiis,ù  Stura-Zagora  (^Bulgarie)* 

Diplô-ne* de  MÉDAILLES  D'ARQENT 
MM. 

CnAUMETL  (Anaédee)  (i)>  à  Annonay  (  \r  - 
dèche). 

FokTLN  (Henri),  gérant  de  la  Goulburu 
Vallej'  Wiiie  aud  Uistillery  C",  a  Mooroopna 
(Australie). 

Diplômes  dâ  MÉDAILLES    DE  BRDNZE 

MM, 

MicuALj  à  Ilyères  (Var)* 

GouiaïKREj  à  ^alle)'  (Meurthe-et*Mgselle\ 

(i)  M.  Chaumeil  nouïs  n  avist'S  ijue  le  Jury  snpr- 
rieur  ilcrExposiliaii  tle  hijon  ttij  avïiU  di^crrnr 
uni;  tiiiiilitille  clnr  :  nmïs  (^i*A  bien  eunime  liôm^ti' 
ruijn^  d'uni'  tni^Uiiitli^  d'argt.nit  qutJ  son  nom  t[|,;iu'i' 
uu  l*;ilumrr?i  iiflic'iol  tlr^^  lii  raïUfiunï^i'^t  P^«gi'  '^^-  'I 
j   il  y  ;mra  nuns  doult;  lieu  à  rccttllcation  &  c^i  ^ipp  l. 


1333 


JOURNAL  MENSUEL  DE  L'ACADEMU  NATIONALE. 


524 


COMMERCE 


L£  COMMERCE  EXTÉRIEUR    DE    LA 
FRANCE  EN  SEPTEMBRE  1898. 


Les  statistiques  officielles  de  radroinis- 
IrnlJon  des  douanes  résument  dans  les  chif- 
fres sulvantâ  les  mouvements  de  notre  com- 
merce extérieur  pour  les  neuf  premiers 
mois  de  lannée  courante  et  de  Tannée  pré- 
cédente ; 


lUi'nnTATtoNs. 


1898 


1897 
(374.08^.000 


flbjets  d  alimentation  1. 161. 981. 000 
MatU'^res  lu-t-essalres 

h  lindustne 1.707.568.000  1.518.917.00 

Ulijelf*  fabri-iués 406.738.000      4.^)2.700.000 

Totaux rj. 3^6. 287.000  2.845.703.000 


EXPORTATIONS. 


1897  1898 

472.830.0(0      493.596.00 


Ot^jt^ls  d'alimentation 
Matières   m  ressaires 

a  l'industrie 681 .491.000      711. .053000 

Objets  fabriqués 1.285.569.000  1.328.329.000 

Colis  posilmiX 114.147.000      113.813.0,0 

Tolol 2.554.043.000  2.647.968.000 


RopprocTrés  des  renseignements  publiés 
sur  la  situation  du  commerce  extérieur  à 
la  lin  du  mois  d'août,  les  chiffres  ci-dessus 
font  ressortir  les  résultats  suivants  pour  les 
mois  de  septembre  )898  et  1897  : 

Septembre  1898      Septembre  1897 

ImporlalloûS....    286.881.000        251.223.000 
Exportations . . . .    278.430.000  i^. 947. 000 

Ces  résultats  sont  peu  favorables.  Si, 
grike  à  nos  excellentes  récoltes  de  cette  an- 
née, dont  rinfluence  a  évidemment  com- 
mencé à  se  faire  sentir  en  septembre,  nous 
avons  demandé  à  l'étranger  pour  4.342.000 
fr.  de  moins  de  marchandises  en  septem- 
bre 1898  quen  septembre  1897,  nous  lui 
avons  vendu  aussi  pour  22.517000fr.  de  mar- 
chandises en  moins.  La  perte  sur  nos  ven- 
tes dépasse  donc  de  beaucoup  le  gain  sur 
noîs  diminutions  d'achats. 

5tal|Lïrc  ce  léger  ralentissement  de  nos 
importa  lions    en    septembre^    nous  nous 


trouvons,  à  la  fin  de  ce  mois,  avoir  impor- 
té pour  490.584.000  fr.  de  marchandises 
étrangères  de  plus  en  1898  qu'en  1897, 
tandis  que  nous  avons  vu  diminuer  nos  ex- 
portations de  93.325.000  fr.  durant  la  mê- 
me période  de  temps. 

Pour  les  trois  premiers  trimestres  de 
Tannée  1808,  la  balance  du  commerce  fait 
ressortir  un  solde  défavorable  de782.244.000 
fr.  Or,  ce  solde  défavorable  n'était  que  de 
198.335.000  fr.  à  la  fin  des  trois  premiers  tri- 
mestres de  1897.  D'une  année  sur  l'autre,  le 
déficit  s'est  donc  accru  de  la  somme  de 
583.909.000  fr..  qui  est  précisément  égale  au 
total  des  augmentations  d'imporlationset  des 
diminutions  d'exportations.  A  la  fin  du  mois 
d'août,  ce  déficit  n'était  que  de  565.036.000 
fr.  Les  résultats  du  mois  de  septembre  se 
sont  donc  traduits  par  une  nouvelle  perte 
de  18.873.000  fr.  que  l'on  ne  peut  enregis- 
trer sans  regrets. 


LE   COMMERCE  DE   LA    FRANCE  ET  DE 
SES  COLONIES 

Le  commerce  de  la  France  avec  le»  colo- 
nies et  pays  de  protectorat  est  en  progrès 
depuis  1883  ;  il  est  vrai  que  l'augmentation 
est  due  en  grande  partie  à  raccroissement 
de  notre  empire  colonial. 

Pour  les  années  1883-1887  et  en  ce  qui 
concerne  le  commerce  général,  la  moyenne 
quinquennale  est  de  261  millions  de  francs 
à  l'importation  des  colonies  en  France  et  de 
2S2  millions  à  l'exportation  de  France  aux 
colonies.  Pour  la  période  quinquennale  de 
1888-1892,  la  moyenne  des  importations 
en  France  a  été  de  359  millions  et  celle  des 
exportations  de  France  de  327  millions.  La 
moyenne  annuelle  de  la  période  de  1893-1897 
s'est  élevée,  pour  les  importations  en  Fran- 
ce, à  397  millions  et  à  408  millions  p^^r 
les  exportations  de  France.  Les  chiffres  de 
j|  l'année  1897  même  ont  été  en  chiffres  ronds 
de  420  millions    pour  les  importations  co- 


525 


loniales  en  France  et  de  444  millions  pour 
les  exportations  de  France  aux  colonies.  La 
somme  afférente  aux  exportations  de  1807 
est  la  plus  forte  de  la  période  1883-1897  ; 
mais,  eu  ce  qui  touche  les  importations  co- 
loniales eu  France,  le  chiffre  le  plus  con- 
sidérable, pour  la  même  période,  est  ce- 
lui de  l'année  1893,  qui  a  été  do  430  mil- 
lions de  francs. 

I^  importations  des  colonies  en  Franco 
en  1807,  qui  ont  monté  exactement  à  420 
millions  163,804  francs  (commerce  général; 
se  décomposent  ainsi  : 

Objets  d'alimentation. . .  315.C75.097  francs 
Matières  nécessaire     à 

rindustrie 90.878.578     — 

Objets  fabriqués 13.510.218     — 

Total  égal....    420.063.891     — 

Les  exportations  de  France  aux  colonies 
pour  la  même  année  1897,  qui  sesontéle- 
Tées  exactement  à  444,478,264  fr.  (commer- 
ce général),  se  répartissent  comme  suit  : 

Objets  d'alimentation. .    106.245.439  francs 
Matières    nécessaire   à 

l'industrie S6.574 .584      — 

Objets  fabriqués 310.658.211      — 


COMMERCE.  526 

764  francs.   La  douane    fran^'aise   a  perçu 
4,902  francs  de  droits  d'ontrée. 


Total  égal. 


444.478.264      — 


Les  droits  perçus,  en  1897,  sur  les  pro- 
duits coloniaux  à  Ventrée  en  France  ont  été 
de  30.524.747  francs,  alors  que  les  pro- 
duits algériens  n'ont  payé  que  32.576  francs, 
pour  une  importation  de  245.978.961  francs, 
et  les  produits  tunisiens,)35.879  francs  pour 
uoe  importation  de  20.277.079  francs. 

Nous  allons  indiquer  brièvement  les  chif- 
fres du  commerce  de  la  France  avec  chacu- 
ne des  colonies  françaises  en  1897  ;  ils  se 
rapportent  au  commerce  général. 

Sénégal.    —  Importations  en    France, 
^  13,555,969  francs  ;  exportations  de  France, 
]  23.524.534  francs.  Parmi  les  importations  en 
I  France,  nous  citerons  :  les  arachides  en  cos- 
ses, 8, 437,563  francs;  lesgommes  exotiques, 
3,986,776  francs  ;  le  caoutchouc,   258,440 
fr.  ;  les  plumes  de  parure,  218,140  francs  ; 
les  animaux   vivants,    105,000  francs;   les 
I  défenses  d'éléphant,  12,660  francs  ;  le  café, 


Etablissements  frant^ais  de  la  Côte  occi- 
dentale d* Afrique  (G^ngo,  Soudan j  Gui- 
née française t  Cùle  d'Ivoire,  GoUe  de  Bé- 
nin). —  Importations  en  France,  6jS86,Q12 
francs,  contre  9,170,001  fr.  en  18Q0,  soil 
une  diminution  de  2j583,00^  francs  pour 
1807  ;  exportations  de  France,  8,237.005 
francs,  au  lieu  de  9;i3Ô,  120  fr.  en  1893.  Les 
importationsen  France  se  rép:irtissenl  com- 
me suit:  Huile  de  palme,  2,28 1,876 (rancs; 
graines  et  fruits  oléagineux,  1,555,852 francs; 
bois  debénisteric  et  de  teinture,  l3343/j5L 
fr.  ;  caoulcliouc  et  gutta-percha,  l,253,TiJl 
francs;  dërensesd'éléphant/238,î>10  IVancs  ; 
café  en  (ûsq?,^  C*),  100 franco  ;  peaux  brutes, 
60,899  francs,  etc.,  eic.  11  serait  a  désirer 
qu'à  partir  de  180S,  les  chilfres  relatifs  au 
Congo,  an  Siiudan,  à  laGuitiée  frant^'aiso. 
à  la  Cote  d'Ivoire  et  au  golfe  de  Bénin,  ug 
soient  pas  poriés  en  bloc,  mais  (igurent  sé- 
parément pour  chacune  de  ces  cinq  colo- 
nies. 

Madagascar^  —  Importations  en  France, 
2,038,077  francâ;  exportations  de  France, 
16,703. 3iK)  francs  ;  droits  perçus  à  l'entrée 
dans  lu  métropole,  11t411  francs. 

Maj'otîe.    —    Importation  en    France, 
1,965,030  francs  ;  esporiations  do  Fi^a fic3, 
344,270  francs;  droits  payés  à   importa- 
tion en  France,  900,779  francs, 

Nosst-Bê,  —  ttnportations  en  France, 
035,600  francs  ;  exportations  de  France, 
538,33 1  francs  ;  droits  perçus  fi  rentrée  dans 
la  métropole,  03,881  francs. 

Sainte*Marie  de  Madagascar.    —  îm^ 
portations  en  France.  7  J,<UO   francs  ;    ex- 
portations de  France,  107,710  francs  ;  drotts 
d'importation  en  France,  3,371  francs. 

Réunion.  —  Importations  en  France. 
20,078,010  fr,,  exporta  tiens  de  France, 
10,477,045  ;  droits  acquittés  en  France, 
8,774,082  francs. 

•  Obock\  —  Leî*  cllil^n^^  afférenU  ù  eetle 
colonie  ne  Ijgurent  point  dans  ta  slaiisti- 
lique  de  la  douane*  H  y  a  là  une    lacnue  à 


iiipjuUP^p  1.1     I 


5Î7 


JJUOAL  liENSUEL  DB 


combler  et  qui  m  s'cxpli(]ue  point.  Nous 
savons  qne  le  mouvemenL  commercial  entre 

la  Franco  et  Ubock  est  très  faible  ;  mais, 
quoique  le  Tableau  général  soiL  muet  à 
cpt  égard  pour  ISIJ?,  il  est  Litîricile  d'admet- 
tre qu'il  n'y  ail  eu  aucune  importatioQ  d'O- 
bock  en  France  et  aucune  exportation  de 
Trance  a  Obock. 

Indo*Chine  Jrancaise.  —  Importations  en 
France,  :?3,:^i;},4y^J  trancs  ;  exportations  de 
France,  38,557,3f)0  Irancs  ;  droits  perçus 
sur  les  tm[>ortation3  en  France,  1,622,05;) 
francs, 

Inde  française,  —  Importations  en  Fran- 
ce, 2,997,415  francs  ;  exportations  de  Fran- 
ce, 983,030  francs  ;  droits  recouvrés  par  la 
douane  métropolitaine^  0,132  francs. 

Nouvelie-Calédonie,  —  Importations  en 
France,  11, 0^3,728  Jr.  ;  exporutions  de 
France,  10,416,8-14  francs  ;  droits  à  l'entrée 
dans  la  métropole  sur  les  importation:}, 
145,512  francs. 

Tahiti.  —  Importations  en  France, 
179,559  francs  ;  exportations  de  France, 
592,500  francs  ;  taxes  de  douane  en  France 
2,934  francs. 

Guadeloupe.  —  Importations  en  Fran- 
ce, 13,085,051  francs  ;  ex  porta  lions  de  Fran- 
ce, ll,:?S7j9i5  francs  ;  droits  perdus  par  la 
douane  iVançaise,  9,138,731  francs. 

Martinique.  —  Importations  en  France, 
I8j997,505  francs  :  exportations  de  Fran- 
ce, 1^,965, 95'i  francs  ;  droits  de  douane, 
payés  en  France,  9,518,567  francs. 

Guyane,  —  Importations  en  France 
lj648,8J8  francs  ;  exportations  do   France, 


L'ACàDiMil  NAT10?iALE.  528 

10,849,482  francs  ;  droits  à  rentrée  dans  la 
métropole,  2,934  francs. 

Saint-Pierre  et  Miquelon  (et  grande  pè- 
che). —  Importations  en  France,  26,954,415 
francs  ;  exportations  de  France,  7,527,491 
francs  ;  perçu  par  la  douane  métropolitai- 
ne, 54,028  fra  ncs. 

Nous  croyons  devoir  compléter  cet  arti- 
cle par  les  chiffres  concernant  TA  Igérie  et 
la  Tunisie. 

Algérie.  —  Importations  en  France, 
245,978,961  francs  contre 203,779,0l3francs 
en  1896  ;  exportation  de  France,  235,287,029 
fr.  au  lieu  de  244,478,422  francs  en  1896  ; 
droits  perçus  en  1897,  à  Tenlrée  en  France, 
32,576  francs. 

Tunisie.  —  Importations  en  France, 
29,277,079  francs  contre  26,108,070  francs 
en  1896  ;  exportations  de  France,  46,983,810 
fr.  au  lieu  de  41,016,659  francs  en  1896  : 
droits  de  douane  payés  en  France,  135,879 
francs. 


LE  COMMERCE  EXTÉRIEUR  DE  L'ITAUE 

Le  commerce  extérieur  de  Tltalie  a  at- 
teint en  1897  le  chiffre  total  de  2,284  mil- 
lions, se  composant  de  1192  millions  d'im- 
portations et  del092millionsd'exportaiion3. 

Ces  chiffres  sont  en  progrès  sur  ceux  des 
années  précédentes. 

Au  reste,  le  commerce  extérieur  italien 
n'a  cessé  de  s'améliorer  depuis  Tannée  1891 
oii  il  s'était  trouvé  ramené  au  chiffre  de 
2.003  millions,se  composant  de  1127  millions 
d'importations  et  de  876  millions  d'exporta- 
tions. 


Le  Directeur'-Gérant,  Rédacteur  en  Chef, 
EuoàNB  THIËRY. 


LSAMONT  (msrU  -•  IÎH»RIMEniÊ  DAIX  l-^RÈRKii,  PLACE  SAlîlT-ANDRÉj  3« 


/        *• 


JOURNAL     MENSUEL 


L'ACADÉMIE    NATIONALE 


AGRICOLE,  lANIJFACTURIERE  ET  COXIERCIALE 


68*  Année.  -  DECERABRE   1808. 


SOMMAIRE 

AGRICULTURE.  —  Le  concours  f^cu^rul  agricole  de  Paris  en  1899.  —  Le  simis  dci  beiteravcs  en  poquiîts  —  |ït.*» 
trucUon  dct  mauvaiïta  herbcA  f^ir  Le  sulfalc  di:  fer.  «  L'cpaodagi;  du  TumiLT»  co  m  ma  ni  cation  de  M-  D&hépâfn,  h  la 
Sodi^'tê  (latÎDncile  d'agriculture. 

INDilSTftlC  —  Mécanique  Jucquart  milàtUquc,  de  M.OHbaumont  à  Rcîmi.  ^  Les  grands  paqueb&l«  Tranïâtlaiiti- 

EXi»OSITtONS  ET  CONCOURS,  —  Eipoiitioti  deKocheforU— Hxpositmo  de  tgoo. 

ComUIERCE.  —  Le  cocïiiTifri'i;  cxlcnctir  de    lii  France  en  OLïûbrc  1R9S,  —  La  commerce  exT^ritiur  de  h  Frjtue  en 

LISTE  QÉNÉRALE  Al-PHABÉTIQUEcl«»  Mombr«>  do  la  SooléU  Admis  pendant  rannio  1808* 
TABLE  OÉMÉftALEde»  Matlénos  publiée»  penctonl  rannâe  I8Ô6 


AGRICULTURE 


LE  CONCOURS  GÉNÉRAL    AQBtCOUE 
DE   PARIS,  en  1899 

Par  arréiéen  date  du  20  novembre,  pris 
sur  l'avis  du  conseil  des  inspecteurs  de  Ta- 
griculture,  leroinislre  de  l'agriculture  adé- 
cî(!é  que  le  concours  i^énéral  agricole  de  Pa- 
ris ^  tiendrait  à  la  Galerie  des  Machines,  au 
Ciiamp  dô  MarSj  du  lundi  27  février  au 
mardi  7  mars  1893. 


LE  SEMIS  DES  BETTERAVES  EN 
PQQUETS. 

On  s'occnpe beaucoup  en  Belgique, depuis 
trois  anSjdes  applications  de  la  méthode  des 
semjs  de  betteraves  en  lignes  discontinues 
ûti  en  poquets,  suivant  le  terme  consacré, 
  la  suite  d'expériences  nombreuses,  con- 
duites avec  beaucoup  de  méthode,  des  ré- 


sultats nettement  favorables  à  la  praiiijuc 
des  semis  en  poquets  ont  été  obtenus  lîui- 
née  dernière  par  M.  Max  Le  Docte,  a^^îri- 
culteurtrês  habile  et  fabricant  de  sucre  ù 
Gembloux.  La  question  n  est  pas  nouvelle  ; 
on  a  discuté  souvent  sur  la  valeur  respec- 
tive des  semailles  effectuées  en  lignes  con- 
I  tînuesou  en  lignes  intermittentes.  Les  deux 
méthodes  ont  eu  leurs  partisans  ;  iHialeinent 
celle  des  semailles  en  lignes  continues  est 
devenue  la  règle  à  peu  près  généralement 
suivie,et,après  des  essais  variés,  la  niéthuJe 
de  semailles  en  poquets  n'a  plus  eu  que 
de  très  rares  partisans.  Les  études  de  M.  Le 
Docte  ont  donc  ressuscité  un  problème  (jui 
paraissait  résolu.  Cette  année,  la  méthode 
qu'il  préconise  a  été  appliquée  notamment 
par  181  agricu  Iteurs  qui  ont  employé  le  plan  ■ 
toir  à  poquets  servant  à  faire  ces  semis  ;  Li 
plupart  sontbelgeSjquelqueâ-uns  sont  Iran- 
çais.  Dans  une  enquête  faite  auprès  d  eux 


531 


sous  forme  d'un  quesliouna ire  sur  les  résul- 
tats obtenus,    lû3  ont  envoyé  des  rëpon- 
seB  motivées  ;  sur   ce  nombre,   125  onl 
donné  des  réponses  favorableSjlS  des  répou- 
ses  indécises  et  10  seulement  des  réponses 
défavorables.  La   proportion  des  réponses 
favorables  est  donc  énorme.  On  se  loue  de 
lecononiie  de  graines,  tic  la  roi^ulariLédela 
levée,  de  celle  de  Tes  paiement  des  racines, 
de  la  vigueur  générale  de  la  végétation.  Le 
Syndicat  des  fabricants  rie  sucre  de  France 
a  envoyé  une  délégation  pour  visiter  les 
cultures  de  M.  Le  Docte,  A  la  suite  de  cette 
visite,  il  a  été  décidé  que  des  posais  en  po- 
(juets  seraient  faits,  sous  son  contriile,  en 
1899,  dans  différents  terrains,  avec  les  ap- 
pareils qui  sont  usités  aujourtriiui  en  Bel- 
gique pour  les  semis  en  lignes  discontinues. 
Ces  appareils  sont  ceux  de  M,  Frennet-Wau- 
thier  et  de  M,  Bédoret.  Il  sera  intéressant 
de  suivre  ces  expériences.  Mais  il  est  i»  no- 
ter t)ue,   dans  l 'enquête  dont  nous  parlons 
plu»  haut,  sur  les  10  réponses  défavorablrs, 
1  proviennent  de  France^  et  1  d'Alsace. 


JOGANAL   Uer^snEL   lïB   L'ACADBUte   iViTIONALE.  533 

L*ÈPAMDAGE  DU  FUMIER 

Communication  d*?  M.  Dr.  m  i.  h  Ai  n,  à  la 


DESTRUCTION  dea  MAUVAISES  HERBES 
par  le  Sulfate  de  Fer. 

M.  Marguerite  Oelacliarlonny,  ingénieur 
des  Arts  et  Manufactures,  a  fait  de  nom- 
breux essais  sur  l'action  du  sulfate  de  fer 
sur  les  mauvaises  herbes  et  voici  les  résul- 
tats auxquels  U  est  arrivé  :  Aprèa  un  ou 
lieux  traitements  Ion  est  complètement  dé- 
buri*aasé  des  plantes  suivantes  :  berce,  ca- 
rotte sauvagCj  pissenlit,  iéoniondon,  mar- 
guerite blanche,  pâqueretlCj  ciiardon,  bar- 
dane,  armoise,  rltinante,  ravenelle,  séné, 
colchique,  renoncule  îlcre, plantains  divers, 
renouée  des  oiseauic,  coucou,  mercuriale  ; 
do  plus,  d'autres  plantes,  telles  ffue  la  pré- 
ie  et  Tortie,  se  développent  mai  quand  elles 
out  été  soumises  à  Taction  du  sulfate  de  fer. 

Ajoutons  du  reste  que  cette  matière  a 
peu  d'action  sur  les  légumineuses  et  pas  du 
tout  sur  les  graminées. 


Société  nationale  d'agriculture. 


L'éminent  cliimiste,  M.  Dehéraitt,  a  fait 
récemment,  a  la  Société  nationale  d'agri- 
culture, une  communication  intéressante 
sur  ta  question  de  Tépandage  du  fumier 
communication  dont  voici  Tanalyse,  d'après 
un  journal  spécial  : 

«  M.  Dehérain  a  rappelé  d'abord  les  ex- 
périences qu'il  a  faites  antérieurement  et 
qui  démontrent  que  le  fumier  eiposéà l'air 
perd  : 

^t  p  Tout  ou  partie  de  l'ammoniaque  qu'il 
renferme  ; 

tï  2^  Une  fraction  importante  de  son  azote 
organique. 

{!  On  en  déduit  que,  quand  le  fumier  est 
éparpille  sans  soins  danslacourdela  lerme, 
qu'il  n'est  paà  tassé  et  que  h  fermentation 
productrice  d'acide  carbonique  ne  s'y  éta- 
blit pas,  il  perd  une  fraction  plus  ou  moins 
forte  du  plus  important  et  du  plus  cotiteus 
de^es  éléments. 

4  M.  Deliératn  dit  qu'il  ne  faudrait  pas 
croire  qu*un  fumier  maintenu  sous  les  ani- 
maux ne  subit  aucune  perte,  parce  qu'on 
ne  perçoit  pas  en  entrant  dans  le  local  où 
il  séjourne  une  forte  odeur  d'ammoniaque, 
puisquerexpéj'jence  nous  enseigne  que,  par- 
fois, laxoto  se  dégage  à  lélat  libre,  forme 
sous  laquelle  il  ne  répand  aucune  odeur  ca- 
pable de  dévoiler  son  dégagement. 

«Le savant  chimiste  pose  plusieurs  points 
d*inierrogat[on,  D:ins    quelles    conditions      ' 
faut-il  se  placer  pour  éviter  les  pertes  d'a- 
zote à  l'état  libre  ?  Ces  pertes  se  produisent-      i 
elles  môme  dans  le  tas  de  fumier,    au  mo-      ' 
ment  oîi  la  fermentation  aérobie^  qui  élève 
la  lempérature  jusqu'à  ttO  degrés,  est  en      | 
[deiïîe  activité?  Nous  l'ignorons    encore, 
dit-il,  les  expériences  entreprises  pour  dé- 
cider ce  point  particulier  n  étant  pas  encore 
terminées  ;mais  on  peut  toujours  tirer  parti 
des  faits  bien  établis  pour  donner  aux  pra- 
ticiens quelques  indications  utiles, 

^t  Et  daliordj  M,  Dehérain  rappelle  qull 


533 


INDUSTRIE. 


534 


y  a  une  quarantaine  d'années,  on  en  était 
réduit  à  fumer  en  couverture  quand  les 
intempéries  avaient  empêché  de  conduire 
sur  les  pièces  le  fumier  en  temps  utile 
pour  l'enterrer.  Aujourd'hui, que  nous  avons 
des  engrais  de  commerce  à  bon  compte,  ce 
mode  de  fumure  doit  être  abandonné  ;  le 
famier  exposé  à  l'air  perd  rapidement  son 
ammoniaque  et  même  une  fraction  de  son 
azote  organique  ;  le  répandre  dans  les  champs 
oii  il  reste  exposé  à  Tair  pendant  toute  la 
saison,  c'est  le  gaspiller  à  plaisir.  Dans  ces 
conditions,  le  fumier  n'exerce  qu'une  ac- 
tion fertilisante  inûniment  plus  faible  que 
lorsqu'il  est  enterré.  Il  vaut  mieux  forcer  un 
peu  la  dose  de  nitrate  de  soude  ou  de  sulfate 
a'ammoniaque  que  d'employer  le  fumier 
dans  des  conditions  aussi  désavautageuses. 

«  M.  Dehérain  conseille  aussi  d'abandon- 
ner la  disposition  du  fumier  en  fumerons 
qui  restent  longtemps  en  place  avant  d'élre 
éparpillés  et  enterrés  par  la  charrue. 

V  Les  pertes  d'ammoniaque  et  d azote  li- 
bre sont  inévitab  les  quand  les  fumerons 
restent  exposés  à  l'air  ;  en  outre,  si  la  pluie 
survient,  les  fumerons  sont  lavés  et  les  eaux 
qui  les  ont  traversés  s'infiltrent  dans  les 
terres  sous-jacentes  qui  reçoivent  ainsi  une 
fumure  exagérée  ;  aussi,  au  premier  prin- 
temps, voit-on  les  plantes  qui  croissent  sur 
ces  places  à  fumier  présenter  une  couleur 
vert  foncé  et  une  vigueur  infiniment  supé- 
rieure à  celle  de  leurs  voisines. 


«  Ces  irrégularités,  dans  t'aspect  des  cul- 
tures, déplaisent  aux  praticiens  soigneux^  et 
ils  ont  bien  raison  de  les  craindre,  car  il  ar- 
rive souvent  que  le  blé  ou  l'avoine  des  pla- 
ces où  le  fumier  a  séjourné  versent^  que 
les  betteraves  deviennent  énormes,  se  char- 
gent d'eau  et  de  nitraU>s,  et  ne  présentent 
qu'une  médiocre  valeur  ;  la  méthode  a 
donc  de  graves  inconvénients,  et  on  fera 
bien  d^y  renoncer  toutes  les  lois  qu'on  le 
pourra. 

a  Le  procédé  à  suivre  est  le  suivant  :  on 
conduira  sur  les  mèoies  pièces  et  ensemble 
la  charrette  àlumier  et  la  charrue  ;  les  hom- 
mes déchargeront  le  fu  rater  eu  le  tirant  cons^ 
tamment  de  la  voilurejCt  ce  fumier  sera  éten- 
du de  façon  que  la  charrut5  puisse  iuimédiate- 
ment  l'enterrer.  S'il  passe  ainsi  directement 
de  la  plaie*ibrme  à  la  terre  sans  séjourner 
à  Taîr,  il  ne  subira  plus  que  des  pertes  in- 
signifiantes. O  procédé  est  mis  en  prati' 
que  par  beaucoup  de  cultivateurs  habiles^ 
qui  ont  ainsi  devancé  les  indications  des 
laboratoires.  Quand  la  terre  est  apte  à  por- 
ter les  chariots  qui  amènent  le  fumier^  elle 
peut  être  labourée. 

t  11  n'en  est  pas  toujours  ainsi  dans  les 
régions  de  l'Est  où  Ton  conduit  le  fumier 
sur  les  terres  durcies  par  la  gelée,  qui  na- 
turellement ne  peuvent  être  labourées.  Dans 
ces  conditions,  le  fumier  reste  fatalement  à 
l'air  pendant  quelque  temps  et,  par  suite, 
subit  des  pertes  sensibles,  v 


INDUSTRIE 


MÉCANIQUE    JACQUARt    MÉTALLIQUE 

de  M.  J.  Gribaumont, 
16,  rue  des  Augustins,  à  Reims. 

M.  J.  Gribaumont,  constructeur-mécani- 
cien à  Reims,  fabrique  tout  spécialement 
le  matériel  et  l'outillage  des  manufactures 
de  tissas. 

Dans  les  nombreux  articles  qui  consti- 
tuent ce  matériel  et  cet  outillagCi  M.   Gri- 


baumont  a  apporté  des  perfectionnements 
de  détail  qui  ont  largement  contribué  à  ac- 
croître le  rendement  des  métiers  et  à  amé- 
liorer la  condition  des  produits  fabriqués. 
iMais,  sans  nous  occuper  de  tout  le  menu 
matériel  pour  tissage  que  fabrique  supé- 
rieurement M.  Gribaumont,  nous  parlerons 
aujourd'hui  de  sa  mécanique  Jacquart,  de 
construction  entièrement  métallique,  bre- 
vetée dans  cinq  pays^  qui  a  déjà  été  présen- 
tée à  Tcxposition  de   Bruxelles  de  Tannée 


iip^ 


635 


dernière,  où  elle  a  élé  récompensée  d'une 

inëdaille  d'argent. 

Dans  la  mécanique  Jacquartde  M;  Gri- 
baumont,  les  différents  mouvements  sont 
transmis  par  une  manivelle  montée  sur  un 
arbre  principal  de  transmission.  Sur  cet  ar- 
bre est  calé  une  autre  manivelle  dont  l*ex- 
trémité  commande  le  mouvement  vertical 
de  va-el-vient  d'une  tige  ou  pièce  oscillan 
te.  Sur  celte  ti^e  est  placée  un  boulon  per* 
jiendiculaire  entouré  d'un  galet  qut.engngi.' 
dans  la  rainure  d;-  forme  appropriée  du  ca- 
dre de  la  mécaniciueen  détermine  le  dépla- 
cement horizontal  suivant  les  besoins  du 
tbnctionnement  général  de  l'appareil.  Le 
cadre  se  déplace  entre  quatre  galets^  dont 
\v5  deux  inlérieurs  sont  lixes  et  dont  les 
lieux  supérieurs  sont  montés  aux  exlré- 
mités  d'un  ressort  en  arc- de-cercle  faisant 
tine  pression  réglable,  pt>ur  éviter  toute  vi- 
bration et  pour  rattraper  le  jeu  éventuel 
de  l'usure.  Une  troisième  manivelle  calée 
aur  l'arbre  principal  porte  un  contrc-poid;> 
Liuel'oti  déplace  à  volonté  sur  cette  mani- 
velle, afin  d'équilibrer  exactement  le  poids 
de  la  tire. 

On  peutj  d'après  cette  description,  se  ren- 
dre compte  que  la  mécanique  Jacquart  de 
M.  Gribaumont  présente  bien  réellement  les 
avantages  suivaîtts,  que  revendique  Tinven- 
teur: 

1"  Fonctionnement  très  simple, 
2*"  Réglage  facile  de  tous  les  mouvements 
et  déréglage  impossible, 

3"  Équilibre  du  poids  de  la  tire  permettant 
une  plus  grande  vitesse  de  la  macbine  en 
même  temps  qu*une  force  motrice  plus  fai- 
Z>le. 

4"  Pouvantuliliser  les  anciens  jeux  de  car- 
tons qui  sont  onéreux, 

5°  Évitant  les  inconvénients  que  Ton  ren- 
contre avec  toutes  les  nouvelles  mécaniques 
à  (ines  divisions,  et  permettant  d^employer 
tousles  anciens  ouvriers  babituésà  conduire 
la  Jacquart  ancienne  et  faisant  l'article  lourd 
(ou  fort) aussi  facilement (|uc  rarlicie  léi^'cr, 
6**  Évitant  )e  pjquoge  spucinl  des  CiUtons 
dans  des  établissements  en  dehors  de  la  lo- 
calité. 
7"  Construction  solide  de  tous  les  orgaiics 


JOUmtrAL  MEJfStKL   DE  l'aGADÉMIB  NATIONALE.  5% 

qui  sont  faits  et  ajustée  d'une  façoa  irrépro- 


chable. 

8*  Cbange  nent  facile  et  rapide  d'un  cro- 
chet ou  d'une  aiguille,  en  cas  de  besoin,  p^-^ 
suite  de  leur  agencement  spécial  dans  la  ma- 
chine. 

9"  iN'ayant enfin  rien  de  ce  caractère  bra- 
tal  et  bruyant  auquel  nous  ont  babitués  lei 
battants  des  Jacquart  ordinaires. 

Ajoutons  que  M,  Gribaumont  est  tellement 
sur  de,^  avantages  de  sa  mécanique  Jacquart 
qu'il  en  offre  la  livraison  à  Tessar  à  tout  in- 
dustriel intéressé,  en  acceptant  qu'elle  lui 
soit  retournée  à  ses  fra!,«,  au  cas  où  elle  ne 
donnerait  pas  une  eTitièresatisfaciton, 

ïjuand  un  appareil  mécanique  est  offert 
dans  de  semblables  conditions  aux  manu- 
factures susceptibles  de  remployer,  c'est 
qu'il  présentebien  réellement  tousles  avan- 
tages qui  promet  son  constructeur. 

Au  reste,  le  succès  de  la  mécanique  Jac- 
quart de  M.  Gribaumont  est  maintenant  par- 
fa  i  le  meïit  consacré  par  T usage,  et  il  ne  sem- 
ble plus  que  la  médaille  d'argent  décernée 
par  le  Jury  de  Te x position  de  Bruxelles  soil 
une  récompense  suffisante  pour  un  apparcd 
aussi  ingénieusement  perfectionné. 


LES  GRANDS  PAQUEBOTS 
TRANSATLANTIQUES. 

Les  Compagnies  de  navigation  anglaises 
et  allemandes  luttent  avec  acharnement 
pour  réduire  de  plus  en  plus  la  durée  de  la 
traversée  de  TAtlan tique. 

Laromnagnie  allemande  du  NorJdentS' 
cher  Lloyd  qui,  avec  son  magnifique  pa- 
(iuelx>t  Kaiser  Wilhem  der  Grasse,  a  bat^ 
tu  le  record  de  la  traversée  d'Europe  en 
Amérique,  vient  d<3  mettre  en  service,  son 
nouveau  paquebot  Kaiser  Friedrich  qui 
doit,  dit-on,  dépasser  les  vitesses  réalisées 
par  son  frrVe  aîné. 

Rappelons  que  le  Kaiser  WUhem  dcr 
Grosse,  construit  par  la  Compagnie  Vuîcain, 
de  Stettin,  mesure  de  bout  en  bout  216  mè- 
tres, 22  mètres  de  large,  14  mètres  50  de 
creux,  déplace  20,000  tonnes,  possède  une 


rce  de  28,(J00  clievaii^t  et  une  vitesse  de 
(u!*  th  2i  nœuds  à  Tlieure. 

Lo  Kaistr  Friedrich  ti  des  dimensions 
iUâsi  extraordinaires.  Il  jaug^^  12,000  ton- 
neaux de  gT03  lonnage  et  déplace  17,0u0 
loonea  ;  il  a  000  pieds  de  lon^î,  04  de  large 
etUde  creux.  Il  possède  deux  sériesde 
machines  h  (luadruple  expansion  de  la  for- 
ce iadïquée  de  25,0iXïclievaux,  et  une  sur- 
face  de  chaulTe  de  73,000  pieds, 

Dautre  part,  la  Compagnie  Hambuur- 
§ms£ Américaine  quia  vendu  dernière- 
ment pour  la  soin  me  de  ll,25O,0UO  ir.  les 
paijiiebols  à  deux  hélices  Colunibiael  Nor- 
man ia,  cORâlruits  en  ISS 9  et  1800,  va  les 
remplacer  par  deux  autres  qui  auront  209 
'ikîtreâde   longueur,  développeront  36,000 

levaux  et  seront  livré:}   au  mois  de  mar^ 

iXM.  Ces  paquebots  promettent  de  surpas- 

er  les  plus  rapides  de  ceux  qui  existent 

ijjoordhui,  puisque  luurs  machiner  deve- 

Sàp^eroot  U  on  7  raille  chevaux  de  plus. 

Mn.  de  soutenir  dans  les  meilleures  con- 
tritions possibles  la  concurrence  eilrénéede 


ET  coNCfUins.  538 

c«ss  deux  Compagnies  allemardes,  la  Com- 
pagaie  anglaise  de  la  White  Star  Line  a 
rais  eii  chantier,  à  Belta&l,  un  nouveau  pa* 
queboi  de  dimensions  et  d'allures  fantasiî-* 
quesqui  sera  lancé  prochainement. 

Ce  navire,  qui  portera  le  nom  d^Océanid 
ïnesurera  2U  mètres  00  de  long  et  jaugera 
17,000  tonneaux.  Il  possédera  3  machines 
de  10,000  chevaux  aetiounanl  chacune  une 
hélice  :  la  puissance  totale  sera  donc  de 
45^000  chevaux.  Il  donnera  une  vitesse  de 
23  nœuds,  ce  qui  nécessitera  une  consom- 
malton  quotidienne  de  charbon  de  700  ton- 
nes. Le  prix  approximatif  de  revient  de 
VOcéanic  est  de  22  million.*:. 

Pendant  ce  temps,  la  Compagnie  géné- 
rale Transatlanti(|U0  a  commencé  îa  cons- 
truction de  son  paquebo:  La  Lorraine  \\m 
aura  170  mètres  de  longueur  entre  perpen- 
diculaires, 18  m.  20  de  iargeur,  et  10  m.  57 
de  creux,  La  vitesse  sera  de  21  nœuds  1/2  à 
Viieure. 

[Journal  des  transporis*) 


EXPOSITIONS    ET    CONCOURS 


EXPOSITION  DEBOCHEFORT 


P  Nns  comptes  rendus  précédents  de  l'Es- 
F  fHïSîlioti  de  Ilochelort  doivent  être  complé- 
lés  par  la  mention  qu'un  diplôme  {le  mé- 
daillts  d'argent  a  été  accordé  n  notre  socié- 
taire M.  Victor  Julien,  distillateur,  à  La- 
v;nir  [Tarn)  pour  sa  liqueur  dénommée  C/io- 
oiiaiiue  au  quinquina* 

Jiolrt:  omission  s'explique  par  le  Tait  quû 

se  iM>ni  de  notre   Sociétaire  nn  figurait   pas 

'm  catalo^^ue  des  exposants  et  que  la    liste 

des  lauréats  n'a  fait  f  objet  d'aucune  puhli- 

i    cation. 

k  EXPOSlTiON    DE   190O, 

^L  (KENSËtONOlKN  l^  DIVHRS). 

^B         Les  com 

^Ê  Les  comités  i 


Les  comités  départementaux. 
Lea  comités  départementaux   cuuslituent 


le  premier  rouage  intermédiaire  entre  Viid- 
niinistratioa  supérieure  de  TExposition  et 
les  exposant<ï. 

Ils  sont  institués  par  le  litre  111,  articles 
15  à  18  du  décret  du  4  août  1B94  portant 
règlement  général  pour  l'Exposition,  ce 
règlement  auquel  il  faudra  toujours  reve- 
nir, commsau  statut  authentique,  chaque 
fois  que  des  contestations  viendront  à  s'é- 
lever entre  l'administration  et  les  iniérea- 
sé>,  les  circulaires  ultérieures  étant  arrivées 
parfois,  comme  je  le  montrerai  le  cas  éché- 
anl,  u  l'adultérer  et  à  ie  fausser,  à  en  for- 
cer le  sens  tout  au  moins. 

Leurs  membres  ont  été  nommés  par  le 
ministre  sur  la  proposition  du  Commissaire 
généraLChacun  d'eux  s'est  subdivisé,  aux 
termes  niètnes  du  règlement  général,  en 
sous^comités  siégeant  à  chaque  chef-lieu 
d'arrondissement,  sous  la  présidence  d'hon- 

24 


neur  du  préfet  pour  les  chefs-lieux  du 
dépariemenl,de5  sous-préfetspour  ies  cliefs- 
lieux  d*arrondiâsement,  avec  un  bureau  élu. 

Les  comités  départementaux  correspon- 
dent directement,  par  l'intermédiaire  de 
leur  prési  lent  élu,  avec  le  Commissaire 
général. 

Ils  ont  pour  mission  : 

P  De  faire  connaître,  dans  toute  Vélen- 
due  du  département,  les  actes  oriicieh 
concernant  Torganisalion  de  l'Exposition, 
et  de  distribuer  les  formules  de  demandes 
d  admission  ; 

2«  De  signaler,  le  plus  tôt  possible,  les 
principaux  ariUteSj  agriculteurs  et  industri- 
els, dont  lad  mission  à  Tex  position  semble- 
rait particulièrement  utile  à  Téclat  de  celte 
solennité  i 

3°  De  provoquer  les  expositions  de  pro- 
duits agricoles,  horticoles,  et  industriels  du 
département  ; 

4"  De  provoquer  et  d'organiser,  s  il  y  a 
lieUj  !e  groupement  des  produits  similaires 
du  département  et  d'accréditer  un  délégué 
.pour  chaque  exposition  collective  ; 

5"  De  préparer,  s'il  y  a  lieUj  par  voie  de 
souscription^  ou  par  toutes  les  autres  mesu- 
res, la  création  d'un  fonds  spéciai  puur  faci- 
liter la  visite  et  Tétude  de  TExposition  à  un 
certain  nombre  de  contremaîtres,  d^ouvriers 
et  de  cultivateurs  du  département. 

Cette  tâche^  asse?.  ample,  on  le  voit,  onl- 
ilapula  remplir  au  pied  de  lai  étirer  Quel  les 
ressources  leur  a-l-on  données  pour  la  me- 
ner à  bien  ?  Coopèrent-ils  eflicacement  à 
la  préparation  de  l'Exposition, ou  bien  sont- 
ilsde  simples  rouages  de  bon  elîei  décora- 
tif^ mais  sans  utilité  réelle,  comme  quel- 
ques comités  de  notre  connaissance  à  tous, 
et  leur  rôle  s'est- il  borné  à  la  distribution  de 
petits  papiers  administratifs,  circulaires  ou 
demandes  d'emplacements  ?  \oilà  les  ques- 
tions auxquelles  nous  allons  tàcber  do  ré- 
pondre. 

Engénéralj  les  comités  départementaux 
ont  peu  fait.  Soyons  francs.  En  feuilletant 
le  Moniteur  des  Expositiom,  qui  suit  pas  â 
pas  les  travaux  de  ces  comités,  je  puiseons- 
later  que  notre  excellent  confrère  a  sou-  | 


JÛCHNAL    MENSUEL   PE  L  ACADEMIE  NATIONALE. 


540 


vent  beaucoup  de  peine  à  entretenir  aa  ru- 
brique. Pourtant,  que  n'a-t*on  pas  tenté 
pour  stimuler  leur  zèle  ?  M.  Stéphane  Der- 
ville,  le  directeur  général  adjoint  de  lex- 
ploîtàtion,  qui  est  tout  spécialement  cbargé 
de  se  tenir  en  relations  avec  eux,  a  multi- 
plié les  circulaires,  les  lettres,  les  rappels; 
il  songe  m^me,  nou3  avouait -il  récemment, 
k  entreprendre  dans  les  départements  trop 
lents  A  s  émouvoir,  une  tournée,  une  sorte 
de  promenade  d'inspection,  en  vue  de  le.< 
intéresser  davantage  à  la  lâche  qui  leura 
été  assignée.  Quel    résultat  obtiendra*t-îl  * 

Il  faut  dire^  à  la  décharge  des  membres 
de  bonne  volonté  qui  ont  accepté  de  grand 
cœur  de  faire  partie  des  corattés  départe- 
mentaux, qui  se  réjouissaient,  dans  leur 
candeur,  à  la  pensée  de  travailler  uliloment 
au  succès  de  la  grande  manifestation  de 
1900,  qu'on  a  mis;^  leur  disposition  peu  ûe 
moyens  d'action.  Un  de  nos  amis,  membre 
du  comité  de  son  département,  et  que  h 
mission  intéressait  beaucoup,  contessalt,  il 
y  a  quelques  mois,  que  te  bureau  de  ce  co- 
mité, —  dont  il  faisait  partie,  —  n'avait  au- 
cun crédit,  même  pour  pourvoir  à  sei  frais 
de  correspondance.  Il  fallait  que  le  prési- 
dent ou  le  secrétaire  payassent  de  leur  po- 
che et  les  quelques  fournitures  de  bureau 
indispensables  et  les  ports  de  lettres,  quand 
il  s'agissait  pour  eux  de  convoquer  leurs 
collègues  à  quelque  réunion.  Il  n  y  a  pas 
de  feu  sacré,  évidemment,  qui  tienne  con- 
tre un  pareil  dénuement.  Je  dois  recon* 
naître  que,  depuis,  la  situation  du  comité  a 
changé.  Oh  !  pas  beaucoup.  Le  Conseil  gé- 
néral a  voté  un  petit  crédit.  Je  n'ose  eu 
dire  le  chiHre. 

Voilà  donc  la  première  cause  de  Tiner- 
tie  do  la  plupart  des  comités  départemen- 
taux  :  le  manque  de  moyens  pécuniaires, 
car  ils  sont,  je  crois,  assez  rares,  les  comi- 
tés (lui,  comme  celui  du  Cher,  peiïveût  se 
féliciter  d'avoir,  griice  à  la  munificence  de 
TAssemblée  déprtementale,  des  crédits  à 
souhait  pour  organiser  t  une  exposition 
collective  des  produits  agricoles  ou  indus- 
triels et  subvenir  aux  frais  de  Texposition 
sociale  a  .  11  est  vrai  que  les  Conseils  génë* 
raux  ont  encore  le  temps  de  s'émouvoir  ; 


641 


EXPOSITIONS 


mais,  jusqu'ici,  il  paraissent  n'avoir  mani- 
festé qQ*un  empressement  très  modéré. 

Ils  se  sont  reposés  sur  Tinitiative  privée 
qui  est,  comme  chacun  sait,  souvent  un  peu 
lente  à  s*ébranler  dans  le  beau  pays  de 
France.  Cependant,  dans  quelques  dépar- 
tements, et,  chose  digne  de  remarque,  sur- 
tout dans  les  régions  viticoles,  on  se  prépa- 
re à  faire  de  bonne  besogne.  Dans  la  Dor- 
dcgne,  un  comité  de  viticulteurs  s*est  formé 
afin  dWganiser  brillamment  l'exposition 
des  vins  de  Tan'ondissement  de  Bergerac  ; 
les  Bordelais  se  remuent  également  beau- 
coup, et  pareillement  les  grands  produc- 
teurs de  la  Champagne.  La  Société  d'agri- 
culture du  Doubs  a  eu  Tidée  d'un  «  chalet 
de  l'industrie  laitière  »  où  figureraient  des 
produi  ts  des  Alpes  et  du  Jura,  et,  dans  ce 
but,  a  demandé  aux  Conseils  généraux  des 
départements  intéressés  le  vote  des  crédits 
nécessaires  pour  réaliser  ce  projet.  Sans 
doute,  quelques  autres  actes  de  même  na- 
ture se  sont-ils  produits,  qu'on  ne  connaît 
pas  encore.  Quant  aux  travaux  des  comités, 
je  le  répète,  ils  languissent. 

Une  autre  raison  do  celte  impuissance, 
de  la  difficulté  que  l'on  a  éprouvée  à  met- 
tre en  branle  les  comités  départementaux, 
c'est  la  préoccupation  qu'on  a  eue  de  grou- 
per,  dans  leur  sein,  les  hommes  politiques 
influents  de  chaque  région.  lia  fallu,  bon 
gré  malgré,  que  tous  les  partis  politiques 
eussent,  au  sein  du  comité,  leur  représen- 
tant, alors  que,  peut-être,  des  industriels, 
des  agriculteurs,  des  membres  des  cham- 
bres de  commerce  et  des  sociétés  agricoles 
eussent  autrement  fait  TafTaire. 

Donc,  les  députés  et  sénateurs  entrés  dans 
la  combinaison,  on  a  été  dans  la  quasi-im- 
possibilité, pendant  les  mois  de  la  session 
législative,  pendant  toute  la  période  électo- 
rale, où  ils  avaient,  en  vérité,  d'autres  chats 
à  fouetter,  de  les  posséder,  et,  partant,  de 
réunir  le  comité.  Puisqu'on  avait  tant  fait  que 
de  rechercher  avec  passion  leur  concours,on 
ne  pouvait  siéger  sans  eux.  Et  cela  nous  a 
conduits  jusqu'aux  vacances. 

C'est  à  ce  moment  seulement  qu'on  a  ob- 
tenu des  Conseils  généraux  des  subventions 
presque  toujours    assez    maigres.  Faut-il 


ET  CONCOURS.  542 

faire  honneur  de  ce  demi-résultat  aux  hom- 
mes politiques  ?  En  revanche,  leur  présence 
au  sein  des  comités  aurait  eu  des  influen- 
ces moins  heureuses  ;  car,  on  imagine  aisé- 
ment que  la  politique,  ne  devait  pas  être 
étrangère,  par  exemple,  à  cet  incident  qui 
s'est  produit  au  comité  d'arrondissement  de 
Baume-les-Dames,  où,  le  sous-préfet  invi- 
tant les  commissaires  à  préparer  une  pre- 
mière liste  des  ouvriers  susceptibles  d'être 
envoyés,  en  voyage  d'étude,  aux  frais  de 
TËtat,  un  des  assistants,  maire  de  sa  com- 
mune, revendiqua  ce  droit  pour  les  muni- 
cipalités. 

Enfin,  espérons  que  les  instances  de 
M.  Stéphane  Dervillé  auront  raison  de  ces 
hésitations  et  réchaufleront  jusqu'à  l'en- 
thousiasme le  tiède  bon  vouloir  des  comités 
départementaux.  Jusqu'à  présent,  le  maxi- 
mum de  ce  qu'il  a  pu  obtenir  de  quelques- 
uns  d'entre  eux,  c'a  été  de  les  amener  à 
constituer  leur  bureau.  Les  choses  en  sont 
'  là  dans  nombre  de  départegients. 

Leur  mission,  cependant,  est  assez  intéres- 
sante pour  mériter  qu'ils  la  prennent  à  cœur. 

C'est,  d'abord,  une  mission,  de  «  publici- 
té ».  Pour  cela,  nuls  fondsne  sont  nécessai- 
res. La  presse  de  toutes  nuances  a  fait  très 
bon  accueil  à  uneentreprise  où  la  gloire  de 
la  France  est  enjeu.  Aussi,  ceux  des  comi- 
tés qui  ont  pris  leur  rôle  au  sérieux  ont-ils 
adressé,  par  la  voie  des  journaux,  au  moyen 
de  circulaires,  aux  industriels  et  produc- 
teurs de  tout  ordre,  une  propagande  active. 
Je  citerai  parmi  ceux-là  le  comité  des  Deux- 
Sèvres,  qui  se  tient  en  contact  constant  avec 
les  exposants  probables  de  la  région  et  leur 
communique  des  appels  répétés. 

En  second  lieu  les  Comités  départemen* 
taux  doivent  contribuer  à  l'organisation  de 
l'Exposition  en  signalant  à  l'administration 
supérieure  les  artistes,  industriels,  agricul- 
teurs, et,  en  général,  les  producteurs  quel- 
conques, dont  la  coopération  leur  parait 
profitable  à  l'éclat  de  la  grande  manifesta- 
tion internationale  de  1900.  Ils  lui  transmet- 
tent également  les  demandes  qui  leur  sont 
adressées,  et,  régulièrement,  aucune  deman- 
de ne  peut  être  agrééesi  elle  n'est  passée  par 
leurs  mains.  Le  directeur  général  adjoint  de 


543 


JOURNAL   MKf^SUIfL   DR 


TExposition,  plus  spécialement  charge  de 
Torganisation  de  la  section  française*  dans 
5011  désir  de  sauvegarder  le  prestige  desCo- 
mitésj  tient  fermement  la  main  à  Texécu- 
tion  de  cette  prescription  du  règlement,  et 
lei  demandes  qui  peuvent  lui  parvenir  di- 
rectement sont  toujours  soumi^ieâ  par  lui  à 
l'examen  des  commissions  départomenlales. 
Car  ties  commissions  constiluent,  en  quul- 
((uesorlej  un  premier  crible  qui  arrête  pas 
mal  de  demandes  d'admissiun,  et  c  e^t  là 
une  de  leurs  plus  importantes  prérogatives, 
VMeà  seules,  placées  au  milieu  même  des  ré- 
gions productrices,  et  par  ce  fait  très  à  mê- 
me de  juger  des  mérites  des  demandeurs  et 
de  leur  moralité,  de  leur  réputation  proles- 
sionnelle,  composées,  d  ailleurs,  deper.-on- 
uaiilés  pour  la  plupart  très  indépendantes, 
elles  seules  peuvent  éclairer  en  toute  con- 
naissance de  cause  Tadministration  sur  le 
mérite  des  futurs  exposants.  Ef  ^  dans  sa  cir- 
culaire du  15  décembre  1S96,  M.  Stéphane 
Dervillé  insistait  de  fa-;on  particulière  sur 
ic=i  services  que  pouvaient  rendre,  sur  ce 
terrain,  les  comités  départementaux. 

■  Votrecomité,  disait-il  j  s  attachera  soigneu- 
sement à  ne  rechercher,  en  Loniecliose^  <)ue 
les  concours  devant  apporter  à  l'œuvre  de 
1900  un  intértU  véritable. 

a  Les  pays  étrangers  ont  répondu  de  teîle 
sorte  à  notre  iriviiation  fjue  les  espaces,  si 
grands  soient-ils,  ajfectés  il  nos  hôtes,  se 
trouvent,  en  réalité,  trop  étroits  ;  les  com- 
missaires générdux  accrédités  seront  di^s  lors 
conduits  à  faire  dans  leurs  présentations  un 
rigoureux  triage.  C'est  aussi  par  la  qualité 
plus  «] ne  par  le  nombre  de  ses  produits  eii- 
[^osés,  que  la  section  fran(,^aise  pourra  sor;ir 
iivec  honneur  du  prochain  tournoi.  Nous 
devons  bannir  tontceijuij  seîon  Texpresaion 
du  règlement,  n'ajouterait  point  à  «  1  éclat 
de  cette  solennité  ^k  E:i  préparant  avec  soin 
la  situation  (lui  s'impose,  voire  comité  faci- 
ptci-a  k  tikclie  des  comités  d  admission,  »? 

Ce  langage  est  celui  que  le  commissaire 
i^énéral  n'a  cessé  de  tenir  ti  tous  les  expo- 
sants, celui  que  nous  répétions,  en  son  nom, 


{.'académie  nationalk.  644 

l  aux  artistes  au  cours  des  récents  incidents' 
On  a  pu  craindre  que  cette  recommandation 
formelle,  et  réitérée,  n  intimidât  les  expo- 
sants, ne  les  poussât  £1  s'ahiienir,  plutôt  que 
de  courir  le  risque  d'un  refus.  Cette  crain- 
te est  vaine,  et  les  producteurs  qui  s'esti- 
ment dignes  de  concourir  peuvent  s'adresser 
en  toute  conliance  aux  Comités  départemen- 
taux comme  aux  Comités  d'admis^^ion.  \h 
trouveront  auprès  d'eux  la  plus  bien  veiïljcte 
impartialité.  Les  vœux  des  Comités  départe- 
mentaux, M.  Dervilléleur  en  donnait  enco- 
re rassura  nce  dans  la  m  é  me  circulaire,  pèse- 
ront toujours  d'un  grand  poi^is  sur  la  déci- 
sion des  Comités  d  admission. 

Quelques-uns  des  Comités  départemen- 
taux se  sont  déjà  occupés  de*  deux  derniers 
points  de  leur  programme.  La  préparation 
des  expositions  collectives  a  tenu  notam- 
ment une  certaine  place  dans  les  déUbéra- 
lions  du  r<omitédela  Gironde,  de  celui  delà 
Savoie,  qui  s'est  rappelé  à  propos  que  la 
coutellerie  de  ce  département  jouit  d'une 
réputation  méritée.  Le  Cantal  a  songea  seî 
excellents  fromages,  Certaiïïs,  comme  le  Co- 
mité des  H  au  tes- Pyrénées,  ont  appelé  1  at- 
tention dudirecteuradjointderexploitatiou 
sur  l'importance  de  la  prijduction  dn  ik^par- 
tement  en  ce  qui  concerne  la  race  chevali- 
ne. Je  trouve  u n Comité,  eniiiiT  celui  du  Var, 
qui  s'est  déjà  occupé  de  provoquer  parmi 
les  exposants  une  souscription  en  vue  d'en- 
voyer en  mission,  li  TExpoî^ition,  des  ou- 
vriers de  la  région.  Ce  sont  là  des  exemples 
à  suivre  et  qui  seront  suivis  le  jour  ou  tous 
les  Comités  seront  bien  pénétres  de  Tititérét 
qui  s'attache  n  leurs  travaux,  du  grand  cas 
<iu'en  fait  l'administration  suptineure,  et  se- 
ront persuadés  que  leur  rôle  n*est  pas  un  rô- 
le de  pure  parade,  mais  un  rôle  utile  au 
succès  linal  de  1  l^xposition,  un  rôlû  auquel 
leur  patriotisme,  le  souci  qu'ils  ont  de  la 
gloire  de  la  nation,  les  convient  à  s'appli- 
quer de  toutes  leurs  forces- 
Gustave  Babin, 

[Journal  des  Débats.) 


*•>  : 


T.rTt^r^>^/^*7r^^  ■• 


545 


GomieRGE. 


546 


COMMERCE 


UE  COMiSERCE  EXTÉRIEUR  DE  LA 
FRANCE  EN  OCTOBRE  1898. 

A  la  fin  des  dix  premiers  mois  de  Tan- 
Dée  en  cours,  les  résultats  du  commerce 
extérieur  de  la  France  étaient  les  suivants, 
d'après  les  statistiques  officielles  de  l'ad- 
ministration des  douanes  : 


IMPORTATIONS. 


1898 


le97 
787.925.000 


Objets  d'alimentation  1.253.401.000 
Matières   nécessaires 

à   l'industrie 1.872.050.000  1.889.679.000 

Objets  fabriqués 512.569.000     501.1S7.000 

Totaux,  fr. . . .  :^.638  020.000  3.178.741.000 


EXPORTATIONS. 


1898 


1897 


Objets  d*alimentatioii      530.532.000     562.800.000 
Matières    nécessaires 

à  l'industrie 759.310.000     783.044.000 

Objets  fabriqués 1.425.825.000  1.451.430.000 

Colis  postaux 128.729.000      122.48>.0Q0 

Totaux. 


fr.. 


2.844.396.000  2.919.754.000 


La  comparaison  de  ces  chiffres  avec  ceux 
des  neuf  premiers  mois  de  Tannée  fait  res- 
sortir les  résultats  suivants, pour  lecommer* 
ce  des  mois  d'octobre  de  1897  et  1898  : 

Octobre  1898  Octobre  1397 

Importations 301.7^.000    333.038.000 

Exportations 290.353.000    272.386.000 

Il  ressort  de  ces  chiffres  que  Theureuse 
influence  de  nos  excellentes  récoltes  de 
l'année  1898,  qui  avait  déjà  commencé  à  se 
manifester  en  septembre,  s'est  traduite  en 
octobre  par  une  diminution  de  31.305.000 
fr.  dans  les  importations.  D'un  autre  côté, 
il  est  satisfaisant  de  constaterque  nosexpor- 
tations  d'octobre  1898  présentent  une  aug- 
mentation de  17.967.000  fr.  sur  les  expor- 
tations d'octobre  1897. 

Les  résultats  d'octobre  1898  ofTrent  donc, 
comparativement  à  ceux  d'octobre  1897, 
une  amélioration  totale  de  49.^72.000  fr. 
Mais,  pour  les  dix  premiers  mois  de  l'an- 
née 1898,  le  solde  défavorable  de  la  balan- 
ce du  commerce  atteint  793.624.000  fr.  s'é- 
tant  encore  accru  de  11.380.000  fr.  en  oc- 


tobre, chiffre  égal  à  l'excédent  des  importa- 
tions sur  les  exportations.  Les  résultats  sa- 
tisfaisants du  mois  d'octobre  1898  n'ont  donc 
fait  qu'atténuer  les  pertes  comparées  de 
l'année  1898  sur  l'année  1897,  sans  pou  voir 
modifier  la  physionomie  générale  du  mou- 
vement de  notre  commerce  extérieur,  physio- 
nomie qui  reste  peu  favorable. 


LE 


COMMERCE     EXTÉRIEUR     DE 
FRANCE  EN  1897 


La  bibliothèque  de  notre  Société  a  reçu,  en 
novembre,  d'envol  de  M.  le  ministre  du 
commerce,  le  premier  volume  du  Tableau 
général  du  commerce  et  de  la  navigation 
pour  l'année  1897,  publié  par  la  Direction 
générale  des  douanes.  Ce  premier  volume  est 
exclusivement  consacré  au  commerce  de  la 
France  avec  ses  colonies  et  les  puissances 
étrangères.  Il  fournit  les  chiffres  définitifs 
des  résultats  du  commerce  extérieur  pour 
l'année  dernière,  chiffres  groupés  de  diffé- 
rentes manières  pour  faire  connaître  exac- 
tement la  nature  et  la  quotité  des  échanges 
entre  la  France  et  les  autres  pays. 

La  consultation  de  ce  volumeest  vraiment 
des  plus  intéressantes,  et  la  masse  des  indi- 
cations qu'il  fournit  mérite  un  examendes 
plus  attentifs. 

Nous  ne  pouvons  songer  à  reproduire  dans 
notre  journal  la  totalité  de  ces  indications 
qui  forment  la  matière  d'un  volume  de  près 
de  900  pages  in  quarto.  Hais  il  nous  est  heu- 
reusement possible  d'en  dégager  les  résultats 
les  plus  saillants  et  les  plus  suggestifs,  et 
d'en  faire  ressortir  toutes  les  significations 
utiles. 

Le  mouvement  du  commerce  général  de 
la  France  avec  ses  colonies  et  les  puissances 
étrangères  est  évalué  pour  1897  (importa- 
tions et  exportations  réunies  de  marchandi- 
ses de  toutes  sortes)  à  une  somme  totale  de 
9,941  millions  de  francs;  c'est  une  augmen- 


B47  JOURNAL   MENSUEL   DE 

tion  de  419  millions  sur  Vannée  précéden- 
te, et  de  55S  millious  sur  !a  moyenne  de  k 
période  quinquenale  antérieure  h  1897. 

Observons  que  pour  arriver  a  ces  résultats 
fixi^s  en  raillions  de  francs,  c*esi-à'dire  pour 
arrivera  déterminer  la  valeur  de^  mar- 
chandises échangées,  alors  que  les  douanes 
n'ont  généralement  connaissance  qiie  du 
poids  (i&s  marchandiaesentréeaou  sorties  de 
France,  Tad min istra tion  se  sert  de  bases 
d'évaluation  qui  sont  déterminées  chaque 
année^avec  le  concours  des  chambres  de 
cummerce,  par  une  commission  instituée 
auprès  du  ministère  du  commerce  et  dite 
iommisxion  permanente  des  valeurs  en 
Jituanes. 

A  rimportation,  les  valeurs  ont  atteint  le 
chilïre  de  5.138  millions.  Elles  ontétésupé- 
ritmreH  de  209  millions  à  uelleâ  de  Tannée 
t»récédent6,  et  de  102  millions  à  la  moyen- 
ne quinquennale. 

A  1  exportXLtion,  le  montant  des  valeurs  a 
éié  de  4.803  millions  ;  il  est  en  oïcédent  de 
iiUD  raillions  sur  le  chiffre  de  18Ô6  et  de 
IJOO  millions  sur  la  moyenne  quinqnen^ 
nale. 

Ce  sont  là  les  cUi  (Très  de  ce  qu  on  appelle 
le  commerce  générai ^i\u'i\  no  faut  pas  con- 
Inndre  avec  le  commerce  spécial^  dont  on 
[>eut  faire  une  évaluation  particulière, 

Le  comme j  ce  général  comprend  ; 

1"  à  timportatiouy  h  totalité  des  mar- 
chandises étran^^fères  arrivées  do  Tétranger, 
des  colonies  et  de  la  grande  |iécho  par  ter- 
reou  par  mer,  et  doclai^ées  tant  pour  la  cou- 
sommation  quepoiirle  transit,  TentreptU,  le 
Lransbordemenl,  la  réexportation  ou  Tad- 
nïfssion  temporaire. 

2""  à  rexportalion^  la  tolalîté  des  mar- 
rhandisei  qui  sortent  eifoclivemenL  de  Fran- 
co, sans  diatinction  de  leur  origine  naiiona^ 
li^  00  étrangère,  c'est-à-dire  les  raarchandi- 
st^^  reprises  an  commerce  spécial  plus  le* 
marchandises  étrangtH'es  qui  ne  font  que 
transiter  sur  le  territoire  français  ou  qui  sont 
transbordées  dans  nos  ports  h  dtJ.uination  de 
1  étranger,  celles  qui  ont  été  extraites  des 
t^ritrepôts  pour  la  réoxportalion  et  nellos 
qui»  après  avoir  été  admises  temporaire* 
ment  en  fraucbite,  sont  réexportées  après 


l'acadéhib  nationale.  548 

main-d'œuvre  pour  Ta  purement  des  soumis* 

sions, 

he  commerce  spécial  m  compose  officiel- 
lement ; 

l''  d  f  importation,  de  toutes  les  mar- 
chandises mises  en  consommation,  c'est-à- 
dire  de  la  totalité  des  marchandises  impor- 
tées en  exemption  difinittve  des  droits,  des 
marchandises  taxées  qui  ont  été  soumises 
à  racquitiement  des  droits,  soit  à  l  arrivée, 
soit  après  avoir  été  déclarées  pourïe  transit, 
Tentrepôt  ou  Tadmission  temporaire,  et  en- 
findos  sucres  importés  des Cfïljnies  ou  de 
l'étranger  et  déclarés  sous  le  régime  de  Tad- 
mission  temporaire* 

2*  à  Pexportation^  de  ta  totalité  des  mar- 
chandises nationales  exportées  ei  des  mar- 
chandises d'origine  étrangère  qui,  ayant  été 
admises  en  franchise  ou  nationalisées  par  le 
paiement  des  droits  et  se  trouvant^  par  suite, 
sur  le  marché  bbre  de  rintérieur,sont  ren- 
voyées à  l'étranger,  et  entin  des  sucres  ex* 
portés  après  raffinage  à  la  décharge  de* 
comptes  d'admisjiion  temporaire. 

Il  résulte  de  ces*  distinctions  établies  entre 
le  commerce  générai  ùi  le  commerce  spécial 
que  les  chiffres  du  commerce  général  doi- 
ve nt,  en  principe,  rUre  supérieurs  h  ceux 
du  commerce  spécial.  Cependant  le  commer- 
ce général  d'importation  ne  comprend  pas 
nécessait*ement^  pourtoute  période  donnée, 
la  totalité  des  chiffres  du  commerce  spécial  ; 
ceux-ci  se  composent,  en  effet,  non  seule- 
ment  de^  quantités  arrivées  déclarées  pour  la  ' 
consommation,  mais  encore  des  quantités 
qui  ont  été  extraites  des  entrepôts  pour  être 
mises  ù  la  consommalion,  lesquelles  peu- 
vent avoir  été  relevées  au  commerce  géne- 
ralà  une  époque  antérieure.  Ces  chiffres  peu- 
vent comprendre,  en  outre,  des  matières 
premiôres  ayant  fait  Tobjet  d'admissions  tem- 
poraires, lorsque  lës  produits  manufacturés 
en  provenant  sont  ultériouroraent  décla* 
rés  pour  lacquittement  des  droits,  soil  di- 
rectement, soitaprès  passage  en  entrepfU.  Il 
peut  ainsi  arriver,  en  ce  qui  concerne  le* 
marchandises  tarifées  que  les  chiffres  du 
commerce  spi^cial  h  l'importa  tion  soient^ 
pour  une  période  déterrai  née,  su  pu  rieurs 
k  ceux  du  commerce  génémL  Par  contre,  à 


'^K 


'^ 


549 


l'exportation,  les  chiffres  du  commerce  spé- 
cial ne  peuTent  jamais  être  supérieurs  à 
ceux  du  commerce  général. 

Pour  1897,  les  chiffres  du  commerce  spé- 
cial sont  les  suivants  : 

Importations 3.956  millions 

Exportations 3.598        » 

Total  :  7.554  millions 

Ces  chiffres  sont  en  augmentation,  sur 
ceux  de  1896,  de  157  millions  pour  les  im- 
portations, de  197  millions  pour  les  expor- 
tations, et  de  354  millions  au  total. 

Les  pays  avec  lesquels  les  échanges  ont 
en  le  plus  d'importance  en  1897,  sont  l'An- 
gleterre, la  Belgique,  les  Etats-Unis,  l'Alle- 
magne, la  Suisse,  TEspagne,  l'Algérie,  l'I- 
talie, la  Russie,  la  République  Argentine, 
le  Brésil,  la  Turquie,  la  Chine,  les  Indes  an- 
glaises et  le  Japon. 

Voici  un  relevé  des  importations  du 
commerce  général  et  du  commerce  spécial, 
fournies  par  les  principaux  pays  en  1807  : 


COlfHËRCE.  V/EKt 

En  ce  qui  concerne  les  exportations,  les 
relevés  du  commerce  général  et  du  coraraer* 

ce  spécial  sont  les  suivants  : 


Angleterre 

Etats-Unis 

Allemagne 

Belgique 

Suisse 

Espagne 

Russie 

Algérie 

Italie 

Républiq.  Argentine 

Chine 

Brésil 

Turquie 

Indes  anglaises 

Japon  

Australie 

Autriche 

Suède 

Chili 

Haïti 

Pays-Bas 

Egypte 

Tunisie 

Indo-Chine  française 
Sénégal  et  côte  occi- 
dentale d'Afrique. 


Commerce 
général 

millions 
de  francs. 

658 
488 
372 
352 
347 
325 
3i4 
246 
217 
213 
168 
145 
144 
140 

94 

83 

72 

06 

51 

48 

44 

41 

29 

23 

20 


Commerce 

spécial 

millions 
de  francs. 

485 
538 
309 
288 

79 
247 
236 
238 
132 
211 
149 

68 
107 
122 

81 

80 

65 

63 

50 

26 

39 

35 

20 

22 

20 


Angleterre 

Belgique 

Alleoiagne, 

Etats-Unis 

Suisse, 

Algérie 

Italie .., 

Espagne 

Brésil 

Turquie. .....  ^ 

République  Argen- 
tine,   

Pays-Bas 

Rgyple 

Tunisie 

Husâie. ....,, 

Iiido-Ghine  irançaise 

Japon 

Sénégnl  et  cùie  occi- 
dentale d'Afrique. 

Chiïie 

Colombie 

Mexique , , . ,  * 

Australie , 

Autriche 

Ijides  anglaises 


Commerce 
gt!n*r^U 

millions 
de  franc». 

1443 
586 
443 
339 
334 
235 
199 
179 
88 
76 

73 
66 
51 
47 
41 
39 

ag 

32 
30 
22 
27 
25 
21 
?0 


Commerce 
(pécid, 

miilioût 
de  frjincs. 

1132 

513 

380 

242 

191 

@ld 

151 

99 

61 

49 

51 
46 
24 

24 
2d 
31 
12 

20 
5 

22 

20 
7 

15 

12 


Si  nous  réunissons  ensemble  les  exporta'^ 
tions  et  les  importations  pour  nous  rendre 
compte  de  l'importance  du  mouvement 
commercial  total  entre  la  France  et  les  di- 
vers paya,  nous  obtenons  les  résulta  la  st4l» 
vanta  : 


Andeterre. 


Belgique.. . 

Eiats-Unis  , 
Allemagne. 

Suisse 

E^pagfne . . . 
Algérie. . . . 

Italie 

Ruisie. . . . , 


Commerce 

Commerce 
spécial. 

miUionn 
de   lYnncii. 

miliioni 
de    fraqca. 

2101 

1018 

038 

801 

SiQ 

6S9 

815 

680 

080 

269 

504 

34d 

4SI 

454 

416 

28^ 

305 

203 

551 


!ti'publi{]ue 
line 

Argen- 

Commerce 

million* 
de  Irancf. 

286 
232 
250 
197 
160 
132 
110 
108 

93 

92 

77 

78 

02 

55 

52 

Commtrce 
•P<-;inl 

mlllloni^ 
it  franrt. 

261 

Brésil 

Turquie  . . . 
Chine 

128 
156 

153 

Indes  anglaises 

Japon  

Pays-Bas.. 

Auiîtralie 

Autriche -  ^ 

135 

93 
85 
80 
80 

ï^gypie .... 
Suède,... . 
Tunisie. . . . 

59 
72 
53 

Chili 

•56 

lïitloChine  française 

Siinégal  et  côle  ocri- 

denliilo  d'ÂTrique. 

53 

40 

[,es  tableaux  que  nous  venons  de  repro- 
duire ne  sont  naturelle  me  ni  qu'un  résumé 
de  ceux  publiés  dans  l'ouvrage  ofliciel,  ei 
nous  avons  dû  nous  contenter  de  mentionner 
seulement  les  pays  avec  lesquels  nos  échan- 
ges sont  les  pi  us  importants  j  laissant  decAté 
les  pays  avec  lesquels  leschilfres  d'affaires, 
T^ait  en  formant  uu  total  appréciable,  n'ont 
pas  une  élévation  susceptible  d'attirer  par- 
ticulièrement l'attention. 

Les  chiffres  reproduits  appellent  d'ailleurs 
d'intéressantes  observations. 

Il  y  a  lieu  de  noter,  d  abord,  que,  sur  un 
ensemble  d'échanges  de  9941  raillions,  re* 
présentant  l'ensemble  du  commerce  généra?, 
nos  opérations  avec  TAngleterre  sont  de 
24U1  millions,  soit  de  21  %  ,  environ.  En 
ce  qui  concerne  ies  7554  millions  du  com- 
merce spécial,  la  pan  de  l'Angleterre  se 
ruoiUaiit  à  lois  milliaiiâ^  représente  éga- 
lement ï^l  % , 

SI  nous  n'envisageons  que  tes  esporta- 
lionsj  nous  constatons  que  nos  exportations 
en  Angleterre,  s  élevant  à  1143  millions  au 
commerce  général  et  à  1132  millions  au 
coinmerce  spécial 3  représentent  respective- 
ment 30  %  et  31  %  des  totaux  de  4803 
millions  et  3D08  millions. 

Ue  marquer  s  aussi  que  l'Angleterre,  qui 
nous  prend  4431  millions  de  marchandises 


lOIÎHNAL   MENSUEL  Dt   CkCAmum  NATIONALE,  ^9St' 

au  commerce  général  et  1133  millmus  au 
commerce  spéciaKue  nous  en  liiTe  que  pour 
(558  millions  au  commerce  général  et  pour 
485  millions  au  commerce  spécial. 

Notre  commerce  avec  TAngleteire  pré- 
sente donc  des  balances  favorables  de  785 
millions  etde647  millions  aux  deux  caté- 
gories commerciales,  balances  qui  se  tradui- 
sent forcément  par  de  (ortes  rentrées  de 
numéraire  en  France. 

On  voit  que.  vis-à-vis  de  la  France,  l'An- 
gleterre a  un  rule  de  client  beaucoup  plus 
imporlant  que  son  rôle  de  fournisseur,  et 
que,  dans  tous  les  cas.  le^i  transactions  fran* 
co-anglaises  tiennent  une  place  absolument 
prépondérante  dans  reuserable  de  nos 
échanges.  Il  n'empêche  que,  récemment. 
de  telles  relations  faillirent  être  compromi- 
ses à  propos  des  marais  de  Fashoda  ! 

Voyons  maintenant  quelles  sont  nos  re- 
lations'commerciales  avec  un  pays  dont  Va- 
mitié  nous  est,  suivant  les  paroles  ofticîel* 
les,  »  particulièrement  précieuse  ^  et,  par 
conséquent,  beaucoup  plus  estimable  que 
celle  de  l'Angleterre .  Il  s'agit,  comme  on 
Taura  deviné  de  suite,  do  la  Russie* 

Dans  te  classement  des  nations  étrangères 
par  ordre  d'importance  des  échanges  opé 
rés  avec  la  France,  importations  et  expor- 
tations réunies,  la  Russie  tient  modestement 
le  9'  rang.  Il  est  vrai  qu'elle  se  relève  au  7* 
rang  dans  lo  tableau  des  importations,  mais 
elle  retombe  au  14*  rang  pour  les  eicporta^ 
lions  du  commerce  spécial,  et  au  15^  rang 
pour  les  exportations  du  commerce  géné- 
ral, 

Effecti  vemen  t,  la  Russie  a  vend  uj\  la  France 
324  millions  de  marchandises  au  commerce 
général,*?!  233  millions  au  commerce  spécial. 
Fille  lui  a  acheté  41  millions  4Îe  marchandi* 
Res  au  commerce  général  et  seulement  25 
tniïlions  1/3  au  commerce  spécial.  La  ba- 
lance commerciale  présente  donc  les  <ieux 
cliilfresde  283  millions  et  de  210  millions 
1/2,  comme  soldes  en  faveur  de  la  Russie. 
H  ressort  clairement  de  tous  ces  chifTres 
que  si  la  France  avait  beaucoup  d' n  enne- 
mis t  comme  les  Anf^lais,  elle  gagnerait  ra- 
pidement d'incalculables  richesses,  tandis 
qu'avec    beaucoup  d'  «  amis  ï>   comme  le» 


553  COMMERCE 

Rosses,  elle  courrait  rapidement  à  sa  rui- 
ne. 

Mais.ninsistons  pas,nous  serions  considé- 
ré comme  un  blasphémateur  ! 

La  décomposition  de  notre  commerce  ex- 
teneur  par  nature  de  produits,  suivant  les 
trois  grandes  divisions  adoptées  par  le  ser- 
vice de  la  statistique,  donne  les  chiffres  sui- 
vants : 

IMPORTATIONS 


Objets  d'alimenta- 
tion  

Matières  nécessai- 
res à  rindustrie. 

Objets  Fabriqués. . 
Totaux 


Commerce 
général. 

millions 
de  francs. 


1.458 

2.484 
1.196 


5.138 

EXPORTATIONS 

Commerce 
général 

millions 
de  francs 


Objets  d'alimenta- 
tion  

Matières  nécessai- 
res à  Tindustrio. 

Objets  fabriqués. . 
Totaux 


I.IOO 


1.133 
2.570 

4.803' 


Commerce 
spécial. 

millions 
de  Irancs. 


1.029 

2.319 

608 

3.95(5 


Commerce 
spécial 

millions 
de  Irancs 


721 

944 
1.933 

3.598 


Si  nous  envisageons  l'ensemble  de  nos  im- 
portations, en  ne  tenant  compte  que  des 
marchandises  dont  les  quantités  ont  dépassé 
une  valeur  de50  millions,  nous  relevons  les 
indications  suivantes  : 


Céréales 

Laine  en  masse 

Vins 

Soies  et  bourre  de 
soie 

Café 

Coton  en  laine 

Houille  crue  et  carbo- 
nisée  

Tissus  de  soie  et  de 
bourre  de  soie 

Bois  communs 


Commerce 
général 

millions 
de  francs 

'4Ô6 

356 
306 

303 
237 
214 

212 

167 
159 


Commerce 
spécial 

millions 
de  francs 

2I7 

344 
280 

2m 

105 
206 

190 

52 
155 


Tissus  de  coton 

Graines  et  fruits  oléa- 
gineux  

Peaux   et    pelleteries 
brutes ', 

Machines  et  mécani- 
ques  

Cuivre 

Minerais  de  toutes  sor- 
tes  

Tissus  de  laine 

Lin 

Fromages  et  beurre. . 

Orfèvrerie,  bijouterie 
vraie  ou  fausse 


Commerce 
général 

millions 
de  francs. 


231 

140 

134 

77 
76 

64 
62 
52 
52 

51 


551 

Commerce 
spécial 

millions 
de  francs. 


36 
136 

116 

08 
72 

63 
40 
51 
42 

13 


Faisons  un  relevé  analogue  concernant 
les  exportations,  en  ne  tenant  compte  que 
des  marchandises  dont  les  quantités  ont  dé- 
passé la  valeur  de  cinquante  millions  : 


Tissus  de  soie  et  de 
bourre  de  soie. . . 

Tissus  de  coton 

Tissus  de  laine 

Vins 

Laines  en  masse, 
laines  peignées, 
laines  teintes  et 
déchets 

Tabletterie,  bimbe- 
loterie, brosserie, 
lorgnettes,  éven- 
tails, boutons,  pa- 
rapluies, meubles, 
ouvrages  en  bois 
et  articles  de  l'in- 
dustrie parisien* 
ne 

Soies 

Céréales 

Outils  et  ouvrages 
en  métaux 

Peaux  préparées. . , 

Vêlements  et  linge- 
rie  

Fromages  et  beurre. 


Commerce 
général 

millions 
de  francs. 


384 
315 
288 
259 


Commerce 
spécial 

millions 
de  francs. 


271 
1]0 
:.^65 
232 


187 


172 


169 
157 
138 

123 
111 

99 


100 

118 

12 

79 
103 

05 

80 


555  J&miNAL   HENSDBL   DE 

Commerce         Comrncrce 
gcnéraL  ipécUl 

Sucres  bruts 89  88 

Produits  chimiques.  84  75 

Ouvrages  eu  peau  ou 
en  cuir %4  69 

Café ,       70 

Cuivre  (y  compris  le 
le  minerai) 75  61* 

M'jHes  et  Heurs  ar- 

titicielles 75  71 

Machines  el  méca- 
niques   07  44 

Orfèvrerie  et  bijou- 
terie, plaqués  et 
et  autres  ouvrages 
dorés  ou  argentés,  66  28 

Poteries,  verres  et 
cristaux .....  60  57 

Papiers  el  ses  appli- 
cations  -,  57  54 

Kîiux-tie-vie,  esprits 
et  liqueurs 54  52 

Horlogerie.. 5i  20 

Bois  communs 5i  51) 

Tous  ces  chiiïres  nous  ont  paru  intéres- 
sanls  à  relever.  Ils  ont  incontestablement  unfi 
grande  valeur  relative,  mai^  l'on  aurait  tort 
de  leur  accorder  une  trop  grande  valeur  ab* 
solufij  car  il  est  évident  que  lei  relevés  de 
Tadmiiiistration  des  douanes  sont  d'une  pré- 
cision beaucoup  plus  apparenle  que  réelle. 
On  est  pleinement  édilîé  à  cet  égard  quand, 
après  avoir  parcouru  te  tableau  des  irn por- 
tillons classées  par  nature  de  produits  et 
avoir  constaté  qu'il  ne  comprenait  pas  moins 
de  64  ciasses  de  marchandises  nominative- 
ment désignée;*»  dont  la  dernièro,  le  nitrate 
de  potasse,  ne  compte  que  pour  un  dixième 
de  million,  il  est  nécessaire,  pour  arriver 
au  total  général  des  importations,  de  com- 
prendre sous  la  désignation  vague  do  :  ^a»- 
très  marchajjdhes^  une  valeur  de  S45  miU 
lions  au  commerce  général, et  une  valeur  de 
674  miliUons  au  commerce  spécial. 

Pour  ce  qui  est  des  exportations,  rénumé- 
ration des  marchandises  comprend  64  arti* 
des  dont  le  dernier  :  chapeaux  de  feutre,  de 
laine  et    de    soie,    n'a  qu'une  valeur    de 

2. 300.000  fr.  et,  ici,  la  désignation  de  :  ûh- 


l'AJUBÈMlE  PTATIONALE. 

très  marchandises^  nécessaire  pour  com- 
pléter le  chiifre  total  des  exportations,  s'ap- 
plique à  une  valeur  de  774  millions  au  com* 
merce  général,  et  à  une  valeur  de  544  rail- 
lions au  commerce  spécial. 

Ce  n'est  donc  que  suivant  des  approxima* 
lions  vraiment  trop  élastiques  que  se  trouve 
opéré  le  classement  des  importations  et  ex- 
portations par  natures  de  produits. 

Toutefois,  l1  faut  convenir  que  les  répar- 
titions par  natures  d^  marchandise*!  ont  été 
faites  avec  beaucoup  plus  de  précision  et  ' 
d'une  façon  plus  détaillée  dans  les  tableam 
constituant  les  comptes  spéciaux  par  nature 
de  produits  et  par  pays  de  provenance  ^t 
de  destination. 

Ce  sont  cescoraptes  spéciaux  qui  permet^ 
tenl  de  se  rendre  un  compte  exactj  non-*ôu- 
iementde  Timportance,  mais  encore  de  h 
nature  particulière  de  nos  éclianges  avec 
les  divers  pays,  tels  que  TAngleterre,  U 
Russie,  TÂllemagne,  les  Etats-Unis,  la  Bel- 
gique, la  Suisse,  l'Italie^  l'Espagne,  TAutri- 
clie,  la  Turquie^  etc. 

Sans  pouvoir  naturellement  reproduira 
Tintégralité  des  indications  aussi  nombreu- 
ses que  détaillées  qui  sont  fournies  par  cts 
comptes,  nous  allons  en  extraire  nombre  de 
renseignements  plus  spécialement  intéres- 
sants. 

Le  compte  des  échanges  avec  rAngWterre 
est  naturellement  le  plus  étendu. 

A  Timportation,  il  comprend  103  articles 
précisés  et  détaillés,  sans  compter  les  dest- 
gïiations  générales  de  ;  colis  postaux,  et  de  : 
autres  articies. 

A  lexportation,  il  se  compose  de  102  ar- 
ticles déterminés,  en  outre  également  des 
cniis  postaux^ei  difl  chapitre  :  autres  arti- 
cles. 

Le  total  des  importations  de  T Angleterre  { 
et  des  possessions  anglaises  dans  la  Méditer* 
ranée,  s'élève  pour  189?  à  658,720,285  fr. 
au  commerce  général,  et  à  485,819^648  tr, 
au  commerce  spécial.  Ces  chiffres  sont  d'ail- 
leurs en  diminution  d'une  vingtainede  QQil- 
lions  sur  les  données  correspondantes    de 

Les  articles  ayant  donné  lieu  aux  impor- 
tations les  plus  élevées  sont  les  suivants  : 


là   ^ 


COMyRBCE. 


5S8 


ilonillccrue.. 

Tissus, passementerie  et  ru- 
baoerJede  colon 

Lâloes  et  dociiets  de  laine. 

Tissu  s  y  passe  raenteriû  et 
rubauerie  de  laine 

Machines  et  niécanif]ues. . 

Produits  chimiques  (y  com- 
pris les  engrais  ehimi- 
ffuei'i , , 

Plumes  de  parures 

Fonte,  fer  et  acier 

Juie  brut,  en  brins,  tordu 
et  étoupes , 

Peaux  proparées 

Ouiils  et  ouvrages  en  mé- 
laui , 

Tmus,  passenoenterie  et 
nibanerie  de  soie  m  de 
bourre  de  soie, .,,,..,. 

Fik  tie  laine 

'ij  iMjtinls  de  mer ,  * . 

iJuvrages  en  peau  ou  en 
cuir  et  pelleteries  pré  pa- 
rées,.,  _  ..^ 

PîUdô  coton 


Vtkur  au  commerce 
de  francs. 


os. 021 

30,597 
2^.738 


2^MZ 
15.848 
15.031 

13.497 

1:^.015 

11.713 


IL  223 
9,832 
9.771 


9.43U 
9.177 


hm     principaux 

îvoni  les  suivants  ; 


articles     d'exparlatioa 


V«I<?ur  nu  comme r.:t; 
de  fratli:^. 


ïmmy  passemenlerieei  ru- 
baimrie  tie  mmeiX  bourre 
de  suie 

Tissus,  passementerie  et 
rubani.Tie  de  laine 

Tim 

Sucres  bruts 

Tisius,  passemenieri*'.  et 
rubancrie  de  coton. .... 

ïtçuiru  frais  et  salé 

M«tie«  et  Heurs  artibcielles 

Ouvrages  en  peau  ou  en 
cuir  et  (ïeHateries  prépa- 
rées  

CuiTre  (mi^^tal  et  mujeriiij. 

Laineà  et  déchets  de  laine 

Peaui  préparées 

Céréales  

Eaut'de-vie,  esprits  et  li- 
queurs  


^24.0Sl 

125.068 
m. (m 
i\4,nl\} 

G2,001 
55.772 


41.134 
35.700 
33.217 
32,749 
32.381 

39.600 


Bois  communs 

Bimbeloterie 

Plumes  de  parure. . 
(Eufsde  volaille  et 

bier* 

Fruits  de  table 

Sucres  raftlnàs 


degi- 


KuacrnL,  Efi  mîtlten 
de   fmncK. 

29.338 
27.986 
25.571 

22.50^1 
22.013 

21.817 


Nous  arrâtons  là  notre  énumératiou  dé- 
taillée deH  articles  d'exportation,  en  remar- 
quant que  nous  avons  pu  citer  ÏO  articles 
différents  avant  de  descendre  à  un  chiffre 
d'atfaires  de  moins  de  20  raillions. 

Le  total  des  esportations  vers  l'Angleterre 
et  les  possessions  au^daisesdans  ta  Méditer- 
ranée, est  de  lj418,939J78  fr.  au  commerce 
général  et  de  1^135,573^568  fr,  au  commer- 
ce spécial. 

Les  chiffres  que  nous  avons  reproduits 
précédemment  pour  Ils  princrpaust  articles 
d'exportation  sont  ceux  du  commerce  géné- 
ral. Les  chitTres  du  commerce  spécial  sont 
naturel  le  ment  moins  élevés  que  ceux  du 
commerce  général,  suivant  l'ex pH cation  que 
nous  avons  fournie  au  commencement  de 
cet  ariicle,  mais  ils  ne  présentent  de  diffé- 
rences considérables  que  pour  deux  des  ar- 
ticles cités  ;  le  premieret  le  douï^ième. 

Le  premier  article  :  Tissus,  passemente- 
rie et  rubanerie  de  soie  et  de  bourre  de  soie 
iiyuro  au  commerce  ^'éuéral  pour  la  valeur 
de  22-l,<»81,liJt  fr.  eL  soulemenL  pour  la  va- 
leur de  148,344,135  fr.  au  commerce  Rpè» 
ciul.  Une  telle  diJTérence»  s'éleva nt  k  près 
de  7(5  millions,  a  pour  origine  le  fait  que 
parmi  les  soieries  exportées  de  France  en 
AujJîlêicrre,  des  quantités  fort  imporlautea 
ctuieut  de  provenance  suisse  et  de  prove* 
natice  italienne. 

Le  douzième  article  ;  céréales  (grains  et 
farinesi  accuse  au  commerce  ^'énéral  une 
valeur  de  32,381,537  fr.  et  seulement  une 
valeur  de  1.702,152  fr.  au  commerce  spé- 
cial, n  y  a  là  la  preuve  que  la  plus  grande 
partie  des  grains  et  farines  exportés  de  Fran- 
ce en  Angleterre  n'étaient  pas  d'origine  fran- 
v;^ise  et  n'ijvaient  lait  que  passer  dans  nus 
entrepôts. 


^ 


559  JOURNAL   MENSUEL   DE 

Un  chifTre  peut  surprendre  dans  [e  ta- 
bleau de  nos  exï>orlations  en  Angleterre  : 
c*est  celui  du  ohapttro  affï^rent  au  cuivre 
tïit^tal  et  minerai,  rjui  s'élève  exaclemenl 
à  35.789.707  ïr. 

La  France  ne  posséda  ni  pas  de  mines  de 
enivre  [sauf  quelques  faibles  gisements  en 
Algérie),  on  peut  s'étonner  h  bon  droit  d*un 
cljiiïre  d*exportatron  aussi  élevé  pour  une 
scmbîable  matière.  En  consultant  les  ta- 
bleaux détaillés  des  diverses  natures  de 
marchandises  expi^rlées.  an  se  n^rd  compte 
i|ue  le  cuivre  exporté  de  France  en  Angle- 
lierre  la  été  sous  forme  de  Jîls  de  cuivre, 
dont  la  valeur  est  estimée  en  moyenne  à 
1000  fr.  le  quintal.  Ce  fait  prouve  que  ['in- 
dustrie de  îa  trélîlerie  est  assez  supérieure- 
ment outillée  en  France  pour  concurrencer 
avantageusement  la  tréiilerie  anglaise  sur 
hun  terrain  môme  de  fabrication.  Il  est  fort 
peu  d'industries  françaises  qui  se  trouvent 
dans  une  situation  aussi  avantageuse. 

Vprès  cette  revue  rapide  de  notre  corn- 
nicrce  avec  TAngleterre.  t»ous  allons  exa- 
miner les  détails  do  notre  commerce  avec 
fa  Russie. 

En  1S07,  les  importations  de  Kusste  en 
France  se  sont  élevées  exactemeol  à  32i 
millions  8i>S,5^<0  fr.  et  les  exportations  de 
France  en  Russie,  à  40,84?,30Ô  Ir. 

Les  importations  se  sont  composées  prin 
cipalement  de  : 

V*leiiT  au  commerce 
gcnéraL 

miniers  dcfriiiiL-s. 

Céréales,,.. i:>8.ÎOi 

Lin  brut,  teiUé  et  éioupes.  4*3.037 

Hnis  communs 39,015 

r;  ta  in  es  et  fruits  oléagineux.  2K430 
Laines  en  m&sse  et  déchets 

de  laines..... 6.980 

Peaux  et  peiieteries  brutes.  G. 001 

Soles  et  bourres  de  soie 5.014 

Tourteaux  de  graines  oléa- 

pîineuses 5,401 

Huiles    de    pétrole   et    de 

schiste,  brutes,  raffinées 

et  essences  .......,.,*»  5 . 103 

Huiles   lourdes  et   résjdus 

de  pétrole 3.765 

Les  exportations  se  sont  composées  de  : 


l'àCADÉHIE   r^ATtONALE. 


aec» 


Valeur    au     comtticrcf 
géDérali    en  mîllictt 


Vins... 

5.248 

Farineîî .,,,.,.-.. 

3.329 

Cuivre. 

2.:J24 

Maeliines  et  mécanique. . 

a.  056 

Outils  et  ouvrages  en  raé- 
taux - . 

1.922 

Caoutchouc  ei  gu i ta- per- 
cha bruts  et  refondus.  . 

1.781 

Thé 

1.023 

Poissons  conservés. . . 

1.543 

Tissus»  passementerie  et 
rubanerie  de  colon .... 

1.456 

Lièire  ouvré 

1.422 

Produits  chimiques 

1.342 

Malériaux 

1.004 

Ici  s*arrète  la  classe  des   articles  présen- 
tant une  valeur  de  plus  de  tin  million. 

Dans  les  articles  ci  dessus,  le  thé,  qui  est 
chiiïrépour  une  valeur  de  1.033.000  fr.aa 
cariiraerce  général,  ne  figure  naturellement 
pas  pour  la  moindre  estimation  au  com- 
merce spécialj  aucun  thé  n'étant  de  prove- 
nance française.  ISombre  des  produits 
exportés  de  France  en  Russie  se  irouveot 
(knsce  cas,  si  bien  que  nos  exportations  m 
llussie,  qui  se  chiffrent  par  40,842.3^»  fr. 
au  commerce  général,  chiffre  déjà  bien 
modt^ste,  n'atteignent  que  25,49  t,05^fr.  au 
commerce  spécial. 

C'est-à-dire  qu'en  réalité,  notre  «  pré- 
cieuse fl  alliée,  tout  en  réussissant  à  nous 
vendre  pour  ci23  millions  de  ses  produits,  a 
eu  soin  de  ne  nous  en  acheter  riu©  pour  à 
peine  25  raillions  1/2-  C'est  là  évidemment 
de  la  bonne  économie  politique  —  pour  la 
Russie  ! 

Nous  ne  saurione  entrer  dans  les  m^^mes 
détails  au  sujet  du  commerce  de  France 
avec  tous  les  autres  pays. 

Cependant j  il  nous  paraît  bon  de  jeter  un 
coup  d'oeil  rapide  sur  le  caractère  et  la  na- 
ture û*3  nos  échanges  avec  la  Belgique,  l'Al- 
lemagne et  les  Etats-Unis. 

U  petite,  mais  riche  Belgique,  est,  aprèi 
rAnglelerrCj  d  assez  loin  il  est  vi^i,  le  pays 
qui  fait  le  plus  grand  commerce  avec  la 
France.  Voici  les  résultats  de  ce  commer- 
ce en  1897  ; 


561 


COMMERCE. 


562 


Importations 
belges 

Exportations 
françaises. 


Commerce  général  Commerce  spécial. 
Valeur  en  francs     Valeur  en  francs. 


351.787.770    288.220.392 

585.969.722    512.850.660 

Il  ressort  de  ces  chiffres  que,  semblables 
à  nos  échanges  avec  l'Angleterre,  les  af- 
faires avec  la  Belgique  se  traduisent  par  un 
bénéfice  pour  la  France. 

Les  principaux  articles  d'importation 
belge  sont  les  suivants  : 

Commerce  général. 
Valeur  en  Irancs. 

05.599.030 
15.764.599 
12.915.524 
11.556.920 

10.566.010 
10.094.587 


Houille  crue 

Laines  et  déchets  de  laine. . . 
Houille  carbonisée  (coke). . . 
Zinc  (non  compris  le  minerai) 
Poteries,  faïences  et  porcelai- 
nes  

Fils  de  toute  soi;c 


Il  n'y  a  aux  importations  que  six  articles 
présentant  une  valeur  supérieure  à  dix 
millions.  Aux  exportations,  il  yen  a  dix-huit 
qui  sont  les  suivants  : 

Commerce  général. 
Valeur  en  frjiici». 

Laines  et  déchets  de  laine. . .  106. 131 .  102 
Tissus,  passementerie  et  ru- 

banerie  de  laine 32. 187.527 

Outils  et  ouvragesen  métaux.  26.190.239 

Vins 24.532.063 

Produits  chimiques 20.679.524 

Machines  et  mécaniques 19.328.024 

Tissus,  passementerie  et  ru- 

banerie  de  coton 17.922.554 

Fonte,  fer  et  acier  (mâchefer 

et  minerai  compris) 16.776.125 

Zinc  (métal  et  minerai) 15.862.867 

Peaux  et  pelleteries  brutes  . .  15.447.473 

Houille  crue  et  carbonisée  . .  13.457  452 
Papiers,    cartons,    livres    et 

gravures 13.328. 189 

Drilles  et  pâtes  de  cellulose. .  12.798.273 

Fils  de  toute  sorte 12.838 .250 


Café. 


11.864.476 


Tabletterie,  bimbeloLcne, 

lorgnettes,    éventails  et 

boutons 11 .098.061 

Tissus,  passeme.'iicrio  ci  ru- 

banerie  de  soie  et  de  bourre 

de  soie 10.765.572 

Céréales  (grains  et  farines),  y 

compris  le  malt 10.413.662 


Les  eaux-de-vie,  esprits  et  liqueurs  n'at- 
teignent pas  une  valeur  aussi  élevée  qu'on 
pourrait  le  supposer  et  ne  dépassent  pas 
1.092,003  fr. 

Ajoutons  que  les  colis  postaux,  qui  com- 
prennent une  quantité  infinie  de  marchan- 
dises différentes,  sont  estimés  à  875,295  fr. 
à  l'importation  et  à  11,720,880  fr.  à  l'ex- 
portation. 

Le  commerce  de  la  France  avec  1*  Alle- 
magne est,  comme  le  commerce  avec  l'An- 
gleterre et  comme  le  commerce  avec  la  Bel- 
gique favorable  à  notre  pays.  11  accuse  les 
chifTres  suivants  : 

Commerce  généra  l 
Valeurs  en  francs. 

Importations  allemandes 372. 108.020 

Exportations  françaises 442. 467.599 

Les  principaux  articles  a'iiiiportation  sont 
les  suivants  : 

Commerce  général 
Valeurs  en  francs . 

Orfèvrerie  et  bijouterie  d'or, 

de  platine  et  d'argent 36.451.533 

Houille  crue  et  carbonisée.. .  32.596.857 

Produits  chimiques 20.807.082 

Machines  et  mécanir|uc.'* 18.767.39^ 

Tissus,  passementerie  et  ru- 

banerie  de  colon 17.229.081 

Minerais  de  toutes  sortes 15.192.166 

Peaux  et  pelleteries  brutes. .  13.339.365 
Tissus,  passementerie  et  ru- 

banerie  de  laine 13.045.707 

Poteries,  verres  et  cris'.au x . .  11. 855. 556 
Outils  et  ouvrage  en  métaux  ll.:^2.664 
Papier,  carton,  livres  et  gra- 
vures    11.022.376 

Tissus,  passemenlerio  et  ru- 
banerie  de  soie  et  bourre 

de  soie 10.297.172 

Aux  exportaiions,  il  n'y  a  que  neuf  arti- 
cles d'une  valeur  supérieure  à  dix  millions. 

Commerce  généra/ 
Valeurs  en  francs. 

Vins... 27.981.595 

Peaux  et  pelleteries  brutci. .  24.216.510 

Vêtements  et  lingerie 21 .990.054 

Tissus,  passementerie  et  ru- 
banerie  de  soie  et  de  bour- 
re de  soie 21.467.545 

Coton  en  lainr 19. 426. 245 


563  JOURNAL  MfilNSUEt  OG 

Commerce  pénér*! 
Valeurs  en Trao^s 

Laine  et  déchets  de  laine. . .  17.^02.775 

Café ...,,.... 10,465,050 

Peaux  pré^iarée^ 13,255.0S'*> 

Produiu  clumïquus l?.507.70î> 

T*es  chapitrea  des  colis  postaux  ofTrftnt 
une  dilTérenco  très  caractéristique  à  rim- 
portatioii  et  à  l'exportation.  Les  colis  pos- 
taux allemaudâ  entrés  en  France  ne  sont 
esiiraésqu^à  898.91*8  iV,  taudis  que  les  colis 
postaux  français  expédiés  en  AileiuBfîne 
ont  présenté  la  valeur  considérable  de  55 
millions  810,815  fc.  Gomme  on  le  voit,  le 
service  decha Tiges  f>ar  colis  postaux  entre 
la  France  et  TAlleuiague  est  bien  plus  utile 
et  profitable  au  premier  pays  (fu'au  second. 

Enlin,  si  nous  abordons  t  examen  de  no- 
tre commerce  avec  les  Etats-Unis,  nous 
constatons  les  résultats  suivants  : 

Commerv^c  général 

Importations  des  Etats-Unîs    4^7,550.430 
Exportations  de  France 338.048,884 

Dans  noire  commerce  avec  tes  Etals-Uuis 
la  balance  commerciale  s  établit  donc  en 
faveur  de  ce  pays. 

Voici  les  valeurs  des  principaux  articles 
dlraportalion  :  ^  ^   ^ 

Commerce  général 
Valeurs  cû  ffuliL-^ 

Cotons  en  laine-  ...........  100,497.409 

Oréales  (içrains  o:  farines)..  Ill.5*it5,307 
Cuivre  pur  do  première  fusion  itO.  55-1. 110 
Huiles  de  pétrole  et  de  schis- 
te, brutes,  raffinées  et  es- 
sences   25.942.393 

Huiles  de  colon. , ,.,....,.,  21.890,501^ 

^iraisses  animales 16.773.647 

Tabacs  en  teuillesouen  Cjies  13.961.015 

Bois  communs 13.449.304 

Machines  et  mucnniquft 11.364.894 


l'aCADBMIK  W4TI0NALE.  iSèi 

Les  articles  d'exporlaljon  se  chiffrant  par 
plus  de  dix  millions  sont  les  suivants  : 

Valeur*  ea  fraii..i 

Tissus  et  passementerie  et  ru- 
banerie  de  soie  et  de  bour- 
re de  soie 77,500.427 

Tissus,  passementerie  et  ru- 

banerie  de  laine. *..*,,..  51,435.106 
Tissus,  passementerie  et  ru- 

bancrîe  de  coton 22. 534 .  039 

Peaux  et  pelleteries  brutes.  -  17 ,100, 357 

Plumes  de  parure 15- 193.165 

Vins 11,555.885 

Laines  en  masse, .  * 10,719.982 

Sucres  bruts  iiidigêaes 10.452.22:? 

Ouvrages  en  peau,  gants. . . .  10,293*  151 

Outils  et  ouvrages  en  métaux  10,010,523 

Ou  remarquera  que  l'article  le  plus  im- 
portant  des  exportations  de  France  atix 
Etats-Unis  :  tissus,  passementerie  et  ruba- 
neric  de  soie  et  de  bourre  de  soie,  est  pré- 
crfiément  le  même  que  Fartirle  le  plus  ira- 
portant  des  exportations  de  France  en  An- 
gleterre, 

Noua  bornons  là  notre  examen  des  résul^ 
lats  du  commerce  extérieur  de  la  France  en 
1897.  Les  chiffres  que  nous  avons  cités  suf- 
tjsent  amplement  à  doimer  une  idée  de  la 
physionoroie  générale  de  ce  commerce  exté- 
rieur et  à  en  éclairer  la  marche.  Les  person- 
nes qui  auraient  besoin  de  renseignements 
plus  détaillés  devront  s*en  rérérer  au  gros 
volume pubiié  parla  direction  gén^irale  des 
douanes.  Bien  entendu,  le  volume  que 
possède  notre  bibliothèque  est  à  la  dispo- 
sition de  tous  nos  Sociétaires. 


-#^t<t- 


LISTE   GÉNÉRALE    ALPHABÉTIQUE 

DES  MEMBRES    DE   L\  SOCIÉTÉ   ADMIS   PENDANT   L'ANNÉE    îH^H. 


kutzmi  {Narcisoi,  médecin,  à  Sanco-Domiti- 
go  (Republiqasi  dominicaine). 

BiMGt  (Charles),    nëi^ociant  en  denrées  colo- 
»  nklei,  Cours  Briilier,  à  Vienne  (Isère), 

Uatqlomki  iGonstanun^  cîiirargien*dentis- 
îc,  38^  StraJa  Garol  1»  Bucuresci  (Rouma- 
nie). 

iKit^iG  iFrcdéric),  peintre-verrier,  k  Zurich 
lî  (Suisse). 

biRTïEK  (K,  G.)  propriétaire,à  Willmanstrand 
^  (Finlande). 

-*«DiN   [Jean- Pierre),   viticulteur,  à    Maga- 
,  Jllcb,  près  lalta  (Crimde). 

\mE  (Pierre),  horloger,  ^y,  rus  Charonnc- 
rie,   à    No^eni-le-RoiroLi   (Eure-et-Loire), 

iBi:i  (Vtctorj.  viticultcur-pcptrïiériste,  Cha- 
W\à  de  Brouel,  à  Vire,  par    Pay-rEv^que 

r  (V\?e  LéopQÏdi,  fabricant  d'huiles  d'o- 
!?e,  rue  Suffren.  à  Salon  /Bouclies-du-Rhô- 

D4Aï>(Loujs-Gabriei},  ingénieur- mécanicien^ 
6  cî  S,  rue  Basfroi,  à  Paris. 

LOtuvBLLK  (J,|,  comptable,  S,  rue  Vimaîne,  à 
■    Vienne  (Iscre). 

ILLE  (Albert),  pharmacien-chimiste,  à 
Uuë  {SartheJ. 

«îUjs  (Vital),  fabricant  de  papiers  à  la  for- 
me,  à  Saint'Maurice-sur-Huisne  ïOrne  . 

Eue  Haiîïb  id']  iFortunëJ,  fabricant  d^huîles 
dolirc,    à  Sûusse(TunisiE). 

FoaTD*  (Henri),  expert  en  vms,  à  Mooroop- 
ftif  Australie). 

Cr^NARo  dlscHiA,  chimiste,  5  et  6,  via  Laiil- 
ii,àNaples  (Italie). 

,  <JMiiliusso    (Lorenzû),  pharmacien-chimiste  à 
I    Aidone  (Italie). 

'OçuTKiÊKÊ  (Anatole),  distillateur,  4,  rue  de 
ïa  Gendarmerie,  à  Nancy  (Meurthe-et-Mo- 
xeljc), 

[foïtAVA^oNT   (Jules- Joseph},    constructeur  de 
»    métiers  Jacquar,  t6,  rue  des   Augustins,  à 
Reims  (Marne). 


GftûM.iDSKV  (Constantin),  propriétaire- agricul- 
teur, Château  de  Znamenskaîa*  Zaitnka, 
Station  Olguine  (Sibérie) . 

lÏAM^ir:  (Au^Tijste),  négociant  en  vin^  et  li- 
queurs, i3,  ruï  Satnt^Domiaique, Lpe  ifans 
(Sarthe), 

D'HERiMHERG  (Fernand),  fabricant  de  briques, 
ù  Jupillîs  (Sarihe). 

Jacques  et  Cie  (Mai), fabricants  d*huiles.â  Sa-- 
lomé  (Nord). 

Jacques  (Philippe), distiiIateur-liqQorist€,i  L* 
Charité-sur-Loire  (Nièvre). 

Jltnod  (Arthur),  fabricant  d'absinthe,  à  Pon-* 
tarlier  (Doubs). 

Letan  (Henri),  vins  et  spiritueut*  rue  Neu- 
ve, à  Caudry  {Nord}. 

Marovic!  (Théodore),  médecin-dentiste  à  Bu- 
curesci  (Roumanie)* 

MARTïRûSstAî4TZ  (Augustîn\  imprimeur-typo- 
graphe, a  Tifis  (Caucase). 

Matïieff  frères,  viticulteurs-distillateurSi  à 
Stora-Zagora  (Bulgarie), 

MicHAL  (Jean-Joseph),  distillateiir<liquoriite, 
44,  rue  Alphonse-Denis,  à  Hyères  (Var). 

NisHoLLS    (William),   disàllateur,    3o,  Clyde 

Street,  à  Glasi;ow  (Ecosse). 
Novtt  {\%  confiseur,  a8,  Calïe  de  Plateros  de 

S,  Pedro,  à  Lima  (Pérou). 
OLiVEtRA  SaARtis  (José-Antonio),  viiicuUeur, 

à  Evora  (Portugal). 

Robert  (M"  Aagustine),  minotière.  à  SaÎQt* 
Jean  d'Angély  (Charente-Inférieure), 

SAt^ÈNE  (Jean),  ingénieur-civil,  6,  rue  de  U 
Chaussée-d'Antln,  à  t^aris. 

ScHANTÉ  (Jean*Louts),  pharmacien,  lo^  rue 
Tdte-d*Or,  à  Metz  [Alsace- Lorraine)* 

SoDEHLUN^û  (Adolfj.  négociam,  à  Kirlshamm 
(SuÈdcJ. 

SuAREz  Llaguno  (Jcïsél,  distiUateur-liquoriï- 
le^C-illfi  Nueva,  4,  à  Bilbao  (Espagne), 

ZïMMERttN  (Auguste),  fabricant  de  moules  à 
beurre,  24,  rue  Coutances,  k  Genève  (Sali* 
se). 


"  r 


TABLE   GENERALE 


"vèà 


MATIÈRES  PUBLIÉES  PENDANT  L'ANNÉE  1898 


ET     DES 


Nams  des  Membres  d©  la  Société  dont   les  produits  ou  travaux 
ont  été   mentionnés   durant  cette    année. 


LXVIIh    ANNÉE 


Agriculture,  —  La  production  des  vins  et  ci* 
dresen  1S97,  \\, —  Les  concours  régionaux 
agricoles  en  1898,  63,  —  Les  recolles  co 
lerre,  63.  —  Le  charbon  de  bois  et  les  four- 
mis^ G4.  —  Lu  fraude  dans  le  commerce  des 
engrais,  X>%^  — Le  concours  agricole  de  Pa- 
ris en  1898,  97.  —  Présures  et  colorants  pour 
beurrci/de  M.  Ch.  Jeanneau,  àJan2é(llle- 
et-Vilaine),  114.  —  Courroie  de  sûreté  pour 
machines  abattre,  ii5.  —  Les  cultures  dé* 
robées  d'automne,  117.  —  «  A  bas  le  moi- 
neau V,  communication  de  M.  Paul  Noul,  à 
Rouen,  14^),  —  Conseils  aux  viticulteurs^ 
par  iVL  le  D^  Grand -Clément,  14^,  —  Deux 
nouveaux  ennemis  des  arbres  fruiiiers, com- 
munication de  M.  Denailie,  à  Carienao,   1S2, 

—  La  Nielle  des  Blés,  154.  —  Les  poules 
pondeuses,  i56,  —  La  production  du  miel 
L*n  Tunisie,  1 57,  —  Le  prix  du  blé  et  la  va- 
leur de  l'argent*métaL  19^-  — Etude  agro- 
nomique des  sols  en  région  monta^ineuse 
jurassienne, communication  de  iM  Parandier, 
aux  Tourillons  (Jura!,  195.  —  L*tlevape  du 
dindon  en  Solot^ne,  ^oo,  —  Les  hannèions, 
communication  de  M.  Paul  Noël,  à  Rouen , 
141,  —  La  défense  contre  le  îii ack- rot, corn- 
munication  de  M.  Vassilière,  à  Bordeaux, 
243.  —  Effet  dengrais  chimique  sur  vi^ne 
attaquée  par  le  phylloxéra,  communication 
de  M.  Parandier,  aui Tourillons  Uura),ï47, 

—  La  culture  de  la  vigne  en  Russie,  25 1*  — 
L'administration  dans  la  ferme,  communi- 
caiioti  de  M.  A.  de  Villiers  ,de  l'isle-Adaiu, 
252. —  Un  terrible  ennemi  des  arbres  fAs- 
pidioUis  perniciosus},  2S9.  —  Le  cèphe  du 
poirier, 29a.  —  Les  origines  de  la  trutfe,ob* 
servations  de  M.  le  duc  deLesparre,  296. — 


Sur  les  pertes  d^anamoniaque  qui  accotn* 
pagneni  la  fabrication  du  fumier  de  ferme, 
299.  -^  Nouvelle  méthode  pour  lameïiora* 
tion  des  cidres  et  des  poires  au  moyen  des 
levures  sélectionnées^communicatîoti  de  M. 
Georges  Jacquemin,  à  MalzévîUe,  337.— 
L'élevage  et  rutilïsation  du  bétail  dans  la 
Républicjue  Argentine,  348,  —  Production 
multipliée  des  graines  de  betteraves,  3S5,  — 
Emploi  duphospho-carbure  de  calcium  con- 
tre le  phyiloxera,  392 .  ^  La  récolte  du  blé 
en  France,  433,— Moyens  de  rendre  à  la 
propriété  sa  valeur  et  ses  revenus  d'autre» 
fois,  433,  -*  Grandeur  et  décadence  du  ni- 
trate de  soude  et  du  guano,  4S1,  —  Cépage 
hybride  de  Pinot-Cabernet,  créé  par  AL 
du  Loc,  i  La  Gauphine  (Hérauh),  ^85,  — 
Exfïériences  pratiques  sur  la  culture  des  vi- 
fines  américaines,  par  M,  Victor  Combes,  à 
\'ire  (Loi),  48"*  —  Lu  récolte  du  blé  dans 
le  monde  en  1898,488,—  Les  récoltesd'or- 
ce  et  d'avoine,  49U.  —  Emploie  de  la  bouil^ 
lie  bordelaise  contre  la  cloque  du  pécher, 
491.  —  L'alimentation  du  bétail  au  moyen 
dés  drèches  séchées,  495.  —  La  vigne  en 
Russie,4j6.  —  La  sériciculture  dans  la  Rus- 
sie d'Asie,  5oo.  *-  Le  Concours  général 
agricole  de  Paris  en  1S99,  Sag,—  Le  semis 
de  betteraves  en  poquets',  5iv).—  Destruction 
des  mauvaises  herbes  par  lé  sulfaie  de  fer, 
53i,  —  L'epandage  du  fumier  , communica- 
tion de  M,  Dehérain,  à  la  Société  nationale 
d'agriculture,  532. 

ASSBMLILÊEG^MCRALE  ANNIÎELLEOESSOCIKTAIRKS. 

—  Convocation»  9*  —  Réunion  du  25  février 
1898,  49. 

AuaouzE,  à   Paris*  — Concours    agricole   Je 
Paris,  luo. 


1 


TABLE   t)ES   UATIËRES. 


5T0 


BiJAc,  à  LUncourtfOhe).—  Concours  agri- 
cole de  Pari?,  toi» 

Bartûlome:!,  à  Bucarest.  —  Exposition  de  Dî- 
'  joD,4G3,  5i2.  —  Exposition  de  Rochefort, 
470,519 

BArros,  à  Oran,  —  Exposition  dû  Rochefort , 
410^319.  —  Exposition  de  Dijon,  463,  522. 

Berhic,   à  Zurich.  —  Exposition    àt    Dijon, 

SlO^  522^ 

Berchten,  à  Londres,  —Procédé  pour  Vé- 
lévation  du  point  d^inflatnmation  des  huiles 
dt  pétrole,  161,  —  Lampe  à  pétrole  de  sû- 
reté, 3 1 5, 

BuBuocnAPHiE,  —  Uagenda  Charles    Meo- 

»delj  *i5,  —  Ce  qu'on  peut  voir  avec,  un 
peut'  tnicroscope,  par  H.  Cou  pin,  96*  — 
Les  Marques  de  fabrique,  47 rj. 

BuNDtPï,  a  MaiîaratchjCriméei.  —  Exposition 
de  Rochefort,  470,  519. 

Bloch (Joseph),  àChaux-de-Fonds  (Suisse).— 
Fabrication  démontres^  73. 

ôi.ONDEL  (Alphonsejj  à  Paris.  —  Exposition 
de  Toronto,  40S. 

Boni:,  à  Nogent-le-Koîrou  (Eure-et-CoirJ.  — 
Montre  universelle,  5o8. 

Biochard-QlilleTj  à  Château  du  n,  —  Cura- 
çao BrocharJ,  iSg,  —  Exposition  de  Ro- 
chtfort,  4ïO,  S 19. 

BftoQtjîsT,  à  Paris,  —  Concours  agricole  de 
Parii,  io3.  —  Exposition  o'Horticulture, 
167. 

BnouHOT  et  Cic,  à  Vierïon  (Cher),  —  Con- 
cours agricole  de  Paris,  104.  —  Expo^i- 
lîon  d*aiïtomobiles  à  Paris ^  3lî7,  —  V^oitu- 
r«s  automobiles^  443. 


Càmi,  k  Oullins  1  Rhône).  —  Exposition  de 
Dijon,  522. 

C*utnoN  ET  ftLs,  à  Paris.  —  Concours  agri- 
cole de  Paris,    104. 

CAîinz-BciLTRGKOis,  à  Cambrai.  —  Exposition 
de  Rochefort,  411,  519. 

Cmcjii,,  à  Saint-Cermain-du-Hois  (Saone-et* 
Loire).  —  Exposition  de    Dijon ^  463,  522. 

Cii4i7- frères,  à  Bellevue  la  Digonnière  (Loi- 
rej,  —  Regulaléur  de  vitesse  pour  trans- 
missions électriques,  3o5, 

Chalot,  à  Alençon,  —Exposition  d'Alençon, 
357, 

Chalut-Voiry,  à  Tours.  —  Distinction  hono- 
rifique, 35 1,  —  Exposition  de  Toronto, 
40S. 

Cmjujbqn,  à  Saiot-Cèré  (Loil.  —  Exposition 
de  Rochefort.  411,  5tt), 

tiu.MFKNois*RAî4BEAi.  X  ET  CiE,  à  Cousances- 
«uï"Farge$  (Meuse'.  —  Concours  agricole 
deParis,   io5. 


CHANnoaA,à  Moissy-Cratnayel  (Seine-et-Mar- 
ne), —  Concours  agricole  de  Paris,  io5, 

Charlênt.  à  Gemhloux  (Belgique),  -  Expo- 
sition d'AIençon,  35i^. 

Chaumeil,  à  Annonay  (Ardèche),  —  ExposU 
tion  de  Dijonj  464,521, 

Cmifpenïan,  à  Lisieux,  —  Exposition  d*Alen- 
çon.  3 5 S. 

CoMïïKs,  à  Vire  ((,ot),  —  Esposîtion  de  Ro- 
chefon,  470,  515,  —  Expériences  pratiques 
sur  la  culture  des  vignes    arnéricaines,  487. 

Co-MiTÉs.  —  Leur  composition,  îr, 

fbiïETE  DES  RÉCOMPENSES.  -^  RéunionJu  21  fé- 
vrier 3898,  49. 

Commerce.  —  Le  commerce  extérieur  de  la 
France  :  37,  S3,  141,  175,  177,  375,375,37s, 
417,  473,  323j  ni,  — L'activité  commer- 
ciale de  i'Allemagneen  1896,  84,  —  Le  com- 
merce extérieur  de  la  Suisse  en  ii^97,    ^43, 

—  Le  commerce  extérieur  deTAnglcterre  en 
1897,  178.  —  Le  commerce  extérieur  de 
rAllemagne,  iSo,  ^-8*  —  Les  échanges  ex- 
térieurs des  principaux  pays  du  monde,  iHi.. 

—  Le  commerce  français  et  la  guerre  his- 
pano-américaine, 27ii.  —  t.e  commerce  ex- 
térieur de  l'Espagne  en  1897,  279.  —  Le 
commerce  des  vins  de  Champagne,  32  3,^Le 
commerce  extérieur  entre  Ja  France  et  ses 
colonies,  3/0,  514, —  Le  commerce  du  mon- 
de, 3fi2.—  Le  commerce  extérieur  delà 
Suisse  en  (807,  47G.  —  Le  commerce  de  la 
République  Argentine  en  1897,  479,  —  Le 
commerce  extérieur  de  ITtalie,  528, 

CoMSEiL  D^AnMiNtsTRATioN.  —  Séance  du  20 
janvier,  9. —  Sa  composition,  19. 

Constant,  à  Clichy  (Seine».  —  Exposition 
d'automobiles  à  Paris,  Son, 

CoKNUj  à  Paris.  —  Exposition  de  Rochefort, 
4ïh  519. 


Daud  jL.),  à  Paris.  —  Concours  agricole  dfl 
Parisj  io5, 

DEnEP-Ti^ASti,  à  Paris,  —  Exposition  de  Di- 
jon. 5io,  5ï2. 

Delalnav,  à  Paris-  —  Exposition  de  Dijon, 
4U4,  533, 

DEMErxE,  à  Loué  (Sarthe).  —  Exposition  de 
Rochefort,  471,  519. 

DEsci.os{\^ital),â  Yversay  (Orne).  —  Exposi- 
tion d'Alcnçon,  ÎSc^. 

Distinctions  honorifiques  accordées  aux 
Membres  de  TAcadcmie  Nationale  :  11,61, 
Ï17,  3o5  35  I,  443, 

Du  Lac,  à  La  Gauphine  (Hérault),  —  Ccpa* 
ge  hybri  Je  de  Pinot-Cabcrner.  483 . 


Egrut  iTTGrtASGi:,  â  Paris.  —  Concours  agri- 
cole de  Paris.  io5*  —  Exposition  dlforii- 
eulture,  ciGS. 

Expositions  £T  concours.  —  Eipositîôtl  aqî* 


571 

versellede  i^oo {Renseignements  divers),  j% 
lîj,  137,171,  3io,  3^3,405,461,517.— Ex- 
position d'Alençon^  8a, 35k  —  Kxposîtion- 
Coocours  culinaire  etd'alïmeniatioo,  82. — 
Exposition  de  Rochefort*stîr-Mer,  83,  400, 
470,517.  537,— Expositionde Dijon,  84.46a, 
5io.  —  Exposition  à  Chatcauroux,  110,  — 
Exposition  à  Perpignan,  iio,  —  Exposi- 
tion d'Horticulture,  267.  —  Exposilion 
d'Automobiles  a  Paris,  3oS.  —  Exposiuan 
de  Toronto  (Canada),  408.  —  Exposition 
inlernationale  de  pcchç  a  Bergen  en  [S9S, 
517. 


FcNAiLLE  F.T  Despeaux,  è  Parii.  —  Exposi- 
tion d'automoUiles  à  Paris,  3to. 

Fils  hi:  A,  Delitsch,  à  Paris.  —  Exposition 
d'automobiles  à  Paris,  3 m. 

Flûb-lnck,  à  Tours.  —  Exposition  de  Dijon, 
46S,  5:12* 

FoRTîs,  à  Mooroopna  (Australie).  —  Exposi- 
tion  de  Dijon,  465,  bzi, 

Frv  et  fils,  à  Bristol  (Angleterre)*  —  Exposi- 
tion de  Kochefort,  411,  5ij*  —  Exposition 
de  Dijon,  522. 


Gailly,  â  Hon^ans,  —   ExposUion  de   Dijon^ 

4OÔ,   522, 

Galtreau^  à  Dourdan.  — Distinctioa  hono- 
rifique, II,  —  Concours  agricole  de  Paris, 
106, 

Geisler  (Louis),  à  Raon-l'Etape  (Vosges), 
— Distinction  honorifique^  3o5, 

GuMi^usso,  à  Aidone  (ïtfllie).  —  Exposition 
de  Rochefort,  4  12,  —  Exposition  de  Dijonp 
46G. 

GoDEFROY,  à  Orbec,  —  Concours  agricole 
de  Paris,   106. 

GoussARD,  à  Monireuil  (Seine),  —  Exposition 
d'horticulture,  268, 

GouTHiÉRE,  à  Nancy, —  Exposition  de  Di- 
jon, 466,  521, 

GRtftAawoNT,  à  Reims.  —  Mécanique  Jacquart 
métallique,  533, 

Gouttière,  à  Paris,  —  Distinction  honorifi- 
que,  12, 

Grillot,  à  Paris, —  Concours  agricole  de  Pa- 
ris» ro6, 

Gruss,  à  Gouhenans,  —  Exposition  d'Alen- 
çon,  359, 

Guilbkrt-Martin,  à  Paris,—  Distinction  ho- 
norifique, 6[ , 

Guyenet,  à  Paris,  —  Chemin  de  fer  éleciique 
et  plate-forme  roulante  de  TExposition, 
3io, 

H 

Hamme,  au  Mans  (Sarihe),  —  Exposition  d'A- 
lençon,  36o, 

Harqon,  à  Paris.  — *  Nécrologie,  43 1, 


JODHNXL  HENStJEL  DE  UkCÈ^bEMlE  NâTIOF^ALE. 


572 


HKSRicF.Tjà  Nantes, —  Exposition  de  Roche- 
fort,  413,  5î9. 

Hjrt  (,\lbert),  h  Paris,  -^Goticours  agricole 
de  Paris,  loô.  —  Exposition  d'Honiculm- 
re,270, 

Hl-rlot,  à  Pariai  — *  Distïnclion  hoàoriôfjtie, 
Ci, 


IwrriUSTRiFc,  —  Di«posîtif  d'éclairage  intérietir 
des  voilures  de  place,  communication  de 
M,  Trouvé,  à  Paris,  71,  —  Fabrication  de 
montres,  de  M,  Joseph  Bloch,à  Chaux-de- 
Fonds  (Suisse),  ;3,  —  Mandoline  métalli- 
que^ de  M-  J,  B.  Portier,  à  Saint- Etienne 
(Loire),  76.  —  Muselières  et  bavettes  pour 
chevauît  atteints  de  tics,  de  M,  Pougeois^  à 
Paris,  7$,  —  De  l'emploi  de  Talcool  cotnme 
source  de  force  motrice,  1 19-  —  Les  indus- 
tries textiles  en  France  en  1S96,  1^3.  — 
L'industrie  et  le  commerce  de's  tiisos  en 
Russie,  117,  —  Moyen  de  prévenir  les  dé- 
raillements des  trains  rapides  dans  le  pas-- 
sage  des  courbes,  communication  de  M» 
Paloux,  Â  Oraiï,  i3i,  —  Extraits  fluides 
pour  sirops,  de  M,  Maujean,  à  Sermaize 
( Marne),  î32,  ^ —  Développement  de  prin- 
cipes aromatiques  par  fermentation  al- 
coolique opérée  en  présence  de  certaines 
feuilles,  communication  de  M.  Georgçsjac- 
q^uemin,  à  MaUéville,  134.  —  La  Jabrica- 
tion  du  carbure  de  calcium  en  tin  d'année, 
1^9;;,  ï59,  —  Elévation  du  point  d'inflam- 
mation des  huiles  de  pétrole,  procédé  de 
M,  E.  Berchten,  à  Londres,  lôi,  ^ —  Le 
marché .  des  métaux  à  Londres  pendant 
Tannée  iSg;,  i<S3.  —  Nouvelle  pompe  ro- 
tative dénommtie  IlydrO'Gire,  inventée  par 
M.  Trouvé,  à  Paris,  2o5-  —  Aciers  prodlés 
fïour  outils  de  MM,  J,  Beardshaw  et  fîîs,  à 
Shelfield,  représentés  sur  le  continent  par 
M,  J»  Sapène,  à  Paris,  20g,  —  Caractères 
dilTérents  des  mélanges  d^air  et  de  vapeur 
de  pétrole,  ^^19, —  Instruments  de  vérifica- 
tion des  filetaaes  du  systèmefran^ais,  cons- 
truits par  MM,  Bariqûand  et  Marre,  à  Pa* 
ris,  220,  —  Projet  de  chemin  de  fer  et  d'as- 
censeur combinés  pour  transport  au  som- 
met du  Mont-Blanc,  aiS, — Appareil  per- 
fectionné système  Woods  pour  distribuer 
Thuile  aux  broches  de  filature,  construit 
par  MM.  Geo  Thomas  et  Cie.  à  Manchester^ 
a63.  —  La  production  de  la  houille  dans  le 
monde,  266*  —  Principes  nouveaux  de  chauï^ 
fage  industriel*  166.  —  Lampe  à  pétrole  de 
sûreté,  inventée  par  M,  E.  Berchten,  à  Lon- 
dres, 3i5,  —  La  fabrication  des  sucres  en 
France  et  en  Allemagne,  3 16.  —  Les  pro- 
grès de  rindustrie  allemande  de  1S81  à 
1895,  3i8, —  L'industrie  dans  le  monde, 
369,  —  Le  «  record  u  de  la  vitesse  navale, 
370-  —  Ce  qu'il  faut  faire  dans  les  cas  d'in- 
candescence des  tôles  de  foyer  des  chau- 
dières â  vapeur,  371,  —  L'air  liquide  et  set 
usaçes  praùques,  371,  —  La  fabrication  de 
la  biàre  en  Europe,  374,  — -  Machine  k  fa- 
briquer les  tuiles,    de  M.  Lobin   Mis,  à  Aix 


573 


TABLE  DES  MATIÈRES. 


B74 


(Bouches-du-Rhônej,  SqS.  —  Ammoniaque 
aromatique  de  M.  Tison,  à  Le  Nouvion-en- 
Thiérache  (Aisne),  405.  —Voilures  automo- 
biles, de  MM.  Brouhot  et  Cie,  à  Vierzon, 
443.  —  La  Jocomotive  électrique,  système 
Heilmann,  448.—  Les  chemins  de  fer  à  cré- 
maillère, 454.  —  Les  forages  dt  puits  arii- 
siens  en  Algérie,  45^.  —  Ecrémeuse  centri- 
fuge La  Couronne^  de  MM.  Simon  frères,  à 
Cherbourg,  Soi.  —  Régulateur  de  vitesse 
pour  transmissions  électriques,  communi- 
cation de  MM.  Chaize  frères  àBellevue  (Loi- 
re), 3o5.— Montre  universelle  de  M.  Bo;ie,à 
Nogent-le-Rotrou,  5o8.— -  Les  chemins  de 
ferfrançaîi,  anglais  et  allemands,  Sog.  — 
Les  chemins  de  fer  de  TEurope,  au  x«' Jan- 
vier 1898,  5 12.— La  pierre  de  verre,  5i3. — 
La  production  actuelle  du  pétrole,  514.  — 
La  fabrication  des  parfums  dans  les  Alpes- 
Maritimes,  3 1 5.  —  Mécanique  Jacquart  mé- 
tallique de  M.  Gribaumont,à  Reims,  533.— 
Les  grands  paquebots  transatlantiques,  536. 

J 

Jacquemin  (Georges),  à  Malzéville,  près  Nan- 
cj,  —  Concours  agricole  de  Paris,  107.  — 
Communication  sur  le  développement  de 
principes  aromatiques  par  fermentation  al- 
coolique opérée  en  présence  de  certaines 
feuilles,  1 34.  —  Nouvelle  méthode  pour  Ta- 
mélioration  des  cidres  et  des  poirés  au  moyen 
des  levures  sélectionnées,  33;.  —Exposi- 
tion de  Rochefort,  412,  519.  —  Exposition 
de  Dijon,  467,  522. 

Jacques  (Max)  et  Cie,  à  Salomé  (Nord).  —  Ex- 
position de  Rochefort,  412,  519. 

-JACQUES  (Philippe)à  La  Charité-sur-Loire  (Niè- 
vre). —  Exposition  de  Dijon,  52o,  522. 

Jaîînel  frères,  à  Martinvelle  (Vosges).  —  Con- 
cours aginc  oie  de  Paris,  107. 

JuNMEAU  (Charles),  à  Janzé  (Ille-et- Vilaine). 

—  Présures  et  colorants  pour  beurres,  114. 

—  Exposition  d'Alençon,  36o. 

Julien  (Victor),  à  Lavaur.  —  Exposition  de 
Rochefort,  53;. 

JorÉ  fils,  à  Saint-Laurent-de-la-Salangue 
(Pyrénées-Orientales).  —  Exposition  de  Ro- 
chefort, 414,  519. 

JuNOD  (Arthur),  à  Pontarlier.  —  Exposition 
de  Dijon,  52i,  522. 

Lacroix,  à  Paris.— Exposition  de  Toronto,  408. 

LAGACHEjàParis.  — Concours  agricole  de  Pa- 
ris, 108.  —  Exposition  de  Dijon,  468,  522. 

UuRBNT- Colas,  à  Bogny-sur-Meuse.  —  Di- 
tinction  honorifique,'35i. 

Laurs  ^Simon),à  Marseille.  — -  Exposition  de 
Dijon,  522. 

Leborgne  (Ferdinand),  à  Lannoy  (Nord),  — 
Distinction  honorifique,  3o5. 

Ujuitre  (Albert),  à  Alençon.  —  Exposition 
d^Alençon,  353,  355. 

Lepan  à  Caudry  (Nord).  —  Exposition  de 
Rochefort,  414,  519. 


Liste  générale  dus  membres,  19. 
LoBiN,  fils,  à  Aix(Bouches-du-Rhône).  —  Ma- 
chine à  fabriquer  les  tuiles,  395, 

M 

Mateeff  frères,  à  Stora-Zagora  (Bulgarie).  — 
Exposition  de  Dijon,  52 1,  522. 

Matile  (Ali),  à  Montfavet  (Vaucluse).  —  Con- 
cours agricole  de  Paris,  108. 

Marovici,  h  Bucarest.  —  Exposition  de  Roche- 
fort, 4i5,  519. 

Maugin,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de  Pa- 
ris, 108. 

Maujean,  à  Sermaize  (Marne).  —  Extraits 
fluides  pour  sirops,  i32. 

Mercier,  à  Paris.  —  Concours  agricole  de 
Paris,  109,— Exposition  d'Horticulture,270. 

MÉRÉ  DE  Chantilly,  Orléans.  —  Exposition 
de  Dijon,  468,  522. 

MicHAL,  à  Hyères  (Var).  —  Exposition  de  Di- 
jon, 468,  522.—  Exposition  de  Rochefort, 
472,519. 

MoNTANDON,  à  Vemon  (Eure).  —  Concours 
agricole  de  Paris,  109. 

Moquet-Lbsage,  à  Paris.  —  Distinction  hono- 
rifique, 352. 

N 

Narciso-Alberti,  à  Santo-Domingo  . —  Com- 
munication sur  le  tétanos  à  Saint-Domin- 
gue, i83. 

Nécrologie.  —Le  Docteur  Gérard,  19.  —  M. 
A.  Hardon,  431.  ^ 

NèGRE,  à  Grasse.  —  Distinction  honorifique, 
117. 

NicHOLLS,  à  Glasgow.  —  Exposition  de  Ro- 
chefort, 472,  519. 

NoEL  (Paul),à  Rouen.—  c  A  bas  le  moineau  »  , 
145.  —  Les  hannetons,  241. 

Nordenfelt  (Société),  à  Paris.  —  Concours 
agricole  de  Paris,  112. 

NovE  (P.),  à  Lima  (Pérou).— Produits  de  con- 
fiserie, 5x5. 


OLrvEiRA-SoARès.   (J.A.d'j,  à  Evora  (Portu- 
gal) .—  Exposition  de  Rochefort,  5  18,  519. 


Paloux  à  Oran.  —  Moyen  de  prévenir  les 
déraillements  des  trains  rapides  dans  le 
passage  des  courbes,  i3i. 

PARANDiBR,aux  TouriUons,  par  Arbois  (Jura). 
—  Etude  agronomiq^ue  des  sols  en  région 
montagneuse  jurassienne,  195.  —  Effet 
d'engrais  chimiques  sur  vigne  attaquée  par 
le  phylloxéra,  247, 

Paupier  (Léonard),  à  Paris.—  Concours  agri- 
cole de  Paris,  109. 

Paupy,  à  Paris.  —  Distinction  honorifique, 
352, 

Pelletier,  à  Connerré  (Sarthe).  Exposition 
d'Alençon,  36i. 


5T5 


JOURNAL  MENSUEL  DK  L  ACADÉMIE  NATIONALE. 


m\ 


PtRiv  frères,  à  Charlevnie.  —  Concours  afjri- 
cote  de  Paris,  i  ta,  — -  Exposiùon  d'Alea- 
Çon,  36 1. 

PïMijppK,  à  Houdan,—  Concours  agricole  de 
Paris,  iio, 

PoaTiKR  (J.-B.|^  à  Saînt-Etieane  (Loire),  — 
Mandoline  métallique,  76. 

PouGEois,  à  Paris,  —  Muselières  et  bavettes 
pour  chevaux  atteints  de  tics,  78, 

pHortUiTs  ALiMKNTAïKÈS,  —  LîqueuTs  et  spi- 
ritueux de  MM,  Trespalacios  et  Aldabo,  à 
la  Havane,  i3.  —  Fromage  de  Gruyère  et 
fromage  d^Emmetiihal,  137,  —  Le  curaçao 
Brochard,  de  M.  Brochard-Quiliet,  a  Chà- 
teaudun,  iSg»  —  Gâteaux  aux  amandes  ùc 
M .  Etienne  Proux,  h  St-Jean-d*Angely, 
141^ —  Valeur  alimentaire  du  sucre,  ï6q. 
—  Produits  de  confiserie  de  M,  Rosse l- 
Brunner^  à  Zurich  (Suisse)^  172.  —  Traiiés 
sur  la  fabrication  des  liqueurs  et  la  vinifi- 
cation, par  M,  Luigi  Sala,  à  Alessandna. 
ly^,  —  Liqueurs  Unes  de  M.  Luici  Sala,  à 
Alessandria,  233.  —  La  liqueur  Ciun'treusf^ 
4;i.  —  Produits  de  contiserie^  de  M.  1*. 
Nuve,  à  Lima  (Pérou),  5i5, 

Paotjx  (Etienne),  a  Saint-Jcan-d'Angely,  — 
Gâteaux  aux  amandes^  141 . 

Pbuvost»  à    Paris*    ^  Exposition  de    Dijon^ 

468,  532. 

RAMBAL'rï,  à  Parisp  —  Exposition  de  Roclic- 
fort,  4i5,  519. 

Raval,  à  La  Galle  (Algérie),  —  Exposition  de 
Beri;tn,  317, 

RicoMPE^sEs  décernées  par  la  Société,  37. 

RicHAUiî,  à  Paris.  —  Exposition  de  Roche- 
fortj  4î6.  —  Expositron  de    Bergen,  517, 

RicfiAuii,  à  Rochefort.  —  Exposition  de  Ro- 
chefort,  413,519. 

RtcHtH,  à  Alençon.  —  Exposition  d*Alençon, 
354. 

RoMKT,  à  Alençon.  —  Exposition  d'Alençon 
357, 

RossEE.-BKusNKft,  à  ZuricU  (Suisse).  —  Pro- 
duits de  confiserie,   ^72. 

RoussET,  à  Saint-Victor-sur-Loire,  —  Con- 
cours agricole  de  Paris,  no,  —  Exposition 
dHiorticulture,  270, 


Saint-Dënis  (E*de),  à  Granville. —  Communi* 
cation  sur  le  café^  sa  culture  et  son  corn- 
merce,  284^  3i5. 

Sai.a  (Luigi),  à  Alessandria  t Italie).  —  Traités 
sur  la  fabrication  des  liqueurs  et  la  vinifi- 
cation. 174*  —  Liqueurs  fines,  233. 

SanijuMirsky,  à  Krementchough  1  Russie).  — 
Exposition  de  Rochefort,  416. 

Saim:nk,  à  Paris,  —  Aciers  profiles  pour 
outils,  209. 

ScKANTii»  à  Meîi£,  —  Exposition  de  Dijon* 
408,  5î2. 


SctKNces  M£r>icALKS.  —    Le  tétanos  à   Suint- 

Domingue,    Communication  de  M,  Ntrciso 

Alberti.  iB3, 
Skguin,  au  Petit-Gennevilliers.  —   Concoun 

agricole  de  Paris,  1 1 1  * 
SiMos  frères,  à  Cherbourg,  — Concours  sgri- 

cole  de  Paris,  in,  —Exposition  d'AIençoa, 

362,  —    Distinction    honorifique,    443.  - 

Exposition  de  Dijon,  469,  522*— Ecrémeu» 

centrifuge  La  Courotiftée,  5oi* 
SoïjKki.uNn,  à  Karlshamn    ^Suède).  —  Eipo- 

sition  de  Rochefort,  472,  519* 
STATisriQUe,^  L'activité  postale  des   divers 

pays,  2  3y.  —  La  Revue  de  Smtisitque,  34a* 
SuAftKK-LuAGUNo,     à    Bilbao    (  Espagne),   — 

ExposJtioû  de  Rochefort,  5ï8^  519. 


Tentjng,  â  Paris.  —  Concours  agricole  df 
Paris,  tri* 

TKXitR  Jeune,  à  Vitré  (Ille^etA'ilaitie),  - 
Concours  agricole  de  Paris,  112, 

Thomas  (Geo.)  et  Cie,  à  Manchester.  —  Appa- 
reil perfeci tonné  système  Woods  pour  dii- 
iribuer  Thuilc  aux  broches  de  filatures,  263. 

Tison, à  Le  Nou vion-en-Thiérache( Aisne}.— 
Ammoniaque  aromatique,  4o5. 

TftKsPALACïos  ET  AldabOj  li  La  Havane. —  U" 
queurs  et  spiritueux j  i3. 

TRouVKjâ  Paris,  —  Dispositif  d^éclairage  in- 
térieur des  voitures  de  place,  71 .  —  P^ou- 
velle  pompe  rotative  dénommée  j^iro-Gf- 
re,  :*o5- 

V 

Varîétks,  —  La  population  de  rempirenis«| 
91.  —  Le  €  record  *  des  sondages  terret* 
très,  94,  —  Le  chemin  de  fer  métropolitaifl| 
Paris,  1%.  —  Une  statistique  intéressaati  3 
des  chemins  de  fer  français,  190^  —  La  prO*' 
duction  totale  des  principaux'pays  d^Eurû* 
pe,  192.  —  L'air  liquide,  281,  —  Le  café, 
sa  culture  et  son  commerce,  communicatioa 
de  M,  E.  de  Saint-Denis,  à  Granville,  184* 
325.  ^  La  fortune  totale  delà  France.  334. 
—  Le  fonctionnarisme  en  France,  333.  — 
Le  Congrès  des  Sociétés  savantes  a  Toulou- 
se en  189g,  419, 

Vavson,  a  Abbeville.  —  Distinction  honorifi- 
que^ 62, 

VjEiLLEMARD,  à  Parîs,  —  Distinction  honorilï- 

qdCj  (11. 

ViGt:,  à  Bordeaux.  —  Exposition  de  Ruche- 
fort,  410^  317, 

VjGounoux,  fiy,  k  Nîtnes*  —  Concour  *agri^ 
Cûle  de  Paris,  1 13. 

W 

\Vii.t,ioT,  à  Pûix'-du-Nord,  —  ExpositicHt 
d'Alençon,  364- 

Z 

ZiMMEftu?*,  k  Genève.  —  Exposition  de  Ro- 
chefort^ 4tôj  519, 


Le  Directeur^GéranU  Rédacteur  en  Chef,  Eugèwb  THIÉRY- 


fJLERMONT  [ùlèZ).   -^  IMPIUMERIE  lïAiX  FBiîaEB,  PLACE  EAlîîT-AKDaÊ,  3. 


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MAGASINS:  17,  RUE  PÉRIGNON  ft  BOULEVARD  GARIBALDI,  37 
Fournisseur    des    Arsenaux    français    et    étrangersi    des    Dépôts    d'artlllerlei   eto. 

MBMBRB    DB    l'aCADÈMIB    NATIONALE,   AORIGOLB,   M  ANUPA  G  T  URIBRB    BT   GOUUBRCIALS 
MBMBRI  DU  JURY  lïïX  IZPOSITIOlfB  PABIB  1885.  PAEIB  1886,  HAVRI  1887,  ALIHQOir  1888 

FABRIQUE  SPÉCIALE    DE  MACHINES-OUTILS 

Pour  Carrossiers,  Charrons,  Forcerons,  Entrepreneurs  de  Serrurerie,  Entrepreneurs  de  Charpentet 
Chaudronniers,  Plombiers,  Fumistes,  Tonneliers,  etc.,  etc. 

Maohlnes-Outlls  et  Outillages  en  tous  genres  pour  Mécaniciens. 

Étaux  limeurs,    Machines  à    Raboter,   à   Mortalser,  Fraiser,    Percer  de  toutes  foroes. 

Étaux  fixe  et  tournant,  Filières,  Marteaux,  Enclumes,  Soufflets,  Limes,  etc.,  etc. 

Tours  parallèles  pour  flieter,  oharloter,  montés  sur  banc  droit  ou  coudé,  foaetisiussat  à  Vfu,  fiads,  nsttu. 

Machines  à  scier  les  Métaux  à  froid.  —  Soles  à  Rubans  pour  le  bols.  —    Bâtis  pour  Meulesa  Emorla 

SPÉCIMENS   DES   ARTICLES   DE   VENTES   COURANTES 
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FILIERES  DOUBLES   A  TARAUDER 

Garnies  de  3  paires  de  coussinets  cl  6  tarauds  en  acier 
fondu,  à  rainures  coniques  et  cylindriijues,  sur  pas  ordi- 
naire du  commerce,  ditTcrcnt  du  pas  métrique. 
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MONTÉES  SUR  AUGE  EN  FONTE,  AU  PIED  OU   A  LA  MAIN 

CISAILLES  COUPE-BOULONS. 

MACHINES    A     DESENRAYER. 

MACHINES  A   BOITER    ET  A   DÉBOÎTER 

CLEFS   A  MOLLETTES. 

CLEFS  A  FOURCHES  en  fer,  2  têtes. 

ÉTAUX,  BOITES    FILETÉES  DANS  LA  MASSE. 

Enclumes,  Bigornes,  Tenailles  de  forge. 
Dégorgeoirs  et  Poinçons  ronds  et  carrés,  acier  fondu. 

Etampes  à  main.  Tranches  à  chaud  et  à  froid. 

Chasses  à  parer  et  à  talon,  à  gouge,  acier  fondu. 

Chasses  carrées  et  à  biseau.  Chasses  cercles. 

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TRUSQUINS  A    MARBRE    ORDINAIRE. 

TRUSQUINS  DE  COTE  A  MAIN. 

ÉQUERRES    EN    ACIER  renforcées. 

RÈGLES    EN    ACIER,    très   renforcées. 

COMPAS  A  POINTES  DROITES,  acier  fondu. 

COMPAS  A  RESSORT,  COMPAS  D'ÉPAISSEUR, 

COMPAS  MAITRE  DE   DANSE. 

MARTEAUX  RIVOIRS,  acier  fondu  garanti. 

PORTE-SOIBS  emmanchées.  LAMES  DE  SCIES. 

CISAILLES  POUR  FERBLANTIERS. 

CLIQUETS  SIMPLES  renforcés. 

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L'UTILE,  r/ttsi/tr  Voitures  en  détresse  sur  U  wiepubli^ie. 
Lien  à  cfiarnière  prenant  toutes  le»   formes  pour  les 
brancards  brisés  sur  la  voie  publique. 


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CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S.  G.  D.  G.  — 

rue    Pérîgnon,    34   —    PARIS 

MAGASINS:  17,  RUE  PÉRÎGNON  ft  BOULEVARD  GARIBALDI,  37 
Fournlssaup    dea    Araenaux    françala    et    étrangère,    dea    Dépote    d'aptillarle,   etc. 

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MEMBBI  DU  JUBT  AUX  EXPOSITIONS  PABIS  1886.  PAEIS  1886,  HÀTRE  1887,  ALEHÇOIT  1888 

FABRIQUE  SPÉCIALE    DE   MACHINES-OUTILS 

Pour  Carrossiers^  Chai-rons.  Forcerons,  Entrepreneurs  de  Serrurerie,  Entrepreneurs  de  Charpentes 

Chaudronniers,  Plombiers,  Fumistes,  Tonneliers,  etc.,  etc. 

MaohInes-Outllà  et  Outlilagee  en  toua  genraa  pour  Mécaniclena. 

Étaux   llmeurai    Machinée   à    Raboter,    à    Mortalaer,   Fraiaar,    Percer   de   toutae   forces. 

Étaux  fixe  et  tournant,  Fllléree,  Marteaux,  Enclumea,  Souffleta,  Limea,  etc.,  etc. 

Toura  parallélaa  pour  fliater,  charloter,  montée  aur  bano  droit  ou  coudé,  fta^titaAint  à  Vns.  pûii,  nottar. 

Machinée  a  acier  lea  Métaux  à  froid.  —  Sclea  à  Rubana  pour  le  bola.  —    Bâtie  pour  Maules,  Emarla 

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fondu,  à  rainures  coniques  et  cvlindriciuos,  sur  pas  ordi- 
naire du  commerce,  ditrèrenl  du'pas  métrique. 
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CISAILLES  COUPE-BOULONS. 
MACHINES    A     DESENRAYER. 
MACHINES  A    BOITER    ET  A   DÉBOÎTER 
CLEFS    A  MOLLETTES. 
CLEFS  A  FOURCHES  en  fer,  2  têtea. 
ETAUX,   BOITES   FILETÉES  DANS  LA  MASSE. 

Enclumea,  Bigornée,  Tenaillée  de  forge. 
Dégorgeoire  et  Polnçona  ronds  et  carres,  acier  fondu. 

Ctampea  à  main.  Tranchée  à  chaud  et  à  froid. 
Chaeaea  à   parer  et  à  talon,  à  gouge,  acier  fondu. 
Chaaaea  carréea  et  à  blaeau,  Chasaes  cerclée. 
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TRUSQUINS   A    MARBRE    ORDINAIRE. 

TRUSQUINS  DE  COTE  A  MAIN. 

ÉQUERRES    EN    ACIER  renforoéea. 

RÈGLES    EN    ACIER,    trèa    renforcées. 

COMPAS  A  POINTES  DROITES,  acier  fondu. 

COMPAS  A  RESSORT,  COMPAS  D'ÉPAISSEUR, 

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Chaudronniers^  Plombiers^  FumisieSy  Tonneliers^  ete.^  etc. 

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Étaux  limeurs,    Maohlnea  à    Raboter,   à   Mortalser,  Fraiaer,    Pjroer  de  toutea  foroaa. 

Étaux  fixe  et  tournant,  Flllérea,  Marteaux,  Enolumea,  Soufflets,  Limes,  etc.,  eto. 

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MAISON    FONDÉE    EN    1880 


L. 

CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S.6.D  6 

rue    Pérignon,    34   —    PARIS 


Ëifûtin  «Bit.  liit 
Classe  57 
Médaille  d*ApaMit 

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eusse  53 
M4dallls  d'Or 

90    MiDAILLIS 

Or,  Argent 
9iTtnss  S^siiiens 

34, 

MAGASINS:  17,  RUE  PÉRIGNON  ft  BOULEVARD  GARIBALDI,  37 

FournltseHP    dM    Arsenaux    français   et   étrangers,    des    Dépôts    d'artillerie,   etc. 

tfBMBaB    DB   L'aCADBMIB    NATIONALB,   AQRICOLB,  UANUPACT  UBIBRB    BT   COMUBRCIALB 

HIHBU  DU  JÏÏIT  IVX  KPOSITIOirB  PABIB  18S6.  PARIS  1186,  HAVRl  18BT,  ÂLIIIQair  1888 

FABRIQUE  SPÉCIALE    DE  MACHINES-OUTILS 

Pour  Carrossiers,  Charrons,  Forcerons,  Entrepreneurs  de  Serrurerie,  Entrepreneurs  de  Charpentes 
Chaudronniers,  Plombiers,  Fumistes,  Tonneliers,  etc,  etc. 

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Garnies  de  3  paires  de  coussinets  et  6  tarauds  en  acier 
fondu,  à  rainures  coniques  et  cylindri9ues,  sur  pas  ordi- 
naire du  commerce,  différent  du  pas  métrique. 
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MONTÉES  SUR  AUGE  EN  FONTE,  AU  PIED  OU  A  LA  MAIN 

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L'ACADÉMIE    NATIONALE 

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MédallU  d*Or 

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MAISON    FONDÉE    EN    1830 


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L. 

CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S. 

rue    Pérîgnon,    34 


BzpoflliM  ulf.  ISit 
Classe  57 
Médalll«d*Ar9«iif 

Hors  Comcouks 
Difinss  IzfMllltps 


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MAGASINS:  17,  RUE  PÉRI6N0N  ft  BOULEVARD  6ARIBALDI,  37 
Fournisseur    dss    Arsenaux    français    st    étrangers,    des    Dépôts    d'artillerie,   eto. 

MBMBRB    DB    L'AGADélflB    NATIONALB,   AGRICOLB,   M  ANUPACT  ORIBRB    BT   GOMICBRCIALB 
MUBRl  DU  JUB7  AUX  IZPOBITIOlfS  PABIB  1886,  PA1I8  1886.  HAYRB  1817,  ALUTQOlf  1888 

FABRIQUE  SPÉCIALE    DE  MACHINES-OUTILS 

Pour   Carrossiers^  Charrons,  Forcerons,  Entrepreneurs  de  Serrurerie^  Entrepreneurs  de  Charpentes 
Chaudronniers,  Plombiers,  Fumistes,  Tonneliers,  etc.,  etc.    «»-- 

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ondu,  à  rainures  coniques  et  cylindrii^ues,  sur  pas  ordi- 
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MAISON    FONDÉE    EN    1880 


CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S.  G. 

34,    rue    Pérîgnon,    34   - 


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CUtte  57 
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DiTinat  Iz|ositiow 


PARIS 


MAGASINS:  17,  RUE  PÉRIONON  ft  BOULEVARD  6ARIBALDI,  37 

Fourni««eup    des    Arsenaux    français    et    étrangers,    des    Dépôts    d'artillerie,    eto« 

MBMBRB    DB    L^AGADéMIB    NATIONALB,   AGRICOLB,   M  ANUPACT  URIBRB    BT    COMMBRCIALB 

KSMBBI  DU  JUB7  AUX  IZPOBITIONS  PARIS  1886,  PARIS  1886,  HATAI  1887,  ALEIffQOlT  1888 

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L'AGADÉMIK    NATIONALE 


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Classe  53 
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30      MiDAILLIS 

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MAISON    FONDÉE    EN    ItSO 


BzpofllUB  «ait.  iMt 

Classe  57 
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CONSTRUCTEUR*MÉCANICIEN.  BREVETÉ  S.6.D  6. 

34,    rue    Pérîgnon,    34   -    PARIS 

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UBMBRB    DB    L*àCADBMIB    NATIONALB,   AGRICOLB,   M  ANUFACT  URIBRB    BT   COMMBRCIALB 

MIUBRI  DV  JUBT  AUX  HPOSITION»  P1BI8  1886.  FABIB  1886,  HAYIK  1887,  ALIVÇOll  1888 

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P.  S.  —  Toutes  mes  machines  sont  veqdues  et  garanties  de  tout  défaut  de  fabrication. 
5oo  machines  en  magasin  prêtes  à  livrer  de  n'importe  quel  numéro. 
ENVOI  FRANCO  DU  CATALOGUE  GÉNÉRAL  ILLUSTRÉ  CONTRE©  fr.  60  c.  EN  TIMBRES-POSTE. 
Une  remise  de  5  à  ro  pour  cent,  suivant  les  articles,  sera  accordée  à  tous  les  Membres  ie /'AOAOiKII  MATXOIIALI 
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Classe  53 
RiédallU  d'Or 

30     MÉDAILLES 

Or,  Argent 
Dhrenst  Siq^iitiMiB 


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MAISON    FONDÉE    BN    1830 


Classe  57 
MédallU  d'Armant 

Hors  Concours 
DlTttiSi  Szpodtitflf 


34, 


L. 

CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S.G.D  G.  — 

rue    Pérîgnon,    34   -    PARIS 


■AGASINS:  17,  RUE  PÉRÎGNON  A  BOULEVARD  GARIBALDI,  37 
FournlMour    dos    Arsenaux   français    et   étrangers,    des    Dépôts    d'artlllerls,   sto. 

liéMBRB    DB    L'ACADéMIB    NATIONALE,   AORICOLB,   M  ANUFAGT  URIÈRB    BT   COMMBRCIALB 
MXMBRI  D0  JUBT  AUX  KZP08ITI0NB  PARIS  1885,  PABI8  1888,  HAVRE  1887,  ALBNÇOR  1888 

FABRIQUE  SPÉCIALE    DE  MACHINES-OUTILS 

Pour  Carrossiers,  Charrons^  Forgerons^  Entrepreneurs  de  Serrurerie,  Entrepreneurs  de  Charpentes 

Chaudronniers,  Plombiers,  Fumistes,  Tonneliers,  etc.,  etc. 

Maohlnes-Outlls  et  Outillages  en  tous  genres  pour  Mécaniciens. 

Étaux  limeurs.    Machines   à   Raboter,   à   Mortalser,  Fraiser,   Percer  de  toutes  forces. 

Étaux  fixe  ot  tournant,  Filières,  Marteaux,  Enclumes,  Soufflets,  Limes,  etc.,  etc. 

Tours  parallèles  pour  fileter,  éharloter,  montés  sur  banc  droit  ou  coudé,  fnietitBMat  à  ¥ru,  fUds,  ntifsr. 

Machinss  à  scier  les  Métaux  à  froid.  —  Scies  &  Rubans  pour  le  bols.  —    Bâts  ^our  Moules,  Emoris 

*  SPÉCIMENS   DES   ARTICLES   DE   VENTES   COURANTES 


FILIERES  DOUBLES 


A  TARAUDER 

en  acier 


Garnies  de  3  paires  de  coussinets  et  6  tarauds 
fondu,  à  rainures  coniques  et  cylindrioues,  sur  pas  ordi- 
naire du  commerce,  différent  du  pas  métrique. 
MEULES  l'«  QUALITÉ 

MONTEES  SUR  AUGE  EN  FONTE,  AU  PIED  OU  A  LA  MAIN 

CISAILLES  COUPE-BOULONS. 

MACHINES    A     DESENRAYER. 

MACHINES  A   BOITER    ET  A  DÉBOÎTER 

CLEFS    A  MOLLETTES. 

CLEFS  A  FOURCHES  en  fer,  2  têtes. 

ETAUX,  BOITES   FILETÉES  DANS  LA  MASSE. 

Enclumes,  Bigornes,  Tenailles  de  forge. 
Dégorgeoirs  et  Poinçons  ronds  et  carres,  acier  fondu. 
•    Etampes  à  main.  Tranches  à  chaud  et  &  froid. 
Chasses  à  parer  et  à  talon,  à  gouge,  acier  fondu. 
,    Chasses  carrées  et  à  biseau.  Chasses  cercles. 


MARBRES    EN    FONTE    rabotés,    pour 

TRUSQUINS  A    MARBRE    ORDINAIRE. 

TRUSQUINS  DE  COTE  A  MAIN. 

ÉQUERRES    EN    ACIER  renforcées. 

RÈGLES    EN    ACIER,    très   renforcées. 

COMPAS  A  POINTES  DROITES,  acier  fondu. 

COMPAS  A  RESSORT,  COMPAS  D'ÉPAISSEUR, 

COMPAS  MAITRE  DE  DANSE. 

MARTEAUX  RIVOIRS,  acier  fondu  garanti. 

PORTE-SCIES  emmanchées.  LAMES  DE  SCIES. 

CISAILLES  POUR  FERBLANTIERS. 

CLIQUETS  SIMPLES  renforcés. 

CLIQUETS  MONTÉS  pouratoliers  deoonstructions. 

FORERIES  A  LA  MAIN    OU    PORTATIVES 
L'UTILE,  c/m5  de  Voitures  en  détresse  sur  la  vote  publique. 
Lien  à  cnarnière  prenant  toutes  les   formes  pour  lei 
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P.  S.  —  Toutes  mes  machines  sont  vendues  et  garanties  de  tout  défaut  de  fabrication. 
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.   ENVOI  FRANCO  DU  CATALOGUE  GÉNÉRAL  ILLUSTRÉ  CONTRE  G  fr.  60  c.  EN  TIMBRES-POSTE. 
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L'ACADÉMIE    NA'imVLh 


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Classe  53 
MédalU«  d'Op 

30     MÉDAILLES 

Or,  Argent 
OiftrtM  Ibq^iitiMiB 


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34, 


MAISON    FONDÉE   EN    1880 

L.  DARD 

CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S.6.D  6. 

rue    Pérignon,    34   —    PARIS 


Bzpoiittta  uif .  IMt 

Classe  57 
MédallIttirApgant 

Hors  Concooiis 
DiTiriM  l»iwitiwia 


MAGASINS:  17,  RUE  PÉRIGNON  A  BOULEVARD  GARIBALDI,  87 
Foupnissoup    dos    Arsenaux    français    st   étrangsrs,    dos    Dépôts    d*artillorlo,    sto. 

IfBMBRB    DB    l'àCADBMIB    NATIONALE,   AGRICOLB,   M  ANUP  ACT  URIBRB    BT    COMMBRCIALB 
KIHBBI  DU  JURT  AUX  KZPOBITIOini  PARIS  1885,  PABI8  1886.  HAYRI  1887,  ALIRQON  1888 

FABRIQUE  SPÉCIALE    DE   MACHINES-OUTILS 

Povr  Carrossiers^  Charrons.  Forcerons,  Entrepreneurs  de  Serrurerie^  Entrepreneurs  de  Charpentes 

Chaudronniers^  Plombiers^  Fumistes^  Tonneliers^  etc.^  etc» 

Machinos-Outils  ot  Outillagos  en  tous  genres  pour  Méoaniolens. 

Étaux  limeursi    Machines  à   Raboter,   à   Mortalser,  Fraiser,   Percer  de  toutes   forces. 

Étaux  fixe  et  tournant,  Filières,  Marteaux,  Enclumes,  Soufflets,  Limes,  etc.,  etc. 

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Machines  à  scier  les  Métaux  à  froid.  —  Scies  à  Rubans  pour  le  bols.  —    Bâtis  pour  Moules,  Emerla 

SPÉCIMENS  DES   ARTICLES  DE   VENTES   COURANTES 

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Garnies  de  3  paires  de  coussinets  et  6  tarauds  en  acier 
fondu,  à  rainures  coniques  et  cylindriques,  sur  pas  ordi- 
naire du  commerce,  différent  du  pas  métrique. 
MEULES  l'«  QUALITÉ 

HONTéES  SUR  AUGE  EN  FONTE,  AU  PIED  OU  A  LA  MAIN 

CISAILLES  COUPE-BOULONS. 

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L'ACADÉMIE    NATIONALE 


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Classe  33 
MédallU  d'Oi> 

30     MÉDAILLES 

Or,  Argent 
DinrtM  Expositions 


1889 


MAISON    FONDEE    EN    1830 


34, 


L. 

CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S.6.D  G. 

rue    Pérignon,    34   — 


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Classe  57 
Médaille  d'Argant 

Hors  Concours 
OiToriis  Izposiiiooi 


PARIS 


MAGASINS:  17,  RUE  PÉRIGNON  A  BOULEVARD  GARIBALDI,  37 

Foupnlttour    dos    Arsenaux    français    at    étrangers,    des    Dépôts    d'artillerie,   eto. 

MBMBRB    DB    L'ACADélilB    NATIQNALB,   AORICOLB,   MANUPAGT  URIBRB    BT    COMIi  ISRCl  ALB 

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FABRIQUE  SPÉCIALE    DE  MACHINES-OUTILS 

Pour  Carrossiers,  Charrons,  Forcerons,  Entrepreneurs  de  Serrurerie,  Entrepreneurs  de  Charpentes 

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fondu,  à  rainures  coniques  et  cylindriques,  sur  pas  ordi- 
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CLEFS  A  FOURCHES  en  fer,  2  têtoa. 

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CLIQUETS  MONTÉS  pour  ateliers  de  constructions. 

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L'UTILE,  r/M5^e  Voitures  en  détressesurla  voie  publique. 
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L*  ACADÉMIE     NATIONALE 


Par  décisiotï  du  CotisoU,  en  faveur  des  anciens  et  des  noupeauM  iMembrew 
ÛB  TAcadémie  Nationale  seulement,  rA^dministratloïi  délivrera,  à  tous  ceux 
d'eDtre  eux  qui  en  reront  la  demande,  des  eoUectloas  du  Jouroal  «tes  années 
écoiiléefi  depuis  1849^  aux  prix  suivaats  ; 


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Année  1898 , , ...,..,*        15  fr. 

Années  18H5  à  1HÔ7 , ,  _ ,        10  fr . 

Anû6és  antôHeures  à  1885 , . . . ,  6  fr. 

{50  centimes  en  pius  quand  fenoQl  doit  être  fait  par  la  posiez 


Il  existe  une  coîlection  complote  des  publicalians  de  l'Académie  Nationale 
depuis  1830.  Celte  eoUectioU;  déposée  à  la  bibliothèque  de  la  Société,  peui 
éite  consultée  par  tous  les  Membres*  Elle  est  unique.     • 


EXTRAIT    DES    STATUTS 


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Classe  33 
Médaille  d*Or 

30     MÉDAILLES 

Or,  Arp^ent 
Birenet  Exposition! 


1889 


MAISON    FONDÉE    EN    1830 


34, 


L.  DARD 

CONSTRUCTEUR-MÉCANICIEN,  BREVETÉ  S.  6.0  G.  

rue    Pérignon,    34   —    PARIS 


BzposiUtB  uni? .  IStt 

Classe  57 
Médaille  d'Aro«iit 

Hors  Concours 
DiTtriM  SxpetiUeaft 


■AGASINS:  17,  RUE  PÉRIGNON  A  BOULEVARD  GARIBALDI,  37 
Fournisseur    des    Arsenaux    français    et    étrangers,    des    Dépôts    d'artillerie,   eto. 

MBMBRB    DB    L'ACADéMIB    NATIONALB,   AGRICOLB,    M  ANUPAGT  URIBRB    BT    COMMBRCIALB 
KIMBRl  DU  JUB7  AUX  IXPOBITIOlfS  PARIS  1885,  PABI8  1886,  HAYES  1887,  ALKNÇON  1888 

FABRIQUE  SPÉCIALE    DE  MACHINES-OUTILS 

Pour  CarrossierSy  Charrons.  For^erons^  Entrepreneurs  de  Serrurerie^  Entrepreneurs  de  Charpentes 

Chaudronniers,  Plombiers,  Fumistes,  Tonneliers,  etc.,  etc. 

MaohInes-Outils  et  Outillages  en  tous  genres  pour  Mécaniciens. 

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Machines  à  scier  les  Métaux  à  froid.  —  Scies  à  Rubans  pour  le  bois.  —    Bfitis  pour  Meules.  Emeria 

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fondu,  à  rainures  coniques  et  cylindri(jues,  sur  pas  ordi- 
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MARBRES    EN    FONTE    rabotés,    pour   dresssr 

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ÉQUERRE8    EN    ACIER  renforcées. 

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CLIQUETS  SIMPLES  renforcés. 

CLIQUETS  MONTÉS  pour  ateliers  de  construction  s. 

FORERIES  A  LA   MAIN   OU    PORTATIVES 
L'UTILE,  r/u5  il*  Voitures  en  dêtressesurla  voiepublique. 
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P.  S.  —  Toutes  mes  machines  sont  vendues  et  garanties  de  tout  défaut  de  fabrication. 
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Pour  Carrossiers^  Charrons.  Forcerons^  Entrepreneurs  de  Serrurerie^  Entrepreneurs  de  Charpentes 
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«  Il  suililde  le  respirer  roilemeat  et  vivement  pour  (guérir  1l?s  migraines,  les  maux  de  ti>te»  lo:^  rïiu* 
mes  de  cerveau,  les  syncopes,  les  congestions  des  poumons,  da  cerveau,  les  npoplexiea  :  d'«n  aspirer  les 
vapeurs  [a  froid)  par  In  boucho  pour  f^iérir  les  mau?;  de  jçor;;re,  la  ;,''n[i|ie,  l'angine  nu  début,  les  rhu- 
mes de  pollrine,  eertûinii  niau\  d'estomac  cl  de  cteur,  3  à  5  i^outlesdanii  un  verre  dUau  surrée  pris  par 
gorgiSes  facilitent  lea  digestions  péaiblcs,  ^uéri^senl  les  mauxd'eslomac,  Tivre^ise.  L*aï?thme  essl  souln- 
gt^  parla  respiration  et  Taspiratlon  des  vapeurs  (à  froid).  Il  est  inappréciable  pour  combattre  et  gaérir 
les  instojalîon!?. 

*  11  est  ^ouveraJa  dans  lestfpidêmies  ;  il  réngit  contre  Talr  vidé  en  le  readant  respirable.  Lm  clTA'i 
îiont  rapides  et  ïe  bien-être  est  persislaat.  Il  convient  d'en  mouiller  à  diverses  repriî^os  les  carotides,  la 
derrière  des  oreilles,  rocciput  (creux  aa  bas  du  derritrfe  de  la  télé)  et  le  cajur  lors  de^  congestions  ; 
d'en  appliquer  une  petite  coaipresso  sur  le  creux  de  l'os to ai ac  tors  desindEg^stions.  l-la  appliqaor  aussi 
sur  toutes  piqûres  d^nsectes. 

a  On  peut  l'entployer  dans  toutes  les  clrconslancea  ôi'i  reau  sédative  est  indiquée. 

a  Rettmrquff  essentieUc.  —  Les  vapeurs  de  Tam  mon  raque  o  ni  i  nuira  brûlent  et  dessèchent  les  tissus 
de  Torganisme  \  tandis  qu'i'^i  elles  sont  additionnées  et  emprisnanées,  peut-on  dini,  dans  celles  iVhuî- 
!es  volatiîes  et  tKes  de  nombreuses  plantes  constituant  ce  produit.  Los  papilles  nerveases  et  les  déîi- 
cnls  lîssus  sont  aiasi  lubrillés  et  protégés  des  vapours  directes  de  l'aaîmoniaque,  tout  en  permettant  à 
celles-ci  d'être  portées  dans  toutes  les  parties  nerveuses  et  sanguines  diî  Torgam^nn,  et  d'y  délerminer 
presque  instantanément  ies  réactious  bienfaisantes  et  olUcaces ,  * 

(Extrait  du  Jûunul  de  VAcadémie  NationateÛQ  septembre  ISW.) 
PîllX  nu  FLACOX  :  3  fjf*.  50;  aVEG  INSTIIUCTION. 


CLARIFICATION    ET    BONIFICATION 


GÉLATINE    LAINE 

Adresser  les  Demandes  a  MRL  CLERMONT  ei  QUIGNARD 
64,  Rue  de  Turenne,  à  Paris, 

AU  moyen  de  la  Oëlattne  K^në*  les  vlna  les  plus  ^pals.  les  plus  irouliieâ,  —  tes  vins  fatigués, 
dors,  âpres,  chargés,  —  les  vins  blancs,  gras  et  nianis.  tievienneni  parlyHement  limpides,  sains, 
mûrs,  faïiR  ei  fontïua;  icj^  cauï'do-vle  et  liaueurs  salles  ei  coiorOes  par  accident  redeviennent 
pures  par  le  inùme  prot^éué, 

La  O^lQ^ttDe  faille  se  vend  en  général  par  paquets  cacUciés  pesant  &ûO  gr.  cîisciu*?  pan  net 
contient  de  15  n  lii^ tauiuttes  marnuées  lainb  en  relief,  et  aussi  une  ic^^irueilon  détaillée^  u*  la 
manière,  irôa  simple  du  reste,  d'employer  cette  gûiailne  Uoni  la  réputi^Uon  au  ourd'liui  unlver- 
BËlie  n'a  cessé  de  s'accroître  depuis  1855»  époque  à  laquelle  la  formule  en  a  été  arrêtée, 

Pr\K  du  demi-kilog-,  5  fr.  (C'est  20  centimes  environ  pour  un  bectolitre), 

JJea  rexniaea  vari&nt  do  tO  à  40  %  sojït  accordées  siuVanr  riinp0r:aacc  déë  commande» 
ot  et  cevL^  qvd  mti^étei^t  pour  revendre  * 


Supplément  au  «  Journal  m&nsuet  da  rÂcaéémie  Nationale  -  -  Oécembpe  fê9S 


TARIF  DES  ANNONCES 

da  Joamal  mensuel  de  rAcadémie  Nationale,  Agricole,  Maaiifacturière  et  C0nuiierciaJe 


Une  Da?6  entière  « .  ■ 

13    INSERTION! 

Ù   tNItSRTTONB 

S   INSERTIONS 

[mJDimymJ 

100  fr. 
60    » 
35    > 
20    » 

60  fr. 
35    . 
20    > 
15    » 

35  fr. 
20    > 
15    • 
10    > 

Une  demi-Daere * 

Un  Quart  de  Dagre  * 

Un  huitième  de  Baffe 

Les  prix  Gï-desftus  seront  majorés  de  10  %  pour  fes  annonces  autres 
que  celles  de  MM.  les  Membres  de  la  Société. 


VINS  VIEUX  m  BORDEAUX,  rouges  et  blancs 

depuis  110  fr.  la  pièce  de  225  litres  (logé  et  franco  en  gare) 

EXCELLENT  VIV  ROUGfE  DE  CÔTES  (Héraolt) 

â  65  fr.  la  pièce  de  220  litres  pris  au  vignoble, 

ENVOI     FRANCO     D^ÉCHANTILLONS     SUR     DEMAiSiDE 


AUBRÉE,  représentant  de  Viticulteurs,  9,  roule  Nationale  du  Havre 


PUBUGITË  et  AHHOHGES 

dans  les  Journaux  Anglais. 
Représentation  aux  Expositions 

MX.V.Li.  SintltlOÎWDS 

Rugby  Cbambers,  1^,  Great  James  Streel 
Bedford  How,  LONDON,\V.C. 

Agent  officiel  de  rAcadémif  Nationale 
pour  le  Royaume-Uni^ 


r*^ 


AVIS    IMPORTANT 


Messieurs  les  Membres  de  TAcadémie  Nationale,  Agricole,  Manufacturière  eL  Commercialef 
<iai  désireraient  soumettre  à  l'appréciation  des  Comités  de  la  Société,  des  InTeatîons,  des 
découvertes,  des  perfectionnements,  des  mémoires  maauficrîts  ou  imprimés,  des  produits, 
des  échantillons,  tout  ce  qui  peut,  en  un  mot,  intéresser  ragriculture,  Fiadustrie  et  te 
commerce,  dans  Tintention  de  concourir  aux  distinctions  houariâtfues  que  le  Comilé  des 
Récompenses  décerne  annuellement,  sont  priés  d'adresser  leurs  envols  à  M.  le  Directeur  de 
TAcadémie  Nationale,  66,  rue  Caumartin,  Paris. 

Nous  croyons  devoir  aussi  rappeler,  à  tous  nos  SocïétaireSï  gulls  ont  le  droit  de  signaler  à 
la  direction  ceux  de  leurs  ouvriers  ou  coopérateurs  qu'ils  désirent  proposer  aux  récoinpeut^es 
spéciales  de  l'Académie  Nationale  prévues  au  paragraphe  3  de  Tartiele  II  ûe^  Statuts,  dans 
les  conditions  déterminées  par  le  texte  entier  de  ce  paragraphe,  qui  est  ainsi  conçu  : 

L'Académie  nationale  agricole,  manufacturière  et  commerciale  attribue  chaque  année,  suivant 
décisions  spéciales  du  Comité  des  Récompenses,  des  médalUos  d'or,  de  vermeil,  d*ary:ent  ou  de 
bronze,  aux  employés,  ouvriers  et  coopérateurs  de  Membres  de  la  Socioté,  signalés  par  louri 
patrons  comme  dignes  de  ces  récompenses,  après  dix  années  au  moins  de  services  assidus  et 
dévoués  dans  la  môme  maison,  les  patrons  devant,  dans  ce  cas,  prendra  l'engagement  de  sup» 
porter  les  ftrais  d'établissement  des  médailles  demandées. 

La  dernière  réunion  annuelle  du  Comité  des  Récompenses  a  été  tenue  le  25  février 
1898.  La  réunion  suivante  aura  lieu,  conformément  aux  Statuts,  après  achèvement  de 
rexercice  1898,  au  mois  de  février  1899. 


Clichés  de  Médailles 


Pour  satisfaire  aux  demandes  qui  lui  en  ont  été  faites,  rAcadémie  nationale,  agi'icole, 
manufacturière  et  commerciale,  a  fait  établir,  en  plusieurs  modules,  des  ollohé$«  typo- 
^Rphiqaes  des  empreintes,  face  et  revers,  de  ses  médailles.  La  reproduction  est  figurée 
ci -dessous. 

Ces  clictiés,  destinés  exclusivement  à  ceux  de  nos  Sociétaires  à  qui  V Académie  a  conféré  des 
médaiiles,  sont  tenus  à  leur  disposition  dans  nos  bureaux  aux  prix  indiquée  ci-dessous  : 

5  francs  la  palroou  3fp.  le  seul  cliché  de  la  face. 

P^jJ^cSlI^ÏÏ^s.  3  franc*  la  paire  ou  2  fri  le  seul  cliché  de  la  face, 


B  francs. 


4  francs. 


3  franc»^ 


r  ..'"«P'Af^U^.*;  I 


EXTRAIT    DES    STATUTS 


PB 


L'ACADÉMIB  NATIONALE 

AGRICOLE    MANUFACTURIÈRE  ET  COMMERCIALE 

.i    A6S0GUTION  FONdAb  ▲  PARIS  LB  26  DéCBUBaB   1830 


H«  LB  COMTB  D*-   *'*QNER|*      %i^t  PRisiDKNT  HONOUAIRB 
H.   DARD(L.j,0  A.,    i,   [>r.l^],    PRESIDENT  TITULAIRE 

M.  COIMZA  y  A.,  0.  *,  [N.  c:],    M.  J.  SIQAUT,  vicE-pai«iDKHT« 
MAURICE  CLERMONT,  Ingénieur  de§  Arts  et  Manufactures^i^î^QÈNiiitjjMrQonnu.. 

M.   E.   THI^RYy  DIRBCTBUa. 


Siège  social  :  rue  Oaumartin,  66,  à  Paris 

■   yy 

AftTtCLE  l">   '  UkCJLDiUlE    NATIONALI,     AORICOLS,     MANUFACTURIÀRK  KT  GOMUSRCIALa, 

dontroripinc  remonte  à  1830,  a  pour  put  d'encouracrep  et  de  favoriser  constam- 
mefil  le  développement  et  le  perfectionnement  de  rAgriculture,  do  l'Industrie  et 
du  Commerce. 


Art.  IIL  —  La  Société  se  compose  d'un  nombre  illimité  de  Membres,  Français 
ou  Etranirers. 

Tous  les  Membres  ont  les  mêmes  droits  dans  le  fonctionnement  social. 

Ils  peuvent  partîiiper  à  toutes  les  Assemblées  générales  et  réunions  de  Sodé* 
ta  ires,  qu'ils  y  soient  convoqués  directement  ou  non. 

Ils  peuvent  âus^l  prendre  part  à  tous  les  Concours  ouverts  par  la  Société,  faire 
valoir  les  litres  qu'ils  ont  à  l'obtention  de  ses  récompenses  et,  d'une  manière  gé- 
nérale, sabir  le  Conseil  d'administration  de  tout  projet  qui  leur  semblerait  de 
nature  à  fadliter  et  à  assurer  la  réalisation  du  programme  de  l'Association. 

Peuvent  être  admis  à  faire  partie  de  la  Société,  les  Dames,  les  Associations 
dlntérèt  public,  les  Sociétés  civiles  et  les  Sociétés  commerciales  en  nom  collec- 
tif* en  commandite  ou  anonymes. 

Abt.  IV.  —  Pour  devenir  Membre  de  la  Société,  il  faut  être  présenté  par  un 
autre  Membre  ou  parle  Directeur,  et  être  admis  par  le  Comité  d'Admission  qui 
prononce  en  toute  souveraineté  sur  les  demandes  d'entrée  dans  la  Société. 

Art.  y.  —  Chaque  Membre  recevra  gratuitement  un  exemplaire  du  Journal 
mensuel  de  la  Société  et  de  toutes  lei|  publications  sociales;  annuaires,  mémoi* 
res,  livres^  broclmres,  etc. 

Art.  VIII.  —  Chaque  Membre  de  la  Société  est  tenu  de  verser  annuellement 
une  cotisation  de  trente  francs,  à  moins  d'avoir  donné  sa  démission  par  écrit 
avant  le  31  décembre  de  l'année  précédente. 

IL  doit  en  outre  payer,  lors  de  son  entrée  dans  la  Société,  un  droit  d'admission 

Oxê  à  dix  francs. 

^   Un  diplôme  constatant  la  qualité  ie  Membre  sera  envoyé  gratuitement  à  tout 

'nouvel  adhérent. 

Art.  XXIII.  —Toutes  les  lettres,  toutes  les  communications  et  tous  les  envois 
d'argent  doivent  être  adressés  au  Directeur. 

Des  exemplaires  du  texte  coipplet  des  Statuts  de  la  Société,  ainsi 
que  des  formules  spéciales  pour  demandes  d'admission,  seront  remis 
ou  envoyés  à  toute  persorinequi  en  adressera  la  demande  au  Directeur. 

Cl«rmont-Oi»e.  —  Imp.  Daix  Frèret,  place  St-André,  3.  T 


 


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